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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.06.14 13:02

On pourrait se poser la question à propos du jugement du Conseil d'Etat
et
le silence de Hollande,Valls,Touraine et cie sur la question de la fin de vie

??? ??? ???

Est-ce une façon diplomate d'agir ?

Fallait-il passer devant un Tribunal alors que le Gouvernement n'arrête pas de reporter les dates,
alors que le Gouvernement est incapable de prononcer les mots euthanasie, suicide assisté etc ?

Peut-être que je fais une erreur de jugement, peut-être pas ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.06.14 13:10

Tout le monde est responsable et coupable, à commencer par tous ceux qui se sont opposés au vote d'une loi en janvier 2011.
Jean Léonetti, LE responsable et LE coupable ?
Je me pose la question tout bêtement
Mr Jean Léonetti aurait pu réformer sa loi au lieu de faire des révisions bidon
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.06.14 13:39

CITATION=
" a alerté Me Molinié. Il s'est aussi ému du message que l'on envoyait aux familles et aidants qui, au sacrifice de leur vie professionnelle et de leur temps, s'occupaient quotidiennement de leur parent handicapé. «Vous leur dites que leurs gestes sont vains?, a-t-il lancé."

COMMENTAIRE=

Survie des aidants, fin de vie des aidés ... ...
Quelle priorité ??? ??? ???

Merci pour vos "sacrifices" ?????????
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime23.06.14 13:16

Slate.fr

l’affaire Vincent Lambert va-t-elle devenir une affaire «Europe contre France»?
Jean-Yves Nau
France
Science & santé
23.06.2014 - 10 h 56
mis à jour le 23.06.2014 à 10 h 56


Le Conseil d’Etat dira le 24 juin s’il ordonne l’arrêt de l’alimentation de cet homme en état végétatif chronique. Si oui, sa décision pourrait être suspendue par la Cour européenne des droits de l’homme.
On est loin d’en avoir fini avec l’affaire Vincent Lambert. Vendredi 20 juin, Remi Keller, rapporteur public, a présenté ses dernières conclusions dans cette affaire sans précédent en France. Devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux en audience publique, il a demandé le rejet des demandes formulées notamment par les parents de cet homme de 38 ans, infirmier psychiatrique victime en 2008 d'un accident de la circulation qui l’a rendu tétraplégique et entièrement dépendant.
Demandée par le Conseil d’Etat une expertise médicale approfondie menée par trois experts a conclu que son état neurologique s’était aggravé et qu’il est désormais dans une situation, sans doute irréversible, d’ «état végétatif chronique».
Le long conflit opposant l’équipe hospitalière (qui souhaite arrêter les soins) et les parents (qui s’y refusent) a conduit le différend devant le Conseil d’Etat. Les parents font notamment valoir que leur fils n’est pas en situation de «fin de vie». La plus haute juridiction administrative rendra son jugement définitif le mardi 24 juin. 
Si elle suit les conclusions du rapporteur public, l’équipe médicale procèdera à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du Vincent Lambert, décision fondée sur la base d’un précédent jugement rendu par le Conseil d’Etat. Une procédure de sédation sera associée à cet arrêt qui devrait conduire à la mort du patient dans un délai difficile à préciser.
En avril 2013, l'équipe du service où est hospitalisé Vincent Lambert avait fait procéder à un arrêt de nutrition et d’alimentation, sur la base d’un avis collégial mais sans en informer les parents. Vincent Lambert avait alors survécu 31 jours avant que la justice administrative impose au CHU de Reims ne renoncer à ce protocole de fin de vie.



Mais les parents de Vincent Lambert ont annoncé dès la sortie de l'audience leur intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisine effectuée le jour même. C’est là un cas de figure sans précédent.
Citation :
«La décision du Conseil d'Etat elle-même ne peut pas être suspendue par la CEDH. Mais si cette décision devait correspondre aux conclusions du rapporteur public, la CEDH pourrait enjoindre à l'Etat français, à titre de mesure d'urgence (article 39 du règlement intérieur de la Cour de Strasbourg), d'empêcher la décision du Dr Kariger, et la France serait obligée de s'exécuter (autrement dit d'interdire à l'hôpital d'arrêter le traitement)», a-t-on précisé à Slate.fr auprès de la plus haute juridiction administrative.
«Les articles 31, 32, 39 du règlement dit “Bruxelles 1” de la CEDH permettent à celle-ci d'ordonner des mesures provisoires dans des cas très exceptionnels afin de suspendre exécution de la décision nationale querellée», précise Evelyne Sire-Marin, vice-présidente du TGI de Paris, membre de la Ligue des droits de l'homme. C’est là une  mesure très exceptionnelle qui concerne surtout la suspension de l'expulsion des demandeurs d'asile. Il s'agit ici de maintenir une situation de fait ou de droit afin de sauvegarder les droits dont la reconnaissance est demandée au juge du fond.» 
Cette demande d'urgence invoquerait une atteinte au «droit à la vie» prévu par l'article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme [1].
En pratique  dans les deux ou trois jours suivant la demande par les parents, un juge unique de la CEDH se prononcera. S'il retient l'existence d'un risque d'atteinte irréparable au droit à la vie, il adoptera la mesure provisoire. La requête serait ensuite examinée au fond par une formation collégiale  à moyen ou long terme. Une période durant laquelle Vincent Lambert continuerait à vivre au CHU de Reims.
On entrerait alors dans une nouvelle dimension juridique puisque la CEDH serait amenée à examiner les dispositions législatives françaises en matière de fin de vie. Et ce alors que le président de la République et le gouvernement viennent de confirmer leur intention de faire évoluer l’actuelle loi Leonetti de 2005, notamment pour mieux répondre aux attentes de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et aux partisans du suicide médicalement assisté.
1 — Article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme:
1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi.
2. La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a. pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b. pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
c. pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime23.06.14 16:54

Note sur le cas de Monsieur Vincent Lambert par le Père Brice de Malherbe
Publié le 23 juin 2014


13 mars 2009: Le P. Brice de MALHERBE, du département de recherche "Ethique biomédicale" du Collège des Bernardins, lors du colloque "Les sciences de la vie sont-elles porteuses de leur propre éthique", Collège des Bernardins, Paris (75), France.
i
Dans la très délicate affaire Vincent Lambert, le Père Brice de Malherbe, prêtre du diocèse de Paris et spécialiste des questions de bioéthique nous livre quelques éléments de réflexion.

1. Les faits

Vincent Lambert, âgé de 38 ans, a été victime d’un traumatisme crânien suite à un accident sur la voie publique. Il est depuis cinq ans dans un état stable correspondant aux caractéristiques de l’état pauci-relationnel (1), sans amélioration marquée.
Début 2013, une réflexion collégiale de l’équipe qui le prend en charge à l’hôpital de Reims – réflexion à laquelle son épouse a été associée – a abouti à la décision de suspendre la nutrition par voie artificielle dont il bénéficiait. Suite à une saisine des parents de Vincent, le tribunal administratif de Reims a ordonné une reprise de la nutrition – trente jours après le début de sa suspension – au motif que tous les proches n’avaient pas été associés à la décision de suspension.
Une nouvelle réflexion collégiale, incluant cette-fois les parents, a été entamée en septembre 2013 à l’hôpital. En janvier 2014, le médecin responsable, le docteur Kariger, décide de nouveau de suspendre la nutrition et l’hydratation artificielle, au motif qu’elles relevaient de l’obstination déraisonnable et que Vincent Lambert n’aurait pas souhaité vivre dans une telle situation. Aussitôt saisi par les parents de Vincent, le tribunal administratif de Reims a demandé de ne pas mettre en œuvre cette décision. L’affaire a été ensuite portée devant le Conseil d’État par l’épouse de Vincent Lambert, un de ses neveux, et le CHU de Reims. Le Conseil d’État a estimé devoir approfondir le dossier à l’aide de plusieurs expertises. Jugement attendu le 20 juin.

2. Les questions juridiques

a) Le tribunal administratif de Reims a considéré dans son jugement du 16 janvier 2014 demandant de suspendre la décision d’arrêter la nutrition artificielle:

– Que « l’alimentation et l’hydratation artificielles… nécessitent en l’espèce le recours à des techniques invasives en vue de leur administration » et donc « consistent en des traitements». Traitements auxquels un patient pourrait s’opposer ou que l’équipe médicale pourrait suspendre selon les termes de la loi de 2005.
– Cependant, qu’en l’espèce, il n’était pas possible de savoir ce qu’aurait souhaité Vincent L.
– Surtout, que l’alimentation et l’hydratation de Vincent L. ne constituaient pas une « obstination déraisonnable », ni ne représentaient un « maintien artificiel de la vie ». En effet, elles n’engendrent pas de souffrances particulières et permettent « la conservation d’un certain lien relationnel ».
– Que l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation entraînerait la mort de Vincent L. à très bref délai. Ceci correspondant à une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect à la vie rappelé notamment par l’article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par ailleurs, considérant que l’équipe médicale de Reims appliquerait la décision du tribunal, celui-ci a rejeté la demande des parents de transférer Vincent L. dans un autre établissement.
La SFAP (2) s’est émue que le Tribunal administratif donne « une définition juridique et non pas médicale de l’obstination déraisonnable ». On voit bien le risque d’une intervention croissante de l’autorité judiciaire dans le domaine médical sous la pression des patients ou de leurs proches. Mais pourquoi reprocher aux juges de faire leur travail ? D’autant plus que la SFAP se réjouit que le même tribunal considère l’alimentation et l’hydratation artificielle comme un « traitement »

b) Le Conseil d’État, dans sa décision du 14 février 2014 a considéré :

– Que même si Vincent L. n’était pas en fin de vie, la loi de 2005 lui était applicable.
– Que l’alimentation et l’hydratation par voie artificielle constituaient bien un traitement pouvant être suspendu dans les conditions posées par la Loi.
– Qu’il avait besoin de l’avis d’experts pour juger s’il y avait lieu ou non de suspendre en l’espèce ce « traitement » en estimant le caractère irréversible des lésions de Vincent Lambert, sa capacité à communiquer, de quelques façons que ce soit avec son entourage, et la signification de ses réactions quant à la volonté de poursuivre les soins ou non.

Certains juristes contestent le fait que la loi définisse l’alimentation et l’hydratation comme des traitements. En effet, ce n’est que dans l’exposé des motifs de la loi de 2005 (« loi Léonetti »), et non dans la loi elle-même que nous trouvons cette affirmation. Cette contestation me paraît difficilement défendable.

c) Le rapporteur public du Conseil d’État, Rémi Keller, a préconisé le vendredi 20 juin 2014, de cesser l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert.

Il s’est fondé pour cela sur « la dégradation de l’état de conscience » de Vincent Lambert et « l’irréversibilité de ses lésions ». Pourtant, les experts consultés depuis février ont soulignés « que dans une telle situation et en l’absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré de l’atteinte de la conscience ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d’une réflexion concernant un éventuel arrêt de traitement ».

Le jugement définitif du Conseil d’État devrait être rendu ce mardi 24 juin à 16h.

3. Les questions d’éthique médicale.

Les personnes en état végétatif ou en état de conscience minimale sont des personnes « certes lourdement handicapées et totalement dépendantes mais non atteintes d’une maladie particulière évolutive ou en phase terminale » (3). Ils appellent une prise en charge spécifique qui ne relève pas des soins palliatifs. On peut donc s’étonner que Vincent L. soit « à l’unité d’hospitalisation de soins palliatifs du CHU de Reims, dans une sous-unité de soins de suite et de réadaptation, qui accueille des patients en état pauci-relationnel ». La confusion des deux types d’unité est sans doute source de difficultés dans l’accompagnement.
Dans sa réponse à la saisine du Conseil d’État, l’Académie Nationale de Médecine (4) a d’ailleurs demandé que les Agences Régionales de Santé veillent à ce qu’il y ait suffisamment d’unités d’accueil à long terme adaptées aux patients en « état végétatif chronique » comme l’avait demandé une circulaire ministérielle de 2002.
Le séjour dans ces unités dédiées n’est pas limité en durée et si la famille le souhaite un retour au domicile est possible avec le soutien requis.

Pour ce qui est de l’alimentation et de l’hydratation par voies artificielles, nous pouvons certes considérer abusif leur classification dans la catégorie des « traitements » alors même qu’elles répondent à un besoin de base de tout être humain sans prétendre à une visée thérapeutique.
Mais plus que la distinction entre traitement et soin, la question est de savoir si l’alimentation et l’hydratation répondent à l’objectif d’apporter un confort au patient ou non, voire si elles nuiraient à sa qualité de vie. Selon l’Association Professionnelle « France Traumatisme Crânien », si « L’EVC/EPR est une situation chronique où des limitations thérapeutiques peuvent être discutées en cas de complications médicales graves dans le cadre de la Loi Léonetti pour éviter tout acharnement thérapeutique », en revanche « l’alimentation et l’hydratation, comme les soins d’hygiène et de confort, font partie…des soins de base dus à tout patient dans cette situation de stabilité clinique (5) ». L’Académie Nationale de Médecine, quant à elle, a rappelé que le droit des patients d’accès à l’alimentation ne saurait être conditionné par leur capacité relationnelle (6). On ne peut déduire de la grande faiblesse de cette capacité que le soin porté à ces personnes relève du « maintien artificiel de la vie ».

Ces recommandations rejoignent les conclusions formulées par des instances ecclésiales. Conclusions qui sont le fruit de plusieurs années de réflexion éthique fondée sur des travaux scientifiques internationaux. Nous pouvons citer les recommandations de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 2007 et la déclaration commune juive/catholique signée par l’Archevêque de Paris et le Grand Rabbin de Paris la même année.

Sur ce point, si l’on juge nécessaire une adaptation de la loi Léonetti, celle-ci devrait aller dans le sens d’une plus grande clarification des situations pour lesquelles se posent la question de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation et renvoyer aux règles de bonnes pratiques des sociétés savantes et associations professionnelles concernées.

(1) Atteinte d’une lésion cérébrale grave traumatique, la personne en état pauci-relationnel ou état de conscience minimale présente des réactions comportementales minimales mais précises, lesquelles semblent témoigner de la conscience que le patient a de lui-même ou de l’environnement. Cet état est à distinguer d’un état végétatif permanent (Coma science groupe).

(2) Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs

(3) Cf. Réflexion de l’association professionnelle France Traumatisme Crânien à propos de l’affaire Vincent Lambert, 10 février 2014

(4) Document du 22 avril 2014

(5) Réflexion de France Traumatisme Crânien à propos de l’affaire Vincent Lambert, 10 février 2014. EVC : État Végétatif Chronique. EPR : État Pauci-Relationnel

(6) Académie Nationale de Médecine, Réponse à la saisine du Conseil d’État, 22 avril 2014
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime23.06.14 16:55

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime23.06.14 16:58

Exact,Léonetti a décidé que les Français doivent mourir affamés et assoiffés
On ne tue pas, mais on prend soin de laisser crever
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime24.06.14 18:29

Leonetti : «Les affaires Lambert et Bonnemaison n'ont rien à voir avec l'euthanasie»
Par Alexandre Devecchio Mis à jour le 25/06/2014 à 13:23 Publié le 24/06/2014 à 20:24
Leonetti : «Les affaires Lambert et Bonnemaison n'ont rien à voir avec l'euthanasie»

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, réagit pour FigaroVox aux affaires Lambert et Bonnemaison.

Les 17 juges du Conseil d'État ont ordonné l'arrêt de l'alimentation de Vincent Lambert, devenu tétraplégique après un accident de la route en 2008. Etait-ce à des juges de prendre cette décision?

Toute loi qui est contestée dans son application est portée devant les juridictions. Le Conseil d'État est la plus haute juridiction. Elle a tranché dans sa formation la plus large et avec le plus de précautions possibles. Sa décision conforte la loi de 2005 sur la fin de vie qui interdit l'acharnement thérapeutique.

Le Conseil d'État a jugé que le maintien de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert avait pour seul effet de le maintenir artificiellement en vie ce qui constitue pour eux une «obstination déraisonnable». Cette interprétation est-elle conforme à l'esprit votre loi?

Le Conseil d'État est là pour dire la loi. Sa décison est à la fois conforme à l'esprit et à la lettre de la loi de 2005 qui porte sur le droit des malades et la fin de vie. La nutrition et l'hydratation artificielle, au même titre que la ventilation artificielle, sont des traitements car ils nécessitent une opération chirurgicale et la mise en place d'une sonde dans l'estomac. Dans le cas de Vincent Lambert, qui est dans un état d'absence de conscience de soi et de relation à l'autre, cela constitue bien une «obstination déraisonnable» car il s'agit d'une opération inutile qui n'a d'autre effet que le maintien artificiel de la vie.

Mais la situation médicale n'est pas le seul élément à prendre en compte, il y aussi la volonté du malade: la loi dit qu'on peut arrêter ses traitements pas forcément qu'on doit le faire. Or Vincent Lambert n'est pas en état d'exprimer sa volonté et n'a pas laissé de directive anticipée. Le Conseil d'État a donc interrogé ses proches pour retracer son parcours de vie et rechercher ce qu'il aurait voulu. Vincent Lambert était infirmier et a confié à plusieurs de ses proche ne pas vouloir être maintenu en vie dans les condtions dans lesquelles il se trouve actuellement.

Ne craignez-vous pas que la décision du Conseil d'État face jurisprudence et soit la porte ouverte à la légalisation de l'euthanasie?

Cette décision n'est pas une validation d'un acte euthanasique, mais le refus de l'acharnement thérapeutique. Dans les pays qui ont légiférer sur le droit à la mort ou sur le suicide assisté, le cas Vincent Lambert se serait heurté à un vide juridique. L'euthansie exige en effet l'expression claire de la volonté du malade. Or dans le cas de Vincent Lambert, celle-ci est impossible. La spécificité de loi de 2005, par rapport à toutes les autres lois européenne est d'apporter une réponse à ce type de cas. Encore une fois, le débat autour du cas Vincent Lambert porte sur l'acharnement thérapeutique et non sur l'euthanasie. Le Conseil d'État a jugé qu'il y avait obstination déraisonnable et n'a en aucun ouvert la porte à l'euthanasie. Par ailleurs, cette décision qui concerne le cas particulier de Vincent Lambert ne peut être généralisée à l'ensemble des sujets en situation pathologique similaire. Chaque situation doit être appréciée au cas par cas. Il y a quelques années les éléments médicaux montraient qu'il y avait encore des signes de conscience chez Vincent Lambert. Le Conseil d'Etat, s'il avait été saisit alors, n'aurait peut-être pas pris la même décision.

L'acquitement du docteur Bonnemaison relance-t-il le débat?

Non, je pense qu'on ne peut pas parler d'euthanasie dans le cas du docteur Bonnemaison. Le suicide assisté répond à une procédure stricte et exige le consentement des patients. Or, Nicolas Bonnemaison a agit sans le consentement de ces derniers. Le procès Bonnemaison a été celui d'une médecine solitaire qui se donne des droits qu'elle n'a pas sur les patients.

Que dites-vous à ceux qui estiment qu'il y a des failles dans votre loi et qu'elle doit être modifiée?

S'il y avait une faille dans la loi, le Conseil d'Etat ne l'aurait pas conforté. Chaque année, 25 000 personnes sont concernés par un arrêt de traitement en fin de vie. C'est une procédure habituelle qui est rarement contestée devant les tribunaux. Le cas Vincent Lambert est très médiatisé car exceptionnel.

Que pensez-vous de la décison de la Cour européenne de maintenir en vie Vincent Lambert contre la décision du Conseil d'État?

Le travail de la Cour européenne est d'examiner les recours qui lui sont présentés. Personne ne peut s'y opposer. Mais je pense que c'est peut-être le recours de trop. Dans l'affaire Lambert nous sommes en train de passer de l'acharnement thérapeutique à l'acharnement judiciaire. Je pense notamment au déchirement des familles qui s'éternise. Le Conseil d'État n'a pas délibéré à la légère. Il s'est assuré de l'aspect irrémédiable des lésions cérébrale de Vincent Lambert et pris une décision conforme au droit françaisqui est loin d'être le plus permissif sur cette question.

Vous avez été missionné par le président de la République pour «faire évoluer la législation» sur la fin de vie «dans un esprit de rassemblement». Quelle est exactement votre mission?

J'ai été missionné pour travailler sur trois sujets: l'insuffisance des soins palliatifs dans la médecine française, l'absence de culture française des directives anticipées et enfin la qualité de vie qui doit être privilégiée par rapport à la durée de vie. J'ai donc été missionné pour réfléchir aux conditions dans lesquelles on a le droit d'acélérer la mort et en aucun cas pour légiférer sur le suicide assisté.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime25.06.14 0:04

Affaire Vincent Lambert : Leonetti regrette un "acharnement judiciaire"
Le député UMP Jean Leonetti dénonce le « recours de trop ». Viviane Lambert, la mère du patient tétraplégique en état végétatif, a elle confié mercredi avoir « confiance pour Vincent et les autres handicapés ».

Par Les Echos
Publié le 25/06/14

Le cas Vincent Lambert continue de susciter émotion et réactions, mercredi. L’auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, Jean Leonetti, a ainsi déploré un « acharnement judiciaire » envers Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif dont l’arrêt des traitements, validé par le Conseil d’Etat, a été suspendu mardi soir par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Le Conseil d’Etat a estimé mardi que la décision d’arrêt des soins, prise par l’équipe médicale du CHU de Reims en accord avec l’épouse de Vincent Lambert, s’inscrivait dans le cadre de la loi de 2005 qui proscrit l’acharnement thérapeutique.

Mais la CEDH, saisie par ses parents qui refusent de le laisser mourir, a demandé en urgence dans la soirée au gouvernement français de suspendre cet arrêt, dans l’attente d’un jugement au fond.

Cette requête sera traitée « en priorité, selon la procédure la plus rapide possible », indique la CEDH mercredi dans un communiqué. Une telle procédure peut prendre de quelques mois à deux ans, selon une source judiciaire.

« C’est le recours de trop », a regretté mercredi sur France Inter le député UMP Jean Leonetti.

« Le fait d’aller devant la CEDH, c’est le droit de chacun, et donc je ne vais pas le fustiger (...) mais je pense à l’équipe médicale, à la femme (...) et je pense à toute cette famille qui continuera à se déchirer encore », a-t-il ajouté. « On peut parler d’acharnement judiciaire. »

Pour le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française, la loi Leonetti qui proscrit « l’obstination déraisonnable » est compatible avec la convention européenne des droits de l’homme. Cette loi n’est pas la plus « permissive » d’Europe, a rappelé mercredi Jean Leonetti. Le suicide assisté est autorisé en Suisse et l’euthanasie légale en Belgique notamment. « Si la Cour européenne se met à traiter des problèmes de chaque pays qui a choisi son orientation pour la fin de vie (...) elle aura beaucoup à faire », a-t-il dit.

Le cas de Vincent Lambert, dont le maintien en vie divise la famille, a relancé en France le débat sur l’euthanasie. Environ 25.000 décès sont liés chaque année à un arrêt de soins, selon le Conseil d’Etat. Son vice-président Jean-Marc Sauvé a dit mardi que la décision de non maintien en vie de Vincent Lambert, 38 ans, tétraplégique depuis un accident de la route en 2008, était « certainement la plus difficile » que l’institution ait eu à rendre ces cinquante dernières années.

Mais pour Jean Leonetti, que Manuel Valls a chargé, avec le député socialiste Alain Claeys, de préparer un nouveau projet de loi sur la fin de vie à présenter au Parlement avant la fin de l’année, la question du droit à mourir, très médiatique, n’est pas le sujet « majeur » et ne concerne qu’une très petite minorité de personnes.

Quelque 30% de personnes meurent en France dans la souffrance, a-t-il indiqué, y voyant un « scandale français ».

La mère de Vincent Lambert s’est exprimée
Viviane Lambert, la mère du patient tétraplégique en état végétatif, a confié mercredi avoir « confiance pour Vincent et les autres handicapés », au lendemain de la décision en urgence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de le maintenir en vie.« Après l’accablante décision du Conseil d’Etat, le dossier va être examiné en profondeur par la Cour européenne et nous avons confiance pour Vincent et pour les autres handicapés », a expliqué à l’AFP Mme Lambert.« Je suis sa mère, je ne suis pas une illuminée, je vois les réactions de mon fils. Hier avant de partir au conseil d’Etat, Vincent nous a fait un beau cadeau en tournant la tête vers nous alors que nous l’appelions », a-t-elle poursuivi.« Vincent n’est pas un légume et il n’est pas sous acharnement thérapeutique », a affirmé Viviane Lambert.« Ce n’est pas parce que les handicapés ne peuvent pas s’exprimer qu’il faut les tuer et Vincent n’est pas seul dans ce cas » a-t-elle plaidé.« Mon mari et moi-même nous sommes ravis de cette décision (de la CEDH), c’est un grand soulagement. Et ce matin j’ai envie de lui dire Vincent, on a encore gagné une nouvelle fois! », avait-elle réagi auparavant auprès de RTL.« On l’a quitté en disant: Vincent on est toujours là, on ne t’abandonne pas, accroche-toi, tu t’es toujours accroché jusqu’à ce jour », a-t-elle poursuivi sur la radio, affirmant que son fils était « résistant ».Le feuilleton judiciaire concernant Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique a connu mardi deux rebondissements spectaculaires: la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé en urgence son maintien en vie, prenant le contre-pied du Conseil d’Etat favorable à l’arrêt des soins.Début avril, des experts désignés par le Conseil d’Etat avaient pointé une dégradation de la conscience du patient à jamais emmuré dans un état végétatif chronique et incurable avec des lésions cérébrales irréversibles.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime25.06.14 17:38

Regard de Mgr Aupetit sur le cas de M. Vincent Lambert
Publié le 26 juin 2014


Mgr Michel Aupetit Réflexion de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, médecin et membre du Conseil Famille et Société, sur la décision du Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de Vincent Lambert. Décision suspendue par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

M. Vincent Lambert est un homme de 38 ans victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un accident. Son état correspond à ce que les médecins appellent l’état pauci-relationnel qu’on appelle aussi état de conscience minimale qui est à distinguer d’un état végétatif permanent. M. Lambert n’est pas en fin de vie. Il s’agit seulement de savoir si on arrête sa vie en supprimant l’alimentation et l’hydratation. La première question qui se pose est de savoir si le fait de nourrir et de faire boire constitue un traitement ou un soin.

Certains affirment que, s’il s’agit d’un traitement, l’alimentation et l’hydratation peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique si elles sont maintenues. En revanche, s’il s’agit d’un soin, le fait de lui donner à boire et à manger n’entre pas dans le cadre une obstination déraisonnable mais d’une attention à autrui qui est le propre de l’humanité.
Certes, M. Lambert ne peut pas boire et manger tout seul étant donné son état de conscience voilà pourquoi le médecin qui le suit avait décidé d’arrêter.

La deuxième question est de savoir si ce que l’on fait en donnant à manger et à boire est vraiment au bénéfice de la personne soignée. Par exemple, il arrive que certains patients puissent faire une fausse route à la suite d’une alimentation invasive. Dans ce cas, cette alimentation lui est plus nuisible qu’utile. Tant que la personne n’est pas en fin de vie et que son alimentation et son hydratation lui sont plus bénéfiques que nuisibles, le fait de l’arrêter devient alors un acte grave puisqu’il entrainera inéluctablement et délibérément sa mort.
Il est impossible actuellement de dire ce qu’un patient peut vivre encore de relations interpersonnelles dans un état de conscience minimale. Celles qui se tissent encore révèlent la profondeur de notre humanité qui est à l’origine de sa dignité.
L’Académie Nationale de Médecine a rappelé que le droit des patients d’avoir accès à l’alimentation ne peut être conditionné par leurs capacités relationnelles. Cette position rejoint celle de l’Église qui persiste à défendre la dignité immuable de l’homme. Cette dignité ne vient pas d’un droit octroyé par un tiers : la société, les médecins ou les juges.

Enfin, il faut savoir que le cas de M. Vincent Lambert est un cas particulier à partir duquel il est difficile de légiférer. Il y a plus de 1500 personnes qui sont dans le même état. Ce que l’on va décider pour lui va-t-il impacter sur les autres patients ? On a voulu donner aux juges la décision finale. Or, s’il appartient aux juges de dire le droit, ils n’ont pas autorité pour définir le bien ou le mal.
L’Église, protectrice de la vie et de la dignité, estime qu’« un patient en « état végétatif permanent » est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles ».

Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime28.06.14 15:37

Agora Vox   l'élimination des plus faibles

L’élimination des plus faibles ?
« Tout est noir. Je suis dans le noir. (…) J’ai beau regarder de toutes mes forces, je ne vois rien. Rien que ce noir profond. Ai-je les yeux ouverts ou fermés ? Je l’ignore. Que s’est-il passé ? Je l’ignore également. Je sais seulement que je ne suis pas seule : j’entends quelqu’un à côté de moi. (…) En fait, c’est comme si l’hôpital m’était tombé sur la dessus… C’est cela : comme s’il y avait eu un tremblement de terre, et que j’étais ensevelie sous des tonnes de décombres. » (Angèle Lieby, "Une larme m’a sauvée")

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Dans mon précédent article, j’ai utilisé une comparaison et des images peut-être un peu fortes, et je prie de m’excuser ceux que cela a pu choquer. Il est néanmoins un moyen d’alerter sur une réalité grave qui se joue en ce moment.

Se basant sur "la dégradation de l’état de conscience" et sur "l’irréversibilité de ses lésions", Rémi Keller, le rapporteur public du Conseil d’État, a en effet choisi de requérir le 20 juin 2014 contre le maintien en vie de Vincent Lambert. On pourra toujours donner toutes les terminologies à cette préconisation, comme l’a remarqué "Slate" le jour même, "se prononce contre le maintien en vie" ou "requiert la mort", le résultat est exactement le même, les mêmes conséquences : si les dix-sept magistrats du Conseil d’État, qui doit donner sa décision ce mardi 24 juin 2014 à 16 heures, suivaient cette préconisation, il adviendrait la mort effective de Vincent Lambert.

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Ce serait alors une première pour une juridiction de prononcer un jugement qui aurait une incidence directe sur la vie d’un être humain depuis l’abolition de la peine de mort. C’est un fait. Le Conseil d’État, qui composé pour beaucoup de ses membres d’énarques dont certains n’ont pas de formation juridique, et également, pour un quart de ses membres, de personnes nommées au tour extérieur par le Président de la République, est chargé de conseiller le gouvernement et de juger en dernier ressort de litiges administratifs, pas de décider de la vie ou de la mort d’un homme. Ce n’est pas son rôle. L’ENA n’apprend rien à ce sujet. Je doute qu’il y ait des conférence sur l’éthique (je peux me tromper).

Cela dit, le fait que ce "conflit" arrive au sein de l’une des plus hautes juridictions dy pays montre bien, également, qu’il n’y a pas de réponse évidente, toute faite, et que la décision est loin d’être acquise pour l’une ou l’autre des solutions à adopter.

Je me sens particulièrement concerné par cette tragique actualité, d’abord comme citoyen, parce que chaque citoyen doit se sentir impliqué dans ce qui va suivre, chacun peut se retrouver dans cette difficile situation, soi ou un de ses proches, et aussi pour des raisons personnelles qui n’ont pas à être exposées ici.

Dans mon précédent article, je présentais justement les craintes de nombreux proches de personnes victimes de traumatisme crânien qui vivent des situations similaires à celle de Vincent Lambert.


Vincent Lambert vit !

La décision du Conseil d’État, qu’on le veuille ou pas, fera jurisprudence et en cela, elle relève d’une extrême responsabilité (la grande richesse des contributions et les précautions prises montrent que les magistrats du Conseil d’État en ont pris heureusement toute la mesure). Il y a entre 1 500 et 2 000 personnes dans le même "cas" que Vincent Lambert… Au fait, quel est ce "cas" ? Un mot que je n’aime pas, tout comme je n’aime pas le mot "affaire" pour parler de Vincent Lambert qui est, avant d’être un "cas" ou une "affaire", une personne humaine. Il faut déjà remarquer qu’il n’y a pas deux "cas" identiques et chaque personne est unique, dans son handicap, dans sa faiblesse, dans son état.

S’il faut séparer un peu artificiellement les situations, Vincent Lambert n’est pas dans un "état végétatif" (expression en fait à proscrire) mais dans un "état pauci-relationnel", c’est-à-dire qu’il a une conscience minimale. Au contraire des personnes dans le coma, il n’est pas inconscient : il n’a pas de traitement médical lourd, il n’est branché à aucune machine, il est juste incapable de boire et de se nourrir tout seul, au même titre qu’il est incapable de se laver tout seul. Il reconnaît ses proches, il s’est même rendu au mariage de sa sœur. Enfin, lorsqu’on a tenté de le tuer, en le privant de nourriture et d’hydratation pendant trente et un jours en juin 2013, Vincent a pleuré.

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Le frère de Vincent Lambert, David Philippon, est sorti de sa réserve ce 23 juin 2014 pour demander de sauver son frère : « Je ne peux pas réaliser que les dix-sept juges peuvent statuer sur l'arrêt de l'alimentation sur le seul principe qu'il est handicapé. Vincent n'est pas un légume, c'est un être humain avec toute sa dignité. (...) Vincent sait ce qui se passe autour de lui. Il y a des moments où je ne ressens pas grand-chose et d'autres où il cherche votre présence. » (RTL).

Vincent n’est donc pas une "larve" ou un "légume" comme certains voudraient le faire croire. Il est un être humain doté de sens, d’émotion, avec de très lourds handicaps, avec de très lourdes déficiences, terribles à vivre. C’est une tragédie qu’il vit. Personne, évidemment, ne souhaite être dans la situation de Vincent Lambert, ni dans celle de ses proches, de la sa famille, qui vivent une tragédie sans nom.

Dr. Catherine Kiefer, chef du service des soins et réadaptation pour traumatisés crâniens à l’hôpital de Villeneuve-la-Garenne, a rappelé ceci : « Un patient en état pauci-relationnel est dans un état de conscience minimale. Cela veut dire qu’il a une certaine conscience de lui-même et de son environnement (…). En premier lieu, il fixe et suit les choses du regard. Deuxième point, il a un comportement.émotionnel adapté, comme sourire en voyant un proche. Troisième, il a des mouvements spontanés et volontaires dirigés vers un but. (…) Mais il faut insister sur le caractère unique de chaque patient. Il ne peut en aucun cas y avoir de réponse simple. Pour moi, ce sont de grands handicapés. Pas des légumes, ni des patients en fin de vie ! On peut interagir avec eux. Ils sont bien vivants, les familles les emmènent le week-end. » ("Nouvel Observateur", propos recueillis le 16 janvier 2014).


Obstination déraisonnable ?

La question à laquelle doit répondre le Conseil d’État, c’est de savoir si Vincent Lambert est en fin de vie et s’il y a une obstination déraisonnable à traiter une maladie. Mais Vincent Lambert n’a pas de maladie, il a un (lourd) handicap. Il n’est pas en fin de vie, il a un (lourd) handicap.

Le rapport de l’Académie nationale de médecine, daté du 22 avril 2014 et remis au Conseil d’État le 5 mai 2014 (n°375081) a insisté sur la réflexion suivante : « L’arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mourir alors que la vie elle-même n’est ni irrémédiablement parvenue à son terme ni immédiatement menacée, ne peut être assimilée à un acte médical. ».

L’Académie a mis en garde contre une distinction de traitement entre des personnes qui ont retrouvé, à la suite d’un accident, une capacité relationnelle, aussi petite soit-elle, et celles qui ne l’ont pas retrouvée, car cela signifierait que ces dernières ne serait pas "en vie" mais "maintenue artificiellement en vie", ce qui reviendrait à redéfinir les critères de la mort. Elle a ajouté également : « Il ne saurait y avoir là, pour les médecins, quelque justification que ce soit à prendre l’initiative de transgresser l’interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui. ». En clair, le droit d’une personne à recevoir des soins (alimentation, hygiène, prévention des escarres etc.) ne doit pas être « subordonné à sa capacité relationnelle ».

La contribution du Comité d’étique (CCNE) au Conseil d’État, datant du 5 mai 2014, est très documentée. Le Comité d’éthique a fait remarquer que la nutrition et l’hydratation n’était pas des traitements mais des soins : « La frontière entre traitements et soins est ici particulièrement floue : il s’agit aussi (…) de soins de support et d’accompagnement, de soins courants, tout simplement de soins humains premiers (que l’on songe ici à l’impératif obligation alimentaire qui lie culturellement et juridiquement les membres d’une même famille). ».

Le CCNE, qui a présenté les différents états de la conscience, coma, état "végétatif" chronique (qu’on appelle maintenant "état d’éveil sans réponse" pour éviter l’allusion peu respectueuse au "légume") et état de conscience minimale (la situation de Vincent Lambert), a aussi mis en garde sur ces subdivisions : « Malgré sa sophistication de plus en plus grande, la classification demeure très réductrice par rapport au continuum que constituent les altérations chroniques de la conscience. Une absence de preuve détectable de conscience ne constitue pas une preuve de l’absence de conscience. ».

Une continuité que n’a pas partagée Jean Leonetti, l’auteur de la loi du 22 avril 2005, dans sa propre contribution remise le 29 avril 2014 au Conseil d’État, qui a évoque « une véritable discontinuité entre un handicap physique ou mental si important soit-il, et une altération profonde et définitive de la conscience ».


Le degré de conscience ne doit pas être un critère

Les trois experts médicaux en neuroscience qui ont rendu leur rapport au Conseil d’État en fin février 2014, les professeurs Marie-Germaine Bousser, Lionel Naccache et Jacques Luauté, ont expliqué que Vincent Lambert a manifesté des « réactions aux soins » mais qu’il « n’était pas possible » de savoir si c’était « l’expression d’une intention ou d’un souhait à l’égard de l’arrêt ou de la prolongation » des soins. Il a juste montré une volonté très tenace de vivre lorsqu’on a cherché à arrêter son alimentation et son hydratation l’an dernier.

Les trois experts ont souligné : « Dans une telle situation et en absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré d’atteinte de la conscience ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d’une réflexion concernant un éventuel arrêt de traitement. ». Or, le rapporteur public du Conseil d’État a oublié de prendre en compte cette dernière réflexion en disant que « maintenir un état dégradé et irréversible entrait dans le champ de l’acharnement thérapeutique ».


Aucun consensus dans la famille

L’autre question qui est cruciale, c’est la nécessité d’un consensus au sein des proches. Vincent Lambert n’avait émis aucune "directive anticipée" ni désigné aucune "personne de confiance" (au sens de la loi du 22 avril 2005) pour donner raison plus à son épouse qu’à ses parents et à son frère, ou l’inverse.

Lorsqu’il n’y a pas l’unanimité au sein d’une famille, il paraît indispensable que le maintien en vie soit décidé au bénéfice du doute. S’il n’y a pas consensus, cela veut dire que la décision (du maintien en vie ou pas) ne va pas de soi, pose problème (d’où cette issue judiciaire d’ailleurs). Cela veut dire que la situation est complexe et nuancée.


La médecine n’est pas prédictive

La médecine est bien incapable de prédire l’avenir et d’autres situations "inespérées" ont déjà existé dans le passé.

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Par exemple, Angèle Lieby qui s’est évanouie sans raison et qui s’est retrouvée dans le coma à Strasbourg. Les médecins ne lui donnaient plus aucun espoir de réveil et son mari avait même déjà choisi le cercueil. C’est grâce à une larme qui a coulé le long de sa joue qu’elle a pu être sauvée de justesse, car on voulait la "débrancher" (Vincent Lambert est dans un "meilleur" état qu’elle ne l’était, puisqu’il vit sans machine). Après un très long réveil, elle a publié le 1er avril 2012 un livre de témoignage avec un journaliste pour raconter son histoire ("Une larme m’a sauvée", Arènes éditions). Que dire aussi de Michael Schumacher ? Que sait la "médecine" à son sujet ? Qui peut avoir la prétention de prédire l’avenir ?

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Dans plusieurs fictions, le sujet a été traité par quelques cinéastes. Je cite deux films, qui n’ont que peu de choses à voir avec la situation de Vincent Lambert si ce n’est la situation de handicap ou la situation de non-conscience. "La Vie rêvée des anges" avec Élodie Bouchez et Natacha Régnier, réalisé par Érick Zonca, sorti le 16 septembre 1998, où une jeune fille se retrouve dans le coma sans famille et c’est finalement l’une des héroïnes qui va venir la visiter régulièrement, presque comme si c’était inutile… mais pas tout à fait.



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Il y a aussi "Intouchables" avec François Cluzet et Omar Sy, réalisé par Éric Toledano et Olivier Nakache, sorti le 2 novembre 2011. Évidemment, il n’y a pas de problème de conscience et c’est plus la situation de handicap en général qui est traité mais elle est traitée de manière réaliste, intéressante, en montrant qu’une personne qui a un handicap est d’abord une personne avant d’être "un handicap", et que chacun a le droit à vivre le plus normalement possible.


Accepter la vie, même celle hors norme

Un documentaire qui a été récemment diffusé sur France 3 sur Jacques Chirac et la Corrèze montrait également le souci, plus humain qu’électoral, de Jacques Chirac, dès son implantation en 1967, pour les personnes qui ont un handicap. Il visitait toutes les fermes de sa circonscription, constatait parfois qu’il y avait dans la grande salle commune une personne handicapée, à l’ombre, au fond, elle était certes nourrie et logée mais elle n’avait aucune vie sociale, était cachée de la société. Jacques Chirac allait alors vers elle, la touchait très chaleureusement des mains et a cherché à ce que toutes les personnes puissent avoir une vie sociale la plus ouverte possible.

Accepter tous les êtres humains, qui ont une vie parfois très diminuée, très affaiblie, est un véritable devoir dans une société avancée. La médecine permet aujourd’hui de réduire au maximum la souffrance physique quand elle est détectée. Il ne s’agit pas d’acharnement à maintenir la vie coûte que coûte, la loi Leonetti du 22 avril 2005 est très claire sur les conditions qui permettent de refuser un traitement déraisonnable et inutile, et c’est heureux, mais il s’agit surtout d’accepter les personnes qui, même si elles ne semblent plus en mesure de communiquer, ne sont pas des personnes en fin de vie mais des "victimes de la vie moderne", selon l’expression de l’Académie de médecine.

Président de la Fondation Jérôme-Lejeune qui finance une grande part de la recherche thérapeutique sur la trisomie 21 et magistrat à la Cour des Comptes, Jean-Marie Le Méné s’est inquiété de cette évolution de la société : « Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Qui peut dire le contraire ? Qui prétend savoir ? Quelle minorité veut encore imposer sa loi à une majorité ? Nous sommes en train de bâtir une société totalement inhumaine où la vie est un matériau à gérer et où la vie gênante est un matériau à jeter. Vincent a le droit de vivre et la société a le devoir d’aider sa famille. » ("Direct Matin" du 20 juin 2014).

Directeur de l’Espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Emmanuel Hirsch a insisté, lui aussi, pour que la société n’aille « pas condamner à mort certaines formes de vie » et a sorti le 20 juin 2014 dans "Huffington Post" cette expression terrible, que la vie de Vincent Lambert pourrait « être abrégée sur décision administrative » en ajoutant : « L’existence d’une personne ne saurait se justifier ou se contester à l’aune d’une appréciation complexe de son état de conscience même dite minimale. ».

Ce que disait l’UNAFTC que j’avais cité précédemment : « Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il n’y a pas de dégradation de ses fonctions vitales. Il vit. Une vie différente, à la mesure de son handicap. ». L’avocat de l’UNAFTC, François Molinié, n’a pas hésité à poser certaines questions : « Quel signal allez-vous donner à toutes ces familles, à tous ces soignants, qui s'occupent de patients qui, comme Vincent, ne donnent pas de preuves de conscience ? Que leurs soins, que leur amour, ne servent à rien ? À la douleur d'une vie brisée devrait maintenant s'ajouter pour eux la peur d'une mort programmable ? » (20 juin 2014).

Même réflexion pour Fabrice Madouas, rédacteur en chef chez "Valeurs actuelles" : « Vincent Lambert n’est pas un "cas d’espèce". La décision du Conseil d’État engage le sort de 1 700 patients qui sont dans un état semblable. » (Twitter le 21 juin 2014).


"Matériau à jeter" ?L'expression est révélatrice en elle-même d'un certain genre de mentalité???Ne pourrait-on pas remplacer cette formule par une autre formule="personne en fin de vie à libérer" ???

Profitant de l’actualité sur Vincent Lambert et également du procès de l’urgentiste Nicolas Bonnemaison depuis le 11 juin à la cour d’assise de Pau, la Ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a annoncé le 20 juin 2014 qu’un projet de loi sur l’euthanasie serait présenté en décembre 2014.

Elle a confié le lendemain à Alain Cleys, député-maire

de Poitiers qui fut également le rapporteur de la commission sur l’affaire Cahuzac (qui s’était soldée par une absence de responsabilité du gouvernement mais aussi la désapprobation de cette conclusion par son président Charles de Courson), et à Jean Leonetti une mission à dont le rapport serait à rendre avant le 1er décembre 2014 sur le sujet de la fin de vie avec trois priorités : « assurer le développement de la médecine palliative, mieux organiser le recueil et la prise en compte des directives anticipées, définir les conditions et les circonstances précises dans lesquelles l’apaisement des souffrances peut conduire à agréger la vie dans le respect de l’autonomie de la personne. ». C’est risquer d’ouvrir un nouveau "front" de clivage dans un pays à la cohésion sociale déjà très fragile.

Emmanuel Hirsch (déjà cité), lui, ne serait pas opposé à une clarification législative si la loi du 22 avril 2005 était appliquée à la situation de Vincent Lambert « de telle sorte qu'on évite, une fois pour toutes, de ramener à des procédures d'exception les quelques circonstances extrêmes et complexes de fin de vie dont on estime qu'à elles seules elles justifieraient de repenser nos principes démocratiques ».

Il s’est en effet inquiété d’une inévitable jurisprudence qui s’appliquerait à de très nombreuses autres situations : « Dans l'inventaire qu'on pourrait dresser, dès à présent, des controverses alimentées par un esprit partisan, instrumentalisant la réflexion éthique à des fins idéologiques, apparaît de toute évidence une forme de négligence, de renoncement, pour ne pas dire de violence au regard des vulnérabilités humaines qui défient nos certitudes et interpellent nos responsabilités politiques. Il s'agit là d'un signe de plus qui inquiète dès lors qu'il révèle, lui aussi, une conception délétère des valeurs que porte une certaine idée de la démocratie. Déjà les proches de personnes malades ou handicapées, des professionnels se demandent douloureusement de quelle manière sera compris, après une telle sentence, leur engagement profond auprès de personnes vulnérables. Celles-là mêmes, alors qu'elles vivent déjà une précarité existentielle qui les incite parfois à douter de tout, sont de surcroît menacées, dans leur existence, par des disputations et des jugements parfois sommaires auxquels on ne survit pas. Ces controverses qui semblent dévoyer un principe de précaution appliqué sans autre forme à la gestion administrative d'une décision de fin de vie, défigurent progressivement l'image même de la personne humaine, abolissent ces expressions de la sollicitude et de la solidarité qui constituent le fondement même du respect de l'autre et du vivre ensemble. (…) Au-delà de sa personne et de ses proches auxquels je tiens à exprimer ma sollicitude, d'autres éprouveront, si elle est confirmée dans le sens de l'argumentation présentée par son rapporteur public, la décision du Conseil d'État comme une insulte à l'égard de la relation qu'ils maintiennent, au nom de valeurs respectables, avec une personne y compris entravée dans ses capacités relationnelles. Il sera demain plus délicat encore, de faire valoir la signification d'approches humaines, sensibles au quotidien d'existences malades fragiles, démunies de toute capacité d'exprimer la moindre revendication, ainsi affaiblies dans leur légitimité par une décision qui fera non seulement jurisprudence mais sera transposée à d'autres circonstances pourtant totalement différentes. » (20 juin 2014).

Refuser le maintien en vie des plus faibles, de ceux qui ne peuvent pas se défendre, qui ne peuvent pas crier, c’est construire un monde de plus en plus eugénique, où toute imperfection serait bannie, toute situation hors norme, toute situation différente et inconnue, serait rejetée, n’aurait plus sa place dans un monde qui cherche avant tout la rentabilité et le profit. Que ce soit l’État, protecteur, par l’une de ses instances suprêmes, qui y contribuerait créerait un précédent choquant.
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Vincent Lambert : la communauté médicale dénonce "le délai de trop"


RÉACTIONS - La communauté médicale dans sa quasi-totalité déplore le recours des parents de Vincent Lambert et la décision de la Cour européenne de maintenir le patient tétraplégique en vie.

La page de l'émission : RTL Midi


L'auteur de la loi sur la fin de vie de 2005 Jean Leonetti
par Anne Le Henaff publié le 25/06/2014 à 15:53

Les revirements de situation dans l'affaire Lambert furent spectaculaires, mardi 24 juin. En quelques heures, le Conseil d'État a demandé l'arrêt des soins donnés à Vincent Lambert avant que la Cour européenne des droits de l'homme, saisie en urgence par les parents du tétraplégique en état végétatif depuis six ans, n'ordonne son maintien en vie et suspende la décision de la plus haute juridiction administrative française, en attendant de juger le dossier sur le fond.

La communauté médicale vent debout

Les parents et le demi-frère de Vincent Lambert ont immédiatement fait part de leur soulagement à l'annonce de cette décision, qui interdit le déplacement du patient dans un autre établissement ou dans un pays où l'euthanasie est légale. En revanche, la communauté médicale dans sa quasi-totalité déplore le recours des parents de Vincent Lambert et la décision de la Cour européenne.

Le docteur Kariger, médecin de Vincent Lambert à l'origine de son processus de fin de vie, a estimé que ce nouveau recours était "le délai de trop". "C'est un nouvel épisode, un de plus, qui prolonge d'autant la situation dramatique de Vincent à qui nous allons devoir faire encore subir des traitements qui relèvent d'un acharnement thérapeutique et de l'obstination déraisonnable qu'il redoutait tant lui-même", a-t-il regretté.

La tonalité est la même pour Jean Leonetti, l'auteur de la loi sur la fin de vie qui porte son nom. Le député UMP a dénoncé "un acharnement judiciaire". "La loi a légiféré sur l'acharnement déraisonnable. Est-ce que l'on n'est pas arrivé, dans le cas de Vincent Lambert, de manière tout à fait légale dans quelque chose qui est tout à fait déraisonnable ?", s'est-il interrogé.

Une obstination déraisonnable

"On risque de faire vivre à Vincent Lambert une situation d'obstination médicale déraisonnable pendant des mois. Ce qu'il ne souhaitait pas, de toute évidence", a également regretté le docteur Vincent Morel qui, comme beaucoup de ses confrères, espérait une décision définitive du Conseil d'État mardi.

"Il en est autrement à la demande des parents. C'est le droit qui s'applique. J'espère que la CEDH va traiter cette question le plus rapidement possible au moins dans les mois à venir. J'aurais du mal à imaginer, humainement, que la réponse ne survienne que dans un ou deux ans", a confié le président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), au micro de RTL.

La loi Leonetti fragilisée ?

Pour la profession, la crainte est désormais réelle que la loi Leonetti soit fragilisée par cette affaire hors normes à tous les points de vue. Manuel Valls a d'ailleurs chargé Jean Leonetti et le député socialiste Alain Claeys de préparer un nouveau projet de loi sur la fin de vie, à présenter au Parlement avant la fin de l'année.
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Regard de Mgr Aupetit sur le cas de M. Vincent Lambert


Publié le 26 06 2014


Mgr Michel AupetitRéflexion de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, médecin et membre du Conseil Famille et Société, sur la décision du Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de Vincent Lambert. Décision suspendue par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH).


M. Vincent Lambert est un homme de 38 ans victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un accident. Son état correspond à ce que les médecins appellent l’état pauci-relationnel qu’on appelle aussi état de conscience minimale qui est à distinguer d’un état végétatif permanent. M. Lambert n’est pas en fin de vie. Il s’agit seulement de savoir si on arrête sa vie en supprimant l’alimentation et l’hydratation. La première question qui se pose est de savoir si le fait de nourrir et de faire boire constitue un traitement ou un soin.

Certains affirment que, s’il s’agit d’un traitement, l’alimentation et l’hydratation peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique si elles sont maintenues. En revanche, s’il s’agit d’un soin, le fait de lui donner à boire et à manger n’entre pas dans le cadre une obstination déraisonnable mais d’une attention à autrui qui est le propre de l’humanité.
Certes, M. Lambert ne peut pas boire et manger tout seul étant donné son état de conscience voilà pourquoi le médecin qui le suit avait décidé d’arrêter.

La deuxième question est de savoir si ce que l’on fait en donnant à manger et à boire est vraiment au bénéfice de la personne soignée. Par exemple, il arrive que certains patients puissent faire une fausse route à la suite d’une alimentation invasive. Dans ce cas, cette alimentation lui est plus nuisible qu’utile. Tant que la personne n’est pas en fin de vie et que son alimentation et son hydratation lui sont plus bénéfiques que nuisibles, le fait de l’arrêter devient alors un acte grave puisqu’il entrainera inéluctablement et délibérément sa mort.
Il est impossible actuellement de dire ce qu’un patient peut vivre encore de relations interpersonnelles dans un état de conscience minimale. Celles qui se tissent encore révèlent la profondeur de notre humanité qui est à l’origine de sa dignité.
L’Académie Nationale de Médecine a rappelé que le droit des patients d’avoir accès à l’alimentation ne peut être conditionné par leurs capacités relationnelles. Cette position rejoint celle de l’Église qui persiste à défendre la dignité immuable de l’homme. Cette dignité ne vient pas d’un droit octroyé par un tiers : la société, les médecins ou les juges.

Enfin, il faut savoir que le cas de M. Vincent Lambert est un cas particulier à partir duquel il est difficile de légiférer. Il y a plus de 1500 personnes qui sont dans le même état. Ce que l’on va décider pour lui va-t-il impacter sur les autres patients ? On a voulu donner aux juges la décision finale. Or, s’il appartient aux juges de dire le droit, ils n’ont pas autorité pour définir le bien ou le mal.
L’Église, protectrice de la vie et de la dignité, estime qu’« un patient en « état végétatif permanent » est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles ».

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime02.07.14 15:10

Remarque=
je suis libre de me goinfrer jusqu'à en vomir,de faire un régime,de jeûner ou ne pas jeûner pendant le Carême,de faire la grève de la faim pour une cause précise,et enfin de faire la grève totale de la faim et de la soif.
Je suis libre.
Pourquoi il n'en serait pas de même à la fin de ma vie si j'ai rédigé de façon explicite et précise mes Directives Anticipées ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime04.07.14 14:05

Vincent Lambert : le Dr Kariger décide de partir
Par la rédaction pour L'union-L'Ardennais, Publié le 04/07/2014
Par Grégoire Amir-Tahmasseb
 
 
REIMS (51). Le Dr Eric Kariger, médecin de Vincent Lambert, quittera ses fonctions le 1er septembre pour rejoindre le privé. Une décision notamment motivée par tout ce qui a entouré cette affaire. Mais pas seulement.
 
VINCENT LAMBERT - Page 3 KARIGER%20OK« Cette histoire marquera ma mémoire jusqu’à la fin de mes jours », déclare le Dr Eric Kariger.
 
Pourquoi décidez-vous de quitter ainsi votre poste à la rentrée ?
Mon départ s’inscrit dans un projet totalement personnel et bien sûr professionnel. Cela fait 23 ans que je suis au CHU de Reims où j’ai gravi toutes les strates de la carrière médicale. Aujourd’hui, j’ai le bonheur de diriger un pôle qui regroupe trois grandes filières : gériatrie, rééducation et soins palliatifs. J’ai eu le bonheur porter plusieurs projets durant ces 23 années qui sont aujourd’hui stabilisés, consolidés.
Par essence, je suis un homme de projets. J’ai toujours besoin de me projeter, de construire, de créer. Bien sûr, on ne va pas le nier, l’affaire judiciaire que l’on a dû subir à travers la situation de notre patient Vincent Lambert est un élément qui a contribué à ma réflexion et à ma décision. Mais c’est un élément parmi d’autres.
Le fait que « l’affaire Vincent Lambert » ne soit pas terminée ne vous a pas incité à repousser votre départ ?
C’est vrai que j’avais inscrit mon calendrier personnel sur celui du Conseil d’État. On était parti sur le fait que, quelle que soit la décision du Conseil d’État, pour nous, ça s’arrêtait là. Dans l’hypothèse où celui-ci confirmait nos conclusions, on était parti sur le fait de pouvoir arrêter Vincent Lambert dans ses soins en hydratation et nutrition et l’accompagner, ainsi que sa famille, dans les semaines de début de l’été.
Dès le mois de mai, j’ai sollicité le centre national de gestion des praticiens hospitaliers au ministère, demandant une disponibilité à partir du 1er septembre. Ça, ce sont les faits, rien que les faits. Pour moi, le 1er septembre, j’avais tout le temps de continuer jusqu’au bout à accompagner Vincent Lambert avec mon équipe et sa famille.
Bien évidemment, l’appel des parents au niveau de la Cour européenne des droits de l’Homme est leur droit, mais je pense que c’est le recours de trop pour des tas de raisons. Et cela indépendamment de mon calendrier personnel. C’est vrai que ça me contrarie mais ma vie continue et j’ai un engagement par rapport à un futur employeur.
Vos détracteurs vont sans doute commenter votre départ comme une sorte de reconnaissance implicite que vous n’avez pas bien fait votre travail avec Vincent Lambert et que vous préférez donc partir…
Je ne pourrais pas empêcher chacun de penser ce qu’il souhaite. Simplement, on est toujours seul face à sa conscience. Aujourd’hui, je connais les motivations personnelles et professionnelles qui sont les miennes. Le calendrier est ainsi. Que des mauvaises gens veuillent interpréter et penser pour moi, je les laisse faire.
Que va-t-il advenir de Vincent Lambert après votre départ ?
Moi je suis patron, dans ma fonction et pas simplement en tant que personne. La fonction continue. D’autres vont prendre le relais. L’équipe soignante la plus proche du patient et les médecins qui ont la responsabilité au quotidien de Vincent Lambert connaissent son dossier et sa situation clinique au moins aussi bien que moi. Donc il y a continuité des soins, ce qui est l’essentiel. Je ne vais pas me culpabiliser non plus. Je ne suis pas responsable de ce délai supplémentaire.
On imagine que vous aurez tout de même un œil sur la décision que prendra la Cour européenne des droits de l’Homme…
Bien évidemment, je reste totalement préoccupé par cette situation. Ça reste un dossier qui marquera ma mémoire jusqu’à la fin de mes jours. C’est une situation qui humainement est extrêmement sensible. De tous les milliers de patients que l’on est amené à soigner dans une vie, sans offense, on ne se souvient pas de tous. De Vincent Lambert… je suis sûr que je m’en souviendrai jusqu’au bout.
À quel point cette affaire vous aura marqué à titre personnel ?
J’ai la chance d’avoir un environnement familial extrêmement solide, avec une épouse qui a été d’un grand soutien dans ces moments-là et même mes aînés. Heureusement que j’ai été bien entouré car au printemps dernier, j’ai vraiment frôlé mes limites. J’ai été tout proche du burn-out. Tout ce qui s’est passé, c’est forcément des moments de questionnements, de doutes, de fragilités… Moi qui suis un garçon plutôt travailleur et ambitieux, je disais souvent que je n’avais jamais atteint mes limites. Je crois qu’au printemps dernier, j’ai atteint mes limites…
Il n’y a rien qui justifie qu’un être humain mette en jeu sa santé. C’est donc vrai que tout ça a favorisé ma réflexion. Ça a peut-être accéléré mon projet professionnel que j’avais en tête.
 
 
Des menaces de mort encore reçues lundi
Hier midi, le Dr Kariger est allé porter plainte après avoir reçu une nouvelle lettre de menace.
« On peut comprendre la souffrance des uns et des autres, surtout ceux qui sont directement concernés par l’affaire. J’ai toujours eu et je conserve toute l’empathie nécessaire pour tous les proches, y compris ceux qui ont eu des propos très durs sur mon équipe et sur moi. Je comprends leurs souffrances. Par contre, ceux qui s’engagent sur ces diffamations, ces calomnies, ces propos extrêmement injurieux, jusque, pas plus tard que lundi, des menaces de mort… Ça aujourd’hui, je ne le tolère plus. Je ne le supporte plus. J’ai aussi mes limites. J’ai ma famille qui a aussi ses limites, mon équipe a ses limites. À un moment, il faut dire stop à ça. » Le médecin marnais a également eu hier matin le préfet sur la question. De quoi le rassurer un peu même s’il ne veut pas tomber dans la psychose et préfère prendre un certain recul.
« Je relativise. Mon dossier de soutien est bien plus épais que mon dossier de diffamation, d’injures et d’atteinte à l’intégrité de mon équipe et de moi-même… On relativise mais de temps en temps, lorsque les totalitarismes l’emportent, la difficulté est que l’on ne sait pas où ça peut s’arrêter. On est donc obligé d’être vigilant et de réclamer la sécurité des biens et des personnes qui aujourd’hui ne font que leur travail. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime02.09.14 10:53

La France rend ses observations dans l’affaire Vincent Lambert

Poursuivi devant la Cour européenne des droits de l’homme par les parents de Vincent Lambert, l’État français doit rendre mardi 2 septembre ses « observations » dans ce dossier très sensible.


2/9/14 - 09 H 38 - Mis à jour le 2/9/14 - 09 H 38 journal la Croix


Mots-clés :
Affaire Vincent Lambert
cour européenne de justice


Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Cha...

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Cha...

HERVE OUDIN/AFP

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Champagne le 15 janvier, 2014. La femme de Vincent Lambert désirait couper progressivement l’alimentation de celui-ci, une partie de sa famille dont ses parents s’y sont opposés.


C’est la requête n° 46043/14, intitulée « Pierre Lambert et autres contre France ». Elle avait été déposée à la Cour européenne des droits de l’homme par les parents, un demi-frère et une sœur de Vincent Lambert, le 23 juin, la veille de la décision du Conseil d’État, validant le protocole d’arrêt des traitements.

Ils accusent la France d’avoir violé plusieurs droits fondamentaux de ce patient en état végétatif.

Les griefs

Selon les requérants, en validant la procédure d’arrêt en application de la loi Leonetti, le Conseil d’État et donc la France ont porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux du patient garantis par la Convention européenne des droits de l’homme : droit à la vie (article 2), interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (art. 3), droit au respect de la vie privée et familiale (art. 8).

En défense, la France, et plus précisément la sous-direction juridique du ministère des affaires étrangères, doit répondre à ces différentes accusations ce mardi. À noter que c’est la première fois que la loi Leonetti du 22 avril 2005 se retrouve devant les juges de Strasbourg.

Les autres parties habituellement présentes dans ce dossier, l’épouse de Vincent Lambert et son neveu, eux, n’ont dans cette procédure que le statut de « tiers intervenants » : ils ont présenté des conclusions écrites mais ne sont pas directement parties dans la procédure.

Six questions, dont une de forme

Les juges ont posé six questions aux parties, dont la première est de forme : « les requérants ont-ils qualité pour saisir la Cour, en leur propre nom et au nom de Vincent Lambert » ? Pour l’épouse et le neveu de Vincent Lambert, et probablement l’État avec eux, la réponse est non. Ils contestent en effet la légitimité des parents à agir.

Ils affirment notamment que pour pouvoir introduire une requête devant la CEDH, une personne doit pouvoir démontrer qu’elle a « subi directement les effets » de la mesure contestée. Quant à les considérer comme des « représentants » du patient, c’est aussi contesté par les tiers intervenants dans la mesure où, selon l’épouse et le neveu, Vincent Lambert avait exprimé sa volonté de ne pas voir sa vie artificiellement prolongée en état de dépendance. Un argument repris aussi par le Conseil d’État.

Les questions de fond 

Sur le fond, les questions deux et trois portent sur le droit à la vie : la décision en elle-même, autant que le « processus décisionnel » qui y a conduit, y portent-ils atteinte ? C’est bien la loi Leonetti qui sera ici analysée à l’aune de ce principe fondamental.

Les troisième et quatrième questions interrogent l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition : constituent-ils une torture ou un traitement dégradant ? Sont-ils des soins ou des traitements ?

Enfin, la sixième question porte sur le droit à la vie privée. La décision d’arrêt y porte-t-elle atteinte ? L’article 8 de la convention énonce en effet que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », l’ingérence d’une autorité publique n’étant possible que dans des cas précis, notamment « la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Vincent Lambert toujours sous traitement

Selon la procédure, une fois les observations de la France déposées, les requérants se verront fixer un délai pour y répondre. « Et en principe, l’échange s’arrêtera là, explique une juriste de la CEDH. Ensuite, la chambre pourra adopter un arrêt sur la recevabilité de la requête et sur le fond, le tout, le cas échéant, après une audience. Elle pourrait aussi demander un renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre ».

Malgré l’urgence de ce dossier, plusieurs semaines ou mois de procédure se profilent donc. En attendant, Vincent Lambert reste sous traitement, dans sa chambre surveillée du CHU de Reims, puisque la CEDH avait décidé, dès le dépôt de la requête, de suspendre l’application de la décision du conseil d’État. Épuisé, harcelé, son médecin, le docteur Éric Kariger, a, lui, demandé sa mise en disponibilité.

Flore Thomasset
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.09.14 15:39

source L'UNION L'Ardennais


VINCENT LAMBERT. Un collectif en appelle à l'Etat pour que l'Europe se prononce rapidement

Publié le 05/09/2014

Par E.D.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif composé de la soeur, la demi-soeur et le neveu de Vincent Lambert, d'élus politiques, de droite comme de gauche ainsi que des professionels de santé, lancent un appel à "l'Etat français d'user des outils à sa disposition pour que cette affaire ne traîne pas encore plus en longueur."

Le 24 juin dernier, alors que le Conseil d'Etat venait se prononcer sur la fin de vie de Vincent Lambert, ses parents avaient demandé un recours auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Ce collectif, dont Bérengère Poletti et Yves Détraigne sont élus de Champagne-Ardenne, estime que "la France doit donner un ultimatum à la CEDH, et s'il n'es pas respecté, elle devra autoriser l'équipe médicale du CHU de Reims à arrêter les traitements de Vincent Lambert, dans le respect de sa dignité, du droit interne et du droit international".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.09.14 15:52

Vincent Lambert : des proches demandent à la CEDH de déclarer irrecevable le recours des parents

Le Monde.fr | 24.07.2014 à 14h13

Les parents de Vincent Lambert, Pierre et Viviane, au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, le 15 janvier.

Des frères et sœurs de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont le sort déchire sa famille, demandent à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de déclarer irrecevable le recours des parents pour son maintien en vie, dans une tribune transmise jeudi à l'AFP.

« Nous demandons à la Cour européenne des droits de l'homme de déclarer irrecevable [ce recours qui] constitue un acharnement thérapeutique et judiciaire en totale contradiction avec ses demandes », déclarent dans la tribune Joseph Lambert, frère de Vincent, Marie Lambert, sa sœur, Frédéric Philippon, Guy-Noël Philippon et Dominique Lambert, demi-frères de Vincent Lambert.

La CEDH avait demandé le 24 juin aux autorités françaises de maintenir en vie Vincent Lambert, alors que le Conseil d'Etat venait de juger légale la décision médicale d'arrêter ses traitements. Par cette mesure d'urgence, la CEDH voulait se donner le temps d'examiner la recevabilité de cette requête et le fond de l'affaire.

Lire (édition abonnés) : La Cour européenne s'empare de l'affaire Lambert

« Il est maintenant acté qu'il (Vincent Lambert) ne peut plus communiquer avec ses proches et particulièrement avec sa fille de 6 ans. Les lésions irréversibles plusieurs fois établies nous ont tous convaincus de ce qu'il voudrait qu'on fasse pour lui maintenant : le laisser partir, déclarent les signataires de cette tribune. Vincent ne souhaiterait pas “survivre” dans les conditions actuelles de sa situation médicale. L'intime conviction que nous partageons tous est que sa vie actuelle n'en est plus une dès lors que Vincent ne l'aurait lui-même plus considérée comme une vie. »


Une expertise médicale demandée par le Conseil d'Etat avait confirmé l'irréversibilité des lésions cérébrales de Vincent Lambert, dont l'état, qui s'est dégradé depuis plusieurs années, a été déclaré incurable. « La dernière expertise médicale a permis de lever notre doute légitime : ressent-il une souffrance ? Non, puisqu'il n'a plus de conscience, même si son corps est douloureux et que son état se dégrade. Cette question levée nous a libérés d'un poids qui nous accablait tous », poursuivent les auteurs de la tribune.

Lire l'éditorial du Monde : Fin de vie : la sagesse du Conseil d'Etat

« Nous pensons qu'il est grand temps de préserver sa liberté de conscience, la plus ultime et la plus difficile pour nous. Nous souhaitons laisser partir celui qui n'est déjà presque plus là, le libérer de ce corps et de cette tête qui ne répondent plus, en laissant maintenant à la Cour européenne des droits de l'homme garantir ses dernières volontés », concluent-ils.

Ancien infirmier en psychiatrie de 38 ans, Vincent Lambert a été hospitalisé au CHU de Reims après un accident de la route en 2008 qui a causé, selon les médecins, des « lésions irréversibles ». Ses parents, Pierre et Viviane Lambert, ainsi qu'un frère et une sœur, réclament qu'il soit maintenu en vie. A l'inverse, son épouse Rachel, son neveu François, six autres frères et sœurs et le corps médical se prononcent pour l'arrêt des soins, considérant qu'il est incurable et que cela correspond à sa volonté.

Lire : Vincent Lambert : que va-t-il se passer maintenant ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.09.14 16:03

Si le " couple " Léonetti - Claeys attend la décision de la CEDH ... ... ...

et si François Hollande lui-même avait, en JANVIER 2013, réactualisé l'ébauche de la loi de janvier 2011 ... ... ...

Si, si, si, et si.... ... ...

En principe, les erreurs du passé refont l'avenir même si Shakespeare a écrit que "ce qui est fait ne peut pas être défait "(traduit par moi en français à ma façon)
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime06.09.14 10:42



L'appel des proches de Vincent Lambert pour de vrais soins
Home FIGARO VOX Vox Societe
Par Anne Lambert, David Philippon
Mis à jour le 05/09/2014 à 11:55
Publié le 05/09/2014 à 07:01


Vue du bâtiment de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à Strasbourg.



FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour la soeur et le demi-frère de Vincent Lambert, ce dernier doit non pas être considéré comme un mort en sursis, mais bénéficier d'un projet de vie et des soins appropriés à son état.


Depuis près d'un an et demi, nous avons souhaité rester le plus discrets possible mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire.

Nous sommes profondément meurtris par l'état de Vincent, par les défauts et refus de soins dont il est la victime depuis bientôt deux ans, et par la volonté délibérée et les manœuvres pour l'euthanasier à toute force, y compris par certains membres de sa propre famille.

C'est pourquoi nous souhaitons lancer cet appel du cœur et de la raison et rectifier les contrevérités qui courent.


Non, Vincent n'est pas un légume. L'état dit végétatif qu'on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes, car il ne correspond pas à la réalité.

Non, Vincent n'est pas un légume. L'état dit végétatif qu'on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes, car il ne correspond pas à la réalité. Ils lui préfèrent le terme cliniquement exact «d'état d'éveil sans réponse». Vincent dort, se réveille, suit parfois son entourage des yeux, réagit à certaines sollicitations, n'est branché à aucune machine, ne reçoit aucun traitement qui le maintiendrait en vie. Vincent n'a besoin que d'être nourri et hydraté.

Au bout de cinq ans, le Dr Éric Kariger a décidé de lui supprimer sa nourriture en prétendant qu'il s'agissait d'un traitement médical… Quelque explication que l'on puisse donner,cesser de nourrir et d'hydrater n'a d'autre but que de provoquer délibérément la mort de Vincent qui, faut-il le rappeler, n'est pas en fin de vie.

Nous étions une famille unie, autour de Vincent. Un homme l'a fait éclater en avril 2013: le Dr Éric Kariger, lorsqu'il a convaincu Rachel de mettre fin à la vie de Vincent par arrêt de son alimentation. Devant nos oppositions et nos supplications, il pouvait tout arrêter mais il était au contraire déterminémalgré des oppositions formelles, ce qui constitue une première dans l'histoire médicale de notre pays. Aujourd'hui comme hier, malgré l'aspect douloureux de cette affaire, il répond volontiers aux médias pour parler de lui, sans faire cas de la famille brisée qu'il laisse derrière lui. Il a été largement aidé par ceux qui, sous couvert d'humanité, ont utilisé le cas de Vincent, soit pour faire leur promotion personnelle, soit pour en faire un enjeu politique et législatif. Tous ceux-là oublient que Vincent, notre frère, est un être humain.

Comme vous, nous sommes infiniment navrés de voir notre frère dans son état. Comme vous, nous saluons Rachel qui s'est occupée de son mari pendant quatre longues années avant de décider de partir vivre en Belgique. Comme vous certainement, nous sommes admiratifs de voir à quel point nos parents, qui depuis plus d'un an ont pris le relais de Rachel, s'occupent de lui au quotidien à Reims et lui dévouent leur vie.

Aucun d'entre nous n'a envie de se retrouver dans une telle situation, c'est évident, de même que la situation de Vincent est un fardeau que nous ne souhaitons à personne.


Ce n'est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu'il n'est plus un homme. À ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d'en prendre soin.

Mais ce n'est pas parce que le fait d'entourer Vincent est pénible pour son entourage que Vincent, qui ne demande rien à personne, doit être mis à mort.

Ce n'est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu'il n'est plus un homme. À ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d'en prendre soin.

Vincent est peut-être le «maillon faible» de notre société, mais contrairement au jeu télévisé, une société vraiment humaine est celle qui accompagne ses «maillons faibles», qui les porte, qui les soigne. Une société qui met à mort ceux qui ne peuvent pas se défendre renie tous ses principes et est appelée à sombrer dans la barbarie.

Personne ne peut dire ce que voudrait Vincent aujourd'hui. Il n'a laissé aucun écrit, aucun témoignage enregistré, aucun élément digne de foi, susceptible de confirmer qu'il souhaiterait qu'on le fasse mourir. Rachel a parlé de ses prétendus souhaits verbaux pour la première fois en cinq ans quand il s'est agi de valider la décision de mort du Dr Éric Kariger. Qui accepterait d'être ainsi à la merci d'un témoignage aussi tardif et contestable?

Nous sommes au contraire témoins de la volonté de vivre de notre frère: nous avons vu qu'après 31 jours passés sans manger, sa force de vie l'a emporté: il n'a pas lâché psychologiquement, alors qu'il serait mort en dix jours en avril 2013 s'il s'était laissé aller.


Nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu'il cesse d'être considéré comme un mort en sursis et qu'il bénéficie enfin d'un projet de vie, et des soins appropriés à son état

Qui a le pouvoir, sous prétexte qu'il est bien portant, de décider de la mort d'une personne parce qu'elle serait gravement handicapée? Ni vous, ni nous.

Qui peut dire que Vincent veut mourir? Personne.

Alors pourquoi lui infliger toutes ces maltraitances, pourquoi lui refuser depuis deux ans la kinésithérapie de confort qui constitue une exigence de soin de base, pourquoi ne lui faire aucune stimulation sensorielle, pourquoi ne lui donner comme seul horizon que le plafond de sa chambre sans le mettre chaque matin dans un fauteuil moulé sur mesure, comme l'exigent les bonnes pratiques? Pourquoi refuser qu'il puisse sortir et le laisser enfermé sous clé, dans sa chambre, comme un prisonnier dans le couloir de la mort?

1 700 personnes comme Vincent sont traitées dans quelque 300 unités spécialisées ou à domicile, comme des êtres humains et ont droit à ces soins quotidiens.

1 700 personnes y ont droit sauf une! Vincent Lambert. Notre frère. Qui est traité comme un mort-vivant.

C'est pourquoi nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu'il cesse d'être considéré comme un mort en sursis et qu'il bénéficie enfin d'un projet de vie, et des soins appropriés à son état conformément à la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002, bafouée depuis deux ans par le CHU de Reims.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime06.09.14 10:51

Sans solution ...
Va t-on se suicider pour éviter ce genre de situation ?
Je plaisante !
Encore mon humour noir !

VINCENT LAMBERT - Page 3 848817972

Famille, je vous hais ?
Eglise, je te hais ?
Docteurs, je vous hais ?

Personne n'a envie de se retrouver dans ce genre de situation
et le principal intéressé n'en a même pas conscience
Il est question de mort, et c'est la vie...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime06.09.14 11:02

Je ne sais vraiment pas.
Mais si le Samu au départ ne l'avait pas réanimé, on n'en serait pas là
Doit-on supprimer les services d'urgence?Non,bien sûr.
Mais refaire entièrement le système.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime07.09.14 14:06

04 septembre 2014 le " Salon Beige " ... ... ... defaut36 BRR

CEDH : le gouvernement invoque l’exception française jusqu’à la mort

Poursuivie devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme par les parents de Vincent Lambert, La France vient de rendre ses observations à la Cour : le gouvernement y réclame une exception française pour déroger à la Convention européenne des Droits de l’Homme. Communiqué de la Fondation Lejeune :

« Selon les parents de Vincent Lambert, en validant la procédure d’arrêt de vie en application de la loi Leonetti, la France a porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux du patient garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme: le droit à la vie (article 2), l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (art. 3) et l’interdiction de porter atteinte à l’intégrité physique (art. 8). La France répond donc aux 6 questions posées par la CEDH. Gènéthique (www.genethique.org) s’est procuré le document. Plusieurs points intéressent particulièrement la Fondation Lejeune.
•Alors que la CEDH impose (art. 2 de la Convention) aux Etats de « s’abstenir de donner la mort intentionnellement » à la France botte en touche affirmant qu’il ne s’agit pas « d’une décision visant à provoquer la mort, mais (…) de l’attitude à adopter à l’égard de la vie d’un patient »
•Alors que la jurisprudence de la CEDH rappelle aux Etats « l’obligation positive de protéger la vie » à la France invoque l’exception du cas français arguant que « ces arrêts ne sont pas transposables au cas en l’espèce »
•Alors que l’article 2 de la Convention implique d’« assurer la protection de la vie de leurs malades » à La France oppose la prétendue « obstination déraisonnable » dont Vincent Lambert serait l’objet, un « acharnement » qui se limite pourtant concrètement à l’hydratation et à l’alimentation d’un homme qui n’est pas en fin de vie.
•Alors que la France elle-même interdit l’euthanasie, les observations de la France font valoir qu’en supprimant les « suppléances vitales » (alimentation, hydratation), le médecin « n’agit pas dans l’intention de donner la mort ».
•Alors que la CEDH (art. 3) « interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de sa juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » à la France répond que « toutes les dispositions seront prises pour éviter l’inconfort et la souffrance éventuelle du patient ».
•Alors que la CEDH (art. 8) interdit de « porter atteinte à l’intégrité physique » à la France admet qu’elle le fera mais « dans des conditions de nature à respecter sa dignité ».

Le gouvernement travestit la réalité : donner la mort n’est plus tuer. »

Posté le 4 septembre 2014 à 14h09 par Michel Janva Catégorie(s): Culture de mort : Euthanasie
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime15.09.14 10:22

Source " Alliance Vita " ... ...

Vie contre dignité : le choix truqué

Par Henri de Soos

La situation de Vincent Lambert, cet homme de 38 ans tétraplégique depuis un grave accident de voiture en 2008 et hospitalisé à Reims, se révèle toujours plus douloureuse et complexe. Le Conseil d’Etat, dans sa décision du 24 juin 2014, a jugé qu’il était légitime d’arrêter de l’alimenter et de l’hydrater – et donc de provoquer sa fin de vie -, considérant qu’il s’agissait d’un traitement disproportionné. Le jour-même, suite au recours en urgence des parents de Vincent, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) s’est emparée de l’affaire. Elle met actuellement en œuvre une procédure exceptionnelle pour rendre son jugement plus rapidement que d’habitude, ce qui prendra cependant plusieurs mois.

L’Etat français a déposé début septembre ses conclusions auprès de la Cour, qui reprend globalement l’argumentation du Conseil d’Etat. Ce 5 septembre, la sœur et le demi-frère de Vincent lancent dans la presse un appel particulièrement émouvant, un « appel du cœur et de la raison » pour le respect de la dignité et de la vie de Vincent. Ils expliquent son parcours, son manque actuel de soins, et pourquoi personne ne peut dire aujourd’hui s’il veut réellement mourir.

Dans ce contexte, d’autres membres de la famille de Vincent Lambert et des personnalités politiques ou médicales publient ce même jour une tribune plus juridique et politique. Ils adressent à la CEDH un ultimatum assez incroyable : ils n’exigent rien de moins que l’Etat français fasse pression sur la CEDH, Cour de justice indépendante qui a autorité sur 47 Etats et plus de 800 millions d’habitants ; et si cette Cour n’obtempère pas, de passer outre sa compétence et « d’arrêter les traitements » de Vincent Lambert sans attendre, c’est-à-dire de mettre fin à sa vie.

On peut comprendre la logique de cette démarche. Elle est cohérente avec tout ce qui est entrepris par son médecin traitant à l’hôpital depuis sa première décision du 10 avril 2013, consistant à mettre en œuvre un « protocole de fin de vie » par arrêt d’alimentation et d’hydratation. Pour ceux qui considèrent que cette vie n’a plus de sens, il est urgent de stopper les recours juridiques et d’en finir au plus vite…

En réalité, cet ultimatum se révèle particulièrement choquant au niveau éthique. Selon ses auteurs, il faut « mettre en balance » d’un côté le droit à la vie d’un être humain, et de l’autre côté son droit à la dignité. Sous-entendu, si on maintient en vie Vincent Lambert, ce serait contraire au respect de sa dignité. Il subirait des violations extrêmement graves, relevant notamment de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (cet article interdit la torture et les traitements inhumains ou dégradants). Le seul fait de nourrir artificiellement un homme, parce qu’il ne peut plus s’alimenter par lui-même, pourrait-il donc être considéré comme de la torture ?

Plus profondément, cette opposition entre « droit à la vie » et « droit à la dignité » a quelque chose d’inacceptable pour une société soucieuse des plus fragiles. Toute personne humaine est digne, quelle que soit sa situation et son état de santé, jusqu’à la dernière minute de sa vie. Affirmer que respecter la dignité de Vincent Lambert nécessite de le faire mourir, alors qu’en réalité nul ne sait ce qu’il pense aujourd’hui, est d’une grande violence. Cette conception relativiste de la dignité est aussi la porte ouverte à tous les excès pour les milliers de personnes qui vivent depuis des années dans un état similaire.

Pourquoi un tel acharnement de certains membres de la famille à obtenir la mort de Vincent Lambert ? Des responsables politiques ou des médecins, même de soins palliatifs, ont-ils un intérêt particulier à exiger l’arrêt d’alimentation et d’hydratation d’une personne qui ne leur a rien demandé ? Pour mémoire, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, il est lourdement handicapé depuis plusieurs années. Peut-on vouloir à ce point le bien d’une personne malgré elle, quand ce prétendu « bien » consiste à mettre fin à sa vie ?

Le fond du problème soulevé par la situation éminemment complexe de Vincent Lambert, c’est le statut de l’alimentation pour les personnes qui ne peuvent se nourrir elles-mêmes. Que ce soit considéré comme un soin (au même titre que la toilette, le lit propre et la chambre chauffée) ou comme un traitement (parce que nécessitant une légère intervention, le plus souvent médicale, de rares fois chirurgicale), l’enjeu est finalement le même : arrêter volontairement d’alimenter une personne qui n’est pas en fin de vie relève d’une volonté euthanasique. Ce qui va sans dire va mieux en le disant.

L’appel exceptionnel lancé aujourd’hui par la sœur et le demi-frère de Vincent mérite au contraire d’être entendu. Ils demandent qu’un réel projet de vie et des soins appropriés lui soient procurés, comme en bénéficient au quotidien les 1700 autres personnes vivant des situations comparables en France. Il en va de l’honneur de la France et de sa conception des Droits de l’Homme.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime15.09.14 22:31

Le comité d’éthique publie ses observations dans l’affaire Vincent Lambert

Alors que son rapport sur la fin de vie est attendu dans les prochaines semaines, le comité consultatif national d’éthique plaide pour une révision de la procédure collégiale prévue par la loi Leonetti.

15/9/14 - 16 H 46 journal la Croix

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne...

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne...

(FRED DUFOUR/AFP)

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne peut plus s’exprimer.

Avec cet article

La France rend ses observations dans l’affaire Vincent Lambert


Avant de valider, fin juin 2014, la décision d’arrêt des traitements sur Vincent Lambert, le Conseil d’État avait sollicité les lumières de trois institutions : l’Académie de médecine, le Conseil national de l’Ordre des médecins et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce dernier vient de rendre publiques ses « observations », explication méticuleuse de la loi Leonetti.

Outre ses éclairages sur les notions-clé (obstination, traitement, etc), le Comité soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne peut plus s’exprimer. Celle-ci s’est particulièrement posée dans l’affaire Vincent Lambert, la famille et les médecins se déchirant sur la volonté présumée de ce patient, qui n’a pas rédigé de directives anticipées. « Devons-nous admettre qu’un tiers puisse savoir si la vie de cette personne doit continuer à être vécue, et qu’il puisse juger de la qualité de sa vie ? », interroge ainsi le CCNE.

« Décision » collective sur l’arrêt des traitements

Selon lui, un arrêt des traitements « ne devrait pouvoir résulter que d’une décision collective, impliquant à part entière les soignants, la famille et les proches ». Il préconise de rééquilibrer le rapport entre la famille et le médecin en passant d’une « consultation » collective, telle que prévue dans la loi Leonetti, à une « décision » collective.

En l’état du droit, le médecin doit en effet « consulter » un confrère, la « personne de confiance ou la famille, ou à défaut des proches, et le cas échéant, les directives anticipées »… Mais in fine, il est le seul à décider. Le législateur entendait ainsi décharger les familles de la responsabilité d’une décision d’arrêt.

Le médecin juge et partie

Sauf que « le médecin se trouve placé dans une position où il est à la fois juge et partie », déplore le CCNE qui plaide pour que « soient pris en compte collectivement, à part égale, et sans hiérarchie, les arguments » de toutes les parties. Pour lui, le « point de vue médical » ne doit pas être considéré « comme seul habilité à rendre le “verdict” ». En cas de désaccord, et si « le temps long » de la consultation ne permet pas de trouver une « réponse consensuelle », une médiation « indépendante de toutes les parties, y compris de l’administration hospitalière et des établissements de santé » pourrait être engagée.

Le CCNE développe là une piste de réforme déjà esquissée dans son avis Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, publié en juillet 2013. Il y plaidait aussi pour que les directives anticipées soient plus contraignantes. Des mesures qui figureront donc probablement dans le nouveau rapport sur la fin de vie, attendu début octobre 2014.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime02.10.14 10:10

Rachel Lambert prend la plume pour parler de Vincent

Vincent, parce que je l'aime, je veux le laisser partir.

 
Le mardi 30 septembre 2014 à 00:03:13 -

La situation de Vincent Lambert demeure bloquée depuis 2008. Tombé dans un état végétatif à la suite d'un accident de moto, le jeune homme est victime des dissensions qui règnent au sein de sa famille. Si certains veulent le laisser partir, d'autres s'y opposent, à commencer par ses parents.
 
C'est pour faire entendre ce conflit déchirant dans ce qu'il a de plus intime que la femme de Vincent Lambert, Rachel, a souhaité prendre la plume pour présenter les raisons de son combat.
 
Ce livre témoignage vient d'être publié aux éditions Fayard (17 €) sous le titre : Vincent, parce que je l'aime, je veux le laisser partir. Et depuis, l'auteure est entrée dans un marathon médiatique, enchaînant les prises de parole à la télévision comme à la radio.
 
Avec ce livre, l'épouse de Vincent Lambert, qui avait préféré rester en retrait des médias, entre de plain-pied dans l'univers de la communication afin de faire entendre sa voix. Cette infirmière de 33 ans livre un témoignage à fleur de peau sur une situation extrêmement difficile.
 
Voulant sortir des partis pris et des opinions fondées sur des croyances, Rachel Lambert présente ses échanges passées avec son mari sur la question de la fin de vie tout en refusant « que Vincent soit un étendard ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.10.14 17:24

le JDD


28 septembre 2014


Rachel Lambert : "Je lui dis mon amour au milieu de cette folie"

INTERVIEW - Rachel Lambert, dont le mari est en état végétatif, détaille au JDD les raisons pour lesquelles, contre l’avis des parents de Vincent, elle souhaite "l’application de la loi" et l’arrêt des traitements.



C'est une discrète qui pèse ses mots, muselle sa colère, dose sa liberté d'expression. Hors de question d'attaquer de front ses beaux-­parents, des catholiques pratiquants avec qui elle est en désaccord sur l'avenir de son mari ou de rendre coup pour coup aux sites intégristes qui l'ont traitée de "monstre". Rachel Lambert, l'épouse de Vincent ­Lambert, prend la plume sans esprit de revanche. Dans son livre-­témoignage à paraître lundi, Vincent. Parce que je l'aime, je veux le laisser partir (Fayard)*, elle esquisse un portrait touchant de son mari et explique ce qu'il aurait souhaité pour lui-même en cas de drame : la mort, dans le cadre de la loi Leonetti, par arrêt de l'alimentation et de l'hydratation qui le maintiennent artificiellement en vie depuis son accident en 2008.

Sans autocomplaisance, sans se poser en victime ni en femme-courage, cette infirmière de 33 ans, qui avait jusque-là peu répondu aux sollicitations de la presse, chronique de longs mois d'intrusion judiciaire et médiatique dans son intimité. Alors que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par les parents et deux frères et sœurs de Vincent Lambert désireux de le voir rester en vie et de le faire transférer dans un centre pour patients en état végétatif, tient le sort de l'homme qu'elle aime entre ses mains, la jeune femme espère seulement que la justice décidera de bousculer ses usages et de statuer en urgence.

Pourquoi prendre la parole aujourd'hui?
J'ai envie qu'il reste la beauté de notre histoire. Dans la première partie du livre, je raconte des choses simples : notre rencontre, mon admiration d'élève infirmière pour le soignant aguerri qu'il était déjà, notre mariage et le plaisir de vivre ensemble dans une petite maison à la campagne, puis le bonheur, pendant deux trop courts mois, d'apprendre à deux le métier de parents. Cela peut sembler paradoxal car je suis discrète, comme l'était Vincent, mais c'est une manière de dire mon amour au milieu de toute cette folie médiatique.

«Je ne veux pas me transformer en pasionaria de l'euthanasie»

Comme Vincent avant son accident, vous êtes infirmière psychiatrique. Vous utilisez donc le mot "folie" à dessein?
Oui, cette histoire est folle, me dépasse. La fin de vie est un débat passionnel. Depuis plus d'un an, tout le monde s'est invité dans notre intimité. J'ai subi des pressions, j'ai été insultée, suivie par un détective. Sur certains sites pro-vie, j'ai lu que je n'avais qu'à divorcer, que j'étais un monstre. Des photos de Vincent à l'hôpital ont été diffusées sur Internet, ce qui constitue un viol de sa propre intimité, à lui qui ne peut pas se défendre. On les a même affichées sur des Abribus. On a tagué son nom sur des trottoirs! On a menacé la vie du médecin qui le soignait, celle de la famille de ce docteur qui, épuisé, a fini par quitter l'hôpital. À cause de tout ce tumulte, j'ai dû m'éloigner de Vincent et déménager pour protéger mon enfant. C'est une violence irraisonnée.

Pour les opposants à l'euthanasie, votre mari est devenu un symbole…
Cela m'attriste. Que leur répondre? Je ne veux pas me transformer en pasionaria de l'euthanasie. Je ne veux même pas exposer mes propres convictions. En plus des catholiques traditionalistes, l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés s'est invitée dans la procédure. Est-il question d'un cas singulier ou d'un cas emblématique dont l'impact rejaillira sur les 1.700 patients en état pauci-relationnel? La liberté que devrait avoir ­Vincent n'empiète en rien sur celle des autres malades. Ce qui compte, c'est qui était Vincent.

Qui était-il?
Un homme libre qui savait exprimer son désaccord au besoin, faire valoir son point de vue. Il s'était affranchi du carcan dans lequel il avait grandi tout en gardant une profonde spiritualité. De façon générale, il n'aimait pas les dogmes.



Rachel Lambert et son mari en 2007 lors de leur voyage de noces. (DR)

Aviez-vous parlé de la fin de vie?
À l'époque, comme je travaillais auprès d'handicapés, le sujet était venu tout naturellement dans la conversation. Ce genre de discussions pas forcément tristes, sous le signe de l'humour noir, sont fréquentes chez les professionnels de santé confrontés à la maladie. Nous deux, nous en avions parlé sérieusement. Vincent avait 30 ans, moi cinq de moins, mais on avait conscience que la vie pouvait basculer. Lui ne supportait pas l'idée d'être cloué à un lit, dépendant. Depuis toujours, et sans doute à cause d'une blessure d'enfance, mon mari n'aime pas qu'on le touche. Il était pudique au point de détester une caresse sur la joue. Un jour, en 2007, Vincent veut me faire promettre que si quelque chose lui arrive, je ferai ce qu'il faut pour qu'il parte. Je lui dis que c'est une promesse que je ne peux pas lui faire. Vincent était, pour lui-même, favorable à l'euthanasie en cas de malheur.

Dans le livre, vous vous élevez contre la publication d'une photo de votre mari dans la presse sur laquelle il semble en éveil, le regard tourné vers le dessin d'un oiseau bleuté.
En la regardant, on peut avoir l'illusion qu'une communication avec lui est possible, que Vincent est simplement handicapé. Il n'est pas handicapé, il est maintenu artificiellement en vie.

«Son état de santé s'est dégradé. Vincent n'est plus présent»

Regrettez-vous qu'il n'ait pas couché ses directives anticipées par écrit?
Tout infirmiers que nous étions, nous ne connaissions pas la loi Leonetti sur la fin de vie. Quand on est marié, on pense que la parole du conjoint suffira, en cas de drame, à porter la vôtre auprès de l'extérieur. Pour Vincent, sa famille, sa vie quotidienne, c'était nous, sa fille et moi. Pour deux adultes en couple, c'est l'évidence même. Depuis la nuit des temps : "C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair", peut-on lire dans la Genèse.

À vous entendre, on a l'impression que les commentateurs qui vous opposent à Viviane Lambert, en renvoyant épouse et mère l'une contre l'autre, ont en partie raison…
Je respecte les convictions des parents de Vincent, de sa sœur et de son demi-frère qui pensent, contrairement au reste de la fratrie et à moi, que mon mari doit rester en vie. Simplement, je dis que c'est la parole de Vincent qui devrait être prise en compte. Dans certaines interviews, on ne m'appelle pas Rachel Lambert ou Mme Lambert mais Rachel. Un simple prénom. C'est une manière de me reléguer en dehors de la famille de mon mari. Moi, cela ne me fait rien, mais c'est comme si on voulait renier ce que Vincent avait construit.

Après avoir été rare à son chevet pendant les premières années, sa mère, qui vivait loin de Reims, est désormais au côté de Vincent tous les jours. Ne vous a-t-elle pas évincée? Vous qui ne l'avez pas quitté durant plus de cinq ans, lui rendez-vous toujours visite?
Bien sûr, je lui rends visite très régulièrement. J'accroche des photos dans sa chambre, je me réjouis que soit diffusée la musique qu'il aime, et Les Chiffres et les Lettres, son programme télé favori. C'est très respectueux de ce qu'il était. Excepté les mesures de sécurité pour empêcher les intrusions dans sa chambre, rien n'a changé. L'équipe médicale qui s'occupe de lui depuis 2009 continue à faire un travail impeccable. Vincent a un petit trou dans l'estomac qui lui permet, grâce à une sonde, d'être nourri, nutri plus exactement. On lui fait sa toilette, ce qu'il aurait détesté. Enfin si, une chose a changé : comme l'ont montré les dernières expertises médicales, son état de santé s'est dégradé. Vincent n'est plus présent.

«Je suis devenue une funambule sur le fil du coma de Vincent»

Dans le livre, vous racontez que l'idée de laisser mourir votre mari s'est imposée très lentement.
Dès le premier jour, au moment de l'accident, je me suis jetée à corps perdu dans l'accompagnement de Vincent. C'était essentiel pour moi et pour lui, de lui montrer qu'il était important. Le jour de notre mariage, on s'est promis d'être toujours là l'un pour l'autre. Pour moi, ce n'était pas des paroles en l'air. Les médecins avaient dit que la première année serait décisive. Durant ces premiers mois, ces cinq années, je suis venue chaque jour à son chevet. À ce moment-là, et sans jugement aucun de ma part, aucun de ses proches ne venait autant que moi. Ma vie professionnelle s'est arrêtée. J'ai choisi ma famille. Le quotidien n'était pas simple mais la décision de l'accompagner, oui. Je suis devenue une funambule sur le fil du coma de Vincent. J'ai été présente en réanimation, deux fois par jour. Aux yeux des infirmières qui osaient à peine me dire bonjour tant elles étaient tristes pour moi, j'étais juste une femme avec son bébé dans le couloir, une femme qui a sevré sa fille dans la salle d'attente de réanimation. Lors du transfert de mon mari en neurologie, j'étais encore là. Je l'ai suivi ensuite au centre de rééducation de Berck, dans le Pas-de-Calais. Contre toute attente, j'étais quand même portée par un fol espoir. Un jour, à Berck, Vincent a soudain levé sa jambe et j'ai cru à un miracle. Une autre fois, après une opération, j'ai eu l'impression que son regard était moins voilé. Tous ces espoirs déçus m'ont amenée à accepter son état. Tout comme le fait d'être à son côté chaque jour. Au final, la médecine se devait d'être humble et de savoir se retirer. Il n'y avait rien à attendre. Le retour à la conscience était impossible.

Aux yeux de certains, vous allez passer pour une sainte….
Je ne revendique rien. Sortons de la caricature : entre le monstre et la sainte, il y a juste moi qui ai accompagné mon mari et décidé de lui montrer qu'il était précieux.

«En première instance, la justice a été lapidaire et sans humanité»

Quand avez-vous accepté l'idée de le laisser partir?
En juillet 2011, le médecin responsable du Coma Science Group de Liège, un centre hyperspécialisé dans la prise en charge de patients comme Vincent, m'a dit qu'il n'y avait pas d'espoir et a ouvert une porte vers l'euthanasie, autorisée en Belgique. Ce jour-là, j'ai répondu que c'était ce que Vincent aurait souhaité mais que je n'étais pas capable de monter un dossier en ce sens. Plus tard, l'équipe médicale du CHU de Reims m'a expliqué qu'à cause de la dégradation de la santé de Vincent, une période de réflexion s'engageait. L'idée de cette dernière perte était douloureuse mais en même temps, je me consolais en pensant que Vincent serait peut-être bientôt entendu dans ce qu'il était. Quand on le voit alité, on oublie l'homme qu'il a été. Il y a une différence entre la Belgique et la France, entre le faire partir et le laisser reprendre sa liberté.

Vous dites avoir pleuré en écoutant le rapporteur du Conseil d'État expliquer que, à ses yeux, le cas de Vincent rentrait dans le cadre de la loi Leonetti.
En première instance, la justice a été lapidaire et sans humanité. Aucun expert n'est allé rendre visite à Vincent. Personne ne m'a auditionnée, moi, sa première famille. Le Conseil d'État a, lui, soigneusement instruit le dossier. J'ai été frappée de la délicatesse du rapporteur public. Cet homme a entendu qui était Vincent.

Où en est la procédure devant la Cour européenne des droits de l'homme?
Je n'ai aucune nouvelle. Peut-être est-ce parce que, devant cette cour, je ne suis, une fois encore, qu'une "tierce personne". La procédure s'intitule "Affaire Lambert contre la France". Mon but n'est pas de faire pression sur cette cour qui a dit qu'elle statuerait dans les meilleurs délais. Je note simplement que le temps d'une telle institution et le temps de Vincent ne sont pas les mêmes.

Vous vous battez pour votre mari, mais vous, en exil, insultée, vous n'êtes pas libre…
Je ne me pose pas la question, j'agis par amour. Tout ce que je veux, c'est qu'il soit entendu, dans le respect des vœux échangés. Moi aussi, je suis un peu vieille France, je crois aux promesses.

* écrit en collaboration avec Adeline Fleury.
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Vivre ou laisser mourir : le cas Vincent Lambert

Agnès Farkas( Qui c'est, celle-là ? ) BRR

mardi 4 février 2014

1411 visites | 6 commentaires


Il y a 5 ans, Vincent Lambert a été hospitalisé au CHU de Reims après un accident de la route. Il vit depuis dans un état « pauci-relationnel » [1] c’est-à-dire qu’il est en état de conscience minimale. Ce n’est donc ni un coma, ni un état végétatif.

Une triste affaire familiale qui oppose la femme de Vincent Lambert qui demande l’euthanasie, à ses parents qui défendent son droit à la vie et qui ont porté l’affaire en justice. Cette affaire peut ouvrir la voie à une « modification des lois existantes »  comme le demande la ministre de la Santé Marisol Touraine, d’autant que, il faut le souligner, François Hollande compte engager un grand débat sur la fin de vie avant cet été.

Suite à une plainte criminelle des parents de Vincent « pour tentative d’assassinat sur personne vulnérable » contre le CHU de Reims et le Dr Kariger, les juges du Tribunal administratif de Chalons en Champagne ont affirmé que « la poursuite du traitement n’était ni inutile, ni disproportionnée » et que nourrir Vincent Lambert ne relevait pas de l’« obstination déraisonnable » comme l’affirme le Dr Kariger.

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. » Ainsi s’exprime le serment d’Hippocrate, que nous devons rappeler à tous en un temps de crise qui rappelle les débats eugénistes des années trente du XXe siècle où la discussion portait sur ces vies « qui ne valent pas la peine d’être vécues ».


Entretien avec le Docteur Bernard Jeanblanc

Chef de service d’une unité pour polyhandicapés et d’une unité de vie spécialisée pour les « pauci-relationnels » à Strasbourg.

Agnès Farkas : Vous aviez précisé lors de divers entretiens avec la presse qu’en France les 1500 patients se trouvant dans le même état que Vincent Lambert bénéficient tous d’une « prise en charge s’inscrivant toujours dans un projet de vie, et pour cause : ils ne sont pas en fin de vie ». Une décision juridique menant à l’euthanasie n’aura-t-elle pas des conséquences directes sur eux ? Précisons aussi que Vincent n’étant pas en fin de vie, il n’entre donc pas dans les critères de la loi Léonetti de 2005

Docteur Bernard Jeanblanc :  C’est là tout le problème ! Aucunement, la presse n’a évoqué la situation des patients comme Vincent, qui n’est ni dans le coma ni en état végétatif. Si la loi Léonetti s’applique à tout citoyen en fin de vie, elle ne s’applique pas aujourd’hui à Vincent car il n’est pas atteint d’une maladie incurable et n’est pas non plus en fin de vie. Il est handicapé ! Il n’a pas non plus émis de demande anticipée d’euthanasie ou exprimé son désir de mourir.

Notre gros soucis est l’attitude du médecin de Reims, le Docteur Kariger, qui aurait suspecté, je dis bien suspecté chez Vincent « l’envie de mourir », par des comportements qui seraient « oppositionnels à certains soins ». Donc d’une suspicion, d’une chose qui ne s’est pas exprimée verbalement, il en a fait une certitude. C’est çà le drame, il y a un côté abusif et suffisant dans le fait qu’une simple suspicion devienne une certitude. Il veut donc appliquer la loi. Mais c’est un abus d’interprétation de celle-ci.

C’est pourquoi nous sommes inquiets, si le Dr Kariger parvient à faire reconnaître cet état de fait, nous pourrions aller vers des abus et faire appliquer cette loi sur d’autres malades. Dans ce sens, le pouvoir médical devient abusif. C’est contre cela que nous luttons mes collègues et moi-même.

Certains peuvent dire, « Vincent ne veut pas être dans cet état là », mais personne ne veut être dans cet état. Nous sommes dans la mésinformation !


La conscience est le début d’un monde. En son absence il n’y a pas de soi, pas d’environnement, pas de douleur, pas de joie ; il n’y a simplement rien du tout.
– Dr A. Seth Greenwald, bio-académicien

N’avez-vous pas l’impression que l’on donne de mauvaises définitions de ce qu’est la notion de vie ?

Absolument ! Tout d’abord, on se permet de juger d’une qualité de vie relationnelle. D’ailleurs pour Vincent il y a vie relationnelle, et nul ne peut se prévaloir de juger de la qualité de celle-ci. Un de mes patients est en état végétatif, il n’a que peu de vie relationnelle apparente, mais il a une épouse qui le ramène à la maison toutes les fins de semaine et qui a acheté un véhicule adapté à cet effet. Elle me dit : « Pour nous, il est là et il n’est pas question qu’il s’en aille ».

C’est choquant de voir que certaines personnes, certains soignants, certains médecins s’arrogent un droit de jugement sur la qualité de vie. Qui peut véritablement apprécier cela ? Le patient ne peut pas l’exprimer, mais sa famille est vraiment présente et quand je vois leur engagement auprès de ces patients, on est souvent scotché. L’investissement des parents dépasse souvent ce que l’on peut attendre d’un engagement auprès de patients atteints d’autres pathologies. Je crois qu’ici nous abordons un monde que nous ne connaissons pas encore. Il y a encore une sollicitude de la société par rapport à ces patients.

Ce que je regrette dans cette affaire qui est hautement médiatisée, c’est qu’on n’a jamais interrogé des professionnels qui ont une expérience dans ce domaine et qui sont souvent aussi contrits que moi par ces interprétations de signes dits « d’opposition aux traitements ».

La prise en charge représente-t-elle un facteur important ?

Il est actuellement dans une unité de soins palliatifs gériatriques et ce n’est pas ce qui était recommandé par la circulaire ministérielle de 2002 dans des cas identiques au sien. Il faut des unités dédiées à la grande dépendance et adossées à un service de soins de suite et d’adaptation. Là on se trouve dans une unité de soins palliatifs dédiée à la fin de vie. La qualité des soins est très bonne mais ce n’est pas la bonne démarche.

Nous sommes dans une société du paraître et si vous n’êtes pas l’homme ou la femme idéalisés médiatiquement, on a tendance à vous exclure.

C’est évident ! Il y a une part de la population que l’on ne veut pas montrer. Le handicap fait peur. Il n’y a rien de neuf.

Peut-être ! Mais le personnel médical se trouve malgré tout confronté à cette société du paraître et celle-ci n’aurait-elle pas tendance à créer une forme de culpabilisation de celui-ci par rapport à cela ?

Quand je vois l’engagement de mon équipe d’une trentaine de personnes : il n’y a que des volontaires pour venir travailler dans ma clinique. Il existe un investissement personnel et affectif de chaque soignant pour les patients. Il y a eu récemment un décès dans mon unité. Il faut faire un débriefing le lendemain, il faut accompagner le personnel. C’est dur ! Ce sont des personnes qu’ils côtoient au quotidien. C’est un personnel remarquable et je crois qu’il existe encore des personnes qui s’engagent auprès des patients les plus vulnérables.

Ces actions devraient être plus portées au grand public.

Mais oui ! Mais encore faut-il pouvoir trouver des oreilles attentives. Voici ce qui m’a surpris lorsque je suis allé à Chalons en Champagne : il y avait quand même une quarantaine de journalistes dans la salle, tous médias confondus, et à l’issu du compte-rendu de l’audience juridique, ils se sont précipités vers l’épouse de Vincent, ses avocats et le Dr Kariger mais personne n’est venu vers mon collègue et moi-même. C’est choquant !

On vous isole dans une salle, car vous représentez la contradiction.

Car la véritable notion de la vie du futur disparaît face à l’handicapé. J’ai vu beaucoup de journalistes faire grand bruit devant le film Intouchables. Alors pourquoi ces mêmes médias, devant Vincent qui est un homme qui se retrouve dans une situation quasi identique, ne donnent plus la même perception des choses au public ?

Ils n’ont pas une réelle connaissance du dossier. Ce n’est pas facile de parler de ces patients car cela n’intéresse pas grand monde et ça fait tellement peur. On n’aimerait tellement pas se trouver dans cette situation. C’est sûr. J’en parlais à un confrère qui me dit : « De quel côté es-tu ? ». Je lui réponds de celui des patients en état végétatif les plus vulnérables. Voilà mon attitude. Il me dit : « Mais tu te rends compte de ce que tu fais ? ». En réalité, il était terrifié.

Leonetti a dit que la loi pouvait s’appliquer à Vincent Lambert. Qu’en pensez-vous ?

Le tribunal a affirmé qu’il y avait utilité à continuer l’hydratation et l’alimentation de Vincent tant qu’il y a une vie relationnelle. Cette situation met dans l’embarras beaucoup de monde. Il faut rétablir un véritable statut pour les patients vulnérables. Ce sont des personnes qui doivent êtres traitées comme les autres patients. C’est le premier point ! Deuxièmement, il faut revoir les statuts de l’alimentation et de l’hydratation, qui ne sont pas des méthodes de réanimation mais des techniques, et les produits utilisés ne sont pas des médicaments mais des produits comme le lait maternisé qui servent à nourrir des personnes qui ne peuvent pas déglutir. Ce sont des points fondamentaux !

Ce qui est effrayant, c’est la non reconnaissance d’une partie de la population qui deviendrait des sous-hommes de par leur handicap. Par conséquence, il y aurait une perte de la dignité de ces hommes et femmes.

Quelle est l’évaluation qui permettrait cette perte d’humanité ?

On ne perd jamais son humanité. C’est un principe qu’il faut défendre. On reste des personnes. Sans parler du nazisme, nous ne pouvons pas laisser faire des expérimentations sur des individus humains comme sur des animaux ou appliquer les théories d’autres, soit disant philosophes, comme H.T. Engelhardt ou Peter Singer, qui affirme que ces personnes ne sont pas dignes de vivre ou qu’elles seraient moins à prendre en compte que des chimpanzés. Nous sommes dans un moment eugénique.

Peter Singer est pour qu’on « avorte » un enfant jusqu’à un an après sa naissance.

Quand Véronique Fournier dit à Eric Fabro dans Libération  : « Vincent Lambert n’est plus une personne ». Alors quand vous entendez un responsable du comité d’Etique de Cochin dire une chose pareille. C’est vraiment grave. Nous évoluons vers une dégradation de la dignité humaine.

J’ai sous les yeux un article sur des patients en état végétatif que l’on a soumis à des tests. Les résultats montrent qu’ils sont capables de rester attentifs et qu’ils répondaient aux sollicitations. Alors, comment peut-on affirmer que l’on sache juger du moment où un individu ne serait plus une personne ? Le débat sur la fin de vie sera un sujet abordé par le gouvernement Hollande. Il voudrait une révision de la loi Léonetti. Et quand je vois où en est le débat chez nos voisins suisses ou au Benelux, ou même dans l’Oregon aux États-Unis où on promeut les « testaments de fin de vie » , ou lorsqu’on « permet » à des enfants de 12 ans de demander l’euthanasie comme en Hollande. Je pense que l’on pourrait passer des caps. Je suis inquiète.

Les patients Alzheimer sont aussi menacés. J’organise au mois de mars dans la banlieue de Strasbourg une conférence-débat « L’euthanasie : danger ou choix pour les patients les plus vulnérables ». Il n’y aura pas de partisans de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) à la tribune. Nous voulons apporter une contribution dans le débat actuel. Nous aurons la présence d’un ancien parlementaire, Monsieur Nilbur, qui nous expliquera comment les parlementaires en sont arrivés à accepter cette gradation sur les traitements. Maître Payot, avocat engagé dans les droits de la santé, qui a rédigé l’amendement pour le Sénat sur le statut de l’alimentation (et qui a été rejeté) sera à la tribune. Nous allons tenter de sensibiliser et essayer de médiatiser l’événement.

Restons vigilants pour éviter les dérives de la société vers une catégorisation ou un rejet des personnes les plus vulnérables. C’est le fond de ma pensée.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime22.12.14 19:17

Affaire Vincent Lambert : comment les milieux catholiques traditionalistes se sont mobilisés

Farouchement opposés à l'euthanasie, les parents de cet homme tétraplégique en état végétatif militent pour le maintien en vie de leur fils. Derrière eux, la mouvance catholique intégriste agit activement.


VINCENT LAMBERT - Page 3 Vincent.daniel Par Vincent Daniel


Mis à jour le 20/06/2014 | 10:46 , publié le 06/02/2014 | 15:27

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La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi.
L'affaire oppose deux camps. D'un côté, les médecins, l'épouse et une partie de la famille de Vincent Lambert (des frères et sœurs, ainsi qu'un neveu) ont donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU. "Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça", a déclaré sa femme, estimant que le "laisser partir" constituait "un acte d'amour". De l'autre côté, les parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques et opposés à toute forme d'euthanasie, luttent contre "la mort programmée" de leur fils. Au delà de ce désaccord familial, l'affaire mobilise les réseaux catholiques traditionalistes.

"Ils utilisent la douleur de la mère de Vincent"

La mère de Vincent Lambert est proche de la fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste en rupture avec le Vatican. Une branche du catholicisme "farouchement opposée à l'abrègement de toute vie, au motif du sacro-saint 'Tu ne tueras point'", note Le Parisien (article payant). Le père, gynécologue, est un opposant actif à l'interruption volontaire de grossesse. Il a notamment dirigé l'association Laissez-les vivre dans l'Indre. Ensemble, ils appellent "les réseaux catholiques les plus sectaires 'à ne pas laisser faire cette mise à mort'", écrit Libération.
Pour le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, "les catholiques traditionalistes utilisent la douleur de la mère de Vincent pour en faire un combat politique". "Ils ont choisi des avocats proches de ce milieu, qui ont incité Viviane Lambert à faire un signalement au procureur pour tentative d'assassinat, lorsque le CHU de Reims a décidé d'interrompre les traitements, témoigne-t-il auprès du Parisien. L'épouse de Vincent a dû être entendue par la police, alors qu'elle a toujours été aux côtés de son mari depuis cinq ans dans cette épreuve." François Lambert précise que Vincent "avait pris de la distance avec [ce] milieu". Il témoigne aussi de la présence "d'une trentaine de militants intimidants" lors du procès à Châlons-en-Champagne, qui se seraient rendus par la suite au chevet de Vincent à l'hôpital pour "prier" pour lui.

Un avocat proche des milieux intégristes

Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux intégristes. Il a défendu de nombreux militants de la Manif pour tous. Il représente aussi l'institut Civitas, mouvement catholique intégriste qui se dit "engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ". Civitas s'est notamment illustré pendant l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Jérôme Triomphe a également été le conseil du magazine d'extrême droite Rivarol face au Front national, relève Metronews. Et l'avocat participe à des conférences organisées par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), un mouvement proche de l'extrême droite. Intitulé de son discours le 7 septembre 2013 : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste et à la répression policière, le combat de l’Agrif pour les libertés". "L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France", indique Metronews.
D'ailleurs, c'est Jérôme Triomphe qui a évoqué le premier le cas de Vincent Lambert. C'était sur Radio Courtoisie, en mai 2013. Les sites et blogs radicaux, proches la mouvance traditionaliste, ont ensuite relayé l'information. Parmi lesquels "Riposte catholique, Salon beige ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent", relève Le Monde (article payant) pour qui l'affaire "prend de fait une tournure politique et religieuse". Le 16 janvier, alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le président de l'Agrif (et ancien frontiste), Bernard Antony, a salué "avec émotion" cette décision. Et l'Agrif s'est félicitée "de ce que cette manœuvre de promotion de l’euthanasie par omission n’ait pu aboutir".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.01.15 15:04

Comment un patron de médecine a appliqué la loi Leonetti, le livre témoignage du Dr Kariger

08/01/2015

Crédit photo : AFP le Quotidien du Médecin

Le Dr Éric Kariger, ancien chef du service de soins palliatifs du CHU de Reims, où Vincent Lambert a été admis en juin 2009, trois mois après un grave accident de la route, aujourd’hui directeur médical d’un groupe de maison de retraite, publie ce 8 janvier « Ma vérité sur l’affaire Vincent Lambert ».

Le Dr Kariger revient sur la prise en charge du patient par son équipe, sa lecture de la Loi Leonetti, et sa vocation de médecin, alors que le sort de Vincent Lambert devrait être tranché par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) d’ici à un ou deux mois.

Le Quotidien : Au lendemain de l’audience de la CEDH qui doit se prononcer sur la conformité de la législation française sur la fin de vie avec la Convention européenne des droits de l’homme, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Dr Éric Kariger : Je suis serein et confiant car la loi Leonetti contre l’obstination déraisonnable, que je défends et applique depuis des années, me paraît être l’une des lois les plus avancées, rigoureuses et strictes en la matière. Elle enjoint de s’appuyer sur un pronostic et un diagnostic consolidés et sur les volontés du patient et d’organiser une discussion collégiale. En outre, le médecin n’est pas au-dessus des lois, ses actes peuvent être contrôlés par le juge.

La CEDH pourrait laisser la main aux États. Je serais un peu déçu car les questions qui se posent sur la fin de vie en Occident sont les mêmes partout, malgré des différences entre les cultures (la Grande-Bretagne est parfois plus pragmatique dans une logique « coût-efficacité », la médecine latine est plus « pro-life »).

J’espère que les juges européens iront plus loin en faisant une jurisprudence européenne dans les situations de limitation et d’arrêt des traitements en cas d’obstination déraisonnable, où il s’agit de « laisser mourir ». Sur ce sujet, on n’est pas loin du consensus, ce qui n’est pas le cas sur l’euthanasie. Et la loi Leonetti est extrêmement structurante pour protéger le patient contre l’eugénisme (arrêter trop tôt les soins) ou l’acharnement (trop tard). Elle remplit toutes les conditions du principe de proportionnalité entre le droit à la vie, principe fondamental, et le droit à ne pas subir des soins déraisonnables.

Pourquoi avoir écrit cet ouvrage, alors que vous n’êtes plus chef de service au CHU de Reims ?

C’est un devoir intellectuel et professionnel de savoir faire des retours d’expérience. On a droit à l’erreur, non à la récidive. Il faut savoir tirer les leçons de notre expérience.

Mon livre a aussi vocation à rappeler les faits, à expliquer, afin de sortir du manichéisme entre pro-life et euthanasie. C’est une confession personnelle, une manière d’exprimer ma vérité, ma subjectivité d’honnête homme, car il a pu se raconter n’importe quoi.

C’est enfin une manière de rendre hommage à la médecine. En tant que patron, j’ai été amené à mouiller le maillot pour défendre un patient, une déontologie, une équipe, une idée de la médecine. Je suis admiratif de mes auxiliaires, de mes aides-soignants, mes infirmiers, qui tous les jours se dévouent auprès de populations vulnérables. Je n’ai rien révélé qui n’ait déjà été médiatisé. J’évoque deux traumatismes que Vincent Lambert a subis car ils expliquent beaucoup de choses, la souffrance des parents, les relations familiales, la violence de cette affaire. J’ai essayé avec la plus grande honnêteté d’apporter une valeur ajoutée au débat.

Les députés Jean Leonetti et Alain Claeys proposent, dans un rapport au président de la République, l’ouverture d’un droit à une sédation profonde et continue. Vous semblez émettre des réserves à cet égard ?

Je salue le travail de Jean Leonetti et Alain Claeys qui ont cherché à dépassionner le débat en élaborant un compromis et en rassurant la société. Je lis la montée en charge de la demande d’euthanasie comme l’expression de la peur des patients de subir une obstination déraisonnable ; nous devons garantir à nos contemporains que l’obstination déraisonnable appartient au passé grâce à notre culture palliative, et qu’à l’inverse, nous n’arrêtons pas des soins de manière arbitraire.

La sédation, on la pratique, mais elle ne doit pas être une solution de facilité. Il faut pour cela une extrême rigueur éthique car tout est dans l’intention qui précède le geste.

J’adore ce raccourci qui permet de faire réfléchir : « dormir définitivement, c’est déjà mourir un peu. » Aujourd’hui, j’ai une difficulté. Il y a un avant et un après Vincent Lambert. Pendant des années, je me suis battu pour prendre soin des plus vulnérables. J’ai aujourd’hui un regard plus raisonné sur les états dramatiquement végétatifs chroniques. Tant qu’il y a de la relation, il y a du sens. Mais quand on est irréversiblement dans une situation de non-relation avec son environnement, n’est-on pas de fait dans un cas d’obstination déraisonnable ?

Si on veut trouver un compromis entre une médecine un peu trop pragmatique et une médecine qui prend trop de risque pour la vie, il faut donner une chance en amont (dans la réanimation) mais il faut aussi pouvoir s’arrêter quand le pronostic se consolide de manière défavorable.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime25.01.15 13:07


Manifestation contre l'euthanasie : «Je marche pour la vie de mon fils»

Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce tétraplégique au cœur d'une bataille judiciaire et familiale, défile aujourd'hui pour la première fois avec les militants de la Marche pour la vie. Elle s'en explique.

Propos recueillis par Aliine Gérard | 25 Janv. 2015, 08h45 | MAJ : 25 Janv. 2015, 08h52

Viviane Lambert ouvrira le cortège aux côtés d’associations qui la soutiennent dans son combat pour maintenir son fils en vie.
Viviane Lambert ouvrira le cortège aux côtés d’associations qui la soutiennent dans son combat pour maintenir son fils en vie. (François Bouchon.)


Les « Pro-vie » (anti-IVG) sont de retour, avec cette année, pour la 10e édition de leur Marche pour la vie qui partira à 13 h 30 de la place Denfert-Rochereau à Paris, une participante de marque : Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique de 38 ans plongé dans un état de conscience minimale depuis six ans et qui se trouve au cœur d'une incroyable mêlée familiale et judiciaire.

Elle nous explique les raisons qui l'ont décidée à se joindre à ce cortège qui proteste aussi contre l'euthanasie, et sa « confiance » en la décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui doit décider si son fils sera maintenu en vie ou pas.

Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette marche ?
VIVIANNE LAMBERT. Je marche pour la vie de mon fils. Parce que, aussi, les associations qui l'organisent défendent ce que je crois être juste : le respect de la vie, la défense des personnes vulnérables. Depuis la décision du Conseil d'Etat, la mort est suspendue au-dessus de la tête de Vincent. On avait programmé pour lui une euthanasie. Les associations qui manifestent aujourd'hui se battent également contre ça. Ma présence, c'est ma façon de les remercier pour leur soutien mais aussi de dire que je partage leur inquiétude sur les projets du gouvernement sur la fin de vie. Dès qu'on dit non, on vous reproche vos convictions. Oui, je suis catholique, mais pas intégriste.

En quoi la loi en préparation vous inquiète-t-elle ?
Je ne suis pas experte mais je me demande si un nouveau texte est nécessaire. La loi Leonetti n'a déjà pas été respectée pour mon fils. Les équipes médicales s'en sont servies pour décider de cesser de l'alimenter alors que rien ne le justifiait. Je ne vois pas en quoi une nouvelle loi améliorerait la situation. Je ne juge pas les personnes qui vont à l'étranger pour mourir, mais j'ai vu une émission à la télévision qui m'a laissée perplexe. Si je comprends bien, c'est le malade qui appuie sur la seringue. Personne ne se mouille. Si on veut vraiment soulager les malades en fin de vie, il faut des unités de soins palliatifs dignes de ce nom. Vincent, dans celle où il est, à l'hôpital Sébastopol de Reims, n'a plus de fauteuil, on ne le change pas de position, on ne le lève plus, on ne le promène jamais, il n'a plus aucune séance de kiné. C'est déplorable !

Comment se porte-t-il ?
Je vais le voir tous les jours. Mon mari y va à partir de 13 heures, j'enchaîne à 16 heures. Il dort, se réveille, bien sûr qu'il n'a pas la même conscience que vous et moi, mais quand on l'appelle il tourne la tête. Juste après Noël, il a soulevé à deux reprises la jambe droite et lorsqu'un jour je lui ai mis de la musique, son visage s'est transformé ; le poste était à sa gauche, il l'a cherché. Vincent n'est pas du tout en fin de vie, il n'est pas sous assistance respiratoire, n'a pas de tubes partout, c'est une personne handicapée. En septembre 2012, nous avions eu mon mari et moi le projet de l'emmener en vacances avec nous. Le professeur Kariger était d'accord, il n'y avait vu aucune objection.

Le docteur Kariger estime que vous faites preuve d'une « obstination déraisonnable »...
Non. Si Vincent souffrait d'un cancer, ce serait tout autre chose. Un médecin ne peut pas décider de tout, tout seul, comme l'a fait le docteur Kariger. C'est grave. Dès le début, il a été de mauvaise foi. Il a été partial, il a dévoilé le secret médical. Ce dont a besoin Vincent, c'est d'être transféré dans un établissement adapté. Dans le service où il est, ils n'ont jamais fait de projet de vie pour lui. On ne s'occupe pas de notre fils comme il le faudrait. J'attends que la Cour européenne des droits de l'homme arrête toute cette folie. Je compte les semaines.

La CEDH ne rendra pas sa décision avant deux mois. Elle a examiné l'affaire le 7 janvier dernier. Comment cela s'est-il passé ?
J'ai vraiment confiance. On a hâte que tout cela se termine. Cette audience a été éprouvante, mais elle m'a fait aussi bonne impression. Cela a été beaucoup moins pénible que devant le Conseil d'Etat. Là, quand on a attendu le rapporteur public, on a tout de suite compris, c'était comme d'attendre l'énoncé d'une condamnation à mort. Je n'imagine même pas que la CEDH ne nous donne pas gain de cause. Ce serait trop énorme !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.03.15 17:55

Actu > Société > Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit

Fin de vie
Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit
Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit

Eric Kariger, le médecin qui a suivi Vincent Lambert.
© John Schults / Reuters

Le 10 mars 2015 | Mise à jour le 10 mars 2015
Propos recueillis par Arnaud Bizot

Le texte sur la fin de vie rédigé par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti est examiné ce mardi à l'Assemblée. Eric Kariger, le médecin qui a suivi Vincent Lambert, nous donne son opinion.

Que pensez-vous de la nouvelle loi Claeys-Leonetti ?
C’est un progrès pour les patients à renforçant les obligations du médecin à être plus attentif et plus à l’écoute de ses patients. Quelque soit la loi, si des professionnels sont mal intentionnés, on peut faire n’importe quoi. Les «pro-life» et les «pro-euthanasie» sont rarement ouverts à la subtilité de la fin de vie. On ne peut rien généraliser, chaque cas est singulier. D’où la difficulté d’expliquer. Cette loi est pour moi un équilibre entre les droits du patient et les devoirs du médecin.

La sédation profonde fait-elle avancer les choses ?
Il ne s’agit pas d’endormir tout le monde.La sédation est une arme palliative d’exception qu’il faut savoir utiliser au bon moment au bon patient. C’est une pratique palliative, qui peut être temporaire ou définitive, lorsqu’on ne peut pas répondre autrement à la souffrance physique, psychique ou existentielle. Il est des patients qui n’arrivent plus à donner de sens à ce temps de fin de vie qui reste à vivre et qui réclament à ne pas être conscients. C’est une arme de dernier recours, quand on a tout tenté. Ainsi, le médecin respecte l’interdit de tuer en endormant le patient dans cette phase ultime de son existence. Je n’ai rencontré, en vingt cinq ans de carrière en soins palliatifs, que six ou sept cas qui rentrent dans ce cadre.

La sédation concerne quel type de patients ?
Il y a trois types de situation. D’abord, le patient en fin de vie mais conscient, atteint, par exemple, d’un cancer en phase terminale et qui ne veut pas vivre ça. Ensuite, le patient qui n’est pas en fin de vie, mais maintenu en vie, par une technique médicale comme dialyse rénale par exemple, qui n’en peut plus et qui souhaite un arrêt de traitement. Enfin, le cas le plus compliqué, lorsque le patient est inconscient ou en incapacité d’exprimer ses volontés et maintenu en vie par une technique médicale, comme celui de Vincent Lambert. Le patient n’est plus l’acteur, ne pouvant s’exprimer.C’est alors la procédure dite Leonetti qui s’impose avant un éventuel arrêt. La procédure est certes lourde, mais garantit une juste et bonne décision impliquant démarche collégiale, recherche des volontés du patient par ses directives anticipées, sa personne de confiance ou à défaut sa famille ou les proches. La décision repose alors sur le médecin responsable du patient. Par précaution, l’arrêt des traitements de survie s’accompagnera alors systématiquement d’une sédation. Dans l’exemple de l’arrêt d’une nutrition et d’une hydratation artificielle, la survie se compte en jours et tout le savoir-faire palliatif est mis en œuvre et les proches bénéficient d’un accompagnement.

"Le rôle d’un médecin est de sauver des vies"

Pourquoi si longtemps ?
Les militants de l’euthanasie souhaiteraient une vie écourtée brutalement. Notre volonté de ne pas tout maîtriser, jusqu’au jour et l’heure de la mort est une question essentiellement anthropologique et sociologique. C’est toute la nuance entre laisser mourir et le faire mourir. Notre meilleure garantie pour chacun réside dans la rigueur professionnelle et intellectuelle, la qualité de la démarche collégiale, la transparence de la démarche.

Les directives anticipées sont-elle une avancée ?
Le problème survient quand elles sont inexistantes, peu explicites, ou pas respectées. L’avancée majeure est que les médecins devront les respecter sauf exception. L’autonomie du patient est renforcée.

L’urgence vitale est-elle un frein ?
Ca n’est pas un scandale qu’on ait réanimé Vincent Lambert, Michaël Schumacher ou Jules Bianchi sur les lieux de leur accident ou peu de temps après. Nombre de cas ont ressemblés à ceux-là et ont récupérés. Le rôle d’un médecin est de sauver des vies. On est tous de «pro-life», mais pas dans le sens intégriste du terme. Quand aux directives «inappropriées», il faut assumer cette part de doute et de recours. C’est l’humilité de l’exercice médical. Si Mr Durand ma demandé des choses qui me font douter, j’en réfère à mes pairs. On inverse la charge de la preuve : si je ne respecte pas la volonté du patient, je devrai désormais le justifier.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.03.15 18:13

La confession embarrassante du médecin qui a rebranché le patient
Par Eric Favereau — 7 janvier 2015 à 18:26
Entre psychologie rudimentaire et révélations impudiques, Eric Kariger, l’ex-chef des soins palliatifs au CHU de Reims, explique sa démarche dans un livre.
La confession embarrassante du médecin qui a rebranché le patient
Le docteur Eric Kariger est au centre de l’histoire de Vincent Lambert. Médecin, catholique, élu politique proche de Christine Boutin, chef du département des soins palliatifs et de la dépendance au CHU de Reims, il a été présent dans presque toutes les étapes de cette affaire. Et il l’a souvent été avec un réel courage, subissant les foudres des milieux catholiques intégristes, considérant qu’il les trahissait en acceptant à un moment d’arrêter tous les traitements sur Vincent.

Catholique.
Mais il a été aussi présent avec toutes ses ambiguïtés, ses petits mensonges, ses grandes déclarations et, au final, cette situation toujours insupportable : un jeune infirmier de 32 ans, victime d’un accident de la route en septembre 2008, est depuis des années dans un état végétatif, maintenu en vie par la médecine, alors qu’il a souvent répété à sa femme qu’il ne voulait pas «vivre cette vie-là».

Ce mercredi, alors qu’un énième épisode de la saga judiciaire se tient, cette fois-ci devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg (lire ci-contre), le Dr Kariger sort un livre d’entretiens avec un journaliste du magazine catholique le Pèlerin.

Ma vérité sur l’affaire Vincent Lambert (1), tel est le titre. Il y a surtout des attitudes, des positions. Eric Kariger ne se cache pas. Il a toujours été apprécié des médias pour sa disponibilité. Il aime parler, parfois trop. Et ce livre peut provoquer chez le lecteur un sentiment gênant, lorsqu’il dit ou révèle ce que d’ordinaire un médecin a le devoir de garder. Eric Kariger raconte donc l’arrivée de Vincent dans le service, la présence continuelle et chaleureuse de Rachel, sa femme, l’attitude confuse des parents, très liés aux intégristes. Il va détailler la vie de Vincent, évoquant même les violences qu’il a subies dans un séminaire d’adolescents, pour s’aventurer ensuite dans des analyses personnelles sur les parents ; faute d’avoir défendu leur enfant à ce moment-là, ces derniers se rattraperaient en se battant coûte que coûte pour son maintien en vie.

Qui sait, mais est-ce au médecin de faire de la petite psychologie ? Eric Kariger peut être aussi émouvant, quand il reconnaît - lui le croyant - qu’il faut savoir «à un moment s’arrêter». Des erreurs de sa part ? Tout en couvrant l’équipe, il raconte que c’est elle qui a stoppé l’arrêt de l’alimentation, mais sans l’avoir prévenu. «Je les couvre», écrit-il. Certes… Quand le tribunal administratif le contraint à reprendre l’alimentation, en mai 2013, il écrit : «Le juge m’ordonne de rebrancher Vincent, trente et un jours après qu’il a été débranché. Le soir même, je retourne à l’hôpital, une infirmière m’accompagne mais j’ai le sentiment d’avoir rebranché moi-même Vincent. Je sais que c’est un geste déraisonnable… Le rebrancher, c’est revenir à l’acharnement thérapeutique.» Lorsqu’on lui demande pourquoi, à cette occasion, n’avoir arrêté que l’alimentation et non pas aussi l’hydratation - ce qui est la bonne pratique médicale -, il lâche : «L’idée était de le laisser partir lentement, de sa belle mort. C’était une erreur, à l’époque nous ne savions pas faire.»

Douleur.
Que retient-il, finalement, de cette affaire, lui qui a décidé cet été de quitter l’hôpital pour s’occuper d’un groupe privé de maisons de retraite ? «Le décalage entre les idées que l’on défend et les actes que l’on pose» ? Et quand le journaliste insiste, et lui demande l’argument au cœur de sa décision, il répond sans hésiter : «C’est la certitude que Vincent Lambert n’aurait pas voulu vivre cet état-là.»

Mais voilà, Vincent est toujours étendu, seul, sans lien aucun avec le monde extérieur, isolé sur son lit de douleur. Comment ne pas songer dès lors à l’image de Charles Péguy ? «A trop vouloir garder les mains propres, il n’a plus de mains.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.03.15 18:28

CITATION =
Par précaution, l’arrêt des traitements de survie s’accompagnera alors systématiquement d’une sédation. Dans l’exemple de l’arrêt d’une nutrition et d’une hydratation artificielle, la survie se compte en jours et tout le savoir-faire palliatif est mis en œuvre et les proches bénéficient d’un accompagnement.

Mon commentaire =
"traitements de survie", selon moi, çà équivaut à ce qui existe sans être légalisé, dit, et écrit = c'est de l'acharnement palliatif obstinément déraisonnable. Effectivement, quand un mourant meurt, il meurt sans survivre. Il meurt, point final.
"Par précaution", ce n'est même pas une certitude ! la cerise sur le gâteau, on évoque un "savoir-faire palliatif ". Pour rappel, l'idéologie palliative a été instituée en France en 1999 et nous sommes en 2015 !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.03.15 18:42

"sauver des vies"...

empêcher les mourants de mourir...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime16.04.15 21:46

Euthanasie: «Les patients servent de terrain de lutte aux idéologues»

INTERVIEW - L'ex-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique, que sa mère a aidé à mourir, a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, jeune accidenté de la route. «La vie ou la mort est un questionnement au cas par cas», estime-t-il.
Hervé Messager est l'ancien masseur-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique de 23 ans euthanasié par sa mère, Marie Humbert, en septembre 2003. Il l'a rééduqué au centre héliomarin de Berck-sur-Mer pendant près de deux ans, jusqu'à son décès. Aujourd'hui, il a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, créée le 10 avril par des amis d'enfance de ce jeune accidenté de la route, avant que la la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) ne se prononce sur son sort dans les prochaines semaines. Ce mercredi, ce sont les deux co-auterus de la proposition de loi portant sur les nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, le socialiste Alain Claeys et l'UMP Jean Leonetti, qui seront auditionnés par la commision des affaires sociales.
LE FIGARO. Pourquoi soutenir l'appel à sauver la vie de Vincent Lambert?
Hervé Messager. «Après quarante ans de métier, dont vingt ans passés à partager le quotidien des traumatisés crâniens, je sais une chose: les patients pauci-relationnels (en état de conscience minimal - ndlr) comme Vincent Lambert ne sont pas du tout en fin de vie. Je connais nombre de familles qui ont un enfant comme lui, pris en charge à domicile ou dans un service spécialisé. Si on se met à tuer les gens comme lui, moi j'en ai cinquante sur la place rien que dans mes patients. Que fait-on alors de tous ces accidentés de la vie?»
«Ces états, même si on ne peut les promettre à un avenir meilleur, peuvent évoluer. J'en ai maintes fois fait l'expérience. Dans le cas de Vincent Lambert, il n'est non seulement pas en fin de vie mais il est très résistant, son cœur et son organisme l'ont prouvé après avoir été privés d'alimentation et d'hydratation pendant plus de trente jours (selon un premier protocole d'arrêt des soins mis en œuvre par son médecin au CHU de Reims, ndlr).»
Les experts médicaux ont jugé son cas irréversible…
«On dit aujourd'hui qu'il n'y a plus d'évolution possible mais, après un tel traitement plus l'arrêt de sa kiné, de son orthophonie et de toutes les autres sollicitations - lever, mise au fauteuil, etc. - comment aurait-il pu évoluer ou aller mieux? Et dans tous les cas, depuis quand l'évolution d'un patient serait-elle une condition pour qu'il vive? On aurait tous du souci à se faire! Si les soins ont une visée rééducative, ils ne sont pas soumis à une obligation de résultat car l'efficience n'existe pas en la matière. En revanche, et c'est la loi qui le dit, tout patient a droit à des soins de confort. Ils sont requis et nécessaires, sur le plan tout simplement humain, même s'il n'engendrent pas de progrès. C'est l'essence même de mon métier. Soigner pour prendre soin, à défaut de ne pas toujours pouvoir guérir.»
Vincent Humbert n'était pas non plus en fin de vie?
«Non, pas du tout. Et il ne souffrait pas physiquement, pas plus qu'il n'avait envie de mourir. Jusqu'à la veille de sa mort, jamais il ne m'a dit qu'il avait songé à en finir. Contrairement à Vincent Lambert, il était complètement éveillé et communiquait de manière tangible. On a donc été très surpris, en décembre 2002, de sa lettre adressée au président de la République pour demander le droit à mourir. Impossible d'y voir autre chose qu'une manipulation de sa maman par le mouvement pro-euthanasie. Une fois ces associations et la médiatisation lancées, l'engrenage était parti et c'était fini. Dans cette affaire, comme dans l'autre, tout a été dit et présenté pour que la mort soit inéluctable. C'est scandaleusement faux et c'est pour cela que je soutiens le comité créé pour Vincent Lambert: pour qu'on arrête la manipulation des familles et de l'opinion, pour qu'on arrête de parler à la place de ces patients qui, faibles et sans défense, au discernement altéré ou sans possibilité de communiquer, servent de terrain de lutte aux idéologues.»
Ne craignez-vous pas, précisément, d'être rangé dans le camp des anti-euthanasie en soutenant le comité pour la vie de Vincent Lambert?
«Soyons très clairs: je n'ai aucune conviction religieuse et je n'en ai jamais eu. Un vrai mécréant. Pas plus au niveau politique. Je n'ai aucune étiquette, aucune chapelle, juste une école: la vie concrète auprès de ces patients, qui m'a appris que la vie ou la mort est un questionnement au cas par cas. Moi je ne suis pas pour la vie avant tout, et l'euthanasie m'est apparue très légitime dans plusieurs cas que j'ai connus durant l'exercice de mon métier.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime20.04.15 13:15

Fin de vie : les amis de Vincent Lambert relancent le débat


Fin de vie : les amis de Vincent Lambert relancent le débat

par Stéphany Gardier


Publié le 20.04.2015 à 09h05





Le cas de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plusieurs années, a montré à quel point la question de la fin de vie pouvait déchirer une famille. Après l’épouse, les parents et la fratrie du jeune homme, c’est au tour de ses « amis d’enfance » de faire entendre leur point de vue, via un comité de soutien créé le 10 avril, rapporte Le Figaro.
La vie de Vincent Lambert a basculé en 2008, lorsqu’un accident de la route l’a plongé dans le coma. Pendant 6 longues années, le choix de maintenir en vie ou non ce jeune homme a alimenté un « feuilleton médiatique », qui a laissé un goût amer, mais montré les limites d’un système. Faute d'entente entre les membres de la famille, le sort du jeune homme est aujourd'hui entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La CEDH, qui instruit le dossier depuis le début du mois de janvier, doit déterminer si l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation, autrement dit l'arrêt des soins, constitue une « violation du droit à la vie » et des « traitements inhumains ou dégradants ». Même si la procédure devrait être accélérée, la décision de la CEDH ne devrait pas intervenir avant encore plusieurs semaines.
 
Avant que la CEDH ne tranche, Sophie, Guillaume, Benoît ou William ont, eux, décidé de se mobiliser, raconte Le Figaro, pour faire part de « leurs doutes sur l’action de ces médecins qui disent vouloir agir selon la volonté de Vincent et proposent de mettre un terme à sa vie ». Tous amis « pour un moment ou pour toujours » de Vincent Lambert, ils ont créé un comité de soutien pour « Sauver Vincent, tout simplement ».
Ils se disent « choqués par la déferlante médiatique et judiciaire », qui les a amenés à « se mettre en mouvement »… Et veulent aujourd’hui n’être rien de moins que la voix de Vincent Lambert, et celle des « 1700 personnes (…) en situation de conscience minimale » !
Une action qui n’a pas manqué de relancer le débat, alimenté entre autres par une interview récente, dans Le Figaro également, de l’ancien kinésithérapeute de Vincent Humbert (tétraplégique euthanasié par sa mère en 2003). Hervé Messager, qui a rejoint le comité des amis de Vincent Lambert, y dénonçait le manque de soins apportés à Vincent Lambert : « On dit aujourd'hui qu'il n'y a plus d'évolution possible mais, après un tel traitement, plus l'arrêt de sa kiné, de son orthophonie et de toutes les autres sollicitations – lever, mise au fauteuil, etc... – comment aurait-il pu évoluer ou aller mieux ? ».
La loi sur la fin de vie portée par les députés Claeys et Leonetti a été adoptée mi-mars par l'Assemblée nationale, avec deux mesures phares : la sédation terminale profonde et le caractère contraignant des directives anticipées du patient. Un nouveau cadre légal, qui ne va pas assez loin pour certains, mais dont d'autres espèrent qu’il permettra d’éviter que le cas de Vincent Lambert ne se reproduise. Difficile de croire pourtant qu'une loi suffise à surmonter tous les enjeux, émotionnels et spirituels notamment, liés à la question de la fin de vie d'un proche.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.04.15 15:33

"Je savais que rien n'arrêterait les parents de Vincent Lambert"
Le Point - Publié le  06/01/2015 à 17:17 - Modifié le  06/01/2015 à 19:23

Alors que la CEDH examine mercredi le cas de Vincent Lambert, l'ancien médecin du jeune homme, Éric Kariger, livre son témoignage au Point.fr.

Le docteur Éric Kariger a été, durant trois ans, le médecin de Vincent Lambert. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP


Propos recueillis par Violaine de Montclos


Depuis un an, la chambre de Vincent Lambert, à l'hôpital de Reims, est fermée à clé par mesure de sécurité. Violence symbolique inouïe faite à cet homme inconscient devenu l'objet d'une lutte idéologique dont s'ouvre, mercredi 7 janvier, à 9 h 15, l'ultime et tragique round. Devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), les avocats des parents de Vincent invoqueront essentiellement l'article 2 de la Convention des droits de l'homme (droit à la vie) et l'article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) pour tenter de stopper la procédure d'arrêt d'alimentation confirmée en juin par le Conseil d'État.

Le docteur Éric Kariger a été, durant trois ans, le médecin de Vincent Lambert. C'est lui qui, dans le strict cadre de la loi Leonetti, a entamé une procédure collégiale d'arrêt de traitement. Lui qui, sur injonction du tribunal administratif, a dû, après 31 jours d'arrêt, replacer la sonde alimentaire de Vincent. Dans Ma vérité sur l'affaire Vincent Lambert*, il raconte en détail ce drame médico-judiciaire qui l'a poussé, en septembre dernier, à quitter l'hôpital. Ce fervent opposant à l'euthanasie, qui fut pourtant traité d'assassin et menacé de mort, ne se remettra sans doute jamais tout à fait de la violence des invectives et des menaces dont il a fait l'objet. Et, quoi que décide la Cour européenne, il n'est sans doute pas près d'oublier ce patient : Vincent que les experts jugent sans aucun espoir de récupération, Vincent que le rapporteur du Conseil d'État a décrit comme "emmuré dans sa nuit de solitude et d'inconscience", Vincent que son équipe et lui, en accord avec son épouse, souhaitaient laisser partir. Et qui est à ce jour bouclé dans sa chambre, condamné à l'état végétatif, toujours vivant. Interview.


Le Point.fr : Quand avez-vous vu Vincent pour la dernière fois ?

Éric Kariger : Lorsque j'ai quitté l'hôpital de Reims, fin août. Je savais qu'il ne m'entendait pas, qu'il ne me comprenait pas, mais je suis malgré tout allé lui dire au revoir. De la même façon que je m'étais excusé auprès de lui lorsqu'il avait fallu remettre sa sonde sur ordre du tribunal...

En août, sa chambre était encore sécurisée ?

Oui. Fermée à clé avec une caméra vidéo à l'extérieur et un contrôle systématique de l'identité des visiteurs. Au plus fort de l'affaire, il y a un an, nous avons craint que les pro-euthanasie ne viennent faire justice eux-mêmes ou que les pro-life n'investissent son chevet. Et puis, si Vincent décédait, sa mort aurait immédiatement été suspecte. Alors, la chambre a été sécurisée, même si c'est une forme de violence encore ajoutée à la violence qui lui a été faite.

Pourquoi vous être mis finalement en disponibilité de l'hôpital ?

En partie pour me protéger. J'ai fait un burn-out, je ne parvenais plus à me concentrer, j'avais des idées noires ; jour et nuit, je pensais à Vincent. Et je savais que même si le Conseil d'État nous donnait raison, ce qui a été le cas en juin, rien n'arrêterait les parents de Vincent et leurs conseillers, tout leur serait bon pour continuer de nous attaquer, mon équipe et moi. Vous savez, j'ai toujours entendu et respecté la souffrance de sa famille. Beaucoup moins ceux qui la conseillent et utilisent Vincent à des fins purement idéologiques...


Vous parlez par exemple de l'avocat Jérôme Triomphe...


Songez qu'après l'audience, en janvier, il a osé me poursuivre dans les couloirs de l'hôpital pour vérifier que j'allais bien replacer la sonde comme le tribunal me l'avait ordonné. Quel mépris... Sur le plan médical, sa plaidoirie était un tissu de bêtises, mais elle était surtout d'une violence, d'une agressivité inouïe à l'égard des médecins, à l'égard de l'épouse de Vincent.

Devant la Cour européenne, les avocats de Vincent invoquent l'article 3 de la Convention des droits de l'homme, l'interdiction de la torture et des traitements inhumains, car c'est ainsi qu'ils considèrent la privation de nourriture que vous avez une première fois tentée pour laisser mourir Vincent...


Mais, enfin, on ne parle pas de refuser de l'eau et de la nourriture à un patient qui a faim ou soif ! Il s'agit d'alimentation et d'hydratation artificielles. Si ne pas les procurer est une torture, alors, il faut d'urgence aller poser de force une sonde dans l'estomac de toutes les personnes en fin de vie qui, en ce moment même en France, ne peuvent plus ou ne veulent plus s'alimenter. C'est absurde ! Et la loi française est claire. À partir du moment où l'alimentation et l'hydratation passent par une sonde, elles constituent un traitement médical, que l'on peut, que l'on doit même dans certains cas, toujours d'après la loi, arrêter... Après l'audience au Conseil d'État, l'entourage de Vincent a laissé entendre qu'il avait récupéré un réflexe de déglutition, autrement dit qu'il pourrait ne plus avoir besoin de sonde pour se nourrir... Et qu'on le ferait donc tout simplement mourir de faim. C'est une image qui frappe les esprits, mais c'est, encore une fois, un déni de la réalité médicale. Quand bien même Vincent aurait récupéré le réflexe de déglutition, le risque de fausse route serait bien trop grand. La nourriture ingérée par la bouche, pour lui, c'est définitivement terminé.

Les avocats ont aussi laissé entendre que Vincent ne bénéficiait plus de kinésithérapie et que son état s'était dégradé en partie à cause de ce manquement de l'hôpital


Mais, enfin, s'il y a bien un malade, dans cet hôpital, qui a bénéficié d'un maximum de moyens et de traitements, au-delà de toute limite raisonnable, c'est Vincent... Il est vrai que la rééducation active a été arrêtée fin 2012, mais ça aurait été aberrant de la poursuivre alors qu'elle ne donnait absolument aucun résultat.


Il y a eu, tout de même, une erreur de votre équipe en 2012. Les parents étaient au courant de la réflexion que menaient les soignants sur un éventuel arrêt de traitement, mais lorsque la poche d'alimentation a été effectivement retirée, ils n'ont pas été prévenus. Si cette erreur n'avait pas été commise, en serait-on là aujourd'hui ?

Moralement, humainement, ils méritaient évidemment d'être aux côtés de leur fils lorsque le processus a commencé. Son épouse était là, car elle était présente tous les jours depuis le début. Mais j'aurais dû les appeler quand je me suis aperçu que l'équipe avait commencé avant la date prévue, je leur en ai demandé pardon. Je ne crois pas, cependant, que cela aurait changé le cours de l'histoire.

Pourquoi avoir publié, à la fin de votre ouvrage, vos directives anticipées ?

Lors d'une réunion publique, je me suis fait interpeller par un militant pro-life qui m'a lancé : "Je n'aimerais pas tomber sur un médecin comme vous"... Je lui ai répondu calmement d'écrire ses directives anticipées, de préciser que, en cas d'état végétatif chronique incurable, il souhaitait coûte que coûte être maintenu en vie. Il est temps que les gens sachent que des directives sont possibles, il est temps que la société se réapproprie ce débat sur la mort. J'ai publié mes directives pour montrer que les écrire ne fait pas mourir...


Qu'attendez-vous de la décision de la CEDH ?

Qu'elle confirme l'immense qualité de la loi Leonetti. Je suis chrétien et je suis un fervent opposant à l'euthanasie. Mais c'est en luttant contre l'acharnement thérapeutique, comme permet de le faire cette loi, comme nous aurions pu le faire pour Vincent, qu'on lutte, aussi, contre la tentative euthanasique...


* Ma vérité sur l'affaire Vincent Lambert, Dr Éric Kariger, Bayard.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.04.15 16:41

Quand on est malade, handicapé physique, ou mourant, on n'a pas faim et on n'a pas soif. A cause de l'immobilisme forcé, le corps n'a pas besoin d'énergie supplémentaire. Il se sert de ses réserves en eau, protides, lipides glucides, cela lui suffit.
Il existe un jeûne pour le bien-être ( élimination des toxines, je crois ? )
Donc jeûner pour mourir, au final, ce ne serait pas choquant si ce n'était pas imposé par la loi de 2005 ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.04.15 16:52

Comparer un jeune comateux à une personne âgée qui se meurt, au niveau du tube digestif, ce n'est pas du tout la même chose.
Le patient jeune comateux a besoin d'une aide technique ( comme un biberon pour nourrisson ).
La personne âgée qui se meurt n'a plus ce genre de besoin.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.04.15 17:01

Ce qui est choquant dans ce genre d'affaire, c'est qu'on ne se permettra jamais de remettre en cause les acteurs du début de l'histoire, le Samu, les chirurgiens qui se sont occupés de V.L.
Ils ont fait " mécaniquement " leur boulot, sauver des vies...
Ils ont fait ce qu'ils ont pu.
Ils ont fait ce qu'ils devaient faire.
Voilà le résultat.
Et ils ne seront jamais poursuivi ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime21.04.15 17:07

De 2011 à 2015, que de temps perdu..pour V.L. et son entourage
De janvier 2011 à maintenant, que de temps perdu ! pour nous
De mai 2012 à maintenant, que de temps perdu ! ! ! ... ...la loi Léonetti a dix ou 11 ans ( faîte en avril 2004, promulguée en avril 2005 si mes souvenirs sont exacts )
V.L. et V.H.
Ce seront qui, les prochains patients médiatisés ?
Combien seront-ils ?
2, 4, 8, 15, 30, 50, 150, 300, 550 ?
Pour combien de temps encore ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.05.15 10:30

Marie-Geneviève Lambert 
Demi-soeur de Vincent Lambert

Pourquoi je ne me réjouirai pas quand Vincent Lambert, mon demi-frère, mourra

Publication:  05/05/2015 06h48 CEST    Mis à jour:  il y a 3 heures  

FIN DE VIE - Je suis la demi-sœur de Vincent Lambert. J'ai la foi, celle de notre père commun, vécue autrement.
Les mouvements religieux extrêmes que mon père fréquente, (voir encadré) se croient représentants des derniers chevaliers: Ils luttent envers et contre tout, imperméables à tout dialogue.
Le combat pour la vie à tout prix que mènent mon père et ma belle-mère m'apparaît complètement mortifère: les personnes saines autour de Vincent sont occultées; les frères, sœurs, petits-enfants qui ne pensent pas comme eux, évacués. Ces parents sont prêts à perdre 6 enfants sur 8, (je ne compte pas Vincent...) et ce "sacrifice" serait presque la preuve de la valeur de leur choix: la solitude est devenue leur chemin de croix, interprétation toute personnelle de la porte étroite.
Étonnamment quand on connaît cette famille, Vincent a pris une position centrale, transformé en une sorte de Christ pour les besoins de la cause, du seul fait qu'il ne peut plus s'exprimer.
Ils l'ont installé en porte-drapeau d'un combat du Bien (eux) contre le Mal (tout le reste de la société), lui, si discret...
Citation :
"Vincent serait presque préféré dans ce statut de "grand handicapé" qu'il n'est pas: gravement cérébrolésé, son état n'a rien à voir avec une tétraplégie."

On oublie tous les reproches qui lui étaient faits. Il a perdu une émancipation durement conquise, car peu aidée, pour retourner dans une sphère d'influence où l'on peut se vanter de tout comprendre, mieux que quiconque: les larmes et rictus de Vincent sont ininterprétables, mais ces conclusions des plus grand neurologues sont balayées d'un revers de main.
A parler "d'assassinat", on en oublierait que la médecine elle-même a mené Vincent là où il est aujourd'hui, maintenu depuis des années d'une façon absolument contre nature, et que le Christ n'a jamais connue:
Comment se serait-il exprimé à ce sujet?
La situation de Vincent est la conséquence d'une performance scientifique qui est allée très loin sans pouvoir le ramener complètement parmi nous. Vincent est abandonné entre la vie et la mort, à ce qui, dans la nature n'est vécu qu'au stade de l'agonie: une agonie pendant des années, biologiquement stabilisée, monstrueuse, et qui va, on le sait maintenant, inexorablement vers une détérioration.
Ses parents, mieux inspirés que toute l'équipe soignante, lui auraient restitué le réflexe de déglutition? Mais celui-ci n'a jamais été tout à fait perdu! Les longues séances de rééducation à une alimentation orale ont échoué: devant l'absence d'amélioration, le choix d'une alimentation entérale a été fait, afin de lui éviter de dramatiques risques de fausse route.
Dans ce contexte l'utilisation d'arguments comme le "droit de Vincent à profiter de l'air du soir sur son visage" sont complètement fallacieux: il s'agit là des émotions de ceux qui parlent, pas de celles de Vincent, qui lui, malheureusement, ne ressentira plus jamais les bienfaits de la douceur des soirs d'été, ni dedans ni dehors. Mais ce genre d'image touche les personnes non informées en transformant à bon compte une [url=http://www.huffingtonpost.fr/mariegenevieve-lambert/Vincent Lambert: int%C3%A9ressons-nous aux soins qui lui sont prodigu%C3%A9s]équipe soignante dévouée[/url] et en une bande de pervers.
Comment comprendre qu'Emmanuel Hirsch, philosophe de formation, cautionne ce genre d'argument sans aucun autre fondement que celui de toucher la sentimentalité d'un vaste public? Une façon sans doute de nourrir sa motivation personnelle contre la façon dont les débats sur la fin de vie se sont déroulés, tout en prétendant rester neutre en tant que directeur de l'Espace Régional de Réflexion Ethique d'Ile de France.
Rappelons que Vincent que l'on voudrait déplacer dans un lieu "plus adapté", est dans un service dédié aux pauci-relationnels, couplé à un service de soins palliatif, particularité dont se servent ses parents pour créer la confusion; Il est dans l'unité régionale de référence en la matière.
Pas de kinésithérapie? Les rétractions tendineuses, liées à la gravité de son atteinte neurologique et nullement du fait d'un retard de soin, sont trop importantes. Des étirements seraient une agression pour son corps.
Enfin, est-il tellement tabou, indécent, de parler d'argent?
Citation :
"L'argent public n'est pas une somme infinie parce qu'elle serait publique: elle obéit à une gestion et donc à des choix. Dans la plupart des pays du monde, Vincent n'aurait pas été "conservé en l'état", c'est un choix de riche."

Et quand bien même, n'est-il pas plus adéquat de permettre d'aider la vie, quand la vie appelle celui que l'on aide? La vie n'appelle pas Vincent, plus maintenant.
Les "amis" des parents de Vincent, qu'aucune approximation n'arrête, ont affirmé qu'Ariel Sharon avait été maintenu en vie 8 ans par la volonté et l'affection des siens, sans aucune implication religieuse. Ne savent-ils pas que pour des raisons strictement politiques, il était inenvisageable de "débrancher" cet homme?
Autre mensonge: celui de dire, parce que c'est bien pratique d'avoir un bouc émissaire, que le Docteur Kariger serait à l'origine de toutes les dissensions au sein de cette famille auparavant unie.
Les personnes qui affirment cela le croient, je pense: elles sont du bon côté du manche.
Ce n'est pas du tout mon vécu: quand j'ai demandé à ce demi-frère de Vincent qui l'a souvent répété ce qui lui permettait ce genre de certitude, il m'a répondu "je t'ai toujours respecté"... et l'on voit ce que veut dire, dans ce cadre, le "sens de la famille", celui que parait-il, je n'aurais pas: le respect, c'est à dire l'attitude raide de celui qui se tait, le petit doigt sur la couture du pantalon, bleu marine comme il se doit.
Citation :
"Pour moi, la famille comme la religion d'ailleurs, ne demande pas des vertus militaires, mais plutôt l'amour, l'acceptation de l'autre du fond du cœur, de sa différence, bien au-delà des apparences."

La famille aux rouages bien huilés les jours de fête obligatoire, où pas une tête ne dépasse,
c'est une mécanique, pas un organisme vivant.
Ce n'était pas mon vécu ai-je dit, ce n'était pas non plus celui de Vincent. Je me souviens, la dernière fois où je l'ai vu debout, au baptême de sa fille. Il m'a dit: "on l'a appelée Clémence, parce que dans cette famille, on en a bien besoin!" en riant, un peu cynique comme il savait être.
Et je suis sûre que toute la partie de famille qui veut conserver Vincent "en l'état" nierait ces paroles comme elle nie les confidences pourtant plus que crédibles quand on le connait, faites à son frère Joseph et à son épouse: il n'aurait pas voulu vivre comme ça.
Quand Vincent mourra, je ne me réjouirai pas, je n'aurai pas l'indécence de crier "victoire" comme d'autres alors que la décision de suspendre l'arrêt des soins permettait à celui-ci de "vivre" encore.
Je dirai: que ta volonté soit faite.
Fin infiniment triste et décision infiniment raisonnable pour une histoire tragique.
___________________
Citation :
J'ai été stupéfaite de découvrir au dos de la belle image pieuse distribuée largement lors du pèlerinage à Chartes de la fraternité Saint Pie X, en juin dernier, cet extrait de l'apocalypse : 
« les dix rois mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité. Ils feront la guerre à l'agneau, mais l'agneau les vaincra, parce qu'il est seigneur des seigneurs et roi des rois. »
Ce texte hautement symbolique, peut-il inspirer autre chose qu'une nouvelle croisade contre une société vouée au diable ?
Ma belle-mère utilise le même style quand elle parle de son fils Vincent entouré de « loups » (les soignants de l'hôpital prêts à l'assassiner...)
Je croyais qu'un pèlerinage était un chemin de dénuement intérieur, d'élévation et d'apaisement,
j'ai découvert une plate-forme d'endoctrinement.
Ce texte me semble incroyablement inadapté à une démarche de foi.
Seuls des exégètes peuvent y voir autre chose qu'une incitation au combat.
Les voilà, ceux qui portent la voix des parents de Vincent, ceux qui les ont conseillés lors du tout premier procès, décision prise au retour d'un entretien au monastère du Barroux , proche de cette fraternité, et qui depuis des décennies guide leurs choix les plus intimes.

http://www.huffingtonpost.fr/mariegenevieve-lambert/fin-de-vie-vincent-lambert_b_7202192.html
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.05.15 16:07

j'ai lu je ne sais plus où ni quand
"science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

ne pourrait-on pas extrapoler:
existence sans conscience n'est que ruine de l'âme

Tout prisonnier cherche à s'évader

Nous sommes les prisonniers du système médical français ???
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.05.15 16:25

Que la mort soit associée à la religion, quoi de plus normal ?
Mais s'il n'y a qu'un seul Dieu, il y a différentes idées de Dieu, et de multiples "images" de Dieu
Dieu a fait l'homme à son image et l'homme le lui a bien rendu, ( Voltaire )
Nous nous disputons nos images de Dieu
quoi de plus normal, si on y réfléchit bien !
car on se dispute autre chose aussi lors d'un décès
tout çà pour mieux vivre un deuil ? ou ne pas avoir le temps de le vivre ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.05.15 17:05

CITATION =
A parler "d'assassinat", on en oublierait que la médecine elle-même a mené Vincent là où il est aujourd'hui, maintenu depuis des années d'une façon absolument contre nature, et que le Christ n'a jamais connue:

Mon commentaire =
Blaise Pascal avait écrit que le Christ est en agonie jusqu'à la fin du monde.
Vincent Lambert, un autre Christ ?
Le Christ enfermé dans le Tabernacle n'est-Il pas l'otage de nous-mêmes ? (et du pouvoir médical )
"Toute famille sera divisée", c'est un bout d'un verset de l'Evangile, sorti hors de son contexte...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime05.05.15 17:13

CITATION =
Comment comprendre qu'Emmanuel Hirsch, philosophe de formation, cautionne ce genre d'argument sans aucun autre fondement que celui de toucher la sentimentalité d'un vaste public? Une façon sans doute de nourrir sa motivation personnelle contre la façon dont les débats sur la fin de vie se sont déroulés, tout en prétendant rester neutre en tant que directeur de l'Espace Régional de Réflexion Ethique d'Ile de France.

Mon commentaire =
Emmanuel Hirsch, un manipulateur manipulé, ou bien un manipulé manipulateur ???
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 3 Icon_minitime06.05.15 12:14


Express Yourself (source )

Fin de vie de Vincent Lambert: "Notre mère défend une cause intégriste"

Par Marie Geneviève Lambert, Guy Noël Philippon, Frédéric Philippon, Marie Lambert, François Lambert et Joseph Lambert., publié le 06/05/2015 à 10:24 , mis à jour à 10:38

Six membres de la famille de Vincent Lambert, dont son neveu François Lambert (ici en photo, le 16 janvier 2014), ne comprennent pas le combat de sa mère, Viviane, pour le maintenir en vie.
Six membres de la famille de Vincent Lambert, dont son neveu François Lambert (ici en photo, le 16 janvier 2014), ne comprennent pas le combat de sa mère, Viviane, pour le maintenir en vie.
AFP

Viviane Lambert sort, jeudi 7 mai, un livre dans lequel elle raconte son combat pour maintenir en vie son fils Vincent. Six membres de sa famille, désireux de mettre un terme à ses souffrances, réagissent.

Nous avons tous été très choqués d'apprendre que le CHU avait décidé de débrancher Vincent sans nous prévenir, le 10 avril 2013. Mais nous savions aussi tous que Vincent n'aurait pas voulu vivre comme ça. Nous nous étions alors résolus à lui dire adieu. Malgré cela, nous connaissions les risques d'un procès. Et nous savions par qui il serait initié, et avec le soutien de quels groupes. Cette procédure a d'ailleurs été diligentée sans nous prévenir. Viviane, la mère de Vincent, l'a expliqué ainsi: "ça ne viendrait à l'idée de personne d'avertir une partie adverse".

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"Rachel n'a pas été manipulée"



Avant cet épisode dramatique, nous parlions entre nous de ce qu'aurait voulu Vincent, et avec Rachel, son épouse, qui elle-même en avait parlé au docteur Oportus en 2009. Les parents de Vincent avaient accepté l'idée d'une euthanasie en 2011, si Rachel le décidait, même s'ils le nient maintenant. Seraient-ils allés jusqu'au bout? Plusieurs raisons nous amènent à le penser, que nous ne dévoilerons pas ici. Nous comprenons cependant que l'envisager puisse être déroutant pour nos lecteurs, au vu de cette affaire.

Rachel s'est enfermée, isolée avec lui, mais elle n'a certainement pas été manipulée, comme le dit Viviane dans son livre, pour minorer le témoignage qu'elle porte. Les signataires de cette tribune ont eux aussi connu Vincent, différemment. Et nous avons un avis indépendant, une opinion propre, sur lui et sur ce qu'il aurait voulu pour lui-même. Dire que nous étions manipulés par le docteur Kariger revient aussi à nier notre parole.



Comme le dit Viviane, qui voudrait vivre comme ça? Très peu de monde en vérité, un de ses fils avec lequel elle mène cette procédure, qui a rempli des directives anticipées allant dans ce sens. Les parents de Vincent étaient d'accord avec tout ce qui était dit sur lui lors des conseils de famille. Néanmoins, ils en arrivaient toujours à la même conclusion: "Ce n'est pas une raison pour le tuer." Nous nous bornions pourtant à ne parler que de Vincent, en conscience, sans déborder sur le terrain politique ou religieux, face à une certaine forme d'aveuglement.

Une unité de façade

Dans la même veine, Viviane dépeint cette famille comme une famille unie. Nous tenons à rappeler ici que l'unité dans cette famille n'était souvent que de façade, cachant de nombreux désaccords, conflits et non-dits. Cela fait deux ans que nous le disons, cela fait deux ans que les initiateurs de toute cette procédure nous rétorquent que si, elle était unie. Le mythe de la famille semble plus fort que la parole de ses membres. Avec les conséquences que l'on sait.

Vincent était libre, indépendant. Cela est reconnu par tout le monde. On peut considérer certains de ses choix comme des erreurs, mais personne d'autre que lui ne devrait pouvoir les corriger. Et il ne le peut plus. Par conséquent, ils doivent être respectés.

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Viviane parle souvent dans son livre du nourrisson que serait redevenu Vincent, d'un enfant à protéger, à nourrir. Il est évident que son lien à Vincent reste très fort. Il n'était tempéré selon nous que par la hiérarchie que Viviane s'est toujours imposée jusqu'à ce mois d'avril 2013: Vincent était marié, sa femme était donc la plus légitime.

Les "proches" de Viviane, qui la maintiennent dans cet état, ne sont pas forcément les gens les mieux intentionnés. Quand une mère vous dit: "Si on arrête la nutrition de mon fils, je ferai une grève de la faim pour le rejoindre", on s'inquiète pour elle, on ne lui dit pas: "ça dépendra de notre capacité de persuasion" tout en la mettant en première ligne et en lui disant que tout n'est que complot (fomenté par l'exécutif, le Parlement, la justice et la médecine). Qui peut s'étonner dans ces conditions que la propension de Viviane à interpréter tous les gestes de Vincent se soit démultipliée, alors qu'on la persuade que c'est la seule chose qui pourrait empêcher son "assassinat"? Ainsi, elle prétend maintenant communiquer avec lui, ce que pourrait prétendre n'importe quel proche: les moindres de ses gestes, regards ou mimiques peuvent être lus de toutes les façons possibles. Et elle prétend le représenter, puisqu'elle a remplacé Rachel tous les jours à son chevet cinq ans après son accident. Elle écrit: "C'est moi qui suis sa voix", "Je suis sa personne de confiance". Comment ne pas y voir un concours stérile, une tentative d'appropriation de Vincent? Les signataires, là encore sans entrer dans les détails, tiennent à souligner le contraste entre l'attitude actuelle des parents de Vincent, et l'absentéisme dont ils ont fait preuve durant son enfance.

"Sa capacité à ressentir la douleur demeure"

Les arguments médicaux concernant les mauvais traitements que subirait Vincent sont martelés par ses parents et leurs proches depuis plus d'un an. Ils ont fait partie des discussions devant les différentes juridictions. Les experts nommés par le Conseil d'État n'ont pourtant pas constaté de mauvais traitements à son égard. Et pour cause. Vincent a toujours été bien traité au CHU de Reims. Et il continue de l'être, inlassablement. Nous tenons ici à saluer le dévouement et le professionnalisme dont fait preuve le personnel soignant, qui entretient avec lui des rapports humains et continue de traiter tous les membres de sa famille de façon égale, malgré les tensions.

Les parents de Vincent et leurs soutiens occultent systématiquement le fait que son état s'est naturellement dégradé: sa conscience s'éteint, mais sa capacité à ressentir de la douleur demeure. Ils ne "croient" que le diagnostic plus optimiste de 2011, établi par le professeur Laureys, du Coma Science Group de Liège, qui travaille pourtant avec certains des experts mandatés par le Conseil d'Etat en 2014, dont ils récusent les conclusions. Ils réduisent parfois même son handicap à une simple tétraplégie alors que les lésions dont il souffre sont irréversibles et qu'il est établi qu'il est privé de toute relation. Ils occultent également les souhaits de Vincent, qu'ils ne mentionnent jamais. Ils portent en revanche des pancartes sur lesquelles est écrit: "Je suis Vincent Lambert". Terrible aveu. Ils critiquent sans cesse la loi Léonetti et prétendent défendre les 1700 patients qui sont plus ou moins dans la même situation que lui. Tout cela traduit uniquement une position de principe: on ne peut pas débrancher ces patients, quels qu'aient pu être leurs souhaits. Nous appelons ça de l'idéologie, visant à défendre une cause intégriste. Termes que nous assumons totalement.

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D'ailleurs, le seul moment du livre où la mauvaise foi de Viviane apparaît au grand jour est celui où elle évoque ce combat médiatique, dont elle dit elle-même qu'il dépasse le cas de Vincent. Après l'avoir fait rebrancher le 11 mai 2013, leur avocat, Maître Jérôme Triomphe, avait espéré sur Radio Courtoisie dès le 12 mai que cette affaire deviendrait médiatique. Là encore, les signataires de cette tribune, en désaccord avec eux, avaient appris la médiatisation de l'affaire... à la radio, le 16 mai. Les parents de Vincent avaient alors donné des photos de lui, ce que personne d'autre n'a fait jusqu'à octobre 2014. Cela nous a toujours beaucoup choqué, car personne ne peut prétendre détenir son droit à l'image. Pourtant, Viviane écrit dans son livre que les photos de Vincent n'étaient pas avantageuses pour lui. Un argument de plus selon elle en faveur du complot. On le montrait ainsi comme un être déjà mort. Avec les photos qu'elle avait fournies.

Elle se plaint également de l'ostracisation qu'elle aurait subi dans les médias. Lorsque la médiatisation a repris en janvier 2014 et qu'elle n'était plus seule à parler, elle refusait de parler la plupart du temps, attendant d'être seule à nouveau. Ses avocats et elle-même ont ensuite beaucoup parlé, aussi en direct. Mais elle dit alors que ses propos ont été déformés. Elle dénonce enfin le fait que la porte de Vincent soit fermée à clé. Cela constitue pourtant une mesure de sécurité, devenue nécessaire du fait d'un certain acharnement judiciaire sur sa personne, que personne d'autre qu'elle et ses proches n'ont initié.

De notre côté, nous avons des opinions diverses sur la fin de vie. Une chose fait consensus cependant, il faut toujours s'efforcer d'approcher au plus près de ce que le patient aurait voulu pour lui-même. Et lorsqu'on ne sait pas, on ne peut arrêter les traitements. Personne ne propose une position rigide qui serait l'inverse de la position des parents de Vincent et de leurs soutiens, à savoir: il faut débrancher tout le monde. Cette "crainte" n'est rien d'autre qu'une vaine justification tendant à rendre légitime un combat qui ne l'est pas.

Marie Geneviève Lambert, demi-soeur de Vincent,
Guy Noël Philippon, demi-frère de Vincent,
Frédéric Philippon, demi-frère de Vincent,
Marie Lambert, soeur de Vincent,
François Lambert, neveu de Vincent,
Joseph Lambert,frère de Vincent.

Cette tribune a été initialement publiée sur le site créé par le frère de Vincent, Joseph.

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Société 07.05.2015


Euthanasie : le combat exemplaire de la mère de Vincent Lambert


Alors que la décision de la CEDH est attendue prochainement, Viviane Lambert se bat pour qu’on ne laisse pas mourir son fils. « Je ne demande qu’une chose, dit-elle : pouvoir continuer à m’occuper de Vincent. »


Alors que la décision de la CEDH est attendue prochainement, Viviane Lambert se bat pour qu’on ne laisse pas mourir son fils. « Je ne demande qu’une chose, dit-elle : pouvoir continuer à m’occuper de Vincent. »


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Revue de presse

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07.05.2015

« Cet enfant que j'ai mis au monde, on voudrait aujourd'hui me l'enlever, le laisser mourir de faim et de soif. Moi, sa mère, je ne demande qu'une chose : pouvoir continuer à m'occuper de
Vincent », rappelle Viviane Lambert à Famille Chrétienne. Elle avait demandé à être reçue par le président de la République le 6 mai, veille de la parution de son livre Pour la vie de mon fils (Éd. Plon, 180 p., 12,90 €), pour qu’il entende « une mère désespérée qui veut simplement parler de l'état actuel de son fils qui n'est pas en fin de vie. Je réclame au président de pouvoir le faire sortir pour m'occuper de lui » (Le Figaro).

En vain : ni François Hollande, ni un conseiller n'ont accepté de la recevoir mercredi matin, mais les services du chef de l’État ont proposé une rencontre avec le professeur Olivier Lyon-Caen, neurologue et conseiller santé du Président à l'Élysée. Viviane Lambert a refusé : « C'est François Hollande que je veux voir ». Mais elle a multiplié les interventions dans les médias pour que Vincent, 38 ans, tétraplégique en état « pauci-relationnel » à la suite d’un accident de la route en 2008, soit maintenu en vie. « Vincent n'est pas en fin de vie. On a voulu le mettre en fin de vie », déclarait-elle à Europe 1 hier matin. « Mon fils n'est pas un légume, il est bien vivant. Il a ses moments de pause, ses moments de repos, ses moments aussi où l'on parle dans le silence. »
 

1 700 personnes en France

Après la décision du Conseil d'État d'autoriser l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation demandée par des médecins en juin 2014, Viviane Lambert et son mari ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) dont on attend l’arrêt (Aleteia). Son combat, dit-elle, elle ne le mène pas seulement pour son fils mais aussi « pour les 1 700 personnes qui, en France, sont dans le même état de santé que lui ». Ils ont contre eux non seulement une opinion depuis longtemps « travaillée » en faveur de l’euthanasie, mais une partie du corps médical et leur propre famille, l’épouse de Vincent, Rachel, et six des huit frères et sœurs de son mari qui souhaitent le « laisser partir » – en cessant de l’hydrater et de l’alimenter. Pour ne rien arranger, ils sont qualifiés de « catholiques traditionnalistes » (Le Quotidien du médecin), ce qui est sans doute vrai mais ne change rien au fond de la question : a-t-on le droit de faire mourir un homme privé de la capacité de s’alimenter et de s’hydrater ? C’est ce qu’avait tenté de faire le CHU où est soigné Vincent le 10 avril 2013, sans même prévenir la famille !


Ni « une cause intégriste », ni de l’acharnement thérapeutique

Vouloir empêcher un homicide n’est pas une « cause intégriste », comme l’affirment les membres de la famille qui s’opposent aux parents dans une tribune publiée par L’Express, mais une cause humaine ! « L’état de Vincent Lambert doit être reconsidéré : contrairement à ce qui a été dit, il n’est évidemment pas mort, il n’est pas non plus en état végétatif, et il ne fait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique. Très grand handicapé, il est en état de conscience minimale », explique la Fondation Jérôme Lejeune.

« Derrière cette bataille, c’est la question du traitement de toutes les personnes en fin de vie qui est sous-jacente », souligne par ailleurs sur son blog la Fondation Lejeune qui soutient Viviane Lambert dans son engagement et sa détermination : « Viviane Lambert réaffirme la nécessité et l’urgence de faire la distinction entre "laisser partir" et "faire mourir", distinction qui semble de plus en plus oubliée ». Aussi, la Fondation Lejeune propose-t-elle à chacun de s’impliquer en signant l’appel « Sauver Vincent tout simplement » du comité de soutien à Vincent Lambert qui a déjà recueilli plus de 20 000 signatures (Aleteia).
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