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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.14 9:35

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.14 12:44

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.14 14:54

D'après les paroles ou les écrits ici ou là de Jean Léonetti,

il existe bel et bien un ACHARNEMENT PALLIATIF

dont Vincent Lambert est une des victimes
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.14 17:09

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.14 22:18

Le cas Vincent Lambert "montre les limites de la loi Leonetti"
Alain Ducardonnet, spécialiste santé de BFMTV, réagit à la décision de justice imposant le maintien de l'alimentation de Vincent Lambert, un patient de 37 ans en fin de vie. Il met en avant les limites de la loi Leonetti, soulevées par ce cas difficile.

L. P.
Le 16/01/2014 à 15:30
Mis à jour le 16/01/2014 à 15:58
 
Alain Ducardonnet explique les limites de la loi Leonetti. (BFMTV)
 / 1


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé jeudi contre la décision d'euthanasie passive prise par les médecins de Vincent Lambert. Le juge administratif "enjoint les médecins de maintenir l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert". "Un coup d'éclat" pour le docteur Alain Ducardonnet, spécialiste santé BFMTV, qui estime que "c'était l'occasion d'appliquer la loi Leonetti". Explications des limites de cette loi avec le Dr Ducardonnet.

Peut-on rappeler ce que dit la loi Leonetti?

La loi Leonetti se scinde en deux parties, les patients conscients et les patients inconscients. Pour Vincent Lambert nous sommes dans le deuxième cas. Il est clairement dit dans la loi qu'il ne doit pas y avoir d'acharnement thérapeutique si les médecins estiment que tous les recours médicaux sont épuisés. On peut alors envisager l'idée de ne plus apporter assistance au patient. Voilà pour la partie obstination déraisonnable de la loi. Dans ce cas-là, les médecins de Vincent Lambert ont estimé que les recours médicaux ne servaient plus à rien.

"Comment peut-on recueillir le consentement d'un patient qui ne peut plus s'exprimer"?

Ce sont les médecins qui décident s'il y a acharnement thérapeutique, mais cette décision doit être prise en accord avec la famille. On touche ici à une limite de la loi, car la décision doit être prise soit selon l'avis du patient qui a été exprimé antérieurement, soit selon l'avis d'une personne représentative de la famille. Et c'est là où le problème se pose. Une partie de la famille Lambert assure avoir entendu dire Vincent qu'il ne voulait pas d'acharnement, or l'autre partie de la famille soutient que Vincent n'a jamais rien dit à ce sujet et qu'il faut continuer. Ce qui pose la limite de "comment peut-on recueillir le consentement réel du patient qui ne peut plus s'exprimé"?


Comme tout le monde n'est pas d'accord, le tribunal donne raison à la partie de la famille qui veut continuer l'alimentation. La solution à ce genre de problème serait de mettre dans la Carte Vitale du patient ses vrais souhaits.
Le patient ne pouvant plus s'exprimer, la famille devient le pilote et si la famille n'est pas d'accord, c'est la décision de continuer les soins qu'a privilégié le tribunal administratif qui prime.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   18.01.14 12:10

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   18.01.14 17:00

Fin de vie : Régis Aubry réagit à l'affaire Vincent Lambert
 
 
Vincent Lambert est dans le coma depuis plus de 5 ans. Sa femme a demandé l'euthanasie passive. Le tribunal administratif l'a refusée. Le professeur Régis Aubry, de l'hôpital de Besançon, est un spécialiste de la fin de vie. Ecoutez son interview, en longueur, sur ce sujet très douloureux.
 
 
Par Catherine Eme-Ziri
Publié le 17/01/2014 | 15:27, mis à jour le 17/01/2014 | 18:24
 
 
Régis Aubry, médecin à Besançon, est un spécialiste reconnu des questions de fin de vie
 
Régis Aubry, médecin à Besançon, est un spécialiste reconnu des questions de fin de vie
 
Suite à un accident de la route, Vincent Lambert est dans le coma, en état de conscience minimale.
Le monde des soins palliatifs s'inquiète des conséquences de la décision d'un tribunal de refuser l'euthanasie passive pour Vincent Lambert, risquant
d'entraîner  un retour de pratiques d'acharnement pour les personnes en fin de vie. Le professeur Régis Aubry est un médecin spécialiste de la fin de vie. Il est président de l'observatoire national de la fin de vie et membre du comité de consultation national d'éthique. Vous pouvez écouter son interview, en longueur, sur ce sujet extrêmement douloureux. Il se dit "consterné" par la décision du tribunal administratif. Il a joint par téléphone le député Jean Léonetti, auteur de la loi qui porte son nom sur la fin de vie, loi de 2005 et qui considère que cette décision du tribunal administratif est contraire à l'esprit de sa loi.
 
Affaire Lambert : réaction du Dr Aubry
 
Le député UMP Jean Leonetti auteur de la loiqui encadre actuellement la fin de vie avait réclamé jeudi "une décision sur le fond, car cette jurisprudence pourrait aboutir (...) à maintenir par précaution l'acharnement thérapeutique dans les traitements de survie, en l'absence de directives anticipées ou de personne de confiance".
La loi Leonetti qui visait à proscrire l'acharnement thérapeutique, a instauré un droit au "laisser mourir" avec la possibilité de suspendre des traitements et
mis en place le système de "directives anticipées" dans laquelle une personne indique par avance sa volonté en matière de traitements pour sa fin de vie.
 
La décision jeudi d'un tribunal de ne pas autoriser l'euthanasie passive pour le tétraplégique Vincent Lambert, en état de conscience minimale,illustre les difficultés qui attendent le gouvernement dans l'élaboration d'une nouvelle loi sur la fin de vie, promise par François Hollande.
Les situations de fin de vie sont encadrées en France depuis 2005 par la loi Leonetti qui a interdit l'acharnement thérapeutique, permis l'euthanasie passive par l'arrêt des traitements lorsqu'ils sont jugés "disproportionnés" et admis l'administration d'anti-douleurs jusqu'au point "d'abréger la vie".
 
Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, cette loi "à l'évidence ne suffit pas". Elle "comporte des ambiguïtés qu'il faut lever puisqu'on voit bien qu'il y a des appréciations différentes entre les médecins, la famille et les juges sur ce que cette loi permet de faire".
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui a enjoint les médecins de maintenir l'alimentation et l'hydratation du patient, a "jugé que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée" et donc que le cas sortait du champ d'application de la loi Leonetti.
 
L'auteur de la loi, le député UMP Jean Leonetti, avait estimé au contraire que le texte s'appliquait à Vincent Lambert. "La loi de 2005 (...) dit qu'on peut interrompre ou ne pas mettre en oeuvre les traitements quiapparaissent comme inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie", a-t-il rappelé mercredi.
Pour le député, cette description s'adresse notamment à "la situation des états végétatifs ou pauci-relationnels (ou état de conscience minimale), du type de celui dans lequel se trouve Vincent Lambert".
Selon l'avocat des parents, favorables au maintien en vie de leur fils Vincent Lambert,  c'est "le principe de précaution" qui a prévalu dans la décision du tribunal. "Quand il y a un doute, le doute doit évidemment profiter à la personne qui risque d'en pâtir", a déclaré Me Jérôme Triomphe.
 
Euthanasie ou suicide assisté
 
Ces différentes interprétations d'une même loi soulignent la difficulté qui attend le gouvernement dans l'élaboration d'une nouveau texte sur la fin de vie, l'un des engagements de la campagne présidentielle de François Hollande.
Le président français a rappelé mardi qu'il restait attaché à un nouveau cadre légal pour "permettre à toute personne majeure atteinte d'un maladie incurable provoquant une souffrance psychologique, physique insupportable et qui ne peut être apaisée, de pouvoir demander dans des conditions strictes, une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité".
Le chef de l'Etat a aussi souligné qu'il espérait un accord "large" , "sans polémique, sans division" sur le nouveau texte .
La ministre de la Santé a précisé jeudi qu'elle allait "engager des consultations avec les familles de pensée (...) et faire en sorte de favoriser le consensus le plus large possible".
Mais le sujet est complexe et délicat, les situations de fin de vie sont très diverses entre un cancéreux âgé en soins palliatifs et un accidenté de la route jeune en état végétatif permanent. Les options de la fin de vie aussi divergent, entre euthanasie passive, euthanasie active à savoir "le fait pour un tiers de mettre fin à la vie d'une personne à sa demande" et suicide médicalement assisté où c'est le patient qui fait acte d'ingérer une potion létale.
Un panel de citoyens s'était prononcé en décembre sur le sujet, préconisant une "légalisation du suicide médicalement assisté" mais pas l'inscription dans la loi de l'euthanasie active.
Les citoyens s'étaient cependant déclarés "favorables à une exception d'euthanasie" pour "des cas particuliers ne pouvant entrer dans le cadre du suicide assisté", comme lorsque "le consentement direct du patient ne peut pas être recueilli".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.01.14 15:05

Affaire Lambert: le monde des soins palliatifs s'inquiète

17 janv. 2014, 12h53

Le monde des soins palliatifs s'inquiète des conséquences de la décision d'un tribunal de refuser l'euthanasie passive pour Vincent Lambert, risquant d'entraîner un retour de pratiques d'acharnement pour les personnes en fin de vie.
La SFAP (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs), association qui rassemble les différents acteurs dans le monde des soins palliatifs, a jugé la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne "inédite et surprenante", selon un communiqué parvenu vendredi.
"La SFAP souhaiterait un éclaircissement sur le fond du Conseil d?État, car si la décision reste en l'état, elle modifiera profondément les pratiques médicales actuelles et conduira à une augmentation de l'acharnement thérapeutique pourtant refusé massivement par nos concitoyens", écrit l'association.
Pratiquement dans les mêmes termes, le député UMP Jean Leonetti, auteur de la loi qui encadre actuellement la fin de vie, avait réclamé jeudi "une décision sur le fond, car cette jurisprudence pourrait aboutir (...) à maintenir par précaution l'acharnement thérapeutique dans les traitements de survie, en l'absence de directives anticipées ou de personne de confiance".
La loi Leonetti, qui visait à proscrire l'acharnement thérapeutique, a instauré un droit au "laisser mourir" avec la possibilité de suspendre des traitements et mis en place le système de "directives anticipées" dans laquelle une personne indique par avance sa volonté en matière de traitements pour sa fin de vie.
François Hollande a promis une nouvelle loi pour dépasser la loi Leonetti. La ministre de la Santé Marisol Touraine a estimé jeudi que l'affaire Lambert montrait que la loi actuelle "à l'évidence ne suffit pas" et qu'elle comportait "des ambiguïtés" qu'il fallait "lever".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   27.01.14 14:57

18 janvier 2014 | Mise à jour le 19 janvier 2014 le JDD

Vincent Lambert : Leonetti dénonce une récupération politicienne
Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 encadrant la fin de vie, dénonce dimanche dans le JDD la décision de maintenir en vie Vincent Lambert.

Pour Jean Leonetti, c’est "de l’acharnement thérapeutique". L'auteur de la loi de 2005 encadrant la fin de vie, dénonce dimanche dans le JDD la décision de maintenir en vie Vincent Lambert. Si cette décision faisait jurisprudence, ce serait, selon lui, "un recul considérable" aux conséquences potentiellement désastreuses pour les malades incurables.

Le député UMP dénonce également une récupération politicienne de l’affaire par la ministre de la Santé Marisol Touraine : "C’est un cas très particulier dans un contexte familial de désunion. Dans ce dossier, l’enjeu c’est l’acharnement thérapeutique mais pas l’euthanasie ni le suicide assisté." Prudent sur la question de la légalisation du suicide assisté, Jean Leonetti concède que sa loi de 2005 pourrait être améliorée. Il dévoile deux pistes principales de réforme dans nos colonnes...( lecture avec abonnement ).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   27.01.14 15:01

l'acharnement idéologique aussi  BRR defaut36 defaut102 
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   27.01.14 15:10

Fin de vie : six proches de Vincent Lambert réclament l'arrêt de ses traitements
Le Monde.fr | 27.01.2014 à 11h33 • Mis à jour le 27.01.2014 à 14h57


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a ordonné aux médecins, jeudi 16 janvier, de ne pas arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert, le jeune homme tétraplégique en état de conscience minimale. La juridiction était saisie par ses parents qui s'opposent avec un demi-frère et une sœur, à la décision de l'équipe médicale, à laquelle l'épouse et le reste de la fratrie se sont rangés.

L'hôpital, ainsi que sa femme et un neveu engagés eux aussi dans la procédure, disposaient de 15 jours pour se tourner vers le conseil d'Etat. Le délai arrive bientôt à échéance. Six membres de la famille – frères, soeurs et neveu du patient – prennent position en faveur de l'arrêt des traitements, dans une tribune commune, et en appelle à la ministre de la santé, Marisol Touraine.

Le texte de la tribune :

En matière de prise d'otages, lorsque les situations s'enlisent, ce sont souvent les familles qui poussent les gouvernements à trouver des solutions ou qui agissent elles-mêmes quand cela est possible.
Aujourd'hui, avec notre frère et oncle, Vincent Lambert, c'est le pays tout entier qui est pris en otage par une frange extrême de la société représentant une minorité, très agissante comme souvent.

Le délai de quinze jours depuis le verdict de Châlons-en-Champagne prononcé le 16 janvier est très supérieur à ce qui semble être raisonnable pour décider d'un recours auprès du Conseil d'État. Pourtant rien n'a été fait, malgré la volonté unanime d'une équipe médicale dévouée qui ne peut se résoudre à laisser les choses en l'état. Cela montre que la gestion administrative d'un hôpital et la dispensation d'un service public dans le souci d'une certaine éthique sont deux choses qui peuvent être parfois contradictoires.

PERSONNE N'EST PROTÉGÉ DEVANT UN ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE

Cela justifie-t-il de renoncer ? Ce serait accepter que dans notre pays démocratique, des mouvements extrémistes décident de nos vies.

Si le Conseil de l'Ordre des médecins du département de la Marne a pris une position favorable sur le respect de la procédure du Dr Kariger et de son équipe, l'encourageant ainsi à tenter un recours, cela n'a pas été le cas au niveau national. Le problème est pourtant national aujourd'hui puisque personne n'est dorénavant protégé devant un acharnement thérapeutique lorsque certains membres d'une famille le décident.

Si notre ministre de la santé Marisol Touraine a assuré l'hôpital, le médecin, l'épouse de Vincent de son soutien, les encourageant aussi à faire un recours, aucun courrier n'est venu confirmer ces paroles.

La quasi totalité des analystes dans les médias ont affirmé qu'il ne pouvait pourtant en être autrement. Les Français attendent donc de savoir non pas si le recours va être décidé, mais quand il le sera...

Cette situation selon nous pose plusieurs questions : comment l'équipe médicale peut-elle en être réduite à penser maintenant que des menaces de procédure pénale puissent réellement aboutir entre les mains d'un procureur qui étudierait sérieusement cette menace ? Procédure « qui aurait des retombées sur votre carrière, vous-même et votre famille », dixit les quatre requérants... Comment a-t-on pu en arriver à un point où les membres d'une famille qui ont voulu soutenir le CHU dans cette épreuve judiciaire difficile en sont réduits, au choix, à regarder impuissants l'acharnement sur un être cher en attendant qu'une nouvelle loi soit votée pour le soulager ou à demander eux-mêmes à ce qu'une décision médicale soit respectée auprès du Conseil d'État ?

LE DÉNI D'UNE VOLONTÉ CLAIREMENT EXPRIMÉE PAR ORAL

A force de ne pas vouloir dire les choses, cette loi semble inapplicable. Elle autorise une injection létale de calmants (et seulement de calmants) sans intention de donner la mort (sic). Elle demande à ce que soient prévenus (y compris oralement) les membres d'une famille, sans définir ce qu'est la famille, et à défaut, un proche.

Elle propose également de lutter contre l'acharnement thérapeutique en le définissant de façon floue. Elle demande enfin à des juges de vérifier la légalité de tout cela en 48 heures. C'est ainsi qu'on en arrive à la situation désastreuse de Vincent, qui a payé une première fois une erreur de forme, une deuxième fois la velléité de juges qui ont jugé du contenu-même de la décision.

Pour exiger de la rigueur (envoi en recommandé de l'information à la famille, contrôle en amont par une commission indépendante par exemple), il faudrait préciser la réalité : oui, il s'agit bien de soulager des souffrances, jusqu'à la mort quand c'est le souhait de la personne et la dernière et seule solution qu'il lui reste. Vincent ne peut toujours rien dire, et il ne le pourra plus jamais. Pour cela, il paie un prix que nous ne souhaitons à personne.

Cette tribune n'a d'autre but que de demander instamment à Madame Marisol Touraine, à toutes les institutions compétentes, aux médecins, aux intellectuels que ce verdict effraient, de se prononcer par écrit, clairement, et de façon urgente, auprès de Monsieur le Directeur Général du CHU de Reims en faveur d'un recours. Faute de quoi, Vincent – mais aussi toutes les personnes pouvant un jour se retrouver dans sa situation – risque fort de devoir continuer à vivre dans la souffrance et le déni de sa volonté clairement exprimée par oral : Vincent n'anticipait pas cette situation au point d'écrire ses directives, comme 98 % de la population française.




Ce texte est cosigné par Marie Lambert (sœur de Vincent Lambert), Joseph Lambert (frère de Vincent Lambert), Marie Geneviève Lambert (demi-sœur de Vincent Lambert), François Lambert (neveu de Vincent Lambert), Guy Noël Philippon (demi-frère de Vincent Lambert) et Frédéric Philippon (demi-frère de Vincent Lambert).

Hormis François Lambert, aucun des signataires n'a pris part à la poursuite judiciaire. Ils s'expriment pour la première fois dans cette affaire.

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MessageSujet: Vincent Lambert   27.01.14 17:09

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.01.14 19:12

Reims
La fin de vie de Vincent Lambert dans les mains du Conseil d'Etat
Par AFP, publié le 28/01/2014 à 15:16, mis à jour à 18:17
Reims - Le Conseil d'Etat devra statuer sur la fin de vie de Vincent Lambert, à la demande de son épouse Rachel qui a signifié son intention de faire appel mardi de la décision de la justice administrative d'interdire "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari.

"Je fais appel devant le Conseil d'Etat contre la décision de la justice administrative qui a interdit de cesser le traitement et l'arrêt du maintien en vie artificielle", a-t-elle déclaré mardi à l'AFP. 
"Le laisser partir est un geste d'amour", a réaffirmé l'épouse du patient tétraplégique hospitalisé à Reims depuis plus de 5 ans dans un état végétatif chronique après un accident de la circulation. 

Délai de 48 heures 

Le Conseil d'Etat doit se prononcer dans un délai de 48 heures après sa saisine qui devrait être effective avant la fin de cette semaine, a-t-on indiqué au cabinet des avocats de Rachel Lambert.  
Lundi, une autre partie de la famille favorable à l'arrêt des soins avait demandé à Marisol Touraine, la ministre de la Santé, d'enjoindre par écrit la direction du CHU de Reims de saisir le Conseil d'Etat dans une tribune publiée par le Monde. 
Mardi sur i-télé, la ministre a réitéré ses propos tenus à l'occasion de ses voeux à la presse le 21 janvier, de demander "formellement au directeur du CHU de Reims" d'accompagner la procédure d'appel si elle était introduite par la famille. 
"J'espère que l'initiative de Rachel Lambert va inciter la direction de l'hôpital à nous suivre dans ce recours", a expliqué à l'AFP Sara Nourdin, l'avocate de Mme Lambert. 
Le 16 janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait imposé aux médecins de l'hôpital de Reims de poursuivre l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert, en jugeant que "la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie". 

Un recours de l'hôpital encore attendu 

Son épouse et une partie de la famille avait donné son accord à l'arrêt des soins décidé par le corps médical, mais les parents, catholiques traditionalistes, avaient saisi la justice pour s'y opposer. 
"L'hôpital doit aller devant le Conseil d'Etat, c'est évident", a pour sa part déclaré dans le Monde Jean Leonetti auteur de la loi sur la fin de vie. 
Pour lui, "les juges se sont substitués aux médecins dans l'attente d'un jugement sur le fond, sachant bien qu'il y aurait une décision du Conseil d'Etat. Celle-ci permettrait d'apporter la sécurité juridique dans d'autres cas et aussi pour les médecins", a-t-il poursuivi dans les colonnes du quotidien. 
Selon l'avocate de Rachel Lambert, "Vincent avait clairement indiqué son refus de tout acharnement thérapeutique, il continue à manifester une résistance aux soins qui laisse penser à un refus de vivre et d'après les médecins, il n'y a pas dans son cas de retour possible à une vie de relation".  
"Nous attendons du Conseil d'Etat qu'il affirme que continuer ainsi relève de l'obstination déraisonnable", a poursuivi l'avocate. 
"Humainement je comprends la volonté de son épouse de faire respecter la volonté de Vincent et j'attends la décision de la direction de l'hôpital que je respecterai", a pour sa part réagi le docteur Eric Kariger qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, et qui avait décidé en collégialité de suspendre la nutrition et l'hydratation artificielles de son patient. 
Contactée par l'AFP, la direction de l'hôpital n'a pas souhaité s'exprimer. 
Par
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   29.01.14 15:56

Vincent Lambert, le prisonnier
LE MONDE | 28.01.2014 à 09h56 • Mis à jour le 28.01.2014 à 12h19 |
François Béguin et Laetitia Clavreul

A l'Hôpital Sébastopol de Reims, la chambre de Vincent Lambert est désormais fermée à clé. Une caméra surveille les allées et venues, les visiteurs doivent décliner leur identité. On cherche à le protéger des journalistes, d'un geste fatal, d'une occupation des lieux… La France entière parle de lui, ses proches et des médecins parlent pour lui. Vincent Lambert, lui, ne peut s'exprimer. Le son de sa voix, on ne l'entend plus que sur la boîte vocale du portable qu'utilise sa femme, qui n'a sans doute pas eu la force de l'effacer.
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Otage de son corps, le jeune tétraplégique en état de conscience minimale l'est aussi d'un mélodrame familial aux airs de tragédie grecque. Et se retrouve pris au piège d'injonctions contradictoires, à la croisée de la médecine, de la justice et de la politique.

« Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi en est-on arrivé là ? », s'interroge aujourd'hui sa mère, Viviane Lambert. Comme, forcément, face à elle, l'épouse de Vincent, Rachel, et six sur huit de ses frères, demi-frères, soeurs et demi-soeurs, rangés à l'avis des médecins qui estiment que le patient est dans une situation d'« obstination déraisonnable ». De ce fait, ils ont décidé d'interrompre sa nutrition et son hydratation artificielles, et ainsi de le laisser mourir. Pour la deuxième fois en moins d'un an, le 16 janvier, la justice administrative, saisie par ses parents, vient de leur donner tort. Un recours pourrait être déposé dans les prochains jours devant le Conseil d'Etat.

Lire (édition abonnés) : Affaire Lambert : forte pression sur le CHU pour qu'il saisisse le Conseil d'Etat

Sa vie a basculé le 29 septembre 2008, dans un accident de voiture, alors qu'il se rendait au travail. Victime d'un traumatisme crânien, l'infirmier psychiatrique de 32 ans, père d'une petite fille depuis quelques semaines, tombe dans le coma.

Quand on l'en sort, il enroule ses bras, signe d'une souffrance neurologique. Dans les années qui suivent, tout est tenté pour l'aider à réagir. En 2011, le Coma Science Group, à Liège, en Belgique, un site mondialement reconnu sur le sujet, confirme le diagnostic d'état pauci-relationnel, une « conscience minimale plus ». A la famille, on explique qu'il ne faut pas vraiment s'attendre à une amélioration. « Son état est consolidé », dans le jargon médical. En dépit de 80 séances d'orthophonie, il va se révéler impossible d'établir un code de communication avec ce beau jeune homme brun, discret, qui ne faisait jamais rien à moitié. Lui, qui, selon son frère Joseph, était « un bon vivant, parfois excessif, toujours partant pour faire plein de choses ». « Il avait un humour très noir, voire trash », complète son neveu François qui, lui aussi, soutient la décision des médecins.

LA MÈRE ET L'ÉPOUSE FACE À FACE

L'« écorché vif en quête de liberté » qu'il décrit, vit aujourd'hui alité. Son corps est immobile, raide, relié à une sonde gastrique. Depuis plusieurs mois, il ne tient plus dans un fauteuil. Il alterne des périodes de veille et de sommeil, bouge les yeux et perçoit la douleur, mais nul ne peut affirmer s'il comprend ce qu'on lui dit ou s'il pense. Son état permet une certaine interaction avec l'environnement. Il lui arrive de sourire ou de pleurer, mais il est impossible de dire s'il s'agit de larmes de chagrin ou de joie, ou bien d'une réaction neurodégénérative sans lien avec un sentiment.

L'hôpital Sébastopol de Reims, où est soigné Vincent Lambert depuis cinq ans. L'hôpital Sébastopol de Reims, où est soigné Vincent Lambert depuis cinq ans. | FRANCOIS NASCIMBENI/AFP
C'est ce doute qui va laisser place à toutes les interprétations sur son état et, de là, à tous les déchirements. Vincent Lambert n'ayant pas laissé de directives anticipées, ni désigné de personne de confiance, dont l'avis aurait alors compté plus qu'un autre, sa volonté aussi fait débat. Sa femme et des frères et soeurs, que les médecins ont entendu, affirment que Vincent Lambert avait dit ne pas vouloir vivre en état de dépendance, et qu'il ne partageait pas les valeurs de ses parents. Pour ces derniers au contraire, il a montré « une farouche volonté de vivre », en restant en vie malgré un arrêt d'alimentation de 31 jours au printemps 2013 – une survie qui peut aussi s'expliquer par le fait qu'il a alors continué d'être un peu hydraté.

Face à face, surtout, il y a deux femmes. L'une dit vouloir le laisser partir, l'autre lui sauver la vie, chacune « par amour ». « Je représente sa première famille, celle qu'il a créée, celle qu'il a choisie », a estimé sa femme, dans un entretien au Monde, en mai 2013. « Si Rachel a épousé Vincent, c'est quand même parce que je l'ai porté avant », rétorque Viviane Lambert. « Si elle décidait de refaire sa vie, je comprendrais », assurait-elle d'ailleurs dans Le Nouveau Détective le 29 mai. Son avocat, Me Triomphe, se montre encore plus violent, évoquant la possibilité qu'elle a de divorcer.

Après une enfance passée à Châteauroux puis à Rethel, dans les Ardennes, Vincent Lambert est envoyé en pension vers l'âge de 12 ans à Saint-Joseph-des-Carmes, un établissement catholique hors contrat, près de Carcassonne. Une fratrie de neuf enfants, issus de trois lits. De lourds et douloureux secrets à porter. Un père médecin-gynécologue, opposant actif dans la deuxième moitié des années 1970 à la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse. Une mère proche de la Fraternité Saint-Pie-X, un mouvement catholique intégriste. Voilà le tableau. « Vincent n'était pas très bien dans sa peau avant son accident, dit son frère Joseph. Il semblait rongé de l'intérieur par ses vieux démons. »

Même si Viviane Lambert s'en défend catégoriquement, son combat mené avec une soeur et un demi-frère de Vincent pour sauver son fils de la « mort » – d'un « assassinat », affirme même son avocat – prend de fait une tournure politique et religieuse, que pointent ses propres autres enfants. C'est sur des sites radicaux proches de la mouvance intégriste (Riposte catholique, Salon beige), ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent, que sont publiées en premier les informations concernant Vincent Lambert. Et c'est Me Jérôme Triomphe – par ailleurs défenseur du mouvement intégriste Civitas – qui, au mois de mai 2013, évoque le premier publiquement Vincent Lambert, sur Radio Courtoisie. Il y raconte le retour dans la chambre de l'hôpital après avoir obtenu au tribunal administratif sa réalimentation. « Il a reconnu ses parents, on a le sentiment qu'il nous a dit merci », dit-il, ajoutant : « J'étais habité, je ne pense pas avoir plaidé seul, le ciel était avec nous. »

UN CONFLIT ENTRE LE DOCTEUR ERIC KARIGER ET ME TRIOMPHE

En face, une fois la stupéfaction passée de la mise sur la place publique de l'intimité d'un homme, on rappelle que le patient n'a sans doute pas souri, mais fait son rictus régulier, auquel aucun sens ne peut être donné. « Je n'avais jamais vu Vincent autant apaisé que pendant l'arrêt des soins », dira l'épouse, sortant de son silence, quelques jours plus tard dans Le Monde. La médiatisation a choqué épouse et frères et soeurs, et particulièrement la mise en scène d'une photo transmise à la presse, où l'on voit Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, et une femme lui présenter le tableau d'un oiseau. Comme si une interaction était possible.

Lire (édition abonnés) : La justice s’invite dans le débat sur la fin de vie

Me Triomphe symbolise un autre conflit, celui entre deux hommes. Imposant, jamais avare de formules – à l'audience au tribunal de Châlons-en-Champagne, le 15 janvier, il a clamé son émotion d'être le premier avocat, depuis 1981, à devoir « plaider pour un condamné à mort » –, l'avocat dit se battre pour « un handicapé », et non un malade. Un patient « autonome » hormis l'alimentation, même.

En face, le docteur Eric Kariger, chef de service au CHU de Reims, à l'origine de la décision d'arrêt des traitements. Son profil surprend : vice-président du conseil général de la Marne, il s'est mis en congé du Parti chrétien-démocrate, la formation politique de Christine Boutin, « pour ne pas exposer inutilement le mouvement ». Il se dit « catholique pratiquant » et hostile à l'euthanasie. « Je suis un libéral social-chrétien, souligne-t-il. On peut respecter la vie mais pas à n'importe quel prix. »

Il a beau répéter qu'il se voit comme « l'avocat » de Vincent Lambert, il a fini par cristalliser les critiques des parents et de leurs avocats, par sa facilité à s'exprimer dans les médias et sa détermination à ne pas laisser son patient partir dans un autre établissement : « Mon devoir moral, à part si une décision est imposée, est de continuer à accompagner Vincent », livrait-il en mai.

« Kariger se comporte comme le propriétaire de Vincent Lambert, qui est en réalité pris en otage par ce médecin qui refuse d'en lâcher la charge », écrit Jérôme Triomphe, dans sa requête en référé-liberté du 13 janvier. Pour lui et les parents de Vincent Lambert, la vie de celui-ci est « en danger » à l'hôpital de Reims. Le tribunal leur a cependant donné tort sur ce point.

Le jeune homme, lui, ne peut dire ce qu'il souhaiterait. « J'ai l'impression qu' est otage d'un mouvement pour la vie coûte que coûte dans le cadre des futures discussions politiques. Mais c'est un homme dont il s'agit ! », a réagi sa femme, le 16 janvier. La mécanique est en effet enclenchée : alors que le président de la République a promis une nouvelle loi sur la fin de vie, ceux qui estiment que celle qui est en vigueur va déjà trop loin, viennent de s'inviter dans le débat. Grâce au cas Vincent Lambert. Et à son corps défendant.

Lire le zoom (édition abonnés) : Etat végétatif et conscience minimale, une frontière floue
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   30.01.14 21:56

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.02.14 13:34


Fin de vie: le cas de Vincent Lambert examiné le 6 février par le Conseil d'Etat

Par LEXPRESS.fr, publié le 31/01/2014 à 15:49, mis à jour à 16:09

Le tribunal administratif a imposé le maintien en vie de Vincent Lambert, plongé dans un état végétatif. Sa femme et le CHU de Reims comptent sur le Conseil d'Etat pour remettre en cause cette décision.

Fin de vie: le cas de Vincent Lambert examiné le 6 février par le Conseil d'Etat

Rachel, l'épouse de Vincent Lambert, fait appel devant Conseil d'Etat contre la décision de la justice administrative qui a interdit "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari, a-t-elle annoncé mardi à l'AFP.

afp.com/François Nascimbeni

Le Conseil d'Etat examinera jeudi le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont l'épouse conteste la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne de le maintenir en vie, a-t-on appris vendredi auprès de la plus haute juridiction administrative. L'audience, publique, aura lieu à 11H00.

La procédure de référé, par laquelle est saisi le Conseil d'Etat, prévoit un délai de jugement de 48 heures. Mais on souligne au Conseil qu'il s'agit d'un délai indicatif que le magistrat peut apprécier, selon l'urgence du dossier. Il n'y a pas dans le cas de M. Lambert d'urgence absolue et ce délai pourrait donc être légèrement plus long.

Opposition au sein de la famille Lambert

Le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, s'était joint mercredi à la démarche de son épouse Rachel pour saisir le Conseil d'Etat, à qui elle demande l'arrêt du "maintien en vie artificielle" de son mari, estimant que "le laisser partir" constitue "un acte d'amour".

Vincent Lambert, 38 ans, est tétraplégique et en état pauci-relationnel (état de conscience minimale) sans espoir de récupération depuis un accident de la route. Il est hospitalisé depuis plus de cinq ans. Son épouse et une partie de la famille avaient donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU de Reims.

Mais les parents, des catholiques traditionalistes opposés à l'euthanasie passive de leur fils, avaient saisi à la mi-janvier la justice et obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Les magistrats avaient estimé que "la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie".

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   03.02.14 12:07

"Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, qu'elle qu'en soit la cause, est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l'article L. 1111-6, la famille ou, à défaut un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical."

— Loi Léonetti, 2005, article 9
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   13.02.14 14:59


Le Conseil d'Etat se prononcera vendredi sur Vincent Lambert

- Publié le 13/02/2014 à 13:23


PARIS (Reuters) - L'affaire Vincent Lambert, un patient tétraplégique dont le maintien en vie est au coeur d'un conflit familial, a connu un nouveau rebondissement jeudi devant le Conseil d'Etat, où le rapporteur public a préconisé une nouvelle expertise médicale.

La plus haute juridiction administrative française se prononcera vendredi à 16h00.

Soit elle se range à la requête du rapporteur public -et dans ce cas la famille ne sera fixée que dans plusieurs semaines- soit elle se résout à trancher définitivement.

L'épouse de Vincent Lambert, un trentenaire dans un état de conscience minimale depuis un accident de la route en 2008, l'un des neveux du patient et le CHU de Reims ont saisi le Conseil d'Etat afin de statuer sur le sort du jeune homme, qu'ils refusent de maintenir en vie contre l'avis de ses parents.

Face à la complexité du dossier et à ses implications "juridiques, déontologiques, scientifiques, éthiques", l'instance avait décidé de se réunir en formation collégiale.

En présence des parties et de leurs avocats, le rapporteur public a exposé jeudi les faits du litige et les arguments adverses aux 17 membres de l'assemblée du contentieux présidée par le vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé.

Rémi Keller, soulignant le caractère "hors norme" de l'affaire et assumant "le risque d'un nouveau renvoi", a demandé un supplément d'instruction afin que le Conseil d'Etat prenne "la meilleure décision". Il prône une nouvelle expertise médicale, dans un délai maximal de six semaines, qui serait confiée à trois spécialistes indépendants.

A l'issue de l'audience, François Lambert, neveu de Vincent Lambert, a regretté devant les journalistes "une certaine perte de temps" qui ajoutera "de la complexité" à un conflit qui déchire sa famille depuis des mois.

La partie adverse, elle aussi insatisfaite de cette décision, a invoqué devant la juridiction la nécessaire protection du "droit à la vie".

Les parents de Vincent Lambert, un demi-frère et une soeur du patient, avaient obtenu le 16 janvier du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) la suspension d'une décision d'euthanasie passive prise par le CHU de Reims en accord avec son épouse Rachel.

LA LOI LEONETTI EN QUESTION

Viviane et Pierre Lambert, mus selon leurs détracteurs par une forte "idéologie" catholique, avaient déjà obtenu en mai 2013 que l'alimentation et l'hydratation artificielles de leur fils soient rétablies alors que le CHU de Reims, où il est hospitalisé, avait décidé d'y mettre un terme.

Le docteur Eric Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU, avait estimé que cette "remise en cause" de la loi Leonetti bafouait les garanties offertes "à chacun et à chacune de pas être victime un jour d'acharnement".

Le praticien a déclaré jeudi à la presse qu'il s'en remettrait à "la sagesse" des juges du Conseil d'Etat.

La loi Leonetti de 2005 sur les droits des patients en fin de vie proscrit "l'obstination déraisonnable" et autorise dans certains cas l'euthanasie passive, c'est-à-dire l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielles ou l'administration d'opiacés ou de sédatifs à haute dose.

Si le patient est dans l'incapacité d'exprimer ses volontés, la décision doit être prise par le médecin chargé du patient en concertation avec l'équipe de soins et la famille.

Les avocats des parents de Vincent Lambert estiment que la loi Leonetti ne peut s'appliquer à ce patient qu'ils qualifient de "handicapé" et non atteint d'un mal incurable.

A l'inverse, son épouse et François Lambert affirment que Vincent Lambert a manifesté des signes de refus des soins.

Ce conflit familial a mis en lumière l'extrême complexité d'une situation de "fin de vie" lorsque la personne concernée n'a pas rédigé de "directives anticipées".

"C'est pour le Conseil d'Etat une lourde responsabilité et pour cette personne et sa famille, c'est un drame. D'autres personnes en France vivent un drame de cette nature", a commenté jeudi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur Europe 1.

François Hollande s'est engagé à un projet de loi, sans prononcer les termes d'euthanasie et de suicide assisté, pour permettre à toute personne majeure atteinte d'une maladie incurable "de pouvoir demander dans des conditions strictes une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   13.02.14 15:08

Si le Gouvernement avait eu la dignité politique de gérer l'engagement 21 du Chef de l'Etat dès l'été 2012,on n'en serait pas là aujourd'hui
Rapport Sicard,avis CCNE,avis Conseil National de l'Ordre des Médecins...
l'ADMD a raison sur ce point,ce n'est que du blablabla et du temps perdu.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.02.14 12:18

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.02.14 16:15


Le cas ambigu de Vincent Lambert

Le Monde.fr | 12.02.2014 à 17h43 • Mis à jour le 12.02.2014 à 18h01 | Par Véronique Guienne (professeur de sociologie à l'université de Nantes)

Le Conseil d'Etat se réunit pour décider si la poursuite des soins de cet homme, dans un état végétatif chronique depuis cinq ans, constitue ou non une obstination déraisonnable.

Comment expliquer le trouble actuel suscité par le cas de Vincent Lambert ? La raison en est que, cinq ans après son accident, son cas est ambigu, pouvant être interprété comme relevant soit du suicide assisté, soit de l'accompagnement de fin de vie.

Concernant l'aide à mourir, il faut distinguer clairement deux situations : celles de l'accompagnement par des sédations, permettant à la mort d'advenir dans de bonnes conditions lorsque la fin est proche, ou serait inévitable sans intervention médicale, et celles relevant des demandes d'aide au suicide. Ces deux questions souffrent d'un amalgame.

Certes, à première vue, ces deux situations se ressemblent : ce sont les mêmes produits qui sont utilisés, elles se mènent toutes deux au nom de l'autonomie du patient, et sont recouvertes l'une et l'autre de cette appellation confuse du « droit à mourir ».

L'OPINION PUBLIQUE EST PARTAGÉE

En fait, elles sont radicalement différentes : dans le premier cas, la décision est construite collectivement, est vécue comme un accord raisonnable par les deux parties, le patient et ses proches d'un côté, l'équipe soignante de l'autre. Dans la seconde option, une personne exprime le fait qu'elle ne supporte pas (ou plus) son état et demande qu'on l'aide à en finir.

Juridiquement, ces deux situations n'appellent pas le même type de choix. La première relève d'une législation qui se doit d'être précise, avec des protocoles l'encadrant. Ces processus de sédation sont déjà pratiqués quotidiennement à l'hôpital, bien que dans un cadre juridique à parfaire.

La seconde relève du débat sur la dépénalisation des stupéfiants (la morphine et l'hypnovel en sont), sous conditions d'accès (comité de délivrance, aide technique nécessaire, place des associations…), et a pour vocation d'être exceptionnelle.

L'opinion publique est partagée, puisque 85 % des Français sont pour une aide à mourir en cas de douleurs ou de perte de conscience en fin de vie et 85 % des Français désapprouvent le suicide.

UNE MÉDECINE INTERVENTIONNISTE

L'ambiguïté du cas de Vincent Lambert tient à ce qu'il se présente comme une demande d'accompagnement de fin de vie mais qu'il peut aussi être lu comme une demande de suicide assisté. En effet, cinq ans après son accident, son état peut être assimilé à celui d'un handicapé profond, par la durée de son installation dans cet état.

Des structures entières s'occupent de ces personnes lourdement handicapées et sans conscience. On ne peut décider que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

Mais que s'est il passé pendant cinq ans ? Il est dit que tout a été tenté pour l'aider à réagir, que des services internationalement reconnus ont été sollicités, qu'il a bénéficié d'innombrables séances d'orthophonie sans effet sur la moindre communication avec lui, et cela après un long coma. Pourquoi tout cela ? Pourquoi pendant si longtemps ? Cela s'appelle de l'acharnement thérapeutique.

La loi Leonetti aurait été simple à appliquer tout de suite, ou peu de temps après l'accident. Mourir d'un accident, et c'est ce qui aurait dû se passer si la médecine n'avait pas été aussi interventionniste, fait partie des aléas possibles de la vie. Ces situations se rencontrent tous les jours à l'hôpital. C'est là que la plupart d'entre nous meurent, en général suite à une décision médicale : de ne pas réanimer, d'arrêter des traitements lourds, de ne pas opérer…

Cette fin programmée cherche à accompagner dans les meilleures conditions ce qui était de toute façon un processus de fin de vie, quel que soit l'âge du patient, parfois en utilisant des sédations à base de morphine et d'hypnovel, pour que cela se passe bien, sans douleurs.

Ce que l'on peut reprocher à l'hôpital, c'est que cet accompagnement médicamenteux ne soit pas toujours mis en œuvre ; il y a encore trop de gens qui meurent sur des brancards dans la souffrance. Dans le vocabulaire du personnel hospitalier, ces derniers ne disent pas euthanasie dans ces cas de sédations, alors que ça l'est au sens strict de la définition de l'éthique médicale.

31 JOURS EN ARRÊT D'ALIMENTATION ET D'HYDRATATION

Le terme d'euthanasie, pour la plupart d'entre eux, reste associé à l'injection de chlorure de potassium (KCL), avec un effet immédiat, telles qu'elles ont pu être pratiquées dans les années 1980.

La plupart de ces sédations quotidiennes se passent bien ; les récits que l'on recueille sont même plutôt positifs, racontant des gens apaisés, qui remercient du regard, des familles réunies. Les seuls récits de situations difficiles sont toutes les fois où, soit la décision est prise trop tard, soit la sédation est trop faiblement dosée, produisant une attente insupportable (pour les soignants et les proches) qui peut durer des jours, voire des semaines, en maintenant le patient dans un état de ni mort ni vivant.

Le cas de Vincent Lambert répond à ces deux caractéristiques, toujours causes de problèmes dans les équipes soignantes et pour les proches : une décision trop tardive et une sédation trop peu dosée. Personne ne peut veiller un presque mort si longtemps.

Vincent Lambert est resté 31 jours en arrêt d'alimentation et d'hydratation, avant que la justice n'ordonne sa réalimentation ; ce délai est invivable pour tout le monde. Il faut d'ailleurs espérer que sa souffrance a été bien évaluée ; ces arrêts nécessitent des sédations d'accompagnement car ils sont extrêmement douloureux.

Une limite de la loi Leonetti est qu'elle impose de ne pas doser en opiacés plus que ne le nécessite la limitation de la souffrance. Cela permet une fin en quelques jours pour les corps vieillis et les malades très fragiles, mais pas chez les personnes jeunes.

LE RISQUE : ÊTRE DANS L'ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE

Il n'y a donc pas chez Vincent Lambert une « farouche volonté de vivre », comme l'a déclaré sa mère, mais, plus trivialement, l'illustration du fait qu'un organisme jeune peut survivre des mois à une dénutrition et une déshydratation si on n'accélère pas le processus. La loi Leonetti est sur ce point trop restrictive.

Une fois la décision prise et partagée, ces attentes sont des violences inutiles pour tous. On peut continuer à progresser dans le cadre de la loi Leonetti, en particulier en favorisant un échange sur les conditions de cette mort prochaine : son lieu, sa vitesse, son état de conscience.

Dans nos débats actuels, il est essentiel de ne pas isoler la fin de vie de tout ce qui se passe en amont. Notre liberté est d'abord en amont, en disant en l'occurrence clairement qu'on ne veut pas d'acharnement si le risque est celui du handicap profond.

Pour cela, il faut que les médecins acceptent d'arrêter de nous sauver malgré nous. Souvent, en faire moins, c'est mieux, et cela évite ces situations inextricables. Sinon, le risque serait d'être dans l'acharnement thérapeutique, d'en faire trop, au nom de ce que, après, avec le même interventionnisme, on pourrait arrêter.

Ces deux postures relèvent d'un même fantasme de maîtrise, d'une idéologie contemporaine de la performance. Sans être dans ce fantasme, il est légitime de pouvoir être entendu dans un souhait raisonnable : ne pas être sauvé à n'importe quel prix et mourir dans un délai acceptable et sans souffrance lorsque la fin est proche.

Véronique Guienne (professeur de sociologie à l'université de Nantes)

Véronique Guienne a notamment publié « Sauver, laisser mourir, faire mourir » (PUR, 2010) et « Nos choix de santé, dilemmes et controverses » (L'Atalante, 2012).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.02.14 16:25

Intéressant,l'article ci-dessus !

CITATION =

"Le terme d'euthanasie, pour la plupart d'entre eux, reste associé à l'injection de chlorure de potassium (KCL), avec un effet immédiat, telles qu'elles ont pu être pratiquées dans les années 1980".


Qu'elle était belle,la vie,dans les années 1980 !
Pourquoi ne pas revenir au KCL puisque c'était une pratique française ?
Je ne vois pas où est le problème si le patient le demande et qu'il est en fin de vie.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.02.14 16:45


Affaire Lambert : le Conseil d'Etat demande une nouvelle expertise médicale

Eric FAVEREAU 14 février 2014 à 16:15 Libération

Trois médecins conduiront cette expertise et devront se prononcer sur le «caractère irréversible» des lésions dont souffre Vincent Lambert.


Décision une nouvelle fois repoussée. Le Conseil d’Etat a décidé vendredi d’ordonner une nouvelle expertise médicale sur le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis 2008. Les trois médecins qui conduiront cette expertise médicale devront «se prononcer sur le caractère irréversible» des lésions dont souffre Vincent Lambert, exprimer «si ce patient est en mesure de communiquer» et si ses réactions «peuvent être interprétées comme un rejet de soins» ou, au contraire, comme «un souhait que ce traitement soit prolongé», a expliqué la plus haute juridiction administrative française, qui se prononcera «avant l’été», après l’expertise

Le Conseil d’Etat avait examiné jeudi en séance plénière la situation de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis septembre 2008 après un accident de moto. Et c'est le rapporteur public, Rémi Keller, qui avait préconisé cette nouvelle expertise médicale afin que le Conseil d’Etat puisse, une fois les résultats connus, «prendre la meilleure décision». «Il est inhabituel de proposer une mesure d’instruction, avait reconnu jeudi le rapporteur public, mais il s’agit d’une affaire hors norme. Cette expertise permettrait au Conseil d’Etat de prendre la meilleure décision.»

La semaine dernière, le Conseil d'Etat avait déjà examiné ce cas, entendant pour la première fois l'épouse de Vincent Lambert et renvoyé sa décision à un examen en formation collégiale.

Vincent Lambert est en état «pauci-relationnel» (de conscience minimal) depuis 2008. Et sa famille se déchire. Lors de l'audience de jeudi, le rapporteur a analysé en détail la procédure d’arrêt des traitements et la façon d’agir du docteur Eric Kariger, de l’hôpital de Reims : celui-ci, après de multiples réunions de conseils de famille, mais aussi après l’avis d’autres médecins, a choisi d’arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielle de Vincent Lambert «pour le laisser tranquillement mourir».

Etat de conscience minimal

Pour le rapporteur, toute la procédure a été bien respectée ; de plus, il est clair que la volonté du patient - exprimée à plusieurs reprises avant son accident à son épouse et à ses frères - allait dans le sens d’un arrêt de vie, Vincent Lambert ayant répété qu’il ne voudrait pas «vivre cette vie-là». Restait, alors, la question du moyen : est-on, comme le réclame la législation, en situation d’obstination déraisonnable de soins ? La question peut être perçue comme délicate, car de multiples critères entrent en ligne de compte pour définir cette obstination. Et sur un critère, et un seul, le rapporteur a hésité : l’alimentation et l’hydratation artificielles créent-elles un maintien artificiel de la vie ? Comme Vincent Lambert est dans un état de conscience minimal, le rapporteur a dit qu’il ne peut se prononcer. Et propose qu’un collège d’experts médicaux tranche. «Une telle expertise peut être justifiée également, car votre arrêt aura un impact national», a argumenté Rémi Keller. D’où cette demande d’instruction, «en espérant qu’elle soit faite dans les six semaines».

Ont répondu, en écho, les propos de l’avocate du neveu de Vincent, Madeleine Munier-Apaire : «Médicalement parlant, il n’y a aucun doute. Le maintien du traitement est déraisonnable», a-t-elle argumenté. Puis elle a lancé, avec force : «La loi a voulu mettre de la confiance. En redemandant une nouvelle expertise, vous installez le doute, et vous ouvrez les portes de la méfiance. C’est votre honneur de dire que la loi a été respectée. N’ajoutez pas du doute à la douleur ! Vous ne pouvez pas déléguer à X experts, vous devez vous prononcer, et vous prononcer tout de suite.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   26.03.14 9:37

Les experts médicaux au chevet de Vincent Lambert




Trois spécialistes doivent se prononcer sur le caractère irréversible ou non des lésions cérébrales de ce tétraplégique en état végétatif chronique depuis 2008.

Les trois experts désignés par le Conseil d'État pour mener l'expertise médicale qu'il a ordonnée le 14 février dernier sur Vincent Lambert ont commencé leur mission. Ils se sont déjà rendus deux fois au chevet de ce jeune tétraplégique autour duquel la famille se divise sur son maintien en vie.
Avant-hier, mais aussi le 5 mars, au CHU de Reims, ils ont rencontré le patient ainsi que l'équipe soignante qui, depuis fin 2012, a décidé de lancer un processus d'euthanasie passive. «Les experts devront procéder à l'examen de Vincent Lambert, rencontrer l'équipe médicale et le personnel soignant en charge de ce dernier et prendre connaissance de l'ensemble de son dossier médical, avait spécifié l'arrêt du Conseil d'État. Ils pourront consulter tous documents, procéder à tous examens ou vérifications utiles et entendre toute personne compétente.»
Marie-Germaine Bousser, neurologue spécialisée dans les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les migraines, Lionel Naccache, neurologue et chercheur à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), et Jacques Luauté, chef du service de médecine physique et de réadaptation au CHU de Lyon, ont été respectivement proposés au Conseil d'État par l'Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et le Conseil national de l'ordre des médecins. Ils ont deux mois pour livrer une expertise nouvelle sur l'état du patient, dans un rapport commun.

Citation :
Ils doivent également déterminer « si ce patient est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage ».

Après quoi aura lieu, en mai, la procédure contradictoire: leurs travaux seront communiqués à toutes les parties, avocats, famille, mais aussi médecins en désaccord, lors de la «procédure collégiale», avec la décision du CHU de Reims d'interrompre l'alimentation de Vincent Lambert. Les différentes parties pourront alors écrire leurs objections ou contestations. Le Conseil d'État rendra sa décision durant la deuxième quinzaine de juin. Les trois experts ont des instructions précises. Ils doivent d'abord décrire l'état clinique actuel de Vincent Lambert et son évolution depuis le bilan effectué en juillet 2011 par le Coma Science Group du CHU de Liège.
À la pointe des connaissances sur les différents états de coma, ce centre avait jugé Vincent Lambert en «état de conscience minimal plus». Les trois spécialistes doivent aussi se prononcer sur le caractère irréversible ou non de ses lésions cérébrales et sur les possibilités d'une évolution. Ils doivent encore déterminer «si ce patient est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage», précise l'arrêt du Conseil d'État. Ainsi qu'«apprécier s'il existe des signes permettant de penser aujourd'hui qu'il réagit aux soins qui lui sont prodigués et, dans l'affirmative, si ces réactions peuvent être interprétées comme un rejet de ces soins, une souffrance, le souhait que soit mis fin au traitement qui le maintient en vie ou comme témoignant, au contraire, du souhait que ce traitement soit prolongé».
Selon nos informations, lundi, les experts ont également rencontré les membres de la famille de Vincent Lambert. Compte tenu des subjectivités du dossier, leurs avocats étaient présents. En raison de l'ampleur et de la difficulté des questions d'ordre scientifique, éthique et déontologique, une expertise d'ordre plus général est demandée au député (UMP) Jean Leonetti, père de la loi sur la fin de vie, à l'Académie nationale de médecine, au CCNE et à l'Ordre des médecins. Tous doivent présenter au Conseil d'État, avant la fin du mois d'avril 2014, des observations écrites pour l'«éclairer utilement sur l'application des notions d'obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie», «en particulier à l'égard des personnes qui sont, comme Vincent Lambert, dans un état pauci-relationnel».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.05.14 12:52

Vincent Lambert: un pré-rapport pointe la "dégradation" de son état

5/5/14 - 18 H 31 - Mis à jour le 5/5/14 - 21 H 10

Journal La Croix        

L'état de conscience de Vincent Lambert s'est "dégradé" et ses lésions cérébrales semblent "irréversibles", selon un pré-rapport médical demandé par le Conseil d'Etat qui doit se prononcer "avant l'été" sur sa fin de vie, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. Les médecins chargés de ce rapport qualifient par ailleurs de "mauvais" le pronostic clinique de Vincent Lambert, 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d'hôpital en état végétatif chronique depuis cinq ans.
Vincent Lambert, dont la famille se déchire sur son maintien ou non en vie, avait déjà été examiné par les médecins du "Coma science group" de Liège (Belgique) en juin 2011, qui avaient procédé à une série de tests pour évaluer son état de conscience. Les médecins avaient alors conclu à un état de "conscience minimale consolidé", sans espoir d'amélioration.
Contrairement aux constatations faites lors de cette dernière expertise, les examens menés par les experts désignés par le Conseil d'Etat "n'ont jamais mis en évidence de réponse permettant de parler d'un état de conscience minimale" chez Vincent Lambert, ce qui suggère pour les auteurs du rapport "une dégradation" de son état de conscience, a-t-on appris de même source.
Outre cette "dégradation", les lésions cérébrales dont souffre M. Lambert depuis son accident de la route en 2008, ont "toutes les caractéristiques de lésions irréversibles" et plusieurs facteurs "rendent très peu probables les chances d'amélioration" de l'état végétatif de Vincent Lambert, selon les auteurs du rapport.
Les médecins, qui ont procédé à neuf reprises à un examen clinique de M. Lambert, ont notamment procédé à des examens à l'hôpital parisien de la Salpêtrière et se sont également entretenus avec l'ensemble des parties.
Son entourage, divisé, s'affronte dans un véritable bras de fer autour de la fin de vie de Vincent Lambert. Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims avait décidé d'arrêter d'alimenter et d'hydrater artificiellement Vincent Lambert.
Mais ses parents, catholiques traditionalistes, sont opposés à son euthanasie passive, persuadés qu'il est "présent" alors que les médecins décrivent un patient "atteint d'une maladie grave et incurable" et souffrant "de lésions cérébrales graves et irréversibles".
- 'Un document de travail' -
Son épouse Rachel et son neveu François se disent déterminés à respecter ses dernières volontés. Ils avaient saisi le Conseil d'Etat pour qu'il annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 janvier ayant décidé le maintien en vie, à la demande des parents.
Selon le pré-rapport, les "réactions" de Vincent Lambert aux soins qui lui sont prodigués ou aux stimulations, sont "non-conscientes" et il n'est "pas possible" de les interpréter dans un sens ou dans l'autre. En outre, Vincent Lambert n'est "pas en mesure d'établir une communication fonctionnelle avec son entourage".
Mais les auteurs du rapport restent prudents et estiment que le degré de l'atteinte de la conscience de Vincent Lambert "ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d'une réflexion concernant un éventuel arrêt du traitement" et donc une suspension de l'hydratation et de l'alimentation artificielle qui maintiennent en vie le patient.
Les avocats des différentes parties doivent de toute façon à leur tour émettre des avis sur ce pré-rapport (elles ont jusqu'au 16 mai) avant que les experts ne rendent leur rapport définitif aux sages du Conseil d'Etat.
La plus haute juridiction administrative devra alors rendre sa décision après un débat contradictoire prévu probablement dans le courant du mois de juin, selon une autre source proche du dossier.
"Ce n'est qu'un document de travail, ce n'est pas le rapport définitif qui pourra révéler d'autres choses", a expliqué à l'AFP Jean Paillot l'avocat des parents de Vincent Lambert, tout en regrettant "les fuites dans la presse d'éléments qui relèvent du secret médical et qui sont préjudiciables à la sérénité de la justice".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.05.14 15:21

Vincent Lambert: les conclusions des experts «confirment» celles de ses médecins
AFP 6 mai 2014 à 09:34  Libération

Le docteur Eric Kariger, qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, a estimé mardi sur RTL que les conclusions des experts désignés par le Conseil d’Etat «confirment» la «gravité» de l’état «neurologique» de son patient.
«J’aurais tellement aimé pouvoir aussi trouver aussi un message d’espérance humaine pour Vincent Lambert dans ces conclusions, mais malheureusement, elles viennent confirmer les conclusions qui étaient les nôtres, la gravité neurologique de notre patient», a déclaré le médecin sur RTL.
Dans un pré-rapport, les experts désignés par le Conseil d’Etat, qui doit statuer «avant l’été» sur la fin de vie de Vincent Lambert, ont estimé que son état de conscience s’était «dégradé» et que ses lésions cérébrales semblaient «irréversibles».
Les auteurs de ce rapport qualifient par ailleurs de «mauvais» le pronostic clinique de Vincent Lambert, 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d’hôpital, en état végétatif chronique depuis cinq ans.
«Je salue et je rends hommage aux experts qui, dans un délai extrêmement court, ont pu rendre des conclusions d’une pertinence et d’une rigueur scientifique implacables», a par ailleurs déclaré le docteur Kariger, qui n’a pas souhaité faire davantage de commentaires, afin que les experts, les avocats et les juges «puissent faire leur travail le plus sereinement possible».
Les avocats des membres de la famille, qui se déchirent sur le maintien ou non en vie de Vincent Lambert, ont jusqu’au 16 mai pour émettre des avis sur ce pré-rapport avant que les experts ne rendent leur rapport définitif aux sages du Conseil d’Etat.
La plus haute juridiction administrative devra alors rendre sa décision après un débat contradictoire prévu probablement courant juin.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   18.05.14 10:18

Le Quotidien du Médecin
 
Vincent Lambert : les 4 rapports ont été remis au Conseil d’État
 
16/05/2014

Crédit photo : S. TOUBON
 
Après l’expertise médicale rendue par les Prs Marie-Germaine Bousse, Lionel Naccache et Jacques Luauté, le Conseil d’État a désormais en main les quatre avis qu’il avait sollicités pour statuer sur le sort de Vincent Lambert, en état pauci-relationnel à la suite d’un accident de la route, en 2008. L’Assemblée du contentieux avait saisi le 14 février dernier l’Académie nationale de médecine (ANM), le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) pour avoir leurs observations écrites, de caractère général, sur les notions d’obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie, notamment pour des personnes en état pauci-relationnel. L’enjeu n’était pas tant de s’exprimer sur le cas précis de Vincent Lambert, que d’éclairer le Conseil d’État à rendre sa décision, d’ici l’été.
 
CNOM : qu’est-ce que déraisonnable ?
 
Le CNOM insiste d’abord sur la singularité de chaque cas, qui requiert une réponse spécifique de la part du médecin, seul responsable. La question qui se pose à lui est « à partir de quand cette obstination de bien faire, soutenue par le principe éthique de bienfaisance, pourrait-elle devenir déraisonnable ? »
 
La question est délicate, surtout lorsque le patient ne peut dire la souffrance. Le CNOM, comme les deux autres instances, insiste également sur la porosité entre les états végétatifs chroniques et les états pauci-relationnels, porosité à l’origine d’errances diagnostiques.
 
Il propose plusieurs critères qui, réunis, définissent l’obstination déraisonnable : en cas d’une situation de maintien artificielle de la seule vie somatique, lorsque cet état a été confirmé au fil du temps, dans la plus grande transparence, selon les données actuelles de la science, alors qu’aucun signe clinique ou d’investigation ne permet de nourrir l’espoir d’une évolution favorable. Le CNOM rappelle en outre qu’une fois prise la décision d’« interruption des moyens artificiels maintenant la seule vie somatique », une sédation profonde doit être mise en œuvre pour accompagner la personne.
 
Leonetti : à la recherche de la volonté du patient
 
Dans sa contribution, Jean Leonetti rappelle que 70 000 traitements de survie ont été arrêtés depuis la promulgation de la loi qui porte son nom du 22 avril 2005 et reconnaît qu’elle s’applique sur des malades en fin de vie ou non.
 
Après avoir proposé une définition de « l’obstination déraisonnable » (inutilité du traitement par rapport à un son effet escompté – donc en ce sens la nutrition et l’hydratation artificielles peuvent devenir disproportionnées), Jean Leonetti insiste sur les deux éléments qui doivent présider à la décision de limitation ou d’arrêt des traitements, revenant au seul médecin. D’abord, la volonté exprimée du patient doit être recherchée. Le cas échéant, la personne de confiance et les directives anticipées expriment l’avis antérieurement exprimé du patient. En leur absence, le témoignage de la famille et des proches doit permettre d’évoquer des « directives anticipées orales ».
 
En outre, la situation médicale doit être évaluée grâce aux techniques les plus performantes.
 
Si le maintien de la vie reste l’objectif fondamental de la médecin, « tout ce qui est techniquement possible n’est pas humainement souhaitable » écrit Jean Leonetti.
 
Académie de médecine : le droit de la personne ne doit pas être soumis à la capacité relationnelle
 
Les observations de l’Académie nationale de médecine tranchent par leur ton réfractaire à tout arrêt des soins. Elle se refuse à faire la distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal (pauci-relationnel), estimant que cela conduirait à considérer que parmi les personnes ayant survécu à un accident, « celles n’ayant pas retrouvé une capacité relationnelle, si minime soit-elle, ne sont pas en vie, ni même en survie, mais maintenues artificiellement en vie ». « Il ne saurait y avoir là pour les médecins quelque justification que ce soit à prendre l’initiative de transgresser l’interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui », poursuit-elle, réaffirmant d’une part que l’arrêt de la vie en réponse à une demande volontaire à mourir n’est pas un acte médical et, d’autre part, que le droit de la personne à recevoir des soins (y compris hydratation et nutrition) n’est pas subordonné à sa capacité relationnelle.
 
Elle insiste sur le rôle du médecin, qui doit procéder à une consultation collégiale « authentique » avant de se prononcer sur l’existence d’une obstination déraisonnable. Et, constatant que les conflits familiaux sont rares mais éclatent souvent en cas d’inadaptation de la structure accueillant le malade, l’Académie formule le souhait d’un maillage réel du territoire en établissements de soins prolongés.
 
CCNE : Pour une délibération et une décision collective
 
Dans son avis très fouillé, le CCNE remet en cause la responsabilité qui incombe au seul médecin dans la décision. « Le terme de procédure collégiale peut donner l’impression d’une procédure de délibération collective, mais tel n’est pas le cas. (...) Le médecin prend sa décision seul après avoir consulté les différents intervenants et avoir recueilli leur avis », lit-on.
 
Mais l’incertitude domine à plusieurs niveaux : la personne est-elle « hors d’état d’exprimer sa volonté » ? Est-elle dans une phase avancée d’une affection grave et incurable ? Souffre-t-elle ? Qu’a-t-elle exprimé antérieurement en terme de volonté ? Est-on dans une situation de handicap ? Que sont des traitements raisonnables, utiles et proportionnés ?
 
Face à ces interrogations, le médecin se trouve juge et partie puisqu’il doit d’une part décider d’un point de vue médical s’il y a ou non obstination déraisonnable et apprécier les avis divers de l’entourage. « La décision, dans une telle situation d’incertitude ne peut relever de la seule expertise médicale et pour cette raison ne devrait pas être prise pas le seul médecin », tranche le CCNE.
 
Le Comité, reprenant les arguments de son avis n° 121, recommande une modification de la procédure collégiale pour qu’elle prenne la forme d’une délibération collective, où seraient pris en compte « à part égale, et sans hiérarchie » tous les avis recueillis, avec possibilité d’une médiation indépendante en cas d’échec dans la conciliation.

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/questions-de-societe/vincent-lambert-les-4-rapports-ont-ete-remis-au-conseil-d-etat
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   22.05.14 13:10

Jeudi 22 mai 2014 06:00
Affaire Lambert : une si longue attente

 
photo dans son bureau, eric kariger gère son service. une question l'obsède : que va décider le conseil d'état ? cet homme ne cache pas sa lassitude face à ce qui est devenu, l'affaire vincent lambert. un drame pour la famille, une épreuve pour lui. © daniel fouray

Dans son bureau, Eric Kariger gère son service. Une question l'obsède : que va décider le conseil d'État ? Cet homme ne cache pas sa lassitude face à ce qui est devenu, l'affaire Vincent Lambert. Un drame pour la famille, une épreuve pour lui.

© Daniel Fouray

Faut-il laisser partir Vincent Lambert, tétraplégique dans un état végétatif ? Face à une famille qui se déchire, le conseil d'État doit trancher en juin. Sous pression, Eric Kariger, le médecin qui le suit, attend la décision.

Reportage

Au quatrième étage de l'hôpital Sébastopol à Reims, la chambre qui abrite Vincent Lambert est désormais fermée à clef. Pour assurer le contrôle, filtrer les visites, un petit mot est scotché : « prévenir l'infirmière ».

Derrière la porte, Cet homme de 38 ans, tétraplégique depuis un accident de moto en 2008, est allongé sur un lit, les jambes tendues, les bras repliés. Selon les experts, qui, à la demande du conseil d'État, sont venus l'examiner, « il est dans un état végétatif. Aucun signe en faveur d'un état de conscience minimale n'a été détecté ».Depuis 2011, son état s'est dégradé, de nombreux éléments confirment « le caractère irréversible de ses lésions cérébrales ».

La grande difficulté à gérer la fin de vie

Vincent, marié à Rachel, venait d'être papa d'une petite fille au moment de l'accident. Leur drame familial est devenu une affaire nationale, le symbole de la grande difficulté de notre société à gérer la fin de vie. La question est là, lancinante : faut-il stopper les soins et le laisser partir où le maintenir en vie ? Les experts ont pris le soin de préciser que « le degré d'atteinte de la conscience » ne constitue pas le seul élément pour « un éventuel arrêt de traitement ». Une première décision d'arrêt des soins a été cassée par le tribunal administratif. Saisis, les juges du conseil d'État devront trancher en juin.

Ces prochains jours, ils vont recevoir le rapport définitif des experts, complété par les remarques des parties au procès : l'hôpital de Reims, Rachel Lambert, François Lambert, un neveu, et les parents de Vincent, Viviane et Pierre. Chacun semble camper sur ses positions. Seuls les parents, proches des milieux intégristes catholiques, s'opposent farouchement à l'arrêt des soins. Là où les médecins parlent d'état végétatif, la mère analyse les moindres signes. Elle le disait en février devant les juges du conseil d'État : « À Noël, la famille était réunie autour de lui, on lui a demandé s'il était content : il a fermé intensément les yeux. »

Derrière son bureau, le docteur Eric Kariger a du mal à dissimuler sa lassitude, son agacement. « C'est dur pour tout le monde. Nous sommes dans une situation de crise qui ne peut plus durer. Quelle que soit la décision, je la respecterai, mais il faut que cela cesse. »

Catholique pratiquant

À l'aube de la cinquantaine, cet homme, catholique pratiquant, militant du parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, opposé à l'euthanasie, a reçu des menaces de mort. Les milieux intégristes veulent le faire passer pour un « agent de mort ».Son tort ? Vouloir, en accord avec Rachel Lambert et l'équipe médicale de l'hôpital, respecter la loi Leonetti qui régit la fin de vie et s'oppose à l'acharnement thérapeutique. « Vincent était infirmier, avant son accident, il disait qu'il ne voulait pas de handicap, de vie diminuée »,a toujours fait savoir Rachel. Elle aussi a du subir « des propos ignobles ».

Le très énergique Eric Kariger, papa de quatre filles et d'un garçon, chef d'un pôle santé et autonomie qui compte trois services, « se sent dans une impasse » et avoue « frôler ses limites ». Si la décision penche pour l'arrêt des soins, il prendra « ses responsabilités ». L'hydratation et l'alimentation seront stoppées complètement. « On l'accompagnera d'une sédation terminale profonde. On l'endort et on le laisse partir dans son sommeil. » Il faudra quelques jours à Vincent pour s'éteindre.

Et si le maintien en vie est décidé ? Alors il faudra sans doute que Vincent Lambert ou Eric Kariger quitte l'hôpital. Lui qui y travaille depuis vingt-trois ans en est le premier meurtri, mais la situation relationnelle avec les parents est devenue trop tendue. Dans leur rapport au conseil d'État, les experts font savoir qu'au fil des mois, « les tensions et les oppositions familiales se sont exacerbées ».Elles sont désormais intenables.
Philippe LEMOINE.   Ouest-France

http://www.antibes.maville.com/actu/actudet_-affaire-lambert-une-si-longue-attente_fil-2554028_actu.Htm
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.05.14 9:56


Vincent Lambert : le rapport définitif des experts remis au Conseil d'Etat

Le document confirme le caractère "irréversible" des lésions cérébrales de Vincent Lambert, victime d'un accident de la route en 2008.
Par Francetv info avec AFP
Mis à jour le 27/05/2014 | 22:06 , publié le 27/05/2014 | 22:06

Les magistrats qui devront décider du sort de Vincent Lambert sont en possession du rapport qu'ils avaient commandé aux médecins. Ce rapport définitif a été remis lundi au Conseil d'Etat, a indiqué mardi 27 mai une source proche du dossier.

Le rapport confirme les conclusions contenues dans le pré-rapport, notamment une "dégradation" de l'état de conscience, de cet homme de 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d'hôpital en état végétatif chronique depuis cinq ans. Le document confirme également le caractère "irréversible" des lésions cérébrales de Vincent Lambert, victime d'un accident de la route en 2008.

La volonté de Vincent Lambert impossible à déterminer

Les experts confirment par ailleurs que l'interprétation des réactions comportementales de Vincent Lambert comme "l'expression d'une intention ou d'un souhait à l'égard de l'arrêt ou de la prolongation du traitement ne parait pas possible".

Cependant, les médecins estiment que "dans une telle situation et en l'absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré de l'atteinte de la conscience" de Vincent Lambert "ne saurait constituer le seul élément déterminant dans la réflexion du Conseil d'Etat concernant son maintien ou non en vie".

Une famille déchirée

L'entourage de Vincent Lambert, divisé, s'affronte dans un véritable bras de fer autour de sa fin de vie. Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims avait décidé d'arrêter d'alimenter et d'hydrater artificiellement le patient.

Ses parents, catholiques traditionalistes, sont opposés à son euthanasie passive, persuadés qu'il est "présent". Son épouse Rachel et son neveu François se disent déterminés à respecter ses dernières volontés. Ils avaient saisi le Conseil d'Etat pour qu'il annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 janvier ayant décidé le maintien en vie, à la demande des parents.

Les parties ont jusqu'au 10 juin pour répondre à ces conclusions, avant que la plus haute juridiction administrative ne rende sa décision après un débat contradictoire.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   20.06.14 12:50


Fin de vie de Vincent Lambert: le Conseil d'Etat se prononcera mardi

Par AFP, publié le 20/06/2014 à 11:56, mis à jour à 12:18 l'Express


Paris - Le Conseil d'Etat se prononcera mardi prochain sur la poursuite du traitement qui maintient en vie de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis six ans, dont la famille se déchire sur le cas.



Fin de vie de Vincent Lambert: le Conseil d'Etat se prononcera mardi
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé jeudi contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale que ses médecins avaient décidé de ne plus alimenter et hydrater pour le laisser mourir, en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

afp.com/Philippe Huguen



Le rapporteur public du Conseil d'Etat Rémi Keller s'est prononcé vendredi contre la poursuite de ce traitement. Il a recommandé l'annulation de la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui s'était déclaré pour le maintien en vie de Vincent Lambert, après que le CHU de Reims, où il est hospitalisé, avait décidé d'arrêter de l'alimenter et de l'hydrater artificiellement.

"Nous ne proposerons pas de confirmer le jugement du tribunal", a déclaré M. Keller.

Il a notamment rappelé que, d'après une expertise médicale de trois médecins, réclamée par le Conseil d'Etat en février, Vincent Lambert était "en état végétatif totalement inconscient". "L'alimentation et l'hydratation prodiguées à Vincent Lambert n'ont d'autres effets que de le maintenir artificiellement emmuré dans son état", a-t-il affirmé.

De plus, a-t-il dit, Vincent Lambert avait, selon son épouse et un de ses frères, "exprimé à plusieurs reprises son souhait de ne pas être maintenu dans un état de dépendance, si cela devait lui arriver un jour". "La voix de Vincent Lambert, nous apparaît, ainsi, certes tenue et fragile, mais constitue un élément du dossier que vous ne pouvez pas ignorer".

Certes, a-t-il, noté, les membres de la famille du patient sont en désaccord. Si les parents catholiques traditionalistes, ainsi qu'un frère et une soeur de cet homme de 39 ans, cloué sur son lit d'hôpital depuis un accident de la route en 2006, souhaitent qu'il soit maintenu en vie, son épouse Rachel, son neveu François, six autres frères et soeurs et le corps médical défendent l'arrêt des soins.

"Si vous deviez interdire un arrêt de traitement au seul titre que des membres de la famille s'y opposent, vous leur donneriez un droit de véto que le législateur n'a pas voulu leur apporter", a-t-il estimé.

Il appartient désormais au Conseil d'Etat, réuni pour l'occasion dans sa plus haute formation de jugement, l'assemblée du contentieux (composée de 17 juges), de se prononcer. Il a mis sa décision en délibéré et la rendra publique le 24 juin dans l'après-midi.



- "Décision irrémédiable"-



Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, avait décidé d'arrêter de l'alimenter et de l'hydrater artificiellement. Sur les sept médecins consultés, seul celui proposé par les parents avait plaidé un maintien en vie.

Les parents de Vincent Lambert, persuadés que leur fils est "présent", avaient saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait, lui, décidé le maintien en vie du patient.

Son épouse et son neveu s'étaient alors tournés vers le Conseil d'Etat pour qu'il annule ce jugement.

"Si vous suivez les requérants, ce sera la première fois de votre histoire, que vous, juges des libertés, prononcerez une décision irrémédiable", a déclaré Me Claire Le Bret-Desaché, avocate des parents.

"Imaginez un instant que cet homme soit votre fils, ce fils qui n'est pas atteint d'une maladie grave (...) qui n'est pas en fin de vie, ce fils qui ne souffre pas, mais ce fils lourdement handicapé, en état de dépendance, dont l'état est stabilisé", a-t-elle affirmé, expliquant que Vincent Lambert "dort, se réveille, ouvre les yeux, sourit, pleure, suit du regard".

Elle a ensuite lu une lettre de la mère, reçue deux jours plus tôt : "Pour la première fois, j'ai craqué en tenant Vincent dans mes bras. Vincent avait ses yeux remplis de larmes. Vincent me regardait (...) Ce furent des instants forts, indescriptibles, mais combien douloureux".

La plus haute juridiction administrative française a déjà estimé en février que la loi Leonetti de 2005, qui proscrit l'acharnement thérapeutique, "s'applique à des patients, qui comme M. Vincent Lambert, ne sont pas en fin de vie" et "que l'alimentation et l'hydratation artificielle constituent, au sens de cette loi, un traitement qui peut être interrompu en cas d'obstination".

Le médecin de Vincent Lambert, le docteur Eric Kariger, souhaite que la décision que prendra le Conseil soit "suffisamment explicite pour, dit-il, que cela apporte une réponse claire à tous les patients qui sont ou seront dans la même situation".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   20.06.14 22:09

Affaire Vincent Lambert : "On ira jusqu’au bout" affirme sa mère
Viviane Lambert (à droite sur la photo), mère de Vincent, a affirmé "vouloir aller jusqu’au bout". Photo AFP/Hervé OUDIN
Viviane Lambert (à droite sur la photo), mère de Vincent, a affirmé "vouloir aller jusqu’au bout". Photo AFP/Hervé OUDIN

Alors que le rapporteur public du Conseil d’Etat s’est prononcé ce matin contre le maintien en vie de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis six ans, sa mère, Viviane Lambert, qui habite Mollans-sur-Ouvèze, dans la Drôme, nous a expliqué il y a quelques minutes par téléphone "vouloir aller jusqu’au bout".

Elle poursuit, "c’est juste un avis qui a été rendu, on ne peut pas juste s’y fier. Les 17 juges du Conseil d’Etat vont maintenant rendre leur décision mardi 24 juin, à 16 heures. Ils vont trancher. Mais nous avons bon espoir, nos avocats ont fait d’excellentes plaidoiries. Dans tous les cas, si c’est nécessaire, on ira jusqu’à la Cour européennes des droits de l’Homme car aucun recours ne sera plus possible devant une juridiction française. La CEDH sera la seule capable de casser le jugement."

Viviane Lambert et son mari Pierre, confessent que "l’attente est douloureuse pour nous, mais nous sommes près de Vincent tous les jours, au CHU de Reims. Dès qu’on le pourra, on le sortira de cet hôpital où il est maltraité et ne reçoit pas les soins adaptés à son état. Cette affaire dépasse le cadre de notre simple fils, c’est une question de société. Il y a 1 500 patients comme lui en France. Il ne faut surtout pas ouvrir la porte à ce genre de pratiques."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.06.14 12:49


Lambert : un avis de fin de vie qui jette le trouble
Home ACTUALITE Société
Par Delphine de Mallevoüe
Mis à jour le 20/06/2014 à 20:19
Publié le 20/06/2014 à 19:42


Vincent Lambert, en état de conscience minimale (ici au CHU de Reims, en 2012).


Le tétraplégique Vincent Lambert pourrait mourir bientôt si le Conseil d'État suit, mardi, la position de son rapporteur.


La mort. C'est ce qu'a préconisé le rapporteur public du Conseil d'État pour Vincent Lambert, en reconnaissant vendredi la légalité de l'arrêt des soins entamé par l'hôpital de Reims. Un cas historique en France. Cet handicapé de 38 ans, objet d'une bataille juridique qui divise sa famille depuis plus d'un an, pourrait bientôt ne plus se voir prodiguer d'alimentation médicalisée, si les 17 juges du Conseil d'État suivent la position du rapporteur. Leur décision sera rendue mardi prochain à 16 h.

Dans ce cas, le décès interviendrait «trois à cinq jours» après, estime un expert. «Affreux…», répétait choquée Viviane Lambert, la mère de Vincent, au sortir de l'audience au Conseil d'État. Les parents du patient ainsi qu'un frère et une sœur sont opposés depuis toujours à l'arrêt de l'alimentation, contre l'avis de l'épouse de Vincent Lambert, Rachel, et six autres frères et sœurs. Ces derniers, par la voix de Me Odent, avocat de Rachel Lambert, se sont au contraire félicités des «propos lumineux» de Rémi Keller, le rapporteur public.

La salle, silencieuse d'un bout à l'autre de l'audience, s'est seulement animée d'un bruissement quand Rémi Keller est entré dans un aspect comptable de la procédure. Il a incité les juges à mettre les frais d'expertise médicale à la charge de l'hopital de Reims, «qu'il soit ou non la partie perdante». Mais, a-t-il dit à l'adresse des bancs des appelants, avec une connivence qui a fait rire le Dr Kariger et François Lambert, tous deux, le médecin et le neveu, favorables à l'arrêt des soins, «rien n'interdirait à l'hôpital de demander ensuite à l'État de l'aider à supporter cette charge…». Difficile, après, pour le père et la mère de Vincent Lambert, d'apprécier l'attention que le rapporteur leur a spécialement adressée: «Certains des mots qu'ils ont entendus ont dû leur être douloureux, qu'ils sachent qu'ils ont été difficiles à prononcer.»

«Obstination déraisonnable»

Sur le plan du droit, le rapporteur public a estimé que la poursuite de l'alimentation de Vincent Lambert n'avait pas «d'autre effet que de le maintenir artificiellement en vie», que compte tenu de sa «dégradation», de son absence de «communication fonctionnelle» et de «l'irréversibilité de ses lésions», il y avait donc «obstination déraisonnable». Le magistrat s'est fondé sur le rapport de la nouvelle expertise médicale réalisée par les trois experts en neurosciences, désignés en février par le Conseil d'État. Avant d'entreprendre une déculpabilisation: «En interrompant un traitement, le médecin ne tue pas, a affirmé Rémi Keller, il se résout à se retirer lorsqu'il n'y a plus rien à faire (…) Il n'est pas «la main qui soigne et la main qui tue (…) il «peut ainsi rester fidèle» au «serment d'Hippocrate».

L'avis du rapporteur n'est évidemment pas sans soulever la question de la jurisprudence. Malgré les mille précautions prises durant l'audience pour dire qu'il s'agissait d'un cas unique qui ne pouvait s'appliquer à d'autres situations, personne ne peut imaginer qu'une décision prise par la plus haute juridiction administrative française réunie en assemblée plénière ne donne pas le la.


«Est-ce le rôle d'un médecin, d'un juge, d'apprécier l'utilité d'une vie ?»
Me Molinié
L'avocat représentant l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens s'en est particulièrement inquiété. «Quoique vous relativisiez la portée de votre décision, elle fixera une matrice et s'appliquera à tous les autres cas similaires», a alerté Me Molinié. Il s'est aussi ému du message que l'on envoyait aux familles et aidants qui, au sacrifice de leur vie professionnelle et de leur temps, s'occupaient quotidiennement de leur parent handicapé. «Vous leur dites que leurs gestes sont vains?, a-t-il lancé. Parce que la vie dégradée de ces accidentés est inutile? Coûteuse? Est-ce le rôle d'un médecin, d'un juge, d'apprécier l'utilité d'une vie? L'humanité d'une société, c'est de faire attention aux plus fragiles.»

Alors que Me Le Bret-Desaché, avocat des parents Lambert, a apostrophé les juges avec un retentissant «Vous, garants des libertés publiques, vous, qui avez historiquement défendu le droit à la vie, vous porterez cette décision irrémédiable», Rémi Keller a voulu réduire la pression mise sur les épaules des 17 magistrats qui décideront mardi. La «crainte» que leur décision «puisse influencer» les décisions médicales «ne doit pas être exagérée», a-t-il dit. «Chaque année, 25.000 décès au moins sont dus en France à une limitation ou un arrêt de soins, a poursuivi le conseiller d'État. Chacune de ces décisions est unique, car chaque patient est unique». Le médecin de Vincent Lambert, lui, Éric Kariger, a souhaité au contraire que la décision soit «suffisamment explicite pour que cela apporte une réponse claire à tous les patients qui sont ou seront dans la même situation».

En dépit des interrogations éthiques et philosophiques auxquelles renvoit l'affaire, Rémi Keller a invité les juges à ne pas endosser la responsabilité du législateur et du médecin, à qui elle revient, mais, «modestement», à «dire si la décision du Dr Kariger obéit aux conditions fixées par la loi». «Vous n'êtes pas les garants de la décision médicale» ni «les gardiens de la vie à tout prix» mais «les gardiens de la loi», a-t-il dit.

La décision, mardi, clôturera définitivement la procédure. Aucun recours ne sera plus possible devant une juridiction française. Mais la défense de ceux qui, dans la famille, s'opposent à la mort de Vincent Lambert, a d'ores et déjà indiqué qu'elle s'apprêtait à saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). «D'une part nous demanderons des mesures provisoires, d'autre part nous déposerons une requête au fond», a annoncé Me Jérôme Triomphe qui «reste confiant». Ces mesures, si elles sont acceptées par la CEDH, sont suspensives. La décision française, si elle suivait l'avis du rapporteur, pourrait être «gelée» jusqu'à l'examen au fond et la décision de la CEDH.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.06.14 13:02

On pourrait se poser la question à propos du jugement du Conseil d'Etat
et
le silence de Hollande,Valls,Touraine et cie sur la question de la fin de vie

??? ??? ???

Est-ce une façon diplomate d'agir ?

Fallait-il passer devant un Tribunal alors que le Gouvernement n'arrête pas de reporter les dates,
alors que le Gouvernement est incapable de prononcer les mots euthanasie, suicide assisté etc ?

Peut-être que je fais une erreur de jugement, peut-être pas ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.06.14 13:10

Tout le monde est responsable et coupable, à commencer par tous ceux qui se sont opposés au vote d'une loi en janvier 2011.
Jean Léonetti, LE responsable et LE coupable ?
Je me pose la question tout bêtement
Mr Jean Léonetti aurait pu réformer sa loi au lieu de faire des révisions bidon
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.06.14 13:39

CITATION=
" a alerté Me Molinié. Il s'est aussi ému du message que l'on envoyait aux familles et aidants qui, au sacrifice de leur vie professionnelle et de leur temps, s'occupaient quotidiennement de leur parent handicapé. «Vous leur dites que leurs gestes sont vains?, a-t-il lancé."

COMMENTAIRE=

Survie des aidants, fin de vie des aidés ... ...
Quelle priorité ??? ??? ???

Merci pour vos "sacrifices" ?????????
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   23.06.14 13:16

Slate.fr

l’affaire Vincent Lambert va-t-elle devenir une affaire «Europe contre France»?
Jean-Yves Nau
France
Science & santé
23.06.2014 - 10 h 56
mis à jour le 23.06.2014 à 10 h 56


Le Conseil d’Etat dira le 24 juin s’il ordonne l’arrêt de l’alimentation de cet homme en état végétatif chronique. Si oui, sa décision pourrait être suspendue par la Cour européenne des droits de l’homme.
On est loin d’en avoir fini avec l’affaire Vincent Lambert. Vendredi 20 juin, Remi Keller, rapporteur public, a présenté ses dernières conclusions dans cette affaire sans précédent en France. Devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux en audience publique, il a demandé le rejet des demandes formulées notamment par les parents de cet homme de 38 ans, infirmier psychiatrique victime en 2008 d'un accident de la circulation qui l’a rendu tétraplégique et entièrement dépendant.
Demandée par le Conseil d’Etat une expertise médicale approfondie menée par trois experts a conclu que son état neurologique s’était aggravé et qu’il est désormais dans une situation, sans doute irréversible, d’ «état végétatif chronique».
Le long conflit opposant l’équipe hospitalière (qui souhaite arrêter les soins) et les parents (qui s’y refusent) a conduit le différend devant le Conseil d’Etat. Les parents font notamment valoir que leur fils n’est pas en situation de «fin de vie». La plus haute juridiction administrative rendra son jugement définitif le mardi 24 juin. 
Si elle suit les conclusions du rapporteur public, l’équipe médicale procèdera à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du Vincent Lambert, décision fondée sur la base d’un précédent jugement rendu par le Conseil d’Etat. Une procédure de sédation sera associée à cet arrêt qui devrait conduire à la mort du patient dans un délai difficile à préciser.
En avril 2013, l'équipe du service où est hospitalisé Vincent Lambert avait fait procéder à un arrêt de nutrition et d’alimentation, sur la base d’un avis collégial mais sans en informer les parents. Vincent Lambert avait alors survécu 31 jours avant que la justice administrative impose au CHU de Reims ne renoncer à ce protocole de fin de vie.



Mais les parents de Vincent Lambert ont annoncé dès la sortie de l'audience leur intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisine effectuée le jour même. C’est là un cas de figure sans précédent.
Citation :
«La décision du Conseil d'Etat elle-même ne peut pas être suspendue par la CEDH. Mais si cette décision devait correspondre aux conclusions du rapporteur public, la CEDH pourrait enjoindre à l'Etat français, à titre de mesure d'urgence (article 39 du règlement intérieur de la Cour de Strasbourg), d'empêcher la décision du Dr Kariger, et la France serait obligée de s'exécuter (autrement dit d'interdire à l'hôpital d'arrêter le traitement)», a-t-on précisé à Slate.fr auprès de la plus haute juridiction administrative.
«Les articles 31, 32, 39 du règlement dit “Bruxelles 1” de la CEDH permettent à celle-ci d'ordonner des mesures provisoires dans des cas très exceptionnels afin de suspendre exécution de la décision nationale querellée», précise Evelyne Sire-Marin, vice-présidente du TGI de Paris, membre de la Ligue des droits de l'homme. C’est là une  mesure très exceptionnelle qui concerne surtout la suspension de l'expulsion des demandeurs d'asile. Il s'agit ici de maintenir une situation de fait ou de droit afin de sauvegarder les droits dont la reconnaissance est demandée au juge du fond.» 
Cette demande d'urgence invoquerait une atteinte au «droit à la vie» prévu par l'article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme [1].
En pratique  dans les deux ou trois jours suivant la demande par les parents, un juge unique de la CEDH se prononcera. S'il retient l'existence d'un risque d'atteinte irréparable au droit à la vie, il adoptera la mesure provisoire. La requête serait ensuite examinée au fond par une formation collégiale  à moyen ou long terme. Une période durant laquelle Vincent Lambert continuerait à vivre au CHU de Reims.
On entrerait alors dans une nouvelle dimension juridique puisque la CEDH serait amenée à examiner les dispositions législatives françaises en matière de fin de vie. Et ce alors que le président de la République et le gouvernement viennent de confirmer leur intention de faire évoluer l’actuelle loi Leonetti de 2005, notamment pour mieux répondre aux attentes de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et aux partisans du suicide médicalement assisté.
1 — Article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme:
1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi.
2. La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a. pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b. pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
c. pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   23.06.14 16:54

La vidéo ci-dessous est-elle de la réinformation ou de la désinformation ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   23.06.14 16:55

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   23.06.14 16:58

Exact,Léonetti a décidé que les Français doivent mourir affamés et assoiffés
On ne tue pas, mais on prend soin de laisser crever
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.06.14 18:29

Affaire Vincent Lambert, les explications du vice-président du Conseil d’État

Après la décision du Conseil d’État, mardi 24 juin 2014, de valider la décision médicale d’arrêt des traitements de Vincent Lambert, patient de 39 ans en état végétatif, Jean-Marc Sauvé, vice-président de la haute juridiction administrative s'est adressé à la presse. Voici le texte intégral de sa déclaration.

24/6/14 - 16 H 20


Le vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé.


FRANCOIS GUILLOT/AFP

Le vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé.


"Mesdames, Messieurs,

1. Le Conseil d’État devait dire si la décision médicale de mettre fin à l’alimentation et l’hydratation artificielles de M. Vincent Lambert est légale ou non.

2. Compte tenu de la difficulté des questions scientifiques, éthiques et humaines, qui se posaient pour la première fois devant le juge, le Conseil d’État a ordonné le 14 février dernier que l’arrêt des traitements concernant M. Vincent Lambert ne soit pas appliqué dans l’attente des résultats d’une expertise confiée à trois médecins spécialisés en neurosciences. Le Conseil d’État a également voulu recueillir les observations de l’Académie nationale de médecine, du Comité consultatif national d’éthique, du Conseil national de l’Ordre des médecins ainsi que de M. Jean Leonetti sur l’interprétation des notions d’ « obstination déraisonnable » et de « maintien artificiel de la vie ».

3. La décision, rendue aujourd’hui par le Conseil d’État, a été éclairée par toutes ces analyses. Elle s’inscrit dans le cadre tracé par la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti. Cette loi confie au médecin la responsabilité de décider, sans y être jamais tenu, de l’arrêt de traitement, lorsque celui-ci apparaît inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, que le patient soit en fin de vie ou non. La décision du Conseil d’État souligne aussi que la loi Leonetti est compatible avec la convention européenne des droits de l’Homme dont l’article 2 protège le droit à la vie.

4. Le Conseil d’État a explicité les conditions qu’impose la loi pour arrêter un traitement. Le médecin doit prendre en considération un ensemble de critères médicaux et non médicaux en fonction de la situation particulière de chaque patient. Il doit mettre en œuvre une procédure collégiale et associer au moins un autre médecin et l’équipe soignante ainsi que la famille ou les proches du patient. Le Conseil d’État a aussi souligné avec la plus grande netteté que l’état médical le plus grave, y compris la perte irréversible de toute conscience, ne peut jamais suffire à justifier un arrêt de traitement. Il a également affirmé qu’une « attention toute particulière » doit être accordée à la volonté du patient. Si celle-ci est inconnue, en aucun cas le patient ne peut être présumé refuser la poursuite d’un traitement.

5. Dans le cas particulier de M. Vincent Lambert, la procédure collégiale préalable à la décision d’arrêt des traitements a été régulière. Sur le plan médical, les conclusions claires et unanimes du collège d’experts montrent que le patient est atteint de lésions cérébrales très sévères et irréversibles. Il se trouve désormais dans un état végétatif avec un mauvais pronostic clinique. Enfin, il résulte de l’instruction que M. Vincent Lambert avait avant son accident, clairement et à plusieurs reprises, exprimé le souhait de ne pas être artificiellement maintenu en vie, au cas où il se trouverait dans un état de grande dépendance. L’ensemble des informations recueillies sur l’histoire et les opinions personnelles de M. Vincent Lambert ont par conséquent conduit le Conseil d’État à estimer que l’arrêt des traitements dans une telle situation correspondait à sa volonté.

6. Au vu de tous ces éléments médicaux et non-médicaux, le Conseil d’État a jugé que le médecin en charge de M. Vincent Lambert avait respecté les conditions imposées par la loi pour l’arrêt des traitements. Après avoir recueilli l’avis de six autres médecins et de la famille, il a pu, sans commettre d’illégalité, et aussi douloureuse que soit cette décision, estimer que la poursuite des traitements traduisait une obstination déraisonnable.

7. Conformément à sa mission, le Conseil d’État a veillé à l’application régulière de la loi par le corps médical, dans les circonstances très particulières de cette affaire, auxquelles notre institution n’a pas cessé d’être attentive."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   25.06.14 0:04

Toute cette histoire est positive et négative en même temps.
Parce qu'elle remet entièrement en question la loi Léonetti,c'est une brèche vers autre chose plus juste et plus vrai
Parce que c'est du gâchis,du temps perdu pour tout le monde
Vincent Lambert est une personne handicapée suite à son accident et suite aux soins médicaux...
Patient récupéré dans tous les sens,et depuis un bout de temps déjà
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   25.06.14 17:38

Le cas Vincent Lambert vu de Belgique

La presse belge se penche sur la controverse autour du maintien en vie du trentenaire français tétraplégique, dont le cas aurait été traité sensiblement différemment dans le royaume.
Courrier international
25 juin 2014


L’affaire Vincent Lambert est attentivement suivie en Belgique, pays où l’euthanasie est autorisée depuis 2002. Le Soir explique que “même belge”, Vincent Lambert “ne serait pas tombé sous le coup de la loi sur l’euthanasie. Rares sont les jeunes trentenaires qui, fauchés subitement dans un accident de la route, avaient prévu une déclaration anticipée.”

La loi belge autorise effectivement la fin de vie dans le cas d'une demande ‘volontaire, réfléchie et répétée’, examinée par trois médecins. Dans le cas qui préoccupe la justice française aujourd'hui, serait appliqué “le principe de la représentativité en cascade. Le partenaire cohabitant est donc la première personne consultée. Viennent ensuite, dans l’ordre, les descendants (majeurs), les ascendants puis les frères et sœurs.”

Le Soir note que cette affaire “ranime le débat sur l’euthanasie en France, toujours interdite dans l’Hexagone … mais dont la légalisation semble loin, très loin à l’horizon.” Le quotidien de Bruxelles estime qu'elle “met surtout en lumière les lacunes de la loi Léonetti de 2005”, et ne s’étonne pas que “le flou qui entoure ces dispositions légales” engendre de telles situations.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.06.14 15:37

Agora Vox   l'élimination des plus faibles

L’élimination des plus faibles ?
« Tout est noir. Je suis dans le noir. (…) J’ai beau regarder de toutes mes forces, je ne vois rien. Rien que ce noir profond. Ai-je les yeux ouverts ou fermés ? Je l’ignore. Que s’est-il passé ? Je l’ignore également. Je sais seulement que je ne suis pas seule : j’entends quelqu’un à côté de moi. (…) En fait, c’est comme si l’hôpital m’était tombé sur la dessus… C’est cela : comme s’il y avait eu un tremblement de terre, et que j’étais ensevelie sous des tonnes de décombres. » (Angèle Lieby, "Une larme m’a sauvée")

yartiVLE01

Dans mon précédent article, j’ai utilisé une comparaison et des images peut-être un peu fortes, et je prie de m’excuser ceux que cela a pu choquer. Il est néanmoins un moyen d’alerter sur une réalité grave qui se joue en ce moment.

Se basant sur "la dégradation de l’état de conscience" et sur "l’irréversibilité de ses lésions", Rémi Keller, le rapporteur public du Conseil d’État, a en effet choisi de requérir le 20 juin 2014 contre le maintien en vie de Vincent Lambert. On pourra toujours donner toutes les terminologies à cette préconisation, comme l’a remarqué "Slate" le jour même, "se prononce contre le maintien en vie" ou "requiert la mort", le résultat est exactement le même, les mêmes conséquences : si les dix-sept magistrats du Conseil d’État, qui doit donner sa décision ce mardi 24 juin 2014 à 16 heures, suivaient cette préconisation, il adviendrait la mort effective de Vincent Lambert.

yartiVLE06

Ce serait alors une première pour une juridiction de prononcer un jugement qui aurait une incidence directe sur la vie d’un être humain depuis l’abolition de la peine de mort. C’est un fait. Le Conseil d’État, qui composé pour beaucoup de ses membres d’énarques dont certains n’ont pas de formation juridique, et également, pour un quart de ses membres, de personnes nommées au tour extérieur par le Président de la République, est chargé de conseiller le gouvernement et de juger en dernier ressort de litiges administratifs, pas de décider de la vie ou de la mort d’un homme. Ce n’est pas son rôle. L’ENA n’apprend rien à ce sujet. Je doute qu’il y ait des conférence sur l’éthique (je peux me tromper).

Cela dit, le fait que ce "conflit" arrive au sein de l’une des plus hautes juridictions dy pays montre bien, également, qu’il n’y a pas de réponse évidente, toute faite, et que la décision est loin d’être acquise pour l’une ou l’autre des solutions à adopter.

Je me sens particulièrement concerné par cette tragique actualité, d’abord comme citoyen, parce que chaque citoyen doit se sentir impliqué dans ce qui va suivre, chacun peut se retrouver dans cette difficile situation, soi ou un de ses proches, et aussi pour des raisons personnelles qui n’ont pas à être exposées ici.

Dans mon précédent article, je présentais justement les craintes de nombreux proches de personnes victimes de traumatisme crânien qui vivent des situations similaires à celle de Vincent Lambert.


Vincent Lambert vit !

La décision du Conseil d’État, qu’on le veuille ou pas, fera jurisprudence et en cela, elle relève d’une extrême responsabilité (la grande richesse des contributions et les précautions prises montrent que les magistrats du Conseil d’État en ont pris heureusement toute la mesure). Il y a entre 1 500 et 2 000 personnes dans le même "cas" que Vincent Lambert… Au fait, quel est ce "cas" ? Un mot que je n’aime pas, tout comme je n’aime pas le mot "affaire" pour parler de Vincent Lambert qui est, avant d’être un "cas" ou une "affaire", une personne humaine. Il faut déjà remarquer qu’il n’y a pas deux "cas" identiques et chaque personne est unique, dans son handicap, dans sa faiblesse, dans son état.

S’il faut séparer un peu artificiellement les situations, Vincent Lambert n’est pas dans un "état végétatif" (expression en fait à proscrire) mais dans un "état pauci-relationnel", c’est-à-dire qu’il a une conscience minimale. Au contraire des personnes dans le coma, il n’est pas inconscient : il n’a pas de traitement médical lourd, il n’est branché à aucune machine, il est juste incapable de boire et de se nourrir tout seul, au même titre qu’il est incapable de se laver tout seul. Il reconnaît ses proches, il s’est même rendu au mariage de sa sœur. Enfin, lorsqu’on a tenté de le tuer, en le privant de nourriture et d’hydratation pendant trente et un jours en juin 2013, Vincent a pleuré.

yartiVLE08

Le frère de Vincent Lambert, David Philippon, est sorti de sa réserve ce 23 juin 2014 pour demander de sauver son frère : « Je ne peux pas réaliser que les dix-sept juges peuvent statuer sur l'arrêt de l'alimentation sur le seul principe qu'il est handicapé. Vincent n'est pas un légume, c'est un être humain avec toute sa dignité. (...) Vincent sait ce qui se passe autour de lui. Il y a des moments où je ne ressens pas grand-chose et d'autres où il cherche votre présence. » (RTL).

Vincent n’est donc pas une "larve" ou un "légume" comme certains voudraient le faire croire. Il est un être humain doté de sens, d’émotion, avec de très lourds handicaps, avec de très lourdes déficiences, terribles à vivre. C’est une tragédie qu’il vit. Personne, évidemment, ne souhaite être dans la situation de Vincent Lambert, ni dans celle de ses proches, de la sa famille, qui vivent une tragédie sans nom.

Dr. Catherine Kiefer, chef du service des soins et réadaptation pour traumatisés crâniens à l’hôpital de Villeneuve-la-Garenne, a rappelé ceci : « Un patient en état pauci-relationnel est dans un état de conscience minimale. Cela veut dire qu’il a une certaine conscience de lui-même et de son environnement (…). En premier lieu, il fixe et suit les choses du regard. Deuxième point, il a un comportement.émotionnel adapté, comme sourire en voyant un proche. Troisième, il a des mouvements spontanés et volontaires dirigés vers un but. (…) Mais il faut insister sur le caractère unique de chaque patient. Il ne peut en aucun cas y avoir de réponse simple. Pour moi, ce sont de grands handicapés. Pas des légumes, ni des patients en fin de vie ! On peut interagir avec eux. Ils sont bien vivants, les familles les emmènent le week-end. » ("Nouvel Observateur", propos recueillis le 16 janvier 2014).


Obstination déraisonnable ?

La question à laquelle doit répondre le Conseil d’État, c’est de savoir si Vincent Lambert est en fin de vie et s’il y a une obstination déraisonnable à traiter une maladie. Mais Vincent Lambert n’a pas de maladie, il a un (lourd) handicap. Il n’est pas en fin de vie, il a un (lourd) handicap.

Le rapport de l’Académie nationale de médecine, daté du 22 avril 2014 et remis au Conseil d’État le 5 mai 2014 (n°375081) a insisté sur la réflexion suivante : « L’arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mourir alors que la vie elle-même n’est ni irrémédiablement parvenue à son terme ni immédiatement menacée, ne peut être assimilée à un acte médical. ».

L’Académie a mis en garde contre une distinction de traitement entre des personnes qui ont retrouvé, à la suite d’un accident, une capacité relationnelle, aussi petite soit-elle, et celles qui ne l’ont pas retrouvée, car cela signifierait que ces dernières ne serait pas "en vie" mais "maintenue artificiellement en vie", ce qui reviendrait à redéfinir les critères de la mort. Elle a ajouté également : « Il ne saurait y avoir là, pour les médecins, quelque justification que ce soit à prendre l’initiative de transgresser l’interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui. ». En clair, le droit d’une personne à recevoir des soins (alimentation, hygiène, prévention des escarres etc.) ne doit pas être « subordonné à sa capacité relationnelle ».

La contribution du Comité d’étique (CCNE) au Conseil d’État, datant du 5 mai 2014, est très documentée. Le Comité d’éthique a fait remarquer que la nutrition et l’hydratation n’était pas des traitements mais des soins : « La frontière entre traitements et soins est ici particulièrement floue : il s’agit aussi (…) de soins de support et d’accompagnement, de soins courants, tout simplement de soins humains premiers (que l’on songe ici à l’impératif obligation alimentaire qui lie culturellement et juridiquement les membres d’une même famille). ».

Le CCNE, qui a présenté les différents états de la conscience, coma, état "végétatif" chronique (qu’on appelle maintenant "état d’éveil sans réponse" pour éviter l’allusion peu respectueuse au "légume") et état de conscience minimale (la situation de Vincent Lambert), a aussi mis en garde sur ces subdivisions : « Malgré sa sophistication de plus en plus grande, la classification demeure très réductrice par rapport au continuum que constituent les altérations chroniques de la conscience. Une absence de preuve détectable de conscience ne constitue pas une preuve de l’absence de conscience. ».

Une continuité que n’a pas partagée Jean Leonetti, l’auteur de la loi du 22 avril 2005, dans sa propre contribution remise le 29 avril 2014 au Conseil d’État, qui a évoque « une véritable discontinuité entre un handicap physique ou mental si important soit-il, et une altération profonde et définitive de la conscience ».


Le degré de conscience ne doit pas être un critère

Les trois experts médicaux en neuroscience qui ont rendu leur rapport au Conseil d’État en fin février 2014, les professeurs Marie-Germaine Bousser, Lionel Naccache et Jacques Luauté, ont expliqué que Vincent Lambert a manifesté des « réactions aux soins » mais qu’il « n’était pas possible » de savoir si c’était « l’expression d’une intention ou d’un souhait à l’égard de l’arrêt ou de la prolongation » des soins. Il a juste montré une volonté très tenace de vivre lorsqu’on a cherché à arrêter son alimentation et son hydratation l’an dernier.

Les trois experts ont souligné : « Dans une telle situation et en absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré d’atteinte de la conscience ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d’une réflexion concernant un éventuel arrêt de traitement. ». Or, le rapporteur public du Conseil d’État a oublié de prendre en compte cette dernière réflexion en disant que « maintenir un état dégradé et irréversible entrait dans le champ de l’acharnement thérapeutique ».


Aucun consensus dans la famille

L’autre question qui est cruciale, c’est la nécessité d’un consensus au sein des proches. Vincent Lambert n’avait émis aucune "directive anticipée" ni désigné aucune "personne de confiance" (au sens de la loi du 22 avril 2005) pour donner raison plus à son épouse qu’à ses parents et à son frère, ou l’inverse.

Lorsqu’il n’y a pas l’unanimité au sein d’une famille, il paraît indispensable que le maintien en vie soit décidé au bénéfice du doute. S’il n’y a pas consensus, cela veut dire que la décision (du maintien en vie ou pas) ne va pas de soi, pose problème (d’où cette issue judiciaire d’ailleurs). Cela veut dire que la situation est complexe et nuancée.


La médecine n’est pas prédictive

La médecine est bien incapable de prédire l’avenir et d’autres situations "inespérées" ont déjà existé dans le passé.

yartiVLE04

Par exemple, Angèle Lieby qui s’est évanouie sans raison et qui s’est retrouvée dans le coma à Strasbourg. Les médecins ne lui donnaient plus aucun espoir de réveil et son mari avait même déjà choisi le cercueil. C’est grâce à une larme qui a coulé le long de sa joue qu’elle a pu être sauvée de justesse, car on voulait la "débrancher" (Vincent Lambert est dans un "meilleur" état qu’elle ne l’était, puisqu’il vit sans machine). Après un très long réveil, elle a publié le 1er avril 2012 un livre de témoignage avec un journaliste pour raconter son histoire ("Une larme m’a sauvée", Arènes éditions). Que dire aussi de Michael Schumacher ? Que sait la "médecine" à son sujet ? Qui peut avoir la prétention de prédire l’avenir ?

yartiVLE07

Dans plusieurs fictions, le sujet a été traité par quelques cinéastes. Je cite deux films, qui n’ont que peu de choses à voir avec la situation de Vincent Lambert si ce n’est la situation de handicap ou la situation de non-conscience. "La Vie rêvée des anges" avec Élodie Bouchez et Natacha Régnier, réalisé par Érick Zonca, sorti le 16 septembre 1998, où une jeune fille se retrouve dans le coma sans famille et c’est finalement l’une des héroïnes qui va venir la visiter régulièrement, presque comme si c’était inutile… mais pas tout à fait.



yartiVLE05

Il y a aussi "Intouchables" avec François Cluzet et Omar Sy, réalisé par Éric Toledano et Olivier Nakache, sorti le 2 novembre 2011. Évidemment, il n’y a pas de problème de conscience et c’est plus la situation de handicap en général qui est traité mais elle est traitée de manière réaliste, intéressante, en montrant qu’une personne qui a un handicap est d’abord une personne avant d’être "un handicap", et que chacun a le droit à vivre le plus normalement possible.


Accepter la vie, même celle hors norme

Un documentaire qui a été récemment diffusé sur France 3 sur Jacques Chirac et la Corrèze montrait également le souci, plus humain qu’électoral, de Jacques Chirac, dès son implantation en 1967, pour les personnes qui ont un handicap. Il visitait toutes les fermes de sa circonscription, constatait parfois qu’il y avait dans la grande salle commune une personne handicapée, à l’ombre, au fond, elle était certes nourrie et logée mais elle n’avait aucune vie sociale, était cachée de la société. Jacques Chirac allait alors vers elle, la touchait très chaleureusement des mains et a cherché à ce que toutes les personnes puissent avoir une vie sociale la plus ouverte possible.

Accepter tous les êtres humains, qui ont une vie parfois très diminuée, très affaiblie, est un véritable devoir dans une société avancée. La médecine permet aujourd’hui de réduire au maximum la souffrance physique quand elle est détectée. Il ne s’agit pas d’acharnement à maintenir la vie coûte que coûte, la loi Leonetti du 22 avril 2005 est très claire sur les conditions qui permettent de refuser un traitement déraisonnable et inutile, et c’est heureux, mais il s’agit surtout d’accepter les personnes qui, même si elles ne semblent plus en mesure de communiquer, ne sont pas des personnes en fin de vie mais des "victimes de la vie moderne", selon l’expression de l’Académie de médecine.

Président de la Fondation Jérôme-Lejeune qui finance une grande part de la recherche thérapeutique sur la trisomie 21 et magistrat à la Cour des Comptes, Jean-Marie Le Méné s’est inquiété de cette évolution de la société : « Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Qui peut dire le contraire ? Qui prétend savoir ? Quelle minorité veut encore imposer sa loi à une majorité ? Nous sommes en train de bâtir une société totalement inhumaine où la vie est un matériau à gérer et où la vie gênante est un matériau à jeter. Vincent a le droit de vivre et la société a le devoir d’aider sa famille. » ("Direct Matin" du 20 juin 2014).

Directeur de l’Espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Emmanuel Hirsch a insisté, lui aussi, pour que la société n’aille « pas condamner à mort certaines formes de vie » et a sorti le 20 juin 2014 dans "Huffington Post" cette expression terrible, que la vie de Vincent Lambert pourrait « être abrégée sur décision administrative » en ajoutant : « L’existence d’une personne ne saurait se justifier ou se contester à l’aune d’une appréciation complexe de son état de conscience même dite minimale. ».

Ce que disait l’UNAFTC que j’avais cité précédemment : « Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il n’y a pas de dégradation de ses fonctions vitales. Il vit. Une vie différente, à la mesure de son handicap. ». L’avocat de l’UNAFTC, François Molinié, n’a pas hésité à poser certaines questions : « Quel signal allez-vous donner à toutes ces familles, à tous ces soignants, qui s'occupent de patients qui, comme Vincent, ne donnent pas de preuves de conscience ? Que leurs soins, que leur amour, ne servent à rien ? À la douleur d'une vie brisée devrait maintenant s'ajouter pour eux la peur d'une mort programmable ? » (20 juin 2014).

Même réflexion pour Fabrice Madouas, rédacteur en chef chez "Valeurs actuelles" : « Vincent Lambert n’est pas un "cas d’espèce". La décision du Conseil d’État engage le sort de 1 700 patients qui sont dans un état semblable. » (Twitter le 21 juin 2014).


"Matériau à jeter" ?L'expression est révélatrice en elle-même d'un certain genre de mentalité???Ne pourrait-on pas remplacer cette formule par une autre formule="personne en fin de vie à libérer" ???

Profitant de l’actualité sur Vincent Lambert et également du procès de l’urgentiste Nicolas Bonnemaison depuis le 11 juin à la cour d’assise de Pau, la Ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a annoncé le 20 juin 2014 qu’un projet de loi sur l’euthanasie serait présenté en décembre 2014.

Elle a confié le lendemain à Alain Cleys, député-maire

de Poitiers qui fut également le rapporteur de la commission sur l’affaire Cahuzac (qui s’était soldée par une absence de responsabilité du gouvernement mais aussi la désapprobation de cette conclusion par son président Charles de Courson), et à Jean Leonetti une mission à dont le rapport serait à rendre avant le 1er décembre 2014 sur le sujet de la fin de vie avec trois priorités : « assurer le développement de la médecine palliative, mieux organiser le recueil et la prise en compte des directives anticipées, définir les conditions et les circonstances précises dans lesquelles l’apaisement des souffrances peut conduire à agréger la vie dans le respect de l’autonomie de la personne. ». C’est risquer d’ouvrir un nouveau "front" de clivage dans un pays à la cohésion sociale déjà très fragile.

Emmanuel Hirsch (déjà cité), lui, ne serait pas opposé à une clarification législative si la loi du 22 avril 2005 était appliquée à la situation de Vincent Lambert « de telle sorte qu'on évite, une fois pour toutes, de ramener à des procédures d'exception les quelques circonstances extrêmes et complexes de fin de vie dont on estime qu'à elles seules elles justifieraient de repenser nos principes démocratiques ».

Il s’est en effet inquiété d’une inévitable jurisprudence qui s’appliquerait à de très nombreuses autres situations : « Dans l'inventaire qu'on pourrait dresser, dès à présent, des controverses alimentées par un esprit partisan, instrumentalisant la réflexion éthique à des fins idéologiques, apparaît de toute évidence une forme de négligence, de renoncement, pour ne pas dire de violence au regard des vulnérabilités humaines qui défient nos certitudes et interpellent nos responsabilités politiques. Il s'agit là d'un signe de plus qui inquiète dès lors qu'il révèle, lui aussi, une conception délétère des valeurs que porte une certaine idée de la démocratie. Déjà les proches de personnes malades ou handicapées, des professionnels se demandent douloureusement de quelle manière sera compris, après une telle sentence, leur engagement profond auprès de personnes vulnérables. Celles-là mêmes, alors qu'elles vivent déjà une précarité existentielle qui les incite parfois à douter de tout, sont de surcroît menacées, dans leur existence, par des disputations et des jugements parfois sommaires auxquels on ne survit pas. Ces controverses qui semblent dévoyer un principe de précaution appliqué sans autre forme à la gestion administrative d'une décision de fin de vie, défigurent progressivement l'image même de la personne humaine, abolissent ces expressions de la sollicitude et de la solidarité qui constituent le fondement même du respect de l'autre et du vivre ensemble. (…) Au-delà de sa personne et de ses proches auxquels je tiens à exprimer ma sollicitude, d'autres éprouveront, si elle est confirmée dans le sens de l'argumentation présentée par son rapporteur public, la décision du Conseil d'État comme une insulte à l'égard de la relation qu'ils maintiennent, au nom de valeurs respectables, avec une personne y compris entravée dans ses capacités relationnelles. Il sera demain plus délicat encore, de faire valoir la signification d'approches humaines, sensibles au quotidien d'existences malades fragiles, démunies de toute capacité d'exprimer la moindre revendication, ainsi affaiblies dans leur légitimité par une décision qui fera non seulement jurisprudence mais sera transposée à d'autres circonstances pourtant totalement différentes. » (20 juin 2014).

Refuser le maintien en vie des plus faibles, de ceux qui ne peuvent pas se défendre, qui ne peuvent pas crier, c’est construire un monde de plus en plus eugénique, où toute imperfection serait bannie, toute situation hors norme, toute situation différente et inconnue, serait rejetée, n’aurait plus sa place dans un monde qui cherche avant tout la rentabilité et le profit. Que ce soit l’État, protecteur, par l’une de ses instances suprêmes, qui y contribuerait créerait un précédent choquant.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.06.14 15:53

Fondation Jérôme Lejeune
extrême-droite catho intégriste ?
à vérifier
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   30.06.14 9:46


Vincent Lambert : la communauté médicale dénonce "le délai de trop"


RÉACTIONS - La communauté médicale dans sa quasi-totalité déplore le recours des parents de Vincent Lambert et la décision de la Cour européenne de maintenir le patient tétraplégique en vie.

La page de l'émission : RTL Midi


L'auteur de la loi sur la fin de vie de 2005 Jean Leonetti
par Anne Le Henaff publié le 25/06/2014 à 15:53

Les revirements de situation dans l'affaire Lambert furent spectaculaires, mardi 24 juin. En quelques heures, le Conseil d'État a demandé l'arrêt des soins donnés à Vincent Lambert avant que la Cour européenne des droits de l'homme, saisie en urgence par les parents du tétraplégique en état végétatif depuis six ans, n'ordonne son maintien en vie et suspende la décision de la plus haute juridiction administrative française, en attendant de juger le dossier sur le fond.

La communauté médicale vent debout

Les parents et le demi-frère de Vincent Lambert ont immédiatement fait part de leur soulagement à l'annonce de cette décision, qui interdit le déplacement du patient dans un autre établissement ou dans un pays où l'euthanasie est légale. En revanche, la communauté médicale dans sa quasi-totalité déplore le recours des parents de Vincent Lambert et la décision de la Cour européenne.

Le docteur Kariger, médecin de Vincent Lambert à l'origine de son processus de fin de vie, a estimé que ce nouveau recours était "le délai de trop". "C'est un nouvel épisode, un de plus, qui prolonge d'autant la situation dramatique de Vincent à qui nous allons devoir faire encore subir des traitements qui relèvent d'un acharnement thérapeutique et de l'obstination déraisonnable qu'il redoutait tant lui-même", a-t-il regretté.

La tonalité est la même pour Jean Leonetti, l'auteur de la loi sur la fin de vie qui porte son nom. Le député UMP a dénoncé "un acharnement judiciaire". "La loi a légiféré sur l'acharnement déraisonnable. Est-ce que l'on n'est pas arrivé, dans le cas de Vincent Lambert, de manière tout à fait légale dans quelque chose qui est tout à fait déraisonnable ?", s'est-il interrogé.

Une obstination déraisonnable

"On risque de faire vivre à Vincent Lambert une situation d'obstination médicale déraisonnable pendant des mois. Ce qu'il ne souhaitait pas, de toute évidence", a également regretté le docteur Vincent Morel qui, comme beaucoup de ses confrères, espérait une décision définitive du Conseil d'État mardi.

"Il en est autrement à la demande des parents. C'est le droit qui s'applique. J'espère que la CEDH va traiter cette question le plus rapidement possible au moins dans les mois à venir. J'aurais du mal à imaginer, humainement, que la réponse ne survienne que dans un ou deux ans", a confié le président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), au micro de RTL.

La loi Leonetti fragilisée ?

Pour la profession, la crainte est désormais réelle que la loi Leonetti soit fragilisée par cette affaire hors normes à tous les points de vue. Manuel Valls a d'ailleurs chargé Jean Leonetti et le député socialiste Alain Claeys de préparer un nouveau projet de loi sur la fin de vie, à présenter au Parlement avant la fin de l'année.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.07.14 12:04

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.07.14 12:17

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.07.14 14:50

Regard de Mgr Aupetit sur le cas de M. Vincent Lambert


Publié le 26 06 2014


Mgr Michel AupetitRéflexion de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, médecin et membre du Conseil Famille et Société, sur la décision du Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de Vincent Lambert. Décision suspendue par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH).


M. Vincent Lambert est un homme de 38 ans victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un accident. Son état correspond à ce que les médecins appellent l’état pauci-relationnel qu’on appelle aussi état de conscience minimale qui est à distinguer d’un état végétatif permanent. M. Lambert n’est pas en fin de vie. Il s’agit seulement de savoir si on arrête sa vie en supprimant l’alimentation et l’hydratation. La première question qui se pose est de savoir si le fait de nourrir et de faire boire constitue un traitement ou un soin.

Certains affirment que, s’il s’agit d’un traitement, l’alimentation et l’hydratation peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique si elles sont maintenues. En revanche, s’il s’agit d’un soin, le fait de lui donner à boire et à manger n’entre pas dans le cadre une obstination déraisonnable mais d’une attention à autrui qui est le propre de l’humanité.
Certes, M. Lambert ne peut pas boire et manger tout seul étant donné son état de conscience voilà pourquoi le médecin qui le suit avait décidé d’arrêter.

La deuxième question est de savoir si ce que l’on fait en donnant à manger et à boire est vraiment au bénéfice de la personne soignée. Par exemple, il arrive que certains patients puissent faire une fausse route à la suite d’une alimentation invasive. Dans ce cas, cette alimentation lui est plus nuisible qu’utile. Tant que la personne n’est pas en fin de vie et que son alimentation et son hydratation lui sont plus bénéfiques que nuisibles, le fait de l’arrêter devient alors un acte grave puisqu’il entrainera inéluctablement et délibérément sa mort.
Il est impossible actuellement de dire ce qu’un patient peut vivre encore de relations interpersonnelles dans un état de conscience minimale. Celles qui se tissent encore révèlent la profondeur de notre humanité qui est à l’origine de sa dignité.
L’Académie Nationale de Médecine a rappelé que le droit des patients d’avoir accès à l’alimentation ne peut être conditionné par leurs capacités relationnelles. Cette position rejoint celle de l’Église qui persiste à défendre la dignité immuable de l’homme. Cette dignité ne vient pas d’un droit octroyé par un tiers : la société, les médecins ou les juges.

Enfin, il faut savoir que le cas de M. Vincent Lambert est un cas particulier à partir duquel il est difficile de légiférer. Il y a plus de 1500 personnes qui sont dans le même état. Ce que l’on va décider pour lui va-t-il impacter sur les autres patients ? On a voulu donner aux juges la décision finale. Or, s’il appartient aux juges de dire le droit, ils n’ont pas autorité pour définir le bien ou le mal.
L’Église, protectrice de la vie et de la dignité, estime qu’« un patient en « état végétatif permanent » est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles ».

Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.07.14 15:10

Remarque=
je suis libre de me goinfrer jusqu'à en vomir,de faire un régime,de jeûner ou ne pas jeûner pendant le Carême,de faire la grève de la faim pour une cause précise,et enfin de faire la grève totale de la faim et de la soif.
Je suis libre.
Pourquoi il n'en serait pas de même à la fin de ma vie si j'ai rédigé de façon explicite et précise mes Directives Anticipées ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   04.07.14 14:05

Vincent Lambert : le Dr Kariger décide de partir
Par la rédaction pour L'union-L'Ardennais, Publié le 04/07/2014
Par Grégoire Amir-Tahmasseb
 
 
REIMS (51). Le Dr Eric Kariger, médecin de Vincent Lambert, quittera ses fonctions le 1er septembre pour rejoindre le privé. Une décision notamment motivée par tout ce qui a entouré cette affaire. Mais pas seulement.
 
« Cette histoire marquera ma mémoire jusqu’à la fin de mes jours », déclare le Dr Eric Kariger.
 
Pourquoi décidez-vous de quitter ainsi votre poste à la rentrée ?
Mon départ s’inscrit dans un projet totalement personnel et bien sûr professionnel. Cela fait 23 ans que je suis au CHU de Reims où j’ai gravi toutes les strates de la carrière médicale. Aujourd’hui, j’ai le bonheur de diriger un pôle qui regroupe trois grandes filières : gériatrie, rééducation et soins palliatifs. J’ai eu le bonheur porter plusieurs projets durant ces 23 années qui sont aujourd’hui stabilisés, consolidés.
Par essence, je suis un homme de projets. J’ai toujours besoin de me projeter, de construire, de créer. Bien sûr, on ne va pas le nier, l’affaire judiciaire que l’on a dû subir à travers la situation de notre patient Vincent Lambert est un élément qui a contribué à ma réflexion et à ma décision. Mais c’est un élément parmi d’autres.
Le fait que « l’affaire Vincent Lambert » ne soit pas terminée ne vous a pas incité à repousser votre départ ?
C’est vrai que j’avais inscrit mon calendrier personnel sur celui du Conseil d’État. On était parti sur le fait que, quelle que soit la décision du Conseil d’État, pour nous, ça s’arrêtait là. Dans l’hypothèse où celui-ci confirmait nos conclusions, on était parti sur le fait de pouvoir arrêter Vincent Lambert dans ses soins en hydratation et nutrition et l’accompagner, ainsi que sa famille, dans les semaines de début de l’été.
Dès le mois de mai, j’ai sollicité le centre national de gestion des praticiens hospitaliers au ministère, demandant une disponibilité à partir du 1er septembre. Ça, ce sont les faits, rien que les faits. Pour moi, le 1er septembre, j’avais tout le temps de continuer jusqu’au bout à accompagner Vincent Lambert avec mon équipe et sa famille.
Bien évidemment, l’appel des parents au niveau de la Cour européenne des droits de l’Homme est leur droit, mais je pense que c’est le recours de trop pour des tas de raisons. Et cela indépendamment de mon calendrier personnel. C’est vrai que ça me contrarie mais ma vie continue et j’ai un engagement par rapport à un futur employeur.
Vos détracteurs vont sans doute commenter votre départ comme une sorte de reconnaissance implicite que vous n’avez pas bien fait votre travail avec Vincent Lambert et que vous préférez donc partir…
Je ne pourrais pas empêcher chacun de penser ce qu’il souhaite. Simplement, on est toujours seul face à sa conscience. Aujourd’hui, je connais les motivations personnelles et professionnelles qui sont les miennes. Le calendrier est ainsi. Que des mauvaises gens veuillent interpréter et penser pour moi, je les laisse faire.
Que va-t-il advenir de Vincent Lambert après votre départ ?
Moi je suis patron, dans ma fonction et pas simplement en tant que personne. La fonction continue. D’autres vont prendre le relais. L’équipe soignante la plus proche du patient et les médecins qui ont la responsabilité au quotidien de Vincent Lambert connaissent son dossier et sa situation clinique au moins aussi bien que moi. Donc il y a continuité des soins, ce qui est l’essentiel. Je ne vais pas me culpabiliser non plus. Je ne suis pas responsable de ce délai supplémentaire.
On imagine que vous aurez tout de même un œil sur la décision que prendra la Cour européenne des droits de l’Homme…
Bien évidemment, je reste totalement préoccupé par cette situation. Ça reste un dossier qui marquera ma mémoire jusqu’à la fin de mes jours. C’est une situation qui humainement est extrêmement sensible. De tous les milliers de patients que l’on est amené à soigner dans une vie, sans offense, on ne se souvient pas de tous. De Vincent Lambert… je suis sûr que je m’en souviendrai jusqu’au bout.
À quel point cette affaire vous aura marqué à titre personnel ?
J’ai la chance d’avoir un environnement familial extrêmement solide, avec une épouse qui a été d’un grand soutien dans ces moments-là et même mes aînés. Heureusement que j’ai été bien entouré car au printemps dernier, j’ai vraiment frôlé mes limites. J’ai été tout proche du burn-out. Tout ce qui s’est passé, c’est forcément des moments de questionnements, de doutes, de fragilités… Moi qui suis un garçon plutôt travailleur et ambitieux, je disais souvent que je n’avais jamais atteint mes limites. Je crois qu’au printemps dernier, j’ai atteint mes limites…
Il n’y a rien qui justifie qu’un être humain mette en jeu sa santé. C’est donc vrai que tout ça a favorisé ma réflexion. Ça a peut-être accéléré mon projet professionnel que j’avais en tête.
 
 
Des menaces de mort encore reçues lundi
Hier midi, le Dr Kariger est allé porter plainte après avoir reçu une nouvelle lettre de menace.
« On peut comprendre la souffrance des uns et des autres, surtout ceux qui sont directement concernés par l’affaire. J’ai toujours eu et je conserve toute l’empathie nécessaire pour tous les proches, y compris ceux qui ont eu des propos très durs sur mon équipe et sur moi. Je comprends leurs souffrances. Par contre, ceux qui s’engagent sur ces diffamations, ces calomnies, ces propos extrêmement injurieux, jusque, pas plus tard que lundi, des menaces de mort… Ça aujourd’hui, je ne le tolère plus. Je ne le supporte plus. J’ai aussi mes limites. J’ai ma famille qui a aussi ses limites, mon équipe a ses limites. À un moment, il faut dire stop à ça. » Le médecin marnais a également eu hier matin le préfet sur la question. De quoi le rassurer un peu même s’il ne veut pas tomber dans la psychose et préfère prendre un certain recul.
« Je relativise. Mon dossier de soutien est bien plus épais que mon dossier de diffamation, d’injures et d’atteinte à l’intégrité de mon équipe et de moi-même… On relativise mais de temps en temps, lorsque les totalitarismes l’emportent, la difficulté est que l’on ne sait pas où ça peut s’arrêter. On est donc obligé d’être vigilant et de réclamer la sécurité des biens et des personnes qui aujourd’hui ne font que leur travail. »
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VINCENT LAMBERT
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