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 L'Eglise et l'euthanasie

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Féminin Messages : 18954

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   11.09.13 12:15

Tout le problème est de savoir si le comportement politique de ce Gouvernement Socialiste découle de lui-même(davantage de technocratie que d'humanité)ou si ce Gouvernement en apparence frileux et hésitant a peur de ceux qui ne sont pas d'accord avec ce qu'il dit et donc(par conséquent en principe avec ce qu'il fait... ou ce qu'il doit faire,les paroles et les actes manquant de cohérence flagrante depuis le 06 mai 2012 ).
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Féminin Messages : 18954

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   11.09.13 12:28

Je parle évidemment de la proposition 21 et de la "gestion"(si on peut parler de gestion) de son éventuelle application...qui me semble depuis le 06 mai 2012 complètement farfelue et stupide....
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Féminin Messages : 18954

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   14.09.13 18:50

Euthanasie et suicide assisté,faut-il légiférer(Regards Protestants,Evangile et Liberté)

Euthanasie et suicide assisté - Faut-il légiférer ?
Citation :
par Philippe Engel
 
Citation :
On parle beaucoup de l'Euthanasie. Dans les années 60 c'était l'avortement qui faisait la une des propos. Maintenant, il s'agit non pas d'une vie à naître mais d'une vie à terminer. Un pays européen vient de légiférer à ce sujet après avoir pratiqué officieusement pendant quelques années, mais avec la complicité des pouvoirs publics, l'euthanasie.
L'euthanasie, par définition, est le fait de «donner une mort douce» Le suicide est le fait de «provoquer sa mort» Entre ces deux termes qui aboutissent au même résultat, la différence qui s'exprime est l'intervention d'un tiers dans le premier cas, l'exécution personnelle, en dehors de toute aide extérieure, dans le deuxième cas.Il est convenable que le désir de mourir soit respecté. Le suicide est un acte de courage dans une situation de désespoir. Il concerne l'individu dans le cadre de son libre arbitre et il en est le seul responsable. L'euthanasie est l'intervention d'un tiers qui, par son autorité «technique», prend la place, dans la réalisation de l'acte, de celui qui veut se suicider, c'est-à-dire mourir.
A priori, on ne peut donc comparer l'un avec l'autre.
Une troisième hypothèse est le «suicide assisté». J'entends par là, la décision de mourir, possédant encore toutes, ou presque, ses capacités physiques et intellectuelles et demandant en pleine conscience l'intervention d'un tiers pour passer à l'acte.
Laissons de côté le suicide qui ne concerne que l'individu dans son intégrité et ne relève que de sa propre décision sans faire appel à qui que ce soit. Pratiquer l'euthanasie ou le suicide assisté demande l'intervention d'un autre à qui l'on remet la réalisation de l'acte. Ce n'est plus un acte solitaire mais une réalisation collective, mettant en scène plusieurs intervenants.
C'est de ces "tiers" dont il faut parler car le discours est alors trop facile si on les néglige !Donner la mort à-la demande de l'autre soulève un grand nombre de problèmes.
Il y a, avant tout, l'attitude individuelle de chacun, d'entre nous qui accepte ou refuse de participer à la mort de l'autre. Elle doit et ne peut être que respectée.
Ceci étant, s'il n'y a pas d'interdit personnel à transgresser, la demande est-elle justifiée ?
Cette question est logique puisque elle fait intervenir un tiers qui va avoir à prendre une décision. On ne peut répondre simplement à une telle exigence ! participer à la mort n'est pas une petite affaire et exige un minimum de réflexion.
Si la réponse peut-être relativement aisée en cas de souffrances insupportables, non maîtrisées par la pharmacopée actuelle et dont l'avenir est au-dessus de toutes ressources thérapeutiques, il faut néanmoins que l'expression de cette douleur soit en quelque sorte ressentie par l'intervenant et "qu'il la fasse sienne". Ressentir la douleur de l'autre c'est l'intégrer en soi, non pas la douleur même mais sa répercussion sur son ego. La douleur est-elle ou non supportable pour soi et l'autre en sachant que, éventuellement, les produits utilisés vont "déconnecter" le mourant et l'entraîner vers une mort non ressentie comme telle. C'est une attitude relativement fréquente.
Admettons que la demande soit perçue comme étant justifiée. Il faut envisager le passage à l'acte. Faut-il le faire seul ou dans le cadre d'un accord avec le demandeur de sa famille ? il me semble impossible de prendre sur soi une telle décision.
Soit la demande est clairement exprimée, à plusieurs reprises par celui qui veut mourir et un certain délai de réflexion montre que effectivement la situation s'aggrave et devient incontrôlable ; la famille fait votre siège pour que vous interveniez. Mais alors n'y a-t-il pas par derrière des intérêts cachés ? n'y a-t-il pas une demande "de liquider" une situation devenue difficile voire impossible à vivre ? De toutes façons il faut que la famille exprime une intention car, si ce n'est pas le cas, dans l'état actuel de la législation, la moindre plainte déposée devient mise en accusation d'avoir tué et le geste réalisé devient un meurtre, un crime ce qui n'est pas totalement faux.
Certains considèrent que la mort et les moments qui la précèdent sont source de révélations qui vont faire en sorte que le mourant trouvera dans ce passage une exaltation bénéfique et qu'il n'est pas acceptable de laisser passer cette possibilité ! Cette attitude égoïste mais basée sur une foi du "tu ne tueras pas" et d'une "souffrance salvatrice" doit être admise...
Admettons que le désir de chacun n'est pas formulé de façon certaine et qu'un doute persiste sur la volonté exprimée de hâter le décès. "L'exécuteur" se retrouve seul. C'est en son for intérieur qu'il doit trouver la solution pour guider son attitude et en prendre la pleine et entière responsabilité. C'est dans le secret de ce qu'il ressent et dans le secret de son action qu'il pourra éventuellement agir. Mais il le fera à ses risques et périls !
Donc, s'il y a demande expressemet réitérée de la part du mourant, un accord, voire une demande des proches, le sentiment que la situation est hors de tout espoir d'améliorations, il est envisageable d'intervenir.
Comment passer à l'acte ? Cela doit-il être brutal, en quelques secondes ? ou faut-il laisser le temps de la mort s'approcher en accélérant sa survenue, certes, mais en respectant une certaine prise de conscience, un accompagnement des êtres aimés ? faut-il mourir dans la brutalité aveugle d'une chimie injectée ou faut-il qu'il y ait un processus rapidement progressif qui laisse à celui qui part le temps de quitter ce monde "en connaissance de cause". Comment répondre ? C'est ].a sensibilité de l'acteur et de ce qu'il sait de l'autre qui va décider s'il devient bourreau ou accompagnateur.
L'euthanasie ou le suicide assisté ne peuvent se concevoir que dans la lucidité du mourant, des accompagnateurs et de l'exécuteur. De quel droit, sous prétexte que les ponts sont coupés avec un vieillard en proie à une démence sénile, qui que ce soit s'accorderait le droit de le supprimer ? Ceci est intolérable et ne peut être envisagé car c'est la porte ouverte à tous les excès et les crimes que nous avons connus dans l'histoire.
Depuis que la médecine s'est développée dans la réanimation une certaine tendance à l'acharnement thérapeutique a vu le jour dans les années passées. Cet acharnement, il faut bien le dire, a souvent été source de découvertes ou de protocoles qui ont permis de sauver des vies sans pour autant les transformer en "plante verte". Mais il est vrai aussi que certains cas se sont révélés inhumains quant à leur pratique et leur résultat. C'est alors affaire d'homme.
Les soins palliatifs, domaine dans lequel la France a pris un énorme retard de mise en application par rapport aux pays anglo-saxons, se sont enfin imposés. Ils font néanmoins l'objet de discussions concernant les moyens utilisés et la morphine ou ses dérivés sont encore, parfois, décrétés "dangereux". Pour qui ? pour celui ou celle qui va mourir de toutes façons ? Notre vieux fond judéo-chrétien et l'aberration de la souffrance salvatrice persistent encore dans certains centres hospitaliers ou chez certains médecins. Mais là encore il s'agit d'une affaire d'homme.
Alors ? euthanasie ? oui s'il s'agit d'un acte concerté, pris en toute connaissance de cause avec le mourant et l'entourage et réalisé dans le cadre d'un accompagnement. Non s'il s'agit d'une décision arbitraire de "l'exécuteur" qui n'a aucun droit pour être porteur de mort alors que par définition il est là pour assurer la vie.
Suicide assisté ? Non. Arthur Koestler qui a fondé cette association appelée EXIT soutenait son action en disant que l'homme avait besoin d'aide pour naître et donc il était normal qu'il reçoive de l'aide pour mourir. Il s'est librement suicidé, accompagné de son épouse. Je respecte entièrement sa décision mais, à ma connaissance, il n'a pas fait appel à un tiers pour passer à l'acte. EXIT donne des recettes, des façons de faire mais je ne crois pas que ses adhérents participent de façon active à l'aide à la mort. Il en est de même pour l'association au Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). Nous ne sommes pas des exécuteurs, encore moins des bourreaux. A chacun de prendre ses responsabilités. Alors en définitive faut-il légiférer ? Oui mais avec une extrême prudence en mettant des garde-fous impératifs et exigeants. Mais on a vu avec la Loi WEILL concernant l'avortement que ceux-ci n'étaient pas respectés.Non car cela laisse une porte entrouverte vers de possibles excès.
Alors que faire ? se taire et que la mort se passe dans le secret de l'échange entre celui qui veut partir et celui qui pourra l'aider.? Pourquoi pas ?
Il faut trouver un biais qui accepte cette situation ; une tolérance. Mais, pour être reconnue, celle-ci doit passer par la loi ! Alors ? La Hollande a-t-elle raison ? On peut le penser.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   27.09.13 13:51

Pour le post ci-dessus,je ne sais pas pourquoi ni comment mon copié-collé est devenu une citation.
C'est un article ancien que j'ai trouvé je ne sais plus où ni comment
à moins que cet article soit lui-même une citation,je ne me souviens pas trop
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   27.09.13 13:53

Claude Baty : "Ecarter les religieux du comité d'éthique, une brutalité dommageable pour la société"

François Desnoyers | le 25.09.2013 à 14:39


Cet article est paru dans le Fil Expert. Pour bénéficier des nos informations premium pendant quinze jours gratuitement, cliquez ici.

C'est, à ses yeux, une décision « absurde ». En ne nommant aucun religieux parmi les membres du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), à l'occasion du renouvellement de la moitié de ses membres, l'Élysée se serait même, pour Claude Baty, tiré une balle dans le pied. « C'est un manque de respect doublé d'un manque de sens politique, estime le président de la Fédération protestante de France (FPF). Si l'on prétend régler les questions sur lesquelles le CCNE est consulté en concluant : l'ensemble du Comité est favorable à ce que propose le gouvernement, tout le monde va rigoler, ça n'a pas de sens ! »
Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF). (Photo : AFP)
L'éviction des religieux avait été annoncée par le journal Le Monde samedi 21 septembre. Elle a été confirmée le lendemain par la publication au Journal officiel de la liste des nouveaux membres. Le pasteur Louis Schweitzer est ainsi remplacé par l'historienne Marianne Carbonnier-Burkard, une spécialiste de la Réforme protestante, et le rabbin Michaël Azoulay par le neurologue Lionel Naccache, auteur, entre autre, d'un ouvrage sur la pensée juive. Mais une évidence s'impose: ce sont des laïcs qui représenteront les « principales familles philosophiques et spirituelles », groupe dont les membres sont nommés par l'Elysée.

La nouvelle est d'autant plus durement ressentie chez les protestants que le pasteur Claude Baty assure que les pouvoirs publics l'avaient « sollicité pour proposer une personnalité. C'est ce que j'ai fait. Et j'ai finalement appris par voie de presse qu'il en serait autrement... ». Il poursuit : « C'est absurde : quel est l'intérêt d'avoir des comités ''oui oui'' aux ordres ? Ils n'ont de sens que grâce au dialogue qu'ils provoquent, et parce que tout le monde n'est pas forcément d'accord ». Mais il reconnaît, dans la foulée, cerner la logique d'un tel remaniement : « Notre délégué était réservé sur l'euthanasie, on a voulu faire partir les opposants ». Une période sensible s'ouvre en effet pour le CCNE : de nombreux dossiers vont arriver sur sa table (fin de vie, ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples homosexuels...). La majorité présidentielle souhaite rééquilibrer à son avantage le Comité. L'arrivée de plusieurs personnalités de gauche en son sein participerait de la même logique.

Reste que, pour Claude Baty, on a eu là une illustration de plus de « la volonté de certains laïcs d'écarter les religieux du débat public ». « Les choses se sont passées de la même façon lors de la création de l'Observatoire de la laïcité, assure-t-il. Nous avons reçu la liste de ses membres sans avoir été consultés, il n'y avait ni religieux, ni même de représentant de nos religions alors que le Comité comprenait des francs-maçons et des personnalités connues pour leur laïcité combative. Tout cela constitue une brutalité dommageable pour la démocratie ».
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   27.09.13 14:00

Les protestants en France(Eglise Réformée et Luthérienne) respectent la laïcité républicaine.
D'où la réaction ci-dessus.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   02.10.13 16:05

Peut-on justifier l’euthanasie ?(copié-collé,site non-intégriste)
L'euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine.

02.10.2013

Team Aleteia

 
      Cette position est inséparable du refus de l’acharnement thérapeutique et de la nécessité d’accompagner les malades jusqu’au terme de leur existence.

L’Eglise accompagne de sa sollicitude les personnes souffrante en fin de vie. Elle « encourage les efforts de ceux qui œuvrent quotidiennement pour garantir que les malades incurables et en phase terminale, ainsi que leurs familles, reçoivent une assistance adaptée et pleine d'amour » (Message de Benoît XVI pour la 15ème journée mondiale du malade).

L’Eglise n’ignore pas que les demandes d’euthanasie couvrent des réalités complexes : de la part des malades, il s'agit essentiellement de la souffrance et de l'isolement. Du côté des familles, les demandes sont plus complexes : réaction à une demande du patient ; difficultés à voir souffrir un proche ; lassitude de la prise en charge, qui va jusqu'à influer sur la demande du patient, avec parfois des problèmes financiers. De la part des politiques, interviennent des problèmes économiques car le maintien en vie de certains malades coûte cher.

L’euthanasie est le meurtre délibéré d’une personne en détresse. Comprise comme « une action ou une omission qui, de soi et dans l'intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur » (Evangelium Vitae, 57), elle est clairement exclue par l’Eglise.

Il convient de bien définir ce qu'est l'euthanasie et ce qu'elle n'est pas. Elle est, dit Jean-Paul II, « une action ou une omission qui, de soi et dans l'intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur » (Evangelium Vitae, n°57).

En revanche, l'euthanasie n'est pas une mort accidentelle par surdosage analgésique, lorsque le médecin cherche à calmer la douleur et qu'il doit aller jusqu'à prendre des risques pour cela. Cette attitude permet d'éliminer la notion de « douleur insupportable » mise en avant par les propagandistes de l'euthanasie. Elle n'est pas non plus la mort liée à l'arrêt des « moyens extraordinaires » dont parlait Pie XII (c'est à dire le plus souvent la « réanimation »). Il n'est pas « humain » de prolonger une thérapeutique jugée sans espoir sur des arguments sérieux.

On fait parfois la distinction entre une euthanasie active, la mort résultant alors d’un acte positif (le plus souvent une injection létale) en vue de provoquer la mort, et une euthanasie passive, résultat d’une omission également destinée à provoquer la mort. L’Eglise ne retient pas cette distinction. Ce qui fait le mal inhérent à l’euthanasie, c’est d’abord l’intention de provoquer la mort. Que cette intention se manifeste ensuite par un acte positif ou par une omission n’a qu’une importance secondaire. Ce que confirme Jean-Paul II dans l'encyclique Evangelium Vitae : « la décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite, ni comme fin, ni comme moyen en vue d’une fin bonne » (Evangelium Vitae, n°57).

Ceci n’empêche pas que certaines formes d’euthanasie soient plus ou moins graves que d’autres. Jean-Paul II distingue ainsi plusieurs degrés de gravité (Evangelium Vitae, n°66) :

La première forme d’euthanasie est celle qui résulte d’une « perversion de la pitié ». Dans ce cas, on supprime la vie du malade dans le but de lui épargner davantage de souffrance. Cependant, pour l’Eglise, « la vraie compassion rend solidaire de la douleur d’autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut porter la souffrance ».

« Le choix de l’euthanasie devient encore plus grave lorsqu’il se définit comme un homicide que des tiers pratiquent sur une personne qui ne l’a aucunement demandé et qui n’y a jamais donné son consentement ».

Enfin, « on atteint le sommet de l’arbitraire et de l’injustice lorsque certaines personnes, médecins ou législateurs, s’arrogent le pouvoir de décider qui doit vivre et qui doit mourir ».

La « liberté de choix » du patient ne justifie pas l’euthanasie. Selon certains promoteurs de l’euthanasie, celle-ci pourrait se justifier par « le principe de l'autonomie du sujet qui aurait le droit de disposer de sa vie d'une manière absolue » (Académie pontificale pour la vie, Le respect de la dignité de la personne mourante, n°2). Pour refuser un tel droit, l’Eglise se fonde sur la valeur inaliénable et sacrée de toute vie humaine.

En vertu de ce principe, de même qu’il y aurait un « droit au suicide », il existerait également un « droit au suicide assisté ». L’Eglise ne reconnaît aucun de ces prétendus droits.

Cela a été rappelé à plusieurs reprises dans son enseignement : « Le suicide est aussi inacceptable que l’homicide : car il constitue de la part de l’homme un refus de la souveraineté de Dieu et de son dessein d’amour ; souvent aussi le suicide est refus d’amour envers soi-même, négation de l’aspiration naturelle vers la vie, abdication des obligations de justice et de charité envers les proches, de diverses communautés et du corps social tout entier bien que parfois – on le sait – interviennent des conditions psychologiques qui peuvent atténuer ou même supprimer la responsabilité » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’euthanasie, 1980).

Par ailleurs, « partager l’intention suicidaire d’une autre personne et l’aider à la réaliser, par ce qu’on appelle le « suicide assisté », signifie que l’on se fait collaborateur, et parfois soi-même acteur, d’une injustice qui ne peut jamais être justifiée, même si cela répond à une demande » (Jean Paul II, Evangelium Vitae, n°66).

Une telle doctrine se fonde sur la valeur inaliénable et sacrée de toute vie humaine. Absolument aucune circonstance ne peut lui faire perdre cette valeur. En effet, « la vie humaine est le fondement de tous les biens, la source et la condition nécessaire de toute activité humaine et de toute communion sociale » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration dur l’euthanasie, 1980). L’éthique étant par définition au service de la vie humaine, toute prétendue éthique qui prétendrait servir l’homme en détruisant sa vie relèverait en réalité d’une confusion grave.

La souffrance ne justifie pas le meurtre délibéré d’une personne. Selon certains promoteurs de l’euthanasie, la justification d’un tel acte reposerait sur « le caractère insupportable et inutile de la souffrance qui peut parfois accompagner la mort » (Académie pontificale pour la vie, Le respect de la dignité de la personne mourante, n°2). Pour l’Eglise, le caractère souvent atroce de la douleur appelle à des actes de compassion et de soulagement du malade, mais jamais à sa suppression.

L’Eglise a conscience que « la mort, souvent précédée ou accompagnée de souffrances atroces et d’une longueur épuisante, demeure naturellement angoissante » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’euthanasie, 1980).

Cependant, « selon la doctrine chrétienne, la douleur – surtout celle des derniers moments de la vie – a une place particulière dans le plan salvifique de Dieu ; elle est en effet participation à la passion du Christ et union au sacrifice rédempteur qu’il a offert dans l’obéissance au Père. Aussi ne faut il pas s’étonner que certains fidèles désirent modérer l’usage des analgésiques, de façon à assumer au moins une partie de leurs souffrances et à s'unir ainsi dans une conscience pleinement éveillée à celles de Jésus sur la Croix. Toutefois, il ne serait pas conforme à la prudence de vouloir faire d’une attitude héroïque une règle générale. Pour beaucoup de malades, la prudence humaine et chrétienne conseillera souvent l’emploi de moyens médicaux aptes à atténuer ou supprimer la souffrance, même si les effets secondaires en sont la torpeur ou une moindre lucidité » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’euthanasie, 1980).

Les soins palliatifs, axés essentiellement sur l'analgésie, les soins de confort et l'accompagnement, sont souvent la meilleure réponse à la demande d'euthanasie du malade souffrant et en fin de vie. On observe souvent un changement d'attitude des patients réclamant l’euthanasie, dès lors qu'il n’ont plus mal, qu'ils reçoivent des soins adaptés, et qu'ils ne sont plus seuls. La question du soulagement de la douleur est traitée dans l’article relatif aux soins palliatifs.

Par ailleurs, les souffrances morales jouent un rôle important dans les demandes d’euthanasie. « Le malade qui se sent entouré d’une présence affectueuse, humaine et chrétienne, ne tombe pas dans la dépression et dans l’angoisse comme celui qui, au contraire, se sentant abandonné à son destin de souffrance et de mort, demande à en finir avec la vie. C’est pourquoi l’euthanasie est une défaite pour qui la théorise, la décide et la pratique » (Charte des personnels de la santé, n°149). C’est pourquoi l’Eglise encourage l’éclosion de lieux où les personnes en fin de vies peuvent être aimée et accompagnées.

Par ailleurs, le malade en fin de vie passe souvent par plusieurs états psychologiques dont les premiers sont les plus dépressifs et les derniers les plus pacifiés. Euthanasier la personne peut donc l’empêcher d’accéder aux phases plus positives qui précèdent la mort.

C'est un droit de refuser certaines thérapies. Pour l’Eglise, « chacun a le devoir de se soigner ou de se faire soigner » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’euthanasie, 1980). Mais on ne contrevient pas à ce devoir en refusant des moyens thérapeutiques extraordinaires.

Est-on tenu d’employer tous les moyens thérapeutiques existants en vue de la guérison ?

A cette question, l’Eglise répond traditionnellement que l’on n’est jamais obligé d’employer les moyens « extraordinaires » (Charte des personnels de la santé, n°149).

Il est vrai que la diversité et la complexité des techniques médicales, ainsi que l’incertitude toujours présente rendent difficile la tâche de distinguer les techniques ordinaires de celles qui sont extraordinaires.

C’est pourquoi il est précisé qu’on appréciera les moyens «en mettant en rapport le genre de thérapeutique à utiliser, son degré de complexité ou de risque, son coût, les possibilités de son emploi, avec le résultat qu’on peut en attendre, compte tenu de l’état du malade et de ses ressources physiques et morales ».

Pour faciliter l’application de ces principes généraux, la Congrégation pour la doctrine de la foi a apporté les précisions suivantes :

« - S’il n’y a pas d’autres remèdes suffisants, il est permis de recourir, avec l’accord du malade, aux moyens que procure la technique médicale la plus avancée, même s’ils en sont encore au stade expérimental et ne vont pas sans quelque risque (…).

- Il est aussi permis d’interrompre l’application de ces moyens lorsque les résultats en sont décevants (…).

- Il est toujours permis de se contenter des moyens normaux que la médecine peut offrir. On ne peut donc imposer à personne l’obligation de recourir à une technique déjà en usage, mais encore risquée ou très onéreuse. Son refus n’équivaut pas à un suicide ; il y a là plutôt acceptation de la condition humaine, souci d’épargner la mise en œuvre d’un dispositif médical disproportionné aux résultats que l’on peut attendre, enfin volonté de ne pas imposer des charges trop lourdes à la famille ou à la collectivité.

- Dans l’imminence d’une mort inévitable malgré les moyens employés, il est permis en conscience de prendre la décision de renoncer à des traitements qui ne procureraient qu’un sursis précaire et pénible, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas(…) » (Charte des personnels de la santé, n°149). Il faut noter ici que l’hydratation et l’alimentation entrent dans les soins normaux toujours dus au malade.

Il faut distinguer de l'euthanasie la décision de renoncer à ce qu'on appelle l'« acharnement thérapeutique », c'est-à-dire à certaines interventions médicales qui ne conviennent plus à la situation réelle du malade, parce qu'elles sont désormais disproportionnées par rapport aux résultats que l'on pourrait espérer ou encore parce qu'elles sont trop lourdes pour lui et pour sa famille.

Il y a des situations, lorsque la mort s'annonce imminente et inévitable, dans lesquelles on peut en conscience « renoncer à des traitements qui ne procureraient qu'un sursis précaire et pénible de la vie, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas ».

« Le refus de l'acharnement thérapeutique n'est pas un refus du patient et de sa vie. En effet, l'objet de la délibération sur l'opportunité de commencer ou de poursuivre une pratique thérapeutique, n'est pas la valeur de la vie du patient, mais la valeur de l'intervention médicale sur le patient... Le refus de l'acharnement thérapeutique est donc une expression du respect que l'on doit à tout moment au patient » (Discours de Jean-Paul II au XIX° congrès international du Conseil Pontifical pour la pastorale des services de la santé, le 12 novembre 2004, § 4).

La personne hospitalisée perd souvent contact avec sa famille. Elle est soumise à une sorte d'acharnement technologique qui porte atteinte à sa dignité. L'éventuelle décision de ne pas entreprendre ou d'interrompre une thérapie sera considérée comme éthiquement correcte si elle apparaît inefficace ou clairement disproportionnée par rapport à l'objectif de défendre la vie ou de recouvrer la santé.

C'est pourquoi, l'Eglise, en défendant le caractère sacré de la vie également chez les mourants, n'obéit à aucune forme d'absolutisation de la vie physique, mais enseigne à respecter la véritable dignité de la personne, qui est créature de Dieu et aide à accepter de façon sereine la mort, lorsque les forces physiques ne peuvent plus être soutenues.

« De là découle une ligne de conduite morale envers le malade grave et les mourants qui est contraire, d'une part, à l'euthanasie et au suicide et, d'autre part, aux formes «d'acharnement thérapeutique» qui ne représentent pas un réel soutien à la vie et à la dignité des mourants » (Discours de Jean-Paul II à l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie, 27 février 1999, §4).

POUR CONCLURE

L’Eglise ne sous-estime pas la difficulté de la médecine à réduire les souffrances des malades et accompagner la difficulté des familles : « L'Eglise, suivant l'exemple du Bon Samaritain, a toujours fait preuve d'une sollicitude particulière pour les malades. A travers chacun de ses membres et ses institutions, elle continue d'être aux côtés de ceux qui souffrent et qui vont mourir, cherchant à préserver leur dignité en ces moments significatifs de l'existence humaine… Je demande à la communauté ecclésiale du monde entier, et en particulier à ceux qui se consacrent au service des malades, de continuer … à rendre un témoignage concret de la sollicitude aimante de Dieu, notre Père » (Message de Benoît XVI pour la 15ème journée mondiale du malade).

En même temps, l’Eglise dénonce les terribles violations qui sont faites au « droit à la vie » et donc, indirectement à la paix elle-même. Elle parle des « morts silencieuses provoquées … par l'euthanasie. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix ? » C'est en effet, explique Benoît XVI, une « négation directe de l'attitude d'accueil envers l'autre, qui est indispensable pour instaurer des relations de paix durables » (Benoît XVI, Message pour la paix du 1 janvier 2007 - § 5).
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.10.13 22:26


Monseigneur Léonard et l'euthanasie: «éliminer les plus faibles pour qu'ils ne soient plus un poids pour la société»

Rédaction en ligne


Monseigneur Léonard a l’habitude de faire des déclarations choquantes. Cette fois, c’est dans l’organe du Vatican qu’il s’est exprimé. Sa cible: la loi sur l’euthanasie.

Belga


Dans l’organe du Vatican, l’archevêque de Belgique donne une interview et parle notamment de l’extension de la loi de l’euthanasie aux mineurs telle quelle est débattue en ce moment.

En gros, Monseigneur Léonard explique qu’en Belgique, un mineur d’âge ne peut pas signer de contrat, ne peut pas se marier, mais pourra décider de mourir. Il dit encore que l’on pousserait les plus faibles à signer un papier demandant l’euthanasie, pour ne plus être un poids pour la société.

« Médecins, infirmiers, personnel médical, pharmaciens s’adaptent à ma volonté et répondent à ma demande de mort », explique-t-il.

Ce qui est une interprétation qui ne plaît évidemment pas au corps médical. « Monseigneur Léonard utilise un raisonnement faussement naïf, comme si les médecins étaient là pour tuer. Il a une vision caricaturale destinée à émouvoir», réagit Dominique Biarent, responsable des soins intensifs à l’Hôpital des Enfants Reine Fabiola. Et d’expliquer le long processus qui mène à une décision.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.10.13 22:28

CITATION=
« Médecins, infirmiers, personnel médical, pharmaciens s’adaptent à ma volonté et répondent à ma demande de mort », explique-t-il.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.10.13 22:32

CITATION=

Ce qui est une interprétation qui ne plaît évidemment pas au corps médical. « Monseigneur Léonard utilise un raisonnement faussement naïf, comme si les médecins étaient là pour tuer. Il a une vision caricaturale destinée à émouvoir»,
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.10.13 22:41

Mon commentaire=
il faudrait arrêter de dire certaines conneries.
si le personnel médical s'adapte à ma volonté et répond à ma demande de mort,
comment peut-il me tuer ?
Raisonnement totalement et hypocritement absurde..
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.10.13 22:48

Définition du meurtre=
ôter la vie à quelqu'un contre son gré et avec violence.

Faut pas pousser,tout de même !

Si c'est dit exprès,cela révèle une certaine "perversité"
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.10.13 13:02

On dirait que les ecclésiastiques ont peur de l'au-delà
Ils sacralisent la vie terrestre,
il y a une ou plusieurs raisons...
Peur des flammes éternelles?
Culpabilité de n'avoir rien fait pour des catégories de personnes,mais d'avoir trop parlé à leur place?
Croient-ils vraiment en l'au-delà?Il faut bien que l'Eglise réagisse politiquement pour montrer publiquement qu'elle existe encore et toujours ?
Le non-dit religieux?est-il plus important que le non-dit médical?
Cà mérite d'être analysé...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.10.13 13:08

Admin a écrit:
CITATION=
« Médecins, infirmiers, personnel médical, pharmaciens s’adaptent à ma volonté et répondent à ma demande de mort », explique-t-il.
donc je ne peux pas être faible et vulnérable
si j'ai une volonté que des soignants respectent

L'Eglise est capable de dire vraiment n'importe quoi


ange1 PRIED AMEN 
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.10.13 13:20

CITATION=
Monseigneur Léonard et l'euthanasie: «éliminer les plus faibles pour qu'ils ne soient plus un poids pour la société»

çà ne sent pas du tout l'odeur de l'encens,ce genre de parole,çà sent autre chose,çà ne vous rappelle rien ?????????
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   08.11.13 10:44

Bioéthique : Mgr Brouwet, évêque de Lourdes, prêt à se mobiliser


L'Assemblée plénière des évêques de France se poursuit à Lourdes, lieu de prière par excellence. Au programme des débats qui se poursuivront jusqu’au 10 novembre : l'Europe à quelques mois d’élections importantes, la pastorale des jeunes adultes, l'éducation à l'affectivité, le phénomène social de l’avortement, la formation des futurs prêtres, la préparation au mariage chrétien. Les évêques de France évoquent également le drame que vivent les communautés chrétiennes au Proche et au Moyen-Orient et dans quelques autres pays du monde. Ils appuient pleinement leurs souhaits : bénéficier d'une citoyenneté pleine et entière, d'une liberté de religion non discriminante et vivre dans des pays dont la constitution civile reconnaisse la pluralité de la population.


Nous avons interviewé l’évêque de Lourdes Mgr Nicolas Brouwet. Il insiste pour sa part sur le défi que représentent les questions de bioéthique : RealAudioMP3



Une loi, ou en tout cas un projet de loi, est en préparation à propos de la fin de vie. L’idée, ça serait de réformer la loi Leonetti de 2005 pour trouver une voie à des pratiques euthanasiques. Et donc, il y a de la part des associations et des évêques, une inquiétude sur ce sujet.


Est-ce que l’ Église a tiré les leçons du débat sur le mariage homosexuel et va aborder sa résistance contre une éventuelle réforme du droit en ce qui concerne la fin de vie de manière différente ?


Moi j’espère qu’il peut y avoir une prise de conscience sur ce sujet-là. Alors, c’est vrai qu’on est dans un contexte assez compliqué en France en ce moment. C’est vrai que le gouvernement a peut-être d’autres questions sur le feu. En tout cas, moi j’ai l’intention de me mobiliser et je crois qu’il y a un certain nombre d’évêques qui sont prêts à le faire aussi.


L’épiscopat français est uni pour faire face à ces thèmes- sans parler d’opposition-mais est-ce qu’on peut parler de courants ou de façons différentes de voir les choses en ce qui concerne notamment le dialogue avec la société ?


À ce propos-là, on a en ce moment un groupe de travail sur la présence de l’Église dans la société contemporaine. Donc il y a une réflexion : « Comment on se positionne ? Comment l’Église se positionne dans la société actuelle dans les débats de société ? ». Sur le mariage gas, il n’y a évidemment pas d’unanimité, non pas sur la question elle-même mais sur la manière dont l’Église s’y prend pour faire entendre sa voix. Et c’est sûr, je crois que pour la question de l’euthanasie, c’est la même chose. Certains évêques pensent qu’il faut véritablement être présent dans les médias, d’autres pensent que ce n’est pas notre rôle et que c’est plutôt le fait d’associations laïques. Il n’ y a pas vraiment d’unanimité sur la manière de faire. Sur le message, c’est clair, on ne peut être que contre la pratique de l’euthanasie. Mais ensuite sur la manière de s’y prendre, on n’est pas tellement uni. Et en plus, on a pas tellement de méthodes de réflexion. Alors, est-ce que le nouveau président de la Conférence des évêques donnera une direction plus claire ? Ça, on va voir car on vient de changer de président, et que c’est sa première session des évêques.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   08.11.13 10:47

Tous les citoyens français ne sont pas tous catholiques...

Respectons les citoyens français athées.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   02.12.13 13:49

Allez vous faire foutre

à propos de la video


Dernière édition par Admin le 25.12.13 14:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   02.12.13 13:50

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   02.12.13 13:50

Allez vous faire foutre

à propos de la video


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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.12.13 18:24



Jacques Gaillot
Evêque de Partenia

RECEVEZ LES INFOS DE Jacques Gaillot

Mourir dans la dignité
Publication: 17/12/2013 18h24


Régulièrement le débat sur l'euthanasie est relancé lorsqu'une personne victime d'une maladie incurable et mortelle, souffre atrocement et demande une aide active à mourir. Dans l'opinion, l'émotion est considérable, car la demande est rejetée. Aujourd'hui, un "panel citoyen" propose de légaliser le suicide assisté.
Y a-t-il un droit des malades à pouvoir mourir dignement? Peut-on vouloir que la vie reste humaine jusqu'à son terme? La mort fait partie de la vie puisqu'elle l'achève. Si la vie doit être défendue et protégée, c'est vrai de la mort qui en fait partie. Personne ne peut vivre et mourir à notre place. Comment ne pas désirer avoir les moyens d'aimer la vie jusqu'au bout et de mourir dignement Comment entourer et soutenir les personnes pour que la dernière étape de la vie reste conforme à la condition humaine?
Dans les faits, la fin de vie est peu prise en charge collectivement. Le développement des soins palliatifs constitue un apport heureux. Mais beaucoup reste à faire pour lutter contre la souffrance et l'acharnement thérapeutique et pour ne pas mourir dans la solitude. C'est une question d'humanité, de compassion et de solidarité.
Quelle aide apporter, quelles solidarités susciter, pour que les malades dont la santé se dégrade, puissent continuer à vivre dans les conditions les plus acceptables ?
Notre époque a tendance à privilégier la beauté physique, la jeunesse, la compétitivité, la réussite, au point qu'on est tenté, lorsque la maladie devient implacable, de penser que la vie n'a plus de valeur et n'est plus supportable.
La question posée par l'euthanasie est celle du sens de la vie, du goût à la vie, du bonheur d'être vivant. Qu'est-ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, que la relation à soi-même et aux autres reste tonifiante? Les humains gardent toute leur valeur et vérité profonde, même lorsque la santé s'altère et que les forces diminuent.
Il y a le respect de la loi qui interdit de tuer. C'est un principe fondateur. Mais la loi ne peut pas tout. Par humanité et par compassion, on comprend que des malades puissent se trouver dans des situations d'exception. Des situations d'exception qui n'entrent pas actuellement dans le cadre de la loi mais que la loi devrait envisager. Par respect pour les malades. Dans de telles situations, il y aurait la possibilité et le droit légal de mettre fin à sa vie.
Mais va-t-on pour autant perdre goût à l'existence, et recourir inconsidérément à cette solution? Je ne le crois pas. On peut penser au contraire que conscients de cette possibilité, beaucoup seront davantage désireux de vivre, même difficilement, non parce qu'ils y sont contraints, mais par décision et choix personnels.
Avec liberté, ils choisiraient de continuer à vivre, en donnant davantage un sens et une valeur personnelle à cette dernière étape de la vie.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   19.12.13 18:32

Décidément,j'attendais un contenu moins vide de la part de Jacques Gaillot
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   25.12.13 14:14

Du non-dit a surgi dans mon esprit...L'Eglise s'acharne à s'opposer à l'euthanasie et au suicide assisté.Mais on peut penser qu'elle ne refusera aucun leg ou autre chose du même genre...D'où une mauvaise conscience ecclésiale ?je n'en sais rien,je me pose seulement la question ... ... ... à laquelle je ne m'attendais pas du tout ...
Beaucoup de veufs ou de veuves n'ont pas d'héritiers
Des personnes croyantes malades ou handicapées demanderont l'euthanasie ou le suicide assisté si elles jugent que c'est la meilleure solution dans leur situation
C'est classique et connu : on verse régulièrement des dons à la paroisse du quartier,et les obsèques sont célébrées à l'église... ... ...
Ma question ne se situe pas à mon niveau(qu'est-ce que je ferai,moi)
Ma question concerne plutôt la bonne conscience ou la mauvaise conscience des ecclésiastiques
Car nous sommes là dans un cas de figure bien réel,bien concret,bien non-dit,bien ambigü ...
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MessageSujet: L'Eglise et l'euthanasie   25.12.13 14:58

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   25.12.13 15:03

L'interview de Jean-Pierre Elkabbach 25/12/2013 - 08:18

Mgr Barbarin : Loi sur l'euthanasie ou euthanasie de la loi ?

"Ni la République ni le corps médical n'est propriétaire de la vie humaine.", affirme le cardinal Philippe Barbarin.


Mgr Barbarin, cardinal du diocèse de Lyon

Voici ses principales déclarations :

Monseigneur Barbarin, merci d'être avec nous en ce jour de Noël. D'abord, j'ai envie de vous demander si Noël a encore un sens ou si cette fête est devenue la grande célébration de la consommation.

"Un sens extraordinaire. Ça veut dire que Dieu rentre dans notre famille. C'est la très grande joie de Noël, parce que la famille humaine, elle ne s'en sort pas très bien, elle a toujours des difficultés et au bout d'un moment, Dieu, qui nous a envoyé des messagers, des prophètes etc., il dit : "Et ben je viens moi-même." Alors il se fait tout petit au milieu de nous, un enfant, c'est toujours une joie considérable, et en fait, Noël devient une fête pour tous les enfants et aussi pour les adultes, qui se rappellent que nous aussi les adultes, nous sommes des enfants."

Dans quelques heures, le pape François va prononcer sa première bénédiction Urbi et Orbi de son pontificat. Qu'est-ce que vous attendez de lui, quel devrait être son message ?

"Ça je ne sais pas, il ne m'a pas fait lire avant. De toute façon, là il vient de nous envoyer son message sur la paix, son message du 1er janvier, parce que c'est une journée mondiale de prière pour la paix. Et c'est vrai que c'est le grand message de Noël. Dans la liturgie, on appelle Jésus le prince de la paix. Et puis les anges viennent, et expliquent : "Je vous annonce une très grande joie, une bonne nouvelle pour tout le peuple : aujourd'hui, vous aimez un sauveur, gloire à Dieu et paix sur la terre." Paix sur la terre à tous les hommes parce que Dieu les aime. Donc c'est sûr que la paix est un message central. Elle manque, vous n'avez qu'à songer à la Syrie. Maintenant, je ne peux pas vous dire s'il va en parler à midi."

Alors, le pape François a été nommé homme de l'année par le magazine américain Time. Après l'intermède un peu plus traditionnel de Benoît XVI, est-ce que c'est le retour d'un pape superstar, comme l'était Jean-Paul II ?

"Vous lui feriez pas plaisir en lui disant ça. De toute façon, il a beaucoup d'impact, je ne vais pas m'en attrister, au contraire, je suis très content. Je trouve qu'il est comme vous nous le présentez dans les médias. Il est naturel, direct, fraternel, hyper simple. C'est vrai que c'est pas le même format - pardon -, la même personnalité que Benoît XVI ou Jean-Paul II. D'ailleurs, je trouve ça très bien. Souvent, on nous dit : "De toute façon, vous les catholiques, vous êtes formatés avec votre doctrine et tout." Je réponds : "Bah non. Regardez : alors c'est vrai, il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seule baptême, une seule Eglise, mais quand même, Benoît XVI et François, c'est pas du tout le même genre." Et c'est bien, ça prouve la liberté, c'est-à-dire que quelqu'un qui prend cette fonction reste lui-même. Benoît XVI est resté lui-même, il nous a fait des homélies qui étaient des chefs-d’œuvre mais il n'avait pas cette force populaire que François a. Et François il est fraternel, extrêmement simple et ça touche tout le cœur. Je m'en réjouis."

Vous le connaissez extrêmement bien, vous avez des contacts réguliers avec lui ?

"Oui, assez, par exemple la semaine dernière, c'était notre anniversaire commun : c'était ses 77 ans et moi, mes 36 ans de sacerdoce, alors on s'envoie un petit message : "Bien sûr, je n'oublie pas de prier pour toi." Comme on le faisait depuis 10 ans. Donc quand il était à Buenos Aires, on s'envoyait toujours un message le 17 décembre. Des fois, il me laisse un petit message sur mon portable ou par mail."

Vous vous contactez par SMS.

"Oui, c'est ça. C'est un homme comme ça. C'est comme ça qu'on procède avec nos évêques, je ne vois pas pourquoi on le ferait pas avec lui. C'est vrai que je ne le faisais ni avec Jean-Paul II, ni avec Benoît XVI. Les personnalités se suivent et ne se ressemblent pas forcément."

Il s'est fait remarquer depuis le début de son pontificat par son fort message social. A tel point que certains, aux Etats-Unis, dénoncent un pape marxiste. Est-ce que le pape François est un pape marxiste ?

"Ça lui fera pas peur, tout le monde sait bien que non. Cela dit, si vous voulez faire attention aux autres, c'est pas du marxisme, c'est aussi du christianisme, c'est de la charité. Lui, il a dit : "Je vais aller voir les prisonniers, je vais laver les pieds le soir du jeudi saint d'une femme qui est musulmane et emprisonnée, parce qu'elle est aimée de Dieu." Ça, c'est quelque chose que tout le monde sait. Moi, par exemple lundi soir, je suis allé passer deux heures avec 150 Albanais, des demandeurs d'asile, c'était un moment merveilleux : on a joué avec les enfants, on a mangé le goûter, on a chanté, on a parlé de leur pays. Franchement, je trouve qu'ils sont très, très bien accueillis, avec beaucoup d'attention. Il y avait beaucoup de peur, vous savez. Les gens avaient peur avant, et maintenant on voit tous les gens de la ville voisine qui apportent des vêtements, de la nourriture, qui se proposent pour leur apprendre à écrire, à lire. Finalement, les peurs tombent quand les gens sont en face de nous, c'est assez joyeux."



Le pape François a eu des propos apaisants vis-à-vis de la communauté gay, disant notamment : "Qui suis-je pour juger ?" Vous-même avez eu des propos très durs sur le mariage pour tous. Avez-vous évolué sur cette question ?



"Ben vous l'avez très bien expliqué, lui aussi a des propos très durs sur le mariage pour tous et toujours très bienveillant sur les homosexuels. Exactement comme moi. L'année dernière, j'ai dit : "Non. Le mariage, c'est une homme une femme." En Argentine, il l'a dit avec la même clarté. Cela dit, les homosexuels doivent savoir qu'ils sont aimés, écoutés, et j'en ai accueilli des quantités. D'ailleurs, d'une certaine manière, ça m'a fait faire beaucoup de progrès dans la vie de mon diocèse. C'est un principe évangélique : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugé." Cela dit, quand la Bible dit que le mariage, c'est l'union d'un homme et d'une femme, elle ne se trompe probablement pas. Parce que la Bible, c'est la parole de Dieu. Un Parlement, il dit quelque chose, après il dit le contraire, ça bouge pas mal, c'est fluctuant."

Mais vous avez eu le sentiment d'évoluer, quand même, sur cette question ?

"Oui, surtout grâce aux contacts qu'on a. Ce sont les gens qui nous font évoluer. Quand ils viennent et qu'ils nous montrent les souffrances qu'ils ont vécu, les jugements dont ils ont été les victimes, etc. on se dit : "Ah, je l'avais pas entendu, je suis content que vous me le disiez." En tout cas, son principe, à lui, de dire, "qui suis-je pour juger ?" c'est vraiment l'Evangile.

Le pape François encore, il y a quelques jours, a fait un appel aux autorités du monde entier pour que les sans-logis aient un logement. Est-ce que vous répercutez cet appel aux autorités françaises ? Faut-il trouver des logements pour solutionner ce drame du sans-logement en France ?

"C'est la raison pour laquelle justement lundi soir, je suis allé passer ce temps avec ces Albanais demandeurs d'asile, mardi soir dans la nuit même de Noël au foyer de Notre-Dame des sans-abris, parce qu'ils ont pas d'abris. Il y a une phrase du pape François qui m'a beaucoup touchée dans le message auquel vous faites allusion : "On ne voit pas une famille sans maison. Famille et maison, ça va ensemble." Ce qui m'a touché chez les Albanais, c'est qu'on leur avait donné une maison à chacun. Ça, ça m'a beaucoup touché. Parce qu'ici, la famille se reconstitue. On m'a fait entrer dans pas mal de maisons, il y avait les enfants, les parents, une boisson chaude, il y avait ci, il y avait ça... Et on était chez quelqu'un. On retrouve toute sa dignité quand on a un chez-soi. C'était vraiment beau."

A trois mois de la prochaine échéance électorale, c'est-à-dire les municipales, la conférence des évêques s'est alarmée de la montée des populismes ? Est-ce que vous vous associez à cette démarche ? Est-ce que vous avez peur des populismes ?

"Quand les choses sont taillées à la hache et grossières, c'est toujours un peu dangereux. Ce que je n'aime pas, c'est quand, dans les médias ou dans la société, on divise le monde en noir et blanc et on vous fait une présentation : d'un côté, les bons, de l'autre les méchants. Pour nous, les chrétiens, on est tous assez décevants et en même temps remplis d'amour. Dans le "Je vous salue Marie", on lui demande : "Priez pour nous, pauvres pécheurs." Bah nous, c'est tout le monde, c'est pas les autres ! On voit bien qu'on a besoin de l'aide de Dieu, d'être repris par les uns et par les autres. C'est trop facile de dire qu'il y a les bons et les méchants et surtout c'est faux. Il faut pas rentrer dans ce genre de catégorie en disant : "Tous les autres sont mauvais, mais venez avec moi ça sera bien." C'est quand même de l'illusion. Un homme politique qui se met à dire ça, il y a pas grand monde qui le croit, d'ailleurs."

Vous vous alarmez de la montée des populismes, mais en même temps, vous ne citez pas le Front national, qui est un bon exemple de parti populiste. Est-ce qu'il n'y a pas un peu d'hypocrisie derrière ça ?

"Non, parce que je ne veux pas stigmatiser en disant : "ceux-là, c'est des méchants." Il y a des idées avec lesquelles je suis en désaccord complet et profond. Voilà. Mais en même temps, les personnes, elles seront toujours aimées, quelles qu'elles soient. Il n'y a pas les bons et les méchants. Je m'oppose complètement à cette idée. Par exemple : vous voulez mettre les immigrés dehors ? Et bah moi, je fais le contraire, je vais chez eux. Vous voulez me dire qu'un mariage, ça peut être un homme et une femme ou un homme et un homme, et bien je dis non. Jésus, il dit dans l'Evangile : "Que votre oui soit oui, que votre non soit non." On a le droit de dire non tout en aimant profondément les gens."



Qu'est-ce que vous dites aux Français qui vivent aujourd'hui la crise économique et qui ont peut-être la tentation de stigmatiser l'autre, l'étranger, l'immigré ou celui qui n'est pas comme lui ?

"Que je les comprends, parce qu'en fait ils souffrent et que quand quelqu'un souffre, il y a une détresse et une violence qui sortent de lui. Et le problème, c'est de lui faire reconnaître. Avec les habitants du village où sont arrivés les Albanais, ça m'avait beaucoup touché. Au début, quand on leur avait dit que 200-300 Albanais allaient venir, ils ont eu peur, il y a eu une espèce de révolte et 6000 signatures. Maintenant qu'ils sont là, qu'ils sont paisibles, que les enfants jouent, qu'il n’y a pas du tout de difficulté sociale... Au contraire, ils apportent des vêtements, de la nourriture, ils sont d'une gentillesse et d'une présence, ils viennent pour alphabétiser. On les comprend, ces peurs. Elles viennent de difficultés objectives. On va pas les mépriser ou les ignorer. Même, on les respecte. Et après on dit qu'il faut les dépasser. Et ça, ça me réjouit beaucoup."

Sur un autre sujet qui risque de devenir un sujet phare en France au cours de l'année 2014 : la fin de vie. Est-ce que vous pensez qu'on peut se permettre d'aller plus loin, face à la détresse des familles, la souffrance des malades, qui veulent pouvoir avoir, là aussi, le libre-arbitre, qu'on les laisse mourir en paix, de manière peut-être plus paisible que ce serait à cause de soins palliatifs trop durs ?

"Ecoutez, moi j'ai frôlé la mort : infarctus, triple pontage, etc. Je me suis demandé si c'était pas dans le quart d'heure qui suivait. On a pris admirablement soin de moi. On veille énormément sur notre dignité, on fait très attention à ce que nous souffrions le moins possible. J'ai une reconnaissance énorme pour le monde médical. Je trouve qu'on doit donner un très grand respect à chaque vie humaine et d'une manière toute particulière à ceux qui souffrent. Mais au fond, ni la République, ni l'Etat, ni le corps médical n'est propriétaire de la vie humaine. On n'a pas un droit sur la vie et la mort de quelqu'un. Ça, c'est un point qui me parait fondamental. Ce qui m'avait beaucoup plus dans la loi Leonetti, c'est qu'elle avait été à l'unanimité du Parlement français il n'y a pas longtemps, 6 ou 7 ans. L'unanimité, c'est-à-dire toute la droite et toute la gauche, qui ont voté pour cette loi parce qu'elle était pleine de clarté."

Il faut en rester là ?

"Si on veut changer une loi alors qu'elle a huit ans, non mais c'est quoi, une loi ? C'est la loi sur l'euthanasie ou l'euthanasie de la loi ? Enfin il faut quand même faire attention à ce qu'on fait : une loi, c'est très important comme fondement dans une société."
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   25.12.13 15:49

eh bien moi aussi j'ai frôlé la mort plusieurs fois et de manière différente
par exemple,quand j'étais ado,suite à un évènement très malheureux,j'ai eu une très forte envie de mourir,je pense que mon désespoir à l'époque ne pouvait pas être plus grand
à l'âge de 18 ans,j'ai eu un abcès dentaire.Une nuit,j'ai souhaité ma mort.On a arraché la dent le lendemain matin.
Il y a longtemps,en traversant une rue,je n'ai pas regardé(involontairement)des deux cotés,une auto blanche a klakonné et elle est passée devant moi sans me frôler,mais j'ai bien eu conscience de ma bêtise et de l'accident évité de justesse.(accident ou décès ? )
Adolescente,je me suis évanouie à la plage à Houlgate,suite à une insolation selon le toubib.Je marchais sur le sable,puis plus rien du tout,le néant presque(aucune nde,c'est dommage ! ).Je me suis retrouvée après dans un lit..
J'ai eu quelques petites anesthésies générales comme tout le monde.Malheureusement ils se sont trop bien occupés de moi... ! ! ! ...
Gamine,je m'amusais à m'empêcher de respirer soit par jeu,soit pour faire remonter la fièvre que j'avais dans l'espoir de rester au lit...
Etc etc etc... ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   27.12.13 15:25

En général,si on est chrétien et si on frôle la mort,on ne peut que la souhaiter... ...
Le contraire est quand même plutôt étonnant !
 
CITATION =
""Ecoutez, moi j'ai frôlé la mort : infarctus, triple pontage, etc. Je me suis demandé si c'était pas dans le quart d'heure qui suivait. On a pris admirablement soin de moi".
 
Et...l'application et le respect de la loi Léonetti ??? ("laissez mourir")...???...
Triple pontage = acharnement thérapeutique
Mettre le corps médical à la place de Dieu est un genre de blasphème !
Cela ne sert à rien,le triple pontage,la mort est toujours à l'horizon(l'ouverture à l'au-delà)
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   27.12.13 15:47

Ils font un triple pontage sur un ecclésiastique
Ils ne feront jamais ce triple pontage sur une personne handicapée(même si elle le veut... ...)
Voilà comment s'opère la sélection selon la loi Léonetti ... ... ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   29.12.13 12:48

"Loi sur l'euthanasie,ou euthanasie de la loi"

En sortant de ce sujet,on peut et on doit poser la question au Gouvernement ...

L'euthanasie de la proposition 21 de François Hollande,on y assiste depuis le 6 mai 2012... ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   30.12.13 0:50

Dans son message,le Président de la Conférence des Evêques de France( C.E.F. ), Mgr Pontier aborde aussi divers sujets de société qui inquiètent les catholiques de France, dont l'euthanasie et l'avortement. Il a clairement déploré les projets du gouvernement relatifs à la fin de vie.
Il évoque « les personnes en fin de vie qui ont davantage besoin d'entendre la société soutenir auprès d'elles une présence chaleureuse, compétente et sans faille, que d'être invitées à chercher dans la mort l'issue d'une vie qu'elles ressentent trop dure ». Il s'étonne « qu'on en vienne à organiser et légaliser l'acte du suicide qui est un acte de désespoir », dans une allusion au récent avis de la conférence citoyenne sur la fin de vie, mise sur pied par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) qui s'est prononcée, lundi 16 décembre, en faveur du suicide assisté et de la création d'une exception d'euthanasie.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   30.12.13 0:58

Désinformation ....
Ce genre de suicide n'est pas du tout un acte de désespoir
Au contraire,il responsabilise les personnes que certains pro-vies ont tendance à considérer comme vunérables....Il les rend " dignes " en quelque sorte ...capables de faire elles-mêmes le choix entre la mort palliative et la mort euthanasique.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   16.01.14 16:38

Morçeau exact d'un article de La Vie ( "Hollande a-t-il séduit les catholiques" ) =

"Reste un sujet sur lequel François Hollande a indiqué vouloir trouver le consensus le plus large possible, tout en affirmant une ligne claire. Et ce sujet, c’est justement la fin de vie. Sans même attendre le rapport de synthèse que doit boucler d’ici quelques semaines le Comité national consultatif d’éthique, le président de la République a, une nouvelle fois, insisté sur sa volonté de faire adopter une loi dès cette année. Si l’on s’en tient à la formulation employée à la conférence de presse – une « assistance médicalisée » pour les personnes qui jugent souffrir d’une souffrance psychique ou physique insupportable – il pourrait s’agir de suicide assisté, autrement dit d’un dispositif plus large encore que l’euthanasie. Une option qui a fort peu de chance de rencontrer le soutien de la majorité des catholiques.

Pour Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, la réapparition du dossier de la fin de vie dans la conférence de presse du président a un but : cliver. Un objectif qui, s’il s’avère exact, s’avèrerait typiquement… sarkozyen. La « Marche pour la vie » prévue dimanche 19 janvier à Paris en présence notamment du cardinal Barbarin devrait permettre de mesurer une première fois le rapport de forces sur ce dossier emblématique ".
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   16.01.14 16:59

F.H. affirme une ligne claire ???...Trop drôle ! ! !   

Ceci dit,peut-on avoir une ligne claire par rapport à la mort ? soyons réalistes ! c'est normal que l'ambigüité humaine trouve son apogée autour de la mort,cela me semble très logique=dans la vie tout court,on est bien obligé de contrôler ou de refouler nos ambigüités,sinon personne ne passerait à l'action ! comme la mort  étant,du moins physiquement, la fin de la vie,nos ambigüités éclatent à ce moment-là.
Serais-je bête ? je n'avais pas pensé que l'objectif de F.H. était de " cliver les catholiques " car les catholiques sont déjà clivés entre eux depuis longtemps ! ! ! ...depuis plus d'un quart de siècle !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   16.01.14 17:24

Je ne pige pas trop la comparaison avec N.S.
par contre,je pige tout à fait que F.H. cherche à gagner ou à perdre du temps,
je pige que F.H.doit avoir un gros petit problème avec lui-même
je me demande si F.H. n'est pas le roi des imbéciles s'il aspire à un 2e quinquennat (identification avec Mitterrand et désir infantile de surpasser Sarkozy )
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   17.01.14 10:14

Dieu et le S.A. ( suicide assisté )
J'aurais envie de pondre une réflexion ( originale ,forcément )
Il faut que je mette en place mes idées et mes mots , si je veux être lisible et compréhensible
Je dois écrire mon non-dit à ma manière... ... ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   17.01.14 13:52

CITATION =
"Pour Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, la réapparition du dossier de la fin de vie dans la conférence de presse du président a un but : cliver. Un objectif qui, s’il s’avère exact, s’avèrerait typiquement… sarkozyen. La « Marche pour la vie » prévue dimanche 19 janvier à Paris en présence notamment du cardinal Barbarin devrait permettre de mesurer une première fois le rapport de forces sur ce dossier emblématique ".

Mon commentaire =
Si Claude Bartolone voit juste(peut-être qu'il manipule,lui aussi ? ),il faudrait que les cathos de tout bord fassent preuve d'une "intelligence politique"=dérouter François Hollande... ... ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   17.01.14 14:08

Pourquoi je veux "dérouter François Hollande " ?
Simplement le dérouter,je l'aime bien quelque part ( je crois savoir pourquoi , mais je ne peux pas écrire pourquoi parce que c'est trop complexe )
Maintenant j'ai compris que la politique est un jeu,
Le problème étant que religion et politique vont ensemble
et que si la politique est un jeu, on ne peut pas et on ne doit pas en dire autant à propos de la religion parce que la religion concerne notre rapport avec Dieu et qu'on ne rigole pas avec çà.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.01.14 15:38

P. Brice de Malherbe : « Parler d’exception d’euthanasie est une illusion »

Prêtre du diocèse de Paris et spécialiste des questions bioéthiques, le codirecteur du département « éthique biomédicale » du Collège des Bernardins à Paris (1), le P. de Malherbe, souligne le manque de cohérence de l’avis sur la fin de vie.

16/12/13 - 18 H 00 journal La Croix

– Que retenez-vous de cet avis ?

– P. Brice de Malherbe : Plusieurs choses me frappent. Premièrement, il comporte des aspects positifs, comme la nécessité, déjà soulignée dans le passé par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ou le rapport Sicard, de mener une réflexion sur la mort, la souffrance et la douleur, au-delà de certains faits divers médiatisés. Les auteurs évoquent aussi l’indispensable articulation entre les dimensions palliatives et curatives de la prise en charge des patients, mais aussi la formation des soignants et l’information des générations concernant la mort. Enfin, il faut se féliciter que le texte relève que la fin de vie est une phase de la vie.

En revanche, je relève un vrai problème de cohérence. Comment peut-on affirmer qu’il faut à la fois former des médecins aux soins palliatifs et exiger d’eux des gestes provoquant délibérément la mort du patient ? De même, est-il possible de dire que nul ne peut disposer de la vie d’autrui sans son consentement, et en même temps proposer une exception d’euthanasie lorsqu’il est impossible de recueillir le consentement direct du patient ? Ce sont là deux graves incohérences. Je ne suis pas sûr que cet avis nous aide à clarifier le débat.

– Pourquoi ne pas accepter l’exception d’euthanasie ?

– P. B. M. : Euthanasier sans consentement revient à commettre un meurtre. Or, comme le soulignait le rapport de Didier Sicard, l’euthanasie développe sa propre dynamique. Autrement dit, elle résiste à tout contrôle efficace et tend à s’élargir. Par conséquent, ouvrir l’euthanasie reviendrait à l’ouvrir de manière large. On le voit en Belgique, où le Sénat vient d’adopter la possibilité d’euthanasier des mineurs sous certaines conditions. Parler d’exception d’euthanasie est une illusion. Soit l’euthanasie n’est pas conforme au respect réel des patients, et on en reste là ; soit on veut l’autoriser, et l’on sort un jour ou l’autre du régime d’exception.

– L’avis ne brouille-t-il pas les définitions de l’euthanasie et du suicide assisté ?

– P. B. M. : De fait, le texte introduit un certain flou. Cette confusion nous avait amenés, dans le cadre d’une étude sur la fin de vie, à adopter une définition claire de l’euthanasie. Elle est d’ailleurs reprise par une partie des citoyens qui ont élaboré l’avis : il s’agit de l’acte délibéré d’un tiers entraînant la mort d’un malade. Mais les auteurs du rapport semblent hésiter entre plusieurs définitions.

– Cette confusion est-elle révélatrice de celle qui traverse la société sur ce sujet ?

– P. B. M. : Nous sommes tous traversés par une ambivalence. Face à la mort, nous sommes à la fois en proie à la résignation et à la révolte. C’est pourquoi il est important d’observer la plus grande prudence quant à l’accompagnement de la fin de la vie, particulièrement chez les personnes confrontées directement à la mort.

Si nous faisons confiance aux ressources des soignants qui s’appuient sur une anthropologie unifiée, c’est-à-dire prenant en compte toutes les dimensions de la personne humaine, et sur une éthique du lien social, nous continuerons à progresser dans la prise en charge de la fin de vie. Mais toute législation autorisant un acte permettant délibérément la mort, qu’il soit sur demande ou non, représenterait un couperet mettant fin aux efforts des soignants pour améliorer le soin des patients en fin de vie.
RECUEILLI PAR LOUP BESMOND DE SENNEVILLE


(1) Auteur, avec le philosophe Dominique Folscheid, de Fin de vie : penser les enjeux, soigner les personnes, Éditions Parole et silence, 82 pages, 10 €.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   18.01.14 16:29

* les euthanasies clandestines se pratiquent tous les jours dans les hôpitaux français en 2014.
*Léonetti a permis l'ouverture vers l'euthanasie...en refusant l'acharnement déraisonnable.
*l'acharnement thérapeutique a-t-il disparu pour laisser la place à l'acharnement palliatif ?
*le manque de cohérence entre le rapport Sicard,l'avis du Conseil National de l'Ordre des Médecins,
le CCNE et la conférence citoyenne est soit le miroir de l'incohérence de François Hollande,soit la prolongation de son incohérence.La question serait de savoir si c'est volontaire ou non .
*on peut passer facilement de l'éthique du lien social à la "comunion des saints",la mort étant un passage obligé..
*Pourquoi améliorer le soin des patients en fin de vie ?pour la recherche médicale ?pour la survie économique des unités de soins palliatifs ?pour autre chose ? autant se préoccuper davantage du palliatif au cours de la vie...
*Ambivalence ou pas,il faut laisser le choix aux patients.Les Directives Anticipées respectées de part et d'autre sont une forme de liberté en fin de vie....
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 20:55

Euthanasie : les évêques de France rappellent le caractère « fondamental » de l’interdit de tuer


16/1/14 - 15 H 36 journal La Croix


Les évêques de France ont choisi d’intervenir tôt dans le débat qui s’annonce sur la fin de vie. Jeudi 16 janvier, le conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) a publié une déclaration intitulée Fin de vie : pour un engagement de solidarité et de fraternité.

Alors que l’on ne connaît encore ni le calendrier ni les intentions précises du gouvernement, mais alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s’est prononcé jeudi contre l’euthanasie passive de Vincent Lambert, un jeune paraplégique en état de conscience minimale depuis cinq ans, ils rappellent qu’instaurer une aide active à mourir confronterait la société à des « décisions inhumaines ».

Lors de sa conférence de presse mardi, le président de la République, François Hollande a souhaité qu’un texte de loi permette, dans un cadre « strict », à une personne majeure atteinte d’une maladie incurable de demander « une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité ». Une formule ambiguë qui peut très bien désigner les soins palliatifs… Il a également dit souhaiter qu’un tel texte soit voté « sans polémique, sans divisions, simplement dans l’idée qu’un changement est possible pour rassembler toute la société ».

Rupture « fondamentale »

De fait, aucune annonce n’a été faite quant aux projets du gouvernement : autorisation du suicide assisté (comme l’a récemment suggéré un « panel de citoyens ») ? euthanasie par un tiers (comme le réclament certaines associations) ?

Pour autant, les évêques ne sont pas dupes : ils savent la volonté du gouvernement d’intervenir dans ce dossier, et constatent « les campagnes médiatiques de promotion d’une nouvelle loi ». Et dans tous les cas, ils rappellent qu’autoriser une aide active à mourir – quelles que soient ses modalités – constituerait une rupture « fondamentale ».

« Aider un malade à mettre lui-même fin à ses jours ou provoquer délibérément la mort d’un patient à sa demande, ce qui est proprement appelé euthanasie, sont inacceptables », déclarent les évêques, qui s’inquiètent de voire « notre société chercher à “esquiver la mort” ».

« Personne ne peut provoquer délibérément la mort, fût-ce à la demande d’une personne gravement malade, sans transgresser un interdit fondamental », poursuit la déclaration. « “Tu ne tueras pas” demeure une exigence morale majeure de toute société, et, pour les croyants, un commandement de Dieu. C’est le fondement de toute vie sociale respectueuse d’autrui, spécialement des plus vulnérables ».

« Une charge pour leurs proches »

La CEF est, bien sûr, consciente des interrogations qui traversent la société sur le caractère « irréversible » de certaines affections, sur les souffrances de certains patients en fin de vie… Auteur de la loi du même nom, adoptée en 2005, le député Jean Leonetti a récemment proposé de transformer en « droit » la possibilité déjà existante de soulager les malades arrivés au stade terminal avec des anti-douleurs au point de leur “abréger la vie”.

De son côté, le professeur Didier Sicard a envisagé dans son rapport remis le 18 décembre 2013 au président de la République la possibilité d’une aide médicalisée au suicide « pour une personne en fin de vie et en situation de détresse ».

« Nombre de nos contemporains, en raison d’une maladie, d’un handicap ou de leur âge, se sentent devenus une charge pour leurs proches et un poids pour la société », constatent les évêques. « Ils souffrent de leur solitude, de l’indifférence d’autrui, du regard porté sur eux dans une société axée sur les valeurs d’autonomie et d’efficacité. Ceux qui en viennent à douter de la valeur et du sens de leur vie ont besoin d’accompagnement, de solidarité et de soutien dans l’épreuve. N’aurons-nous rien d’autre à leur proposer que de mettre fin à leur existence ? »

Respect dû à toute personne

La déclaration du conseil permanent s’interroge aussi sur la difficulté d’articuler la lutte contre le suicide – particulièrement chez les jeunes et les personnes âgées – et « en même temps (s)a promotion ».

« Qui deviendrait le juge des vies qui ne valent plus d’être vécues ? Il serait discriminatoire d’estimer aussi différemment la valeur de la vie des uns et des autres », notent-ils.

Réaffirmant leur « conviction profonde » qu’un changement législatif « ne peut avoir pour objectif que de rendre plus manifeste le respect dû à toute personne en fin de vie », ils redisent à la fois leur refus de l’acharnement thérapeutique et de l’acte de tuer. Et leur souhait de voir le gouvernement encourager plutôt « le développement des soins palliatifs et le renforcement des solidarités familiales et sociales ».
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 21:10

Pour l'Eglise protestante, la dépénalisation de l’euthanasie serait « regrettable et dangereuse »

17/1/14 - 12 H 42 la Croix

Après les évêques catholiques, la Fédération protestante de France a pris position, à son tour, contre la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, alors qu’un projet de loi sur la fin de vie pourrait être déposé devant le Parlement d'ici à la fin de l’année.

Dans un texte rendu publique jeudi 16 janvier, et intitulé « Vivant jusqu’à la mort », la FPF reconnaît que « dans bien des cas, la manière dont la fin de vie est vécue dans notre pays n’est pas satisfaisante » : « Bien que, selon notre foi, écrivent les protestants, nous croyions que personne n’est entièrement maître de sa vie et que la dignité et la valeur irréductible d’un être humain ne dépendent en rien des conditions extérieures ni même de son état physique ou psychique, nous entendons ces craintes et considérons que la société doit chercher à y répondre. »

Rendre « plus claire la possibilité de sédation en phase terminale »

Le document un texte bref rédigé par deux théologiens puis examiné par les membres du conseil de la FPF, rappelle que « le développement des soins palliatifs est déjà à même de répondre à bien des besoins » et encourage à leur développement ainsi que la promotion d’« une culture des soins palliatifs dans l’ensemble des services concernés par l’accompagnement de la fin de vie ».

D’autre part, il souligne que la loi Léonetti, depuis 2005 décourage déjà l’acharnement thérapeutique : « Face à des douleurs insupportables, il est possible de proposer des sédations en phase terminale qui soulagent le patient en le rendant inconscient, même si ce traitement peut parfois avoir également pour effet d’abréger la vie ».

Fort de ces constats, le texte de la Fédération tout en ouvrant la porte à une amélioration de la loi – « en particulier en rendant plus claire la possibilité de sédation en phase terminale ou en précisant la nécessité du caractère collectif des décisions » – estime qu’il serait « regrettable et dangereux que l’euthanasie soit dépénalisée et inscrite d’une manière ou d’une autre dans la loi ».

« Elle pourrait même susciter chez certains une sorte de “devoir” de quitter la vie »

La FPF énumère les risques qu’un changement législatif entraînerait : « Autorisant à donner ou à faciliter la mort, (il) ne pourrait qu’ébranler la confiance que la personne peut faire à son entourage. Elle pourrait même susciter chez certains, par souci de ne pas peser sur les leurs ou même la société, une sorte de “devoir” de quitter la vie ». Sans compter les dérives que pourraient entraîner les contraintes économiques qui pèsent déjà sur l’hôpital.

« Lorsqu’on confie son corps au médecin c’est bien dans la perspective d’une guérison, et si elle n’est pas possible, en vue d’un accompagnement le plus loin possible, et cette confiance-là, à la fois individuelle et collective à l’égard du corps médical, ne peut être trahie par un passage à l’acte d’euthanasie», appuie François Clavairoly.

Il relève du reste que « la loi Léonetti, qui est une bonne loi, est toutefois sujette à interprétations différentes ce qui montre bien qu’une loi ne peut régler mathématiquement tous les problèmes. Le cas de Vincent Lambert montre la richesse de la loi et en même temps sa limite ».

« Un texte de référence qui se veut une interpellation plus qu’une condamnation »

L’assistance médicalisée pour une fin de vie, qui se rapproche du suicide assisté, doit rester « une transgression de la loi » pour la Fédération protestante de France. « Je ne crois pas qu’on puisse demander au corps médical qui est là en vue de la vie de poser un acte mortel », insiste François Clavairoly. « Même l’inscription d’une loi ne résoudra pas la difficile prise de décision en conscience de la famille, du malade, du corps médical : il y a une responsabilité qui incombe de toute façon à chacun. La loi n’exonère pas de la responsabilité ».

Toutefois la Fédération estime qu’il faut prendre au sérieux certains cas extrêmes et d’être attentif à la singularité de chaque cas. « Nous avons voulu donner un texte de référence qui se veut une interpellation, plus qu’une condamnation, précise le pasteur Clavairoly. Il est possible qu’un jour une loi passe dans ce pays, mais à nos yeux la responsabilité reste engagée pour l’ensemble des personnes concernées. Il ne faudra pas se cacher derrière la loi pour s’éviter une réflexion sur le sens de la vie. La vie est précieuse dans la mesure où ce sont les relations qui la nourrissent et lui donnent toute sa valeur. Or certains demandent le suicide car ils se perçoivent sans valeur et c’est cela qui est dramatique».
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 21:24

CITATION =
"Or certains demandent le suicide car ils se perçoivent sans valeur et c’est cela qui est dramatique».

Mon commentaire =
N'est-ce pas de la désinformation simplette ?
Il est plus qu'évident que les médecins ne vont pas "confirmer" n'importe quelle demande de suicide,ils ont un minimum de jugeotte tout de même !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 21:46

« Vivant jusqu’à la mort ». Texte de la Fédération protestante sur la question de la fin de vie
 
Eléments de réflexion de la Fédération protestante de France sur la fin de vie.
 
 
Communiqué  – 16 janvier 2014
 
Le texte en pdf
 
La Fédération Protestante de France est consciente que, dans bien des cas, la manière dont la fin de vie est vécue dans notre pays n'est pas satisfaisante. Elle se vit le plus souvent à l'hôpital, hors du cadre familier de la personne, et fréquemment dans une certaine solitude, apparaissant ainsi angoissante pour nombre de nos contemporains.
Par ailleurs, bien des gens appréhendent la perte de leur autonomie et souhaitent pouvoir échapper à ce qu'elles considèrent comme une mort indigne.
Bien que, selon notre foi, nous croyions que personne n'est entièrement maître de sa vie et que la dignité et la valeur irréductible d'un être humain ne dépendent en rien des conditions extérieures ni même de son état physique ou psychique, nous entendons ces craintes et considérons que la société doit chercher à y répondre.
 
Il est vrai que, trop souvent, par manque d'informations, certaines personnes n'ont pas une conscience très claire des possibilités actuelles au niveau médical et législatif.
 
D'une part, le développement des soins palliatifs est déjà à même de répondre à bien des besoins en prenant soin des souffrances physiques et en accompagnant psychologiquement, voire spirituellement, les personnes dans les derniers jours de leur vie. Il est nécessaire de développer de tels services et plus encore, de favoriser une culture des soins palliatifs dans l'ensemble des services concernés par l'accompagnement de la fin de vie.
 
D'autre part, sait-on assez que, depuis 2005, la loi a évolué et ouvert des possibilités qui répondent déjà largement aux besoins et aux angoisses des personnes en fin de vie. Chaque patient est ainsi en droit de refuser toute obstination déraisonnable et même de refuser tout traitement. Face à des douleurs insupportables, il est possible de proposer des sédations en phase terminale qui soulagent le patient en le rendant inconscient, même si ce traitement peut parfois avoir également pour effet d'abréger la vie.
 
La loi peut certainement être améliorée, en particulier en rendant plus claire la possibilité de sédation en phase terminale ou en précisant la nécessité du caractère collectif des décisions à prendre dans ces situations extrêmes. Mais il nous semble qu'ainsi complétée, elle répond très largement aux situations dramatiques qui peuvent se produire.
 
Par ailleurs, si toute demande de mettre fin à ses jours doit être entendue comme un appel, il est extrêmement difficile de déterminer dans quelle mesure cette demande est destinée à durer. Nombreux sont les cas où une attention affectueuse et un accompagnement de la personne dans ses différents besoins ont abouti à un apaisement réel et à la fin de la demande.
 
Actuellement, la société dans son ensemble - et cela concerne en particulier les soignants qui ont une responsabilité particulière - est perçue comme devant apporter aide et soutien. Un changement de la loi, autorisant à donner ou à faciliter la mort, ne pourrait qu'ébranler la confiance que la personne peut faire à son entourage. Elle pourrait même susciter chez certains, par souci de ne pas peser sur les leurs ou même la société, une sorte de « devoir » de quitter la vie.
 
En outre, le poids des contraintes économiques qui prennent une place toujours plus grande dans notre société – et dans notre système de soins - laisse craindre la possibilité de dérives qu'il est facile d'imaginer.
Le conseil de la FPF considère donc qu'il serait regrettable et dangereux que l'euthanasie soit dépénalisée et inscrite d'une manière ou d'une autre dans la loi.
Une telle affirmation n’empêche pas toutefois de prendre au sérieux la possibilité, dans des cas extrêmes, de répondre à la demande du patient d’une assistance médicalisée pour une fin de vie. Par cette assistance médicalisée s’exprimerait, dans le discernement commun et dans la confiance réciproque, non seulement la reconnaissance de la dignité et de la volonté du patient, mais aussi et surtout la pleine solidarité du corps social tout entier qui accompagne un de ses membres jusqu’à la fin, solidarité de la famille, des proches et du corps médical.
 
Mais une loi ne pourra jamais répondre à tous les cas de figure et on peut imaginer que des situations demeureront dans lesquelles les soignants pourront en conscience penser qu'accéder à la demande d'une personne qui souhaite mourir sera la seule réponse possible. S’il est important que cela demeure une transgression de la loi, il l’est plus encore d’être attentif à la singularité de chaque situation, et d’accompagner les patients, leur entourage, les médecins et le personnel soignant dans ces moments ultimes, où la conscience de chacun est engagée.
 
En effet, nous croyons que la vie est donnée par Dieu, qu’elle n’est pas sacrée en elle-même et qu’elle prend sa pleine signification selon le cadre relationnel dans lequel elle s’inscrit. C’est à protéger ce cadre que la loi doit veiller ; c’est à le rendre toujours plus vivant et respectueux de chacun que nous voulons contribuer.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 21:55

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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   20.01.14 22:25

Je me cite =
" Je ne pige pas trop la comparaison avec N.S."

N.S.voulait séparer Droite et extrême-droite
Effectivement,on peut comprendre que F.H.veuille faire pareil..
Il le ferait tellement bien qu'il sépare aussi Gauche et extrême-gauche ?

??? ??? ???
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.01.14 18:48

Bioéthique - 22 janvier 2014
Notre regard sur la fin de vie
 
revenir au sommaire

En lien avec la déclaration du [url=http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/lexique/definition.html?&lexiqueID=29&Expression=Conseil permanent]Conseil permanent[/url] du 16 janvier 2014, le Conseil Famille et Société a publié le 17 janvier 2014, une réflexion sur la fin de vie. Ce texte, beaucoup plus long, cherche à faire saisir la complexité des questions que soulève la fin de vie et à aider les catholiques, particulièrement celles et ceux actifs dans le domaine de la santé, à entrer en dialogue avec leurs contemporains sur ce sujet sensible.
 
Organisme qui reçoit délégation de l'Assemblée plénière des évêques.



La question de l'euthanasie revient avec une certaine régularité dans le débat public. Nous y sommes tous sensibles parce que concernés à un moment ou un autre de notre existence, mais plus particulièrement les soignants, les proches des personnes en fin de vie et celles et ceux qui sont engagés dans la pastorale de la Santé, dans les Aumôneries des hôpitaux ou dans la pastorale des personnes handicapées. Accompagner des personnes en fin de vie et leurs proches, est une expérience qui fait naître beaucoup de questions. Dans des situations concrètes de grande souffrance, la position de l'Eglise catholique, qui refuse l'euthanasie et l'assistance au suicide, demande à être fondée et éclairée pour être reçue et expliquée à d'autres.

Dans cette perspective, en lien avec la déclaration du [url=http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/lexique/definition.html?&lexiqueID=29&Expression=Conseil permanent]Conseil permanent[/url] du 16 janvier 2014, la note du Conseil Famille et Société souhaite partager quelques réflexions avec ceux et celles qui sont confrontés à ces situations de fin de vie et avec les acteurs catholiques dans le champ de la santé, souvent en situation de dialogue et de débat sur ces questions importantes. Se fondant sur ce que les chrétiens reçoivent de la Révélation en Jésus-Christ, ce document veut donc aussi prendre appui sur le terrain de la raison. En amont et indépendamment de tout projet législatif, le texte vise à faire saisir la complexité de l'accompagnement de la fin de vie où il s'agit à la fois d'entendre les souffrances individuelles et collectives qui s'expriment, de mesurer la difficulté à affronter la mort et la souffrance, et de rappeler le devoir impératif d'accompagner toute vie humaine. Ce faisant le Conseil Famille et Société poursuit sa contribution pour aider les chrétiens à entrer en dialogue avec leurs contemporains sur des sujets de société difficiles. C'est leur vocation d'être toujours prêts à « rendre compte de l'espérance qui les habite », et à le faire « avec douceur et respect ». (1 Pierre 3, 15-16)
 

Après la loi du 22 avril 2005 révisant la législation relative aux droits des malades et à la fin de vie, on pouvait penser avoir atteint un sage équilibre mettant à l'abri pour l'avenir des dérives émotionnelles et des manipulations partisanes. La loi du 22 avril 2005, dite « loi Leonetti », venait encadrer la fin de vie et les droits du malade.

Les grands principes de la loi Leonetti peuvent être résumés de la façon suivante :
1. Demeure l'interdit fondamental de donner délibérément la mort.

2. Elle énonce l'interdiction de l'acharnement thérapeutique, c'est-à-dire l'obstination déraisonnable (L. 1110-5 CSP alinéa 2) d'administrer des actes « inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie. »

3. Le respect de la volonté du patient s'il est en état d'exprimer sa volonté doit être respectée pour apprécier le caractère « déraisonnable » de certains actes médicaux. Sinon, c'est le médecin qui prend la décision, après avoir recherché quelle pouvait être la volonté du patient (existence de directives anticipées, consultation de la personne de confiance, de la famille), et avoir respecté une procédure collégiale.

4. La loi fait obligation au médecin de soulager la douleur, de respecter la dignité du patient et d'accompagner ses proches. Quand les traitements curatifs cessent, la loi demande qu'on dispense les soins palliatifs.

5. La protection des différents acteurs est assurée par la traçabilité des procédures suivie.
 
Au-delà des clivages politiques, elle avait été votée à l'unanimité, aussi bien à l'Assemblée Nationale qu'au Sénat. Cette loi condamne donc l'obstination déraisonnable, encadre la limitation et l'arrêt des traitements, favorise les soins palliatifs et cherche à mieux prendre en considération la volonté de la personne malade. Elle accepte qu'un traitement destiné à soulager la douleur puisse avoir comme effet secondaire d'abréger la vie du malade, mais elle maintient l'interdiction de tout acte visant directement à provoquer la mort.

Or, trois ans plus tard déjà, lorsque la commission parlementaire d'évaluation de la loi, dirigée à nouveau par M. Leonetti, rend son rapport de plus de 300 pages le 28 novembre 2008, la question du choix de la mort resurgit : certains jugent les conclusions de la commission trop immobilistes. De fait, la question de l'euthanasie continue à interroger notre société à travers la présentation médiatique récurrente - et souvent tronquée - de certains cas tragiques, singuliers et très douloureux. A chaque fois, la gravité de la situation et la souffrance de la personne suscitent une émotion collective, souvent sciemment orchestrée, qui semble ne pouvoir se traduire que par une nouvelle demande de légalisation de l'euthanasie.

Ainsi, en 2012, des sondages font état de la volonté croissante d'une grande majorité des sondés de pouvoir demander que le médecin les aide à mourir en cas de situation de fin de vie jugée insupportable [1]. Depuis l'introduction de la question de l'euthanasie dans le débat public par le Manifeste de trois prix Nobel le 1er juillet 1974 [2], des propositions de lois sont régulièrement déposées par des députés ou des sénateurs qui souhaitent une évolution de la législation française. Dans les pays qui ont légalisé ou dépénalisé l'euthanasie, comme la Belgique, il serait illusoire de croire que le débat est clos : au contraire, les demandes de réformes législatives se poursuivent jusqu'à envisager l'euthanasie pour les mineurs ou les personnes handicapées. Les citoyens se trouvent ainsi placés en état d'insatisfaction permanente devant les lois, même les plus soigneusement élaborées, car celles-ci se révèlent incapables de régler toutes les situations qui se présentent.

Ce constat invite à prendre la mesure des questions que soulève la médicalisation actuelle de la fin de vie. Il y a tout d'abord des difficultés humaines pour lesquelles aucune loi ne peut apporter de solution. Il s'agit ensuite d'évaluer quelques arguments avancés par les partisans de l'euthanasie et de l'assistance au suicide au regard de la complexité des situations de fin de vie.


1. Reconnaître l'importance et les limites de la loi


La question de la fin de vie est complexe et fait apparaître de graves divergences de vues sur le sens de la vie elle-même. Certains considèrent que le médecin respecte la dignité du patient en fin de vie lorsqu'il lui administre une injection létale ; d'autres pensent que le respect de la dignité de la personne passe par la mise en œuvre de soins palliatifs. Dans cette diversité d'approches, se jouent les choix éthiques déchirants entre la responsabilité sociale du corps médical et la demande de la personne en fin de vie. Des divergences profondes apparaissent dans la façon de considérer la personne dans sa dignité et ses droits.

Divergences d'autant plus insurmontables que la question de la fin de vie touche l'émotion de chacun devant la souffrance, - la sienne ou celle de l'autre -, face à l'épreuve de la dégradation physique et le sentiment de ne pouvoir rien faire. Une émotion qui vient parfois perturber le jugement éthique.

Aujourd'hui, les fins de vie sont de plus en plus médicalisées et solitaires et, selon les sondages, l'engagement religieux ne semble pas fondamental pour dessiner la frontière entre les partisans de l'assistance au suicide et ses opposants [3]. Comme chrétiens, vivant dans une culture qui refuse de reconnaître la mort et la souffrance comme parties intégrantes de la vie humaine, nous partageons bien les interrogations qui surgissent face à une fin de vie jugée interminable. Nous nous retrouvons en communion avec les femmes et les hommes qui, ne partageant pas notre foi, sont confrontés aux mêmes grandes questions
de l'existence humaine, et manifestent le même souci de respecter la vie, de sa conception jusqu'à la mort naturelle.

Nous croyons que la foi chrétienne est porteuse d'une vision de l'homme et d'un sens de l'existence qui peuvent être partagés avec d'autres. L'expérience suscitée par la foi contribue à révéler le sens de ce qu'est vivre, souffrir et mourir. C'est à partir de là que nous pouvons mieux cerner ce qui peut être demandé à la loi et ce qui relève d'autres registres.


1.1 Difficultés nouvelles pour penser la mort aujourd'hui


Penser la mort est une difficulté contemporaine. Certes, cette difficulté n'est pas nouvelle puisqu'elle était déjà abordée par les philosophes stoïciens, mais elle a tendance à s'intensifier dans un monde en pleine mutation et dans une société de plus en plus sécularisée qui a du mal à accepter la finitude naturelle. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette difficulté croissante.

Il y a d'abord l'impossibilité individuelle de se représenter « sa » mort. Freud soutenait à cet égard que « la mort propre est irreprésentable et aussi souvent que nous en faisons la tentative, nous pouvons remarquer qu'à vrai dire nous continuons à être là en tant que spectateur ». D'où l'idée que personne ne croit à sa propre mort, et que « dans l'inconscient chacun de nous est convaincu de son immortalité [4]. » Le déni de la mort est ainsi lié à l'irreprésentable de sa propre mort, mais aussi à l'angoisse devant la perte du proche. Le sujet occidental aurait d'autant plus tendance à se protéger de l'idée de la mort, que le confort de la vie contemporaine s'accommode mal de la radicalité de la perte. Le fait qu'il n'y a plus rien à faire et que la séparation est définitive, nous renvoie à nos limites et à notre finitude, d'où une difficulté à faire face à la mort.

Il y a ensuite la disparition des rites sociaux du deuil. La ritualité collective autour de la mort s'est effacée de la cité : il n'y a plus de veillée autour du mourant, plus de signes extérieurs pour les personnes en deuil, plus de représentation collective de la mort banale, avec, au contraire, une intensité émotionnelle et médiatique très significative autour des morts brutales. Notre société recherche de nouveaux rites face à la mort comme, par exemple, celui du rassemblement et de la marche blanche. Cependant, ce sont davantage des exutoires de l'émotion collective et de l'indignation qu'une prise en charge de la confrontation à la mort. S'il soutenait l'irreprésentabilité de la mort de l'inconscient, Freud exhortait cependant à faire à la mort la place qu'elle devrait avoir dans nos pensées conscientes. Une préparation à la mort est nécessaire pour sortir de l'illusion d'y échapper. C'est un enjeu essentiel de l'accompagnement en fin de vie de la personne malade et de ses proches.

La pensée de la mort, et plus précisément l'élaboration d'outils psychiques et de valeurs communes concernant l'affrontement de chacun à sa propre mort, est en déficit. La pauvreté rituelle des cérémonies de funérailles pour ceux qui n'ont pas de références religieuses en est une illustration. En parallèle, les travaux des psychologues sur le cheminement subjectif du deuil sont nombreux, et s'affirme davantage aujourd'hui le vœu de mettre en place un accompagnement personnalisé des personnes en deuil. C'est en soi positif, mais cette privatisation du deuil, corrélative de l'absence de rites sociaux du deuil, ne facilite pas l'élaboration d'une pensée collective de la mort. La revendication d'euthanasie et d'assistance médicale au suicide intervient dans ce contexte d'une privatisation de la mort et d'un affrontement très autarcique de chacun à sa propre mort. Cet affrontement semble accusé par le fait qu'aujourd'hui 58 % des personnes décèdent dans un établissement de santé, loin de leurs proches. Mais est-ce qu'une loi peut aider à mieux penser la mort et à réinventer des rites sociaux de deuil ?


1.2 Maintenir les relations jusqu'au bout


La solitude devant la mort est source d'angoisse. La solitude des mourants est, selon l'expression du sociologue Norbert Elias, un des signes majeurs de la « froideur culturelle occidentale ». Froideur des fins de vie médicalisées où la technicité peut se révéler « sans âme » [5]. Froideur des fins de vie vécues dans l'isolement quand la structure familiale fragilisée et éclatée ne peut plus prendre en charge les malades, les handicapés et les personnes âgées. Notre société individualiste a du mal à imaginer la manière d'être présent dans ces derniers moments de la vie, souvent expulsés de la cité. S'il n'existe pas nécessairement une manière de bien mourir, le vrai respect de la dignité humaine exige de mourir en sachant qu'on demeure relié aux autres. Une partie des demandes d'euthanasie pourrait s'inscrire dans cette peur - qui n'est pas dénuée de fondements - de ne pas demeurer jusqu'au bout relié au monde des vivants. L'intitulé du Rapport de la Commission de réflexion sur la fin de vie dirigée par le Professeur Didier Sicard et présenté au Président de la République le 18 décembre 2012, Penser solidairement la fin de vie, est à ce titre indicateur de ce souci.

L'homme est un être relationnel. Chaque être humain naît d'une relation et se construit en tant que personne à travers les relations qu'il tisse avec d'autres. L'interdépendance est constitutive de l'être humain. L'autonomie et la liberté n'existent pas en faisant abstraction des autres mais uniquement dans une relation ajustée aux autres. La dépendance d'un nouveau-né fragile et vulnérable ne pose de problèmes à personne. En revanche, la dépendance d'une personne âgée est souvent perçue comme dégradante. Cela provient, notamment, de l'idéal totalitaire de la santé du corps qui prévaut dans notre société et qui plonge dans l'exclusion tous celles et ceux qui ne participent pas de cet idéal de la perfection physique et de l'éternelle jeunesse. Combattre cette exclusion passe par une mise en cause de ce diktat, solidement ancré dans l'imaginaire collectif et quotidiennement entretenu par les publicités. Il s'agit de faire valoir la priorité de la relation avec la personne.

Pour le chrétien, quand bien même la personne serait atteinte d'une maladie ou d'un handicap altérant ses capacités cognitives et relationnelles, il ne serait pas possible de la déclarer « morte socialement ». La foi chrétienne nourrit la conviction que la valeur de la personne n'est pas attachée à son utilité ni à une liste de qualités physiques, intellectuelles qui lui permettent d'entrer en relation. Mais ce n'est pas là une conviction particulière aux chrétiens ; ces mêmes principes fondent la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ainsi que la déontologie médicale. Les uns et les autres, nous attestons une fraternité en humanité qui demeure, y compris en fin de vie, lorsqu'une personne est entièrement remise entre les mains d'autrui. Face à cette situation, les chrétiens sont appelés à faire mémoire de Jésus, crucifié hors de la ville (Jean 19, 20), comme s'il était mis au ban des relations humaines et qui, ressuscité des morts, devient le contemporain de chaque être humain. Nul désormais n'est plus seul, même au moment de sa mort. Le Christ est à ses côtés. Les chrétiens se reconnaissent requis de manifester concrètement la proximité du Seigneur par leur présence fraternelle auprès de la personne en fin de vie. Ils attestent ainsi qu'elle demeure, jusqu'au bout, membre de notre humanité sauvée, et accompagnée par Celui qui nous fait passer dans la Vie en Dieu.

Accompagner la fin de vie implique alors d'accueillir la dépendance physique et psychique comme inhérente à notre condition humaine. Cette dépendance heurte notre vision idéalisée de l'homme, mais elle ne fait pas obstacle à la relation, même si elle peut l'altérer. Les soins palliatifs ont justement pour objectif de ré-institutionnaliser la relation en fin de vie, et d'offrir une présence humaine aimante et apaisante dans les derniers moments. Que peut faire une loi pour maintenir la relation entre les personnes ?


1.3 Entendre et situer les souffrances


La demande actuelle d'un droit de hâter la mort et de bénéficier de l'assistance au suicide se fait entendre à différents niveaux. Il faut distinguer la demande sociale ou collective et la demande concrète d'une personne en fin de vie.

Une demande sociale d'en terminer avec la souffrance

La demande présente dans les sondages, souvent orchestrée, est une revendication sociale dont l'un des arguments principaux tient au sentiment d'impuissance et de révolte devant les douleurs mal soulagées de certaines fins de vie. Les concepts d'euthanasie ou d'assistance au suicide servent à exprimer le geste d'abréger volontairement et directement la vie quand celle-ci est jugée intolérable ou inutile. La question de la fin de vie devient le révélateur d'une société qui n'arrive plus à se situer devant la souffrance.

La médecine contemporaine offre une gamme de traitements sophistiqués pour soulager cette douleur tout en reconnaissant que certains analgésiques puissants peuvent raccourcir la vie du patient et supprimer sa conscience. Déjà, en 1957, le pape Pie XII déclarait à des médecins qui lui demandaient si l'on pouvait, en fin de vie, utiliser des narcotiques qui risquaient d'abréger la vie : « S'il n'existe pas d'autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n'empêche pas l'accomplissement d'autres devoirs religieux et moraux : oui.» Dans le même esprit, la loi Leonetti permet d'utiliser toutes les ressources de la médecine pour soulager la douleur de la personne en fin de vie, même lorsque l'emploi de telles substances peut avoir pour effet secondaire d'abréger sa vie. Mais, comme le reconnait le dernier rapport Sicard de décembre 2012, il est vrai que le « maniement concret » de ces traitements antidouleur « laisse à désirer » et que tous les français ne sont pas égaux devant
le traitement de la douleur en fin de vie [6]. Ce rapport appelle avec justesse à mettre en œuvre une véritable justice sociale dans le domaine de l'accès aux soins palliatifs. Il invite à ne pas séparer curatif et palliatif, à proposer des « soins de support » à toutes les étapes.
Ainsi, le projet des soins palliatifs s'inscrirait dans une globale « culture du soin » dans laquelle la mission des acteurs pastoraux trouve sa place avec les autres accompagnants qui entourent la personne.

La demande d'un sujet ou de son entourage

Beaucoup de personnes en fin de vie affirment que leurs souffrances ne sont pas contrôlées, qu'elles ne participent pas aux décisions médicales qui les concernent et se sentent ainsi abandonnées. La supplication d'en finir est alors celle d'une personne singulière à un moment donné de son histoire où elle se prononce sur une qualité de vie et sur le sens d'une existence.

Cette révolte devant la douleur de la personne en fin de vie, concerne aussi le groupe qui accompagne l'agonisant. Il suffit d'écouter ceux qui accompagnent des personnes très proches dans leur agonie pour percevoir l'intensité douloureuse du partage émotionnel, de l'affrontement au délabrement corporel et à la demande affective, parfois importante, du mourant. La souffrance en jeu dans les demandes d'euthanasie n'est donc pas seulement la douleur du mourant. Elle doit être resituée dans un jeu de relations où le sujet en fin de vie affecte ceux qui l'entourent.


La demande d'euthanasie est alors à contextualiser. Ainsi, si certaines demandes viennent effectivement des personnes elles-mêmes, d'autres viennent explicitement des proches du patient. Il existe souvent une interaction complexe entre la personne, sa famille, et le personnel soignant. Souvent les soignants ressentent que se jouent des sentiments contradictoires dans les échanges avec les personnes malades et leurs familles. Dans ces périodes douloureuses de fin de vie, les équipes soignantes se sentent souvent seules, affrontées aux limites de l'hyper-technicité de la prise en charge et à la forte pression d'une médecine qui pourrait tout. Les soignants ont besoin d'être soutenus dans les décisions qu'ils ont à prendre pour accompagner la fin de vie. Dans les cas où le sujet est encore conscient, qu'en est-il de sa propre perception du poids des attentes, de la lassitude et des problèmes de son entourage ? Exprimer le désir d'en finir est parfois le symptôme de la souffrance de tout un groupe dont la personne en fin de vie se fait porteuse.


Quelles que puissent être les évolutions législatives, aucune loi ne pourra lever nos appréhensions devant la mort ou instituer des rites sociaux pour affronter le deuil. Elle ne viendra pas apaiser notre angoisse devant la solitude ou nous dire comment maintenir les liens avec ceux qui sont en fin de vie. Elle ne pourra pas davantage supprimer nos souffrances lors de la maladie ou la perte d'un être cher. Il faut donc sortir de l'illusion qu'une loi, une solution technique simple, puisse régler la complexité de la vie. Aujourd'hui, en interdisant l'acharnement thérapeutique, parlant à ce propos d'obstination déraisonnable, la loi Leonetti garantit la liberté pour les soignants d'imaginer des réponses adéquates aux situations de souffrance, souvent favorisées par la solitude. Toutefois, autant il est nécessaire de souligner les limites des solutions que la loi peut apporter, autant il est légitime d'examiner et d'évaluer les arguments avancés par ceux qui militent en faveur d'une légalisation de l'euthanasie ou de l'assistance au suicide.


2. Peser les arguments présents dans le débat


Dans les arguments exprimés en faveur de l'euthanasie ou de l'assistance au suicide revient fréquemment le suivant : si la société s'autorise à prolonger la vie grâce aux interventions d'une médecine de pointe, pourquoi n'aurait-elle pas le pouvoir de hâter la mort ? On considère alors que le geste technique de hâter la mort serait le mode inversé de la culture et de la logique de l'acharnement thérapeutique qui révèle une médecine incapable de reconnaître la mort comme inhérente à la vie humaine.


2.1 Les objectifs de la médecine

On comprend alors pourquoi l'euthanasie et l'assistance au suicide se parent des couleurs de la compassion face à une médecine qui affirme servir la qualité de la vie mais resterait impassible face aux douleurs trop fortes et aux corps gravement altérés.

Face à cette situation, des questions ne manquent pas de surgir dans l'opinion publique. Le propre de la médecine moderne qui reconnaît l'autonomie du malade n'est-il pas de répondre aux besoins du patient ? Pourquoi, dans un contexte où les objectifs de la médecine sont définis en fonction des exigences de l'autonomie du patient, s'opposer à la demande d'un malade en fin de vie ? Face à ces questions, on saisit que mettre un terme à la vie des hommes et femmes en fin de vie n'est « qu'une réponse partielle et partiale à un problème de fond, celui de l'objectif de la médecine à l'égard des personnes en fin de vie. [7]»

Or, il convient de s'entendre sur les objectifs de la médecine au sein de la société. Si on envisageait de hâter la mort d'un patient en fin de vie, ce serait un professionnel de santé qui poserait le geste et en porterait la responsabilité. Son geste ne serait pas privé mais public, au sein d'une société qui délimiterait le consentement éclairé du patient et la déontologie du corps médical. En demandant à la loi d'autoriser l'euthanasie ou l'assistance au suicide, on demanderait à la collectivité d'acquiescer à la mort de la personne en fin de vie et de conférer aux soignants le pouvoir de donner la mort. Cela n'est pas neutre.

Le pouvoir de donner la mort entre en conflit avec le devoir universel de soins et d'accompagnement de la médecine. La mort d'une personne, parce qu'elle vit en relation avec les autres, affecte aussi le corps social. La loi, votée au nom du peuple français, deviendrait l'expression d'un nouveau contrat social admettant que certains ont droit de donner la mort pour répondre à des raisons d'ordre personnel et que certaines vies ne vaudraient plus la peine d'être vécues. La loi viendrait à la fois remettre en cause la déontologie médicale (art. 38 : « [Le médecin] n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort »), l'engagement solidaire des soignants, le contrat social défendant la valeur de toute personne quel que soit son état, et l'ambition politique du soin des personnes vulnérables.


2.2 Un respect de la conscience et de la liberté

Un autre argument en faveur de l'euthanasie présente celle-ci comme relevant de la liberté et de l'autonomie d'une personne qui fait son choix en toute lucidité, et hors de toute influence. Cette décision se réclame d'une conscience éclairée qui s'opposerait aux vieux tabous judéo-chrétiens du refus de l'euthanasie. Nous sommes en droit de nous interroger pour savoir si, dans les circonstances données, la conscience n'est pas émoussée par la souffrance. Car, bien souvent, la demande d'un patient d'en finir avec la vie intervient dans le contexte d'une douleur estimée insupportable. Il arrive aussi qu'elle soit suscitée par le refus d'une dégradation corporelle ressentie comme une perte de dignité. Les proches eux- mêmes sont épuisés, en ces fins de vie qui s'éternisent parfois en raison des progrès médicaux : ils peinent à endurer jusqu'au bout la souffrance de ceux qu'ils aiment. Si la loi laissait apparaître l'euthanasie et l'assistance au suicide comme une possibilité d'épargner à la famille la charge de leur proche, elle renforcerait chez cette personne le sentiment de rejet social et le désir de mourir, affectant ainsi sa liberté.


Il s'agit donc d'analyser ce qu'il en est de la liberté des plus fragiles. Face à une décision de vivre ou de mourir, ceux qui peinent à porter leur vie et se trouvent seuls sont parfois conduits à croire que la seule possibilité serait d'en finir. Une décision de liberté peut-elle se satisfaire de l'absence de réelle alternative ? Que dire par ailleurs, de ceux qui, en difficulté psychique voire en situation de pathologie mentale, sont affectés de pathologie de la liberté et de la décision ? Comment évaluer surtout la plus ou moins grande privation de liberté de celui qui demande l'euthanasie ? Ne faut-il pas plutôt chercher, dans une démarche de solidarité, à éclairer la liberté de choix de la personne - au niveau du choix des soins, de l'accompagnement, de la sédation de la douleur - que de lui octroyer rapidement, à la « demande », une solution technique rendue nécessaire par un contexte appauvri en possibilités ? L'euthanasie serait alors plus l'expression d'une situation sans issue que d'une liberté qui se détermine en fonction d'une alternative dont les termes seraient équilibrés. La liberté de pouvoir demander l'euthanasie contredit ce qu'est fondamentalement la liberté.

2.3 Un respect de la dignité

L'argument le plus employé pour revendiquer la légalisation de l'euthanasie et de l'assistance médicale au suicide est celui du respect de la dignité humaine. Les associations qui militent pour cela depuis une quarantaine d'années, disent le faire au nom d'une « mort digne » alors que les initiateurs des soins palliatifs revendiquent aussi le respect de la dignité de la personne en fin de vie. C'est dire que si tous sont d'accord pour reconnaître que toute personne humaine mérite le respect, la façon de l'honorer est plurielle dans le cas des grands souffrants en fin de vie. Deux normes de comportements opposées pourraient ainsi être légitimées dans notre société pluraliste au nom du respect de la dignité de la personne : l'euthanasie et les soins palliatifs. On comprend le désarroi de nos contemporains troublés par ce pluralisme de comportements tributaire d'anthropologies différentes passées sous silence dans l'accord tacite autour de la valeur de la dignité humaine. C'est donc que la dignité humaine ne signifie pas la même chose pour tous. On comprend aussi, à partir de là, comment dans les sondages, les croyances qui fondent les anthropologies peuvent apparaître des facteurs secondaires puisque leur lien avec une conduite régulée, visible et consensuelle s'affaiblit.

Or, si on ne peut plus présupposer que, dans notre société, nous partageons une unique vision de la dignité de l'homme, il nous faut comme chrétiens approfondir et témoigner comment notre foi au Christ vient nous ouvrir à une conception de l'humain qui détermine une manière singulière d'aborder la question de la dignité humaine. Elle est attachée à la condition de l'homme comme créature, qui dans sa nudité, son dénuement, y compris en Celui qui « n'avait plus figure humaine, et son apparence n'était plus celle d'un homme » (Isaïe 52, 14), demeure pourtant humain dans son rapport constitutif à Dieu Son Père et à ses frères en humanité. En celui qui n'a pas encore accédé au langage ou celui qui l'a perdu, en celui dont la liberté est entravée ou diminuée par une cause psychique ou physiologique, tout homme est invité à reconnaître malgré tout un frère en humanité qui doit être respecté sans condition.

Il y a quelque chose d'extrême dans une telle attestation de la dignité humaine. C'est la portée de la parabole du jugement dernier (Evangile selon Saint Matthieu, chapitre 25) et du visage du crucifié. C'est dans la foi et les sacrements que nous percevons l'énigme de la valeur de tout être humain, véritable icône du Christ. Quand c'est possible, pour ceux qui se réfèrent à la foi chrétienne, la prière partagée, la célébration d'un sacrement (communion eucharistique, pardon, sacrement des malades) surtout lorsqu'ils associent des membres de la famille, des proches, peuvent être des moments intenses et apaisants pour tous à l'approche de la fin de vie. C'est la foi qui, par la conversion, peut nous aider à inventer les pratiques du respect de la dignité des plus vulnérables de notre société. Le témoignage des chrétiens et la façon dont ils approchent la personne en fin de vie, qu'ils soient membres de la famille, soignants ou agents pastoraux, est ici essentiel. Leurs motivations se conjuguent

avec celles des humanistes qui se réfèrent à l'impératif moral de Kant : « Agis de façon telle que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen [8]. » Réclamer l'assistance au suicide impliquerait autrui dans une décision pour soi-même. La liberté de l'autre serait ainsi directement impliquée dans une solidarité pour la mort et non dans une solidarité pour le soin. Honorer la dignité absolue de la personne humaine est un appel à prendre soin de la dignité de l'autre, à créer les conditions de dignité de la fin de vie. A-t-on assez remarqué que l'invention des soins palliatifs a mûri sur ce terreau ?


En conclusion : le devoir d'accompagner les plus vulnérables

Respecter l'être le plus vulnérable, ne pas faire peser sur lui un sentiment de culpabilité d'être encore-là malgré le prix des soins, se rendre présent à l'autre abandonné, se vouloir frère en humanité, faire tout pour soulager les souffrances de la fin de vie, telles sont des attitudes qui appartiennent à notre tradition et qui nous amènent à pousser plus loin le questionnement sur la solution que représenterait l'assistance au suicide. L'expérience des soins palliatifs est éclairante. Par-delà le contrôle de la douleur, ils remettent au sein d'un réseau de véritable compassion la personne qui vivait l'abandon ou l'humiliation de sa condition et permettent à la vie de mûrir quand la fin se fait toute proche. L'expérience du mourir se trouve ainsi intégrée comme moment sensé de l'existence qui demeure inscrite jusqu'au bout dans un lien social, en solidarité avec des compagnons d'humanité. Légiférer sur la fin de vie nécessite de sauvegarder cette ambition politique de solidarité.


C'est pourquoi, nous devons sortir de l'idée, permettant d'évacuer sans doute notre propre angoisse de mort, d'une réponse technique à un problème « à résoudre ». Une loi n'évitera pas - le contraire serait dramatique pour la condition humaine - le débat moral du personnel soignant, ou la souffrance des proches. La confrontation à la mort est, dans tous les cas, une souffrance, pour le patient bien sûr, mais aussi pour les accompagnants. Nous devons ainsi tenter de regarder en face une vérité douloureuse : quelles que soient les mesures prises pour hâter la mort ou pour soulager l'agonie, nous ne pourrons évacuer la souffrance du mourir, qui n'est pas seulement constituée de la douleur du corps mais aussi de ce travail de deuil de soi et de la relation à autrui que nous aurons tous à vivre.


Cette souffrance du mourir, le christianisme ne la nie pas, mais il pense qu'elle peut être affrontée avec d'autres dans le cadre d'une conception de l'être humain comme fondamentalement en relation, et dont la dignité demeure inaliénable. Cette vision de l'homme s'enracine pour les chrétiens dans le changement de perspective que la mort et la résurrection du Christ ont apporté au sens même de la mort humaine. La constitution pastorale Gaudium et spes l'atteste : « C'est donc par le Christ et dans le Christ que s'éclaire l'énigme de la douleur et de la mort qui, hors de son Evangile, nous écrase » (22, 6). Cependant, cette approche peut faire sens pour d'autres. Les chrétiens la défendent dans le débat actuel sur la fin de la vie parce qu'ils pensent qu'elle peut apporter une aide réelle à ceux qui souffrent et à une société qui a du mal à envisager la fin de vie comme un fait concernant au premier chef la solidarité humaine avec tous.


Cela rejoint la conclusion du rapport Sicard qui souligne « qu'il serait illusoire de penser que l'avenir de l'humanité se résume à l'affirmation sans limite d'une liberté individuelle, en oubliant que la personne humaine ne vit et ne s'invente que reliée à autrui et dépendante d'autrui. Un véritable accompagnement de fin de vie ne prend son sens que dans le cadre d'une société solidaire qui ne se substitue pas à la personne mais lui témoigne écoute et respect au terme de son existence ».


C'est également en ce sens que le président de la [url=http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/lexique/definition.html?&lexiqueID=26&Expression=Conférence des évêques de France]Conférence des évêques de France[/url], Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, a exprimé ce souhait : « avant de légiférer encore, qu'on se demande si ce serait pour donner un signe plus grand du respect de la personne humaine, d'une solidarité avec elle ou bien plutôt celui d'un nouvel affaissement de nos solidarités familiales et sociales, exigeantes parfois, porteuses de fruits toujours. »[ 9]


Pour le Conseil Famille et Société [10], le 17 janvier 2014, Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, président.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.01.14 19:07

CITATION = 
La solitude devant la mort est source d'angoisse.


Pas forçément pour tout le monde ! Les gens qui vivent seuls toute leur vie sont capables de faire face à leur mort dans la solitude !
D'autre part,si on croit en un au-delà,c'est impossible d'être seul quand on meurt même si on l'est physiquement.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.01.14 19:16

ce document est très intéressant,il va falloir que j'y revienne
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Féminin Messages : 18954

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.01.14 20:00

"l'impossibilité de se représenter sa mort" ?????????

Quand on frôle la mort,on se la représente ...
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Féminin Messages : 18954

MessageSujet: Re: L'Eglise et l'euthanasie   22.01.14 21:35

je viens de relire certains de mes copiés-collés dans ce sujet(je les lis en diagonale avant de les poster ici et je les oublie ensuite)
çà me laisse songeuse.
Il s'agit plus d'interprétation que de réalité.
On ne se bagarre pas sur notre mort,on se bagarre parce qu'on interprète notre mort de manière différente.
On se bagarre sur quelque chose qui nous est commun,la mort ! ! ! ! !   
comme si chacun voulait en s'appropriant la mort, l'apprivoiser !
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L'Eglise et l'euthanasie
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