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 Aide à mourir et euthanasie

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MessageSujet: Aide à mourir et euthanasie   27.03.12 10:23

Derrière «l’aide à mourir», l’euthanasie

Par JEAN LEONETTI Ministre des Affaires européennes, «père» des lois sur la bioéthique et sur la fin de vie
Interviewée dans Libération (1), Marisol Touraine [responsable du pôle social-santé-personnes âgées du PS, ndlr] déclare souhaiter que soit ouvert un «droit» à mourir. Il existe un «droit à être soulagé» créé par la loi de 2005 qui impose le recours aux soins palliatifs et condamne l’acharnement thérapeutique. Contrairement à ce que Mme Touraine affirme, l’effort financier consacré aux soins palliatifs a été sans précédent lors du quinquennat. Ainsi, 230 millions d’euros investis ont permis la multiplication des services de soins palliatifs, les lits dédiés à l’accompagnement de fin de vie ont été rendus obligatoires par la loi et une filière universitaire «médecine palliative» a été créée pour améliorer la formation du personnel médical.

Aujourd’hui, il existe deux possibilités : poursuivre les efforts à destination des soins palliatifs et continuer à mieux faire connaître la loi de 2005 (une nécessité) ; ou modifier la loi et autoriser le personnel médical à réaliser un acte volontaire destiné à provoquer la mort (ce que le PS et Mme Touraine appellent pudiquement «aider à mourir»). Parler d’«évolution» de la loi de 2005 n’a pas de sens : ce que propose M. Hollande constitue une vraie rupture qui doit être assumée comme telle. Bien qu’il ait déclaré dans Marianne le 18 février : «L’euthanasie, je n’y suis pas favorable», cette rupture consiste à légaliser l’euthanasie, comme le groupe socialiste l’avait déjà avancé dans une proposition de loi de 2009 qui leur sert toujours de référence.

La loi actuelle, votée à l’unanimité en 2005, contient deux principes : le non-abandon et la non-souffrance. Elle condamne l’acharnement thérapeutique et permet, par la pratique du «double effet», d’accepter qu’en fin de vie, la qualité prime sur la durée de la vie. Le traitement, même s’il est susceptible de raccourcir la vie, doit viser à supprimer toute souffrance. Il ne s’agit pas d’une hypocrisie mais d’un devoir de soulagement et d’accompagnement défini par la loi. L’hypocrisie est de ne pas utiliser les mots d’euthanasie ou d’injection létale et de se réfugier derrière les mots de «dignité» et «d’aide à mourir». Albert Camus disait que «mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde». Ce débat traduit l’opposition de deux éthiques. D’un côté, une éthique de l’autonomie qui place le choix individuel au-dessus de tout : «Moi seul décide de ma vie et la société doit se plier à ce choix.» De l’autre côté, une éthique de la vulnérabilité qui relève d’une solidarité collective et privilégie le soulagement du patient et son accompagnement : «Nous ne t’abandonnerons pas et nous ne te laisserons pas souffrir». Dans ce conflit de valeurs, nous choisirons toujours la solidarité. L’Observatoire national de la fin de vie, qui ne peut être soupçonné de position partisane, révèle que la loi actuelle n’est pas assez connue et mal appliquée. Redoublons d’efforts pour la faire connaître et développer une véritable culture palliative en France. L’Observatoire souligne aussi que des dérives existent dans les pays qui ont dépénalisé l’euthanasie (un tiers d’euthanasies clandestines). Ces Etats ne représentent d’ailleurs que 10% de l’Europe alors que les autres pays ont calqué leur loi sur les propositions françaises.

Les socialistes ont le devoir d’indiquer clairement leur choix : changer la loi en légalisant l’euthanasie ou appliquer la législation actuelle. Nous choisissons la deuxième option car l’euthanasie n’est pas l’aboutissement des soins palliatifs, elle en est la rupture. L’acte médical ne peut pas être un acte de tuer. Quand la société accepte de donner la mort aux plus vulnérables, même à leur demande, elle va à l’encontre du principe même du droit à la vie qui est le fondement de nos valeurs. Ce même principe qui, selon Robert Badinter, constitue «le fondement contemporain de l’abolition de la peine de mort» car «personne ne peut disposer de la vie d’autrui».
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