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 Communication et politique socialiste..

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Féminin Messages : 18869

MessageSujet: Communication et politique socialiste..   30.07.12 9:56

Les tics sémantiques de François Hollande
Le Point.fr - Publié le 29/07/2012 à 16:00 - Modifié le 29/07/2012 à 16:26
La rupture "apaisante" voulue par le président "normal" s'est traduite dès le début de son mandat par une stratégie sémantique originale.

François Hollande a souhaité rompre, même au niveau sémantique, avec "l'hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy. © Zaer Belkalai / AFP

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La rupture "apaisante" voulue par le "normal" François Hollande, après "l'hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy, s'est traduite dès le début de son mandat par une sémantique politique originale. Le candidat François Hollande avait déjà marqué les esprits lors de son débat télévisé d'entre les deux tours avec son rival, avec sa désormais célèbre anaphore "Moi président de la République", répétée 16 fois face à la caméra. Depuis, ni lui ni son gouvernement n'ont tenu en bride leur créativité sémantique. Ainsi, dès l'attribution des maroquins, la nouvelle équipe a mis sa patte au fronton des ministères.

La ministre chargée de lutter contre l'échec scolaire s'est vu ainsi attribuer "la réussite éducative". Plutôt que de la "dépendance" des personnes âgées, la ministre déléguée Michèle Delaunay a hérité du dossier de leur "autonomie". Arnaud Montebourg n'a pas reçu le portefeuille de l'Industrie, mais celui du Redressement productif. Malgré l'annonce de nombreuses hausses d'impôts pour tenir le budget 2012, jamais le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n'a voulu assumer les mots d'austérité ou de rigueur et les journalistes qui les utilisent se font vertement rabrouer.

La bourde de Marylise Lebranchu

Le gouvernement n'en démord pas : répétés en boucle lors de ses interventions, ce sont les termes "redressement dans la justice" ou "effort juste" qui définissent son action. L'une des rares à avoir mis les pieds dans le plat, la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a créé l'émotion début juillet en avertissant les fonctionnaires qu'ils devaient se préparer à "un grand moment de rigueur". L'ancienne ministre de la Justice a dû faire marche arrière alors qu'au même moment Jean-Marc Ayrault déployait des trésors d'éloquence pour convaincre que son discours de politique générale ne pouvait pas être assimilé à de l'austérité.

"Cela me fait penser au jeu du ni oui ni non auquel on joue avec les enfants : le premier qui dit le mauvais mot a perdu", s'amuse Abel Lanzac, le nom de plume du scénariste des bandes dessinées à succès Quai d'Orsay. Ce succès de librairie s'inspire de son expérience de responsable du "langage" au cabinet de Dominique de Villepin lorsque ce dernier était le chef de la diplomatie française. "Quand vous jouez à ni oui ni non, les gens ont toujours des phrases très ampoulées, c'est un peu le même phénomène avec les hommes politiques, il y a des mots qu'ils ne peuvent pas prononcer parce qu'immédiatement on leur tombe dessus."

Tourner autour du pot

Au niveau européen, le gouvernement a aussi cherché l'euphémisme quand était évoqué le "grand saut fédéral" lors du sommet européen de juin. Alors qu'était avancé le concept d'union budgétaire, la France s'en tenait à la notion d'"intégration solidaire". "Souvent le mot vient compenser le manque, on parle de redressement productif au moment où il y a un problème de production. On ne veut pas employer le mot de fédéralisme parce que justement on doit aller vers le fédéralisme", analyse Abel Lanzac.

François Hollande a aussi été critiqué pour avoir lancé un débat sur l'euthanasie en évoquant pudiquement la "fin de vie". Cette prudence était déjà celle du candidat socialiste, se rappelle Mathieu Sapin, l'auteur du reportage en bande dessinée Campagne présidentielle, 200 jours dans les pas du candidat François Hollande. "Je me rappelle que sur l'euthanasie, pendant la campagne, effectivement on tournait autour du pot. François Hollande est très fort pour contourner quelque chose qui peut être problématique, on comprend ce qu'il veut dire, mais ce n'est pas la formule qui fâche."

Vraie stratégie sémantique

Pour François-Gilles Egretier, qui fut chargé des éléments de langage auprès de l'ancienne ministre des Finances Christine Lagarde, François Hollande a gardé une cohérence entre sa campagne et sa présidence. "Ce qui me frappe, c'est la continuité du discours entre la campagne et maintenant : il y a là une vraie stratégie sémantique", explique cet universitaire, qui enseigne la sémantique politique à l'Institut d'études politiques de Paris. "Il y a une vraie cohérence entre la construction du discours politique articulé dès la campagne, je pense notamment aux thèmes du redressement dans la justice, la volonté d'être jugé à l'aune de ce qui aura été juste et le discours du gouvernement actuel."

Le "politiquement correct" français, qui transforme les sourds en malentendants, les aveugles en non-voyants, les immigrés en personnes issues de la diversité et les femmes de ménage en techniciennes de surface, frappe aussi. La créativité sémantique de certains membres du gouvernement a quelquefois fait le "buzz" et la joie des internautes. La ministre déléguée aux Personnes âgées Michèle Delaunay est devenue une éphémère star du réseau social Twitter en proposant à ses homologues européens de bannir le mot vieillir.

"J'ai donc proposé avancer en âge et, à ma surprise, un accueil très favorable des francophones a été fait à ma proposition", écrit sur son blog la ministre. "Encore un effort, et un jour on ne dira plus tomber amoureux mais monter, qui convient mieux à l'esprit de légèreté et à l'énergie de cette circonstance favorable", s'enthousiasme-t-elle encore avant de poursuivre : "Et peut être aussi renoncera-t-on au désespérant tomber enceinte, qui fleure mauvais la fille-mère et la femme abusée."


Michèle Delauney est cancérologue au CHU de Bordeaux,adhérente au Parti Socialiste seulement depuis 2001... ... ...
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MessageSujet: Re: Communication et politique socialiste..   08.08.12 18:54

Wauquiez : "Hollande a un vrai problème d'autorité sur son équipe"


Le Point.fr - Publié le
08/08/2012 à 10:45

L'ancien ministre UMP estime que les ministres de François Hollande s'asseyent l'un après l'autre sur ses promesses de campagne.




L'ex-ministre UMP Laurent Wauquiez a vu, mercredi, dans les critiques de Christiane Taubira, garde des Sceaux, contre les centres éducatifs fermés, un nouveau signe d'un "vrai problème d'autorité" du président François Hollande sur son équipe. Interrogé par RTL, le député de Haute-Loire a d'abord jugé "un peu inquiétant" que la ministre de la Justice, "qui est là pour défendre les lois de la République, tienne ce genre de discours".

Dans une interview à Libération mardi, Mme Taubira s'est montrée des plus réservées sur les centres éducatifs fermés, dont François Hollande a promis de doubler le nombre, et a vu dans la prison pour courtes peines une source de récidive.

"Ce que révèlent ces faits-là, comme d'autres précédents, c'est un vrai problème d'autorité du président François Hollande sur son équipe", a accusé M. Wauquiez. "Christiane Taubira contredit ostensiblement les propos du président de la République sur les centres éducatifs fermés", a dit l'élu du Puy-en-Velay, citant aussi le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui "s'est assis sur une des promesses de campagne", les récépissés des contrôles d'identité, et Delphine Batho (Environnement) sur le blocage des prix de l'essence.

"On a un vrai problème d'autorité, on a un président de la République qui ne tient pas son équipe gouvernementale", a accusé M. Wauquiez. "On a besoin d'avoir un président de la République qui tient quand même, surtout dans cette période, fermement le gouvernail et, là, on a le sentiment que ça va un peu à vau-l'eau", sans "cap tenu".
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