HANDICHRIST

Pêle-mêle, tout et rien
 
ConnexionS'enregistrerGalerieFAQCalendrierPortailAccueilRechercher
http://www.handichrist.net/
Pas d'enregistrement à cause des gens postant partout le même message régulièrement, leur site perso ne leur suffisant pas
Partagez
 

 VINCENT LAMBERT

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant
AuteurMessage
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 15:33

Le CHU de Reims maintient Vincent Lambert en vie et s’en remet au ministère

Le 23 juillet 2015 à 15h10 , mis à jour le 23 juillet 2015 à 15h17, par LCP.fr

Le CHU de Reims a rendu sa décision concernant le sort de Vincent Lambert Crédit Image : AFP Crédit Média : Odile Pouget
Le CHU de Reims a rendu sa décision concernant le sort de Vincent Lambert Crédit Image : AFP Crédit Média : Odile Pouget


Contre toute attente, l’équipe médicale du CHU de Reims n'a pas suivi la décision de la cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).


Les équipes médicales du CHU de Reims ont décidé de maintenir en vie Vincent Lambert. Victime d’un accident de la route en 2008, il est depuis plongé dans un état végétatif. Son sort fait l’objet d’une bataille judiciaire acharnée entre ses parents et le reste de sa famille. Sa femme Rachel Lambert, une grande partie de ses frères et sœurs et son neveu plaide pour l’arrêt des soins tandis que ses parents multiplient les recours pour s’opposer à sa mort.

Selon les informations du Figaro, la responsable de la procédure collégiale de la fin de vie, le docteur Daniela Simon, a décidé de ne pas stopper son alimentation. Elle laisse au ministère de la Santé le soin de décider des suites à donner à ce dossier. Un marathon judiciaire qui n’est donc pas terminé et qui dure depuis 2013.

Contactée par LCP.fr, Véronique Massonneau députée écologiste favorable au droit à mourir dans la dignité dit sa déception : "Je suis très surprise par cette décision, très déçue aussi, je pensais qu’enfin cela allait être terminé. J’espère qu’il y aura bientôt un déblocage de la situation" . Et de regretter "Cette affaire aurait pu faire jurisprudence." La députée de la Vienne ne désespère toutefois pas et souhaite que la loi soit modifiée : "Il ne faut pas décourager, la loi revient en septembre à l’Assemblée et je ferais tout pour que la France puisse légiférer sur la question et laisser partir les patients en fin de vies."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 15:37

VINCENT LAMBERT - Page 5 Images?q=tbn:ANd9GcSvQ93Jj_uBk3OCZjtpbgUBz-E8x0hF6WNqNxS450pZnfd5gIjZ
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 17:00


Rachel Lambert : «Je pensais que Vincent pouvait enfin être respecté»

Jérémie LAMOTHE et Sofia FISCHER 23 juillet 2015 à 14:47 (Mis à jour : 23 juillet 2015 à 15:01)

Au CHU de Reims le 27 juin.
Au CHU de Reims le 27 juin. (Photo François Nascimbeni. AFP)

À CHAUD Le médecin en charge de Vincent Lambert s'en remet au ministère de la Santé. La poursuite ou non de l'alimentation artificielle n'a pas été statuée.


Coup de théâtre au CHU de Reims ce jeudi. A la surprise générale, le Dr Simon, qui devait se prononcer sur l’arrêt des soins de son patient Vincent Lambert a décidé de se référer au ministère de la Santé quant aux suites à donner à ce dossier. Le Dr Simon a également déclaré à la famille qu'elle souhaitait saisir le procureur de la République, car Vincent Lambert aurait été victime d’un projet d’enlèvement. Elle a par ailleurs demandé la mise sous protection de son service qui aurait fait l’objet de menaces.


Sur le même sujet

Récit
Le cas Vincent Lambert réveille les militants pro-vie Par Jérémie Lamothe et Sofia Fischer

édito
Les parents de Vincent Lambert auraient pu faire la paix avec leur fils Par Eric Favereau

Portrait
François Lambert, à la vie, à la mort Par Eric Favereau

Après l'annonce donnée à la famille, Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert est apparue en pleurs à la sortie du CHU. Elle en veut notamment aux militants pro-vie : «Ce sont des groupes de pression qui terrorisent l’hôpital. Ce moment devait être intime, je suis choquée qu'on puisse dire "Je suis Vincent, je suis sa voix" alors qu'ils ne le connaissent même pas.» Après deux ans de parcours judiciaire, l'épouse pensait «qu’avec la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (qui a validé l'arrêt des soins NDLR), Vincent pouvait enfin être respecté.»

Egalement ému aux larmes, le neveu, François Lambert est sous le choc : «On ne vit pas dans un État de droit mais un État où les intégristes font ce qu’ils veulent.» La soeur de Vincent, Marie, s’en prend, elle aussi, aux militants issus des milieux catholiques traditionnalistes : «C’est une forme de terrorisme catholique qu’ils mettent en place, ils sont prêts à tout»


Dans une déclaration écrite transmise à l’AFP, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, «apporte tout son soutien à l’équipe soignante». D’après la ministre, le corps médical «n’a pas pris cette décision parce qu’elle refuse d’arrêter le traitement de Vincent Lambert […] Mais parce qu’elle considère que les conditions de sécurité et de sérénité nécessaires pour mettre en œuvre ce type de décision ne sont pas réunies.»

De son côté, c’est sous les applaudissements et les accolades que Viviane Lambert a annoncé la nouvelle aux dizaines de militants présents devant le CHU. «C’est une preuve que Vincent est bien vivant», a-t-elle répété.

Au micro d’i-Télé, le demi-frère de Vincent Lambert, David Philippon, explique : «Le Dr Simon a abordé la partie juridique du cas de Vincent. Elle estime qu’il est en danger, par rapport à certaines menaces qui arrivent de partout. Le docteur a donc saisi le procureur afin qu’il statue sur la protection globale de Vincent.» En plus de sa protection, le procureur devra se prononcer «sur une éventuelle mise sous tutelle» du jeune homme. Pour lui, «c’est un soulagement, c’est une preuve que Vincent est bien vivant si on veut le protéger».

«Ce sont des groupes de pression qui terrorisent l’hôpital»

Cette annonce du Dr Simon a également surpris l’un des avocats des parents Lambert, Me Jean Paillot. Contacté par Libération, l’avocat se félicite de ce retournement de situation : «C’est une grande surprise, nous étions prêts à aller dès cet après-midi au tribunal administratif avec un référé sous le bras. Nous étions persuadés que le Dr Simon allait arrêter les soins.»

Quant aux raisons de cette volte-face du CHU de Reims, l’avocat lui-même semble perplexe. «Je ne sais pas sur le compte de quoi il faut le mettre», explique-t-il. «Je ne sais pas ce qui a joué exactement. Je sais juste qu’un certain nombre de personnes sont intervenues, notamment en sous-marin, comme le professeur Lyon-Caen et des membres du ministère de la Santé.»

Un transfert vers un autre hôpital ?

Cette annonce surprise ouvre la porte vers un éventuel transfert de Vincent Lambert vers un autre hôpital, ce que souhaitent ses parents son demi-frère, qui militent depuis plusieurs mois et qui ont déposé une demande formelle de transfert au CHU le mois dernier. Selon eux, six établissements se seraient portés volontaires pour accueillir Vincent Lambert.

L’affaire a scindé la famille en deux à tel point que le «conseil de famille» qui s’est déroulé le 15 juillet au CHU de Reims a dû entendre chaque membre séparément, «pour éviter les conflits». D’un côté la femme, le neveu, et une bonne partie des frères et sœurs souhaitent l’arrêt des soins alors que les parents qui s’y opposent. Les deux camps s’affrontent devant les tribunaux depuis 2013, et les possibilités de recours s’amenuisent depuis que le Conseil d’Etat puis la CEDH ont validé l’arrêt des soins.

Ces derniers jours, à l’approche de la décision du Dr Simon, la crispation est montée d’un cran autour du cas du patient. Sur les réseaux sociaux, certains militants pro-vie préconisaient des actions très radicales comme le blocus des fournitures alimentaires du CHU, empêchant tous les patients de manger tant que Vincent Lambert ne sera pas réalimenté, ou encore l’enlèvement de l’équipe médicale et «d’un ou plusieurs des membres de la Cour européenne des droits de l’homme dans un endroit secret, sans alimentation ni hydratation».
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 18:40


Vincent Lambert, victime de "projets d'enlèvement" ?

L' Obs
Par L' Obs

Publié le 23-07-2015 à 16h21

Les médecins de Vincent Lambert ne se sont pas prononcés sur l'arrêt des soins et ont annoncé vouloir saisir le procureur pour que soit désigné un représentant légal du patient.

Image d'illustration du CHU de Reims où est pris en charge Vincent Lambert. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)Image d'illustration du CHU de Reims où est pris en charge Vincent Lambert. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

À lire aussi
Les dernières cartouches judiciaires des parents de Vincent Lambert
Les parents de Vincent Lambert portent plainte : "Ça risque d'impressionner le CHU"
INFO OBS. Affaire Lambert : la famille entière convoquée au CHU le 15 juillet


Les médecins du CHU de Reims, en charge de Vincent Lambert, ne se sont finalement pas prononcés, jeudi 23 juillet, sur l'arrêt des soins, ou non, du patient tétraplégique.

Cela pourrait être un énième rebondissement judiciaire dans cette histoire qui déchire les proches de l'ancien infirmier souffrant de lésions cérébrales irréversibles. Sauf que maintenant, il est question de... "projets d'enlèvement".

Dans un communiqué, l'hôpital explique que "les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de la procédure ne sont pas réunies". Le médecin en charge de Vincent Lambert, le Docteur Simon, "a décidé de suspendre la procédure collégiale placée sous sa responsabilité", indique le CHU.

LireVincent Lambert : les dernières cartouches des parents

"L'évaluation de Vincent Lambert a conduit à constater que la situation clinique était comparable à celle qui avait été rapportée par les experts mandatés par le Conseil d'Etat", note toutefois l'hôpital dans son communiqué. "Les conditions d'un échange serein doivent absolument être rétablies dans l'intérêt de Vincent Lambert et de son accompagnement", ajoute l'établissement.

"Mettre Vincent sous protection globale"

La mère de Vincent Lambert, Viviane Lambert, proches des milieux catholiques intégristes, annonce par ailleurs, à la sortie de la réunion où était convoqué l'ensemble de la famille, que le CHU de Reims veut saisir le procureur pour que soit désigné un représentant légal du patient.

Une décision prise après avoir eu vent "de projets d'enlèvement", affirme le père de Vincent Lambert, Pierre Lambert. "Elle nous a parlé d’un projet d’enlèvement de Vincent. Mais quand nous l’avons interrogée, le docteur Simon n’a pas voulu en dire plus". Les médecins souhaitent saisir le procureur de la République "pour mettre Vincent sous protection globale et déterminer un référent qui pourrait le représenter légalement", déclare de son côté à l'AFP François Lambert, neveu de Vincent Lambert.

Les proches de Vincent Lambert, qui se déchirent sur son sort, se sont retrouvés à 14h à l'hôpital de Reims, où est soigné l'ancien infirmier psychiatrique de 38 ans, qui souffre de lésions cérébrales irréversibles depuis un accident de la route en 2008. Depuis deux ans, ils s'opposent par tribunaux interposés ou dans les médias sur le sort de leur époux, fils ou frère, dont le dossier a rouvert le débat sur la fin de vie en France.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 18:59


Vérités et mensonges sur l'affaire Vincent Lambert

Quelques rectifications utiles sur une affaire complexe pour se garder, par égard pour le jeune tétraplégique, d'écrire n'importe quoi.
Par Violaine de Montclos
Publié le 23/07/2015 à 16:36 | Le Point.fr

Vincent Lambert au CHU de Rheims, ici en janvier 2015, en compagnie de sa mère, qui refuse l'arrêt des soins.
MaxPPP©PHOTOPQR/L'UNION DE REIMS

Cette affaire a connu tant de rebondissements judiciaires, elle est si complexe que, comme souvent, on ne sait plus aujourd'hui de quoi on parle. Et les tribunes qui fleurissent ici ou là, les prises de position de philosophes, d'autorités religieuses, de partisans d'un bord ou de l'autre sont truffées de raccourcis et d'erreurs. Quelques précisions pour se garder, par égard pour cet homme, d'écrire n'importe quoi.

Vincent pourrait, un jour, se « réveiller ». FAUX

L'idée qu'on laisserait mourir un homme simplement enfermé en lui-même, qui ne demanderait, à force de soins et de rééducation, qu'à retrouver le contact avec les siens, est terrifiante. Mais elle est fausse. Dans une tribune publiée le 23 juillet par Le Figaro, le philosophe François-Xavier Bellamy ose rapprocher le cas de Vincent Lambert de celui d'Angèle Lieby, cette femme plongée dans le coma mais parfaitement consciente dont les médecins croyaient qu'elle ne percevait et n'entendait rien. Dans un témoignage publié en 2012 et qui a, à juste titre, frappé les esprits (Une larme m'a sauvée), Angèle Lieby a raconté l'horreur de cette conscience parfaitement alerte enfermée dans un corps que les médecins tenaient presque pour mort et de surcroît maltraitaient. Mais laisser entendre, comme le fait l'auteur de cette tribune, que l'on pourrait ainsi passer à côté de la conscience de Vincent Lambert est, à vrai dire, scandaleux. Depuis ses premiers séjours en neurochirurgie, puis dans le centre de référence du professeur Steven Laureys, jusqu'aux dernières expertises demandées il y a un an par le Conseil d'État et effectuées durant trois jours à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, aucun patient en France n'a sans doute bénéficié d'autant d'expertises neurologiques, d'autant d'explorations cérébrales, que ce jeune homme. Et les conclusions sont sans appel. Des zones essentielles de son cerveau sont définitivement endommagées, Vincent Lambert ne peut avoir aucune relation avec l'extérieur, ses mouvements et son regard, dont des militants ont osé diffuser des images sur le Net, ne sont pas des signes de conscience. S'il existe une part de mystère concernant ce à quoi peut ressembler une telle existence humaine, et si on a le droit de croire que le devoir de la société est de le garder en vie, il n'est pas sérieux de comparer des situations qui ne sont pas comparables. Angèle Lieby, comme le célèbre locked-in syndrom Jean-Dominique Bauby, avait le corps paralysé mais le cerveau en état de marche. Celui de Vincent Lambert est, hélas, en grande partie détruit.

Vincent Lambert n'est pas en fin de vie. VRAI

C'est l'argument brandi par les militants pro-vie, et ils ont tout à fait raison. Vincent Lambert n'est pas en phase terminale d'une maladie dont il conviendrait d'abréger les souffrances. Il peut, alimenté par une sonde, continuer de vivre ainsi pendant des années. Mais la loi Leonetti de 2015, dans le cadre de laquelle s'inscrit le processus d'arrêt de traitement de ce jeune homme, ne concerne pas seulement les malades en fin de vie. Elle proscrit aussi, fermement, l'acharnement thérapeutique. Or, un collège de médecins a, à plusieurs reprises, considéré que continuer de nourrir Vincent était, bel et bien, de l'acharnement thérapeutique. Si Vincent n'avait pas été réanimé, il serait mort depuis bien longtemps. Et le législateur a pris conscience que les progrès de la réanimation permettaient de sauver beaucoup d'individus, mais en laissaient d'autres dans des situations de survie inhumaine, il a donc imposé à la médecine toute-puissante, quand cela était nécessaire, de se retirer. Ainsi, en réanimation néo-natale, trop de nouveau-nés inconsidérément réanimés étaient laissés ensuite à la responsabilité de leurs parents dans un état de survie indigne. Désormais, la médecine apprend aussi à se retirer quand, et seulement quand, elle est allée trop loin, dès les premières semaines. Et comme Vincent Lambert, ces nouveau-nés ne sont pas par définition en fin de vie.

Arrêter d'alimenter et d'hydrater Vincent Lambert est dégradant. FAUX

En tout cas pas d'après la loi Leonetti, ni d'après le Conseil d'État, ni d'après la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). À partir du moment où l'alimentation et l'hydratation passent par une sonde, il s'agit d'un traitement, et non des soins qui sont dus, eux, jusqu'au bout à la personne humaine. Il n'empêche qu'arrêter l'alimentation est un geste symboliquement choquant, à tout le moins transgressif. Mais quand le patient a récupéré ses capacités à respirer sans machine, c'est le seul moyen de le laisser partir, en tout cas dans un pays où l'euthanasie n'est pas légale. Aux premiers temps de l'application de la loi Leonetti, des cas d'arrêt d'alimentation difficiles, trop lents, spectaculaires pour les proches, ont été rapportés, notamment celui, terrible, du jeune Hervé Pierra. Mais les nombreux experts médicaux qui se sont penchés sur cette question assurent qu'avec du personnel soignant bien formé, ces arrêts, correctement menés, ne sont ni douloureux ni inhumains pour les patients qui n'ont ni faim ni soif, comme on serait tenté de l'imaginer. On ne pose pas de sonde de force à toutes les personnes en fin de vie qui décident de ne plus s'alimenter. Et personne ne juge cela inhumain.

Les médecins de l'hôpital de Reims mènent un combat idéologique pro-euthanasie. FAUX

Si cette affaire est en effet devenue un enjeu idéologique pour les militants, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité et les partisans pro-vie, qui, eux, soutiennent les parents de Vincent, il faut rappeler cela, qui n'est pas le moindre des paradoxes de cette histoire : le docteur Éric Kariger, qui lança la première procédure collégiale d'arrêt de traitement en 2013 et qui, usé, a aujourd'hui quitté l'hôpital, est lui-même un fervent opposant à l'euthanasie. Chrétien pratiquant et affiché, il a même été membre du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 19:29

CITATION =
"Contactée par LCP.fr, Véronique Massonneau députée écologiste favorable au droit à mourir dans la dignité dit sa déception : "Je suis très surprise par cette décision, très déçue aussi, je pensais qu’enfin cela allait être terminé. J’espère qu’il y aura bientôt un déblocage de la situation" . Et de regretter "Cette affaire aurait pu faire jurisprudence." La députée de la Vienne ne désespère toutefois pas et souhaite que la loi soit modifiée : "Il ne faut pas décourager, la loi revient en septembre à l’Assemblée et je ferais tout pour que la France puisse légiférer sur la question et laisser partir les patients en fin de vies."


On voudrait bien y croire, mais seulement on ne croit plus rien, on ne croit plus personne !
6 mai 2012
6 mai 2013
6 mai 2014
6 mai 2015
6 mai 2016
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.07.15 20:55

Elle ne manque pas de toupet, Viviane Lambert

Nombreux sont les parents d'handicapés et les personnes handicapées qui ferment leur gueule

Et Madame va à la Messe Tridentine le dimanche matin

Faut le faire tout de même ...

Se croit-elle le centre du monde ?

"Celui qui s'élèvera sera abaissé"...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime24.07.15 14:00

Affaire Lambert: pour Marine Le Pen, "c’est une condamnation à mort"  
Home ACTUALITE Flash Actu
Par Emmanuel Galiero
Mis à jour le 23/07/2015 à 13:03
Publié  le 23/07/2015 à 12:54

Alors qu'un collège familial se tient aujourd'hui au CHU de Reims pour reprendre la procédure en vue d’une éventuelle décision d’arrêt des traitements, Marine Le pen a déclaré ce matin:

"Le débat consistant à s’interroger sur le droit de tuer quelqu’un, de tribunaux en tribunaux et de journaux télévisés en journaux télévisés, est épouvantable", a estimé la présidente du Front National. Et d'ajouter: "Un pays doit pouvoir conserver sa liberté totale, notamment dans ce domaine et n’a pas à se soumettre aux exigences, y compris de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Surtout quand cette cour ne semble pas avoir le souci véritable de défendre Vincent Lambert. Quoi que l’on en dise, il s’agit d’une condamnation à mort car je précise que le cas de Vincent Lambert n’entre pas dans la cadre de la loi Léonetti (que je défends par ailleurs depuis toujours), car il n’est pas en fin de vie mais il est très lourdement handicapé. C’est la raison pour laquelle la condamnation à mort de ce très grand handicapé ne peut que heurter nos consciences ".

ERREUR !
V.L. rentre dans le cadre de la loi Léonetti en tant que victime de l'obstination thérapeutique déraisonnable. A mon avis, il subit alors une seconde peine en tant que victime de l'OBSTINATION PALLIATIVE (mourir de soif et de faim en plusieurs heures, jours et nuits) ...
Signé : Admin
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.07.15 15:53

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime26.07.15 13:48

Vincent Lambert : Alain Claeys comprend le désistement des médecins de Reims

Climat ni serein, ni apaisé

Vincent Lambert : Alain Claeys comprend le désistement des médecins de Reims

par Julien Prioux  

Les médecins de V. Lambert ont suspendu la collégiale qui visait à arrêter les soins. Alain Claeys, co-rapporteur de la future loi sur la fin de vie, comprend cette décision. Il met en cause le climat délétère au CHU de Reims.

Vincent Lambert : Alain Claeys comprend le désistement des médecins de Reims WITT/SIPA  

Publié le  26.07.2015 à 10h33 site Pourquoi Docteur

Le coup de théâtre du Dr Daniel Simon (en charge de Vincent Lambert) personne ne l'avait vu venir. Jeudi 23 juillet, après avoir auditionné les membres de sa famille, les médecins du CHU de Reims ont pris la décision, contre toute attente, de maintenir les soins apportés à ce patient en état végétatif irréversible depuis 2008.
Comme explications, le CHU de Reims a indiqué que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de la procédure ne sont pas réunies ». Il a donc saisi le procureur de la République afin que soit désigné un représentant légal du patient. Une décision motivée après que l'établissement ait eu vent de projets d'enlèvement sur la personne de Vincent Lambert. Face à cette situation des plus complexes, l'ensemble du corps médical (Ordre des médecins, SFAP, Eric Kariger) a apporté son appui au Dr Daniela Simon. Une chaîne de solidarité qui se poursuit ce week-end puisque ce médecin a reçu un autre soutien de poids.



« Un climat qui est tout sauf serein et apaisé »

Il s'agit d'Alain Claeys, député-maire de Poitiers (Vienne, 86), co-rapporteur de la future loi Claeys/ Léonetti sur la fin de vie. Sur le site de France 3 Poitou-Charentes il confie : « Je suis bouleversé pour Vincent Lambert, bouleversé pour son épouse. Je comprend l'équipe médicale qui devait faire un travail médical dans un climat qui est tout sauf un climat de sérénité et d'apaisement ».

Pour rappel dans leur rapport sur la fin de la vie remis à François Hollande en décembre 2014, les députés Jean Leonetti et Alain Claeys ont prévu deux nouveaux droits pour aider les patients en fin de vie à mourir. Désormais, ces malades pourront exiger des médecins l’arrêt des soins et la sédation « profonde et continue jusqu’au décès ».
De plus, les « directives anticipées » - sorte de testament écrit par les patients, qui permet d’exprimer son opposition à l’écharnement thérapeutique - auront un caractère contraignant pour les médecins.

Ce texte a débouché sur la proposition de loi Claeys / Léonetti sur la fin de vie qui a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale en mars dernier, puis vidée de son contenu en juin par les sénateurs. Fin septembre, elle doit repasser devant les députés.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime27.07.15 13:11


Affaire Lambert : pourquoi les pro-vie peinent à mobiliser en France

L' Obs

Publié le 24-07-2015 à 18h40

Surexposé médiatiquement avec l’affaire Vincent Lambert, le mouvement pro-vie est pourtant en perte de vitesse en France.


"Je suis Vincent Lambert" : marche des pro-vie dimanche 25 janvier à Paris, pour dénoncer "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale". (BERTRAND GUAY / AFP)"Je suis Vincent Lambert" : marche des pro-vie dimanche 25 janvier à Paris, pour dénoncer "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale". (BERTRAND GUAY / AFP)

À lire aussi
9 Français sur 10 favorables à l'euthanasie
Vincent Lambert : cinq questions sur son éventuelle mise sous tutelle
Un "projet d'enlèvement" contre Vincent Lambert ?


Icônes éphémères du mouvement pro-vie dans l’hexagone, les parents de Vincent Lambert peinent à mobiliser au-delà d’un cercle conservateur médiatisé mais à l’ampleur limitée. Jeudi, près du CHU de Reims, on distinguait tout au plus une cinquantaine de t-shirt blancs ornés du slogan "Il se tait, on le tue" en guise de soutien au maintien en vie de Vincent Lambert, pourtant plongé dans un état végétatif irréversible.

Un nombre restreint de soutiens qui s’explique "par la torpeur de l’été", veut croire un vétéran du mouvement pro-vie en France, Jean-Marie Le Méné. Pour le président de la Fondation Jérôme Lejeune, qui milite depuis plus de 20 ans contre l’euthanasie ou l’IVG, "l’hôpital a choisi le moment opportun : celui de la grande transhumance entre juillet et août". En juin pourtant, le feu vert donné à l’arrêt des traitements par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) n’a pas suscité une grande vague d’indignation pro-vie.

Militants pro-vie jeudi 24 juillet près du CHU de Reims (AFP / FRANCOIS NASCIMBENI)

Hors période d’estivage, et malgré les multiples rebondissements de l’affaire Lambert, la dernière manifestation pro-vie d’ampleur remonte au mois de janvier. La 10e édition de la Marche annuelle pour la vie a réuni à Paris entre 11.000 et 45.000 manifestants munis de ballons noirs et d’affichettes "Je suis Vincent Lambert". Traditionnellement concentré sur la dénonciation de l’IVG, le mouvement pro-vie a officiellement élargi son combat à l’euthanasie, en invitant la mère de Vincent Lambert en tête de cortège. En mars, seules 600 personnes se sont mobilisées à Paris lorsqu’ont repris les débats sur la fin de vie au Parlement. Pourquoi ce mouvement peine à convaincre en France ?

# L’euthanasie mobilise moins que le mariage pour tous

Décousu, le mouvement pro-vie en France mobilise moins que le mouvement anti-mariage pour tous. Revenant sur la marche pour la vie du mois de janvier, le politologue Gaël Brustier, auteur de "Mai 68 conservateur, que restera-t-il de la Manif pour tous ?", observe qu’avec la marche pour la vie, "on est très loin de l’ampleur des plus petites Manifs pour tous, qui rassemblaient au moins 100.000 personnes".

En France, le chef de file du mouvement pro-vie est Alliance Vita, créé en 1993 par Christine Boutin et aujourd’hui dirigé par Tugdual Derville, figure emblématique de la Manif Pour Tous et auteur d’un livre consacré au sujet "La Bataille de l’euthanasie".

Le mouvement pro-vie n’a pas su rebondir sur l’élan insufflé par la Manif pour tous, l’opposition à l’euthanasie suscitant moins de ferveur. "Il y a une réticence à s’engager sur ce sujet intime", admet Gaël Brustier. Image emblématique de ce clivage : Christine Boutin a elle-même refusé de prendre position dans l’affaire Vincent Lambert. "Nous n’avons plus de lien avec elle", abrège pudiquement Blanche Streb, directrice des études à Alliance Vita. Elle ajoute :

Les gens sont moins mobilisés contre le projet de loi actuel sur la fin de vie, compliqué à décrypter mais qui reste une euthanasie masquée".

Avant de préciser qu’à Alliance Vita, "on n’aime pas du tout le terme de 'pro-vie'", considéré comme une "étiquette réductrice".

# L’euthanasie clive moins qu’avant

Aux Etats-Unis pourtant, les mouvements anti-euthanasie ou anti-avortement assument et revendiquent cette étiquette pro-life. "Mais l’Amérique dispose d’un réservoir de mobilisation sans précédent avec la France", concède Jean-Marie Le Méné, dont le beau-père Jérôme Lejeune n’est autre que le fondateur en 1971 du premier grand mouvement pro-vie en France, "Laissez-les vivre", créé pour combattre la célèbre loi Veil qui a dépénalisé l’avortement.

Le politologue Gaël Brustier rappelle :

1975 est la défaite historique du mouvement pro-vie en France. Aujourd’hui, le mouvement suscite des interrogations dans son propre camp. Je ne dirais pas qu’il décline mais qu’il mute."

Année après année, la galaxie anti-euthanasie se morcelle au fil de ponctuelles controverses sur la fin de vie qui agitent la France.

Dans les années 2000, la mort provoquée du quasi homonyme de Vincent Lambert, Vincent Humbert, a suscité des réactions bien plus virulentes et tranchées qu’aujourd’hui. Devenu tétraplégique après un accident de la route, il avait exprimé son désir de mourir dans une lettre adressée à Jacques Chirac, alors président. Son histoire a conduit à l’adoption de la loi Leonetti de 2005, relative aux droits des malades et à la fin de vie. Elle est l’une de celles, qui, nombreuses, ont contribué à l’évolution des mœurs sur la vie finissante. Aujourd’hui, 9 Français sur 10 se disent favorables à la sédation profonde lorsque le patient le choisit.

# Le conservatisme du mouvement pro-vie rebute

"Aujourd’hui c’est vrai, ce sont surtout les milieux conservateurs qui affichent des positions anti-euthanasie", reconnaît Jean Marie Le Méné. Pourquoi ? "Je ne sais pas répondre à cette question". L’entourage des parents de Vincent Lambert ne déroge pas à la règle. Les avocats qui les épaulent sont réputés conservateurs et ont entre autres défendu Civitas ou l’hebdo d’extrême droite Rivarol par le passé. Rodés aux communiqués de presse, ils répondent volontiers aux sollicitations des journalistes, et se font caisses de résonnance des positions pro-vie de leurs clients.

Au fil de la mêlée familiale et judiciaire en faveur ou en défaveur du maintien en vie de Vincent Lambert, de nombreuses personnalités conservatrices sont venues grossir les rangs des soutiens des parents. Jean Marie Le Méné en fait partie, il accompagne désormais les parents Lambert au CHU de Reims lorsqu’ils s’y rendent, n’hésitant pas à fustiger sur son compte Twitter la fosse aux lions – entendre la fosse médiatique – qu’ils doivent à chaque visite traverser. Selon "Le Monde", sa fondation Jérôme Lejeune participe aux frais de financement des avocats des parents.



Certains expriment leur soutien de façon plus discrète : ainsi, Grégor Puppinck, proche du Printemps français et à la tête de l’European Center for Law and Justice, admet par exemple avoir encouragé les parents à déposer au printemps un recours devant la CEDH. D’autres soutiens se sont manifestés sur le tard, tel celui d’Isabelle Muller, ex-attachée de presse d’Éric Zemmour et ex-directrice de cabinet de Philippe de Villiers, qui conseille depuis peu Vivianne Lambert, en qualité "d’assistante en relations publiques".

# Le mouvement pro-vie parasité par un "terrorisme catholique"



Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, en tête de la marche pour la vie le 25 janvier 2015. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

L’omniprésence du religieux dans l’affaire Lambert a été dénoncée hier par la sœur de Vincent, Marie, comme l'a tweeté un journaliste du "Monde" présent devant le CHU de Reims :



Cette forte implication de l’Eglise dans le combat pro-vie rebute, et est parfois source de controverse. "Dire que Viviane est aveuglée par la fraternité religieuse à laquelle elle appartient, c’est souhaiter la décrédibiliser", estime l’Abbé Grosjean, au sujet de son adhésion à la fraternité Saint-Pie X, une branche du catholicisme "farouchement opposée à l’abrègement de toute vie, au motif du sacerdoce "tu ne tueras point".

Ces accointances dérangent, voire poussent certains militants à la défection. En janvier dernier, la responsable de la Marche pour la vie, Julie Graziani déclarait dans La Vie :

C’est un problème bien français : au lieu de se demander pourquoi on marche, on se demande à coté de qui on va marcher. Aucun mouvement n’échappe au militantisme inadapté ou critiquable. Raison de plus pour être nombreux et diluer certains éléments extrémistes".

Au-delà de l’affaire Lambert, un dernier indice enfin dit combien cette ferveur pro-vie s’amenuise en France. Alors qu’approchent l’automne et la reprise au Parlement des discussions sur la fin de vie, aucun chef de file du combat pro-vie n’a encore programmé de date ou d’action précise de mobilisation à la rentrée.

Charlotte Cieslinski
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: vidéo   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime03.08.15 14:26

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime08.08.15 22:24

Vincent Lambert : Quel rôle pour le tuteur légal ?
synthèse de presse bioéthique
27 Juillet 2015  Fin de vie

Jeudi 23 juillet, le docteur Daniela Simon a décidé de suspendre « la procédure collégiale » visant à arrêter l’alimentation et l’hydratation de M. Vincent Lambert. Le Dr Simon aurait envoyé un « signalement » au procureur de la République de Reims pour lui demander de saisir les juges de tutelles afin de désigner un tuteur à son patient (cf. Synthèse Gènéthique du 23 juillet 2015 ).

« Représentant légal », le tuteur aurait pour rôle de défendre les intérêts de Vincent Lambert et de s’exprimer en son nom. Pour saisir le juge des tutelles, le procureur devra « joindre à sa requête un certificat médical circonstancié de Vincent Lambert, effectué par un médecin qu’il aura obligatoirement choisi dans la liste du parquet », et prendre connaissance de ce certificat pour juger de la nécessité ou non de saisir le juge des tutelles. Cette première étape peut prendre « deux à trois mois », estime un magistrat.

Le juge devra ensuite rendre une ordonnance de « non-audition », puisque Vincent Lambert ne peut pas communiquer, puis entendre les proches et la famille pour connaître leur avis. Il lui incombera ensuite de choisir un tuteur.

La famille étant divisée, « il apparaît difficile de suivre les préceptes du Code civil qui privilégie toujours la désignation d’un membre de la famille ». Le juge devra donc confier la tutelle à un « mandataire judiciaire à la protection des majeurs, professionnel ou particulier qui a passé un diplôme inscrit sur la liste du Tribunal de Grande Instance ». Ce tuteur sera consulté par les médecins pour toute décision concernant Vincent Lambert et pourra participer à une nouvelle « procédure collégiale » si celle-ci devait avoir lieu.

« S’il doit donner son aval pour une anesthésie générale, une amputation ou tout autre acte médical, il ne peut que donner un avis dans une telle procédure. Il n’a pas le pouvoir de vie ou de mort », souligne un juge.

En revanche son pouvoir est important quand il s’agit de choisir le lieu de vie du majeur protégé. Il peut en toute liberté choisir de le transférer d’un hôpital à un autre, ce qui compte beaucoup aux yeux des parents de Vincent Lambert qui demandent ce transfert depuis des mois (cf. Synthèse Gènéthique du 21 juillet 2015).

« Aucun tuteur n’a jamais endossé un tel rôle avec une si lourde responsabilité, ce sera une première qui créera une jurisprudence », déclare un juriste. Il convient de préciser que le tuteur peut se dessaisir de sa charge s'il rencontre des difficultés auxquelles il n'arrive pas à faire face.

Sources:
Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) 25/07/2015
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime08.08.15 22:39

copié-collé d'un commentaire sur le site de " Famille Chrétienne " =

Vos commentaires ( 1 )

Anne B.   Le 31/07/2015 à 21:14  Signaler pour abus  

 "Permettez moi de vous dire que je n'y comprends rien. Comment un chrétien peut il considérer la mort physique comme un drame, comme si la mort était la fin de tout, le trou noir absolu ? La mort n'est elle pas un passage vers la contemplation bienheureuse du Père, du Fils, dans la lumière du Saint Esprit ? Pourquoi refuser de cesser l'acharnement à le maintenir artificiellement dans cette situation à un homme dont ce passage est tout proche, qui vit une vie sur son lit de mort dans l'attente de cette rencontre bienheureuse, ? J'ai l'impression en lisant les lignes de votre article, de me trouver en face d'incroyants. Pardonnez moi si cela vous heurte, mais St Paul lui-même disait que la mort aurait été pour lui un avantage, mais que son devoir était de rendre témoignage. Pauvre Vincent qui trouve tant de tensions autour de son Passage, alors qu'il aurait du depuis longtemps être soutenu par une neuvaine, de l'affection, de la Paix et de la prière autour de son lit, de ceux qui l'aiment vraiment et qui l'auraient accompagné dans ces noces avant le débranchement de ses "soins". Je crois à la vie éternelle, je crois au bonheur éternel. Et vous ? "



"la sacralisation de la vie terrestre" est un genre de blasphème.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime10.08.15 16:36

site Médiapart

L’honneur presque perdu des médecins rémois

03 août 2015 | Par Dominique MATHIS


On apprenait hier 23 juillet avec surprise que Daniela Simon, responsable de la procédure collégiale et cheffe du service de soins palliatifs du CHU de Reims avait décidé de maintenir en vie Vincent Lambert, en état végétatif depuis 2008, et avait saisi le procureur de la République d’une demande de mise sous protection d’un supposé projet d’enlèvement et pour nommer un référent qui pourrait représenter légalement Vincent Lambert.

Nombre de juristes avaient déjà été surpris la semaine précédente de la décision du CHU d’ouverture d’une nouvelle procédure collégiale d’arrêt des soins, alors que – les arrêts successifs du tribunal administratif, du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’Homme le 5 juin ayant écarté les obstacles et menaces juridiques accumulés par les parents Lambert, opposés à la volonté de l’épouse, d’une partie des frères et sœurs et du neveu – il aurait sans doute été plus simple de réactiver et mener à son terme la démarche collégiale antérieure afin d’abréger une procédure qui n’a que trop duré.

La Dre Daniela Simon ne communiquant pas, les analystes supputaient que la désignation d’un référent permettrait surtout aux médecins de se couvrir et se mettre à l’abri d’éventuelles poursuites. Sauf que cette saisine d’un procureur en congé jusqu’à la mi-août, va rajouter un délai aux délais ; et ce ne sera pas le dernier, le dossier sera ensuite transmis au juge des tutelles, car c’est lui qui choisira le référent.

Demande procédurière et tatillonne, selon ces analystes, rappelant que d’habitude, quand un patient est dans le coma et qu’il faut prendre une décision, on sollicite son épouse, la mieux placée pour protéger les intérêts et la vie de son mari ; or l’épouse de Vincent Lambert ne cesse de réclamer l’arrêt des soins…

Tentant de venir au secours de la Dre Daniela Simon, la ministre de la santé a tenté de plaider que le médecin « n’a pas pris cette décision parce qu’elle refuse d’arrêter le traitement de Vincent Lambert mais parce qu’elle considère que les conditions de sécurité et de sérénité nécessaires pour mettre en œuvre ce type de décision ne sont pas réunies ».

Explication laborieuse qui n’a convaincu quasiment personne : la plupart des médias considéraient hier soir et ce matin que Daniela Simon « a botté en touche »… ce qui ne serait certes pas à l’honneur de la déontologie et de l’éthique médicales.

L’opinion publique douterait de cette mise en cause si elle n’émanait que de journalistes accoutumés aux imprécations et jugements hâtifs. Mais cela fait mal à la respectabilité médicale lorsque la critique vient d’un journaliste aussi pondéré et compétent que Dominique Verdeilhan, lequel cachait mal son indignation : « L’équipe du CHU de Reims avait tous les feux verts législatifs et juridiques possibles. Le feu vert est passé au rouge par la volonté même des médecins. C’est un aveu d’incapacité. Le dossier n’est plus médical mais il est devenu judiciaire. Il est impossible aujourd’hui quelle sera l’issue de l’affaire et le temps que cela va prendre. C’est un retour à zéro pour cette affaire devenue médiatique. »

Les responsables en charge de cette affaire semblent sous-estimer les ravages que cette reculade occasionne dans des milieux professionnels pourtant portés à la modération :

Hier soir, une vieille connaissance, médecin passé par des cabinets ministériels, me donnait sa version des tenants et aboutissants du conflit. Pour lui, la cheffe de service Daniela Simon ne voulait pas se mettre en délicatesse avec son confrère, maire Les Républicains de Reims et président du conseil de surveillance du CHU, Arnaud Robinet, PHU en biochimie et biologie moléculaire (après avoir échoué trois fois à l’entrée en médecine), qui a fait ses classes au collège Jeanne-d’Arc puis au lycée Saint-Joseph, donc influencé par l’hostilité des milieux catholiques à la fin de vie assistée [1].

Ce matin même un ami, ancien juriste au niveau gouvernemental, me fit part de son« étonnement face au silence persistant de Mme Dominique de Wilde, DG du CHU, d’habitude énergique et volontariste (les médecins des hôpitaux Avicenne à l’AP-HP, de Bondy et de Sevran s’en souviennent). Il lui aurait suffi de rappeler haut et clair que le CHU assume évidemment le principe fondamental de protection fonctionnelle de ses agents publics, médecins ou non, poursuivis en justice, ce qui eût rassuré Daniela Simon et l’eût persuadée qu’engager une nouvelle procédure devant le Procureur “pour se couvrir” était parfaitement redondant. »

Quoi qu’il en soit des raisons plus ou moins claires de la décision de Daniela Simon, et au-delà de l’opinion qu’on en a, ce nouveau rebondissement dans l’affaire Lambert souligne encore plus cruellement deux évidences que je n’ai cessé d’évoquer :
•La loi actuelle, dite Léonetti, est inadaptée puisqu’elle permet les doutes, les hésitations, les atermoiements, les manœuvres dilatoires, à un degré indigne d’un droit positif adapté aux libertés fondamentales : il faut la réformer au plus vite…
•Le Président doit être stigmatisé pour son énorme irresponsabilité, lui qui nous a promis début 2012, dans son engagement n° 21 « la possibilité de bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité, dans des conditions précises et strictes »… et qui visiblement joue la montre.

En décembre 2012, récipiendaire du rapport Sicard, il promit qu’un projet de loi serait présenté au parlement. Mais pour se hâter lentement… il demanda un nouvel avis au CCNE, lequel fut émis en juin 2013. Alors le Président attendit encore un peu rien qu’un peu, un an ! Et missionna en juin 2014 deux députés pour une « nouvelle réflexion » : Alain Claeys… et Jean Leonetti himself, qui remirent leur proposition fin 2014. Le débat ne fut engagé qu’en mars 2015 à l’Assemblée, voté le 17 mars… mais rejeté par le Sénat le 23 juin 2015.

Pendant ce temps, Vincent Lambert et des centaines de citoyens attendent, pour en finir… que la palinodie en finisse aussi !

***

[1] Cette analyse par les influences politiques me semble fragile, dans la mesure où le prédécesseur de Daniela Simon à la chefferie de service, le Dr Éric Kariger, avait engagé la procédure de fin de vie assistée pour Vincent Lambert, étant résolument hostile à toute obstination déraisonnable, alors même qu’il est réputé très proche politiquement de Mme Christine Boutin, comme on sait farouchement opposée à toute forme d’abrègement de la fin de vie.

Dominique MATHIS - 24 juillet 2015
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime14.08.15 15:48


Comment libérer le destin de Vincent Lambert, otage de militants intégristes?

Par Bruno Roger-Petit

Publié le 24-07-2015 à 12h56

Sous pression de militants intégristes dans l'affaire Vincent Lambert, l'équipe médicale a demandé à la puissance publique de prendre ses responsabilités. Avait-elle un autre choix ?


Les membres du comité de soutien pour que Vincent Lambert soit maintenu en vie le 23 juillet 2015 devant le CHU de Reims. (c) AFPLes membres du comité de soutien pour que Vincent Lambert soit maintenu en vie le 23 juillet 2015 devant le CHU de Reims. (c) AFP


"Vincent Lambert doit-il être maintenu en vie ?" ose demander Valeurs actuelles à ses lecteurs. Et l’on se demande quel cerveau malade a pu imaginer qu’une telle question puisse être ainsi posée, de cette façon, avec une légèreté qui révèle si peu d'empathie pour autrui ? Faut-il avoir peu de considération pour tous les acteurs de cette tragédie pour en arriver là : « En un clic, amusez-vous à décider du sort de Vincent Lambert » ? Peut-on dire ici à Valeurs actuelles qu’avant de lancer un vibrant appel au sauvetage des églises chrétiennes, il serait utile de réviser le message du Christ ? Compassion. Partage. Humanité. On pense à Alfred Loisy : "Le Christ a annoncé le Royaume, et c’est l’Eglise qui est venue".

La décision de ne rien décider prise par l’équipe médicale en charge de Vincent Lambert est tragédie, qui vaut indiciblement plus que la question terrifiante posée par Valeurs actuelles. En vérité, c’est un appel au secours qu’ont lancé le docteur Simon et son équipe aux pouvoirs publics, soumis qu’ils sont à une intolérable pression de groupe(s) militant(s) catholique(s) intégriste(s).

"Les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite» de la procédure collégiale engagée pour décider du sort de Vincent Lambert, "tant pour (lui) que pour l’équipe soignante, ne sont pas réunies" a fait savoir le CHU de Reims.

Protection de la justice

Les responsables médicaux demandent que la justice désigne désormais un référent unique, afin de décider avec lui des conséquences à tirer de l’état du patient en rapport avec les décisions de justice françaises et européennes qui ont ouvert la voie à la possibilité d’un arrêt de soins, dans le cadre prévu par la loi Léonetti de 2005.

C’est une façon pour eux d’inviter la puissance publique à prendre ses responsabilités dans le dossier. Et de faire en sorte que des décisions à venir (ou pas) prises dans un cadre juridique précis soient respectées et acceptées par toutes les parties en présence.

Comment ne pas comprendre la position du docteur Simon et de ses collaborateurs, qui travaillent sous la pression, voire les menaces, d'éléments catholiques intégristes ? De ce que nous savons, il leur est en effet impossible de se prononcer "en toute sérénité". Tout cela parce que des activistes ont décidé de prendre politiquement en otage Vincent Lambert et toute sa famille, qu’il s’agisse de ses parents, qui s’accrochent à un espoir qui parait médicalement infondé, mais aussi de l’épouse, Rachel Lambert, et des frères qui souhaitent que se termine une situation les contraignant à subir une peine d’emprisonnement moral indéterminée.

Il est sidérant de lire que le docteur Simon et les membres de son équipe médicale ont toutes les raisons de craindre qu’en cas de décision de leur part qui déplairaient à des militants intégristes, leur sécurité puisse être mise en cause. Et il est atterrant de voir qu’ils sont obligés de révéler qu’ils demandent que soit assurée la protection de Vincent Lambert car ils redoutent que ce dernier puisse être l’objet d’un enlèvement.

Le droit a parlé

Entendons-nous bien : face à cette tragédie, l’humilité est de rigueur. Celui qui prétend à la vérité est un insensé. Et celui qui demande à n’importe qui, n’importe comment, de se prononcer sur le cas Vincent Lambert ne mérite que peu de considération, à l’image de l’auteur anonyme de la question posée par Valeurs actuelles à ses lecteurs en guise de sondage.

Mais à la fin, il y a le droit. Et le droit a été dit, tant par la Cour de cassation que la Cour européenne des Droits de l’Homme. Et le droit s’est prononcé de telle façon qu’il a reconnu que, dans le cadre de la loi française, il était possible, si besoin était, de prendre la décision d’arrêter ce qui est médicalement vain. Et le droit qui a été dit doit être respecté par tous et partout, y compris quand il peut déplaire à une conscience subjective. Y compris celle de croyants intégristes qui placent leur foi au-dessus du droit, donc de la République. De ce point de vue, c’est devenu une affaire de principe.

Contrairement à ce qui peut être écrit, ici ou là, l’équipe du CHU de Reims ne dispose pas d’un droit de vie discrétionnaire sur le corps de Vincent Lambert, mais d’une possibilité de choisir ce qui lui parait la solution la plus adaptée à une situation très particulière. Ni plus, ni moins. Quand le cardinal Philippe Barbarin, hostile à l'arrêt des soins, décrète que "le terme de la vie n'appartient à personne", il se place lui-même dans une contradiction qu'il ne paraît pas saisir : si Vincent Lambert est encore "en vie", il le doit à la technique médicale moderne. Sans elle, sans la décision humaine de maintenir ce dispositif en fonction, la vie de l'ancien infirmier serait naturellement achevée depuis longtemps. Or, qui a décidé ce maintien sinon des hommes à défaut de puissance divine ?

Dans un tel contexte, on mesure ce que doit représenter pour les membres de l'équipe médicale la responsabilité terrible qui pèse sur leur conscience. Et l’on comprend qu’ils en soient venus à se tourner vers la puissance publique, afin que celle-ci leur garantisse sérénité et liberté de conscience face au cas hors-norme auquel ils sont confrontés.

Reprise en main par les pouvoirs publics

La première des urgences, c’est donc de faire en sorte que le destin de Vincent Lambert ne soit plus pris en otage par des militants intégristes, décidés à user de tous les moyens possibles, y compris éventuellement hors la loi, pour parvenir à leurs fins. On sait de quoi certains de ces gens sont capables, depuis la publication d’images de Vincent Lambert sur son lit d’hôpital, le tout au nom au nom du respect qui est dû à sa vie, mais en contradiction totale avec ses droits de citoyen et le respect de sa personne.

Le fait est que certains de ces militants-là ne respectent rien ni personne, et que Vincent Lambert est devenu pour eux un objet de communication destiné à populariser leur combat "pour la vie". Si le docteur Simon et son équipe en sont venus à craindre des actions susceptibles de mettre en danger, c’est qu’ils savent ce qu’ils vivent et endurent depuis des semaines, si ce n’est des mois et des années. Il est temps pour l’Etat de leur porter secours. A eux, et à leur patient.

En l’état, personne ne peut dire quelle est la juste solution à l’écrasant problème que pose la situation de Vincent Lambert. De ce point de vue, on le répète, la question sondage de Valeurs actuelles est aussi vaine qu’odieuse. En revanche, il est impératif que soit assuré le respect du droit tel qu’il prévaut aujourd’hui en France, et qui a été réaffirmé par toutes les instances appelées à se prononcer sur ce cas douloureux. C’est à la puissance publique de prendre ses responsabilités dans cette affaire. A elle de faire en sorte que le destin de Vincent Lambert ne soit pas pris en otage par des intégristes.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime14.08.15 16:26

"Famille Chrétienne"
Vincent Lambert : « La pire erreur médico-judiciaire de ces dernières années »

ARTICLE | 26/06/2015 | Par Bertille Perrin


Des éléments « nouveaux et décisifs » dans l’affaire Vincent Lambert ont amené ses avocats à saisir la CEDH d’une demande en révision. Me Paillot explique les raisons de son recours.


Quels sont les éléments « nouveaux et décisifs » à l’origine de votre demande en révision ?

Le premier et le plus déterminant sans doute, c’est que nous avons essayé de donner une alimentation à Vincent par la bouche. Nous avons alors constaté qu’il était capable de déglutir autre chose que de la salive, alors qu’il n’avait pas été nourri par voie buccale depuis 7 ans. Suite à la vidéo qui a fait polémique, des orthophonistes nous ont en effet contactés spontanément pour nous dire que Vincent semblait susceptible de recevoir une rééducation à l’alimentation par la bouche. Le résultat impressionnant et confondant, même si nous savons qu’il aura besoin d’une véritable rééducation à la déglutition pour qu’il puisse faire des progrès.

Depuis le mois d’octobre 2014, nous avions constaté qu’il faisait des progrès dans la déglutition, sans que cela ne provoque le moindre travail de rééducation, ni la moindre prise en compte de cette demande des parents par le CHU. Pourtant, il y a beaucoup de patients en état pauci-relationnels ou végétatifs qui bénéficient quand même d’une « alimentation plaisir » en plus de leur alimentation artificielle. C’est normal, cela fait partie des bonnes pratiques médicales.

Nous avons alors fait une vidéo du moment où les parents de Vincent lui ont fait boire de l’eau et avaler des aliments liquides. Elle ne sera pas rendue publique mais elle est à disposition de tous les journalistes qui peuvent se déplacer dans nos cabinets d’avocats : il faut qu’ils puissent dire simplement ce qu’ils voient dans cette vidéo. Tout simplement parce qu’elle mène à réfléchir au bien fondé de l’arrêt de l’alimentation de Vincent Lambert. On est obligé de se poser la question. Et elle a bien sûr été envoyée à la cour européenne en complément de la demande de révision.

La ministre de la santé Marisol Touraine, a déclaré le 16 juin dernier au Sénat que « l’expression de la volonté de Vincent Lambert fait l’objet d’interrogations et de débats ». Est-ce pour vous un élément déterminant ?

(http://replay.publicsenat.fr/vod/seance/proposition-de-loi-creant-de-nouveaux-droits-en-faveur-des-malades-et-des-personnes-en-fin-de-vie/179493 à 13 min 45)

Bien sûr ! Elle est membre du gouvernement, ministre de tutelle du CHU de Reims et s’adresse au Sénat, pour dire l’inverse de ce qui a été affirmé jusqu’à présent par le gouvernement français ! Pendant 8 mois le gouvernement français a dit, devant la cour européenne, que la volonté de Vincent était certaine, qu’elle avait été rapportée de façon précise par son épouse et son environnement familial… en bref, nous n’avions aucun doute sur la volonté de Vincent. Là la ministre dit bien qu’en réalité cette volonté n’est pas certaine, et que c’est même la source d’un grand nombre de problèmes dans cette affaire.

Or, tout l’arrêt de la cour européenne est fondé sur cette volonté présumée de Vincent de ne pas vivre dans cet état, ce qui légitimerait d’arrêter son alimentation. C’est pour cette raison que nous avions été déclaré irrecevables, et que la CEDH a suivi les yeux fermés le conseil d’Etat : nous ne pouvions pas aller contre la volonté de Vincent. Cela change donc tout de même la donne.

Vous pointez également l’erreur de droit commise par la Cour européenne dans son arrêt concernant Vincent Lambert…

En effet, nous avons constaté que la Cour ne connait pas sa propre jurisprudence. Elle a donc utilisé l’arrêt GLASS du 9 mars 2004 (une décision concernant des faits similaires au Royaume-Unis), pour légitimer son verdict sur l’affaire Lambert, alors que l’arrêt Glass va exactement dans le sens inverse ! La Cour a dit que cet arrêt avait conclu à une non-violation de l’article 2, qui garantit le droit à la vie, alors qu’en fait elle avait conclu à une violation.

Depuis que j’ai déposé la demande en révision, dans laquelle je cite cette erreur décisive, la CEDH a modifié le texte de son arrêt où elle cite l’arrêt Glass, mais sans modifier la suite du raisonnement. Or, il ne s’agit pas uniquement d’une faute de plume mais bien d’une faute de droit, puisque cet arrêt faisait partie des arguments de la Cour.

Comment expliquez-vous que vous soyez obligés de montrer des vidéos de Vincent Lambert pour faire entendre votre voix ?

Je le répète depuis le début, pour moi nous sommes en présence d’une demande d’euthanasie de Vincent, car certaines personnes ont estimé qu’il devait mourir. Il s’agit pour moi de la pire erreur médico-judiciaire de ces dernières années. Mais comme on s’attaque à l’institution qu’est le monde médical, qui croit qu’il a le droit de vie et de mort sur les personnes, cela fait des remous. Le corps médical se serre les coudes quitte à ne pas voir la réalité. Quand on montre une vidéo de Vincent bien différent de l’image que les gens se font de lui, tout le monde hurle au scandale : ils s’arrêtent à ce qui est secondaire pour ne pas voir l’essentiel. Nous espérons que cette amélioration de l’alimentation de Vincent par la bouche permettra à certains d’enfin ouvrir les yeux.

En attendant, nous préparons aussi un recours en révision pour le Conseil d’Etat : celui-ci sera plus à même d’ordonner une nouvelle expertise médicale par exemple. Et il n’est pas impossible que la CEDH souhaite alors attendre la décision du Conseil d’Etat.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime17.08.15 11:47

L’affaire Vincent Lambert ou l’insupportable pression extra-médicale

TRIBUNE du Docteur Jean-François Loriferne, médecin réanimateur spécialiste des hôpitaux, chef de service honoraire.

3/8/15 - 10 H 52

Avec cet article

Le suicide assisté d’une Anglaise relance le débat au Royaume-Uni

Vincent Lambert, la recherche d’une solution d’apaisement

Les évêques de France appellent à la discrétion autour de Vincent Lambert


« Médecin réanimateur, chrétien pratiquant et engagé, ayant exercé pendant vingt-cinq ans la lourde responsabilité de la coordination d’une équipe qui, tous les jours, réfléchissait au sens profond « de la vie » pour les patients en défaillance viscérale dont elle avait la charge, je suis très ému et attristé par la position de certains de nos évêques (dans la région Rhône-Alpes) prise dans le cadre du traitement de M. Vincent Lambert.

Faire confiance aux médecins

Comment, dans un premier temps, ne pas accepter de faire confiance aux médecins chargés des soins, comme le signifiait le 12 juin dernier Mgr Pierre d’Ornellas, chargé des questions bioéthiques pour les évêques de France ?

Notre métier est extrêmement dur mais nous le faisons avec beaucoup de dignité, de recul et de discernement dans le cadre d’une loi (loi Leonetti) parfaitement adaptée à notre exercice et qui a été saluée par l’ensemble des professionnels concernés comme étant ajustée.

Des pressions inacceptables

C’est cette équipe qui avec empathie et écoute, soigne, vit jour et nuit au rythme des angoisses et des peines des familles. Elle sait écouter et discerner ce qui va dans le sens du « bien pour le patient », qui demeure sa seule mission.

Quel affront de voir ses décisions (dans ce cas particulier, plus que pluri-professionnelles) mises en doute et « traînées devant la justice », puis de se voir au banc des accusés avec des pressions multiples inacceptables. N’oublions pas le docteur Éric Kariger, qui lui aussi a vécu cette infamie au point d’en démissionner…

Un acharnement thérapeutique indigne

Comment en tant que chrétien se prévaloir du « Tu ne tueras point » (Mt, 5) quand il s’agit au contraire de savoir reconnaître les propres limites du corps et surtout la dignité de laisser faire ce qui est irréparable : « Laisse les morts ensevelir leurs morts et toi, va annoncer le royaume de Dieu » (Lc, 9 et Mt, 8).

L’acharnement thérapeutique est non seulement indigne mais contraire à l’éthique médicale et spirituelle. Il n’a aucun sens au jour d’aujourd’hui où les techniques peuvent se substituer à toute réflexion en profondeur sur le « projet de vie » des patients soignés.

La place du conjoint

Par ailleurs le sens du mariage chrétien ne laisse-t-il pas toute sa place au conjoint : « Tu quitteras ton père et ta mère et désormais vous ne ferez plus qu’un » (Mt, 19) ?

Enfin et c’est ce qui me fait le plus de mal : comment ignorer que ces prises de position (tenues souvent par des communautés intégristes) vont encore accélérer la pression des tenants de l’euthanasie, faisant valoir que cette loi est trop fragile en forçant la main des équipes médicales dans des orientations contraires à leurs serments.

Comment expliquer à nos jeunes qui désertent nos églises, que cette Église est en phase et à l’écoute de notre monde sur des sujets de société aussi importants que la bioéthique… J’ai mal à mon église qui se vide sans que nous arrivions à prendre la mesure de cette désertion… »

> Retrouvez notre dossier spécial sur l’affaire Vincent Lambert

Docteur Jean-François Loriferne, médecin réanimateur spécialiste des hôpitaux, chef de service honoraire
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime31.08.15 10:43

INFO 20 MINUTES La médecin qui s’occupe du patient en état végétatif a fait cette demande au parquet de Reims (Marne) « compte tenu du contexte familial »…
Le parquet de Reims saisit un juge pour que Vincent Lambert soit placé «sous protection»
Vue du CHU de Reims, où Vincent Lambert est hospitalisé, le 27 juin 2015 - Francois Nascimbeni AFP
VINCENT LAMBERT - Page 5 Photo Vincent Vantighem    



    • Publié le 27.08.2015 à 15:55
    • Mis à jour le 27.08.2015 à 15:55



                                                         Une nouvelle étape judiciaire pour Vincent Lambert. Selon nos informations, un juge des tutelles du tribunal de Reims (Marne) a été officiellement saisi, mercredi 26 août, d’une demande de mise sous protection du patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008.
Le procureur de la République de Reims a confirmé à 20 Minutes avoir reçu la semaine dernière un signalement du docteur Daniela Simon, à la tête de l’équipe médicale de l’hôpital Sébastopol de Reims qui soigne ce patient au cœur d’un imbroglio familial. « Le docteur Simon m’a signalé qu’elle sollicitait la mise sous protection de Vincent Lambert, confie, ce jeudi, François Belargent. J’ai donc saisi un juge des tutelles qui va instruire cette affaire et prendre une décision dans les prochaines semaines. »

Une demande justifiée par le contexte familial

Fin-juillet, alors qu’elle devait annoncer sa décision de maintenir Vincent Lambert en vie ou d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de ce patient, la docteur Simon avait surpris toute sa famille en annonçant son intention de saisir la justice pour demander finalement sa mise sous protection juridique.
Les faits : Le CHU de Reims demande à protéger Vincent Lambert
« Elle justifie cette demande en évoquant le contexte familial que tout le monde connaît », poursuit François Belargent. Depuis 2013, la famille de Vincent Lambert se déchire en deux camps : celui de son épouse qui souhaite le « laisser partir » et celui de ses parents qui multiplient les recours pour le maintenir en vie.

« Si on le protège, c’est qu’il mérite de vivre »

A cette évocation, lors de la dernière réunion, les parents de Vincent Lambert s’étaient d’ailleurs réjouis de cette initiative, estimant que « si on demande la protection de leur fils, c’est bien parce qu’il mérite de vivre et non pas de mourir ».
Rachel Lambert : « Peut-on encore avoir de l’espoir ? »
Favorable à un arrêt des soins, son neveu François, avait à l’inverse, critiqué cette décision. « Cela va encore retarder l’échéance. Toutes les mesures prises par un éventuel tuteur seront contestées en justice pendant des années par un camp comme par l’autre… »

Un projet d’enlèvement trouvé sur un blog

Fin-juillet, le docteur Simon avait également informé les proches de Vincent Lambert des pressions et des menaces subies par son équipe médicale, évoquant même un « projet d’enlèvement ». Sur ce point, le procureur de Reims précise qu’il n’en a pas été informé officiellement. « Je veux qu’on clarifie les choses. Je n’ai pas été saisi de quelconques menaces à l’encontre de Vincent Lambert. Ce n’est pas pour cette raison que sa mise sous protection m’a été réclamée. »
Se qualifiant de « contre révolutionnaire », un blogueur nommé Fikmonskov avait publié, le 17 juin dans un billet, plusieurs « options » pour « sauver Vincent Lambert ». Dans la liste, il proposait notamment « d’enlever Vincent Lambert, ça ne pourra hélas se faire que par la violence, (afin de) l’emmener dans un lieu où il pourra être soigné » ou encore « de séquestrer sans alimentation et hydratation la médecin qui s’occupe de lui » tant que Vincent Lambert n’a pas été placé dans un « endroit sûr ».
VINCENT LAMBERT - Page 5 Titre-1_12
Extrait du billet publié sur le blog Fikmonskov
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime31.08.15 10:53

Autre question :

Protéger les patients en fin de vie de la loi Léonetti  ?

Car il est évident que pendant la sédation profonde terminale qui dure plusieurs heures, plusieurs jours, plusieurs nuit, et plusieurs semaines, les soignants ont éventuellement la possibilité de faire quelques expériences sur le patient qui meurt ... ... ...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime31.08.15 11:12

Citation du web =
""Dans cette histoire, il n'y a que des victimes", observe le docteur Kariger. Et Vincent dans tout ça ? A t-il conscience de la guerre farouche qui se livre autour de lui ? Le jeune homme a fait une crise d'épilepsie et sa température est instable".




Sans doute qu'on a essayé sur V.L. un nouveau médicament contre l'épilepsie pour tester les effets secondaires biologiques... ...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime31.08.15 18:35

Vincent Lambert : un juge des tutelles saisi pour le placer «sous protection»

Alerté par la chef de service du CHU de Reims, le parquet a saisi un juge des tutelles pour placer Vincent Lambert «sous protection». 

27 Août 2015, 21h06 | MAJ : 28 Août 2015
VINCENT LAMBERT - Page 5 5042853_lambert_545x460_autocrop Photo datant du 3 juin 2015 de Vincent Lambert, prise par sa famille au CHU de Reims
(AFP)
Nouvel épisode dans l'affaire Vincent Lambert. Le juge des tutelles a été chargé, mercredi, par le parquet  de Reims (Marne) de trouver un tuteur à l'ancien infirmier plongé dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008.






«Le juge des tutelles a été saisi d'une mesure de protection et devra instruire la demande avant de prendre une décision dans les prochaines semaines», a-t-il précisé. 

Le juge aura la délicate mission de désigner, après expertise, un tuteur ou un curateur pour ce patient particulier dont les lésions cérébrales sont jugées irréversibles par les médecins. Dans ce genre de procédure de mise sous tutelle, la nomination d'un représentant issu de la famille est toujours privilégiée. Mais le contexte conflictuel qui oppose les parents de Vincent Lambert, catholiques traditionalistes farouchement déterminés à maintenir leur fils en vie, à son épouse Rachel qui souhaite «le laisser partir», complique la tâche du magistrat. 

Représenter légalement Vincent Lambert


La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), la plus haute juridiction de l'Union Européenne, avait validé en juin dernier l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles de Vincent Lambert. Mais l'équipe médicale a refusé, fin juillet, de statuer sur sa fin de vie arguant de pressions extérieures nuisant à «la sérénité».

C'est le Dr Daniela Simon, médecin en charge du service où Vincent Lambert est hospitalisé, qui avait indiqué qu'elle souhaitait alerter le procureur de Reims pour réclamer des mesures de «protection globale et déterminer un référent qui pourrait représenter légalement le patient.»

Pressions et menaces

Fin juillet, elle avait également informé les proches de Vincent Lambert des pressions et des menaces subies par son équipe médicale, parlant même d'un « projet d’enlèvement » évoqué sur le blog d'un dénommé Fikmonskov. Sur ce point, le procureur de Reims précise qu’il n’en a pas été informé officiellement. « Je veux qu’on clarifie les choses. Je n’ai pas été saisi de quelconques menaces à l’encontre de Vincent Lambert. Ce n’est pas pour cette raison que sa mise sous protection m’a été réclamée. »

Après la décision de la CEDH, les opposants à l'arrêt des soins avaient multiplié les actions en mettant en ligne une vidéo de Vincent Lambert sur son lit d'hôpital et en organisant une manifestation devant le CHU. Plusieurs évêques avaient également pris position en faveur de son maintien en vie.


Dernière édition par Admin le 31.08.15 19:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime31.08.15 19:14

Les parents de Vincent Lambert vont réclamer son transfert dans un autre hôpital

Alors que les experts médicaux jugent ses lésions cérébrales irréversibles, les parents de Vincent Lambert vont saisir la justice en évoquant un "manquement grave aux soins dus à Vincent" de la part du CHU de Reims.

Les parents de Vincent Lambert – Pierre et Viviane Lambert – après une rencontre avec le corps médical à l'hôpital de Reims (Marne), le 23 juillet 2015. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)
Par Francetv info avec AFP
Mis à jour le 28/08/2015 | 23:52 , publié le 28/08/2015 | 23:52

[url=javascript(0);][/url]

Les parents de Vincent Lambert vont saisir la justice dans les jours prochains pour demander que leur fils, hospitalisé à Reims (Marne) en état végétatif depuis 2008, soit transféré dans autre établissement, indique leur avocat, vendredi 28 août.
> Vincent Lambert : un juge des tutelles saisi pour pacifier la situation

L'avocat des parents évoque une "faute médicale"

"Nous estimons qu'il y a un manquement grave aux soins dus à Vincent", indique Jean Paillot, l'avocat des parents. Comme indiqué par La Croix, ses parents reprochent au CHU de Reims de ne pas faire "le moindre effort pour le mettre dans un fauteuil adapté", et de le priver de soins de kinésithérapie depuis 2012. "Ce défaut de soin constitue une faute médicale et il faut donc confier Vincent à un des six établissements qui se sont manifestés pour l'accueillir".
Les experts médicaux jugent irréversibles les lésions cérébrales du jeune homme. En juin, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a estimé que la poursuite des soins de Vincent Lambert constituait une obstination déraisonnable. Elle avait validé l'arrêt de son alimentation et de son hydratation artificielles. Son épouse Rachel et la plupart de ses frères et sœurs souhaitent "laisser partir" Vincent qui, selon eux, était opposé à l'acharnement thérapeutique.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime09.09.15 9:29


Vincent Lambert: son neveu demande en justice l'arrêt des traitements

— 9 septembre 2015 à 07:45 (mis à jour à 07:45)


François Lambert, neveu de Vincent Lambert, le 23 juillet 2015 à Reims.

François Lambert, neveu de Vincent Lambert, le 23 juillet 2015 à Reims. Photo François Nascimbeni. AFP


François Lambert a saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne mercredi pour enjoindre le CHU de Reims d'arrêter l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert.


Vincent Lambert: son neveu demande en justice l'arrêt des traitements


François Lambert, le neveu de Vincent Lambert dont la famille se déchire sur son sort, a saisi la justice administrative pour enjoindre le CHU de Reims d’arrêter les soins du patient en état végétatif et de le laisser mourir, a-t-il annoncé mercredi. «Nous demandons au juge de faire prévaloir les intérêts et le droit fondamental de Vincent à ne pas subir d’acharnement thérapeutique comme il l’avait demandé, droit qui lui illégalement refusé tous les jours depuis des mois», a expliqué François Lambert.

Selon son avocat Bruno Lorit, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi mardi en référé-suspension pour enjoindre le CHU de Reims de cesser sous quinzaine l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert, victime depuis un accident de la route en 2008 de lésions cérébrales jugées irréversibles par les experts médicaux. Une date d’audience pour cette procédure d’urgence doit être fixée «très prochainement» par le tribunal, a-t-il précisé.

Les parents de Vincent Lambert vont demander son transfert dans un autre établissement

En juin, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait validé la décision du Conseil d’Etat de cesser les traitements qui maintiennent artificiellement en vie l’ancien infirmier psychiatrique conformément à la loi Léonetti sur l’acharnement thérapeutique et l’obstination déraisonnable. Mais fin juillet, l’équipe médicale en charge de Vincent Lambert avait refusé de statuer sur sa fin de vie en raison de pressions extérieures nuisant à «la sérénité», notamment après la publication sur internet de menaces d’enlèvement, avant d’alerter le procureur de Reims qui a saisi un juge des tutelles d’une mesure de protection en faveur du patient.

Par ailleurs, les parents de Vincent, catholiques traditionalistes farouchement déterminés à maintenir en vie leur fils, s’apprêtent à leur tour à demander en justice son transfert vers un autre établissement qui garantira la continuation des traitements.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime10.09.15 15:29

La fin de vie de Vincent Lambert examinée par la justice le 29 septembre

Publié à 14h47, le 10 septembre 2015, Modifié à 14h47, le 10 septembre 2015

La fin de vie de Vincent Lambert examinée par la justice le 29 septembre
© afp

Europe1

Par M.D avec afp

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se réunira le 29 septembre pour trancher sur l'arrêt des soins de Vincent Lambert.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne saisi par François Lambert, neveu de Vincent Lambert, qui réclame l'arrêt des soins pour son oncle en état végétatif, se réunira en audience publique le 29 septembre.

Ce que doit décider le tribunal. La justice administrative devra dire si le CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, est en droit de maintenir en vie le patient victime de lésions cérébrales jugées irréversibles par les experts médicaux, ou doit appliquer les arrêts du Conseil d'État et de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) et suspendre son alimentation et son hydratation artificielles.

Ce que demande le neveu de Vincent Lambert. "Nous demandons au juge de faire prévaloir les intérêts et le droit fondamental de Vincent à ne pas subir d'acharnement thérapeutique comme il l'avait demandé, droit qui lui est illégalement refusé tous les jours depuis des mois", a expliqué François Lambert, qui a assigné mardi le CHU de Reims devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Les derniers rebondissements de l'affaire. En juin, la CEDH avait validé la décision du Conseil d'État de cesser les traitements qui maintiennent artificiellement en vie l'ancien infirmier psychiatrique. Mais fin juillet, l'équipe médicale en charge de Vincent Lambert avait refusé de statuer sur sa fin de vie en raison de pressions extérieures nuisant à "la sérénité", notamment après la publication sur internet de menaces d'enlèvement.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime10.09.15 16:05

Publié le Jeudi 10 Septembre 2015 à 10h53
Actualités VINCENT LAMBERT - Page 5 Ico_arrow_transparent France-Monde

Les parents de Vincent Lambert réclament 500 000 euros pour leur fils

Rédaction en ligne

Pierre et Viviane Lambert assignent le CHU de Reims devant le TGI. Parallèlement, le neveu de Vincent Lambert a saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.









VINCENT LAMBERT - Page 5 2092082068_B976495679Z.1_20150910105354_000_GGK55JM28.2-0
Les parents de Vincent Lambert demandent le transfert de leur fils.


Les épisodes judiciaires s’accélèrent dans l’affaire Vincent Lambert. Après le CHU de Reims qui avait saisi en août le procureur de Reims, via le Dr Simon, pour demander la nomination d’un tuteur, c’est au tour du neveu de Vincent Lambert et des parents du tétraplégique marnais de saisir la justice, chacun de leur côté pour des motifs opposés. Pierre et Viviane Lambert ont ainsi décidé hier d’attaquer le CHU de Reims devant le TGI de Reims. Une assignation va être notifiée à l’hôpital par huissier, ce jeudi matin normalement, afin de demander le transfert de Vincent Lambert et la reprise des soins en attendant ce transfert.

VINCENT LAMBERT - Page 5 2130293338_B976495679Z.1_20150910105354_000_GBG55LU21.1-0
Le tribunal administratif saisi en référé suspension

« Nous réclamons également des dommages et intérêts à hauteur 500 000 euros pour Vincent Lambert et un euro symbolique pour les parents », explique M e  Paillot, l’un des deux avocats de Viviane et Pierre Lambert. Une fois le retour de l’assignation, la procédure sera lancée officiellement devant le TGI de Reims, sans doute en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.
Mardi, c’était le neveu de Vincent Lambert qui avait saisi, lui, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en référé suspension. « Le juge des tutelles a été saisi fin août, explique François Lambert. Cela engage les proches de Vincent dans des mois voire des années de procédure. Pour une mesure injustifiée. J’ai donc déposé hier (mardi) un recours pour excès de pouvoir doublé d’un recours en référé suspension contre le CHU pour qu’il lui soit enjoint d’arrêter les traitements de Vincent sous quinzaine. » Cette procédure accélérée devrait faire que la date d’audience pourrait être fixée dans les prochaines heures ou les prochains jours par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Si ce dernier retient l’aspect d’urgence de la demande, car il pourrait aussi estimer qu’on n’est pas à une semaine près puisque la décision date d’il y a vingt mois. Le rejet du recours en référé ne laisserait alors que le recours au fond qui pourrait lui durer des années. Mais si l’urgence de la demande est bien retenue, l’audience serait alors rapide ainsi que le jugement. Mais quelle que soit la décision, l’une ou l’autre des parties déposera un recours devant le Conseil d’État…
VINCENT LAMBERT - Page 5 1721811677_B976495679Z.1_20150910105354_000_GBG55LU22.1-0
François Lambert motive son recours devant le tribunal administratif « par la seule volonté de faire respecter la décision d’arrêter l’obstination déraisonnable dont est victime encore aujourd’hui Vincent Lambert, en dépit des décisions de justice définitives  ». Il souhaite voir respecter les décisions de justice « qui s’imposent à tous y compris à l’État français et en premier lieu au CHU de Reims, mais surtout de faire respecter la volonté de Vincent Lambert, qui a trop attendu du fait des procédures suspensives mises en œuvre puis, aujourd’hui, de l’attitude déraisonnable et injustifiée du CHU de Reims ».
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime17.09.15 19:48

site JIM

Publié le 17/09/2015

Affaire Vincent Lambert : quid de la médiation familiale ?

Paris, le jeudi 17 septembre 2015 – A-t-on tout vraiment tenté dans l’affaire Vincent Lambert ? Etait-il réellement inéluctable, comme beaucoup de témoignages le suggèrent, que les membres de cette famille, affirmant tous parler dans l’intérêt du même homme, se déchirent ainsi et ne s’interpellent plus que par avocats et articles de presse interposés ?

Certains veulent croire que non. Ceux sont des spécialistes de ces situations conflictuelles, des hommes et des femmes qui interviennent quand le dialogue paraît rompu, quand les positions semblent inconciliables. Dans le journal Libération, ces instaurateurs et promoteurs de la "médiation familiale" (également appelée en fonction des domaines médiation conventionnelle ou médiation judiciaire) ont signé il y a quelques jours une tribune défendant les mérites de cette approche et l’opportunité de la proposer aux proches de Vincent Lambert.

Une approche assez récente mais reconnue par le droit français

Les auteurs de ce texte, dont plusieurs médecins, une infirmière « pionnière de la médiation familiale », quelques juristes et avocats et un philosophe rappellent tout d’abord l’histoire de la médiation familiale, née aux Etats-Unis dans les années 70 et « introduite en France en 1998 ». Elle a pour objectif la « résolution des conflits dans des domaines variés, comme la famille, l’entreprise, le monde du travail, le commerce et les relations internationales ». Reconnue en droit français depuis 1995, elle est conduite par des spécialistes, des « professionnels impartiaux ».

Qu’au moins les gens recommencent à se parler…

Ce rappel fait, peut-on considérer que la médiation familiale pourrait avoir un rôle à jouer dans l’ "affaire" Vincent Lambert ? Pierrette Aufiere (avocate), Annie Babu (infirmière), Alain Girot (magistrat) et les autres signataires de la lettre n’ignorent pas que leur suggestion pourra être taxée de "naïve". Mais, ils insistent : « La médiation permet à des personnes qui s’opposent violemment de se reparler pour arriver à un accord, comme dans tout contentieux (famille, travail, etc.) » et ajoutent encore : « Une médiation qui serait mise en place pour Vincent Lambert exigerait non seulement que les médiateurs soient des professionnels, mais qu’ils soient également sensibilisés à ce sujet complexe. Compte tenu de la singularité, voire du caractère exceptionnel du cas de Vincent Lambert, elle pourrait faire intervenir plusieurs médiateurs travaillant de concert. Le représentant légal désigné, la famille et les proches de Vincent Lambert participeraient aux séances animées par les médiateurs, séances qui pourraient s’ouvrir à la présence de l’équipe médicale le suivant actuellement ou à toute autre personne utile à la résolution du conflit. Ces séances de médiation suivraient un calendrier adapté et se dérouleraient dans tout lieu approprié réunissant, dans les meilleures conditions possibles, l’ensemble des personnes concernées ». S’ils décrivent concrètement la mise en œuvre d’une éventuelle (mais très hypothétique !) médiation, les auteurs une fois encore devancent les accusations de naïveté et rappellent que les médiations n’aboutissent pas toujours à la prise de décision. « Pourtant, elle témoigne d’une éthique reconstructive où l’on redonne la parole aux individus, qui sont ainsi responsabilisés au lieu de s’arc-bouter les uns contre les autres en défendant des positions unilatérales qu’ils justifient avec le concours d’experts ou de sages » insistent-ils.

Il est néanmoins peu probable, même si les équipes médicales qui prennent en charge Vincent Lambert pourraient être tentés par une telle approche, que la famille dans l’état actuel apparent de leurs relations, l’accepte.

Aurélie Haroche


Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.09.15 10:24

Affaire Lambert: 90.000 euros pour la communication de crise du CHU de Reims
           

Durant l'été, le CHU a lancé un appel d'offres pour «un marché de prestation d'appui en communication exceptionnelle» Crédits photo : FRANCOIS NASCIMBENI/AFP
INFO LE FIGARO - L'hôpital s'offre, trois mois durant, les services d'un «spin doctor», un gestionnaire de crise, pour contrôler son image dans ce dossier délicat.


Vincent Lambert n'est plus seulement un cas d'école médical, une affaire judiciaire hors norme et un cas éthique épineux mais aussi l'objet d'une stratégie de communication de crise, pour le CHU de Reims. L'hôpital, auteur de trois tentatives échouées de «processus de fin de vie» sur ce jeune patient accidenté de la route en 2008, se paie les services d'un «spin doctor», un gestionnaire de crise, pour contrôler son image chahutée par l'opinion et les médias. «89.990 euros hors taxe», pris sur les fonds publics, pour une mission de trois mois.
Dans la torpeur de l'été, le CHU a lancé un appel d'offres pour «un marché de prestation d'appui en communication exceptionnelle», publié le 7 août au Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOMP). Soit au lendemain du coup de théâtre survenu, le 23 juillet, avec l'abandon de la troisième «procédure collégiale» engagée huit jours plus tôt par le Dr Daniela Simon «en vue d'arrêter les traitements». Il pesait alors un soupçon de conflit d'intérêt et de partialité sur le médecin, comme l'avait révélé Le Figaro, pour être à la fois le soignant qui lance et préside le «processus de fin de vie» de Vincent Lambert et le «médecin-conseil» de Rachel Lambert, l'épouse du patient favorable à l'arrêt des soins. Le médecin, depuis le 17 juillet, fait l'objet d'une plainte au pénal, déposée par les parents de Vincent Lambert, favorables au maintien de son alimentation. Une plainte visant des faits de nature délictuelle mais aussi criminelle et la co-responsabilité de la direction de l'hôpital, accusée de «tentative d'assassinat sur personne vulnérable», «séquestration», «privations et mauvais traitements»…
Cet insolite recours à des communicants de crise s'est concrétisé lundi soir avec la préparation de la notification de l'attribution du marché au prestataire, selon nos informations, qui doit être envoyée «mardi soir», confirme, embarrassé, le CHU de Reims. L'appel d'offres serait remporté par la société Nitidis, «expert en communication sensible & gestion de crise», vante l'entreprise réputée pour compter d'anciens militaires dans ses rangs. Ce cabinet assure avoir été «retenu par le Service d'Information du Gouvernement, pour animer la pression médiatique des exercices majeurs de gestion de crise au niveau national, ainsi que la formation des communicants de crise des ministères».

«Dire la vérité en l'habillant, mais sans la travestir»

Une artillerie lourde, au moins sur le papier, qui a séduit le CHU de Reims avec sa devise «Dire la vérité en l'habillant, mais sans la travestir». «J'attends, si c'est moi, de recevoir la notification, réagissait lundi Laurent Vibert, patron de Nitidis. Après quoi, vous le comprendrez, je ferai valoir mon devoir de réserve».
La mission est claire: «limiter au maximum la pression journalistique», «créer des éléments de langage», «travailler sur des argumentaires» et «faire du media-training», détaillent des concurrents de l'appel d'offres. «L'idée du CHU c'est vraiment de contrôler l'information, témoigne une source proche du dossier, les rédactions des journaux, m'ont-ils dit». Un autre interlocuteur reste choqué de «leur manière de faire», et de «leur cynisme incroyable». «Quand j'ai demandé à la direction pourquoi c'était une mission déterminée de trois mois se finissant en décembre, se souvient-il, on m'a répondu “car en décembre il sera peut-être mort”.»
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime23.09.15 15:59

Affaire Lambert : la médiation est un outil inadapté à notre famille
Par Marie-Geneviève Lambert, Demi-sœur de Vincent Lambert. — 20 septembre 2015 à 17:16

En réponse à une tribune dans «Libération», qui proposait une médiation pour la famille Lambert, la demi-sœur de Vincent rappelle que l’arrêt des soins est une décision médicale malheureusement ordinaire. Le caractère extraordinaire de l’histoire vient plutôt de la dépendance des parents à l’égard des milieux catholiques intégristes.



  •       
    Affaire Lambert : la médiation est un outil inadapté à notre famille

Au titre de demi-sœur de Vincent Lambert, je tiens à répondre à la tribune publiée ce 14 septembre dans le journal Libération intitulée «Une médiation pour Vincent Lambert ?» et signée, entre autres, par l’ancien ministre de la Santé, Jean-François Mattéi. Ma réponse pourrait se résumer à une seule question : «Puisqu’elle est applicable aux conflits internationaux, cette technique de médiation pourrait-elle être proposée à Daech et à ses ennemis ?»
Je ne mets en doute ni la bonne volonté des signataires, ni leur compétence, ni la technique elle-même. Simplement, il y a des cas où la médiation est tout simplement inenvisageable. Dans cette tribune, il est fait référence, plusieurs fois, au caractère exceptionnel de ce qu’est devenue l’affaire Vincent Lambert. Pourtant, l’histoire de mon frère Vincent est tristement banale, et la décision médicale d’arrêter ses traitements, prise il y a deux ans, est adoptée dans bien des services de soin, malheureusement, de façon quotidienne, avec toutes les précautions et l’humanité qu’elle requiert.
Des conflits existent fréquemment autour de ce type de décision, qui peuvent s’atténuer et se résoudre par la médiation, oui. Mais ce qui est exceptionnel chez Vincent, c’est sa famille, et plus précisément ce sont ses parents. Leur dépendance vis-à-vis des milieux catholiques intégristes est à l’origine de ce blocage et de la montée en puissance judiciaire et médiatique de cette épouvantable tragédie, et ce dès le début. Il ne s’agit pas d’un conflit de personne, mais de la croisade d’un bloc constitué contre les libres penseurs, dans le sens d’une non-appartenance partagée, que sont les autres membres de la famille. La psychologie pour le moins torturée de ce couple, alliée à son appartenance idéologique, a constitué un terreau d’exception pour une affaire d’exception, qu’ils portent en étendard.
Si les membres signataires de la susdite tribune veulent vraiment savoir de quoi et de qui ils parlent, s’ils veulent comprendre, dans leurs troubles méandres, les motivations des parents de Vincent, et d’où ils tirent leur force, je me propose de les éclairer, de l’intérieur : j’ai près de quarante ans de pratique. Pourtant, de médiation, nous pourrions en avoir besoin, nous les huit de cette famille qui avons approuvé la décision médicale de mai 2013, malgré les erreurs de forme qui l’avaient entachée. Car, sans revenir sur les raisons de cet acquiescement, nous avons été minés jusqu’à l’écœurement. Malgré notre accord sur l’essentiel, autour de Vincent, accord toujours valide à ce jour, nos relations se sont progressivement tendues, puis distendues. Quand l’accident nous avait réunis tous autour de lui, brisés mais unis, cette «affaire» a agi sur nous comme la déflagration d’un cancer au sein d’un couple : beaucoup sont ceux qui ne résistent pas à cette épreuve, on le sait.
Les procès et surenchères interminables, les mensonges et manipulations diverses dans l’utilisation de Vincent et de son image et le déni répété de sa parole, le mépris des soignants, celui de la science et des lois dans un climat de menace qui est parvenu à faire plier jusqu’au gouvernement, tout cela mis en miroir avec nos histoires individuelles, a été d’une grande violence, en nous, et entre nous. Cet éloignement bien sûr, n’aide pas à rendre notre voix audible : oui, nous sommes des êtres différents les uns des autres, politiquement, religieusement, nous ne sommes pas un corps constitué. Nous avançons en ordre dispersé, avec nos fragilités. Car, je le redis, n’étant pas téléguidés, nous concevons différemment la manière d’exprimer nos convictions, nos révoltes, et si nous nous sommes plusieurs fois retrouvés lors de témoignages ou de tribunes dans la presse, le choix de l’arme judiciaire rebute la majorité d’entre nous. Les années passant, la tentation grandit de se mettre la tête dans le sable, pour s’isoler, se protéger. Cette faiblesse, qui interroge, et qui pour certains nous discrédite, exploitée comme il se doit par ceux qui «en face» ne font qu’un seul corps, un corps d’armée pourrait-on dire, devrait pourtant, au bout du compte nous rendre plus crédibles. Je le crois, je l’espère, pour Vincent.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.09.15 11:53


Affaire Vincent Lambert : l'évêque de Reims évoque "une forme d'euthanasie"

Mgr Thierry Jordan, Mgr Bruno Feillet
Créé le 08/06/2015 / modifié le 11/06/2015 à 15h16 ancien article


La mère de Vincent Lambert, Viviane Lambert, réconfortée par son avocat lors de l'annonce de la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, le 5 juin 2015. © Christian Lutz/AP/SIPA
La mère de Vincent Lambert, Viviane Lambert, réconfortée par son avocat lors de l'annonce de la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, le 5 juin 2015. © Christian Lutz/AP/SIPA

Alors que l’Eglise catholique n'a pas encore réagi de façon « officielle » au jugement rendu, vendredi, par la Cour européenne des droits de l'homme, sur le maintien en vie ou non de Vincent Lambert, Thierry Jordan, l’archevêque de Reims, territoire sur lequel se déroule depuis plus de deux ans cette douloureuse histoire médicale et familiale, signe un communiqué avec son évêque auxiliaire Bruno Feillet. Cette tribune rédigée à travers des interrogations, est sans équivoque. Son titre : « Choisis la vie ». Mgr Feillet l'a confirmé à La Vie par téléphone : il s'agit bel et bien ici de dénoncer comme de l'euthanasie la décision d'arrêt de traitements qui pourrait bientôt être appliquée à ce patient en état végétatif. « L’objectif est de le faire mourir, or c'est bien ça, l'euthanasie », déclare Mgr Feillet. « La morale s'appuie sur la sagesse née d'expériences passées; en l'espèce nous n'en avons pas pour nous aider à réfléchir; nous nous trouvons devant une nouvelle frontière éthique. Mais l'Eglise doit apporter sa pierre à la réflexion; et pour nous, la perspective euthanasique de cette décision est incontestable. »

Tribune : « Choisis la vie »

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu « par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’Etat autorisant l’arrêt des soins ».

Du point de vue éthique, les questions demeurent. Il s’agit d’abord d’une personne polyhandicapée en état de conscience minimale et non d’une affaire. M. Vincent Lambert n’est, strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie. Sommes-nous dans le cas d’une obstination déraisonnable ? Nous ne pensons pas que nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter puisse être confondu avec une thérapie. Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie.

Nous savons combien le corps médical, dont nous admirons la compétence et le dévouement, est parfois affronté à des situations qui l’amènent aux frontières de l’éthique. Il n’est alors pas toujours aisé de discerner ce qui est le vrai bien pour le patient, son entourage et le personnel soignant.

Nous rappelons que la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie.

Nous espérons que le débat oubliera les formules à effet de manche : « un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l’humanité » ou encore « un baroud d’horreur » des parents de Vincent Lambert, pour retrouver un débat à la hauteur des enjeux : la vie. La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national.

Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme : « Tu ne tueras point ». D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est.


« Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! » nous dit la Bible (Deutéronome 30, 19).



Thierry Jordan, archevêque de Reims ;
Bruno Feillet, évêque auxiliaire.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.09.15 17:41

Vincent Lambert : les familles des traumatisés et cérébrolésés en appellent à la sagesse des députés
21 septembre 2015jeanyvesnau Uncategorized Étiquettes : libération, Slate.fr

L’affaire Lambert rebondit à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, lundi 21 septembre, chaque député(e) va recevoir le message suivant :

« En prévision de l’examen par votre assemblée, en seconde lecture, les 5 et 6 octobre prochains, du projet de loi créant de nouveaux droits pour les malades et les personnes en fin de vie, je vous prie de prendre connaissance de la lettre ouverte (ci jointe) que nous adressons à Jean Leonetti. »

Missive-événement

Ce courrier est signé de Emeric Guillermou, président de l’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébrolésés (UNAFTC). Jean Leonetti est député (LR, Alpes-Maritimes) et l’auteur (avec Alain Claeys PS, Vienne) d’une proposition de loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ».

C’est un courrier-événement: il confère une nouvelle dimension, politique, à une affaire individuelle née d’une faute médicale et de déchirement familiaux. Une affaire qui peine à lever le voile sur la réalité quotidienne vécue par les personnes en état de « conscience minimale/pauci-relationnel/végétatif chronique ». Une réalité méconnue, difficile à expliquer tant elle est complexe et interroge les personnes conscientes sur le concept de conscience. (Lire, sur Slate.fr, «Ces 1500 Vincent Lambert dont personne ne parle »).

Adresse à Jean Leonetti

Depuis deux ans l’UNAFTC n’a, pour diverses raisons, guère été écoutée des médias. Partant les principaux responsables politiques en charge de ces questions ont fait comme si elle n’existait pas. Sera-ce encore le cas aujourd’hui avec cette adresse à Jean Leonetti et, au-delà, à l’ensemble de ses collègues ?

Le moment est judicieusement choisi : l’affaire Vincent Lambert est, pourrait-on dire, entre parenthèse et la proposition de loi Claeys-Leonetti (explicitement voulue par le président de la République) arrive en seconde lecture les 5 et 6 octobre (après avoir été rejetée par le Sénat qui, paradoxe, avait remarquablement œuvré en améliorant le texte en commission).

Souffrance et abandon

Rapporteur d’une loi sur la fin de vie qui porte son nom le Dr Jean Leonetti s’est intéressé de près à l’affaire Vincent Lambert (au point d’interpréter « sa » loi – avant que le Conseil d’Etat ne s’y emploie – pour assimiler « soins » et « thérapeutique »). Le Dr Leonetti a notamment expliqué que son nouveau texte se veut « l’expression de la solidarité de notre société démocratique envers celui qui va mourir ». Elle dirait ainsi à ce dernier : Je ne t’abandonnerai pas ; Je ne te laisserai pas souffrir

C’est dans cet esprit qu’elle garantit le respect de la volonté du malade au travers de ses directives anticipées formalisées, ou exprimée par la personne de confiance qu’il a désignée à cet effet. « Ainsi, sans céder à des postures idéologiques, elle est de nature à rassurer la plupart d’entre nous, et votre réflexion est empreinte de beaucoup de sagesse » écrit le président de l’UNAFTC. Il ajoute :

Broyeuse médiatique

« Pour autant elle garde une faille que l’affaire Lambert illustre parfaitement. Certes, il ne faut pas légiférer à partir d’un cas particulier, mais il faut analyser les éventuels dysfonctionnements ou limites qui l’expliquent. D’ailleurs la loi de 2005 [loi ‘’Leonetti’’]n’est-elle pas née dans les suites d’une affaire Vincent Humbert dont la quasi homonymie avec l’affaire Vincent Lambert ,dix ans plus tard est frappante ? Vous avez dit à ce propos que l’arbre qui tombe ne doit pas cacher la forêt qui pousse, mais réfléchissons un instant à ce qui le fait tomber.

« L’affaire Lambert, passée à la broyeuse médiatique réductrice qui surfe sur l’émotion, est lue comme un conflit irréconciliable entre une épouse aimante et des parents intégristes religieux (1) Pourtant sa genèse est plus complexe qu’il n’y paraît : Il n’est pas anodin de noter que l’unité EVC/EPR qui l’accueille a été créée au sein d’un service de soins palliatifs, et non, comme le préconise la circulaire de 2002, adossée à un service de SSR neurologique ; les médecins qui s’occupent de M Lambert sont essentiellement des gériatres ou des médecins de soins palliatifs ; Il s’agit d’une initiative médicale au départ, basée sur des interprétations d’un désir de mourir, dont les experts ont établi qu’elles n’étaient pas fondées ; la première procédure collégiale a exclu (volontairement ?) les parents. Il n’est pas surprenant que ceux-ci, indépendamment de leurs croyances éventuelles, n’aient plus jamais ensuite accordé leur confiance à cette même équipe. »

Techniques de médiation

Pour l’UNAFTC c’est bel et bien cette procédure collégiale défaillante qui est la principale clé de cette affaire. De fait, ni la volonté médicale d’imposer ensuite la décision, ni les multiples développements judiciaires n’ont permis de sortir de cette impasse. Et alors que la troisième procédure collégiale est bloquée, certains se demandent aujourd’hui s’il n’est pas temps d’engager une médiation (1)

En pratique les familles des personnes cérébrolésées estime que le processus de décision qui peut conduire à la fin de vie doit être précisé dans la loi. Elles considèrent que dire « il ou elle n’aurait pas voulu continuer de cette façon et dans cet état » touche au sens de la vie et n’est pas strictement médical. Elles soutiennent que les proches doivent être associés à la prise de décision si la personne ne peut plus s’exprimer ; que la loi actuelle médicalise de façon excessive le processus de décision, en renvoyant au seul code de déontologie médicale. De ce fait elle ne met pas à l’abri d’attitudes médicales se contentant d’une consultation collégiale purement formelle puis imposant la décision.

Obstination raisonnable

C’est pourquoi l’UNAFTC demande aux députés de « renforcer la collégialité du processus de décision » en distinguant :

L’élaboration collégiale d’un avis qui réponde à la question : « la situation relève-t-elle d’une obstination déraisonnable ?». Cette phase réunit l’équipe, au moins un médecin extérieur au service, la personne de confiance, à défaut la famille et les proches. Ses modalités sont précisées par décret et font appel si besoin aux technique de médiation
La décision médicale d’arrêt des traitements : Elle appartient au médecin qui la met en œuvre, sur la base de l’avis collégial.
Septembre 2015. Il n’est plus interdit d’espérer que l’affaire Lambert, au-delà de sa dimension tragique (et, pour l’heure, sans issue) puisse aider à améliorer le processus de décision qui conduira à la fin de vie. C’est, désormais, une question d’obstination, de politique, de démocratie.

(1) Après avoir publié une tribune évoquant l’hypothèse d’une conciliation dans l’affaire Lambert Libération publie, aujourd’hui 21 septembre, un point de vue qui refuse cette possibilité d’apaisement. Il est signé de Marie-Geneviève Lambert (demi-sœur de Vincent) : « Affaire Vincent Lambert : nous sommes minés jusqu’à l’écœurement ».
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.09.15 17:42

Appel à la mobilisation :
En plein scandale Vincent Lambert,
Empêchons l’euthanasie des handicapés
Publié le 25/09/2015 dans Communiqués de presse

Le drame qui s’est noué autour de Vincent Lambert a révélé une faille majeure dans la législation actuelle : aujourd’hui en France des personnes qui ont une conscience altérée peuvent être à tort considérées comme des personnes en fin de vie.
Avec le retour du débat sur la proposition de loi relative à la fin de vie, une opportunité se présente de demander aux responsables politiques de protéger la vie de tous les Vincent Lambert.
La proposition de loi sur la fin de vie des députés Jean Leonetti (LR) et Alain Claeys (PS) revient en 2ème lecture à l’Assemblée nationale : le 30 septembre en commission et le 5 octobre en séance.
L’examen de ce texte offre l’occasion de modifier la législation actuelle qui a contribué au scandale de l’affaire Vincent Lambert.
C’est pourquoi la Fondation Jérôme Lejeune lance aujourd’hui, et jusqu’à la date limite de dépôt des amendements (30 septembre), une mobilisation virale« En plein scandale Vincent Lambert, empêchons l’euthanasie des handicapés ».
Elle appelle les citoyens à interpeller leur député via une page mobilisation dédiée pour introduire dans la proposition de loi des amendements de nature à :
• Préciser qu’une personne handicapée, parmi lesquelles les personnes cérébrolésées, ne peut pas faire l’objet d’un arrêt de traitements par le seul fait qu’elle est handicapée.
• Modifier la procédure collégiale, actuellement appliquée dans le cas d’un arrêt de traitement d’une personne inconsciente, en disant que la décision d’arrêt de traitement ne relève pas d’un seul médecin, qu’elle doit être prise après consensus avec la famille, et qu’à défaut de consensus, une médiation doit nécessairement être proposée par l’établissement médical ou médico-social.
• Définir ce qui relève des traitements et ce qui relève des soins, de manière à ce que l’administration des soins dus à tout patient, quel que soit son niveau de conscience, ne puisse plus être interprétée comme relevant de l’acharnement thérapeutique.
Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, s’émeut : « La loi Leonetti de 2005 est souvent présentée comme un juste équilibre mais c’est pourtant cette loi qui a permis l’affaire Vincent Lambert. Lequel demain, pourrait être euthanasié par privation d’eau et d’alimentation. A la source, réside l’amalgame permanent et entretenu entre handicap et fin de vie. Non seulement il faut agir pour protéger d’urgence tous les Vincent, mais plus largement, il est nécessaire de créer un cadre légal de protection et de soin des personnes handicapées ».
- See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-communiques-de-presse/15-communique-presse/1176/appel-a-la-mobilisation-en-plein-scandale-vincent-lambert-empechons-l-euthanasie-des-handicapes#sthash.LzFD7nrA.dpuf
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.09.15 18:49

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime25.09.15 19:05

Décision de la CEDH au sujet de Vincent Lambert : Qui peut saisir la justice ? Le coin des experts
Grégor Puppinck Interview 25 Septembre 2015 Fin de vie





Grégor Puppinck, Docteur en droit et directeur du European Center for Law and Justice et Claire de la Hougue, Docteur en droit et avocate, ont publié dans la Revue générale de droit médical (septembre 2015) un commentaire de l’arrêt Lambert rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 5 juin 2015.
Au-delà de ce qui a été dit de cette affaire et qui est connu de tous, les auteurs reviennent sur des faits moins connus et décryptent en profondeur l’arrêt rendu par la CEDH jugé « effrayant » notamment parce qu’il prive Vincent Lambert d’accès à la justice.
 
Gènéthique : Vincent Lambert est souvent présenté comme une personne en fin de vie que le corps médical s’acharnerait à maintenir en vie. Quelle est la situation réelle de Vincent Lambert ?
 
Grégor Puppinck : Vincent Lambert déglutit difficilement, ce qui explique qu’il soit nourri à l’aide d’une sonde entérale : la nourriture finement hachée est introduite directement dans son estomac, mais il digère naturellement, de même qu’il respire naturellement. Il n’est branché à aucune machine qui le maintiendrait artificiellement en vie.
 
Les personnes dans son état peuvent quitter l’hôpital pour des séjours en famille (voir pour une installation définitive, selon la circulaire du 3 mai 2002 relative à la création d’unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel), et Vincent Lambert lui-même avait obtenu une autorisation pour des vacances fin 2012, soit six mois avant le premier arrêt de soins.
 
Au début de l’année 2013, le Dr Kariger, sans en informer les parents de Vincent Lambert, avait décidé d’arrêter son alimentation et de réduire son hydratation à 500 millilitres par jour, décision mise en œuvre le 10 avril 2013. Ses parents l’ayant découvert, ils avaient saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait ordonné la reprise de l’alimentation et de l’hydratation le 11 mai, soit au bout de 31 jours pendant lesquels le patient avait survécu sans alimentation et avec une hydratation minimale. Bien que le tribunal ait ordonné également la reprise « des soins nécessaires à son état de santé », l’hôpital rétablit seulement l’alimentation et l’hydratation, à l’exclusion notamment de la kinésithérapie (arrêtée depuis octobre 2012), de l’installation en position assise ou encore des promenades à l’air libre, pourtant requises par la circulaire. En conséquence de cette immobilité, Vincent Lambert souffre de rétractations tendineuses qui nécessitent une opération mais l’hôpital refuse de la pratiquer sous prétexte que son épouse – qui n’a pourtant pas de pouvoir de représentation légale – n’y a pas consenti. Il ne reçoit pas non plus de soins d’orthophonie qui pourraient lui permettre de rééduquer sa déglutition.
 
Alors que la circulaire de 2002 demande qu’un « projet de vie » soit établi pour les personnes en état végétatif ou pauci-relationnel, l’hôpital de Reims n’a depuis 2013 qu’un projet de mort et retient Vincent Lambert dans un service de soins palliatifs, dont l’objet est d’accompagner la fin de vie.
 
Peu de gens savent également que l’épouse de Vincent Lambert a quitté Reims pour la Belgique cette même année 2013. C'est aussi depuis cette époque qu'elle soutient que son époux n'aurait pas voulu continuer à vivre dans cet état de dépendance. A l’inverse, suite à ce départ, les parents de Vincent Lambert ont emménagé à Reims pour être au chevet de leur fils.
 
Depuis janvier 2014, l’hôpital impose une procédure dite de sécurisation : Vincent Lambert est enfermé à clef dans sa chambre et surveillé par caméra. Ses visiteurs, y compris ses parents, doivent laisser leur carte d’identité pour entrer le voir. Alors que ses parents demandent son transfert dans une unité d’accueil spécialisée pour les personnes en état végétatif ou pauci-relationnel[1], l’hôpital refuse de le laisser partir, toujours au motif que son épouse n’a pas donné son accord.
 
G : Les parents de Vincent Lambert ont invoqué plusieurs violations de la Convention européenne des droits de l’homme en leur nom propre mais aussi au nom de leur fils : la Cour a-t-elle accepté que les parents aient qualité pour agir au nom de leur fils ?
 
GP : Dans leur requête devant la CEDH, les parents, le demi-frère et la sœur de Vincent Lambert se plaignaient de la violation des articles 2 (droit à la vie), 3 (interdiction des mauvais traitements) et 8 (respect de la vie privée et familiale, y compris l’intégrité physique) de la Convention, ainsi que du caractère inéquitable de la procédure médicale (art. 6-1).
 
La Cour européenne examine d’abord la recevabilité de la requête, présentée par les requérants au nom de Vincent et en leur propre nom. La première question est de savoir si les requérants ont qualité pour agir au nom du patient.
 
Pour pouvoir agir devant la Cour européenne, une personne doit pouvoir se prétendre victime, c’est-à-dire pouvoir démontrer qu’elle a subi directement les effets de la mesure litigieuse. Si la requête n’est pas introduite par la victime elle-même, le représentant doit disposer d’un pouvoir dûment signé. La Cour admet cependant des exceptions lorsque la victime n’est pas en mesure d’introduire elle-même la requête ou de donner procuration. La jurisprudence a précisé les cas dans lesquels une action pouvait être introduite au nom d’autrui.
 
La Cour a admis la recevabilité de requêtes introduites au nom d’autrui lorsque la victime n’est pas en mesure d’agir pour une raison imputable à l’Etat, par exemple dans les cas de disparitions forcées, ou pour des facteurs de vulnérabilité, comme l’âge ou le handicap.
 
Une affaire très récente[2], tranchée par la Grande Chambre le 17 juillet 2014, a élargi les exceptions en matière de représentation devant la Cour : les juges ont reconnu qu’une association, le Centre de Ressources juridiques (CRJ), pouvait avoir la capacité pour agir au nom du jeune Valentin Câmpeanu rencontré une seule fois et depuis décédé. Le jeune homme n’avait ni parents ni tuteur, et le CRJ, lors d’une visite à l’hôpital, le découvrit peu avant sa mort privé des soins élémentaires requis par son état car le personnel craignait de contracter le VIH dont il était atteint. Le CRJ engagea des démarches en sa faveur puis des poursuites pénales. Devant la CEDH se posait la question de sa capacité pour agir au nom de Valentin Câmpeanu. Pour trancher cette question, la Cour décide de tenir « compte du fait que la Convention doit être interprétée comme garantissant des droits concrets et effectifs, et non théoriques et illusoires » (§ 105). Elle attache une grande importance au fait que la capacité du CRJ pour agir n’a pas été contestée devant les juridictions internes (§ 110). Elle conclut que, « eu égard aux circonstances exceptionnelles de l’espèce et à la gravité des allégations formulées, le CRJ doit se voir reconnaître la faculté d’agir en qualité de représentant de M. Câmpeanu, même s’il n’a pas reçu procuration pour agir au nom du jeune homme et si celui-ci est décédé avant l’introduction de la requête fondée sur la Convention. Conclure autrement reviendrait à empêcher que ces graves allégations de violation de la Convention puissent être examinées au niveau international, avec le risque que l’État défendeur échappe à sa responsabilité » (§ 112). Dans cette affaire, par une application souple des règles de procédure, la Grande Chambre a assuré l’effectivité de la Convention, obligeant l’Etat à répondre des graves violations dont il s’était rendu coupable.
 
G : La CEDH a-t-elle raisonné de la même manière dans le cas de Vincent Lambert ?
 
CP : La Cour a affirmé qu’aucune des affaires déjà jugées n’était comparable. En particulier, dans l’affaire roumaine, Valentin Câmpeanu était décédé et n’avait personne pour le représenter alors que plusieurs membres de la famille de Vincent Lambert prétendent le représenter en soutenant des positions opposées. « D’un côté, les requérants font essentiellement valoir le droit à la vie protégé par l’article 2, dont la Cour a rappelé dans l’affaire Pretty c. Royaume-Uni (no 2346/02, § 65, CEDH 2002‑III) le « caractère sacré », de l’autre les tiers intervenants individuels (Rachel Lambert, François Lambert et Marie‑Geneviève Lambert) se fondent sur le droit au respect de la vie privée et en particulier le droit de chacun, compris dans la notion d’autonomie personnelle (Pretty, précité, § 61), de décider de quelle manière et à quel moment sa vie doit prendre fin (Pretty, § 67, Haas c.  Suisse, no 31322/07, § 51, CEDH 2011 et Koch, précité, § 52) » (§ 98).
 
La Cour indique se placer sur le terrain des « cas dans lesquels les organes de la Convention ont admis qu’un tiers puisse, dans des circonstances exceptionnelles, agir au nom et pour le compte d’une personne vulnérable » pour lesquels elle dégage deux critères de la jurisprudence : « Le risque que les droits de la victime directe soient privés d’une protection effective et l’absence de conflit d’intérêts entre la victime et le requérant » (§ 102). Ces critères semblent propres à assurer une protection effective des victimes mais la Cour les applique d’une façon éminemment contestable, comme le soulignent les juges dissidents.
 
Sur le critère de l’effectivité de la protection, la Cour ne décèle « aucun risque que les droits de Vincent Lambert soient privés d’une protection effective » car ses proches « peuvent invoquer devant elle en leur propre nom le droit à la vie protégé par l’article 2 » (§ 103). Indépendamment de l’optimisme de la formule, la Cour restreint la protection accordée à la victime à l’article 2 qui seul reste en lice : les autres griefs sont escamotés.
 
Les parents sont admis seulement à invoquer l’article 2 en leur propre nom, et la Cour accepte d’examiner la question au fond sur ce point. La Cour précise qu’elle admet l’action des requérants même si Vincent Lambert est encore en vie parce qu’il « est certain que si l’hydratation et l’alimentation artificielles devaient être arrêtées, son décès surviendrait dans un délai rapproché » (§ 115). Elle admet l’existence d’une « violation potentielle ou future ». L’examen au fond n’est pas différent de celui qui serait fait si la demande était au nom du patient.
 
Concernant le critère de l’absence de conflit d’intérêt entre la victime et le requérant, la Cour « relève que l’un des aspects primordiaux de la procédure interne a précisément consisté à déterminer les souhaits de ce dernier. En effet, la décision du Dr Kariger du 11 janvier 2014 était fondée sur la certitude qu’il « ne voulait pas avant son accident vivre dans de telles conditions ». Dans sa décision du 24 juin 2014, le Conseil d’État a estimé, au vu des témoignages de l’épouse et d’un frère de Vincent Lambert et des déclarations de plusieurs de ses autres frères et sœurs, qu’en se fondant sur ce motif, le Dr Kariger « ne [pouvait] être regardé comme ayant procédé à une interprétation inexacte des souhaits manifestés par le patient avant son accident ». « Dans ces conditions, la Cour n’estime pas établi qu’il y ait convergence d’intérêts entre ce qu’expriment les requérants et ce qu’aurait souhaité Vincent Lambert » (§ 104).
Sans le dire expressément, la Cour reconnaît donc une convergence d’intérêts entre les tiers-intervenants et Vincent Lambert, autrement dit elle considère que l’intérêt de Vincent Lambert est de mourir car les témoignages de son épouse permettent de penser qu’il aurait estimé que sa vie ne mériterait plus d’être vécue en de telles circonstances. De fait, il y a nécessairement convergence d’intérêts entre Vincent Lambert et son épouse puisqu’on n’en connaît que ce qu’elle en dit, ou interprète d’après ses souvenirs. Notons qu’en l’espèce, la CEDH adopte sans réserve les faits retenus par le Conseil d’Etat alors que, souvent, elle n’hésite pas à réexaminer l’ensemble des faits et à les contester même lorsqu’ils ont été établis par les juridictions internes.
 
G : L’application de ce critère de convergence d’intérêt était-elle pertinente ?
 
GP : Les droits garantis aux articles 2 et 3 sont des droits absolus, ne souffrant aucune dérogation même en cas de circonstances exceptionnelles, selon l’article 15. Il serait donc logique que toute personne puisse les invoquer pour autrui, lorsque la victime n’est pas en mesure de saisir la Cour elle-même, comme la Cour l’a admis dans l’affaire Valentin Câmpeanu. Comme le soulignent les juges dissidents, les articles 2 et 3 sont des « voies à sens unique », c'est-à-dire qu’ils n’incluent pas un droit inverse de mourir ou d’être torturé, contrairement au droit de se marier, qui inclut celui de ne pas se marier, ou le droit à la liberté d’expression qui inclut le droit de parler et celui de se taire. Le critère relatif à la convergence d’intérêt ne devrait donc pas s’appliquer car personne ne peut prétendre devant la Cour avoir intérêt à subir une violation des articles 2 ou 3. Ces droits existent indépendamment de l’intention des personnes.
 
G : La CEDH a-t-elle accepté d’examiner la situation de Vincent Lambert à la lumière de l’article 3 condamnant les traitements inhumains et dégradants ?
 
GP : Non, l’article 3 a été purement et simplement éliminé. La Cour n’a accepté d’examiner ni le grief au nom de Vincent Lambert ni celui des requérants en leur nom propre[3].  
 
Pourtant, les requérants indiquaient, au paragraphe 166 de leur mémoire : « Malgré les demandes incessantes, orales et écrites, des requérants, Monsieur Vincent Lambert reste maintenu dans des soins minimaux, et ne bénéficie toujours pas des soins normaux, conformément aux bonnes pratiques médicales (pas de kinésithérapie, pas de massages, pas de sortie du lit, pas de fauteuil personnalisé, pas de rééducation à la déglutition) ». Ces soins normaux sont pourtant prescrits par la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002 relative à la création d'unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel.
Pour les requérants, Vincent Lambert est victime de maltraitance et « il s’agit d’une situation qui peut s’analyser en un traitement inhumain au sens de l’article 3 de la Convention ». En février 2015[4], la Cour a condamné la France pour traitement dégradant, donc violation de l’article 3, parce qu’un détenu handicapé n’avait pas bénéficié de soins de kinésithérapie. Dans le cas de Vincent Lambert, elle a purement et simplement ignoré cette question.
 
Au regard de la Circulaire de 2002, Vincent Lambert est mal traité. Si les parents ne sont pas recevables pour se plaindre de l’arrêt des soins normaux, qui est recevable, et comment assurer une garantie effective contre les traitements prohibés à l’article 3 ?
 
La Cour a élargi à plusieurs reprises la possibilité de saisine dans des cas exceptionnels pour assurer l’effectivité de la protection de la Convention. Dans l’affaire Valentin Câmpeanu, elle a admis la recevabilité du Centre de ressources juridiques (CRJ) pour que l’Etat ait à répondre des violations dont il s’était rendu coupable, même si cela ne pouvait avoir aucun effet bénéfique pour la victime, déjà décédée. Il est incompréhensible que la Cour n’applique pas ici le même raisonnement, alors que la victime en tirerait un bénéfice direct. Comme le soulignent les juges dissidents, il n’y a aucune « raison valable de ne pas suivre la même approche » (OD § 2). Le résultat est qu’une personne incapable de saisir la justice est privée de toute protection, si même ses propres parents ne peuvent agir en son nom devant la CEDH.
 
[1] Un établissement proche de Strasbourg ayant donné son accord pour l’accueillir.
[2] Centre de Ressources juridiques au nom de Valentin Câmpeanu c. Roumanie, req. 47848/08, GC 17 juillet 2014
[3] S’agissant du grief des parents en leur nom propre, il semble de toute façon d’après la jurisprudence qu’un examen ne pourrait conduire qu’à un constat de violation distinct de celui concernant la victime principale. Cela ne permettrait pas un examen au fond de la situation de Vincent Lambert.
[4] Helhal c. France, 10401/12, 19 février 2015
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime28.09.15 10:09

Le cas de Vincent Lambert au tribunal administratif

 il y a 3 heures  MIDI LIBRE

Le cas de Vincent Lambert au tribunal administratif 
 François Lambert, le neveu de Vincent.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se réunit mardi autour du cas de Vincent Lambert.


Sept ans jour pour jour après l'accident de la route qui lui a causé des lésions cérébrales irréversibles, la question de la fin de vie de Vincent Lambert, dont la famille se déchire sur son sort dans un interminable feuilleton judiciaire, revient devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui se réunira mardi à 15 h en formation élargie.

Délibéré dans 2 à 3 semaines

"Nous demandons au juge de faire prévaloir les intérêts et le droit fondamental de Vincent à ne pas subir d'acharnement thérapeutique comme il l'avait demandé, droit qui lui est illégalement refusé par le CHU depuis la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme", explique François Lambert, le neveu de l'ancien infirmier psychiatrique. Le 5 juin, la justice européenne avait confirmé l'avis du Conseil d'État, qui estimait que la continuation des soins de Vincent Lambert constituait une obstination déraisonnable. Les plus hautes instances juridiques validaient la décision prise le 11 janvier 2014 par le docteur Éric Kariger de suspendre l'alimentation et l'hydratation artificielles de son patient en l'accompagnant jusqu'à la mort par des soins palliatifs.

Après l'arrêt de la CEDH, le nouveau médecin en charge de Vincent avait entamé une nouvelle procédure en vue d'une décision d'arrêt des soins. Mais, il refusait de statuer sur sa fin de vie en raison de pressions extérieures nuisant à "la sérénité", notamment après des menaces d'enlèvement. A sa demande, le procureur de Reims a saisi un juge des tutelles d'une mesure de protection pour Vincent Lambert.

La légalité de cette nouvelle procédure collégiale est contestée par François Lambert, pour qui le CHU aurait simplement dû appliquer la décision médicale du 11 janvier validée par le Conseil d'État et la CEDH. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, saisi de deux requêtes au fond et en référé, a choisi de joindre les deux procédures en une même audience et devrait mettre sa décision en délibéré dans un délai de deux à trois semaines.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime29.09.15 17:55

la plainte du neveu devrait être jugée irrecevable
Home ACTUALITE Société
Par Delphine de Mallevoüe
Publié  le 29/09/2015 à 16:51


Le neveu de l'handicapé, François Lambert, intente une action en son nom pour la deuxième fois. Il estime subir «un préjudice moral personnel» avec cet arrêt des soins sans cesse ajourné.

Le rapporteur public du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne estime que les médecins du CHU de Reims sont en droit de maintenir en vie le jeune tétraplégique, malgré la requête de François Lambert, son neveu.

Une nouvelle fois, le sort de Vincent Lambert, handicapé après un accident de la route en 2008, revient devant la justice. Saisi par son demi-neveu, François Lambert, favorable à l'arrêt des soins, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne doit se prononcer mardi sur sa requête: faire appliquer l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du patient, conformément aux décision et arrêt du Conseil d'État et de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui, en juin 2014 et juin 2015, avaient validé la légalité de l'interruption des soins.

Depuis ces décisions, le «processus de fin de vie» de Vincent Lambert n'a jamais été mis en oeuvre par le CHU de Reims. La «procédure collégiale» visant à le concrétiser avait été abandonnée le 23 juillet dernier par le médecin qui la présidait, le Dr Daniela Simon, quelques jours seulement après l'avoir lancée. Elle évoquait des «pressions» et une «insécurité» pour le personnel soignant, alors qu'elle devait aussi faire face au soupçon de conflit d'intérêt, étant à la fois celle qui présidait au sort de Vincent Lambert et «médecin conseil» de l'épouse, Rachel Lambert, favorable à l'arrêt des soins.


« Le Dr Kariger avait exclu d'emblée François Lambert de la «collégialité», estimant qu'il n'était pas de la famille au sens strict »

Une source proche du dossier

Aujourd'hui, François Lambert intente une action en son nom pour la deuxième fois. Il estime subir «un préjudice moral personnel» avec cet arrêt des soins sans cesse ajourné. Une première fois, le 17 décembre 2013, il avait saisi, en tierce opposition, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour revenir sur la décision prise par le même tribunal, le 11 mai 2013, de réalimenter en urgence Vincent Lambert. Le tribunal avait été saisi par les parents du jeune handicapé, après que le Dr Éric Kariger, alors le médecin de Vincent Lambert au CHU de Reims, a décidé d'arrêter son alimentation.

L'action de François Lambert avait alors été jugée irrecevable. Écarté de la procédure juridique, il n'a jamais fait partie non plus du cercle familial désigné pour participer à la «collégialité» réunissant médecins et famille pour réfléchir au sort du patient. «Le Dr Kariger l'avait exclu d'emblée, estimant qu'il n'était pas de la famille au sens strict, indique une source proche du dossier. Dans ce genre de décision, seuls les intimes sont légitimes, on ne peut pas convier cousins, oncles et tantes». Aujourd'hui, la nouvelle requête de François Lambert, qui estime «contraire au droit» l'abandon de la «procédure collégiale» du 23 juillet, pourrait encore être jugée infondée. Il y a deux jours, le rapporteur public a fait connaître le sens de ses conclusions aux parties prenantes du dossier, où il évoquait «l'irrecevabilité» de sa demande et «le rejet du surplus au fond».

La plainte visant l'hôpital toujours examinée

Parallèlement à cet énième épisode judiciaire, la plainte déposée le 17 juillet dernier par les parents de Vincent Lambert est toujours examinée par le procureur de la République de Reims. Cette plainte vise l'hôpital et le Dr Daniela Simon pour des faits de nature délictuelle et criminelle: «actes attentatoires à la liberté individuelle», «tentative d'assassinat sur personne vulnérable», «mauvais traitements», «séquestration»,etc.

En outre, les avocats des parents engagent aujourd'hui une autre procédure: ils saisissent le TGI de Reims «pour faire cesser les voies de fait commises par le CHU», explique l'assignation. L'hôpital n'a en effet jamais accordé le transfert de Vincent Lambert dans un autre établissement, plus adapté à son état selon eux, alors que les parents le réclament, en vertu de nombreux articles de loi, depuis mai 2013. Ils demandent au tribunal d'ordonner le transfert de leur fils dans l'un des nombreux établissements prêts à l'accueillir. Ils demandent également 500.000 euros de dommages et intérêts pour leur fils, et un euro symbolique pour eux-mêmes.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime30.09.15 11:06

Voilà le principe qui aurait permis d'éviter l'affaire Vincent Lambert
Aude Lorriaux
Science & santé
29.09.2015 - 18 h 50
mis à jour le 29.09.2015 à 18 h 50
Unité de soins palliatifs de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, le 4 mars 2015 | REUTERS/Philippe Wojazer
Le «principe de la représentativité en cascade» présent dans la loi belge aurait permis d'éviter l'affaire Vincent Lambert.
Cela peut paraître étonnant, mais la loi française ne contient aucun principe qui permette de déterminer quel membre de la famille consulter si le corps médical propose de mettre fin à la vie d’un patient. Alors que «l’affaire Vincent Lambert» est de nouveau devant la justice, un dispositif  aurait pu cependant permettre d’éviter cet imbroglio, comme le fait remarquer l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dans un communiqué. Présent dans la loi belge, le «principe de la représentativité en cascade» permet de déterminer quel proche doit être d’abord consulté pour prendre une telle décision.
À LIRE AUSSI
L’affaire Vincent Lambert, preuve de l’impuissance du droit aux frontières de la vie
Lire
Est consulté d’abord le mandataire de santé si la personne a désigné quelqu’un, puis le «partenaire cohabitant» ou conjoint si aucune personne n’a été désignée, puis, à défaut, ce sont les enfants, ensuite, à défaut, les parents, et enfin si le malade n’a ni conjoint ni enfants ni parents, ce sont les frères et sœurs, comme le veut la loi belge du 22 août 2002 relative aux droits des patientsDans le cas de l’affaire Vincent Lambert, il n’y aurait donc pas eu de problème puisque le conjoint et les médecins auraient été d’accord. 

Hiérarchisation des membres de la famille




Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, précise dans ce communiqué avoir fait part de ce principe de hiérarchisation des membres de la famille «dans une lettre du mois de juin adressée à Jean Leonetti», l’auteur de la loi actuelle sur la fin de vie, lettre restée pour l’instant «sans réponse».
Une proposition de loi rendant contraignantes les «directives anticipées» rédigée par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti est actuellement en cours d’examen en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, après un vote favorable en mars. Mais, pour l’ADMD, ce texte «ne permettrait pas de résoudre le cas de Vincent Lambert puisqu’on ne sait toujours pas comment gérer la situation de personnes qui n’auraient pas désigné de personne de confiance». La députée Fanélie Carrey-Conte est actuellement en train de travailler à un projet d'amendement proposant que soit appliqué le principe de la représentativité en cascade, mais il a, selon Jean-Luc Romero, peu de chances d'être adopté. 
Aude Lorriaux
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime05.10.15 15:03

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: vidéo   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime07.10.15 10:20

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime08.10.15 14:40

Vincent Lambert : Décision de la CEDH, deux conceptions de la personne humaine s’affrontent
Le coin des experts

 Grégor Puppinck  Interview 07 Octobre 2015  Fin de vie  

Grégor Puppinck, Docteur en droit et directeur du European Center for Law and Justice et Claire de La Hougue, Docteur en droit et avocate, ont publié dans la Revue générale de droit médical (septembre 2015) un commentaire approfondi de l’arrêt Lambert rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 5 juin 2015.

Dérogation au droit à la vie, marge d’appréciation laissée à la France, sédation, opposition entre deux conceptions de la personne humaine : les auteurs décryptent l’un des arrêts les plus critiqués de l’histoire de la CEDH.



Gènéthique : Les parents de Vincent Lambert ont invoqué devant la CEDH un risque de violation du droit à la vie de leur fils garanti à l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme : qu’a décidé la CEDH ?

Grégor Puppinck : L’affaire Lambert intervient alors que la Cour européenne a déjà, depuis quelques années, développé l’idée qu’il existerait un droit au « suicide assisté », c'est-à-dire à l’euthanasie volontaire. La rédaction de l’article 2 interdit clairement « d’infliger la mort à quiconque intentionnellement », elle ne laisse place à aucune exception autre que celles limitativement énumérées (peine capitale, légitime défense, etc) et ne prévoit pas que le consentement de la victime puisse justifier une telle exception. Pourtant, dans une série d’affaires relatives au suicide assisté, la Cour a introduit une nouvelle exception au droit à la vie (art. 2) par une lecture combinée avec le droit au respect de la vie privée et familiale (art. 8), en faisant prévaloir le droit à l’autonomie individuelle – lequel contiendrait un droit de se suicider – sur la protection de la vie.



La Cour a intégré un droit de se suicider en forgeant un droit subjectif à la qualité de la vie de nature à primer le droit objectif à la vie. La Cour énonce ainsi : « Sans nier en aucune manière le principe du caractère sacré de la vie protégé par la Convention, la Cour considère que c'est sous l'angle de l'article 8 que la notion de qualité de la vie prend toute sa signification »[1]. Ce glissement de la vie à la qualité de la vie conduit à la revendication de l’autodétermination et finalement à un droit à la qualité de la mort[2].



La Cour justifie ce nouveau droit au suicide assisté par une conception individuelle et réflexive de la dignité : « A une époque où l'on assiste à une sophistication médicale croissante et à une augmentation de l'espérance de vie, de nombreuses personnes redoutent qu'on ne les force à se maintenir en vie jusqu'à un âge très avancé ou dans un état de grave délabrement physique ou mental aux antipodes de la perception aiguë qu'elles ont d'elles-mêmes et de leur identité personnelle »[3]. Chacun devient donc juge de sa dignité individuelle, laquelle n’est plus inhérente et absolue, mais subjective et relative, étroitement liée à la qualité de la vie.




En l’espèce, dans l’affaire Lambert, il ne s’agit pas d’un cas de suicide assisté ; mais la Cour fait encore appel à ces notions subjectives de dignité et de qualité de la vie pour les opposer à l’obligation de respecter la vie, en se fondant sur la volonté de Vincent Lambert telle que rapportée par son épouse et reconnue par le Conseil d’Etat.



La situation de Vincent Lambert est différente des cas de suicides assistés sur lesquels la Cour s’était prononcée, car Vincent Lambert n’a pas lui-même demandé à mourir, et il n’est pas en mesure de mettre fin à ses jours par lui-même. En l’espèce, son épouse estime qu’il n’aurait pas voulu vivre dans cet état de santé, et la décision relative à sa mort appartient au médecin.



La Grande Chambre note l’existence, en matière d’arrêt de traitement, d’un large consensus s’agissant du « rôle primordial de la volonté du patient dans la prise de décision, quel qu’en soit le mode d’expression » (§ 147). Elle dit y accorder une grande importance. Pourtant, en l’espèce, la Cour se contente d’un très faible niveau d’indices du désir de mourir de Vincent Lambert. Plus encore, elle accepte qu’une tierce personne (le médecin traitant, des proches, son représentant légal, ou le juge) puisse décider de l’arrêt du traitement (§ 75) à défaut de directives anticipées du patient.



G : La question centrale est de savoir si l’alimentation et l’hydratation entérales sont des soins dus à tout patient ou des traitements pouvant être arrêtés. La CEDH tranche t-elle le débat ?

La qualification de la nutrition et de l’hydratation entérales est en effet la question qui a déterminé l’ensemble de la démarche de la Cour.

Les requérants soutenaient que, si des traitements inutiles ou disproportionnés pouvaient être interrompus, l’alimentation et l’hydratation n’en faisaient pas parties puisqu’elles constituaient des  soins toujours dus au patient.



La Cour souligne que la question de la limitation, de l’arrêt ou de la non-mise en place de l’hydratation et de la nutrition artificielles fait débat en Europe[4].



En raison de cette absence de consensus entre pays européens, la Cour renonce à prendre une position de principe sur le droit à la nutrition et à l’hydratation, et laisse chaque Etat libre de décider si la nutrition et l’hydratation sont ou non dues. L’absence de consensus amène ainsi la Cour à estimer conforme à la Convention européenne des droits de l’homme une pratique qualifiée d’homicide volontaire par certains Etats membres et légale dans d’autres[5].



En l’espèce, elle note et accepte que « le législateur [français] avait entendu inclure dans lesdits traitements [susceptibles d’être arrêtés] l’ensemble des actes qui tendent à assurer de façon artificielle le maintien des fonctions vitales du patient et que l’alimentation et l’hydratation artificielles faisaient partie de ces actes » (§ 154).



La Cour accepte l’appréciation des autorités françaises selon laquelle la nutrition et hydratation artificielles sont en l’espèce des traitements n’ayant « d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie » et donc participant à une obstination déraisonnable au sens de la loi française. Mais la France aurait pu tout aussi légitimement aux yeux de la Cour adopter la position inverse.



Une question apparaît alors : Qu’est-ce qui fait que tantôt l’hydratation artificielle est ou n’est pas un traitement n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ? La Cour a souligné l’importance à ses yeux du fait que ne saurait suffire à constituer une obstination déraisonnable la dépendance d’une personne à une alimentation artificielle (§ 159). Il doit donc exister d’autres facteurs.

Ce serait une erreur que d’estimer que la nutrition et l’hydratation entérales seraient, en elles-mêmes, c'est-à-dire en toutes circonstances, des soins ou traitements pouvant ou non être arrêtés. Cela dépend des circonstances médicales spécifiques à chaque cas. Cet aspect est la cause du désaccord. Ainsi, pour certains patients en toute fin de vie, l’alimentation et l’hydratation peuvent être source d’un inconfort supplémentaire et finalement être inutiles. En revanche, pour une personne dans la situation de Vincent Lambert, ce soin ou traitement parait utile et proportionné car il remplit sa finalité, il « occasionne une atteinte minimale à l’intégrité physique, ne cause aucune douleur au patient et, avec un peu d’entraînement, pareille alimentation peut être administrée par la famille ou les proches de M. Lambert » et enfin, il n’occasionne pas un coût important pour la société, comme le soulignent les juges dissidents.



Qu’est-ce qui fait alors qu’en l’espèce la poursuite de l’hydratation artificielle de Vincent Lambert est considérée comme une obstination déraisonnable ? La réponse semble s’imposer : ce n’est pas la poursuite du « traitement » qui est déraisonnable mais la poursuite de la vie. La nutrition et l’hydratation artificielles deviennent les instruments d’une obstination déraisonnable lorsqu’il n’y a plus d’espoir que le patient retrouve une qualité de vie ; il semble alors déraisonnable de le laisser vivre.



Ainsi, la vérité est que l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation entérales est la seule façon de provoquer la mort d’une personne dépendante qui n’est pas en fin de vie, sans avoir l’impression de la tuer soi-même. C’est une forme d’euthanasie qui ménage la conscience de celui qui en prend la décision mais ne change rien au fait qu’une décision de mort est prise, l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation entérales n’étant que le moyen de la mort.



G : La Cour s’en remet donc à l’appréciation de la France pour valider l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles ?

La CEDH s’appuie abusivement sur sa jurisprudence en matière d’avortement pour justifier l’octroi d’une marge d’appréciation dans l’étendue du droit à la vie. En effet, en matière d’avortement, la marge d’appréciation reconnue par la Cour porte sur le sujet du droit à la vie, donc sur l’applicabilité de l’article 2 à l’enfant à naître, et non pas sur la portée de ce droit. Une fois que l’Etat reconnaît l’existence d’une « personne », alors le droit à la vie doit s’appliquer intégralement.



Ne pouvant introduire une nouvelle exception à l’article 2, la Cour a accepté l’avortement en faisant porter la modulation non pas sur le droit, mais sur son titulaire. En matière de fin de vie, la Cour ne devrait pas pouvoir procéder de même, sauf à contester que Monsieur Lambert soit réellement une « personne » au sens de la Convention. Or, c’est bien ce qui est implicitement contesté lorsque le patient est présenté comme n’ayant plus que les fonctions végétatives, comme n’ayant plus de potentialité. La décision d’arrêt de soins s’appuie sur le constat d’« une altération profonde et irréversible des fonctions cognitives et relationnelles » (§ 44) de Monsieur Lambert, ces fonctions étant les caractères distinctifs de l’humanité. C’est même explicitement que sa qualité de personne est contestée. Ainsi Véronique Fournier, médecin responsable du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin et médecin conseil de Rachel Lambert a déclaré « Ce pauvre homme n’existe plus en tant que personne, il est gommé »[6]. De ce point de vue, s’il est encore un (pauvre) « homme » appartenant à l’espèce humaine, il n’est plus et ne sera plus un sujet moral autonome, c'est-à-dire un « individu ». Or, à supposer que la notion conventionnelle de « personne » ait pu viser celle « d’Homme » dans l’esprit des rédacteurs de la Convention, dans l’esprit de la majorité actuelle des juges de la Cour, elle vise avant tout celle d’individu. Cette tendance ressort en particulier de la portée croissante accordée à l’article 8 de la Convention.



Quoi qu’il en soit, c’est le doute moral quant à la définition et à la nature de l’homme, doute manifesté par l’absence de consensus, qui permet de réduire la protection offerte par l’article 2 afin de permettre la « fin de vie » de personnes dépendantes, nées ou à naitre. Qu’il s’agisse du fœtus ou de la personne handicapée, elles sont dépendantes du pouvoir d’un tiers. Ce doute, ultimement, ne profite pas à la vie.



G : La France souhaite accompagner d’une sédation la suppression de la nutrition et de l’hydratation de Vincent Lambert. La CEDH s’est-elle prononcée sur cette sédation ?

La Cour a déclaré que les « modalités de mises en œuvre » d’un arrêt d’un traitement relèvent aussi de la marge d’appréciation (§148). L’Etat est donc libre, au regard de la Cour, de choisir la façon de faire ou de laisser mourir un patient ! La Cour européenne renonce à vérifier que les conditions de la mort ne sont pas inhumaines. Cela est fort regrettable : la Cour reste muette sur cette pratique qui est pourtant appelée à se répandre.



La sédation pose un autre problème en l’espèce. Vincent Lambert ayant retrouvé une capacité à déglutir, ses parents ont entrepris avec succès de lui redonner à boire et à manger naturellement, ce qui limiterait les effets d’une décision d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation entérales. Or, une sédation aurait pour effet de rendre impossible la déglutition et donc l’alimentation et l’hydratation naturelle. Il y aurait alors un lien de causalité directe entre la sédation et la mort de Vincent Lambert.



G : Certains juges ont qualifié la conclusion de la CEDH d’« effrayante ». En quoi les conséquences de cet arrêt sont-elles graves ?

En jugeant ainsi, la Cour expose à la mort les milliers de personnes qui sont dans le même état de santé que Vincent Lambert; elle leur retire la protection jusque là absolue du droit à la vie garanti par l’article 2 de la Convention. Comme le notent les juges dissidents, il s’agit effectivement d’un « pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offerte aux personnes vulnérables. » Ce « pas en arrière » du droit compense « les pas en avant » de la médecine dans la protection de la vie.



Jamais un arrêt de Grande Chambre n’a été critiqué avec autant de véhémence par les juges dissidents, qui ont fait porter leur critique jusqu’à la Cour elle-même, en tant qu’institution. Les cinq juges minoritaires ont fustigé la décision de la majorité, la qualifiant « d’effrayante ». Ils soulignent qu’il s’agit bien d’un cas « d’euthanasie » car Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, les soins qu’il reçoit sont proportionnés et il n’a jamais formulé de « directives anticipées » indiquant sa volonté en pareille situation. Dès lors, pour les juges dissidents, il n’y a aucune raison de mettre fin volontairement à sa vie, sauf à estimer « qu’il n’a plus d’utilité ou d’importance pour la société et qu’en réalité il n’est plus une personne».



Car ce sont bien deux conceptions de la personne humaine et des droits de l’homme qui s’opposent dans cette affaire, et au sein d’une Cour de plus en plus divisée sur le fond : la conception humaniste qui estime et protège la dignité inhérente de toute personne, et la conception individualiste qui ne croit pas en la nature humaine mais seulement en la volonté individuelle. Ces deux conceptions mènent à deux sociétés radicalement différentes. Ce conflit ne peut être résolu, il est destructeur de l’autorité des droits de l’homme.

Cette décision marque un tournant dans l’histoire de la Cour : elle réintroduit dans la légalité européenne la possibilité de décider de la mort d’une personne handicapée, alors même que c’est précisément contre de telles pratiques que la Convention européenne des droits de l’homme a été proclamée en 1950, à la suite notamment des procès de Nuremberg où des médecins ont été condamnés pour avoir fait mourir de faim des personnes handicapées.



Les cinq juges concluent avec amertume, regrettant que la Cour,  « avec cet arrêt, ait perdu le droit de porter le titre de conscience de l’Europe » qu’elle s’était attribué en 2010.



En s’autorisant à pouvoir décider de laisser ou de faire mourir une personne qui n’est pas en fin de vie, on se place devant le choix moral impossible de devoir juger de la valeur de la vie d’un tiers. Cette question n’a pas de réponse satisfaisante, et les conflits ne peuvent qu’éclater, car c’est la question qui est mauvaise en soi.



Note Gènéthique : Lire la première partie de l’article : Décision de la CEDH au sujet de Vincent Lambert : Qui peut saisir la justice ?

 
[1] CEDH, Pretty c. Royaume-Uni § 65, Koch c. Allemagne § 51, Gross c. Suisse § 58.

[2] L'Organisation mondiale de la santé a proposé en 1993 une définition de la qualité de vie comme «la perception qu'a un individu de sa place dans l'existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. C'est un concept très large influencé de manière complexe par la santé physique du sujet son état psychologique, son niveau d'indépendance, ses relations sociales ainsi que sa relation aux éléments essentiels de son environnement. »

[3] Pretty § 65, Koch § 51, Gross § 58.

[4] Le Guide sur le processus décisionnel relatif aux traitements médicaux dans les situations de fin de vie élaboré par le Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe reconnaît que « fait débat » la question de la limitation, de l’arrêt ou de la non-mise en place de l’hydratation et de la nutrition artificielles. La Cour souligne que, d’après ce guide,  « il existe des différences d’approche selon les pays : certains les considèrent comme des traitements susceptibles d’être limités ou arrêtés dans les conditions et selon les garanties prévues par le droit interne ; les questions posées les concernant sont alors celles de la volonté du patient et celle du caractère approprié du traitement dans la situation considérée. Dans d’autres pays, elles sont considérées comme des soins répondant à des besoins essentiels de la personne que l’on ne peut arrêter à moins que le patient, en phase terminale de sa fin de vie, en ait exprimé le souhait » (155).

[5] C’est la même logique qu’en matière d’avortement : la Cour accepte tant sa légalisation que sa prohibition, mais l’acceptation de sa légalisation fragilise les législations restrictives.

[6] Véronique Fournier, « Affaire Vincent Lambert : « Ce n’est pas aux juges de faire de la médecine » Libération, 16 janvier 2014.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime09.10.15 14:08

Vincent Lambert: Le tribunal administratif rejette la nouvelle demande d'arrêt des traitements

FIN DE VIE François, le neveu du patient en état végétatif, avait demandé à la justice de forcer les médecins à arrêter les traitements...

François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, le 29 septembre 2015 au tribunal de Chalons-en-Champagne
François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, le 29 septembre 2015 au tribunal de Chalons-en-Champagne - FRANCOIS NASCIMBENI AFP
* Vincent Vantighem
Publié le 09.10.2015 à 10:50
Mis à jour le 09.10.2015 à 11:39


Le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne (Marne) a rejeté, ce vendredi matin, la demande d’arrêt des traitements de Vincent Lambert. C’est François, le neveu du patient en état végétatif, qui avait déposé ce recours le 9 septembre pour contraindre l’équipe médicale à appliquer les décisions de justice rendues par le Conseil d’Etat puis par la Cour européenne des droits de l’homme qui avaient validé l’arrêt des traitements en 2014 puis 2015.

Interview : « Un recours pour libérer Vincent »

Les juges administratifs ont estimé que les médecins étaient en droit, en vertu de leur « indépendance professionnelle et morale », de suspendre le processus d’arrêt des traitements engagé en juillet dernier après les décisions du Conseil d’Etat et de la Cour européenne.

«Ce jugement rejette la responsabilité sur le médecin qui recule du fait de la pression des lobbies et d'une partie de la famille de Vincent. Ce médecin n'est de fait ni encouragé par la justice, ni par sa hiérarchie», a réagi François Lambert dans un communiqué, annonçant son intention de faire appel de cette décision.

L’intervention du parquet de Reims

Si la justice française puis européenne ont validé la procédure d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation qui maintiennent encore en vie Vincent Lambert, les parents du jeune homme multiplient les initiatives pour qu’il soit maintenu en vie. Estimant que leur fils est « maltraité », ils demandent aujourd’hui son transfert dans un autre établissement.

Viviane Lambert : « Vincent est maltraité à Reims »

C’est ce qui a conduit l’hôpital Sébastopol où le jeune est soigné a interrompre la procédure en cours en juillet afin de retrouver un peu de « sérénité ». L’équipe médicale a également demandé l’intervention du parquet de Reims afin que son patient soit placé sous une tutelle indépendante, l’évitant d’être au cœur de pressions sans fin.

Vincent Lambert va être placé sous « protection »

Infirmier de métier, Vincent Lambert est aujourd’hui dans un état végétatif après un accident de la route survenu en 2008. Les experts médicaux qui se sont penchés sur son cas à l’occasion d’un recours devant le Conseil d’Etat ont estimé, dans un rapport que les examens sont des « éléments en faveur du caractère irréversible des lésions cérébrales ».
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime09.10.15 14:16

Affaire Vincent Lambert : étranges commentaires de Jean Leonetti et de Marisol Touraine
9 octobre 2015 jeanyvesnau Uncategorized Étiquettes : Agence France Presse

Une tragédie est une affaire de tempo. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne jugera aujourd’hui 9 octobre : le Dr Daniéla Simon et ses confrères du CHU de Reims doivent-ils, comme le réclame l’un de ses neveux appliquer sans délai la décision d’arrêt de sa nutrition et de son hydratation de ce patient inconscient depuis 2008 – décision validée par le Conseil d’Etat et, de manière controversée, par la Cour européenne des droits de l’homme. On ne dispose pour l’heure que d’une indication : lors de l’audience du 29 septembre Stéphanie Lambing, rapporteur public, a recommandé aux juges réunis en formation élargie pour une procédure hors du commun de rejeter la requête de François Lambert, le neveu du patient en état végétatif depuis 2008. Eelle avait alors mis en avant « l’indépendance professionnelle et morale » des médecins.

Etranges menaces

On ne pouvait pas, alors, ne pas être frappé par la portée a priori considérable de l’argumentation du rapporteur public. Ainsi les jugements du Conseil d’Etat, puis de la Cour européenne des droits de l’homme (validant la décision médicale d’interrompre le maintien en vie de Vincent Lambert) ne pèseraient pas devant une nouvelle lecture médicale qui serait opposée à celles, précédentes et hautement controversées, du Dr Eric Kariger dont les erreurs sont à l’origine de cette tragédie.

Après l’avis de la CEDH, le Dr Daniéla Simon avait engagé une « nouvelle procédure collégiale en vue d’une décision d’arrêt des soins » qu’elle suspendait à la surprise générale une semaine plus tard. Elle invoquait alors des pressions extérieures – et notamment après d’étranges menaces d’enlèvement publiées, dit-on, dans un blog.

Manque de courage

« Le CHU manque de courage et fuit ses responsabilités » en refusant d’appliquer une décision « mûrement réfléchie » par le Dr Kariger avait estimé Me Bruno Lorit, l’avocat de François Lambert, le neveu de Vincent seul à mener cette action devant la justice administrative. « Cette décision a été prise au nom de l’hôpital, elle a été jugée légale et c’est donc au CHU qu’il revient de l’appliquer » avait-il ajouté.

Pour la rapporteuse publique le Dr Daniéla Simon a agi « selon sa responsabilité professionnelle et morale » et n’est pas liée en droit par la décision de son prédécesseur. C’est là un argumentaire que partage Me Pierre Desmarais, l’avocat du CHU de Reims. Selon lui « une décision médicale n’est pas une décision administrative ». Mieux encore : « Un directeur d’hôpital ne peut pas donner d’ordres à un médecin. »

Séparation des pouvoirs

Hasard ou pas c’est mardi 6 octobre que l’Assemblée nationale a adopté, en deuxième lecture, la proposition de loi transpartisane sur la fin de vie souhaitée par le président de la République et dont la rédaction avait été assurée par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR). Ce texte instaure un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’à la mort pour les malades incurables qui n’ont plus que très peu de temps à vivre.

Le vote de ce texte a suscité quelques commentaires politiques sur l’affaire Vincent Lambert. Plus précisément certains de ses commentaires ont porté sur la décision à venir de la justice administrative. Et ce en dépit de la séparation des pouvoirs. « On est en droit médicalement d’arrêter les traitements [de Vincent Lambert], de l’endormir profondément et de ne pas poursuivre cette vie car les traitements n’ont pas d’autre but que le maintien artificiel de la vie », a ainsi estimé mardi 6 octobre M. Leonetti sur La Chaîne Parlementaire (LCP). L’AFP ajoute qu’il a aussi dénoncé « la pression très forte d’un certain nombre de lobbies et de la famille ».

Le Dr Jean Leonetti avait déjà, avant même la décision du Conseil d’Etat, jugé que la loi qui porte son nom, promulguée en avril 2005, permettait l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation des gestes pouvant ici être interprétés comme une forme d’acharnement thérapeutique.

Structures hospitalières

Toujours le 6 octobre Marisol Touraine, ministre de la Santé, affirmait sur France Inter qu’ « aucune cour de justice n’impose à un hôpital d’arrêter des traitements, c’est à la structure hospitalière de prendre cette décision ». « La Cour européenne a dit que c’était possible mais l’hôpital a choisi jusqu’à maintenant de prendre un peu de temps », a-t-elle ajouté. Comment interpréter un tel commentaire émanant de la ministre qui exerce la tutelle sur cet établissement hospitalier ? Et comment, de l’extérieur, comprendre qui, de l’administration ou du corps médical, a le pouvoir de vie et de mort sur cet homme hospitalisé ?

L’AFP rappelle que, pour leur part, les parents réclament le transfert de leur fils vers un autre établissement hospitalier, persuadés que sa situation a « évolué favorablement » et qu’il n’est plus en « état végétatif » mais en « état de conscience minimale ». Tragédie ou pas, il reste toujours à comprendre les raisons pour lesquelles un tel transfert n’est pas autorisé.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime09.10.15 15:33


Vincent Lambert. Un homme en état de conscience minimale depuis 2008

France - 13h00

Au cœur d'une crise familiale et judiciaire sans précédent, Vincent Lambert est en état végétatif depuis un accident de la route en 2008.
Au cœur d'une crise familiale et judiciaire sans précédent, Vincent Lambert est en état végétatif depuis un accident de la route en 2008. | AFP

Colette DAVID.


Au cœur d'une crise familiale et judiciaire sans précédent, Vincent Lambert est en état végétatif depuis un accident de la route en 2008. Chronologie.




2008

29 septembre. Vincent Lambert, un infirmier en psychiatrie de 32 ans, a un grave accident de moto. Il devient tétraplégique. A sa sortie du coma, il est en état pauci-relationnel, c’est-à-dire en état de conscience minimale, sans espoir de récupération. Il est hospitalisé à Châlons-en-Champagne, puis à Berck-sur-Mer.

2011

Novembre. Le malade est accueilli dans l’unité de soins palliatifs du CHU, dirigée par le docteur Eric Kariger.

2013

Avril. Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims, où il est hospitalisé depuis son accident, décide d’arrêter de l’alimenter et de l’hydrater artificiellement, comme le lui permet la loi.

Mai. Les parents de Vincent Lambert, des catholiques traditionnalistes, affirment ne pas avoir été mis au courant. Ils s’opposent à son euthanasie passive et saisissent la justice. Ils obtiennent gain de cause auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne).

2014

16 janvier. Le tribunal de Châlons estime, au terme d’une nouvelle procédure, que «la poursuite du traitement n’est ni inutile ni disproportionnée, et n’a pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie.» On peut donc poursuivre les traitements.

28 janvier. Rachel, l’épouse de Vincent, et son neveu François demandent l’arrêt des soins, considérant que cela respecte sa volonté. Ils saisissent le Conseil d’État pour annuler le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

6 février. Le Conseil d’État renvoie la décision devant une formation collégiale qui se tient le 13 février. Il demande une nouvelle expertise médicale, ainsi que l’avis d’une série de personnalités.

Avril. Trois spécialistes en neurosciences concluent, après expertises, à l'absence d'espoir d'amélioration pour le malade.

24 juin. Le Conseil d'État approuve la décision du CHU et réforme le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne rendu le 16 janvier 2014 sur l'irréversibilité de ses lésions cérébrales et sur la dégradation de l’état de Vincent Lambert.

Quelques heures plus tard, la Cour européenne des droits de l'homme, saisie la veille par les parents du malade, ordonne à titre conservatoire sa suspension provisoire. La Cour interdit tout déplacement du patient en vue d'arrêter son alimentation et son hydratation.

2015

Mai. Viviane Lambert publie son livre Pour la vie de mon fils.

5 juin. La CEDH rend sa décision. Par douze voix contre cinq, elle estime qu'« il n’y aurait pas violation de l’article 2 (de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie) en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État autorisant l’arrêt des soins ».

10 juin. Le comité de soutien de Vincent Lambert diffuse une vidéo du malade à l'hôpital Sébastopol de Reims, censée démontrer qu'il réagit à des stimulations de son entourage. Le CSA est saisi de l'affaire après la diffusion de ces images sur les sites et chaînes d'informations. (Lire aussi : Billet. la vidéo de trop)

26 juin. Les parents de Vincent Lambert déposent un recours devant la CEDH invoquant des «éléments nouveaux et décisifs».

6 juillet. La CEDH rejette le recours en révision estimant que les éléments nouveaux « ne constituaient pas des faits nouveaux susceptibles d’exercer une influence décisive sur l’issue de l’affaire ».

15 juillet. La famille est convoquée au CHU de Reims. Après une réunion, l’équipe médicale, dirigée par le docteur Daniela Simon, engage la procédure d'arrêt des traitements employant les termes « d’obstination déraisonnable ». Les parents, qui refusent cette décision, portent plainte pour « tentative d’assassinat et séquestration contre le CHU et les médecins » qui se sont occupés ou s’occupent de leur fils.

21 juillet. Les évêques de Rhône-Alpes, région où résident les parents du malade, protestent contre une décision médicale qui « risque de provoquer délibérément sa mort ».

23 juillet. À la surprise générale, l’équipe médicale suspend la procédure d’arrêt des soins. Motif officiel : « Les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure, tant pour Vincent Lambert que l’équipe soignante, ne sont pas réunies ». Les soignants font état de pressions, d’intimidations, de menaces d’enlèvement.

Les parents, persuadés que l’état de leur fils a évolué « favorablement », réclament son transfert dans un autre établissement.

9 septembre. François Lambert, neveu du malade, convaincu que son oncle ne veut pas d’acharnement thérapeutique, engage une procédure de recours en référé pour faire appliquer « sans délai » l’arrêt des traitements.

9 octobre. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne rejette le recours du neveu. Les juges estiment que l’équipe médicale, « en vertu de son indépendance professionnelle et morale », a le droit de suspendre le processus d'arrêt des traitements engagé en juillet.

François Lambert, le neveu, a décidé de faire appel.


Une famille déchirée

Vincent Lambert n’avait pas écrit de « directives anticipées » concernant son décès. Ses proches se déchirent sur ce qu’il aurait souhaité.

1) Pour l’arrêt des traitements.

Son épouse Rachel. Cinq de ses frères et sœurs. Son neveu.

2) Pour la poursuite des traitements.

Ses parents: Viviane et Pierre, à la tête d’une famille recomposée de neuf enfants, soutenus par des mouvements catholiques traditionnalistes et intégristes. Deux frères et sœurs.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime09.10.15 17:01

Affaire Vincent Lambert : étranges commentaires de Jean Leonetti et de Marisol Touraine

9 octobre 2015jeanyvesnau  Uncategorized  Agence France Presse
 

Bonjour

Une tragédie est une affaire de tempo. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne jugera aujourd’hui 9 octobre : le Dr Daniéla Simon et ses confrères du CHU de Reims doivent-ils, comme le réclame l’un de ses neveux appliquer sans délai la décision d’arrêt de sa nutrition et de son hydratation de ce patient inconscient depuis 2008 – décision validée par le Conseil d’Etat et, de manière controversée, par la Cour européenne des droits de l’homme. On ne dispose pour l’heure que d’une indication : lors de l’audience du 29 septembre   Stéphanie Lambing, rapporteur public, a recommandé aux juges réunis en formation élargie pour une procédure hors du commun de rejeter la requête de François Lambert, le neveu du patient en état végétatif depuis 2008. Eelle avait alors mis en avant « l’indépendance professionnelle et morale » des médecins.

Etranges menaces

On ne pouvait pas, alors, ne pas être frappé par la portée a priori considérable de l’argumentation du rapporteur public. Ainsi les jugements du Conseil d’Etat, puis de la Cour européenne des droits de l’homme (validant la décision médicale d’interrompre le maintien en vie de Vincent Lambert) ne pèseraient pas devant une nouvelle lecture médicale qui serait opposée à celles, précédentes et hautement controversées, du Dr Eric Kariger dont les erreurs sont à l’origine de cette tragédie.

Après l’avis de la CEDH, le Dr Daniéla Simon avait engagé une « nouvelle procédure collégiale en vue d’une décision d’arrêt des soins » qu’elle suspendait à la surprise générale une semaine plus tard. Elle invoquait alors des pressions extérieures – et notamment après d’étranges menaces d’enlèvement publiées, dit-on, dans un blog.

Manque de courage

« Le CHU manque de courage et fuit ses responsabilités » en refusant d’appliquer une décision « mûrement réfléchie » par le Dr Kariger avait estimé Me Bruno Lorit, l’avocat de François Lambert, le neveu de Vincent seul à mener cette action devant la justice administrative. « Cette décision a été prise au nom de l’hôpital, elle a été jugée légale et c’est donc au CHU qu’il revient de l’appliquer » avait-il ajouté.

Pour la rapporteuse publique le Dr Daniéla Simon a agi « selon sa responsabilité professionnelle et morale » et n’est pas liée en droit par la décision de son prédécesseur. C’est là un argumentaire que partage Me Pierre Desmarais, l’avocat du CHU de Reims. Selon lui « une décision médicale n’est pas une décision administrative ». Mieux encore : « Un directeur d’hôpital ne peut pas donner d’ordres à un médecin. »

Séparation des pouvoirs

Hasard ou pas c’est mardi 6 octobre que l’Assemblée nationale a adopté, en deuxième lecture, la proposition de loi transpartisane sur la fin de vie souhaitée par le président de la République et dont la rédaction avait été assurée par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR). Ce texte instaure un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’à la mort pour les malades incurables qui n’ont plus que très peu de temps à vivre.

Le vote de ce texte a suscité quelques commentaires politiques sur l’affaire Vincent Lambert. Plus précisément certains de ses commentaires ont porté sur la décision à venir de la justice administrative. Et ce en dépit de la séparation des pouvoirs. « On est en droit médicalement d’arrêter les traitements [de Vincent Lambert], de l’endormir profondément et de ne pas poursuivre cette vie car les traitements n’ont pas d’autre but que le maintien artificiel de la vie », a ainsi estimé mardi 6 octobre M. Leonetti sur La Chaîne Parlementaire (LCP). L’AFP ajoute qu’il a aussi dénoncé « la pression très forte d’un certain nombre de lobbies et de la famille ».

Le Dr Jean Leonetti avait déjà, avant même la décision du Conseil d’Etat, jugé que la loi qui porte son nom, promulguée en avril 2005, permettait l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation des gestes pouvant ici être interprétés comme une forme d’acharnement thérapeutique.

Structures hospitalières

Toujours le 6 octobre Marisol Touraine, ministre de la Santé, affirmait sur France Inter qu’ « aucune cour de justice n’impose à un hôpital d’arrêter des traitements, c’est à la structure hospitalière de prendre cette décision ». « La Cour européenne a dit que c’était possible mais l’hôpital a choisi jusqu’à maintenant de prendre un peu de temps », a-t-elle ajouté. Comment interpréter un tel commentaire émanant de la ministre qui exerce la tutelle sur cet établissement hospitalier ? Et comment, de l’extérieur, comprendre qui, de l’administration ou du corps médical, a le pouvoir de vie et de mort sur cet homme hospitalisé ?

L’AFP rappelle que, pour leur part, les parents réclament le transfert de leur fils vers un autre établissement hospitalier, persuadés que sa situation  a « évolué favorablement » et qu’il n’est plus en « état végétatif » mais en « état de conscience minimale ». Tragédie ou pas, il reste toujours à comprendre les raisons pour lesquelles un tel transfert n’est pas autorisé.

A demain

http://jeanyvesnau.com/2015/10/09/affaire-vincent-lambert-les-curieux-commentaires-de-jean-leonetti-et-de-marisol-touraine/
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime19.10.15 16:52

certes, mais faut pas pousser tout de même !

http://www.slate.fr/story/96407/fin-de-vie-lettre-francois-hollande

Question philosophique sous-jacente : y a-t-il des " sous-handicapés " ? Grosse question ...

Et l'obstination déraisonnable de la loi du 22 avril 2005 ? au début du siècle, ces patients n'auraient pas survécu ...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime27.10.15 15:48


Nantes. La mère de Vincent Lambert en conférence à la Librairie Dobrée


il y a 3 jours

•par redacbzhinfo

•1 Commentaire

lambert


24/10/2015 – 05H00 Nantes (Breizh-info.com) – Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, sera en conférence jeudi 29 octobre prochain, à la salle Bretagne, à 20h30. L’occasion pour elle de présenter son livre manifeste Pour la vie de mon fils , qui raconte l’affaire Lambert telle qu’elle l’a vécue et qui est un manifeste contre l’euthanasie. Récemment, la justice a estimé qu’on ne pouvait pas imposer l’arrêt des traitements à Vincent Lambert, énième rebondissement d’une affaire qui aura brisé une famille entière , les uns , dont l’épouse de la victime, défendant l’arrêt des soins, les autres, comme sa mère, défendant la poursuite du traitement.

« Reims, 29 avril 2013. Le plus gros choc de ma vie. Je suis au chevet de mon fils. Mon fils, vous comprenez ? Je le vois mourir sous mes yeux. Vincent n’a rien mangé depuis vingt jours. Il est à peine hydraté. Il est là, devant moi, dans un lit d’hôpital à Reims, amaigri, affaibli, et il va mourir. Dans un jour ? Dans cinq jours ? Je ne sais pas… Mais il va mourir parce que quelqu’un l’a décidé. Un médecin lui a supprimé toute nourriture, presque toute hydratation, pour le mettre sur un chemin de « fin de vie ». Je parle à Vincent, mais il ne peut pas me répondre : il est en « état de conscience minimale », comme le disent les spécialistes. Il peut ressentir des émotions, mais il est incapable de s’exprimer. Il me regarde, et il pleure. Des larmes coulent le long de ses joues. Il va mourir, il souffre, je le sais : je suis sa mère ! » Viviane Lambert

Conférence et dédicace organisée par la librairie Dobrée
Salle Bretagne : 23 rue Villebois-Mareuil

PAF : 5€ (réduit : 3€ ; -18 ans : gratuit)
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime27.10.15 16:07

Viviane Lambert fait sa pub ! remarquons qu'elle n'a pu être invitée à faire sa conférence dans une succursale de La Procure, librairie catholique bien connue.
Son fils ? Vincent Lambert est d'abord le mari de Rachel Lambert et le père de leur fillette
Que fait Viviane Lambert du mariage chrétien ???
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime24.11.15 12:21

La famille de Vincent Lambert reçue par la juge des tutelles


Les différents membres de la famille déchirée de Vincent Lambert ont été reçus, séparément, ce vendredi par la juge des tutelles, au tribunal de Reims.
Ce premier contact entrait dans le cadre de la procédure de désignation d’un tuteur comme demandé par le CHU de Reims où est hospitalisé le tétraplégique marnais depuis un accident de 2008, près de Châlons-en-Champagne.
Une audience devrait avoir lieu fin janvier, début février. La juge des tutelles rendra alors sa décision dans les semaines qui suivent. Décision qui sera soumise sans aucun doute à de nombreux recours…
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime24.11.15 12:23

Faîtes les comptes à propos de ce mauvais conte !

On en parle dans les forums..

La mère veut garder son fils, la femme veut refaire sa vie avec quelqu'un d'autre
Si les patients comme V.L. étaient euthanasiés, l'AAH pourrait être revalorisée pour toutes les personnes handicapées adultes
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 5 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 5 Icon_minitime22.01.16 23:16

Adoption de la loi fin de vie : Jean Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert, réagit
Gènéthique vous informe
22 Janvier 2016 Fin de vie





Alors que la Commission mixte paritaire vient d’adopté la proposition de loi créant de nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie, Maître Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert pose, pour Gènéthique, un regard critique sur le texte. Il évoque aussi les conséquences à venir de ce vote pour des patients comme Vincent Lambert.
 
Quel est votre sentiment général sur le texte voté  par la commission mixte paritaire  créant de nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie ?
Jean Paillot : Ce texte est probablement un moindre mal par rapport à une légalisation de l’euthanasie par action. Mais il ne faut pas être dupe : il ouvre la porte aux euthanasies par omission, dès lors qu’il admet la légitimité d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation artificielles d’une personne handicapée et incapable de donner elle-même son consentement, arrêt dont les conditions d’accès ne sont pas parfaitement précises et sont insuffisamment entourées de garanties. Ainsi en est-il du fait qu’un médecin seul est susceptible de prendre une telle décision, quoi que puisse en penser sa famille ou la personne de confiance pour lesquelles la seule obligation est d’être auditionnées. Dans ce domaine, j’aurais apprécié qu’au minimum, un consensus familial et médical soit acté. Mais la procédure de la loi Leonetti n’a pas été modifiée, alors que le champ d’action de cette loi l’est, lui et qu’il s’adresse non plus seulement aux personnes malades ou en fin de vie, mais aussi aux personnes handicapées.
 
La deuxième critique que je formule – et que je formule depuis 2005 en réalité – est que le législateur ne prend toujours pas la peine de définir ce qu’est un soin, ce qu’est un traitement, et quelle différence on fait entre ces deux notions. Or ces deux notions coexistent dans le code de la santé publique depuis 2005. Pourquoi l’alimentation artificielle est-elle considérée comme étant un traitement ? Ne faudrait-il pas définir d’abord ce qu’est un traitement, puis ensuite se demander si telle ou telle action constitue un soin ou un traitement ?
 
La troisième critique est que le texte proposé de l’article L. 1110-5-1 du Code de la Santé publique est en réalité contradictoire dans ses deux premières phrases : doit-on arrêter un traitement devenu déraisonnable ? Ou peut-on l’arrêter ? La différence est importante, elle avait déjà été pointée par le CCNE, mais personne n’en tient compte. De même cet article retient à nouveau le critère de l’acte « qui n’a d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », alors même que le CCNE (dans son avis public concernant l’affaire Lambert) a montré à l’envi à quel point ces mots sont vides de sens, de sorte que ce critère, censé borner l’application des arrêts de traitement, ouvre la porte à toutes les interprétations.
 
La quatrième critique tient au fait que je ne suis pas d’accord avec l’utilisation des sédations profondes et définitives. Tout le monde est d’accord pour admettre la légitimité des sédations provisoires, notamment en cas de douleurs insupportables. Mais il n’existe pas d’unanimité du corps médical et infirmier dans l’application des sédations définitives qui, dans certains cas, sont au surplus des moyens de masquer des douleurs volontairement infligées aux patients (notamment en cas d’arrêt d’alimentation ou d’hydratation). Pourquoi d’ailleurs obliger systématiquement à une sédation définitive les personnes handicapées inconscientes pour lesquelles un arrêt de traitement est décidé si ce n’est pour camoufler une maltraitance ?
 
Cette proposition de loi nous fait entrer de plein pied dans l’élimination de certains handicapés.
Je ne suis pas à l’aise avec l’idée que les directives anticipées soient contraignantes (article 8). Je note que le texte de la commission paritaire a réduit la contrainte des médecins en la matière. Mais il en résulte un texte lourd et mal rédigé, car il a pour but tout à la fois de justifier les promesses du Président de la République, qui tient absolument à ce que les directives restent contraignantes, et de le rendre malgré tout applicable en offrant un certain nombre de manœuvres de contournement. En réalité, il aurait été beaucoup plus simple de maintenir la situation actuelle, où les directives anticipées constituent pour le médecin une information sur la volonté du patient, qu’il prend en compte avec d’autres données.
 
A côté de ces points négatifs, il y a des aspects heureusement positifs, tels le fait que les directives anticipées n’ont plus à être établies sur un modèle spécifique du futur article L. 1110-5 et  le II. du même futur article L. 1110-5, qui impose un enseignement en soins palliatifs aux étudiants de diverses professions médicales et paramédicales – tant en formation initiale qu’en formation continue.
 
Quelles seront les retombées de ce texte ? Vincent Lambert est-il menacé par la sédation profonde et continue (cf. paragraphe 2 de l’article 3 du texte adopté par la CMP) ?
Jean Paillot : La situation de personnes dans la même situation que Vincent pourra être en effet affectée par cette nouvelle loi, qui se borne ici à légaliser les normes juridiques établies par le Conseil d’Etat dans ses deux arrêts concernant Vincent Lambert. Or le Conseil d’Etat, même confirmé par la Cour européenne des droits de l’Homme, a mal agi. La suite de la procédure le démontre : Vincent est toujours vivant, il ne souffre pas, n’a pas de maladie, des personnes le prennent en charge avec une affection extraordinaire. Il convient simplement de le changer d’établissement, car celui dans lequel il se trouve n’est pas adapté à son état, et a même au contraire par son inaction (refus de kinésithérapie et refus de mise au fauteuil), amoindri ses capacités. En réalité, le Conseil d’Etat s’est contenté de compléter la loi Leonetti dans les dispositions de celle-ci qui avaient volontairement été laissées floues – ce qui est spécialement le cas de la situation de l’alimentation artificielle.
Or, ne pas distinguer l’alimentation entérale de l’alimentation parentérale, et mettre tout type d’alimentation artificielle dans le même sac, sans réelle analyse, malgré nos demandes, conduit aujourd’hui à légitimer des cas de maltraitance par refus d’alimentation, au prétexte qu’il s’agirait de traitements, alors même qu’on se refuse à définir ce qu’est un traitement. C’est absolument kafkaïen.
 
J’admets volontiers qu’il existe un certain nombre de cas – notamment en fin de vie – où des arrêts d’alimentation sont légitimes. Mais dans le cas de personnes en état de conscience altérée qui ne souffrent pas, le Conseil d’Etat a légitimé non pas des arrêts de traitement déraisonnables, mais des euthanasies par omission.
 
Qui seront les prochains handicapés qui feront les frais de notre incapacité à poser des frontières entre le permis et l’interdit ?
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
 
VINCENT LAMBERT
Revenir en haut 
Page 5 sur 9Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
HANDICHRIST :: Médecine: début et fin de vie-
Sauter vers: