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 Un Prix Nobel de Médecine choisit l'euthanasie

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MessageSujet: Un Prix Nobel de Médecine choisit l'euthanasie   07.05.13 12:41

Un Prix Nobel de médecine choisit l'euthanasie





Christian de Duve a décidé du jour et des circonstances de sa mort, entouré de ses proches. La Belgique est l'un des rares pays à autoriser, sous certaines conditions, cette procédure.






Christian de Duve, médecin et chimiste belge, Prix Nobel de médecine en 1974, est décédé samedi par euthanasie à l'âge de 95 ans. Il s'agit de la deuxième personnalité très connue, après le grand écrivain belge d'expression néerlandaise Hugo Claus en 2008, à choisir de mourir par euthanasie alors que la Belgique fait partie depuis 2002 des rares pays au monde à avoir légalisé cette pratique sous certaines conditions.

«Il nous a quittés dans une grande sérénité, refusant la prise de calmants précédant l'injection décisive. Il est parti en nous disant adieu et en nous souriant», a raconté au quotidien Le Soir sa fille Françoise. Christian de Duve avait soigneusement programmé sa fin, voulant par exemple attendre que son fils vivant aux États-Unis puisse rentrer en Belgique, début mai, pour s'en aller entouré des siens. Il a mis à profit ce mois précédant sa mort pour écrire à ses amis et anciens collègues pour leur faire ses adieux, selon Le Soir, qui a publié lundi l'interview posthume du scientifique. Dans son dernier ouvrage, des mémoires intitulées Sept vies en une (Éd. Odile Jacob), Christian de Duve, évoquant «la dernière ligne droite», concluait par ces mots: «J'essaie de terminer ce parcours avec la sérénité qu'il faut et avec le sentiment de ne pas avoir failli à ma promesse de scout, tout en déplorant de ne pas avoir fait mieux. Qu'il en soit ainsi.»

«Quand je disparaîtrai, il ne restera rien»


Né en Angleterre en 1917 dans une famille de la noblesse catholique francophone d'Anvers, élevé chez les jésuites, ce grand scientifique, tout en reconnaissant les bienfaits des religions, estimait que «pour remplir correctement leur fonction, (elles) devraient s'affranchir du carcan doctrinal et de l'autoritarisme qui étouffent leur liberté d'action». Favorable à la limitation des naissances pour lutter contre la surpopulation, il estime presque «criminelle» la position du Vatican qui y est opposé. Et le décrit comme un «petit cénacle autoperpétué de vieillards célibataires et misogynes, souvent d'une intelligence brillante, mais engoncés dans leur pourpre, leurs rites, leurs certitudes et leur prétention de légitimité».

Il avait obtenu le prix Nobel de médecine, avec le Belge Albert Claude et l'Américain George Palade, «pour leurs découvertes concernant l'organisation structurale et fonctionnelle de la cellule». Il a raconté dans son autobiographie que le jour où on l'a appelé pour lui annoncer la nouvelle, «ce fut une authentique surprise, non pas parce que je ne m'y attendais pas, mais parce que je ne m'y attendais plus». Les travaux récompensés, que l'on savait «nobélisables», avaient en effet été publiés onze ans auparavant. Christian de Duve était de ceux qui, tout en reconnaissant la valeur du prix Nobel, déploraient que, selon le testament d'Alfred Nobel, seuls trois chercheurs maximum puissent être récompensés. «Tout le monde connaît des exemples où le nombre de candidats pour une découverte donnée dépassait le chiffre fatidique et où une sélection a dû être faite», a-t-il écrit, allant même jusqu'à poser la question: «Faut-il supprimer le prix Nobel?»

«La mort, ce serait beaucoup dire qu'elle ne m'effraye pas, mais je n'ai pas peur de l'après, car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien», avait-il dit. Il restera pourtant le souvenir d'un esprit brillant et iconoclaste.
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MessageSujet: Re: Un Prix Nobel de Médecine choisit l'euthanasie   07.05.13 18:32

Le Quotidien du Médecin

À 95 ans, le Belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine, fait le choix de mourir

06/05/2013

Le médecin et chimiste belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine en 1974, est décédé samedi. À 95 ans, il a choisi le moment de sa disparition. L’euthanasie est autorisée en Belgique sous certaines conditions depuis 2002. « Ce que je viens de vous dire, c’est pour publier plus tard, quand je serai mort. Car je suis tout proche de la mort, le suis au bout du rouleau », confiait-il au journal belge « Le Soir » le 8 avril dernier. Le quotidien qui publie ce lundi l’interview posthume de celui qui était alors le dernier prix Nobel belge encore en vie témoigne : « L’homme qui réfléchit au sens de notre univers depuis désormais 30 ans nous annonce, avec une impressionnante sérénité et l’œil malicieux, qu’il a décidé que sa vie devait s’arrêter. » La décision, explique-t-il, avait été prise bien avant mais c’est un malaise survenu dans la nuit du 1er avril où il a passé plusieurs heures sur le sol, chez lui, sans pouvoir se relever qu’il interprète comme un signal. Ce sera l’euthanasie. Mais il devra survivre jusqu’en mai, jusqu’au retour des États-Unis de son fils Thierry, historien et philosophe de l’art. Ces 3 autres enfants sont prévenus – Anne, Françoise et Alain. Ce mois à attendre, à « survivre », il le mettra à profit pour prévenir ses amis, ses anciens collègues à l’Université catholique de Louvain (UCL), à la direction de l’Institut international de pathologie cellulaire qu’il a fondé en 1974 (Aujourd’hui Institut de Duve), aux États-Unis et faire ses adieux. « La mort, ce serait beaucoup dire qu’elle ne m’effraye pas, mais je n’ai pas peur de l’après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien », confiait-il le 8 avril.

Lysosome et peroxysome


« Il nous a quittés dans une grande sérénité, refusant la prise de calmants précédant l’injection décisive. Il est parti en nous disant Adieu et en nous souriant », a témoigné sa fille Françoise.

Spécialiste de la biologie cellulaire, diplômé de médecine en 1941 et de chimie cinq ans plus tard de l’Université catholique de Louvain, Christian de Duve avait connu la consécration en 1974 en obtenant le Nobel de médecine avec le Belge Albert Claude et l’Américain George Palade pour des recherches sur l’organisation de la structure et des fonctions cellulaires. On lui doit notamment la découverte du lysosome (1955) et du peroxysome (1965). « La cellule est un organisme vivant qui possède tout ce qu’il faut pour vivre et a donc des organes, très petits. J’ai eu la chance de découvrir deux de ces organes, comme si, du temps de Vésale, quelqu’un avait trouvé le foie, et quelqu’un d’autre l’estomac. Moi j’ai trouvé l’estomac de la cellule, que j’ai appelé le lysosome, et un autre organe, plus difficile à expliquer, le peroxysome, qui intervient dans des phénomènes d’oxydation, de combustion d’aliments, de graisse », disait-il.

Un siècle extraordinaire


Né le 2 octobre 1917 à Thames-Ditton, près de Londres, ses parents issus de la noblesse catholique francophone d’Anvers s’étant réfugiés en Angleterre pendant la guerre, il fait ses études en Belgique. Diplômé en médecine de l’université catholique de Louvain (UCL) en 1941 et de chimie (UCL) en 1946, il mène simultanément une carrière d’enseignant et de chercheur au sein de l’UCL et à la Rockefeller University de New York. Ces premières recherches portent sur l’insuline. C’est après un premier voyage aux États-Unis qu’il décide de perfectionner les techniques de séparation des constituants cellulaires par centrifugation mises au point par Albert Claude et de se concentrer sur les structures cellulaires, ouvrant des voies nouvelles en biochimie et en génétique. À la veille de sa mort, il disait encore : « J’ai vécu le siècle le plus extraordinaire de l’histoire de l’humanité. Il y a eu une série de découvertes extrêmement importantes, l’atome, le big bang, etc. Dans mon domaine, les sciences de la vie, on a fait des progrès inouïs... Et c’est la recherche scientifique qui a permis cela, produisant des résultats essentiels. Et j’ai vu toutes ces découvertes. » Dans son dernier ouvrage, « Sept vies en une » paru en janvier 2013 chez Odile Jacob, il raconte ses mémoires de chercheur.

Christian de Duve était membre de l’Académie royale de médecine de Belgique depuis 1969 et de l’Académie royale de Belgique depuis 1975. Il était également membre étranger de la Royal Society depuis 1988. En 1989, il est élevé au rang de vicomte (titre personnel) par le roi Baudouin.
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