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 L'Eglise et l'euthanasie

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Féminin Messages : 18803

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   04.05.16 19:55

Mon message à la hiérarchie de l'Eglise catholique de France :

j'espère que les attentats et les faits divers concernant la pédophilie vous font réfléchir sur la fin de vie des citoyens français... ... ...
Je ne suis ni triso, ni EVC, juste IMC dystonique malade et âgée, avec un pied chez les cathos et l'autre pied chez les protestants, ce qui peut faire beaucoup pour aggraver mon manque d'équilibre !
Mon jeûne ecclésial et mon jeûne électoral se poursuivent, vu la gestion de la fin de vie depuis le 6 mai 2012...Mon espérance fut déçue, ma déception est immense, je ne rêve plus ...je n'attends plus rien des êtres humains ! voilà le résultat du soi-disant pouvoir socialiste et du pouvoir ecclésial ! je suis lucide, seul point positif ...Enervée, oui, il y a de quoi ! énervée, énervée, énervée. Vraiment énervée. Enervée. Une boule de nerfs en colère.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   04.11.16 10:12

KOENIGSHOFFEN - Chez les Petites sœurs des pauvres Un havre pour une fin de vie digne

Depuis 1977, les Petites sœurs des pauvres accueillent au sein de « Ma Maison », à Koenigshoffen, des personnes âgées aux ressources modestes. La maison de retraite, dont le fonctionnement repose en grande partie sur les dons et legs, recherche des fonds pour financer d’indispensables travaux.


« Ma Maison » accueille des personnes âgées de toute la région : chacune est appelée à participer à la vie de l’établissement, selon ses capacités. Photo DNA - Jean-Christophe Dorn

Rue Monseigneur-Hoch, les Petites sœurs des pauvres font vivre, chaque jour, l’héritage de Jeanne Jugan, la fondatrice de leur congrégation, qui se dévoua auprès des vieillards dans la misère, à Saint-Servan (Bretagne). Elle voulait, tout simplement, « rendre les pauvres heureux ». Établies à Strasbourg dès 1856, place Saint-Louis, les religieuses ont emménagé à Koenigshoffen en 1977, pour y poursuivre dans de meilleures conditions l’accueil des personnes âgées disposant de faibles ressources.

Un prix de journée adapté aux ressources de chacun

Aujourd’hui, « Ma Maison » se compose d’un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de 77 places et d’un foyer-logement de 30 studios à loyer modéré réservés à des personnes âgées valides. Ces dernières versent un petit loyer qui leur permet aussi de profiter des repas servis dans la salle à manger commune et préparés, sur place, par une équipe de cuisine.
« Deux critères conditionnent notre accueil : les ressources et les difficultés sociales, l’isolement », explique sœur Aude, directrice de l’établissement et responsable de la communauté. Tenue par des religieuses catholiques, « Ma Maison » n’opère pas de sélection de ses résidents selon leur confession.
Comme tous les Ehpad, elle perçoit un financement de l’assurance maladie et du conseil départemental. Mais, dans les établissements classiques, une somme conséquente reste à la charge du résident ou de son entourage, au titre de l’obligation alimentaire. Les résidents de « Ma Maison », eux, paient un prix de journée adapté à leurs ressources, ajusté en fonction de leur situation. Les Petites sœurs des pauvres ont fait le choix de ne pas solliciter les familles : lorsque ces dernières sont encore en contact avec leur parent âgé, il arrive bien souvent qu’elles soient elles-mêmes très modestes.
Parmi les personnes accueillies, certaines vivaient dans la rue, d’autres dans des conditions si précaires qu’elles n’avaient plus les moyens de remplir leur réfrigérateur. Les Petites sœurs des pauvres tentent de répondre, dans l’urgence, à des situations de détresse signalées, dans toute la région, par les assistantes sociales, les paroisses, les associations, le voisinage… « Nous essayons aussi de conserver un équilibre entre les personnes valides et celles qui ne le sont plus, afin qu’il y ait de l’entraide. Chacun donne un coup de main, selon ses possibilités : pour être stimulé, se sentir utile et aussi préserver l’esprit de famille, qui est central dans notre maison », souligne sœur Aude.
« Ma Maison » emploie 45 salariés et travaille en partenariat avec l’équipe mobile de soins palliatifs de la clinique de la Toussaint. « C’est l’un des axes majeurs des Ehpad des Petites sœurs des pauvres : on accompagne les personnes jusqu’au bout », insiste sœur Aude. Seize religieuses vivent et travaillent sur place, sans compter leurs heures – quatre d’entre elles sont entrées dans le grand âge – et 25 bénévoles actifs animent des ateliers (bricolage, peinture, bien-être…), proposent des animations, ou accompagnent les résidents à leurs rendez-vous médicaux en dehors de la maison de retraite, car beaucoup n’ont pas de famille.
Le modèle économique des maisons de retraite des Petites sœurs de pauvres – une quarantaine, en France – fonctionne grâce aux dons et aux legs, qui permettent l’accueil de personnes âgées défavorisées. Les sœurs font également appel à la générosité pour entretenir la maison. Ainsi, depuis septembre 2014, l’établissement a dépensé 230 000 € pour la rénovation de la toiture et la mise aux normes d’accessibilité (escaliers, douches, toilettes, sas d’entrée, accueil, cheminements entre le jardin et la maison…).

Un modèle qui repose sur les dons, les legs et le dévouement des religieuses

Trois matinées par semaine, sœur Hélène, chargée de la quête, rend visite aux donateurs. Un appel à dons et legs a également été déposé dans (presque) toutes les boîtes aux lettres d’Alsace, en juillet et septembre. « Nous avons eu des dons en retour, mais aussi beaucoup de lettres très touchantes », remarque sœur Hélène. Laquelle ne chôme pas, car « Ma Maison » doit financer de nouveaux travaux très importants : le remplacement de l’ensemble du réseau d’eau sanitaire, dont la facture s’élève à 650 000 €. Ces travaux urgents ont d’ores et déjà commencé mais, pour l’heure, moins de 15 % de la somme a pu être réunie.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   04.11.16 10:26

Je n'ai rien contre ... si ces gens-là ne s'opposaient pas jusqu'à présent à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, mais c'est bien ce qui se passe malheureusement.

NE VERSEZ PLUS AUCUN EURO A L'EGLISE
à la limite, refusez des obsèques à l'église, même si vous êtes croyant.
Car en général on donne ce qu'on veut à l'église pour les obsèques ( comme pour le baptême ).
Il faut que l'Eglise constate une diminution des enterrements religieux, sans baisse du nombre des baptêmes. Alors l'Eglise comprendra peut-être ?
Ce n'est pas une question de fric, mais un problème de pédagogie. Il faut que la base ( les chrétiens laïcs ) fasse comprendre à la hiérarchie ecclésiale ce qu'elle refuse d'entendre
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   16.02.17 15:21

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   17.03.17 10:25


Les chrétiens britanniques, pionniers de l’accompagnement de la fin de vie

Céline Hoyeau, le 17/03/2017 à 9h27


Alors que l’Institut national pour la santé vient de rendre publique un guide sur l’accompagnement de la fin de vie au Royaume-Uni, retour sur la genèse des soins palliatifs dans ce pays, pionnier en la matière.



Le Royaume-Uni, où l’euthanasie est interdite, est devenu le pays de référence en matière de soins palliatifs.ZOOM 

Le Royaume-Uni, où l’euthanasie est interdite, est devenu le pays de référence en matière de soins palliatifs. / Photographee.eu - Fotolia

Les évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles ont salué la publication du dernier guide de l’Institut national pour la santé (Nice) qui inclut les besoins spirituels ou religieux de la personne en fin de vie, comme « une victoire importante pour la diversité de notre nation et pour un accompagnement centré sur la personne ».

Ce guide « complète bien », à leurs yeux, celui qui existait en reconnaissant « explicitement qu’un soin est véritablement personnalisé dans la mesure où il prend en compte les préférences culturelles, sociales, spirituelles ou religieuses ». Il « inclut les personnes ayant des croyances spirituelles ou religieuses, quelle que soit leur foi, ainsi que les personnes athées ou non religieuses », se félicitent les évêques, dans leur communiqué publié début mars.

« Nous avons besoin de nous améliorer dans la manière dont nous discutons de la mort, ainsi que de la spiritualité et d’autres sujets qui émergent pour la personne en fin de vie et ses proches », a ajouté Mgr John Sherrington, évêque auxiliaire de Westminster.

face au désarroi suscité par la douleur des mourants

Le Royaume-Uni, où l’euthanasie est interdite, est devenu le pays de référence en matière de soins palliatifs.

C’est même dans un hospice du sud de Londres qu’est née cette notion, à la faveur des travaux d’une pionnière, Cicely Saunders (1918-2005). En 1948, cette dernière, d’abord travailleuse sociale, fait la rencontre d’un émigré juif polonais en fin de vie, David Tasma, à l’Archway hôpital dont elle est aumônière. Une relation spirituelle intense se noue entre eux et ils rêvent ensemble d’une maison où les mourants pourraient trouver la paix dans leurs derniers jours.

Après la mort de David Tasma, et alors que sa foi, née d’une conversion radicale un an plus tôt, la pousse également à s’engager comme bénévole au St Luke’s Hospital dans le nord de Londres, Cicely Saunders aspire à travailler en étroite collaboration avec les patients. À l’époque, le désarroi est grand dans les hôpitaux face aux douleurs parfois insupportables des mourants que l’on ne sait prendre en charge. Bien souvent, la seule solution est de « déconnecter », comme on dit à l’époque, à coups de cocktails lytiques.

« The total pain »

Son diplôme en poche, Cicely Saunders étudie la gestion de la douleur dans la maladie incurable et travaille en parallèle au St Joseph’s Hospital, un établissement pour les mourants pauvres de Baywater, dirigé par des religieuses catholiques. Elle préconise une diminution progressive des traitements curatifs au profit de soins destinés à améliorer le confort et la qualité de vie du patient à partir du moment où les médecins excluent toute guérison. « J’ai pris conscience, en écoutant les malades, que je percevais quelque chose de leur capacité à faire de cette partie de leur vie une réussite », expliquait celle qui a poussé son équipe à utiliser de la morphine à titre préventif afin d’alléger les souffrances en phase terminale.

L’idée est de soulager la souffrance physique mais aussi psychique, sociale et spirituelle, autrement dit « the total pain », la douleur totale. Elle écrit six articles sur le soin des mourants dans Nursing Times en 1959 qui seront favorablement revus dans le Lancet et travaille à un projet de structure dédiée aux soins palliatifs.

Ce sera l’hospice Saint-Christopher, du nom du patron des voyageurs, fondé à Sydenham, au sud-ouest de Londres en 1967. À l’origine, elle pensait en faire une communauté anglicane mais choisit finalement de créer un établissement multiconfessionnel, ouvert à tous.

Des étudiants français s’en inspireront

Le concept des soins palliatifs va ensuite se diffuser dans d’autres pays, notamment au Canada où un chirurgien, Balfour Mount, fonde la première chaire d’enseignement des soins palliatifs. Il arrive en France précisément via des étudiants en médecine du centre Laennec, qui effectuent un voyage d’étude à Saint-Christopher et diffusent, au retour, l’idée qu’il faut prendre en charge autrement la fin de vie.

Après les travaux de Dame Cicely, qui fut décorée de l’Ordre de l’Empire britannique en 1979, les hospices se sont développés en Grande-Bretagne, comme des institutions indépendantes marquées par une éthique chrétienne.

Ils sont aujourd’hui laïques et ouverts à tous, même si beaucoup, comme Saint-Christopher, Sainte-Marie à Birmingham ou Sainte-Anne à Manchester et bien d’autres, conservent leur nom religieux d’origine.

Ils accueillent actuellement 200 000 patients en phase terminale. Environ 125 000 personnes servent comme volontaires dans les hospices britanniques.

Céline Hoyeau

On voit le résultat en France...
Allez vous faire foutre...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.03.17 14:20

Etrange, le fait que des croyants ne soient pas pressés d'aller au paradis ou enfer !
A la veille de la mort, pourquoi vouloir attendre quelques heures, quelques jours, quelques nuits, quelques semaines ?
au cas où le purgatoire existe, ce lieu est une attente
la vie tout court pour certains et certaines est déjà une attente
alors je ne comprends pas cette quasi obligation d'attendre
si on veut attendre soi-même, pourquoi imposer cette attente aux autres ?
D'autant plus qu'on connaît les non-dits quand quelqu'un va mourir... ...
Non-dits prévus en général.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.03.17 15:29

au nom de quoi je serais l'otage des cathos pro-vie ?
personne vient me chercher le dimanche matin pour m'accompagner à l' église
52 dimanche par an
L'Admin refuse d'être un cobaye pour soulager la mauvaise conscience des uns et des autres à ses derniers instants !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.06.17 11:40

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.06.17 8:46


Suicide assisté et sacrements: 'Le Christ n'a jamais abandonné quiconque'

20.06.2017 par Maurice Page


Pour le Frère dominicain Michel Fontaine, théologien et soignant, l’assistance au suicide est une très mauvaise réponse à une vraie question, celle de la fin de vie. Ce qui ne l’empêche pas de penser qu’un aumônier peut et doit accompagner une personne candidate au suicide qui en ferait la demande. Il doit accepter d’entrer dans une ‘zone grise’. ‘Le Christ n’a jamais abandonné quiconque’, souligne-t-il.

Face à la problématique de l’assistance au suicide, la Commission de bioéthique de la Conférence des évêques suisses a décidé de mener une réflexion sur la question de l’accompagnement pastoral des personnes qui envisagent le suicide assisté. Le travail, confié à une sous-commission, a duré environ un an. Le groupe formé de trois personnes, dont le dominicain de Genève Michel Fontaine, a soumis ses propositions à la commission de bioéthique. Le résultat devrait être remis à la Conférence des évêques suisses en principe au mois de septembre. La CES se prononcera sur le contenu et décidera enfin de la date et de la forme de la publication. Le Frère Michel Fontaine a livré à cath.ch quelques réflexions personnelles sur ce sujet.

La question de l’assistance au suicide interpelle notre société contemporaine.
Frère Michel Fontaine: Comme théologien et comme soignant, j’estime que l’assistance au suicide est une très mauvaise réponse à une vraie question, celle de la fin de vie. Elle touche l’anthropologie et la sociologie de la mort. Quelles que soient nos références religieuses, une société se doit d’encourager d’autres réponses que celle du suicide assisté, telle que la démarche des soins palliatifs qui propose d’accompagner la vie jusqu’à sa fin dans le respect de la dignité humaine.


“Tout à coup la porte se ferme, le soignant est dehors”

Aujourd’hui, la mort a été renvoyée à la sphère strictement individuelle. Sa dimension sociale est occultée. Un des nœuds de la question n’est-il pas là?
Nous avons basculé vers un individualisme exacerbé. Il est naturel que le primat de l’autonomie du sujet domine. On ne se pose même plus la question de l’impact sur les autres et la société. La mort touche bien plus de gens que la personne qui est en train de mourir. Elle concerne la famille, les proches, l’environnement, la société. C’est aussi une perturbation forte pour les soignants et même pour le personnel administratif des EMS ou autres. Dans le suicide assisté, il y a quelque chose d’inabouti, l’accompagnement n’a pas été finalisé. Une rupture fondamentale se produit dans le continuum des soins. Tout à coup la porte se ferme, le soignant est dehors. Le patient absorbe la potion létale et agonise. Cette parenthèse déstabilise totalement la démarche d’humanité et du ‘prendre soin de l’autre’ jusqu’au dernier moment de sa vie. Même si sur le plan personnel on respecte la volonté de l’individu, l’impact est énorme pour les autres.

Dans notre société suisse, n’y a-t-il pas un paradoxe entre l’important effort de prévention du suicide et l’autorisation du suicide assisté?
Nos sociétés font tout pour essayer de prévenir le suicide. Tout un ensemble de mesures sont mises en place pour l’éviter. Lorsqu’une personne risque d’attenter à ses jours, on essaie d’anticiper les événements. On entend le cri de la personne, on ne démissionne pas. Dans le cas du suicide assisté, c’est presque l’inverse. Dès que, dans un service, on connaît la décision d’une personne de recourir au suicide, il est pratiquement impossible d’entrer en discussion avec elle. Les soignants sont déstabilisés et la hiérarchie dit “c’est la décision de cette personne, vous n’avez pas à intervenir”. Je trouve que c’est une démission non seulement sur le plan humain mais aussi sur le plan de la responsabilité du soignant, dans la mesure où soigner c’est accompagner les grands passages de la vie.

La sous-commission bioéthique de la CES a donc réfléchi à la question de l’accompagnement spirituel des personnes qui ont fait une demande de suicide assisté.
Nous entendons en effet de plus en plus les interpellations d’aumôniers confrontés à ce genre de situations. Comment faire pour y être le plus attentifs possible? La Conférence des évêques suisses prend ainsi au sérieux une pastorale complexe qui se passe sur le terrain et dans la relation personnelle..

Votre démarche est donc essentiellement pastorale.
Il ne s’agit pas de la production d’un texte de type magistériel ou catéchétique pour rappeler les grands principes dogmatiques. Nous ne voulons pas les mettre de côté, mais plutôt éviter l’alternative du ‘ou bien – ou bien’ pour entrer dans une démarche ‘et – et’. En travaillant sur la singularité des situations, nous pouvons ainsi avancer avec l’autre, progressivement en prenant en compte la complexité de la situation.

Comment cet accompagnement peut-il se concevoir?
Ce type d’accompagnement ne peut s’établir que dans la temporalité, dans la durée. On ne saurait en aucun cas se limiter à la seule célébration du sacrement des malades. Concrètement, nous entrons en matière si une personne nous approche en déclarant avoir adhéré à une association d’assistance au suicide. L’aumônier doit être capable d’entendre sans jugement. Dans le respect de la personne, il faut d’abord comprendre avec elle pourquoi elle a effectué cette démarche. Souvent, s’inscrire à Exit signifie vouloir se préserver d’une fin dans la souffrance et la solitude: c’est comme une pseudo-assurance. Ce qui est tout de même assez éloigné de la question du suicide en soi. En ce sens, il est utile de rappeler que les ‘directives anticipées de fin de vie’ ne peuvent pas prévoir l’assistance au suicide.


Justice et Paix s’interroge sur le suicide assisté (illustration J+P)

Cette première démarche, grâce à cette écoute et cette pédagogie du pas à pas, permet assez souvent de ‘désamorcer’ le processus du suicide. Si la personne persiste ou évolue peu à peu vers l’acceptation de l’idée du suicide, l’accompagnement ne doit pas pour autant cesser. Il ne faut pas couper les ponts. Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour rester proches et ne pas démissionner devant la réalité du suicide, même si elle nous met mal à l’aise et nous déstabilise. Il est important de rappeler que la conscience est comme un sanctuaire inviolable.

Comment agir lorsque des personnes engagées dans cette démarche demandent le sacrement des malades?
Nous devons développer une réflexion théologique et pastorale dans le respect d’une certaine gradualité, autrement dit, une approche progressive dans l’espérance bien sûr de faire émerger une nouvelle dynamique qui permet d’accompagner la vie jusqu’à la mort. Si, sur ce chemin très souvent ‘clair-obscur’, la personne demande la grâce du pardon parce qu’elle est consciente de sa fragilité, de ses limites, au nom de qui et de quoi pourrions-nous la lui refuser? Nous ne savons pas ce qui se passe au plus profond d’elle-même. Il se peut en effet, que dans un temps qui échappe autant à elle qu’à nous, sa demande resurgisse de prendre la potion létale. L’accompagnement, si la personne continue à le demander, reste toujours ouvert. La temporalité de ce processus est imprévisible. Une seule exigence nous incombe: être disponible. N’avons-nous pas à prendre en compte la réalité de cette incertitude fondamentale qui vient creuser toute fin de vie, quelle qu’elle soit ? Le sacrement des malades, comme celui de la réconciliation, est le lieu de la grâce où la personne doit se sentir entendue, écoutée, reconnue et portée par une confiance, celle que Dieu lui fait au plus profond de son humanité. C’est là que se réalise le mystère du sacrement.


“Pas de schéma standard ou de protocole”

Il est vrai que la situation demande à l’aumônier d’entrer dans une zone grise dans laquelle il ne faut pas avoir peur de se laisser conduire ‘jusque dans les méandres les plus secrets’ de l’autre. Nous sommes incapables de mesurer les conséquences de notre écoute et de notre présence: elles peuvent être l’ouverture à une décision différente.

La question de la cohérence avec la foi catholique et avec le sens d’un sacrement se pose tout de même.
Il s’agit à la fois de montrer l’importance de cette cohérence tout en tenant compte de la fragilité humaine d’une personne confrontée à sa propre fin et effrayée par la mort. Nous ne pouvons donc pas proposer un schéma standard ou satisfaire à un protocole établi à l’avance. On reste dans la singularité déjà évoquée et on laisse l’aumônier maître de sa décision quant à la manière de vivre cet accompagnement.

Comme dans tout accompagnement spirituel, la démarche de cohérence et de vérité concerne autant l’aumônier que la personne. Quelqu’un qui demande la grâce du pardon se trouve probablement à un point nodal de son existence. Il cherche à redécouvrir comment le Seigneur peut encore être présent dans sa vie et comment retrouver l’espérance et la force. C’est là aussi toute l’importance de la temporalité.

Sans critères de jugement objectifs, l’aumônier peut être en difficulté.
La difficulté est déjà là au moment où il commence à accompagner une personne en fin de vie indépendamment de la problématique du suicide assisté. Un aumônier qui sent que les choses sont trop difficiles pour lui doit pouvoir le partager, soit dans une équipe, soit avec un référent. Mais je pense qu’il y a encore plus de mal à proposer une grille ou un algorythme, recette inapte à absorber la globalité complexe d’une telle situation.


“Il m’apparaît essentiel de rester très humble”

Jusqu’ou peut-on accompagner une personne qui maintient sa décision de se suicider?
L’enjeu fondamental est de ne pas abandonner les personnes, même dans des choix qui sont contraires à l’enseignement de l’Eglise. Le Christ n’a jamais abandonné quiconque. Nous avons souvent l’expérience de personnes qui meurent naturellement avant de faire le geste du suicide. Selon mon hypothèse, mais qui est assez bien vérifiée, dès qu’une personne se sait reconnue, entendue, écoutée dans sa propre vérité, sans jugement, un processus de libération se met en route et aboutit à accepter de lâcher prise et de mourir naturellement. Elle a pu, peut-être inconsciemment, évacuer, exorciser ce choix qu’elle avait fait de vouloir se suicider. En tout cela, il m’apparaît essentiel de rester très humble.

Un aumônier peut-il être présent au moment où la personne va absorber la potion létale?
Je ne me suis jamais trouvé dans une telle situation. Mais personnellement, je peux imaginer que je puisse être présent, sans pour autant cautionner l’acte. Il faudrait que cela soit une personne que j’aie pu accompagner un certain temps, que je connaisse assez bien et qui me demande d’être là. Je m’assurerais aussi que l’environnement soit informé du pourquoi je suis présent et du fait que je ne soutiens en aucun cas l’acte du suicide. Entre le oui et le non, il y a peut-être une troisième voie, celle de la présence qui dépasse tout discours, parce que je suis convaincu que là, le Christ est présent et pleure devant la mort de cette personne. L’un des maîtres-mots est la vérité avec la personne, avec les gens qui l’entourent et avec soi-même. Mais par exemple donner l’eucharistie à ce moment-là me paraît impensable. C’est une ligne rouge infranchissable.

Bien évidemment, aucun aumônier ni agent pastoral ne doit se sentir contraint d’aller au-delà de ce que lui-même peut supporter: il importe d’aller le plus loin possible.

Une telle attitude risque de laisser entendre aux soignants et à la société en général que l’Eglise admet l’assistance au suicide. On pourrait dire: “une personne a demandé l’assistance au suicide, appelons l’aumônier.”
Nous sommes effectivement dans une zone grise et pleine d’ambiguités. En éthique, nous sommes de plus en plus appelés à entrer dans ces zones, en raison notamment de l’injustice primordiale qu’est l’aide médicalisée au suicide, qui met tout le monde dans l’embarras. C’est une illusion de penser qu’il y a une transparence. Comment pouvons-nous témoigner non seulement de notre foi, mais d’une forme d’humanisation qui transfigure les mots jusqu’aux situations extrêmes ?


Le suicide assisté ou l’euthanasie pourraient rendre impossible la célébration de funérailles chrétiennes, selon les évêques canadiens (Photo: Pixabay)

Encore une fois, nous sommes dans une pastorale de terrain où il faut tenir ensemble une position de principe sans ambiguïté et la complexité des situations humaines. Face à cette tension, les sciences humaines viennent nous montrer qu’il y a un possible travail d’enrichissement, d’articulation, d’approfondissement de notre intelligence de la foi. La notion de complexité est fondamentale ici. Dans l’exhortation apostolique Amoris laetitia, nous voyons bien que le pape François avance en essayant de tenir les deux positions. Nous devons tenir que le suicide reste un refus d’amour à l’égard de Dieu, qui nous a créé, tout en accompagnant les personnes qui vont jusqu’au terme de leur démarche.

Dans leurs récentes directives, les évêques canadiens envisagent le refus des funérailles catholiques pour les personnes qui auraient eu recours au suicide assisté ou à l’euthanasie.
Depuis Vatican II et le droit canon de 1983, les suicidés ne sont plus exclus des obsèques catholiques. Je ne sais pas quel argument permettrait de refuser un temps de recueillement, de prières et des funérailles à l’église. En outre pour des personnes qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Eglise, on peut organiser des obsèques civiles, auxquelles un prêtre ou un aumônier peut assister. Les funérailles ne sont pas un sacrement. Il faut aussi tenir compte de la dimension familiale et communautaire et de la souffrance des vivants qui doivent intégrer le drame d’un suicide. Comment ne pas accueillir de vivre avec ces personnes ce moment souvent particulièrement difficile ? Prononcer des prières pour ses ennemis est précisément une spécificité chrétienne. C’est la force de l’Evangile bien au-delà de la convenance sociale. (cath.ch/mp)
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.06.17 9:44

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.06.17 9:57

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   29.06.17 19:13

Un Nordiste catholique se bat pour l’euthanasie, qui n’a « rien d’un assassinat »

Philippe Catteau, originaire du Nord, publie « Je n’ai pas tué mon père. Euthanasie : en finir avec l’hypocrisie ». Car pour le fils du fondateur des magasins Cedico, ce geste, loin d’être un assassinat, « est un acte d’amour ».

Par  Isabelle Ellender | Publié le 21/06/2017
 
Philippe Catteau est président de Catinvest, une foncière privée, à Paris.

Bernard Catteau était un patriarche. Habitant d’Aire-sur-la-Lys (où vit encore une bonne partie de la famille), il fut le fondateur de la chaîne de magasins Cédico (3 500 salariés, avant que la chaîne ne soit revendue au groupe Carrefour). Mais à la fin de sa vie, à cause d’un cancer du sang, les souffrances étaient devenues insupportables. «  Et c’était une douleur supplémentaire pour lui et nous, ses proches, de constater que le corps finirait par dominer cet esprit pourtant si fort  », se souvient son fils Philippe.
Qu’a fait Philippe Catteau pour abréger la fin de vie de son père, fondateur des grands magasins Cédico ? Lui a-t-il administré un sédatif puissant ? L’a-t-il accompagné en Belgique pour un suicide assisté ? A-t-il été témoin de sa mort lente, conforme à la loi de février 2016 (on « débranche » le malade en fin de vie, on arrête l’hydratation et la nutrition) ? Chacun des trois scénarios de Je n’ai pas tué mon père est aussi plausible que terrifiant. Et le procès, basé sur l’histoire vraie d’un octogénaire poursuivi en justice pour avoir aidé sa femme à mourir, fait froid dans le dos. La vérité, écrit le chef d’entreprise, «  restera à jamais un secret de famille  ». Ce n’est pas l’essentiel du propos.

Contre les lois Léonetti

Philippe Catteau se bat contre la loi Léonetti, qui a pénalisé l’injection de morphine en 2005, et la loi Léonetti-Clayes de 2016, «  la pire des hypocrisies  », «  insupportable pour les proches qui voient l’être aimé se décomposer et en sont réduits à un combat abject imposé par ceux qui nous gouvernent ».
L’homme, cela peut surprendre, est catholique. «  Pour moi, l’euthanasie n’a rien d’un assassinat, c’est au contraire un acte d’amour. La plupart des catholiques sont pour, d’ailleurs ! On dit que seul Dieu peut reprendre la vie qu’il a donnée. Mais la vie, dans ces cas-là, est déjà reprise, par la maladie… Ce que je demande, par mon livre (1), par la pétition que j’ai lancée (2), c’est la possibilité du suicide assisté, quand le patient a encore toute sa conscience et qu’il peut faire le geste. Quand il est inconscient, qu’on puisse suivre ses directives s’il en laisse. Sinon, que la famille puisse décider.  »
À ceux qui craignent les dérives, l’auteur de Je n’ai pas tué mon père rétorque que, dans les pays où l’euthanasie est légale (Belgique, Luxembourg, Suisse, Pays-Bas, etc.), «  seuls 4 % des gens l’utilisent, il n’y a pas d’excès. C’est juste une sorte d’assurance contre les douleurs insupportables et la déchéance.  »
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.09.17 18:21

Relance du débat sur la fin de vie

© 2017 - P. RAZZO / CIRIC - P. Bruno Saintôt


Le député La République En Marche Jean-Louis Touraine a déposé un texte qui s'inscrit dans le débat sur la fin de vie. Le Père Bruno Saintôt s'exprime à ce sujet.


Moins de deux ans après l’adoption de la loi Claeys-Leonetti instaurant un droit à la sédation profonde et continue pour les malades en phase terminale, un nouveau texte sur la fin de vie sera-t-il débattu d’ici à la fin du quinquennat ?

La forte médiatisation de l’affaire d’Anne Bert, cette femme de 59 ans atteinte de la maladie de Charcot qui a choisi de partir mourir en Belgique, relance le débat.

Au ministère de la santé, on assure que le sujet n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant, le député La République en Marche, Jean-Louis Touraine, a déposé un texte visant à permettre à un patient « en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable » de demander à un collège de trois médecins un geste actif pour mettre fin à sa vie.

Nouvelle étape ou proposition sans suite?

Alors, doit-on y voir une nouvelle étape vers la légalisation de l’euthanasie ? Pour le Père Bruno Saintôt, responsable du département éthique biomédicale du Centre Sèvres, les dépôts de propositions de loi sont nombreux, et cela ne devrait pas infléchir grandement la position actuelle.

La loi Claeys-Leonetti propose une "sédation profonde", dans les situations douloureuses. C'est une "altération de la conscience", jusqu'à la mort, souligne le Père Bruno Saintôt. En revanche, ce qui serait important serait le "franchissement d'un interdit fondamental : celui de donner la mort, quand bien même ce serait à la demande expresse d'une personne en fin de vie."

La position de l'Eglise catholique à ce sujet n'est autre que la défense de la vie, de son commencement à sa fin. Elle encourage aussi les soins palliatifs.

A noter que le texte de Jean-Louis Touraine a été cosigné par 53 autres députés, principalement d’En marche ! avec aussi quelques socialistes ou radicaux de gauche.

https://rcf.fr/actualite/relance-du-debat-sur-la-fin-de-vie
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.09.17 17:04

Père Bruno Saintôt, jésuite : "Accueillons la fin de vie au lieu de l’affronter"

 Le médecin doit prendre en compte la souffrance du patient en fin de vie mais aussi celle de son entourage, confronté à des incompréhensions.
Le médecin doit prendre en compte la souffrance du patient en fin de vie mais aussi celle de son entourage, confronté à des incompréhensions. © Burger / Phanie  

Le médecin doit prendre en compte la souffrance du patient en fin de vie mais aussi celle de son entourage, confronté à des incompréhensions.

Les parlementaires Jean Leonetti et Alain Claeys, chargés de la mission sur la fin de vie, s’apprêtent à remettre leurs conclusions au gouvernement. Elles devraient aboutir à un texte de loi. Le P. jésuite Bruno Saintôt, responsable du département Éthique biomédicale du Centre Sèvres, décrypte les enjeux qui en découlent.

Dossier Fin de vie : quelle société voulons-nous ?  

Créé le 04/12/2014 Publié par : Laurence Valentini
Édité par : Aurore Hautbois et Estelle Couvercelle
Publié dans Pèlerin: n°6888, du 4 décembre 2014

Pèlerin. Le premier objectif donné aux parlementaires par le gouvernement concerne le développement des soins palliatifs. Sur ce point, plutôt consensuel, pensez-vous qu’il y a débat ?

Crédit photo : Jean-Marie Heidinger

P. Bruno Saintôt (photo ci-contre). Certes, tout le monde paraît d’accord pour développer les soins palliatifs. Encore faut-il savoir de quoi on parle. Selon l’opinion commune, ces soins sont entrepris quand il n’y a plus rien à faire, quand les soins curatifs sont devenus impuissants.

Mais il n’existe pas deux types de soins séparés : d’abord le curatif, ensuite le palliatif. Le soin devrait être global et continu. Le rapport « Penser solidairement la fin de vie » de la Commission de réflexion sur la fin de vie en France insiste sur ce point. Il constate ainsi que la médecine anticipe mal les situations de mort. Cela aboutit à ce qu’elles soient confiées à “l’urgence” et que le passage du curatif au palliatif soit vécu comme un abandon.

Quel effet produit ce sentiment d’abandon sur le malade et ses proches ?
B. S. Il peut les pousser à réclamer que la mort vienne plus vite : « Faites que cela ne dure pas ! » Et, puisque la médecine curative ne peut plus rien, on risque de lui demander de réaliser ce qu’elle pourrait encore accomplir ultimement : faire venir la mort.

Comment définir alors les soins palliatifs ?
B. S. Selon la loi, les soins palliatifs sont des soins actifs et continus, pratiqués par des équipes interdisciplinaires, en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, apaiser la souffrance psychique, sauvegarder la dignité de la personne malade et soutenir son entourage.

Leur ambition est de ne pas rester confinés dans des services spécifiques mais d’irriguer tous les secteurs de l’hôpital. Il faut encore valoriser une conception globale mais unifiée : un seul soin, et deux dimensions. La dimension curative avec les actes médicaux techniques, et la seconde dimension, qui relève du soin global de la personne, sur les plans physique, psychologique, spirituel, familial et social.

Les parlementaires proposent aussi une meilleure prise en compte des directives anticipées. De quoi s’agit-il ?
B. S. Les directives anticipées existent depuis la loi Leonetti de 2005. Il s’agit d’un document daté, signé, par lequel une personne donne ses consignes sur les formes de traitements qu’elle refuserait de recevoir en cas d’accident ou de maladie.

La loi du 4 mars 2002 précise bien qu’aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement du malade. Mais il faut sortir d’une simple opposition des volontés.

Le médecin n’impose pas son choix mais il n’est pas non plus convoqué pour exécuter toutes les volontés du malade. Comme le dit la loi, le malade prend les décisions le concernant avec le professionnel de santé. Et si la personne n’est plus consciente, la procédure devient collégiale, en fonction de ce que l’on sait de ses désirs, avec l’avis de la personne de confiance, de l’équipe médicale, des proches…

Actuellement le médecin n’est pas contraint par ces avis. Mieux organiser le recueil des directives anticipées me semble une très bonne chose car cela va permettre une ouverture de la parole. Il va falloir parler de la mort, de la manière de l’accompagner, s’interroger sur ce qui se passe en fin de vie. C’est une belle occasion que nous ne devons pas manquer, sur les plans individuel, familial et collectif.

Un critère a cependant été ajouté dans le projet de loi : celui de rendre ces directives « opposables ». Le médecin sera alors obligé de les suivre. Quelles en seront les conséquences ?
B. S. Tout dépendra de la manière dont les législateurs vont formuler leur texte ! L’opposabilité maximale transformerait le médecin en prestataire au service de la volonté du patient, encourant des poursuites judiciaires s’il ne lui obéit pas.

Même en cas de transgression de l’interdit, de provoquer délibérément la mort. Aller dans ce sens bouleverserait l’engagement soignant tel qu’il est compris et vécu jusqu’à présent.

Mais le patient a le droit de savoir pourquoi le médecin refuse d’accéder à ses volontés…
B. S. Il me paraîtrait souhaitable que le médecin s’explique aussi s’il refusait de suivre les directives d’un malade ne pouvant exprimer sa volonté. L’idéal serait qu’il conserve la responsabilité de la décision dans un cadre éthique et juridique réaffirmé. Seul ce cadre peut réguler les volontés et les désirs.

Pour pouvoir suivre les directives, il faudrait aussi qu’elles soient accessibles et suffisamment précises. Un travail technique et pédagogique est nécessaire.

Le troisième objectif soulève une autre question éthique : à quelles conditions et dans quelles circonstances peut-on apaiser la souffrance jusqu’à éventuellement abréger la vie ? Va-t-on vers une légalisation de l’euthanasie ?
B. S. Jusqu’à présent, l’euthanasie demeure interdite. Pour soulager les souffrances réfractaires, on peut utiliser la sédation profonde qui plonge le patient dans une sorte de coma.

Dans certaines conditions, en phase terminale, elle peut être prolongée jusqu’à la fin de vie. Cela suppose que tous les autres moyens ont été épuisés. Mais cette sédation bien conduite ne provoque pas la mort, ni ne la précipite.

La loi va-t-elle désormais permettre qu’une sédation ait également pour but d’“accélérer” la survenue de la mort ? Si c’était le cas, comme cela semble se dessiner, on entrerait dans une forme d’euthanasie qui serait masquée par le terme sédation.

Mais c’est bien de cela dont il est question : accomplir un acte dont l’objectif est de provoquer la mort avec l’intention de soulager une souffrance jugée insupportable. Certains pourraient dire : « on ne veut pas donner la mort mais raccourcir le temps d’attente. »

Ce temps de la mort qui dure dérange les malades, les proches… N’est-il pas légitime qu’ils désirent que cela « s’arrête » ? Ce sont des mots que les médecins entendent souvent…
B. S. Bien sûr que ce temps peut déranger ! Les malades et les familles l’éprouvent et le disent. Faut-il pour autant autoriser une « accélération » de la survenue de la mort ? Ni trop rapide pour ne pas avoir le sentiment de la provoquer, ni trop lente pour qu’elle ne soit pas jugée insupportable ? Je ne le crois pas. Un interdit fondamental du soin serait levé.

De plus, une telle législation aurait forcément des conséquences sur la conception du soin et sur l’engagement des soignants. Pourquoi rechercher les meilleurs soins, alors qu’il serait possible d’en finir rapidement ? D’un côté, la société demanderait aux médecins de soutenir le vouloir vivre et d’attester que chaque vie a du prix et mérite d’être vécue – elle lutterait contre le suicide des jeunes et des vieillards – et, d’un autre côté, elle demanderait aux médecins d’en finir rapidement quand une personne ne supporterait plus son état ? C’est contradictoire.

Parfois, c’est au nom de leur dignité que les malades demandent à disparaître…
B. S. Mais tout le monde veut mourir dans la dignité et les soignants œuvrent dans ce sens auprès des malades en fin de vie ! Deux conceptions de la dignité continuent de s’affronter.

La dignité fondamentale, inhérente à tout être humain, selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Indissoluble, inaltérable, elle est attachée à la personne quel que soit son état. A charge pour les proches, les soignants, la société, de l’honorer par le respect, les soins appropriés, l’attention à la souffrance, etc.

Que dit l’autre conception de la dignité ?
B. S. Que la dignité est relative à la valeur que l’individu s’attribue lui-même. Mais cette perception de sa propre valeur est forcément changeante ; elle se trouve altérée par la maladie et la vieillesse, et parfois par le regard d’autrui.

Il faut prendre en compte ce sentiment de la personne de ne plus se trouver digne, mais cela ne signifie pas qu’elle a perdu sa dignité. Et la société ne doit pas s’habituer à ce que des personnes soient supprimées, ou se suppriment, parce qu’elles se jugent sans valeur, ou parce qu’elles le veulent !

C’est un problème éthique et politique. Quelle valeur donnons-nous à la vie des plus faibles, des personnes gravement handicapées, à des vies qui se jugent ne servir « à rien» ? Une vie doit-elle forcément être utile à « quelque chose » ?

Dans ce débat et face à la grande souffrance des malades en fin de vie, quels peuvent être le rôle, le message et la place des chrétiens ?
B. S. Saisissons cette occasion pour parler de tout ce qui nous maintient en vie, et donne du sens et de la valeur à notre existence devant l’épreuve de la mort. Les directives anticipées sont une chance de réapprendre un discours sur la mort. C’est trop souvent un sujet tabou, même pour les chrétiens.

Travaillons à accueillir la fin de vie, non pas dans l’affrontement et l’acharnement, mais en l’humanisant. Le « soin » n’est pas seulement une prestation technique mais la façon dont les humains se tiennent solidairement dans l’épreuve de la maladie et de la mort. Par leur espérance, les chrétiens peuvent contribuer à valoriser cette nécessaire solidarité et réfléchir à la société que nous voulons.

Comme soignants ou bénévoles, ils sont très investis auprès des malades. Ils déploient des trésors d’humanité. Cette mobilisation permet à l’église de porter une parole qui n’aurait que peu de sens sans leur présence sur le terrain. Merci à eux !

http://www.pelerin.com/A-la-une/Fin-de-vie-quelle-societe-voulons-nous/Fin-de-vie-un-debat-de-societe/Pere-Bruno-Saintot-jesuite-Accueillons-la-fin-de-vie-au-lieu-de-l-affronter?&xtmc=mots_coupes&xtcr=707
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.09.17 17:23

P. Bruno Saintôt : « La fin de vie, la mort ne sont pas que des problèmes à "gérer" »

Recueilli par Marine Lamoureux, le 20/02/2017 à 18h00

P. Bruno Saintôt, sj, est responsable du département éthique biomédicale du Centre Sèvres, à Paris. Il insiste sur l’importance d’adosser le droit aux directives ou la sédation à un véritable accompagnement de la vulnérabilité.

Le ministère de la santé a lancé lundi 20 février une campagne d’information sur la fin de vie pour mieux faire connaître la loi aux Français.

La Croix : Que pensez-vous de la campagne sur les directives anticipées du gouvernement ?

Bruno Saintôt : On ne peut que s’en réjouir car il y a un vrai besoin d’informer la population : d’après une récente étude de l’Ifop (1), 62 % des Français n’ont jamais entendu parler de la loi sur la fin de vie, votée il y a plus d’un an. Je trouve positif que le ministère insiste sur la nécessité de « parler » de la fin de vie : au-delà de l’information technique, il est en effet décisif que chacun parle de ce sujet et partage ses souhaits et préoccupations en famille, avec son médecin, dans un cadre religieux s’il le souhaite, etc. La fin de vie, la mort ne sont pas que des problèmes à « gérer ».

À lire : Les Français mal informés sur la fin de vie

Je regrette simplement que les récents communiqués du ministère soient principalement axés sur les « nouveaux droits » en privilégiant un discours de la maîtrise et de l’autonomie, au détriment d’autres enjeux majeurs pour le soin.

Lesquels ?

B. S : La vulnérabilité du patient, ses souffrances physiques et morales, la solitude, la solidarité dans le soin par les équipes médicales et les proches, etc. Un discours uniquement axé sur la maîtrise néglige cette expérience fondamentale de l’accompagnement : face à la maladie, face à la mort, nous nous en remettons à d’autres pour prendre soin de nous. À mon sens, il manque une articulation avec un discours sur les solidarités, qui aurait pu faire référence au plan de développement des soins palliatifs, à la prise en charge de la vieillesse, aux aidants, etc. L’autonomie du patient n’est possible que dans cette perspective, autrement dit, ces nouveaux droits impliquent une société solidaire.

Quel bilan peut-on tirer de la nouvelle loi ?

B. S : Pour le moment, un bilan très provisoire. Sur les directives, nous n’avons pas avancé : elles restent très mal connues du grand public. Quant aux médecins traitants, des relais très importants, ils ne sont pas suffisamment informés ou n’ont souvent pas le temps d’aborder ces questions avec leurs patients. D’où l’intérêt de la campagne présentée hier, mais aussi de celle lancée en décembre à destination des professionnels.

En ce qui concerne la sédation, un gros travail a été entrepris, notamment à la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, pour élaborer des recommandations de bonnes pratiques en détaillant les différentes formes de sédation et leurs usages. C’est un enjeu crucial : le danger serait de laisser croire que ce nouveau droit à la sédation est un droit généralisé à « dormir avant de mourir ». En réalité, la loi fixe des conditions strictes qui devront être précisées dans la pratique médicale.

Comment les chrétiens appréhendent-ils le texte aujourd’hui ?

B. S : Certains sont inquiets, estimant que la loi de 2016 n’est qu’un préalable tactique à une légalisation de l’euthanasie. Ils redoutent que ce droit à la sédation ne soit détourné ou jugé finalement inapplicable. D’autres, dont je suis, considèrent que ce texte est un défi positif pour mieux soigner, être plus à l’écoute des malades, affiner le traitement de la douleur, diffuser les bonnes pratiques, etc., avec pour barrière éthique le refus de l’euthanasie. Les positions nuancées sont toujours plus difficiles à faire comprendre. Cette approche implique aussi que les médecins soient bien formés au soulagement de la douleur et aux nuances de la loi.

À lire : Une campagne d’information sur la fin de vie

Que vous inspire la campagne présidentielle dans ce domaine ?

B. S : On peut regretter une certaine déficience dans les deux camps. À gauche, où la quasi-totalité des candidats proposent de légaliser l’euthanasie, l’approche est très libérale : plutôt que d’affronter collectivement la maladie et la mort, on privilégie les droits individuels sans les adosser à un discours sur la solidarité et la fraternité.

À droite, certes, on s’oppose à l’euthanasie, mais sans véritablement adosser ce refus à une politique sociale de la santé. Bref, des deux côtés de l’échiquier, la fin de vie est plutôt appréhendée de façon gestionnaire et technique que dans une démarche collective centrée sur le sens et les enjeux de la fraternité.

Recueilli par Marine Lamoureux
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.09.17 17:42

je ne pige pas
catholique veut dire universel
donc on devrait avoir TOUTES les options de mort en fin de vie
une mort à la carte.
le droit au choix du moment et de la manière du mourir en fin de vie.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.09.17 17:52

je n'ai même pas le choix à l'hôpital de souffrir pendant mon mourir, si je le veux
ce qui est extrêmement scandaleux ! ! !

ANGRY2 ANGRY AMEN
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.09.17 19:35

SI
la fin de vie et la mort sont à gérer
car l'héritage est à gérer, la place au cimetière est à gérer
ne parle-t-on pas de la gestion des paroisses ???
argument habituel qui excuse le non-accueil des P.H. ( Personnes Handicapées...à mobilité réduite, comme c'est facile d'utiliser les P.H. sans mobilité réduite en tant que servants de messe, disons les choses telles qu'elles sont ! ! ! ).
vous voudriez bien m'excuser, mais qu'elle est belle, la gestion financière des âmes du purgatoire !
vous n'y croyez plus ? c'est votre droit et votre choix ! alors laissez le droit au choix à vos concitoyens
( nous sommes ds une République ) à propos de la fin de vie et de la mort
à propos de gestion, j'ai assez fait de dons, c'était avant la loi Léonetti du 22 avril 2005
je ne donne plus rien à des gens obsédés par le palliativisme au point d'empêcher les autres de choisir le moment et la manière de leur mourir.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   03.10.17 11:35

une personne ayant une certaine place dans l'Eglise aurait dit que la nouvelle loi Léonetti- Claeys est une euthanasie déguisée, qu'on met six jours à mourir, que les chrétiens doivent accompagner jusqu'au bout...cette personne n'est pas claire, nette et précise comme tous les autres.
vous m'emmerdez et je vous emmerde.
Vous n'aurez plus aucun centime d'euro de ma part, plus rien,
que vous puissiez crever économiquement, tel est mon désir.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   03.10.17 11:48

La pédophilie et la fin de vie sont à mettre sur le même plan.
Il s'agit d'un viol, et d'un vol
le sexe et la mort, deux grands tabous.
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L'Eglise et l'euthanasie
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