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 Chantal Sébire

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MessageSujet: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime20.02.12 18:40



Dernière édition par Admin le 12.12.13 12:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 13:14

[size=38]La demande de suicide assisté, une impasse juridique ?[/size]

Chantal Sébire demande à un juge d'autoriser un médecin à lui prescrire des médicaments mortels, ce qui n'est pas autorisé par la loi



  • Pierre BIENVAULT, Marianne GOMEZ, Claire LESEGRETAIN, Gwenaëlle MOULINS, 

  • le 13/03/2008 à 18:07 

  • Modifié le 13/03/2008 à 18:07



Chantal Sébire, qui a demandé à la justice le droit d'obtenir une aide au suicide, a été contactée par le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de santé, le professeur Arnold Munnich. Celui-ci lui a proposé de rencontrer «un collège de professionnels de santé du plus haut niveau pour s'assurer que toutes les ressources de la médecine sont épuisées».

De quoi souffre Chantal Sébire et pourquoi s'adresse-t-elle à la justice ?


L'esthésioneuroblastome est une tumeur très rare. Au cours des vingt dernières années, moins de 1 000 cas ont été recensés dans le monde. Cette tumeur, dont les causes restent inconnues, se développe aux dépens du nerf olfactif dans la cavité nasale. Le traitement démarre souvent par une chimiothérapie visant à réduire la taille de la tumeur pour la rendre opérable.
« Mais l'intervention chirurgicale est souvent très délicate, voire parfois impossible car il y a un risque de faire des dégâts au niveau du cerveau », explique le docteur François Pein, oncologue-pédiatre. La maladie peut être soignée quand elle est prise assez tôt. Si la tumeur s'est disséminée, avec des métastases, le pronostic est plus défavorable. Deux raisons principales ont incité Chantal Sébire à demander une aide au suicide : les souffrances occasionnées par la maladie, qui ne peuvent même plus être soulagées par les antalgiques majeurs (morphiniques). Et la dégradation de son état physique : visage déformé, perte du goût, de l'odorat, de la vue…

« Aujourd'hui, je suis allée au bout de ce que je peux supporter et mon fils et mes filles n'en peuvent plus de me voir souffrir », a-t-elle déclaré le 27 février à l'AFP.

La loi sur les droits des malades et la fin de vie n'offre-t-elle aucune solution ?


La loi du 22 avril 2005, dite « loi Leonetti », comporte deux grands points. Un, le refus de l'acharnement thérapeutique et le droit au refus de soins : les actes médicaux inutiles ou disproportionnés peuvent être interrompus à l'initiative du médecin ; le patient peut aussi refuser un traitement, même si cela met sa vie en péril.
Chantal Sébire n'est pas dans ces cas-là, n'étant pas artificiellement maintenue en vie. Deux, le soulagement de la douleur : le médecin peut, dans le but de soulager la souffrance d'une personne, lui appliquer un traitement qui risque d'abréger sa vie. Cette disposition pourrait s'appliquer à Chantal Sébire : on lui a proposé une sédation profonde, un sommeil artificiel et réversible qui l'empêcherait de souffrir.
Mais elle refuse cette solution, explique son avocat, Me Gilles Antonowicz : « Ma cliente ne veut pas d'une agonie qui dure, c'est contraire à sa conception de l'existence. Et étant soignée chez elle, parmi les siens, elle ne veut pas imposer cela à ses enfants. »

Le juge peut il répondre favorablement à la demande d'assistance au suicide ?


Me Antonowicz a demandé au tribunal de grande instance de Dijon « d'autoriser le docteur Bernard Senet », membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, « à lui prescrire dix grammes de pentothal », que Chantal Sébire pourra absorber « sous sa surveillance ».
Dans cette requête, l'avocat affirme que « l'aide et l'assistance au suicide ne font pas l'objet d'une prohibition pénale ». Il en veut pour preuve le fait que la loi autorise, par exemple, le retrait d'une sonde gastrique. Mais le législateur a précisément fait la différence entre le refus ou le retrait d'un traitement, et le fait de donner la mort.
Marie Humbert, avant de bénéficier d'un non-lieu, avait ainsi été poursuivie pour administration de substances toxiques. On voit donc mal comment la justice pourrait se rendre à cet argument.
L'avocat fait aussi valoir que le code de la santé publique enjoint aux médecins de « tout mettre en oeuvre pour préserver la dignité ». « Je ne demande pas le droit de donner la mort, mais celui de préserver la dignité », explique-t-il. Mais là encore, si le respect de la dignité doit passer par le fait de donner la mort, il est peu probable que la justice l'accepte, puisque la loi ne l'autorise pas.


La loi est-elle susceptible d'évoluer ?


Pour le député (UMP, Alpes-Maritimes) Jean Leonetti, à l'origine de la loi sur la fin de vie, « celle-ci est suffisamment large pour permettre à chaque malade de gérer les problèmes qui se posent. Cette patiente pourrait voir ses souffrances soulagées, si elle l'acceptait. Il ne faut pas reposer le problème de la loi à chaque fois que surgissent des drames particuliers. »
Le gouvernement semble sur la même ligne. Hier, la garde des sceaux Rachida Dati s'est ainsi montrée hostile à un changement de la loi, estimant que « la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales ». François Fillon a admis que l'on était, avec cette affaire, « aux limites de ce que la loi peut faire ».
Quant à Nicolas Sarkozy, il avait déclaré le 26 avril 2007 sur France 2 : « Nous n'avons pas le droit d'interrompre volontairement la vie », avant de demander à une mission d'évaluer la loi Leonetti. Pour l'heure, rien ne laisse donc présager une nouvelle révision législative.

Quelle est la position de l'Église catholique ?


La déclaration Iura et bona, publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1980, s'appuie sur « le principe de l'inviolabilité de la vie humaine » et conteste les deux postulats anthropologiques avancés pour fonder l'euthanasie : « d'une part, l'idée qu'en certaine circonstance mourir serait un bien et vivre un mal ; d'autre part, la prétention de soutenir qu'un homme a le droit de donner la mort à d'autres ».
Dans l'encyclique Evangelium vitæ (1995), Jean-Paul II confirmait que « l'euthanasie est une violation grave de la Loi de Dieu, en ce que le meurtre délibéré est moralement inacceptable ». Et dans sa Lettre apostolique aux personnes âgées (1999), il rappelait que l'euthanasie « demeure un acte intrinsèquement mauvais ».
Même s'«il peut arriver que, dans les cas de maladies graves accompagnées de souffrances insupportables, les personnes éprouvées et leurs proches se sentent enclins à tenir pour raisonnable la solution de la "mort douce". Mais malgré les intentions et les circonstances, l'euthanasie demeure une violation de la loi divine, une offense à la dignité de la personne humaine.»

Que disent les législations européennes ?


Seuls trois pays européens ont légalisé l'euthanasie. Le 12 avril 2001, les Pays-Bas ont été le tout premier pays au monde à autoriser cette pratique, déjà tolérée depuis 1997, à condition que le médecin respecte certains critères (demande « libre, réfléchie et constante » du patient, « conviction » qu'aucune autre solution n'est envisageable et la consultation d'au moins un autre confrère médecin indépendant).
La Belgique, en 2002, puis le Luxembourg il y a un mois, ont à leur tour légiféré dans le même sens, suivant des définitions quasi similaires. Ces pays reconnaissent aussi les « testaments de vie », des documents qui permettent à toute personne majeure et capable d'exprimer par avance son refus d'être soignée en cas de maladie grave et incurable.
En Suisse, en revanche, il n'y a ni loi spécifique ni autorisation de l'euthanasie active, mais l'assistance au suicide est considérée comme légale.
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 13:37

[size=49]Chantal Sébire, "littéralement mangée par la douleur", réclame le droit d'anticiper sa mort
Atteinte d'une tumeur incurable au visage, cette femme de 52 ans a sollicité auprès de la justice, mercredi, l'autorisation exceptionnelle de se procurer une potion létale.[/size]

Propos recueillis par Propos recueillis par Cécile Prieur  Publié le 12 mars 2008 à 15h36 - Mis à jour le 26 janvier 2011 à 11h52

Temps de Lecture 3 min.


[*]Chantal Sébire, 52 ans, souffre d'un esthésioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cloison nasale, qui lui déforme cruellement le visage. Cette maladie rarissime et incurable, au très mauvais pronostic vital, lui a fait perdre la vue il y a quelques mois, après le goût et l'odorat. La tumeur prenant des "proportions insupportables", sans rémission possible, Mme Sébire a écrit, le 6 mars, au président de la République, Nicolas Sarkozy, pour lui réclamer le droit de mourir.

Assistée de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Mme Sébire devait par ailleurs déposer, mercredi 12 mars, une requête exceptionnelle devant le président du tribunal de grande instance de Dijon. Invoquant la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège le droit à la liberté et au respect de la vie privée, elle souhaite obtenir de la justice l'autorisation, pour un de ses médecins, de se procurer en pharmacie une potion létale, soit "le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité".

Depuis quand êtes-vous certaine de vouloir mettre fin à vos jours ?

Je le demande vraiment depuis la Toussaint 2007, au moment où j'ai perdu la vue. Mais j'y pense depuis bien plus longtemps, quand j'ai réalisé que je ne pouvais plus rien, et que, quoi que je fasse, je ne pourrais jamais arrêter la tumeur. Il n'y a ni solution chirurgicale ni solution médicamenteuse pour stopper ma maladie, qui évolue toute seule, comme un liseron autour du nerf olfactif. Aujourd'hui, je n'en peux tout simplement plus, ma situation se dégrade de jour en jour, la souffrance est atroce. Je me sens littéralement mangée par la douleur.


Pourquoi avoir décidé d'interpeller les pouvoirs publics pour demander la légalisation de l'euthanasie ?

Ce qui motive ma démarche, c'est l'incurabilité de ma maladie. J'ai rendu publique ma maladie pour faire valoir qu'il y a des gens qui sont dans des souffrances qu'on ne peut pas résoudre. C'est le dernier combat que je peux mener, s'il ne me sert pas directement, qu'il serve au moins à d'autres après moi.

La loi, aujourd'hui en France, ne permet pas, dans mon cas, de pouvoir décider du moment et des circonstances de mon départ. Elle a certes ouvert une voie, en permettant le "laisser mourir", mais n'a pas été au bout de son raisonnement.

Ce que je revendique, c'est que le patient, qui est comme moi en situation d'incurabilité et est encore conscient, puisse décider de sa mort, en accord avec son médecin traitant et après décision d'un comité médical.

Vous vivez chez vous, avec l'assistance d'infirmiers dans le cadre d'une hospitalisation à domicile, et un suivi par votre médecin traitant. Pourquoi ne pas accepter d'être hospitalisée, ce qui pourrait soulager votre douleur ?

Car dans ce cas, je perdrais toute conscience. Ce que la médecine peut me proposer actuellement c'est d'être plongée dans un état comateux ou semi-comateux pour essayer enfin d'abréger ma douleur, avec des antalgiques à haute dose, en tenant compte du fait que je ne supporte pas la morphine.

Je serais donc allongée et alitée, et j'attendrais ainsi la mort. Je refuse cette situation, car elle n'est ni adaptée à mon tempérament ni à ce que je subis.

Je ne veux pas que la société m'oblige à passer par cette étape, c'est une question de dignité. Je ne veux pas me présenter ainsi à mes trois enfants, dont ma petite dernière qui n'a que 12 ans et demi.

C'est moi la seule souffrante, c'est à moi de décider. J'attends déjà la mort au jour le jour, elle peut venir à tout moment, c'est comme une épée de Damoclès. Je réclame simplement le droit de pouvoir l'anticiper.

Que répondez-vous aux opposants à l'euthanasie, qui craignent les dérives potentielles d'une légalisation ?

Que c'est au législateur de s'assurer, dans la formulation de la loi, qu'aucune dérive ne soit possible. En Belgique et aux Pays-Bas, et depuis peu au Luxembourg, cette possibilité laissée aux malades en situation d'incurabilité n'a concerné que très peu de personnes, sans entraîner une augmentation suspecte du nombre de morts.

Il ne s'agit donc bien évidemment pas de faire des euthanasies à tour de bras, ni d'étendre cette possibilité à tous les cas de fin de vie, la plupart des personnes ne demandant nullement la mort. Il ne s'agit nullement de tuer, mais de poser un geste d'amour envers l'humain en souffrance en face de soi, d'accompagner vers ce dernier cap. Nous ne sommes pas des éternels vivants, ni vous ni moi. Je demande simplement que ce calvaire s'arrête.

Propos recueillis par Cécile Prieur
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 13:49

[size=33]Les propos de Christine Boutin sur l'euthanasie font «scandale»[/size]

SANTE La ministre de la Ville et du Logement a invoqué «l'esthétique» au sujet de Chantal Sébire...

C. F. (avec agence)
 
Publié le 14/03/08 à 00h00 — Mis à jour le 14/03/08 à 11h59





Chantal Sébire 310x190_chantal-sebire-26-fevrier-2008-plombieres-les-dijon-20
La justice a été saisie mercredi d'une "demande exceptionnelle mais néanmoins légitime" d'euthanasie de la part d'une mère de famille de 52 ans, Chantal Sébire, défigurée par une maladie orpheline, incurable et évolutive, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Gilles Antonowicz. — Jeff Pachoud AFP/archives
La polémique dans la polémique. Le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Jean-Luc Romero, a dénoncé ce vendredi dans un communiqué les «propos scandaleux» de Christine Boutin sur le cas de Chantal Sébire, et demandé que «le gouvernement se passe de ses services» en cas de remaniement ministériel.

A la question «vous ne reconnaissez pas le droit de mourir à Chantal Sébire parce qu'elle ne peut plus vivre?», la ministre de la Ville et du Logement a répondu jeudi sur RMC: «Mais pourquoi ne peut-elle plus vivre? Parce qu'elle dit qu'elle souffre mais il y a les médicaments qui peuvent empêcher cette souffrance, parce qu'elle est difforme mais la dignité d'une personne va au-delà de l'esthétique de cette personne.»

Pour le président d'ADMD, «oser qualifier Chantal de personne “difforme” est indigne de la part d'un ministre de la République, comme oser prétendre que l'esthétique de Chantal la pousse à demander la mort est aussi scandaleux que mensonger».

En conclusion, Jean-Luc Romero «demande que le gouvernement se passe des services de celle qui montre aujourd'hui son vrai visage (...) et qui n'est en fait que la représentante d'une droite méprisante, insensible à la détresse des hommes et des femmes de ce pays et à leur douleur». 

Marie Humbert «choquée»

Interrogée par 20minutes.fr jeudi, Marie Humbert s'est également dite «très choquée» par les propos de Christine Boutin. Contactée, la ministre n'a pas souhaité réagir ce vendredi matin. 

Chantal Sébire, une mère de famille de 52 ans défigurée par une maladie incurable, a demandé mercredi à la justice le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Le président du tribunal de Grande Instance de Dijon a mis son ordonnance en délibéré à lundi.
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 14:08

[size=46]Euthanasie : Chantal Sébire retrouvée morte chez elle[/size]
Cette femme de 52 ans, qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité en vain auprès de la justice française le droit de recourir à l'euthanasie, a été retrouvée morte à son domicile.

(Radio France © France Info)
franceinfoRadio France

Mis à jour le 07/05/2014 | 16:22
publié le 01/11/2011 | 23:00


La justice avait rejeté lundi la demande de Chantal Sébire qui, défigurée par une tumeur incurable la faisant souffrir "atrocement", selon ses propres déclarations, avait demandé le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins.
Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffrait d'une "esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Cette maladie très rare - 200 cas recensés dans le monde en 20 ans - est incurable et provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances décrites comme "atroces" par Mme Sébire.
Dans sa demande, Chantal Sébire faisait état de ses "souffrances intenses et permanentes", du "caractère incurable des maux dont elle est atteinte" et de son "refus de devoir supporter l'irréversible dégradation de son état". Elle demandait à la justice d'"autoriser l'un de ses médecins à lui prescrire le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité".
Cette affaire a soulevé ces derniers jours un nouveau débat en France, où une loi de 2005 instaure, dans certains cas, une sorte de droit au "laisser mourir" par l'arrêt de tout traitement, mais ne permet pas aux médecins de pratiquer une euthanasie active.
Le décès de Chantal Sébire intervient le même jour que celle de l'écrivain belge Hugo Claus qui, atteint de la maladie d'Alzheimer, a choisi de mourir en Belgique par euthanasie mercredi à l'âge de 78 ans. La Belgique fait partie depuis 2002 des rares pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie sous certaines conditions.
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 14:14

Publié le 27/03/2008 à 15:03 , mis à jour à 17:42


Chantal Sébire, atteinte d'une tumeur incurable au visage et dont le corps a été retrouvé le 19 mars à son domicile, a absorbé une "dose mortelle" de barbiturique, selon le parquet de Dijon, ce qui accrédite la thèse du suicide. 

Toutefois l'interrogation demeure sur les conditions exactes du décès de Mme Sébire - suicide ou suicide assisté- et le procureur de Dijon Jean-Pierre Alacchi a annoncé l'ouverture d'une enquête pour savoir comment la malade avait pu se procurer un barbiturique très puissant qui "n'est pas disponible en pharmacie". 

Il s'agit du Pentobarbital, "un barbiturique d'action rapide non utilisé ou d'une façon tout à fait marginale en milieu médical" et surtout "utilisé en milieu vétérinaire", a indiqué M. Alacchi lors d'un point presse jeudi à propos des conclusions des analyses toxicologiques pratiquées sur le corps de Mme Sébire. 

Le produit, a poursuivi M. Alacchi, a été retrouvé en "grande quantité dans l'estomac de Mme Sébire, ce qui signifie qu'il a été absorbé par voie orale. Des traces (du même produit) ont été retrouvées dans un verre et sur une cuillère" au domicile de la défunte, à Plombières-lès-Dijon (Côte d'Or). 

"Les concentrations observées sont de près de trois fois la dose mortelle de ce produit", a-t-il ajouté, indiquant que "le surdosage de Pentobarbital constaté dans le sang de Chantal Sébire (était) donc compatible avec son décès". 

"Il est (ainsi) possible de dire que Mme Sébire n'est pas décédée de mort naturelle, ce qui a été démontré par l'autopsie (pratiquée le 20 mars) mais par suite de l'absorption d'une dose mortelle d'un barbiturique", a souligné M. Alacchi. 

Chantal Sébire "a mis fin à ses souffrances elle-même, elle s'est +autodélivrée+, mais je ne veux pas parler de suicide car ce n'était pas la démarche de Mme Sébire", a pour sa part estimé l'ancien avocat de Mme Sébire, Me Gilles Antonowicz, ajoutant que l'enquête annoncée par M. Alacchi ne "(paraissait) pas du tout adaptée à la situation". 

"Il faudrait refermer le dossier de Mme Sébire et ouvrir celui de l'euthanasie pour en discuter dans le cadre d'un débat de niveau national", a-t-il insisté. 

Chantal Sébire souffrait depuis plusieurs années d'une tumeur incurable qui lui déformait cruellement le visage et avait sollicité en vain de la justice le droit d'être euthanasiée. 

Conformément à la législation en vigueur, la justice avait rejeté le 17 mars sa requête. Deux jours après son corps sans vie était retrouvé à son domicile de Plombières-les-Dijon. 

Le cas de Chantal Sébire a semé le trouble et suscité un débat intense en France, incitant le gouvernement à demander une évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2005, qui instaure le droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active. 

Interrogé par ailleurs sur l'incinération du corps de la défunte, dont ont fait état mercredi plusieurs médias, le procureur de Dijon n'a pas souhaité confirmer l'information. 

"J'ai autorisé vendredi sans réserve la remise du corps de Chantal Sébire à sa famille. (...) Le reste, a-t-il affirmé, relève de la sphère privée".
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 14:42

[size=62]La demande de Chantal Sébire "n'entre pas dans le cadre de la loi"[/size]


C'est ce que déclare le député UMP, Jean Léonetti, l'auteur de la loi en vigueur sur la fin de vie qui instaure un droit au "laisser mourir". La garde des Sceaux, Rachida Dati, s'est dite, de son côté, opposée à une légalisation de l'euthanasie.


Par L'Obs
Publié le 18 mars 2008 à 15h07




La demande d'euthanasie de Chantal Sébire, une mère de famille de 52 ans défigurée par une maladie orpheline, "n'entre pas dans le cadre de la loi" de 2005 sur la fin de vie, a estimé, jeudi 13 mars, son auteur, le député UMP Jean Léonetti.
"La demande formulée n'entre pas dans le cadre de la loi. C'est une demande de suicide assistée, pas une demande d'accompagnement de fin de vie", a déclaré à l'AFP le député des Alpes-Maritimes.
La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005 tend à instaurer un droit au "laisser mourir", sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active.
"La loi autorise l'utilisation de sédatifs, de calmants et d'antalgiques à des doses nécessaires pour supprimer toutes douleurs physiques ou morales, même si l'utilisation de ces médicaments abrègent la vie. Or, Mme Sébire refuse les sédatifs. Elle demande qu'on lui donne la mort", souligne Jean Léonetti.

"Le suicide est une liberté, pas un droit revendiqué"

Le député estime que cette demande "confine à une impasse, car en réalité elle rompt le dialogue entre le corps médical et le malade".
"S'il y avait un dialogue apaisé avec les médecins, on devrait trouver une solution apaisée", estime Jean Leonetti, par ailleurs cardiologue. "On peut lui proposer tous les médicaments nécessaires pour calmer ses souffrances, même si leur utilisation raccourcissent" la vie.
"Je suis prêt de manière apaisée, et non pas à partir de cas individuels, à réfléchir sur des problèmes majeurs de société, sans présager de la décision législative", a indiqué Jean Léonetti.
"Le débat sur le suicide assisté est beaucoup plus complexe et large. Le suicide est une liberté, pas un droit revendiqué", ajoute-t-il.

"Ce n'est pas notre droit"

La ministre de la Justice Rachida Dati s'est, de son côté, dite opposée à une loi qui légaliserait l'euthanasie active en France, après qu'une femme atteinte d'une tumeur incurable a saisi la justice pour demander que son médecin lui donne la mort.
Interrogée sur France Inter, Rachida Dati a déclaré que le juge de Dijon qui statuera le 17 mars ne pouvait que répondre négativement à cette demande, en l'état actuel du droit français.
"Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale, pour l'aider à mourir", a dit la ministre. "Ce n'est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'homme, sur le droit à la vie."
Rachida Dati ajoute que la médecine a d'abord pour vocation de sauver la vie.

La loi Leonetti "assez équilibrée"


Selon elle, la loi Leonetti de 2005 est "assez équilibrée" et il ne faut pas aller plus loin.
Ce texte permet l'arrêt des traitements des malades agonisants et l'administration massive de médicaments anti-douleur même s'ils risquent d'entraîner la mort.
Le fait de provoquer la mort directement reste illégal.
"A titre personnel, je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales", a souligné la ministre.
Une législation autorisant l'euthanasie dite "active" existe actuellement en Belgique et aux Pays-Bas. Par ailleurs, la Suisse a légalisé le suicide assisté pour toutes les personnes qui le demandent, même celles qui ne sont pas atteintes d'une affection incurable.

Ecouter l'intervention de Rachida Dati : 

 

Fillon : "On est là aux limites de l'intime"


"C'est une demande qui provoque chez beaucoup de Français -en tout cas chez moi- beaucoup d'émotion comme en avait provoqué beaucoup la demande de Marie Humbert, il y a quelques années. Il y a un texte qui a été voté par les parlementaires il y a deux ans, la loi Léonetti", a rappelé, de son côté, François Fillon sur RTL.
"La demande est faite au juge d'interpréter ce texte. On va voir ce que le juge va dire. La difficulté dans cette affaire c'est qu'on est là aux limites de ce que la société peut dire, de ce que la loi peut faire (...) On est là aux limites de l'intime. Il faut avoir la modestie de reconnaître que la société ne peut pas répondre à toutes ces questions", a-t-il souligné.

"Avancée considérable" avec la loi Léonetti


Pour François Fillon, "il y a une avancée considérable qui a été faite avec cette loi [la loi Léonetti, ndlr] qui permet d'accompagner" Chantal Sebire à qui "des propositions médicales ont été faites".
"Si la justice répond négativement" à sa demande d'euthanasie, a précisé le Premier ministre a rappelé qu'il restait à Chantal Sebire "la solution qui lui a été proposée qui, de mon point de vue, est acceptable", c'est-à-dire une hospitalisation avec une mise en coma.
Ce que refuse cette ancienne professeur des écoles, âgée de 52 ans et mère de trois enfants, atteinte depuis près de huit ans d'un esthésioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et des cavités nasales.
"Je ne peux pas apporter une réponse péremptoire à une question qui touche au plus profond de nos consciences", demandant à ce que le débat se poursuive sur cette question. "Il faut que la société toute entière prenne en charge cette question et mûrisse", a encore dit François Fillon. (avec AP)
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 15:16

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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 15:43

[size=62]Affaire Chantal Sébire : y a-t-il eu « provocation au suicide » ?[/size]


Une enquête est ouverte pour déterminer si l’entourage de la malade, atteinte d’un cancer incurable, l’a poussée au suicide.


Par Chloé Leprince
Publié le 26 juin 2008 à 18h42




Chantal Sébire 20080626Sebire_0
Seringue sous scellés (Philippe Wojazer/Reuters).
Le 19 mars dernier, Chantal Sébire mourait chez elle, en Côte-d’Or. Deux jours plus tôt, la justice lui refusait le droit à l’euthanasie, que cette femme de 52 ans atteinte d’une tumeur incurable, qui lui déformait le visage, réclamait depuis plusieurs mois.
L’autopsie avait conclu à l’absorption de barbituriques. C’était il y a trois mois. Or cette affaire vient de connaître plusieurs rebondissements qui rouvrent le débat sur l’euthanasie. Un débat que Chantal Sébire elle-même avait d’ailleurs voulu le plus vaste et le plus médiatique possible, en réclamant une modification de la législation sur la fin de vie.

Le parquet de Dijon vient de confirmer qu’il a ouvert une enquête préliminaire, en fin de semaine dernière, pour « provocation au suicide ». Une procédure destinée à savoir si un tiers a encouragé Chantal Sébire à passer à l’acte, sachant que le Pentobarbital, le médicament qu’elle a absorbé, n’est pas délivré en pharmacie.
La « provocation au suicide » est un délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende en France. L’aide au suicide, par contre, n’existe pas au regard de la loi. L’enquête devrait aussi se pencher sur un autre épisode, révélé par Le Parisien mercredi. Les scellés, des prélèvements biologiques effectués sur le corps de Chantal Sébire après sa mort, auraient disparu. Selon le journal : 
« Les scellés se sont mystérieusement volatilisés de l’hôpital de Dijon, où ces pièces à conviction étaient conservées. »
Rue89 a rencontré l’avocat de Chantal Sébire le jour de la publication de l’article du Parisien. Me Gilles Antonowicz affirme avoir découvert par la presse la disparition des scellés. Il doute toutefois de cette hypothèse, mais se dit beaucoup plus préoccupé par l’ouverture de cette enquête pour « provocation au suicide ».
Chantal Sébire avait largement fait connaître son souhait d’en finir
Pour Me Antonowicz, cette initiative du parquet de Dijon, qu’il attribue directement à la chancellerie, relève du « délire judiciaire » puisque Chantal Sébire avait largement fait connaître son souhait d’en finir, se sachant condamnée :



Même son de cloche du côté de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Son président, Jean-Luc Romero, par ailleurs conseiller régional (UMP) en Ile-de-France, fait part de sa « stupéfaction » : 


Cette initiative de la justice ne devrait pas manquer de relancer le débat sur l’euthanasie. Elle intervient alors que Me Gilles Antonowicz vient de claquer la porte de l’ADMD, dont il était devenu vice-président il y a trois ans.
Avocat inscrit au barreau de Grenoble, Me Antonowicz est installé dans le Vercors. D’ordinaire, il est plutôt spécialisé dans le domaine des crimes sexuels. S’il a été mis en relation avec Chantal Sébire pour assurer sa défense, c’est du fait de son activité associative au sein de l’ADMD. Il explique qu’il avait rejoint l’association au début des années 90, mobilisé par l’histoire de ses propres parents « parce qu’à 40 ans, on n’y vient pas par hasard ».
Ayant pris des responsabilités il y a peu au sein de la structure, il affirme être désormais en profond désaccord idéologique avec l’ADMD. Selon lui, l’association serait aujourd’hui sous la coupe de militants d’une ligne dure, favorables au « suicide assisté ». Là où lui réclame plutôt un aménagement de la loi Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2005. A la manière belge : 
« Il faut populariser cette loi et demander des aménagements, ce qui implique que la société s’interroge sur ce qu’elle fait de l’agonie. Mais, dans les faits, la loi a déjà légalisé l’euthanasie passive. Il faut maintenant s’interroger sur la reconnaissance du suicide médicalement assisté, mais seulement pour les personnes en fin de vie. Et en prévoyant, comme le fait la Belgique, un contrôle a posteriori du médecin qui aura accompagné le malade. Ce ne doit pas être l’affaire des juges. »
Avocat de la défunte et ADMD : querelle de clochers ou iatus idéologique ?
Me Antonowicz reproche à l’ADMD, qui compte 45 000 membres, de décrédibiliser le discours sur l’aide à mourir. Notamment du fait des liens de certains membres avec Dignitas, une association suisse de Zurich qui propose une assistance au suicide. L’avocat grenoblois se base pour cela sur les propos que tenait par exemple Claude Hury sur le blog de l’association.
Claude Hury se trouve être à la fois administratrice de l’ADMD et accompagnante bénévole chez Dignitas. Après la diffusion d’un reportage à charge sur M6, elle prend la défense de Dignitas… quitte à faire l’apologie du « suicide assisté » sans discernement, dénonce Gilles Antonowicz :



Sollicité alors que la démission de Me Antonowicz commence à faire du bruit, Jean-Luc Romero rétorque qu’il s’agit d’un faux procès et que « toutes les opinions peuvent s’exprimer au sein de l’ADMD » : 


Pour le président de l’ADMD, c’est davantage une histoire d’argent que des préoccupations philosophiques qui ont éloigné l’avocat de sa structure. Jean-Luc Romero reproche ainsi à Gilles Antonowicz d’avoir facturé à l’ADMD la défense que l’association avait promise à Chantal Sébire. Soit 5000 euros d’honoraires, plus 1000 euros de frais, là où il voyait du « strict bénévolat » : 


Me Antonowicz, lui, hausse les épaules et réplique qu’il ne s’est nullement enrichi en consacrant de son temps à l’association et qu’il a dispensé de nombreux conseils bénévolement dans le passé, lorsqu’il n’y avait pas de travail contentieux. En avril, sortait par exemple un livre consacré à l’affaire Hervé Pierra. Les parents de ce jeune resté dans un état végétatif durant huit ans après une tentative de suicide à l’âge de 20 ans voulaient poursuivre la justice pour n’avoir pas accepté qu’on supprime la sonde gastrique de leur fils. Il les a plutôt dissuadés d’une longue procédure et a préféré en faire un livre.
Réponse du berger à la bergère : alors que la polémique enfle, l’avocat compare aujourd’hui Jean-Luc Roméro à Edgar Faure… « le talent en moins ». Une référence à l’ancien président du Conseil qui professait autrefois : 
« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 16:00

Une mort qui brouille
l'image des soins palliatifs



  • Par  Le Figaro 
     


  • Publié le 21/03/2008 à 21:14





[size=16]Par Olivier Jonquet , réanimateur, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, porte-parole de l'association Convergence soignants-soignés, Xavier Mirabel,cancérologue, président de l'Alliance pour les droits de la vie et Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie.


Le décès de Chantal Sébire nous émeut profondément. Nous avons été touchés par le processus d'emballement qui s'est emparé de notre société autour de son cas douloureux et spectaculaire. Sa prise de parole courageuse méritait le respect. Mais sa souffrance et sa mort devraient-ils rendre cette parole indiscutable ? Le retentissement et les conséquences de ce deuil nous concernent tous. Engagés auprès de personnes éprouvées, dépendantes ou en fin de vie, nous ne pouvons taire aujourd'hui notre triple malaise.
Premier malaise, sur l'impasse dans laquelle semble s'être enfermée Chantal Sébire. Nous entendions qu'elle ne soignait ses douleurs physiques qu'avec de l'aspirine. On nous a fait part d'une allergie à la morphine, mais, surtout, d'un refus des soins palliatifs dont la nécessité semblait évidente. Comme pour l'affaire Humbert, nous n'avions du dossier médical qu'un son de cloche qui laissait perplexe. Est-il indécent de s'interroger sur les conditions du parcours soignant qui a abouti à ce refus et à c e qui pourrait être un suicide , au moment même où le médecin traitant présentait à l'Élysée le dossier à un spécialiste ? Chantal Sébire disait agir en pleine possession de ses moyens. Mais l'idée qu'elle se faisait des soins palliatifs nous atterre. Quelle image lui en avait-on donnée ? Par ailleurs, quel fut véritablement le sens d'une demande qui récusait le suicide tout en réclamant qu'il soit médicalement administré ? On a enjoint la médecine non plus à soigner mais à tuer, comme si tuer pouvait vaincre la maladie.

Second malaise, sur le rôle des personnes qui se pressaient depuis quelques semaines autour de cette femme. Nul doute que le caractère spectaculaire de la tumeur dont elle souffrait en faisait, malgré elle, un symbole du combat pour l'euthanasie. Nous n'avons pas la naïveté de croire que cette image fut innocente. Le mouvement qui l'entourait ne fait pas mystère d'une revendication bien plus large que celle de traiter les exceptions.
Chantal Sébire ne fut-elle pas l'instrument d'un enjeu qui la dépassait ? Avait-elle les moyens de se libérer de ceux qui en ont fait leur porte-parole ? Ils savaient avoir trouvé un cas capable de faire « bouger les lignes ». Ils ont feint de croire que la justice pourrait permettre son euthanasie. L'émotion entretenue par ce suspense factice s'est faite totalitaire. Comment ne pas voir que celle qui s'est emparée des esprits leur a fait abdiquer la raison et le sens critique ? Interroger la réalité de la situation de Chantal Sébire risque d'apparaître comme une insulte à sa mémoire.
Troisième malaise, sur la façon dont l'opinion a vu traiter ce cas. Nous l'avons lu ici ou là dans les titres : « Chantal Sébire ne pourra pas mourir en France » ; « La justice refuse la mort douce à Chantal Sébire. » Comme si elle était condamnée à l'exil. Comme si l'euthanasie était douce. Des années d'explication sur le sens des soins palliatifs ont été pulvérisées par ces slogans mensongers. Déjà nous constatons la terreur que provoquent chez nos patients l'idée de la défiguration et celle des douleurs irrépressibles qui lui sont attachées. L'éventail des moyens analgésiques et d'accompagnement est méconnu. Déjà nous mesurons les effets néfastes d'un prétendu « droit au suicide » avancé ici ou là. Tous les efforts de la société pour sauver et consoler les désespérés et garantir leur place aux personnes dépendantes, sans les juger sur l'apparence, ont été contredits. Quel type de pitié poussait à croire qu'il valait mieux que Chantal Sébire meure vite ? N'a-t-elle pas témoigné jusqu'à ces derniers jours d'une vitalité admirable malgré la lourdeur de son handicap, sa peur et sa solitude ?
Nous le savons tous, la mort est une voleuse à laquelle on est obligé de consentir. Les moments qui la précèdent sont parmi les plus intimes, les plus intenses, les plus respectables aussi. Ils n'ont rien d'un spectacle. C'est un chemin personnel à parcourir. Ce qui explique que l'agonie soit réservée aux plus proches, tandis que les badauds en sont écartés par dégoût du voyeurisme et de l'obscénité. Cette chronique d'une mort annoncée nous attriste. Nous aurions aimé que Chantal Sébire en soit protégée.[/size]
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime17.06.19 23:00

L'affaire Chantal Sébire :
l'analyse de Martine Perez  
Par  Le Figaro   Mis à jour le 14/03/2008 à 15:29  Publié le 14/03/2008 à 15:28

Pour la chef du service science au Figaro, «l'affaire Chantal Sébire est un nouvel appel à la légalisation de l'euthanasie en France».

Cette affaire douloureuse est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. La vie est parfois cr»e de Chantal Sébire, cette femme de 52 ans défigurée par un cancer des sinus incurable et douloureux, en est une illustration et inspire notre respect. Cette malade réclame la mort à cor et à cri et, dans ce but, a sollicité le tribunal de grande instance de Dijon afin qu'il autorise un médecin à lui délivrer les médicaments qui la feront mourir.

Elle refuse tout traitement sédatif qui la plongerait dans un semi-coma et soutient que seule une potion léthale prescrite par un praticien lui offrirait le repos éternel qu'elle appelle de ses vœux. Si cette situation tragique suscite une véritable émotion, si cette demande de mort peut sembler légitime à première vue, cette affaire est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord.


Elle s'inscrit en réalité dans le combat mené depuis des années par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui vise à légaliser l'euthanasie dans notre pays, en interpellant au fil des années, la justice, la médecine et les médias sur des cas particuliers. Un combat qui gagne du terrain petit à petit, surfant sur des drames humains qui seront toujours légion, tant que l'homme sera fait de chair et de sang. Déjà, en 2006, le procureur de la République avait fait un petit pas dans ce sens, en offrant un non-lieu à Marie Humbert et au docteur Chaussoy, qui avaient mis fin aux jours de Vincent Humbert, paraplégique, sourd et aveugle à la suite d'un accident. C'était une première brèche dans l'article 221 du Code pénal qui criminalise l'euthanasie en affirmant que le fait de «donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre puni de 30 ans de réclusion criminelle.»

Cette nouvelle affaire, comme celles du même acabit qui ont défrayé la chronique ces dernières années, mérite plusieurs niveaux de réflexion. Le premier n'est d'ailleurs pas une réflexion, mais c'est l'empathie qui nous étreint, lorsque l'on regarde la photo de Chantal Sébire au visage difforme et que l'on reçoit de plein fouet l'ampleur de son malheur. La souffrance de Chantal Sébire est incontestable, mais pourrait pourtant tirer bénéfice de soins médicaux, même s'ils sont imparfaits. Il est possible en effet de la plonger dans un semi-coma pour abréger ses douleurs et lui faire perdre conscience jusqu'à la fin. Elle refuse ces soins pour choisir de transformer cette ultime bataille personnelle en un combat emblématique pour l'euthanasie. Pourtant, la loi Leonetti votée en 2006 va déjà assez loin, en affirmant que tout doit être fait pour soulager la douleur, y compris l'usage de fortes doses d'antalgiques, même si elles risquent de provoquer la mort.

Le second niveau de réflexion porte sur le rôle du médecin face à la demande de mort, alors que sa seule mission est de défendre la vie ou de soulager, à défaut de guérir. Comme le répète le Pr Louis Puybasset, chef de service de réanimation à l'hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris), le débat sur l'euthanasie ou le suicide assisté, n'est pas un problème médical : «Ce n'est pas parce qu'un malade va dire à son médecin : “Donnez-moi la mort”, que celui-ci va s'exécuter. À quoi cela sert-il de faire des lois sur le handicap ou la dépendance, si l'on pense que l'euthanasie est aussi une solution dans ces situations douloureuses ? Pourquoi cette femme en appelle-t-elle à la justice et à la médecine pour en finir avec la vie, alors qu'elle pourrait aussi faire le choix personnel du suicide ?»

Le troisième niveau de réflexion s'interroge sur la possibilité pour la justice vers laquelle Chantal Sébire s'est tournée d'imposer une décision d'euthanasie au corps médical, décision qui serait contredite par le code de déontologie. La réponse du tribunal de grande instance de Dijon va être intéressante. En supposant ce qui est improbable que le tribunal donne une suite favorable à la requête de M me  Sébire, se trouvera-t-il un seul médecin pour l'exécuter et se mettre aussi en contradiction avec la loi qui pénalise l'euthanasie ?

Enfin, le quatrième niveau de réflexion est à la fois le plus philosophique et le plus essentiel, car il dépasse le cas particulier qui nous émeut ici, pour nous interroger sur notre humanité. Car comment transmettre la puissance de la vie, son caractère plus fort que tout, aux générations à venir, si l'homme descend de son piédestal et accepte de banaliser la mort en légalisant le droit à se la donner ? L'être humain, qui combat l'adversité depuis des millénaires, peut-être pour retrouver le «jardin d'Éden, peut-il abdiquer désormais face aux difficultés qu'il a jusqu'à présent affrontées de face ? Dans quel engrenage mettons-nous le doigt, si on légifère sur l'euthanasie en autorisant des hommes à en finir avec les plus faibles, les plus malades, les plus difformes, même à leur demande ? Alors qu'un nombre croissant de pays bannissent la peine de mort, au nom du respect absolu de la vie, la demande d'élimination des malades incurables et qui souffrent fait paradoxalement le chemin inverse.
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MessageSujet: Re: Chantal Sébire   Chantal Sébire Icon_minitime18.06.19 0:23

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