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BALANCE LA FIN DE VIE QU'ON VEUT T'IMPOSER EN FRANCE DEPUIS 2005
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 L'Eglise et la fin de vie

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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime08.10.18 14:36

je joue
tu joues
il joue
nous jouons
vous jouez
ils jouent
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime08.10.18 14:37

je souffre
tu souffres
il souffre
nous souffrons
vous souffrez
ils souffrent
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime08.10.18 14:40

de quel jeu s'agit-il ?
de quelle souffrance s'agit-il ?
qui est victime ?
qui est bourreau ?
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime05.12.18 15:33

Nicolas Senèze, à Rome , le 22/11/2018 à 14h11

Devant les étudiants de l’hôpital Gemelli de Rome, le président de l’Académie pontificale pour la vie a insisté, mardi 20 novembre, sur l’accompagnement des malades en fin de vie et affirmé le droit de « mourir dans la dignité » autant que celui de « vivre dans la dignité ».

« Mourir dans la dignité mais jamais anticiper la mort » : c’est en ces termes que Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, a tenté de replacer le débat sur la fin de vie en remettant les diplômes des masters Soins palliatifs et thérapie de la douleur de l’Université catholique du Sacré-Cœur, mardi 20 novembre au soir, à l’hôpital Gemelli de Rome.

L’euthanasie « présentée comme un choix de civilisation parce qu’il répondrait à la demande d’une mort digne », encourage, en réalité, « une perversion insidieuse du sens », et sa demande de légitimation « ôte la justification du traitement d’un patient incurable, pour ouvrir la voie à la liquidation d’une vie méprisable », a-t-il regretté.

« Le passage du “droit” à mourir au “devoir” de mourir »
Mettant en garde contre un « assujettissement technique et économique à l’idée de sélection eugénique de la vie digne de soin », Mgr Paglia a souligné les contradictions d’une société qui « d’un côté prolonge techniquement la vie et, de l’autre, en favorise politiquement la suppression ».

Devant les étudiants en médecine de Gemelli, il a notamment mis en cause « le silence assourdissant sur le droit à être soigné et accompagné ».

À lire aussi
Les conseils de l’Académie pontificale pour la vie sur les soins palliatifs

Dans une société où « l’autosuffisance est un impératif incontesté, il est facile pour ceux qui sont dépendants de se sentir déprimés voire plus à la hauteur de vivre », a-t-il développé, soulignant que, « dans ce contexte, le passage du “droit” à mourir au “devoir” de mourir devient plus bref que ce que l’on croit parfois ».

« Aider un patient à mourir est une chose, autre chose est de le faire mourir »
Rappelant que « le christianisme ne prêche ni l’amour de la mort ni l’indifférence à la mort », il a insisté sur l’accompagnement des mourants, regrettant que « le côté nihiliste de la mort triomphe quand elle induit le désespoir envers l’amour, afin de le faire apparaître comme un effort futile et insensé ».

À lire aussi
Choisir sa mort ?

« Il faut affirmer le droit de “mourir dans la dignité” autant que celui de “vivre dans la dignité” », a alors martelé le président de l’Académie pontificale pour la vie, rappelant que « le droit à une mort digne ne peut pas désigner le droit de se faire administrer l’euthanasie par d’autres personnes ».

À lire aussi
Pour les professionnels des soins palliatifs, « donner la mort n’est pas un soin »

« Aider un patient à mourir – l’accompagner dans sa détresse, soulager sa douleur, le réconforter – est une chose, autre chose est de le faire mourir », a-t-il développé, s’interrogeant sur l’évolution du mot « dignité ».

« “Mourir dans la dignité” ne signifie pas “anticiper la mort”, éventuellement ne pas “voir la dégradation de son corps” », a-t-il souligné, rappelant que « la demande d’euthanasie ou de suicide assisté est, dans la quasi-totalité des cas, fille de l’abandon thérapeutique et social du malade ».

« Ne jamais être complice de la mort »
Mgr Paglia s’est donc dit très réticent à l’éventualité de lois sur l’euthanasie, jugeant « hasardeux de confier la solution des grandes questions relatives à la vie et à la mort à une norme juridique ».

Il prône plutôt une « large réflexion » sur « les questions liées à la fin de vie », en vue d’une « alliance thérapeutique qui voit le patient, le médecin et les membres de la famille réunis pour prendre une décision commune ».

Faire le contraire reviendrait à « abandonner ceux qui ont besoin de soutien et d’aide à l’indifférence et la cruauté », a-t-il relevé, mettant en garde contre « la barbarisation d’une société qui pousse à une législation euthanasiste subtile mais inévitable ».

À lire aussi
Devant l’Académie pontificale pour la vie, le pape réaffirme la dignité de la personne à chaque phase et condition de son existence

« L’homme malade en train de mourir a besoin de la proximité de l’homme en bonne santé pour sentir qu’il fait partie des vivants », a-t-il insisté, appelant à « prendre soin » des mourants avec amour, délicatesse et respect, « sans jamais être complice de la mort ».
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime16.12.18 11:49

Activités / Actualités
RefBEJUSO
Suicide assisté: position sur des questions pastorales
Le Conseil synodal des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure a rédigé une prise de position à l'intention des pasteures et pasteurs du territoire de notre Eglise sur les questions liées aux personnes ayant exprimé leur désir de mourir.

Ces orientations élaborées par le Conseil synodal posent le principe de l'accompagnement solidaire
des personnes souhaitant mourir qui doit s'étendre jusqu'à leur mort. Les pasteures et pasteurs peuvent également apporter à ces personnes leur soutien en cas de suicide assisté si celles-ci le souhaitent. Il est important de préciser que chaque pasteure ou pasteur est libre de décider en fin de compte s'il peut répondre à un tel souhait. Ces orientations soulignent la primauté de la vie, mais réaffirment avec force l'importance de la solidarité pastorale également dans le cas limite du suicide assisté.

Télécharger: Solidaires quoi qu'il advienne - Position du Conseil synodal sur des questions pastorales autour du suicide assisté
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime27.12.18 13:11

blablabla et blablabla
quelques patients auront ou ont déjà la dignité et la noblesse de ne plus s'adresser à vous, maintenant et à l'heure de leur mort
vous avez fait trop de pressions
on vous demandera des comptes
et vous n'en avez pas conscience...
quand religion rime avec politique, c'est très dangereux
vous ne voulez pas qu'on tue les corps, alors d'une certaine manière vous êtes en train d'assassiner les âmes ! imbéciles êtes-vous !
on s'éloigne de vous car vous jouez aux saints malsains.
Et çà récite le Notre Père aux enterrements à haute voix comme une table de multiplication
tandis que Dieu Lui-même ricane ! Il prépare sa vengeance pour le Jugement Dernier...
Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers.
Jean Léonetti ne va pas être sédaté éternellement, çà craint pour lui et ses adeptes !
Il est bon que les flammes éternelles de l'enfer éternel ne s'éteignent jamais
faut pas exagérer, tout de même !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime22.01.19 16:37

Experts musulmans et chrétiens au Qatar pour évoquer les soins palliatifs et la fin de vie
21.01.2019 par I.Media
Afin d'initier un échange sur les soins palliatifs, des experts en éthique, médecine et religion, chrétiens ou musulmans, se réuniront à Doha (Qatar) le 22 et 23 janvier 2019, a annoncé l'Académie pontificale pour la vie le 21 janvier.


Le bon sens élémentaire serait de ne rien faire et d'apprendre à vous taire...
la vie est assez compliquée comme cela, inutile d'en rajouter.
(si je ne fais pas de même en ne me taisant pas, c'est pour prendre ma revanche avec des internautes de toute confession et de toute nationalité en 2010 à propos de la fin de vie en France...)
Signé: Admin
ALLEZ VOIR DANS VOS PAROISSES CE QUI SE PASSE, NOM DE DIEU, faîtes le ménage chez vous
Le Vatican = l'Elysée
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime31.01.19 16:24

Mettons les points sur les i
le viol et le vol riment ensemble
Voler à quelqu'un l'idée de sa mort en lui imposant une mort doucement lente, c'est le violer
Mettre en scène médiatiquement parlant quelques cathos intégristes, c'est violer les autres cathos qui se sentent obligés de fermer leur gueule
Cathos intégristes et Etat Végétatif Chronique, le monde n'en a rien à foutre, on ne se sent pas concerné
si çà réussit à emmerder Jean Léonetti, voilà le seul point positif de l'affaire V.L.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime17.02.19 14:28

[size=38][ltr]Mgr Michel Aupetit : « Aujourd'hui, on se sert de la belle notion de dignité pour donner la mort »[/ltr][/size]


[size=38][ltr][size=101]Regard de Mgr Aupetit sur le cas de M. Vincent Lambert[/size]
[size=30]Publié le 26 juin 2014
[/size]Réflexion de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, médecin et membre du Conseil Famille et Société, sur la décision du Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de Vincent Lambert. Décision suspendue par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH).[/ltr][/size]

M. Vincent Lambert est un homme de 38 ans victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un accident. Son état correspond à ce que les médecins appellent l’état pauci-relationnel qu’on appelle aussi état de conscience minimale qui est à distinguer d’un état végétatif permanent. M. Lambert n’est pas en fin de vie. Il s’agit seulement de savoir si on arrête sa vie en supprimant l’alimentation et l’hydratation. La première question qui se pose est de savoir si le fait de nourrir et de faire boire constitue un traitement ou un soin.
Certains affirment que, s’il s’agit d’un traitement, l’alimentation et l’hydratation peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique si elles sont maintenues. En revanche, s’il s’agit d’un soin, le fait de lui donner à boire et à manger n’entre pas dans le cadre une obstination déraisonnable mais d’une attention à autrui qui est le propre de l’humanité.
Certes, M. Lambert ne peut pas boire et manger tout seul étant donné son état de conscience voilà pourquoi le médecin qui le suit avait décidé d’arrêter.
La deuxième question est de savoir si ce que l’on fait en donnant à manger et à boire est vraiment au bénéfice de la personne soignée. Par exemple, il arrive que certains patients puissent faire une fausse route à la suite d’une alimentation invasive. Dans ce cas, cette alimentation lui est plus nuisible qu’utile. Tant que la personne n’est pas en fin de vie et que son alimentation et son hydratation lui sont plus bénéfiques que nuisibles, le fait de l’arrêter devient alors un acte grave puisqu’il entrainera inéluctablement et délibérément sa mort.
Il est impossible actuellement de dire ce qu’un patient peut vivre encore de relations interpersonnelles dans un état de conscience minimale. Celles qui se tissent encore révèlent la profondeur de notre humanité qui est à l’origine de sa dignité.
L’Académie Nationale de Médecine a rappelé que le droit des patients d’avoir accès à l’alimentation ne peut être conditionné par leurs capacités relationnelles. Cette position rejoint celle de l’Église qui persiste à défendre la dignité immuable de l’homme. Cette dignité ne vient pas d’un droit octroyé par un tiers : la société, les médecins ou les juges.
Enfin, il faut savoir que le cas de M. Vincent Lambert est un cas particulier à partir duquel il est difficile de légiférer. Il y a plus de 1500 personnes qui sont dans le même état. Ce que l’on va décider pour lui va-t-il impacter sur les autres patients ? On a voulu donner aux juges la décision finale. Or, s’il appartient aux juges de dire le droit, ils n’ont pas autorité pour définir le bien ou le mal.
L’Église, protectrice de la vie et de la dignité, estime qu’« un patient en « état végétatif permanent » est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles ».


[size=70]Interview de Mgr Michel Aupetit dans Le Point[/size]

[size=36]Lepoint.fr – Dimanche 10 mai 2018[/size]


PMA : « La question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation ». Le nouvel archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, alerte le gouvernement sur les bouleversements engendrés par une révision des lois de bioéthique. Propos recueillis par Camille Lecuit.

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a remis mardi 5 juin son rapport de synthèse à la suite des états généraux de la bioéthique. Un appel à la participation citoyenne lancé en janvier dernier, auquel les catholiques ont largement répondu. Le nouvel archevêque de Paris et ancien médecin, monseigneur Aupetit, a été consulté, notamment lors d’un dîner à l’Élysée sur la question de la fin de vie. Il rappelle que sur tous ces sujets l’Église doit s’exprimer avec des arguments « fondés en raison ». Et non pas sur le seule base de la foi.
Le Point.fr : Alors que le CCNE vient de remettre sa synthèse des états généraux de la bioéthique, quelles conclusions tirez-vous de cette phase de consultation nationale ?
Monseigneur Aupetit : La dernière loi de bioéthique de 2011 prévoyait une réévaluation au bout de sept ans sans qu’il s’agisse nécessairement d’une révision. Le gouvernement a voulu une large consultation de l’ensemble des Français par des états généraux. La question posée m’apparaît très importante, car elle situe exactement les enjeux : « quelle société voulons-nous » ? Il me semble très heureux que tout le monde ait pu s’exprimer, car les décisions qui seront prises vont avoir des conséquences durables sur nos façons de vivre et les valeurs qui les sous-tendent. Nous sommes, en effet, à la croisée des chemins entre deux visions sociétales. D’un côté, une société basée sur la fraternité où la personne est qualifiée par les relations qu’elle entretient avec autrui. Dans cette situation, la loi protège les plus vulnérables. D’un autre côté, une société individualiste où chacun revendique une autonomie. Dans ce cas, la loi s’ajuste au désir individuel avec le risque de revenir au droit du plus fort, du plus riche ou du plus puissant. Bien sûr, nous défendons une société fraternelle qui constitue encore l’humus de notre civilisation. Les débats ont été très ardents même si l’on peut regretter que l’ensemble de nos concitoyens n’ait pas mesuré l’importance des enjeux.
Si la synthèse du CCNE laisse apparaître que la PMA ne fait pas l’unanimité, plusieurs indices peuvent laisser présager l’intention du gouvernement de l’ouvrir à toutes les femmes, conformément au programme du président de la République. Quelles conclusions cela vous inspire-t-il ?
Mgr M. A. - Il n’y a aucun consensus et d’importantes réserves ont été émises. Nombreux sont ceux qui se sont exprimés et il serait dommage de réduire la parole d’un si grand nombre à une simple mobilisation de « militants ». Lorsqu’il n’y a aucun consensus, ne faut-il pas adopter un principe de précaution ? Le président de la République a dit ne pas vouloir avancer en force, j’espère que le gouvernement et le Parlement sauront entendre les vives réserves qui se sont exprimées. Nous continuerons de faire entendre notre voix pour que notre société ne soit pas fondée sur la somme de désirs individuels, mais sur le bien commun. Et la question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation.
Vous étiez présent lors du dîner organisé en février dernier à l’Élysée, au sujet de la fin de vie. Dans quel climat celui-ci s’est-il déroulé ? Ces échanges ont-ils été fructueux ?
Mgr M. A. - Le climat était tout à fait cordial entre les personnes présentes, pourtant d’opinions diamétralement opposées. Le président de la République a interrogé successivement chacun des convives, qui ont eu largement le temps de s’exprimer. Tout d’abord, les médecins et les personnels soignants en charge des malades en fin de vie. Puis, la parole fut donnée aux philosophes pour terminer par les représentants des religions. Il est difficile d’évaluer le fruit de cette consultation et l’impact les différents arguments sur nos gouvernants.
Lors de ce dîner, vous êtes-vous exprimé davantage en tant que médecin ou en tant qu’archevêque de Paris, représentant de l’institution religieuse catholique ?
Mgr M. A. - Je me suis exprimé avec des arguments fondés en raison, seule façon de toucher l’intelligence et le cœur. J’ai insisté sur l’extraordinaire amélioration des fins de vie en France. Dans les années 1970, lorsque j’étais étudiant dans les hôpitaux, les patients qui ne pouvaient plus être accessibles à la thérapie étaient souvent abandonnés avec des antalgiques mineurs et des soins minimums. La formidable extension des soins palliatifs a permis une véritable réponse à la douleur de ces patients et une réelle prise en charge de la fin de vie. Contrairement à ce que l’on entend, on meurt beaucoup mieux en France aujourd’hui qu’il y a 40 ans. Ensuite, je me suis exprimé sur le plan philosophique en montrant que la dignité humaine tient à sa nature propre, comme l’affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle ne dépend pas de son état de dépendance ou de fragilité. On meurt toujours dans la dignité quand la société est capable de vous accompagner parce que vous êtes précieux à ses yeux. À tout cela, l’archevêque de Paris ajouterait seulement que la dignité tient aussi à la transcendance qui habite la conscience de l’humanité depuis toujours.
Le président de la République vous semble-t-il à l’écoute de l’Église ? Et de ses arguments concernant les questions bioéthiques ?
Mgr M. A. - Le président écoute chacun de nos arguments avec sérieux. Cela est vrai aussi de ceux qui ne pensent pas comme nous. Son discours au collège des Bernardins a montré qu’il ne considérait pas l’Église comme une quantité négligeable et qu’il reconnaissait son œuvre civilisatrice pour la France au cours des siècles.
Sur les questions de PMA et fin de vie, qui préoccupent particulièrement les Français, son avis vous paraît-il tranché ?
Mgr M. A. - Je n’ai pas la faculté de lire dans les consciences, aussi je ne pourrais pas dire s’il a un avis tranché. Dans son programme présidentiel, il avait bien programmé le vote de la PMA qui ne serait pas seulement destinée aux personnes atteintes d’infertilité, mais qui répondrait également un « désir sociétal d’enfant ». La question qui se pose alors est celle-ci : « le désir d’enfant est-il plus important que le droit de l’enfant » ? La Déclaration des droits de l’enfant à l’ONU a déjà répondu non à cette question. Sur la fin de vie, qui ne faisait pas partie du programme des états généraux, le président m’a paru très prudent.
Vous avez rencontré le Premier ministre Édouard Philippe, le 18 avril dernier. Que retirez-vous de cet échange ?
Mgr M. A. - Nous n’avons pas parlé que de bioéthique. Sur ce sujet, le Premier ministre m’a semblé en retrait sur la question de la fin de vie, malgré la pression de certains députés de sa majorité. Pour les autres questions, il m’a écouté avec bienveillance, mais je ne suis pas sûr de l’avoir convaincu.
L’engagement de l’Église dans le cadre de la révision des lois de bioéthique s’est-il arrêté en même temps que la phase de consultation générale menée par le CCNE ? Sinon, comment se poursuivra-t-il ?
Mgr M. A. - Les chrétiens en général et les catholiques en particulier n’ont pas attendu les états généraux pour s’exprimer sur ce sujet crucial. À l’occasion de ces états généraux, nous avons voulu participer largement au débat et donner un argumentaire sérieux aux fidèles et à toutes les personnes de bonne volonté. La diffusion de plus de 100 000 petits livrets sur le diocèse de Paris et le travail fait par la Conférence des évêques qui publiera un livre en juin participent de ce dialogue. À Paris, nous continuons les soirées d’information où nous faisons intervenir des personnes spécialisées dans ce domaine. Ce travail, bien sûr, ne s’arrêtera pas avec la fin de la consultation. Il continuera même après le vote des lois, car, si nous obéissons aux lois de notre pays, nous devons toujours continuer d’éclairer les consciences de nos concitoyens.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime19.03.19 10:43

Eglise de France, va  foutre ton nez dans TES paroisses au lieu de te mêler de la FIN DE VIE de tout le monde et de chacun !

CROSS2    AMEN    Alleluia1
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime27.03.19 14:03

Université catholique, Tirana, Albanie

“Nous ne ferons pas le sale boulot de la mort”, à Tirana Mgr Paglia promeut la « culture palliative » des soins
18 mars 2019, intervention de Mgr Paglia sur les soins palliatifs
La Croix le 26/03/2019 à 16:13
Académie pontificale pour la vie (*)

Le 18 mars 2019, Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, a été invité à participer au congrès sur les soins palliatifs promu par l’Université catholique « Notre-Dame-du-Bon-Conseil » de Tirana (Albanie). Au commencement de son intervention, rappelant l’intitulé complet de la réunion : « Contre la culture du déchet pour une culture de l’amour. Les soins palliatifs pour la promotion d’une culture de responsabilité sociale » –, Mgr Paglia a souligné « l’importance des soins palliatifs comme modèle clinique pour gérer la maladie avancée jusqu’au passage de la mort », mais aussi « leur pertinence pour la promotion d’une culture des soins ». Et cela, particulièrement, dans une société qui se laisse facilement « surprendre », comme le dit le pape François, par la « culture du déchet ». « Il est, en effet, fréquent dans notre société actuelle que les malades et leurs familles soient doublement victimes : d’une part de la maladie et de l’autre de l’abandon », a constaté Mgr Paglia. Il est donc urgent de promouvoir les soins palliatifs partout dans le monde, a-t-il poursuivi, soins qui « luttent de façon décisive contre cette « logique perverse » et répondent « au besoin radical qu’ont les personnes d’être toujours accompagnées », surtout dans les moments difficiles « comme peut l’être celui de la maladie dans le passage de la mort ». Après avoir rappelé les interventions récentes, dans ce sens, du Magistère de l’Église catholique – du pape François ou du cardinal Parolin – Mgr Paglia a présenté le projet « Pal-Life » lancé par l’Académie pontificale pour la vie. Projet qui a pour vocation la promotion des initiatives en faveur du développement des soins palliatifs. Il a également fait référence au « Livre blanc » qui sera envoyé aux Universités et hôpitaux catholiques afin de « favoriser la connaissance et la pratique » de ces soins. Dans la poursuite de son intervention, Mgr Paglia a évoqué l’urgence, selon lui, « d’une nouvelle façon d’être proche de celui qui est faible ». Et, constatant la pauvreté de la parole de nos sociétés « sur le mystère du passage que la mort représente dans l’existence humaine », il a fait part de sa croyance en la nécessité que la pastorale chrétienne s’interroge sérieusement « sur les causes de la raréfaction de la prédication sur la mort et sur les réalités ultimes ». Pour Mgr Paglia, le travail du soin « est notre engagement à rendre humain » l’acceptation de notre condition mortelle. « En conclusion, a-t-il expliqué, nous nous refusons de faire le sale boulot de la mort : même seulement symboliquement. L’acte du soin acceptera – et aidera à accepter – sa propre limite infranchissable : avec toute la délicatesse de l’amour, avec tout le respect pour la personne, avec toute la force du dévouement dont nous serons capables. » « Personne ne doit se sentir coupable du poids que sa condition mortelle impose à la communauté de ses semblables. Nous sommes humains », a conclu Mgr Paglia.

Je suis particulièrement reconnaissant pour l’invitation qui m’a été adressée afin de participer à ce congrès promu par l’Université catholique « Notre-Dame-du-Bon-Conseil », consacré au thème « Contre la culture du déchet pour une culture de l’amour. Les soins palliatifs pour la promotion d’une culture de responsabilité sociale ». Ce thème rappelle non seulement l’importance des soins palliatifs comme modèle clinique pour gérer la maladie avancée jusqu’au passage de la mort, mais aussi leur pertinence pour la promotion d’une culture des soins dans une société comme la nôtre, qui se laisse facilement surprendre par ce que le pape stigmatise comme « culture du déchet ». Il est, en effet, fréquent dans notre société actuelle que les malades et leurs familles soient doublement victimes : d’une part de la maladie et de l’autre de l’abandon.

Les soins palliatifs luttent de façon décisive non seulement contre cette logique perverse, mais ils répondent au besoin radical qu’ont les personnes, d’être toujours accompagnées, surtout dans les moments les plus difficiles, comme peut l’être celui de la maladie dans le passage de la mort. À plusieurs reprises, le Magistère de l’Église catholique est intervenu récemment dans ce sens. Dernièrement, le pape François a parlé des soins palliatifs comme une « expression de l’attitude proprement humaine à prendre soin les uns des autres, en particulier de ceux qui souffrent. Ceux-ci témoignent du fait que la personne humaine demeure toujours précieuse, même si elle est marquée par la vieillesse et par la maladie. La personne, en effet, en toutes circonstances, est un bien pour elle-même et pour les autres, et elle est aimée de Dieu » (1).

L’urgence de promouvoir les « soins palliatifs »
Par conséquent, je crois qu’il est urgent de promouvoir les « soins palliatifs » partout dans le monde. Notre rencontre d’aujourd’hui, qui a lieu au siège de la Faculté de médecine est en cela exemplaire. Tout d’abord, car elle fait comprendre l’importance d’encourager les soins palliatifs dans leur aspect scientifique, culturel et didactique. Cela me semble être, en effet, une belle coïncidence que de parler de ce thème, quelques jours seulement après la première pierre posée de l’hôpital lié à cette université. Il est important que les soins palliatifs entrent à faire partie des disciplines universitaires. Nous savons, de fait, que souvent le nombre d’étudiants, que ce soit en médecine ou pour les formations d’infirmiers désireux de se consacrer aux soins des malades en fin de vie et surtout des personnes âgées, est faible. Développer la considération pour les soins palliatifs signifie aussi faire redécouvrir la vocation la plus profonde de la médecine qui consiste avant tout à prendre soin. Le cardinal Parolin au nom du pape François le rappelait à l’Académie de la vie : « La tâche de la médecine est de prendre toujours soin, même si guérir n’est pas toujours possible. Il est certain que l’entreprise médicale est fondée sur l’inlassable effort d’acquérir de nouvelles connaissances et de vaincre un nombre toujours plus grand de maladies. Or, les soins palliatifs introduisent, à l’intérieur de la pratique clinique, la prise de conscience que la limite exige non seulement d’être repoussée et combattue, mais aussi reconnue et acceptée. Et cela signifie ne pas abandonner les personnes malades, mais être, au contraire, proches d’elles, les accompagner dans l’épreuve difficile qui se présente à la fin de leur vie. Lorsque toutes les ressources du “faire” semblent être épuisées, c’est alors que surgit l’aspect le plus important dans les relations humaines qui est celui de l’“être”, être présent, être proche, être accueillant. Cela implique également de partager l’impuissance de celui qui atteint le point extrême de sa vie. En faisant preuve de solidarité au moment où l’action n’arrive plus à avoir un impact sur le cours des événements, la limite peut en modifier le sens : elle devient non plus un lieu de séparation et de solitude, mais une occasion de rencontre et de communion » (2).

Ce sont des réflexions particulièrement importantes. C’est dans cette perspective-là que l’on comprend, davantage encore, combien promouvoir les soins palliatifs encourage la culture de l’attention réciproque qui unit les droits et les devoirs : tout le monde a le droit d’être accompagné et soigné, et tout le monde a le devoir d’accompagner et de soigner. J’aime rappeler que le terme palliatif vient de pallium (un mot latin qui signifie manteau) : le plus faible a besoin d’être entouré du manteau de l’amour. Nous savons combien cette dimension est enracinée dans la sensibilité évangélique. Mais elle est également présente dans d’autres traditions religieuses. Je pourrais citer, pour donner un seul exemple, une sourate du Coran découverte récemment : « Que la tendresse te recouvre, toi, l’autre, comme un manteau ».

Le pape François, dans cette dimension révélatrice, affirme : « Saisir dans sa propre expérience combien la vie humaine est reçue des autres, qui nous ont mis au monde et se développe grâce à leur soin, nous amène à comprendre plus profondément le sens de la dimension passive qui la caractérise. Il semble alors raisonnable de jeter un pont entre ces soins que l’on a reçus depuis le début de la vie et qui ont permis à celle-ci de se déployer pleinement et les soins à offrir de manière responsable aux autres, au long des générations jusqu’à embrasser toute la famille humaine. C’est sur ce chemin que peut s’allumer l’étincelle qui relie l’expérience du partage plein d’amour de la vie humaine jusqu’à son mystérieux départ, avec l’annonce évangélique qui voit tout le monde comme des enfants du même Père et qui reconnaît en chacun son image inviolable. Ce lien précieux défend une dignité humaine qui ne cesse de vivre, pas même avec la perte de la santé, du rôle social et du contrôle sur son propre corps. C’est alors que les soins palliatifs montrent leur valeur, non seulement pour la pratique médicale – pour que, même lorsqu’ils agissent avec efficacité en réalisant des guérisons parfois spectaculaires, on n’oublie pas cette attitude de fond qui est à la racine de toute relation de soins – mais aussi plus généralement pour toute la coexistence humaine » (3).

Le projet « Pal-life » de l’Académie pontificale pour la vie
L’Académie pontificale pour la vie s’est engagée afin que tout cela puisse advenir au niveau de l’Église catholique, partout dans le monde. Elle a fait siennes les paroles que le pape François a prononcées au cours de l’Audience de la XXIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie, dans le contexte de laquelle était organisé le Congrès Assisting the Elderly and Palliative Care : « J’apprécie votre engagement scientifique et culturel pour garantir que les soins palliatifs rejoignent tous ceux qui en ont besoin. J’encourage les professionnels et les étudiants à se spécialiser dans ce type d’assistance qui ne possède pas moins de valeur sous prétexte qu’il “ne sauve pas la vie”. Les soins palliatifs réalisent quelque chose de tout aussi important : ils valorisent la personne. J’exhorte tous ceux qui, à divers titres, sont engagés dans le domaine des soins palliatifs, à pratiquer cet engagement en conservant intègre l’esprit de service et en se rappelant que toute connaissance médicale n’est vraiment une science, dans son sens le plus noble, que si elle se situe comme une aide en vue du bien de l’homme, un bien qui ne peut jamais être atteint “contre” sa vie et sa dignité. C’est cette capacité à servir la vie et la dignité de la personne malade, y compris quand elle est âgée, qui mesure le véritable progrès de la médecine et de la société tout entière. Je redis l’appel de saint Jean-Paul II : “Respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine ! C’est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur !” » (4).

Dans le souhait de donner suite aux paroles du Saint-Père, l’Académie pontificale pour la vie a lancé le projet « Pal-Life » qui a pour vocation de promouvoir des initiatives en faveur du développement et de la diffusion des soins palliatifs dans le monde ainsi que d’encourager la culture du soin et de l’accompagnement jusqu’à la fin de vie des malades. Des événements internationaux ont ainsi déjà été organisés, à Houston, aux États-Unis, à Doha, au Qatar, à Rome et à Milan. Au mois de mai 2019, une rencontre aura lieu au Brésil pour la mise en œuvre [du projet] en Amérique du Sud, puis fin septembre au Rwanda pour affronter le thème sur le continent africain. Il existe, en outre, un aspect qu’il me paraît opportun de souligner, celui des soins palliatifs dans le contexte œcuménique et interreligieux. Deux déclarations communes ont déjà été signées entre l’Académie pontificale pour la vie et l’Église méthodiste américaine ainsi qu’avec la Qatar Foundation. Une nouvelle déclaration interreligieuse est en cours d’élaboration avec les religions juive et islamique. Cet intérêt particulier pour la perspective interreligieuse dérive du sentiment que l’attention complète à la personne, qui est à la base des soins palliatifs, ne répond pas aux enjeux économiques qui gouvernent notre culture contemporaine et qui conduisent à une « culture du gaspillage ». Une nouvelle alliance entre foi et humanisme nous permet d’affirmer qu’à l’intérieur de la vie humaine, même lorsqu’elle est fragile et apparemment vaincue par la maladie, il est une préciosité intangible. Les soins palliatifs incarnent une vision de l’homme qui est profondément religieuse et en même temps profondément humaine. À mon avis, cette vision est la véritable âme et la véritable force des soins palliatifs.

Dans cet horizon, je suis heureux de présenter dans ce lieu – il s’agit de la première présentation publique après l’Assemblée générale de février dernier – un « Livre blanc » qui sera envoyé aux Universités et hôpitaux catholiques dans le monde entier pour favoriser la connaissance et la pratique des soins palliatifs. À travers ce texte, nous voulons promouvoir une « culture palliative », à la fois pour répondre à la tentation qui vient de l’euthanasie et du suicide assisté, et surtout pour faire mûrir cette « culture du soin » qui permet d’offrir une compagnie d’amour jusqu’au passage de la mort. De cette façon, on aide la médecine elle-même à redécouvrir sa tâche qui est certainement celle de la « guérison », qui joue, dans la médecine contemporaine, un rôle prépondérant, tout en évitant d’en faire l’unique objectif à atteindre à tout prix. En effet, le risque serait d’aller au-delà du caractère raisonnable dans l’utilisation des traitements médicaux et d’aboutir au soi-disant « acharnement thérapeutique » qui procure au patient d’inutiles souffrances. Bien entendu, l’abandon thérapeutique est toujours à exclure quand la possibilité d’obtenir la guérison disparaît. Il faut être clair : si on ne peut pas guérir, on peut encore soulager la douleur et continuer à prendre soin de cette personne. Le patient inguérissable n’est jamais incurable. Il ne faut pas oublier la limite radicale qui fait partie de notre existence sur cette terre. L’illusion de l’immortalité, qui sous-tend au seul objectif de la guérison, est très dangereuse. La radicale finitude humaine conduit à exclure avec force l’obstination à vouloir utiliser des traitements qui infligent des souffrances inutiles et quelquefois mêmes dangereuses au patient. Il ne faut toutefois jamais abandonner le malade, même lorsque la guérison n’est plus possible.

Nous savons combien les soins palliatifs ont été protagonistes de la récupération d’un accompagnement complet du malade au sein de la médecine contemporaine. Prendre soin du malade est un pas indispensable à accomplir. Parfois, les symptômes d’un malaise psychologique et d’une souffrance existentielle liés à la maladie surgissent de manière improvisée et dévastatrice, même pour un individualisme répandu qui laisse seuls ceux qui auraient le plus besoin de soutien et d’accompagnement. Si la médecine peut « échouer » à obtenir la guérison, elle n’échoue jamais en prenant soin du malade. C’est la raison pour laquelle, malgré les remarquables et constants progrès scientifiques, le seul et peut-être unique domaine où l’on ait la certitude d’atteindre toujours l’objectif est dans celui de prendre soin de la personne malade.

L’urgence d’une nouvelle façon d’être proche de celui qui est faible
Il y a peu de culture de l’accompagnement parce qu’il y a aussi peu d’amour gratuit. Dans un de mes récents volumes, Sorella morte (« Ma sœur la mort »), j’ai souligné l’urgence d’une nouvelle façon d’être proche de celui qui est faible, en particulier de celui qui doit affronter l’ultime étape de sa vie, dans le passage de la mort. Et je crois que la pastorale chrétienne est appelée également à s’interroger sérieusement sur les causes de la raréfaction de la prédication sur la mort et sur les réalités ultimes. Faute, selon moi, à un « affaiblissement de la prédication de l’Évangile de la mort, de la résurrection et de la vie éternelle. Il est devenu toujours plus rare, hélas, d’écouter la prédication sur les derniers événements de la vie et sur le mystère de la vie au-delà de la mort » (p. 217) (5). Nos sociétés sont plus pauvres en paroles sur le mystère du passage que la mort représente dans l’existence humaine. Par ailleurs, elles sont toujours plus sceptiques quant à parler de la mort comme fin de vie. Ce n’est pas le lieu ici pour m’attarder sur cet aspect. Je veux seulement dire que je préfère souligner la mort comme un passage, avec tout le bagage culturel et spirituel que cela comporte. Nous – chacun de nous, toutes les générations qui se suivent tout au long de l’histoire – ne sommes pas une parenthèse entre deux rien. La mort n’est pas la fin. Ce serait une profonde injustice ! Même la raison ne peut le supporter : qu’en serait-il de tout le bien que nous avons fait, des affections, des liens ? Réfléchir sur le thème des soins palliatifs signifie aussi se demander quelles sont les paroles que nous devons réapprendre pour accompagner celui qui vit les moments ultimes de son existence sur terre.

Répéter néanmoins que la personne humaine est toujours digne de respect et d’attention, et que jamais elle ne doit être mise de côté ou rejetée, et cela quelles que soient ses conditions, est une conviction qu’il ne faut cesser de rappeler. Tout comme il convient de redire que « prendre soin » de l’autre fait partie de la mission de toute personne humaine. C’est une dimension qui exige un choix, mais c’est précisément ce choix-là qui distingue la dimension anthropologique du reste de la création. Or, c’est dans cet horizon de service à la vie et à la dignité de la personne, surtout quand elle est malade et affaiblie, que se mesure la qualité de la personne mais aussi de la société.

Le mouvement des soins palliatifs, par conséquent, en même temps qu’il exprime une façon savante d’être à côté de celui qui souffre, devient aussi un message de la manière dont concevoir l’existence humaine. La communauté des soins palliatifs témoigne d’une nouvelle façon de coexister qui met au centre la personne et son bien-être vers lequel non seulement l’individu, mais la communauté tout entière tend. Dans cette communauté, le bien de chacun est recherché comme étant le bien pour tous. Les soins palliatifs représentent un droit humain et nous voyons avec satisfaction que divers programmes internationaux s’organisent pour mettre en œuvre tout cela. Mais le vrai droit humain de toute personne est de continuer à être reconnue et accueillie comme membre de la société, comme partie d’une communauté. Avec la parabole du Samaritain, l’Évangile demande l’engagement personnel pour le soin de celui qui a besoin. Il faut remarquer que le Samaritain n’est pas un croyant ! l’Église ne fait donc rien d’extraordinaire quand elle se montre attentive à la dimension du soin de malade. Elle ne fait que ce qui lui a été demandé par l’Évangile. Les soins – même les soins palliatifs – représentent un droit (le vrai droit !) des personnes malades et mourantes. Je suis convaincu que les soins palliatifs peuvent être protagonistes dans la récupération d’une culture de l’accompagnement qui doit qualifier la qualité spirituelle et humaine de la société contemporaine.

« Nous ne ferons pas le sale boulot de la mort »
En arrivant à la conclusion, je voudrais redire ma conviction, qu’il faut alimenter de toutes les façons la recherche des meilleurs parcours pour promouvoir la santé, pour défendre la personne humaine ainsi que ses droits fondamentaux et inaliénables. Le travail humain de soin, qui fait face à la vulnérabilité matérielle et spirituelle de nous humains, sous quelques formes et professions que ce soit, vit déjà et toujours sur le fil du paradoxe anti-utilitariste. Or, c’est ce paradoxe qui nous rend humains.

Les hommes et les femmes dont nous nous sommes engagés à prendre soin, sont, depuis la nuit des temps, des créatures mortelles. Et nous ne les guérirons pas de cela. Pourtant, rien n’est plus universellement valorisant et émouvant que notre combat quotidien contre les signes douloureux de la fragilité qui annonce notre condition mortelle. Nous luttons fermement pour que ce ne soit pas l’avilissement de la mort qui décide de la valeur de la vie. Luttons afin que ce ne soit pas la maladie qui décide de l’utilité de notre vie, de la valeur d’une personne, de la vérité de nos affections. Nous acceptons notre condition mortelle. Résistons à l’illusion délirante de pouvoir effacer le mystère de cet extrême passage, avec ses douloureux signes contradictoires.

Le travail du soin est notre engagement à rendre humain cette acceptation, en l’empêchant de devenir complicité. En conclusion, nous nous refusons de faire le sale boulot de la mort : même seulement symboliquement. L’acte du soin acceptera – et aidera à accepter – sa propre limite infranchissable : avec toute la délicatesse de l’amour, avec tout le respect pour la personne, avec toute la force du dévouement dont nous serons capables. Aucun acte de soin ne voudra cependant porter le signe de cette complicité avec la mort, même pas dans l’apparence.

Voilà l’enjeu – très difficile et très humain – qui est face à nous et que nous devons affronter ensemble. L’accompagnement à accueillir la nécessité de vivre humainement même la mort, sans perdre l’amour qui lutte contre son avilissement, est l’objectif de la « proximité responsable » à laquelle nous tous, en tant qu’êtres humains, sommes appelés. La communauté tout entière doit y participer. Nous ne resterons pas à regarder la mort qui fait son travail, sans rien faire. Mais nous ne ferons pas le sale boulot de la mort, qui nous délivre de l’inconfort, comme si c’était un acte d’amour. L’amour pour la vie, dans laquelle nous avons aimé et nous nous sommes aimés, n’est plus seulement à nous : il appartient à tous ceux avec qui il a été partagé. Ainsi, cela doit être, jusqu’à la fin. Personne ne doit se sentir coupable du poids que sa condition mortelle impose à la communauté de ses semblables. Nous sommes humains. Et, l’idée humaine du soin est en contradiction avec l’idée de la maladie comme exclusion de la communauté et faute impardonnable. Sans parler de l’Évangile qui, naturellement, nous en libère même théologiquement.

(*) Traduit de l’italien par Sophie Lafon d’Alessandro pour La DC. Titre et notes de La DC.

(1) Pape François, Discours aux participants à l’Assemblée de l’Académie pontificale pour la vie, 5 mars 2015.

(2) Lettre du cardinal Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, à Mgr Paglia à l’occasion de la convention sur les soins palliatifs organisée par l’Académie pontificale pour la vie, 27 février 2018.

(3) Idem.

(4) Pape François, Discours aux participants à l’Assemblée de l’Académie pontificale pour la vie, 5 mars 2015.

(5) Mgr Vincenzo Paglia, Sorella morte. La dignità del vivere e del morire, éd. Piemme (Italie).
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime27.03.19 14:07

Vive la culture du déchet qui est recyclé !

HI

Quant à l'amour paroissial...

BING
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime28.04.19 17:28

Vincent Lambert : ce que dit vraiment l'Eglise
Publié le 11/06/2015 à 12h00 - Modifié le 11/06/2015 à 19h47Joséphine Bataille

Quelques jours après le jugement de la Cour européenne des droits de l'homme, le point sur la position de l'Église concernant l'état végétatif... et sur sa communication à l'occasion de l'affaire Vincent Lambert.

Prudence. La première des vertus cardinales semble s'être imposée chez les représentants de l'Église catholique sur ce sujet à haute teneur polémique. Et c'est d'abord en creux que le message semble s'exprimer. « La décision de la Cour européenne des droits de l'homme n'est en aucun cas une validation éthique du sujet », a ainsi déclaré le porte-parole des évêques de France, le père Olivier Ribadeau Dumas, vendredi dernier, après qu'a été connu le jugement qui rendra possible une éventuelle procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert – patient tétraplégique en état végétatif à l'hôpital de Reims.
L'Église ne veut pas jeter d'anathèmes... et refuse les mots qui fâchent. Elle ne parle pas directement d'euthanasie, elle valorise « le choix de la vie », comme le faitl'évêque de Reims (lequel prononce tout de même spontanément le mot euthanasie, mais sous la forme interrogative). « Il est essentiel pour l'Eglise de redire que toute vie a un prix, et qu'il n'y en a pas d'utile ou d'inutile », a déclaré encore Olivier Ribadeau Dumas sur KTO. « Dieu aime Vincent Lambert. Cette vie qui, aux yeux des hommes, n'a pas peut être pas beaucoup de sens, est pour lui d'une grande valeur et d'un grand prix ».
Avec le ton qu'on lui connaît, le primat des Gaules Philippe Barbarin a de son côté réagi immédiatement sur Twitter, puis sur RTL, qui a annoncé à l'antenne « la colère »du cardinal archevêque de Lyon et son « soutien » aux parents Lambert (qui refusent la suspension de l'alimentation et de l'hydratation artificiels dont bénéficie leur fils). « Cette nouvelle me choque profondément, cet homme il est vivant ; il n'est pas branché. Il y a les droits de l'homme en bonne santé ; et l'homme qui n'est pas en bonne santé, il a quoi comme droits ?, a-t-il lancé à l'antenne. Cette Cour a été créée précisément pour protéger les handicapés à la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Aujourd'hui, beaucoup de gens vont être très déstabilisés par un tel arrêt. »
Alors qu'aucun communiqué officiel n'a été préparé — hormis celui de l'évêque de Reims, diocèse du patient, juste après le week-end —, et que les prises de position sont restées contenues, le prélat lyonnais sort du lot. Déjà en mars, avant l'examen à l'Assemblée nationale de la proposition d'une nouvelle loi sur la fin de vie, c'est lui qui avait co-signé au nom des catholiques, au côté des représentants institutionnels des autres cultes, une tribune dans le Monde appelant à « préserver l'interdit de tuer ». Une parole couperet – mais c'est la loi du genre médiatique -, qui a sans doute davantage porté que le travail de fond – remarquable – d'analyse du projet de loi, réalisé par le groupe de travail de Mgr Pierre d'Ornellas, l'archevêque de Rennes, qui avait été mandaté pour ce faire par les évêques.
De fait, cette fois-ci, du côté des spécialistes, pas de prise de position. « Cette décision concerne un homme et une famille, mais elle intervient dans le cadre d'un processus plus large, qui est la discussion d'une prochaine loi et nous essayons d'avoir une parole globale sur ces questions », explique Olivier Ribadeau-Dumas. « Il n'y a pas de différence entre les uns et les autres sur l'affirmation que l'interdit de tuer est fondamental ». Finalement ce 11 juin, une réaction de de Mgr Aupetit, qui suit pour les évêques les affaires bioéthiques : « Ce cas médical nous oblige à réfléchir sur la dignité de chaque vie humaine. La valeur d’une vie tient-elle à son utilité ou à son humanité ? » interroge-t-il dans un communiqué diffusé à l’attention des paroisses.
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Etats végétatifs : différents argumentaires

Si l'on ne peut que saluer la sagesse qui pousse les évêques à parler avec précaution de la complexité d'une situation humaine, on perdrait pourtant presque le fil de l'argumentation. Ils s'opposent à l'euthanasie, oui. Mais ce qui fait débat, c'est précisément qu'il s'agisse ici ou non d'une affaire d'euthanasie. Ou au contraire d'une affaire « d'arrêt de traitements » - « laisser mourir » pour ne pas s'acharner.
Le milieu des soins palliatifs, par exemple, est divisé sur ce point. Si les sociétés savantes ont tranché – l'alimentation et l'hydratation artificiels sont considérées comme des « traitements » et en tant que tels, peuvent parfois être suspendus —, beaucoup de praticiens ne l'admettent pas sur le terrain.
Autre nuance : cinq juges de la CEDH sur les 17 ayant statué sur cette affaire Lambert se sont opposés à la décision majoritaire de déclarer conforme aux droits de l'homme un éventuel arrêt des soins du patient. Mais ils précisent : « S’il s’était agi d’une affaire où la personne en question (Vincent Lambert en l’espèce) avait expressément émis le souhait qu’il lui soit permis de ne pas continuer de vivre en raison de son lourd handicap physique et de la souffrance associée, ou qui, au vu de la situation, aurait clairement refusé toute nourriture et boisson, nous n’aurions eu aucune objection à l’arrêt ou la non-mise en place de l’alimentation et de l’hydratation dès lors que la législation interne le prévoyait. » Autrement dit, pour eux, c'est avant tout la preuve des volontés de Vincent Lambert qui fait défaut.
« L'Eglise n'a pas attendu cette histoire douloureuse pour réfléchir aux situations d'état végétatif chronique, et son message est très clair, au termes d'une réflexion démarrée dès les années quatre-vingt-dix », répond le père Brice de Malherbe, codirecteur du département « éthique biomédicale » du Collège des Bernardins, à Paris, qui a précisément consacré sa thèse au sujet.
« En 2007, la Doctrine de la foi a affirmé que dans le contexte des structures sanitaires occidentales, la poursuite des soins de base était un devoir pour soutenir ces personnes en grande vulnérabilité. Il n'y a pas d'élément nouveau qui justifierait aujourd'hui d'évoluer ». Le pape Jean-Paul II, rappelle-t-il encore, en 2004, disait que « l’évaluation des probabilités ne peut justifier éthiquement l’abandon ou l’interruption des soins minimaux au patient y compris l’alimentation et l’hydratation (…) La mort par la faim ou par la soif finit par conséquent par ressembler à proprement parler à une véritable euthanasie par omission ».

Quelle spécificité de la nutrition et hydratation articielles ?

Pour l'Eglise de France, l'enjeu est surtout à venir, alors que la loi de fin de vie est en cours d'examen, et que se joue notamment dans sa formulation un paragraphe consacré à la nutrition et l'alimentation arficiels. Dans la loi Leonetti, ceux-ci étaient désignés comme des traitements seulement dans l'exposé des motifs. Les députés ont voulu que cela figure dans le texte même de la nouvelle loi. Et jusqu'à présent les sénateurs, en commission, s'y sont opposés. Là en est le débat, en attendant la séance publique qui se tiendra le 16 juin.
D'après le père de Malherbe, il y a sur ce point « une faille dans la loi Leonetti ». Si la loi permet en effet aux malades d'arrêter les traitements qui le maintiennent en vie, l'arrêt d'une sonde gastrique est irréductible à l'arrêt d'un respirateur ou d'une dialyse, argumente le père de Malherbe. « Dans ces derniers cas, on laisse une lésion poursuivre son cours naturel, alors que le patient souffre d'une défaillance organique grave et que le patient dépend pour vivre d'une assistance lourde. Ce n'est pas comparable avec l'impossiblité de déglutir qui est décorrélée de l'avancée d'une maladie.»
Vincent Lambert eût-il laissé des directives anticipées sans équivoques, la situation aurait-elle pu être appréhendée différemment, comme le pensent de leur côté les juges minoritaires de la CEDH ? Pas d'équivoque là dessus dans la réflexion de l'Eglise catholique. « La volonté individuelle ne suffit pas, même si elle est une aide qui contribue à la décision médicale », répond Brice de Malherbe. « Hors d'une situation de fin de vie, une telle demande s'apparente à une demande de suicide assisté. »
Ainsi les choses sont claires, et la retenue formelle de l'Eglise ne relève pas d'une interrogation de fond sur l'affaire Lambert. « On aura compris que nous n'allons pas dans le sens indiqué par les différentes instances juridiques (le jugement de la CEDH suit celui du Conseil d'Etat, ndlr), mais nous nous gardons de juger le fond des coeurs », glisse Brice de Malherbe. Notre préoccupation a été de respecter la complexité du débat de conscience, car dans cette famille, certains sont persuadés de bonne foi que la poursuite des soins correspond à de l'acharnement ».
« Il y a une mère et une épouse de l'amour desquelles on ne peut douter, et c'est ce que nous nous attachons à voir, ajoute Mgr Ribadeau Dumas. Cela fait le caractère hors norme de cette situation, et c'est pourquoi nous ne voulons pas qu'elle soit instrumentalisée. Dans un sens comme un autre ».
Pourtant, une semaine après le jugement de la CEDH, Mgr d'Ornellas sort à son tour du silence, apportant dans La Croix les éléments de réflexion qu'on attendait de lui après le travail de plusieurs mois qu'il a mené avec éthiciens et médecins. Et il apporte à cette question de la volonté du malade une toute autre réponse. « Si Vincent Lambert, en prévision d’un éventuel état végétatif, avait clairement exprimé sa volonté de ne pas subir de traitements, en connaissant la distinction entre ceux qui luttent contre la maladie et ceux qui, comme l’hydratation et l’alimentation, correspondent à un besoin naturel, il aurait été juste de respecter cette liberté fondamentale.»
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime28.04.19 17:37

C'est la Vie.. et non pas Famille Chrétienne ou autre magazine !
N'oublions pas que l'Eglise est une famille...divisée... sinon elle n'en serait pas une !
Il y a la réalité et l'interprétation de cette réalité
Quelle dynamique ! mais on peut se demander parfois si nous ne sommes pas en état végétatif chronique ( politique par ex. avant la crise des G.J. ).
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime12.06.19 20:07

Document des évêques de Belgique: "Accompagnement pastoral en fin de vie"
12.06.2019 par Jacques Berset, cath.ch

Dans leur nouvelle déclaration Je te prends par la main. Accompagnement pastoral en fin de vie, publiée le 12 juin 2019, les évêques de Belgique veulent offrir des orientations évangéliques à tous ceux qui vont à la rencontre de personnes âgées et malades, en particulier aux agents pastoraux.

Dans la ligne de la tradition biblique, la conviction fondamentale des évêques belges est que personne ne doit être abandonné.
L’adieu à la vie comporte de nombreuses facettes: pouvoir lâcher prise, faire le point sur sa vie, avoir besoin de réconciliation et de réconfort. Une pastorale d’inspiration chrétienne peut être un soutien car elle permet de rencontrer les grandes questions existentielles, comme l’écrivent les évêques dans leur brochure d’une vingtaine de pages.
Par-dessus tout, l’aumônier s’efforcera de susciter des liens avec d’autres et quand le mourant y est ouvert, aussi avec Dieu “qui est un allié dans notre fragilité, même s’Il est aussi un mystère insondable”.

Rites et sacrements

Les rites gardent ici toute leur importance. Ils aident à exprimer l’inexprimable. Les évêques demandent que l’aumônier essaie de respecter cette demande, sans perdre la spécificité propre des sacrements et rites chrétiens.
En ce qui concerne spécifiquement le sacrement des malades, les évêques demandent qu’il soit administré au début du processus de la maladie ou à un moment important de celui-ci, et non aux moments ultimes qui précèdent la mort. Le sacrement des malades est le sacrement pour les personnes gravement malades ou fortement affaiblies par l’âge et non le sacrement des mourants.

Aspirer à la mort

La base de l’accompagnement pastoral est l’écoute et la présence empathique de l’aumônier. Ceci n’est pas évident, surtout dans les situations d’impuissance, quand les gens disent aspirer à la mort. “Dans ce cas également, nous devons rester présents lors de conversations avec les personnes qui envisagent l’euthanasie”, écrivent les évêques.

Pas une approbation de l’euthanasie

Mais, ils ajoutent immédiatement “cela n’implique en aucun cas une approbation de l’euthanasie. Pour l’aumônier, cela peut engendrer une tension qui n’est pas facile à vivre”. Néanmoins, il est toujours possible de prier pour – et, si possible, aussi avec – cette personne. Car “si grande que soit notre impuissance humaine, nous confions toujours notre prochain à Celui qui est source de toute vie et dont la miséricorde ne connaît pas de limites”.

Les “souffrances insupportables”

Selon les évêques de Belgique, le terme de “souffrances insupportables” qu’on entend de plus en plus souvent, “doit conduire à s’interroger de manière critique sur le fait de savoir si nous consacrons une attention suffisante aux personnes vulnérables”. Cela signifie, selon les évêques, un appel à la vigilance et à la recherche de moyens nouveaux et créatifs pour aider les plus vulnérables, lancé aux communautés de foi locales, aux prêtres, aux diacres, aux agents pastoraux et aux bénévoles.
La dernière partie de [url=http://Je te prends par la main - Accompagnement pastoral de fin de vie peut %C3%AAtre command%C3%A9 sous forme de brochure chez Licap, E-mail : commandes@halex.be./]Je te prends par la main[/url] traite de la foi en la résurrection qui, souligne-t-on, n’est jamais une évidence et ne nie en rien la gravité de la mort. Elle aborde la contribution que le ministre des funérailles peut apporter dans les jours qui suivent immédiatement la mort, en particulier lors de la préparation des obsèques religieuses. (cath.ch/sipi/be)
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime12.06.19 20:18

et si justement ma souffrance psychologique était de prendre la main et d'être prise par la main ?
C'est curieux qu'on ne puisse pas être capable de se poser cette question !
Bon, les gens pas trop bêtes pigent le non-dit et il y a mille façons de faire.
Mais si on veut être abandonné... et si on veut mourir seul...
Ce n'est pas possible ??? c'est interdit ??? ( et plus c'est interdit, plus c'est attirant... ... )
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime12.06.19 20:44

si je me plaîs ds ma douleur ? eh bien alors je suis masochiste. Mais je crois que la meilleure attitude à l'heure de notre mort, c'est de nous laisser être ce que nous sommes au cours de notre vie. Si nous existons au cours de notre vie. Car il y a des gens qui font semblant de vivre ! il y en a d'autres aussi qui se demandent s'ils seront capables de jouer la comédie à la veille de leur mort si on les emmerde un peu trop ! c'est bien compliqué, tout ceci...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime16.07.19 16:32

Natalia Trouiller : « Aucune législation pour l’euthanasie ne résistera à une vague de miséricorde dans les hôpitaux ! »

Article sous abonnement, bien évidemment...

Votre miséricorde, vous pouvez vous la foutre là où je pense ! Jean Léonetti a refait plusieurs fois sa loi du 22avril2005, loi du laissez mourir, à cause des gens comme vous

Essayez de foutre un peu de votre miséricorde sur le web ou dans les paroisses ah ah ah hi hi hi oh oh oh ! ! !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime03.08.19 20:55

je te salue, Eglise, pleine de merde
le diable est avec toi, et l'intérieur de tes entrailles est pourri.
chère France Catholique, fille aînée de l'Eglise,
fous-moi la paix, maintenant et à jamais.
Ainsi soit-il.

Que c'est triste d'en arriver là !
1999 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
ils l'ont cherché, quand même, faut le faire...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime29.08.19 14:42

“Comment les chrétiens arrivent-ils à une décision sur la fin de vie ?”, une réflexion de Dominique Jacquemin
3 novembre 2018, conférence de Dominique Jacquemin, professeur d’éthique à la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Louvain (UCL), à Louvain-la-Neuve
La Croix le 29/08/2019 à 10:10
Revue Irénikon des moines de Chevetogne 2019/1 (*)

Le 3 novembre 2018 – lors de la 52e journée œcuménique d’étude et de rencontre, organisée par la Commission nationale catholique pour l’œcuménisme (Namur, Belgique) –, Dominique Jacquemin, professeur d’éthique à la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Louvain (UCL) a donné une conférence sur le thème « Fin de vie : comment les chrétiens arrivent-ils à une décision ? Défis pour la foi ». Une réflexion publiée par la revue des moines de Chevetogne, Irénikon, et que vous propose également La Documentation catholique. « La question de la fin de vie, même si elle s’avère centrale socialement et dans le vécu de tout individu singulier, reste une question très difficile pour bon nombre de motifs », souligne Dominique Jacquemin dans son introduction. « D’un point de vue social, la fin de vie se trouve de plus en plus, fût-ce implicitement, régulée par un imaginaire de “la vie idéale”, une efficacité médicale et, dans notre pays, une double législation encadrant la fin de vie, celle inhérente aux soins palliatifs d’une part, à l’euthanasie d’autre part. » Des éléments qui influent sur la représentation « que tout homme, toute femme peut avoir de sa propre fin de vie ». « De plus, écrit encore Dominique Jacquemin la fin de vie reste une période de la vie relevant à la fois du singulier et de l’intime », une dimension dont on parle peu et qui s’inscrit dans « le registre complexe du psychique, de l’éthique et du spirituel, avec une dimension religieuse pour certains »… Dans un premier temps, la réflexion du professeur d’éthique prend acte des « éléments contextuels dans lequel tout chrétien belge se trouve immergé lorsqu’il se doit de prendre l’une ou l’autre décision relative à la fin de vie ». Puis, il présente de manière rapide « la vision de la fin de vie que propose l’Église catholique » et particulièrement l’épiscopat belge afin de permettre de considérer « comment le chrétien peut se situer en conscience face à cette visée du magistère ». Après avoir abordé plus spécifiquement la problématique belge de l’euthanasie « qui pose des questions particulières d’ordre éthique et théologique en termes de décision », Dominique Jacquemin envisage la notion de transgression. Il s’interroge, existe-t-il ou non « une place pour le concept théologique de pardon ». « Ces diverses étapes réflexives nous permettront d’envisager, avant de conclure, certains défis pour la foi et la théologie », explique-t-il.

La DC

“Comment les chrétiens arrivent-ils à une décision sur la fin de vie ?”, une réflexion de Dominique Jacquemin

Introduction
La question de la fin de vie, même si elle s’avère centrale socialement et dans le vécu de tout individu singulier, reste une question très difficile pour bon nombre de motifs. D’un point de vue social, la fin de vie se trouve de plus en plus, fût-ce implicitement, régulée par un imaginaire de « la vie idéale », une efficacité médicale et, dans notre pays, une double législation encadrant la fin de vie, celle inhérente aux soins palliatifs d’une part, à l’euthanasie d’autre part. Ces différents éléments influent sur la représentation que tout homme, toute femme peut avoir de sa propre fin de vie. De plus, la fin de vie reste une période de la vie relevant à la fois du singulier et de l’intime, dimension peu parlée et s’inscrivant dans le registre complexe du psychique, de l’éthique et du spirituel, avec une dimension religieuse pour certains ; autant d’éléments qui, dans leurs interrelations, interfèrent dans la représentation de la fin de vie, pour soi et pour autrui, et dans la structuration progressive des décisions qui y sont inhérentes. Tout cela pour dire la complexité de la question posée pour cette intervention : « les chrétiens », alors qu’il est avant tout question d’un homme, d’une femme en situation singulière et dans des rapports d’appartenance très diversifiés à la foi chrétienne ; « arrivent-ils à une décision », alors que le rapport à la fin de vie s’élabore généralement dans un temps long, structuré par l’évolutivité de la perception des altérations physiques et/ou psychiques auxquelles le sujet consent également de manière très différente.

Ces difficultés méritent cependant d’être rencontrées, fût-ce partiellement. Nous procéderons en cinq temps. Dans un premier moment, après quelques constats épidémiologiques, nous prendrons acte d’éléments contextuels dans lequel tout chrétien belge se trouve immergé lorsqu’il se doit de prendre l’une ou l’autre décision relative à la fin de vie : un certain fonctionnement de la médecine induisant une perception du sens de la vie et l’existence d’une législation relative à l’euthanasie. Dans un deuxième temps, nous présenterons rapidement la vision de la fin de vie que propose l’Église catholique et particulièrement l’épiscopat belge. Ceci nous permettra de considérer ensuite comment le chrétien peut se situer en conscience face à cette visée du magistère. Dans une quatrième étape, nous reviendrons plus spécifiquement à la problématique belge de l’euthanasie qui, on s’en doute, pose des questions particulières d’ordre éthique et théologique en termes de décision. Nous envisagerons spécifiquement la notion de transgression et nous interrogerons s’il existe ou non une place pour le concept théologique de pardon. Ces diverses étapes réflexives nous permettront d’envisager, avant de conclure, certains défis pour la foi et la théologie.

I. Contextualisation
Nous commencerons notre réflexion par certains éléments contextuels qui, de notre point de vue, influencent tout croyant dans les décisions relatives à la fin de vie. D’un côté, le contexte d’un fort développement de la médecine induit une sorte d’incapacité pratique à considérer la fin de vie, comme s’il était toujours possible de « maîtriser » sa vie. De l’autre, l’existence d’une législation relative à l’euthanasie renforçant, par certains côtés, cette même illusion de maîtrise possible.

Au regard des dernières statistiques belges (1), 109 629 individus sont décédés en 2017 contre 108 056 en 2016, soit une hausse de 1,5 %. En 2016, l’espérance de vie à la naissance en Belgique s’établissait à 83,8 ans pour les femmes et à 79 ans pour les hommes et, pour l’ensemble de la population, elle s’établissait à 81,4 ans. La hausse de l’espérance de vie à la naissance par rapport à 2015 pour les deux sexes réunis est de 0,5 an et l’espérance de vie à la naissance est plus élevée en Flandre (82,4 ans) qu’à Bruxelles (81,2 ans) et en Wallonie (79,7 ans).

Si on veut rechercher les motifs de décisions de fin de vie, outre celles liées à l’euthanasie, il est difficile d’en avoir une idée précise par absence de publication (2). Cependant, le contexte de soins et les représentations sociales liées à la médecine étant assez semblables, on peut se reporter au rapport français publié par l’Observatoire national de la fin de vie en 2012 (3). Ce dernier montre que les décisions touchent d’abord la limitation ou l’arrêt de traitement (45 %), cette décision ayant comme conséquence une survenue plus rapide du décès dans 18 % des cas. Un peu moins de 7 % des décisions de limitation ou d’arrêt de traitement sont prises en concertation avec les patients concernés. Les décisions de ne pas initier un nouveau traitement ou de le limiter (diminuer les doses) sont plus fréquentes pour les personnes de moins de 40 ans. Seuls 1,5 % des patients incapables pour lesquels une décision d’arrêt de traitement a été prise avaient rédigé des directives anticipées.

I.2. Une certaine représentation de la médecine et de la fin de vie

Un autre élément contextuel à prendre en compte réside dans une perception majoritairement partagée en ce qui concerne le statut de la médecine. Comme nous l’avons écrit par ailleurs (4), elle assure de plus en plus une fonction de médiation du rapport au bonheur-malheur vécu par l’individu singulier. C’est de la médecine qu’il attend une existence « sans limite », en correspondance avec ce qu’il/elle en attend dans ses dimensions physique et psychique. Malheur à cette médecine si elle ne parvient pas à le restaurer en cette image ; malheur au sujet si la médecine ne peut répondre à sa demande. Cette manière de vivre un rapport à la médecine n’est pas sans incidence sur les décisions à prendre, au risque de les appréhender dans le registre de l’excès (de demande et/ou de propositions thérapeutiques). En effet, s’il est question d’améliorer son existence, ce qui est légitime, on peut se demander jusqu’où et avec quels moyens ? Et c’est certainement cette illusion d’absence de limite que nous renvoie une société risquant de construire tant de sujets « malheureux » car la réalité ne correspond pas à ce rêve. Mais, quel est le contemporain qui, d’une manière encore spontanée et sereine, aura été façonné à ce sens naturel, nous tenterions même le qualificatif de « normal » et de structurant, de la limite ? Ne vivons-nous pas bien souvent dans un monde qui nous donne de croire que tout est possible – ou devrait l’être – et que tout obstacle à un projet de vie acquiert assez rapidement le statut du « malheur » si ce dernier ne se réalise pas comme prévu et dans le temps prévu.

I.3. L’horizon législatif de l’euthanasie

Enfin, et même s’il ne faut pas majorer cet élément contextuel, on ne peut passer sous silence l’existence, depuis 2002, d’une législation ayant dépénalisé, sous conditions strictes, l’acte d’euthanasie en Belgique. Le dernier rapport de la commission fédérale d’évaluation (2018, traitant des années 2016-2017) en offre une synthèse : « Le nombre de déclarations reçues pendant cette période a été de 2 028 en 2016 et 2 309 en 2017. La majorité était rédigée en néerlandais, concernait des patients âgés de 60 à 89 ans, hommes et femmes égalitairement représentés. Le plus souvent, l’euthanasie a eu lieu au domicile. Les affections principales à l’origine des demandes d’euthanasie étaient soit des cancers, soit une combinaison de plusieurs affections (polypathologies) qui n’étaient pas susceptibles de s’améliorer et qui occasionnaient de plus en plus de handicaps sérieux allant jusqu’à une défaillance d’organes. Le décès des patients était généralement attendu à brève échéance. Les patients dont le décès n’est manifestement pas attendu à brève échéance souffraient majoritairement de polypathologies, alors que le décès de patients cancéreux est rarement considéré tel. Les demandes d’euthanasie sur la base de troubles mentaux et du comportement restent marginales (1,8 % de l’ensemble des euthanasies). Comme tous les dossiers d’euthanasies, ceux-ci respectent les conditions légales (patient capable ; demande écrite ; situation médicale sans issue ; souffrance constante, inapaisable et insupportable causée par une affection grave et incurable ; demande réfléchie et répétée). Trois euthanasies de mineurs non émancipés ont été enregistrées en 2016-2017 » (5). Notre objectif n’est pas ici d’en proposer une analyse d’ordre éthique ou théologique (6) mais de dresser un constat : l’augmentation constante des actes d’euthanasie transforme peu à peu l’appréhension de la fin de vie et la possibilité de « pouvoir » y mettre fin de manière volontaire s’impose dans les représentations collectives, ce fait pouvant modifier progressivement les décisions inhérentes à la fin de vie. Je me permettrai ici de prendre un exemple, significatif à mes yeux. À la sortie d’une eucharistie, une dame âgée, « très catholique » et issue de la noblesse, ayant en charge à domicile son époux de 90 ans atteint de la maladie d’Alzheimer me demande : « En Belgique, on peut avoir l’euthanasie. Est-ce vrai que nous, on ne peut pas la demander ? ». Il est manifeste que, sans l’existence-même de la loi, cette personne âgée n’aurait pas posé ce type de question dont on peut pressentir le dilemme moral vécu.

Enfin, en termes de dimensions en mesure d’influencer sous peu certains types de décisions, il est important de mentionner les réflexions actuellement menées autour de la notion de « fatigue de vivre » (7). Cette approche ne vise pas une pathologie unique, ni une polypathologie vécue, mais d’avantage une expérience, une fatigue d’exister résultant d’une « vie accomplie » et qui pourrait, selon certains, devenir un critère subjectif de demande d’euthanasie. Alliée avec ce que nous avons pu développer à propos des expériences de « déception » inhérentes aux réponses insuffisantes de la médecine, la « fatigue de vivre » pourrait devenir – et cela nous questionne profondément – un nouveau critère expérientiel de décision en matière de fin de vie.

II. Un référentiel ecclésial
Ces quelques éléments de contexte en mesure d’infléchir des décisions de fin de vie étant posés, venons-en à notre question principale : comment les chrétiens arrivent-ils à une décision ? Nous nous situerons ici dans une visée optimale de la question ! Avant de prendre une décision, une tradition ecclésiale leur offre certains repères, que ce soit au niveau de l’Église universelle ou à un niveau plus local.

II.1. Le magistère de l’Église catholique

Au regard des développements techniques de la médecine, l’Église catholique a pris position de manière très précoce – bien avant les instances médicales concernées et la société civile – à propos des questions inhérentes à la fin de vie : la prise en charge de la douleur, l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie. Considérons rapidement les principaux repères offerts aux catholiques confrontés à des décisions à prendre.

En ce qui concerne la prise en charge de la douleur, l’Église catholique fut pionnière (8). En effet, dès 1957 déjà, face aux pratiques médicales de l’époque encore réticentes à un usage adapté de la morphine, le pape Pie XII insistait sur la nécessité de la prise en charge de la douleur : « Quels sont les motifs qui permettent dans les cas d’espèce d’éviter la douleur physique sans entrer en conflit avec une obligation grave ou avec l’idéal de la vie chrétienne ? On pourrait en énumérer un grand nombre ; mais, malgré leur diversité, ils se ramènent finalement au fait, qu’à la longue, la douleur empêche l’obtention de biens et d’intérêts supérieurs. Il peut se faire qu’elle soit préférable pour telle personne déterminée et dans telle situation concrète ; mais, en général, les dommages qu’elle provoque forcent les hommes à se défendre contre elle… » (9). Cette invitation fut relayée par la Conférence des évêques de France également de façon précoce, dès 1991 : « Ces appels répétés à la recherche de moyens efficaces pour combattre la douleur de la fin de vie n’ont, semble-t-il, pas été toujours entendus, même par des catholiques. Il est vrai que, pendant longtemps, l’emploi des médications agissant sur les douleurs intenses semblait se heurter à de graves objections d’ordre médical. Ont donc été des bienfaiteurs de l’humanité les médecins et chercheurs qui, depuis 25 ans, s’évertuent à trouver de nouveaux antalgiques et de nouveaux modes d’administration et qui sont parvenus non seulement à soulager mais même à prévenir la plupart des douleurs intenses de la fin de vie, en évitant les graves conséquences jusqu’alors redoutées » (10).

En ce qui concerne ce que l’on nomme acharnement thérapeutique, l’Église catholique n’invite pas à « vivre à tout prix » mais souhaite d’avantage que le patient, en fonction de sa situation, s’ouvre, avec son entourage, à la question de la signification de l’existence. La Congrégation pour la doctrine de la foi a largement traité de cette question (11). L’enjeu premier réside dans le fait que « Chacun a le devoir de se soigner et de se faire soigner ». Mais « il est toujours permis de se contenter de moyens normaux que la médecine peut offrir. On ne peut donc imposer à personne l’obligation de recourir à un type de soins qui, même déjà en usage, n’est toutefois pas encore exempt de dangers ou est trop onéreux. Ce refus n’équivaut pas au suicide : il signifie plutôt soit une simple acceptation de la condition humaine, soit le désir d’éviter la mise en œuvre d’un dispositif médical disproportionné vu les résultats espérés, ou encore la volonté de ne pas imposer des charges trop lourdes à la famille ou à la société » (12). On voit donc ici trois motifs de refuser des soins disproportionnés : une acceptation de la condition humaine, ce qui pourrait se traduire par le fait d’être mortel ; éviter la disproportion en fonction des résultats attendus ; l’élément de charge, qu’elle soit affective ou économique.

Enfin, la problématique de l’euthanasie fait l’objet, au niveau des principes de fond, d’un positionnement très clair de l’Église catholique. Les déclarations sont nombreuses et se résument à une opposition foncière à l’égard de tout acte d’euthanasie. Nous retiendrons ici, une fois encore, l’éclairage donné par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Aucune circonstance ne peut permettre que l’on donne la mort à un être humain (quel qu’il soit : fœtus ou embryon, enfant ou adulte, vieillard, malade incurable ou agonisant). Cette approche a été rappelée clairement en décembre 2008, lorsque la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié le document Dignitas personae. Son enjeu de fond, dans « un grand oui » à la vie, est de réaffirmer que « la dignité de la personne humaine doit être reconnue à tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort » (13). Personne ne peut demander ce geste homicide pour soi ou pour un autre confié à sa responsabilité. Personne n’a le droit d’y consentir, explicitement ou non. Enfin, on y trouve l’opposition absolue à ce qu’une autorité quelle qu’elle soit puisse l’imposer ou l’autoriser : « II y a là violation d’une loi divine, offense à la dignité de la personne humaine, crime contre la vie, attentat contre l’humanité » (14). Notons enfin que le document reconnaît qu’il existe des situations de souffrance telles que des personnes puissent demander la fin de leurs jours : « Si, en de tels cas, la responsabilité personnelle peut être diminuée ou même supprimée, l’erreur de jugement de la conscience – fût-elle de bonne foi – ne modifie pas la nature du geste meurtrier, qui demeure en soi inacceptable » (15) ; dimension sur laquelle nous aurons à revenir lorsque nous traiterons des défis pour la foi et pour la théologie.

II.2. De nombreuses interventions de la conférence épiscopale belge

En ce qui concerne l’approche plus particulièrement belge, la Conférence épiscopale de Belgique a pris régulièrement la parole (16) depuis les premiers débats relatifs à la possibilité de légiférer à propos de l’euthanasie. Actuellement, une commission de la Conférence épiscopale belge finalise un document à visée pastorale destiné aux acteurs de la santé et à la pastorale des malades.

Que peut-on retenir de l’ensemble de ces déclarations ? Leur succession montre d’abord le souci des évêques de Belgique à se positionner au plus près de l’actualité, exerçant de la sorte une fonction de vigilance sociale, de veille pour reprendre l’expression d’Alain Thomasset. Il importe, nous semble-t-il, de rappeler, parfois de manière forte, à l’État et au droit, leur propre limite, celle de dire nécessairement et de manière univoque le sens pour tous et pour tout : « Dans une société sécularisée, la tentation est permanente pour le politique de vouloir s’instaurer comme un nouveau sacré qui régulerait l’ensemble de la vie sociale » (17). C’est dans cette orientation que conduit la constitution pastorale Gaudium et spes lorsqu’elle considère l’importance et la place d’un mandat politique, ce dernier étant à la source des législations : c’est également à l’ensemble du monde politique, particulièrement des mandataires chrétiens, d’assumer en amont une fonction de veille permettant d’anticiper le type de société que certaines législations risquent de construire. Nous nous permettons ici de citer un large extrait, ces textes étant, de notre point de vue, trop peu connus.

Gaudium et spes, n. 75 : « Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun ; ils montreront ainsi par les faits comment on peut harmoniser l’autorité avec la liberté, l’initiative personnelle avec la solidarité et les exigences de tout le corps social, les avantages de l’unité avec les diversités fécondes. En ce qui concerne l’organisation des choses terrestres, qu’ils reconnaissent comme légitimes des manières de voir par ailleurs opposées entre elles et qu’ils respectent les citoyens qui, en groupe aussi, défendent honnêtement leur opinion. Quant aux partis politiques, ils ont le devoir de promouvoir ce qui, à leur jugement, est exigé par le bien commun ; mais il ne leur est jamais permis de préférer à celui-ci leur intérêt propre » (a).

L’ensemble des textes émis par la Conférence des évêques de Belgique vise d’abord à rencontrer la société civile au nom de valeurs éthiques – dignité, solidarité, démocratie – plus que d’y déployer à proprement parler une approche en référence avec la foi, sous-tendue par une théologie, même si cette dernière n’est pas, implicitement, tout à fait absente. Les évêques, en ramant d’une certaine manière en arrière puisque la législation est bien là, assument cependant un rôle prophétique de dénonciation de ce qui atteint l’humain, particulièrement les plus fragiles, tout en soulignant que d’autres choix seraient possibles en termes de pratique médicale (les soins palliatifs) et de choix de société (l’engagement solidaire). Et force est de reconnaître que nous ne pouvons que leur donner raison ; nous y reviendrons également en considérant les défis inhérents aux décisions à prendre par le chrétien.

III. Une décision en conscience
Nous l’avons vu, les repères sont clairs. Mais qu’en est-il en ce qui concerne les décisions à prendre et la possibilité, pour le croyant, de rencontrer la complexité de certaines situations singulières ? Cette question nous renvoie ici à quelques développements d’éthique fondamentale.

III.l. Deux principes pour guider la décision

Tout d’abord, il importe de se rappeler qu’en registre catholique, deux principes inséparables et sans concurrence sont à même de guider une décision éthique, que ce soit dans le domaine qui nous occupe ici comme en tout autre. L’un est d’ordre « intérieur », l’Esprit Saint reçu au baptême, l’autre est d’ordre « extérieur » mais demande un assentiment intérieur, le Magistère ou le discours officiel de l’Église dans le chef de ses responsables. La question cruciale résidera bien sûr dans l’articulation entre les deux dimensions, les deux principes, l’un relevant davantage d’une personne devant décider en situation, l’autre relevant plutôt de principes proposés par l’autorité ecclésiale. Cette tension nous invite à clarifier très brièvement les notions de Magistère et de conscience personnelle, notions sur lesquelles bon nombre de nos contemporains, y compris catholiques, restent trop peu au clair.

Le Magistère

Que faut-il entendre par Magistère ? Il s’agit du collège du pape et des évêques, garant ensemble de ce qu’on appelle le dépôt de la Révélation, autrement dit l’Écriture et la Tradition, deux lieux où, pour le catholique, Dieu prend la Parole, c’est-à-dire se révèle aux hommes d’hier et d’aujourd’hui. Dans un effort d’actualiser ces deux piliers de la foi chrétienne, le Magistère prend régulièrement la parole sur des sujets particuliers ou généraux touchant des questions d’actualité bien diverses, ici les questions de fin de vie. Ce sont d’abord les encycliques où la façon de penser de l’Église est exprimée par le pape, relais du collège des évêques, ou des textes émanant de Congrégations, d’épiscopats nationaux, etc. Et ces textes sont à accueillir dans un esprit de foi. À ce sujet, la définition qu’en donne Xavier Thévenot semble bien rejoindre l’expérience qu’en fait la majorité des chrétiens : « Un texte magistériel est à percevoir en quelque sorte comme un hôte que l’on reçoit chez soi. Il dérange nos habitudes, démasque nos étroitesses, oblige à nous réapproprier de façon plus ouverte l’espace qui est le nôtre, et finalement nous provoque au dialogue » (18). II importe également de se rappeler que toute prise de parole n’a pas le même poids théologique qu’une encyclique et ne postule pas le même degré d’adhésion de la part du croyant ; pensons en effet aux allocutions pontificales en audience publique, à des propos recueillis par un journaliste dans un avion (même si les propos peuvent être d’importance, à l’exemple de ce que le pape François a pu dire à propos de l’homosexualité), à une déclaration personnelle de tel évêque, aux textes de L’Osservatore Romano… Au niveau formel, retenons au moins qu’une déclaration pontificale est porteuse de façon inconditionnelle d’obligation morale lorsque le pape parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsqu’il engage clairement son autorité – son infaillibilité (19) – pour des matières relevant du dogme ou de la morale ; ce qui, il faut le reconnaître, est chose rare et n’a jamais concerné les questions qui nous occupent ici. Dès lors, faut-il accueillir sans discernement toute prise de parole officielle comme une parole définitive ? Le concile Vatican II répond clairement à cette question : « C’est toujours librement que l’homme se tourne vers le bien. (…) La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conscience personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure » (20). Deux écarts semblent donc essentiels à éviter dans la vie morale : l’irrationalité et l’obéissance aveugle, autrement dit l’agir doit faire place à une rationalité, une capacité de rendre compte en raison et dans la foi, et c’est bien la place reconnue théologiquement à ce qu’on appelle la conscience éclairée. Ceci nous amène à un deuxième point d’attention dans la recherche d’une articulation entre le singulier et l’universel en éthique et théologie.

La conscience morale

Comment définir cette conscience éclairée ? « La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » (21). Au regard des problématiques décisionnelles relatives à la fin de vie, et face à une situation vécue parfois comme conflictuelle, le chrétien doit faire son propre chemin en vue de prendre une décision qui est la sienne et qui lui appartiendra. Ce chemin de discernement, il le déploie au moyen de sa raison, éclairée par les repères issus de sa tradition (Révélation, Évangile, Magistère) et sous le regard de son Dieu qui, en fait, reste le seul juge des intentions profondes de celui qui pose un choix. Ceci nous indique (22) qu’il existe une réelle autonomie de la conscience éclairée en registre chrétien, que si le Magistère a toute sa place dans sa mission d’éclairage, de clarificateur, la dernière instance à décider en connaissance de cause est la personne en situation particulière. Cette autonomie de la conscience est également à situer dans un contexte plus large du sensus fîdei tel que développé dans la constitution dogmatique Lumen gentium (23) et que le pape François nomme avec humour « l’odorat du troupeau capable de trouver de nouveaux chemins » (24) auquel toute Église locale se doit d’être attentive.

Pour nous résumer, gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un chemin dialectique où deux pôles ont toute leur place et rien que leur place. Comment cela ? S’en tenir à la seule dimension universelle, magistérielle sans prendre acte de la situation singulière, ce serait du « traditionalisme » géré davantage par un fidéisme que par un chemin de raison. Tandis que s’en tenir à la seule situation ou à sa seule conscience non éclairée conduirait vers des chemins de « situationnisme » ou « d’individualisme » qui sont autant d’impasses dans la réflexion et l’agir moral. En un mot, situé dans un questionnement singulier, il importe de garder l’exigence de comprendre cette situation, d’envisager honnêtement et en raison les repères issus de notre tradition et, finalement, de décider en conscience des actes que je poserai ou non.

III.2. Une décision à assumer en conscience

C’est donc bien dans le registre de la conscience personnelle éclairée que tout croyant chrétien se devra, en registre catholique, de prendre les décisions concernant sa propre fin de vie. Cette dimension peut paraître évidente pour la majorité d’entre nous. Pourtant, face à certaines situations extrêmes et relatives aux questions de fin de vie, il en est certains qui semblent encore douter non seulement de cette possibilité, mais surtout de sa légitimité. Aussi nous permettons-nous ici de nous reporter à un texte du concile Vatican II s’il fallait encore nous convaincre de la place conférée à la conscience en registre catholique : « Aux laïcs reviennent en propre les professions et les activités séculières (…). C’est à leur conscience, préalablement formée, qu’il revient d’inscrire la loi divine dans la cité terrestre. Qu’ils attendent des prêtres lumières et forces spirituelles. Qu’ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compréhension telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne et prêtant fidèlement attention à l’enseignement du Magistère, qu’ils prennent eux-mêmes leurs responsabilités » (25).

IV. La question particulière de l’euthanasie
La possibilité d’un réel discernement en registre chrétien semble donc avérée en ce qui concerne les décisions à prendre concernant la fin de vie. Mais cela est-il si certain ? C’est pour mettre à l’épreuve, si nous pouvons nous permettre l’expression, ce que nous venons de développer en ce qui concerne une autonomie morale, que nous aimerions revenir sur la situation belge marquée par la difficile question de l’euthanasie en envisageant la question de la transgression et du pardon.

IV.l. La question de la transgression

Si l’acte d’euthanasie se trouve généralement vécu par les cliniciens comme un acte de transgression (26), elle n’est pas à appréhender d’abord dans le registre de la moralité puisque la concession à cet acte dans une situation toujours singulière se vit, comme nous l’avons vu, en conscience. Il n’en reste pas moins expérimenté comme un acte qui les pose radicalement dans une situation inhabituelle dans laquelle ils se trouvent mis dans l’incapacité d’accomplir le bien habituellement poursuivi, le soutien du plus fragilisé dans sa vie, cette vie pouvant se diriger naturellement vers sa propre fin. Par contre, en ce qui concerne le patient chrétien, est-il possible, voire légitime, d’envisager la problématique de la transgression dans le même horizon ? Il pourrait, au nom d’un jugement en conscience – et selon les impératifs déployés précédemment – en arriver à ce type de décision.

On se trouverait donc, d’un point de vue éthique, dans l’horizon de la conscience fautive non coupable. C’est-à-dire qu’on assisterait à une décision qui, en tant que telle, ne peut être qualifiée de bonne au regard de la tradition, mais cependant non coupable parce qu’assumée en conscience. Nous serions, du moins théoriquement, dans l’horizon « des périphéries » (27) ouvert par le pape François dans Evangelii gaudium, même s’il y traite effectivement d’une problématique toute autre : « L’Évangile nous propose de corriger et d’aider à grandir une personne à partir de la reconnaissance du caractère objectivement mauvais de ses actions (cf. Mt 18, 15), mais sans émettre des jugements sur sa responsabilité et sur sa culpabilité (cf. Mt 7, l ; Lc 6, 37) » (n. 172), supposant temps et patience. Cependant, au regard de la pratique, peut-être importe-t-il d’être moins optimiste quant à la portée et à la mise en œuvre de l’acte considéré car, de notre point de vue, l’autre – l’entourage proche, le médecin et les équipes soignantes concernées – se trouve trop peu pris en compte dans une décision autonome, voire autarcique. En effet, pour des raisons inhérentes au vécu de sa souffrance subjective physique et/ou psychique, le patient n’impose-t-il pas pour une part à autrui la vision de sa propre existence, le sollicitant, par sa propre décision – mettre un terme à sa vie – à poser un acte insuffisamment inscrit dans l’alliance thérapeutique car, y concéder, ne revient-il pas, en quelque sorte, à « forcer autrui » dans la reconnaissance d’une vie devenue insensée, voire indigne diront certains ? C’est, nous semble-t-il, une dimension de la décision du patient trop peu pensée comme si, au nom de l’autonomie du patient, le professionnel se trouvait de plus en plus dans l’impossibilité d’arguer de sa propre autonomie par la clause de conscience telle que permise par la loi belge (28). C’est un réel défi sur lequel nous aurons à revenir sous peu.

IV.2. La problématique du « pardon »

Et c’est en cela que, même si une décision prise en conscience, ne pouvant être qualifiée de bonne mais expérimentée paradoxalement dans sa singularité comme le lieu d’un bien visé, devrait pouvoir laisser ouverte la question du pardon (29). Nous nous rendons compte de la complexité de nos propos mais la tâche du théologien, fût-elle ingrate en certaines problématiques à considérer, n’est-elle pas d’aller jusqu’au bout de sa propre pensée ? Certes pas pour « briller académiquement » mais pour tenter de rejoindre au mieux les « périphéries » interrogatives de l’existence et la vie concrète des chrétiens concernés.

Si ce que nous venons de développer de la transgression peut être compris en registre chrétien par la place habituellement reconnue à la conscience, le recours à cette dernière suffit-il pour assumer pleinement l’autonomie du médecin chrétien ? En effet, et c’est un autre paradoxe qu’il importe de penser : s’il est assuré en conscience d’avoir visé « un bien » dans l’acte posé, la résultante d’une inquiétude psychique, spirituelle, voire morale pour certains, n’est-elle pas la trace d’une nécessaire réassurance du clinicien dans le registre de la foi ?

Pour le professionnel chrétien, assumer sa propre autonomie, c’est-à-dire ici consentir en conscience à la demande de mort, comme non-maîtrise de l’autonomie d’autrui ne devrait-il pas laisser place à une altérité qu’en registre théologique nous nommerions pardon au cœur du tragique ? La pertinence de se reporter à l’horizon du tragique, nous la devons à Nathalie Sarthou-Lajus lorsqu’elle en traite en ces termes : « C’est du côté de la démesure que s’affirme l’homme de la tragédie, sa grandeur comme sa malédiction. Le sentiment du tragique est lié à cette prise de conscience de l’ambivalence de la démesure. L’homme de la tragédie découvre au prix d’une longue série d’épreuves qu’il n’est pas celui qu’il croyait être, qu’il est divisé : il désire passionnément la sagesse et il vit dans le plus grand aveuglement, prenant le mal pour un bien, le mensonge pour la vérité. C’est un être foncièrement double, habité par des contradictions insolubles, capable de basculer des aspirations les plus nobles au déchaînement d’une violence sans retenue » (30). Ces propos rejoignent pour une grande part, me semble-t-il, ce dont il est question dans la confrontation des autonomies évoquée précédemment au risque de se nier mutuellement. En effet, telle est bien la grandeur et la malédiction du clinicien, celle de répondre présent à une demande qu’au fond de lui-même il aurait aimé ne jamais rencontrer en termes de décision à assumer. Il peut lui aussi être interrogé par la dimension de démesure, celle de s’ériger en maître de l’autonomie d’autrui en la niant par la décision d’une mort sollicitée : que pense le patient de celui, celle que je suis lorsqu’il me demande sa mort ? Face à pareille demande, le clinicien éprouvera cette même expérience de la division intérieure, inscrit dans les valeurs structurantes de sa profession et de son identité humaine et croyante, tandis qu’il se trouve convié à rencontrer la souffrance de l’autre. Car, en pareille situation, où est la sagesse ? Dans le refus d’entendre, la compassion, et jusqu’où ? L’auteure parle d’aveuglement. Est-ce aussi le cas dans notre question ? Nous pensons pouvoir répondre par la négative pour autant, comme nous l’avons considéré, que la transgression soit nommée et expérimentée pour ce qu’elle est : une situation de violence et de tragique comme défi imposé à la raison et à l’action (31). Et peut-être importe-t-il ici que celle, celui qui se trouve en situation de demande, puisse être conscient de cette violence imposée au clinicien – l’instrumentalisation toujours possible – car l’euthanasie n’est pas un « service à rendre » mais un appel à une forme d’engagement possiblement destructeur pour le clinicien.

En effet, comme le dit si bien Nathalie Sarthou-Lajus, « l’homme de la tragédie est à la fois agent et victime de son désastre. La tragédie dit l’énigme de l’origine du mal que je commets tout autant que je le subis » (32). II nous apparaît que ces deux axes disent bien, par la blessure toujours ultime de l’acteur d’avoir agi, ce qui peut être vécu par le clinicien au plus ultime de lui-même dans pareille demande, intime dont on peut se demander s’il est effectivement possible de rendre compte à autrui. Et s’il s’avère impossible d’en rendre compte, le clinicien ne risque-t-il pas, dans cette confrontation au tragique, de se laisser enfermer dans son propre malheur ? C’est, nous semble-t-il, ce qu’il m’est possible de constater dans la rencontre de certains cliniciens, comme une impossibilité de dire ce dont il est effectivement question dans l’épreuve de la réponse : « Le conflit tragique est d’autant plus violent qu’il est intime, et que l’adversité provient non d’une force extérieure mais de son propre caractère, de ses prédispositions, de ses actes et de l’histoire qu’on se raconte sur ses origines pour garder une apparence humaine » (33). Cette dimension d’épreuve de la confrontation au tragique pose, de notre point de vue, une ultime question d’ailleurs soulevée par Nathalie Sarthou-Lajus : est-il possible de renaître du tragique ? Cette question est essentielle pour le théologien et me pousse peut-être à aller jusqu’au bout de ma propre pensée en assumant les notions de péché et de pardon.

En mettant fin à la vie d’autrui, le clinicien va à l’encontre de la visée d’autonomie telle que voulue par Dieu, celle permettant à tout homme, toute femme de se maintenir dans les conditions de sa propre existence et humanité (Gn 2, 1). En ce sens, il commet une faute, un péché même si, en conscience, il a cherché, à travers son acte, à viser « un bien ». C’est le thème classique, mais toujours difficile à appréhender au cœur de la clinique, de la conscience fautive non coupable dont nous avons fait écho, thème remis d’actualité par le pape François (34). Dès lors, comment s’en sortir ? N’est-ce pas par l’accueil de la croix et de ses stigmates comme trace du mal qu’il est possible de s’en sortir, de s’en sauver (35) ? Il s’agirait de pouvoir expérimenter que, face au tragique de la demande et de sa possible réponse positive mettant mutuellement à mal les autonomies concernées, seul un Autre peut sauver par le pardon offert quand il se trouve sollicité car le salut ne peut venir de la seule action du clinicien qui, par son acte, risquerait de se poser en « maître du salut » sollicité par le patient autonome, si pas autarcique comme nous l’avons vu. Ce pardon vient de la reconnaissance d’une blessure que seule la source d’un salut venu d’ailleurs pourra panser et dont, par moi seul, je ne peux m’assurer. Il s’agirait dès lors de reconnaître que le salut ne vient ni de l’acte, ni de soi, mais d’un Autre, pour autant que je reconnaisse que lui seul est à même de qualifier de « réellement pour l’autre » le chemin auquel j’ai concédé, prudemment et dans l’épreuve, à ce que lui seul était capable de nommer son lieu d’autonomie et de relèvement. Tel est également, nous semble-t-il, l’horizon qu’ouvre Hans Urs von Balthasar lorsqu’il traite de la contradiction comme caractéristique du tragique, pleine exposition à l’autre (36) qui, seul et pour une part, peut en relever : «…c’est l’illustration extrême de l’existence placée hors d’elle-même : l’homme devient une question permanente adressée aux dieux et aux hommes, ses semblables : auront-ils pitié de lui ou non ? Après mûre réflexion, lui offriront-ils l’hospitalité ou non ? » (37). Ici, une fois de plus, nous sommes bien renvoyés à la notion d’indicible, d’inexplicable (38) et de liberté pour traduire théologiquement l’autonomie, comme si l’acte de transgresser conduisait à une sorte d’au-delà de la seule raison dont il faut – et tel est bien le paradoxe de notre problématique – rendre compte à soi-même – devant soi-même et devant Dieu, en conscience – et face à l’autre pour la maintenir dans l’horizon d’un acte éthique.

V. Défis pour la foi et la théologie
Nous nous en rendons compte, envisager la manière dont « les chrétiens » décident en matière de fin de vie et explorer les repères disponibles à cet effet reste une matière délicate et non résolue intellectuellement, du moins à titre personnel. D’où l’importance d’envisager maintenant le dernier aspect de la « commande » qui nous a été adressée : quels défis ? Ils sont, nous semble-t-il, de deux ordres : ceux qui relèvent de la vie du croyant en société, en Église et ceux qui concernent la théologie morale en tant que telle.

V.l. Une représentation de la vie, de la vieillesse

Si la représentation de la fragilité et de la vieillesse constitue une question de société, elle n’en représente pas moins un défi pour une compréhension croyante de l’existence. Nous l’avons considéré dans l’analyse contextuelle, l’exercice de la médecine a progressivement permis une nette amélioration des conditions d’existence au point qu’il est devenu de plus en plus complexe – si pas impossible – pour bon nombre de nos contemporains d’envisager la limite, les fragilités de l’âge, l’altération physique et/ou psychique et l’advenue de la mort comme des dimensions constitutives, normales de l’existence. Dans ce domaine, la foi semble peu aidante et le rapport à cette dernière relève, de notre point de vue, d’un réel défi.

Le défi est d’abord éducatif et pastoral dans la mesure où le chrétien aurait à réapprendre à se penser dans l’horizon d’une anthropologie théologique où l’existence est à appréhender dans sa dimension terrestre et d’éternité faisant du temps de la vie un des temps certes essentiels au cœur duquel s’inscrit toute décision à prendre mais qui ne se clôture pas sur lui-même pour en dire le sens, vie appelée à un épanouissement en Dieu. Cette dimension d’ouverture nous semble primordiale pour penser le processus de décision – et ce qu’il est question de décider – dans sa juste temporalité de sens : le tout de la vie et de sa signification ne se joue pas dans sa seule dimension horizontale. Nous sommes bien conscients de la difficulté de proposer une telle visée mais, en même temps, nous avons l’impression que dans sa fonction de catéchèse, de prédication, l’Église offre de moins en moins d’opportunité aux croyants de s’ouvrir à ce type de réflexion.

Dans ce même horizon, des figures bibliques seraient à méditer, telle celle de Siméon ayant intégré la limite et la signification d’accomplissement de l’existence comme critère de décision : « Maintenant, ô maître souverain, tu peux laisser s’en aller ton serviteur en paix selon ta parole. » (Lc 2, 29-30). Cette figure de Siméon a même permis au pape François, en mars 2015, de parler de la vieillesse en termes de vocation (39). Comme le montre très bien Mgr d’Ornellas (40), les figures du blessé laissé à côté de la route et celle du Samaritain (Lc 10, 25-37) offrent l’opportunité d’un nouvel apprentissage à voir et à ne pas se détourner de toutes les existences fragilisées dont Dieu lui-même, en Jésus-Christ se fait proche, risquant le corps à corps de la rencontre. Dans ce même registre, l’épisode de la transfiguration (Mt 17, 1-9, Mc 9, 2-9, Lc 9, 28-36) pourrait constituer un autre lieu pédagogique : là encore c’est un corps fatigué qui se trouve, moyennant un autre regard – celui de la foi, – porteur d’une blancheur insoupçonnée, promesse de sa propre transformation en la résurrection (41).

V.2. Autonomie : autodétermination ou autonomie en relation ?

Une approche de la vie fragile et limitée inscrite dans une contemplation croyante de l’existence serait peut-être en mesure de resituer d’une manière plus juste le recours à l’autonomie pensée non pas en termes d’absolu de la liberté individuelle mais inscrite dans un cadre relationnel. Même s’il traite de cette question dans le seul cadre de l’euthanasie, l’analyse du docteur Marc Desmet nous semble pertinente en vue de s’assurer de la liberté maximale de toutes les personnes concernées : « Les évolutions actuelles confirment que l’euthanasie, symbole de la soi-disant autonomie de l’individu, n’est possible que grâce à toutes sortes de solidarités, à commencer celle du médecin. Je parle de “l’autonomie-en-relation” ou de “l’autodétermination-en-relation”. Cet acte libre exige des soignants de multiples attitudes et qualités » (42). Il s’agit tout d’abord de bien comprendre la souffrance du patient et de tenter d’y répondre avec compétence, dans toute la mesure des moyens disponibles et en étant attentifs à sa (ses) cause(s) et donc à la dimension psycho-socio-spirituelle de cette dernière. Il s’avère également nécessaire d’être attentif aux tensions, décalages pouvant intervenir entre la demande d’un patient et la perception qu’en a son entourage. Enfin, il importera toujours de clarifier la distinction entre perte de sens, « fatigue de vivre » et désir de mort, caractère épisodique ou permanent de la demande, rappel ou peur d’autres souffrances et réel désir d’en finir avec sa vie.

Le défi de maximaliser les libertés engagées dans tout processus de décision touchant la fin de vie renvoie également à des dimensions contextuelles. Le docteur Desmet se demande comment il est aujourd’hui possible de vérifier cette mutuelle liberté dans un univers hospitalier de plus en plus contraint par des logiques managériales induisant un manque de temps de la part des professionnels, des durées d’hospitalisation de plus en plus courtes et marquées par un turn-over important des équipes favorisant peu, si pas du tout, une intersubjectivité par ailleurs essentielle pour considérer l’ensemble des enjeux sous-jacents à une demande de mort. De plus, dans un horizon médical et social marqué par, comme nous l’avons déjà souligné, « un insupportable de la souffrance », c’est aussi à un manque de formation, et donc de compétence des professionnels auxquels patients et familles se trouvent dramatiquement confrontés : « En effet, les raisons décisives pour les demandes d’euthanasie se situent souvent au niveau psycho-socio-spirituel : le malade se sent un poids, souffre d’une dépendance intolérable, éprouve de l’indignité, fait l’expérience d’un non-sens, manque de perspective, est mentalement épuisé par les longues années de traitements, etc. Le bon soin et l’accompagnement des demandes d’euthanasie exigent donc de la formation en soins psychosociaux et surtout spirituels » (43). Ce défi de la formation des soignants à la dimension spirituelle et religieuse des décisions (44) reste, de notre point de vue, une urgence pour nos différentes Églises. Certaines initiatives sont en train de naître pour rencontrer cette urgence ; nous pensons ici au réseau Soins, santé, spiritualité (45).

V.3. De la visée morale « sur… » à l’accompagnement communautaire

Une troisième typologie de défi serait de désenclaver les débats inhérents aux problématiques de fin de vie du seul horizon éthique pour passer dans le registre de l’engagement humain et ecclésial des personnes concernées ; ce que les évêques belges ont plaidé dans la visée d’un engagement solidaire, que nous nommerions volontiers salutaire : « Nous sommes convaincus que la société ne trouvera son avenir que dans un surcroît de solidarité entre nous. Nous avons tous éprouvé, d’une façon ou d’une autre, dans la vie sociale ou au travail ou dans nos familles, les méfaits de l’individualisme qui enferme chaque personne dans la solitude d’elle-même. D’où nous vient alors cette idée que, devant la souffrance des êtres qui nous sont proches, nous confirmerions leur solitude en leur donnant l’illusion qu’il ne tient qu’à eux de disparaître de ce monde ? » (46).

Cette visée renvoie certes à un accroissement de la fonction palliative dans les structures hospitalières, les MR/MRS et à domicile – ce qui suppose que la question de la fin de vie et de la mort puisse y être ouverte (47), – mais également à une structuration plus consistante d’une pastorale de la santé se faisant proche de celles et ceux qui, confrontés à des processus de décision, se trouvent socialement et familialement dans des situations de trop grande solitude. Il y va certes d’un engagement humain mais qui a sa pleine coloration théologique renvoyant à l’ancienne notion de « cure d’âme » (48) : quels sont aujourd’hui les lieux et moyens offerts pour que l’homme contemporain, en situation de doute, de désespoir lié à sa grande fragilité, puisse encore entendre « une parole de grâce » (49) ? Ceci ne fait que renvoyer aux défis d’éducation et de formation tels que nous venons de les évoquer.

V.4. Oser penser théologiquement, au risque de « la vie »

La notion de « cure d’âme » renvoie enfin à un ultime défi adressé à la théologie morale : dans quel état d’esprit déployer cette cure d’âme ? Et c’est ici que la manière de faire de la théologie trouve toute sa pertinence. Même si une réflexion éthique et théologique ne doit jamais craindre de rappeler une visée du bien – particulièrement de notre point de vue par l’intermédiaire du Magistère, – elle se doit tout autant de prendre des risques réflexifs pour rejoindre les personnes confrontées à de lourdes décisions dans le lieu-même de leur existence ; nous en avons proposé un exemple en déployant ici une éthique de la transgression. En effet, un des risques pour les chrétiens d’aujourd’hui, est de se croire tellement à distance de ce que « veut l’Église » qu’ils négligent les points d’appui que, paradoxalement, elle serait à même de leur apporter non pas d’abord pour dire « le bien » mais pour penser, jusque dans le registre de la foi et de la vie chrétienne, l’ensemble des complexités auxquels se trouve confronté un croyant singulier en situation de décision.

Conclusion
Nous nous en rendons compte, répondre à la question initialement posée – Fin de vie : comment les chrétiens arrivent-ils à une décision ? Défis pour la foi – n’est vraiment pas aisé et reste quelque peu inabouti étant donné la complexité humaine, sociale, éthique et théologique de la multitude de questions posées par ce temps de l’existence. Nous espérons cependant avoir ouvert quelques pistes réflexives utiles tant pour les personnes concernées que celles qui se trouvent en situation d’accompagnement. Nous espérons également avoir mis en évidence l’importance de la question où, de notre point de vue, l’Église se trouve attendue au cœur et au-delà des dimensions confessionnelles en s’y faisant présente par une parole ajustée permettant de se faire proche et compatissante de nos périphéries.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime02.09.19 22:36

Le Pape critique l'euthanasie, «vision utilitariste de la personne»
Par  Le Figaro avec AFP   Mis à jour le 02/09/2019 à 14:45  Publié le 02/09/2019 à 13:20
Le pape François a une nouvelle fois questionné l'euthanasie ce lundi 2 septembre en la décrivant comme «une vision utilitariste de la personne».

» LIRE AUSSI - L’Église juge «inacceptable» l’arrêt des soins de Vincent Lambert

«La pratique de l'euthanasie, devenue légale déjà dans différents Etats, propose seulement en apparence d'encourager la liberté personnelle, alors qu'elle se base en réalité sur une vision utilitariste de la personne», a commenté le pape, en recevant ce lundi en audience des médecins membres d'une association italienne d'oncologie.

«La technologie n'est pas un service à l'Homme quand elle le réduit à une chose, quand elle distingue entre qui mérite d'être encore soigné et qui au contraire ne le mérite pas, parce qu'il est considéré seulement comme un poids», a souligné le pape, qui insiste pour sa part sur l'importance de «l'accompagnement du malade» et «les soins palliatifs». Le pape a demandé aux médecins présents de ne pas suivre «les voies les plus radicales et les plus expéditives». «Si on choisit la mort, les problèmes sont résolus dans un certain sens, mais que d'amertume derrière ce raisonnement et quel rejet de l'espérance comporte le choix de renoncer à tout et casser tous les liens», a-t-il plaidé.

Le Pape et le Vatican avaient pris position en juillet contre l'arrêt des traitements du Français Vincent Lambert, ancien infirmier de 42 ans dans un état végétatif depuis un accident de la route. A sa mort, François avait souligné que «chaque vie a de la valeur, toujours». Son cas, qui a déchiré sa famille, était devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France.

» LIRE AUSSI - Belgique: «La loi sur l’euthanasie ouvre à toutes les dérives»

Et moi Admin je critique le pape...Ainsi soit-il !
Les liens ??? quels liens ??? je n'ose même pas foutre le lien de la paroisse du quartier, une paroisse de merde comme toutes les paroisses...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime23.09.19 12:10

l"Eglise utilise les handicapés mentaux et les handicapés psychiques pour montrer sa toute-puissance apparente, et elle empêche ainsi les autres personnes handicapées de choisir leur moment et leur manière à propos de leur mort
une sorte de dictature si on réfléchit un minimum... De toute façon, c'est si bien mélangé et confus ds le monde du handicap..
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime23.09.19 16:38

La fraternité autour de la fin de vie
Présentée par Père Bernard Devert

La fraternité autour de la fin de vie
Et si les chemins de réconciliation qui passent aussi par ceux de la fraternité et de la bienveillance, un bien commun à tous, permettaient d’ouvrir un débat plus serein sur la fin de vie.

Tel est l’appel des Evêques, accompagné d’une reconnaissance chaleureuse à l’égard des soignants. Avec la bienveillance, l’autre perd de son étrangeté. Un lien de complicité naît.

Le film ‘La Prière’ de Cédric Kahn en souligne l’acuité. L’accompagnement vers la fin de vie peut offrir une libération de la mémoire pour que ce qui a déchiré la relation ne survive pas.

Aumônier à l’hôpital, il me souvient de cet homme, en phase terminale d’un cancer, me demandant comment il pourrait bénéficier d’une assistance pour mourir. Observant que, sur les murs de sa chambre il a placé les photos des siens, je lui propose de me partager ce que chacun d’eux est pour lui.

S’arrêtant sur le portrait d’un de ses fils, il me dit sa souffrance, née d’un conflit toujours ouvert.

Le lendemain, à l’hôpital, ce fils m’interpelle vivement. La mort annoncée de son père, le met dans un abîme infranchissable, ne sachant comment une réconciliation peut s’opérer. Il m’autorise à informer son père de sa présence à l’hôpital.

Mon fils est là, me dit-il, décontenancé ; qu’il vienne, je l’attends. Le visage émacié de cet homme malade est soudainement éclairé par un sourire.

Il n’est plus question pour cet homme de vouloir précipiter sa mort.

Il partira dans une réconciliation, créatrice d’un avenir pacifié pour ses proches. Les chemins traversés par la fraternité sont des points d’orgue d’humanité. Il est alors possible d’entendre les divergences pour en faire des brèches où s’engouffrent audace et sagesse, si nécessaires à l’harmonie qui a pour nom le respect de la vie.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime23.09.19 17:01

je crois que c'est trop tard maintenant
c'est comme si nous étions devenus de vrais robots, incapables de changer
concrètement, les anesthésistes savent si un patient est alcoolique ou se drogue. Parce qu'ils sont obligés d'augmenter la dose à cause de l'accoutumance au produit
la réconciliation est vaine, après tant de blablabla
quel rapport entre l'article ci-dessus et l'accoutumance aux produits ?
je ne sais pas, je déraille
çà sonne faux, tout çà
CAR IL Y A UN MEPRIS DIGNE ET NOBLE
on en a marre tout simplement alors on ne peut plus lâcher prise, les nerfs sont usés
qd on est ds un lit, on est couché ou assis, tandis que les autres sont debout...
on est presque nu, tandis que les autres portent un masque
les nerfs sont usés à cause de ce blablabla depuis tant d'années
physiquement on ne peut plus revenir en arrière
les nerfs sont usés, on ne joue plus à la bagarre, on en a juste marre alors on rêve de s'enfuir et on n'y arrive plus
un truc de dingue. C'est presque physique. L'enfer est partout.
L'ENFER EST PARTOUT. On en a simplement marre. On a mal, très mal et on NE veut PLUS voir ces blouses blanches, on tourne en rond, on songe tout simplement à la mort. Dépression à cause de tant de pressions ? c'est un peu votre faute...
je suis obligée d'écrire sans tout écrire, ne pouvant pas balancer des noms à la face du web, mais vous me faîtes royalement chier, les cathos, soit vous parlez d''enfer, soit vous parlez de fraternité, faudrait savoir, moi j'en ai raz le cul de votre espèce d'hypocrisie paroissiale, alors mêlez-vous de ce qui vous regarde
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime22.10.19 18:30

Nantes. La musique, pansement des âmes en fin de vie
La Pastorale de la santé a accueilli, ce vendredi 12 octobre, à Nantes, des experts en soins palliatifs. Parmi eux, la musicothérapeute Claire Oppert, très engagée auprès des mourants.
article payant...

je sais bien que je joue un jeu avec mes vidéos liturgiques...
je sais bien que des catéchistes passent par ici et d'autres personnes
sait-on que je connaîs un vieux prêtre aumônier ds un hôpital et qui ne veut plus ou ne peut plus me parler pour je ne sais quelle raison ( il écrit très mal, c'est illisible ! ).
Je dis et je redis à l'Eglise: foutez-nous la paix à propos de la fin de vie...
on en a marre.
Précision : à propos de la citation de Lamartine ( "un seul être manque et tout est dépeuplé " ) , il s'agit d'une bestiole !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime29.10.19 11:45

Les trois religions monothéistes unies pour condamner euthanasie et suicide assisté
14h57, le 28 octobre 2019

Le texte remis au Pape a été paraphé solennellement au Vatican par un représentant de chacune des trois grandes religions monothéistes. (Image d'illustration)
Le texte remis au Pape a été paraphé solennellement au Vatican par un représentant de chacune des trois grandes religions monothéistes. (Image d'illustration) © SEBASTIEN BOZON / AFP

Plusieurs représentants des trois grandes religions monothéistes ont remis lundi au pape François un texte dans lequel ils se prononcent contre l’euthanasie et le suicide assisté.
De hauts représentants des trois religions monothéistes - christianisme, judaïsme et islam - ont signé et remis au pape François lundi un document dans lequel elles se prononcent fermement contre l'euthanasie et le suicide assisté "qui sont intrinsèquement et moralement répréhensibles". Ces pratiques doivent être "interdites sans exception" et "toute pression ou action sur des patients pour les inciter à mettre fin à leur propre vie est catégoriquement rejetée", indique le Document sur la fin de vie des "religions abrahamiques monothéistes".

Le texte a été paraphé solennellement au Vatican par un représentant de chaque religion dont le rabbin David Rosen, directeur des affaires religieuses de l'American Jewish Committee, Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, un représentant du métropolite (orthodoxe) de Kiev, Hilarion, et le président du comité central de la Muhammadiyah indonésienne (association socio-culturelle musulmane), Dr Samsul Anwar. L'idée de cette déclaration avait été proposée au pape par le rabbin Avraham Steinberg, co-président du Conseil national israélien de bioéthique.

Objection de conscience
Le document autorise aussi l'objection de conscience pour le personnel sanitaire de tous les hôpitaux et cliniques. "Aucun opérateur sanitaire ne doit être contraint ou soumis à des pressions pour assister directement ou indirectement à la mort délibérée et intentionnelle d'un patient à travers le suicide assisté ou toute forme d'euthanasie". Ce droit qui doit être "universellement respecté", reste "valable même lorsque ce type d'actes ont été déclarés légaux au niveau local ou pour certaines catégories de personnes".

"La vie mérite d'être soutenue jusqu'à sa fin naturelle"
En Italie, la Cour constitutionnelle a récemment dépénalisé le suicide assisté dans certaines conditions strictes tout en demandant au parlement de légiférer sur le vide juridique existant. Le Document encourage "une présence qualifiée et professionnelle dans les soins palliatifs, partout et accessible à tout le monde".  "Même lorsqu'éloigner la mort est un poids difficile à supporter, nous sommes moralement et religieusement engagés à fournir un réconfort, un soulagement à la douleur, une proximité et une assistance spirituelle à la personne mourante et à sa famille", selon le Document.

Estimant que "la vie mérite d'être soutenue jusqu'à sa fin naturelle", les trois religions promettent de "soutenir les lois et politiques publiques qui protègent le droit et la dignité des patients en phase terminale pour éviter l'euthanasie et promouvoir les soins palliatifs". Elles s'engagent aussi à "utiliser la conscience et la recherche" pour fournir "un maximum d'informations et d'aide à ceux qui affrontent de graves maladies et la mort".

Les trois religions prévoient de "sensibiliser l'opinion publique sur les soins palliatifs à travers une formation adéquate et la mise en oeuvre de ressources pour le traitement de la souffrance et la mort". Elles promettent en outre "d'impliquer les autres religions et toutes les personnes de bonne volonté" dans ce combat.
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Cathos, évangéliques ou islamistes, ces fondamentalismes religieux qui menacent notre système de santé
Publié le 14/11/2019 à 15:45
Vincent Lautard
Vincent Lautard
Infirmier et juriste en droit de la santé, consultant dans le secteur sanitaire et social
Membre de l’équipe nationale du Printemps Républicain

Vincent Lautard analyse comment les intégristes musulmans, catholiques et évangéliques mettent en danger le secteur de la santé.
Le débat sur le fait religieux au sein de notre société déchaine les passions actuellement, mais il y a un secteur où les religions sont de plus en plus présentes, mais dont on parle peu, c’est le secteur de la santé. Des soignants, des étudiants ou de simples croyants, se regroupent en association et opèrent un inquiétant mélange des genres entre le soin et la foi, entre notre santé et leur croyance. Ils sont musulmans, catholiques ou encore protestants évangéliques et ils ont réussi à s’implanter au plus près des professionnels de santé et des patients.

L’OMAS (Organisation Musulmane des Acteurs de Santé), une association proche des Frères musulmans au cœur des facultés de médecine
"Choisir la vie", des extrémistes catholiques qui forment des professionnels de santé
Le "Centre d’accueil universel", des chrétiens évangéliques qui "soignent" par la foi
L'OMAS, L'ORGANISATION DES FRÈRES MUSULMANS
Comme l’indique leur site internet : "L’Organisation Musulmane des Acteurs de Santé est une association à but non lucratif créée en 2015 qui aspire à promouvoir la santé, à diffuser des campagnes de prévention sanitaire et sociale et à encourager la recherche scientifique. Elle propose également un accompagnement pédagogique à ses étudiants afin d’augmenter leur chance de réussite, et a l’ambition d’acquérir un annuaire de qualité de professionnels de santé."

LIRE AUSSI
Les victoires des Frères musulmans en France, et ceux qui les ont remportées
Cette association revendique plusieurs milliers d’adhérents qui sont pour la plupart issus du secteur médical et paramédical (étudiants, médecins, infirmiers, pharmaciens,…). Elle propose notamment, sur plus d’une vingtaine de villes, un « coaching mental » pour aider les étudiants en médecine à réussir leurs examens.

L’OMAS déclare prôner "une médecine conventionnelle et scientifique" et être "apolitique et non prosélyte" mais plusieurs faits interrogent :

En 2016 et 2017, l’OMAS avait un pôle "SPIRITUALITÉ" qui faisait la promotion de la "médecine prophétique" et qui était dirigé par une infirmière. On pouvait lire sur leur site la description suivante : "À la découverte des bienfaits de la médecine prophétique et coranique, nous organisons régulièrement des conférences sur le thème "Santé et Spiritualité"
En 2016, L’OMAS a publié sur son groupe Facebook un message (supprimé depuis) qui prônait le "hijama", appelé aussi "ventouse thérapie", pratique issue de la "médecine prophétique". C’est une méthode d’extraction du sang, de la surface de l’épiderme, à l’aide de ventouses, qui permettrait essentiellement d’agir sur les tensions musculaires, mais qui n’est pas sans risque et qui n’a jamais été validée scientifiquement.
En 2016, l’OMAS a organisé une conférence sur la vaccination où sont intervenues deux militantes connues pour leur positionnement "anti-vaccins".
Lors du ramadan, l’OMAS prône "le miracle thérapeutique du jeûne"
Plusieurs années de suite, l’OMAS a participé à la grande fête des Frères musulmans, au Bourget à Paris, faisant ainsi leur promotion, en tenant des stands et en réalisant des interventions.
CHOISIR LA VIE, LES CATHOS TRADIS
Depuis maintenant plusieurs années, l’association Choisir la Vie organise des formations à l’attention des professionnels de santé (étudiants, médecins, infirmiers, pharmaciens…), sur l’IVG ou encore, sur la fin de vie.

Fondée en 1982 par Michel Raoult, un proche de Christine Boutin, cette association organise chaque année à Paris, depuis 2005, la "marche pour la vie", contre l’IVG et contre la loi Leonetti/Claeys. Cette marche regroupe plusieurs milliers de personnes qui font partie de la droite et de l’extrême droite catholique. Ce mouvement et sa présidente (Cécile Edel) ont également rejoint en 2014, la "manif pour tous", pour s’opposer à la loi sur le mariage homosexuel.

Choisir La vie propose donc des formations, à travers son antenne "nos mains ne tueront pas", pour les professionnels de santé et les étudiants, à un coût dérisoire (environ 20 euros la journée), comparé aux prix que proposent les organismes de formation dans le même secteur (de 150 à 400 euros la journée). Ces interventions ont surtout un objectif : faire de la propagande, pour inciter les soignants à ne pas participer à des IVG ou à ne pas mettre en place de sédation profonde et continue, pour soulager un patient en fin de vie. Les interventions sont réalisées par des médecins, des avocats, des infirmiers… et sont entrecoupées de messes ou de prières. Parmi les formateurs, on peut citer Maitre Jean Paillot (ancien avocat des parents de Vincent Lambert et proche des intégristes catholiques de CIVITAS) ou encore Michel Aupetit (Médecin et Archevêque de Paris).

Dans le compte rendu d’une de leurs formations en février dernier, l’intervenante (Une infirmière spécialisée dans les soins palliatifs) n’a pas hésité à déclarer : "Bien souvent, l'expression des souffrances (des patients en fin de vie) n'est pas la conséquence de douleurs physiques majeures, elle est la manifestation d'une souffrance intérieure inexprimable autrement. (…) tant de raisons peuvent expliquer des gémissements, une agitation, voire des douleurs chez un patient aux portes de la mort : ces raisons, ce sont par exemple : (…) le poids d'un avortement sur la conscience… Et puis c'est le temps nécessaire pour laisser l'Œuvre de Dieu se faire dans le cœur de celui qui s'éteint (…) tant de morts "volées" par des sédations trop rapidement posées pour ne pas qu'il souffre". Ce discours extrémiste qui ne se base sur aucune donnée scientifique sérieuse, va à l’encontre du code de déontologie infirmier.

LA TOUCHE ÉVANGÉLIQUE
Le Centre d’accueil universel est issu de "l’Église universelle du royaume de Dieu" (regroupement d’églises chrétiennes évangéliques), mouvement fondé au Brésil en 1977. Ce dernier revendique plus de 13 millions de fidèles dans 172 pays.

En France, on dénombre 23 centres sur l’ensemble du territoire et, plus de 2,6 millions d’abonnés sur leur page Facebook.

"Il est essentiel que les ordres professionnels, ainsi que les autorités, soient vigilants face à ces organisations qui cherchent à imposer leurs dogmes religieux"

Ces centres organisent chaque semaine, dans plusieurs villes françaises, des séances de "rétablissement de la santé par la foi". Sur leur revue, on peut d’ailleurs lire de nombreux témoignages, de soi-disant "patients" qui auraient été "sauvés" grâce à ces cessions. Plus inquiétant encore, ces personnes déclarent également, qu’elles auraient refusé des opérations chirurgicales ou des traitements médicamenteux vitaux pour leur survie, en expliquant que leur "santé a été restaurée par le pouvoir de la foi". On est ici clairement dans des pratiques qui peuvent s’apparenter à du charlatanisme et à de l’obscurantisme. Anne Josso, Secrétaire générale de la Miviludes (la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a déclaré récemment être vigilante concernant les risques de dérives sectaires de cette organisation.

Il est donc essentiel que les ordres professionnels, ainsi que les autorités, soient vigilants face à ces organisations qui cherchent à imposer leurs dogmes religieux. Et pour cela, ils se doivent de s’assurer que la formation des professionnels de santé ainsi que la prise en charge des patients, se fassent dans le respect de la législation en vigueur, et qu’elles se basent sur les données acquises de la science.
Pourquoi les Juifs sont oubliés? l'Ancien Testament, c'est vieillot ...Il y a des soignants juifs moralisateurs sur internet... ... ...
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"L’euthanasie, c’est le non-sens comme réponse au non-sens"
Dans le livre "Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie"*, le Docteur Corinne Van Oost témoigne de sa pratique combinée de l’euthanasie et des soins palliatifs dans le contexte belge, tout en se revendiquant de la foi chrétienne. Nous avons demandé à Marie-Sylvie Richard, religieuse Xavière et médecin en soins palliatifs à la maison médicale Jeanne Garnier, à Paris, de réagir à cet ouvrage.
"D’emblée, je n’aime pas le titre, que je trouve très provocant – à la décharge de l’auteur, ce n’est pas celui qu’elle souhaitait.

Corinne Van Oost connaît bien les soins palliatifs, elle en a compris le sens. Elle a contribué au développement de ces soins en Belgique où elle s’est installée avec sa famille. En 2002, elle a été exposée à une autre demande, à un autre contexte, celui de la loi dépénalisant l’euthanasie. Cependant c’est avant la loi, en 1996, que Corinne Van Oost a choisi de pratiquer une euthanasie en réponse à la demande instante de l’une de ses malades. Cet événement est un tournant pour elle. La malade l’a "embarquée" ! Par la suite la loi est venue conforter, si l’on peut dire, cette décision et presque "normaliser" la transgression. Car quand il y a transgression, il y a un fort risque de répétition dans le but de banaliser l’acte posé. L’auteur ne parle pas de banalisation, elle écrit à plusieurs reprises qu’euthanasier reste une souffrance... Mais elle reconnaît toutefois qu’il y a un risque de s’habituer. La transgression qu’elle s’est autorisée a ouvert une porte, elle a besoin de s’en justifier.

Supplique

Corinne Van Oost n’accepte pas d’emblée de répondre favorablement à une demande d’euthanasie. Elle cherche, écrit-elle, à détourner les malades de leur demande d’euthanasie, mais elle estime qu’il est nécessaire de dire au malade qu’elle pourrait l’effectuer, pour permettre le dialogue avec lui. Cela m’interroge : le dialogue aurait-il pour condition la contrainte du médecin ? Quelle est la liberté du médecin dans cette situation?

Elle considère que dans certaines situations difficiles, on n’a pas d’autres moyens que de répondre à la demande d’euthanasie. Qu’il faut reconnaître son impuissance et suivre le malade dans sa supplique. A la Maison Médicale Jeanne Garnier comme dans d’autres unités de soins palliatifs, nous ne refusons pas les personnes qui réclament l’euthanasie, au contraire nous sommes particulièrement attentifs à leur souffrance et l’on cherche à leur donner les meilleures conditions de soulagement pour que leur souffrance intérieure puisse être apaisée si possible. Nous nous intéressons à la question du sens que posent souvent malades et proches ; dans un très grand nombre de cas, les patients changent d’idée.

Malaise

Confrontée au non-sens de la souffrance, Corinne Van Oost accède dans certains cas à l’euthanasie. Mais pratiquer l’euthanasie, ce n’est pas pour moi donner du sens ! C’est répondre au non-sens par le non-sens. C’est s’octroyer un pouvoir considérable, démesuré sur autrui, que je veux respecter comme personne unique et sacrée, qui ne m’appartient pas.

L’auteur exprime des propos parfois contradictoires : ils témoignent de sa recherche mais peut être aussi d’un certain malaise. Elle écrit que la demande d’euthanasie est l’expression d’une souffrance, et que tuer n’est pas une réponse à la souffrance. Je suis bien d’accord, mais alors pourquoi la pratiquer ?

Pour elle, "l’interdit de tuer doit rester un principe fondateur de la société", mais est-ce pour se dédouaner qu’elle estime que "cet interdit ne renvoie pas au contexte de la fin de vie" ? Comment peut-elle affirmer "ce n’est pas moi qui tue, c’est la maladie", alors qu’elle effectue délibérément le geste qui provoque la mort ? "Je n’ai pas le sentiment de tuer", écrit-elle, mais l’acte posé est bien là.

Sédation

D’autre part, Corinne Van Oost ne considère pas la sédation en cas de situation de détresse comme une solution possible, car on ne sait pas si la sédation libère le patient de l’angoisse. Je ne partage pas cette position. La sédation n’est pas une solution pleinement satisfaisante car en diminuant la vigilance du malade elle altère ses capacités de communication. Mais quand un malade souffre de symptômes très pénibles, rebelles aux autres traitements, il préfère lui-même être endormi que de rester dans cet état insupportable. Dans ces situations particulières, j’estime que la sédation est une aide précieuse. C’est bien préférable que de provoquer la mort qui reste pour moi un interdit fondamental. On pourra rétorquer que dans certains cas la sédation provoque la mort. Tout médicament a des effets secondaires ; mais en respectant les bonnes pratiques, on en réduit le risque, et s’il en reste on le tolère. La question de "ce double effet" a été posée par des anesthésistes à Pie XII, sa réponse a été claire. Ce double effet est acceptable si le soulagement est bien l’objectif recherché. En induisant une sédation en cas de détresse, on ne cherche pas à provoquer la mort du malade, mais à le soulager.

Médecine

Ce livre remet aussi en cause la médecine. Car quel est finalement le rôle de la médecine ? Les soins palliatifs ont certes une approche globale de la personne, mais Corinne Van Oost semble vouloir tout inscrire dans le cadre médical — tout en souhaitant une diversité d’intervenants. Faut-il médicaliser la question du sens, comme elle tend à le faire ? Est-ce que ce n’est pas davantage une question de société ou chacun a sa responsabilité ? Lors de la maladie grave ou de la fin de vie la question du sens est posée avec force ; nous, soignants et accompagnants, aidons les personnes à cheminer, mais pouvons-nous tout résoudre ? Bien des questions restent ouvertes lorsque la mort survient.

J’ai refermé ce livre en me disant : heureusement qu’en France nous n’en sommes pas là, et j’espère que nous n’y serons jamais. Les retentissements d’une loi qui accepte l’euthanasie sont des retentissements majeurs, tant au niveau de la société, de la demande des gens, qu’au niveau de la pratique médicale. Toutes ces conséquences ne font pas envie. Contrairement à l’auteur, je crois qu’une société qui admet l’euthanasie n’a pas gagné en humanité. La conséquence d’une telle loi, c’est que l’euthanasie augmente, que les gens pensent qu’ils ont droit à l’euthanasie. Elle devient de fait assez contraignante pour les médecins, même si il est dit clairement dans la loi que le médecin est libre de refuser. Il y a une très forte pression sociale. "

Docteur Marie-Sylvie Richard

* Editions Presses de la Renaissance, septembre 2014, 208 pages, 16,90 euros.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 11 Icon_minitime23.11.19 17:33

il faut se méfier des religieuses doctoresses et des docteurs prêtres ou évêques....
Quand on a plusieurs titres, on a tendance à en profiter ...
Allez voir ds les paroisses ce qui s'y passe au lieu d'emmerder le monde avec vos discours moralisateurs.
On n'en a rien à foutre de votre approche globale en fin de vie de la personne en fin de vie si vous ne faîtes rien avant, nom de Dieu ! my God !
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