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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime12.04.18 11:17


#Vincent Lambert

« Mon fils va être sacrifié pour faire un exemple », la mère de Vincent Lambert écrit à Macron

Le centre hospitalier de Reims où est soigné Vincent Lambert, en état végétatif. | DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE

Ouest-France avec AFP

Publié le 12/04/2018 à 10h47

Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims dans un état végétatif, a écrit une lettre au président Emmanuel Macron alors que le CHU s’est dit favorable à un arrêt des traitements.

« Mon fils a été condamné à mort » : dans une lettre ouverte ce jeudi dans Le Figaro, Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, a interpellé Emmanuel Macron sur le sort de son fils hospitalisé dans un état végétatif depuis 2008 alors que le CHU a décidé lundi d’un « arrêt des traitements. »

« Mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté […] Vincent est handicapé mais il est vivant », a écrit Viviane Lambert dans cette tribune adressée au président de la République, trois jours après que le Centre hospitalier de Reims (Marne) a décidé, au terme d’une quatrième procédure collégiale, un arrêt des traitements sous dix jours.

La mise en œuvre de cette décision consisterait à supprimer l’hydratation et l’alimentation artificielles de Vincent Lambert, 41 ans et père de famille, qui se trouve dans un état végétatif irréversible à la suite d’un accident de voiture.

« Vincent n’est pas malade »

« Vincent n’est pas dans le coma, il n’est pas malade, il n’est pas branché […] il respire sans assistance. Il se réveille le matin, et s’endort le soir », a expliqué Viviane Lambert, précisant que son état l’empêchait de « communiquer verbalement » mais qu’il a « retrouvé » son « réflexe de déglutition » et peut être rééduqué.

« Il faut le faire selon des protocoles spécialisés, avec une équipe pluridisciplinaire, dans une unité spécialisée, dans le cadre d’un projet de vie en lien avec sa famille », a-t-elle encore écrit.

La famille se déchire depuis 5 ans

Les parents de Vincent Lambert veulent que leur fils soit transféré dans un établissement spécialisé, une demande rejetée par la Cour de cassation en décembre 2017 qui avait rappelé que seule Rachel Lambert, sa femme et tutrice légale depuis 2016, pouvait décider.

Depuis cinq ans, date de la première procédure collégiale et de l’ouverture du front judiciaire, la famille Lambert se déchire sur l’avenir du patient : ses parents et une partie de la fratrie sont opposés à sa fin de vie, tandis que son épouse, son neveu et d’autres frères et sœurs y sont favorables compte tenu des conclusions des médecins du CHU de Reims.

La mère va déposer un recours au tribunal administratif

« S’il faut qu’il meure, ce n’est pas pour sa dignité : c’est par volonté euthanasique. Vincent va être sacrifié pour faire un exemple. Mon fils doit être un cas d’école », a aussi ajouté Mme Lambert, fervente catholique, qui a demandé à être reçue par Emmanuel Macron.

Par ailleurs son avocat avait annoncé lundi l’intention de ses clients de déposer un recours en référé libertés devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour tenter d’empêcher la mise en œuvre de l’arrêt des traitements.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.04.18 10:24

Jean-Marie Le Méné : Pour Vincent Lambert . Valeurs Actuelles.
Par Auteur Jean-Marie Le Méné / Lundi 9 avril 2018 à 18:14
Vincent Lambert. En cas d’arrêt de l’hydratation, l’issue fatale ne ferait cette fois plus de doute. Photo ©️ AFP

Tribune. Alors que le CHU de Reims s’est prononcé en faveur d’un “arrêt des traitements” administrés à Vincent Lambert, ouvrant la voie à sa mort programmée, Jean-Marie Le Méné explique que “demain, ce n’est pas seulement Vincent Lambert, mais près de 2 000 personnes dans un état de conscience minimale qui pourront faire l’objet d’une ‘mort dans la dignité'”.

A l’heure où j’écris ces lignes, un médecin de l’hôpital de Reims vient de décider souverainement d’euthanasier Vincent Lambert, une personne handicapée, en application de la loi Leonetti.

Tétraplégique, Vincent Lambert n’est ni sans conscience (même s’il est dans un état de conscience altérée) ni sans relation (même s’il est dans un état pauci-relationnel). On ne peut donc absolument pas dire de sa vie qu’elle est végétative. Un enfant de trois ans comprend tout seul que ce jeune homme est vivant. Il bouge, il tourne la tête, il regarde. Vincent n’est pas en fin de vie, il n’est pas malade, il ne souffre pas. Il respire normalement. Il a juste une sonde gastrique, ce qui, jusqu’à preuve du contraire ne relève pas d’un acharnement thérapeutique ni d’une obstination déraisonnable. Son cas est comparable à celui de milliers de personnes victimes, comme lui, d’un accident de la route. Tel est le témoignage de ses parents qui lui rendent visite tous les jours, de ses proches, des avocats qui l’ont défendu avec détermination, mais aussi des 23 spécialistes qui ont récemment adressé un courrier à l’hôpital de Reims. En vain. Il fallait qu’il meure. Trois raisons principales se conjuguent pour que Vincent Lambert soit euthanasié.

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Vincent Lambert bientôt euthanasié ?
La loi Leonetti-Claeys a anesthésié la mort et les consciences

D’abord, la loi Leonetti de 2005 est une mauvaise loi n’en déplaise aux politiciens de gauche ou de droite et aux bioéthiciens de salons, qu’ils croient au Ciel ou qu’ils n’y croient pas. Et le fait qu’elle ait été votée à l’unanimité n’y change rien. Pour éviter l’obstination déraisonnable, elle a mis en place un système de procédure collégiale permettant à un médecin de décider seul de la poursuite ou de l’arrêt des traitements si le malade est « inconscient ». Malheureusement, la réglementation assimile ce qui relève du soin, et qui est dû à tous, à ce qui relève du traitement, et qui peut être arrêté si le traitement est disproportionné. En conséquence, mettre fin à des traitements, ce qui est légitime s’ils sont inefficaces, signifie aussi mettre fin à la nutrition et à l’hydratation, ce qui revient à euthanasier le malade. Onze ans plus tard, Jean Leonetti, à droite, et Alain Claeys, à gauche, firent adopter un texte parachevant la loi précédente à laquelle on reprochait un effroyable « laisser mourir » par déshydratation. La loi Leonetti-Claeys a donc ajouté au dispositif – et systématiquement - une sédation profonde et continue jusqu’à la mort. Elle a anesthésié la mort et les consciences.

Deuxième raison, l’affaire Lambert est devenue un tremplin idéologique. Elle est à l’euthanasie ce que l’affaire de Bobigny a été pour l’avortement. Les lois Leonetti ont constitué les fondations d’une prochaine loi sur l’euthanasie. Subrepticement, pour lutter contre de prétendues dérives et « mieux mourir », on a modifié la législation. Comme si la médecine moderne française faisait exprès de faire souffrir les patients. Mais ce n’était jamais assez, la gauche a poussé la droite dans ses retranchements et le député Claeys dans les bras du député Leonetti. Au « mieux mourir » doit succéder un « mourir dans la dignité ». Les innombrables péripéties judiciaires, les quatre tentatives d’euthanasie dont les trois premières ont été déjouées, le fait d’avoir laissé Vincent sans nourriture pendant 31 jours sans alimentation et avec une hydratation minimum, la maltraitance dont il a fait l’objet en n’ayant pas de fauteuil adapté ni le bénéfice d’une kinésithérapie ni droit à une rééducation de la déglutition, l’ensemble de ces éléments dessinent un fiasco humain, éthique, médical qui appelle, à l’évidence, une clarification législative. Et puisque tout le monde ou presque a salué les lois Leonetti qui conduisent à l’euthanasie sans le dire, il suffit dorénavant d’oser mettre le mot tabou lui-même dans une loi résolument moderne.

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Euthanasie : les 118 évêques de France disent non
Une bataille de civilisation

Enfin si Vincent Lambert doit mourir, il le devra aussi à l’aveuglement volontaire ou involontaire des autorités politiques, morales et religieuses qui, face aux revendications explicites en faveur de l’euthanasie et aux petits pas effectués dans cette direction, n’ont pas compris l’enjeu. Car il s’agit d’une bataille d’idées, de civilisation, d’une question anthropologique majeure, et non pas d’un concours de philanthropes bienveillants. Qu’est-ce qu’une personne handicapée aujourd’hui sinon un « sous-homme » au début de la vie et en fin de vie ? S’agissant des personnes les plus atteintes, le rapport Claeys-Léonetti relevait d’ailleurs que « ces personnes hors d’état d’exprimer leur volonté sont nombreuses à n’avoir pas rédigé de directives anticipées », et il ajoutait cette phrase lourde de conséquences : « or, il est permis de penser que ces personnes pourraient qualifier ces situations d’obstination déraisonnable si elles pouvaient s’exprimer ». Autrement dit, ces personnes vivantes, mais hors d’état d’exprimer leur volonté, seraient présumées consentir à des gestes d’euthanasie du fait qu’elles sont présumées refuser l’obstination déraisonnable. Demain, ce n’est pas seulement Vincent Lambert, mais près de 2 000 personnes dans un état de conscience minimale qui pourront faire l’objet d’une « mort dans la dignité », c’est-à-dire de gestes euthanasiques.

Il y a moins de trois semaines, la conférence des évêques de France a adopté à l’unanimité une déclaration sur la fin de vie. Cette déclaration intitulée « L’urgence de la fraternité » est excellente. Toutefois, le paragraphe introductif en atténue malencontreusement la portée. Il évoque une « loi qui a été votée récemment, le 2 février 2016. Dans la suite de celle du 22 avril 2005 – dont le retentissement fut international –, elle poursuit l’effort d’une prise en charge responsable et collégiale de la part des soignants pour garantir une fin de vie apaisée. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. Apprécier, au cas par cas, comment accompagner au mieux chaque personne en grande vulnérabilité demande temps, discernement et délicatesse. Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps ».

Cette loi est celle au nom de laquelle on peut euthanasier Vincent Lambert. L’urgence de la fraternité serait de ne pas donner à la loi Leonetti-Claeys le temps de tuer.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.04.18 12:19

Affaire Vincent Lambert : "Trop d’incertitudes", pour trancher

Pour le Pr Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville, la décision d’arrêt des traitements de Vincent Lambert est un « très mauvais signal » pour les personnes gravement handicapées.
Le 13/04/2018 à 05:05 mis à jour le 13/04/2018 à 09:47
Le P r Xavier Ducrocq est conseil médical des parents de Vincent Lambert depuis 2013. Photo Maury GOLINI/RL
Photo HD Le P r Xavier Ducrocq est conseil médical des parents de Vincent Lambert depuis 2013. Photo Maury GOLINI/RL

Au terme d’une quatrième procédure collégiale, le CHU de Reims vient de se prononcer de nouveau en faveur de « l’arrêt des traitements » de Vincent Lambert. Interview du Pr Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville et conseil médical des parents du jeune homme depuis 2013.

Comment réagissez-vous à cette 4e procédure collégiale ?

C’est une sanction gravissime. Depuis 2013, il y a eu de nombreux rebondissements sur le plan juridique, beaucoup moins sur le plan médical. J’aimerais rappeler que Vincent Lambert n’est pas dans le coma, il en est sorti depuis très longtemps après son accident de la route en 2008. Vincent Lambert n’est pas branché car il respire seul, normalement. Vincent Lambert vit, et s’il vit encore malgré toutes les turpitudes qu’il y a pu y avoir et notamment les 31 jours de privation de nutrition et une hydratation minimale, c’est qu’il a une pulsion de vivre. Vincent Lambert est en état de conscience minimale, également appelé état pauci-relationnel.

Qu’est-ce que l’état de conscience minimale ?

Vincent Lambert a des périodes de sommeil, des périodes de veille. Il y a des périodes où il est bien présent, des périodes où il l’est moins. Il y a une réactivité, une capacité d’échange avec son entourage et en particulier les proches. On ne peut qu’être très surpris d’ailleurs que les experts qui ont examiné Vincent Lambert lors de la 3e procédure collégiale, à la demande du Conseil d’Etat, ne l’aient jamais fait en présence de ses plus proches, ses parents, son épouse. Or c’est le b.a.ba de l’examen de ces patients pour évaluer leur niveau de conscience parce que l’on sait très bien que leur comportement vis-à-vis d’un étranger, d’un soignant n’est pas le même. Ce sont des éléments traduits dans la littérature médicale.

La 4e procédure collégiale a conclu à de « l’obstination déraisonnable »…

L’obstination déraisonnable se fonde sur deux choses. Une situation médicale qui expose le patient à la fin de vie : ce n’est pas le cas, Vincent Lambert est un patient très sévèrement handicapé mais il n’est pas exposé à une menace vitale immédiate. Et l’expression d’une volonté la plus explicite possible de la personne. Or Vincent Lambert n’a pas rédigé de directives anticipées alors qu’il connaît la loi. Il était infirmier. On est face à un océan d’incertitudes concernant sa volonté, son état de conscience, sa capacité relationnelle, et même sa capacité à manger ne serait-ce qu’en partie par la bouche. Les capacités de déglutir de Vincent Lambert sont réapparues depuis 2013 et à notre connaissance rien n’a été entrepris pour les exploiter.

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous ?

Je suis en colère. Et pas que moi. Je suis en contact avec nombre de médecins responsables d’unités de patients pauci-relationnels qui sont à cette heure-ci effrayés. Ils ne comprennent pas cette décision. Pas plus que moi. La marge d’incertitudes est telle que prendre une décision sans retour comme celle-là est gravissime. C’est un changement de paradigme médical. Est-ce que le doute ne doit pas bénéficier à la vie ? C’est un très mauvais signal. Pour Vincent Lambert, pour les personnes gravement handicapées et les équipes qui s’occupent de ces patients, pour les proches […] C’est grave parce qu’on entre dans un processus d’élimination des personnes handicapées. Démocratique. Et j’oserai prononcer le mot d’eugénisme.

Propos recueillis par Marie-Hélène VERNIER
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.04.18 12:25

c'est effectivement dommage pour les neurologues et la recherche en neurologie si on supprime tous ces patients !
Sauf erreur de ma part, l'eugénisme a commencé le 22 avril 2005 avec Jean Léonetti ...
Faut-il être éliminé ou servir de cobaye ???
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.04.18 12:46

La décision du docteur Sanchez place une nouvelle fois Vincent Lambert au seuil de la mort
Le coin des experts

 Jean Paillot Interview 12 Avril 2018  Fin de vie

Alors que le docteur Sanchez du CHU de Reims vient de décider, à l’issu d’une quatrième procédure collégiale, de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, réagit pour Gènéthique.


Gènéthique : Le docteur Sanchez vient de clore la quatrième procédure collégiale, vous attendiez-vous à sa décision ?

Jean Paillot : Nous étions partagés. Nous avons fait valoir de très bons arguments soit comme avocats, soit par le biais du médecin expert qui a été désigné par nos clients. Ce médecin est le meilleur expert qui soit de patients en état pauci-relationnel ou végétatif (EVC/EPR) : après 40 ans comme chef de service d’unité de soins pour patients de ce type, elle est devenue formatrice d’équipes médicales EVC-EPR. Elle a été effarée d’entendre ce qui se disait pendant la procédure collégiale et elle a adressé ses remarques au docteur Sanchez. Puis 23 médecins spécialistes de la prise en charge de ces patients ont également écrit directement au docteur Sanchez, afin de lui demander, pour des raisons médicales, de ne pas interrompre la vie de Vincent. Nous pensions de ces éléments étaient de nature à influencer le médecin, mais visiblement, il n’en a rien été : il a refusé de voir la réalité, cette réalité le dépasse. Le docteur Sanchez est gériatre, il n’avait aucune connaissance particulière de ce type de patients avant d’arriver à Reims. Il a montré qu’il était incapable d’écouter : la procédure collégiale aurait dû impliquer ici une discussion contradictoire qui n’a jamais eu lieu. Sa décision est en réalité assez pauvre dans l’analyse et interroge : le docteur Sanchez aurait-il été missionné pour prendre une décision en vue de mettre fin à la vie de Vincent Lambert ?

G : Quel est le contenu de cette décision ?

JP : Le Docteur Sanchez a décidé d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès accompagnée de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. Ce qu’il propose, c’est en réalité une euthanasie au sens strict. En effet, Vincent Lambert n’a aujourd’hui aucun autre soin que l’alimentation et l’hydratation entérales, sinon des soins ponctuels de routine.

Vincent est un patient qui, comparé à d’autres patients dans la même situation, va plutôt bien. Il n’est pas trachéotomisé, il respire seul, ses fonctions vitales sont normales, il vit sans le support de machines. Voilà 10 ans maintenant qu’il est dans cette situation médicale, qui n’a pas particulièrement changé depuis que son état est consolidé, il n’est pas en fin de vie et de nombreux médecins se demandent quelles raisons ont conduit à relancer la procédure maintenant ? Qu’est-ce qu’il y a de nouveau ? La nouveauté tient à François Lambert, son neveu, qui a demandé cette nouvelle procédure collégiale. Il n’y a pas de raisons médicales, personne ne tient compte des évolutions positives de l’état de santé du patient.

Comme le docteur Kariger, le docteur Sanchez est un gériatre, un homme chargé d’accompagner la fin de vie. Or dans une unité de soins EVC/EPR, ce qu’on cherche à élaborer avec le patient, sa famille, c’est un projet de vie. On est sur deux philosophies complètement différentes. Le seul projet qui soit proposé pour Vincent Lambert depuis 2013 est un chemin de fin de vie. C’est ahurissant.

G : Le docteur Sanchez justifie sa décision en utilisant l’argument de l’obstination déraisonnable. Est-ce légitime ?

JP : Cet argument ne semble fait que pour justifier la décision. Il est clair que nous ne sommes pas dans de l’obstination déraisonnable, mais dans une procédure d’euthanasie. Encore une fois, Vincent Lambert va beaucoup mieux que de nombreux patients dans son état, mais il est mal pris en charge actuellement. Avec une bonne prise en charge, il irait encore mieux. L’hôpital est responsable de la situation médicale de Vincent Lambert. Il est laissé dans un état de dépendance, sans stimulation, et il ne bénéficie pas des soins que requiert son état. On dit que Vincent souffre. C’est faux. Il est habituellement paisible. Quand les soins sont mal faits, quand il a un rhume, il manifeste un inconfort, un état de souffrance passager, mais il n’est pas dans une souffrance réfractaire et il a habituellement un visage apaisé. Et il est aussi faux de dire que Vincent n’a aucune relation avec son entourage.

Pourquoi cet acharnement ?

G : Quelles sont désormais les perspectives ? Que va devenir Vincent Lambert ? Sa mère vient de publier une tribune dans le Figaro est-ce le dernier espoir ?

JP : Il est normal que la mère d’un condamné à mort cherche à s’adresser au président de la République, c’est un réflexe normal. Les avocats ont cependant les moyens d’agir pour que la justice puisse dire que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable mais qu’on veut lui imposer une euthanasie alors que c’est une pratique qui est strictement interdite dans le droit français. Nous sommes en train de rédiger un recours qui sera déposé au tribunal administratif de Châlons dans les jours qui viennent. Derrière l’enjeu juridique, il y a un enjeu humain : quand Vincent sera-t-il pris en charge dans un établissement adapté ? Un handicapé lourd ne doit pas être euthanasié, les personnes les plus fragiles ne doivent pas être supprimées.

G : Vous avez déjà eu recours de nombreuses fois à la justice sans obtenir gain de cause. Pourquoi envisagez-vous que la situation puisse être différente cette fois-ci ?

JP : Nous avons également gagné un certain nombre de procédures pour le compte de Vincent. Mais il est vrai que nous n’avons pas toujours eu gain de cause. Cette fois-ci, la donne a changé. Au cours de la dernière procédure collégiale, on a assisté à une prise de conscience de la part de nombreux médecins spécialistes de ces états de la situation réelle de Vincent Lambert. Et ces médecins disent stop ! 24 médecins ont écrit au docteur Sanchez. Manifestement, s’il n’y a pas de consensus familial, il n’existe pas non plus de consensus médical autour de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. Non seulement il n’y a pas de consensus mais les meilleurs spécialistes disent qu’ils ne sont pas d’accord. J’ai l’espoir que la justice les entende et qu’une décision raisonnable soit enfin rendue.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime17.04.18 8:35

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE - Société Vincent Lambert : recours avant la fin du délai
Le 17/04/2018 à 05:03

Les avocats des parents de Vincent Lambert, en état végétatif depuis près de dix ans et dont le sort déchire la famille, ont annoncé qu’ils déposeraient leur recours ce mardi matin devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Un « référé-liberté » destiné à empêcher l’arrêt des traitements décidé par le CHU de Reims et dont la mise en place est censée débuter ce jeudi 19 avril à minuit. Cette procédure d’urgence est suspensive, selon Me  Jean Paillot, l’un des deux défenseurs de Viviane et Pierre Lambert, qui se réfère à une décision du Conseil d’État. Le juge doit ensuite se prononcer dans les 48 heures à compter du dépôt de cette requête. L’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de ce patient lourdement handicapé à la suite d’un accident de voiture sera-t-il confirmé ou annulé ? Y aura-t-il un nouveau délai pour déposer un recours ? Par deux fois dans le passé, en 2013 et en 2014, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé l’arrêt des traitements décidé par le CHU de Reims.
Le dépôt de ce référé-liberté, avec une décision attendue quelques heures à peine avant la mise en œuvre envisagée de la procédure médicale, ponctue une montée de la mobilisation du côté de Viviane et Pierre Lambert, proches des catholiques intégristes et partisans du maintien en vie de leur fils. Lundi 9 avril, au terme de la quatrième procédure collégiale depuis 2013, le docteur Vincent Sanchez, qui a en charge Vincent Lambert, 41 ans, a conclu à une « obstination déraisonnable » et s’est dit, à son tour, favorable à l’« arrêt des traitements ».

Le pape s’est exprimé

Une annonce qui va dans le sens de multiples décisions de justice et répond aussi à la volonté de Rachel Lambert, l’épouse de Vincent. Le médecin rémois a laissé aux différentes parties un délai de dix jours pour déposer un recours. Ce que les parents ont donc fait, comme cela était prévisible.
En parallèle, Viviane Lambert, sa mère, a interpellé le 12 avril, dans une tribune au Figaro, le président de la République Emmanuel Macron estimant que son « fils a été condamné à mort ». Dimanche enfin, le pape François a évoqué Vincent Lambert et a parlé, à son propos, de « situation douloureuse et complexe ».
Catherine DAUDENHAN
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime20.04.18 11:40

Accueil JIM
> Vincent Lambert : mille questions à jamais irrésolues pour les médecins et les autres
Publié le 19/04/2018
Vincent Lambert : mille questions à jamais irrésolues pour les médecins et les autres

Paris, le jeudi 19 avril 2018 – Sans surprise, les parents de Vincent Lambert ont formé un recours suspensif contre la décision prise par le Docteur Vincent Sanchez d’arrêter les soins dispensés à leur fils, considérant que cet homme dans un état végétatif depuis dix ans après un accident de voiture est l’objet d’une obstination déraisonnable. L’audience a eu lieu ce matin, dans une ambiance semblable à la dizaine de rendez-vous judiciaires précédents, électrique et forte en émotion.

L’objectif de ce recours est de déterminer si la situation peut justifier l’application de la loi Leonetti sur le droit des malades et la fin de vie. Il s’agit notamment de confirmer que les conditions sont bien réunies pour affirmer qu’il existe une obstination déraisonnable ; une question à laquelle la plupart des tribunaux interrogés sur ce point ont répondu par l’affirmative précédemment.

Menaces sur l’hôpital
L’avocat du CHU de Reins, Maître Demarais s’est montré particulièrement combattif. Il a ainsi dénoncé une « instrumentalisation de la justice, du droit et de l’opinion publique » par la partie adverse. Il a par ailleurs évoqué les pressions subies par l’hôpital, signalant comment le docteur Sanchez avait été menacé « d’une plainte pour omission de porter secours alors qu’il n’avait pas pris de décision ». Maître Demarais a par ailleurs évoqué la tribune publiée par 70 médecins dans le Figaro aujourd’hui, contestant la décision d’arrêt des soins. Il a ironisé en signalant que ces praticiens « n’ont jamais vu Vincent Lambert et (…) se fient uniquement en une vidéo dont on ne connaît pas les conditions de tournage ».

Pas en fin de vie
Sans avoir vu Vincent Lambert, 70 « médecins et professionnels spécialisés dans la prise en charge de personnes cérébro-lésées en état végétatif ou pauci-relationnel » évoquent effectivement leur « extrême inquiétude » face à la décision d’arrêt des soins. Cette crainte s’appuie sur des doutes quant au diagnostic établi, en dépit des multiples expertises réalisées. « Un tissu d'incertitudes et d'hypothèses, ainsi que des jugements contradictoires concernant le niveau de conscience, les capacités de relation et de déglutition, le pronostic, fondent une sanction dramatique, incompréhensible », débutent-ils avant de poursuivre : « Certains d'entre nous ont pu visionner une courte vidéo, de séquences tournées en juin 2015, permettant d'affirmer que M. Vincent Lambert est bien en état pauci-relationnel, à savoir qu'il n'est pas dans le coma, ne requiert aucune mesure de réanimation et qu'il a des capacités de déglutition et de vocalisation ». Aussi, pour ces praticiens l’arrêt des soins s’apparente à une « euthanasie qui ne dit pas son nom ». Ils préconisent un transfert dans une unité spécialisée et une prise en charge différente impliquant la fin de l’alitement systématique, la multiplication des sorties et une rééducation plus soutenue. Cette tribune fait écho à une lettre adressée il y a quelques semaines au docteur Sanchez par vingt-quatre médecins « pour la plupart chefs de services et spécialistes de la prise en charge des patients cérébro-lésés en état végétatif ou pauci-relationnel ». Ces derniers signalaient également que « Vincent Lambert respire de manière autonome, son état général est stable, il a des capacités relationnelles et de déglutition incontestables. Il ne relève donc pas d’un questionnement d’obstination déraisonnable » jugeaient-ils. Ils poursuivaient : « En pratique, envisager pour lui l’interruption de l’alimentation entérale, avec pour effet son décès, nous apparaît, d’un point de vue médical et éthique, en contradiction avec les recommandations de la circulaire du 3 mai 2002 préconisant aux unités dédiées d’inclure dans leur projet de service à la fois "un projet de soins et un projet de vie" et de "valoriser autant que possible les possibilités relationnelles de la personne en termes de communication et d’interaction avec l’environnement"».

Qu’est-ce que l’obstination déraisonnable ?
Les questions soulevées par ces praticiens, qui en filigrane remarquent que Vincent Lambert n’est pas un patient en fin de vie, alors que la loi Leonetti s’adresse principalement (mais pas uniquement) à ces malades, sont posées depuis la médiatisation de la tragique histoire de cet infirmier. Ainsi, concernant la définition de l’obstination déraisonnable, à propos déjà de l’affaire Vincent Lambert, le docteur Vincent Morel alors président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) indiquait au Jim en 2014 : « Pour qu’il y ait obstination déraisonnable, il faut selon la loi d’avril 2005 que les traitements "apparaissent inutiles, disproportionnées ou n’ayant autre effet que le seul maintien artificiel de la vie"». Il notait encore que « la loi Léonetti laisse aux médecins, après le respect de la procédure collégiale, la possibilité d'approcher, en fonction de chacune des situations, la définition la plus juste possible de l'obstination déraisonnable ». Dans le cas de Vincent Lambert, au-delà du fait que certains de ses proches affirment, sans preuve absolue néanmoins, qu’il aurait considéré comme une « vie artificielle » l’état dans lequel il demeure aujourd’hui, une des questions cruciales, qui a encore été débattue ce matin devant le tribunal de Châlons-en-Champagne, est de déterminer le niveau de souffrance engendrée par les soins.

D’autres Vincent Lambert en France
Les médecins qui s’expriment dans le Figaro ou qui ont écrit au docteur Sanchez signalent également une autre difficulté : comment doit-on envisager la prise en charge des patients présentant une situation similaire à celle de Vincent Lambert s’il peut être considéré que les soins élémentaires (l’alimentation et l’hydratation) apportés à ces malades relèvent d’une obstination déraisonnable ? Professeur d’éthique médicale, Emmanuel Hirsch s’interrogeait déjà sur ce sujet dans nos colonnes en 2015 : « Sait-on que désormais dans les structures spécialisées qui accompagnent dans leur projet d’existence des personnes handicapées comme l’est M. Vincent Lambert, des familles confient avec émotion aux équipes : "Ne le laissez pas tomber ; prenez soin de lui : ce n’est pas Vincent Lambert ". Sait-on que dans certains services hospitaliers la réflexion évolue sur la justification qu’il y aurait à entreprendre une réanimation "pour faire un Vincent Lambert…" ? », affirmait-il.

Qu’est-ce que la vie ?
Toutes ces observations signalent une fois encore tout d’abord la méconnaissance des lois Leonetti, y compris par les médecins, et notamment le fait qu’elles ne s’appliquent pas uniquement aux patients en fin de vie, mais aussi à ceux pouvant être l’objet d’une obstination déraisonnable. Elles confirment par ailleurs la difficulté de la prise en compte de la parole des patients, plus encore lorsque celle-ci n’est que rapportée par une partie de la famille. Mais surtout, elles rappellent qu’une loi ne pourra jamais résoudre l’interrogation intime et propre à chacun sur la valeur de la vie.

Aurélie Haroche
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime20.04.18 19:57

Nouveau:Affaire Vincent Lambert : la justice ordonne une nouvelle expertise médicale
Par Delphine de Mallevoüe
Mis à jour le 20/04/2018 à 19:35 /
Publié le 20/04/2018 à 19:26

Affaire Vincent Lambert : la justice ordonne une nouvelle expertise médicale

INFO LE FIGARO - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a ordonné, vendredi, une expertise médicale de Vincent Lambert, en état végétatif depuis un accident de la route en 2008.


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a ordonné, vendredi, une expertise médicale de Vincent Lambert, en état végétatif depuis un accident de la route en 2008. Il avait été saisi par les parents de cet handicapé de 41 ans pour contester l'arrêt des soins décidé la semaine dernière par l'équipe médicale du CHU de Reims. L'expertise sera confiée à «un collège de trois médecins qualifiés soit en neurologie, soit en médecine physique et de réadaptation, désignés par le président du tribunal, avec pour mission, dans un délai d'un mois à compter de la constitution du collège».

» LIRE AUSSI - L'appel de 70 médecins: «Il est manifeste que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie»

Le juge administratif demande aux experts de «décrire, après examen clinique, l'état actuel de M. Vincent Lambert ; un des examens clinique sera effectué, s'ils en font la demande au collège d'experts, en présence de M. Pierre Lambert, Mme Viviane Lambert, M. David Philippon et Mme Anne Lambert ; un autre examen clinique pourra être organisé, en présence cette fois de Mme Rachel Lambert et de M. François Lambert, si ces derniers en font la demande au collège d'experts». Il demande aussi d'organiser ces examens, selon des modalités permettant la meilleure appréciation de l'état clinique de M. Vincent Lambert, notamment au regard des horaires où ils seront effectués. L'appréciation de ces modalités est du ressort des experts». Le tribunal administratif demande en outre que «partant de l'expertise ordonnée par le Conseil d'Etat en 2014, et dont les conclusions sont consignées dans le rapport du 26 mai 2014, de dire si le tableau clinique que présente M. Vincent Lambert a évolué, si oui, décrire cette évolution et indiquer si elle est positive ou péjorative».

Les experts devront enfin «se prononcer sur la capacité de déglutition de M. Vincent Lambert ; de dire si elle est susceptible de permettre, à terme, et éventuellement après une rééducation, une alimentation et une hydratation fonctionnelles, et de fournir au juge des référés toute information qui serait utile à la solution du litige».

Par ailleurs, le tribunal a reconnu la légitimité, dans ce dossier, de l'intervention de l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés. En revanche, «les conclusions de la requête tendant au transfert de M. Vincent Lambert dans un autre établissement de soins, ou un autre service du centre hospitalier universitaire de Reims, sont rejetées», une demande faite par les parents depuis de nombreuses années.


Dernière édition par Admin le 12.05.19 16:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime24.04.18 19:41

Boulevard Voltaire
Vincent Lambert, Alfie Evans : des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues ?
le samedi 21 avril 2018
Deux cas d’euthanasie décidée par le corps médical font l’objet de vives contestations.
Anne Merlin-Chazelas , Historienne

Deux cas d’euthanasie décidée par le corps médical font l’objet de vives contestations.

Vincent Lambert, victime d’un accident de la route à 32 ans, est, depuis, dans un état de conscience diminuée. Il n’est ni mourant, ni en fin de vie, ni atteint d’une maladie incurable. Il s’endort seul, sans médicaments, le soir, et s’éveille seul, le matin. Il a néanmoins fallu recourir, pour lui, à une alimentation et une hydratation parentérales pour lui éviter des fausses routes qui auraient pu provoquer une embolie pulmonaire fatale, son réflexe de déglutition ayant sinon disparu, du moins considérablement diminué.

Mais son état s’est sensiblement amélioré depuis son accident, tant sur le plan de la conscience que par retour partiel du réflexe de déglutition, ce qui pourrait autoriser la reprise, au moins partielle, d’une hydratation et d’une alimentation par la bouche, et cela, malgré l’arrêt de tous soins de kinésithérapie depuis plusieurs années, et malgré le fait qu’un médecin de l’hôpital avait déjà tenté de le priver d’alimentation et de le déshydrater (cela pendant 31 jours, jusqu’à intervention de la Justice pour faire rétablir la fourniture normale d’aliments et d’eau) : la survie quasi miraculeuse de Vincent après cette terrible épreuve semble indiquer qu’il n’y a pas, chez lui, de volonté de mourir.

Cependant, la Justice a cru bon de conférer la tutelle de Vincent à son épouse qui, appuyée par un neveu de Vincent, ne cesse de réclamer qu’il disparaisse.

Au contraire, les parents de celui-ci, constatant ses progrès, ne cessent de demander qu’il quitte le service de soins palliatifs où tous les soins lui sont refusés pour être accueilli dans un service compétent pour un cas comme le sien, où une place lui est réservée depuis longtemps. Cette demande est appuyée par de nombreux spécialistes. Mais le médecin qui a décidé que la vie de Vincent ne valait pas d’être vécue et qu’il convenait de lui supprimer alimentation et hydratation, les terribles souffrances qu’implique cette suppression étant réduites ou masquées par une sédation profonde terminale, persiste dans sa décision de refuser toute autre solution.

Le cas d’Alfie Evans est très différent de celui de Vincent, puisque ce bébé, né avec une maladie congénitale rare et incurable, ne peut respirer sans assistance et qu’il n’a apparemment aucun moment de conscience ou semi-conscience, mais il n’est pas mourant. Le pape lui-même est intervenu pour demander que l’enfant soit transféré à l’hôpital du Vatican Bambino Gesù, où une place lui est réservée. Mais les médecins qui ont décidé que sa vie ne valait pas la peine d’être vécue et qu’il fallait lui supprimer l’assistance respiratoire indispensable à sa survie persistent dans leur décision. Les médecins spécialistes ont des opinions divergentes sur son cas, certains pensant que son état peut s’améliorer avec les soins appropriés (qui lui ont, jusqu’ici, été refusés), d’autres que ce n’est pas possible.

Ce qui est scandaleux et doit être combattu, c’est la prétention de certains médecins (en France comme en Grande-Bretagne) d’avoir le droit de décider pour des personnes qui ne sont ni mourantes ni malades que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’il faut donc y mettre fin par une euthanasie, et même d’être les seuls – excluant les proches -, à avoir ce droit. Cette prétention doit être combattue, même dans le cas où leur décision serait justifiée. 1 Et, évidemment, si d’autres avis médicaux autorisés récusent leur diagnostic.

Notes:
1.Ce qui ne peut être le cas que si, en fait, il y a mort cérébrale définitive et seulement une apparence de vie. ↩️
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime12.05.18 11:00

« Il ne faut pas que Vincent Lambert soit un étendard »

Le tribunal administratif doit annoncer dans les prochains jours s'il confirme ou non la décision du CHU de Reims d'arrêter les traitements de Vincent Lambert. Le Dr Véronique Fournier revient sur la situation de ce patient et la bataille que se livre sa famille à son sujet.

La rédaction d'Allodocteurs.fr
France Télévisions
Mis à jour le 19/04/2018 | 16:17
publié le 19/04/2018 | 16:17

Les parents de Vincent Lambert, ainsi qu'un frère et une sœur, ont déposé un recours en référé liberté à l'effet suspensif, pour empêcher la mise en œuvre de l'arrêt des traitements de Vincent Lambert. Cette décision, prise à l’issue d’une procédure collégiale de cinq mois, avait été annoncée le 9 avril par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route en 2008. Il est depuis hospitalisé en état « pauci-relationnel » , un état de conscience minimale.

Dr Véronique Fournier, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie a répondu aux questions Magazine de la Santé.
La loi sur la fin de vie est-elle adaptée aux patients qui sont en état pauci-relationnel ?

Dr Véronique Fournier : « Oui, absolument. Cette loi sur la fin de vie n’est pas destinée uniquement aux patients qui sont en fin de vie, malgré son titre. C’est une loi qui s’adresse aussi à toutes les personnes qui sont à risque d’être en situation d’obstination déraisonnable. En état pauci-relationnel, la vraie question, c’est, est-ce qu’on est en état d’obstination déraisonnable ou pas ? »
Comment définir l’« obstination déraisonnable » ?

Dr Véronique Fournier : « Justement, le problème c’est qu’il n’y a pas de critères d’objectivité de l’obstination déraisonnable. Ce qui sera considéré comme une obstination déraisonnable pour certains sera considéré comme une non-obstination déraisonnable pour d’autres. Et c’est exactement cela qui se passe dans l’affaire Vincent Lambert. Il nous semble que ce qui est important, c’est de reconnaître une certaine subjectivité en la matière. C’est-à-dire que le seuil des uns n’est pas le même que le seuil des autres et que finalement, ce qui nous revient en tant que société, c’est d’accompagner les gens là où ils sont, dans leurs convictions intimes, dans ce qu’ils ont été, dans ce qu’est leur personnalité. Ce n’est pas un diagnostic médical absolu, objectif et définitif. »
Dans le cas de Vincent Lambert, comment la décision d’arrêt des soins peut-elle être prise ?

Dr Véronique Fournier : « Il faut savoir qui doit prendre la décision et finalement c’est la question qui nous est souvent posée. Qui est le plus légitime pour prendre la décision dans cette situation singulière-ci ? Moi, il me semble selon mon expérience, que ce sont ceux qui sont à son chevet quotidiennement, les soignants qui font sa toilette, qui essayent de lui rendre la vie confortable et heureuse et ce sont ses proches les plus proches. Ceux qui le connaissent vraiment, et ceux avec qui il a passé les dernières années de son existence, c’est-à-dire ceux qui sont capables de porter sa parole la plus récente. En l'occurence sa femme et sa fille. Il ne faut pas que Vincent Lambert soit un principe, un étendard au service d’une cause. C’est un homme qui est fait de chair et d’os. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime27.05.18 10:46

Vincent Lambert : la famille conteste le choix des experts
synthèse de presse bioéthique
25 Mai 2018  Fin de vie

L’expertise médicale de Vincent Lambert n’aura pas lieu samedi prochain comme il était prévu. Ses parents ont déposé hier une « demande de récusation » au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, contestant la composition de l’équipe d’experts.

Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, estime qu’« aucun d'entre eux n'a de compétence en matière de patients EVC (état végétatif chronique) et en EPR (état pauci-relationnel) ». « On ne se laisse pas faire et on veut une vraie bonne expertise, pas une expertise bâclée », a-t-il ajouté.

Ces trois médecins ont été désignés mi-avril par la justice administrative. Ils devaient expertiser l’état réel de Vincent Lambert pour décider de l’arrêt ou non de son alimentation et de son hydratation. « L'état de Vincent a évolué de manière positive depuis 2014 (date de la dernière expertise) et (...) il est nécessaire de l'évaluer », pointant ses progrès « un peu au plan neurologique et beaucoup au plan fonctionnel, par exemple dans le domaine de la déglutition », explique Me Paillot.

« Le dépôt d'une demande de récusation au tribunal bloque l'expertise jusqu'au moment où le tribunal statue sur la demande de récusation », précise l’avocat. « Soit le tribunal confirme les experts, soit il les change. » La date de cette audience au tribunal administratif n’est pas encore connue. L’expertise a été officiellement annulée par le tribunal dans l'après-midi de vendredi.

Sources:
AFP (25/05/2018)
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime12.06.18 15:27

Admin a écrit:
Les médecins ont fait ce qu'ils ont voulu et en même temps ce qu'ils ont pu mais la médecine a ses limites.
Il y a deux sortes d'amour, agape ( le fait de manger ensemble ) et eros ( partager la sexualité en couple ); deux sortes d'amour validées par la société et l'Eglise.
La médecine, sans le vouloir, en s'acharnant sur V.L. lui a enlevé agapé et eros.
Alors....... pourquoi l'Eglise s'acharne sur V.L. ??? ??? ???
mon raisonnement est compliqué... ... ... désolée. Je vais un peu trop loin mais ... ...
L'Eglise en général se déchire au sujet de la parole du Christ, "Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang" pour empêcher les mourants de mourir ( "vénération" de la chair ? manque de foi à propos de la résurrection ? ).
cf la problématique de St-Paul à propos de la chair et de l'esprit.
je sais que je suis un peu comme V.L.
la bagnole, le restaurant et autre chose me sont inaccessibles...
Pas médiatisée, c'est con, çà !!! ! ! ! !!! vraiment con...
clin1
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime14.06.18 18:35

Affaire Vincent Lambert : les médecins désignés par la justice jettent l'éponge
Les trois médecins, qui devaient réaliser un "tableau clinique" de Vincent Lambert, ont invoqué leur incapacité à résister aux "tentatives de manipulations et aux critiques diverses".
Photo de Vincent Lambert prise le 5 juin 2015
Crédit : COURTESY OF THE FAMILY / AFP
Léa Stassinet
et AFP
PUBLIÉ LE 15/06/2018 À 11:19
Ils avaient été missionnés par la justice pour diagnostiquer l'état de santé actuel de Vincent Lambert, devenu tétraplégique après un accident de voiture, et dont la famille se déchire depuis cinq ans autour d'un possible arrêt des soins.

Mais les trois médecins experts n'ont pas pu aller au bout de la tâche qui leur avait été confiée. Dans une lettre datée du 10 juin, ils se sont ainsi désistés, estimant n'avoir "aucun moyen de mettre de l'ordre dans cette procédure d'expertise et d'affirmer une autorité qui mettrait au pas ceux qui manient opprobre et dénigrement ou fausses vérités".

Censés réaliser un "tableau clinique" de Vincent Lambert, en état végétatif depuis 2008, "le collège d'experts ne peut que prendre acte qu'il n'a pas la stature pour résister à ces tentatives de manipulation et aux critiques diverses", ont poursuivi les médecins, qui ont évoqué la "très grande confusion" autour de cette expertise.

Un désistement accepté par la justice
La demande de désistement a été acceptée par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne), cette même juridiction qui avait rejeté il y a quelques jours la demande de récusation de ces mêmes experts, faite par les proches de Vincent Lambert souhaitant la poursuite des soins.

En attendant la nomination du prochain collège de médecins, une nouvelle audience sur "les modalités de l'expertise" se tiendra mercredi 20 juin au tribunal administratif. "C'est exactement ce que réclament depuis des semaines les parents, frère et soeur de Vincent, qui attendent des nouveaux experts à nommer compétence et rigueur", a déclaré Me Jean Paillot, l'un des avocats de cette partie de la famille, fermement opposés à l'arrêt des soins de leur proche.

Il faut juste laisser partir Vincent

François Lambert, neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des soins Partager la citation
De son côté, l'autre partie de la famille a laissé exprimer sa lassitude. "Les médecins continuent de rechercher un consensus qui n'arrivera jamais. C'est la preuve de rapports de forces à l'intérieur de la médecine. Il faut juste laisser partir Vincent", a réagi François Lambert, neveu du patient âgé de 41 ans, favorable à l'arrêt des traitements comme une autre partie de la famille, dont Rachel Lambert, son épouse et tutrice légale.

Dans leur lettre, les experts ont cependant fait une liste des "personnalités" aux compétences "irréprochables" qui pourraient être sollicitées dans cette affaire, et suggèrent que l'expertise soit réalisée dans un établissement spécialisé, comme le demande les parents de Vincent Lambert. La justice a jusqu'ici toujours refusé ce transfert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime19.06.18 10:19

Vincent Lambert : des proches appellent à le laisser partir
Par François Lambert , Marie-Geneviève Lambert , Marie Lambert , Guy-Noël Philippon , Frédéric Philippon , Dominique Lambert et Joseph Lambert — 18 juin 2018 à 16:56
Vincent Lambert est dans un état végétatif après un accident de la circulation depuis 2008. Photo Philippe Huguen. AFP
Une nouvelle audience est prévue mercredi 20 juin sur le cas de l'homme en état végétatif depuis 2008. Son corps exprime son refus d’endurer des soins devenus insupportables, selon une partie de sa famille.
Vincent Lambert : des proches appellent à le laisser partir
La décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 20 avril, qui diligente une nouvelle et énième expertise, nous paraît étonnante au regard de toutes celles qui ont été menées jusque-là et qui n’ont fait que confirmer ce que l’on sait malheureusement déjà : l’état clinique de notre frère et oncle Vincent Lambert n’a pas évolué positivement. Et il ne peut évoluer positivement en l’état actuel de la science.

Cependant, pour nous tous, ce n’est peut-être pas le plus important.

L’équipe médicale relève depuis cinq ans des signaux réguliers, croisés et identifiés de résistance manifeste aux soins. Depuis longtemps le corps de Vincent exprime par un «inconfort chronique» son refus d’endurer des soins devenus de jour en jour plus intrusifs et insupportables. Par de nombreuses manifestations physiques observées par l’ensemble des équipes soignantes et que nous refusons de détailler ici, Vincent exprime clairement une souffrance. Son regard reste vide mais son corps s’exprime douloureusement, et ceux qui continuent à le voir le constatent depuis trop longtemps.

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Affaire Lambert : arrêt ou encore ?

Nous pouvons soigner notre souffrance personnelle, mais nous devons surtout écrire et exprimer celle de notre frère et oncle, ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui et ce depuis bientôt dix ans. Il avait clairement exprimé, par deux fois et à deux personnes de confiance différentes, son refus de ce qui s’apparenterait à une survie uniquement biologique. Nous ne pouvons que rester fidèles à ce qu’il a été, et à ce qu’il voulait. Il était infirmier, suffisamment altruiste pour entendre les souffrances d’autrui. Faisons en sorte d’appliquer ce qu’il voudrait pour lui-même aujourd’hui.

Nous prenons donc une nouvelle fois la plume pour dire le mieux possible ce qui nous paraît le plus juste pour Vincent en essayant de retranscrire, à notre manière, difficilement parce que collectivement, mais aussi intimement, ce qu’il voudrait maintenant pour lui, et seulement pour lui. L’obstination de ceux qui refusent encore de voir sa réalité en face nous semble plus apparentée à une absence de prise en compte rationnelle de la souffrance, à une vision faussée par des principes, qu’à une compréhension apaisée de la situation actuelle de Vincent Lambert, et de ce qui s’est ancré de plus en plus manifestement dans la durée.

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Arrêt des soins : la volonté de Vincent Lambert bientôt respectée ?

Nous soutenons la clairvoyance de son médecin actuel quant à l’état physique et psychologique réel, unique et particulier de Vincent. Nous sommes convaincus que la «froideur» technique et médicale n’est pas incompatible avec l’humanité, la lucidité et la subtilité qui ressortent simultanément de la décision motivée du docteur Sanchez.

Nous lui renouvelons aujourd’hui encore toute notre confiance. Le refus du transfert de notre frère et oncle Vincent Lambert dans un autre centre hospitalier confirme une nouvelle fois qu’il reçoit des soins dignes et proportionnés à l’hôpital Sébastopol de Reims. C’est un soulagement puisque nous approuvons le fait qu’il reste dans cet hôpital public, là où le personnel soignant le connaît le mieux.

Nous attendons maintenant que la nouvelle décision prise le 9 avril soit enfin mise en œuvre, alors que de nouveaux «rebondissements», tous plus artificiels les uns que les autres, ne cessent d’interférer. Pour que les décisions prises concernant Vincent ne soient plus seulement théoriques ou caduques, mais qu’il puisse réellement et effectivement en bénéficier.

Joseph Lambert, frère de Vincent Lambert ; Marie Lambert, sœur de Vincent Lambert ; Guy-Noël Philippon, demi-frère de Vincent Lambert ; Frédéric Philippon, demi-frère de Vincent Lambert ; Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent Lambert ; Dominique Lambert, demi-frère de Vincent Lambert ; François Lambert, neveu de Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime28.06.18 19:29

Affaire Vincent Lambert : comment les milieux catholiques traditionalistes se sont mobilisés
Farouchement opposés à l'euthanasie, les parents de cet homme tétraplégique en état végétatif militent pour le maintien en vie de leur fils. Derrière eux, la mouvance catholique intégriste agit activement.

Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013.Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)
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Vincent Daniel
France Télévisions
Mis à jour le 20/06/2014 | 10:46
publié le 06/02/2014 | 15:27

La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi.

L'affaire oppose deux camps. D'un côté, les médecins, l'épouse et une partie de la famille de Vincent Lambert (des frères et sœurs, ainsi qu'un neveu) ont donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU. "Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça", a déclaré sa femme, estimant que le "laisser partir" constituait "un acte d'amour". De l'autre côté, les parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques et opposés à toute forme d'euthanasie, luttent contre "la mort programmée" de leur fils. Au delà de ce désaccord familial, l'affaire mobilise les réseaux catholiques traditionalistes.

"Ils utilisent la douleur de la mère de Vincent"
La mère de Vincent Lambert est proche de la fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste en rupture avec le Vatican. Une branche du catholicisme "farouchement opposée à l'abrègement de toute vie, au motif du sacro-saint 'Tu ne tueras point'", note Le Parisien (article payant). Le père, gynécologue, est un opposant actif à l'interruption volontaire de grossesse. Il a notamment dirigé l'association Laissez-les vivre dans l'Indre. Ensemble, ils appellent "les réseaux catholiques les plus sectaires 'à ne pas laisser faire cette mise à mort'", écrit Libération.

Pour le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, "les catholiques traditionalistes utilisent la douleur de la mère de Vincent pour en faire un combat politique". "Ils ont choisi des avocats proches de ce milieu, qui ont incité Viviane Lambert à faire un signalement au procureur pour tentative d'assassinat, lorsque le CHU de Reims a décidé d'interrompre les traitements, témoigne-t-il auprès du Parisien. L'épouse de Vincent a dû être entendue par la police, alors qu'elle a toujours été aux côtés de son mari depuis cinq ans dans cette épreuve." François Lambert précise que Vincent "avait pris de la distance avec [ce] milieu". Il témoigne aussi de la présence "d'une trentaine de militants intimidants" lors du procès à Châlons-en-Champagne, qui se seraient rendus par la suite au chevet de Vincent à l'hôpital pour "prier" pour lui.

Un avocat proche des milieux intégristes
Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux intégristes. Il a défendu de nombreux militants de la Manif pour tous. Il représente aussi l'institut Civitas, mouvement catholique intégriste qui se dit "engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ". Civitas s'est notamment illustré pendant l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Jérôme Triomphe a également été le conseil du magazine d'extrême droite Rivarol face au Front national, relève Metronews. Et l'avocat participe à des conférences organisées par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), un mouvement proche de l'extrême droite. Intitulé de son discours le 7 septembre 2013 : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste et à la répression policière, le combat de l’Agrif pour les libertés". "L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France", indique Metronews.

D'ailleurs, c'est Jérôme Triomphe qui a évoqué le premier le cas de Vincent Lambert. C'était sur Radio Courtoisie, en mai 2013. Les sites et blogs radicaux, proches la mouvance traditionaliste, ont ensuite relayé l'information. Parmi lesquels "Riposte catholique, Salon beige ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent", relève Le Monde (article payant) pour qui l'affaire "prend de fait une tournure politique et religieuse". Le 16 janvier, alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le président de l'Agrif (et ancien frontiste), Bernard Antony, a salué "avec émotion" cette décision. Et l'Agrif s'est félicitée "de ce que cette manœuvre de promotion de l’euthanasie par omission n’ait pu aboutir".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime28.06.18 19:45

est-ce vrai ?
si oui, pourquoi quelques autres cathos soit-disant normaux se mettent du côté de ces cathos intégristes à propos du début et de la fin de vie pour s'en séparer à propos de l'immigration ?
et " catholique " signifie " universel " ( en principe ).
Quand on les critique, ils  se disent "en recherche ".
Je suis en recherche, moi aussi, mais je n'impose pas mes idées aux autres...
L'étranger est celui qui veut entrer. Le mourant est celui qui veut sortir, partir. Qu'on foute la paix aux mourants
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime05.07.18 18:31

Vincent Lambert : trois nouveaux experts désignés
Vincent Lambert est hospitalisé depuis 2008 à l'hôpital Sébastopol de Reims. / ©️ MaxPPP

Le tribunal de Châlons-en-Champagne a révélé le nom des trois nouveaux experts qui devront se prononcer sur l'état de santé de Vincent Lambert. Les médecins devront rendre leur rapport avant le 31 octobre.

Par IG
Publié le 05/07/2018 à 12:21 Mis à jour le 05/07/2018 à 12:32

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait ordonné lundi 2 juillet une nouvelle expertise médicale de Vincent Lambert. Les trois nouveaux experts viennent d'être désignés. Il s'agit d'un neurochirurgien au centre hospitalier de Montpellier, d'un neurochirurgien qui exerce au Kremlin-Bicêtre à Paris et une médecin ORL spécialiste de la voix et de la déglutition au CHU de Toulouse.

Selon l'ordonnance du tribunal administratif daté du 3 juillet, les trois professeurs devront rendre leur rapport avant le 31 octobre 2018.

Les trois précédents experts avaient jeté l'éponge, invoquant diverses pressions dont ils auraient été les victimes ainsi qu'un manque flagrant de sérénité. Par un courrier daté du 10 juin, ils avaient demandé à être dessaisis de leur mission.

Les trois experts nommés dans l’affaire Vincent Lambert demandent leur désistement Les trois experts nommés dans l’affaire Vincent Lambert demandent leur désistement

Vincent Lambert, ancien infirmier en psychiatrie, est hospitalisé à l'hôpital Sébastopol de Reims, après un accident de la route en septembre 2008 près de Châlons-en-Champagne. Depuis cette date, sa famille se déchire sur son sort en multipliant les recours en justice.

D'un côté, la femme de Vincent Lambert, son neveu et plusieurs de ses frères et soeurs sont favorables à l'arrêt des traitements. De l'autre, ses parents, un frère et une soeur y sont fermement opposés.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime05.07.18 18:55

savez-vous que sur le web il existe des cathos soi disant de gauche tout en ayant les idées  de l'extrême-droite catholique ? Facile de mettre un lien... Tout est mélangé et çà donne envie de mourir, de s'endormir sans jamais plus se réveiller. Pas facile de faire une injection intraveineuse de chlorure de potassium à son chat. Pas facile non plus d'assister à son laisser mourir quand il ne mange plus ni ne boit plus. Dans un cas, c'est rapide, dans l'autre cas, çà dure. Le but est le même alors qu'importe les moyens ? De quoi avoir parfois envie de crever de rire, un rire bien jaune. Pitoyable !
à propos des chats, on les brûle vif en Chine pour les bouffer... L'Eglise ( catholique ) les a aussi brûlés au Moyen-Age. Quand on fait des fautes, on devrait ensuite fermer sa gueule...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime06.07.18 20:51

Finalement cette affaire Vincent Lambert, c'est très bien pour les uns et pour les autres
c'est sans issue et çà dure
pourvu que çà continue
c'est sans fin comme la salade empoisonnée de Léonetti
chacun y goûte avec jouissance ou dégoût
seulement ce sont tjrs les mêmes qui ne ferment pas leur gueule
Il y en a qui devraient être morts depuis un  certain  temps déjà
inutile de mettre quelques initiales
rien de nouveau sous le soleil
merci à Salah Abdeslam qui a voulu casser le système
il ne s'agit pas d'être pour ou contre l'euthanasie ou les soins palliatifs
il s'agirait plutôt d'arrêter de dérailler hypocritement...
car "on" aurait pu faire en sorte que Salah Abdeslam ne soit jamais médiatisé... et "on" ne l'a pas fait...
comme "on" aurait pu empêcher Léonetti de refaire sans cesse une version de sa loi de 2005... et "on" ne l'a pas fait...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime06.07.18 21:03

Vincent Lambert: dix ans dans l'impasse
Publié le 28/09/2018 | AFP
Vincent Lambert: dix ans dans l'impasseVincent Lambert: dix ans dans l'impasse © AFP/Archives / FRANCOIS NASCIMBENI

Dix ans que les autres parlent pour lui: Vincent Lambert a fêté en septembre ses 42 ans, dont dix comme patient tétraplégique au CHU de Reims (Marne) sans que ses proches, déchirés par des valeurs contraires, ne s'accordent sur son sort qui fait écho au débat sur la fin de vie.

Les anniversaires défilent mais sa vie ne lui appartient plus depuis ce 29 septembre 2008, jour où la voiture de Vincent Lambert, 32 ans, marié et père de famille, a percuté un arbre.

Cet accident, sur une petite route près de Châlons-en-Champagne (Marne), a laissé cet infirmier psychiatrique cérébrolésé et tétraplégique. Cinq ans plus tard, le début de la bataille judiciaire autour de son maintien en vie ou non le propulse sur le devant de la scène médiatique: son cas devient une affaire.

Au moment de la première tentative d'arrêt des soins en 2013, "les médecins ont arrêté la nutrition mais continué l'hydratation: c'était une erreur. S'ils n'avaient pas fait ça, il n'y aurait pas d'affaire Lambert, parce qu'il serait mort", confie à l'AFP Bernard Devalois, directeur du Centre de recherche bientraitance et fin de vie, relié au centre hospitalier de Pontoise (Val d'Oise).

Outrés d'apprendre le traitement réservé à leur fils, ses parents obtiennent par décision de justice le rétablissement de l'alimentation, car aux yeux de Pierre et Viviane Lambert, catholiques proches des milieux intégristes, cette option est tout simplement inenvisageable.

La deuxième procédure d'arrêt des traitements, menée comme la précédente par le Dr Kariger en 2013, n'a jamais été mise en oeuvre, avortée par le manque de réactivité de l'hôpital et engloutie sous les recours juridiques, malgré les lésions cérébrales "irréversibles" pointées par le Conseil d'Etat en 2014, puis l'avis favorable de la Cour européenne des droits de l'Homme en 2015.

L'administration du CHU de Reims n'a, selon le Dr Devalois, qui fut expert consultant dans cette procédure collégiale, "pas brillé par un courage émérite" et gère le dossier "les deux pieds sur le frein", plaçant les médecins en première ligne. Deux ont jeté l'éponge face aux pressions, l'actuel a déjà reçu des menaces.

"Légume"
"Vincent m'avait dit +Ma hantise, c'est de finir comme un légume+. Il avait ce côté absolu, indépendant", avait confié son neveu François Lambert, décidé à faire respecter, à l'instar de cinq frères et soeurs du patient et de son épouse Rachel, son refus d'un acharnement thérapeutique, une volonté que son oncle n'a toutefois jamais écrite.

De Belgique où elle s'est réfugiée loin des soubresauts de l'affaire, sa femme et tutrice légale depuis 2017 vient à l'hôpital de Reims voir un mari pas tout à fait absent, pas vraiment présent non plus... C'est toute la complexité de l'état de conscience minimale.

Il reçoit parfois de curieuses visites comme celle, le 5 juin 2015, d'un membre de son comité de soutien, opposé à l'euthanasie, qui le filme pour prouver sa supposée capacité à déglutir ou à suivre des yeux un interlocuteur.

"On va te faire sortir de là, c'est injuste", lui dit alors au téléphone sa mère, qui écrira plus tard en 2018, dans une lettre ouverte au président Emmanuel Macron, sa crainte que son fils "handicapé" mais "vivant" puisse être "sacrifié pour faire un exemple".

Cette vidéo qui expose l'intimité d'un homme sur son lit d'hôpital totalise à ce jour plus de 700.000 vues.

Il faudrait que Vincent Lambert soit transféré dans une unité spécialisée, qu'il soit rééduqué et qu'il ait une "vie sociale" car il a montré des "progrès", sources "d'évolutions majeures", ont plaidé à maintes reprises les avocats des parents devant les tribunaux.

Le cas Lambert, symbole malgré lui du débat sur la fin de vie, fédère un agglomérat de "la catho-fachosphère, qui n'est pas l'église catholique, mais un mouvement intégriste doté d'une puissance sur les réseaux sociaux", estime M. Devalois, soulignant que "dans un Etat de droit", on assiste à "l'acharnement juridique extrêmement intelligent de la part des +pro-life+".

De recours en référés, cette partie s'appuie sur l'arsenal juridique à sa disposition et, même après l'échec d'obtenir la tutelle ou le refus de pouvoir transférer le patient vers un autre établissement, n'abdique jamais.

Consensus "illusoire"
Depuis dix ans, l'hôpital est le purgatoire de Vincent Lambert, pris au piège dans ce "corps souffrant", selon son médecin du CHU, le Dr Vincent Sanchez.

Se réveiller et s'endormir, cligner des yeux, émettre quelques sons, déglutir: est-ce cela, vivre ? Au terme d'une nouvelle procédure collégiale -la quatrième en cinq ans- celui-ci a décidé que non et conclu, le 9 avril, à l'arrêt des soins comme le prévoit la loi Claeys-Leonetti, en vertu de "l'obstination déraisonnable" faite au patient, selon ses observations.

Pourtant, une nouvelle expertise a été demandée par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, saisi par les parents. La valse des experts -nomination, désistement, re-nomination- pour la réaliser a repoussé la remise du rapport, attendu fin octobre.

A l'intérieur de ce mélodrame familial, les lignes se sont tendues, ce qui fait dire à Gérard Chemla, avocat de François Lambert, que "tout ce qui va vers un consensus et une médiation est complètement illusoire". Dix ans après, chacun reste barricadé dans son camp, retranché derrière sa douleur et ses convictions.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime08.10.18 16:01

ETHIQUE

"10 ans, 3650 jours environ, 87 600 heures, 5 256 000 min..."
08.10.18 Mise à jour le 08.10.18

Le 29 septembre dernier, le collectif "Laissons partir Vincent, soutien à Rachel Lambert", créé par les anciens étudiants infirmiers qui ont côtoyé Vincent Lambert durant leurs années d'étude, groupe destiné à toute les personnes qui souhaitent "laisser partir Vincent" et qui soutiennent la décision de la Cour européenne des droits de l'homme prise en 2015 à cet effet, a adressé une lettre à Vincent, marquant ainsi un bien triste anniversaire : 10 années passées depuis son accident, inerte au fond d'un lit. Nous la publions* ici.

Lettre à mon ami Vincent...
pendules multiples
"Vincent, tu as eu 42 ans il y a quelques jours, c'était le 20 septembre. Cela fait 10 ans que tu as eu ton accident... et depuis..."

10 ans... En ce jour du 29 septembre 2018, cela fait 10 ans que tu as eu ton accident. Tu as eu 42 ans il y a quelques jours, c'était le 20 septembre. 10 ans ... Un quart de ta vie... Je pense à toi... Nous pensons à toi. J'avais espéré ne plus avoir à te parler ou à t'écrire. Faut-il encore y croire ? La prochaine échéance est fixée au 31 octobre 2018, date à laquelle les experts devront pour une énième fois nous faire part de ton état... Comment, en 2018, certaines personnes peuvent encore croire que tu vas t'en sortir ? C'est mal connaître le corps humain et les conséquences irréversibles qui touchent tes articulations et tous tes membres. Ton corps se recroqueville petit à petit. Lentement tu te remets en position foetale. Certains patients en souffrent tellement qu'il est parfois nécessaire de leur sectionner des tendons. Des soins en continu 24h/24 ou des séances de kinésithérapie journalières n'y changeraient rien... Nous l'avons tous vu ou observé de nos propres yeux ; nous qui soignons depuis des années des personnes à l'hôpital ou dans les différentes structures de soin. Je suis infirmier... toi aussi... Rachel aussi... et tous les membres du collectif 55.

Il y a plus de 20 ans, tu avais décidé d'aider les autres quand nous nous sommes rencontrés à l'école d'infirmiers ; c'était en 1996.

10 ans, 3650 jours environ, 87 600 heures, 5 256 000 min ! J'invite les personnes qui croient encore à ton rétablissement à regarder le plafond de la pièce où ils se trouvent pendant 1 minute. Toi qui contemple ce plafond depuis 10 ans... C'est long, c'est même très long à regarder ce plafond fixement. C'est même douloureux. Cette douleur, il faut la multiplier par 5 millions pour éprouver ce que tu ressens. Bref, on préfèrerait tous ne plus être présent physiquement plutôt que d'avoir à endurer cette douleur.

Mais toi, tu es toujours là... Sûrement à cause de ce satané principe de précaution si cher au pays développé dont la France fait soi-disant partie. J'ai honte d'être dans un pays sous-développé quand il s'agit de parler de la fin de vie, de l'euthanasie, du suicide assisté ou simplement du droit à mourir. Mais j'y crois encore... Tu devras encore patienter un peu. Ton cas fera jurisprudence. Grace à toi, d'autres ne souffrirons plus... ou moins longtemps. Il y a ceux qui voudront partir comme est parti Vincent Lambert après un long combat... Il y a ceux qui voudront partir pour ne pas que leur combat dure aussi longtemps que celui de Vincent Lambert...

Il y a plus de 20 ans, tu avais décidé d'aider les autres quand nous nous sommes rencontrés à l'école d'infirmiers ; c'était en 1996. Prendre soin... Tu continues sans le vouloir à prendre soin des autres grâce aux souffrances que tu endures. Merci pour eux.

C'était mon avant dernière lettre. Je te parlerai une dernière fois. Ce sera quand ton coeur aura cessé de battre. Ce jour là, tu seras soulagé. On t'aura enfin respecté.

Je t'embrasse et j'embrasse aussi les tiens et principalement Rachel et ta princesse. Ton ami.

*Une pétition adressée au président Macron intitulée “Pour la fin des souffrances de Vincent Lambert” sera également mise en ligne dans les heures qui viennent sur le site change.org

Vincent Caruel, porte-parole du collectif 55. Lettre publiée sur la page facebook "Laissons partir Vincent, soutien à Rachel Lambert", le 29 septembre 2018.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime08.10.18 23:18

V.L.
pour ou contre Léonetti ?
catho intégriste ou catho classique ?
Le reste n'est que banalité, mis à part la médiatisation
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime12.10.18 19:33

Affaire Vincent Lambert : une pétition adressée à Emmanuel Macron pour "le laisser partir"
Dix ans après son accident, 55 amis de Vincent Lambert ont adressé une pétition au Président de la République pour mettre fin à ses jours.
Une voiture du CHU de Reims, où Vincent Lambert est pris en charge
Crédit : AFP
William Vuillez
Journaliste RTL
PUBLIÉ LE 12/10/2018 À 13:15
Plongé dans le coma puis en état de conscience minimale après un accident de la route en 2008, cela fait maintenant 10 ans que Vincent Lambert est cloué dans son lit d'hôpital. Symbole du débat sur l'euthanasie, l'affaire Vincent Lambert avait poussé en 2015, la Cour Européenne des droits de l'Homme à statuer en faveur de l'arrêt des soins.

3 ans plus tard, le collectif 55, composé d'amis et d'anciens étudiants infirmiers qui ont côtoyé Vincent Lambert, a rédigé une pétition destinée au président de la République pour "laisser partir Vincent". "Ça suffit ! Cette histoire doit s'achever médiatiquement et juridiquement. Les décisions de Justice passées en faveur de l'arrêt des soins ont été bafouées. Les volontés de Vincent doivent être respectées et il est temps de le laisser partir...", demande le collectif dans cette pétition relayée par l'Union.

"J'invite les personnes qui croient encore à ton rétablissement à regarder le plafond de la pièce où ils se trouvent pendant 1 minute. Toi qui contemple ce plafond depuis 10 ans..." écrit encore Vincent Caruel, un ami proche de la victime sur Facebook. Les experts en charge d'étudier le cas Vincent Lambert, ont jusqu'au 31 octobre, pour déposer leur rapport.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-la-fin-des-souffrances-de-vincent-lambert
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime30.10.18 13:19

Où commence «l’obstination déraisonnable» dans les soins des patients en état végétatif?
Valérie Depadt — 13 avril 2018 à 16h59 — mis à jour le 13 avril 2018 à 16h59

Comment fonctionne la prise en charge des patients en état d’éveil «non-répondant» ou «état végétatif».
Marcelo Leal via Unsplash CC License by
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La fin de vie s’invite dans le débat public, tandis que la consultation en ligne des États généraux de la bioéthique reste ouverte jusqu’au 1er mai. Tout citoyen peut y poster ses propositions sur le thème «prise en charge de la fin de vie». Valérie Depadt, maître de conférences en droit à l’université Paris 13, a codirigé avec Karine Lefeuvre, professeure en droit privé à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), l’ouvrage Protéger les majeurs vulnérables, quels nouveaux droits pour les personnes en fin de vie? paru récemment aux Presses de l’EHESP. Elle a sollicité le témoignage de Anne-Claire de Crouy, médecin en service de rééducation post-réanimation (hôpitaux universitaires Paris-Sud Kremlin-Bicêtre), dont nous publions ici un extrait.

L’état d’éveil «non-répondant» ou «état végétatif» est un terme utilisé pour décrire la situation clinique de patients victimes de lésions cérébrales sévères. À l’issue de la réanimation, l’interaction de ces patients avec l’environnement est insuffisante pour établir la réalité d’une conscience, et encore moins la compréhension du langage. Ces patients n’ont pas d’autre assistance qu’une alimentation entérale simple par sonde naso-gastrique, ou directement dans l’estomac par gastrostomie. Il faut plusieurs mois pour considérer cet état comme stable et le nommer «chronique» ou «persistant».


Entre l’accident et la constatation de ce handicap chronique d’une extrême gravité, le patient bénéficie donc de soins d’urgence, de réanimation, de rééducation et chaque équipe s’acharne à bien soigner, à engager en conscience les soins nécessaires sans négliger le contexte particulier de son intervention.

L’évolution des techniques de neuro-réanimation permet d’écourter les durées de soins sous sédation et de débuter les soins de rééducation dès la réanimation. De cette évolution sont nées les unités de Soins de rééducation post-réanimation (SRPR), au sein desquelles les médecins réanimateurs et ceux de Médecine physique et de réadaptation (MPR) travaillent en collaboration afin de développer des soins innovants.

Ces soins visent essentiellement le mieux-être des patients victimes de lésions neurologiques sévères cérébrales et/ou médullaires, c’est-à-dire de la moelle épinière. Dans ce contexte, les soignants des deux spécialités partagent leurs techniques et dialoguent, avec une représentation des soins très différente car liée à leur culture professionnelle. Cette dualité d’approche favorise, sans aucun doute, le débat éthique.

Des patients particulièrement fragiles durant les premières heures
Il est important de comprendre qu’un patient atteint d’une lésion cérébrale sévère comme un traumatisme crânien grave, un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique ou ischémique (manque d’apport d’oxygène dans le cerveau), doit être pris en charge en urgence par une équipe de neuro-réanimation, capable de mettre en place des soins et une surveillance cérébrale spécifiques. C’est le seul moyen de diminuer la mortalité, mais surtout la morbidité (état de maladie) et donc le handicap lié à ces accidents. Ces patients sont particulièrement fragiles durant les premières heures qui suivent leur atteinte cérébrale aiguë. Il est donc indispensable, dès l’apparition des premiers symptômes, d’engager des soins intensifs appropriés (SAMU, pompiers…).

Pour une bonne prise en charge précoce, il est également indispensable de lutter contre les «prophéties auto-réalisatrices» (self fulfilling prophecies). En d’autres termes, on sait aujourd’hui que le fait de dire, de penser ou d’écrire qu’un patient va probablement mourir peut entraîner véritablement sa mort. Le pessimisme transmis à l’équipe ne lui permet pas de faire les soins comme si elle n’avait aucune idée préconçue.

Ces situations sont extrêmement courantes en neuroréanimation et ont été particulièrement étudiées dans les hématomes intracrâniens (HIC). Dans une population admise à l’hôpital pour ce type d’hématome récent, le simple fait d’informer la chaîne de soins (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants) qu’il ne sera pratiqué aucune réanimation en cas d’arrêt cardiaque, double la mortalité des patients comparée aux mêmes patients sans transmission d’ordre éthique, selon une étude publiée en 2007.

On sait aujourd’hui que le fait de dire, de penser ou d’écrire qu’un patient va probablement mourir peut entraîner véritablement sa mort.

L’influence des décisions éthiques précoces sur la mortalité est telle que le simple fait d’imposer à une équipe d’attendre 5 jours pour discuter d’une telle décision, divise par 2 (de 50 à 20 %) la mortalité prédite, sans aggraver la morbidité de patients victimes des hématomes intercrâniens, selon une étude publiée en 2015. On observe un phénomène comparable dans la prise en charge dans les premières heures des patients traumatisés crâniens.

Il n’y a donc pas «d’obstination déraisonnable» a priori; les traitements sont invasifs mais nécessaires à ce moment où le pronostic est terriblement incertain.


Discuter en équipe pour ne pas tomber dans l’obstination déraisonnable
Après cette première étape d’accueil et de stabilisation des fonctions vitales, le patient est admis en réanimation où la notion d’équipe est extrêmement forte. L’organisation même de la continuité des soins intensifs de jour, de nuit, week-end et jours fériés, les repos de garde, nécessitent un relais quotidien auprès du patient. Les transmissions sont faites devant toute l’équipe et chaque décision peut donc être discutée, y compris a posteriori. Les réanimateurs se battent donc en équipe, avec leurs collègues –neurochirurgiens, neuro-radiologues…– pour administrer ces soins le plus rationnellement possible, sans tomber dans l’obstination déraisonnable.

Chaque médecin tente de pondérer sa pratique en fonction de sa compétence et du plateau technique disponible, du projet de soin négocié avec le patient et sa famille, ainsi que de sa culture professionnelle. Il n’existe pas de moment précis auquel un médecin décide un acharnement thérapeutique: c’est une suite de glissements qui font interroger a posteriori cette notion. Dans l’après-coup, on peut observer que l’excès ou l’insuffisance de telle ou telle prise en charge a conduit à une situation de handicap regrettable ou à un décès prématuré que personne n’a choisi. En ces cas, la peur de l’échec risque de conduire à une abstention systématique coupable pour les patients les plus à risque de «mauvais résultat».

Après quelques semaines de soins de réanimation, le pronostic fonctionnel se dessine et notamment le mauvais pronostic avec l’apparition d’un éveil végétatif, c’est-à-dire une alternance veille-sommeil sans autre signe objectif de conscience. Dans cette période s’ouvre, en équipe et avec les proches, la discussion concernant la Limitation des thérapeutiques actives de réanimation (LATA). Dès que possible, le médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) est sollicité pour mettre en place les soins nécessaires au confort du patient. Après quelques semaines, les patients qui survivent à cette période de réanimation sont transférés dans l’unité de SRPR pour améliorer les soins de confort et organiser la sortie de l’hôpital.

À LIRE AUSSI L’affaire Vincent Lambert, preuve de l’impuissance du droit aux frontières de la vie

Le nécessaire concours des proches dans l’élaboration d’un projet de vie et de soins
Dans la situation habituelle d’un patient, classiquement jeune, victime d’un accident ayant entraîné une lésion cérébrale sévère, aucune directive anticipée n’a été rédigée, pas plus qu’une personne de confiance n’a été désignée.

Introduite dans la loi de 2002 relative aux droits des malades, la personne de confiance est régie par l’article L. 1111-6 du Code de la santé publique 21. La loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Leonetti, fait aussi référence en son article 5, à la personne de confiance.

Mais en l’absence de personne de confiance, la loi ne propose aucune hiérarchie parmi les proches auxquels le médecin se trouve confronté. L’équipe médicale va alors chercher une ou plusieurs personnes, désignées par la famille, qui peuvent témoigner de ce qu’aurait pu souhaiter le patient pour lui-même. Cette démarche est effectuée par l’équipe de réanimation dès l’admission du patient pour discuter les soins intensifs, le pronostic fonctionnel et éventuellement un arrêt des soins de réanimation.

Malgré le délai depuis l’accident à l’arrivée à l’unité de SRPR, c’est avec certaines incertitudes qu’on rencontrera les proches du patient. En effet, même dans une situation très sévère, le pronostic fonctionnel est en partie inconnu. Si l’on peut sans risque prédire des séquelles très graves associant des troubles neuro-moteurs et cognitifs du comportement, personne ne peut décrire la gravité précise des séquelles pour un patient précis qui sort de réanimation.

Ce flou, inévitable, risque d’entretenir chez les proches des croyances de récupération miracle alors que la gravité des séquelles et la perte totale d’autonomie sont, elles, diagnostiquées de façon certaine. De plus, ces types de séquelles sont mal connus du grand public et il faut parfois du temps à l’entourage pour comprendre l’ampleur des troubles et, soit imaginer pour leur proche une nouvelle façon de vivre avec ce handicap, soit refuser cette forme de vie qui peut n’apparaître que douloureuse.

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La demande d’arrêt des thérapeutiques actives, rare à ce stade
Dans les faits, il est très rare qu’une famille demande en rééducation une limitation ou un arrêt des soins, même dans des situations de handicap extrême. À ce moment de leur histoire, la famille s’est le plus souvent centrée autour du handicap et en a accepté le poids avec fatalisme.

La durée d’hospitalisation en rééducation est en général de quelques mois et se prolonge par la prise en charge dans un lieu de vie médicalisé, de type institution médico-sociale. Pour éviter que ces patients en état végétatif chronique (EVC) ou état pauci-relationnel (EPR) n’attendent trop longtemps dans des services de soins tout à fait inadaptés à leur état, depuis 2002, une circulaire organise l’accueil des patients dans des unités de vie spécialement pensées pour eux.

Cette circulaire précise :

«On parle d’ "état végétatif chronique" lorsque cette situation perdure au-delà d’un délai variable selon la pathologie causale (3 à 6 mois pour les états végétatifs d’origine médicale, 12 à 18 mois pour les états végétatifs d’origine traumatique) avec un espoir devenu minime d’une évolution vers un retour à la conscience.»

Les services de médecine physique et de réadaptation sont donc appelés à faire une proposition de soins adaptés. Dans un état végétatif ou pauci- relationnel, le patient ne peut pas participer volontairement aux soins de rééducation et les objectifs se résument à des soins de confort et de stimulation. Mais le corps d’une personne avec une lésion cérébrale aussi sévère nécessite beaucoup de soins, tant pour éviter des escarres et des rétractions musculo-tendineuses et articulaires potentiellement douloureuses, que pour tenter un sevrage de la canule de trachéotomie.

Ce type de soins demandant aux soignants un investissement important en temps et en énergie, il se produit un attachement très particulier à ce corps/patient qui est le réceptacle de toutes sortes de projections.

Par ailleurs, le confort nécessite qu’on organise les soins infirmiers, de kinésithérapie, d’ergothérapie, d’orthophonie, de psychomotricité, de façon à respecter l’alternance entre le jour et la nuit, entre l’activité et le repos. De plus, on installe le patient dans un fauteuil roulant manuel adapté pour qu’il puisse être sorti de sa chambre, bénéficier d’ambiances lumineuses et sonores variées. Ce type de soins demandant aux soignants un investissement important en temps et en énergie, il se produit un attachement très particulier à ce corps/patient qui est le réceptacle de toutes sortes de projections. De ce fait, il se développe souvent un lien spécifique entre la famille et les soignants, solidaires dans les soins d’hygiène et de confort, qui échappe le plus souvent au médecin.

S’interroger régulièrement sur le niveau de soin raisonnable
Pourtant l’équipe de rééducation qui prend en charge le patient doit régulièrement interroger, en équipe et avec les proches, le niveau de soin raisonnable compte tenu du handicap déjà constitué. Il existe en effet un risque majeur d’obstination déraisonnable. Ces patients sont à haut risque de complications thrombo-embolique, respiratoire, épileptique, infectieuse… mais leur manque d’autonomie fait que ces complications sont généralement rapidement détectées et prises en charge médicalement.

Il ne s’agit pas, à proprement parler, de rédiger avec les proches ce qui pourrait constituer des «directives anticipées», mais de tracer dans le dossier du patient des consignes claires qui permettront d’éviter des soins excessifs en l’absence du médecin référent du patient, notamment la nuit et le week-end. La famille doit comprendre le sens de cette limitation des soins, d’autant plus que les proches peuvent s’opposer à la limitation et/ou l’arrêt des soins pour des raisons dogmatiques, sans lien avec la réalité médicale et aucune référence à la vie qu’aurait pu souhaiter le patient pour lui-même. Il faut parfois beaucoup de temps et des entretiens répétés pour parvenir à déterminer un niveau de soins raisonnable. Classiquement, on propose de ne pas réengager des soins de réanimation et d’intensifier les soins de confort, ce qui permet le plus souvent de garder le patient dans le service qui le connaît, y compris pour des soins de fin de vie.

Les SRPR sont des espaces de soin hybrides qui organisent la collaboration des soignants de réanimation et de médecin physique et de réadaptation, ce qui permet de croiser des cultures professionnelles aux visées très différentes et d’enrichir le débat éthique. Nous défendons l’idée que le passage de la réanimation au SRPR des patients en état végétatif chronique et pauci-relationnel ne doit pas conduire à éluder la question du niveau de soins raisonnable dans cette situation de vie atypique. Et cela demande un effort particulier.

À LIRE AUSSI L'euthanasie ou le courage de la lucidité

En effet, malgré la continuité dans la prise en charge, l’intention de soin change entre les deux unités. On passe de soins d’urgence et de réanimation qui permettent de sauver la vie et tentent de limiter le handicap à des soins de confort. La temporalité n’est pas la même et les soignants comme les proches trouvent un sens aux soins qu’ils apportent à cette personne totalement dépendante d’eux. Cette façon d’accueillir la vie ne doit pas nous faire oublier notre responsabilité vis-à-vis de la personne handicapée, incapable de communiquer et de faire entendre son point de vue sur les soins entrepris et poursuivis après la réanimation. Paradoxalement, en l’absence de réflexion élaborée et tracée dans le dossier de soins, le patient risque de subir des examens et des traitements abusifs.

The ConversationIl paraît donc important, dès l’admission au SRPR, de continuer à discuter entre soignants et avec les proches sur les soins à ne pas engager pour permettre d’assumer une complication éventuellement létale dans un espace de soins respectueux du confort du patient.

The Conversation

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime02.11.18 11:50

Affaire Vincent Lambert: quels sont les différents degrés de conscience après un traumatisme ?
SANTÉ Car il existe bien différents états de conscience à la suite d'un traumatisme ou d'un AVC massif…

Coline Clavaud-Mégevand
Publié le 11/06/15 à 20h40 — Mis à jour le 11/06/15 à 20h40

Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert, devant la presse le 5 juin 2015 à Strasbourg — PATRICK HERTZOG AFP
L’affaire Vincent Lambert a connu mercredi une nouvelle polémique avec la publication d’une vidéo où l’on voit le jeune homme sur son lit d’hôpital. Un moyen selon l’ami qui a tourné ces images de montrer que « Vincent n’est pas un légume en fin de vie » et qu’on observe chez lui des réactions aux stimulus. Pour le Docteur Vincent Morel, pneumologue et président de la Société Française de Soins Palliatifs, réagir et être conscient sont deux choses bien différentes.

Une partie de la famille de Vincent Lambert a voulu montrer qu’il avait des réactions. Un signe qu’il est conscient ?
Il existe schématiquement 4 états de conscience. Le premier, dans lequel nous sommes a priori vous et moi, est l’état de pleine conscience. Le deuxième est le locked-in syndrome, où le patient, généralement après un AVC massif, est en plein état de conscience, mais reste incapable de communiquer autrement que par des mouvements d’yeux. Le troisième est l’état pauci-relationnel : le patient connaît une paralysie et possède un degré de conscience faible, plus ou moins fluctuant. C’était l’état de Vincent Lambert lorsque des tests ont été pratiqués en Belgique. Il y a enfin l’état végétatif, où il n’y a plus du tout de conscience.

Dans ces quatre états, on observe des réactions du corps qui sont des réflexes. Si on vous cogne le genou, votre pied va se lever, mais « l’ordre » est passé de la jambe à la moelle épinière jusqu’au pied, jamais par le cerveau. Ces mouvements ne sont donc pas un indicateur du degré de conscience.

Comment définir dans quel état est le patient ?
Le corps médical possède des grilles pour ces différents états. Le premier est évident à définir. Pour le deuxième, on sait que certains types de lésions provoquent des locked-in syndrome et on observe que la personne réagit, communique avec ses yeux. Pour les deux cas suivants, l’équipe médicale va répéter en permanence des séries de tests. On va part exemple faire du bruit 5 fois près de l’oreille patient ou lui montrer un miroir. Si on observe à chaque fois des réactions appropriées et qu’elles se reproduisent quand on refait les exercices, on peut les associer à un état de conscience. En plus de ces tests cliniques, on fait aussi des IRM, des tep scans… afin d’identifier des lésions ou des connexions dans le cerveau du patient, mais aussi des réponses à des stimulus qui apparaissent lors de ces tests.

Existe-t-il également des grilles pour évaluer la douleur du patient mais aussi les espoirs de le voir aller mieux ?
En matière de prise en charge de la douleur, les traumatismes et les AVC peuvent altérer le parcours de la douleur, donc la règle est le principe de précaution. On observe toutes les réactions du patient, on traite au moindre doute. Pour ce qui est des évolutions, il existe pour le corps médical 3 possibilités : la stabilité, l’amélioration, la dégradation, en fonction de quoi on prend des décisions. Dans le cas de Vincent Lambert, la Cour des droits de l’homme a fait son choix en observant que son état s’était malheureusement dégradé, est qu’il est actuellement végétatif sans chance d’amélioration.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime22.11.18 10:31

[size=49]Les experts confirment l’« état végétatif chronique irréversible » de Vincent Lambert
Ils avaient été mandatés par le tribunal administratif, en avril, pour déterminer l’état du patient avant de se prononcer « définitivement » sur l’arrêt des soins.[/size]

Publié aujourd’hui à 00h11, mis à jour à 09h58
L’hôpital Sébastopol à Reims, où Vincent Lambert est hospitalisé depuis 2008. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Les experts mandatés par la justice confirment que l’« état végétatif chronique irréversible » de Vincent Lambert ne lui laisse plus « d’accès possible à la conscience », une conclusion qui pourrait faire basculer la bataille judiciaire autour d’un éventuel arrêt des soins. A 42 ans, dont dix passés sur un lit d’hôpital après un accident de voiture en 2008, Vincent Lambert est bel et bien dans « un état végétatif chronique irréversible », écrivent ces trois experts dans leur rapport datant du 18 novembre et dont l’agence France-Presse (AFP) a obtenu copie mercredi 21 novembre.

Nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, ils étaient chargés de se prononcer sur l’état du patient et son évolution depuis 2014, date de la dernière expertise officielle. Un préalable requis avant l’éventuel déclenchement d’une procédure d’arrêt des soins, demandée depuis le 9 avril par le CHU de Reims où le patient est hospitalisé« Vincent Lambert est dans un état d’incapacité fonctionnelle psychomotrice totale en 2018 comparable cliniquement à celui enregistré en 2014 », ont-ils tranché, en ajoutant que « des éléments minimes d’aggravation ont été enregistrés ».

Une famille déchirée


Ce père de famille, ancien infirmier psychiatrique, a été examiné à deux reprises, à 16 heures d’intervalle, le 7 septembre au soir et lendemain matin, en présence des médecins-conseils des différentes parties, qui se déchirent sur le sort du patient. Car au cœur de ce drame familial se joue une guerre de tranchées entre les proches de Vincent Lambert, chacun restant campé sur ses positions depuis la première tentative, avortée, d’arrêt des soins, en 2013.

Cette expertise avait été demandée par les parents Lambert, catholiques proches des milieux intégristes, et une partie de sa fratrie, qui considèrent que Vincent est « handicapé »mais a fait « des progrès ». Sa « situation d’impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles » lui interdit « toute qualité de vie » et ne rend « plus d’accès possible à la conscience », relèvent toutefois les experts.

Leur rapport, qui fait transparaître la ligne de crête sur laquelle il repose depuis une décennie, note que « la limitation extrême ou totale de ses capacités d’accès à la conscience, de communication, de motricité, d’expression de sa personnalité, l’altération irréversible de son image lui portent atteinte à un point qui n’est pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice »Rachel Lambert se bat pour faire respecter la volonté de son mari qui, selon elle, n’aurait pas voulu d’acharnement thérapeutique, même s’il n’a jamais couché cette volonté sur le papier.

Aucune obstination déraisonnable


« Ce n’est pas une surprise qu’il n’aille pas mieux, le débat ne porte pas sur son état médical, il n’y a pas de doute là-dessus », a réagi mercredi soir auprès de l’AFP François Lambert, son neveu, également favorable à l’arrêt des soins.

Mais, sur certains points, les experts sont plus nuancés : ils avancent que la prise en charge du patient à travers ses « besoins fondamentaux primaires ne relève pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable », élément-clé de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. A leurs yeux aussi, la condition médicale de Vincent Lambert « n’appelle aucune mesure d’urgence » et « il existe en France des structures pouvant l’accueillir jusqu’à sa disparition si le maintien au CHU de Reims s’avérait impossible pour des raisons autres que relevant de la simple technique médicale ».

« Nous rejoignons l’avis des experts quant à la nécessité de transférer enfin Vincent dans un établissement spécialisé »pour qu’il ait « accès aux meilleurs soins », a déclaré à l’AFP MJean Paillot, l’un des avocats des parents du patient en livrant sa propre analyse du rapport. Cette requête a toutefois déjà été rejetée par la justice.

Ce rapport pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère dans la bataille judiciaire concernant Vincent Lambert, dont le sort est depuis cinq ans noyé sous les recours juridiques et phagocyté par le débat sur la fin de vie.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime22.11.18 10:41


[size=45]"Il faudrait que ça s'arrête" : le neveu de Vincent Lambert demande la fin de la bataille judiciaire après la dernière expertise


 10h19, le 22 novembre 2018, modifié à 10h31, le 22 novembre 2018[/size]


Les experts mandatés par la justice viennent de conclure que l'"état végétatif chronique irréversible" de Vincent Lambert ne lui laisse plus "d'accès possible à la conscience". Pour son neveu, interrogé jeudi sur Europe 1, "on ne peut pas faire des rapports à longueur de temps pour ensuite dire que l'on continue."



TÉMOIGNAGE EUROPE 1
L'état de santé de Vincent Lambert ne s'est pas amélioré : les experts mandatés par la justice ont confirmé que son "état végétatif chronique irréversible" ne lui laisse plus "d'accès possible à la conscience". Cette conclusion pourrait faire basculer la bataille judiciaire autour d'un éventuel arrêt des soins. Pour François Lambert, le neveu de cet infirmier psychiatrique sur un lit d'hôpital depuis son accident de voiture en 2008, "l'expertise dit en gros ce qui était dit en 2014, en 2011, si ce n'est que l'état de santé de Vincent se dégrade, parce qu'il va se dégrader jusqu'à ce qu'il meure."

"Cercle vicieux". La bataille judiciaire autour du cas de Vincent Lambert devrait en tout cas se poursuivre, avec d'un côté ses parents et une partie de la fratrie, opposés à l'arrêt des soins, et de l'autre sa femme, qui veut éviter un "acharnement thérapeutique", expression que les experts ne reprennent pas dans leurs dernières conclusions. Favorable à l'arrêt des soins, François Lambert anticipe que, "très vraisemblablement, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne dira que l'on s'acharne sur Vincent. La question est de savoir si la décision sera appliquée ou pas, parce qu'on est dans une espèce de cercle vicieux, chaque procédure alimente celle d'après", comme il l'a regretté auprès d'Europe 1.Un rapport "insoutenable". D'où un ras-le-bol autour de la guerre de tranchées qui dure entre les deux camps : "Ça suffit, ce n'est pas le tout de constater qu'on s'obstine sur un patient", réclame-t-il. "Médicalement, c'est quand même ultra-violent quand vous lisez les rapports. Si vous avez un temps soit peu d'affection pour cette personne, c'est quand même assez insoutenable. On ne peut pas faire des rapports à longueur de temps, tous les quatre ans, pour ensuite dire que l'on continue. Il faudrait que ça s'arrête."

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime22.11.18 10:56

Vincent Lambert : "Mon fils n'est pas en fin de vie", martèle sa mère sur RTL

DOCUMENT RTL - La mère de Vincent Lambert, en "état végétatif chronique" depuis 10 ans, ne veut pas tenir compte du caractère "irréversible" de l'état de son fils auquel conclut un rapport d'experts.


PUBLIÉ LE 22/11/2018 À 09:42
Des experts nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ont conclu à l'irréversibilité de l'état de Vincent Lambert, 42 ans, dont dix passés dans un lit d'hôpital. L'homme était devenu tétraplégique après un accident de voiture et ses proches se déchirent depuis 10 ans sur son maintien ou non en vie. Le rapport estime que "l'état végétatif chronique" du patient est "irréversible" mais ses parents, eux, veulent qu'il vive.

Pour Viviane Lambert, qui s'exprime en exclusivité sur RTL ce jeudi 22 novembre, le rapport "ne change pas grand chose". "On sait bien que Vincent est un grand handicapé, mais ce n'est pas une raison. Vincent n'est pas en obstination déraisonnable, soutient-elle. Les experts l'ont dit, il n'est pas en fin de vie, (...) on le sait, il n'est pas en fin de vie, Vincent. Il mange, il boit. On lui donne son alimentation par sa sonde et point. Il n'est pas en obstination déraisonnable", martèle-t-elle.

"Il y a des tas de maisons qui veulent le prendre, qu'il soit pris en charge correctement, c'est tout ce qu'on attend"; poursuit Viviane Lambert. "Bien sûr (la situation) nous attriste. Il n'est pas pris en charge correctement, je suis désolée. Il est dans une unité de soins palliatifs et on s'acharne depuis des années à vouloir le supprimer et ça je n'accepterai pas, mon mari non plus - nous, les parents, on n'acceptera pas qu'on programme sa mort."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime22.11.18 17:23

[size=33]Vincent Lambert: Et maintenant, que va-t-il se passer pour le patient dont l’état végétatif est jugé «irréversible»?[/size]

FIN DE VIE Chargés d’examiner le patient dans le coma depuis 2008, trois médecins ont jugé qu’il était dans un « état végétatif irréversible » mais qu’il ne subissait aucune « obstination déraisonnable »…

Vincent Vantighem
 
Publié le 22/11/18 à 15h33 — Mis à jour le 22/11/18 à 15h33


[/list]


  • Vincent Lambert est dans le coma depuis un accident de la route, en 2008.
  • Trois médecins ont jugé que son état végétatif était irréversible.
  • Mais ils estiment aussi que le patient ne subit aucun acharnement thérapeutique.


Entre deux rives sans aucune possibilité de rejoindre l’une ou l’autre. Vincent Lambert est « dans un état végétatif chronique irréversible » mais il n’y a aucun « acharnement thérapeutique » sur lui, soit l’une des conditions fixées par la loi Claeys-Leonetti pour le laisser mourir.
Chargés par la justice d’examiner l’ancien infirmier en état de conscience minimale depuis un accident de la route, trois médecins ont rendu un rapport qui relance la bataille familiale. 20 Minutes fait le point sur ce dossier autour duquel se déchirent les parents du quadragénaire, favorables à son maintien en vie, et sa femme et son neveu qui veulent le laisser mourir, dix ans après son accident…

Quelles sont les conclusions des experts sur l’état de santé de Vincent Lambert ?


Vincent Lambert ne va pas mieux. Et il n’ira jamais mieux, si l’on en croit les experts. Dans un rapport de 31 pages que 20 Minutes s’est procuré, les trois médecins chargés d’examiner l’ancien infirmer de 42 ans confirment qu’il est, aujourd’hui, dans « un état végétatif chronique irréversible » et que cela ne lui laisse plus « d’accès possible à la conscience ».

Notant quelques « éléments minimes d’aggravation » depuis le dernier examen réalisé en 2014, les trois professeurs de neurochirurgie et d’oto-rhino-laryngologie (ORL) estiment que « la situation d’impotence fonctionnelle totale » interdit désormais à Vincent Lambert « toute qualité de vie » et « ne [lui permet] plus d’accès possible à la conscience ».


Le patient est-il victime d’un acharnement thérapeutique de l’équipe médicale ?



Les experts estiment que Vincent Lambert n’est pas victime d’un acharnement thérapeutique » destiné à le maintenir en vie. Ils considèrent ainsi que l’alimentation et l’hydratation artificielle du patient, ses seuls soins à l’heure actuelle, ne constituent pas une « obstination déraisonnable », élément clé de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, contrairement à ce qu’estimait le Conseil d’État dans sa décision du 24 juin 2014.
Concrètement, la condition médicale du patient « n’appelle aucune mesure d’urgence ». Les experts indiquent même qu’il pourrait, le cas échéant, être transféré dans une autre structure en France, comme le réclament ses parents depuis des années. Contrairement à son épouse, les parents de Vincent Lambert – catholiques proches des milieux intégristes – se battent depuis des années pour que leur fils soit maintenu en vie, convaincus qu’il peut aller mieux.


Comment ceux-ci ont-ils réagi aux conclusions des experts ?



Contacté par 20 Minutes ce jeudi matin, Jean Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert, se réjouit que les experts aient conclu qu’il n’y avait pas d’obstination déraisonnable le concernant et qu’il pouvait être transféré dans une unité spécialisée.
« Mais sur le fond, nous remettons en cause l’évaluation qui a été faite de sa conscience, poursuit-il. Elle a eu lieu en 1h45. Or, certains experts estiment qu’une telle évaluation nécessite entre deux et trois semaines d’examen. » L’avocat pense que Vincent Lambert n’a pas été placé dans des conditions permettant d’évaluer correctement sa conscience et va demander un « complément d’expertise ».
Reims, le 15 juillet 2015. Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent, se rendent à l'hôpital Sébastopol où est soigné leur fils. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP


Quelle va être la suite de la procédure, désormais ?



Toutes les parties ont désormais jusqu’au 19 décembre pour formuler leurs observations sur ce rapport d’expertise. A cette date, une audience aura lieu au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) où chacun pourra plaider sa cause. Si le tribunal valide le principe d’un arrêt des soins, les parents de Vincent Lambert porteront sans doute le cas devant le Conseil d’État qui devra, à nouveau, prendre une décision.
« Imaginons que le Conseil d’État valide, lui aussi, l’arrêt des traitements, il faudra alors trouver un médecin qui ait le courage de laisser partir Vincent sereinement, indique à 20 Minutes, François Lambert, son neveu, partisan de stopper l’alimentation et l’hydratation. Avec toutes les pressions dans ce dossier, ce n’est pas évident. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime24.11.18 18:03

Affaire Vincent Lambert : ce que dit (vraiment) le rapport des experts
Par Auteur Mickaël Fonton / Samedi 24 novembre 2018 à 15:45 0
L'hôpital Sébastopol, à Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert depuis 2008. Photo ©️ Google Maps
Fin de vie.
Chargés par la justice de se prononcer sur l'état du patient et son évolution depuis 2014, les experts ont enfin rendu leur rapport. Le Pr Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville et conseil médical des parents et de deux frère et sœur de Vincent Lambert depuis 2013, en analyse les principales conclusions, largement déformées par la presse.

Valeurs actuelles : Que retenez-vous du rapport rendu par les experts du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ? Y a-t-il d’ailleurs du nouveau dans la situation de Vincent Lambert ?

Xavier Ducrocq : Rappelons que cette nouvelle expertise intervient quatre ans après celle demandée par le Conseil d’Etat appelé à statuer sur le fait que maintenir une nutrition-hydratation artificielle (NHA) chez Vincent Lambert était constitutif ou non d’une obstination déraisonnable. Vincent Lambert, victime d’un accident de la route en septembre 2008 présente un état de conscience altérée depuis cette époque.

SUR LE MÊME SUJET Vincent Lambert : des médecins dénoncent une “euthanasie qui ne dit pas son nom”
L’équipe médicale, conduite par le Dr Kariger, s’occupant de Vincent Lambert depuis 2009 avait cru détecter chez lui, début 2013, une volonté de mourir et avait stoppé son alimentation, ce que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait dénoncé au motif d’une violation du droit à la vie et d’une erreur dans la démarche collégiale, la famille n’ayant pas été associée à la décision. Les experts de 2014 avaient, après un certain nombre d’investigations, conclu à un état d’éveil sans réponse (autrefois appelé état végétatif chronique), tout en précisant, comme les instances médicales également sollicitées par le CE (Ordre des Médecins, Comité Consultatif National d’Ethique, Académie de Médecine) que « l’absence de preuve de conscience ne saurait être interprétée comme la preuve de l’absence de conscience ».

En juillet 2015, une troisième décision, précipitée, d’arrêt de NHA, prise par la même équipe médicale était finalement suspendue par le CHRU de Reims où Vincent Lambert séjourne toujours. Début 2018, le Dr Sanchez, gériatre spécialisé en Soins palliatifs, nouveau chef de service, prend pour la quatrième fois la décision de suspendre la NHA, décision une nouvelle fois contestée par une partie de la famille de Vincent Lambert, d’où cette nouvelle procédure judiciaire.

SUR LE MÊME SUJET Vincent Lambert : le recours contre l'arrêt des traitements déposé par les parents étudié jeudi
Les experts actuels concluent de nouveau à un état végétatif chronique. A savoir que l’état de conscience Vincent Lambert apparaît stable depuis 2014, en fait depuis 2011 où il avait été évalué à Liège par l’équipe très renommée du Pr Laureys. Les états de « conscience altérée » regroupent en fait deux états cliniques, l’état d’éveil sans réponse et l’état de conscience minimale, états entre lesquels un même patient peut osciller selon les circonstances, ou facteurs médicamenteux ou environnementaux. La loi du 3 mai 2002 définit d’ailleurs les modalités de pris en charge de ces patients, sans les distinguer. Ces mêmes experts concluent également au caractère plutôt automatique et réflexe de la déglutition et des vocalisations spontanées de Vincent Lambert. En déniant formellement toute preuve de conscience chez lui, ils se montrent bien plus péremptoires que les experts précédents. Ils affirment également que Vincent Lambert ne pourrait pas ressentir de douleur et n’est donc pas en situation de souffrance incurable.

Mais, d’une part, ce que nous contestons, ils statuent sur la base d’un examen trop limité dans le temps, alors que l’état de l’art est d’observer ces personnes sur un temps long, dans différentes circonstances, après une période d’acclimatation. Depuis 5 ans maintenant, Vincent Lambert ne reçoit aucun soin de stimulation, de kinésithérapie, d’orthophonie, il est reclus dans sa chambre et dans son lit dont il ne sort jamais, enfermé à clé, avec des horaires de visites de plus en plus restreints.

SUR LE MÊME SUJET La mère de Vincent Lambert : "Mon fils va être sacrifié"
Forts de ce jugement médical très catégorique, trop catégorique à nos yeux de spécialistes – j’étais entouré lors de l’expertise de septembre de deux consœurs spécialistes renommées de ces patients - , ces mêmes experts affirment que nourrir Vincent Lambert ne constitue pas en soi, sur le plan médical, une obstination déraisonnable. Une telle affirmation, qui rejoint ce que nous défendons depuis avril 2013, remet en cause tout le processus en cours. Ils vont jusqu’à affirmer que Vincent Lambert peut être pris en charge dans un centre spécialisé, tels qu’il en existe partout en France, ce que nous demandons également depuis 2013.

La majorité des médias a préféré insister sur la notion de situation irréversible. Pourquoi, selon vous ?

Il y a comme une volonté d’assimiler la situation de cette personne très sévèrement handicapée, mais stable dans son handicap, à une situation de fin de vie. Alors que ce n’est pas du tout le cas. Que Vincent Lambert vive depuis 10 ans maintenant, en état de conscience altérée, suffit à démontrer qu’il n’est pas en fin de vie. Qu’il n’existe pas d’espoir réaliste d’amélioration, malgré des travaux de recherche permettant de progresser dans la connaissance de ces patients, ne suffit pas à parler de fin de vie. C’est le lot commun de toutes les situations de handicap : para et tétraplégie, autisme, infirmités motrices cérébrales, surdités, cécités…

Peut-on espérer qu’il finisse par quitter le CHU de Reims ?

Si les juges du tribunal administratif de Chalons s’en tiennent aux affirmations de leurs experts, on est effectivement en droit d’espérer que Vincent Lambert soit transféré dans une unité spécialisée. D’ailleurs, plusieurs se sont proposées pour l’accueillir. .

Vous êtes conseil médical de Vincent. Comment sa famille, toujours divisée, a-t-elle accueilli ce rapport ?

La partie que je conseille éprouve un soulagement, ayant l’impression d’être enfin entendue et comprise. Elle ne partage toutefois pas la sévérité du jugement médical sur l’état de conscience de leur fils et frère. Je peux exprimer le réel souhait d’une réconciliation de cette famille qui s’est divisée suite à la malheureuse et maladroite initiative, et décision, du Dr Kariger en 2013, alors qu’elle accompagnait, unie, naturellement, son proche dans sa situation de handicap.

Où en est, selon vous, le débat autour des personnes dans la situation de Vincent en France ?

L’intervention, dès 2014, de l’UNAFTC (Union Nationale des Familles de Traumatisés Crâniens) contre la décision d’arrêt de la NHA chez Vincent Lambert, puis l’expression publique dans la presse, début 2018, de plus de 70 professionnels de personnes en état de conscience altérée, en dit long sur l’inquiétude suscitée par cette affaire. Nul n’est dupe quant au fait que ce qui concerne Vincent Lambert concerne également ses « compagnons d’infortune », un expression de sa maman.

Continuer de soigner ces personnes, de les entourer, de s’en faire proche, serait donc de l’obstination déraisonnable ? Nul ne le croit. Et nous saluons ces experts de le rappeler à qui veut bien l’entendre. Faut-il redire que l’obstination déraisonnable est avant tout une question d’ordre médical ? Et qu’il est heureusement exceptionnel que la Justice y soit convoquée !

Une décision judicaire qui ferait fi de cette affirmation d’absence d’obstination déraisonnable et ne demanderait pas le transfert de Vincent Lambert dans une autre unité, serait un signal très inquiétant à l’égard des personnes en situation de handicap, de leurs proches et de leurs soignants. Une remise en cause dramatique d’une médecine hippocratique faisant du respect de la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier, un socle infrangible.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime01.12.18 17:04

Vincent Lambert : une question d’humanité
Xavier Mirabel | 28 novembre 2018
REIMS HOSPITAL
FRANCOIS NASCIMBENI I AFP

Alimenter Vincent Lambert ne relève pas d’une obstination déraisonnable.
Une nouvelle expertise médicale vient d’être réalisée sur la situation de Vincent Lambert par un collège de médecins à la demande du tribunal administratif de Chalons-en-Champagne. Rappelons que Vincent Lambert est dans cette situation de très lourd handicap et de totale dépendance depuis 2008. L’affaire médico-médiatico-judiciaire avait éclaté en 2013, lorsque le médecin de soins palliatifs qui était à l’époque en charge de Vincent Lambert avait décidé une procédure d’arrêt de l’alimentation et de limitation de l’hydratation au nom du refus de l’obstination déraisonnable, avec l’accord de l’épouse du patient mais sans informer ses parents.

Lire aussi :
« Nous, médecins, avons toujours l’Espérance à rendre présente »

Besoins fondamentaux
Cette longue et pénible histoire est émaillée de multiples rebondissements judiciaires depuis cinq ans. Une nouvelle expertise judiciaire avait donc été demandée il y a quelques mois par le tribunal administratif.

Les médecins experts, qui viennent de rendre leur rapport, confirment l’état végétatif chronique irréversible, sans accès possible à la conscience, sans espoir d’amélioration. Pas de surprise. Selon les experts, il n’y a pas d’acharnement thérapeutique, ou pas d’obstination déraisonnable dans le fait de nourrir Vincent. En procédant ainsi, les soignants ne font que répondre de façon ajustée aux besoins fondamentaux de Vincent.

Une question d’humanité

Sur ce point, l’avis de ces experts est en accord avec la déontologie médicale qui recommande d’interrompre les traitements disproportionnés ou inutiles, mais qui recommande que soient toujours maintenus les soins de base : alimentation, hydratation, hygiène, soulagement de la douleur et des symptômes, vêtements, chauffage, respect de la pudeur, protection contre les intempéries, etc.

Il ne s’agit pas tant là de questions médicales que de questions d’humanité. Ces soins de base sont recommandés pour toute personne en situation de fragilité, malade ou non, handicapée ou non…

Lire aussi :
Le pape François prie pour que la dignité de Vincent Lambert soit « respectée »

Enfin, les experts rappellent qu’il existe en France des structures spécialisées adaptées à la prise en charge de personnes souffrant de handicaps comme celui de Vincent (ce que n’est pas à l’évidence le service de soins palliatifs du CHU de Reims où Vincent est maintenu contre l’avis d’une partie de sa famille). Il faut maintenant souhaiter le transfert de Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime11.12.18 17:25

Affaire Vincent Lambert: une audience cruciale reportée
Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 11/12/2018 à 11:35 Publié le 11/12/2018 à 11:22

L'audience prévue au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) le 19 décembre, censée valider ou non la procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis dix ans, a été reportée à "une date ultérieure", a annoncé aujourd'hui cette juridiction. La raison: le dépôt d'une requête, par un avocat des parents du patient, devant le cour administrative d'appel de Nancy, ce qui "impacte le cours de la procédure", a expliqué le tribunal administratif à l'AFP.

» LIRE AUSSI - Le cas Vincent Lambert, une affaire aux multiples procédures

Fermement opposés à l'arrêt des traitements de leur fils, les parents Lambert demandent ainsi le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction pour "suspicion légitime", remettant en cause le bien fondé du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne à se prononcer de manière impartiale sur l'affaire. Cette énième requête, légale mais peu commune, a été déposée par le 6 décembre, moins de deux semaines avant une audience qui était attendue comme cruciale sur le sort de Vincent Lambert, tétraplégique de 42 ans, hospitalisé au CHU de Reims depuis 2008. Elle intervient après la remise d'un rapport datant du 18 novembre, réalisé par trois experts mandatés par la justice, qui a conclu à un "état végétatif chronique irréversible" de ce père de famille victime d'un accident de voiture.

Vincent Lambert : son «état végétatif chronique irréversible» confirmé par les experts

Son état de santé se traduit par "la limitation extrême ou totale de ses capacités d'accès à la conscience, de communication, de motricité, d'expression de sa personnalité, l'altération irréversible de son image, lui portent atteinte à un point qui n'est pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice" Rachel Lambert, ont-ils estimé. Ils n'ont toutefois pas conclu à une "obstination déraisonnable", clé de voute de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. De requêtes en référés, du tribunal administratif jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme, les membres de la famille du patient se livrent une bataille judiciaire depuis cinq ans.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime14.12.18 10:12

Affaire Vincent Lambert : « Les experts écrivent une énormité juridique » pour Me Chemla
VU 3501 FOIS LE 22/11/2018 À 11:34 MIS À JOUR LE 22/11/2018 À 12:22
Avocat de François Lambert, Me Chemla se réjouit de « la clarté sur le plan médical », mais regrette que les experts n’aient « pas pu s’empêcher de faire du droit ». Photo d’archives : Alexandre Marchi
Photo HD Avocat de François Lambert, Me Chemla se réjouit de « la clarté sur le plan médical », mais regrette que les experts n’aient « pas pu s’empêcher de faire du droit ». Photo d’archives : Alexandre Marchi

Les experts mandatés par la justice pour examiner l’état de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims dans un état végétatif, ont eu « le mérite de la clarté sur le plan médical », a réagi ce matin Me Gérard Chemla, avocat de François Lambert, neveu de l’ancien infirmier psychiatrique victime d’un accident en 2008 et partisan de l’arrêt des soins. « C’est extrêmement important car, depuis le début, une partie de la famille entretient l’ambiguïté sur la réversibilité ». Les trois médecins ont en effet confirmé l’« état végétatif chronique irréversible » de Vincent Lambert qui ne lui laisse plus « d’accès possible à la conscience », ont-ils écrit dans leur rapport remis au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 18 novembre.

En revanche, Me Chemla déplore « une énormité juridique ». « Ils n’ont pas pu s’empêcher de faire du droit et de donner leur avis sur l’acharnement thérapeutique ». En effet, pour ces experts, la prise en charge du patient à travers ses « besoins fondamentaux primaires ne relève pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable ». Sous-entendu, l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert. Or, souligne l’avocat rémois, le Conseil d’État a déjà jugé le contraire, la deuxième loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie va dans le même sens.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne doit statuer le 19 décembre prochain sur ce rapport d’expertise. « J’espère que, conclut Gérard Chemla, le tribunal va faire du droit et vérifier sur la décision du médecin n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ». Le 9 avril dernier, le docteur Vincent Sanchez du CHU de Reims avait rendu publique la décision, prise de manière collégiale, d’arrêt des traitements de Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime20.12.18 14:49

Affaire Vincent Lambert: nouveau rendez-vous judiciaire le 15 janvier à Nancy
Mis en ligne le 19/12/2018 à 19:33 Vincent Lambert

Ce 19 décembre les juges du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne devaient se réunir dans l’affaire Vincent Lambert. Il devrait se prononcer sur une requête des parents de Vincent Lambert contre la décision du CHU de Reims de lancer une procédure d’arrêt des soins du Marnais, dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008 près de Châlons-en-Champagne.

L’audience avait finalement été reportée après que les avocats des parents, Mes Paillot et Triomphe, ont déposé le 6 décembre devant la Cour administrative d’appel de Nancy une requête aux fins de renvoi de l’affaire devant un autre tribunal pour «cause de suspicion légitime». Ils dénoncent notamment, de «graves défauts de procédure du président du tribunal administratif Jean-Paul Wyss, de la partialité, des préjugements». Ils demandent qu’un autre tribunal statue.

Leur requête sera examinée le mardi 15 janvier prochain par la juridiction nancéenne a-t-on appris ce mercredi auprès des avocats des parents.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime15.01.19 16:51

Affaire Vincent Lambert : les parents demandent le dépaysement de la procédure
Photo d'illustration Flickr CC-by Emmanuel Huybrechts
Photo d'illustration Flickr CC-by Emmanuel Huybrechts

La cour administrative d’appel de Nancy dira ce mercredi si elle confie à une autre juridiction la procédure concernant Vincent Lambert, père de famille de 42 ans dans un état végétatif depuis dix ans, comme le souhaitent ses parents.

Fermement opposés à l’arrêt des soins de Vincent Lambert, ses parents, son demi-frère et sa sœur ont déposé le 6 décembre un recours pour «suspicion légitime». Ils reprochent au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne), en charge de la procédure, «une partialité, un parti pris» et à son président «un autoritarisme, une emprise».

"Son sort est scellé"
Leurs griefs portent notamment sur l’impossibilité d’obtenir, selon eux, «une véritable évaluation» du père de famille, tétraplégique depuis un accident de la route en 2008, par «des spécialistes» de l’état végétatif chronique, état pauci-relationnel (EVC-EPR) «dans un lieu neutre, de manière réitérée», a exposé mardi l’un de leurs avocats, Me Jérôme Triomphe.

Cette expertise doit déterminer si le patient a évolué ou non depuis 2014, date d’une évaluation sollicitée par le Conseil d’Etat. Si aucune amélioration n’est constatée, «son sort est scellé», a-t-il dit.

«C’est dire l’enjeu de l’expertise, la manière dont elle doit être réalisée et devant qui elle doit aboutir», a-t-il résumé.

Selon Me Triomphe, l’évaluation réalisée en septembre 2018 est «tronquée, truquée», car les trois experts, mandatés par la justice, ont été limités dans leur mission et n’ont rencontré Vincent Lambert qu’à deux reprises, dont une fois alors qu’il s’endormait.

Dans un rapport rendu le 18 novembre, ils ont conclu à un «état végétatif chronique irréversible» de Vincent Lambert.

Pas d'"obstination déraisonnable"
Son état de santé se traduit, selon eux, par «la limitation extrême ou totale de ses capacités d’accès à la conscience, de communication, de motricité, d’expression de sa personnalité, l’altération irréversible de son image, (qui) lui portent atteinte à un point qui n’est pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice» Rachel Lambert.

Ils n’ont toutefois pas conclu à une «obstination déraisonnable», clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.

«Demander une contre-expertise est un leurre» en raison du «parti pris» du tribunal administratif, a regretté Me Triomphe.

Le recours en «suspicion légitime» des parents Lambert a été déposé quelques jours avant l’examen, le 19 décembre, par le tribunal administratif de la procédure d’arrêt des soins du patient à l’aune de ce rapport d’expertise.

Le rapporteur public a demandé de rejeter la requête, estimant que les parents ne démontraient pas «la partialité de la juridiction dans son ensemble ou dans sa quasi-totalité».

Les membres de la famille du patient tétraplégique se livrent une bataille judiciaire depuis 2013 et multiplient requêtes et référés.

Par AFP | Publié le 15/01/2019 à 16:33 | Vu 25 fois
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime16.01.19 15:35

Affaire Vincent Lambert : le tribunal de Châlons garde la main
Mercredi 16 janvier 2019 à 14:59
Par Sylvie Bassal, France Bleu Champagne-Ardenne

La cour administrative d'appel de Nancy a rejeté ce mercredi la requête déposée par les parents de Vincent Lambert qui entendaient dessaisir le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne au profit d'une autre juridiction.

L'hopital Sébastopol à Reims où Vincent Lambert est hospitalisé
L'hopital Sébastopol à Reims où Vincent Lambert est hospitalisé ©️ Monique Derrien - Radio France
Reims, France
La requête a été déposée en décembre dernier par les parents, un demi-frère et la soeur de Vincent Lambert pour "suspicion légitime". Ils reprochent au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en charge de la procédure un manque d'impartialité et l'autoritarisme de son président. Avec ce recours devant la cour administrative d' appel de Nancy, ils souhaitaient obtenir qu'un autre tribunal soit chargé de la procédure. ce mardi 15 janvier, lors de l'examen du recours, le rapporteur public avait demandé le rejet de la requête estimant que" _la partialité de la juridiction dans son ensemble ou dans sa quasi totalité n'était pas démontrée_". Le rejet n'est donc pas une surprise.

Etat végétatif irréversible
Cette décision va permettre au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne de fixer une nouvelle date d'audience pour examiner cette fois le rapport d'expertise rendu le 18 novembre 2018. Si, dans ce rapport, l'état végétatif de Vincent Lambert, 42 ans, est qualifié d'irréversible par les experts , certains points restent plus nuancés. Ainsi les experts qui ont examiné Vincent Lambert à deux reprises, estiment que "_les besoins fondamentaux primaires ( comme boire et manger ndlr) ne relèvent pas de l' acharnement thérapeutique ou d'une obstination déraisonnable"_. En creux, la question de l'application de la loi Claeys-Léonetti est une nouvelle fois posée.

Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims depuis un accident de la route survenu en 2008.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime16.01.19 22:30

MERCREDI 16/01/2019 à 20H07 - Mis à jour à 20H10
| ACTUALITÉS
Vincent Lambert : nouvelle audience cruciale programmée lundi
Par La Provence avec AFP

La question de l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis dix ans, sera au cœur d'une audience cruciale, ce lundi au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne), a appris mercredi l'AFP de sources concordantes. L'audience se tiendra lundi 21 janvier à 14h30 devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, ont confirmé plusieurs parties à l'AFP. Cette nouvelle date à l'agenda judiciaire de l'affaire Vincent Lambert est tombée quelques heures après la décision de la Cour administrative d'appel de Nancy, qui a rejeté mercredi la requête de "suspicion légitime" déposée par les parents, un demi-frère et une sœur du patient tétraplégique, arguant de la "partialité" de la juridiction marnaise et de "l'autoritarisme" de son président pour demander le dépaysement du dossier.

Ils ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, devant le Conseil d’État. Or cet appel, qui peut être déposé dans un délai de deux mois, n'est pas suspensif et n'empêche pas le tribunal administratif de se pencher sur le fond, a expliqué à l'AFP une source proche du dossier. C'est "un audiencement en urgence", a réagi auprès de l'AFP Me Jean Paillot, un des conseils des parents Lambert, s’interrogeant sur la promptitude du tribunal administratif. Progressant avec difficulté dans les méandres judiciaires depuis cinq ans, le sort de Vincent Lambert connaît un nouveau chapitre depuis la remise en novembre 2018 d'un rapport demandé par la justice, dans lequel trois experts s'accordent sur un "état végétatif chronique irréversible" du patient, sans toutefois conclure à une "obstination déraisonnable", clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.

C'est dans ce climat que le tribunal devra se prononcer sur la légalité d'une quatrième procédure d'arrêt des traitements de Vincent Lambert, prônée par le CHU de Reims où il est hospitalisé. "Le suspens n'est pas à son comble" mais réside surtout "sur le point de savoir si cette décision sera, ou non, appliquée", a déclaré François Lambert, neveu de Vincent, décidé comme d'autres membres de la fratrie et l'épouse du patient à faire respecter le refus d'un acharnement thérapeutique, une volonté que ce père de famille de 42 ans n'a toutefois jamais écrite.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime20.01.19 1:38

La bataille judiciaire autour de Vincent Lambert prendra-t-elle un nouveau tournant lundi ?
A LA UNEPOLITIQUEJUSTICEPublié le 19/01/2019 à 13h39. Mis à jour à 14h24 par SudOuest.fr avec AFP.

La bataille judiciaire autour de Vincent Lambert prendra-t-elle un nouveau tournant lundi ?
Selon les experts judiciaires, la limitation de la capacité d'accès à la conscience de Vincent Lambert est "extrême ou totale".ILLUSTRATION AFP
Le tribunal de Châlons-en-Champagne devra décider de valider ou non la procédure d’arrêt des soins du père de famille de 42 ans, dans un état végétatif depuis un accident de voiture il y a dix ans
La bataille judiciaire autour du cas Vincent Lambert devrait prendre un nouveau virage lundi : les juges du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) se pencheront à 14h30 sur la procédure d’arrêt des soins de l’homme de 42 ans, plongé dans un état végétatif "irréversible" depuis dix ans déjà.

Lors de cette audience cruciale, les parties antagonistes de cette famille – d’un côté, parents, demi-frère et sœur opposés à l’arrêt des soins, de l’autre, épouse et neveu soutenus par divers membres de la fratrie – se retrouveront une nouvelle fois devant la justice pour débattre du sort de leur proche.

Cette épineuse affaire va de délais en recours depuis 2013, signe de la fébrilité de la justice comme de la médecine à se positionner dans un dossier qui fait écho au débat sur la fin de vie.

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Dans quel état se trouve Vincent Lambert ?
Vincent Lambert ne va pas mieux. En 2014 déjà, le Conseil d’État avait donné son feu vert pour arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielles de l’ancien infirmier, cloué depuis dix ans dans un lit.

En juin 2015, c’est la Cour européenne des droits de l’Homme qui s’était elle-même prononcée pour un arrêt des traitements. Selon deux expertises judiciaires (2014 et 2018), l’homme de 42 ans est plongé dans un état végétatif jugé "irréversible".

Dans leur dernier rapport, datant du 18 novembre 2018, les experts nommés par la justice soulignaient "la situation d’impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles" de Vincent Lambert.

"La limitation extrême ou totale de ses capacités d’accès à la conscience, de communication, de motricité, d’expression de sa personnalité (…) lui portent atteinte à un point qui n’est pas acceptable par lui-même et par son épouse."
Expertise judiciaire de Vincent Lambert, 18 novembre 2018
Cependant, ces mêmes experts judiciaires ont considéré que sa prise en charge "ne relevait pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable". Or, ce critère est primordial pour pouvoir suspendre légalement le maintien artificiel de la vie d’un patient ne pouvant exprimer son consentement, selon la loi Claeys-Leonetti.

Que doit décider le tribunal lundi ?
Les juges du tribunal administratif devront statuer sur la légalité de la procédure d’arrêt des soins de Vincent Lambert, souhaitée par le CHU de Reims depuis 2014. C’est la 4e fois que l’établissement, où il est hospitalisé depuis dix ans, fait une telle demande.

Pour la bloquer une nouvelle fois, les parents Lambert avaient saisi en urgence le tribunal via un référé-liberté.

"J’espère que cette fois, on va aborder le fond… On met beaucoup d’espoir dans cette décision à venir."
Me Sara Nourdin, l’avocate de Rachel Lambert, tutrice légale de son mari
Si la procédure d’arrêt des soins est acceptée, que se passera-t-il ?
Même avec l’aval du tribunal administratif, un appel devant le Conseil d’État est plus que probable. "L’audience de lundi est une étape essentielle dans l’affaire, mais pas finale", résume Me Jean Paillot, l’un des conseils de Pierre et Viviane Lambert, les parents du patient tétraplégique.

Par ailleurs, ces derniers devraient demander lundi un complément d’expertise médicale. Ils considèrent en effet que le rapport rendu par l’expertise en novembre 2018 est "partial" et que les résultats auraient été différents sur un temps long avec des experts d’autres horizons.

Cet argument a pourtant peu de chance d’aboutir, quelques jours après le rejet de leur tentative de dépaysement (délocalisation, ndlr) de la procédure pour "partialité du tribunal de Châlons-en-Champagne.

Même si elle ne permettra sans doute pas de clore immédiatement l’affaire Lambert, la décision du tribunal rendue lundi pourrait donner une indication forte de l’orientation prise par le dossier – et de laisser présager de son dénouement, après sept années de bataille et de circonvolutions.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime20.01.19 20:35

Paris : environ 7 400 personnes manifestent contre l'avortement
"Vivre est un droit", "IVG : dire la vérité, c'est dissuader", "Protéger le faible, ça c'est fort", ont proclamé les manifestants sur les différentes pancartes présentes dans le cortège.
Des manifestants contre l\'IVG, le 20 janvier 2019 à Paris.Des manifestants contre l'IVG, le 20 janvier 2019 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
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franceinfo avec AFP
France Télévisions
Mis à jour le 20/01/2019 | 19:04
publié le 20/01/2019 | 15:47

C'est la treizième "Marche pour la vie", organisée en opposition à l'Interruption volontaire de grossesse (IVG). Quelque 7 400 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé, dimanche 20 janvier dans l'après-midi, à Paris. Ils étaient 50 000 selon les organisateurs. C'est moins qu'en 2018, où ils étaient 8 500 participants selon la préfecture de police et 40 000 selon les organisateurs. "Vivre est un droit", "IVG : dire la vérité, c'est dissuader", "Protéger le faible, ça c'est fort", étaient les slogans écrits sur les différentes pancartes. Le cortège est parti de la porte Dauphine pour atteindre le Trocadéro.

Les manifestants ont porté des foulards bleus sur lesquels on pouvait lire : "En marche pour la vie 20 janvier 2019." "Macron, Macron, touche pas aux embryons", scandaient-ils aussi, derrière une banderole de tête affirmant "la vie n'offre aucune garantie, l'avortement ne laisse aucune chance". Beaucoup ont évoqué les 220 000 enfants "empêchés de naître" chaque année. Pour rappel, 216 700 avortements ont été pratiqués en France en 2017, un chiffre stable depuis 2001.

"La détresse sociale"
Nicolas Sévillia, délégué général de la Marche, a expliqué qu'"au-delà de la détresse sociale", c'est "aussi une souffrance immatérielle" qui s'exprime. Cette marche est "l'acte premier de la mobilisation citoyenne contre la révision de la loi bioéthique", a-t-il ajouté.

Un sénateur argentin, Mario Fiad, a pris la parole en début de rassemblement pour "soutenir" la "Marche pour la vie". Le Sénat argentin a voté en août 2018 contre l'avortement, après des débats marqués selon lui par de "très fortes pressions" venant d'organisations internationales.

La mère de Vincent Lambert dans le cortège
Autre participante à cette marche contre l'avortement : Viviane Lambert. Elle contestera, lundi, lors d'une nouvelle audience à Châlons-en-Champagne, la procédure d'arrêt des soins pour son fils Vincent, en état végétatif depuis dix ans. "Nous commençons à être usés par cette histoire de fin de vie mais Vincent résiste et nous résisterons avec lui jusqu'au bout", a-t-elle ajouté.


Les organisateurs de la "Marche pour la vie" affirment avoir reçu un message d'encouragement du pape François. Côté politique, ils ont le soutien de Jean-Frédéric Poisson et de Chrsitine Boutin, respectivement président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD) et présidente d'honneur du PCD, qui ont participé au défilé. De son côté, François-­Xavier Bellamy, pressenti pour être le chef de file LR aux européennes, confie dans le JDD être opposé à l'IVG et avoir déjà participé à des marches contre l'avortement en 2014. Mais dimanche, il n'y sera pas.

Une militante du groupe Femen est intervenue dans le cortège. Par ailleurs, une "riposte" féministe a été lancée sur Facebook par le groupe Witch Bloc Paname. Le rassemblement était prévu rue Boissière, dans le 16e arrondissement de Paris.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime22.01.19 0:52

AFP, publié le lundi 21 janvier 2019 à 18h16

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) s'est penché lundi après-midi sur la légalité d'une quatrième procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert, 42 ans dont dix en état végétatif "irréversible", lors d'une audience aux confins de la loi et de l'éthique.

La décision, mise en délibéré, sera rendue "dans dix jours", autour du 1er février, a déclaré Olivier Nizet, le président du tribunal administratif, après deux heures d'une audience express, aux conséquences pourtant "importantes", selon les différentes parties.

En avril 2018 le CHU de Reims, où M. Lambert est hospitalisé, avait annoncé son intention de lancer une quatrième procédure d'arrêt des soins: c'est sur la légalité de celle-ci que le tribunal devait statuer, saisi en urgence par les parents Lambert via un référé-liberté.

Sans surprise, les clans antagonistes de cette famille -d'un côté, parents, demi-frère et sœur opposés à l'arrêt des soins et favorables à un transfert dans une unité spécialisée, de l'autre, épouse et neveu soutenus par divers membres de la fratrie dénonçant un acharnement thérapeutique- ont une nouvelle fois défendu des arguments maintes fois évoqués depuis le début de cette bataille judiciaire, il y a cinq ans.

L'audience avait d'abord démarré dans une ambiance tendue, quelques jours après la tentative, rejetée, de dépaysement par une requête des parents en "suspicion légitime" du tribunal.

"C'est la première fois en vingt ans de carrière qu'on remet en cause ma probité", a répondu M. Nizet à Me Jérôme Triomphe, conseil des requérants, qui lui reprochait sa "prise à partie invraisemblable".

"Transformer les acteurs médicaux puis les acteurs du procès en partie (...) c'est cette mécanique-là dont vous êtes aujourd'hui la cible", a déclaré Me Gérard Chemla, avocat de François Lambert, le neveu, tentant de recadrer le débat sur le plan juridique.

"Prenez votre indépendance, tranchez en tant que juge et appliquez la loi" a-t-il ainsi exhorté à l'attention des juges.

- Circonvolutions judiciaires -

Le cas Vincent Lambert, qui fait écho à des questions éthiques sur la fin de vie, traduit un échec judiciaire, médical et familial à décider du sort d'un homme depuis une décennie.

"Nous avons affaire à la pression continue des requérants parvenus à différer la mise en œuvre d'une décision médicale validée en 2014", a souligné Me Sara Nourdin, avocate de Rachel Lambert, tutrice, épouse du patient et mère de leur petite fille.

Cette année-là, le Conseil d'État donnait son feu vert pour arrêter l'alimentation et l'hydratation artificielles de cet homme de 42 ans, cloué dans un lit, dans un état végétatif jugé "irréversible" par deux expertises judiciaires, en 2014 et 2018.

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l'Homme s'était elle-même prononcée pour un arrêt des traitements.

Au cœur de ce triptyque se trouve aussi le corps médical, soumis aux pressions, si bien qu'à chaque désistement -Eric Kariger puis Daniela Simon désormais remplacée par Vincent Sanchez- le patient fait l'objet d'une nouvelle procédure collégiale sur son avenir.

Dans leur rapport rendu en novembre, les trois experts mandatés par la justice ont conclu que le quadragénaire, accidenté de la route en 2008, était atteint de "lésions encéphaliques irréversibles", mais que sa prise en charge "ne relève pas de l'acharnement thérapeutique ou d'une obstination déraisonnable", clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.

C'est sur cette base que les avocats des parents ont demandé lundi un complément d'expertise, convaincus que les résultats auraient été différents sur un temps long avec une équipe pluridisciplinaire et dans un autre établissement...ce qui nécessiterait le transfert du patient, déjà refusé par sa tutrice et la justice.

"Si vous ne demandez pas une contre-expertise, Vincent Lambert est condamné à mort", a déclaré Me Jean Paillot, autre conseil des parents Lambert, craignant le feu vert du tribunal pour un arrêt des soins.

Mais l'issue du dossier, parasitée par les délais et les recours, demeure incertaine: même avec l'aval du tribunal administratif, un recours en appel devant le Conseil d'État est plus que probable.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime31.01.19 16:09

[size=30]Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a confirmé ce jeudi "l'obstination déraisonnable" envers Vincent Lambert, ouvrant la voie à la procédure d'arrêt des soins souhaitée par le CHU de Reims.
Par IGPublié le 31/01/2019 à 15:35 Mis à jour le 31/01/2019 à 15:50[/size]

C'est un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire qui déchire la famille de Vincent Lambert. Les parents Viviane et Pierre Lambert, un des demi-frères et une des sœurs avaient déposé une requête pour suspendre la décision prise en avril dernier par le CHU de Reims d'arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert.
 




Dans son jugement rendu ce 31 janvier 2019, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne rejette cette requête.  "Il résulte d'une part que le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable (...), et d'autre part, que la volonté de M. Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l'hypothèse où il se trouverait dans l'état qui est le sien depuis dix ans, est établie", précise l'arrêt.

Les frais d'expertise, soit plus de 8100 euros, sont mis à la charge du CHU de Reims.
 

[size=33]Une famille déchirée[/size]


Vincent Lambert, ancien infirmier en psychiatrie, est hospitalisé à l'hôpital Sébastopol de Reims, après un accident de la route en septembre 2008 près de Châlons-en-Champagne. Depuis cette date, sa famille se déchire sur son sort en multipliant les recours en justice.

D'un côté, la femme de Vincent Lambert, son neveu et plusieurs de ses frères et soeurs sont favorables à l'arrêt des traitements. De l'autre, ses parents, un frère et une soeur y sont fermement opposés.

Prochaine étape, les parents pourraient saisir le Conseil d'Etat pour statuer à nouveau sur la légalité de l'arrêt des soins.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime06.02.19 18:17

Vincent Lambert : où est la déraison ?
REIMS HOSPITAL
FRANCOIS NASCIMBENI I AFP
Xavier Mirabel | 05 février 2019

Malgré le dernier rapport d’experts refusant de voir une "obstination déraisonnable" dans le maintien des soins à Vincent Lambert, les juges du tribunal administratif ont validé la procédure d’arrêt des soins du patient.
Nouvel épisode dans la dramatique histoire de Vincent Lambert, cet infirmier lourdement handicapé des suites d’un accident, totalement dépendant depuis 2008, hospitalisé au CHU de Reims. Nouvel épisode, nouveau rebondissement, bataille d’experts et d’avocats, sur fond d’interprétation de la loi « fin de vie » Léonetti-Claeys.

Lire aussi :
Bioéthique : les propositions explosives du rapport parlementaire

Soins interdits
Le 31 janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne considère que « le maintien des soins et traitements » constitue une obstination déraisonnable. Rappelons ici que les soins en question consistent à laver Vincent, à le nourrir, à le vêtir, à changer ses draps, à le protéger du froid… à en prendre soin. Le tribunal considère qu’il est établi par les dires de certains des proches, car Vincent est incapable de communiquer, que la volonté de Vincent serait de ne pas être maintenu en vie.

Alors, le CHU de Reims va-t-il pour la quatrième fois entamer une procédure d’arrêt de soins ? Vincent Lambert va-t-il à nouveau être privé de toute alimentation et hydratation ? Les avocats des parents de Vincent annoncent faire appel devant le Conseil d’État, ce qui bloquera quelque temps la procédure. Mais il est probable que l’on s’approche de la fin des procédures judiciaires, que toutes les voies de recours ne sont pas loin d’avoir été épuisées.

Lire aussi :
Euthanasie : les dérives concernant les personnes atteintes de maladies psychiatriques

Interprétation euthanasique
Certains s’indignent de l’acharnement des parents à maintenir leur fils en vie, ce qui les conduit à poursuivre cette guérilla judiciaire. Mais au fond, peut-on les blâmer de vouloir la vie de leur fils ? Qui leur jettera la pierre ?

Ce qui est vraiment étonnant, c’est le refus du CHU de Reims de transférer Vincent Lambert dans un établissement spécialisé dans la prise en charge des personnes cérébro-lésées. Comme si le CHU de Reims se faisait un devoir d’aller jusqu’au bout d’une interprétation très discutable et euthanasique de la loi française « fin de vie ». Une sorte « d’obstination déraisonnable » ?

Tribune publiée en partenariat avec RCF Nord-de-France.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime07.02.19 18:57

A l'hôpital Sébastopol à Reims, là où est V.L.



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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime08.02.19 12:29

L’arrêt des soins de Vincent Lambert validé par la justice
ARTICLE | 06/02/2019 | Numéro 2143 | Par Antoine Pasquier

MAGAZINE – Nouvel épisode judiciaire pour Vincent Lambert. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a validé le 31 janvier la décision collégiale d’arrêt des soins du patient en état de conscience minimale, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims. Le juge a estimé que « le maintien des soins et des traitements constituait une obstination déraisonnable ». « Les soins qui lui sont dispensés n’ont pour effet que le seul maintien artificiel de la vie, dès lors qu’il ressort du rapport d’expertise qu’il se trouve dans un état d’incapacité fonctionnelle psychomotrice totale comparable cliniquement, quoique légèrement aggravé, à celui enregistré en 2014 », indique le tribunal en se basant sur le rapport des experts mandatés par lui et dont les conclusions ont été dévoilées en novembre.

Ces mêmes experts avaient pourtant précisé que la prise en charge de Vincent Lambert à travers ses « besoins fondamentaux primaires ne relève pas de l’acharnement thérapeutique », et que sa condition médicale « n’appelle aucune mesure d’urgence ». « Il existe en France des structures pouvant l’accueillir jusqu’à sa disparition », avaient-ils encore précisé.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.02.19 16:10

Editoriaux - Entretiens - Justice - Santé - 11 février 2019
Me Jean Paillot : « nous contestons que Vincent Lambert soit en situation d’obstination déraisonnable »
Vous êtes un des deux avocats des parents de Vincent Lambert. Pouvez-vous expliquer aux lecteurs de Boulevard Voltaire la décision juridique prise par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ?

Dans sa décision du 30 janvier dernier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a estimé que la décision du docteur Sanchez, selon laquelle son patient, Vincent Lambert, serait dans un état d’obstination déraisonnable justifiant l’arrêt de son alimentation et de son hydratation et son placement sous sédation profonde et continue jusqu’à son décès, était bien fondée.
Nous contestons cette décision, parce que nous contestons que Vincent Lambert soit en situation d’obstination déraisonnable. C’est, d’ailleurs, l’avis des experts judiciaires qui se sont penchés sur la situation de ce patient et ont considéré que, dès qu’il ne souffre pas, qu’il n’est atteint d’aucune maladie récurrente et qu’il n’est pas en fin de vie, l’arrêt de son alimentation et de son hydratation ne sauraient être légitimées par une situation d’obstination déraisonnable, qui n’existe pas ici.
L’obstination déraisonnable ne peut pas résulter uniquement d’une volonté présumée d’un patient, volonté non prouvée avec certitude, et dont les propos ont été rapportés de manière contradictoire, laissant apparaître qu’il s’agit davantage d’une interprétation de sa volonté que de l’expression de sa volonté.
La difficulté vient de ce que ces mêmes experts ont retenu une méthode d’évaluation de la conscience du patient qui n’est pas conforme aux méthodes utilisées habituellement par les professionnels de cette branche de la médecine (filière EVC/EPR). 59 médecins et professionnels de santé ont, d’ailleurs, écrit au tribunal pour dire que la méthode d’évaluation choisie n’était pas adéquate. Si la méthode d’évaluation n’est pas la bonne, alors le résultat ne peut pas être bon.
Ce qui est triste à pleurer, c’est que nous avons tenté de discuter avec les experts de la méthode d’évaluation choisie, mais que nous en avons été empêchés, puis interdits, par le président du tribunal. C’est ce qui explique que nous avons mis en cause l’impartialité de ce tribunal, qui nous empêche de discuter d’un des éléments essentiels de l’expertise, qui a finalement conduit le tribunal à valider la décision du docteur Sanchez.

Quelle est la situation de santé de Vincent ?

Nous, avocats, recevons régulièrement des vidéos montrant Vincent. Ces vidéos ne peuvent pas être publiées, nous les réservons aux médecins et juges chargés de statuer sur son cas. Sur une vidéo reçue il y a quelques jours, on voit nettement Vincent réagir à la voix de sa mère et tourner la tête vers elle.
Les experts judiciaires, à qui nous avons montré des vidéos similaires, nous ont indiqué ne pas en tenir compte car Vincent, selon eux, « ne peut pas avoir de conscience », comme l’IRM réalisée en 2014 le leur montre. Il est extraordinaire qu’une seule IRM, réalisée il y a cinq ans, vaille plus que les réactions observées aujourd’hui.
Vincent est un handicapé qui se trouve dans un état stable. Comme je l’ai dit, il ne souffre pas. Il n’est pas sous respirateur artificiel et tous ses organes vitaux fonctionnent normalement, sans palliatif.
Ce qui est infiniment dommage c’est que, depuis près de six ans maintenant, il n’a plus accès aux soins normaux et ordinaires prévus pour les patients en état de conscience altérée comme lui : il n’est jamais sorti de son lit et mis au fauteuil, il n’est même jamais sorti de sa chambre, où il est enfermé à clé, comme dans un couloir de la mort en attendant sa condamnation finale — ou son transfert dans une unité spécialisée où il pourrait être pris correctement en charge.
Il n’est donc pas mis dans une situation où il pourrait progresser.
C’est une situation scandaleuse, mais que le tribunal administratif, dont aucun juge ne s’est au demeurant jamais déplacé pour aller le voir, a pourtant entérinée. Ce tribunal porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle de ce patient.

Quelle sera la suite de cette « affaire » ? Que peuvent espérer ses parents et une partie de sa famille qui s’opposent fermement à l’arrêt de son alimentation et de son hydratation ?

Nous sommes devant le Conseil d’État, qui est juge d’appel dans cette procédure particulière qu’est un référé liberté. Nous y ferons valoir les limites de la procédure d’expertise, éléments médicaux à l’appui.
Nous y ferons également valoir que la volonté présumée d’un patient ne constitue pas un critère de l’obstination déraisonnable et qu’elle ne peut suppléer, chez une personne hors d’état de faire connaître sa volonté, l’absence d’obstination déraisonnable — sauf à admettre comme bien fondée une demande d’euthanasie, car c’est précisément de cela qu’il est question ici.
Nous ferons valoir tout l’intérêt qu’il y a à transférer ce patient dans un autre établissement.
Nous ferons valoir que c’est une filière d’excellence de la médecine française qui est désormais sur la sellette, car derrière le cas particulier de Vincent Lambert, ce sont les bonnes pratiques de toute cette filière EVC/EPR qui sont en question — et tous les patients qui y sont pris en charge.
La solution que nous préconisons est une solution de bon sens et une solution conforme à la dignité de tout être humain, y compris handicapé. Serons-nous enfin entendus ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.02.19 16:21

combien coûte l'affaire Vincent Lambert ?
et
quel est le montant mensuel de l'Allocation Adulte Handicapé ( A.A.H. ) ?
Trop de fric par ici, et pas assez de fric par là ...
VINCENT LAMBERT - Page 7 Images?q=tbn:ANd9GcS855UrG5gfybBHRIZmye5z1gTY4c5uMR14A4Bz4HqjVZQ5Uy-t
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime14.02.19 13:44

[size=45]DAMIEN LE GUAY : « IL FAUT SE MÉFIER DE CEUX QUI FONT UNE CROISADE POUR FAIRE SAUTER LA LOI CLAEYS-LEONETTI »[/size]




[size=30]Le 31 janvier, le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne donnait sa décision sur Vincent Lambert pour valider la procédure d’arrêt des traitements. Pour Damien Le Guay, le risque est de faire le jeu de l’ADMD (l’Association pour le droit à mourir dans la dignité) en refusant l’application de la loi Claeys-Leonetti.[/size]



On sent derrière le cas de Vincent Lambert, que l’application de la loi Claeys-Leonetti est compliquée.



Il y a deux choses. La loi Leonetti-Claeys me semble bénéfique et positive. Elle pose un cadre, avec trois exigences : ne pas faire souffrir – et donc limiter l’obstination déraisonnable –, accompagner, et suivre la volonté de la personne en fin de vie. Ce cadre est déjà très protecteur. Quant au cas spécifique de l’affaire Vincent Lambert, la question est celle de l’application possible de la loi Leonetti-Claeys, mais également de la volonté ou non de faire sauter la loi.


 C’est l’enjeu ?

Oui, il y a deux camps : le camp de ceux qui sont plutôt du côté de l’ADMD [Association pour le « Droit à Mourir dans la Dignité » NDLR] et qui disent que ce cas-là montre bien que la loi Leonetti-Claeys est mauvaise, qu’il faut la faire sauter, et donc passer à l’euthanasie. Il y a une deuxième critique, plutôt du côté du milieu catholique, pour laquelle à partir du moment où l’on doit se concerter pour arrêter les traitements, et pour considérer que c’est une obstination déraisonnable, il y a une volonté de mettre fin à la vie, donc de promouvoir la mort, et d’aller à l’encontre du respect que l’on doit aux personnes en fin de vie. 

Le paradoxe de la situation est que les deux camps se rejoignent pour dire qu’il y a dans la loi Leonetti-Claeys quelque chose disons de nature euthanasique. Il faut se méfier de tous ceux qui – pour des raisons tout à fait respectables et défendables par ailleurs à titre individuel – font une croisade pour faire sauter la loi Leonetti-Claeys qui serait d’application euthanasique.

Citation :
Madame Lambert, dans son combat, prend le risque de détruire la seule chose qui protège les patients en fin de vie contre l’euthanasie
Quel est l’apport de cette loi Claeys-Leonetti ?

Elle protège le faible. Deuxièmement, si on ne l’avait pas, cela serait la porte ouverte à l’euthanasie, comme ça existait avant. Dans un article dans Le Figaro, j’ai écrit sur les dérives de la deuxième mouture de la loi, qui effectivement, présente un certain nombre de difficultés, mais pour Vincent Lambert, le problème ne se pose pas dans ces conditions.

Dans leur décision du 31 janvier, les juges ont estimé que « le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable » et que « la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l’hypothèse où il se trouverait dans l’état qui est le sien depuis dix ans est établie. » La question de la volonté de Vincent Lambert peut poser débat ?  

Les médecins disent que sa situation est irrémédiable, que malgré tout ce que l’on peut faire pour lui, il ne sera jamais en situation de revenir à la conscience, au dialogue, à la pleine conscience de lui-même. Le tribunal établit qu’il ne voulait pas être maintenu dans une situation incompatible avec sa vision de la dignité.

Cette situation-là peut-elle entraîner qu’une personne puisse refuser ses propres soins [si l’on s’en tient à l’avis donné par l’épouse de Vincent Lambert, et non par sa mère, puisqu’un désaccord existe entre les deux NDLR] ? Depuis la loi Kouchner [de 1999 NDLR], il est prévu que l’on puisse refuser de prendre des médicaments. Considère-t-on que le refus du traitement est un principe euthanasique ? Le problème est qu’il y a deux points de vue irréconciliables sur le sujet, donc que fait-on ?

Je pense que Madame Lambert, dans son combat, peut faire le jeu de ceux qui veulent détruire la loi Leonetti-Claeys. Et elle prend le risque de détruire la seule chose qui protège les patients en fin de vie contre l’euthanasie.


Et  IL FAUT SE MÉFIER DE CEUX QUI FONT UNE CROISADE POUR EMPECHER L'EUTHANASIE ET LE SUICIDE ASSISTE
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime19.02.19 9:44

ÉTHIQUE. FRANÇOIS LAMBERT, NEVEU ET AVOCAT DE CŒUR DE VINCENT LAMBERT
Mardi, 19 Février, 2019
François Lambert, neveu du tétraplégique Vincent Lambert en état végétatif depuis dix ans, se bat pour les droits de son oncle et contre l’acharnement thérapeutique. Après avoir suivi le dossier dans le détail et saisi la justice à plusieurs reprises, il décide en 2013 d’entamer une reconversion professionnelle pour devenir lui-même avocat.

Pour les médias, François Lambert est « le neveu de Vincent Lambert ». Vincent, devenu, bien malgré lui, l’enjeu d’une bataille judiciaire autour de l’acharnement thérapeutique. Le 29 septembre 2008, cet infirmier en psychiatrie est victime d’un grave accident de voiture qui le plonge dans un état pauci-relationnel puis végétatif. Il est alors marié à Rachel Lambert, elle-même infirmière, qui vient d’accoucher d’une petite fille. Lorsque Vincent Lambert se retrouve tétraplégique, François Lambert a 27 ans. Il n’a que quatre ans et demi de différence avec son jeune oncle. À cette époque, l’étudiant en cinéma, passionné d’écriture de scénarios, est loin d’imaginer les répercussions de cet accident sur sa propre vie. Aujourd’hui, il est sur le point de devenir avocat et termine son dernier stage d’élève chez Me Chemla, à Reims, son propre avocat dans ce que l’on appelle communément « l’affaire Lambert ». En six années de procédures, le sort de Vincent Lambert, âgé de 42 ans aujourd’hui, s’est figé, ballotté d’une décision médicale à une décision judiciaire. Malgré le souhait exprimé par Vincent oralement à son épouse de ne jamais être maintenu en vie à tout prix.

Nous retrouvons François Lambert un dimanche matin, place de la République, à Paris, muni de sa doudoune bleu électrique, immortalisée par des photos prises à la sortie de divers tribunaux. Depuis tout jeune, François Lambert s’est toujours senti en phase avec son jeune oncle, Vincent. Les deux nés à Châteauroux sont un peu sauvages et timides. Les deux étaient dotés du même esprit critique, avec un goût prononcé pour l’humour noir. Et il en fallait dans cette famille Lambert très atypique, voire névrotique. Avant de devenir les parents de Vincent Lambert, Viviane Philippon et Pierre Lambert étaient mariés chacun de son côté et avaient respectivement trois et deux enfants. Viviane était la secrétaire de Pierre, gynécologue au centre hospitalier de Châteauroux et responsable départemental d’une ligue antiavortement. Hors mariage, ils ont quatre enfants. Et décident seulement après la naissance du quatrième et dernier d’officialiser leur union. « Vincent était l’aîné de cette union cachée. Il a passé des années dans un pensionnat religieux géré par la Fraternité Saint-Pie-X. Ça l’a beaucoup meurtri. Il était à fleur de peau, comme moi. On se retrouvait bien dans notre sentiment latent de rébellion, plus caché chez lui que chez moi », lâche François Lambert.

Au tout début, François Lambert rend régulièrement visite à son oncle. « J’y allais toutes les semaines, je lui parlais, je lui faisais des massages. Je logeais chez Rachel ou chez la sœur de Vincent. J’avais l’impression qu’il avait des mouvements de tête. Il réagissait à des musiques ou à des bruits. Mais il fallait aussi éviter les surinterprétations. Après, j’y allais tous les mois, puis tous les trois mois. » Entre 2008 et 2013, la famille Lambert fait face au drame, plutôt unie. François Lambert se souvient s’être retrouvé en 2009, avec la dizaine de frères et sœurs, les parents Viviane et Pierre, l’épouse Rachel au centre d’éveil de Berck-sur-Mer, pour fêter l’anniversaire de Pierre. Les années passent et les experts testent le niveau de conscience du patient. Son état neurologique se dégrade. Il est « en état de conscience minimale plus », d’après le centre de recherche sur le coma de Liège en 2011, en état végétatif, d’après les experts nommés par le Conseil d’État en 2014. Même de longues séances d’orthophonie prodiguées en 2012 au CHU de Reims ne permettent pas d’entrer en relation avec lui. Les possibilités d’évolution neurologique sont faibles.

En face, les parents de Vincent croient au miracle dur comme fer. Peu à peu, la mort de Vincent devient taboue. Une décision médicale va durcir les positions. La famille se déchire. Le 10 avril 2013, l’équipe du Dr Kariger, avec l’accord de Rachel mais sans prévenir les parents, décide d’arrêter les traitements de Vincent. « En 2013, Kariger voulait associer les parents à la décision. Les médecins de son service, dont Daniéla Simon, ont débranché Vincent pendant qu’il était parti en week-end. Ils ont ainsi mis le pied à l’étrier des parents. Quoi qu’on pense d’eux, je ne trouve pas que ce soit une manière de faire », estime aujourd’hui François Lambert. Et, en effet, Viviane Lambert, soutenue par la Fraternité Saint-Pie-X et le mouvement des pro-vie, accuse aussitôt le médecin d’avoir voulu « tuer (son) fils dans (son) dos ».

« J’ai appris à parler, à expliquer l’affaire clairement et à ne pas être intimidé »
Vincent, cloué et impuissant, devient l’objet d’une lutte religieuse, menée avec ferveur par une mère aux origines modestes, devenue femme de pouvoir et égérie des militants pro-vie. « Au nom du doute et de l’apaisement, Viviane et Pierre se battent pour garder leur fils en vie, poursuit François Lambert. Mais c’est au contraire le mépris de la parole et le triomphe des non-dits. Avec Vincent, nous sommes le symptôme de nos parents. » Le 16 mai 2013, lorsque François Lambert apprend l’offensive médiatique menée par les parents de Vincent sur RTL, son sang ne fait qu’un tour : « J’ai passé des heures avec les standards des radios et des journaux à essayer d’avoir accès aux journalistes pour contrer l’idée du “condamné à mort”. Je n’arrivais pas à faire passer un autre son de cloche pour remettre enfin Vincent et ses droits au centre des débats. J’étais bouleversé et confus. » Jusqu’à ce qu’un article du Monde explique que les avocats des parents de Vincent, Me Jérôme Triomphe et Me Jean Paillot, appartiennent respectivement à la mouvance Civitas, devenu parti politique d’extrême droite, et à l’Opus Dei, institution de l’Église catholique influente et secrète. Leurs frais d’avocats allant jusqu’à 1 million d’euros, en partie financés par la Fondation Jérôme-Lejeune, très investie dans la lutte contre l’avortement. Ces éléments ont permis de porter un autre regard sur la croisade d’une partie de la famille pour garder Vincent Lambert en vie. Depuis 2013, François Lambert, lui, n’a jamais plus couru après les médias. À chaque fois que l’affaire rebondit, ce sont eux qui le sollicitent. « J’ai appris à parler, à expliquer l’affaire clairement et à ne pas être intimidé. Heureusement que je faisais du théâtre... Je sais que les médias font et défont à leur guise », lance-t-il avec distance.

2013, c’est aussi l’année où basculent les projets professionnels du « neveu ». À force de lire les mémoires d’audience faits d’une cinquantaine de pages, François Lambert devient spécialiste de l’affaire et décide de se battre pour la dignité de son oncle. « Je ne supporte pas quand les gens avancent des points de vue sans les argumenter. Vincent était aussi comme ça... » Alors que l’idée est en germe depuis quelques années, il se décide à s’inscrire en droit par correspondance à l’université Panthéon Sorbonne. Il a 32 ans. Malgré son aversion pour la chose « scolaire », il s’accroche et prouve, surtout lors des stages pratiques, ses compétences. « Avec moi, il faut juger sur pièce », s’amuse-t-il. Jusque-là au RSA, il obtient le barreau en 2017. En stage de fin d’études au tribunal administratif de Paris, puis depuis janvier dans un cabinet privé, François Lambert est sur le point de devenir avocat. Son souhait : « travailler dans un cabinet à taille humaine, traiter plutôt d’affaires qui m’intéressent, avec la distance professionnelle de l’avocat et la compréhension de celui qui est “passé par là” ».

Procédures contestant les décisions des différents médecins responsables de Vincent Lambert, procédures liées à la désignation d’un tuteur, procédures liées à la demande de transfert dans un autre établissement, procédures du neveu, procédures pénales des parents... Avec aisance et précision, François Lambert reprend le fil d’une longue histoire judiciaire dont on ne voit pas le bout. « Les pro-vie parlent d’apaisement, c’est un langage piège. Car ils laissent sous-entendre que Rachel ou moi-même avons un projet de mort pour Vincent. Ce qui est faux. Pour ce qui est de la loi Leonetti, si elle est un instrument pour lutter contre l’euthanasie, elle n’en est pas un pour lutter contre l’acharnement thérapeutique. Or, c’est exactement de cela que souffre Vincent, d’un véritable acharnement. » François Lambert regrette la violence utilisée par Viviane contre Rachel. « Ils sont allés jusqu’à la faire suivre par un détective privé pour voir si elle n’avait pas un amant et ainsi l’accuser de vouloir se débarrasser de Vincent. Et après ils sont choqués parce que Rachel refuse de leur faire la bise... » relate-t-il.

En 2016, le juge des tutelles de Reims place Vincent Lambert sous la tutelle de son épouse, Rachel. En 2014 et 2015, le Conseil d’État puis la Cour européenne des droits de l’homme jugent finalement conforme à la loi le protocole de fin de vie mis en place pour Vincent Lambert. Le 9 avril 2018, le médecin de Vincent Lambert, le Dr Sanchez, se prononce pour la fin des traitements à l’issue de la quatrième procédure collégiale. Puis les parents déposent à nouveau un recours. Quelques jours plus tard, sur la place Saint-Pierre au Vatican, le pape François affirme vouloir « attirer de nouveau l’attention sur Vincent Lambert et sur le petit Alfie Evans », un bébé britannique de 22 mois hospitalisé en état semi-végétatif. Ajoutant : « Je voulais répéter et confirmer de manière forte que le seul maître de la vie, du début jusqu’à la fin naturelle, est Dieu. Et notre devoir est de tout faire pour protéger la vie. » Le même pape qui a décidé de reconnaître sur certains points la Fraternité Saint-Pie-X, longtemps frappée d’excommunication par le Saint-Siège. C’est dire à quel point « l’affaire Vincent Lambert » a pris en otage l’homme Vincent Lambert.

« Le médecin finit toujours par décider ce qu’il fera de vous. Et il reste intouchable »
Très remonté aussi contre « l’opacité et la toute-puissance dont l’Ordre national des médecins a fait preuve dans cette affaire », François Lambert pointe le contrôle total sur le patient que « s’arrogent » les médecins. « Même avec une directive anticipée sur ce que l’on souhaite pour sa propre mort, le médecin finit toujours par décider ce qu’il fera de vous. Et il reste intouchable, sauf s’il décide d’arrêter des traitements, au nom du droit à la vie qui en devient une obligation, argumente François Lambert. C’est la même volonté d’opacité, de mépris des proches et de contrôle qui a déclenché l’affaire en 2013 et qui a décidé de la reprise de l’affaire en 2015, alors que, objectivement, tout avait été fait pour Vincent et qu’il n’y avait aucune raison pour que ça continue, sauf à se complaire dans le sordide pour ensuite s’en plaindre. »

Aujourd’hui, François Lambert espère simplement que « le cas de Vincent ne servira pas à rien, et que six ans de procédures du fait d’un statu quo et d’un consensus qui n’existe pas n’aboutissent pas à un nouveau statu quo au pseudo-motif que “c’est une affaire particulière”, que “c’est délicat” ou encore que “maintenant les choses sont claires”... ». Aujourd’hui, François Lambert, devenu son avocat de cœur, n’a qu’un souhait pour Vincent Lambert : « Qu’il puisse partir. » Fidèle à son souci de transparence, le neveu de Vincent Lambert envoie à chaque fois, à tous les médias, l’intégralité de chaque décision judiciaire. Dernier en date : le jugement du tribunal administratif de Châlon-en-Champagne daté du 31 janvier, validant la procédure d’arrêt des soins. Dans son mail, François Lambert écrit ceci : « La requête des parents est rejetée, la décision d’arrêt des traitements est légale. Les frais d’expertise sont mis à la charge du CHU de Reims. Nous attendons maintenant que le Conseil d’État soit saisi, et qu’il se prononce, soit dans un bref délai, soit en plusieurs mois (selon les définitions qu’il choisira de donner aux notions d’humanisme et de défense des plus vulnérables). » À cela, et sans surprise, les avocats des parents de Vincent Lambert ont immédiatement annoncé un recours en appel au Conseil d’État. Jusqu’à quand ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 7 Icon_minitime13.03.19 14:08

L'affaire Lambert revient au Conseil d'Etat les 18 et 29 mars
Paris Match | Publié le 13/03/2019 à 19h48
La Rédaction - AFP
François Lambert Catholiques conservateurs, les parents s'opposent depuis des années à d'autres membres de la famille, dont François Lambert (ici en photo, en avril 2018), neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des soins.
FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
L'audience la plus déterminante sera celle du 29 mars, prévue à 9H30: les parents du patient, fermement opposés à la fin de vie par arrêt des traitements de leur fils âgé de 42 ans, dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008, cherchent à obtenir en justice le maintien des soins de leur fils.

Le Conseil d'Etat examinera le 29 mars la décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert, tétraplégique depuis dix ans, validée par la justice administrative en janvier, après une audience le 18 concernant une demande de dépaysement de l'affaire. L'audience la plus déterminante sera celle du 29 mars, prévue à 9H30: les parents du patient, fermement opposés à la fin de vie par arrêt des traitements de leur fils âgé de 42 ans, dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008, cherchent à obtenir en justice le maintien des soins de leur fils.

Au terme d'une longue bataille judiciaire, ils ont déposé une requête en urgence devant le juge des référés du Conseil d'Etat pour tenter de suspendre la décision collégiale du CHU de Reims, prise le 9 avril 2018, et validée en janvier par le tribunal administratif (TA) de Châlons-en-Champagne (Marne). Le TA de Châlons-en-Champagne avait jugé que "le maintien des soins et traitements" de Vincent Lambert constituait "une obstination déraisonnable", clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.

"On espère que la juridiction nous entendra, qu'elle constatera que Vincent n'est pas dans une situation d'obstination déraisonnable et qu'enfin on fera justice à ce garçon qui est handicapé lourd et qui doit être accueilli dans un service spécialisé dans l'accueil de ce type d'handicapés", a déclaré à l'AFP Me Jean Paillot, l'un des avocats des parents. A titre subsidiaire, les parents demandent au Conseil d'Etat d'ordonner une contre-expertise médicale de Vincent Lambert, par "des experts ayant une expérience effective dans l'accompagnement des patients en état de conscience altérée".

À lire :Le combat pour Vincent Lambert

Un "état végétatif chronique irréversible"
Avant cette audience, la plus haute juridiction administrative examinera le 18 mars à 14H30 un pourvoi contre une décision de la cour administrative d'appel de Nancy, qui a rejeté le 16 janvier la demande de dépaysement déposée par les parents de Vincent Lambert, a-t-on appris auprès du Conseil d'Etat. Les parents Lambert reprochent au TA de Châlons-en-Champagne, en charge de la procédure, "une partialité, un parti pris" et à son président "un autoritarisme" qui rend, selon eux, impossible l'obtention d'"une véritable évaluation" de l'état leur fils.

Dans leur rapport, rendu le 18 novembre, avant donc la décision du TA en janvier, un collège de trois experts avait conclu à un "état végétatif chronique irréversible" du patient, mais n'avait toutefois pas relevé une "obstination déraisonnable". Catholiques conservateurs, les parents s'opposent depuis des années à d'autres membres de la famille, dont François Lambert, neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des soins.

Depuis le début de la bataille judiciaire il y a cinq ans, plusieurs juridictions - jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme en 2015 - se sont prononcées en faveur de l'arrêt des traitements. Des décisions contrecarrées par les requêtes successives des parents Lambert, de l'une de ses sœurs et d'un demi-frère.
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Affaire Vincent Lambert: le Conseil d'Etat n'admet pas le pourvoi des parents

  • Par  Le Figaro avec AFP 
     

  • Mis à jour le 25/03/2019 à 17:16 
     

  • Publié le 25/03/2019 à 17:09





Le Conseil d'Etat n'a pas admis aujourd'hui le pourvoi des parents du tétraplégique Vincent Lambert qui demandaient un dépaysement de l'affaire, devenue emblématique du débat sur la fin de vie en France.
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Vincent Lambert : la justice valide la procédure d'arrêt des soins
Ce pourvoi visait la décision du 16 janvier de la Cour administrative d'appel de Nancy devant laquelle les parents de Vincent Lambert avaient vainement plaidé pour que le dossier de leur fils soit confié à une autre juridiction.
Le Conseil d'Etat a jugé qu'il n'y avait «pas lieu de statuer» sur la demande de dépaysement. «Les conclusions du pourvoi sont sans objet», selon la plus haute juridiction administrative, car entre temps, une décision a été rendue sur l'arrêt des traitements.
Le 31 janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) avait validé la procédure d'arrêt des soins, estimant dans son ordonnance que le maintien des soins et traitements constituait «une obstination déraisonnable» et «que la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l'hypothèse où il se trouverait dans l'état qui est le sien depuis dix ans, (était) établie».
Les parents de Vincent Lambert reprochent au tribunal «une partialité, un parti pris» qui rend, selon eux, impossible l'obtention d'«une véritable évaluation» de l'état leur fils, âgé de 42 ans et dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008.
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» Le cas Vincent Lambert, une affaire aux multiples procédures
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