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 L'euthanasie et le Président F.H.

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MessageSujet: L'euthanasie et le Président F.H.   06.06.12 9:38

Mardi 05 Juin 2012

L’ambiguïté doit cesser, François Hollande est pour l’euthanasie






Dans un entretien à Radio Fidélité diffusé aujourd’hui, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a semblé remettre en cause l’engagement 21 de François Hollande : légaliser l’assistance médicalisé à la fin de vie. Selon lui, il ne serait nullement question d’euthanasie…et il n’est même plus très sûr de vouloir faire une loi !

Nous aurions bien des raisons de nous réjouir de ce renoncement, nous qui sommes favorables à l’application de la « Loi Leonetti », au développement des soins palliatifs et à l’accompagnement des familles et des équipes soignantes. Mais nous ne sommes pas dupes de cet artifice de communication à quelques jours des élections législatives.

Comme souvent, François Hollande joue sur les mots. Chacun sait que derrière les termes ambigus qu’il emploie, se cache tout simplement ce qu’on appelle « l’euthanasie ». Encore faudrait-il qu’il ait le courage de le dire.

Déjà le 12 mars 2007, lors d’un point presse pour la campagne de Ségolène Royal, François Hollande s’engageait à « légiférer » sur cette question. Il proposait alors de reprendre « la proposition de loi qu’on appelle Vincent Humbert », qui mentionne expressément « l’aide active à mourir » et donc l'euthanasie.

Le 31 janvier 2011, lors d’un entretien vidéo sur le site L’Internaute, à propos de la « Proposition de loi relative à l'aide active à mourir » examinée quelques jours avant au Sénat, François Hollande déclare sans ambigüité qu’il « aurait voté la proposition de loi du Sénat ». Ce texte reprenait même la notion « d’euthanasie volontaire ».

Le 26 janvier 2012, Marisol Touraine précise le projet du candidat Hollande sur Europe 1 : « le mot d’euthanasie n’est ici pas utilisé (…) même si on va effectivement dans ce sens ».

En attendant que les législatives se passent, François Hollande, par pure tactique politique, entretient le flou sur tous les dossiers : sur le Smic, la retraite à 60 ans, l’encadrement des loyers, le retrait des troupes françaises d’Afghanistan ou la renégociation du traité européen. Cela s’appelle de la manipulation et notre rôle est d’en informer les Français. Nous appelons solennellement François Hollande à se montrer à la hauteur de la fonction qui lui a été confiée et à éclairer sans délais les Français sur ses intentions concernant ce sujet éthique majeur.

Jean Leonetti
Conseiller politique de l'UMP


Dernière édition par PAT le 19.12.12 17:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Euthanasie,un pas en avant,un pas en arrière   11.06.12 15:47


Un pas en avant et un pas en arrière, face à un problème de société, celui de l'euthanasie



Article publié le : 08/06/2012 à 08:59:31
Dans les « 60 engagements pour la France » de François Hollande, aujourd'hui le Président de la République on peut lire : « Toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisé, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Bien que ce texte remplace « euthanasie par « assistance médicalisée » pour terminer sa vie dans la dignité, on aura compris que par opposition à l'euthanasie passive de la loi Leonetti de 2005, qu'il ne peut s'agir que de l'administration, dans des conditions précises et strictes qui restent à préciser, d'un produit létale qui donne la mort.

Il ne suffira pas de préciser les conditions légales d'administration d'un produit létal, il faudra aussi mettre à l'abri des poursuites pénales, ceux qui en auront décidé et ceux qui seront passés à l'acte, ce qui suppose un modification du Code pénal.

Rappelons que la loi Leonetti, bien que ne prévoyant que l'euthanasie passive, a omis de modifier le Code pénal, ce qui en est le point faible, qui peut placer en porte à faux les soignants impliqués d'ans un acte d'euthanasie passive.

Il faut noter que dans un entretien à Radio Fidélité que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a expliqué que le projet du gouvernement concernant la fin de vie consistait à perfectionner la loi Leonetti , dans le cadre d'une concertation et en évoquant le développement des soins palliatifs, ce qui peut s'analyser comme un pas en arrière par rapport à l'engagement présidentiel.

Cependant, il est hautement probable que la possibilité de tous les malades en fin de vie de pouvoir bénéficier de soins palliatifs appropriés à leur état, soit dans un centre de soins, soit à son domicile, devrait rendre, dans des proportions considérables, les demandes d'euthanasie active sans objet.

Seulement, on en est très loin en France, en sachant, que selon les données de 2010 de l'Inspection générale des affaires sociales, l'lgas, chaque année entre 150 000 et 200 000 personnes auraient besoin d'un accompagnement palliatif, mais seulement 20 % des Français qui meurent à l'hôpital en bénéficient et c'est bien moindre pour ceux qui veulent mourir chez eux.

Aujourd'hui, parler de soins palliatifs pour se substituer aux demandes d'euthanasie et de suicide assisté, c'est botter en touche car, faute de moyens financiers et matériels suffisants, l'offre de soins palliatifs ne répondra pas aux besoins dans un avenir prévisible.

C'est un problème que l'on ne peut pas laisser plus longtemps en l'état, car il conduit trop souvent à des situations difficiles pour les malades, leurs proches et leurs soignants, avec le risque de dérive qui en découle.
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MessageSujet: LE PRESIDENT F.HOLLANDE ET LA FIN DE VIE   18.07.12 10:30

Fin de vie: François Hollande retarde l’échéance


Le président de la République annonce un débat autour de la loi Leonetti mais se refuse, une nouvelle fois, à prononcer le mot «euthanasie». Pourquoi?



- Syringe / Andres Rueda via FlickrCC License by - -


Le pouvoir socialiste a-t-il ou non une doctrine sur la médicalisation de la fin de vie? On pouvait, depuis des années, raisonnablement en douter. L’impression se confirme. Effleurée durant la campagne pour l’élection présidentielle la question avait été évitée lors du discours de politique générale, le Premier ministre ayant auparavant choisi une station radiophonique catholique nantaise pour faire ici l’exégèse de la pensée présidentielle. François Hollande reprend la main aujourd’hui en s’exprimant pour la première fois depuis son élection. Il l’a fait lors d’un déplacement à la Maison Notre-Dame-du-Lac de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), un établissement spécialisé dans l’accompagnement de la fin de vie et le traitement de la douleur.

Deux conceptions philosophiques


Qu’a-t-on appris de nouveau? Qu’un débat national était lancé, qu’une réforme verrait le jour «dans les prochains mois» et qu’une (nouvelle) mission sur ce thème venait d’être confiée par le pouvoir sur cette question, cette fois au Pr Didier Sicard, spécialiste de médecine interne et ancien président (de 1999 à 2008) du comité national d’éthique.




François Hollande sait parfaitement qu’il entre sur un terrain politiquement difficile car éminemment «clivant» (1). En privé il n’a jamais caché le jugement très positif qu’il porte sur la loi Leonetti sur le droit des malades en fin de vie. Défendue par le député (UMP) Jean Leonetti cette loi avait notamment instauré un droit au «laisser mourir» en permettant, après décision médicale collégiale, d'arrêter un traitement ou de refuser des formes d’acharnement thérapeutique.

Le 17 juillet François Hollande a d’ailleurs rendu hommage à ce texte qui, a-t-il dit, «permet d’éviter depuis 2005 les traitements déraisonnables et tout acharnement thérapeutique». Il n’a jamais caché non plus, toujours en privé, qu’il ne partage pas les positions extrêmes défendues par celles et ceux qui entendent créer via la loi un droit au suicide médicalement assistée. Cette option fondée notamment sur le doit de disposer librement de son corps est défendue depuis plus de vingt ans avec constance dans les médias par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Le candidat Jean-Luc Mélenchon en a également fait la promotion lors de la campagne présidentielle Mais une large majorité des membres du corps médical français et de ses représentants sont opposés, pour des raisons essentiellement déontologiques, à l’idée qu’ils pourraient être conduits à devoir administrer, à la demande, une substance létale pour mettre fin à des souffrances quelle que soit l’intensité de ses dernières. Tout laisse penser que le Pr Didier Sicard partage cette position.

Euthanasie, un mot tabou


Reste que le président de la République juge politiquement nécessaire d’organiser un nouveau débat national sur ce thème, sept ans seulement après la promulgation de la loi Leonetti. Il justifie sa position en formulant non pas des questions de fond mais en invoquant des situations exceptionnelles. «Peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie s’est-il interrogé le 17 juillet à la Maison Notre-Dame-du-Lac. Poser cette question c’est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat.» Il a ajouté qu’il entendait et respectait les consciences des autorités spirituelles qui affirment le principe selon lequel tout instant de vie mérite d’être vécu.

Le 4 juin Jean-Marc Ayrault s’était exprimé sur ce thème à Radio Fidélité une station chrétienne nantaise. Le site catholique Gènéthique en avait alors fait état. Le Premier ministre avait rappelé que François Hollande s’était engagé, dans son programme, à permettre à certains malades de «bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.» Jean-Marc Ayraut avait également exprimé sa volonté de «perfectionner la loi […] dans l’esprit du projet de François Hollande». Rien pour autant n’était selon lui acquis quant à la nécessité de modifier la loi. Et Jean-Marc Ayrault de prendre soin de rappeler que François Hollande «n’a jamais employé le mot euthanasie».

En charge des questions sociales Marisol Touraine avait fait de même à plusieurs reprises lors de la campagne présidentielle. Et le 17 juillet à la question qui lui était posée de savoir si le mot «euthanasie» était pour lui un mot tabou François Hollande a répondu: «Ce n’est pas le mot que j’ai employé». Tout se passe comme si le simple fait de prononcer ce mot équivalait, pour François Hollande, à prendre position en faveur du droit au suicide médicalement assisté.

Un consensus impossible


De ce point de vue les militants de l’ADMD n’auront pas manqué d’observer que Mgr André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, après avoir été reçu à l’Elysée a souligné que la question que venait de soulever le président de la République sur la fin de vie était «une bonne question» et que «poser une question ne signifie pas qu’on y répond positivement.» Pour sa part, Jean Leonetti propose désormais un large débat public sur la fin de la vie, ne se limitant pas à la question de l'euthanasie. Aussi l’ADMD ne montre-t-elle guère d’enthousiasme. Saluant l'initiative du chef de l'Etat elle dit déjà s'inquiéter des pressions possibles des «lobbies pro-life et ultrareligieux». Et elle l’exhorte à entendre le combat des associations laïques qui demandent le respect absolu des volontés des patients.

Le chef de l’Etar et le gouvernement ont choisi de se donner «quelques mois» avant de trancher. Rien ne dit que ce délai sera suffisant pour trouver - et ce uniquement pour quelques cas dramatiques mais exceptionnels de fin de vie - un consensus politique entre deux positions philosophiques que tout oppose.

(1) Dans son programme François Hollande précisait: «Je proposeraique toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.»

Jean-Yves Nau


Dernière édition par PAT le 27.07.12 23:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 10:50

Manquerait-il de dignité,ce cher Président ?

"Que votre oui soit oui,que votre non soit non"...

Il a la majorité parlementaire... ... ...

Pas idiot,il choisit la période des vacances...

Mais qu'est-ce qu'il a dans la tête..et dans le coeur ?

Les citoyens ne tarderont pas à réagir... ... ...

Moi en particuliier,je vais GUEULER...bien GUEULER...
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 11:42

Euthanasie: Leonetti salue le choix du Dr Sicard

Le Nouvel Observateur

Créé le 17-07-2012 à 16h30
- Mis à jour à 16h50


PARIS (Sipa) — Le député UMP Jean Leonetti, auteur de la loi sur le droit des malades et à la fin de vie, a salué mardi la décison du président François Hollande de confier une mission de réflexion sur l'euthanasie au Pr Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

Sans prononcer le mot "euthanasie", le chef de l'Etat a déclaré que le débat sur la fin de vie méritait d'être engagé "dans l'apaisement". En déplacement à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), M. Hollande avait rappelé que depuis la loi Leonetti de 2005, il n'y avait plus en France de "légitimation de l'acharnement thérapeutique".

Dans un communiqué, M. Leonetti propose toutefois que "le sujet soit abordé de manière plus large: la fin de vie ne se limite pas aux problèmes de l'euthanasie, elle ne peut pas être abordée que par les politiques et les experts".

Pour lui, "la fin de vie interpelle notre société sur la fragilité, la vulnérabilité, la dépendance, le respect de la dignité de la personne humaine et le sens même de la vie, et doit donc être abordée dans la diversité de ces sujets.

mw/com
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 11:44

çà sent mauvais..

"Léonetti,c'est fini,
Le changement,c'est maintenant"

Signé=Moi,PAT
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 11:54

Euthanasie : un "mauvais signal"

Par Gaétan Supertino


Publié le 17 juillet 2012 à 18h10

Mis à jour le 18 juillet 2012 à 07h36




Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a en effet qualifié mardi de "mauvais signal" le choix par le président du Pr Didier Sicard pour mener la mission sur la fin de vie.

Les défenseurs du procédé acceptent mal la nomination du Pr Sicard pour mener une mission.

Le changement pour les patients en fin de vie, ce n'est pas maintenant. À en croire les défenseurs de l'euthanasie : François Hollande semble moins déterminé que durant la campagne pour faire avancer ce dossier. Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a en effet qualifié mardi de "mauvais signal" le choix par le président du Pr Didier Sicard pour mener la mission sur la fin de vie.

"Il faut un référendum"
"On fait une affaire médicale de tout ça, alors qu'il s'agit du droit des patients. On reste dans la toute puissance du médecin et ce à cause de la puissance du lobby catholique", déplore ce défenseur de l'euthanasie, interrogé par France TV info.

D'autant que, selon lui, le Pr Didier Sicard a une double tare : être médecin et religieux. "Ancien président du Comité consultatif national d'éthique, M.Sicard est proche de la théologie morale catholique", assure un communiqué de l'ADMD.

Résultat, pour Jean-Luc Romero : "Cette mission ne sera sans doute qu'une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu: celui du respect absolu des volontés individuelles". "Il est regrettable de continuer à faire de la question de la fin de vie, en confiant cette énième mission à un mandarin, une question médicale alors que c'est une affaire citoyenne qui relève de l'intime", insiste le président de l'ADMD. Invité à réagir sur Europe1, Jean-Luc Romero en a même appelé à une référendum pour demander au peuple de trancher sur la question.

Promesse de campagne
Dans son engagement de campagne n°21, François Hollande avait affirmé qu'il proposerait que "toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

Le candidat socialiste avait même comparé cette promesse à l'abolition de la peine de mort, décidée en son temps par François Mitterrand contre l'avis de la majorité des Français. Bousculé par un journaliste lors de l'émission "Des paroles et des actes" sur France2, sur le fait qu'il ne portait pas de grand projet de société, François Hollande avait en effet évoqué cette promesse sur la fin de vie.

Mardi, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), le chef de l’État a annoncé une réforme des soins palliatifs "dans les prochains mois" et confié au Pr Sicard une mission sur la fin de vie, sans jamais employer le mot "euthanasie".


"La loi Léonetti, c'est la loi du laisser mourir"
Si le chef de l'Etat veut ouvrir "une réflexion sur la fin de vie", il appelle aussi à s'appuyer davantage sur la législation existante. "La loi dite Léonetti autorise déjà toute personne malade à refuser un traitement dont elle estime qu'il est devenu déraisonnable", a rappelé François Hollande.

"La loi Léonetti, c'est la loi du laisser mourir de faim et de soif. Elle est insuffisante", s'indigne Jean-Luc Romero sur France TVi, qui se félicitait à l'époque que le candidat socialiste "s'engage en faveur d'une nouvelle législation".

Le président de l'ADMD "demande au président de la République de ne pas céder à la pression des lobbys pro-life, ultra-religieux, qui militent également contre le droit des femmes à avorter, et d'entendre le combat des associations laïques qui demandent le respect absolu des volontés des patients, fussent-ils âgés, malades ou en fin de vie, mais qui demeurent des citoyens à part entière".
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 12:05

Euthanasie : partisans et détracteurs font entendre leur voix
17.07.2012, 19h54 | Mise à jour : 11h50
«Peut-on aller plus loin que la loi Leonetti dans les cas exceptionnels ?» En marge d'une visite au service des soins pallatifs d'une maison médicale des Hauts-de-Seine, François Hollande a annoncé la création d'une mission sur la fin de vie, ce mardi. Le président de la République a ainsi relancé le débat sur l'euthanasie, en prenant soin de ne jamais employer le terme.

Les partisans de l'euthanasie saluent l'ouverture d'une énième réflexion sur le sujet mais espèrent, cette fois-ci, de réelles avancées. Les détracteurs saluent, eux, la «prise de conscience» au plus haut niveau de l'Etat des insuffisances dans la prise en charge de la fin de vie, mais rappellent leur vive opposition à la levée éventuelle de l'interdiction d'euthanasier. La loi Leonetti de 2005 prévient l'acharnement thérapeutique sans pour autant permettre un geste médical pour provoquer la mort.

Romero veut un référendum

«Bon les missions maintenant ça va ! On n'a pas besoin d'avoir encore une mission sur la fin de vie. Qu'il fasse un référendum ! Qu'il demande leur avis aux Français», a déclaré le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), Jean-Luc Romero, partisan de l'euthanasie. Le choix du Pr Didier Sicard à la tête d'une mission sur la fin de vie inquiète le leader associatif, qui craint ainsi que cette mission, confiée à un «proche de la théologie morale catholique», ne devienne «une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu».

Leonetti propose un débat public

Jean Leonetti propose lui «un large débat public» sur la fin de la vie, ne se limitant pas à l'euthanasie. Ce débat public, estime dans un communiqué le député UMP à l'origine de la loi de 2005 qui porte son nom, «doit s'ouvrir avec la même méthode que celle utilisée lors des lois bioéthiques : débats en régions avec les comités d'éthique régionaux, constitution de panels et de jurés citoyens, ouverture d'un site internet et interactivité».

Le Guen (PS) veut des avancées, l'UMP pose des limites

«On ne peut pas rester sur le statu quo actuel de la loi Leonetti qui ne donne aucune garantie à personne, ni aux patients, ni à leurs familles ni aux médecins», estime le député PS Jean-Marie Le Guen. Cette loi ne règle en effet pas un certain nombre de cas relativement exceptionnels où il y a des demandes reconnues comme évidentes par l'opinion publique et où la loi est inapplicable, comme dans le cas de Vincent Humbert. Selon l'Observatoire de fin de vie, il y a chaque année 8.000 cas d'euthanasie dont 2.000 sans qu'aucune protection ne soit assurée: il est donc légitime que le cadre législatif évolue, il faut le faire précautionneusement, avec une réflexion forte»

A droite, Bernard Debré (UMP) a rappelé son opposition à une loi sur l'euthanasie : «Je pense que les unités de fin de vie sont une des réponses les plus importantes qu'on puisse avoir». «Mais que le débat s'ouvre, oui, d'accord... » lance t-il avant de rappeler qu'on l'ouvre « chaque année». «Moi, j'ai ma position mais je ne veux pas qu'il y ait d'ostracisme, que ce soit la modernité contre le conservatisme», ajoute-t-il. De la même manière, Philippe Juvin, député européen et secrétaire national de l'UMP, met en garde contre une éventuelle légalisation de l'euthanasie : «En Belgique et en Hollande, où l'euthanasie a été légalisée sous les mêmes strictes conditions voulues par François Hollande, des études suggèrent qu'une très grande partie des euthanasies réalisées le sont en fait sans l'accord explicite du patient».

«Une bonne question» pour l'Eglise
Reçu dans l'après-midi par François Hollande, Mgr André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, estime que la question posée sur la fin de vie est «une bonne question». «Mais ce n'est pas parce qu'on pose une question qu'on y répond positivement»... souligne-t-il, l'Eglise étant contre la pratique de l'euthanasie.

Le soutien de Hollande pour le palliatif salué

L'Alliance Vita pour les Droits de la Vie, fermement opposée à l'euthanasie, dénonce la «dangereuse ambiguïté» du chef de l'Etat à ce sujet. Elle estime néanmoins que son intervention marque «une prise de conscience» des insuffisances des soins palliatifs en France. L'association présidée par le Dr Xavier Mirabel salue ainsi dans un communiqué «le constat» du président de la République «quand il relève la grave insuffisance de l'offre de soins palliatifs et reconnaît qu'ils n'ont pas seulement un coût mais constitue un investissement pour l'ensemble de la société».

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a également salué «la reconnaissance et le soutien fort» marqués par le président de la République «aux soins palliatifs». La SFAP, qui «estime qu'une éventuelle dépénalisation de l'euthanasie est inutile et dangereuse», considère néanmoins que la mise en place d'une «mission sur la fin de vie» présidée par le Pr Didier Sicard «favorisera l'indispensable débat citoyen nécessaire pour éclairer le plus précisément possible le législateur».
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 14:32

Fin de vie: Boutin vent debout contre la réflexion engagée par Hollande

PARIS - La présidente du Parti Chrétien-démocrate, Christine Boutin, a estimé indigne mercredi que François Hollande ait lancé une réflexion qui débatte de la possibilité de légaliser l'euthanasie, un mot que n'a pas prononcé le président de la République.

M. Hollande a chargé mardi le professeur de médecine Didier Sicard d'une mission sur la fin de vie. Lors de son discours, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) il a posé la question d'autoriser un acte médical assumé dans les cas exceptionnels où l'abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible.

Selon Mme Boutin, débattre de la possibilité pour une société d'approuver le fait qu'une personne est bonne à mourir, mais aussi de délivrer un permis de tuer, ne peut en aucun cas être noble et digne.

Tout cela doit mener à clore le débat (...) Créer une commission qui débatte de la possibilité de légaliser l'euthanasie, comme le propose François Hollande, est indigne en soi et antinomique, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

La présidente du PCD, connue pour ses prises de position contre le Pacs et l'avortement, estime qu'entre tuer ou soigner, il faut choisir, tout comme entre l'euthanasie et les soins palliatifs.

Le PCD compte un député à l'Assemblée nationale, Jean-Frédéric Poisson (Yvelines), qui avait été investi par l'UMP aux législatives.


(©AFP / 18 juillet 2012 13h43)

je fais ce copié-collé car il me fait rire d'un bon rire SAIN et moqueur !

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 15:12

"La question de la fin de vie n'appartient pas aux médecins"


LE MONDE | 18.07.2012 à 10h14 • Mis à jour le 18.07.2012 à 14h26

Par Laetitia Clavreul



"Je ne viens pas avec un armement idéologique, religieux ou médical. Comme les Français, je m'interroge", assure Didier Sicard. | AFP/JEAN-PIERRE MULLER

Le candidat Hollande, pendant la campagne présidentielle, avait inclus dans ses 60 engagements "l'assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" dans certaines conditions. Mardi 17 juillet, le président s'est montré moins affirmatif, mais a bel et bien relancé le débat sur la fin de vie, à l'issue d'une visite du centre de soins palliatifs Notre-Dame du lac, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).


Sans prononcer le mot euthanasie et tout en estimant nécessaire de développer davantage les soins palliatifs, M.Hollande s'est interrogé : "Peut-on aller plus loin [que la loi actuelle] dans les cas exceptionnels où l'abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d'une décision partagée et réfléchie?" "Poser cette question, c'est ouvrir une perspective qui elle-même entraîne un débat", a-t-il poursuivi, estimant que celui-ci "mérite d'être engagé et doit se faire dans l'apaisement".
Pour mener la concertation, il a nommé le professeur Didier Sicard à la tête d'une mission sur la fin de vie, qui devra rendre ses conclusions en décembre. Si elle juge nécessaire une évolution de la loi actuelle, le comité consultatif national d'éthique (CCNE) sera saisi. En 2000, alors qu'il présidait le CCNE, Didier Sicard avait prôné "une exception d'euthanasie" dans certaines conditions –c'était avant la loi Leonetti. Depuis 2008, il en est président d'honneur. Il explique vouloir donner la parole "aux citoyens".

Votre mission paraît bien délicate tant le débat sur la fin de vie est passionné. Pourquoi l'avoir acceptée ?

Cette proposition a été une surprise pour moi. Mais j'aime les missions difficiles, et celle-ci est une mission presque impossible parce qu'elle est au cœur d'un affrontement de cultures qui, sous des apparences feutrées, est d'une extrême violence.

Notre culture se situe entre celle des pays du Nord et celle des pays du Sud, mais nous avons fini en France par prôner des réponses radicales d'un côté et de l'autre, qui consistent soit à vouloir donner la mort à la demande de la personne, soit à vouloir maintenir la vie à tout prix. Bien sûr, les expériences en Belgique, aux Pays-Bas ou en Suisse [qui autorisent l'euthanasie ou le suicide assisté] sont intéressantes et il faudra aller y voir de plus près, mais il ne faut pas omettre le fait que la culture française est différente.

Quel sera votre objectif ?

Si le président m'a proposé cette mission, c'est parce que je ne viens pas avec un armement idéologique, religieux ou médical et que je m'interroge, comme l'ensemble des Français. Je voudrais arriver à ce que la réflexion augmente, plutôt qu'elle reste réduite à un raisonnement binaire.

Il est souvent reproché aux médecins d'avoir confisqué le débat. Qu'en pensez-vous ?

Je suis médecin, mais je plaide pour que le débat soit plus sociétal que médical. Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l'on connaît déjà. Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens. Je veux comprendre ce que les cadres, les ouvriers, les paysans pensent. Cela permettra aussi de parler de façon plus large, et d'éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie. Il faut aller chercher les naïvetés sur la question, plus que les jugements abrupts.

Les médecins sont dans une situation paradoxale. Ils sont exécutants du soin, mais leur travail comporte aussi une dimension humaine. Dans l'ensemble, ils sont plutôt hostiles à donner la mort parce que ce geste est à l'opposé de leur culture, mais je crois que la question de la fin de vie ne leur appartient pas. D'ailleurs, s'ils n'avaient pas monopolisé la réflexion, les débats seraient peut-être de meilleure qualité.

Quelle est votre position sur cette question de la fin de vie ?

Je n'en ai pas de définitive, et mon avis n'a pas d'importance. Je me méfie, en outre, de mes propres convictions. Celles-ci ont d'ailleurs changé. Au XXesiècle, je pensais inacceptable de vouloir faire un geste pour donner la mort. Quand j'ai présidé le comité d'éthique après des discussions avec des interlocuteurs comme le sénateur Henri Caillavet [ancien président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité], j'ai compris qu'un jugement dogmatique à l'emporte-pièce finit par protéger les consciences plus que les personnes. Et depuis dix ans, je suis de plus en plus dubitatif sur la possibilité radicale de transgresser l'interdiction de donner la mort. Cependant, certains jours, je trouve inacceptable que quelqu'un disant souhaiter en finir n'obtienne pas de réponse.

Que pensez-vous de la loi Leonetti sur la fin de vie ?

Là aussi, ma position a évolué. Je trouve que c'est une grande loi. Doit-elle être adaptée, je n'en suis pas sûr, et ce n'est pas à moi de le dire... Il y aura peut-être nécessité de modifier un ou deux articles, mais pour cela, il faut d'abord recueillir l'avis des Français.

Comment allez-vous tenter de débloquer ce débat sur l'aide active à mourir ?

Mon intention est de l'élargir aux conditions aussi bien médicales, familiales que culturelles de la fin de vie en France. Il faut travailler sur ce qui fait qu'à un moment une décision peut être ou doit être prise. Nous devons faire en sorte que la société, solidaire, prenne en compte ce moment. Que ce soit, comme le font les soins palliatifs, un moment de sérénité et non un moment d'abandon. Il n'est pas impossible qu'alors, dans une situation individuelle totalement insupportable et face à une demande, il puisse être apporté une facilité à mourir.

Laetitia Clavreul

Réactions mitigées des pro et anti-euthanasie


Une pluie de réactions a suivi le discours de François Hollande sur la fin de vie, mardi 17 juillet, et l'annonce d'une mission confiée au professeur Didier Sicard. La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a salué son "soutien fort aux soins palliatifs" et la mise en place de la mission, tout en rappelant "qu'une éventuelle dépénalisation de l'euthanasie est inutile et dangereuse". Après avoir rencontré le chef de l'Etat, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré qu'il pose "une bonne question, mais ce n'est pas parce que l'on se pose une question qu'on y répond positivement".

De son côté, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui milite en faveur de l'euthanasie, s'est félicitée que M. Hollande s'empare de la question, mais a jugé que "la constitution de la mission Sicard, après la mission Leonetti, est un mauvais signal car la fin de vie est une question citoyenne intime et pas une question médicale". Elle réclame un référendum.

A droite, le député UMP Jean Leonetti, dont la loi sur la fin de vie porte le nom, s'est dit favorable à "un large débat public", proposant des rencontres régionales avec les citoyens. Patrick Ollier et Bernard Debré (UMP) ont estimé que la loi Leonetti suffisait. "Appel à un acte assumé: celui de donner la mort. Honte à vous monsieur le Président!", s'est indignée la divers droite Christine Boutin. Jean-Marie Le Guen (PS) a estimé qu'"on ne peut rester sur le statu quo actuel qui ne donne aucune garantie à personne".

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 16:13

Euthanasie et fin de vie : qui peut décider ?
LE MONDE | 18.07.2012 à 13h41 • Mis à jour le 18.07.2012 à 14h38



Manifestation en faveur de l'euthanasie, le 2 novembre 2011 devant la Tour Eiffel à Paris. | AFP/JOEL SAGET
Il est des débats plus difficiles que d'autres. Celui sur l'euthanasie et la fin de vie, qui traverse depuis plusieurs années la société française, est de ceux qui paraissent impossibles à trancher tant les clivages sont vifs entre partisans et détracteurs du "droit à mourir".
Pendant sa campagne, le candidat François Hollande avait semblé faire un pas vers les premiers en proposant, sous certaines conditions, une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Le chef de l'Etat s'est montré moins catégorique, mardi 17 juillet, en mettant sur pied une mission de réflexion, confiée à l'ancien président du comité d'éthique, Didier Sicard, qui sera chargé de déterminer s'il faut modifier la législation actuelle.

Depuis 2005, la loi Leonetti sur la fin de vie permet de répondre à beaucoup des situations de fin de vie difficiles. Au nom du droit des malades, la loi proscrit tout acharnement thérapeutique et autorise les médecins à "laisser mourir" les patients, en stoppant tout traitement actif.

Cette forme d'"euthanasie passive", dont le cadre a été précisé et approfondi en 2009, est cependant mal connue des Français et des soignants eux-mêmes. Et elle ne répond pas à tous les cas complexes, notamment de certains malades graves et/ou chroniques qui réclament la mort par un geste actif de la part des soignants.

La mission du professeur Sicard devra s'interroger sur ces cas extrêmes, qui posent la question des limites de la médecine moderne. Elle devra dire si la France s'en tient au refus de l'euthanasie active, comme la plupart des pays européens pour l'instant, ou si elle autorise sous conditions le droit à mourir, comme le font les Pays-Bas ou la Belgique. En Suisse, le canton de Vaud s'est même doté par référendum d'une loi pour régir l'euthanasie quand le patient a une capacité de discernement, une volonté persistante de mourir et une maladie incurable.

Sur ce sujet, en France, aucun consensus politique n'a encore émergé : si les Verts sont favorables au droit de choisir sa mort, la droite y est fortement hostile et le PS plus divisé que sa ligne officielle ne veut bien le dire. Quant aux grandes religions, elles réaffirment avec force leur opposition à toute volonté de donner la mort.

Au-delà des cas médicaux les plus extrêmes, c'est bien un débat éthique de fond qui est posé. La mission Sicard pourra ainsi difficilement faire l'économie d'une réflexion sur la demande sociétale qui s'exprime de plus en plus autour de l'euthanasie. Sous la double poussée du vieillissement et de l'individualisme contemporain, le désir de choisir le moment de sa mort devient une revendication toujours plus large dans les sociétés occidentales.

La mort est de moins en moins perçue comme ce moment ontologique qui échappe à l'individu. La société doit-elle organiser cette volonté de contrôler sa vie jusqu'au bout ? Ou doit-elle renvoyer l'individu à sa propre responsabilité ? Le débat sur la fin de vie interroge jusqu'au "vivre ensemble" : il faudra plus qu'une simple mission et qu'une réforme législative pour en venir à bout.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 16:30

La mission de Hollande sur la fin de vie condamne-t-elle l'euthanasie ?
Publié le 17/07/2012 | 12:43 , mis à jour le 17/07/2012 | 17:10


François Hollande s'en remet à la concertation en matière de fin de vie. Le président de la République a confié une mission sur cette délicate question au professeur Didier Sicard, mardi 17 juillet. Lors d'un discours prononcé à la maison Notre-Dame-du-Lac à Rueil-Malmaison (Hauts-de Seine), deuxième centre de soins palliatifs de France, le chef de l'Etat a pris soin de ne pas prononcer une seule fois le mot "euthanasie". Une position loin de faire l'unanimité.

• Le responsable de la mission critiqué

"Le débat mérite d'être engagé, il doit se faire dans l'apaisement", a déclaré François Hollande, indiquant que le Comité national consultatif d'éthique serait saisi. Reste que le choix de son ancien président, Didier Sicard, pour piloter la mission sur la fin de vie n'est pas pour apaiser le débat.

Ancien chef du service de médecine interne à l’hôpital Cochin (Paris), Didier Sicard a présidé ce comité de 1999 à 2007. Il était notamment à sa tête lorsqu'il avait proposé, en 2003, de créer une "exception d’euthanasie", rappelle La Croix.

De confession protestante, la professeur a été critiqué par le sociologue Jean-André Taguieff pour adhérer aux positions de l'Eglise catholique. Une opinion partagée par le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, Jean-Luc Roméro, interrogé par FTVi peu avant l'annonce de François Hollande. Selon lui, la nomination de Didier Sicard n'est pas un bon signe. "On fait une affaire médicale de tout ça, alors qu'il s'agit du droit des patients". "On reste dans la toute puissance du médecin et ce à cause de la puissance du lobby catholique", déplore-t-il.

• La propositon du candidat Hollande aux oubliettes

Pendant sa campagne, François Hollande avait formulé une proposition très concrète sur la fin de vie, lors de la présentation de ses "60 engagements pour la France". "Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable (…) puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité."

Rien de tel dans son discours prononcé mardi, en présence de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Si le chef de l'Etat veut bel et bien ouvrir une réflexion sur la fin de vie, il appelle aussi à s'appuyer davantage sur la législation existante, à savoir la loi dite Léonetti, qui "autorise déjà toute personne malade à refuser un traitement dont elle estime qu'il est devenu déraisonnable".

"Il n'y a donc plus en France de légitimation de l'acharnement thérapeutique et il faut que tous les malades, toutes les familles, le sachent", a insisté François Hollande.


La loi Léonetti, "c'est la loi du laisser mourir de faim et de soif. Elle est insuffisante", s'indigne Jean-Luc Romero, qui se félicitait à l'époque que le candidat socialiste "s'engage en faveur d'une nouvelle législation". Pas sûr que la mission Sicard aboutisse sur ce résultat.

• La réforme des soins palliatifs renvoyée aux "prochains mois"

En matière de soins palliatifs, il y a urgence en France. Selon un récent rapport de l'Observatoire de la fin de vie, l'offre demeure insuffisante face au vieillissement de la population et aux progrès médicaux qui rendent chroniques des maladies autrefois aiguës. Et ce même si l'augmentation du nombre d'unités et de lits a considérablement augmenté en dix ans.

François Hollande a reconnu que deux tiers des malades en phase terminale n'avait toujours pas accès aux soins. Une situation dénoncée par les centres spécialisés qui manquent d'unités et d'équipes mobiles pour faire face à la demande.

Le chef de l'Etat s'est ainsi engagé, sans donner des chiffres, à "développer" cette offre des soins palliatifs et promis une réforme dans ce domaine... "dans les prochains mois".

FTVi avec AFP
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 17:18

François Hollande nomme une commission sur la fin de vie
Dans ses "60 engagements pour la France" François Hollande proposait "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" ouverte à "toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée", encadrée par "des conditions précises et strictes".

Le président François Hollande a ainsi annoncé mardi 17 juillet qu'il confiait une mission de réflexion sur la fin de vie au Pr Didier Sicard, un ancien président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

S'il respecte les arguments des autorités spirituelles, notamment sur l'importance de chaque moment de vie, il a tenu à interroger l'opinion sur la question de l'acharnement thérapeuthique et les souffrances de certains patients en fin de vie.

"Il arrive parfois un moment où le souffle de la vie ne semble plus exprimer que le souhait de mourir. (...) Ce n'est pas à la collectivité de décider de ce moment, de le définir ou de le déterminer. Mais c'est à elle de reconnaître qu'il existe".

Le Président souhaite ouvrir le débat sur ces "cas exceptionnels" qui pourraient appeler un "acte médical assumé". Il a notamment insisté sur le fait que ce débat "doit se faire dans l'apaisement, en refusant les caricatures, les polémiques et les batailles".

A partir des propositions présentées par le Dr Sicard, le Comité consultatif national d'éthique sera saisi et pourra délibérer.

source=site du Parti Socialiste
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 19:09

Euthanasie: François Hollande joue au "ni oui, ni non"
Par Caroline Politi, publié le 18/07/2012 à 18:46
François Hollande a lancé une mission de réflexion sur la fin de vie mais sa position sur le sujet est floue. Le mot euthanasie n'est jamais prononcé mais le gouvernement ne ferme pas la voie à une éventuelle légalisation.



RUEIL-MALMAISON - François Hollande a annoncé l'ouverte d'une mission de réflexion sur la fin de vie en évitant de prononcer le mot "euthanasie".

AFP
Démodé le "ni oui, ni non". Le gouvernement a inventé une nouvelle version plus pointue: le "ni euthanasie, ni suicide assisté". Pas question de prononcer l'un de ces deux mots. Et à ce petit jeu, c'est François Hollande le champion. Mardi, lors d'une visite dans un hôpital de Rueil-Malmaison, il a livré un discours sur la fin de vie sans jamais prononcer les mots tabous.

Passé expert dans l'art de la périphrase, le président de la République s'est demandé s'il n'était pas temps "d'aller plus loin dans certains cas exceptionnels, quand la douleur est irréversible et appelle un acte médical assumé". Une manière, sans le dire, d'ouvrir la voie à une éventuelle légalisation de l'euthanasie. Pour poser les bases de ce débat public, il a instauré une mission de réflexion sur la loi sur la fin de vie de 2005, dite loi Leonetti. Cette dernière interdit l'acharnement thérapeutique mais n'ouvre pas la voie au "suicide assisté", comme c'est le cas aux Pays-Bas, en Belgique ou encore en Suisse.

Le mot est banni, pas l'idée
Cette ambigüité, François Hollande, en joue depuis le début de sa campagne. A aucun moment, il n'a pris l'engagement formel de légaliser l'euthanasie, un mot qui évoque selon lui "une forme de suicide" inacceptable. "Je n'y suis pas favorable. Je suis pour le droit de mourir dans la dignité", déclare-t-il dans une interview à Marianne en février dernier. Mais si le terme est banni, le principe, lui, ne l'est pas: "A quel moment décider ou non d'arrêter les soins palliatifs, même si la souffrance, grâce à eux, est amoindrie? Il faut avoir une expression de la personne, de la famille, des médecins qui doivent être consultés, et à ce moment-là, dans quelques très rares cas, il s'agit de faire un acte de compassion qui va soulager non la famille, mais la personne", déclare-t-il dans le même entretien.

Cette mesure fait même partie de ses 60 engagements pour la France. "Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable (...) puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité."

D'un problème sémantique à un problème de fond
Mais ce qui n'était jusqu'à présent qu'un problème sémantique semble aujourd'hui se transformer en un vrai débat de fond. Ainsi, Marisol Touraine, aujourd'hui ministre de la Santé, dans une interview à L'Express déclarait en février dernier être favorable à "l'ouverture d'un nouveau droit, une aide médicale à mourir dans la dignité, avec un encadrement strict dont les conditions devront être définies dans le cadre de la préparation d'un projet de loi, lors d'un débat collectif". Mais le gouvernement semble plus s'orienter vers un perfectionnement de la loi Leonetti et non pas vers une refonte totale du système. Ce thème était d'ailleurs le grand absent du discours de politique générale du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

L'annonce de la mission de réflexion apparaît comme une avancée. Mais les partisans du droit à mourir dans la dignité ont dénoncé la décision de mettre Didier Sicard à sa tête. L'ancien président d'honneur du comité national consultatif d'éthique n'est en effet pas connu pour ses positions favorables à un aménagement de la loi.
L'Express
PAT rappelle cette Parole d'Evangile="Que votre oui soit oui,que votre non soit non".Qu'est-ce que F.H.est allé foutre dans un établissement religieux de soins palliatifs s'il ne respecte pas l'Evangile il existe,je crois,des unités de soins palliatifs dans chaque hôpital,donc forcément laïques... ...
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 19:25

Et s'il jouait au "ni oui,ni non"à propos des impôts ???

Ce serait chouette,çà !


DANCE JOY MUSIC
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 19:52

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   18.07.12 19:54

Bientôt..une conversion ?

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   19.07.12 10:13

Fin de vie : le discours intégral de François Hollande


François Hollande - publié le 18/07/2012

Découvrez l'intégralité du discours sur la fin de vie prononcé par François Hollande, le mardi 17 juillet, à la Maison médicale Notre Dame du Lac, à Rueil-Malmaison.


« Monsieur le Président de la Fondation,
Madame la Directrice de la Maison du Lac,
Monsieur le Député-maire,

Merci de nous accueillir ici dans ce bel établissement qui fait honneur à celles et ceux qui y sont accueillis et à celles et ceux qui y travaillent.

Je viens comme Président de la République, conscient que nous avons un devoir à l’égard des personnes fragiles, des personnes que l’on dit en fin de vie. Je suis accompagné par deux ministres, la ministre des affaires sociales et de la santé et la ministre aussi de l’autonomie, qui est le nom que nous avons voulu donner justement à ces situations que nous devons traiter.

Je suis accompagné par le directeur de l’Agence régionale de santé et par Monsieur le préfet et aussi, et j’en suis très heureux, par le président du conseil consultatif national d’Ethique.

Je salue les médecins, l’ensemble des personnels soignants et administratifs qui sont ici. J’ai également une pensée pour les patients que je n’ai pas pu tous rencontrer, pour leur famille, pour les associations qui viennent donner un peu de temps à travers des bénévoles, pour accompagner les familles ou accompagner les résidents.

Vous nous avez fait un grand bonheur en nous accueillant ici, le bonheur de recevoir des témoignages, d’avoir aussi à travers ces visites confirmation que vous pouviez donner jusqu’au dernier moment de la vie, un échange, un soin, une qualité de relation qui permettent à chaque personne reçue ici d’être considérée comme une personne humaine.

Car la question que vous vous posez chaque jour qui passe, c’est comment offrir encore une vie digne à chacun ? Comment vivre jusqu’au bout ? En donnant à chaque instant un sens, à chaque jour une valeur, à chaque échange un contenu, à chaque geste, une chaleur. Et en définitive à chaque personne une identité. Comment vivre dignement jusqu’au bout ? Comment assurer la fin de son existence ? Voilà des questions qui vous habitent et qui sont aussi posées à l’ensemble des responsables publics.

Vous donnez beaucoup de sérénité à votre travail, beaucoup de calme à vos interventions, beaucoup de patience à cette relation que vous établissez et c’est ce qui fait, qu’aujourd’hui je voulais marquer comme engagement, celui des soins palliatifs. Nous avons trois convictions pour affirmer la nécessité de développer les soins palliatifs.
La première conviction c’est notre devoir d’épargner dans toute la mesure du possible la souffrance à tous les malades. Pendant trop longtemps tant de dogmes, tant de doctrines ont voulu justifier la souffrance, comme si souffrir permettait de mieux soigner, comme si il y avait pour le malade nécessité à peiner, à éprouver pour pouvoir accéder à la guérison. Ce temps-là est terminé.

Vous avez été capables de dominer la souffrance et de permettre que, en soulageant, nous soyons mieux. C’est ça la doctrine nouvelle des soins palliatifs.

La seconde conviction que nous partageons tous c’est le besoin pour toute personne qui vit ses derniers jours, d’être accompagnée jusqu’au dernier moment surtout que ces derniers jours peuvent être des derniers mois ou des dernières années. Le fait de se sentir entouré, compris, entendu, respecté, le mot est revenu plusieurs fois, peut permettre de traverser ces moments comme une partie de notre vie, une partie pleine d’une vie entière.

La troisième conviction que nous partageons c’est la nécessité pour les aidants, c’est-à-dire pour les familles ou pour les personnes qui accompagnent une personne autre, d’être aidées, d’être soutenues dans l’épreuve qui consiste à faire face à un être cher qui perd peu à peu son indépendance et parfois sa lucidité. C’est une épreuve pour la personne qui connaît cette évolution, c’est une souffrance pour les familles. Et donc, ces soins palliatifs, ce sont aussi des soins pour l’entourage puisqu’ils permettent de se préserver de la solitude. Ils offrent un cadre, fournissent des appuis et des interlocuteurs pour mieux comprendre, pour mieux partager.

Tels sont les objectifs que nous nous sommes fixés à partir de ces trois convictions que les soins palliatifs sont un progrès, sont une évolution non seulement nécessaire mais souhaitable vers une amélioration du soin. Le nombre d’unités de soins palliatifs a beaucoup progressé depuis 10 ans en France, et il y a aujourd’hui près de 5 000 lits identifiés pour des prises en charge de ce type. Mais si c’est vingt fois plus qu’en 2001, c’est encore très insuffisant. Deux tiers des personnes qui meurent de maladie pourraient relever de soins palliatifs et nous sommes très loin de leur accorder cette possibilité. Nous devons combler ce retard et le faire d’une façon qui tienne compte de la diversité des situations, des services, des territoires. Mais il importe de ne pas réduire l’enjeu simplement au nombre de lits car la fin de vie se déroule aussi ailleurs que dans les services hospitaliers. Et d’ailleurs beaucoup de personnes qui relèvent de soins palliatifs veulent vivre leurs derniers jours à leur domicile. La fin de vie c’est donc l’hospitalisation lorsqu’elle est nécessaire, l’accueil dans une maison aussi excellente que celle-ci mais c’est aussi l’hôpital de jour et vous allez avoir un service qui va bientôt s’ouvrir à cette fin et ce sont enfin des soins qui sont apportés au domicile ou dans des structures pour personnes âgées.

Je souhaite donc, et j’en prends l’engagement, que nous développions la diversité de l’offre de soins palliatifs. Telle est l’idée que je me fais du rôle de l’Etat et de la solidarité nationale, travailler au service des Français, en particulier des plus fragiles et des plus faibles. Veiller à l’autonomie, permettre qu’il y ait sur le plan financier des réponses qui soient apportées à la dépendance. Ce sera une réforme qui sera engagée dans les prochains mois. C’est un devoir, un devoir de solidarité entre générations. C’est un devoir également à l’égard des malades. C’est au moment où ils peuvent douter de leur propre avenir que nous devons assurer une présence de la collectivité auprès d’eux.

Bien sûr, les soins palliatifs ont un coût et la question de la prise en charge financière ne peut pas être éludée mais j’indiquais aussi auprès des professionnels que les soins palliatifs c’est aussi un investissement. Cela peut paraître paradoxal, investir sur les derniers moments de la vie. Et pourtant si on permet à des personnes de vivre mieux, si on évite un certain nombre d’hospitalisations plus coûteuses encore ou des interventions inutiles, nous avons fait en réalité un acte de prévention, en améliorant en plus le confort et le soin et c’est la raison pour laquelle nous devons avoir une évaluation financière qui mettent en avant à côté des charges supplémentaires, les économies qui peuvent être induites.

Je demande donc à la ministre des affaires sociales et la santé que des réflexions puissent être conduites pour passer chaque fois que cela sera nécessaire, à un système global de tarification afin que ces prestations restent abordables pour toutes les familles.

Mais le développement des soins palliatifs suppose également un autre préalable, c’est la formation. Accompagner une personne en fin de vie ne s’improvise pas. Et des médecins peuvent faire des études longues, sans aujourd’hui avoir toujours les formations nécessaires pour aborder ces situations. Et les personnels médicaux, les personnels soignants, les personnels administratifs, finalement ont une expérience très riche, qu’ils peuvent transmettre d’ailleurs à ces jeunes médecins qui aujourd’hui sont auprès d’eux. Donc nous ferons en sorte de multiplier les formations et de préparer tous les personnels à assurer de la meilleure des façons les soins qui peuvent être prodigués.

Des progrès ont d’ailleurs été réalisés sur ce point. Un arrêté du 20 juillet 2011 inscrit désormais les soins palliatifs parmi les thèmes d’enseignement jugés prioritaires dans la formation des médecins. Nous veillerons à ce qu’il y ait une pleine application de ces dispositions.
Mais nous devons franchir deux étapes, c'est-à-dire d’abord rendre systématique la formation des personnels de santé aux soins palliatifs. Et la deuxième étape qui est d’ailleurs largement engagée ici, c’est de développer le caractère pluridisciplinaire de cette formation. Enrichir mutuellement tous les professionnels par l’action ou par l’expérience d’autres secteurs professionnels qui ne sont pas toujours des secteurs de soin.
Les soins palliatifs ne sont pas le monopole des médecins et si la science médicale y occupe une place essentielle, nous devons mettre côte à côte toutes les techniques, tous les apports d’autres sciences, de la psychologie, de la sociologie et même de la culture pour permettre d’éviter de réduire la fin de vie à une situation abordée sur le seul plan clinique.

Dans nos universités, il y aura également nécessité de développer la recherche en soins palliatifs car nous pouvons encore beaucoup apprendre de ce qui se fait et notamment dans des lieux comme cela. Et nous veillerons à ce que des financements soient dédiés à cette recherche.

Rien de tout cela ne se fera mécaniquement, naturellement. Il faudra faire évoluer les esprits, les habitudes et montrer un engagement ferme de la part de l’Etat.

Nous devons aussi aborder le sujet le plus douloureux qui soit qui est celui du droit à mourir dans la dignité. J’allais dire du droit à vivre dans la dignité. Car c’est le droit fondamental qui est celui de permettre à chacune et à chacun de vivre pleinement sa vie. J’entends et je respecte les consciences et les voix, venues notamment des autorités spirituelles qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie méritée d’être vécu.
Mais quiconque a vu un proche mourir dans de terribles souffrances physiques, morales, saura de quoi je parle. Il arrive parfois un moment où le souffle de la vie ne semble plus exprimer que le souhait de mourir. Ce n’est pas à la collectivité de décider de ce moment, de le définir ou de le déterminer. Mais c’est à elle de reconnaître qu’il existe. Lorsqu’il n’y a plus aucune issue, lorsque la douleur est trop forte, la seule question qui se pose est de savoir après combien de souffrances, combien de temps d’épreuves, la mort surviendra.

La loi dite « Léonetti » du 22 avril 2005 autorise déjà et c’est un grand progrès, toute personne malade à refuser un traitement dont elle estime qu’il est devenu déraisonnable. Elle donne aussi au médecin le droit d’interrompre ou de ne pas entreprendre les traitements qu’il estime inutiles. Il n’y a donc plus en France au moment où je parle de légitimation de l’acharnement thérapeutique. Et il faut que tous les malades et toutes les familles le sachent : ce droit existe. Et nous ferons tout ce qu’il sera possible de faire pour rendre aussi clair que possible les droits qui sont déjà prévus dans nos lois. De la même manière, nous devons appliquer tous les éléments de cette législation dite « Léonetti » et notamment les soins palliatifs. Car plus nombreux seront les lits de soins palliatifs, plus diverse sera l’offre de soins, meilleure sera accompagnée la vie.

Faut-il, peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager des patients aux prises avec une douleur irréversible ? Et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie ? Poser cette question, c’est ouvrir une perspective qui elle-même entraîne un débat. Et les questions sont multiples :
A quel moment l’issue peut-elle être considérée comme fatale ?
Comment évaluer le caractère insupportable d’une douleur ?
Comment recueillir le consentement d’un patient ? Et s’il ne peut être obtenu, sur quel autre fondement peut-on prendre cette décision ? Le débat mérite d’être engagé. Il doit se faire dans l’apaisement, en refusant les caricatures, les polémiques et les batailles. C’est un débat noble et digne.

Un travail de réflexion, d’information, de concertation sera donc conduit et j’ai confié la mission de mener ce travail au Professeur Didier SICARD, ici présent, Président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique.
A partir des propositions qu’il me présentera, le Comité consultatif national d’éthique sera saisi et pourra délibérer dans le cadre de ses attributions et de ses missions.

Voilà Mesdames et Messieurs le message que j’étais venu porter. C'est-à-dire d’abord celui de la reconnaissance d’un travail qui est mené dans des institutions comme celle-ci, des maisons comme les vôtres. Travail qui est assumé par des professionnels de grande qualité, des personnels dévoués, dignes, qui méritent toute la considération de la Nation.

Je voulais aussi dire aux médecins qui sont là, combien nous soutenons leur démarche, combien nous appelons à un travail interdisciplinaire et combien vous pouvez être fiers de l’action que vous menez. Vous offrez l’un des plus beaux témoignages qui soit, celui de permettre à chaque être humain de rester digne, à tout moment de son existence. C’est pourquoi vous pouvez compter sur le soutien et l’engagement de l’Etat et vous nous avez fait ce matin le plus beau des cadeaux. Celui de nous offrir une leçon de vie, une leçon de bonheur, le bonheur de voir des malades heureux. Le bonheur de voir des personnels heureux de rendre heureux et si nous pouvions faire que cette leçon de vie soit une leçon de société, et donner un peu plus de bonheur à chacun, nous aurions à nos places respectives rempli notre mission. »

Le président de la République François Hollande, le 17 juillet 2012

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   19.07.12 10:53





Soins palliatifs : Hollande attend le rapport d'ici la fin 2012





Publié le 18.07.2012, 21h02 | Mise à jour : 22h43





RUEIL-MALMAISON (HAUTS-DE-SEINE), MARDI. François Hollande s'est rendu avec la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine (à gauche), dans à la maison médicale Notre-Dame-du-Lac, où il rendu visite à des malades en soins palliatifs.
| AFP PIERRE VERDY


Dans la lettre de mission, rendue publique mercredi par l'Elysée, le président de la République souhaite que le «rapport puisse (lui) être rendu d'ici la fin de l'année».

Soulignant que «l'accompagnement des personnes en fin de vie est une réalité qui concerne tous nos concitoyens, et qui, à l'occasion de certains cas particulièrement difficiles et douloureux, interroge toute la société», le président observe que «de plus en plus de personnes sont accompagnées pendant de longues périodes dans des conditions complexes». «Les familles ne sont plus toujours en capacité d'assister leur proche» et «60% de nos concitoyens décèdent dans un établissement de santé». «Enfin, écrit-il, les soins palliatifs, s'ils se sont développés, restent encore très insuffisants.»

François Hollande salue la loi du 22 avril 2005, dite «loi Leonetti», qui «constitue une avancée certaine en condamnant l'acharnement thérapeutique, en instituant l'arrêt du traitement dans le cadre d'une procédure collégiale pluridisciplinaire, en renforçant les soins palliatifs et en mettant en place les conditions pour que le patient, ou à défaut une personne de confiance, puisse faire valoir son souhait», estime le président. Une évaluation de l'application de cette loi «dans le cadre d'une réflexion sur la fin de vie me paraît indispensable», souligne-t-il.

«La nécessaire pluridisciplinarité des approches»


Le chef de l'Etat demande au professeur Sicard de conduire ses travaux «en prêtant une attention particulière pour que s'expriment tous les points de vue, dans un souci d'écoute et de respect mutuels». «Vous regarderez les expériences des pays étrangers en ces domaines. Vous accorderez une attention toute particulière aux priorités que représentent l'information de la population et la formation des professionnels, en particulier les personnels de santé, y compris dans leur formation initiale (....) La mission devra également refléter la nécessaire pluridisciplinarité des approches», précise-t-il encore.


[color:7f31=#333]Didier Sicard : cette question «n'appartient pas aux médecins»
Plaidant «pour que le débat soit plus sociétal que médical», le professeur Sicard dans un entretien accord au journal Le Monde, estime que la question de la fin de vie «n'appartient pas aux médecins». «Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens», explique-t-il en souhaitant «comprendre ce que les cadres, les ouvriers, les paysans pensent», soucieux «d'éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie».

«Il faut travailler sur ce qui fait qu'à un moment une décision peut être ou doit être prise. Nous devons faire en sorte que la société, solidaire, prenne en compte ce moment», estime le médecin. «Que ce soit, comme le font les soins palliatifs, un moment de sérénité et non un moment d'abandon», poursuit-il. «Il n'est pas impossible qu'alors, dans une situation individuelle totalement insupportable et face à une demande, il puisse être apporté une facilité à mourir», conclut-il.

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   19.07.12 11:23

Didier Sicard : «Je souhaite un débat démocratique et citoyen sur la fin de vie»
François Hollande a annoncé, mardi 17 juillet, la mise en place d’une mission de réflexion sur la fin de vie confiée au professeur Didier Sicard, président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique.


« Je souhaite que cette mission soit l’occasion de donner la parole aux Français dans un climat le plus serein possible », explique le professeur Sicard, en précisant que cinq ou six débats seront organisés à Paris et en province d’ici au mois de décembre.



LA CROIX : Comment va travailler la mission de réflexion et de concertation sur la fin de vie que vient de vous confier le président de la République ?

Didier Sicard : Je souhaite que nous organisions, d’ici au mois de décembre, quatre ou cinq débats en province et un à Paris avec la volonté de donner la parole aux Français. Au cours des dernières années, les experts et les associations se sont largement exprimés sur le sujet. Nous avons des bibliothèques entières, remplies de documents sur les positions des uns et des autres qui sont connues de tous. Ma volonté, désormais, est de permettre un débat démocratique et citoyen sur des questions qui intéressent toute la société.

Idéalement, j’aimerais que ces débats permettent aux Français, de tous horizons, de poser des questions aux médecins, aux philosophes, aux représentants des religions, aux responsables associatifs. C’est de cette confrontation que peut naître une réflexion qui fasse vraiment avancer le débat. Je souhaite que ces débats soient menés sans interdits mais dans un climat serein, ce qui est parfois difficile, en France, dès qu’on parle de la question de la fin de vie. Récemment, j’ai participé à un débat sur ce thème dans le sud de la France et j’ai été sidéré par la radicalité et l’extrême violence des échanges dont j’ai alors été témoin. La fin de vie suscite des questions difficiles, douloureuse mais notre pays doit être capable d’en débattre dans un climat de respect mutuel.

Mais que pourront apporter ces débats ? Tout n’a-t-il pas déjà été dit sur la fin de vie ?

Non, je ne le pense pas. On connaît la position des « sachants » mais pas forcément celle des Français, amenés à s’exprimer dans un cadre relativement large. Je souhaite que ces débats permettent de sortir de la sempiternelle question qui tétanise tout le monde en France et fige toute réflexion sur le sujet : euthanasie ou pas euthanasie ?

Mon souhait que nous réfléchissions à tout l’environnement de la fin de vie : les moyens attribués aux établissements, les inégalités territoriales entre les Français, la place de la médecine et de la technique dans ces moments où s’achève l’existence d’un homme ou d’une femme, la solitude dans laquelle ces instants sont encore trop souvent vécus, les solidarités familiales dans cette épreuve… Réfléchir à la fin de vie, c’est aussi se poser toutes ces questions.

En 2000, le Comité national d’éthique, que vous présidiez, s’était prononcé pour des « exceptions d’euthanasie »… Où en êtes-vous dans votre réflexion sur ce point précis ?

Cet avis remonte à plus de dix ans. À l’époque, les soins palliatifs n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui et l’acharnement thérapeutique était très présent. Mon avis personnel, au fond, importe peu. Ce n’est pas ce qui intéresse le président de la République et j’ai la volonté de conduire cette mission sans parti pris et avec la volonté de conduire un débat le plus démocratique et large possible.



Recueilli par PIERRE BIENVAULT

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   19.07.12 11:34

17h44

Fin de vie: Leonetti (UMP) propose "un large débat public"



Le député UMP Jean Leonetti, à l'origine de la loi de 2005 qui porte son nom, a proposé lundi "un large débat public" sur la fin de la vie, ne se limitant pas à l'euthanasie, en réagissant au lancement par François Hollande d'une réflexion sur les soins palliatifs. Ce débat public, estime Jean Leonetti dans un communiqué, "doit s'ouvrir avec la même méthode que celle utilisée lors des lois bioéthiques : débats en régions avec les comités d'éthique régionaux, constitution de panels et de jurés citoyens, ouverture d'un site internet et interactivité". Il "constate avec satisfaction que François Hollande a reconnu les efforts effectués ces dernières années en matière de soins palliatifs et des avancées de la loi du 22 avril 2005".

Parce qu'il n'avait ni les moyens ni le temps de proposer ce débat avant l'élection de François Hollande?Il ne fallait surtout pas remettre sa loi en question qui pourtant a été révisée durant le mandat de N.S."Un large débat public sur la fin de la vie,ne se limitant pas à l'euthanasie...On a assez perdu de temps comme çà.Qui a fait échouer la loi de janvier 2011 ???
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   20.07.12 15:39

LIBERATION


L'euthanasie divise


18 juillet 2012 à 01:13


Les avis sont partagés sur la question de la fin de vie et les soins palliatifs, pour lesquels François Hollande lance une réflexion.



Le député UMP Jean Leonetti, à l’origine de la loi de 2005 qui porte son nom, a proposé mardi «un large débat public» sur la fin de la vie, ne se limitant pas à l’euthanasie, en réagissant au lancement par François Hollande d’une réflexion sur les soins palliatifs.

Ce débat public, estime Jean Leonetti dans un communiqué, «doit s’ouvrir avec la même méthode que celle utilisée lors des lois bioéthiques : débats en régions avec les comités d'éthique régionaux, constitution de panels et de jurés citoyens, ouverture d’un site internet et interactivité». Il «constate avec satisfaction que François Hollande a reconnu les efforts effectués ces dernières années en matière de soins palliatifs et des avancées de la loi du 22 avril 2005». Relevant que «personne ne conteste la compétence» du professeur Didier Sicard à qui le chef de l’Etat a confié une mission sur la fin de vie, M. Leonetti «propose que le sujet soit abordé de manière plus large : la fin de vie ne se limite pas aux problèmes de l’euthanasie, elle ne peut pas être abordée que par les politiques et les experts».

«La fin de vie interpelle notre société sur la fragilité, la vulnérabilité, la dépendance, le respect de la dignité de la personne humaine et le sens même de la vie, et doit donc être abordée dans la diversité de ces sujets», souligne l’ancien ministre.

«Dans une démocratie moderne et apaisée, et au moment où les soins palliatifs ont prouvé leur efficacité et où la loi de 2005 commence à rentrer dans les moeurs et représente un modèle pour d’autres démocraties, ce type de débat permettra à l’ensemble de la population de mieux connaître la loi actuelle et de s’approprier ce sujet complexe et douloureux», conclut-il.

Jean-Marie Le Guen (député PS): «On ne peut pas rester sur le statu quo actuel de la loi Leonetti qui ne donne aucune garantie à personne, ni aux patients, ni à leurs familles ni aux médecins. Cette loi ne règle en effet pas un certain nombre de cas relativement exceptionnels où il y a des demandes reconnues comme évidentes par l’opinion publique et où la loi est inapplicable, comme dans le cas de Vincent Humbert. Selon l’Observatoire de fin de vie, il y a chaque année 8.000 cas d’euthanasie dont 2.000 sans qu’aucune protection ne soit assurée: il est donc légitime que le cadre législatif évolue, il faut le faire précautionneusement, avec une réflexion forte» (déclaration dans les couloirs de l’Assemblée nationale).

Bernard Debré (UMP): «Il n’est pas anormal d’ouvrir le débat mais on l’ouvre chaque année... Je suis opposé à une loi sur l’euthanasie, je pense que les unités de fin de vie sont une des réponses les plus importantes qu’on puisse avoir. Mais que le débat s’ouvre, oui, d’accord... Moi, j’ai ma position mais je ne veux pas qu’il y ait d’ostracisme, que ce soit la modernité contre le conservatisme... La loi Leonetti répond à des situations exceptionnelles. Non à la souffrance, oui aux médicaments, même s’ils abrègent la vie car ils sont là pour abréger la souffrance» (déclaration dans les couloirs de l’Assemblée nationale).

Philippe Juvin, député européen et secrétaire national de l’UMP: «La solution, pour une fin de vie digne, n’est pas l’euthanasie mais bien davantage de moyens pour les soins palliatifs. Il n’y a pas suffisamment de centres, de lits, ni de personnels pour accompagner les malades et leur famille (...) L’euthanasie n’est pas la solution pour apporter une fin de vie dans la dignité. En Belgique et en Hollande, où l’euthanasie a été légalisée sous les mêmes +strictes+ conditions voulues par François Hollande, des études suggèrent qu’une très grande partie des euthanasies réalisées le sont en fait sans l’accord explicite du patient. La solution passe par le développement des unités de soins palliatifs» (communiqué).

Mgr André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a affirmé que la question posée mardi par François Hollande sur la fin de vie était «une bonne question», à laquelle on ne répondrait pas forcément «positivement». L’archevêque de Paris s’exprimait devant la presse dans la cour de l’Elysée, après une entretien avec le président de la République. M. Hollande «m’a dit son admiration pour ce qu’il a vu ce matin» à la maison médicale Notre-Dame-du-Lac, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), qui accueille des malades en soins palliatifs. «Il a dit qu’il mettait en place une commission pour évaluer l’application de la loi Leonetti. Donc, il va déclencher ce débat large», a indiqué l’archevêque. Aux journalistes qui lui faisaient observer que le président Hollande s’interrogeait sur la possibilité d’aller «plus loin» que la loi Leonetti sur la fin de vie, Mgr Vingt-Trois a répondu: «Je trouve que c’est une bonne question. Mais ce n’est pas parce qu’on pose une question qu’on y répond positivement.» La loi Leonetti, datant de 2005, instaure un droit «au laisser mourir», en permettant d’arrêter un traitement ou de refuser l’acharnement thérapeutique.

Tout en reconnaissant que cette loi représente «un progrès», le président s’est demandé si l’on ne pourrait pas «aller plus loin» dans des «cas exceptionnels», en parlant d'«acte médical assumé» quand «l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible». Il a chargé le professeur Didier Sicard, président d’honneur du Comité national consultatif d'éthique, d’une mission de réflexion à ce sujet.

Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a qualifié mardi de «mauvais signal» le choix par le président François Hollande du Pr Didier Sicard pour mener une mission sur la fin de vie.

«La fin de vie est une question citoyenne intime et pas une question médicale», explique M. Romero dans un communiqué.

Il relève que le Pr Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique, était «proche de la théologie morale catholique». Pour M. Romero, en conséquence, cette mission «ne sera sans doute qu’une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu: celui du respect absolu des volontés individuelles».

«Il est regrettable de continuer à faire de la question de la fin de vie, en confiant cette énième mission à un mandarin, une question médicale alors que c’est une affaire citoyenne qui relève de l’intime», insiste le président de l’ADMD

M. Romero se dit toutefois «réjoui de l’annonce faite par François Hollande allant dans le sens du respect de la proposition de campagne n°21» et de son souhait «de vouloir légaliser "un acte médical assumé" dans les cas de fin de vie et réformer les soins palliatifs».

Il rappelle que «les 49 000 adhérents de l’ADMD (avaient) voté en juin 2011 une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs».

L’ADMD, ajoute-t-il, «demande au président de la République de ne pas céder à la pression des lobbys pro-life, ultra-religieux, qui militent également contre le droit des femmes à avorter, et d’entendre le combat des associations laïques qui demandent le respect absolu des volontés des patients, fussent-ils âgés, malades ou en fin de vie, mais qui demeurent des citoyens à part entière».

(AFP)
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   20.07.12 16:08

Si j"étais à la place de François Hollande..j'ajouterais à cette loi Léonetti "une loi Hollande"permettant le suicide assisté dans certains cas.

Ainsi tout le monde sera satisfait,moi la première !

Ce que je reproche à F.H.c'est d'avoir peur des mots.

Tout le monde peut se suicider,le suicide étant dépénalisé depuis longtemps.

Si le mot euthanasie dérange à cause de diverses connotations,,employons le terme de suicide assisté(élargissement de la notion de suicide,liberté du patient qui choisit sa fin de vie?)..pourquoi pas?si cela se fait dans des règles très strictes sur un plan juridico-médical.De toute façon,par définition,ceux qui choisissent le suicide assisté le choisissent parce qu'ils ne peuvent pas se sucider eux-mêmes.Donc cela ne risque pas d'augmenter le nombre de suicides.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   21.07.12 7:52

Euthanasie : qui a dit « Mon avis n’a pas d’importance » ?

Publié le 21/07/2012

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Paris, le samedi 21 juillet 2012 – C’est une personnalité reconnue du monde médical et un spécialiste incontestable des questions d’éthique que le Président de la République, François Hollande a choisi pour présider une nouvelle commission de réflexion sur l’accompagnement de la fin de vie. Le choix du professeur Didier Sicard n’a cependant pas fait l’unanimité notamment auprès des partisans d’une dépénalisation de l’euthanasie, comme nous l’évoquions dans ces colonnes.

Le président d’honneur du comité consultatif national d’éthique serait en effet connu pour sa proximité avec la « théologie morale catholique » selon l’expression de Jean-Luc Romero président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Ces réticences se justifient-elles ? Difficile de se faire une opinion en lisant l’interview accordée au Monde par le premier intéressé. Il apparaît en effet que le professeur Didier Sicard est parfaitement conscient de la nécessité d’adopter une position de neutralité sur le sujet et de ne pas laisser ses propres convictions influencer le débat qu’il doit mener. « Mon avis n’a pas d’importance » assure-t-il ainsi soulignant qu’il n’a d’ailleurs pas de position « définitive » sur la question de la fin de vie.

La loi Leonetti est une grande loi


Tant mieux pourront souffler in petto ceux qui veulent que cette commission aboutisse à la dépénalisation de l’euthanasie. Car le sentiment de Didier Sicard sur le sujet même changeant ne semble guère profondément favorable à cette idée. Il souligne en effet que « depuis dix ans, je suis de plus en plus dubitatif sur la possibilité radicale de transgresser l’interdiction de donner la mort ». De même concernant la loi Leonetti, il remarque : « Je trouve que c’est une grande loi. Doit-elle être adaptée, je n’en suis pas sûr ». Néanmoins, comme il le souligne à plusieurs reprises, Didier Sicard a abandonné sur le sujet les convictions immuables. Il confie ainsi qu’il y a « certains jours » où il « trouve inacceptable que quelqu’un disant souhaiter en finir n’obtienne pas de réponse ». Par ailleurs, il rejoint les militants de l’ADMD sur plusieurs points et notamment sur la nécessité d’impliquer tous les Français, par exemple par la voie d’un référendum, sur le sujet. Ainsi, toujours à propos de la loi Leonetti, il note : « Il y aura peut-être nécessité de modifier un ou deux articles, mais pour cela, il faut d’abord recueillir l’avis des Français » après avoir affirmé : « Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens ».


Aurélie Haroche
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   21.07.12 8:41

Pr Didier Sicard : sur la fin de vie, « la médecine est tentée de s’approprier tous les pouvoirs »




lequotidiendumedecin.fr 20/07/2012




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Pr Didier Sicard, président d'honneur du Conseil consultatif national d'éthique - Crédit photo : S. TOUBON
Le Pr Didier Sicard vient de se voir confier par le chef de l’État une mission sur la fin de vie. Président d’honneur du Conseil consultatif national d’éthique et ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin (AP-HP), il explique au « Quotidien » le rôle que pourraient tenir les médecins dans le débat. La mission rendra ses conclusions à l’Élysée à la fin de l’année.



LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN - Vous dites que la question de la fin de vie n’appartient pas aux médecins. Pourtant ce sont eux qui recueillent les demandes d’euthanasie, affrontent la douleur des patients et de leurs proches...

Pr DIDIER SICARD - Dans mon expérience du débat public, j’ai été frappé de constater que la société avait le sentiment, à tort ou à raison, que le débat était confisqué par les médecins, que la médecine dépouillait les citoyens de leur liberté face à leur vie et leur mort. Certes, les médecins sont en première ligne : ils prennent en charge la maladie et la fin de vie, on leur délègue la responsabilité des choix. Ils n’ont pas attendu la mission pour s’exprimer, individuellement, ou à travers les sociétés savantes !

Mais je ne veux pas que cette mission soit une énième audition des experts : cela aboutirait à un état des lieux qui n’avancerait en rien la situation.

Ce qui manque, c’est l’expression des inquiétudes et avis des citoyens sur la fin de vie. La mission tentera de leur redonner la parole, car ils ont l’impression de n’être plus maîtres de leur destin. Il faut essayer d’apporter du nouveau matériau de pensée pour qu’ils ne tombent pas dans le piège de raisonnements binaires : la vie à tout prix ou l’euthanasie comme marque du progrès.

Les médecins, comme les représentants des associations ou églises, répondront aux questions des citoyens dans le cadre d’un échange, plutôt que de s’exprimer dans la revendication. La mission, composée de deux médecins, le Pr Régis Aubry et Jean-Claude Ameisen, deux cadres infirmiers, une psychologue et un philosophe, sera responsable de la tenue de ces débats.

5 ou 6 débats


La mission apportera-t-elle tout de même des réponses aux médecins ?

Oui, mais elle montrera aussi que le jugement des médecins n’est qu’un jugement parmi d’autres, même s’il est essentiel. Comme dans l’esprit de la loi Kouchner, il faut rééquilibrer le respect qu’on doit aux personnes. Il est toujours tentant pour la médecine de s’approprier tous les pouvoirs ! Dans cette perspective, nous devrions organiser les 5 ou 6 débats que nous comptons mener en région et à Paris dans des universités de sciences humaines, non dans des facultés de médecine ou de droit.

Pourquoi ne pas organiser, comme le réclame l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), un référendum, ou comme le souhaite le conseil consultatif national d’éthique (CCNE) des états généraux ?

Le référendum est la revendication de l’ADMD. Je n’ai pas à me prononcer, ni à vouloir écarter l’ADMD de son vœu. Quant au CCNE, François Hollande et moi-même sommes très conscients de son importance. Le président a installé une mission pour qu’elle démarre rapidement, mais le Pr Alain Grimfeld, à la tête du CCNE, a tout à fait vocation à lancer des états généraux. Ce conseil peut avoir sa propre réflexion, ce ne sera pas redondant avec notre travail.

Entre ignorance et agressivité


Sur le fond, faut-il aller plus loin que la loi Leonetti de 2005 ?

C’est une loi remarquable. Si on l’avait eue en 2000, le CCNE, que je présidais, n’aurait pas eu besoin d’émettre un avis en faveur d’« une exception d’euthanasie » : c’était une pré-loi Leonetti, qui partait du constat que l’acharnement thérapeutique était quelque fois maléfique.

Cette loi a été extraordinairement reçue en Europe, alors que les positions belges, hollandaises, luxembourgeoises sont restées enfermées dans leur pays.

Mais comme toute loi, elle ne couvre pas l’ensemble des cas. Et son problème majeur est qu’elle est très mal connue du public et des médecins, qui la regardent d’un œil parfois sommaire et la résume à quelques mots d’ordre, en faisant preuve d’un étrange mélange d’ignorance et d’agressivité.

Pour le reste, je ne peux préjuger de ce que conclura la mission : dans mon expérience de médecin, mes convictions de départs ont souvent été bouleversées à l’arrivée. Et dans ce cas, ce ne sont pas mes convictions qui vont écrire le débat.

› PROPOS RECUEILLIS PAR COLINE GARRÉ

Le Pr Didier Sicard vient de se voir confier par le chef de l’État une mission sur la fin de vie. Président d’honneur du Conseil consultatif national d’éthique et ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin (AP-HP), il explique au « Quotidien » le rôle que pourraient tenir les médecins dans le débat. La mission rendra ses conclusions à l’Élysée à la fin de l’année.

LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN - Vous dites que la question de la fin de vie n’appartient pas aux médecins. Pourtant ce sont eux qui recueillent les demandes d’euthanasie, affrontent la douleur des patients et de leurs proches...

Pr DIDIER SICARD - Dans mon expérience du débat public, j’ai été frappé de constater que la société avait le sentiment, à tort ou à raison, que le débat était confisqué par les médecins, que la médecine dépouillait les citoyens de leur liberté face à leur vie et leur mort. Certes, les médecins sont en première ligne : ils prennent en charge la maladie et la fin de vie, on leur délègue la responsabilité des choix. Ils n’ont pas attendu la mission pour s’exprimer, individuellement, ou à travers les sociétés savantes !

Mais je ne veux pas que cette mission soit une énième audition des experts : cela aboutirait à un état des lieux qui n’avancerait en rien la situation.

Ce qui manque, c’est l’expression des inquiétudes et avis des citoyens sur la fin de vie. La mission tentera de leur redonner la parole, car ils ont l’impression de n’être plus maîtres de leur destin. Il faut essayer d’apporter du nouveau matériau de pensée pour qu’ils ne tombent pas dans le piège de raisonnements binaires : la vie à tout prix ou l’euthanasie comme marque du progrès.

Les médecins, comme les représentants des associations ou églises, répondront aux questions des citoyens dans le cadre d’un échange, plutôt que de s’exprimer dans la revendication. La mission, composée de deux médecins, le Pr Régis Aubry et Jean-Claude Ameisen, deux cadres infirmiers, une psychologue et un philosophe, sera responsable de la tenue de ces débats.

5 ou 6 débats


La mission apportera-t-elle tout de même des réponses aux médecins ?

Oui, mais elle montrera aussi que le jugement des médecins n’est qu’un jugement parmi d’autres, même s’il est essentiel. Comme dans l’esprit de la loi Kouchner, il faut rééquilibrer le respect qu’on doit aux personnes. Il est toujours tentant pour la médecine de s’approprier tous les pouvoirs ! Dans cette perspective, nous devrions organiser les 5 ou 6 débats que nous comptons mener en région et à Paris dans des universités de sciences humaines, non dans des facultés de médecine ou de droit.

Pourquoi ne pas organiser, comme le réclame l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), un référendum, ou comme le souhaite le conseil consultatif national d’éthique (CCNE) des états généraux ?

Le référendum est la revendication de l’ADMD. Je n’ai pas à me prononcer, ni à vouloir écarter l’ADMD de son vœu. Quant au CCNE, François Hollande et moi-même sommes très conscients de son importance. Le président a installé une mission pour qu’elle démarre rapidement, mais le Pr Alain Grimfeld, à la tête du CCNE, a tout à fait vocation à lancer des états généraux. Ce conseil peut avoir sa propre réflexion, ce ne sera pas redondant avec notre travail.

Entre ignorance et agressivité


Sur le fond, faut-il aller plus loin que la loi Leonetti de 2005 ?

C’est une loi remarquable. Si on l’avait eue en 2000, le CCNE, que je présidais, n’aurait pas eu besoin d’émettre un avis en faveur d’« une exception d’euthanasie » : c’était une pré-loi Leonetti, qui partait du constat que l’acharnement thérapeutique était quelquefois maléfique.

Cette loi a été extraordinairement reçue en Europe, alors que les positions belges, hollandaises, luxembourgeoises sont restées enfermées dans leur pays.

Mais comme toute loi, elle ne couvre pas l’ensemble des cas. Et son problème majeur est qu’elle est très mal connue du public et des médecins, qui la regardent d’un œil parfois sommaire et la résume à quelques mots d’ordre, en faisant preuve d’un étrange mélange d’ignorance et d’agressivité.

Pour le reste, je ne peux préjuger de ce que conclura la mission : dans mon expérience de médecin, mes convictions de départs ont souvent été bouleversées à l’arrivée. Et dans ce cas, ce ne sont pas mes convictions qui vont écrire le débat.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   21.07.12 9:33

Euthanasie : Hollande lance officiellement le débat


Lors d'une visite à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, François Hollande a promis mardi une réforme sur les soins palliatifs "dans les prochains mois" et confié une mission sur la fin de vie au professeur Didier Sicard. Dans un discours d'une vingtaine de minutes, le chef de l'Etat a rappelé ses intentions en la matière, conformes à ses engagements de campagne.



Une nouvelle fois, François Hollande a parlé mardi de la question de l'euthanasie sans jamais évoquer le terme. Lors d'un déplacement à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, le chef de l'Etat a commencé par rendre hommage à "la loi dite Leonetti", permettant depuis 2005 d'éviter tout acharnement thérapeutique. En visite dans une maison médicale dédiée à la fin de vie, le chef de l'Etat s'est aussi demandé s'il n'était pas temps d'"aller plus loin dans des cas exceptionnels, quand la douleur est irréversible et appelle un acte médical assumé". "Poser cette question, c'est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat", a-t-il poursuivi.

Alors, pour trancher le débat, le Président a confié une mission sur la fin de vie au professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique de 1999 à 2008. Il a également promis de lancer une réforme sur les soins palliatifs "dans les prochains mois".

Le débat "doit se faire dans l'apaisement"


Pendant toute sa campagne, François Hollande avait déjà évoqué son intention d'aller plus loin que la loi Leonetti sans pour autant se prononcer explicitement pour l'euthanasie. "Je ne prends pas le mot d'euthanasie, ça laisse penser qu'il serait accepté une forme de suicide", expliquait-il lors de l'émission Des Paroles et des Actes en mars dernier. "Ce n'est pas à proprement parler de l'euthanasie dans la mesure où il ne s'agit pas d'accorder la possibilité à tout un chacun de demander à mettre fin à sa vie. C'est dans des conditions tout à fait exceptionnelles avec un cadre juridique précis", précisait aussi au JDD.fr le député socialiste Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé, peu après l'accession de François Hollande à l'Elysée.

Dans ses 60 promesses de campagne, le candidat socialiste proposait que "toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". "Il ne s'agit pas de dépénaliser mais d'encadrer cette mort dans la dignité", expliquait-il pendant la campagne présidentielle.

Sachant qu'il s'agit d'un sujet plus que sensible, le Président a une nouvelle fois pris mardi toutes les précautions nécessaires. "J'entends et je respecte les consciences et les voix venues notamment des autorités spirituelles qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d'être vécu", a-t-il lancé. Mais selon lui, "le débat mérite d'être engagé" et "doit se faire dans l'apaisement".

Leonetti demande un débat public


Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), a salué en partie les annonces faites par François Hollande mais semble plus sceptique sur l'idée d'une mission et sur le choix de celui qui la présidera. "La mission confiée aujourd’hui à Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique et dont la fiche Wikipédia indique qu’il est proche de la théologie morale catholique, ne sera sans doute qu’une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu : celui du respect absolu des volontés individuelles. Il est regrettable de continuer à faire de la question de la fin de vie, en confiant cette énième mission à un mandarin, une question médicale alors que c’est une affaire citoyenne qui relève de l’intime", peut-on lire.

De son côté, Jean Leonetti s'est dit satisfait que François Hollande ait "reconnu les efforts effectués ces dernières années en matière de soins palliatifs et des avancées de la loi du 22 Avril 2005." Au-delà d'une commission, l'ancien ministre UMP "propose que le sujet soit abordé de manière plus large : la fin de vie ne se limite pas aux problèmes de l’euthanasie, elle ne peut pas être abordée que par les politiques et les experts." Et demande à ce qu'un "débat public" soit ouvert "avec la même méthode que celle utilisée lors des lois bioéthiques : débats en régions avec les comités d’éthique régionaux, constitution de panels et de jurés citoyens, ouverture d’un site internet et interactivité."
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   22.07.12 13:06

Hollande et l'euthanasie : les couacs de la com


Par Franck Lefebvre-Billiez, le
22 juillet 2012 à 12h15 , mis à jour le
22 juillet 2012 à 12h27

Dossier : Euthanasie: le débat

"Euthanasie" : lorsqu'il a annoncé, mardi, la création d'une mission sur la fin de vie pour "les cas exceptionnels", François Hollande n'a pas prononcé le mot. Pour le président, le débat s'annonce comme un terrain miné. Ce que montre aussi le choix d'un rendez-vous fixé au dernier moment pour cette annonce...



Les bouleversements d'emploi du temps sont une constante de la vie présidentielle. En cela, François Hollande ne se distingue pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Mais ces lignes biffées et réécrites sur l'agenda du chef de l'Etat peuvent être révélatrices. En témoigne la visite faite mardi dernier par le chef de l'Etat à la maison médicale Notre-Dame-du-Lac, à Rueil-Malmaison - une institution gérée par les Diaconesses de Reuilly, communauté religieuse protestante, et spécialisée dans la médecine palliative et l'accompagnement des patients en fin de vie. C'est là que le chef de l'Etat, entouré de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, et de Michèle Delaunay, déléguée aux Personnes âgées et à l'autonomie, a officiellement chargé le professeur Didier Sicard d'une mission sur la fin de vie pour "les cas exceptionnels".



Hollande promet une réforme sur les soins palliatifs


Publié le 17 juillet 2012

François Hollande a promis mardi une réforme sur les soins palliatifs "dans les prochains mois" et a confié une mission sur la fin de vie au professeur Didier Sicard, lors d'un déplacement à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.

C'était là, pour François Hollande, la concrétisation d'un engagement de campagne. Mais le choix des mots, tout comme le choix de l'endroit, soulignent surtout le malaise d'un président engagé dans un terrain qu'il sait miné. A aucun moment, il n'a prononcé le mot "euthanasie". Il ne s'est pas davantage engagé dans la voie d'une légalisation de l'aide aux patients incurables à mourir, réclamée depuis des années par certaines associations comme l'ADMD, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité. Et c'est depuis un service de soins palliatifs qu'il a annoncé la création d'une mission de réflexion.
Des positions tranchées
Mais le débat ultra-sensible sur la fin de vie oppose trop souvent de manière radicale les tenants d'une légalisation de l'euthanasie, et ceux qui réclament plus de moyens d'accompagnement - ces derniers étant souvent marqués par un engagement fort dans le domaine religieux. Et en la matière, les positions de l'Eglise catholique sont sans ambigüité : toute mort volontairement donnée est moralement inacceptable, même s'il s'agit d'abréger les souffrances de patients condamnés. En acceptant de se risquer sur le terrain de la fin de vie, tout en rappelant les avancées de la loi Leonetti... mais sans aller plus loin, le chef de l'Etat risquait de susciter les critiques d'associations comme l'ADMD. Mais impossible de lancer une mission de réflexion sur un tel thème en occultant purement et simplement l'aspect religieux. Alors, à qui en confier les rênes ?
Dans un tel débat, Didier Sicard pouvait sembler une personnalité incontestable. Médecin et ancien président du Comité consultatif national d'éthique, il est aussi et surtout une personnalité respectée du milieu protestant. Quant au lieu choisi pour cette annonce, il a, lui aussi, fait l'objet de subtils arbitrages. Spécialisée dans l'accompagnement des patients en fin de vie, la maison médicale Notre-Dame-du-Lac est, elle aussi, liée au monde protestant. Fallait-il voir dans ce choix un souci de se démarquer des institutions catholiques ?
Après l'annonce...
Mais - conséquence, précisément, de ces subtils arbitrages - le rendez-vous avait été arrêté au tout dernier moment. Il avait même été ajouté si tardivement dans la liste des déplacements du chef de l'Etat que les Diaconesses de Reuilly, qui ne disposent pas de leur propre service de presse et s'en remettent, pour cela, à la Fédération de l'Entraide Protestante, n'avaient pas pu communiquer à ce sujet. Quant aux journalistes présents sur place lors de la déclaration présidentielle, cet aspect leur a totalement échappé. Accueillis par des membres d'une communauté religieuse dans une institution portant le nom en apparence si catholique de "Notre-Dame-du-Lac", les références au protestantisme leur sont restées inaperçues. Il est vrai que les Diaconesses font figure d'exception dans un monde protestant où les ordres religieux sont rarissimes. Même Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a dénoncé le choix de Didier Sicard pour mener la mission sur la fin de vie en se référant à "la puissance du lobby catholique" et en le qualifiant de "proche de la théologie morale catholique".
Si François Hollande cherchait à rester au-dessus de la mêlée, et à éviter d'être vu comme plus proche d'un camp ou de l'autre dans le très délicat débat sur la fin de vie, c'est raté. Et l'incident révèle en tout cas que, si les changements d'agenda constituent le quotidien des chefs de l'Etat, l'efficacité à les gérer peut varier d'une équipe présidentielle à l'autre.
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MessageSujet: LE PRESIDENT FRANCOIS HOLLANDE ET LA FIN DE VIE   22.07.12 13:32

il commence à me faire ch***, cet ordinateur,ce navigateur,ce FAI etc



Dernière édition par Admin le 26.03.14 17:30, édité 2 fois
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MessageSujet: LE PRESIDENT FRANCOIS HOLLANDE ET LA FIN DE VIE   22.07.12 14:03

[youtube][/youtube]
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   24.07.12 9:49

De Medscape France
François Hollande relance timidement le débat sur l'euthanasie


Lors de la visite d'un centre en soins palliatifs, François Hollande a annoncé le lancement d'une mission sur la fin de vie, et évoqué la possibilité de réviser la loi Leonetti.
Auteur : Jacques Cofard
Rueil-Malmaison, France — C'est avec infiniment de précaution que le président François Hollande a relancé le débat sur l'euthanasie, lors d'un déplacement le 17 juillet dernier dans une maison médicale spécialisée dans les soins palliatifs, à Rueil-Malmaison (92). Pas une seule fois le président, d'ailleurs, n'a prononcé le terme d'euthanasie. Rappelons que, dans son programme de campagne, François Hollande s'était clairement prononcé pour : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ». Sans renier ses engagements passés, le président, lors de son discours le 17 juillet dernier, a été plus flou sur ses visées. Il a d'abord rappelé les acquis de la loi Leonetti [1] de 2005 : « La loi Leonetti autorise toute personne malade à refuser un traitement. Elle donne aussi le droit aux médecins d'interrompre un traitement. Il n'y a plus de raisons pour justifier l'acharnement thérapeutique ». Tout en soulignant ces faiblesses : «Que faire dans les cas extrêmes ? Il faut clarifier les textes».




Développement diversifié des soins palliatifs



Plus que d'euthanasie, François Hollande a préféré s'attarder sur la situation des soins palliatifs, qu'il faudrait développer: «Il y a actuellement 5 000 lits en soins palliatifs. C'est vingt fois plus qu'en 2001 mais cela n'est toujours pas suffisant. Il nous faudra combler ce retard», a annoncé le chef de l'État. De quelle manière ? En développant la diversité des prises en charge. François Hollande a ainsi préconisé la création de places en soins palliatifs non seulement en hôpital, mais aussi en Hospitalisation à domicile (HAD), en Ehpad et en hôpital de jour. Le président de la république a par ailleurs rappelé sa promesse de campagne, promettant d'engager une réforme «dans les prochains mois» sur la dépendance et son financement. A Rueil-Malmaison, il s'est prononcé pour un système global de tarification en soins palliatifs, «afin de les rendre plus accessibles à toutes les familles», et a demandé à Marisol Touraine de mener des réflexions sur ce thème.


Formation et conventionnement



En matière de formation, François Hollande a rappelé que les soins palliatifs faisaient partie des thèmes d'enseignement prioritaire pour les études médicales, tel que le stipule un arrêté du 20 juillet 2011. «Nous veillerons à ce que cet arrêté soit scrupuleusement respecté, a ajouté le chef de l'État. Mais il faudra rendre l'enseignement des soins palliatifs systématique pour l'ensemble des personnels de santé. Les soins palliatifs ne sont pas le monopole des médecins.» Pour Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l'autonomie et présente lors de la visite du président, «les Ehpad sont des établissements qui ont énormément besoin de soins palliatifs. Il faudrait que les Ehpad signent des conventions avec des centres de soins palliatifs comme celui-là.»"

Les réactions ne se sont pas fait attendre suite à la visite du président, ravivant le clivage entre les anti et les pro-euthanasie. la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) « estime qu'une éventuelle dépénalisation de l'euthanasie est inutile et dangereuse ». Pour l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), « la fin de vie est une question citoyenne intime et pas une question médicale ». L'Observatoire national sur la fin de vie (ONFV) rappelle que « toutes les questions concernant la fin de vie ne sont pas solubles dans celles relatives à l'euthanasie ».


Le Pr Sicard à la tête d'une mission


François Hollande a annoncé la mise en place d'une mission sur la fin de vie présidée par le professeur Didier Sicard, ancien président du comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 1999 à 2008. Le Pr Didier Sicard est par ailleurs professeur de médecine à l'Université Paris-Descartes et président d'honneur du CCNE. Le Pr Régis Aubry, chef du service de soins palliatifs du CHU de Besançon et président de l'Observatoire national de la fin de vie (ONFV), fait également partie de la mission. Le président, dans la lettre de mission adressée à Didier Sicard, souhaite une évaluation de la loi Léonetti du 22 avril 2005, un état des lieux du développement des soins palliatifs, et des expériences étrangères en matière de fin de vie, ainsi que des propositions sur l'information de la population et la formation des professionnels.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   24.07.12 14:25

François Hollande relance le débat sur la fin de vie

Créé le 17-07-2012 à 13h11
- Mis à jour à 16h46

Le Nouvel Observateur



Le président était en déplacement dans une unité de soins palliatifs des Hauts-de-Seine. (EVRARD-POOL/SIPA)


Le président François Hollande a promis, mardi 17 juillet, une réforme sur les soins palliatifs "dans les prochains mois" et a confié une mission sur la fin de vie au professeur Didier Sicard, lors d'un déplacement à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Rendant hommage à "la loi dite Leonetti", permettant, depuis 2005, qu'il n'y ait pas d'acharnement thérapeutique, François Hollande s'est demandé, lors d'une visite dans une maison médicale dédiée à la fin de vie, s'il n'était pas temps d'"aller plus loin dans des cas exceptionnels, quand la douleur est irréversible et appelle un acte médical assumé".

"Poser cette question, c'est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat", a-t-il affirmé. "A quel moment l'issue peut-elle être considérée comme fatale?" et sur "quels fondements" se baser? C'est un débat qui doit être noble et digne", a soutenu le président.

Sicard, un "proche de la théologie morale catholique"


François Hollande a chargé un professeur de médecine, Didier Sicard, président d'honneur du comité national consultatif d'éthique, présent à Rueil-Malmaison, d'une mission sur ce sujet.

Le choix du Pr Sicard a été accueilli avec inquiétude par l'Association pour le droit à mourir dans la dignité. Son président Jean-Luc Romero craint que cette mission, confiée à un "proche de la théologie morale catholique", ne devienne "une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu".

"J'entends et je respecte les consciences et les voix, venues notamment des autorités spirituelles, qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d'être vécu", a indiqué le président, qui devait recevoir mardi après-midi Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France.

Promesse de campagne


François Hollande semble vouloir tenir ainsi sa promesse de campagne. Parmi ses 60 engagements, il écrivait notamment : "Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité."



La fin de vie avait été, pour la première fois, un sujet important de la campagne. Spécialistes et médecins avaient alors témoigné des difficultés d'appliquer la loi Leonetti, en raison du manque de structures et de personnel formé, ainsi que de la méconnaissance de la loi par les malades et leurs proches. Autant de problèmes soulevés à Rueil par le président, qui a promis d'œuvrer pour y remédier, notamment grâce à une formation adéquate à l'université.

Comme le candidat s'y était alors refusé car cela aurait "laissé penser qu'une forme de suicide serait acceptée", le président n'a pas, mardi, employé le mot d'euthanasie". A un journaliste qui lui demandait si ce mot était toujours tabou, il a simplement répondu: "ce n'est pas le mot que j'ai employé".

La droite hostile à une réforme de la loi Leonetti=De quoi se mêlent-ils,ces gens de l'UMP ???


Interrogé par "lefigaro.fr", l'auteur de la loi qui porte son nom, Jean Leonetti, estime que la concertation sur la fin de vie lancée par François Hollande ne doit pas se limiter pas aux seuls experts. Il juge que l'exception légale d'euthanasie "figure déjà dans notre droit".

L'ancien ministre UMP, Patrick Ollier, s'est déclaré "fermement opposé" à une révision de la loi Leonetti sur la fin de vie. "Ouvrir le débat sur l'euthanasie sans employer le terme peut paraître habile, mais cela représente un débat qui va fracturer la société française", estime l'ex-ministre chargé des relations avec le Parlement.

"Malgré la charge émotionnelle, qui en toute humanité peut nous submerger, je suis fermement opposé à ce que l'on réforme la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. J'apprécie d'ailleurs que le président de la République ait reconnu lui-même les progrès que cette loi a permis de faire", déclare le député de l'opposition.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   24.07.12 14:47

La droite divisée cherche à diviser les citoyens à propos de leur fin de vie.

Ce n'est pas indigne,çà ???
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   24.07.12 18:56


Communiqué de presse du Groupe national de concertation sur la fin de vie

Emmanuel Hirsch

Président du Collectif Plus Digne la vie



Depuis avril dernier, puis dans le cadre du Groupe national de concertation sur la fin de vie (consulter le dernier Communiqué de presse), le Collectif Plus Digne la vie a exprimé son attachement à un débat national abordant franchement l’ensemble des questions suscitées par une approche responsable et non idéologique de ce domaine si sensible. Nos valeurs démocratiques y sont engagées. Nous ne pouvons donc que nous féliciter du choix éclairé du Président de la République qui souhaite, comme nous, que la réflexion soit partagée au plan national dans le cadre d’une véritable concertation. Il convenait d’en finir avec ces pressions souvent indécentes qui dévoyaient toute tentative d’approfondissement dans les polémiques équivoques, hasardeuses, ainsi que les manipulations de l’opinion publique qui sont de fait prises de court. La sagesse et l’intelligence politiques prévalent dans l’option arrêtée par François Hollande qui témoigne de son souci à l’égard du développement des soins palliatifs en dehors même des établissements de santé, de son attachement aux principes affirmés dans la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, mais également à l’examen par un groupe constitué autour de Didier Sicard des situations exceptionnelles qui pourraient justifier des modalités d’accompagnement à préciser si cela s’avérait nécessaire.

Le Collectif Plus Digne la vie contribuera dans son champ de compétence à cette réflexion nationale, tenant d’une position de respect et de justesse qu’il a adopté depuis sa création en 2008 et qui en fait aujourd’hui un partenaire significatif du débat public. Faut-il rappeler qu’il s’est déjà inscrit dans la perspective constructive évoquée par François Hollande en diffusant au plan national le livret « Droits des malades enfin de vie – Connaître la « loi Leonetti » et l’appliquer » (mis à disposition gratuitement, il en est à sa troisième réédition), ainsi que les « 21 propositions pour une fin de vie digne » qui constituent désormais une plate-forme d’engagements pratiques considérée comme une référence.



« Accompagner la vie » comme principe fédérateur


Seule la présence, toute de bleue vêtue, de sœur Évangeline rappelle que la Maison médicale Notre Dame du lac (Rueil-Malmaison) a été développée par une congrégation de religieuses contemplatives : les oblates de l’Eucharistie. Peu de personnes savent que dans leurs établissements les premiers malades atteints de sida ont été accueillis alors que tant d’institutions les rejetaient, et que les soins palliatifs, l’accompagnement des personnes les plus affectées dans leur autonomie se situent au cœur d’un engagement fort partagé avec des professionnels d’autant plus motivés. J’ignore si François Hollande savait qu’en décidant ce déplacement le 17 juillet pour exprimer son attachement non seulement à la démarche des soins palliatifs, mais plus encore aux personnes souvent vulnérables en fin de vie, il rendrait ainsi hommage à une institution d’exception qui incarne les valeurs de la sollicitude et de la solidarité. Les soignants de Notre Dame du lac partagent avec d’autres professionnels impliqués comme eux sur ces territoires méconnus et extrêmes du soin, un même souci du respect de la personne, en fait des « convictions « qui seront évoquées par le Président de la République (« devoir d’épargner, dans la mesure du possible, la souffrance aux malades », « reconnaissance du « besoin de toute personne d’être accompagnée jusqu’au dernier moment », « nécessité pour les aidants d’être aidés, soutenus dans l’épreuve »). Cette conception éthique du non abandon ou de la juste présence favorise la proximité, l’échange vrai.


[François Hollande] a saisi cette ambiance si particulière faite de la succession de ces « petits moments qui font des grandes choses », cette intensité du bonheur qui pourrait a priori surprendre dans un contexte aussi difficile. Monique confie qu’hier « elle a pleuré de désespoir toutes les larmes de son corps » et que pourtant la tristesse est passée, qu’elle est heureuse de vivre l’instant présent.
Réunies sur un balcon pour suivre un peu plus tard l’intervention du chef de l’État, Agnès (kinésithérapeute) et Annette (psychologue) reviennent avec Monique (résidente depuis quelques jours) sur leur rencontre avec François Hollande. Il a saisi cette ambiance si particulière faite de la succession de ces « petits moments qui font des grandes choses », cette intensité du bonheur qui pourrait a priori surprendre dans un contexte aussi difficile. Monique confie qu’hier « elle a pleuré de désespoir toutes les larmes de son corps » et que pourtant la tristesse est passée, qu’elle est heureuse de vivre l’instant présent. Ce qui l’a aussi affligée c’est d’entendre parler dans une émission de France Inter de l’euthanasie des malades sans que personne ne s’en soit offusqué. Annette évoque quelques rares demandes « qui tombent d’elles-mêmes lorsque surgit à nouveau, ne serait-ce que quelques minutes plus tard, une envie de vie ». Ici le principe fédérateur se retrouve dans la devise de la Maison : « Accompagner la vie. »



« Au service des plus fragiles, des plus faibles »


La force politique de ce message n’a certainement pas échappé à François Hollande qui, prenant son temps, interroge, écoute et témoigne une attention soutenue à ce qui se réalise au quotidien afin, dit-il de « traverser ces moments comme la partie pleine d’une vie entière ». Dans son allocution il insistera sur les obligations de la société et donc sur la valeur de cet engagement au cœur de la cité : « Telle est l’idée que je me fais du rôle de l’État et de la solidarité nationale. Travailler au service des Français en particulier des plus fragile et des plus faibles. (…) Au moment où ces personnes peuvent douter de leur propre avenir que nous devons assurer une présence de la collectivité auprès de ces personnes. »


Nous voilà bien éloignés des interminables controverses portant sur la légalisation de l’euthanasie, et l’on comprend autrement, dans sa complexité, ses tensions et sa signification profonde, la proposition 21 du programme électoral de François Hollande.
Sur le terrain, au plus près des réalités du soin, nous voilà bien éloignés des interminables controverses portant sur la légalisation de l’euthanasie, et l’on comprend autrement, dans sa complexité, ses tensions et sa signification profonde, la proposition 21 du programme électoral de François Hollande : « (…) que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. » Et il fallait certainement ce temps de partage, cette présence dans ce cadre si singulier à la fois pour valoriser une démarche de soins palliatifs relevant de la question « Comment vivre dignement jusqu’au bout ? », et oser « aborder le sujet le plus douloureux qui soit : le droit à mourir dans la dignité, j’allais dire à vivre dans la dignité, car c’est le droit de chacun de vivre pleinement sa vie. »



Un signe prometteur, une exigence d’humilité


En effet après avoir réaffirmé les efforts de l’État en termes de soutien aux soins palliatifs (tout particulièrement en diversifiant leur offre, en renforçant les formations et la recherche universitaire), l’hommage soutenu rendu à la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (« Il n’y a plus de légitimation au moment où je parle de l’acharnement thérapeutique ») s’est conclu par l’annonce de l’ouverture d’un débat dont le chef de l’État a présenté certains enjeux.

« Faut-il, peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie ? Poser cette question c’est ouvrir une perspective qui elle-même entraîne un débat. Et les questions sont multiples. »


« Le progrès d’une société aujourd’hui [...] se mesure à sa capacité de développer la solidarité, en protégeant et en entourant les plus faibles et non à faciliter leur disparition »

C’est Didier Sicard, président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui se voit confier la présidence d’une mission de réflexion. Elle devrait rendre un rapport fin de l’année qui sera soumis au CCNE. Il importe d’évoquer à ce propos l’avis n° 63 du CCNE « Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie » du 27 janvier 2000 abordant notamment la notion « exception d’euthanasie ». Est-ce l’une des options qui sera retenue, alors qu’après l’Allemagne, l’Espagne et la Suède, le Sénat d’Argentine a voté le 9 mai dernier une loi relative à la fin de vie qui reprend les principes de la législation française ?

Didier Sicard, qui affirmait dans Le Monde le 29 janvier 2011 que « Le progrès d’une société aujourd’hui comme nous l’a appris l’histoire du XXe, se mesure à sa capacité de développer la solidarité, en protégeant et en entourant les plus faibles et non à faciliter leur disparition », a évoqué ce mardi l’organisation de débats publics en région. Il se propose ainsi de « refaire surgir de la pensée » dans un domaine délicat et souvent idéologique qui justifie une investigation menée au plus près du terrain et des échanges de qualité.

Pour François Hollande, « Le débat mérite d’être engagé, il doit se faire dans l’apaisement ». S’adressant aux professionnels de la Maison médicale Notre Dame du lac, il leur a rendu un hommage qui dit beaucoup de cet esprit du soin et de la relation à l’autre si présent dans le cadre des missions assumées auprès des personnes jusqu’au terme de leur vie : « Vous donnez beaucoup de sérénité à ce que vous faites. »

Il semble désormais essentiel qu’un contexte apaisé permette à chacun de s’investir honnêtement et avec courage dans ce débat de société que nous appelions de nos vœux. Cette visite du chef de l’État à Rueil-Malmaison et la valeur de son intervention me semblent constituer un signe prometteur et une forme de repère auquel désormais se référer. En ayant bien conscience que nous devons aborder avec prudence et humilité de tels choix d’humanité.

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 15:05

L’éditorial d’Anne Gavini

Faux débat et vrai danger




  • Famille Chrétienne
  • 28/07/2012
  • Numéro 1802
  • Par Anne Gavini
Il l’avait annoncé pendant la campagne, le président de la République souhaite revenir sur la question de l’euthanasie. À la faveur d’un déplacement dans un centre de soins palliatifs, François Hollande lance une consultation nationale. Pourquoi ?

«François Hollande relance le débat sur la fin de la vie » : c’est ainsi que fut relayée dans de nombreux médias la prise de parole éminemment symbolique du président de la République le 17 juillet.
Il y aurait donc consensus sur l’existence, voire la nécessité, d’un débat sur la fin de la vie. En mettant l’accent sur la méthode plutôt que sur le fond, on acte sans le dire que l’euthanasie constitue un vrai sujet de débat en France. Voici évacué d’un revers de manche, en un tour de passe-passe lexical, l’hypothèse selon laquelle la fin de vie n’est pas et ne peut pas être un sujet de débat politique.

La fin de vie, comme son début, est ontologiquement le lieu du mystère ; elle s’accompagne, se redoute, mais ne se décide pas. Seulement voilà, le 17 juillet, lorsque le chef de l’État prend la parole pour encourager les soins palliatifs, il s’interroge : la vie vaut-elle toujours la peine ? la mienne, celle d’un proche. « Ouvrir, rouvrir, relancer », les mots ne suffiraient pas à refléter l’impatience supposée des Français à régner sur leur propre fin.

Par voix de commission, l’hypothèse de maîtriser sa mort s’invite à la table des priorités nationales. Au côté des inquiétudes sur l’avenir économique de la France, siégerait donc une question
anthropologique majeure : à qui appartient la vie ? Est-ce bien, Messieurs les politiques, de votre ressort, que de vous introduire dans nos consciences ?

L’intention est honorable : vous voulez mettre fin à la souffrance, soulager l’entourage, voire entrer dans la danse des pays occidentaux qui ont déjà franchi la ligne rouge. Aucune de ces raisons ne peut nous détourner de notre humanité, nous démettre de nos devoirs, nous séparer de nos familles, nos amis, nos frères. Aucun débat ne doit jauger l’immuable dignité de nos vies, si minuscules soient-elles.

Aucun sens de la démocratie ne mérite que l’on y sacrifie le respect de la personne. De quelle démocratie s’agirait-il donc ? De celle qui dissipe le mystère de la vie par le permis d’y mettre fin ? Moins de quarante ans après l’adoption de la loi Veil, la rhétorique des bons sentiments s’immisce à nouveau dans le discours politique, à l’assaut aujourd’hui de la fin de vie douloureuse. Elle ne doit pas obstruer notre conscience et nous détourner de la vérité : « Toutes les influences, tous les efforts pour imposer le silence, n’arrivent pas à faire taire la voix du Seigneur qui retentit dans la conscience de tout homme », rappelle Jean-Paul II.

En ces semaines estivales, revenons au Christ, source de tout amour véritable. Puisqu’il y aura débat, faisons entendre une autre voix : Vox populi, vox dei ? « Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (1) sera l’unique réponse que nous pourrons donner alors. Monsieur le Président, vous vouliez prendre le pouls des Français. Laissez-le battre jusqu’au bout.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 15:20

"La vie"magazine catholique

Politique


Hollande s'engage sur la fin de vie


Joséphine Bataille - publié le 18/07/2012

Sur la question de l'euthanasie, le Président de la République a choisi d’ouvrir le débat plutôt que de trancher. Et hier, à Rueil-Malmaison, il a promis le développement des soins palliatifs.






La maison Notre Dame du Lac, à Rueil-Malmaison(Hauts de Seine), un havre de paix baigné par le soleil, ce mardi 17 juillet, à l‘écart de l’affairement de la ville. La sérénité du lieu est à l’égal de la délicatesse de la mission qui y est accomplie : accueillir les malades en fin de vie, sans espoir de guérison mais dans un compagnonnage qui donne sens à leurs jours et prenne en charge leur souffrances.

C’est depuis ce centre d’excellence en soins palliatifs (qui relève de la Fondation protestante des Diaconesses de Reuilly), le deuxième en France pour sa capacité d’accueil (48 personnes), que le Président de la République François Hollande a choisi de mettre la question de la fin de vie au cœur de l’actualité, et de l’afficher comme l’une de ses priorités, en y orchestrant sa visite au cœur de l’été. A la surprise de tous ceux qui pensaient que le débat, miné par une opposition entre militants et opposants de l’euthanasie, allait être discrètement laissé de côté après la campagne présidentielle.

"C’est un grand bonheur de voir que vous pouvez donner jusqu’au denier moment un échange, un soin, une qualité de relation qui permet à chacun d’être considéré comme une personne", a déclaré François Hollande au terme de deux longues heures de visite et d’une table ronde avec les soignants, par qui il a été applaudi avec chaleur. Rien ne le laissait présager, le Président de la République a fait à l’égard de ce secteur discret et trop mal connu des soins palliatifs un éloge appuyé, en prenant à son égard des engagements forts, par "devoir de l’Etat à l’égard des plus fragiles".

Il a fait la promesse de développer les soins palliatifs "dans leur diversité, car la fin de vie se déroule aussi en dehors des services hospitaliers" ; mais aussi "d’améliorer la formation, afin de préparer tous les personnels à l’accompagnement de la fin de vie".

Sur ces deux points, il fait ainsi écho aux revendications portées par les défenseurs du secteur. "Les soins palliatifs ne concernent pas les derniers jours de la vie mais le stade où la mort devient possible" rappelle le docteur Vincent Morel, président de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs). "Il faut pouvoir y faire appel au bon moment et dans toutes les structures ; il est urgent de les étendre au domicile et aux établissements médico-sociaux. En être privé, c’est augmenter le risque que les choses se passent dans la douleur et que le malade demande qu’on accélère son décès."

François Hollande n’a pas occulté la question financière, confiée à Marisol Touraine, la ministre chargée des affaires sociales, qui l’accompagnait dans sa visite, avec Michèle Delaunay, ministre déléguée pour les personnes âgées et l’autonomie. "Bien sûr cela a un coût. Mais investir dans les derniers moments de la vie, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est en réalité de la prévention. Cela évite des hospitalisations plus coûteuses encore, tout en améliorant la qualité de vie".

Autre décision d’importance : la mise en place d’une mission sur la fin de vie, confiée au professeur Didier Sicard, 74 ans, qui a présidé pendant neuf ans le CCNE (Conseil consultatif national d’éthique). Considéré comme "un sage", il devra rendre d’ici le mois de décembre un rapport au chef de l’Etat. Et ici c’est bien d’une interrogation sur la possibilité de l’euthanasie qu’il s’agit. "Car il faut poser la question des ces situations où la loi Leonetti (qui a interdit l’acharnement thérapeutique et mis en place la démarche des soins palliatifs, ndlr) ne suffit pas, appelant un acte médical assumé", a dit François Hollande. "Le débat mérite d’être engagé et il doit se faire dans l’apaisement".

Un "exercice démocratique de première importance", s’est satisfait Régis Aubry, président de l’Observatoire pour la fin de vie, qui fera partie de cette mission. "L’enjeu est de savoir ce qui, dans la fin de vie, doit être confié aux médecins, et de développer chez eux le doute, le questionnement par rapport à leur propre puissance. Et il serait dangereux de croire qu’une loi apporte une réponse aux questions complexes."

Nul ne veut préjuger des conclusions de cet audit, surtout pas celui qui en sera son artisan. Pour Didier Sicard, il s’agit d’aller "recueillir l’avis des citoyens dans des environnements très divers, plutôt que de compter les points entre les experts dont on connaît déjà tous les arguments.". "L’idée que la question est tranchée parce que 90% des Français seraient favorables à l’euthanasie n’a pas de sens. Je voudrais faire germer le sens de la complexité. Il n’y a pas de mort modèle". Cinq grands débats devraient être mis en place en région à la rentrée. Dans la bouche de cet homme rompu au débat éthique, le mot de la fin, mardi, était néanmoins assuré : "La loi Leonetti est une grande loi. Une loi de portée européenne."

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 15:33

Les patients vont-ils participer aux débats???

Il faudrait m'inviter..pour voir ma tronche...et mon sacré caractère...

Oh là là là... ... ...

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 19:33

Santé. Sans parler d’euthanasie, Hollande engage une réflexion sur la fin de vie


Santé mardi 17 juillet 2012







  • François Hollande, qui se refuse à parler d’euthanasie, souhaite que le débat sur la fin de vie se fasse « dans l'apaisement ».

    Photo AFP






François Hollande a chargé mardi le professeur de médecine Didier Sicard d’une mission sur la fin de vie pour « les cas exceptionnels », conformément à ses engagements de campagne. Les partisans de l’euthanasie se sont montrés inquiets, peu confiants sur les résultats d’une telle mission.


En se rendant ce mardi dans une maison médicale à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où il a visité des malades en soins palliatifs, le chef de l’Etat s’est exprimé en termes soigneusement pesés, tant le sujet de la fin de vie est sensible.


« La loi dite Leonetti autorise déjà, et c’est un grand progrès, toute personne malade à refuser un traitement dont elle estime qu’il est devenu déraisonnable et donne aux médecins le droit d’interrompre ou de ne pas entreprendre les traitements qu’il estime inutiles », a-t-il rappelé.


Droit au « laisser-mourir »


En avril 2005, le Parlement avait adopté un texte du docteur Jean Leonetti, député UMP, qui instaurait un droit « au laisser mourir », en permettant d’arrêter un traitement ou de refuser l’acharnement thérapeutique.


Aller plus loin ?


Ne « peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie ? », s’est interrogé le chef de l’Etat.


« Poser cette question, c’est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat », a-t-il affirmé. « J’entends et je respecte les consciences et les voix, venues notamment des autorités spirituelles, qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d’être vécu », a ajouté François Hollande, qui a reçu dans l’après-midi Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France.


Une « bonne question »


« Je trouve que c’est une bonne question. Mais ce n’est pas parce qu’on pose une question qu’on y répond positivement », a déclaré Mgr Vingt-trois, interrogé par la presse à l’issue de son entretien.


Aux yeux du président, « le débat mérite d’être engagé » et « doit se faire dans l’apaisement », il « doit être noble et digne ».

Il a chargé Didier Sicard, président d’honneur du comité national consultatif d’éthique, présent à Rueil-Malmaison, d’une mission sur ce sujet.


Un « proche de la théologie »


Le choix du Pr Sicard a été accueilli avec inquiétude par l’Association pour le droit à mourir dans la dignité. Son président Jean-Luc Romero craint que cette mission, confiée à un « proche de la théologie morale catholique », ne devienne « une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu ».


François Hollande s’est efforcé de mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne, durant laquelle il avait proposé que « toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».


Le mot d’euthanasie pas prononcé


La fin de vie avait été, pour la première fois, un sujet important de la campagne. Spécialistes et médecins avaient alors témoigné des difficultés d’appliquer la loi Leonetti, en raison du manque de structures et de personnel formé, ainsi que de la méconnaissance de la loi par les malades et leurs proches. Autant de problèmes soulevés à Rueil par le président, qui a promis d’œuvrer pour y remédier, notamment grâce à une formation adéquate à l’université.


Comme le candidat s’y était alors refusé car cela aurait « laissé penser qu’une forme de suicide serait acceptée », le président n’a pas, mardi, employé le mot d’« euthanasie ». À un journaliste qui lui demandait si ce mot était toujours tabou, il a simplement répondu : « ce n’est pas le mot que j’ai employé ».

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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 20:28

Euthanasie : le débat "sans fin" réouvert
François Hollande ouvre une "mission sur la fin de vie". Son objectif : réfléchir à une éventuelle légalisation de l'euthanasie en France. Un débat qui n'en finit pas de diviser l'opinion.
"C'est un débat qui n'en finira jamais". Le député UMP Jean Léonetti, interrogé par Metro, ne se dit pas "hostile" à ce que François Hollande réouvre le débat de l'euthanasie, quitte à modifier sa propre loi de 2005 sur les soins palliatifs. "Mais il faut se poser les bonnes questions", prévient-il. Car selon lui, "ce n'est pas un débat médical, mais bien sociétal" que le président de la République vient de réouvrir, avec la création d'une mission "sur la fin de vie".

Depuis 2005, la loi Léonetti permet une forme d' "euthanasie passive". Elle proscrit notamment tout acharnement thérapeutique et autorise les médecins à « laisser mourir » les patients en stoppant tout traitement actif. A la tête de la mission sur la fin de vie, le Professeur Didier Sicard devra s'interroger sur une éventuelle modification de cette loi. Faut-il permettre, comme en Suisse, en Belgique ou en Hollande, un "suicide assisté" des malades ? Jean Léonetti prévient : "J'ai observé les pratiques dans ces pays, j'en connais les dérives et les dangers. Il y a des abus considérables. En Belgique, 30% des euthanasies sont pratiquées sans l'accord du patient". Et s'interroge : "Comment inscrire dans une loi tous les cas exceptionnels sachant que chaque patient est différent ? Il n'y a pas de loi idéale".

"Une mission presque impossible"
Si 91% des Français y sont favorables*, aucun consensus politique n'a encore émergé sur la question. Les Verts militent pour une légalisation de l'euthanasie active, la droite y est fermement hostile et la gauche reste divisée. L'Eglise catholique, tout comme les grandes religions de France, réaffirme avec force son opposition à une loi autorisant la mise à mort d'un malade.

Le Pr Didier Sicard, qui doit rendre son rapport à la fin de l'année, admet que sa nouvelle tâche est "une mission presque impossible, parce qu'elle est au cœur d'un affrontement de cultures d'une extrême violence". Cette question "n'appartient pas aux médecins", estime-t-il et plaide "pour que le débat soit plus sociétal que médical". "Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, se tourner vers les citoyens", poursuit l'ancien président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), soucieux "d'éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie". Mais "les médecins ont leur mot à dire", insiste pour Metro le Docteur Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, qui voit même la légalisation de l'euthanasie comme une loi "inutile et dangereuse" (lire l'interview).

"Cela fait trente ans que les médecins bloquent les débats" s'emporte le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero, qui réclame un "référendum". Pour ce fervent partisan de l'euthanasie, le choix du Pr Didier Sicard à la tête de la mission est un "mauvais signal", ce dernier étant "proche de la théologie morale catholique". En conséquence, cette mission esquivera selon lui "le véritable enjeu: celui du respect absolu des volontés individuelles".
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 20:48

F.H.veut que ce débat se fasse dans l'apaisement ???
Lors de son entretien télévisé du 14 juillet,pas un mot sur sa visite trois jours plus tard...
Et il refuse toujours de prononcer les mots euthanasie ou suicide assisté!

??? ??? ??? ??? ??? ??? ??? ??? ???

Il y a plus que du non-dit... ... ...

Il n'était pas obligé d'aller dans un établissement religieux ... ...
L'a-t-il fait exprès ou pas exprès?

??? ??? ??? ??? ???

That is the question... ... ...

Il ne faut pas oublier que deux ministres l'accompagnaient.(Michèle Delauney cancérologue..)et qu'il subit facilement l'influence féminine...

S'il manipule les citoyens à propos de la fin de vie,la manipulation se fait dans quel sens ?????????????????
Il se fait peut-être manipuler par les pro-vies(en général d'extrême-droite,je viens d'en avoir la preuve)
Qui manipule qui et de quelle manipulation s'agit-il ?


Dernière édition par PAT le 31.07.12 10:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   25.07.12 21:59

ce qui me choque,ce sont les deux drapeaux...cérémonie non officielle car pas annoncée publiquement quelques jours avant..
Une dignité hypocrite ???...
Il fallait éviter les journalistes à cause des patients alors pourquoi tout ce tralala??????????????Ces drapeaux n'étaient pas indispensables !
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   26.07.12 10:02

"Légaliser l'euthanasie serait inutile et dangereux"
Le débat sur l'euthanasie est une nouvelle fois ouvert. La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) est vent debout contre sa légalisation. Son président, le docteur Vincent Morel, nous explique pourquoi.
Une réflexion sur la dépénalisation de l'euthanasie est engagée au gouvernement. Qu'attendez vous de ce débat ?
Avant de réfléchir à la légalisation de l'euthanasie, il faudrait réfléchir à mieux appliquer la loi Léonetti sur la fin de vie. C'est une bonne loi, mais qui est mal connue des professionnels et encore moins des patients. Nous pensons qu'il faut d'abord privilégier les soins palliatifs. Il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine. Beaucoup de patients demandent l'euthanasie parce qu'ils n'ont pas eu accès à des soins palliatifs de qualité.

En tant que médecin, que pensez vous de l'euthanasie ?
La médecine n'est pas compatible avec l'acte de donner la mort. La société nous donne comme mission de sauver des vies, pas de les prendre. Le serment d'Hippocrate le dit clairement : tu ne tueras point. Et sur un plan humain, cela nous pose aussi problème. L'euthanasie consiste à entrer dans une pièce, dire bonjour au patient, lui faire une injection et lui dire au revoir avant de le regarder mourir. J'ai rencontré des collègues belges qui la pratiquent en tout légalité. L'un d'entre eux a mis six mois pour se remettre de son premier acte. Un autre m'a confié que cela avait définitivement marqué.

"Le médecin deviendrait expert, juge et bourreau"

Pourquoi êtes vous opposé à instaurer un cadre légal ?
Ce serait une décision inutile et dangereuse. Si on suit l'exemple belge, ce sera au médecin de faire l'expertise, de prendre la décision et de tuer le patient. Il est donc expert, juge et bourreau. A-t-on déjà vu autant de pouvoir entre les mains d'un même homme ? Jamais ! Ma crainte est qu'une telle loi se transforme en droit, qui ensuite évolue en norme. Notre rôle serait alors paradoxal : nous qui sommes dans l'obligation de réanimer des personnes ayant tenté de se suicider, nous donnerions pourtant la mort à cette personne si elle le désire ?

Selon les récents sondages, plus de neuf Français sur dix y sont pourtant favorables...
Quand on vous demande si vous préférez souffrir ou mourir, c'est normal que les Français choisissent l'euthanasie. Avec la société d'anesthésie de Rennes, nous avons à notre tour consulté les Français. En posant la question autrement, il s'avère que les sondés préfèrent largement développer les soins palliatifs, donc atténuer la douleur, que de recourir à l'euthanasie. Or si l'Etat offre cette possibilité aux patients, ces derniers risquent de se tourner vers l'euthanasie, à cause du désespoir ou de la douleur. C'est pourquoi, en tant que soignants, notre priorité est d'améliorer l'accès aux soins palliatifs.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   26.07.12 10:10

FOOL
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   26.07.12 10:40

C'est logique que le "menu" soit élargi afin que chaque citoyen puisse avoir le choix..
En cas de tentative de suicide,ce n'est pas un problème,le personnel soignant étant capable de diagnostiquer une dépression pour la soigner..
Pendant des décennies,les réanimateurs se sont acharnés à faire survivre,
la loi Léonetti a pour but de mettre fin à leur zèle(elle n'est pas appliquée..),la légalisation de l'injection létale tranchera le problème.
François HOLLANDE doit faire une refonte du serment d'Hippocrate,cela va de soi..
Le personnel des soins palliatifs a-t-il peur pour son avenir?
Cherche-t-il à manipuler,à diviser ?
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   26.07.12 11:16

Euthanasie : les risques d'une judiciarisation excessive et le rôle central des médecins
Le Monde.fr | 26.07.2012 à 09h21 • Mis à jour le 26.07.2012 à 09h21

Par Pierre Elzière, médecin généraliste


Avançant avec prudence sur le difficile dossier de la fin de vie, le président François Hollande a confié au professeur Didier Sicard une mission chargée d'évaluer la nécessité de modifier la législation actuelle. Si, en effet, "la question de la fin de vie n'appartient pas aux médecins", la manière dont l'ancien président du comité consultatif national d'éthique, dans un entretien au journal Le Monde, aborde cette nouvelle "mission" ne peut manquer de les interpeler.
L'humble praticien que je suis éprouve quelque scrupule à devoir nuancer les propos d'un confrère aussi éminent et respecté que le professeur Sicard pour rappeler que les médecins ne sont pas seulement "exécutants du soin", mais qu'ils en sont les maîtres d'œuvre. C'est cela qui les distingue de simples "techniciens de santé", chargés d'appliquer des "protocoles" préétablis ou les prescriptions des autres. Le délicat arbitrage entre le désir de guérir et le souci de ne pas nuire, entre la volonté de soulager la souffrance et le devoir de préserver la vie, entre le respect de la liberté du malade et la prévention de l'irréparable est, en deçà même du contexte douloureux des derniers instants, au cœur de chaque acte médical ; il est, entre science et humanité, l'essence de ce métier, il en fait la difficulté et la grandeur.

Le souhait des professionnels de ne pas paraître "confisquer le débat", d'ouvrir celui-ci à une dimension "sociétale", de donner à leur décision, dans les cas difficiles, un caractère plus collégial, ne doit pas les conduire à se déprendre de leurs prérogatives. Car la médecine ne récolte jamais en ce domaine que la rançon de ses propres succès. Ce sont ses progrès, porteurs d'un fallacieux sentiment de toute puissance, conjugués à l'effacement d'autres médiations, notamment religieuses, qui ont fait naître chez nos contemporains des exigences nouvelles, face à la crainte millénaire de la souffrance, au refus de la déchéance et au désir de maîtriser intégralement leur destin dans une société dont le plaisir serait la seule loi. Et si tous, patients, familles, militants associatifs, magistrats, responsables politiques ou religieux, voudraient aujourd'hui prendre part au débat et à la décision, ou imposer leur conception de la "dignité", c'est bien du médecin que tous attendent, en définitive, la "solution" et c'est sur lui que tous feront peser l'ultime responsabilité.

Le professeur Sicard juge "intéressantes" les "expériences" menées en Belgique, aux Pays-Bas ou en Suisse, comme si l'interdit fondamental de donner la mort qui s'impose au médecin et à tout homme pouvait être relativisé et subordonné à des différences de "culture". Si des candidats au suicide assisté ont pu, en effet, franchir nos frontières pour mettre leur funeste projet à exécution dans ces pays où la loi l'autorise, ne voit-on pas, à l'inverse, des ressortissants de ces mêmes pays venir se réfugier sur notre sol dans la crainte d'être victime chez eux d'un excès de zèle compassionnel ? Cette disparité des législations européennes sur une matière aussi fondamentale porte atteinte à la notion même de "droits de l'homme" dont notre continent se réclame ; elle n'est pas une richesse mais une tache, elle n'est pas une légitime diversité de "cultures", elle constitue une fracture morale.

La judiciarisation croissante du champ médical, l'intrusion de plus en plus fréquente de tiers délibérant ou jugeant dans la relation de soin, la prolifération des normes, des procédures ne sont pas source d'apaisement et ajoutent au contraire à des situations éprouvantes par nature la nécessaire complexité de leur mise en œuvre. Elles conduisent patients, médecins et familles à des anticipations anxiogènes et culpabilisantes, elles les enferment dans des positions de principe qui, paradoxalement, entravent leur liberté. La première n'est-elle pas celle de changer d'avis ? Quel crédit accorder alors aux "volontés" exprimées préventivement lorsque l'intéressé n'est plus en état de les valider hic et nunc ? Chaque minute offerte à l'irréversibilité de la mort est arrachée à la liberté de l'homme.

Il serait à déplorer qu'à peine – et pas encore partout – chassée de l'arsenal répressif, la mort administrée retrouve place dans nos lois sous un masque "compassionnel". Craignons de voir un jour instaurés des tribunaux "citoyens" de la fin de vie et des médecins devenir les exécuteurs de leurs sinistres sentences.

Pierre Elzière, médecin généraliste
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MessageSujet: LE PRESIDENT F.HOLLANDE ET LA FIN DE VIE   26.07.12 15:30

[youtube][/youtube]
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   27.07.12 9:27

LesEchos.fr
Idées

Idées Favilla
DE FAVILLA
Apaiser la fin de vie


Par | 26/07 | 07:00 |
La France a décidément du mal avec le débat sur la fin de vie. Dès qu'une voix s'élève pour évoquer le sujet, les passions idéologiques partent à l'assaut. C'est encore le cas aujourd'hui après le discours que François Hollande a prononcé le 17 juillet à Rueil au cours d'une visite d'une maison médicale connue pour la qualité des soins palliatifs dispensés aux patients en fin de vie.

Au prétexte que le président de la République n'a pas prononcé le mot « euthanasie » et qu'il a désigné le professeur Didier Sicard, ancien président du Comité national d'éthique, pour conduire une réflexion sur le sujet et faire d'éventuelles propositions de réforme de la législation, la principale association favorable à la légalisation de l'euthanasie, l'ADMD, a publié un communiqué vengeur. On y lit, pêle-mêle, des affirmations pour le moins approximatives telles que le rattachement du professeur Sicard à la morale catholique alors que celui-ci est, de notoriété publique, proche de la tradition protestante, et surtout une exhortation à François Hollande à ne pas céder « aux lobbys ultra-religieux » qui militent aussi contre l'avortement. On croit rêver !

Car le discours de Rueil est tout sauf un discours ultra. C'est au contraire un modèle de pondération. Après avoir rendu hommage à la loi Léonetti de 2005 qui donne le droit aux malades de refuser l'acharnement thérapeutique et qui fait devoir aux médecins de prodiguer des soins palliatifs, c'est-à-dire des antalgiques permettant de finir sa vie paisiblement, le président pose avec d'infinies précautions la question de savoir s'il faut aller plus loin dans les « cas exceptionnels où l'abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager des patients aux prises avec une douleur irréversible ». C'est un débat noble et digne, a conclu le président, en invitant le professeur Sicard à conduire la concertation sur ce sujet. L'association ADMD conclut quant à elle son communiqué en affirmant que la légalisation de l'euthanasie est un « combat laïc ». Espérons que M. Sicard laissera tranquille la laïcité, qui n'a rien à faire là, et saura apaiser la fin de vie de ceux qui croient au ciel comme de ceux qui n'y croient pas.

Nous sommes bien dans une République laïque,non?
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   27.07.12 9:52

QUI A ENVIE DE MOURIR DANS L'INDIGNITE ?




Franchement comment ne pas s'interroger à chaque réouverture de débats sur l'euthanasie : qui a envie de mourir loin de ses proches, isolé, délaissé, abandonné, seul, perdu ? Qui a envie de mourir perclus de douleurs ? Comment ne pas être poussé au suicide quand on se sent inutile, une charge pour les autres ?

Mourir accompagné, soulagé, reconnu ... nous oblige individuellement et collectivement à y penser, à nous organiser, à former les accompagnants (en particulier les professionnels de santé) aux "bonnes pratiques".

Les rapports montrent que nous ne sommes pas encore parvenus à déployer partout sur les territoires des équipes, des services dits de "soins palliatifs". Ils sont encore peu connus, difficilement accessibles (prescription médicale, coûts d'accès), leurs moyens, formations et compétences demandent à être renforcées : accueils personnalisés y compris des proches, soulagement des douleurs physiques, psychologiques (dépressions)...
La question de l'accompagnement de fin de vie est vaste : voir le travail des associations (voir témoignage d'une bénévole de comme Jalmalv), les questions liées à la spiritualité (le grand mystère, la grande angoisse qu'est la mort).
Le temps du mourir interroge aussi. Des équipes revisitent leurs pratiques, leurs modes d'accompagnement avec les proches, leurs formations (je pense au "Vivre et mourir debout®" que je connais bien), et témoignent que le temps du mourir ne s'étire plus sur plusieurs mois mais dure quelques jours.

Trop de témoignages dans les différents congrès de la Société Française pour les soins palliatifs (SFAP), les associations de défense d'une fin de vie "dans la dignité" comme l'ADMD, montrent que de nombreux professionnels ne connaissent pas encore la loi Léonotti de 2005 et ses propositions qui évitent l'acharnement thérapeutique (notamment la désignation d'une personne de confiance, l'écriture de ses directives anticipées qui devront être respectées).

Certaines situations critiques existent encore aujourd'hui, par méconnaissance de la loi, par manque de moyens, de formations.
Faut-il pour autant abandonner la partie ?

D'autres questions se posent (Elles ont été répertoriées par le collectif "Plus digne la vie").
Comme celle-ci : est-ce qu'une offre optimale de services de soins palliatifs professionnels, rassurants, compétents pourrait répondre à toutes les situations exceptionnelles ?

Comme chaque vie, chaque fin de vie est unique, singulière, particulière, mystérieuse, tellement personnelle.
A chacun sa définition de sa qualité de vie, de son autonomie, de sa dignité.
Organiser sa fin de vie fait aussi partie de la vie.

Est-ce qu'une loi résoudrait toutes les situations critiques, les demandes d’euthanasie, de suicide d'assisté, "une bonne fois pour toute" ?
Je m'interroge et suivrai avec intérêt les travaux confiés au Pr Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique.

J'imagine que l'on donnera la parole aux différents protagonistes et aussi aux professionnels de soins (souvent les infirmiers/ères) que l'on entend peu, notamment celles et ceux à qui l'on transmet (courageusement) l'ordonnance du produit létal.

Parmi les questions qui me viennent à l'esprit : aura-t-on confiance en son médecin, son infirmière si demain ils peuvent donner la mort ?
Comment poser les précautions pour éviter les abus ?
Je pense à cette britanique octogénaire qui s'était fait tatouer "ne pas réanimer" sur le torse.
Sera-t-on à contrario obligé de se tatouer "je veux vivre" , notamment si on a un "certain âge".
Mais lequel ? Qu'adviendrait-il de Fauja Singh, 101 ans, marathonien, qui a pris un relais pour la flamme olympique de Londres, s'il se blessait gravement dans l'exercice ?
Et si on est atteint de pathologie jugée "invalidante", si on est jugé et qualifié de "légume", si on a plus toute notre tête.

Face aux abus, à l'exploitation de la vulnérabilité, aux comportements odieux (*), aux chantages affectifs, à la dépression... on comprend pourquoi "l'interdit de tuer" se soit imposé depuis des millénaires dans les civilisations et les religions.
Mais face à la douleur physique, morale, face à la mort imminente, notre société ne peut tourner les yeux et laisser les personnes concernées, leurs aidants et les professionnels, seuls. "Cette conception éthique du non abandon ou de la juste présence favorise la proximité, l’échange vrai" précise Emmanuel Hirsch du "Collectif Plus digne la vie". Il participera aux débats lancés par le président de la République.

François Hollande a souhaité que les débats à venir se déroulent dans un climat apaisé. A côté des termes politiquement corrects de "prudence, humilité, courage, sérénité", on peut faire confiance aux artistes, aux humoristiques pour nous secouer sur ces questions. Ils se déchainent en ce moment sur le net (voir ce dessin : "Les enfants nous proposent un séjour en Euthanasie, all inclusive").

De quoi méditer cet été sur les enjeux auxquels nous sommes tous confrontés.
Pour nos proches aujourd'hui.
Pour nous demain.


(*) Pensée pour Tsilla Chelton qui vient de décéder à 94 ans, et restera à jamais une magnifique, géniale, odieuse et indigne "Tatie Danièle".




Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com
mis à jour le 25/07/2012
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   27.07.12 10:18

"toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la
DIGNITE.

Proposition de loi 21 du candidat François HOLLANDE qui a promis de respecter ses 60 engagements.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   01.08.12 10:12

L'euthanasie et les catholiques : la difficile équation de Hollande



Le HuffPost | Publication: 17/07/2012 20:21 Mis à jour: 17/07/2012 20:38







Euthanasie”: le mot n’a jamais été lâché par François Hollande, en visite dans une maison médicale de Rueil-Malmaison ce mardi 17 juillet, lorsqu’il a annoncé qu’il allait bientôt mettre en oeuvre des réformes sur la “fin de vie”. Concrètement, et conformément à ses prises de positions antérieures, le président s'est demandé si l'on ne pouvait pas "aller plus loin" dans des "cas exceptionnels", en parlant d'"acte médical assumé" quand "l'abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible". Est-ce pour ne pas fâcher les catholiques qu'il a évité de parler d'"euthanasie"? Comment répondre à une demande de la société, tout en ne s’attirant pas les foudres des croyants? Telle est l’équation que doit résoudre François Hollande, labellisé à gauche comme l'"homme du consensus".


Lire aussi : » BLOG - "Un choix d'humanité", par Emmanuel Hirsch

Car le reste de l’opinion publique est largement acquise à l’euthanasie dite “active”: selon un sondage publié en mars, elle est approuvée par 91% des Français pour des malades incurables qui en feraient explicitement la demande. L'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), principale association à défendre le choix en faveur de l'euthanasie active, se demande quant à elle pourquoi François Hollande a choisi de demander une "énième mission". "Aurait-on eu l'idée de demander une mission pour trancher la question du mariage homosexuel?", s'interroge Jean-Luc Romero, son président, joint par le Huffington Post. "Il y a déjà eu plusieurs missions, ce qu'il faut c'est prendre une décision", ajoute le président de l'ADMD.

“Tu ne tueras point”

La position de l’église catholique est depuis des centaines d'années à l'opposé: “L'homme n'a pas à provoquer délibérément la mort de son semblable; cela dépasse son pouvoir”, indiquait en 1991 le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. Cette position n’a pas évoluée depuis, et a été rappelée en 2007 :

“Le commandement biblique: “Tu ne tueras point” exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l'aide d'autrui dans cet objectif. En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d'assistance au suicide et à tout acte d'euthanasie”.
Concilier l’inconciliable, telle est la mission du soldat Hollande. Anticipant une réaction côté catholique, le président a justement reçu dans la foulée de sa visite Mgr André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France. Lequel a, tout naturellement, réitéré la position de l’Église. Aux journalistes qui lui faisaient observer que le président Hollande s'interrogeait sur la possibilité d'aller "plus loin" que la loi Leonetti sur la fin de vie, Mgr Vingt-Trois a répondu: "Je trouve que c'est une bonne question. Mais ce n'est pas parce qu'on pose une question qu'on y répond positivement".

Le choix de Didier Sicard

Dans ce contexte, le choix du “Monsieur Euthanasie” du président était très attendu. Il s’agit de Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique de 1999 à 2008. Qu’en penser? Dans un communiqué, l’ADMD s’inquiète de cette nomination, car “la fiche Wikipédia” de Didier Sicard “indique qu’il est proche de la théologie morale catholique”. Cette même fiche Wikipedia cite le sociologue Pierre-André Taguieff selon lequel le professeur Sicard aurait une vision philosophique qui se rapprocherait de ce qu’on appelle la "théologie morale catholique". Selon Jean-Luc Romero, les positions exprimées par Didier Sicard ont toujours été celles d'un "statut quo en faveur de la loi Léonetti".

Une interview de Didier Sicard sur lemonde.fr révèle en fait une position plus modérée, plutôt intermédiaire entre les "pro" et "anti" euthanasie:

“Qu'observons-nous? Il y a d'un côté la plupart des scientifiques, de l'autre ceux qui placent au premier plan la religion. Ces deux camps sont propriétaires, dépositaires d'un territoire sur lequel ils sont arc-boutés. Pour ma part, je pense qu'il vaut mieux poser la question de savoir ce que nous voulons pour nous-mêmes comme société humaine nous permettant de nous respecter.”, répond Didier Sicard.
Par ailleurs le député UMP Jean Leonetti, à l'origine de la loi de 2005 qui porte son nom, n’a pas remis en cause le choix de Didier Sicard, estimant que “personne ne conteste sa compétence”. Le professeur René Frydman, joint par Le Huffington Post, et qui a travaillé avec Didier Sicard, a estimé que le professeur était “sans étiquette”. Enfin Tugdual Derville, le délégué général d’Alliance Vita, la principale association de lutte contre l’euthanasie, proche des catholiques, n’a “pas d’avis particulier” sur le choix de Didier Sicard et “attend de voir ce qu’il fera”.

Le choix de Sicard apparaît donc plutôt comme le choix d'un modéré, capable de faire le pont entre deux positions antagonistes. Un modéré qui peut-être ne fera pas évoluer drastiquement la question, mais s'attachera plutôt à faire appliquer la loi Léonetti, jusqu'ici peu appliquée. Un choix qui somme toute sied parfaitement à François Hollande, un homme qui n'aime pas tellement bousculer les choses.

Jean Leonetti propose "un large débat public"
Le député UMP Jean Leonetti, à l'origine de la loi de 2005 qui porte son nom, a proposé "un large débat public" sur la fin de la vie, ne se limitant pas à l'euthanasie. Ce débat public, estime Jean Leonetti dans un communiqué, "doit s'ouvrir avec la même méthode que celle utilisée lors des lois bioéthiques: débats en régions avec les comités d'éthique régionaux, constitution de panels et de jurés citoyens, ouverture d'un site internet et interactivité".

Il "constate avec satisfaction que François Hollande a reconnu les efforts effectués ces dernières années en matière de soins palliatifs et des avancées de la loi du 22 avril 2005". Jean Leonetti "propose que le sujet soit abordé de manière plus large: la fin de vie ne se limite pas aux problèmes de l'euthanasie, elle ne peut pas être abordée que par les politiques et les experts".

"La fin de vie interpelle notre société sur la fragilité, la vulnérabilité, la dépendance, le respect de la dignité de la personne humaine et le sens même de la vie, et doit donc être abordée dans la diversité de ces sujets", souligne l'ancien ministre. "Dans une démocratie moderne et apaisée, et au moment où les soins palliatifs ont prouvé leur efficacité et où la loi de 2005 commence à rentrer dans les moeurs et représente un modèle pour d'autres démocraties, ce type de débat permettra à l'ensemble de la population de mieux connaître la loi actuelle et de s'approprier ce sujet complexe et douloureux", conclut-il.
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MessageSujet: Re: L'euthanasie et le Président F.H.   02.08.12 11:55

Mme la Ministre Michèle Delaunay était bien présente ce 17 juillet à Notre-Dame du Lac mais on ne l'entend pas et on ne la voit pas..Curieux,çà..C'est une cancérologue catholique,député socialiste du Sud-Ouest... ... ...Elle prend plaisir,elle aussi,à jouer sur les mots...
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