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 VINCENT LAMBERT

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Féminin Messages : 18533

MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   09.07.14 16:22

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MessageSujet: video   10.07.14 17:21

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.09.14 10:53

La France rend ses observations dans l’affaire Vincent Lambert

Poursuivi devant la Cour européenne des droits de l’homme par les parents de Vincent Lambert, l’État français doit rendre mardi 2 septembre ses « observations » dans ce dossier très sensible.


2/9/14 - 09 H 38 - Mis à jour le 2/9/14 - 09 H 38 journal la Croix


Mots-clés :
Affaire Vincent Lambert
cour européenne de justice


Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Cha...

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Cha...

HERVE OUDIN/AFP

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert à la court administrative de Chalons-en-Champagne le 15 janvier, 2014. La femme de Vincent Lambert désirait couper progressivement l’alimentation de celui-ci, une partie de sa famille dont ses parents s’y sont opposés.


C’est la requête n° 46043/14, intitulée « Pierre Lambert et autres contre France ». Elle avait été déposée à la Cour européenne des droits de l’homme par les parents, un demi-frère et une sœur de Vincent Lambert, le 23 juin, la veille de la décision du Conseil d’État, validant le protocole d’arrêt des traitements.

Ils accusent la France d’avoir violé plusieurs droits fondamentaux de ce patient en état végétatif.

Les griefs

Selon les requérants, en validant la procédure d’arrêt en application de la loi Leonetti, le Conseil d’État et donc la France ont porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux du patient garantis par la Convention européenne des droits de l’homme : droit à la vie (article 2), interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (art. 3), droit au respect de la vie privée et familiale (art. 8).

En défense, la France, et plus précisément la sous-direction juridique du ministère des affaires étrangères, doit répondre à ces différentes accusations ce mardi. À noter que c’est la première fois que la loi Leonetti du 22 avril 2005 se retrouve devant les juges de Strasbourg.

Les autres parties habituellement présentes dans ce dossier, l’épouse de Vincent Lambert et son neveu, eux, n’ont dans cette procédure que le statut de « tiers intervenants » : ils ont présenté des conclusions écrites mais ne sont pas directement parties dans la procédure.

Six questions, dont une de forme

Les juges ont posé six questions aux parties, dont la première est de forme : « les requérants ont-ils qualité pour saisir la Cour, en leur propre nom et au nom de Vincent Lambert » ? Pour l’épouse et le neveu de Vincent Lambert, et probablement l’État avec eux, la réponse est non. Ils contestent en effet la légitimité des parents à agir.

Ils affirment notamment que pour pouvoir introduire une requête devant la CEDH, une personne doit pouvoir démontrer qu’elle a « subi directement les effets » de la mesure contestée. Quant à les considérer comme des « représentants » du patient, c’est aussi contesté par les tiers intervenants dans la mesure où, selon l’épouse et le neveu, Vincent Lambert avait exprimé sa volonté de ne pas voir sa vie artificiellement prolongée en état de dépendance. Un argument repris aussi par le Conseil d’État.

Les questions de fond 

Sur le fond, les questions deux et trois portent sur le droit à la vie : la décision en elle-même, autant que le « processus décisionnel » qui y a conduit, y portent-ils atteinte ? C’est bien la loi Leonetti qui sera ici analysée à l’aune de ce principe fondamental.

Les troisième et quatrième questions interrogent l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition : constituent-ils une torture ou un traitement dégradant ? Sont-ils des soins ou des traitements ?

Enfin, la sixième question porte sur le droit à la vie privée. La décision d’arrêt y porte-t-elle atteinte ? L’article 8 de la convention énonce en effet que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », l’ingérence d’une autorité publique n’étant possible que dans des cas précis, notamment « la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Vincent Lambert toujours sous traitement

Selon la procédure, une fois les observations de la France déposées, les requérants se verront fixer un délai pour y répondre. « Et en principe, l’échange s’arrêtera là, explique une juriste de la CEDH. Ensuite, la chambre pourra adopter un arrêt sur la recevabilité de la requête et sur le fond, le tout, le cas échéant, après une audience. Elle pourrait aussi demander un renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre ».

Malgré l’urgence de ce dossier, plusieurs semaines ou mois de procédure se profilent donc. En attendant, Vincent Lambert reste sous traitement, dans sa chambre surveillée du CHU de Reims, puisque la CEDH avait décidé, dès le dépôt de la requête, de suspendre l’application de la décision du conseil d’État. Épuisé, harcelé, son médecin, le docteur Éric Kariger, a, lui, demandé sa mise en disponibilité.

Flore Thomasset
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.09.14 15:39

source L'UNION L'Ardennais


VINCENT LAMBERT. Un collectif en appelle à l'Etat pour que l'Europe se prononce rapidement

Publié le 05/09/2014

Par E.D.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif composé de la soeur, la demi-soeur et le neveu de Vincent Lambert, d'élus politiques, de droite comme de gauche ainsi que des professionels de santé, lancent un appel à "l'Etat français d'user des outils à sa disposition pour que cette affaire ne traîne pas encore plus en longueur."

Le 24 juin dernier, alors que le Conseil d'Etat venait se prononcer sur la fin de vie de Vincent Lambert, ses parents avaient demandé un recours auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Ce collectif, dont Bérengère Poletti et Yves Détraigne sont élus de Champagne-Ardenne, estime que "la France doit donner un ultimatum à la CEDH, et s'il n'es pas respecté, elle devra autoriser l'équipe médicale du CHU de Reims à arrêter les traitements de Vincent Lambert, dans le respect de sa dignité, du droit interne et du droit international".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.09.14 15:43

Mais çà arrange politiquement l'Etat, le fait de faire traîner les choses
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.09.14 15:52

Vincent Lambert : des proches demandent à la CEDH de déclarer irrecevable le recours des parents

Le Monde.fr | 24.07.2014 à 14h13

Les parents de Vincent Lambert, Pierre et Viviane, au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, le 15 janvier.

Des frères et sœurs de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont le sort déchire sa famille, demandent à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de déclarer irrecevable le recours des parents pour son maintien en vie, dans une tribune transmise jeudi à l'AFP.

« Nous demandons à la Cour européenne des droits de l'homme de déclarer irrecevable [ce recours qui] constitue un acharnement thérapeutique et judiciaire en totale contradiction avec ses demandes », déclarent dans la tribune Joseph Lambert, frère de Vincent, Marie Lambert, sa sœur, Frédéric Philippon, Guy-Noël Philippon et Dominique Lambert, demi-frères de Vincent Lambert.

La CEDH avait demandé le 24 juin aux autorités françaises de maintenir en vie Vincent Lambert, alors que le Conseil d'Etat venait de juger légale la décision médicale d'arrêter ses traitements. Par cette mesure d'urgence, la CEDH voulait se donner le temps d'examiner la recevabilité de cette requête et le fond de l'affaire.

Lire (édition abonnés) : La Cour européenne s'empare de l'affaire Lambert

« Il est maintenant acté qu'il (Vincent Lambert) ne peut plus communiquer avec ses proches et particulièrement avec sa fille de 6 ans. Les lésions irréversibles plusieurs fois établies nous ont tous convaincus de ce qu'il voudrait qu'on fasse pour lui maintenant : le laisser partir, déclarent les signataires de cette tribune. Vincent ne souhaiterait pas “survivre” dans les conditions actuelles de sa situation médicale. L'intime conviction que nous partageons tous est que sa vie actuelle n'en est plus une dès lors que Vincent ne l'aurait lui-même plus considérée comme une vie. »


Une expertise médicale demandée par le Conseil d'Etat avait confirmé l'irréversibilité des lésions cérébrales de Vincent Lambert, dont l'état, qui s'est dégradé depuis plusieurs années, a été déclaré incurable. « La dernière expertise médicale a permis de lever notre doute légitime : ressent-il une souffrance ? Non, puisqu'il n'a plus de conscience, même si son corps est douloureux et que son état se dégrade. Cette question levée nous a libérés d'un poids qui nous accablait tous », poursuivent les auteurs de la tribune.

Lire l'éditorial du Monde : Fin de vie : la sagesse du Conseil d'Etat

« Nous pensons qu'il est grand temps de préserver sa liberté de conscience, la plus ultime et la plus difficile pour nous. Nous souhaitons laisser partir celui qui n'est déjà presque plus là, le libérer de ce corps et de cette tête qui ne répondent plus, en laissant maintenant à la Cour européenne des droits de l'homme garantir ses dernières volontés », concluent-ils.

Ancien infirmier en psychiatrie de 38 ans, Vincent Lambert a été hospitalisé au CHU de Reims après un accident de la route en 2008 qui a causé, selon les médecins, des « lésions irréversibles ». Ses parents, Pierre et Viviane Lambert, ainsi qu'un frère et une sœur, réclament qu'il soit maintenu en vie. A l'inverse, son épouse Rachel, son neveu François, six autres frères et sœurs et le corps médical se prononcent pour l'arrêt des soins, considérant qu'il est incurable et que cela correspond à sa volonté.

Lire : Vincent Lambert : que va-t-il se passer maintenant ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.09.14 16:03

Si le " couple " Léonetti - Claeys attend la décision de la CEDH ... ... ...

et si François Hollande lui-même avait, en JANVIER 2013, réactualisé l'ébauche de la loi de janvier 2011 ... ... ...

Si, si, si, et si.... ... ...

En principe, les erreurs du passé refont l'avenir même si Shakespeare a écrit que "ce qui est fait ne peut pas être défait "(traduit par moi en français à ma façon)
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.09.14 10:42



L'appel des proches de Vincent Lambert pour de vrais soins
Home FIGARO VOX Vox Societe
Par Anne Lambert, David Philippon
Mis à jour le 05/09/2014 à 11:55
Publié le 05/09/2014 à 07:01


Vue du bâtiment de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à Strasbourg.



FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour la soeur et le demi-frère de Vincent Lambert, ce dernier doit non pas être considéré comme un mort en sursis, mais bénéficier d'un projet de vie et des soins appropriés à son état.


Depuis près d'un an et demi, nous avons souhaité rester le plus discrets possible mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire.

Nous sommes profondément meurtris par l'état de Vincent, par les défauts et refus de soins dont il est la victime depuis bientôt deux ans, et par la volonté délibérée et les manœuvres pour l'euthanasier à toute force, y compris par certains membres de sa propre famille.

C'est pourquoi nous souhaitons lancer cet appel du cœur et de la raison et rectifier les contrevérités qui courent.


Non, Vincent n'est pas un légume. L'état dit végétatif qu'on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes, car il ne correspond pas à la réalité.

Non, Vincent n'est pas un légume. L'état dit végétatif qu'on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes, car il ne correspond pas à la réalité. Ils lui préfèrent le terme cliniquement exact «d'état d'éveil sans réponse». Vincent dort, se réveille, suit parfois son entourage des yeux, réagit à certaines sollicitations, n'est branché à aucune machine, ne reçoit aucun traitement qui le maintiendrait en vie. Vincent n'a besoin que d'être nourri et hydraté.

Au bout de cinq ans, le Dr Éric Kariger a décidé de lui supprimer sa nourriture en prétendant qu'il s'agissait d'un traitement médical… Quelque explication que l'on puisse donner,cesser de nourrir et d'hydrater n'a d'autre but que de provoquer délibérément la mort de Vincent qui, faut-il le rappeler, n'est pas en fin de vie.

Nous étions une famille unie, autour de Vincent. Un homme l'a fait éclater en avril 2013: le Dr Éric Kariger, lorsqu'il a convaincu Rachel de mettre fin à la vie de Vincent par arrêt de son alimentation. Devant nos oppositions et nos supplications, il pouvait tout arrêter mais il était au contraire déterminémalgré des oppositions formelles, ce qui constitue une première dans l'histoire médicale de notre pays. Aujourd'hui comme hier, malgré l'aspect douloureux de cette affaire, il répond volontiers aux médias pour parler de lui, sans faire cas de la famille brisée qu'il laisse derrière lui. Il a été largement aidé par ceux qui, sous couvert d'humanité, ont utilisé le cas de Vincent, soit pour faire leur promotion personnelle, soit pour en faire un enjeu politique et législatif. Tous ceux-là oublient que Vincent, notre frère, est un être humain.

Comme vous, nous sommes infiniment navrés de voir notre frère dans son état. Comme vous, nous saluons Rachel qui s'est occupée de son mari pendant quatre longues années avant de décider de partir vivre en Belgique. Comme vous certainement, nous sommes admiratifs de voir à quel point nos parents, qui depuis plus d'un an ont pris le relais de Rachel, s'occupent de lui au quotidien à Reims et lui dévouent leur vie.

Aucun d'entre nous n'a envie de se retrouver dans une telle situation, c'est évident, de même que la situation de Vincent est un fardeau que nous ne souhaitons à personne.


Ce n'est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu'il n'est plus un homme. À ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d'en prendre soin.

Mais ce n'est pas parce que le fait d'entourer Vincent est pénible pour son entourage que Vincent, qui ne demande rien à personne, doit être mis à mort.

Ce n'est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu'il n'est plus un homme. À ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d'en prendre soin.

Vincent est peut-être le «maillon faible» de notre société, mais contrairement au jeu télévisé, une société vraiment humaine est celle qui accompagne ses «maillons faibles», qui les porte, qui les soigne. Une société qui met à mort ceux qui ne peuvent pas se défendre renie tous ses principes et est appelée à sombrer dans la barbarie.

Personne ne peut dire ce que voudrait Vincent aujourd'hui. Il n'a laissé aucun écrit, aucun témoignage enregistré, aucun élément digne de foi, susceptible de confirmer qu'il souhaiterait qu'on le fasse mourir. Rachel a parlé de ses prétendus souhaits verbaux pour la première fois en cinq ans quand il s'est agi de valider la décision de mort du Dr Éric Kariger. Qui accepterait d'être ainsi à la merci d'un témoignage aussi tardif et contestable?

Nous sommes au contraire témoins de la volonté de vivre de notre frère: nous avons vu qu'après 31 jours passés sans manger, sa force de vie l'a emporté: il n'a pas lâché psychologiquement, alors qu'il serait mort en dix jours en avril 2013 s'il s'était laissé aller.


Nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu'il cesse d'être considéré comme un mort en sursis et qu'il bénéficie enfin d'un projet de vie, et des soins appropriés à son état

Qui a le pouvoir, sous prétexte qu'il est bien portant, de décider de la mort d'une personne parce qu'elle serait gravement handicapée? Ni vous, ni nous.

Qui peut dire que Vincent veut mourir? Personne.

Alors pourquoi lui infliger toutes ces maltraitances, pourquoi lui refuser depuis deux ans la kinésithérapie de confort qui constitue une exigence de soin de base, pourquoi ne lui faire aucune stimulation sensorielle, pourquoi ne lui donner comme seul horizon que le plafond de sa chambre sans le mettre chaque matin dans un fauteuil moulé sur mesure, comme l'exigent les bonnes pratiques? Pourquoi refuser qu'il puisse sortir et le laisser enfermé sous clé, dans sa chambre, comme un prisonnier dans le couloir de la mort?

1 700 personnes comme Vincent sont traitées dans quelque 300 unités spécialisées ou à domicile, comme des êtres humains et ont droit à ces soins quotidiens.

1 700 personnes y ont droit sauf une! Vincent Lambert. Notre frère. Qui est traité comme un mort-vivant.

C'est pourquoi nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu'il cesse d'être considéré comme un mort en sursis et qu'il bénéficie enfin d'un projet de vie, et des soins appropriés à son état conformément à la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002, bafouée depuis deux ans par le CHU de Reims.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.09.14 10:51

Sans solution ...
Va t-on se suicider pour éviter ce genre de situation ?
Je plaisante !
Encore mon humour noir !



Famille, je vous hais ?
Eglise, je te hais ?
Docteurs, je vous hais ?

Personne n'a envie de se retrouver dans ce genre de situation
et le principal intéressé n'en a même pas conscience
Il est question de mort, et c'est la vie...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.09.14 11:02

Je ne sais vraiment pas.
Mais si le Samu au départ ne l'avait pas réanimé, on n'en serait pas là
Doit-on supprimer les services d'urgence?Non,bien sûr.
Mais refaire entièrement le système.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   07.09.14 14:06

04 septembre 2014 le " Salon Beige " ... ... ... defaut36 BRR

CEDH : le gouvernement invoque l’exception française jusqu’à la mort

Poursuivie devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme par les parents de Vincent Lambert, La France vient de rendre ses observations à la Cour : le gouvernement y réclame une exception française pour déroger à la Convention européenne des Droits de l’Homme. Communiqué de la Fondation Lejeune :

« Selon les parents de Vincent Lambert, en validant la procédure d’arrêt de vie en application de la loi Leonetti, la France a porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux du patient garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme: le droit à la vie (article 2), l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (art. 3) et l’interdiction de porter atteinte à l’intégrité physique (art. 8). La France répond donc aux 6 questions posées par la CEDH. Gènéthique (www.genethique.org) s’est procuré le document. Plusieurs points intéressent particulièrement la Fondation Lejeune.
•Alors que la CEDH impose (art. 2 de la Convention) aux Etats de « s’abstenir de donner la mort intentionnellement » à la France botte en touche affirmant qu’il ne s’agit pas « d’une décision visant à provoquer la mort, mais (…) de l’attitude à adopter à l’égard de la vie d’un patient »
•Alors que la jurisprudence de la CEDH rappelle aux Etats « l’obligation positive de protéger la vie » à la France invoque l’exception du cas français arguant que « ces arrêts ne sont pas transposables au cas en l’espèce »
•Alors que l’article 2 de la Convention implique d’« assurer la protection de la vie de leurs malades » à La France oppose la prétendue « obstination déraisonnable » dont Vincent Lambert serait l’objet, un « acharnement » qui se limite pourtant concrètement à l’hydratation et à l’alimentation d’un homme qui n’est pas en fin de vie.
•Alors que la France elle-même interdit l’euthanasie, les observations de la France font valoir qu’en supprimant les « suppléances vitales » (alimentation, hydratation), le médecin « n’agit pas dans l’intention de donner la mort ».
•Alors que la CEDH (art. 3) « interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de sa juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » à la France répond que « toutes les dispositions seront prises pour éviter l’inconfort et la souffrance éventuelle du patient ».
•Alors que la CEDH (art. 8) interdit de « porter atteinte à l’intégrité physique » à la France admet qu’elle le fera mais « dans des conditions de nature à respecter sa dignité ».

Le gouvernement travestit la réalité : donner la mort n’est plus tuer. »

Posté le 4 septembre 2014 à 14h09 par Michel Janva Catégorie(s): Culture de mort : Euthanasie
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   15.09.14 10:22

Source " Alliance Vita " ... ...

Vie contre dignité : le choix truqué

Par Henri de Soos

La situation de Vincent Lambert, cet homme de 38 ans tétraplégique depuis un grave accident de voiture en 2008 et hospitalisé à Reims, se révèle toujours plus douloureuse et complexe. Le Conseil d’Etat, dans sa décision du 24 juin 2014, a jugé qu’il était légitime d’arrêter de l’alimenter et de l’hydrater – et donc de provoquer sa fin de vie -, considérant qu’il s’agissait d’un traitement disproportionné. Le jour-même, suite au recours en urgence des parents de Vincent, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) s’est emparée de l’affaire. Elle met actuellement en œuvre une procédure exceptionnelle pour rendre son jugement plus rapidement que d’habitude, ce qui prendra cependant plusieurs mois.

L’Etat français a déposé début septembre ses conclusions auprès de la Cour, qui reprend globalement l’argumentation du Conseil d’Etat. Ce 5 septembre, la sœur et le demi-frère de Vincent lancent dans la presse un appel particulièrement émouvant, un « appel du cœur et de la raison » pour le respect de la dignité et de la vie de Vincent. Ils expliquent son parcours, son manque actuel de soins, et pourquoi personne ne peut dire aujourd’hui s’il veut réellement mourir.

Dans ce contexte, d’autres membres de la famille de Vincent Lambert et des personnalités politiques ou médicales publient ce même jour une tribune plus juridique et politique. Ils adressent à la CEDH un ultimatum assez incroyable : ils n’exigent rien de moins que l’Etat français fasse pression sur la CEDH, Cour de justice indépendante qui a autorité sur 47 Etats et plus de 800 millions d’habitants ; et si cette Cour n’obtempère pas, de passer outre sa compétence et « d’arrêter les traitements » de Vincent Lambert sans attendre, c’est-à-dire de mettre fin à sa vie.

On peut comprendre la logique de cette démarche. Elle est cohérente avec tout ce qui est entrepris par son médecin traitant à l’hôpital depuis sa première décision du 10 avril 2013, consistant à mettre en œuvre un « protocole de fin de vie » par arrêt d’alimentation et d’hydratation. Pour ceux qui considèrent que cette vie n’a plus de sens, il est urgent de stopper les recours juridiques et d’en finir au plus vite…

En réalité, cet ultimatum se révèle particulièrement choquant au niveau éthique. Selon ses auteurs, il faut « mettre en balance » d’un côté le droit à la vie d’un être humain, et de l’autre côté son droit à la dignité. Sous-entendu, si on maintient en vie Vincent Lambert, ce serait contraire au respect de sa dignité. Il subirait des violations extrêmement graves, relevant notamment de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (cet article interdit la torture et les traitements inhumains ou dégradants). Le seul fait de nourrir artificiellement un homme, parce qu’il ne peut plus s’alimenter par lui-même, pourrait-il donc être considéré comme de la torture ?

Plus profondément, cette opposition entre « droit à la vie » et « droit à la dignité » a quelque chose d’inacceptable pour une société soucieuse des plus fragiles. Toute personne humaine est digne, quelle que soit sa situation et son état de santé, jusqu’à la dernière minute de sa vie. Affirmer que respecter la dignité de Vincent Lambert nécessite de le faire mourir, alors qu’en réalité nul ne sait ce qu’il pense aujourd’hui, est d’une grande violence. Cette conception relativiste de la dignité est aussi la porte ouverte à tous les excès pour les milliers de personnes qui vivent depuis des années dans un état similaire.

Pourquoi un tel acharnement de certains membres de la famille à obtenir la mort de Vincent Lambert ? Des responsables politiques ou des médecins, même de soins palliatifs, ont-ils un intérêt particulier à exiger l’arrêt d’alimentation et d’hydratation d’une personne qui ne leur a rien demandé ? Pour mémoire, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, il est lourdement handicapé depuis plusieurs années. Peut-on vouloir à ce point le bien d’une personne malgré elle, quand ce prétendu « bien » consiste à mettre fin à sa vie ?

Le fond du problème soulevé par la situation éminemment complexe de Vincent Lambert, c’est le statut de l’alimentation pour les personnes qui ne peuvent se nourrir elles-mêmes. Que ce soit considéré comme un soin (au même titre que la toilette, le lit propre et la chambre chauffée) ou comme un traitement (parce que nécessitant une légère intervention, le plus souvent médicale, de rares fois chirurgicale), l’enjeu est finalement le même : arrêter volontairement d’alimenter une personne qui n’est pas en fin de vie relève d’une volonté euthanasique. Ce qui va sans dire va mieux en le disant.

L’appel exceptionnel lancé aujourd’hui par la sœur et le demi-frère de Vincent mérite au contraire d’être entendu. Ils demandent qu’un réel projet de vie et des soins appropriés lui soient procurés, comme en bénéficient au quotidien les 1700 autres personnes vivant des situations comparables en France. Il en va de l’honneur de la France et de sa conception des Droits de l’Homme.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   15.09.14 22:31

Le comité d’éthique publie ses observations dans l’affaire Vincent Lambert

Alors que son rapport sur la fin de vie est attendu dans les prochaines semaines, le comité consultatif national d’éthique plaide pour une révision de la procédure collégiale prévue par la loi Leonetti.

15/9/14 - 16 H 46 journal la Croix

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne...

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne...

(FRED DUFOUR/AFP)

Le Comité d'éthique soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne peut plus s’exprimer.

Avec cet article

La France rend ses observations dans l’affaire Vincent Lambert


Avant de valider, fin juin 2014, la décision d’arrêt des traitements sur Vincent Lambert, le Conseil d’État avait sollicité les lumières de trois institutions : l’Académie de médecine, le Conseil national de l’Ordre des médecins et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce dernier vient de rendre publiques ses « observations », explication méticuleuse de la loi Leonetti.

Outre ses éclairages sur les notions-clé (obstination, traitement, etc), le Comité soulève la « question centrale du jugement pour autrui », quand un malade ne peut plus s’exprimer. Celle-ci s’est particulièrement posée dans l’affaire Vincent Lambert, la famille et les médecins se déchirant sur la volonté présumée de ce patient, qui n’a pas rédigé de directives anticipées. « Devons-nous admettre qu’un tiers puisse savoir si la vie de cette personne doit continuer à être vécue, et qu’il puisse juger de la qualité de sa vie ? », interroge ainsi le CCNE.

« Décision » collective sur l’arrêt des traitements

Selon lui, un arrêt des traitements « ne devrait pouvoir résulter que d’une décision collective, impliquant à part entière les soignants, la famille et les proches ». Il préconise de rééquilibrer le rapport entre la famille et le médecin en passant d’une « consultation » collective, telle que prévue dans la loi Leonetti, à une « décision » collective.

En l’état du droit, le médecin doit en effet « consulter » un confrère, la « personne de confiance ou la famille, ou à défaut des proches, et le cas échéant, les directives anticipées »… Mais in fine, il est le seul à décider. Le législateur entendait ainsi décharger les familles de la responsabilité d’une décision d’arrêt.

Le médecin juge et partie

Sauf que « le médecin se trouve placé dans une position où il est à la fois juge et partie », déplore le CCNE qui plaide pour que « soient pris en compte collectivement, à part égale, et sans hiérarchie, les arguments » de toutes les parties. Pour lui, le « point de vue médical » ne doit pas être considéré « comme seul habilité à rendre le “verdict” ». En cas de désaccord, et si « le temps long » de la consultation ne permet pas de trouver une « réponse consensuelle », une médiation « indépendante de toutes les parties, y compris de l’administration hospitalière et des établissements de santé » pourrait être engagée.

Le CCNE développe là une piste de réforme déjà esquissée dans son avis Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, publié en juillet 2013. Il y plaidait aussi pour que les directives anticipées soient plus contraignantes. Des mesures qui figureront donc probablement dans le nouveau rapport sur la fin de vie, attendu début octobre 2014.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.10.14 10:10

Rachel Lambert prend la plume pour parler de Vincent

Vincent, parce que je l'aime, je veux le laisser partir.

 
Le mardi 30 septembre 2014 à 00:03:13 -

La situation de Vincent Lambert demeure bloquée depuis 2008. Tombé dans un état végétatif à la suite d'un accident de moto, le jeune homme est victime des dissensions qui règnent au sein de sa famille. Si certains veulent le laisser partir, d'autres s'y opposent, à commencer par ses parents.
 
C'est pour faire entendre ce conflit déchirant dans ce qu'il a de plus intime que la femme de Vincent Lambert, Rachel, a souhaité prendre la plume pour présenter les raisons de son combat.
 
Ce livre témoignage vient d'être publié aux éditions Fayard (17 €) sous le titre : Vincent, parce que je l'aime, je veux le laisser partir. Et depuis, l'auteure est entrée dans un marathon médiatique, enchaînant les prises de parole à la télévision comme à la radio.
 
Avec ce livre, l'épouse de Vincent Lambert, qui avait préféré rester en retrait des médias, entre de plain-pied dans l'univers de la communication afin de faire entendre sa voix. Cette infirmière de 33 ans livre un témoignage à fleur de peau sur une situation extrêmement difficile.
 
Voulant sortir des partis pris et des opinions fondées sur des croyances, Rachel Lambert présente ses échanges passées avec son mari sur la question de la fin de vie tout en refusant « que Vincent soit un étendard ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.10.14 17:24

le JDD


28 septembre 2014


Rachel Lambert : "Je lui dis mon amour au milieu de cette folie"

INTERVIEW - Rachel Lambert, dont le mari est en état végétatif, détaille au JDD les raisons pour lesquelles, contre l’avis des parents de Vincent, elle souhaite "l’application de la loi" et l’arrêt des traitements.



C'est une discrète qui pèse ses mots, muselle sa colère, dose sa liberté d'expression. Hors de question d'attaquer de front ses beaux-­parents, des catholiques pratiquants avec qui elle est en désaccord sur l'avenir de son mari ou de rendre coup pour coup aux sites intégristes qui l'ont traitée de "monstre". Rachel Lambert, l'épouse de Vincent ­Lambert, prend la plume sans esprit de revanche. Dans son livre-­témoignage à paraître lundi, Vincent. Parce que je l'aime, je veux le laisser partir (Fayard)*, elle esquisse un portrait touchant de son mari et explique ce qu'il aurait souhaité pour lui-même en cas de drame : la mort, dans le cadre de la loi Leonetti, par arrêt de l'alimentation et de l'hydratation qui le maintiennent artificiellement en vie depuis son accident en 2008.

Sans autocomplaisance, sans se poser en victime ni en femme-courage, cette infirmière de 33 ans, qui avait jusque-là peu répondu aux sollicitations de la presse, chronique de longs mois d'intrusion judiciaire et médiatique dans son intimité. Alors que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), saisie par les parents et deux frères et sœurs de Vincent Lambert désireux de le voir rester en vie et de le faire transférer dans un centre pour patients en état végétatif, tient le sort de l'homme qu'elle aime entre ses mains, la jeune femme espère seulement que la justice décidera de bousculer ses usages et de statuer en urgence.

Pourquoi prendre la parole aujourd'hui?
J'ai envie qu'il reste la beauté de notre histoire. Dans la première partie du livre, je raconte des choses simples : notre rencontre, mon admiration d'élève infirmière pour le soignant aguerri qu'il était déjà, notre mariage et le plaisir de vivre ensemble dans une petite maison à la campagne, puis le bonheur, pendant deux trop courts mois, d'apprendre à deux le métier de parents. Cela peut sembler paradoxal car je suis discrète, comme l'était Vincent, mais c'est une manière de dire mon amour au milieu de toute cette folie médiatique.

«Je ne veux pas me transformer en pasionaria de l'euthanasie»

Comme Vincent avant son accident, vous êtes infirmière psychiatrique. Vous utilisez donc le mot "folie" à dessein?
Oui, cette histoire est folle, me dépasse. La fin de vie est un débat passionnel. Depuis plus d'un an, tout le monde s'est invité dans notre intimité. J'ai subi des pressions, j'ai été insultée, suivie par un détective. Sur certains sites pro-vie, j'ai lu que je n'avais qu'à divorcer, que j'étais un monstre. Des photos de Vincent à l'hôpital ont été diffusées sur Internet, ce qui constitue un viol de sa propre intimité, à lui qui ne peut pas se défendre. On les a même affichées sur des Abribus. On a tagué son nom sur des trottoirs! On a menacé la vie du médecin qui le soignait, celle de la famille de ce docteur qui, épuisé, a fini par quitter l'hôpital. À cause de tout ce tumulte, j'ai dû m'éloigner de Vincent et déménager pour protéger mon enfant. C'est une violence irraisonnée.

Pour les opposants à l'euthanasie, votre mari est devenu un symbole…
Cela m'attriste. Que leur répondre? Je ne veux pas me transformer en pasionaria de l'euthanasie. Je ne veux même pas exposer mes propres convictions. En plus des catholiques traditionalistes, l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés s'est invitée dans la procédure. Est-il question d'un cas singulier ou d'un cas emblématique dont l'impact rejaillira sur les 1.700 patients en état pauci-relationnel? La liberté que devrait avoir ­Vincent n'empiète en rien sur celle des autres malades. Ce qui compte, c'est qui était Vincent.

Qui était-il?
Un homme libre qui savait exprimer son désaccord au besoin, faire valoir son point de vue. Il s'était affranchi du carcan dans lequel il avait grandi tout en gardant une profonde spiritualité. De façon générale, il n'aimait pas les dogmes.



Rachel Lambert et son mari en 2007 lors de leur voyage de noces. (DR)

Aviez-vous parlé de la fin de vie?
À l'époque, comme je travaillais auprès d'handicapés, le sujet était venu tout naturellement dans la conversation. Ce genre de discussions pas forcément tristes, sous le signe de l'humour noir, sont fréquentes chez les professionnels de santé confrontés à la maladie. Nous deux, nous en avions parlé sérieusement. Vincent avait 30 ans, moi cinq de moins, mais on avait conscience que la vie pouvait basculer. Lui ne supportait pas l'idée d'être cloué à un lit, dépendant. Depuis toujours, et sans doute à cause d'une blessure d'enfance, mon mari n'aime pas qu'on le touche. Il était pudique au point de détester une caresse sur la joue. Un jour, en 2007, Vincent veut me faire promettre que si quelque chose lui arrive, je ferai ce qu'il faut pour qu'il parte. Je lui dis que c'est une promesse que je ne peux pas lui faire. Vincent était, pour lui-même, favorable à l'euthanasie en cas de malheur.

Dans le livre, vous vous élevez contre la publication d'une photo de votre mari dans la presse sur laquelle il semble en éveil, le regard tourné vers le dessin d'un oiseau bleuté.
En la regardant, on peut avoir l'illusion qu'une communication avec lui est possible, que Vincent est simplement handicapé. Il n'est pas handicapé, il est maintenu artificiellement en vie.

«Son état de santé s'est dégradé. Vincent n'est plus présent»

Regrettez-vous qu'il n'ait pas couché ses directives anticipées par écrit?
Tout infirmiers que nous étions, nous ne connaissions pas la loi Leonetti sur la fin de vie. Quand on est marié, on pense que la parole du conjoint suffira, en cas de drame, à porter la vôtre auprès de l'extérieur. Pour Vincent, sa famille, sa vie quotidienne, c'était nous, sa fille et moi. Pour deux adultes en couple, c'est l'évidence même. Depuis la nuit des temps : "C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair", peut-on lire dans la Genèse.

À vous entendre, on a l'impression que les commentateurs qui vous opposent à Viviane Lambert, en renvoyant épouse et mère l'une contre l'autre, ont en partie raison…
Je respecte les convictions des parents de Vincent, de sa sœur et de son demi-frère qui pensent, contrairement au reste de la fratrie et à moi, que mon mari doit rester en vie. Simplement, je dis que c'est la parole de Vincent qui devrait être prise en compte. Dans certaines interviews, on ne m'appelle pas Rachel Lambert ou Mme Lambert mais Rachel. Un simple prénom. C'est une manière de me reléguer en dehors de la famille de mon mari. Moi, cela ne me fait rien, mais c'est comme si on voulait renier ce que Vincent avait construit.

Après avoir été rare à son chevet pendant les premières années, sa mère, qui vivait loin de Reims, est désormais au côté de Vincent tous les jours. Ne vous a-t-elle pas évincée? Vous qui ne l'avez pas quitté durant plus de cinq ans, lui rendez-vous toujours visite?
Bien sûr, je lui rends visite très régulièrement. J'accroche des photos dans sa chambre, je me réjouis que soit diffusée la musique qu'il aime, et Les Chiffres et les Lettres, son programme télé favori. C'est très respectueux de ce qu'il était. Excepté les mesures de sécurité pour empêcher les intrusions dans sa chambre, rien n'a changé. L'équipe médicale qui s'occupe de lui depuis 2009 continue à faire un travail impeccable. Vincent a un petit trou dans l'estomac qui lui permet, grâce à une sonde, d'être nourri, nutri plus exactement. On lui fait sa toilette, ce qu'il aurait détesté. Enfin si, une chose a changé : comme l'ont montré les dernières expertises médicales, son état de santé s'est dégradé. Vincent n'est plus présent.

«Je suis devenue une funambule sur le fil du coma de Vincent»

Dans le livre, vous racontez que l'idée de laisser mourir votre mari s'est imposée très lentement.
Dès le premier jour, au moment de l'accident, je me suis jetée à corps perdu dans l'accompagnement de Vincent. C'était essentiel pour moi et pour lui, de lui montrer qu'il était important. Le jour de notre mariage, on s'est promis d'être toujours là l'un pour l'autre. Pour moi, ce n'était pas des paroles en l'air. Les médecins avaient dit que la première année serait décisive. Durant ces premiers mois, ces cinq années, je suis venue chaque jour à son chevet. À ce moment-là, et sans jugement aucun de ma part, aucun de ses proches ne venait autant que moi. Ma vie professionnelle s'est arrêtée. J'ai choisi ma famille. Le quotidien n'était pas simple mais la décision de l'accompagner, oui. Je suis devenue une funambule sur le fil du coma de Vincent. J'ai été présente en réanimation, deux fois par jour. Aux yeux des infirmières qui osaient à peine me dire bonjour tant elles étaient tristes pour moi, j'étais juste une femme avec son bébé dans le couloir, une femme qui a sevré sa fille dans la salle d'attente de réanimation. Lors du transfert de mon mari en neurologie, j'étais encore là. Je l'ai suivi ensuite au centre de rééducation de Berck, dans le Pas-de-Calais. Contre toute attente, j'étais quand même portée par un fol espoir. Un jour, à Berck, Vincent a soudain levé sa jambe et j'ai cru à un miracle. Une autre fois, après une opération, j'ai eu l'impression que son regard était moins voilé. Tous ces espoirs déçus m'ont amenée à accepter son état. Tout comme le fait d'être à son côté chaque jour. Au final, la médecine se devait d'être humble et de savoir se retirer. Il n'y avait rien à attendre. Le retour à la conscience était impossible.

Aux yeux de certains, vous allez passer pour une sainte….
Je ne revendique rien. Sortons de la caricature : entre le monstre et la sainte, il y a juste moi qui ai accompagné mon mari et décidé de lui montrer qu'il était précieux.

«En première instance, la justice a été lapidaire et sans humanité»

Quand avez-vous accepté l'idée de le laisser partir?
En juillet 2011, le médecin responsable du Coma Science Group de Liège, un centre hyperspécialisé dans la prise en charge de patients comme Vincent, m'a dit qu'il n'y avait pas d'espoir et a ouvert une porte vers l'euthanasie, autorisée en Belgique. Ce jour-là, j'ai répondu que c'était ce que Vincent aurait souhaité mais que je n'étais pas capable de monter un dossier en ce sens. Plus tard, l'équipe médicale du CHU de Reims m'a expliqué qu'à cause de la dégradation de la santé de Vincent, une période de réflexion s'engageait. L'idée de cette dernière perte était douloureuse mais en même temps, je me consolais en pensant que Vincent serait peut-être bientôt entendu dans ce qu'il était. Quand on le voit alité, on oublie l'homme qu'il a été. Il y a une différence entre la Belgique et la France, entre le faire partir et le laisser reprendre sa liberté.

Vous dites avoir pleuré en écoutant le rapporteur du Conseil d'État expliquer que, à ses yeux, le cas de Vincent rentrait dans le cadre de la loi Leonetti.
En première instance, la justice a été lapidaire et sans humanité. Aucun expert n'est allé rendre visite à Vincent. Personne ne m'a auditionnée, moi, sa première famille. Le Conseil d'État a, lui, soigneusement instruit le dossier. J'ai été frappée de la délicatesse du rapporteur public. Cet homme a entendu qui était Vincent.

Où en est la procédure devant la Cour européenne des droits de l'homme?
Je n'ai aucune nouvelle. Peut-être est-ce parce que, devant cette cour, je ne suis, une fois encore, qu'une "tierce personne". La procédure s'intitule "Affaire Lambert contre la France". Mon but n'est pas de faire pression sur cette cour qui a dit qu'elle statuerait dans les meilleurs délais. Je note simplement que le temps d'une telle institution et le temps de Vincent ne sont pas les mêmes.

Vous vous battez pour votre mari, mais vous, en exil, insultée, vous n'êtes pas libre…
Je ne me pose pas la question, j'agis par amour. Tout ce que je veux, c'est qu'il soit entendu, dans le respect des vœux échangés. Moi aussi, je suis un peu vieille France, je crois aux promesses.

* écrit en collaboration avec Adeline Fleury.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   12.11.14 11:33

Vivre ou laisser mourir : le cas Vincent Lambert

Agnès Farkas( Qui c'est, celle-là ? ) BRR

mardi 4 février 2014

1411 visites | 6 commentaires


Il y a 5 ans, Vincent Lambert a été hospitalisé au CHU de Reims après un accident de la route. Il vit depuis dans un état « pauci-relationnel » [1] c’est-à-dire qu’il est en état de conscience minimale. Ce n’est donc ni un coma, ni un état végétatif.

Une triste affaire familiale qui oppose la femme de Vincent Lambert qui demande l’euthanasie, à ses parents qui défendent son droit à la vie et qui ont porté l’affaire en justice. Cette affaire peut ouvrir la voie à une « modification des lois existantes »  comme le demande la ministre de la Santé Marisol Touraine, d’autant que, il faut le souligner, François Hollande compte engager un grand débat sur la fin de vie avant cet été.

Suite à une plainte criminelle des parents de Vincent « pour tentative d’assassinat sur personne vulnérable » contre le CHU de Reims et le Dr Kariger, les juges du Tribunal administratif de Chalons en Champagne ont affirmé que « la poursuite du traitement n’était ni inutile, ni disproportionnée » et que nourrir Vincent Lambert ne relevait pas de l’« obstination déraisonnable » comme l’affirme le Dr Kariger.

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. » Ainsi s’exprime le serment d’Hippocrate, que nous devons rappeler à tous en un temps de crise qui rappelle les débats eugénistes des années trente du XXe siècle où la discussion portait sur ces vies « qui ne valent pas la peine d’être vécues ».


Entretien avec le Docteur Bernard Jeanblanc

Chef de service d’une unité pour polyhandicapés et d’une unité de vie spécialisée pour les « pauci-relationnels » à Strasbourg.

Agnès Farkas : Vous aviez précisé lors de divers entretiens avec la presse qu’en France les 1500 patients se trouvant dans le même état que Vincent Lambert bénéficient tous d’une « prise en charge s’inscrivant toujours dans un projet de vie, et pour cause : ils ne sont pas en fin de vie ». Une décision juridique menant à l’euthanasie n’aura-t-elle pas des conséquences directes sur eux ? Précisons aussi que Vincent n’étant pas en fin de vie, il n’entre donc pas dans les critères de la loi Léonetti de 2005

Docteur Bernard Jeanblanc :  C’est là tout le problème ! Aucunement, la presse n’a évoqué la situation des patients comme Vincent, qui n’est ni dans le coma ni en état végétatif. Si la loi Léonetti s’applique à tout citoyen en fin de vie, elle ne s’applique pas aujourd’hui à Vincent car il n’est pas atteint d’une maladie incurable et n’est pas non plus en fin de vie. Il est handicapé ! Il n’a pas non plus émis de demande anticipée d’euthanasie ou exprimé son désir de mourir.

Notre gros soucis est l’attitude du médecin de Reims, le Docteur Kariger, qui aurait suspecté, je dis bien suspecté chez Vincent « l’envie de mourir », par des comportements qui seraient « oppositionnels à certains soins ». Donc d’une suspicion, d’une chose qui ne s’est pas exprimée verbalement, il en a fait une certitude. C’est çà le drame, il y a un côté abusif et suffisant dans le fait qu’une simple suspicion devienne une certitude. Il veut donc appliquer la loi. Mais c’est un abus d’interprétation de celle-ci.

C’est pourquoi nous sommes inquiets, si le Dr Kariger parvient à faire reconnaître cet état de fait, nous pourrions aller vers des abus et faire appliquer cette loi sur d’autres malades. Dans ce sens, le pouvoir médical devient abusif. C’est contre cela que nous luttons mes collègues et moi-même.

Certains peuvent dire, « Vincent ne veut pas être dans cet état là », mais personne ne veut être dans cet état. Nous sommes dans la mésinformation !


La conscience est le début d’un monde. En son absence il n’y a pas de soi, pas d’environnement, pas de douleur, pas de joie ; il n’y a simplement rien du tout.
– Dr A. Seth Greenwald, bio-académicien

N’avez-vous pas l’impression que l’on donne de mauvaises définitions de ce qu’est la notion de vie ?

Absolument ! Tout d’abord, on se permet de juger d’une qualité de vie relationnelle. D’ailleurs pour Vincent il y a vie relationnelle, et nul ne peut se prévaloir de juger de la qualité de celle-ci. Un de mes patients est en état végétatif, il n’a que peu de vie relationnelle apparente, mais il a une épouse qui le ramène à la maison toutes les fins de semaine et qui a acheté un véhicule adapté à cet effet. Elle me dit : « Pour nous, il est là et il n’est pas question qu’il s’en aille ».

C’est choquant de voir que certaines personnes, certains soignants, certains médecins s’arrogent un droit de jugement sur la qualité de vie. Qui peut véritablement apprécier cela ? Le patient ne peut pas l’exprimer, mais sa famille est vraiment présente et quand je vois leur engagement auprès de ces patients, on est souvent scotché. L’investissement des parents dépasse souvent ce que l’on peut attendre d’un engagement auprès de patients atteints d’autres pathologies. Je crois qu’ici nous abordons un monde que nous ne connaissons pas encore. Il y a encore une sollicitude de la société par rapport à ces patients.

Ce que je regrette dans cette affaire qui est hautement médiatisée, c’est qu’on n’a jamais interrogé des professionnels qui ont une expérience dans ce domaine et qui sont souvent aussi contrits que moi par ces interprétations de signes dits « d’opposition aux traitements ».

La prise en charge représente-t-elle un facteur important ?

Il est actuellement dans une unité de soins palliatifs gériatriques et ce n’est pas ce qui était recommandé par la circulaire ministérielle de 2002 dans des cas identiques au sien. Il faut des unités dédiées à la grande dépendance et adossées à un service de soins de suite et d’adaptation. Là on se trouve dans une unité de soins palliatifs dédiée à la fin de vie. La qualité des soins est très bonne mais ce n’est pas la bonne démarche.

Nous sommes dans une société du paraître et si vous n’êtes pas l’homme ou la femme idéalisés médiatiquement, on a tendance à vous exclure.

C’est évident ! Il y a une part de la population que l’on ne veut pas montrer. Le handicap fait peur. Il n’y a rien de neuf.

Peut-être ! Mais le personnel médical se trouve malgré tout confronté à cette société du paraître et celle-ci n’aurait-elle pas tendance à créer une forme de culpabilisation de celui-ci par rapport à cela ?

Quand je vois l’engagement de mon équipe d’une trentaine de personnes : il n’y a que des volontaires pour venir travailler dans ma clinique. Il existe un investissement personnel et affectif de chaque soignant pour les patients. Il y a eu récemment un décès dans mon unité. Il faut faire un débriefing le lendemain, il faut accompagner le personnel. C’est dur ! Ce sont des personnes qu’ils côtoient au quotidien. C’est un personnel remarquable et je crois qu’il existe encore des personnes qui s’engagent auprès des patients les plus vulnérables.

Ces actions devraient être plus portées au grand public.

Mais oui ! Mais encore faut-il pouvoir trouver des oreilles attentives. Voici ce qui m’a surpris lorsque je suis allé à Chalons en Champagne : il y avait quand même une quarantaine de journalistes dans la salle, tous médias confondus, et à l’issu du compte-rendu de l’audience juridique, ils se sont précipités vers l’épouse de Vincent, ses avocats et le Dr Kariger mais personne n’est venu vers mon collègue et moi-même. C’est choquant !

On vous isole dans une salle, car vous représentez la contradiction.

Car la véritable notion de la vie du futur disparaît face à l’handicapé. J’ai vu beaucoup de journalistes faire grand bruit devant le film Intouchables. Alors pourquoi ces mêmes médias, devant Vincent qui est un homme qui se retrouve dans une situation quasi identique, ne donnent plus la même perception des choses au public ?

Ils n’ont pas une réelle connaissance du dossier. Ce n’est pas facile de parler de ces patients car cela n’intéresse pas grand monde et ça fait tellement peur. On n’aimerait tellement pas se trouver dans cette situation. C’est sûr. J’en parlais à un confrère qui me dit : « De quel côté es-tu ? ». Je lui réponds de celui des patients en état végétatif les plus vulnérables. Voilà mon attitude. Il me dit : « Mais tu te rends compte de ce que tu fais ? ». En réalité, il était terrifié.

Leonetti a dit que la loi pouvait s’appliquer à Vincent Lambert. Qu’en pensez-vous ?

Le tribunal a affirmé qu’il y avait utilité à continuer l’hydratation et l’alimentation de Vincent tant qu’il y a une vie relationnelle. Cette situation met dans l’embarras beaucoup de monde. Il faut rétablir un véritable statut pour les patients vulnérables. Ce sont des personnes qui doivent êtres traitées comme les autres patients. C’est le premier point ! Deuxièmement, il faut revoir les statuts de l’alimentation et de l’hydratation, qui ne sont pas des méthodes de réanimation mais des techniques, et les produits utilisés ne sont pas des médicaments mais des produits comme le lait maternisé qui servent à nourrir des personnes qui ne peuvent pas déglutir. Ce sont des points fondamentaux !

Ce qui est effrayant, c’est la non reconnaissance d’une partie de la population qui deviendrait des sous-hommes de par leur handicap. Par conséquence, il y aurait une perte de la dignité de ces hommes et femmes.

Quelle est l’évaluation qui permettrait cette perte d’humanité ?

On ne perd jamais son humanité. C’est un principe qu’il faut défendre. On reste des personnes. Sans parler du nazisme, nous ne pouvons pas laisser faire des expérimentations sur des individus humains comme sur des animaux ou appliquer les théories d’autres, soit disant philosophes, comme H.T. Engelhardt ou Peter Singer, qui affirme que ces personnes ne sont pas dignes de vivre ou qu’elles seraient moins à prendre en compte que des chimpanzés. Nous sommes dans un moment eugénique.

Peter Singer est pour qu’on « avorte » un enfant jusqu’à un an après sa naissance.

Quand Véronique Fournier dit à Eric Fabro dans Libération  : « Vincent Lambert n’est plus une personne ». Alors quand vous entendez un responsable du comité d’Etique de Cochin dire une chose pareille. C’est vraiment grave. Nous évoluons vers une dégradation de la dignité humaine.

J’ai sous les yeux un article sur des patients en état végétatif que l’on a soumis à des tests. Les résultats montrent qu’ils sont capables de rester attentifs et qu’ils répondaient aux sollicitations. Alors, comment peut-on affirmer que l’on sache juger du moment où un individu ne serait plus une personne ? Le débat sur la fin de vie sera un sujet abordé par le gouvernement Hollande. Il voudrait une révision de la loi Léonetti. Et quand je vois où en est le débat chez nos voisins suisses ou au Benelux, ou même dans l’Oregon aux États-Unis où on promeut les « testaments de fin de vie » , ou lorsqu’on « permet » à des enfants de 12 ans de demander l’euthanasie comme en Hollande. Je pense que l’on pourrait passer des caps. Je suis inquiète.

Les patients Alzheimer sont aussi menacés. J’organise au mois de mars dans la banlieue de Strasbourg une conférence-débat « L’euthanasie : danger ou choix pour les patients les plus vulnérables ». Il n’y aura pas de partisans de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) à la tribune. Nous voulons apporter une contribution dans le débat actuel. Nous aurons la présence d’un ancien parlementaire, Monsieur Nilbur, qui nous expliquera comment les parlementaires en sont arrivés à accepter cette gradation sur les traitements. Maître Payot, avocat engagé dans les droits de la santé, qui a rédigé l’amendement pour le Sénat sur le statut de l’alimentation (et qui a été rejeté) sera à la tribune. Nous allons tenter de sensibiliser et essayer de médiatiser l’événement.

Restons vigilants pour éviter les dérives de la société vers une catégorisation ou un rejet des personnes les plus vulnérables. C’est le fond de ma pensée.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   22.12.14 19:17

Affaire Vincent Lambert : comment les milieux catholiques traditionalistes se sont mobilisés

Farouchement opposés à l'euthanasie, les parents de cet homme tétraplégique en état végétatif militent pour le maintien en vie de leur fils. Derrière eux, la mouvance catholique intégriste agit activement.


Par Vincent Daniel


Mis à jour le 20/06/2014 | 10:46 , publié le 06/02/2014 | 15:27

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La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi.
L'affaire oppose deux camps. D'un côté, les médecins, l'épouse et une partie de la famille de Vincent Lambert (des frères et sœurs, ainsi qu'un neveu) ont donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU. "Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça", a déclaré sa femme, estimant que le "laisser partir" constituait "un acte d'amour". De l'autre côté, les parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques et opposés à toute forme d'euthanasie, luttent contre "la mort programmée" de leur fils. Au delà de ce désaccord familial, l'affaire mobilise les réseaux catholiques traditionalistes.

"Ils utilisent la douleur de la mère de Vincent"

La mère de Vincent Lambert est proche de la fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste en rupture avec le Vatican. Une branche du catholicisme "farouchement opposée à l'abrègement de toute vie, au motif du sacro-saint 'Tu ne tueras point'", note Le Parisien (article payant). Le père, gynécologue, est un opposant actif à l'interruption volontaire de grossesse. Il a notamment dirigé l'association Laissez-les vivre dans l'Indre. Ensemble, ils appellent "les réseaux catholiques les plus sectaires 'à ne pas laisser faire cette mise à mort'", écrit Libération.
Pour le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, "les catholiques traditionalistes utilisent la douleur de la mère de Vincent pour en faire un combat politique". "Ils ont choisi des avocats proches de ce milieu, qui ont incité Viviane Lambert à faire un signalement au procureur pour tentative d'assassinat, lorsque le CHU de Reims a décidé d'interrompre les traitements, témoigne-t-il auprès du Parisien. L'épouse de Vincent a dû être entendue par la police, alors qu'elle a toujours été aux côtés de son mari depuis cinq ans dans cette épreuve." François Lambert précise que Vincent "avait pris de la distance avec [ce] milieu". Il témoigne aussi de la présence "d'une trentaine de militants intimidants" lors du procès à Châlons-en-Champagne, qui se seraient rendus par la suite au chevet de Vincent à l'hôpital pour "prier" pour lui.

Un avocat proche des milieux intégristes

Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux intégristes. Il a défendu de nombreux militants de la Manif pour tous. Il représente aussi l'institut Civitas, mouvement catholique intégriste qui se dit "engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ". Civitas s'est notamment illustré pendant l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Jérôme Triomphe a également été le conseil du magazine d'extrême droite Rivarol face au Front national, relève Metronews. Et l'avocat participe à des conférences organisées par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), un mouvement proche de l'extrême droite. Intitulé de son discours le 7 septembre 2013 : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste et à la répression policière, le combat de l’Agrif pour les libertés". "L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France", indique Metronews.
D'ailleurs, c'est Jérôme Triomphe qui a évoqué le premier le cas de Vincent Lambert. C'était sur Radio Courtoisie, en mai 2013. Les sites et blogs radicaux, proches la mouvance traditionaliste, ont ensuite relayé l'information. Parmi lesquels "Riposte catholique, Salon beige ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent", relève Le Monde (article payant) pour qui l'affaire "prend de fait une tournure politique et religieuse". Le 16 janvier, alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le président de l'Agrif (et ancien frontiste), Bernard Antony, a salué "avec émotion" cette décision. Et l'Agrif s'est félicitée "de ce que cette manœuvre de promotion de l’euthanasie par omission n’ait pu aboutir".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.01.15 15:04

Comment un patron de médecine a appliqué la loi Leonetti, le livre témoignage du Dr Kariger

08/01/2015

Crédit photo : AFP le Quotidien du Médecin

Le Dr Éric Kariger, ancien chef du service de soins palliatifs du CHU de Reims, où Vincent Lambert a été admis en juin 2009, trois mois après un grave accident de la route, aujourd’hui directeur médical d’un groupe de maison de retraite, publie ce 8 janvier « Ma vérité sur l’affaire Vincent Lambert ».

Le Dr Kariger revient sur la prise en charge du patient par son équipe, sa lecture de la Loi Leonetti, et sa vocation de médecin, alors que le sort de Vincent Lambert devrait être tranché par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) d’ici à un ou deux mois.

Le Quotidien : Au lendemain de l’audience de la CEDH qui doit se prononcer sur la conformité de la législation française sur la fin de vie avec la Convention européenne des droits de l’homme, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Dr Éric Kariger : Je suis serein et confiant car la loi Leonetti contre l’obstination déraisonnable, que je défends et applique depuis des années, me paraît être l’une des lois les plus avancées, rigoureuses et strictes en la matière. Elle enjoint de s’appuyer sur un pronostic et un diagnostic consolidés et sur les volontés du patient et d’organiser une discussion collégiale. En outre, le médecin n’est pas au-dessus des lois, ses actes peuvent être contrôlés par le juge.

La CEDH pourrait laisser la main aux États. Je serais un peu déçu car les questions qui se posent sur la fin de vie en Occident sont les mêmes partout, malgré des différences entre les cultures (la Grande-Bretagne est parfois plus pragmatique dans une logique « coût-efficacité », la médecine latine est plus « pro-life »).

J’espère que les juges européens iront plus loin en faisant une jurisprudence européenne dans les situations de limitation et d’arrêt des traitements en cas d’obstination déraisonnable, où il s’agit de « laisser mourir ». Sur ce sujet, on n’est pas loin du consensus, ce qui n’est pas le cas sur l’euthanasie. Et la loi Leonetti est extrêmement structurante pour protéger le patient contre l’eugénisme (arrêter trop tôt les soins) ou l’acharnement (trop tard). Elle remplit toutes les conditions du principe de proportionnalité entre le droit à la vie, principe fondamental, et le droit à ne pas subir des soins déraisonnables.

Pourquoi avoir écrit cet ouvrage, alors que vous n’êtes plus chef de service au CHU de Reims ?

C’est un devoir intellectuel et professionnel de savoir faire des retours d’expérience. On a droit à l’erreur, non à la récidive. Il faut savoir tirer les leçons de notre expérience.

Mon livre a aussi vocation à rappeler les faits, à expliquer, afin de sortir du manichéisme entre pro-life et euthanasie. C’est une confession personnelle, une manière d’exprimer ma vérité, ma subjectivité d’honnête homme, car il a pu se raconter n’importe quoi.

C’est enfin une manière de rendre hommage à la médecine. En tant que patron, j’ai été amené à mouiller le maillot pour défendre un patient, une déontologie, une équipe, une idée de la médecine. Je suis admiratif de mes auxiliaires, de mes aides-soignants, mes infirmiers, qui tous les jours se dévouent auprès de populations vulnérables. Je n’ai rien révélé qui n’ait déjà été médiatisé. J’évoque deux traumatismes que Vincent Lambert a subis car ils expliquent beaucoup de choses, la souffrance des parents, les relations familiales, la violence de cette affaire. J’ai essayé avec la plus grande honnêteté d’apporter une valeur ajoutée au débat.

Les députés Jean Leonetti et Alain Claeys proposent, dans un rapport au président de la République, l’ouverture d’un droit à une sédation profonde et continue. Vous semblez émettre des réserves à cet égard ?

Je salue le travail de Jean Leonetti et Alain Claeys qui ont cherché à dépassionner le débat en élaborant un compromis et en rassurant la société. Je lis la montée en charge de la demande d’euthanasie comme l’expression de la peur des patients de subir une obstination déraisonnable ; nous devons garantir à nos contemporains que l’obstination déraisonnable appartient au passé grâce à notre culture palliative, et qu’à l’inverse, nous n’arrêtons pas des soins de manière arbitraire.

La sédation, on la pratique, mais elle ne doit pas être une solution de facilité. Il faut pour cela une extrême rigueur éthique car tout est dans l’intention qui précède le geste.

J’adore ce raccourci qui permet de faire réfléchir : « dormir définitivement, c’est déjà mourir un peu. » Aujourd’hui, j’ai une difficulté. Il y a un avant et un après Vincent Lambert. Pendant des années, je me suis battu pour prendre soin des plus vulnérables. J’ai aujourd’hui un regard plus raisonné sur les états dramatiquement végétatifs chroniques. Tant qu’il y a de la relation, il y a du sens. Mais quand on est irréversiblement dans une situation de non-relation avec son environnement, n’est-on pas de fait dans un cas d’obstination déraisonnable ?

Si on veut trouver un compromis entre une médecine un peu trop pragmatique et une médecine qui prend trop de risque pour la vie, il faut donner une chance en amont (dans la réanimation) mais il faut aussi pouvoir s’arrêter quand le pronostic se consolide de manière défavorable.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   25.01.15 13:07


Manifestation contre l'euthanasie : «Je marche pour la vie de mon fils»

Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce tétraplégique au cœur d'une bataille judiciaire et familiale, défile aujourd'hui pour la première fois avec les militants de la Marche pour la vie. Elle s'en explique.

Propos recueillis par Aliine Gérard | 25 Janv. 2015, 08h45 | MAJ : 25 Janv. 2015, 08h52

Viviane Lambert ouvrira le cortège aux côtés d’associations qui la soutiennent dans son combat pour maintenir son fils en vie.
Viviane Lambert ouvrira le cortège aux côtés d’associations qui la soutiennent dans son combat pour maintenir son fils en vie. (François Bouchon.)


Les « Pro-vie » (anti-IVG) sont de retour, avec cette année, pour la 10e édition de leur Marche pour la vie qui partira à 13 h 30 de la place Denfert-Rochereau à Paris, une participante de marque : Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique de 38 ans plongé dans un état de conscience minimale depuis six ans et qui se trouve au cœur d'une incroyable mêlée familiale et judiciaire.

Elle nous explique les raisons qui l'ont décidée à se joindre à ce cortège qui proteste aussi contre l'euthanasie, et sa « confiance » en la décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui doit décider si son fils sera maintenu en vie ou pas.

Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette marche ?
VIVIANNE LAMBERT. Je marche pour la vie de mon fils. Parce que, aussi, les associations qui l'organisent défendent ce que je crois être juste : le respect de la vie, la défense des personnes vulnérables. Depuis la décision du Conseil d'Etat, la mort est suspendue au-dessus de la tête de Vincent. On avait programmé pour lui une euthanasie. Les associations qui manifestent aujourd'hui se battent également contre ça. Ma présence, c'est ma façon de les remercier pour leur soutien mais aussi de dire que je partage leur inquiétude sur les projets du gouvernement sur la fin de vie. Dès qu'on dit non, on vous reproche vos convictions. Oui, je suis catholique, mais pas intégriste.

En quoi la loi en préparation vous inquiète-t-elle ?
Je ne suis pas experte mais je me demande si un nouveau texte est nécessaire. La loi Leonetti n'a déjà pas été respectée pour mon fils. Les équipes médicales s'en sont servies pour décider de cesser de l'alimenter alors que rien ne le justifiait. Je ne vois pas en quoi une nouvelle loi améliorerait la situation. Je ne juge pas les personnes qui vont à l'étranger pour mourir, mais j'ai vu une émission à la télévision qui m'a laissée perplexe. Si je comprends bien, c'est le malade qui appuie sur la seringue. Personne ne se mouille. Si on veut vraiment soulager les malades en fin de vie, il faut des unités de soins palliatifs dignes de ce nom. Vincent, dans celle où il est, à l'hôpital Sébastopol de Reims, n'a plus de fauteuil, on ne le change pas de position, on ne le lève plus, on ne le promène jamais, il n'a plus aucune séance de kiné. C'est déplorable !

Comment se porte-t-il ?
Je vais le voir tous les jours. Mon mari y va à partir de 13 heures, j'enchaîne à 16 heures. Il dort, se réveille, bien sûr qu'il n'a pas la même conscience que vous et moi, mais quand on l'appelle il tourne la tête. Juste après Noël, il a soulevé à deux reprises la jambe droite et lorsqu'un jour je lui ai mis de la musique, son visage s'est transformé ; le poste était à sa gauche, il l'a cherché. Vincent n'est pas du tout en fin de vie, il n'est pas sous assistance respiratoire, n'a pas de tubes partout, c'est une personne handicapée. En septembre 2012, nous avions eu mon mari et moi le projet de l'emmener en vacances avec nous. Le professeur Kariger était d'accord, il n'y avait vu aucune objection.

Le docteur Kariger estime que vous faites preuve d'une « obstination déraisonnable »...
Non. Si Vincent souffrait d'un cancer, ce serait tout autre chose. Un médecin ne peut pas décider de tout, tout seul, comme l'a fait le docteur Kariger. C'est grave. Dès le début, il a été de mauvaise foi. Il a été partial, il a dévoilé le secret médical. Ce dont a besoin Vincent, c'est d'être transféré dans un établissement adapté. Dans le service où il est, ils n'ont jamais fait de projet de vie pour lui. On ne s'occupe pas de notre fils comme il le faudrait. J'attends que la Cour européenne des droits de l'homme arrête toute cette folie. Je compte les semaines.

La CEDH ne rendra pas sa décision avant deux mois. Elle a examiné l'affaire le 7 janvier dernier. Comment cela s'est-il passé ?
J'ai vraiment confiance. On a hâte que tout cela se termine. Cette audience a été éprouvante, mais elle m'a fait aussi bonne impression. Cela a été beaucoup moins pénible que devant le Conseil d'Etat. Là, quand on a attendu le rapporteur public, on a tout de suite compris, c'était comme d'attendre l'énoncé d'une condamnation à mort. Je n'imagine même pas que la CEDH ne nous donne pas gain de cause. Ce serait trop énorme !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   26.02.15 19:43

oh là là ce sujet a été beaucoup lu et je ne sais plus ce que j'ai écrit ( si mes copiés-collés sont exacts mais choisis par moi, mes commentaires sont parfois influencés par mon humeur du jour )
Je ne suis pas dans la situation de Vincent Lambert et je ne pourrai jamais l'être (je suis plus vieille avec une famille moins compliquée)
alors si mes propos ont pu heurter les proches de V.L. je m'en excuse.Seulement ses proches.
Pour les autres, j'aime bien provoquer..
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.03.15 17:55

Actu > Société > Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit

Fin de vie
Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit
Eric Kariger, le médecin de Vincent Lambert, réagit

Eric Kariger, le médecin qui a suivi Vincent Lambert.
© John Schults / Reuters

Le 10 mars 2015 | Mise à jour le 10 mars 2015
Propos recueillis par Arnaud Bizot

Le texte sur la fin de vie rédigé par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti est examiné ce mardi à l'Assemblée. Eric Kariger, le médecin qui a suivi Vincent Lambert, nous donne son opinion.

Que pensez-vous de la nouvelle loi Claeys-Leonetti ?
C’est un progrès pour les patients à renforçant les obligations du médecin à être plus attentif et plus à l’écoute de ses patients. Quelque soit la loi, si des professionnels sont mal intentionnés, on peut faire n’importe quoi. Les «pro-life» et les «pro-euthanasie» sont rarement ouverts à la subtilité de la fin de vie. On ne peut rien généraliser, chaque cas est singulier. D’où la difficulté d’expliquer. Cette loi est pour moi un équilibre entre les droits du patient et les devoirs du médecin.

La sédation profonde fait-elle avancer les choses ?
Il ne s’agit pas d’endormir tout le monde.La sédation est une arme palliative d’exception qu’il faut savoir utiliser au bon moment au bon patient. C’est une pratique palliative, qui peut être temporaire ou définitive, lorsqu’on ne peut pas répondre autrement à la souffrance physique, psychique ou existentielle. Il est des patients qui n’arrivent plus à donner de sens à ce temps de fin de vie qui reste à vivre et qui réclament à ne pas être conscients. C’est une arme de dernier recours, quand on a tout tenté. Ainsi, le médecin respecte l’interdit de tuer en endormant le patient dans cette phase ultime de son existence. Je n’ai rencontré, en vingt cinq ans de carrière en soins palliatifs, que six ou sept cas qui rentrent dans ce cadre.

La sédation concerne quel type de patients ?
Il y a trois types de situation. D’abord, le patient en fin de vie mais conscient, atteint, par exemple, d’un cancer en phase terminale et qui ne veut pas vivre ça. Ensuite, le patient qui n’est pas en fin de vie, mais maintenu en vie, par une technique médicale comme dialyse rénale par exemple, qui n’en peut plus et qui souhaite un arrêt de traitement. Enfin, le cas le plus compliqué, lorsque le patient est inconscient ou en incapacité d’exprimer ses volontés et maintenu en vie par une technique médicale, comme celui de Vincent Lambert. Le patient n’est plus l’acteur, ne pouvant s’exprimer.C’est alors la procédure dite Leonetti qui s’impose avant un éventuel arrêt. La procédure est certes lourde, mais garantit une juste et bonne décision impliquant démarche collégiale, recherche des volontés du patient par ses directives anticipées, sa personne de confiance ou à défaut sa famille ou les proches. La décision repose alors sur le médecin responsable du patient. Par précaution, l’arrêt des traitements de survie s’accompagnera alors systématiquement d’une sédation. Dans l’exemple de l’arrêt d’une nutrition et d’une hydratation artificielle, la survie se compte en jours et tout le savoir-faire palliatif est mis en œuvre et les proches bénéficient d’un accompagnement.

"Le rôle d’un médecin est de sauver des vies"

Pourquoi si longtemps ?
Les militants de l’euthanasie souhaiteraient une vie écourtée brutalement. Notre volonté de ne pas tout maîtriser, jusqu’au jour et l’heure de la mort est une question essentiellement anthropologique et sociologique. C’est toute la nuance entre laisser mourir et le faire mourir. Notre meilleure garantie pour chacun réside dans la rigueur professionnelle et intellectuelle, la qualité de la démarche collégiale, la transparence de la démarche.

Les directives anticipées sont-elle une avancée ?
Le problème survient quand elles sont inexistantes, peu explicites, ou pas respectées. L’avancée majeure est que les médecins devront les respecter sauf exception. L’autonomie du patient est renforcée.

L’urgence vitale est-elle un frein ?
Ca n’est pas un scandale qu’on ait réanimé Vincent Lambert, Michaël Schumacher ou Jules Bianchi sur les lieux de leur accident ou peu de temps après. Nombre de cas ont ressemblés à ceux-là et ont récupérés. Le rôle d’un médecin est de sauver des vies. On est tous de «pro-life», mais pas dans le sens intégriste du terme. Quand aux directives «inappropriées», il faut assumer cette part de doute et de recours. C’est l’humilité de l’exercice médical. Si Mr Durand ma demandé des choses qui me font douter, j’en réfère à mes pairs. On inverse la charge de la preuve : si je ne respecte pas la volonté du patient, je devrai désormais le justifier.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.03.15 18:13

"Transparence de la démarche" ??? vraiment ???
Les soins palliatifs de fin de vie craignent de ne plus se développer, le Docteur et Député Jean Léonetti tient à son pouvoir et à son autorité, le Gouvernement a peur des militants de la Manif pour Tous ... ... ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.03.15 18:28

CITATION =
Par précaution, l’arrêt des traitements de survie s’accompagnera alors systématiquement d’une sédation. Dans l’exemple de l’arrêt d’une nutrition et d’une hydratation artificielle, la survie se compte en jours et tout le savoir-faire palliatif est mis en œuvre et les proches bénéficient d’un accompagnement.

Mon commentaire =
"traitements de survie", selon moi, çà équivaut à ce qui existe sans être légalisé, dit, et écrit = c'est de l'acharnement palliatif obstinément déraisonnable. Effectivement, quand un mourant meurt, il meurt sans survivre. Il meurt, point final.
"Par précaution", ce n'est même pas une certitude ! la cerise sur le gâteau, on évoque un "savoir-faire palliatif ". Pour rappel, l'idéologie palliative a été instituée en France en 1999 et nous sommes en 2015 !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.03.15 18:42

"sauver des vies"...
empêcher un mourant de mourir ???

PIEZ DE NEZ
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.04.15 21:46

Euthanasie: «Les patients servent de terrain de lutte aux idéologues»

INTERVIEW - L'ex-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique, que sa mère a aidé à mourir, a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, jeune accidenté de la route. «La vie ou la mort est un questionnement au cas par cas», estime-t-il.
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Hervé Messager est l'ancien masseur-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique de 23 ans euthanasié par sa mère, Marie Humbert, en septembre 2003. Il l'a rééduqué au centre héliomarin de Berck-sur-Mer pendant près de deux ans, jusqu'à son décès. Aujourd'hui, il a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, créée le 10 avril par des amis d'enfance de ce jeune accidenté de la route, avant que la la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) ne se prononce sur son sort dans les prochaines semaines. Ce mercredi, ce sont les deux co-auterus de la proposition de loi portant sur les nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, le socialiste Alain Claeys et l'UMP Jean Leonetti, qui seront auditionnés par la commision des affaires sociales.
LE FIGARO. Pourquoi soutenir l'appel à sauver la vie de Vincent Lambert?
Hervé Messager. «Après quarante ans de métier, dont vingt ans passés à partager le quotidien des traumatisés crâniens, je sais une chose: les patients pauci-relationnels (en état de conscience minimal - ndlr) comme Vincent Lambert ne sont pas du tout en fin de vie. Je connais nombre de familles qui ont un enfant comme lui, pris en charge à domicile ou dans un service spécialisé. Si on se met à tuer les gens comme lui, moi j'en ai cinquante sur la place rien que dans mes patients. Que fait-on alors de tous ces accidentés de la vie?»
«Ces états, même si on ne peut les promettre à un avenir meilleur, peuvent évoluer. J'en ai maintes fois fait l'expérience. Dans le cas de Vincent Lambert, il n'est non seulement pas en fin de vie mais il est très résistant, son cœur et son organisme l'ont prouvé après avoir été privés d'alimentation et d'hydratation pendant plus de trente jours (selon un premier protocole d'arrêt des soins mis en œuvre par son médecin au CHU de Reims, ndlr).»
Les experts médicaux ont jugé son cas irréversible…
«On dit aujourd'hui qu'il n'y a plus d'évolution possible mais, après un tel traitement plus l'arrêt de sa kiné, de son orthophonie et de toutes les autres sollicitations - lever, mise au fauteuil, etc. - comment aurait-il pu évoluer ou aller mieux? Et dans tous les cas, depuis quand l'évolution d'un patient serait-elle une condition pour qu'il vive? On aurait tous du souci à se faire! Si les soins ont une visée rééducative, ils ne sont pas soumis à une obligation de résultat car l'efficience n'existe pas en la matière. En revanche, et c'est la loi qui le dit, tout patient a droit à des soins de confort. Ils sont requis et nécessaires, sur le plan tout simplement humain, même s'il n'engendrent pas de progrès. C'est l'essence même de mon métier. Soigner pour prendre soin, à défaut de ne pas toujours pouvoir guérir.»
Vincent Humbert n'était pas non plus en fin de vie?
«Non, pas du tout. Et il ne souffrait pas physiquement, pas plus qu'il n'avait envie de mourir. Jusqu'à la veille de sa mort, jamais il ne m'a dit qu'il avait songé à en finir. Contrairement à Vincent Lambert, il était complètement éveillé et communiquait de manière tangible. On a donc été très surpris, en décembre 2002, de sa lettre adressée au président de la République pour demander le droit à mourir. Impossible d'y voir autre chose qu'une manipulation de sa maman par le mouvement pro-euthanasie. Une fois ces associations et la médiatisation lancées, l'engrenage était parti et c'était fini. Dans cette affaire, comme dans l'autre, tout a été dit et présenté pour que la mort soit inéluctable. C'est scandaleusement faux et c'est pour cela que je soutiens le comité créé pour Vincent Lambert: pour qu'on arrête la manipulation des familles et de l'opinion, pour qu'on arrête de parler à la place de ces patients qui, faibles et sans défense, au discernement altéré ou sans possibilité de communiquer, servent de terrain de lutte aux idéologues.»
Ne craignez-vous pas, précisément, d'être rangé dans le camp des anti-euthanasie en soutenant le comité pour la vie de Vincent Lambert?
«Soyons très clairs: je n'ai aucune conviction religieuse et je n'en ai jamais eu. Un vrai mécréant. Pas plus au niveau politique. Je n'ai aucune étiquette, aucune chapelle, juste une école: la vie concrète auprès de ces patients, qui m'a appris que la vie ou la mort est un questionnement au cas par cas. Moi je ne suis pas pour la vie avant tout, et l'euthanasie m'est apparue très légitime dans plusieurs cas que j'ai connus durant l'exercice de mon métier.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   20.04.15 13:15

Fin de vie : les amis de Vincent Lambert relancent le débat


Fin de vie : les amis de Vincent Lambert relancent le débat

par Stéphany Gardier


Publié le 20.04.2015 à 09h05





Le cas de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plusieurs années, a montré à quel point la question de la fin de vie pouvait déchirer une famille. Après l’épouse, les parents et la fratrie du jeune homme, c’est au tour de ses « amis d’enfance » de faire entendre leur point de vue, via un comité de soutien créé le 10 avril, rapporte Le Figaro.
La vie de Vincent Lambert a basculé en 2008, lorsqu’un accident de la route l’a plongé dans le coma. Pendant 6 longues années, le choix de maintenir en vie ou non ce jeune homme a alimenté un « feuilleton médiatique », qui a laissé un goût amer, mais montré les limites d’un système. Faute d'entente entre les membres de la famille, le sort du jeune homme est aujourd'hui entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La CEDH, qui instruit le dossier depuis le début du mois de janvier, doit déterminer si l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation, autrement dit l'arrêt des soins, constitue une « violation du droit à la vie » et des « traitements inhumains ou dégradants ». Même si la procédure devrait être accélérée, la décision de la CEDH ne devrait pas intervenir avant encore plusieurs semaines.
 
Avant que la CEDH ne tranche, Sophie, Guillaume, Benoît ou William ont, eux, décidé de se mobiliser, raconte Le Figaro, pour faire part de « leurs doutes sur l’action de ces médecins qui disent vouloir agir selon la volonté de Vincent et proposent de mettre un terme à sa vie ». Tous amis « pour un moment ou pour toujours » de Vincent Lambert, ils ont créé un comité de soutien pour « Sauver Vincent, tout simplement ».
Ils se disent « choqués par la déferlante médiatique et judiciaire », qui les a amenés à « se mettre en mouvement »… Et veulent aujourd’hui n’être rien de moins que la voix de Vincent Lambert, et celle des « 1700 personnes (…) en situation de conscience minimale » !
Une action qui n’a pas manqué de relancer le débat, alimenté entre autres par une interview récente, dans Le Figaro également, de l’ancien kinésithérapeute de Vincent Humbert (tétraplégique euthanasié par sa mère en 2003). Hervé Messager, qui a rejoint le comité des amis de Vincent Lambert, y dénonçait le manque de soins apportés à Vincent Lambert : « On dit aujourd'hui qu'il n'y a plus d'évolution possible mais, après un tel traitement, plus l'arrêt de sa kiné, de son orthophonie et de toutes les autres sollicitations – lever, mise au fauteuil, etc... – comment aurait-il pu évoluer ou aller mieux ? ».
La loi sur la fin de vie portée par les députés Claeys et Leonetti a été adoptée mi-mars par l'Assemblée nationale, avec deux mesures phares : la sédation terminale profonde et le caractère contraignant des directives anticipées du patient. Un nouveau cadre légal, qui ne va pas assez loin pour certains, mais dont d'autres espèrent qu’il permettra d’éviter que le cas de Vincent Lambert ne se reproduise. Difficile de croire pourtant qu'une loi suffise à surmonter tous les enjeux, émotionnels et spirituels notamment, liés à la question de la fin de vie d'un proche.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 15:33

"Je savais que rien n'arrêterait les parents de Vincent Lambert"
Le Point - Publié le  06/01/2015 à 17:17 - Modifié le  06/01/2015 à 19:23

Alors que la CEDH examine mercredi le cas de Vincent Lambert, l'ancien médecin du jeune homme, Éric Kariger, livre son témoignage au Point.fr.

Le docteur Éric Kariger a été, durant trois ans, le médecin de Vincent Lambert. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP


Propos recueillis par Violaine de Montclos


Depuis un an, la chambre de Vincent Lambert, à l'hôpital de Reims, est fermée à clé par mesure de sécurité. Violence symbolique inouïe faite à cet homme inconscient devenu l'objet d'une lutte idéologique dont s'ouvre, mercredi 7 janvier, à 9 h 15, l'ultime et tragique round. Devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), les avocats des parents de Vincent invoqueront essentiellement l'article 2 de la Convention des droits de l'homme (droit à la vie) et l'article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) pour tenter de stopper la procédure d'arrêt d'alimentation confirmée en juin par le Conseil d'État.

Le docteur Éric Kariger a été, durant trois ans, le médecin de Vincent Lambert. C'est lui qui, dans le strict cadre de la loi Leonetti, a entamé une procédure collégiale d'arrêt de traitement. Lui qui, sur injonction du tribunal administratif, a dû, après 31 jours d'arrêt, replacer la sonde alimentaire de Vincent. Dans Ma vérité sur l'affaire Vincent Lambert*, il raconte en détail ce drame médico-judiciaire qui l'a poussé, en septembre dernier, à quitter l'hôpital. Ce fervent opposant à l'euthanasie, qui fut pourtant traité d'assassin et menacé de mort, ne se remettra sans doute jamais tout à fait de la violence des invectives et des menaces dont il a fait l'objet. Et, quoi que décide la Cour européenne, il n'est sans doute pas près d'oublier ce patient : Vincent que les experts jugent sans aucun espoir de récupération, Vincent que le rapporteur du Conseil d'État a décrit comme "emmuré dans sa nuit de solitude et d'inconscience", Vincent que son équipe et lui, en accord avec son épouse, souhaitaient laisser partir. Et qui est à ce jour bouclé dans sa chambre, condamné à l'état végétatif, toujours vivant. Interview.


Le Point.fr : Quand avez-vous vu Vincent pour la dernière fois ?

Éric Kariger : Lorsque j'ai quitté l'hôpital de Reims, fin août. Je savais qu'il ne m'entendait pas, qu'il ne me comprenait pas, mais je suis malgré tout allé lui dire au revoir. De la même façon que je m'étais excusé auprès de lui lorsqu'il avait fallu remettre sa sonde sur ordre du tribunal...

En août, sa chambre était encore sécurisée ?

Oui. Fermée à clé avec une caméra vidéo à l'extérieur et un contrôle systématique de l'identité des visiteurs. Au plus fort de l'affaire, il y a un an, nous avons craint que les pro-euthanasie ne viennent faire justice eux-mêmes ou que les pro-life n'investissent son chevet. Et puis, si Vincent décédait, sa mort aurait immédiatement été suspecte. Alors, la chambre a été sécurisée, même si c'est une forme de violence encore ajoutée à la violence qui lui a été faite.

Pourquoi vous être mis finalement en disponibilité de l'hôpital ?

En partie pour me protéger. J'ai fait un burn-out, je ne parvenais plus à me concentrer, j'avais des idées noires ; jour et nuit, je pensais à Vincent. Et je savais que même si le Conseil d'État nous donnait raison, ce qui a été le cas en juin, rien n'arrêterait les parents de Vincent et leurs conseillers, tout leur serait bon pour continuer de nous attaquer, mon équipe et moi. Vous savez, j'ai toujours entendu et respecté la souffrance de sa famille. Beaucoup moins ceux qui la conseillent et utilisent Vincent à des fins purement idéologiques...


Vous parlez par exemple de l'avocat Jérôme Triomphe...


Songez qu'après l'audience, en janvier, il a osé me poursuivre dans les couloirs de l'hôpital pour vérifier que j'allais bien replacer la sonde comme le tribunal me l'avait ordonné. Quel mépris... Sur le plan médical, sa plaidoirie était un tissu de bêtises, mais elle était surtout d'une violence, d'une agressivité inouïe à l'égard des médecins, à l'égard de l'épouse de Vincent.

Devant la Cour européenne, les avocats de Vincent invoquent l'article 3 de la Convention des droits de l'homme, l'interdiction de la torture et des traitements inhumains, car c'est ainsi qu'ils considèrent la privation de nourriture que vous avez une première fois tentée pour laisser mourir Vincent...


Mais, enfin, on ne parle pas de refuser de l'eau et de la nourriture à un patient qui a faim ou soif ! Il s'agit d'alimentation et d'hydratation artificielles. Si ne pas les procurer est une torture, alors, il faut d'urgence aller poser de force une sonde dans l'estomac de toutes les personnes en fin de vie qui, en ce moment même en France, ne peuvent plus ou ne veulent plus s'alimenter. C'est absurde ! Et la loi française est claire. À partir du moment où l'alimentation et l'hydratation passent par une sonde, elles constituent un traitement médical, que l'on peut, que l'on doit même dans certains cas, toujours d'après la loi, arrêter... Après l'audience au Conseil d'État, l'entourage de Vincent a laissé entendre qu'il avait récupéré un réflexe de déglutition, autrement dit qu'il pourrait ne plus avoir besoin de sonde pour se nourrir... Et qu'on le ferait donc tout simplement mourir de faim. C'est une image qui frappe les esprits, mais c'est, encore une fois, un déni de la réalité médicale. Quand bien même Vincent aurait récupéré le réflexe de déglutition, le risque de fausse route serait bien trop grand. La nourriture ingérée par la bouche, pour lui, c'est définitivement terminé.

Les avocats ont aussi laissé entendre que Vincent ne bénéficiait plus de kinésithérapie et que son état s'était dégradé en partie à cause de ce manquement de l'hôpital


Mais, enfin, s'il y a bien un malade, dans cet hôpital, qui a bénéficié d'un maximum de moyens et de traitements, au-delà de toute limite raisonnable, c'est Vincent... Il est vrai que la rééducation active a été arrêtée fin 2012, mais ça aurait été aberrant de la poursuivre alors qu'elle ne donnait absolument aucun résultat.


Il y a eu, tout de même, une erreur de votre équipe en 2012. Les parents étaient au courant de la réflexion que menaient les soignants sur un éventuel arrêt de traitement, mais lorsque la poche d'alimentation a été effectivement retirée, ils n'ont pas été prévenus. Si cette erreur n'avait pas été commise, en serait-on là aujourd'hui ?

Moralement, humainement, ils méritaient évidemment d'être aux côtés de leur fils lorsque le processus a commencé. Son épouse était là, car elle était présente tous les jours depuis le début. Mais j'aurais dû les appeler quand je me suis aperçu que l'équipe avait commencé avant la date prévue, je leur en ai demandé pardon. Je ne crois pas, cependant, que cela aurait changé le cours de l'histoire.

Pourquoi avoir publié, à la fin de votre ouvrage, vos directives anticipées ?

Lors d'une réunion publique, je me suis fait interpeller par un militant pro-life qui m'a lancé : "Je n'aimerais pas tomber sur un médecin comme vous"... Je lui ai répondu calmement d'écrire ses directives anticipées, de préciser que, en cas d'état végétatif chronique incurable, il souhaitait coûte que coûte être maintenu en vie. Il est temps que les gens sachent que des directives sont possibles, il est temps que la société se réapproprie ce débat sur la mort. J'ai publié mes directives pour montrer que les écrire ne fait pas mourir...


Qu'attendez-vous de la décision de la CEDH ?

Qu'elle confirme l'immense qualité de la loi Leonetti. Je suis chrétien et je suis un fervent opposant à l'euthanasie. Mais c'est en luttant contre l'acharnement thérapeutique, comme permet de le faire cette loi, comme nous aurions pu le faire pour Vincent, qu'on lutte, aussi, contre la tentative euthanasique...


* Ma vérité sur l'affaire Vincent Lambert, Dr Éric Kariger, Bayard.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 15:48

Tout ce petit monde, croyants dits classiques, et croyants intégristes et fondamentalistes, devra assister ensemble au Jugement Dernier
J'ai envie d'écrire que je n'aimerais pas être à la place de Dieu..
En attendant, çà fait beaucoup de victimes, tout çà ...
Les animaux se cachent pour mourir
Les mourants humains souhaiteraient mourir tranquillement ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 16:41

Quand on est malade, handicapé physique, ou mourant, on n'a pas faim et on n'a pas soif. A cause de l'immobilisme forcé, le corps n'a pas besoin d'énergie supplémentaire. Il se sert de ses réserves en eau, protides, lipides glucides, cela lui suffit.
Il existe un jeûne pour le bien-être ( élimination des toxines, je crois ? )
Donc jeûner pour mourir, au final, ce ne serait pas choquant si ce n'était pas imposé par la loi de 2005 ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 16:52

Comparer un jeune comateux à une personne âgée qui se meurt, au niveau du tube digestif, ce n'est pas du tout la même chose.
Le patient jeune comateux a besoin d'une aide technique ( comme un biberon pour nourrisson ).
La personne âgée qui se meurt n'a plus ce genre de besoin.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 17:01

Ce qui est choquant dans ce genre d'affaire, c'est qu'on ne se permettra jamais de remettre en cause les acteurs du début de l'histoire, le Samu, les chirurgiens qui se sont occupés de V.L.
Ils ont fait " mécaniquement " leur boulot, sauver des vies...
Ils ont fait ce qu'ils ont pu.
Ils ont fait ce qu'ils devaient faire.
Voilà le résultat.
Et ils ne seront jamais poursuivi ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 17:07

De 2011 à 2015, que de temps perdu..pour V.L. et son entourage
De janvier 2011 à maintenant, que de temps perdu ! pour nous
De mai 2012 à maintenant, que de temps perdu ! ! ! ... ...la loi Léonetti a dix ou 11 ans ( faîte en avril 2004, promulguée en avril 2005 si mes souvenirs sont exacts )
V.L. et V.H.
Ce seront qui, les prochains patients médiatisés ?
Combien seront-ils ?
2, 4, 8, 15, 30, 50, 150, 300, 550 ?
Pour combien de temps encore ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.04.15 17:34

Il existe bel et bien une tentative palliative
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.05.15 10:30

Marie-Geneviève Lambert 
Demi-soeur de Vincent Lambert

Pourquoi je ne me réjouirai pas quand Vincent Lambert, mon demi-frère, mourra

Publication:  05/05/2015 06h48 CEST    Mis à jour:  il y a 3 heures  

FIN DE VIE - Je suis la demi-sœur de Vincent Lambert. J'ai la foi, celle de notre père commun, vécue autrement.
Les mouvements religieux extrêmes que mon père fréquente, (voir encadré) se croient représentants des derniers chevaliers: Ils luttent envers et contre tout, imperméables à tout dialogue.
Le combat pour la vie à tout prix que mènent mon père et ma belle-mère m'apparaît complètement mortifère: les personnes saines autour de Vincent sont occultées; les frères, sœurs, petits-enfants qui ne pensent pas comme eux, évacués. Ces parents sont prêts à perdre 6 enfants sur 8, (je ne compte pas Vincent...) et ce "sacrifice" serait presque la preuve de la valeur de leur choix: la solitude est devenue leur chemin de croix, interprétation toute personnelle de la porte étroite.
Étonnamment quand on connaît cette famille, Vincent a pris une position centrale, transformé en une sorte de Christ pour les besoins de la cause, du seul fait qu'il ne peut plus s'exprimer.
Ils l'ont installé en porte-drapeau d'un combat du Bien (eux) contre le Mal (tout le reste de la société), lui, si discret...
Citation :
"Vincent serait presque préféré dans ce statut de "grand handicapé" qu'il n'est pas: gravement cérébrolésé, son état n'a rien à voir avec une tétraplégie."

On oublie tous les reproches qui lui étaient faits. Il a perdu une émancipation durement conquise, car peu aidée, pour retourner dans une sphère d'influence où l'on peut se vanter de tout comprendre, mieux que quiconque: les larmes et rictus de Vincent sont ininterprétables, mais ces conclusions des plus grand neurologues sont balayées d'un revers de main.
A parler "d'assassinat", on en oublierait que la médecine elle-même a mené Vincent là où il est aujourd'hui, maintenu depuis des années d'une façon absolument contre nature, et que le Christ n'a jamais connue:
Comment se serait-il exprimé à ce sujet?
La situation de Vincent est la conséquence d'une performance scientifique qui est allée très loin sans pouvoir le ramener complètement parmi nous. Vincent est abandonné entre la vie et la mort, à ce qui, dans la nature n'est vécu qu'au stade de l'agonie: une agonie pendant des années, biologiquement stabilisée, monstrueuse, et qui va, on le sait maintenant, inexorablement vers une détérioration.
Ses parents, mieux inspirés que toute l'équipe soignante, lui auraient restitué le réflexe de déglutition? Mais celui-ci n'a jamais été tout à fait perdu! Les longues séances de rééducation à une alimentation orale ont échoué: devant l'absence d'amélioration, le choix d'une alimentation entérale a été fait, afin de lui éviter de dramatiques risques de fausse route.
Dans ce contexte l'utilisation d'arguments comme le "droit de Vincent à profiter de l'air du soir sur son visage" sont complètement fallacieux: il s'agit là des émotions de ceux qui parlent, pas de celles de Vincent, qui lui, malheureusement, ne ressentira plus jamais les bienfaits de la douceur des soirs d'été, ni dedans ni dehors. Mais ce genre d'image touche les personnes non informées en transformant à bon compte une [url=http://www.huffingtonpost.fr/mariegenevieve-lambert/Vincent Lambert: int%C3%A9ressons-nous aux soins qui lui sont prodigu%C3%A9s]équipe soignante dévouée[/url] et en une bande de pervers.
Comment comprendre qu'Emmanuel Hirsch, philosophe de formation, cautionne ce genre d'argument sans aucun autre fondement que celui de toucher la sentimentalité d'un vaste public? Une façon sans doute de nourrir sa motivation personnelle contre la façon dont les débats sur la fin de vie se sont déroulés, tout en prétendant rester neutre en tant que directeur de l'Espace Régional de Réflexion Ethique d'Ile de France.
Rappelons que Vincent que l'on voudrait déplacer dans un lieu "plus adapté", est dans un service dédié aux pauci-relationnels, couplé à un service de soins palliatif, particularité dont se servent ses parents pour créer la confusion; Il est dans l'unité régionale de référence en la matière.
Pas de kinésithérapie? Les rétractions tendineuses, liées à la gravité de son atteinte neurologique et nullement du fait d'un retard de soin, sont trop importantes. Des étirements seraient une agression pour son corps.
Enfin, est-il tellement tabou, indécent, de parler d'argent?
Citation :
"L'argent public n'est pas une somme infinie parce qu'elle serait publique: elle obéit à une gestion et donc à des choix. Dans la plupart des pays du monde, Vincent n'aurait pas été "conservé en l'état", c'est un choix de riche."

Et quand bien même, n'est-il pas plus adéquat de permettre d'aider la vie, quand la vie appelle celui que l'on aide? La vie n'appelle pas Vincent, plus maintenant.
Les "amis" des parents de Vincent, qu'aucune approximation n'arrête, ont affirmé qu'Ariel Sharon avait été maintenu en vie 8 ans par la volonté et l'affection des siens, sans aucune implication religieuse. Ne savent-ils pas que pour des raisons strictement politiques, il était inenvisageable de "débrancher" cet homme?
Autre mensonge: celui de dire, parce que c'est bien pratique d'avoir un bouc émissaire, que le Docteur Kariger serait à l'origine de toutes les dissensions au sein de cette famille auparavant unie.
Les personnes qui affirment cela le croient, je pense: elles sont du bon côté du manche.
Ce n'est pas du tout mon vécu: quand j'ai demandé à ce demi-frère de Vincent qui l'a souvent répété ce qui lui permettait ce genre de certitude, il m'a répondu "je t'ai toujours respecté"... et l'on voit ce que veut dire, dans ce cadre, le "sens de la famille", celui que parait-il, je n'aurais pas: le respect, c'est à dire l'attitude raide de celui qui se tait, le petit doigt sur la couture du pantalon, bleu marine comme il se doit.
Citation :
"Pour moi, la famille comme la religion d'ailleurs, ne demande pas des vertus militaires, mais plutôt l'amour, l'acceptation de l'autre du fond du cœur, de sa différence, bien au-delà des apparences."

La famille aux rouages bien huilés les jours de fête obligatoire, où pas une tête ne dépasse,
c'est une mécanique, pas un organisme vivant.
Ce n'était pas mon vécu ai-je dit, ce n'était pas non plus celui de Vincent. Je me souviens, la dernière fois où je l'ai vu debout, au baptême de sa fille. Il m'a dit: "on l'a appelée Clémence, parce que dans cette famille, on en a bien besoin!" en riant, un peu cynique comme il savait être.
Et je suis sûre que toute la partie de famille qui veut conserver Vincent "en l'état" nierait ces paroles comme elle nie les confidences pourtant plus que crédibles quand on le connait, faites à son frère Joseph et à son épouse: il n'aurait pas voulu vivre comme ça.
Quand Vincent mourra, je ne me réjouirai pas, je n'aurai pas l'indécence de crier "victoire" comme d'autres alors que la décision de suspendre l'arrêt des soins permettait à celui-ci de "vivre" encore.
Je dirai: que ta volonté soit faite.
Fin infiniment triste et décision infiniment raisonnable pour une histoire tragique.
___________________
Citation :
J'ai été stupéfaite de découvrir au dos de la belle image pieuse distribuée largement lors du pèlerinage à Chartes de la fraternité Saint Pie X, en juin dernier, cet extrait de l'apocalypse : 
« les dix rois mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité. Ils feront la guerre à l'agneau, mais l'agneau les vaincra, parce qu'il est seigneur des seigneurs et roi des rois. »
Ce texte hautement symbolique, peut-il inspirer autre chose qu'une nouvelle croisade contre une société vouée au diable ?
Ma belle-mère utilise le même style quand elle parle de son fils Vincent entouré de « loups » (les soignants de l'hôpital prêts à l'assassiner...)
Je croyais qu'un pèlerinage était un chemin de dénuement intérieur, d'élévation et d'apaisement,
j'ai découvert une plate-forme d'endoctrinement.
Ce texte me semble incroyablement inadapté à une démarche de foi.
Seuls des exégètes peuvent y voir autre chose qu'une incitation au combat.
Les voilà, ceux qui portent la voix des parents de Vincent, ceux qui les ont conseillés lors du tout premier procès, décision prise au retour d'un entretien au monastère du Barroux , proche de cette fraternité, et qui depuis des décennies guide leurs choix les plus intimes.

http://www.huffingtonpost.fr/mariegenevieve-lambert/fin-de-vie-vincent-lambert_b_7202192.html
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.05.15 16:07

j'ai lu je ne sais plus où ni quand
"science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

ne pourrait-on pas extrapoler:
existence sans conscience n'est que ruine de l'âme

Tout prisonnier cherche à s'évader

Nous sommes les prisonniers du système médical français ???
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.05.15 16:25

Que la mort soit associée à la religion, quoi de plus normal ?
Mais s'il n'y a qu'un seul Dieu, il y a différentes idées de Dieu, et de multiples "images" de Dieu
Dieu a fait l'homme à son image et l'homme le lui a bien rendu, ( Voltaire )
Nous nous disputons nos images de Dieu
quoi de plus normal, si on y réfléchit bien !
car on se dispute autre chose aussi lors d'un décès
tout çà pour mieux vivre un deuil ? ou ne pas avoir le temps de le vivre ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.05.15 17:05

CITATION =
A parler "d'assassinat", on en oublierait que la médecine elle-même a mené Vincent là où il est aujourd'hui, maintenu depuis des années d'une façon absolument contre nature, et que le Christ n'a jamais connue:

Mon commentaire =
Blaise Pascal avait écrit que le Christ est en agonie jusqu'à la fin du monde.
Vincent Lambert, un autre Christ ?
Le Christ enfermé dans le Tabernacle n'est-Il pas l'otage de nous-mêmes ? (et du pouvoir médical )
"Toute famille sera divisée", c'est un bout d'un verset de l'Evangile, sorti hors de son contexte...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.05.15 17:13

CITATION =
Comment comprendre qu'Emmanuel Hirsch, philosophe de formation, cautionne ce genre d'argument sans aucun autre fondement que celui de toucher la sentimentalité d'un vaste public? Une façon sans doute de nourrir sa motivation personnelle contre la façon dont les débats sur la fin de vie se sont déroulés, tout en prétendant rester neutre en tant que directeur de l'Espace Régional de Réflexion Ethique d'Ile de France.

Mon commentaire =
Emmanuel Hirsch, un manipulateur manipulé, ou bien un manipulé manipulateur ???
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.05.15 12:14


Express Yourself (source )

Fin de vie de Vincent Lambert: "Notre mère défend une cause intégriste"

Par Marie Geneviève Lambert, Guy Noël Philippon, Frédéric Philippon, Marie Lambert, François Lambert et Joseph Lambert., publié le 06/05/2015 à 10:24 , mis à jour à 10:38

Six membres de la famille de Vincent Lambert, dont son neveu François Lambert (ici en photo, le 16 janvier 2014), ne comprennent pas le combat de sa mère, Viviane, pour le maintenir en vie.
Six membres de la famille de Vincent Lambert, dont son neveu François Lambert (ici en photo, le 16 janvier 2014), ne comprennent pas le combat de sa mère, Viviane, pour le maintenir en vie.
AFP

Viviane Lambert sort, jeudi 7 mai, un livre dans lequel elle raconte son combat pour maintenir en vie son fils Vincent. Six membres de sa famille, désireux de mettre un terme à ses souffrances, réagissent.

Nous avons tous été très choqués d'apprendre que le CHU avait décidé de débrancher Vincent sans nous prévenir, le 10 avril 2013. Mais nous savions aussi tous que Vincent n'aurait pas voulu vivre comme ça. Nous nous étions alors résolus à lui dire adieu. Malgré cela, nous connaissions les risques d'un procès. Et nous savions par qui il serait initié, et avec le soutien de quels groupes. Cette procédure a d'ailleurs été diligentée sans nous prévenir. Viviane, la mère de Vincent, l'a expliqué ainsi: "ça ne viendrait à l'idée de personne d'avertir une partie adverse".

>>> A lire aussi: Affaire Vincent Lambert, la CEDH demande le maintien en vie

"Rachel n'a pas été manipulée"



Avant cet épisode dramatique, nous parlions entre nous de ce qu'aurait voulu Vincent, et avec Rachel, son épouse, qui elle-même en avait parlé au docteur Oportus en 2009. Les parents de Vincent avaient accepté l'idée d'une euthanasie en 2011, si Rachel le décidait, même s'ils le nient maintenant. Seraient-ils allés jusqu'au bout? Plusieurs raisons nous amènent à le penser, que nous ne dévoilerons pas ici. Nous comprenons cependant que l'envisager puisse être déroutant pour nos lecteurs, au vu de cette affaire.

Rachel s'est enfermée, isolée avec lui, mais elle n'a certainement pas été manipulée, comme le dit Viviane dans son livre, pour minorer le témoignage qu'elle porte. Les signataires de cette tribune ont eux aussi connu Vincent, différemment. Et nous avons un avis indépendant, une opinion propre, sur lui et sur ce qu'il aurait voulu pour lui-même. Dire que nous étions manipulés par le docteur Kariger revient aussi à nier notre parole.



Comme le dit Viviane, qui voudrait vivre comme ça? Très peu de monde en vérité, un de ses fils avec lequel elle mène cette procédure, qui a rempli des directives anticipées allant dans ce sens. Les parents de Vincent étaient d'accord avec tout ce qui était dit sur lui lors des conseils de famille. Néanmoins, ils en arrivaient toujours à la même conclusion: "Ce n'est pas une raison pour le tuer." Nous nous bornions pourtant à ne parler que de Vincent, en conscience, sans déborder sur le terrain politique ou religieux, face à une certaine forme d'aveuglement.

Une unité de façade

Dans la même veine, Viviane dépeint cette famille comme une famille unie. Nous tenons à rappeler ici que l'unité dans cette famille n'était souvent que de façade, cachant de nombreux désaccords, conflits et non-dits. Cela fait deux ans que nous le disons, cela fait deux ans que les initiateurs de toute cette procédure nous rétorquent que si, elle était unie. Le mythe de la famille semble plus fort que la parole de ses membres. Avec les conséquences que l'on sait.

Vincent était libre, indépendant. Cela est reconnu par tout le monde. On peut considérer certains de ses choix comme des erreurs, mais personne d'autre que lui ne devrait pouvoir les corriger. Et il ne le peut plus. Par conséquent, ils doivent être respectés.

>>> A lire aussi: Comment faire connaître votre choix en cas d'accident?

Viviane parle souvent dans son livre du nourrisson que serait redevenu Vincent, d'un enfant à protéger, à nourrir. Il est évident que son lien à Vincent reste très fort. Il n'était tempéré selon nous que par la hiérarchie que Viviane s'est toujours imposée jusqu'à ce mois d'avril 2013: Vincent était marié, sa femme était donc la plus légitime.

Les "proches" de Viviane, qui la maintiennent dans cet état, ne sont pas forcément les gens les mieux intentionnés. Quand une mère vous dit: "Si on arrête la nutrition de mon fils, je ferai une grève de la faim pour le rejoindre", on s'inquiète pour elle, on ne lui dit pas: "ça dépendra de notre capacité de persuasion" tout en la mettant en première ligne et en lui disant que tout n'est que complot (fomenté par l'exécutif, le Parlement, la justice et la médecine). Qui peut s'étonner dans ces conditions que la propension de Viviane à interpréter tous les gestes de Vincent se soit démultipliée, alors qu'on la persuade que c'est la seule chose qui pourrait empêcher son "assassinat"? Ainsi, elle prétend maintenant communiquer avec lui, ce que pourrait prétendre n'importe quel proche: les moindres de ses gestes, regards ou mimiques peuvent être lus de toutes les façons possibles. Et elle prétend le représenter, puisqu'elle a remplacé Rachel tous les jours à son chevet cinq ans après son accident. Elle écrit: "C'est moi qui suis sa voix", "Je suis sa personne de confiance". Comment ne pas y voir un concours stérile, une tentative d'appropriation de Vincent? Les signataires, là encore sans entrer dans les détails, tiennent à souligner le contraste entre l'attitude actuelle des parents de Vincent, et l'absentéisme dont ils ont fait preuve durant son enfance.

"Sa capacité à ressentir la douleur demeure"

Les arguments médicaux concernant les mauvais traitements que subirait Vincent sont martelés par ses parents et leurs proches depuis plus d'un an. Ils ont fait partie des discussions devant les différentes juridictions. Les experts nommés par le Conseil d'État n'ont pourtant pas constaté de mauvais traitements à son égard. Et pour cause. Vincent a toujours été bien traité au CHU de Reims. Et il continue de l'être, inlassablement. Nous tenons ici à saluer le dévouement et le professionnalisme dont fait preuve le personnel soignant, qui entretient avec lui des rapports humains et continue de traiter tous les membres de sa famille de façon égale, malgré les tensions.

Les parents de Vincent et leurs soutiens occultent systématiquement le fait que son état s'est naturellement dégradé: sa conscience s'éteint, mais sa capacité à ressentir de la douleur demeure. Ils ne "croient" que le diagnostic plus optimiste de 2011, établi par le professeur Laureys, du Coma Science Group de Liège, qui travaille pourtant avec certains des experts mandatés par le Conseil d'Etat en 2014, dont ils récusent les conclusions. Ils réduisent parfois même son handicap à une simple tétraplégie alors que les lésions dont il souffre sont irréversibles et qu'il est établi qu'il est privé de toute relation. Ils occultent également les souhaits de Vincent, qu'ils ne mentionnent jamais. Ils portent en revanche des pancartes sur lesquelles est écrit: "Je suis Vincent Lambert". Terrible aveu. Ils critiquent sans cesse la loi Léonetti et prétendent défendre les 1700 patients qui sont plus ou moins dans la même situation que lui. Tout cela traduit uniquement une position de principe: on ne peut pas débrancher ces patients, quels qu'aient pu être leurs souhaits. Nous appelons ça de l'idéologie, visant à défendre une cause intégriste. Termes que nous assumons totalement.

>>> A lire aussi: Euthanasie, les questions que pose l'affaire Lambert

D'ailleurs, le seul moment du livre où la mauvaise foi de Viviane apparaît au grand jour est celui où elle évoque ce combat médiatique, dont elle dit elle-même qu'il dépasse le cas de Vincent. Après l'avoir fait rebrancher le 11 mai 2013, leur avocat, Maître Jérôme Triomphe, avait espéré sur Radio Courtoisie dès le 12 mai que cette affaire deviendrait médiatique. Là encore, les signataires de cette tribune, en désaccord avec eux, avaient appris la médiatisation de l'affaire... à la radio, le 16 mai. Les parents de Vincent avaient alors donné des photos de lui, ce que personne d'autre n'a fait jusqu'à octobre 2014. Cela nous a toujours beaucoup choqué, car personne ne peut prétendre détenir son droit à l'image. Pourtant, Viviane écrit dans son livre que les photos de Vincent n'étaient pas avantageuses pour lui. Un argument de plus selon elle en faveur du complot. On le montrait ainsi comme un être déjà mort. Avec les photos qu'elle avait fournies.

Elle se plaint également de l'ostracisation qu'elle aurait subi dans les médias. Lorsque la médiatisation a repris en janvier 2014 et qu'elle n'était plus seule à parler, elle refusait de parler la plupart du temps, attendant d'être seule à nouveau. Ses avocats et elle-même ont ensuite beaucoup parlé, aussi en direct. Mais elle dit alors que ses propos ont été déformés. Elle dénonce enfin le fait que la porte de Vincent soit fermée à clé. Cela constitue pourtant une mesure de sécurité, devenue nécessaire du fait d'un certain acharnement judiciaire sur sa personne, que personne d'autre qu'elle et ses proches n'ont initié.

De notre côté, nous avons des opinions diverses sur la fin de vie. Une chose fait consensus cependant, il faut toujours s'efforcer d'approcher au plus près de ce que le patient aurait voulu pour lui-même. Et lorsqu'on ne sait pas, on ne peut arrêter les traitements. Personne ne propose une position rigide qui serait l'inverse de la position des parents de Vincent et de leurs soutiens, à savoir: il faut débrancher tout le monde. Cette "crainte" n'est rien d'autre qu'une vaine justification tendant à rendre légitime un combat qui ne l'est pas.

Marie Geneviève Lambert, demi-soeur de Vincent,
Guy Noël Philippon, demi-frère de Vincent,
Frédéric Philippon, demi-frère de Vincent,
Marie Lambert, soeur de Vincent,
François Lambert, neveu de Vincent,
Joseph Lambert,frère de Vincent.

Cette tribune a été initialement publiée sur le site créé par le frère de Vincent, Joseph.

Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fin-de-vie-de-vincent-lambert-notre-mere-defend-une-cause-integriste_1677656.html#8o5BsYmm9ZFZFUw9.99
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.05.15 9:18

copié-collé

Société 07.05.2015


Euthanasie : le combat exemplaire de la mère de Vincent Lambert


Alors que la décision de la CEDH est attendue prochainement, Viviane Lambert se bat pour qu’on ne laisse pas mourir son fils. « Je ne demande qu’une chose, dit-elle : pouvoir continuer à m’occuper de Vincent. »


Alors que la décision de la CEDH est attendue prochainement, Viviane Lambert se bat pour qu’on ne laisse pas mourir son fils. « Je ne demande qu’une chose, dit-elle : pouvoir continuer à m’occuper de Vincent. »



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07.05.2015

« Cet enfant que j'ai mis au monde, on voudrait aujourd'hui me l'enlever, le laisser mourir de faim et de soif. Moi, sa mère, je ne demande qu'une chose : pouvoir continuer à m'occuper de
Vincent », rappelle Viviane Lambert à Famille Chrétienne. Elle avait demandé à être reçue par le président de la République le 6 mai, veille de la parution de son livre Pour la vie de mon fils (Éd. Plon, 180 p., 12,90 €), pour qu’il entende « une mère désespérée qui veut simplement parler de l'état actuel de son fils qui n'est pas en fin de vie. Je réclame au président de pouvoir le faire sortir pour m'occuper de lui » (Le Figaro).

En vain : ni François Hollande, ni un conseiller n'ont accepté de la recevoir mercredi matin, mais les services du chef de l’État ont proposé une rencontre avec le professeur Olivier Lyon-Caen, neurologue et conseiller santé du Président à l'Élysée. Viviane Lambert a refusé : « C'est François Hollande que je veux voir ». Mais elle a multiplié les interventions dans les médias pour que Vincent, 38 ans, tétraplégique en état « pauci-relationnel » à la suite d’un accident de la route en 2008, soit maintenu en vie. « Vincent n'est pas en fin de vie. On a voulu le mettre en fin de vie », déclarait-elle à Europe 1 hier matin. « Mon fils n'est pas un légume, il est bien vivant. Il a ses moments de pause, ses moments de repos, ses moments aussi où l'on parle dans le silence. »
 

1 700 personnes en France

Après la décision du Conseil d'État d'autoriser l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation demandée par des médecins en juin 2014, Viviane Lambert et son mari ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) dont on attend l’arrêt (Aleteia). Son combat, dit-elle, elle ne le mène pas seulement pour son fils mais aussi « pour les 1 700 personnes qui, en France, sont dans le même état de santé que lui ». Ils ont contre eux non seulement une opinion depuis longtemps « travaillée » en faveur de l’euthanasie, mais une partie du corps médical et leur propre famille, l’épouse de Vincent, Rachel, et six des huit frères et sœurs de son mari qui souhaitent le « laisser partir » – en cessant de l’hydrater et de l’alimenter. Pour ne rien arranger, ils sont qualifiés de « catholiques traditionnalistes » (Le Quotidien du médecin), ce qui est sans doute vrai mais ne change rien au fond de la question : a-t-on le droit de faire mourir un homme privé de la capacité de s’alimenter et de s’hydrater ? C’est ce qu’avait tenté de faire le CHU où est soigné Vincent le 10 avril 2013, sans même prévenir la famille !


Ni « une cause intégriste », ni de l’acharnement thérapeutique

Vouloir empêcher un homicide n’est pas une « cause intégriste », comme l’affirment les membres de la famille qui s’opposent aux parents dans une tribune publiée par L’Express, mais une cause humaine ! « L’état de Vincent Lambert doit être reconsidéré : contrairement à ce qui a été dit, il n’est évidemment pas mort, il n’est pas non plus en état végétatif, et il ne fait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique. Très grand handicapé, il est en état de conscience minimale », explique la Fondation Jérôme Lejeune.

« Derrière cette bataille, c’est la question du traitement de toutes les personnes en fin de vie qui est sous-jacente », souligne par ailleurs sur son blog la Fondation Lejeune qui soutient Viviane Lambert dans son engagement et sa détermination : « Viviane Lambert réaffirme la nécessité et l’urgence de faire la distinction entre "laisser partir" et "faire mourir", distinction qui semble de plus en plus oubliée ». Aussi, la Fondation Lejeune propose-t-elle à chacun de s’impliquer en signant l’appel « Sauver Vincent tout simplement » du comité de soutien à Vincent Lambert qui a déjà recueilli plus de 20 000 signatures (Aleteia).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.05.15 9:25

Tout est mélangé, virtuellement et réellement,

et je sais de quoi je parle ... ... ...

Certains pro-vie ne sont-ils pas des assassins potentiels ? ( allusion à un fait virtuel concret que j'ai vécu)

Certes, l' ADMD n'est pas " neutre " non plus ... ... ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.05.15 19:41

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.05.15 19:58

C'est sans solution.
Tout de même, avec du recul, les différents gouvernements français font et refont des lois à propos du patrimoine à hériter...
Bizarre que dans le domaine médical, on fasse des fixations sur Léonetti et sa loi de 2005
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   11.05.15 19:43

Ecrit le 11 mai 2015 à 14:10 par Olivier Bault dans Ethique et moeurs
 
 
La mère de Vincent Lambert dénonce le comportement ignoble de Jean Léonetti


Dans une interview publiée par le journal Présent à l’occasion de la sortie de son livre « Pour la vie de mon fils », Viviane Lambert explique comment une équipe de médecins a voulu décider seule de la mise à mort de son fils, qui n’est pourtant pas en fin de vie, et comment les médias et les politiciens ont instrumentalisé la vie d’un homme pour parvenir à leurs fins. Entre le lapin que lui a posé François Hollande alors qu’il avait finalement accepté de la recevoir à l’Élysée, et le député Léonetti qui se permet de porter des jugements sur la situation de Vincent Lambert sans l’avoir jamais rencontré, Mme Lambert met en lumière un nouveau cas, celui de son fils, où la vie d’une personne vaut moins aux yeux de nos élites politico-médiatiques que la fin recherchée, celle d’une légalisation de l’euthanasie avec en perspective les dérives toujours plus graves déjà observées en Belgique et en Hollande.
« Les partisans de l’euthanasie mettent le paquet à cause de la loi Claeys-Léonetti. Le cas de Vincent est devenu politique. Tout le monde s’est emparé du sujet, à commencer par M. Léonetti qui, lors d’une émission, a évoqué l’histoire de Vincent alors qu’il ne l’a jamais rencontré, qu’il n’est jamais venu le voir. C’est ignoble d’agir ainsi et j’ai écrit pour le lui dire. », accuse Mme Lambert.
L’imposture médiatique autour de Vincent Lambert, que dénonce cette mère, ressemble fortement à tous ces cas médiatisés dans le passé par les partisans d’une légalisation de l’euthanasie et que Tugdual Derville, de l’association Alliance VITA, a si bien exposés dans son livre La bataille de l’euthanasie – Enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France.
« Tout le monde pense que Vincent est branché de partout, qu’il est sous respirateur. C’est faux. Notre fils n’est pas en fin de vie. Il ne fait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique. Il a, bien sûr, des moments où il est moins présent, mais nous pouvons communiquer avec lui, non pas par la parole, mais par le regard. Seulement, pour le savoir, il faut être à ses côtés. Et c’est ce que nous faisons quotidiennement depuis deux ans. », explique la maman de Vincent dans son entretien avec Anne Isabeth du journal Présent.
Sur sa rencontre ratée avec le président Hollande : « J’ai attendu 45 minutes avant que l’Élysée me fasse dire que François Hollande n’était pas disponible, mais que le professeur Lyon-Caen acceptait de me recevoir. Je leur ai répondu que c’était le Président que j’étais venue voir. On m’a fait attendre encore un peu sans résultat. J’ai donné mon livre à des personnes qui m’ont promis de le remettre en main propre à François Hollande. Un livre que j’avais dédicacé : ‘Monsieur le Président, aidez-moi à sauver mon fils.’ Et puis je suis partie. »
On voit que ce n’est pas que pour les « sans-dents » que M. Hollande éprouve du mépris…
Le sort de Vincent Lambert est désormais entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné la suspension provisoire de la décision prise le 24 juin 2014 par le Conseil d’État. Une décision qui renversait le jugement du tribunal administratif qui avait imposé aux médecins de reprendre l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. Une décision qui montre aussi que, pour le Conseil d’État, l’euthanasie est déjà légale en France et qu’elle n’est pas réservée uniquement aux personnes dont les souffrances intolérables ne peuvent pas être soulagées alors qu’elles sont en phase terminale. Qui peut encore, dans ces conditions, nier l’imposture du discours des partisans de l’euthanasie ?
 
L’entretien intégral avec Viviane Lambert pourra être lu dans le quotidien Présent vendu en kiosque demain (www.trouverlapresse.com). Présent étant un journal du soir, son édition électronique est disponible dès la veille sur www.present.fr.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   11.05.15 19:48

Le Gouvernement sous N.S. n'aurait jamais dû donner la possibilité à Léonetti de réviser lui-même plusieurs fois sa loi ( en 2008 et en 2010 ).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   18.05.15 14:02

Ancien article...
Du " catho " bien à droite ...


Mardi 06 Janvier 2015 à 18:40 (mis à jour le 06/01/2015 à 20:06)

Jean-Marie Le Méné : « Vincent Lambert, c’est nous ! »

Par
Jean-Marie Le Méné
  

Jean-Marie Le Méné : "Descendre dans la rue pour la Marche pour la vie le 25 janvier, c’est poser un acte politique quand il n’y a plus de politique". Photo © DR

Tribune libre. Jean-Marie Le Méné est Président de la Fondation Jérôme Lejeune.

A l’heure où vous lirez ces mots, un homme a déjà fait l’objet de deux tentatives hospitalières d’euthanasie et d’une condamnation à mort par le Conseil d’Etat, suspendue in extremis par une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). A compter du 21 janvier, un premier débat sera lancé à l’Assemblée nationale suite au rapport Léonetti-Claeys qui veut légaliser l’euthanasie sans le dire. Le 29 janvier, une seconde proposition de loi du groupe Europe-Ecologie-Les-Verts est discutée qui veut légaliser l’euthanasie en le disant. Chacun de ces deux textes règlera définitivement le sort de cet homme.
Cet homme accidenté, qui n’est pas en fin de vie mais dans un état de conscience minimale, est donc sous le coup de cinq condamnations à mort. Sans compter la décision attendue de la CEDH qui statue sur son cas le 7 janvier. Autant dire qu’il a peu de chances de s’en sortir vivant.
Cet homme, c’est Vincent Lambert. Il est l’innocent le plus condamné de France.
Son père, un médecin octogénaire, vient vérifier tous les matins que sa nutrition et son hydratation, abusivement considérées comme des traitements, n’ont pas été arrêtées, encore une fois, par l’hôpital. Sa mère cherche pendant des heures à accrocher son regard. Le regard d’un fils qui ne souffre pas mais est capable d’exprimer, par exemple, un état d’inconfort ou de sérénité. Le regard d’un homme dont l’âme vit dans un corps blessé que rien ni personne n’autorise à achever.
Demain, si nous ne faisons rien, non seulement Vincent Lambert, mais 1 700 personnes dans le même état de conscience minimale pourront être exécutées sous les ordres d’un pouvoir politique qui les a déjà condamnées à l’avance en ces termes inouïs du rapport Léonetti-Clayes : « Il est permis de penser que ces personnes pourraient qualifier ces situations d’obstination déraisonnable si elles pouvaient s’exprimer ». Autrement dit, ces personnes vivantes, mais hors d’état d’exprimer leur volonté, sont présumées avoir choisi l’euthanasie !
Le pays dans lequel ces faits se déroulent n’est pas l’Allemagne des années 30, c’est la France.
Notre pays, qui vient de faire de l’exception d’avortement un droit fondamental, fera aussi de l’exception d’euthanasie un droit fondamental parce que la vie humaine y est devenue « un matériau à gérer ». Attention à l’amalgame, nous avertissent de grandes consciences qui conseillent de ne pas faire ce rapprochement ! C’est pourtant ce rappel historique qui permet d’anticiper un scénario connu et nous assigne le devoir de résister politiquement.
Parce que quarante ans plus tard, le procès de Vincent Lambert est à l’euthanasie ce que le procès de Bobigny est à l’avortement.
Parce qu’au-delà de Vincent Lambert, il y a les traumatisés crâniens et cérébro-lésés (dont l’association a demandé en vain à être auditionnée), les grands prématurés, les enfants atteints de maladie grave, les personnes handicapées mentales ou psychiques, les trisomiques, etc. dont l’Etat considère que la vie n’est pas digne d’être vécue.
Parce qu’il y a nous tous à qui on va demander de rédiger des « directives anticipées » contraignantes pour organiser notre fin de vie, dans le sens de l’abrègement …
Parce qu’il deviendra égoïste de ne pas choisir de mourir en bon état pour alléger les finances publiques et faire l’objet d’un prélèvement qui alimentera la filière des greffes …
Parce qu’un certain corps médical qui a déjà cédé sur l’avortement est prêt à céder sur l’euthanasie, sans objection de conscience …
Pace que nous ne voulons pas de cette « sédation profonde et continue » qui n’ose pas dire qu’elle est le pavillon de complaisance de l’euthanasie.
Parce qu’entre le 21 et le 29, il y a le 25 janvier, jour de la Marche pour la vie.
Parce que descendre dans la rue c’est poser un acte politique quand il n’y a plus de politique.
Nous dirons non à l’appropriation de la vie par l’Etat, de l’avortement à l’euthanasie.
Parce que Vincent Lambert c’est nous.
Jean-Marie Le Méné
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   18.05.15 14:14

La Fondation Jérôme Lejeune craint-elle de se trouver en fin de vie ?

Est-ce exact et honnête de vouloir faire l'amalgame entre les différents genres de handicap ?

CITATION =

Parce qu’il deviendra égoïste de ne pas choisir de mourir en bon état pour alléger les finances publiques et faire l’objet d’un prélèvement qui alimentera la filière des greffes …

Mon commentaire=

Mais quel humanisme catholique ! çà refroidit le cœur et çà donne envie de rester sur le parvis des églises, à l'extérieur et surtout pas à l'intérieur..
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   21.05.15 21:21

Fin de vie de Vincent Lambert: décision le 5 juin

          



Par LEXPRESS.fr , publié le 21/05/2015 à 18:05 , mis à jour à 18:33
 
La Cour européenne des droits de l'homme rendra son avis le 5 juin sur l'affaire Vincent Lambert

FRED DUFOUR / AFP

La Cour européenne des droits de l'Homme se prononcera vendredi 5 juin sur le cas Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif à la suite d'un accident de moto. Sa famille se déchire pour savoir s'il doit être maintenu en vie.

Quelle que soit la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme, l'affaire Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif à la suite d'un accident de moto en 2008, prendra fin le 5 juin. C'est à cette date que la plus haute instance judiciaire rendra son avis sur le maintien ou non en vie de cet ancien infirmier en psychiatrie.  
Ses parents avaient saisi la CEDH après l'autorisation par le Conseil d'Etat d'arrêter l'alimentation et l'hydration artificielle de leur fils. Depuis plus d'un an, son épouse Rachel, appuyée par les médecins et six des huit frères et soeurs de son mari, souhaite le "laisser partir". Mais ses parents, catholiques traditionalistes, s'y opposent.  


Une audience a eu lieu en janvier dernier à Strasbourg, où les juges de la Grande chambre de la CEDH ont écouté les arguments des uns et des autres. 

"Obstination déraisonnable", selon le Conseil d'Etat

Pour le Conseil d'Etat, une poursuite des traitements relèverait de "l'obstination déraisonnable". Le Conseil d'Etat s'était aussi appuyé sur la volonté exprimée avant son accident par Vincent Lambert, selon sa femme, de ne pas être maintenu artificiellement en vie dans un état de grande dépendance. 

Les parents du tétraplégique, qui récusent tout lien entre leur prise de position et leur foi catholique, dénoncent une "euthanasie déguisée" de leur fils. Selon eux, Vincent Lambert "n'est pas en fin de vie, il est handicapé". 
"Au-delà de la situation de Vincent Lambert, c'est la situation d'environ 1.700 personnes en France, qui se trouvent dans le même état de santé (...), qui se joue" dans ce dossier, avait fait valoir l'avocat des parents, Me Jean Paillot. 

Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/fin-de-vie-de-vincent-lambert-decision-le-5-juin_1682055.html#2rcQF8ah5dTmohPK.99
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   01.06.15 13:37

Thibaud Collin : « L’affaire Vincent Lambert », ou quand la peine de mort menace l’innocent
synthèse de presse bioéthique

13 Mai 2015  Fin de vie

La Cour européenne des droits de l’homme doit déterminer s’il est juste d’arrêter de nourrir et d’hydrater Vincent Lambert, cet homme de 40 ans en état de « conscience minimale plus » (cf. Gènéthique Vous Informe du 4 mai 2015).

Le « cas Vincent Lambert » est devenu le « point de Cristallisation d’un débat sur la mort (…) dans notre société française » souligne Thibaud Collin[1], professeur de philosophie en classe préparatoire et à l’Ipc, facultés libres de Philosophie et de Psychologie de Paris.

Il déclare « capital » le jugement qui sera rendu par la CEDH, d’autant plus que mille sept cents personnes sont, en France, dans un état dit « pauci-relationnel » similaire à celui de Vincent Lambert.

« L’enjeu de cette affaire n’est rien de moins que de savoir si on peut condamner à mort un innocent, sous prétexte qu’il est dépendant et n’a plus accès à ce que l’esprit de notre époque décrète comme une vie méritant d’être vécue », relève-t-il. « Ce qui est en jeu, c’est de savoir si la vie en elle-même est bonne », poursuit le philosophe qui note que « nous vivons dans une époque nihiliste pour laquelle la vie n’apparaît plus en elle-même comme un bien ».

Pour Thibaud Collin, « l’existence actuelle de Vincent Lambert est devenue un appel ». « Dans sa passivité radicale elle est une provocation au don », explique-t-il, car « la vie vulnérable et fragile réclame (…) l’attention du prochain et suscite des trésors de bienveillance ». « Tel est ce que révèle l’affaire Lambert : le niveau de solidarité de la communauté humaine et nationale devant la fragilité de l’existence humaine ».

Cette « affaire » pose ainsi « des questions fondamentales qui exigent des prises de positions publiques ». « Si la CEDH juge que la vie de Vincent Lambert ne mérite plus d’être vécue, ce sera une transgression supplémentaire de l’esprit de notre civilisation », déclare Thibaud Collin avant de conclure : « Alors que la France a renonce en 1981 à la peine de mort pour des hommes jugés coupables de crime, la peine de mort sera alors réintroduite pour des personnes reconnues innocentes. Leur seul drame est d’êtres devenues vulnérables ».

Note Gènéthique

Pour plus d'informations sur Vincent Lambert : Comité de Soutien à Vincent Lambert

Pour soutenir Vincent Lambert, signez l'appel Sauver Vincent, tout simplement

[1] Thibaud Collin est expert de Gènéthique.

Sources:

Famille Chrétienne (Thibaud Collin) 13/05/2015
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   01.06.15 13:45

" Leur seul drame est d’êtres devenues vulnérables ».

La médecine a fait ce qu'elle a pu et/ou ce qu'elle devait faire

La médecine a créé de la vulnérabilité...

Voilà un autre drame.

NOUS SOMMES LES OTAGES DE LA MEDECINE FRANCAISE.

ALERTE : le journal catholique modéré La Croix permet à des pro-vie extrêmistes de publier des articles sur son blog
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