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 Françoise DOLTO

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MessageSujet: Françoise DOLTO   19.01.11 18:53

Françoise Dolto : Les fulgurances d’une visionnaire


Par Huguette Guermonprez


Un quart de siècle après la publication des deux tomes de L’Évangile au risque de la psychanalyse (éd. du Seuil ), ces entretiens devenus très célèbres entre Françoise Dolto et le psychanalyste Gérard Séverin demeurent d’une prémonition, d’une richesse et d’une audace exceptionnelles. Pour Dolto, non seulement la psychanalyse ne contrarie pas un accès à la spiritualité, mais elle en constitue un passage obligé.



Dans la première série d’entretiens, Françoise Dolto - qui était, rappelons-le, une freudienne convaincue, amie de Jacques Lacan - déclare sans hésiter : “Jésus enseigne le désir et y entraîne.” Deux ans plus tard, dans un texte complémentaire intitulé La foi au risque de l’Évangile, Gérard Séverin l’interpelle : “On vous reprochera d’être tantôt freudienne, tantôt croyante. Freud était athée, en effet.” Dolto répond : “Heureusement ! Sinon il n’aurait jamais découvert comment se structure un être ni comment s’exprime la dynamique sexuelle, laquelle est justement une manifestation du désir."

Un peu plus tard, elle s’explique : “C’est parce que Freud est sorti du giron de sa religion, parce qu’il se sentait fils spirituel de la Grèce humaniste, parce qu’il était phobique de Rome la catholique (c’est-à-dire qu’il ressentait inhibition et angoisse en pensant à Rome), qu’il a découvert la psychanalyse : jamais il n’aurait fait cette invention s’il avait accepté les réponses toutes prêtes de sa religion et de la science médicale pour expliquer l’être humain. ”Pour Françoise Dolto, la psychanalyse est l’enfant d’un Occident “judéo-hélléno-latino-chrétien” et Freud n’a pu l’inventer qu’en quittant sa religion, qui ne répondait pas à la question de Dieu comme il se la posait.

“Et les religions chrétiennes, demande Séverin, y répondent-elles ?

- Pas plus que les autres, répond Dolto. Les religions, à mon sens, pervertissent le désir profond de l’être humain en codifiant une morale qui n’a rien à voir avec l’Évangile.”

Elle-même s’est vite rendu compte que si elle s’était contentée des réponses religieuses à l’angoisse, jamais elle n’aurait étudié la psychanalyse : “Je recevais des solutions doloristes, masochistes, me demandant de m’identifier à Jésus pantelant sur la croix... Je n’aurais pas cherché l’origine de la guerre intérieure qui crée l’angoisse et fige la communication.”

Évidemment, Françoise Dolto distingue radicalement l’institution religieuse du fond essentiel du sentiment religieux qui, selon elle, habite tout être humain. Cherchant à définit ce “fond” essentiel, elle dit : “Là où il y a mouvement ou possibilité de mouvement, là il y a de l’amour. S’il y a mouvement du corps, du cœur, de l’intelligence qui cherchent, c’est qu’il y a liberté et place. Si nous bougeons, c’est que nous avons foi en nos déplacements vers tous ceux qui nous entourent, nous donnent des moyens dynamiques de mouvement, soit qu’ils aient besoin de nous, soit que nous ayons besoin d’eux... Nos rencontres sont dues à des différences de niveau qui créent un courant, un mouvement d’amour. L’être humain est un être religieux de nature : il désire entrer en relation. L’essentiel de sa communication, c’est l’amour. Pour moi, Dieu et les autres ne sont séparables.” Gérard Séverin, qui ne se départit pas de son rôle d’empêcheur de tourner en rond, rétorque : “Cette dynamique nous emmène partout, mais elle ne mène nulle part !”

Alors, Dolto, goguenarde : “ Cette dynamique du désir, c’est Dieu. Dieu n’est pas un superbe bouche-trou qui rendrait clos notre monde et nous y ferait voyager sans but. Dieu est un aspirateur, permettez-moi le mot. Nous sommes aspirés vers un ailleurs, vers Lui.

Pour moi, ce n’est pas aller “nulle part”.
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