HANDICHRIST

Pêle-mêle, tout et rien
 
ConnexionS'enregistrerGalerieFAQCalendrierPortailAccueilRechercher
http://www.handichrist.net/
Pas d'enregistrement à cause des gens postant partout le même message régulièrement, leur site perso ne leur suffisant pas
Partagez
 

 VINCENT LAMBERT

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant
AuteurMessage
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime15.01.14 16:54

CITATION=
"«C'est la première fois depuis 1981 qu'un avocat doit plaider pour un condamné à mort», a plaidé Jérôme Triomphe, avocats des parents, avant d'insister sur le fait que le patient «était handicapé mais non atteint d'un mal incurable» et que la loi Leonetti ne s'appliquait pas à son cas. «Personne ne souhaite s'il est bien portant être dans la situation de Vincent Lambert, a-t-il poursuivi, mais qui peut savoir maintenant ce qu'il en pense, lui ?».
 
Mon commentaire = ? ! ! ! ? ! ! ! ?... ...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime15.01.14 22:43

Euronews

Euthanasie : Vincent Lambert n’a pas encore le droit de mourir

Par Joël Chatreau

15/01 14:28 CET

Une fois de plus en France, l’euthanasie pose un grave problème de conscience. La fin de vie de Vincent Lambert, un infirmier de 38 ans devenu tétraplégique à la suite d’un grave accident de la route, est tourmentée depuis près de dix mois. Ce mercredi, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, la préfecture du département de la Marne, devait trancher une nouvelle fois sur le sort du patient qui se trouve dans un état pauci-relationnel, autrement dit de conscience minimale. Les juges ont préféré “prendre le temps de la réflexion”, selon les propres mots du président du tribunal. Le jugement ne sera rendu que jeudi.

Ce sont les parents de Vincent Lambert, ainsi qu’une soeur et un demi-frère, qui ont saisi la justice pour arrêter le processus décidé par le CHU de Reims, où le patient est hospitalisé depuis cinq ans. L‘établissement hospitalier avait annoncé sa décision samedi dernier, à l’issue de deux réunions entre les médecins et l’ensemble de la famille en septembre et décembre 2013. Trois experts sur quatre s‘étaient aussi prononcé en faveur d’une euthanasie passive. L’alimentation et l’hydratation par sonde devaient être stoppées. Mais les parents de Vincent Lambert qui ont qualifié les réunions de “mascarades” persistent à s’opposer à cette fin de vie assistée. Leur avocat, qui avait obtenu gain de cause devant le même tribunal administratif en mai dernier, a de nouveau plaidé ce mercredi que la loi Leonetti ne peut pas s’appliquer dans ce cas car le patient est handicapé mais n’a pas de maladie incurable.

Rachel, l‘épouse de Vincent Lambert, pense au contraire qu’il faut abréger le calvaire de son mari, elle appuie la décision médicale, tout comme sept autres membres de la famille. Rappelant que Vincent connaissait ce genre de problème en tant qu’infirmier, elle avait expliqué “Ce qui le répugnait, c‘était la dépendance. Entendons-le et respectons-le”. Selon une soeur du patient, leurs parents sont guidés par “une idéologie très catholique”. “Le laisser partir, dit-elle, est pourtant aussi un acte d’amour”.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 10:15


Vincent Lambert pourrait subir une euthanasie passive, selon l'auteur de la loi

Par LEXPRESS.fr, publié le 16/01/2014 à 08:05

Pour Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, les médecins ont le droit de mettre un terme à la vie de Vincent Lambert, tétraplégique en état de conscience minimale. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce ce jeudi.

Vincent Lambert pourrait subir une euthanasie passive, selon l'auteur de la loi

Fin de vie de Vincent Lambert: "La loi prévoit que les médecins recueillent l'avis de la famille, mais ils ne sont pas obligés de le suivre", a indiqué M. Leonetti.

AFP L'Express

Le député UMP Jean Leonetti, auteur de la législation actuelle sur la fin de vie, a estimé mercredi que sa loi pouvait s'appliquer au cas de Vincent Lambert, même si ce dernier n'est pas atteint d'une maladie incurable.

"La loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie dit qu'on peut interrompre ou ne pas mettre en oeuvre les traitements qui apparaissent comme inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie", a indiqué à l'AFP M. Leonetti, précisant que les deux derniers qualificatifs "relèvent de la situation des états végétatifs ou pauci-relationnels (ou état de conscience minimale), du type de celui dans lequel se trouve Vincent Lambert".

Une partie de sa famille souhaite le maintien en vie

Agé de 38 ans et tétraplégique depuis un accident de la circulation il y a 5 ans, Vincent Lambert est au centre d'une bataille judiciaire entre le CHU de Reims et une partie de sa famille qui s'oppose à une euthanasie passive, estimant qu'il n'est pas atteint d'une maladie incurable et que dès lors la loi Leonetti ne s'applique pas à son cas.

Saisi par les parents pour stopper la décision médicale et obtenir le transfert de leur fils dans un autre établissement, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne doit rendre sa décision ce jeudi.

Les médecins ne sont pas obligés de suivre l'avis de la famille

Les médecins du CHU de Reims ont annoncé samedi, à l'issue de plusieurs réunions collégiales tenues avec les membres de la famille, qu'ils allaient arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du malade, qui se trouve dans un état de conscience minimale.

"La loi prévoit que les médecins recueillent l'avis de la famille, mais ils ne sont pas obligés de le suivre", a indiqué M. Leonetti. "Il n'y a pas de vote à la majorité (...) la procédure a pour but de protéger le malade" a-t-il ajouté tout en regrettant que Vincent Lambert n'ait pas rédigé de "directives anticipées" lorsqu'il était encore en mesure de le faire.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 10:29


Euthanasie passive: décision du tribunal attendue pour Vincent Lambert

- Publié le 16/01/2014 à 08:32 le Point

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce jeudi sur la fin de vie de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale, dont les parents s'opposent à l'euthanasie passive décidée par le corps médical en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

Les parents, une soeur et un demi-frère de Vincent Lambert avaient saisi la justice après l'annonce du docteur Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU de Reims, d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient tétraplégique en état de conscience minimale.

Tout au long des quatre heures d'audience mercredi, devant une famille divisée qui est repartie de part et d'autre de la salle en s'évitant du regard, les parties se sont opposées sur la place de Vincent Lambert dans le cadre de la loi Leonetti qui régit les droits des patients en fin de vie, son état de conscience et sa situation au sein du service de soins palliatifs

"Vincent est handicapé, il n'est pas atteint d'un mal incurable, il n'est pas en fin de vie sauf si on lui retire son alimentation et son hydratation", a expliqué au tribunal Jérôme Triomphe, l'avocat des parents du patient de 38 ans hospitalisé depuis cinq ans après un accident de la circulation. Selon lui, la loi Leonetti ne peut s'appliquer au cas de Vincent.

Avant lui, le rapporteur public avait préconisé le maintien de l'alimentation et l'hydratation artificielles du malade tétraplégique, estimant "que le patient est dans état irréversible mais que sa conscience existe et qu'il est impossible de juger du sens de sa vie".

Il a par ailleurs enjoint le tribunal de rejeter la demande des requérants de transférer le patient dans un autre hôpital.

Selon le corps médical, Vincent est totalement aphasique et dans un état pauci-relationnel (état de conscience minimale) qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant "être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles".

Le député Leonetti estime que sa loi peut s'appliquer

Depuis le début de l'année 2013, le malade avait multiplié, d'après les médecins, des comportements d'opposition aux soins, "faisant suspecter un refus de vivre".

En avril 2013, un premier protocole de fin de vie avait déjà été engagé mais sans consulter explicitement les parents vivant dans le sud de la France, qui avaient saisi la justice et obtenu la reprise des soins de leur fils.

L'action judiciaire avait mis au jour un conflit familial, alimenté, selon plusieurs témoignages, par les convictions religieuses très ferventes des parents de Vincent.

Lors des débats, l'avocate du CHU de Reims a insisté sur "l'obstination déraisonnable" que représente la continuation des soins "vu l'état de Vincent qui n'a pas de conscience au sens de la médecine et aucune vie relationnelle".

"Une partie de la famille, dont sa femme, a signifié que Vincent Lambert avait témoigné de sa volonté de refuser l'acharnement, mais c'est au médecin seul que revient la décision", a ajouté Me Catherine Weber-Seban.

"Personne ne souhaite s'il est bien portant être dans la situation de Vincent Lambert, mais qui peut savoir maintenant ce qu'il en pense", lui avait répondu Me Triomphe.

A l'audience, Rachel Lambert, son épouse, qui est quasi quotidiennement au chevet de son mari depuis son accident a plusieurs fois fondu en larmes, prostrée auprès de ses avocats.

Le député UMP Jean Leonetti, auteur de la législation actuelle sur la fin de vie, a estimé mercredi que sa loi pouvait s'appliquer au cas de Vincent Lambert, même si ce dernier n'est pas atteint d'une maladie incurable.

Quelque soit la décision rendue jeudi, un recours est susceptible d'être déposé par une des parties devant le Conseil d'Etat.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 11:24

CES QUESTIONS QUE POSE L'AFFAIRE VINCENT LAMBERT AUXQUELLES UNE LOI SUR L'EUTHANASIE N'APPORTERAIT PAS DAVANTAGE DE REPONSES
Atlantico le 16.01.2014

Atlantico : Le fait que la décision "de vie ou de mort" de Vincent Lambert, tétraplégique en état de conscience minimale depuis 5 ans, se trouve entre les mains de la justice relance le débat sur la sédation en phase terminale voire sur l'euthanasie. Un juge peut-il prendre la décision d'arrêter les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles d'un patient ? La justice est-elle légitime à décider de donner la mort, en dépit du refus des parents de la victime ?

Jean Leonetti : La justice dans le cas de Vincent Lambert n’est pas habilitée à dire si on doit choisir la vie ou la mort. Elle est là pour dire si la loi est respectée ou si elle ne l’est pas.

Lors de sa première décision, elle avait constaté que la procédure n’était pas respectée au regard de la loi Leonetti du 11 avril 2005 puisqu’il fallait recueillir l’avis de la famille et que, de toute évidence, les parents de Vincent Lambert n’avaient pas été informés de la suspension des traitements de survie. Dans ces conditions, de manière légitime, le juge a demandé la suspension de la procédure.

Les médecins, avec beaucoup de sagesse, on repris la procédure au tout début en faisant en sorte qu’un conseil de famille soit réuni pour informer tout le monde et que la décision collégiale médicale soit renforcée par un collège d’experts extérieurs. Aujourd’hui, la demande qui se fera au juge est de savoir si la loi telle qu’elle a été votée à l’unanimité en 2005 est respectée ou pas.

A mes yeux, la procédure et le texte de la loi concernent le cas de Vincent Lambert.  


L'avocat des parents de Vincent Lambert déclare : "Vincent est handicapé, il n'a pas de maladie incurable, la loi Leonetti ne s'applique pas à son cas". Que faut-il conclure d'une pareille information ? Comment délimiter la frontière entre sédation en phase terminale et euthanasie ?

La situation de Vincent Lambert est une situation qui ne concerne ni la sédation terminale ni l’euthanasie. Elle concerne le texte de loi qui dit que les traitements peuvent être suspendus ou ne pas être mis en œuvre lorsqu’ils sont inutiles, disproportionnés ou n’ont d’autre but que le maintien artificiel de la vie. Bien évidemment, les traitements concernant Vincent Lambert sont des traitements qui n’ont pas d’autre but que le maintien artificiel de la vie. Dans ce contexte, la procédure collégiale peut décider d’interrompre ces traitements de survie. Cela impliquera qu’une sédation terminale soit mise en œuvre sur la décision d’arrêt des traitements, mais en aucun cas il ne s’agit d’une sédation terminale destinée à mettre fin à la vie de Vincent Lambert et encore moins d’un cas d’euthanasie.

La loi de 2005 s’appelait « droits des malades et fin de vie ». Le premier chapitre concerne l’acharnement thérapeutique – l’acharnement thérapeutique étant bien sûr un abus d’actions médicales, qui concerne des sujets, qu’ils soient en fin de vie ou non. Donc la loi s’applique.

Lors de sa conférence de presse du 14 janvier, François Hollande a indiqué vouloir encadrer une loi sur la fin de vie. Quand bien même il existerait un cadre législatif, l'affaire en question serait-elle différente ?

Aucune loi dans le monde n’autorise à pratiquer l’euthanasie chez quelqu’un qui ne l’a pas demandé. Dans le cas de Vincent Lambert, aucune directive anticipée – qui est aujourd’hui prévue dans la loi – n’a été écrite. On est donc obligé de se baser sur ce qu’il a confié à ses proches vis-à-vis de la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui.

Le président de la République, lors de sa conférence de presse, a repris mot pour mot les propos qu’il a tenu en campagne électorale dans sa proposition 21 et les propos sont suffisamment flous pour qu’on ne sache pas s’il s’agit d’une volonté de légaliser l’euthanasie ou d’une meilleure application de la loi actuelle avec une aide médicale pour soulager les souffrances en fin de vie.

Enfin, le président de la République a aujourd’hui trois rapports (un rapport Sicard, un rapport du Comité national d’éthique et un panel citoyen) qui écartent la proposition de légaliser l’euthanasie.

La réalité de cet enjeu social n'est-elle pas moins le fait de ce qu'il n'y ait pas de loi que le fait que personne ne souhaite être à l'origine de la décision de donner la mort ?

On ne peut pas demander à la famille de décider de la vie ou de la mort d’un proche. Je laisse imaginer les circonstances où une mère qui vient d’accoucher serait décisionnaire de la vie ou de la mort de son enfant. On voit bien qu’on ne peut pas faire peser la responsabilité de la décision de l’arrêt ou de la poursuite des traitements de survie à la famille. La loi dit d’ailleurs qu’on « recueille » son avis ; elle ne dit en aucun cas qu’on est obligé de suivre son avis. Cela permet donc, dans la procédure de Vincent Lambert, à la collégialité médicale de pouvoir prendre des décisions tout en ayant informé et recueilli l’avis de l’ensemble de la famille. Il faut bien se rappeler que la première décision du tribunal n’a jamais été une décision sur le fond qui disait si oui ou non on devait poursuivre le traitement de survie, mais sur la procédure qu’ils ont jugé, à juste titre, incomplète.

Comment est-il concrètement possible de créer un cadre législatif qui prendrait en compte tous les cas de figure ?

Je crois que ça n’est pas possible. La mort, comme la vie, est personnelle, intime, complexe et douloureuse. Il n’y a pas de possibilité de trouver des solutions qui entrent dans le détail de chaque cas particulier.


On m’a dit de trouver un texte complémentaire qui hiérarchiserait l’avis des familles dans la procédure d’arrêt des traitements pris lorsque la personne ne peut pas exprimer sa volonté - comme c’est le cas de Vincent Lambert. Je vois mal qu’on puisse hiérarchiser l’avis de la femme ou du mari à celui du père ou de la mère car l’avis des proches est quelquefois plus important que l’avis d’un parent éloigné. Il faut donc qu’on puisse rester dans une procédure qui à la fois est souple mais en même temps garde des objectifs :

1 – La non-souffrance et le non-abandon ;
2 – Lorsque le malade ne peut pas exprimer sa volonté, recueillir l’avis d’une personne de confiance si elle a été désignée (ça n’est pas le cas pour Vincent Lambert) ;
3 – Recueillir les directives anticipées si elles ont été écrites (ça n’est pas le cas pour Vincent Lambert).

Ensuite, il faut essayer de savoir ce que la personne aurait voulu dans la poursuite d’un traitement, qui peut être, selon les uns ou les autres, apprécié comme un acharnement thérapeutique ou pas. C’est donc à l’issue de cette procédure, qui forcément ne peut pas envisager tous les détails, que la décision est prise.

Je le répète une fois de plus, si la loi était appliquée dans sa totalité, et que chacun d’entre nous avait désigné une personne de confiance et écrit ses directives anticipées, la polémique autour de Vincent Lambert n’existerait pas. Si Vincent Lambert avait désigné sa femme comme personne de confiance et s’il avait écrit que s’il se trouvait en situation handicap majeur, il ne voulait pas prolonger sa vie inutilement, la collégialité médicale pourrait prendre la décision en toute sérénité et sans polémique inutile.

Propos recueillis par Marianne Murat

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 12:13


«J’aimerais que Vincent soit entendu et respecté dans ce qu’il était avant»

13 janvier 2014 à 19:36 (Mis à jour : 15 janvier 2014 à 11:35)

L'auteur Eric FAVEREAUCHRONIQUE «AUX PETITS SOINS»

«Mourir, mourir la belle affaire», disait Brel. «Mais vivre…» Il y a quelque chose d’inhumain dans ce que la collectivité fait endurer à Vincent Lambert depuis maintenant cinq ans qu’il est dans un état végétatif. Et le plus inhumain encore, c’est que cela risque de durer. Les parents de Vincent ont, à nouveau, saisi la justice hier, en déposant un référé-liberté pour empêcher que la décision médicale d’euthanasie passive prise par le Dr Eric Kariger ne soit entreprise. Face à ce nouveau recours, celui-ci a annoncé qu’il attendra la décision du tribunal. Comme si c’était à la justice de dire ce qui était médical ou non, car en l’occurrence toute l’équipe médicale de soins palliatifs du CHU de Reims mais aussi les plus hauts responsables des soins palliatifs en France ont considéré que cette décision était pleinement légitime.

La femme de Vincent, Rachel, ne sait plus où regarder. Il y a quelques mois, elle nous avait dit si simplement : «J’aimerais que Vincent soit entendu et respecté dans ce qu’il était avant. Et à ceux qui voudraient croire que j’ai intérêt à ce que mon mari parte, je voudrais dire que, malgré son handicap, il est toujours resté mon mari et que la douleur de le perdre sera toujours aussi grande. Je ne le laisse pas partir pour moi, je le laisse partir pour lui.» Après un accident de la route en 2008, cet infirmier de Reims s’est retrouvé dans un état végétatif chronique. A plusieurs reprises, avec sa femme, mais aussi avec des collègues, il avait dit qu’il ne voudrait jamais vivre une vie ainsi.

C’était il y a cinq ans. Aujourd’hui, il a 37 ans. Il est étendu, sans mot ni contact avec l’extérieur, nourri par une sonde gastrique, et accompagné par une équipe, manifestement très prévenante. Toute sa famille, à l’exception de ses parents, demande simplement que «la médecine se retire». Rien d’autre. La loi le permet et c’est au seul médecin d’en prendre la responsabilité. En mai, apprenant que leur fils n’était plus alimenté, ses parents avaient déposé un recours devant le tribunal administratif qui a demandé de surseoir à la décision. Le médecin s’est montré très conciliant. «Laissons la tension s’apaiser», nous disait-il. Il a monté deux conseils de famille, appelé chacun à avoir son expert. Et ce week-end, à nouveau, le blocage. Les parents se sont opposé au reste de la famille et ont réitéré leur volonté de déposer un nouveau référé. Ils appellent les réseaux catholiques les plus sectaires «à ne pas laisser faire cette mise à mort».

De son lit, qu’entend Vincent Lambert ? Jusqu’à quand va-t-on rester sourd à son silence ? «Mourir, en donnant la main à un ami», souhaitait si fortement le grand philosophe catholique Paul Ricœur. On en est si loin.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 12:26

"La loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie dit qu'on peut interrompre ou ne pas mettre en œuvre les traitements qui apparaissent comme inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie", a estimé Jean Leonetti. Le député précise que les deux derniers qualificatifs "relèvent de la situation des états végétatifs ou pauci-relationnels (ou état de conscience minimale), du type de celui dans lequel se trouve Vincent Lambert".

Jean Leonetti sur l'affaire Vincent Lambert : "Le maintien artificiel de la vie, ce n'est pas la vie"
Jeudi 30 janvier 2014 à 12:29 - Par David Di Giacomo, France Bleu Azur
Jean Leonetti, député-maire d'Antibes, est l'auteur de la loi en vigueur sur la fin de vie. Invité de France Bleu Azur ce jeudi matin, il estime que dans l'affaire Vincent Lambert, ce n'est pas à la justice de trancher mais au corps médical.

Le conseil d'Etat va être saisi par le CHU de Reims et l'épouse de Vincent Lambert. La question est de savoir s'il faut mettre un terme à la vie artificielle de ce tétraplégique âgé de 38 ans. Son épouse et certains de ses proches y sont favorables, alors que les parents Lambert s'y opposent. Ils ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif.

Pour l'auteur de la loi sur la fin de vie, Jean Leonetti, seuls les médecins doivent se prononcer et pas la justice .

"Dans cette affaire, les juges se sont substitués aux médecins. Si cette décision devenait jurisprudentielle, les médecins hésiteraient à arrêter des traitements, même s'ils estimaient que ceux-ci sont inutiles ou n'ont d'autre but que le maintien artificiel de la vie. Or le maintien artificiel de la vie, ce n'est pas la vie."

Selon le député-maire d'Antibes, le recours en justice "est indispensable" . Pour lui, si la décision du tribunal administratif était maintenue 'elle confinerait à revenir quinze ans en arrière, à l'époque où l'acharnement thérapeutique était la règle ".

Et Jean Leonetti d'insister sur la nécessité pour chacun de rédiger ses directives anticipées, pour faire savoir à sa famille ses souhaits quant à sa fin de vie et la possibilité de limiter ou d’arrêter les traitements en cours.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 12:51

DERNIERE MINUTE=
Le Tribunal Administratif aurait ordonné à l'instant le maintien des traitements artificiels
ce que je ne pige pas,si Léonetti pense que le cas de V.L.rentre dans le cadre de sa loi
Par conséquent,une partie de la famille va faire appel au Conseil d'Etat
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 13:17


Fin de vie : Vincent Lambert continuera à être alimenté

Par Marie-Laure Combes et Noémie Schulz

Publié le 16 janvier 2014 à 13h05Mis à jour le 16 janvier 2014 à 13h06

LA DÉCISION - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu jeudi la décision des médecins.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu jeudi la décision des médecins de ne plus soigner Vincent Lambert. Le jeune homme, tétraplégique et en état de conscience minimale, continuera donc à être alimenté et hydraté.

Jeudi matin, son neveu avait affirmé sur Europe 1 que Vincent Lambert "n'aurait pas voulu vivre comme ça". Il avait également laissé entendre que si le tribunal s'opposait à l'euthanasie passive de Vincent, sa femme - qui demande l'arrêt des soins - pourrait faire appel : "On se dit que le tribunal doit prendre en compte que Vincent rentre dans la catégorie de la loi Leonetti. S'il ne le faisait pas, il faudrait aller au Conseil d'Etat, qui pourrait statuer différemment."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 13:24

ABSURDE !

Logiquement,si le Tribunal Administratif a suspendu la décision des médecins,
ces médecins devraient être condamnés pénalement !
Bien entendu,ils ne le seront pas,et tant mieux pour eux !

Donc,il y aurait eu une "magouille " à l'intérieur de ce Tribunal Administratif ???
Des avocats cathos intégristes ???
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 13:37

Ce qui confirme ce que j'ai écrit ailleurs...

"Il vaut mieux mourir seul que mal accompagné" ... ... ...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 13:41

Vincent Lambert a eu son accident de moto

Il aurait fallu lui foutre la paix à ce moment-là ?

Je me pose vraiment la question.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 13:48

Et s'il avait écrit des Directives Anticipées,il faut pouvoir mettre la main sur ce document...
Dans un accident de circulation ou dans un attentat,les papiers se perdent
Se faire tatouer les D.A.sur son dos ? dans un incendie,la peau est brûlée
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 14:00

Affaire Lambert: le tribunal se prononce contre l'euthanasie passive

(AFP) – Il y a 21 minutes

Reims — Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé jeudi contre la décision d'euthanasie passive prise par les médecins de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale, une décision qui avait été prise en accord avec sa femme et une partie de sa famille, a-t-on appris auprès d'un avocat des parents.

"Le tribunal a enjoint les médecins de maintenir l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert", a déclaré à l'AFP Me Jean Paillot.

"Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne suspend l?exécution de la décision du 11 janvier 2014 par laquelle le centre hospitalier régional universitaire de Reims a décidé d?interrompre l?alimentation et l?hydratation artificielles de M. Vincent Lambert", a indiqué le tribunal dans un communiqué.

Le Tribunal a notamment "jugé que la poursuite du traitement n?était ni inutile, ni disproportionnée et n?avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d?interrompre le traitement", explique notamment la juridiction. Elle a estimé que "c?est à tort que le CHU de Reims avait considéré que M. Lambert pouvait être regardé comme ayant manifesté sa volonté d?interrompre ce traitement".

"On a sauvé la vie de Vincent", a estimé Me Paillot. "C'est une victoire du droit, c'est une lecture de la loi Leonetti à la lumière de la dignité. C'est une victoire pour tous les handicapés", a-t-il ajouté. "Le tribunal a reconnu que Vincent n'était ni malade ni en fin de vie et la loi ne pouvait pas s'appliquer. Dans le cas de Vincent les éléments pour arrêter l'alimentation ne sont pas réunis", a conclu l'avocat.

L'avocat de François Lambert, neveu de Vincent Lambert favorable à l'euthanasie passive, a indiqué à l'AFP qu'il pourrait faire appel devant le Conseil d'Etat. Cette décision n'est "pas très bien motivée", a jugé Me Bruno Lorit.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 17:50

Pour le médecin de Vincent Lambert, "cette décision remet en cause la loi Leonetti"
Eric Kariger, le médecin du CHU de Reims en charge de Vincent Lambert, a dénoncé jeudi "une obstination déraisonnable" à maintenir son patient en vie, un tétraplégique, plongé dans un état de conscience minimal depuis cinq ans.

D. N.
Le 16/01/2014 à 16:02
Mis à jour le 16/01/2014 à 16:43 .
Le docteur Eric Kariger, médecin de VIncent Lambert, lors d'une conférence de presse jeudi. (BFMTV)

"Cette décision remet en cause la loi Leonetti", a expliqué le docteur Eric Kariger, médecin de Vincent Lambert qui a également dénoncé "une obstination déraisonnable" à maintenir en vie son patient. Le praticien du CHU de Reims, s'oppose par ces mots la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui s'est prononcé jeudi contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert. "Je pense à titre personnel que nous devons contester cette décision devant le Conseil d'Etat", a encore expliqué le docteur Eric Kariger.

Ses médecins avaient décidé de ne plus alimenter et hydrater ce tétraplégique en état de conscience minimale pour le laisser mourir, en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

Les parents, une soeur et un demi-frère de Vincent Lambert avaient saisi la justice après l'annonce du docteur Eric Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU de Reims, d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient.


"Ce jugement remet en cause la garantie de ne pas subir d'acharnement"

"Pour notre société, ce jugement remet en cause la Loi Leonetti, pourtant seule loi de la Ve république votée à l'unanimité et à travers elle remet en cause nos garanties à chacun et chacune de ne pas être un jour victime d'acharnement. Ces problématiques sont questionnées", a insisté Eric Kariger.

"La définition de l'obstination déraisonnable est de responsabilité médicale. Elle nécessite le savoir médical devant intégrer la volonté passée de la personne si elle s'est exprimée, son état actuel, l'évolution de son état et de son intérêt au regard de son avenir. La douleur de sa famille et son devenir, les obligations déontologiques du médecin et les contraintes légales", a aussi expliqué le docteur Eric kariger. Pour lui, la décision de cesser d'alimenter Vincent Lambert a été "une décision collégiale éclairée par la famille". Cette décision pose en tout cas la problématique de la frontière parfois ténue qui sépare le domaine de la justice et celui du médical.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 19:00


Refus d'euthanasie passive: la femme de Vincent Lambert déplore la décision

Par LEXPRESS.fr, publié le 16/01/2014 à 18:00, mis à jour à 18:26


La femme de Vincent Lambert déplore la décision du tribunal de s'opposer à l'euthanasie passive du patient. "Le laisser partir est l'ultime preuve d'amour qu'on peut lui apporter", estime-t-elle.


Refus d'euthanasie passive: la femme de Vincent Lambert déplore la décision


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est opposé à l'euthanasie passive de Vincent Lambert, notamment demandée par sa femme.

AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert ce jeudi.

"C'est rajouter de la violence à la violence", a déclaré son épouse, Rachel Lambert. D'après elle, "le laisser partir est l'ultime preuve d'amour qu'on peut lui apporter". "Je pense à mon mari, je me demande où il est dans tout ça", a expliqué Rachel Lambert, dans le cabinet de son avocat, toute en émotion contenue. "Il faut le laisser partir dans la sérénité et le respect de sa dignité et de ce qu'il a été".

Rachel Lambert a assuré une fois de plus que son mari "avait clairement signifié son refus de tout acharnement", et expliqué qu'"accepter qu'il parte, c'est l'aboutissement d'un long cheminement intellectuel et émotionnel y compris avec les médecins". Selon le corps médical, Vincent Lambert est dans un état pauci-relationnel qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant "être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles".

"Je veux faire valoir le droit à Vincent d'avoir été autre chose, quelqu'un d'autre que cette personne alitée", a poursuivi Rachel Lambert, qui déplore "une succession de faits horribles, de l'accident jusqu'aux procédures judiciaires".

"Des antagonismes trop forts" dans la famille

Après la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne de s'opposer à l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le docteur Eric Kariger avait déclaré penser "beaucoup à la femme de Vincent". Pendant l'audience, qui a vu la famille du patient se diviser sur la question de l'euthanasie passive, Rachel Lambert, a plusieurs fois fondu en larmes, prostrée auprès de ses avocats.

"Avec ceux qui demandent l'acharnement à tout prix et la vie coûte que coûte, le dialogue est difficile. Il y a des antagonismes trop forts et du moment qu'on nie à Vincent le droit d'être ce qu'il a été, le débat est clos", a-t-elle ainsi déclaré.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 19:13

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 19:16

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 19:45

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 20:23


Vincent Lambert : l'avocat des parents défend aussi des catholiques fondamentalistes

Créé : 16-01-2014 19:48

FIN DE VIE - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a ordonné jeudi le maintien de l'alimentation de Vincent Lambert, cet homme de 38 ans en état de conscience minimale. Donnant raison aux parents, qui ont assuré vouloir maintenir la vie de leur fils "par amour" et non par "croisade idéologique". Leur avocat, Me Jérôme Triomphe, est toutefois très proche de l'extrême droite catholique.


Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux fondamentalistes et d'extrême droite.
Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux fondamentalistes et d'extrême droite. Photo : AFP

Contre l'avis des médecins et de l'épouse de Vincent Lambert, les juges ont donc tranché. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) a décidé jeudi de "maintenir l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert", un tétraplégique en état de conscience minimale. Incapable de bouger, cet handicapé n'a qu'une interaction minimale avec l'environnement,par la vue notamment. La justice a donc donné raison à ses parents qui s'étaient prononcés pour le maintien en vie de leur fils. Depuis son accident de la route en 2008, une partie de la famille de Vincent Lambert accuse les parents de mener "une croisade idéologique et religieuse". "Ce n'est pas par idéologie que les parents de Vincent défendent sa vie, mais par amour", leur a rétorqué Me Triomphe dans sa plaidoirie. Mais le parcours de l'avocat permet d'en douter.

Maître Jérôme Triomphe, avocat de l'institut catholique Civitas

Maître Jérôme Triomphe est en effet un juriste connu des milieux catholiques fondamentalistes et d'extrême droite. Il a par exemple défendu de nombreuses fois l'association de fondamentalistes catholiques Civitas, un mouvement politique inspiré par "le droit naturel et la doctrine sociale de l'Église" (...) "engagé dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ". Une association très connue pour son combat contre l'euthanasie. L'un des derniers procès en date, celui qui les opposait au Femen après des violences lors d'une manifestation. Il y a quelques années, il avait défendu l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol contre le Front national.

Jérôme Triomphe a également participé à quelques conférences données par ces mêmes milieux. Le 7 septembre 2013, il tenait par exemple un discours intitulé : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste, à la répression policière, le combat de l'AGRIF pour les libertés", organisé par l'alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité Française et chrétienne. L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France. Pierre Descaves, un ancien de l'OAS qui a "participé à une série d'attentats en sa qualité d'activiste" pendant la guerre d'Algérie, selon Le Monde, était également présent. A l'occasion de ses nombreuses sorties, Jérôme Triomphe s'est également exprimé sur les ondes de Radio Courtoisie pour défendre sa vision catholique ou sur "le traitement judiciaire de l'antichristianisme" au congrès de la France catholique, qui abordait justement les questions du "gender" à … "l'euthanasie".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime16.01.14 20:39

VINCENT LAMBERT - Page 2 80ee4a86-m
la République Française a pris la place de la France Catholique depuis longtemps...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime17.01.14 9:35

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime17.01.14 12:44

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime17.01.14 14:54

Affaire Vincent Lambert : «Ce n’est pas aux juges de faire de la médecine» 

Par Didier Arnaud   — 16 janvier 2014 à 20:56  



Véronique Fournier, médecin du centre d’éthique à Cochin.
 
   
Affaire Vincent Lambert : «Ce n’est pas aux juges de faire de la médecine»  


Véronique Fournier est médecin responsable du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin, à Paris.

Quelle est votre réaction à la décision du tribunal administratif de se prononcer contre l’euthanasie passive de Vincent Lambert ?

Je suis en colère, non sur le fond de la décision, mais sur le fait que ce soit un tribunal qui tranche. Il ne m’appartient pas de commenter un jugement, mais je ne pense vraiment pas que ce soit à des magistrats de prendre des décisions médicales ou de dire si un traitement doit être continué ou stoppé : médecins et patients ont fort à y perdre. A ma connaissance, c’est la première fois qu’un tribunal se prononce sur une telle affaire. Si on laisse passer cela, on risque une dérive de judiciarisation de la médecine, à l’américaine. Cela serait grave.

L’obstination déraisonnable, c’est une notion éminemment subjective. C’est déjà très difficile pour les médecins de savoir à quel niveau commence l’obstination déraisonnable. Cela dépend de chaque cas particulier. Comment voulez-vous qu’un juge soit compétent dans ce domaine ? Chacun son job ! En plus, la décision de justice me paraît contraire à la loi Leonetti qui précise très clairement que ce type d’appréciation appartient au médecin en charge du patient. Je ne comprends pas pourquoi le juge se substituerait au corps médical. Ce n’est pas une bonne chose pour l’équilibre de la médecine en général.

Vous craignez un mélange des genres ?

Je pense qu’on mélange les responsabilités et les casquettes. On ne demande pas aux médecins de prononcer la justice. Pourquoi demanderait-on aux juges de faire de la médecine ? La loi a balisé le terrain. Elle a précisé que la décision appartient au médecin en charge. J’attends du Conseil d’Etat qu’il dise que ce n’est pas au juge de prendre des décisions de cet ordre. Là, le juge est en train de faire une prescription médicale singulière. Le débat sur cette affaire est trop idéologique et généralisé. On perd de vue le patient singulier. Le tribunal n’a pas la connaissance intime de ce cas particulier. Il est donc amené à statuer sur une question générale : les patients en état pauci-relationnel [état de conscience minimale, ndlr] ont-ils une vie qui mérite d’être vécue ? Mais cela, c’est un sujet théorique. Ce pauvre homme n’existe plus en tant que personne, il est gommé. On est face à une histoire unique avec des éléments singuliers qui ne doivent pas être mis sur la table et sur la place publique, qui sont de l’ordre du secret médical et du respect de la vie privée.

Le conflit familial est-il responsable de cette décision ?

Sans conflit familial, cette affaire ne serait probablement pas allée en justice. Mais une fois de plus, la loi Leonetti est claire, elle ne confie pas la décision aux proches, mais au médecin en charge. Le docteur Eric Kariger a pris sa décision en son âme et conscience et après avoir respecté la procédure imposée par la loi. Ce que je conteste, c’est qu’avec cette décision, la médecine aille prendre ses ordres au tribunal.

La médiatisation ne risque-t-elle pas d’entraîner tous les dérapages ?

La médiatisation gomme encore plus la singularité de la situation au plan humain. Elle est simplificatrice et porte sur un débat de principe : est-ce qu’il faut continuer ou non ? Vincent Lambert devient l’otage d’un débat sociétal très important, sa vie actuelle et future en dépend. Il est dans un état pauci-relationnel. Une décision [d’euthanasie passive] avait été prise il y a six mois, puis suspendue. Depuis six mois, rien ne s’est passé pour lui : on lui fait endurer quelque chose de terrible. A quoi joue-t-on ? On se sert du malheur des autres pour réfléchir collectivement à ce que l’on va faire.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime17.01.14 22:18

Le cas Vincent Lambert "montre les limites de la loi Leonetti"
Alain Ducardonnet, spécialiste santé de BFMTV, réagit à la décision de justice imposant le maintien de l'alimentation de Vincent Lambert, un patient de 37 ans en fin de vie. Il met en avant les limites de la loi Leonetti, soulevées par ce cas difficile.
VINCENT LAMBERT - Page 2 Avatar_45x45
L. P.
Le 16/01/2014 à 15:30
Mis à jour le 16/01/2014 à 15:58
 
Alain Ducardonnet explique les limites de la loi Leonetti. (BFMTV)
 / 1


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé jeudi contre la décision d'euthanasie passive prise par les médecins de Vincent Lambert. Le juge administratif "enjoint les médecins de maintenir l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert". "Un coup d'éclat" pour le docteur Alain Ducardonnet, spécialiste santé BFMTV, qui estime que "c'était l'occasion d'appliquer la loi Leonetti". Explications des limites de cette loi avec le Dr Ducardonnet.

Peut-on rappeler ce que dit la loi Leonetti?

La loi Leonetti se scinde en deux parties, les patients conscients et les patients inconscients. Pour Vincent Lambert nous sommes dans le deuxième cas. Il est clairement dit dans la loi qu'il ne doit pas y avoir d'acharnement thérapeutique si les médecins estiment que tous les recours médicaux sont épuisés. On peut alors envisager l'idée de ne plus apporter assistance au patient. Voilà pour la partie obstination déraisonnable de la loi. Dans ce cas-là, les médecins de Vincent Lambert ont estimé que les recours médicaux ne servaient plus à rien.

"Comment peut-on recueillir le consentement d'un patient qui ne peut plus s'exprimer"?

Ce sont les médecins qui décident s'il y a acharnement thérapeutique, mais cette décision doit être prise en accord avec la famille. On touche ici à une limite de la loi, car la décision doit être prise soit selon l'avis du patient qui a été exprimé antérieurement, soit selon l'avis d'une personne représentative de la famille. Et c'est là où le problème se pose. Une partie de la famille Lambert assure avoir entendu dire Vincent qu'il ne voulait pas d'acharnement, or l'autre partie de la famille soutient que Vincent n'a jamais rien dit à ce sujet et qu'il faut continuer. Ce qui pose la limite de "comment peut-on recueillir le consentement réel du patient qui ne peut plus s'exprimé"?


Comme tout le monde n'est pas d'accord, le tribunal donne raison à la partie de la famille qui veut continuer l'alimentation. La solution à ce genre de problème serait de mettre dans la Carte Vitale du patient ses vrais souhaits.
Le patient ne pouvant plus s'exprimer, la famille devient le pilote et si la famille n'est pas d'accord, c'est la décision de continuer les soins qu'a privilégié le tribunal administratif qui prime.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime18.01.14 17:00

Fin de vie : Régis Aubry réagit à l'affaire Vincent Lambert
 
 
Vincent Lambert est dans le coma depuis plus de 5 ans. Sa femme a demandé l'euthanasie passive. Le tribunal administratif l'a refusée. Le professeur Régis Aubry, de l'hôpital de Besançon, est un spécialiste de la fin de vie. Ecoutez son interview, en longueur, sur ce sujet très douloureux.
 
 
Par Catherine Eme-Ziri
Publié le 17/01/2014 | 15:27, mis à jour le 17/01/2014 | 18:24
 
 
Régis Aubry, médecin à Besançon, est un spécialiste reconnu des questions de fin de vie
 
Régis Aubry, médecin à Besançon, est un spécialiste reconnu des questions de fin de vie
 
Suite à un accident de la route, Vincent Lambert est dans le coma, en état de conscience minimale.
Le monde des soins palliatifs s'inquiète des conséquences de la décision d'un tribunal de refuser l'euthanasie passive pour Vincent Lambert, risquant
d'entraîner  un retour de pratiques d'acharnement pour les personnes en fin de vie. Le professeur Régis Aubry est un médecin spécialiste de la fin de vie. Il est président de l'observatoire national de la fin de vie et membre du comité de consultation national d'éthique. Vous pouvez écouter son interview, en longueur, sur ce sujet extrêmement douloureux. Il se dit "consterné" par la décision du tribunal administratif. Il a joint par téléphone le député Jean Léonetti, auteur de la loi qui porte son nom sur la fin de vie, loi de 2005 et qui considère que cette décision du tribunal administratif est contraire à l'esprit de sa loi.
 
Affaire Lambert : réaction du Dr Aubry
 
Le député UMP Jean Leonetti auteur de la loiqui encadre actuellement la fin de vie avait réclamé jeudi "une décision sur le fond, car cette jurisprudence pourrait aboutir (...) à maintenir par précaution l'acharnement thérapeutique dans les traitements de survie, en l'absence de directives anticipées ou de personne de confiance".
La loi Leonetti qui visait à proscrire l'acharnement thérapeutique, a instauré un droit au "laisser mourir" avec la possibilité de suspendre des traitements et
mis en place le système de "directives anticipées" dans laquelle une personne indique par avance sa volonté en matière de traitements pour sa fin de vie.
 
La décision jeudi d'un tribunal de ne pas autoriser l'euthanasie passive pour le tétraplégique Vincent Lambert, en état de conscience minimale,illustre les difficultés qui attendent le gouvernement dans l'élaboration d'une nouvelle loi sur la fin de vie, promise par François Hollande.
Les situations de fin de vie sont encadrées en France depuis 2005 par la loi Leonetti qui a interdit l'acharnement thérapeutique, permis l'euthanasie passive par l'arrêt des traitements lorsqu'ils sont jugés "disproportionnés" et admis l'administration d'anti-douleurs jusqu'au point "d'abréger la vie".
 
Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, cette loi "à l'évidence ne suffit pas". Elle "comporte des ambiguïtés qu'il faut lever puisqu'on voit bien qu'il y a des appréciations différentes entre les médecins, la famille et les juges sur ce que cette loi permet de faire".
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui a enjoint les médecins de maintenir l'alimentation et l'hydratation du patient, a "jugé que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée" et donc que le cas sortait du champ d'application de la loi Leonetti.
 
L'auteur de la loi, le député UMP Jean Leonetti, avait estimé au contraire que le texte s'appliquait à Vincent Lambert. "La loi de 2005 (...) dit qu'on peut interrompre ou ne pas mettre en oeuvre les traitements quiapparaissent comme inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie", a-t-il rappelé mercredi.
Pour le député, cette description s'adresse notamment à "la situation des états végétatifs ou pauci-relationnels (ou état de conscience minimale), du type de celui dans lequel se trouve Vincent Lambert".
Selon l'avocat des parents, favorables au maintien en vie de leur fils Vincent Lambert,  c'est "le principe de précaution" qui a prévalu dans la décision du tribunal. "Quand il y a un doute, le doute doit évidemment profiter à la personne qui risque d'en pâtir", a déclaré Me Jérôme Triomphe.
 
Euthanasie ou suicide assisté
 
Ces différentes interprétations d'une même loi soulignent la difficulté qui attend le gouvernement dans l'élaboration d'une nouveau texte sur la fin de vie, l'un des engagements de la campagne présidentielle de François Hollande.
Le président français a rappelé mardi qu'il restait attaché à un nouveau cadre légal pour "permettre à toute personne majeure atteinte d'un maladie incurable provoquant une souffrance psychologique, physique insupportable et qui ne peut être apaisée, de pouvoir demander dans des conditions strictes, une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité".
Le chef de l'Etat a aussi souligné qu'il espérait un accord "large" , "sans polémique, sans division" sur le nouveau texte .
La ministre de la Santé a précisé jeudi qu'elle allait "engager des consultations avec les familles de pensée (...) et faire en sorte de favoriser le consensus le plus large possible".
Mais le sujet est complexe et délicat, les situations de fin de vie sont très diverses entre un cancéreux âgé en soins palliatifs et un accidenté de la route jeune en état végétatif permanent. Les options de la fin de vie aussi divergent, entre euthanasie passive, euthanasie active à savoir "le fait pour un tiers de mettre fin à la vie d'une personne à sa demande" et suicide médicalement assisté où c'est le patient qui fait acte d'ingérer une potion létale.
Un panel de citoyens s'était prononcé en décembre sur le sujet, préconisant une "légalisation du suicide médicalement assisté" mais pas l'inscription dans la loi de l'euthanasie active.
Les citoyens s'étaient cependant déclarés "favorables à une exception d'euthanasie" pour "des cas particuliers ne pouvant entrer dans le cadre du suicide assisté", comme lorsque "le consentement direct du patient ne peut pas être recueilli".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime21.01.14 15:05

Affaire Lambert: le monde des soins palliatifs s'inquiète

17 janv. 2014, 12h53

Le monde des soins palliatifs s'inquiète des conséquences de la décision d'un tribunal de refuser l'euthanasie passive pour Vincent Lambert, risquant d'entraîner un retour de pratiques d'acharnement pour les personnes en fin de vie.
La SFAP (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs), association qui rassemble les différents acteurs dans le monde des soins palliatifs, a jugé la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne "inédite et surprenante", selon un communiqué parvenu vendredi.
"La SFAP souhaiterait un éclaircissement sur le fond du Conseil d?État, car si la décision reste en l'état, elle modifiera profondément les pratiques médicales actuelles et conduira à une augmentation de l'acharnement thérapeutique pourtant refusé massivement par nos concitoyens", écrit l'association.
Pratiquement dans les mêmes termes, le député UMP Jean Leonetti, auteur de la loi qui encadre actuellement la fin de vie, avait réclamé jeudi "une décision sur le fond, car cette jurisprudence pourrait aboutir (...) à maintenir par précaution l'acharnement thérapeutique dans les traitements de survie, en l'absence de directives anticipées ou de personne de confiance".
La loi Leonetti, qui visait à proscrire l'acharnement thérapeutique, a instauré un droit au "laisser mourir" avec la possibilité de suspendre des traitements et mis en place le système de "directives anticipées" dans laquelle une personne indique par avance sa volonté en matière de traitements pour sa fin de vie.
François Hollande a promis une nouvelle loi pour dépasser la loi Leonetti. La ministre de la Santé Marisol Touraine a estimé jeudi que l'affaire Lambert montrait que la loi actuelle "à l'évidence ne suffit pas" et qu'elle comportait "des ambiguïtés" qu'il fallait "lever".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime27.01.14 14:57

18 janvier 2014 | Mise à jour le 19 janvier 2014 le JDD

Vincent Lambert : Leonetti dénonce une récupération politicienne
Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 encadrant la fin de vie, dénonce dimanche dans le JDD la décision de maintenir en vie Vincent Lambert.

Pour Jean Leonetti, c’est "de l’acharnement thérapeutique". L'auteur de la loi de 2005 encadrant la fin de vie, dénonce dimanche dans le JDD la décision de maintenir en vie Vincent Lambert. Si cette décision faisait jurisprudence, ce serait, selon lui, "un recul considérable" aux conséquences potentiellement désastreuses pour les malades incurables.

Le député UMP dénonce également une récupération politicienne de l’affaire par la ministre de la Santé Marisol Touraine : "C’est un cas très particulier dans un contexte familial de désunion. Dans ce dossier, l’enjeu c’est l’acharnement thérapeutique mais pas l’euthanasie ni le suicide assisté." Prudent sur la question de la légalisation du suicide assisté, Jean Leonetti concède que sa loi de 2005 pourrait être améliorée. Il dévoile deux pistes principales de réforme dans nos colonnes...( lecture avec abonnement ).
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime27.01.14 15:01

Pour Patrick Verspieren, les juges ont appliqué la loi dans l'affaire Vincent Lambert
Publié le 20/01/2014 à 12h26 - Modifié le 20/01/2014 à 12h24
Joséphine Bataille
© B. BOISSONNET / BSIP / AFP © B. BOISSONNET / BSIP / AFP
Patrick Verspieren, jésuite enseignant au Centre Sèvres, dont il a dirigé longtemps le département d’éthique biomédicale, estime que le tribunal administratif a donné une interprétation de la loi Leonetti tout à fait justifiable.

La loi Leonetti autorise l'arrêt de l'alimentation artificielle, y compris pour des patients dans le coma ou en état végétatif. En s'opposant à l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, les juges ne vont-ils pas à l'encontre de la loi ?

Je ne trouve pas qu'il y ait un désaveu de la loi Leonetti, mais plutôt une interprétation faite par des juges, ce qui est leur rôle. On peut prendre une décision de bonne foi, selon la procédure légale, et les juges peuvent intervenir après coup. C'est le rôle normal de la justice. L'arrêt est très précis. Les juges ont essayé d'appliquer la loi en la lisant de près.

Il est clair dans la loi Leonetti qu'un patient peut refuser un traitement. Mais en l'occurrence, les juges remarquent qu'il n'est pas clair que ce patient-là refuse. Par ailleurs, la loi prévoit l'arrêt de traitements jugés inutiles, disproportionnés ou maintenant artificiellement la vie, et les juges estiment que dans son cas, l'alimentation artificielle ne cause pas de souffrance, poursuit son but (nourrir), et sert à autre chose que le seul maintien de la vie, puisqu'il y a un certain lien relationnel avec le patient.

L'alimentation artificielle est-elle un soin comme un autre ? Est-il juste de s'interroger sur son maintien ?

D'abord un patient peut refuser un traitement, mais plus largement, toute action sur son corps, y compris des soins infirmiers. Quant à ce qui relève de la responsabilité du médecin, il y a beaucoup de situations dans lesquelles maintenir l'alimentation artificielle relèverait de sa part d'un soin disproportionné. Par exemple pour un patient avec un cancer, dans les dernières semaines de sa vie : l'alimentation n'apporte rien mais constitue beaucoup de contraintes. Si le patient en état végétatif est en fin de vie, ce n'est pas adapté, parce que ça ne sert à rien, ça le fait souffrir, et c'est même un risque d'accident (fausse-route...).

En revanche il y a des cas où l'alimentation remplit sa fonction d'alimentation sans avoir d'effet nocif. C'est le cas de Vincent Lambert.

Je pense qu'il est regrettable que le législateur ait précisé les critères de l'obstination déraisonnable. La réalité est trop complexe pour être enfermée dans trois formules. On voit bien ce que veut dire inutile et disproportionné ; le troisième critère est beaucoup moins clair. L'état végétatif fait peur, donc on utilise des notions abstraites pour essayer d'apporter des réponses. La seule question à se poser, au cas par cas, est de savoir si l'alimentation est adaptée ou pas à la situation du patient. Quelle que soit la terrible épreuve que subissent les proches, c'est malgré tout le patient, que les médecins sont tenus de soigner.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime27.01.14 15:10

Fin de vie : six proches de Vincent Lambert réclament l'arrêt de ses traitements
Le Monde.fr | 27.01.2014 à 11h33 • Mis à jour le 27.01.2014 à 14h57


Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a ordonné aux médecins, jeudi 16 janvier, de ne pas arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert, le jeune homme tétraplégique en état de conscience minimale. La juridiction était saisie par ses parents qui s'opposent avec un demi-frère et une sœur, à la décision de l'équipe médicale, à laquelle l'épouse et le reste de la fratrie se sont rangés.

L'hôpital, ainsi que sa femme et un neveu engagés eux aussi dans la procédure, disposaient de 15 jours pour se tourner vers le conseil d'Etat. Le délai arrive bientôt à échéance. Six membres de la famille – frères, soeurs et neveu du patient – prennent position en faveur de l'arrêt des traitements, dans une tribune commune, et en appelle à la ministre de la santé, Marisol Touraine.

Le texte de la tribune :

En matière de prise d'otages, lorsque les situations s'enlisent, ce sont souvent les familles qui poussent les gouvernements à trouver des solutions ou qui agissent elles-mêmes quand cela est possible.
Aujourd'hui, avec notre frère et oncle, Vincent Lambert, c'est le pays tout entier qui est pris en otage par une frange extrême de la société représentant une minorité, très agissante comme souvent.

Le délai de quinze jours depuis le verdict de Châlons-en-Champagne prononcé le 16 janvier est très supérieur à ce qui semble être raisonnable pour décider d'un recours auprès du Conseil d'État. Pourtant rien n'a été fait, malgré la volonté unanime d'une équipe médicale dévouée qui ne peut se résoudre à laisser les choses en l'état. Cela montre que la gestion administrative d'un hôpital et la dispensation d'un service public dans le souci d'une certaine éthique sont deux choses qui peuvent être parfois contradictoires.

PERSONNE N'EST PROTÉGÉ DEVANT UN ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE

Cela justifie-t-il de renoncer ? Ce serait accepter que dans notre pays démocratique, des mouvements extrémistes décident de nos vies.

Si le Conseil de l'Ordre des médecins du département de la Marne a pris une position favorable sur le respect de la procédure du Dr Kariger et de son équipe, l'encourageant ainsi à tenter un recours, cela n'a pas été le cas au niveau national. Le problème est pourtant national aujourd'hui puisque personne n'est dorénavant protégé devant un acharnement thérapeutique lorsque certains membres d'une famille le décident.

Si notre ministre de la santé Marisol Touraine a assuré l'hôpital, le médecin, l'épouse de Vincent de son soutien, les encourageant aussi à faire un recours, aucun courrier n'est venu confirmer ces paroles.

La quasi totalité des analystes dans les médias ont affirmé qu'il ne pouvait pourtant en être autrement. Les Français attendent donc de savoir non pas si le recours va être décidé, mais quand il le sera...

Cette situation selon nous pose plusieurs questions : comment l'équipe médicale peut-elle en être réduite à penser maintenant que des menaces de procédure pénale puissent réellement aboutir entre les mains d'un procureur qui étudierait sérieusement cette menace ? Procédure « qui aurait des retombées sur votre carrière, vous-même et votre famille », dixit les quatre requérants... Comment a-t-on pu en arriver à un point où les membres d'une famille qui ont voulu soutenir le CHU dans cette épreuve judiciaire difficile en sont réduits, au choix, à regarder impuissants l'acharnement sur un être cher en attendant qu'une nouvelle loi soit votée pour le soulager ou à demander eux-mêmes à ce qu'une décision médicale soit respectée auprès du Conseil d'État ?

LE DÉNI D'UNE VOLONTÉ CLAIREMENT EXPRIMÉE PAR ORAL

A force de ne pas vouloir dire les choses, cette loi semble inapplicable. Elle autorise une injection létale de calmants (et seulement de calmants) sans intention de donner la mort (sic). Elle demande à ce que soient prévenus (y compris oralement) les membres d'une famille, sans définir ce qu'est la famille, et à défaut, un proche.

Elle propose également de lutter contre l'acharnement thérapeutique en le définissant de façon floue. Elle demande enfin à des juges de vérifier la légalité de tout cela en 48 heures. C'est ainsi qu'on en arrive à la situation désastreuse de Vincent, qui a payé une première fois une erreur de forme, une deuxième fois la velléité de juges qui ont jugé du contenu-même de la décision.

Pour exiger de la rigueur (envoi en recommandé de l'information à la famille, contrôle en amont par une commission indépendante par exemple), il faudrait préciser la réalité : oui, il s'agit bien de soulager des souffrances, jusqu'à la mort quand c'est le souhait de la personne et la dernière et seule solution qu'il lui reste. Vincent ne peut toujours rien dire, et il ne le pourra plus jamais. Pour cela, il paie un prix que nous ne souhaitons à personne.

Cette tribune n'a d'autre but que de demander instamment à Madame Marisol Touraine, à toutes les institutions compétentes, aux médecins, aux intellectuels que ce verdict effraient, de se prononcer par écrit, clairement, et de façon urgente, auprès de Monsieur le Directeur Général du CHU de Reims en faveur d'un recours. Faute de quoi, Vincent – mais aussi toutes les personnes pouvant un jour se retrouver dans sa situation – risque fort de devoir continuer à vivre dans la souffrance et le déni de sa volonté clairement exprimée par oral : Vincent n'anticipait pas cette situation au point d'écrire ses directives, comme 98 % de la population française.




Ce texte est cosigné par Marie Lambert (sœur de Vincent Lambert), Joseph Lambert (frère de Vincent Lambert), Marie Geneviève Lambert (demi-sœur de Vincent Lambert), François Lambert (neveu de Vincent Lambert), Guy Noël Philippon (demi-frère de Vincent Lambert) et Frédéric Philippon (demi-frère de Vincent Lambert).

Hormis François Lambert, aucun des signataires n'a pris part à la poursuite judiciaire. Ils s'expriment pour la première fois dans cette affaire.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Vincent Lambert   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime27.01.14 17:09

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime28.01.14 19:12

Reims
La fin de vie de Vincent Lambert dans les mains du Conseil d'Etat
Par AFP, publié le 28/01/2014 à 15:16, mis à jour à 18:17
Reims - Le Conseil d'Etat devra statuer sur la fin de vie de Vincent Lambert, à la demande de son épouse Rachel qui a signifié son intention de faire appel mardi de la décision de la justice administrative d'interdire "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari.

"Je fais appel devant le Conseil d'Etat contre la décision de la justice administrative qui a interdit de cesser le traitement et l'arrêt du maintien en vie artificielle", a-t-elle déclaré mardi à l'AFP. 
"Le laisser partir est un geste d'amour", a réaffirmé l'épouse du patient tétraplégique hospitalisé à Reims depuis plus de 5 ans dans un état végétatif chronique après un accident de la circulation. 

Délai de 48 heures 

Le Conseil d'Etat doit se prononcer dans un délai de 48 heures après sa saisine qui devrait être effective avant la fin de cette semaine, a-t-on indiqué au cabinet des avocats de Rachel Lambert.  
Lundi, une autre partie de la famille favorable à l'arrêt des soins avait demandé à Marisol Touraine, la ministre de la Santé, d'enjoindre par écrit la direction du CHU de Reims de saisir le Conseil d'Etat dans une tribune publiée par le Monde. 
Mardi sur i-télé, la ministre a réitéré ses propos tenus à l'occasion de ses voeux à la presse le 21 janvier, de demander "formellement au directeur du CHU de Reims" d'accompagner la procédure d'appel si elle était introduite par la famille. 
"J'espère que l'initiative de Rachel Lambert va inciter la direction de l'hôpital à nous suivre dans ce recours", a expliqué à l'AFP Sara Nourdin, l'avocate de Mme Lambert. 
Le 16 janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait imposé aux médecins de l'hôpital de Reims de poursuivre l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert, en jugeant que "la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie". 

Un recours de l'hôpital encore attendu 

Son épouse et une partie de la famille avait donné son accord à l'arrêt des soins décidé par le corps médical, mais les parents, catholiques traditionalistes, avaient saisi la justice pour s'y opposer. 
"L'hôpital doit aller devant le Conseil d'Etat, c'est évident", a pour sa part déclaré dans le Monde Jean Leonetti auteur de la loi sur la fin de vie. 
Pour lui, "les juges se sont substitués aux médecins dans l'attente d'un jugement sur le fond, sachant bien qu'il y aurait une décision du Conseil d'Etat. Celle-ci permettrait d'apporter la sécurité juridique dans d'autres cas et aussi pour les médecins", a-t-il poursuivi dans les colonnes du quotidien. 
Selon l'avocate de Rachel Lambert, "Vincent avait clairement indiqué son refus de tout acharnement thérapeutique, il continue à manifester une résistance aux soins qui laisse penser à un refus de vivre et d'après les médecins, il n'y a pas dans son cas de retour possible à une vie de relation".  
"Nous attendons du Conseil d'Etat qu'il affirme que continuer ainsi relève de l'obstination déraisonnable", a poursuivi l'avocate. 
"Humainement je comprends la volonté de son épouse de faire respecter la volonté de Vincent et j'attends la décision de la direction de l'hôpital que je respecterai", a pour sa part réagi le docteur Eric Kariger qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, et qui avait décidé en collégialité de suspendre la nutrition et l'hydratation artificielles de son patient. 
Contactée par l'AFP, la direction de l'hôpital n'a pas souhaité s'exprimer. 
Par VINCENT LAMBERT - Page 2 Fpa
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime29.01.14 15:56

Vincent Lambert, le prisonnier
LE MONDE | 28.01.2014 à 09h56 • Mis à jour le 28.01.2014 à 12h19 |
François Béguin et Laetitia Clavreul

A l'Hôpital Sébastopol de Reims, la chambre de Vincent Lambert est désormais fermée à clé. Une caméra surveille les allées et venues, les visiteurs doivent décliner leur identité. On cherche à le protéger des journalistes, d'un geste fatal, d'une occupation des lieux… La France entière parle de lui, ses proches et des médecins parlent pour lui. Vincent Lambert, lui, ne peut s'exprimer. Le son de sa voix, on ne l'entend plus que sur la boîte vocale du portable qu'utilise sa femme, qui n'a sans doute pas eu la force de l'effacer.
Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés


Otage de son corps, le jeune tétraplégique en état de conscience minimale l'est aussi d'un mélodrame familial aux airs de tragédie grecque. Et se retrouve pris au piège d'injonctions contradictoires, à la croisée de la médecine, de la justice et de la politique.

« Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi en est-on arrivé là ? », s'interroge aujourd'hui sa mère, Viviane Lambert. Comme, forcément, face à elle, l'épouse de Vincent, Rachel, et six sur huit de ses frères, demi-frères, soeurs et demi-soeurs, rangés à l'avis des médecins qui estiment que le patient est dans une situation d'« obstination déraisonnable ». De ce fait, ils ont décidé d'interrompre sa nutrition et son hydratation artificielles, et ainsi de le laisser mourir. Pour la deuxième fois en moins d'un an, le 16 janvier, la justice administrative, saisie par ses parents, vient de leur donner tort. Un recours pourrait être déposé dans les prochains jours devant le Conseil d'Etat.

Lire (édition abonnés) : Affaire Lambert : forte pression sur le CHU pour qu'il saisisse le Conseil d'Etat

Sa vie a basculé le 29 septembre 2008, dans un accident de voiture, alors qu'il se rendait au travail. Victime d'un traumatisme crânien, l'infirmier psychiatrique de 32 ans, père d'une petite fille depuis quelques semaines, tombe dans le coma.

Quand on l'en sort, il enroule ses bras, signe d'une souffrance neurologique. Dans les années qui suivent, tout est tenté pour l'aider à réagir. En 2011, le Coma Science Group, à Liège, en Belgique, un site mondialement reconnu sur le sujet, confirme le diagnostic d'état pauci-relationnel, une « conscience minimale plus ». A la famille, on explique qu'il ne faut pas vraiment s'attendre à une amélioration. « Son état est consolidé », dans le jargon médical. En dépit de 80 séances d'orthophonie, il va se révéler impossible d'établir un code de communication avec ce beau jeune homme brun, discret, qui ne faisait jamais rien à moitié. Lui, qui, selon son frère Joseph, était « un bon vivant, parfois excessif, toujours partant pour faire plein de choses ». « Il avait un humour très noir, voire trash », complète son neveu François qui, lui aussi, soutient la décision des médecins.

LA MÈRE ET L'ÉPOUSE FACE À FACE

L'« écorché vif en quête de liberté » qu'il décrit, vit aujourd'hui alité. Son corps est immobile, raide, relié à une sonde gastrique. Depuis plusieurs mois, il ne tient plus dans un fauteuil. Il alterne des périodes de veille et de sommeil, bouge les yeux et perçoit la douleur, mais nul ne peut affirmer s'il comprend ce qu'on lui dit ou s'il pense. Son état permet une certaine interaction avec l'environnement. Il lui arrive de sourire ou de pleurer, mais il est impossible de dire s'il s'agit de larmes de chagrin ou de joie, ou bien d'une réaction neurodégénérative sans lien avec un sentiment.

L'hôpital Sébastopol de Reims, où est soigné Vincent Lambert depuis cinq ans. L'hôpital Sébastopol de Reims, où est soigné Vincent Lambert depuis cinq ans. | FRANCOIS NASCIMBENI/AFP
C'est ce doute qui va laisser place à toutes les interprétations sur son état et, de là, à tous les déchirements. Vincent Lambert n'ayant pas laissé de directives anticipées, ni désigné de personne de confiance, dont l'avis aurait alors compté plus qu'un autre, sa volonté aussi fait débat. Sa femme et des frères et soeurs, que les médecins ont entendu, affirment que Vincent Lambert avait dit ne pas vouloir vivre en état de dépendance, et qu'il ne partageait pas les valeurs de ses parents. Pour ces derniers au contraire, il a montré « une farouche volonté de vivre », en restant en vie malgré un arrêt d'alimentation de 31 jours au printemps 2013 – une survie qui peut aussi s'expliquer par le fait qu'il a alors continué d'être un peu hydraté.

Face à face, surtout, il y a deux femmes. L'une dit vouloir le laisser partir, l'autre lui sauver la vie, chacune « par amour ». « Je représente sa première famille, celle qu'il a créée, celle qu'il a choisie », a estimé sa femme, dans un entretien au Monde, en mai 2013. « Si Rachel a épousé Vincent, c'est quand même parce que je l'ai porté avant », rétorque Viviane Lambert. « Si elle décidait de refaire sa vie, je comprendrais », assurait-elle d'ailleurs dans Le Nouveau Détective le 29 mai. Son avocat, Me Triomphe, se montre encore plus violent, évoquant la possibilité qu'elle a de divorcer.

Après une enfance passée à Châteauroux puis à Rethel, dans les Ardennes, Vincent Lambert est envoyé en pension vers l'âge de 12 ans à Saint-Joseph-des-Carmes, un établissement catholique hors contrat, près de Carcassonne. Une fratrie de neuf enfants, issus de trois lits. De lourds et douloureux secrets à porter. Un père médecin-gynécologue, opposant actif dans la deuxième moitié des années 1970 à la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse. Une mère proche de la Fraternité Saint-Pie-X, un mouvement catholique intégriste. Voilà le tableau. « Vincent n'était pas très bien dans sa peau avant son accident, dit son frère Joseph. Il semblait rongé de l'intérieur par ses vieux démons. »

Même si Viviane Lambert s'en défend catégoriquement, son combat mené avec une soeur et un demi-frère de Vincent pour sauver son fils de la « mort » – d'un « assassinat », affirme même son avocat – prend de fait une tournure politique et religieuse, que pointent ses propres autres enfants. C'est sur des sites radicaux proches de la mouvance intégriste (Riposte catholique, Salon beige), ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent, que sont publiées en premier les informations concernant Vincent Lambert. Et c'est Me Jérôme Triomphe – par ailleurs défenseur du mouvement intégriste Civitas – qui, au mois de mai 2013, évoque le premier publiquement Vincent Lambert, sur Radio Courtoisie. Il y raconte le retour dans la chambre de l'hôpital après avoir obtenu au tribunal administratif sa réalimentation. « Il a reconnu ses parents, on a le sentiment qu'il nous a dit merci », dit-il, ajoutant : « J'étais habité, je ne pense pas avoir plaidé seul, le ciel était avec nous. »

UN CONFLIT ENTRE LE DOCTEUR ERIC KARIGER ET ME TRIOMPHE

En face, une fois la stupéfaction passée de la mise sur la place publique de l'intimité d'un homme, on rappelle que le patient n'a sans doute pas souri, mais fait son rictus régulier, auquel aucun sens ne peut être donné. « Je n'avais jamais vu Vincent autant apaisé que pendant l'arrêt des soins », dira l'épouse, sortant de son silence, quelques jours plus tard dans Le Monde. La médiatisation a choqué épouse et frères et soeurs, et particulièrement la mise en scène d'une photo transmise à la presse, où l'on voit Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, et une femme lui présenter le tableau d'un oiseau. Comme si une interaction était possible.

Lire (édition abonnés) : La justice s’invite dans le débat sur la fin de vie

Me Triomphe symbolise un autre conflit, celui entre deux hommes. Imposant, jamais avare de formules – à l'audience au tribunal de Châlons-en-Champagne, le 15 janvier, il a clamé son émotion d'être le premier avocat, depuis 1981, à devoir « plaider pour un condamné à mort » –, l'avocat dit se battre pour « un handicapé », et non un malade. Un patient « autonome » hormis l'alimentation, même.

En face, le docteur Eric Kariger, chef de service au CHU de Reims, à l'origine de la décision d'arrêt des traitements. Son profil surprend : vice-président du conseil général de la Marne, il s'est mis en congé du Parti chrétien-démocrate, la formation politique de Christine Boutin, « pour ne pas exposer inutilement le mouvement ». Il se dit « catholique pratiquant » et hostile à l'euthanasie. « Je suis un libéral social-chrétien, souligne-t-il. On peut respecter la vie mais pas à n'importe quel prix. »

Il a beau répéter qu'il se voit comme « l'avocat » de Vincent Lambert, il a fini par cristalliser les critiques des parents et de leurs avocats, par sa facilité à s'exprimer dans les médias et sa détermination à ne pas laisser son patient partir dans un autre établissement : « Mon devoir moral, à part si une décision est imposée, est de continuer à accompagner Vincent », livrait-il en mai.

« Kariger se comporte comme le propriétaire de Vincent Lambert, qui est en réalité pris en otage par ce médecin qui refuse d'en lâcher la charge », écrit Jérôme Triomphe, dans sa requête en référé-liberté du 13 janvier. Pour lui et les parents de Vincent Lambert, la vie de celui-ci est « en danger » à l'hôpital de Reims. Le tribunal leur a cependant donné tort sur ce point.

Le jeune homme, lui, ne peut dire ce qu'il souhaiterait. « J'ai l'impression qu' est otage d'un mouvement pour la vie coûte que coûte dans le cadre des futures discussions politiques. Mais c'est un homme dont il s'agit ! », a réagi sa femme, le 16 janvier. La mécanique est en effet enclenchée : alors que le président de la République a promis une nouvelle loi sur la fin de vie, ceux qui estiment que celle qui est en vigueur va déjà trop loin, viennent de s'inviter dans le débat. Grâce au cas Vincent Lambert. Et à son corps défendant.

Lire le zoom (édition abonnés) : Etat végétatif et conscience minimale, une frontière floue
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime30.01.14 21:56

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime02.02.14 13:34


Fin de vie: le cas de Vincent Lambert examiné le 6 février par le Conseil d'Etat

Par LEXPRESS.fr, publié le 31/01/2014 à 15:49, mis à jour à 16:09

Le tribunal administratif a imposé le maintien en vie de Vincent Lambert, plongé dans un état végétatif. Sa femme et le CHU de Reims comptent sur le Conseil d'Etat pour remettre en cause cette décision.

Fin de vie: le cas de Vincent Lambert examiné le 6 février par le Conseil d'Etat

Rachel, l'épouse de Vincent Lambert, fait appel devant Conseil d'Etat contre la décision de la justice administrative qui a interdit "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari, a-t-elle annoncé mardi à l'AFP.

afp.com/François Nascimbeni

Le Conseil d'Etat examinera jeudi le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont l'épouse conteste la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne de le maintenir en vie, a-t-on appris vendredi auprès de la plus haute juridiction administrative. L'audience, publique, aura lieu à 11H00.

La procédure de référé, par laquelle est saisi le Conseil d'Etat, prévoit un délai de jugement de 48 heures. Mais on souligne au Conseil qu'il s'agit d'un délai indicatif que le magistrat peut apprécier, selon l'urgence du dossier. Il n'y a pas dans le cas de M. Lambert d'urgence absolue et ce délai pourrait donc être légèrement plus long.

Opposition au sein de la famille Lambert

Le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, s'était joint mercredi à la démarche de son épouse Rachel pour saisir le Conseil d'Etat, à qui elle demande l'arrêt du "maintien en vie artificielle" de son mari, estimant que "le laisser partir" constitue "un acte d'amour".

Vincent Lambert, 38 ans, est tétraplégique et en état pauci-relationnel (état de conscience minimale) sans espoir de récupération depuis un accident de la route. Il est hospitalisé depuis plus de cinq ans. Son épouse et une partie de la famille avaient donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU de Reims.

Mais les parents, des catholiques traditionalistes opposés à l'euthanasie passive de leur fils, avaient saisi à la mi-janvier la justice et obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Les magistrats avaient estimé que "la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie".

Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime03.02.14 12:07

"Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, qu'elle qu'en soit la cause, est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l'article L. 1111-6, la famille ou, à défaut un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical."

— Loi Léonetti, 2005, article 9
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime13.02.14 14:59


Le Conseil d'Etat se prononcera vendredi sur Vincent Lambert

- Publié le 13/02/2014 à 13:23


PARIS (Reuters) - L'affaire Vincent Lambert, un patient tétraplégique dont le maintien en vie est au coeur d'un conflit familial, a connu un nouveau rebondissement jeudi devant le Conseil d'Etat, où le rapporteur public a préconisé une nouvelle expertise médicale.

La plus haute juridiction administrative française se prononcera vendredi à 16h00.

Soit elle se range à la requête du rapporteur public -et dans ce cas la famille ne sera fixée que dans plusieurs semaines- soit elle se résout à trancher définitivement.

L'épouse de Vincent Lambert, un trentenaire dans un état de conscience minimale depuis un accident de la route en 2008, l'un des neveux du patient et le CHU de Reims ont saisi le Conseil d'Etat afin de statuer sur le sort du jeune homme, qu'ils refusent de maintenir en vie contre l'avis de ses parents.

Face à la complexité du dossier et à ses implications "juridiques, déontologiques, scientifiques, éthiques", l'instance avait décidé de se réunir en formation collégiale.

En présence des parties et de leurs avocats, le rapporteur public a exposé jeudi les faits du litige et les arguments adverses aux 17 membres de l'assemblée du contentieux présidée par le vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé.

Rémi Keller, soulignant le caractère "hors norme" de l'affaire et assumant "le risque d'un nouveau renvoi", a demandé un supplément d'instruction afin que le Conseil d'Etat prenne "la meilleure décision". Il prône une nouvelle expertise médicale, dans un délai maximal de six semaines, qui serait confiée à trois spécialistes indépendants.

A l'issue de l'audience, François Lambert, neveu de Vincent Lambert, a regretté devant les journalistes "une certaine perte de temps" qui ajoutera "de la complexité" à un conflit qui déchire sa famille depuis des mois.

La partie adverse, elle aussi insatisfaite de cette décision, a invoqué devant la juridiction la nécessaire protection du "droit à la vie".

Les parents de Vincent Lambert, un demi-frère et une soeur du patient, avaient obtenu le 16 janvier du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) la suspension d'une décision d'euthanasie passive prise par le CHU de Reims en accord avec son épouse Rachel.

LA LOI LEONETTI EN QUESTION

Viviane et Pierre Lambert, mus selon leurs détracteurs par une forte "idéologie" catholique, avaient déjà obtenu en mai 2013 que l'alimentation et l'hydratation artificielles de leur fils soient rétablies alors que le CHU de Reims, où il est hospitalisé, avait décidé d'y mettre un terme.

Le docteur Eric Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU, avait estimé que cette "remise en cause" de la loi Leonetti bafouait les garanties offertes "à chacun et à chacune de pas être victime un jour d'acharnement".

Le praticien a déclaré jeudi à la presse qu'il s'en remettrait à "la sagesse" des juges du Conseil d'Etat.

La loi Leonetti de 2005 sur les droits des patients en fin de vie proscrit "l'obstination déraisonnable" et autorise dans certains cas l'euthanasie passive, c'est-à-dire l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielles ou l'administration d'opiacés ou de sédatifs à haute dose.

Si le patient est dans l'incapacité d'exprimer ses volontés, la décision doit être prise par le médecin chargé du patient en concertation avec l'équipe de soins et la famille.

Les avocats des parents de Vincent Lambert estiment que la loi Leonetti ne peut s'appliquer à ce patient qu'ils qualifient de "handicapé" et non atteint d'un mal incurable.

A l'inverse, son épouse et François Lambert affirment que Vincent Lambert a manifesté des signes de refus des soins.

Ce conflit familial a mis en lumière l'extrême complexité d'une situation de "fin de vie" lorsque la personne concernée n'a pas rédigé de "directives anticipées".

"C'est pour le Conseil d'Etat une lourde responsabilité et pour cette personne et sa famille, c'est un drame. D'autres personnes en France vivent un drame de cette nature", a commenté jeudi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur Europe 1.

François Hollande s'est engagé à un projet de loi, sans prononcer les termes d'euthanasie et de suicide assisté, pour permettre à toute personne majeure atteinte d'une maladie incurable "de pouvoir demander dans des conditions strictes une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime13.02.14 15:08

[size=46]Affaire Vincent Lambert : comment les milieux catholiques traditionalistes se sont mobilisés[/size]
Farouchement opposés à l'euthanasie, les parents de cet homme tétraplégique en état végétatif militent pour le maintien en vie de leur fils. Derrière eux, la mouvance catholique intégriste agit activement.
Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)

Vincent DanielFrance Télévisions


Mis à jour le 20/06/2014 | 10:46
publié le 06/02/2014 | 15:27



La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi.
L'affaire oppose deux camps. D'un côté, les médecins, l'épouse et une partie de la famille de Vincent Lambert (des frères et sœurs, ainsi qu'un neveu) ont donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU. "Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça", a déclaré sa femme, estimant que le "laisser partir" constituait "un acte d'amour". De l'autre côté, les parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques et opposés à toute forme d'euthanasie, luttent contre "la mort programmée" de leur fils. Au delà de ce désaccord familial, l'affaire mobilise les réseaux catholiques traditionalistes.

"Ils utilisent la douleur de la mère de Vincent"


La mère de Vincent Lambert est proche de la fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste en rupture avec le Vatican. Une branche du catholicisme "farouchement opposée à l'abrègement de toute vie, au motif du sacro-saint 'Tu ne tueras point'", note Le Parisien (article payant). Le père, gynécologue, est un opposant actif à l'interruption volontaire de grossesse. Il a notamment dirigé l'association Laissez-les vivre dans l'Indre. Ensemble, ils appellent "les réseaux catholiques les plus sectaires 'à ne pas laisser faire cette mise à mort'", écrit Libération.
Pour le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, "les catholiques traditionalistes utilisent la douleur de la mère de Vincent pour en faire un combat politique". "Ils ont choisi des avocats proches de ce milieu, qui ont incité Viviane Lambert à faire un signalement au procureur pour tentative d'assassinat, lorsque le CHU de Reims a décidé d'interrompre les traitements, témoigne-t-il auprès du Parisien. L'épouse de Vincent a dû être entendue par la police, alors qu'elle a toujours été aux côtés de son mari depuis cinq ans dans cette épreuve." François Lambert précise que Vincent "avait pris de la distance avec [ce] milieu". Il témoigne aussi de la présence "d'une trentaine de militants intimidants" lors du procès à Châlons-en-Champagne, qui se seraient rendus par la suite au chevet de Vincent à l'hôpital pour "prier" pour lui.

[size=24]Un avocat proche des milieux intégristes[/size]


Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux intégristes. Il a défendu de nombreux militants de la Manif pour tous. Il représente aussi l'institut Civitas, mouvement catholique intégriste qui se dit "engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ". Civitas s'est notamment illustré pendant l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Jérôme Triomphe a également été le conseil du magazine d'extrême droite Rivarol face au Front national, relève MetronewsEt l'avocat participe à des conférences organisées par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), un mouvement proche de l'extrême droite. Intitulé de son discours le 7 septembre 2013 : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste et à la répression policière, le combat de l’Agrif pour les libertés". "L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France", indique Metronews.
D'ailleurs, c'est Jérôme Triomphe qui a évoqué le premier le cas de Vincent Lambert. C'était sur Radio Courtoisie, en mai 2013. Les sites et blogs radicaux, proches la mouvance traditionaliste, ont ensuite relayé l'information. Parmi lesquels "Riposte catholique, Salon beige ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent", relève Le Monde (article payant) pour qui l'affaire "prend de fait une tournure politique et religieuse". Le 16 janvier, alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le président de l'Agrif (et ancien frontiste), Bernard Antony, a salué "avec émotion" cette décision. Et l'Agrif s'est félicitée "de ce que cette manœuvre de promotion de l’euthanasie par omission n’ait pu aboutir".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime14.02.14 16:15


Le cas ambigu de Vincent Lambert

Le Monde.fr | 12.02.2014 à 17h43 • Mis à jour le 12.02.2014 à 18h01 | Par Véronique Guienne (professeur de sociologie à l'université de Nantes)

Le Conseil d'Etat se réunit pour décider si la poursuite des soins de cet homme, dans un état végétatif chronique depuis cinq ans, constitue ou non une obstination déraisonnable.

Comment expliquer le trouble actuel suscité par le cas de Vincent Lambert ? La raison en est que, cinq ans après son accident, son cas est ambigu, pouvant être interprété comme relevant soit du suicide assisté, soit de l'accompagnement de fin de vie.

Concernant l'aide à mourir, il faut distinguer clairement deux situations : celles de l'accompagnement par des sédations, permettant à la mort d'advenir dans de bonnes conditions lorsque la fin est proche, ou serait inévitable sans intervention médicale, et celles relevant des demandes d'aide au suicide. Ces deux questions souffrent d'un amalgame.

Certes, à première vue, ces deux situations se ressemblent : ce sont les mêmes produits qui sont utilisés, elles se mènent toutes deux au nom de l'autonomie du patient, et sont recouvertes l'une et l'autre de cette appellation confuse du « droit à mourir ».

L'OPINION PUBLIQUE EST PARTAGÉE

En fait, elles sont radicalement différentes : dans le premier cas, la décision est construite collectivement, est vécue comme un accord raisonnable par les deux parties, le patient et ses proches d'un côté, l'équipe soignante de l'autre. Dans la seconde option, une personne exprime le fait qu'elle ne supporte pas (ou plus) son état et demande qu'on l'aide à en finir.

Juridiquement, ces deux situations n'appellent pas le même type de choix. La première relève d'une législation qui se doit d'être précise, avec des protocoles l'encadrant. Ces processus de sédation sont déjà pratiqués quotidiennement à l'hôpital, bien que dans un cadre juridique à parfaire.

La seconde relève du débat sur la dépénalisation des stupéfiants (la morphine et l'hypnovel en sont), sous conditions d'accès (comité de délivrance, aide technique nécessaire, place des associations…), et a pour vocation d'être exceptionnelle.

L'opinion publique est partagée, puisque 85 % des Français sont pour une aide à mourir en cas de douleurs ou de perte de conscience en fin de vie et 85 % des Français désapprouvent le suicide.

UNE MÉDECINE INTERVENTIONNISTE

L'ambiguïté du cas de Vincent Lambert tient à ce qu'il se présente comme une demande d'accompagnement de fin de vie mais qu'il peut aussi être lu comme une demande de suicide assisté. En effet, cinq ans après son accident, son état peut être assimilé à celui d'un handicapé profond, par la durée de son installation dans cet état.

Des structures entières s'occupent de ces personnes lourdement handicapées et sans conscience. On ne peut décider que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

Mais que s'est il passé pendant cinq ans ? Il est dit que tout a été tenté pour l'aider à réagir, que des services internationalement reconnus ont été sollicités, qu'il a bénéficié d'innombrables séances d'orthophonie sans effet sur la moindre communication avec lui, et cela après un long coma. Pourquoi tout cela ? Pourquoi pendant si longtemps ? Cela s'appelle de l'acharnement thérapeutique.

La loi Leonetti aurait été simple à appliquer tout de suite, ou peu de temps après l'accident. Mourir d'un accident, et c'est ce qui aurait dû se passer si la médecine n'avait pas été aussi interventionniste, fait partie des aléas possibles de la vie. Ces situations se rencontrent tous les jours à l'hôpital. C'est là que la plupart d'entre nous meurent, en général suite à une décision médicale : de ne pas réanimer, d'arrêter des traitements lourds, de ne pas opérer…

Cette fin programmée cherche à accompagner dans les meilleures conditions ce qui était de toute façon un processus de fin de vie, quel que soit l'âge du patient, parfois en utilisant des sédations à base de morphine et d'hypnovel, pour que cela se passe bien, sans douleurs.

Ce que l'on peut reprocher à l'hôpital, c'est que cet accompagnement médicamenteux ne soit pas toujours mis en œuvre ; il y a encore trop de gens qui meurent sur des brancards dans la souffrance. Dans le vocabulaire du personnel hospitalier, ces derniers ne disent pas euthanasie dans ces cas de sédations, alors que ça l'est au sens strict de la définition de l'éthique médicale.

31 JOURS EN ARRÊT D'ALIMENTATION ET D'HYDRATATION

Le terme d'euthanasie, pour la plupart d'entre eux, reste associé à l'injection de chlorure de potassium (KCL), avec un effet immédiat, telles qu'elles ont pu être pratiquées dans les années 1980.

La plupart de ces sédations quotidiennes se passent bien ; les récits que l'on recueille sont même plutôt positifs, racontant des gens apaisés, qui remercient du regard, des familles réunies. Les seuls récits de situations difficiles sont toutes les fois où, soit la décision est prise trop tard, soit la sédation est trop faiblement dosée, produisant une attente insupportable (pour les soignants et les proches) qui peut durer des jours, voire des semaines, en maintenant le patient dans un état de ni mort ni vivant.

Le cas de Vincent Lambert répond à ces deux caractéristiques, toujours causes de problèmes dans les équipes soignantes et pour les proches : une décision trop tardive et une sédation trop peu dosée. Personne ne peut veiller un presque mort si longtemps.

Vincent Lambert est resté 31 jours en arrêt d'alimentation et d'hydratation, avant que la justice n'ordonne sa réalimentation ; ce délai est invivable pour tout le monde. Il faut d'ailleurs espérer que sa souffrance a été bien évaluée ; ces arrêts nécessitent des sédations d'accompagnement car ils sont extrêmement douloureux.

Une limite de la loi Leonetti est qu'elle impose de ne pas doser en opiacés plus que ne le nécessite la limitation de la souffrance. Cela permet une fin en quelques jours pour les corps vieillis et les malades très fragiles, mais pas chez les personnes jeunes.

LE RISQUE : ÊTRE DANS L'ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE

Il n'y a donc pas chez Vincent Lambert une « farouche volonté de vivre », comme l'a déclaré sa mère, mais, plus trivialement, l'illustration du fait qu'un organisme jeune peut survivre des mois à une dénutrition et une déshydratation si on n'accélère pas le processus. La loi Leonetti est sur ce point trop restrictive.

Une fois la décision prise et partagée, ces attentes sont des violences inutiles pour tous. On peut continuer à progresser dans le cadre de la loi Leonetti, en particulier en favorisant un échange sur les conditions de cette mort prochaine : son lieu, sa vitesse, son état de conscience.

Dans nos débats actuels, il est essentiel de ne pas isoler la fin de vie de tout ce qui se passe en amont. Notre liberté est d'abord en amont, en disant en l'occurrence clairement qu'on ne veut pas d'acharnement si le risque est celui du handicap profond.

Pour cela, il faut que les médecins acceptent d'arrêter de nous sauver malgré nous. Souvent, en faire moins, c'est mieux, et cela évite ces situations inextricables. Sinon, le risque serait d'être dans l'acharnement thérapeutique, d'en faire trop, au nom de ce que, après, avec le même interventionnisme, on pourrait arrêter.

Ces deux postures relèvent d'un même fantasme de maîtrise, d'une idéologie contemporaine de la performance. Sans être dans ce fantasme, il est légitime de pouvoir être entendu dans un souhait raisonnable : ne pas être sauvé à n'importe quel prix et mourir dans un délai acceptable et sans souffrance lorsque la fin est proche.

Véronique Guienne (professeur de sociologie à l'université de Nantes)

Véronique Guienne a notamment publié « Sauver, laisser mourir, faire mourir » (PUR, 2010) et « Nos choix de santé, dilemmes et controverses » (L'Atalante, 2012).
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime14.02.14 16:25

Affaire Vincent Lambert : "Ce n'est pas un désaveu", dit Jean Leonetti
INVITÉ RTL - Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie de 2005, estime que la décision du Conseil d'Etat "montre que c'est à la collégialité que revient la décision".
PUBLIÉ LE 14/02/2014
Sur le sort de Vincent Lambert, le Conseil d’État a décidé vendredi 14 février d'attendre les résultats d'une nouvelle expertise médicale pour rendre sa décision "avant l'été". Jean Leonetti, auteur de la loi encadrant la fin de vie de 2005 qui porte son nom, a réagi à cette décision au micro de RTL.

La loi Leonetti proscrit notamment l'acharnement thérapeutique et prévoit que la décision de l'arrêt d'un traitement pour un patient qui n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté relève d'une décision collégiale avec les médecins et ses proches.

Une décision conforme à la loi
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait décidé le 16 janvier que le cas de Vincent Lambert sortait du champ d'application de cette loi. Aujourd'hui, le Conseil d’État, saisi par la femme de Vincent Lambert, ne tranche pas et demande une nouvelle expertise médicale.

Interrogé pour savoir s'il s'agissait d'un désaveu, "non", répond Jean Leonetti, car le Conseil d’État précise que le cas de Vincent Lambert "relève bien de la loi de 2005", selon lui.

"Demander une nouvelle expertise c'est bien montrer que c'est à la collégialité que revient la décision", affirme le député des Alpes-Maritimes.

Leonetti se félicite d'être consulté
Jean Leonetti se félicite également de la décision du Conseil d’État de le consulter, ainsi que l'académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d'éthique et le Conseil national de l'Ordre des médecins, pour "éclairer le débat". "Cela me parait une bonne chose pour préciser l'esprit de la loi", dit-il.

Selon lui, le caractère irréversible des lésions de Vincent Lambert est "une évidence". Ce n'est pas sur cela que se poursuivra le débat, mais plutôt sur la question "est-ce qu'on a le droit d'arrêter un traitement chez quelqu'un qui ne peut plus exprimer sa volonté ?". "C'est un débat complexe mais qui n'est pas rare", souligne-t-il.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime14.02.14 16:45


Affaire Lambert : le Conseil d'Etat demande une nouvelle expertise médicale

Eric FAVEREAU 14 février 2014 à 16:15 Libération

Trois médecins conduiront cette expertise et devront se prononcer sur le «caractère irréversible» des lésions dont souffre Vincent Lambert.


Décision une nouvelle fois repoussée. Le Conseil d’Etat a décidé vendredi d’ordonner une nouvelle expertise médicale sur le cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis 2008. Les trois médecins qui conduiront cette expertise médicale devront «se prononcer sur le caractère irréversible» des lésions dont souffre Vincent Lambert, exprimer «si ce patient est en mesure de communiquer» et si ses réactions «peuvent être interprétées comme un rejet de soins» ou, au contraire, comme «un souhait que ce traitement soit prolongé», a expliqué la plus haute juridiction administrative française, qui se prononcera «avant l’été», après l’expertise

Le Conseil d’Etat avait examiné jeudi en séance plénière la situation de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis septembre 2008 après un accident de moto. Et c'est le rapporteur public, Rémi Keller, qui avait préconisé cette nouvelle expertise médicale afin que le Conseil d’Etat puisse, une fois les résultats connus, «prendre la meilleure décision». «Il est inhabituel de proposer une mesure d’instruction, avait reconnu jeudi le rapporteur public, mais il s’agit d’une affaire hors norme. Cette expertise permettrait au Conseil d’Etat de prendre la meilleure décision.»

La semaine dernière, le Conseil d'Etat avait déjà examiné ce cas, entendant pour la première fois l'épouse de Vincent Lambert et renvoyé sa décision à un examen en formation collégiale.

Vincent Lambert est en état «pauci-relationnel» (de conscience minimal) depuis 2008. Et sa famille se déchire. Lors de l'audience de jeudi, le rapporteur a analysé en détail la procédure d’arrêt des traitements et la façon d’agir du docteur Eric Kariger, de l’hôpital de Reims : celui-ci, après de multiples réunions de conseils de famille, mais aussi après l’avis d’autres médecins, a choisi d’arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielle de Vincent Lambert «pour le laisser tranquillement mourir».

Etat de conscience minimal

Pour le rapporteur, toute la procédure a été bien respectée ; de plus, il est clair que la volonté du patient - exprimée à plusieurs reprises avant son accident à son épouse et à ses frères - allait dans le sens d’un arrêt de vie, Vincent Lambert ayant répété qu’il ne voudrait pas «vivre cette vie-là». Restait, alors, la question du moyen : est-on, comme le réclame la législation, en situation d’obstination déraisonnable de soins ? La question peut être perçue comme délicate, car de multiples critères entrent en ligne de compte pour définir cette obstination. Et sur un critère, et un seul, le rapporteur a hésité : l’alimentation et l’hydratation artificielles créent-elles un maintien artificiel de la vie ? Comme Vincent Lambert est dans un état de conscience minimal, le rapporteur a dit qu’il ne peut se prononcer. Et propose qu’un collège d’experts médicaux tranche. «Une telle expertise peut être justifiée également, car votre arrêt aura un impact national», a argumenté Rémi Keller. D’où cette demande d’instruction, «en espérant qu’elle soit faite dans les six semaines».

Ont répondu, en écho, les propos de l’avocate du neveu de Vincent, Madeleine Munier-Apaire : «Médicalement parlant, il n’y a aucun doute. Le maintien du traitement est déraisonnable», a-t-elle argumenté. Puis elle a lancé, avec force : «La loi a voulu mettre de la confiance. En redemandant une nouvelle expertise, vous installez le doute, et vous ouvrez les portes de la méfiance. C’est votre honneur de dire que la loi a été respectée. N’ajoutez pas du doute à la douleur ! Vous ne pouvez pas déléguer à X experts, vous devez vous prononcer, et vous prononcer tout de suite.»
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime26.03.14 9:37

Les experts médicaux au chevet de Vincent Lambert




Trois spécialistes doivent se prononcer sur le caractère irréversible ou non des lésions cérébrales de ce tétraplégique en état végétatif chronique depuis 2008.

Les trois experts désignés par le Conseil d'État pour mener l'expertise médicale qu'il a ordonnée le 14 février dernier sur Vincent Lambert ont commencé leur mission. Ils se sont déjà rendus deux fois au chevet de ce jeune tétraplégique autour duquel la famille se divise sur son maintien en vie.
Avant-hier, mais aussi le 5 mars, au CHU de Reims, ils ont rencontré le patient ainsi que l'équipe soignante qui, depuis fin 2012, a décidé de lancer un processus d'euthanasie passive. «Les experts devront procéder à l'examen de Vincent Lambert, rencontrer l'équipe médicale et le personnel soignant en charge de ce dernier et prendre connaissance de l'ensemble de son dossier médical, avait spécifié l'arrêt du Conseil d'État. Ils pourront consulter tous documents, procéder à tous examens ou vérifications utiles et entendre toute personne compétente.»
Marie-Germaine Bousser, neurologue spécialisée dans les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les migraines, Lionel Naccache, neurologue et chercheur à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), et Jacques Luauté, chef du service de médecine physique et de réadaptation au CHU de Lyon, ont été respectivement proposés au Conseil d'État par l'Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et le Conseil national de l'ordre des médecins. Ils ont deux mois pour livrer une expertise nouvelle sur l'état du patient, dans un rapport commun.

Citation :
Ils doivent également déterminer « si ce patient est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage ».

Après quoi aura lieu, en mai, la procédure contradictoire: leurs travaux seront communiqués à toutes les parties, avocats, famille, mais aussi médecins en désaccord, lors de la «procédure collégiale», avec la décision du CHU de Reims d'interrompre l'alimentation de Vincent Lambert. Les différentes parties pourront alors écrire leurs objections ou contestations. Le Conseil d'État rendra sa décision durant la deuxième quinzaine de juin. Les trois experts ont des instructions précises. Ils doivent d'abord décrire l'état clinique actuel de Vincent Lambert et son évolution depuis le bilan effectué en juillet 2011 par le Coma Science Group du CHU de Liège.
À la pointe des connaissances sur les différents états de coma, ce centre avait jugé Vincent Lambert en «état de conscience minimal plus». Les trois spécialistes doivent aussi se prononcer sur le caractère irréversible ou non de ses lésions cérébrales et sur les possibilités d'une évolution. Ils doivent encore déterminer «si ce patient est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage», précise l'arrêt du Conseil d'État. Ainsi qu'«apprécier s'il existe des signes permettant de penser aujourd'hui qu'il réagit aux soins qui lui sont prodigués et, dans l'affirmative, si ces réactions peuvent être interprétées comme un rejet de ces soins, une souffrance, le souhait que soit mis fin au traitement qui le maintient en vie ou comme témoignant, au contraire, du souhait que ce traitement soit prolongé».
Selon nos informations, lundi, les experts ont également rencontré les membres de la famille de Vincent Lambert. Compte tenu des subjectivités du dossier, leurs avocats étaient présents. En raison de l'ampleur et de la difficulté des questions d'ordre scientifique, éthique et déontologique, une expertise d'ordre plus général est demandée au député (UMP) Jean Leonetti, père de la loi sur la fin de vie, à l'Académie nationale de médecine, au CCNE et à l'Ordre des médecins. Tous doivent présenter au Conseil d'État, avant la fin du mois d'avril 2014, des observations écrites pour l'«éclairer utilement sur l'application des notions d'obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie», «en particulier à l'égard des personnes qui sont, comme Vincent Lambert, dans un état pauci-relationnel».
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime06.05.14 12:52

Vincent Lambert: un pré-rapport pointe la "dégradation" de son état

5/5/14 - 18 H 31 - Mis à jour le 5/5/14 - 21 H 10

Journal La Croix        

L'état de conscience de Vincent Lambert s'est "dégradé" et ses lésions cérébrales semblent "irréversibles", selon un pré-rapport médical demandé par le Conseil d'Etat qui doit se prononcer "avant l'été" sur sa fin de vie, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. Les médecins chargés de ce rapport qualifient par ailleurs de "mauvais" le pronostic clinique de Vincent Lambert, 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d'hôpital en état végétatif chronique depuis cinq ans.
Vincent Lambert, dont la famille se déchire sur son maintien ou non en vie, avait déjà été examiné par les médecins du "Coma science group" de Liège (Belgique) en juin 2011, qui avaient procédé à une série de tests pour évaluer son état de conscience. Les médecins avaient alors conclu à un état de "conscience minimale consolidé", sans espoir d'amélioration.
Contrairement aux constatations faites lors de cette dernière expertise, les examens menés par les experts désignés par le Conseil d'Etat "n'ont jamais mis en évidence de réponse permettant de parler d'un état de conscience minimale" chez Vincent Lambert, ce qui suggère pour les auteurs du rapport "une dégradation" de son état de conscience, a-t-on appris de même source.
Outre cette "dégradation", les lésions cérébrales dont souffre M. Lambert depuis son accident de la route en 2008, ont "toutes les caractéristiques de lésions irréversibles" et plusieurs facteurs "rendent très peu probables les chances d'amélioration" de l'état végétatif de Vincent Lambert, selon les auteurs du rapport.
Les médecins, qui ont procédé à neuf reprises à un examen clinique de M. Lambert, ont notamment procédé à des examens à l'hôpital parisien de la Salpêtrière et se sont également entretenus avec l'ensemble des parties.
Son entourage, divisé, s'affronte dans un véritable bras de fer autour de la fin de vie de Vincent Lambert. Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims avait décidé d'arrêter d'alimenter et d'hydrater artificiellement Vincent Lambert.
Mais ses parents, catholiques traditionalistes, sont opposés à son euthanasie passive, persuadés qu'il est "présent" alors que les médecins décrivent un patient "atteint d'une maladie grave et incurable" et souffrant "de lésions cérébrales graves et irréversibles".
- 'Un document de travail' -
Son épouse Rachel et son neveu François se disent déterminés à respecter ses dernières volontés. Ils avaient saisi le Conseil d'Etat pour qu'il annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 janvier ayant décidé le maintien en vie, à la demande des parents.
Selon le pré-rapport, les "réactions" de Vincent Lambert aux soins qui lui sont prodigués ou aux stimulations, sont "non-conscientes" et il n'est "pas possible" de les interpréter dans un sens ou dans l'autre. En outre, Vincent Lambert n'est "pas en mesure d'établir une communication fonctionnelle avec son entourage".
Mais les auteurs du rapport restent prudents et estiment que le degré de l'atteinte de la conscience de Vincent Lambert "ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d'une réflexion concernant un éventuel arrêt du traitement" et donc une suspension de l'hydratation et de l'alimentation artificielle qui maintiennent en vie le patient.
Les avocats des différentes parties doivent de toute façon à leur tour émettre des avis sur ce pré-rapport (elles ont jusqu'au 16 mai) avant que les experts ne rendent leur rapport définitif aux sages du Conseil d'Etat.
La plus haute juridiction administrative devra alors rendre sa décision après un débat contradictoire prévu probablement dans le courant du mois de juin, selon une autre source proche du dossier.
"Ce n'est qu'un document de travail, ce n'est pas le rapport définitif qui pourra révéler d'autres choses", a expliqué à l'AFP Jean Paillot l'avocat des parents de Vincent Lambert, tout en regrettant "les fuites dans la presse d'éléments qui relèvent du secret médical et qui sont préjudiciables à la sérénité de la justice".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime06.05.14 15:21

Vincent Lambert: les conclusions des experts «confirment» celles de ses médecins
AFP 6 mai 2014 à 09:34  Libération

Le docteur Eric Kariger, qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, a estimé mardi sur RTL que les conclusions des experts désignés par le Conseil d’Etat «confirment» la «gravité» de l’état «neurologique» de son patient.
«J’aurais tellement aimé pouvoir aussi trouver aussi un message d’espérance humaine pour Vincent Lambert dans ces conclusions, mais malheureusement, elles viennent confirmer les conclusions qui étaient les nôtres, la gravité neurologique de notre patient», a déclaré le médecin sur RTL.
Dans un pré-rapport, les experts désignés par le Conseil d’Etat, qui doit statuer «avant l’été» sur la fin de vie de Vincent Lambert, ont estimé que son état de conscience s’était «dégradé» et que ses lésions cérébrales semblaient «irréversibles».
Les auteurs de ce rapport qualifient par ailleurs de «mauvais» le pronostic clinique de Vincent Lambert, 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d’hôpital, en état végétatif chronique depuis cinq ans.
«Je salue et je rends hommage aux experts qui, dans un délai extrêmement court, ont pu rendre des conclusions d’une pertinence et d’une rigueur scientifique implacables», a par ailleurs déclaré le docteur Kariger, qui n’a pas souhaité faire davantage de commentaires, afin que les experts, les avocats et les juges «puissent faire leur travail le plus sereinement possible».
Les avocats des membres de la famille, qui se déchirent sur le maintien ou non en vie de Vincent Lambert, ont jusqu’au 16 mai pour émettre des avis sur ce pré-rapport avant que les experts ne rendent leur rapport définitif aux sages du Conseil d’Etat.
La plus haute juridiction administrative devra alors rendre sa décision après un débat contradictoire prévu probablement courant juin.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime18.05.14 10:18

Le Quotidien du Médecin
 
Vincent Lambert : les 4 rapports ont été remis au Conseil d’État
 
16/05/2014

Crédit photo : S. TOUBON
 
Après l’expertise médicale rendue par les Prs Marie-Germaine Bousse, Lionel Naccache et Jacques Luauté, le Conseil d’État a désormais en main les quatre avis qu’il avait sollicités pour statuer sur le sort de Vincent Lambert, en état pauci-relationnel à la suite d’un accident de la route, en 2008. L’Assemblée du contentieux avait saisi le 14 février dernier l’Académie nationale de médecine (ANM), le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) pour avoir leurs observations écrites, de caractère général, sur les notions d’obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie, notamment pour des personnes en état pauci-relationnel. L’enjeu n’était pas tant de s’exprimer sur le cas précis de Vincent Lambert, que d’éclairer le Conseil d’État à rendre sa décision, d’ici l’été.
 
CNOM : qu’est-ce que déraisonnable ?
 
Le CNOM insiste d’abord sur la singularité de chaque cas, qui requiert une réponse spécifique de la part du médecin, seul responsable. La question qui se pose à lui est « à partir de quand cette obstination de bien faire, soutenue par le principe éthique de bienfaisance, pourrait-elle devenir déraisonnable ? »
 
La question est délicate, surtout lorsque le patient ne peut dire la souffrance. Le CNOM, comme les deux autres instances, insiste également sur la porosité entre les états végétatifs chroniques et les états pauci-relationnels, porosité à l’origine d’errances diagnostiques.
 
Il propose plusieurs critères qui, réunis, définissent l’obstination déraisonnable : en cas d’une situation de maintien artificielle de la seule vie somatique, lorsque cet état a été confirmé au fil du temps, dans la plus grande transparence, selon les données actuelles de la science, alors qu’aucun signe clinique ou d’investigation ne permet de nourrir l’espoir d’une évolution favorable. Le CNOM rappelle en outre qu’une fois prise la décision d’« interruption des moyens artificiels maintenant la seule vie somatique », une sédation profonde doit être mise en œuvre pour accompagner la personne.
 
Leonetti : à la recherche de la volonté du patient
 
Dans sa contribution, Jean Leonetti rappelle que 70 000 traitements de survie ont été arrêtés depuis la promulgation de la loi qui porte son nom du 22 avril 2005 et reconnaît qu’elle s’applique sur des malades en fin de vie ou non.
 
Après avoir proposé une définition de « l’obstination déraisonnable » (inutilité du traitement par rapport à un son effet escompté – donc en ce sens la nutrition et l’hydratation artificielles peuvent devenir disproportionnées), Jean Leonetti insiste sur les deux éléments qui doivent présider à la décision de limitation ou d’arrêt des traitements, revenant au seul médecin. D’abord, la volonté exprimée du patient doit être recherchée. Le cas échéant, la personne de confiance et les directives anticipées expriment l’avis antérieurement exprimé du patient. En leur absence, le témoignage de la famille et des proches doit permettre d’évoquer des « directives anticipées orales ».
 
En outre, la situation médicale doit être évaluée grâce aux techniques les plus performantes.
 
Si le maintien de la vie reste l’objectif fondamental de la médecin, « tout ce qui est techniquement possible n’est pas humainement souhaitable » écrit Jean Leonetti.
 
Académie de médecine : le droit de la personne ne doit pas être soumis à la capacité relationnelle
 
Les observations de l’Académie nationale de médecine tranchent par leur ton réfractaire à tout arrêt des soins. Elle se refuse à faire la distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal (pauci-relationnel), estimant que cela conduirait à considérer que parmi les personnes ayant survécu à un accident, « celles n’ayant pas retrouvé une capacité relationnelle, si minime soit-elle, ne sont pas en vie, ni même en survie, mais maintenues artificiellement en vie ». « Il ne saurait y avoir là pour les médecins quelque justification que ce soit à prendre l’initiative de transgresser l’interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui », poursuit-elle, réaffirmant d’une part que l’arrêt de la vie en réponse à une demande volontaire à mourir n’est pas un acte médical et, d’autre part, que le droit de la personne à recevoir des soins (y compris hydratation et nutrition) n’est pas subordonné à sa capacité relationnelle.
 
Elle insiste sur le rôle du médecin, qui doit procéder à une consultation collégiale « authentique » avant de se prononcer sur l’existence d’une obstination déraisonnable. Et, constatant que les conflits familiaux sont rares mais éclatent souvent en cas d’inadaptation de la structure accueillant le malade, l’Académie formule le souhait d’un maillage réel du territoire en établissements de soins prolongés.
 
CCNE : Pour une délibération et une décision collective
 
Dans son avis très fouillé, le CCNE remet en cause la responsabilité qui incombe au seul médecin dans la décision. « Le terme de procédure collégiale peut donner l’impression d’une procédure de délibération collective, mais tel n’est pas le cas. (...) Le médecin prend sa décision seul après avoir consulté les différents intervenants et avoir recueilli leur avis », lit-on.
 
Mais l’incertitude domine à plusieurs niveaux : la personne est-elle « hors d’état d’exprimer sa volonté » ? Est-elle dans une phase avancée d’une affection grave et incurable ? Souffre-t-elle ? Qu’a-t-elle exprimé antérieurement en terme de volonté ? Est-on dans une situation de handicap ? Que sont des traitements raisonnables, utiles et proportionnés ?
 
Face à ces interrogations, le médecin se trouve juge et partie puisqu’il doit d’une part décider d’un point de vue médical s’il y a ou non obstination déraisonnable et apprécier les avis divers de l’entourage. « La décision, dans une telle situation d’incertitude ne peut relever de la seule expertise médicale et pour cette raison ne devrait pas être prise pas le seul médecin », tranche le CCNE.
 
Le Comité, reprenant les arguments de son avis n° 121, recommande une modification de la procédure collégiale pour qu’elle prenne la forme d’une délibération collective, où seraient pris en compte « à part égale, et sans hiérarchie » tous les avis recueillis, avec possibilité d’une médiation indépendante en cas d’échec dans la conciliation.

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/questions-de-societe/vincent-lambert-les-4-rapports-ont-ete-remis-au-conseil-d-etat
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime22.05.14 13:10

Jeudi 22 mai 2014 06:00
Affaire Lambert : une si longue attente

 
photo dans son bureau, eric kariger gère son service. une question l'obsède : que va décider le conseil d'état ? cet homme ne cache pas sa lassitude face à ce qui est devenu, l'affaire vincent lambert. un drame pour la famille, une épreuve pour lui. © daniel fouray

Dans son bureau, Eric Kariger gère son service. Une question l'obsède : que va décider le conseil d'État ? Cet homme ne cache pas sa lassitude face à ce qui est devenu, l'affaire Vincent Lambert. Un drame pour la famille, une épreuve pour lui.

© Daniel Fouray

Faut-il laisser partir Vincent Lambert, tétraplégique dans un état végétatif ? Face à une famille qui se déchire, le conseil d'État doit trancher en juin. Sous pression, Eric Kariger, le médecin qui le suit, attend la décision.

Reportage

Au quatrième étage de l'hôpital Sébastopol à Reims, la chambre qui abrite Vincent Lambert est désormais fermée à clef. Pour assurer le contrôle, filtrer les visites, un petit mot est scotché : « prévenir l'infirmière ».

Derrière la porte, Cet homme de 38 ans, tétraplégique depuis un accident de moto en 2008, est allongé sur un lit, les jambes tendues, les bras repliés. Selon les experts, qui, à la demande du conseil d'État, sont venus l'examiner, « il est dans un état végétatif. Aucun signe en faveur d'un état de conscience minimale n'a été détecté ».Depuis 2011, son état s'est dégradé, de nombreux éléments confirment « le caractère irréversible de ses lésions cérébrales ».

La grande difficulté à gérer la fin de vie

Vincent, marié à Rachel, venait d'être papa d'une petite fille au moment de l'accident. Leur drame familial est devenu une affaire nationale, le symbole de la grande difficulté de notre société à gérer la fin de vie. La question est là, lancinante : faut-il stopper les soins et le laisser partir où le maintenir en vie ? Les experts ont pris le soin de préciser que « le degré d'atteinte de la conscience » ne constitue pas le seul élément pour « un éventuel arrêt de traitement ». Une première décision d'arrêt des soins a été cassée par le tribunal administratif. Saisis, les juges du conseil d'État devront trancher en juin.

Ces prochains jours, ils vont recevoir le rapport définitif des experts, complété par les remarques des parties au procès : l'hôpital de Reims, Rachel Lambert, François Lambert, un neveu, et les parents de Vincent, Viviane et Pierre. Chacun semble camper sur ses positions. Seuls les parents, proches des milieux intégristes catholiques, s'opposent farouchement à l'arrêt des soins. Là où les médecins parlent d'état végétatif, la mère analyse les moindres signes. Elle le disait en février devant les juges du conseil d'État : « À Noël, la famille était réunie autour de lui, on lui a demandé s'il était content : il a fermé intensément les yeux. »

Derrière son bureau, le docteur Eric Kariger a du mal à dissimuler sa lassitude, son agacement. « C'est dur pour tout le monde. Nous sommes dans une situation de crise qui ne peut plus durer. Quelle que soit la décision, je la respecterai, mais il faut que cela cesse. »

Catholique pratiquant

À l'aube de la cinquantaine, cet homme, catholique pratiquant, militant du parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, opposé à l'euthanasie, a reçu des menaces de mort. Les milieux intégristes veulent le faire passer pour un « agent de mort ».Son tort ? Vouloir, en accord avec Rachel Lambert et l'équipe médicale de l'hôpital, respecter la loi Leonetti qui régit la fin de vie et s'oppose à l'acharnement thérapeutique. « Vincent était infirmier, avant son accident, il disait qu'il ne voulait pas de handicap, de vie diminuée »,a toujours fait savoir Rachel. Elle aussi a du subir « des propos ignobles ».

Le très énergique Eric Kariger, papa de quatre filles et d'un garçon, chef d'un pôle santé et autonomie qui compte trois services, « se sent dans une impasse » et avoue « frôler ses limites ». Si la décision penche pour l'arrêt des soins, il prendra « ses responsabilités ». L'hydratation et l'alimentation seront stoppées complètement. « On l'accompagnera d'une sédation terminale profonde. On l'endort et on le laisse partir dans son sommeil. » Il faudra quelques jours à Vincent pour s'éteindre.

Et si le maintien en vie est décidé ? Alors il faudra sans doute que Vincent Lambert ou Eric Kariger quitte l'hôpital. Lui qui y travaille depuis vingt-trois ans en est le premier meurtri, mais la situation relationnelle avec les parents est devenue trop tendue. Dans leur rapport au conseil d'État, les experts font savoir qu'au fil des mois, « les tensions et les oppositions familiales se sont exacerbées ».Elles sont désormais intenables.
Philippe LEMOINE.   Ouest-France

http://www.antibes.maville.com/actu/actudet_-affaire-lambert-une-si-longue-attente_fil-2554028_actu.Htm
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime28.05.14 9:56


Vincent Lambert : le rapport définitif des experts remis au Conseil d'Etat

Le document confirme le caractère "irréversible" des lésions cérébrales de Vincent Lambert, victime d'un accident de la route en 2008.
Par Francetv info avec AFP
Mis à jour le 27/05/2014 | 22:06 , publié le 27/05/2014 | 22:06

Les magistrats qui devront décider du sort de Vincent Lambert sont en possession du rapport qu'ils avaient commandé aux médecins. Ce rapport définitif a été remis lundi au Conseil d'Etat, a indiqué mardi 27 mai une source proche du dossier.

Le rapport confirme les conclusions contenues dans le pré-rapport, notamment une "dégradation" de l'état de conscience, de cet homme de 38 ans, tétraplégique et cloué sur son lit d'hôpital en état végétatif chronique depuis cinq ans. Le document confirme également le caractère "irréversible" des lésions cérébrales de Vincent Lambert, victime d'un accident de la route en 2008.

La volonté de Vincent Lambert impossible à déterminer

Les experts confirment par ailleurs que l'interprétation des réactions comportementales de Vincent Lambert comme "l'expression d'une intention ou d'un souhait à l'égard de l'arrêt ou de la prolongation du traitement ne parait pas possible".

Cependant, les médecins estiment que "dans une telle situation et en l'absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré de l'atteinte de la conscience" de Vincent Lambert "ne saurait constituer le seul élément déterminant dans la réflexion du Conseil d'Etat concernant son maintien ou non en vie".

Une famille déchirée

L'entourage de Vincent Lambert, divisé, s'affronte dans un véritable bras de fer autour de sa fin de vie. Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims avait décidé d'arrêter d'alimenter et d'hydrater artificiellement le patient.

Ses parents, catholiques traditionalistes, sont opposés à son euthanasie passive, persuadés qu'il est "présent". Son épouse Rachel et son neveu François se disent déterminés à respecter ses dernières volontés. Ils avaient saisi le Conseil d'Etat pour qu'il annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 janvier ayant décidé le maintien en vie, à la demande des parents.

Les parties ont jusqu'au 10 juin pour répondre à ces conclusions, avant que la plus haute juridiction administrative ne rende sa décision après un débat contradictoire.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime20.06.14 12:50


Fin de vie de Vincent Lambert: le Conseil d'Etat se prononcera mardi

Par AFP, publié le 20/06/2014 à 11:56, mis à jour à 12:18 l'Express


Paris - Le Conseil d'Etat se prononcera mardi prochain sur la poursuite du traitement qui maintient en vie de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis six ans, dont la famille se déchire sur le cas.



Fin de vie de Vincent Lambert: le Conseil d'Etat se prononcera mardi
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est prononcé jeudi contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale que ses médecins avaient décidé de ne plus alimenter et hydrater pour le laisser mourir, en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

afp.com/Philippe Huguen



Le rapporteur public du Conseil d'Etat Rémi Keller s'est prononcé vendredi contre la poursuite de ce traitement. Il a recommandé l'annulation de la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui s'était déclaré pour le maintien en vie de Vincent Lambert, après que le CHU de Reims, où il est hospitalisé, avait décidé d'arrêter de l'alimenter et de l'hydrater artificiellement.

"Nous ne proposerons pas de confirmer le jugement du tribunal", a déclaré M. Keller.

Il a notamment rappelé que, d'après une expertise médicale de trois médecins, réclamée par le Conseil d'Etat en février, Vincent Lambert était "en état végétatif totalement inconscient". "L'alimentation et l'hydratation prodiguées à Vincent Lambert n'ont d'autres effets que de le maintenir artificiellement emmuré dans son état", a-t-il affirmé.

De plus, a-t-il dit, Vincent Lambert avait, selon son épouse et un de ses frères, "exprimé à plusieurs reprises son souhait de ne pas être maintenu dans un état de dépendance, si cela devait lui arriver un jour". "La voix de Vincent Lambert, nous apparaît, ainsi, certes tenue et fragile, mais constitue un élément du dossier que vous ne pouvez pas ignorer".

Certes, a-t-il, noté, les membres de la famille du patient sont en désaccord. Si les parents catholiques traditionalistes, ainsi qu'un frère et une soeur de cet homme de 39 ans, cloué sur son lit d'hôpital depuis un accident de la route en 2006, souhaitent qu'il soit maintenu en vie, son épouse Rachel, son neveu François, six autres frères et soeurs et le corps médical défendent l'arrêt des soins.

"Si vous deviez interdire un arrêt de traitement au seul titre que des membres de la famille s'y opposent, vous leur donneriez un droit de véto que le législateur n'a pas voulu leur apporter", a-t-il estimé.

Il appartient désormais au Conseil d'Etat, réuni pour l'occasion dans sa plus haute formation de jugement, l'assemblée du contentieux (composée de 17 juges), de se prononcer. Il a mis sa décision en délibéré et la rendra publique le 24 juin dans l'après-midi.



- "Décision irrémédiable"-



Après plusieurs mois de réflexion, le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, avait décidé d'arrêter de l'alimenter et de l'hydrater artificiellement. Sur les sept médecins consultés, seul celui proposé par les parents avait plaidé un maintien en vie.

Les parents de Vincent Lambert, persuadés que leur fils est "présent", avaient saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait, lui, décidé le maintien en vie du patient.

Son épouse et son neveu s'étaient alors tournés vers le Conseil d'Etat pour qu'il annule ce jugement.

"Si vous suivez les requérants, ce sera la première fois de votre histoire, que vous, juges des libertés, prononcerez une décision irrémédiable", a déclaré Me Claire Le Bret-Desaché, avocate des parents.

"Imaginez un instant que cet homme soit votre fils, ce fils qui n'est pas atteint d'une maladie grave (...) qui n'est pas en fin de vie, ce fils qui ne souffre pas, mais ce fils lourdement handicapé, en état de dépendance, dont l'état est stabilisé", a-t-elle affirmé, expliquant que Vincent Lambert "dort, se réveille, ouvre les yeux, sourit, pleure, suit du regard".

Elle a ensuite lu une lettre de la mère, reçue deux jours plus tôt : "Pour la première fois, j'ai craqué en tenant Vincent dans mes bras. Vincent avait ses yeux remplis de larmes. Vincent me regardait (...) Ce furent des instants forts, indescriptibles, mais combien douloureux".

La plus haute juridiction administrative française a déjà estimé en février que la loi Leonetti de 2005, qui proscrit l'acharnement thérapeutique, "s'applique à des patients, qui comme M. Vincent Lambert, ne sont pas en fin de vie" et "que l'alimentation et l'hydratation artificielle constituent, au sens de cette loi, un traitement qui peut être interrompu en cas d'obstination".

Le médecin de Vincent Lambert, le docteur Eric Kariger, souhaite que la décision que prendra le Conseil soit "suffisamment explicite pour, dit-il, que cela apporte une réponse claire à tous les patients qui sont ou seront dans la même situation".
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime20.06.14 22:09

Affaire Vincent Lambert : "On ira jusqu’au bout" affirme sa mère
Viviane Lambert (à droite sur la photo), mère de Vincent, a affirmé "vouloir aller jusqu’au bout". Photo AFP/Hervé OUDIN
Viviane Lambert (à droite sur la photo), mère de Vincent, a affirmé "vouloir aller jusqu’au bout". Photo AFP/Hervé OUDIN

Alors que le rapporteur public du Conseil d’Etat s’est prononcé ce matin contre le maintien en vie de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique depuis six ans, sa mère, Viviane Lambert, qui habite Mollans-sur-Ouvèze, dans la Drôme, nous a expliqué il y a quelques minutes par téléphone "vouloir aller jusqu’au bout".

Elle poursuit, "c’est juste un avis qui a été rendu, on ne peut pas juste s’y fier. Les 17 juges du Conseil d’Etat vont maintenant rendre leur décision mardi 24 juin, à 16 heures. Ils vont trancher. Mais nous avons bon espoir, nos avocats ont fait d’excellentes plaidoiries. Dans tous les cas, si c’est nécessaire, on ira jusqu’à la Cour européennes des droits de l’Homme car aucun recours ne sera plus possible devant une juridiction française. La CEDH sera la seule capable de casser le jugement."

Viviane Lambert et son mari Pierre, confessent que "l’attente est douloureuse pour nous, mais nous sommes près de Vincent tous les jours, au CHU de Reims. Dès qu’on le pourra, on le sortira de cet hôpital où il est maltraité et ne reçoit pas les soins adaptés à son état. Cette affaire dépasse le cadre de notre simple fils, c’est une question de société. Il y a 1 500 patients comme lui en France. Il ne faut surtout pas ouvrir la porte à ce genre de pratiques."
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
Admin

Admin

Féminin Messages : 19940

VINCENT LAMBERT - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 2 Icon_minitime21.06.14 12:49


Lambert : un avis de fin de vie qui jette le trouble
Home ACTUALITE Société
Par Delphine de Mallevoüe
Mis à jour le 20/06/2014 à 20:19
Publié le 20/06/2014 à 19:42


Vincent Lambert, en état de conscience minimale (ici au CHU de Reims, en 2012).


Le tétraplégique Vincent Lambert pourrait mourir bientôt si le Conseil d'État suit, mardi, la position de son rapporteur.


La mort. C'est ce qu'a préconisé le rapporteur public du Conseil d'État pour Vincent Lambert, en reconnaissant vendredi la légalité de l'arrêt des soins entamé par l'hôpital de Reims. Un cas historique en France. Cet handicapé de 38 ans, objet d'une bataille juridique qui divise sa famille depuis plus d'un an, pourrait bientôt ne plus se voir prodiguer d'alimentation médicalisée, si les 17 juges du Conseil d'État suivent la position du rapporteur. Leur décision sera rendue mardi prochain à 16 h.

Dans ce cas, le décès interviendrait «trois à cinq jours» après, estime un expert. «Affreux…», répétait choquée Viviane Lambert, la mère de Vincent, au sortir de l'audience au Conseil d'État. Les parents du patient ainsi qu'un frère et une sœur sont opposés depuis toujours à l'arrêt de l'alimentation, contre l'avis de l'épouse de Vincent Lambert, Rachel, et six autres frères et sœurs. Ces derniers, par la voix de Me Odent, avocat de Rachel Lambert, se sont au contraire félicités des «propos lumineux» de Rémi Keller, le rapporteur public.

La salle, silencieuse d'un bout à l'autre de l'audience, s'est seulement animée d'un bruissement quand Rémi Keller est entré dans un aspect comptable de la procédure. Il a incité les juges à mettre les frais d'expertise médicale à la charge de l'hopital de Reims, «qu'il soit ou non la partie perdante». Mais, a-t-il dit à l'adresse des bancs des appelants, avec une connivence qui a fait rire le Dr Kariger et François Lambert, tous deux, le médecin et le neveu, favorables à l'arrêt des soins, «rien n'interdirait à l'hôpital de demander ensuite à l'État de l'aider à supporter cette charge…». Difficile, après, pour le père et la mère de Vincent Lambert, d'apprécier l'attention que le rapporteur leur a spécialement adressée: «Certains des mots qu'ils ont entendus ont dû leur être douloureux, qu'ils sachent qu'ils ont été difficiles à prononcer.»

«Obstination déraisonnable»

Sur le plan du droit, le rapporteur public a estimé que la poursuite de l'alimentation de Vincent Lambert n'avait pas «d'autre effet que de le maintenir artificiellement en vie», que compte tenu de sa «dégradation», de son absence de «communication fonctionnelle» et de «l'irréversibilité de ses lésions», il y avait donc «obstination déraisonnable». Le magistrat s'est fondé sur le rapport de la nouvelle expertise médicale réalisée par les trois experts en neurosciences, désignés en février par le Conseil d'État. Avant d'entreprendre une déculpabilisation: «En interrompant un traitement, le médecin ne tue pas, a affirmé Rémi Keller, il se résout à se retirer lorsqu'il n'y a plus rien à faire (…) Il n'est pas «la main qui soigne et la main qui tue (…) il «peut ainsi rester fidèle» au «serment d'Hippocrate».

L'avis du rapporteur n'est évidemment pas sans soulever la question de la jurisprudence. Malgré les mille précautions prises durant l'audience pour dire qu'il s'agissait d'un cas unique qui ne pouvait s'appliquer à d'autres situations, personne ne peut imaginer qu'une décision prise par la plus haute juridiction administrative française réunie en assemblée plénière ne donne pas le la.


«Est-ce le rôle d'un médecin, d'un juge, d'apprécier l'utilité d'une vie ?»
Me Molinié
L'avocat représentant l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens s'en est particulièrement inquiété. «Quoique vous relativisiez la portée de votre décision, elle fixera une matrice et s'appliquera à tous les autres cas similaires», a alerté Me Molinié. Il s'est aussi ému du message que l'on envoyait aux familles et aidants qui, au sacrifice de leur vie professionnelle et de leur temps, s'occupaient quotidiennement de leur parent handicapé. «Vous leur dites que leurs gestes sont vains?, a-t-il lancé. Parce que la vie dégradée de ces accidentés est inutile? Coûteuse? Est-ce le rôle d'un médecin, d'un juge, d'apprécier l'utilité d'une vie? L'humanité d'une société, c'est de faire attention aux plus fragiles.»

Alors que Me Le Bret-Desaché, avocat des parents Lambert, a apostrophé les juges avec un retentissant «Vous, garants des libertés publiques, vous, qui avez historiquement défendu le droit à la vie, vous porterez cette décision irrémédiable», Rémi Keller a voulu réduire la pression mise sur les épaules des 17 magistrats qui décideront mardi. La «crainte» que leur décision «puisse influencer» les décisions médicales «ne doit pas être exagérée», a-t-il dit. «Chaque année, 25.000 décès au moins sont dus en France à une limitation ou un arrêt de soins, a poursuivi le conseiller d'État. Chacune de ces décisions est unique, car chaque patient est unique». Le médecin de Vincent Lambert, lui, Éric Kariger, a souhaité au contraire que la décision soit «suffisamment explicite pour que cela apporte une réponse claire à tous les patients qui sont ou seront dans la même situation».

En dépit des interrogations éthiques et philosophiques auxquelles renvoit l'affaire, Rémi Keller a invité les juges à ne pas endosser la responsabilité du législateur et du médecin, à qui elle revient, mais, «modestement», à «dire si la décision du Dr Kariger obéit aux conditions fixées par la loi». «Vous n'êtes pas les garants de la décision médicale» ni «les gardiens de la vie à tout prix» mais «les gardiens de la loi», a-t-il dit.

La décision, mardi, clôturera définitivement la procédure. Aucun recours ne sera plus possible devant une juridiction française. Mais la défense de ceux qui, dans la famille, s'opposent à la mort de Vincent Lambert, a d'ores et déjà indiqué qu'elle s'apprêtait à saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). «D'une part nous demanderons des mesures provisoires, d'autre part nous déposerons une requête au fond», a annoncé Me Jérôme Triomphe qui «reste confiant». Ces mesures, si elles sont acceptées par la CEDH, sont suspensives. La décision française, si elle suivait l'avis du rapporteur, pourrait être «gelée» jusqu'à l'examen au fond et la décision de la CEDH.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.handichrist.net
 
VINCENT LAMBERT
Revenir en haut 
Page 2 sur 9Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
HANDICHRIST :: Médecine: début et fin de vie-
Sauter vers: