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 L.A.T.A.

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Féminin Messages : 18607

MessageSujet: L.A.T.A.   02.02.12 17:22

Distinction entre euthanasie et limitation ou arrêt de thérapie(s) active(s)
 
 
Que ce soit dans les services des urgences, de réanimation, d’oncologie, ou tout simplement de médecine, le personnel médical est régulièrement confronté à des situations où la médecine atteint ses limites. Dans ce cas, il devient apparent que l’attitude à avoir vis-à-vis des traitements prend en compte des facteurs humains s’élevant parfois contre une thérapeutique jugée inutile.
 
En France, à travers la loi Leonetti de 2005, le législateur permet « La limitation et arrêt de thérapeutique(s) active(s) (LATA) ». Selon la société de réanimation de langue française, « le LATA est définie par la non instauration, [l’arrêt] ou la non optimisation d’une ou plusieurs thérapeutique(s) curative(s) ou de suppléance des défaillances d’organes, dont la conséquence peut être d’avancer le moment de la mort.
 
Il interdit l’acharnement thérapeutique et impose toujours la prise en charge de la douleur, de la souffrance psychologique, des soins de base et de confort. Ceci grâce aux traitements dits palliatifs qui associent l’ensemble des mesures permettant de lutter contre l’inconfort, qu’il soit physique, émotionnel, spirituel ou social.”
 
Il est donc fondamental de faire une distinction entre « les limitations et arrêts de thérapeutique(s) active(s)», qui sont juridiquement définis par la législation française, et l’euthanasie.
 
L’euthanasie, dérivée des mots grecs ‘eu’ (bien) et ‘thanatos’ (mort), littéralement ‘la bonne mort’, désigne un acte, commis par un intermédiaire, entraînant intentionnellement le décès d’une personne souffrant d’une affection incurable.
 
Dans les débats, la distinction est souvent faite entre euthanasie « active », qui suppose le geste d’un tiers (souvent par l’administration d’une substance létale), et l’euthanasie « passive », cette dernière correspondant en somme à la procédure de limitation et l’arrêt de thérapeutiques actives.
 
La loi Léonetti de 2005
 

 
La loi du 22 avril 2005, communément appelée la loi Léonetti, est la loi en vigueur traitant du droit des malades et de la fin de vie. Elle définit quatre points centraux :
 
1) L’acharnement thérapeutique est interdit et, de ce fait, le médecin doit s’abstenir de continuer tout traitement déraisonnable, inutile ou disproportionné ayant pour seul but le maintien artificiel de la vie ;
 
2) Le médecin est soumis à l’obligation de continuellement soulager la souffrance du patient ainsi que celle de son entourage et de leur apporter les soins de base et de confort nécessaires ;
 
3) Dans le cas où un patient exprime le souhait d’arrêter les traitements, son choix doit être respecté ;
 
4) La personne de confiance du patient, dans le cas où celui-ci ne peut s’exprimer, peut aussi demander une telle décision ;
 
Dans son prolongement, cette loi et ses décrets d’application créent des droits spécifiques pour les malades. Elle réaffirme le droit du malade de refuser le traitement proposé par le médecin et lui donne la possibilité de faire reconnaître sa volonté ; enfin elle confirme la nécessaire continuité des soins et elle rappelle le droit aux soins palliatifs.
 
Un processus décisionnel dominé par l’évaluation d’une balance bénéfices/risques
 
Pour permettre au patient d’accéder à une procédure de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives, deux situations sont reconnues selon son état de conscience :
 
Si le patient est apte à consentir (s’il est conscient), il a la possibilité à tout moment de refuser le traitement. Néanmoins, il en va de la responsabilité du médecin en charge d’assurer les meilleures conditions de réflexion au patient : il doit donc dispenser une information exhaustive sur les bénéfices et les risques de la stratégie proposée, instaurer un dialogue approfondi, s’assurer de la parfaite compréhension des enjeux par le patient, faire intervenir un tiers extérieur si besoin et respecter un délai de réflexion suffisant. Cette circonstance peut-être à l’heure actuelle trop méconnue, débouche sur l’intervention des équipes mobiles de soins palliatifs. En définitive, la loi permet le retour à une mort naturelle encadrée de soins palliatifs permettant d’alléger les souffrances.
 
Dans l’autre cas, si le patient est inapte à consentir (s’il est inconscient), la décision de limitation ou d’arrêt de(s) thérapie(s) curative(s) peut être prise par l’équipe médicale à condition de mettre en œuvre la procédure de réflexion collégiale imposée par la loi. Il en va de la responsabilité du médecin en charge d’initier une concertation avec l’équipe médicale, et paramédicale en charge du patient, de consulter la personne de confiance, la personne référente, la famille ou à défaut les proches, de rechercher d’éventuelles directives anticipées et enfin de solliciter un avis motivé d’au moins un médecin appelé en qualité de consultant.
 
Dans tous les cas, toute décision de LATA suit une procédure imposée par la loi Léonetti. Elle doit faire suite à un argumentaire et une décision collégiale. Il n’y a jamais d’urgences à établir dans ce genre de décision.
 
L’argumentation d’une procédure de limitation et d’arrêt des thérapeutiques actives s’appuie sur un ensemble d’éléments : des éléments anamnestiques (c’est-à-dire l’histoire de la maladie du patient), les symptômes et les signes cliniques et biologiques. Par ailleurs, un élément déterminant est le pronostic du patient : est-il capable de supporter des thérapeutiques lourdes aux effets incertains ? Quelle qualité de vie peut-on espérer après traitement ? Quelles seront les séquelles ? Ces éléments constituent la balance bénéfices/risques des traitements envisagés. Le médecin doit donc à tout moment évaluer la capacité du patient à passer un cap aigu mais aussi envisager l’engagement thérapeutique proposé par rapport à la situation antérieure et future du patient. La balance bénéfices/risques prend ici tout son sens.
 

Toute décision de fin de vie, si argumentée soit elle, s’appuie nécessairement sur une part non négligeable de subjectivité et d’incertitude relative. Aucune donnée de type médecine factuelle (evidence based medicine), si utile soit-elle, ne peut ainsi remplacer la liberté requise par la prise de décision. (Introduction de la conférence de consensus de la SRLF 2009)
Grâce à la concertation collégiale, et que ce soit au sein du service des urgences ou dans les services hospitaliers, le dossier médical et social du malade est attentivement étudié avec consultation de l’avis d’un autre médecin afin de conclure sur la décision à prendre. Cette décision est ensuite rédigée par écrit, signée par tous les acteurs présents et inclue dans le dossier médical. Dans tous les cas, la décision de limitation ou d’arrêt de traitements conduit à deux engagements majeurs à savoir la continuité des soins dont l’objectif n’est pas de s’opposer à la mort mais de prendre soin et la mise en œuvre de soins palliatifs. A tout moment, le médecin doit apporter les soins de confort et respecter la dignité du patient, accompagner ses proches.
 
Le choix des modalités d’application d’une décision de limitation ou d’arrêt de traitements (« comment allons-nous faire ? ») doit suivre un processus de réflexion propre. La primauté des soins est donc la prise en charge de la douleur physique ET morale du patient. Il est reconnu que toute personne malade, dont l’état le requiert, a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement. A ce titre, à tout moment, une sédation-analgésie adaptée aux symptômes du patient doit pouvoir être débutée. Cette sédation en fin de vie est la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience et un coma. Le but est de soulager mais la sédation peut avoir pour effet de racourcir la vie. Cet effet secondaire n’est pas l’effet recherché et constitue le risque à prendre pour soulager. Le médecin se doit de limiter ses prescriptions à l’efficacité des soins, c’est à dire à la dose permettant l’absence de douleur.
 
En conclusion, la distinction doit être faite entre les actes de limitation et arrêt de thérapeutique(s) active(s) et l’acte d’euthanasie. Alors que les premiers sont règlementés par la loi Léonetti de 2005, l’euthanasie « active » est pénalement punie. Dans les faits, on voit que l’accompagnement de la fin de vie et les décisions d’arrêt de traitements, tel qu’ils sont pratiqués en accord avec la loi Léonetti, sont très cadrés mais laisse la liberté au personnel médical et soignant d’adapter le processus décisionnel aux cas individuels de chaque patient. La loi offre la liberté au patient de refuser les traitements. La primauté est donnée aux soins de conforts et à l’allègement des souffrances, principes toujours maintenus durant la prise en charge. Dans tous les cas, c’est le respect des droits de la personne qui prédomine, même quand elle ne peut plus s’exprimer.
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Féminin Messages : 18607

MessageSujet: Ordre de ne pas réanimer   27.02.12 10:46

(1) Soins intensifs de médecine, hôpital cantonal universitaire, 32, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, SUISSE
Résumé / Abstract

L' ordre « Ne pas réanimer » (DNR Do not resuscitate, ou NTBR Not to be resuscitated, ou encore DNAR Do not attempt resuscitation) est totalement spécifique. C'est l'ordre médical de ne pas entreprendre une réanimation cardio-respiratoire (RCP) en cas d'arrêt cardio-respiratoire. Cet ordre ne doit en aucun cas être confondu avec la décision de limiter l'intensité thérapeutique ou d'interrompre la prise en charge vitale (withholding et withdrawing des anglo-saxons). Le Conseil d'éthique clinique des hôpitaux universitaires de Genève (Suisse) a publié en 2001 un avis consultatif sur l'ordre NTBR, reproduit intégralement dans cette mise au point. Il y est rappelé que la décision de ne pas entreprendre de RCP en cas d'arrêt cardio-respiratoire est légitime sur le plan éthique quand le patient, convenablement informé et capable de discernement, a exprimé la volonté de ne pas être réanimé ainsi que lorsque le patient est en fin de vie, situation dans laquelle les méfaits de la RCP dépassent considérablement ses bénéfices. Dans cette dernière situation, une discussion de l'ordre NTBR avec le patient n'est pas nécessaire alors que la discussion avec le patient de ses objectifs et de ses attentes concernant les soins demeure indispensable. L'ordre NTBR est d'une exceptionnelle gravité. Il doit donc être mûrement réfléchi et discuté et son inscription doit obéir à une procédure du type de celle qui est indiquée dans ce document. Tout ordre NTBR doit faire l'objet d'une réévaluation régulière au cours du temps, afin de tenir compte de l'évolution de l'état du patient. Enfin, comme l'inconfort des soignants à discuter de la fin de vie avec leurs patients est une réalité et une limite importante à la participation du malade à la décision d'entreprendre ou non une RCP, il est indispensable d'organiser pour les médecins une formation à ce type d'entretiens.
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MessageSujet: Re: L.A.T.A.   27.02.12 11:08

Je vais peut-être me faire tatouer ces lettres sur le dos !

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MessageSujet: Re: L.A.T.A.   27.02.12 11:17

Cardiologie, pneumologie - Abrév. Réanimation cardiopulmonaire. * ré- : du latin re [re-, ré-], de nouveau, exprime la répétition ; * animation : du latin animatio, de anima [-animateur, -animation], souffle vital, donner la vie ; * cardio : du grec kardia [cardio-, -carde, -cardie, cardiaque], cœur ; * pulmonaire : du latin pulmo, pulmonis [pulmo-], poumon (syn. pneumo-). La RCP ou réanimation cardiopulmonaire de base fait partie des GES (gestes élémentaires de survie). Elle comprend la libération des voies respiratoires, la ventilation, éventuellement par le bouche-à-bouche et, si nécessaire, le massage cardiaque externe (MCE). Syn. : réanimation des arrêts cardiorespiratoires. La RCPS : réanimation cardiopulmonaire spécialisée fait suite à la RCP de base. Elle est assurée par des équipes spécialisées (SAMU, SMUR, hôpitaux).

Source : http://www.medicopedia.net/term/20390,1,xhtml#ixzz1nZlCwtDE
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