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 Professeur Paul Trouillas A.I.C.V.V.

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Féminin Messages : 19039

MessageSujet: Professeur Paul Trouillas A.I.C.V.V.   11.08.13 15:49

Santé
Médecine
« Il faut un cadre juridique »
 
par Recueillis par Sylvie Montaron, publiée le 18/12/2012 à 05:00  | Vu 160 fois
 
interview P r Paul Trouillas« Il faut un cadre juridique »
 
Le P r Paul Trouillas est professeur de médecine et auteur d’un livre sur la fin de vie.
 
- Qu’attendez-vous du rapport Sicard sur la fin de vie ?
 
- J’espère qu’il sera le préambule à une loi. J’ai assisté au débat public à Lyon : la demande du public était assez claire. Il y a d’une part les soins palliatifs et d’autre part la fin de vie volontaire. Il y a aujourd’hui des fins de vie très différentes.
 
- Quelle différence y a-t-il entre l’euthanasie et votre concept d’auto-interruption consciente et volontaire de la vie ?
 
- L’euthanasie est un terme confus avec deux significations. Il y a mettre fin à la vie de manière radicale comme le D r Bonnemaison (*) et cela doit rester un délit, et puis il y a la demande personnelle d’euthanasie. Le malaise naît de cette confusion : beaucoup de gens sont contre l’euthanasie car ils pensent qu’on peut les envoyer dans l’autre monde sans leur consentement.
 
L’auto-interruption consciente et volontaire de la vie concerne des personnes comme Mme Sébire (**), des gens courageux qui ont des maladies très graves et peuvent être amenés à demander à l’État de mourir. C’est un cadre philosophique très précis.
 
- Vous proposez l’intervention d’un juge…
 
- Il faut écarter les soupçons de manipulations familiales. Il y a trop de laxisme sur ce sujet en Hollande et en Belgique. Il faut quelque chose de juridique et de solide. En fait, je reprends l’intuition de Mme Sébire. Je propose aussi l’avis d’un médecin indépendant. Si on ne sépare pas, on ne s’en sort pas. Le malade pourrait rentrer chez lui ou aller où il veut. Le geste serait fait par un médecin volontaire, agréé par les associations ou les structures de soins palliatifs. Il faut qu‘il reste fait par un médecin pour que mourir dans la dignité soit une réalité. Cela se passerait aussi en présence d’un psychologue et du médecin traitant s’il le souhaite. Et ce serait remboursé par la Sécurité sociale.
 
Paul Trouillas a écrit « L’auto-interruption consciente et volontaire de la vie », Hermann Éditeurs, 15 euros.
 
(*) Médecin actuellement mis en examen pour des cas d’euthanasie. (**) Victime d’une tumeur du visage, elle avait demandé à la justice et à Nicolas Sarkozy le droit de mourir dans la dignité.
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MessageSujet: Re: Professeur Paul Trouillas A.I.C.V.V.   11.08.13 16:04

Publié le 03/01/2013 à 06h00
 
« Il faut une vraie loi sur l'interruption de la vie »
 
Paul Trouillas a théorisé dans un livre (1) son opinion en faveur du droit à la fin de vie. Il est favorable à ce qu'il appelle l'« auto-interruption consciente et volontaire de la vie (AICVV) » en cas de maladie grave ou incurable, source d'infirmités et/ou de douleurs majeures. L'auto-interruption consciente et volontaire de la vie est fondée sur des critères de liberté, de conscience et de volonté absolues du sujet, ainsi que sur des critères médicaux. Paul Trouillas propose qu'un juge indépendant prononce l'arrêt d'AICVV, avant l'acte, sur la base du rapport d'un comité médical. C'est ce qu'il a expliqué aux membres de la commission Sicard lors de son audition. Cette commission a rendu son rapport, et une loi doit être proposée l'an prochain.
 
« Pour éclairer les lecteurs, il faut indiquer que les problèmes de fin de vie se situent dans trois situations différentes.
 
Situation n° 1 : un malade à l'agonie réelle, épuisé (en dehors des thérapeutiques sédatives), mais possiblement conscient. Ce problème est traité dans l'article 2 de la loi Leonetti, qui autorise le médecin à administrer une thérapeutique antalgique dont l'effet sera en fait le décès. Cela se pratique tous les jours dans les hôpitaux ou les centres de soins palliatifs. Le patient est informé, mais son assentiment à l'issue fatale n'est pas légalement nécessaire.
 
Situation n° 2 : un malade conscient, demandant l'arrêt des thérapeutiques. Ce cas d'« euthanasie passive » est prévu dans l'article 6 de la loi Leonetti. La thérapeutique sédative associée n'est pas prévue dans la loi, alors qu'elle est absolument nécessaire.
 
Situation n° 3 : un malade conscient, porteur d'une maladie fatale à court, moyen ou long terme, et/ou de souffrances ou d'une invalidité majeures, demandant volontairement l'interruption de sa vie. Ce cas n'est pas traité dans la loi française et correspond à l'engagement 21 du candidat Hollande.
 
Le rapport Sicard évoque la sédation terminale, ce qui concerne les situations nos 1 et 2. Il s'agit d'une proposition de bon sens. Un complément de la loi Leonetti est en fait proposé. Il nous semble que, pour des raisons morales évidentes, l'assentiment du patient ainsi que ses vœux réels concernant l'entourage de sa famille et son entourage spirituel devraient être mieux garantis. De plus, il nous semble que, pour une saine gestion de la santé publique, ces décès doivent être déclarés et recensés par le ministère de la Santé publique.
 
Le suicide assisté est la solution choisie par le rapport Sicard pour répondre à la demande volontaire d'interruption de vie par le patient dans la situation no 3. Certes, la porte est ainsi ouverte à la réalisation de l'auto-interruption de vie. Mais elle l'est de façon quelque peu hypocrite, l'État et la médecine paraissant "se laver les mains" vis-à-vis du geste du patient, dont celui-ci aurait l'entière responsabilité. Il n'en est rien. L'État, en permettant la fourniture du poison, est moralement et légalement coresponsable du décès. Selon moi, la demande majoritaire des Français est plus courageuse, et l'État doit affronter la genèse d'une véritable législation d'auto-interruption de vie médicalement assistée, avec des prestations professionnelles parfaites, afin que la mort dans la dignité soit une réalité.
 
C'est dire que la tâche du gouvernement et du Parlement reste à accomplir, à savoir donner une véritable législation exemplaire dans ce domaine, conforme à notre tradition des droits de l'homme.
 
Pour ma part, bien qu'auditionné par la commisssion Sicard, je déplore que ma proposition d'une loi d'auto-interruption consciente et volontaire de la vie n'ait pas été retenue. Encouragé par une cohorte de militants, j'ai pris contact avec de nombreux responsables gouvernementaux et parlementaires pour que la France élabore une loi de haute tenue dans ce domaine. J'ajoute que ma proposition, qui confie l'auto-interruption de vie à des médecins volontaires, relevés du serment d'Hippocrate par la loi, permet à la médecine classique de conserver son objet, lutter pour la vie et donner de l'espoir. »
 
(1) « L'Auto-interruption consciente et volontaire de la vie », paru en août dernier chez Hermann.
 
Paul Trouillas
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MessageSujet: Re: Professeur Paul Trouillas A.I.C.V.V.   11.08.13 16:17

France-Culture

Certains malades incurables ont demandé publiquement, en France, le droit de voir interrompre leur vie avec l'aide de l'État. Pour l'auteur, cette demande est le fondement d'un nouveau droit de l'homme, l'Auto-Interruption Consciente et Volontaire de la Vie (AICVV) en cas de maladie grave ou incurable, source d'infirmités et/ou de douleurs majeures. L'auteur considère que l'« euthanasie » est un terme imprécis - marqué de références historiques douloureuses - qui ne comprend pas nécessairement la volonté du malade. L'auto-interruption consciente et volontaire de la vie, au contraire, est fondée sur des critères de liberté, de conscience et de volonté absolues du sujet, ainsi que sur des critères médicaux d'évidence de maladie incurable et d'infirmités et/ou de douleurs majeures. L'auteur propose qu'un juge indépendant prononce l'arrêt d'AICVV, avant l'acte, sur la base du rapport d'un comité médical réuni dans la diligence. L'acte serait effectué, de façon séparée vis à vis de la médecine classique, par des structures agréées par le code de la santé publique, comprenant des médecins volontaires, spécialisés dans les problèmes de fin de vie et déchargés par la loi du serment d'Hippocrate pour cette mission. L'auteur établit les références philosophiques de cette évolution politique et critique les systèmes étrangers d'interruption de vie dont les garanties morales lui paraissent insuffisantes.

-4e de couverture-
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