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 "Le laisser mourir dans la dignité"

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Féminin Messages : 18873

MessageSujet: "Le laisser mourir dans la dignité"   05.09.13 10:21

Jean-Luc Romero : Un livre sur le droit de décider des conditions de sa propre mort

PARUTION LE 12 SEPTEMBRE 2013

Publié le Mercredi 4 Septembre 2013 modifié le Mercredi 4 Septembre 2013 - 21:43

Jean-Luc Romero : Un livre sur le droit de décider des conditions de sa propre mort

Bien que 9 Français sur 10 y soient favorables, le combat pour le droit de mourir dans la dignité est long, difficile, parsemé d’embûches et de drames. Il faut le mener avec ténacité et sans découragement. C’est le sens de l’engagement de Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

Inlassablement, il se bat pour que chacun puisse avoir le droit de décider des conditions de sa propre mort : soins palliatifs, euthanasie ou suicide assisté. Parce que lui est insupportable l’idée qu’en France, en 2013, « on continue à expirer, seul dans une chambre d’hôpital, entouré du bruit métallique des machines d’assistance, avec comme seul horizon un mur triste et vide », Jean-Luc Romero interpelle François Hollande et les parlementaires, mais aussi Jean Leonetti ce député-médecin militant qui s’oppose avec virulence à cette  revendication.

Plus question d’attendre pour Romero : l’euthanasie et le suicide assisté doivent être débattus maintenant par le Parlement, comme le chef de l’Etat s’y est engagé dans sa proposition de campagne 21.

Ce livre démontre l’urgence de changer la législation sur la fin de vie car l’actuelle loi Leonetti est un échec.

Cette lettre au chef de l’Etat rappelle que cette nouvelle liberté doit être conquise par tous les citoyens, pour en finir avec la souffrance, « l’obstination d’une médecine sans âme » et le pouvoir absolu exercé par certains mandarins.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   05.09.13 10:57

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Féminin Messages : 18873

MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   05.09.13 13:31

Le titre du livre est excellent
Puisse-t-il devenir le nom de la prochaine loi=
"Laisser mourir dans la dignité"... ...
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   12.09.13 10:08

DirectMatin.fr
Jean-Luc Romero : "On doit pouvoir choisir sa mort"
  
C’était un des engagements de campagne de François Hollande : un projet de loi sur la fin de vie pour 2013. Dans son livre Laissez-nous mourir dans la dignité ! (éd. Jean-Claude Gawsewitch) qui paraît jeudi 12 septembre, Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et conseiller régional apparenté PS, interpelle le président de la République pour que cette nouvelle loi offre un choix aux patients.
 
Pourquoi jugez-vous la loi Leonetti sur la fin de vie insuffisante ?
Parce que huit ans après, cette loi constitue une forme de régression. Les grands professeurs belges ont écrit une lettre ouverte au président François Hollande cet été pour lui dire que la sédation (autorisée par la loi Leonetti, ndlr), qui consiste à laisser mourir le patient de faim et de soif, n’assure pas une mort paisible. Les gens meurent dans des souffrances incroyables.
 
Quelles mesures préconisez-vous pour y remédier ?
Alors que c’est illégal en France, il y a dans les faits plus de 4 000 euthanasies pratiquées par an dont les circonstances restent obscures. Pour sortir de cette dérive, il faut se mobiliser pour que la loi s’attache à la volonté des patients. Chacun doit pouvoir choisir les conditions de sa propre mort : des soins palliatifs, l’euthanasie ou encore le suicide assisté.
 
François Hollande risque-t-il de ne pas tenir sa promesse ?
Les cabinets ministériels et les élus sont terrorisés par ce qui s’est passé avec le mariage pour tous. Mais on ne peut pas laisser une minorité décider. François Hollande, là aussi, doit tenir bon.
 
Pourquoi est-il encore si difficile de parler d’euthanasie en France ?
Aujourd’hui il y a neuf français sur dix qui y sont favorables. Ce n’est pas difficile pour les gens, c’est surtout difficile pour l’élite, pour certains, à l’image de Jean Leonetti, qui refusent de donner la parole aux patients et considèrent l’euthanasie comme une transgression mais aussi pour les parlementaires pro-vie qu’on a découvert lors du débat sur le mariage pour tous.
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Féminin Messages : 18873

MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   12.09.13 12:35

je suis intimement persuadée que le laisser mourir dans la dignité(la prochaine loi française) peut rendre une dignité à certains patients indignes(qui se jugent indignes?ou que la société les jugent indignes?).Dignité ou indignité,ces mots sont bien relatifs,certes !
Les mots ne correspondent pas à leur signification
Les mots expriment une idée,mais les mêmes mots peuvent aussi exprimer l'idée contraire...si on fouille dans l'inconscient de la personne qui s'exprime
Par ex.je peux dire et je peux penser que j'aime beaucoup telle personne,parce qu'au fond de moi je la déteste
On peut parler de la dignité de certaines personnes parce que tout simplement on en a pitié et que pour rien au monde on voudrait être à leur place
Par ex.la loi Léonetti empêche "l'envie de meurtre" du toubib si le patient est trop chiant !!! !!! !!!
etc etc etc.
Derrière le mot,il y a une idée.Mais derrière l'idée,il y a l'inconscient
je ne sais pas si j'ai raison de poster cela,car évidemment,çà peut être interprété de travers !
Je ne vise pas untel ou untelle
Je dis simplement que le débat peut être un faux débat et qu'il faut en avoir conscience
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   12.09.13 17:50

Euthanasie : la mort est toujours triste, faisons en sorte qu'elle ne soit pas dramatique

Publié le 12-09-2013 à 11h14 - Modifié le 12-09-2013 à 12h49





Par Jean-Luc Romero



LE PLUS. En 2002, Vincent Humbert, jeune homme devenu tétraplégique, aveugle et muet après un accident de la route, adresse une lettre à Jacques Chirac pour lui demander le droit de mourir. Aujourd'hui, Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et auteur de "Monsieur le président, laissez-nous mourir dans la dignité ! (Éd. J.-C. Gawsewitch), publie une lettre ouverte demandant au président de légaliser l'euthanasie.
Édité par Daphnée Leportois 


 
Allons-nous encore laisser longtemps les personnes en fin de vie mourir dans des conditions inhumaines, parfois dans l’indignité d’une déchéance inacceptée ?
 
Allons-nous poursuivre l’expérience malheureuse de la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti, considérée par des éminents professeurs de médecine belge comme une régression, qui, sous couvert de bons sentiments, laisse des médecins compatissants comme le docteur Nicolas Bonnemaison devant des situations insupportables, sans réponse à des souffrances et des agonies que l’on épargne même à nos animaux familiers, chiens, chats, chevaux ?
 
Allons-nous encore supporter que, comme le docteur Jean Leonetti a avoué l’avoir fait, certains médecins débranchent des malades pour libérer des lits ? Allons-nous, une fois encore, tenter de trouver une nouvelle voie, cette fameuse exception française que, plus malins que tout le monde, nous croyons pouvoir inventer ? Allons-nous longtemps accepter les larmes et les cris de ceux que nous aimons, nous suppliant de les aider à partir ?
 
Tirer de vraies conclusions humanistes
 
Les Français la réclament (86 à 94% selon les sondages). Les médecins la réclament (60%). Les pays voisins les plus proches comme les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg l’ont dépénalisée.
 
Nous devons ouvrir un droit à l’euthanasie. Un droit à une assistance médicalisée à mourir. Un droit au suicide assisté comme en Suisse. Un droit à une bonne mort. Un droit à ce que ce soit enfin le mourant qui décide. Et non ceux qui sont autour du lit !
 
Pourquoi ? Car la mort est inévitable, et lorsqu’elle se présente, il est vain de vouloir la berner, prolonger une survie. Pourquoi ? Car un nouveau droit rend notre société plus démocratique, plus libre. Pourquoi ? Car un droit permet à ceux qui le souhaitent, en toute conscience, d’avoir le choix ; qu’un droit n’est pas une obligation pour ceux qui ne le souhaitent pas.
 
Chaque jour, les témoignages affluent à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) pour parler d’une mort qui se serait mal passée. De drames qui ont été provoqués, parfois par une médecine sourde, comme le dénonce lui-même le professeur de médecine Didier Sicard, sans malheureusement en tirer de vraies conclusions humanistes.
 
Ouvrir un débat démocratique
 
Il faut le rappeler. La mort, de nos jours, qui se passe pour 75% d’entre nous en hôpital ou en institution, ne survient pratiquement plus de manière naturelle. Les plateaux techniques maintiennent artificiellement en vie des personnes qui, il y a 50 ans encore, seraient mortes. Et, si la mort est l’œuvre d’un être supérieur pour certains, elle est, pour d’autres, l’issue évidente – la seule évidence – de notre vie.
 
Mais, une chose est sûre : dans une démocratie laïque, comme des femmes clamaient, en d’autres temps, pour l’IVG "Notre corps nous appartient !", notre vie n’appartient qu’à nous-mêmes !
 
Nous devons ouvrir un débat démocratique – et quoi de plus démocratique que le Parlement ? – pour offrir aux Français qui, parce qu’ils sont arrivés au bout de leur chemin de vie, veulent abréger leurs souffrances, le droit de mourir comme ils le souhaitent. Librement. Dignement. Sereinement.
 
La mort est et restera toujours grave, toujours triste. Faisons au moins en sorte qu’elle ne soit pas dramatique.
 
Quand c’est fini, c’est fini. Inutile de nous mentir…
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   13.09.13 14:49

Un nouveau livre de Jean-Luc Romero qui nous sera d’un appui essentiel pour le combat (l’ultime ?) que nous allons avoir à mener dans les prochains mois pour une loi sur l’euthanasie, le combat de Jean-Luc Romero et j’ajouterais le combat des 51 000 adhérents de l’ADMD et de ceux qui, pour certains, nous ont quittés et qui ont jeté les bases de notre association.
Avec son intelligence, sa pugnacité à toute épreuve, Jean-Luc Romero s’adresse au président de la République pour lui rappeler son engagement lors de la dernière campagne présidentielle.
Il évoque avec beaucoup de pudeur et d’émotion les cas médiatisés qui ont contribués à sensibiliser l’opinion publique favorable à plus de 86% à une loi qui encadrerait l’euthanasie, le suicide assisté, sans négliger la généralisation des soins palliatifs.
Il défend une loi de liberté qui permettrait à chaque citoyen de décider des conditions de sa fin de vie en fonction de ses options religieuses, philosophiques…
Ce livre est un manifeste vibrant pour la loi que nous souhaitons et qui mettrait un terme à l’hypocrisie, à la clandestinité, aux manœuvres possibles grâce à l’argent, les relations.
Un livre qui s’appuie sur les valeurs de notre République laïque.
Michèle Skowron, déléguée ADMD pour l’Yonne
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MessageSujet: Le laisser mourir dans la dignité   14.09.13 9:15

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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   16.09.13 9:33

Lettre à François Hollande :Ne laissez pas voter une loi Leonetti de gauche sur la fin de vie ! (tribune du Huffington Post)
Lettre à François Hollande :
Ne laissez pas voter une loi Leonetti de gauche sur la fin de vie !
Monsieur le Président, rendez-nous notre Ultime Liberté !
(tribune du Huffington Post [ici])
 
 


Monsieur le Président,
 
Voilà maintenant dix ans que, le 26 septembre 2003, le docteur Frédéric Chaussoy libérait de ses souffrances le jeune Vincent Humbert, que sa mère Marie n’avait pu, malgré tout son amour, aider à accomplir sa volonté. Voilà également un peu plus de cinq ans que, le 19 mars 2008, Chantal Sébire mettait fin à ses jours. Cinq ans enfin que Rémy Salvat, 23 ans, en une nuit d’été, seul, après dix-huit années d’insupportables souffrances, se suicidait dans sa chambre, à l’aide de médicaments.
« Je les prends parce que je peux encore le faire. Bonne nuit », furent les derniers mots qu’il laissa à ses parents, Régine et Jean-Pierre
Vincent Humbert, Chantal Sébire et Rémy Salvat ont écrit à vos prédécesseurs. « Vous avez le droit de grâce, et moi, je vous demande le droit de mourir », dictait Vincent à sa maman, dans sa lettre au président Jacques Chirac, le 20 novembre 2002.
Des lettres comme celles-ci, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), une association de près de 51 000 adhérents que j’ai l’honneur de présider, en reçoit des dizaines chaque année.
Certaines vous ont été directement adressées, telle celle de Damien Delmer, 33 ans, atteint d’une mucoviscidose incurable, vous demandant « le droit de partir dans la dignité ». Votre chef de cabinet a répondu à ce jeune homme, qui ne pèse plus que 37 kilos, que « la loi de 2005 constitue une avancée certaine », mais qu’il « est malheureusement des situations dramatiques auxquelles ce texte ne répond pas. »
Justement, la loi Leonetti qui régit la fin de vie dans notre pays montre et, depuis longtemps, d’une part ses limites et, d’autre part, bien des ambigüités comme votre chef de cabinet le reconnaît entre les lignes dans sa réponse au jeune et courageux Damien.
Cette loi faite par des médecins, pour des médecins, montre, plus de huit ans après son vote, qu’au final le patient en fin de vie n’est pas au centre des décisions qui le concernent.
Cette situation n’est plus acceptable aujourd’hui.
On ne peut parler à longueur de discours politique de démocratie sanitaire et ne pas écouter les patients notamment au moment le plus singulier de leur vie : celui de leur mort !
Monsieur le Président, durant la campagne électorale de 2012, vous avez soulevé un immense espoir en promettant, dans votre proposition 21, de permettre au mourant de demander à être libéré de souffrances insupportables et que rien ne peut soulager.
Vous avez aujourd’hui une majorité parlementaire qui s’est aussi engagée à voter une loi qui prenne enfin en compte celui qui est dans le lit et pas seulement ceux – mandarins, héritiers - qui gravitent autour.
Le temps est venu de voter une grande loi sur la fin de vie qui restera, au même titre que celle que vous avez courageusement porté sur le mariage pour tous au Panthéon des grandes réformes de société.
Monsieur le Président, ne cédez pas aux sirènes des grands mandarins ni des extrémistes religieux qui veulent nous faire vivre dans une société inégalitaire, liberticide ou d’un autre temps.
Monsieur le Président, ne vous contentez pas de proposer une loi Leonetti de gauche comme certains vous le conseillent !
Soyez comme vous savez l’être si souvent : audacieux et humaniste.
Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité !
Monsieur le Président, rendez-nous notre Ultime Liberté !



                                                 Jean-Luc ROMERO
                                                 Président de l'ADMD
                         Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   10.10.13 11:19

Jean-Luc Romero : plaidoyer pour l'euthanasie

10/10/2013 05:38


Demain à Niort, Jean-Luc Romero dédicacera son livre « Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité » (édition JC Gawsewitch, 9,90 €). Demain à Niort, Jean-Luc Romero dédicacera son livre « Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité » (édition JC Gawsewitch, 9,90 €).
Demain à Niort, Jean-Luc Romero dédicacera son livre « Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité » (édition JC Gawsewitch, 9,90 €).
Président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero est à Niort demain pour défendre l’euthanasie.


Président de l'Association pour le Droit de mourir dans la dignité (ADMD), Jean-Luc Romero plaide pour l'euthanasie et le suicide assisté, rappelant que « neuf Français sur dix y sont favorables », dénonçant aussi les pouvoirs publics qui, s'impatiente-t-il, tardent à prendre des décisions.

Vous multipliez les rencontres publiques sur la question de l'euthanasie. Que demandez-vous exactement ?

Jean-Luc Romero. « Une loi qui change la logique des choses et place la volonté du patient au cœur de la décision. Il faut qu'un malade en souffrance, qui se sait condamné, ait le droit de dire " Ces dernières semaines de vie, je n'en veux pas "… et soit entendu. Nous devons prendre exemple sur la Belgique ou les Pays-Bas. »

La loi actuelle, la loi Leonetti, n'est-elle pas suffisante ?

« Elle a légitimité la sédation terminale qui consiste à administrer des produits pour soulager le patient en le laissant périr de faim et de soif. C'est parfois cruel. Des malades mettent jusqu'à trois semaines à mourir. C'est pourquoi il faut légiférer. »

Le progrès médical fait-il partie du problème ?

« On ne peut que se réjouir du progrès médical qui nous fait gagner en espérance de vie. Mais ce progrès permet aussi le maintien d'une vie artificielle, un état qui peut se retourner contre le patient. »

Que voulez-vous dire ?

« Que certains peuvent trouver intérêt à maintenir des gens en vie le plus longtemps possible. C'est aussi à cause de ce risque de dérive que nous demandons une loi. »

Vous dénoncez la loi actuelle, estimant qu'elle a été « conçue par les médecins pour les médecins ». Or, comment critiquer des médecins tenus par le serment d'Hippocrate (1) ?

« Le serment d'Hippocrate n'est pas un argument valable. Ce texte est vieux de 2.000 ans, il faut tenir compte des réalités de notre époque. On l'a bien fait pour l'avortement… »

Pourquoi avez-vous engagé ce combat ?

« Très jeune, j'ai été touché par le problème du sida. Des amis ont été frappés par cette maladie… à des âges auxquels on ne doit pas être confronté à la mort. J'ai vu leurs souffrances. Ça invite à une certaine réflexion… »

nr.niort@nrco.fr

Intervention de Jean-Luc Romero demain 18 h 30, amphithéâtre 1, centre Du-Guesclin, place Chanzy, Niort.

(1) Le serment d'Hippocrate stipule que le médecin ne remettra à personne « une drogue mortelle si on la [lui] demande, ni ne [prendra] l'initiative d'une telle suggestion. »

à savoir

En publiant « Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité », Jean-Luc Romero rappelle à François Hollande sa proposition de campagne n° 21 : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »

Propos recueillis par Emmanuel Touron
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   10.10.13 11:22

CITATION =
« Que certains peuvent trouver intérêt à maintenir des gens en vie le plus longtemps possible. C'est aussi à cause de ce risque de dérive que nous demandons une loi. »
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   10.10.13 11:34

Mon commentaire=
Effectivement(s'il y a intérêt à libérer des lits),il y a aussi intérêt à garder les patients dans leur lit parce qu'ils rapportent du fric à l'établissement qui les héberge
et qui exploite leur vulnérabilité
en s'acharnant sur eux idéologiquement
en les utilisant comme cobaye thérapeutique(hôpital)
en les manipulant dans tous les sens du terme(soins palliatifs)
alors que ces patients vont tout simplement mourir parce qu'ils ont fini leur vie
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   10.10.13 14:42

De toute manière,un monde sans dérive n'existe pas
les lois ne seront jamais parfaites
en plus,les lois peuvent être contournées ou ne pas être appliquées
est-ce la mentalité médicale qu'il faut remettre en question?
F.H.candidat a fait une proposition de loi
F.H.président se doit de la légaliser
au lieu de faire des contours et des détours depuis le 06 mai 2012
Bravo au Parti Socialiste...question efficacité il y a mieux !
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   25.11.13 10:45

Jean-Luc Romero

« Une loi qui respecte tout le monde »
jeudi 21.11.2013, 08:00


Jean-Luc Romero sera à Béthune les 29 et 30 novembre. Archive Jean-Luc Romero sera à Béthune les 29 et 30 novembre. Archive


Jean-Luc Romero garde un lien particulier avec Béthune, cette ville qui l'a vu naître il y a un peu plus d'un demi-siècle. Engagé politiquement, il est avant tout un homme de combats.

On se souvient de son soutien à la Béthunoise Florence Cassez, de sa lutte pour que le mariage pour tous soit adopté. Auteur d'un ouvrage, Monsieur le Président, laissez-nous mourir dans la dignité, il viendra le dédicacer au Furet de Béthune samedi 30 novembre.
Votre combat pour la liberté de mourir dans la dignité ne date pas d'aujourd'hui. Qu'est ce qui vous a poussé à le mener ?
Je me suis engagé très tôt dans ce combat pour la liberté de mourir dans la dignité, car très jeune j'ai été confronté à la mort de personnes proches qui ont souffert longtemps avant de mourir. Je ne voulais pas que cela se reproduise, car ce sont vraiment des moments difficiles aussi bien pour les malades que pour les familles. Le problème, c'est que ceux qui décident sont souvent ceux qui sont autour du lit et non les malades eux-mêmes. J'espère que cela changera vraiment dans les mois à venir.
Ce livre est écrit comme une lettre ouverte au président de la République, François Hollande. Pourquoi ? Je l'ai écrit ainsi, car le candidat Hollande avait fait de la liberté de mourir un engagement de campagne, le point numéro 21 de son programme. Il faut qu'il tienne son engagement, car la société doit évoluer aussi sur cette question. On demande une application de la proposition 21 qui permettra la légalisation de l'euthanasie et le suicide assisté. Ce qui doit permettre au patient d'avoir la liberté de choisir et l'égalité dans l'accès au choix des conditions de sa mort. Cela fait plus de vingt ans que les sondages sur la question montrent que les Français sont favorables à 90 % à la légalisation de l'euthanasie.
Pourquoi est-ce alors si difficile de mettre en place cette nouvelle loi ? Parce que nous sommes dans un débat irréaliste, que certains veulent toujours imposer leur morale à tout le monde. Et que certains politiques ne veulent pas se mouiller. Je pense aussi que certains parlementaires sont réticents, mais cela va changer. On a, je crois, actuellement une majorité de personnes favorables à la création du projet de loi dans les deux Chambres.
Quid de la loi Leonetti de 2005 ? Je n'ai rien contre l'homme, mais cette loi n'est pas allée dans le sens des personnes en fin de vie. Pour moi, il ne faut pas que la loi soit faite par les médecins pour les médecins, mais pour les malades. Il ne faut pas oublier que la loi Léonetti, c'est laisser mourir de faim et de soif les personnes en fin de vie. On n'a pas résolu la souffrance. Il ne faut pas que le projet de loi sur l'euthanasie devient une loi Leonetti de Gauche.
Quelle est la prochaine étape ? Des personnes sont actuellement auditionnées sur le droit à mourir dans la dignité. Le rapport sera rendu le 16 décembre et le président de la République décidera d'en faire un projet de loi ou pas. Cela devrait se faire en 2014, je l'espère. Pour ma part, je vais à la rencontre des députés toutes les semaines pour tenter de les convaincre du bien-fondé de ce projet.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   30.12.13 0:36


Jean-Luc Romero.

Homme politique et militant associatif

Euthanasie: en 2014, un nouveau droit à conquérir, une loi pour notre ultime liberté

Publication: 19/12/2013 17h26
On peut regretter que le Jury citoyen n'ait été composé que de 18 personnes. Mais comment travailler et auditionner des acteurs de la fin de vie devant un collège pléthorique ? On peut également regretter que le Jury citoyen se soit réuni à huis-clos. Mais les organisateurs pouvaient-ils prendre le risque des pressions que les différentes parties auraient pu exercer, y compris par l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité que je préside ? On peut aussi regretter que le Jury citoyen ait auditionné huit militants anti-euthanasie et seulement deux personnes favorables, dont moi-même.

Mais on peut se féliciter, pour la démocratie et la laïcité, fondements de notre République, que de vrais citoyens aient été réunis pour entendre les acteurs de la fin de vie et aient rédigé des conclusions sans esprit dogmatique, sans esprit partisan, sans esprit corporatiste. Et c'est ainsi que nous avancerons sur le chemin des droits individuels. Dans tous les domaines, nous savons que la protection des intérêts catégoriels - ceux des mandarins, professeurs de médecine en l'espèce - ne peut conduire qu'au conservatisme, qu'au maintien des privilèges et des pouvoirs. Ici, un quasi-pouvoir de droit de vie et de mort sur des personnes en fin de vie pour lesquelles ont décide sans rendre compte à personne. C'est ainsi que l'Institut National des Etudes Démographiques (Ined) annonce près de 5000 décès annuels par administration d'un produit létal, que Jean Leonetti, militant anti-euthanasie, avoue - tout en convenant que c'est illégal - avoir "débranché des respirateurs pour libérer des lits" et que les témoignages de décisions médicales absurdes qui ont conduit à des drames de fin de vie abondent.

Je suis satisfait que le rapport remis lundi dernier ouvre la voie à une aide active à mourir qui pourrait être accordée à tous ceux qui en feront la demande, de manière lucide et réitérée - qu'ils accomplissent le geste eux-mêmes ou que ce soit un tiers qui le fasse - et qu'il préconise une exception d'euthanasie pour ceux qui sont arrivés dans une impasse thérapeutique, ne peuvent plus s'exprimer et n'ont jamais écrit de directives anticipées.

Jeudi 19 décembre, le ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a annoncé un projet de loi en 2014. Je lui donne le bénéfice de la bonne volonté et prends acte de ce calendrier. J'accompagnerai le mouvement. De manière loyale, constructive et vigilante. Mais avec les 51000 adhérents actifs de l'ADMD, je le redis : n'inventons pas une architecture législative incompréhensible, ne rédigeons pas une loi Leonetti de gauche, aussi inapplicable et source de drames que la loi actuelle qui date de 2005. Regardons ce qui fonctionne chez nos amis européens, chez nos voisins néerlandais, belges et luxembourgeois. Les lois de légalisation de l'euthanasie dont ils disposent fonctionnent parfaitement, protègent des dérives qui existent par contre dans notre propre pays, assurent l'égalité de traitement entre les citoyens et rassurent les populations, notamment les personnes âgées qui, si elles savent évidemment que la mort est une échéance inéluctable, savent aussi que leur médecin, jamais, ne les laisseront souffrir et qu'elles pourront mourir debout, les yeux ouverts, dans le respect de la dignité que chacun s'impose à soi-même.

En 2014, les Français doivent obtenir cette loi de liberté qui garantira à chacun le respect de sa propre volonté lorsque sa vie n'est plus que de la survie et qu'il est temps de tirer sa révérence. Dans sa propre dignité.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   07.02.14 14:34

Le livre de la semaine

Monsieur le président, laissez-nous mourir dans la dignité !

« Il faut légiférer ! », introduit Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui comprend 50 000 adhérents. C’est un vrai plaidoyer qu’adresse l’auteur dans son livre* à François Hollande en faveur du droit à mourir dans la dignité. D’ailleurs, neuf Français sur dix y sont favorables. Pis, sous le sceau du secret seraient pratiquées 44 euthanasies par jour en France. Les médias alertent régulièrement sur des cas (Vincent Lambert récemment). Mais Jean-Luc Romero dénonce surtout l’hypocrisie de François Hollande qui refuse de légiférer directement, comme pour la loi pour le mariage pour tous. Il tire même à boulets rouges sur « les mandarins » Didier Sicard (qui avait remis le rapport sur la fin de vie), Jean-Claude Ameisen, président du CCNE et surtout le député Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, tous adversaires résolus de l’euthanasie. « Le principal défaut de sa loi est de n’être ni connue ni appliquée », explique-t-il. Comme pistes de travail, il propose de remettre la volonté du patient au centre des décisions. Il suggère la légalisation de l’euthanasie active et du suicide assisté, mais de façon très encadrée (directives anticipées, encadrement médical strict avant et après le décès). Enfin, il compare la situation française avec celle d’autres pays plus avancés en la matière, comme les Pays-Bas, la Suisse ou la Belgique.

* Monsieur le président, laissez-nous mourir dans la dignité, éditions Jean-Claude Gasewitch, 9,90 euros.

Information du 06.02.14 17:55
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   16.05.14 18:53

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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   22.05.14 13:21


Mardi 20 mai 2014 17:38

Fin de vie : Jean-Luc Romero anime une réunion publique samedi à Nantes

photo jean-luc romero. © archives ouest-france

Jean-Luc Romero.© Archives Ouest-France

Pour Jean-Luc Romero, il est urgent de légiférer en autorisant l'euthanasie et le suicide assisté. À Nantes, samedi, il anime une réunion publique.


Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (55 000 adhérents), veut interpeller François Hollande et les parlementaires : pour lui, l'euthanasie et le suicide assisté doivent être débattus sans attendre. "François Hollande, Président de la République, avait pris dans sa campagne un engagement pour un geste actif à mourir dans la dignité. Deux ans plus tard, aucune décision n'a été prise."

Selon lui, les derniers sondages montrent que 92 % des Français sont favorables à la légalisation de l'euthanasie. L'association ADMD demande "une loi protectrice qui légalise l'euthanasie et le suicide assisté. Nous sommes actuellement en pleine dérive. Il faut sortir de la logique Leonetti. Cette loi, faite par des médecins pour des médecins. Notre principe à l'association, c'est de mettre celui qui meurt au centre de sa décision : qu'on arrête d'obliger des gens à mourir de faim et de soif, dans d'atroces souffrances."Réunion publique avec Jean-Luc Romero et l'association ADMD, samedi à 10 h 30, à l'hôtel Mercure centre Grand Hôtel, 4, rue du Couëdic, à Nantes. Entrée libre.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   23.06.14 10:40

«La mort n'est pas seulement une affaire médicale»

Publié le 11/06/2014 à 09:37

Jean-Luc Roméro, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)

«La mort n'est pas seulement une affaire médicale»



Que vous inspire ce procès ?

D'abord, ce n‘est pas le procès de l'euthanasie, comme on le dit : l'euthanasie nécessite une demande volontaire de la personne, et, là, c'est un médecin qui, par compassion, a aidé des patients à mourir. Là, nous allons avoir des médecins qui vont témoigner pour ce qui est, à mon sens, le procès de la loi Léonetti, une loi qui ne respecte pas les volontés de la personne, qui laisse les médecins face à eux-mêmes. En l'espèce, le docteur Bonnemaison a agi par compassion, les familles n'ont pas porté plainte, il a bravé la loi. Cette loi est ambiguë, voire même cruelle, car, lorsque l'on décide de ne plus prodiguer de soins à une personne en fin de vie pour éviter l'acharnement thérapeutique, cela peut conduire à laisser des patients mourir de faim, mourir de soif et mourir dans des grandes souffrances.
Pour vous, la volonté des malades n'est pas prise en compte ?
Chacun d'entre nous peut rédiger ce que l'on appelle des directives anticipées. Mais les gens ne le savent pas. Personne ne le leur explique. Ils peuvent écrire pour demander la manière dont ils veulent être traités, et mandater une personne de confiance. Mais, pour l'instant, cela n'est pas opposable : on peut se retrouver avec un médecin qui ne connaît pas la personne, et qui, s'il ne veut pas entendre la personne de confiance, ne l'entendra pas ! Voilà pourquoi ce procès n'est pas celui de l'euthanasie qui implique une demande de la personne, mais bien celui de la loi Léonetti, qui est une loi qui n'est pas applicable et qui n'est pas appliquée, et l'on se retrouve avec des médecins compatissants qui sont obligés de prendre le risque d'enfreindre la loi pour soulager des patients.
Comment voulez-vous voir évoluer la loi ?
C'est très clair. Nous voulons que celui qui meurt soit au centre du débat. Et que son sort ne soit pas entre les mains ni des médecins, ni de ses héritiers. On infantilise la personne qui est en train de mourir, et c'est insupportable : la loi Léonetti est une loi de médecins pour les médecins, et, à ce procès, il y a toutes les chances pour qu'elle soit défendue par des médecins. Mais la mort n'est pas seulement une affaire médicale ! C'est 100 % d'entre nous qui allons mourir. Alors sortons du médical, pour nous placer sur le plan de l'éthique. Et ce que nous voulons, c'est que les personnes puissent exprimer des directives anticipées, et que ces directives soient respectées : il n'est pas acceptable que ce soit les médecins qui décident à la place des gens.
Souhaitez-vous que l'on aille jusqu'à autoriser le suicide assisté ?
Oui, bien sûr ! J'ai même écrit un livre sur ce sujet. Pour l'instant, on ne nous propose que les soins palliatifs. Mais, là encore, la situation est totalement injuste : 15 à 20 % des Français seulement peuvent trouver une place dans un centre de soins palliatifs. Cela signifie que 80 à 85 % n'y ont pas droit. 70 % des lits sont regroupés dans cinq régions, et je suis désolé de vous dire que votre Sud-Ouest n'en fait pas partie ! Ces cinq régions prioritaires sont la région Ile-de-France, la Bretagne, le Rhône-Alpes, le Nord-Pas de Calais et Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Avez-vous le sentiment que vos idées avancent ?
Je suis très en colère, car les choses n'avancent pas. 92 % des Français sont favorables à l'euthanasie pour les personnes qui en font la demande et qui souffrent de «maladies insupportables et incurables», selon un sondage. L'ADMD regroupe 55 000 adhérents, et on ne nous écoute pas : en revanche, on prête l'oreille aux associations anti-euthanasie, avec des militants catholiques et des professeurs de médecine qui représentent tout au plus 5 000 adhérents. On entend énormément le professeur Léonetti, qui est en même temps un homme politique, mais pas nous. A ce jour, je n'ai été reçu ni par le président de la République, ni par le Premier ministre, ni par la ministre de la Santé : on écoute les mandarins et pas nous !
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   14.09.14 9:10

Mon discours de clôture de la 34ème Assemblée Générale de l'ADMD à Strasbourg

Chers amis,
Même si j’ai déjà eu l’occasion d’en parler en début de nos travaux du matin et au début de cette après-midi, il est inenvisageable pour moi de débuter mon intervention de clôture sans une nouvelle pensée pour notre amie Nicole Boucheton.
Tout d’abord parce que Nicole était la vice-présidente de notre association. Elue pour la première fois administratrice en 2007, elle a accompagné chaque année de ma présidence. Successivement trésorière adjointe puis vice-présidente, Nicole n’était pas, loin sans faux, une femme sans influence. Travailleuse, attentive, avec un haut sens de la morale et une grande exigence du respect des principes et des règles, Nicole était une administratrice respectée et écoutée. Ne se mêlant jamais aux polémiques stériles qui traversent, parfois, notre association, sa voix était douce et chantante, mais ses paroles étaient fermes et déterminées.
Nicole était aussi, comme beaucoup des administrateurs, une femme de terrain puisque, de 1998 à 2011, elle fut notre déléguée pour la Manche. Je la revois encore portant un masque de chien, dans les rues de Cherbourg, pour rappeler que nos animaux de compagnie, eux, ont le droit à la bonne mort.
Une autre raison pour laquelle je ne peux pas oublier Nicole en cet instant, c’est qu’elle fut aussi une amie. Là encore, une amie exigeante. Nicole ne donnait pas sa confiance à l’aveuglette. Tout d’abord réservée, elle ne se livrait qu’après un long moment d’apprentissage d’une histoire à deux. On prête faussement à Voltaire la fameuse maxime : "Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer." C’est plutôt Nicole qui aurait pu prononcer cette phrase, tant ce qui comptait pour elle était la sincérité des opinions et des sentiments.
On livre son cœur souvent trop tard. J’ai eu la chance de pouvoir dire à Nicole, quelques instants avant sa mort, combien je l’aimais et combien j’avais été grandi de la connaître.
Permettez-moi d’associer à mon hommage l’ensemble des salariés de l’ADMD qui avaient tous pour Nicole une grande affection et une grande estime.
Dans sa lettre posthume, Nicole Boucheton concluait par ces mots : « Mais je sais que mes amis militants et les 92% de Français favorables à une loi de liberté qui permet à chacun de choisir sa fin de vie ne baisseront pas les bras et que la victoire est proche. »
Aussi, pour honorer sa mémoire et celle de toutes celles et de tous ceux que nous aimons et qui sont partis dans des conditions contraires à leur volonté, nous devons – si c’est encore possible – redoubler d’efforts.
Les données de notre combat – puisqu’il s’agit bien d’un combat contre des forces obscures – vous sont connues. Un président de la République, alors candidat, qui s’engage fermement en  2012 sur sa proposition 21 en faveur d’une aide médicalisée à mourir. Deux premiers ministres successifs – Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls – fortement engagés, avant d’être au pouvoir, en faveur de l’euthanasie. Des ministres partisans déclarés – Laurent Fabius, Marylise Lebranchu… - une majorité de députés favorables, une majorité de sénateurs favorables et, surtout, une adhésion quasi unanime des Français – près de 94% de la population et 98% des personnes de plus de 65 ans.
Chers amis,
 
 
Même si j’ai déjà eu l’occasion d’en parler en début de nos travaux du matin et au début de cette après-midi, il est inenvisageable pour moi de débuter mon intervention de clôture sans une nouvelle pensée pour Nicole Boucheton.
 
Tout d’abord parce que Nicole était la vice-présidente de notre association. Elue pour la première fois administratrice en 2007, elle a accompagné chaque année de ma présidence. Successivement trésorière adjointe puis vice-présidente, Nicole n’était pas, loin sans faux, une femme sans influence. Travailleuse, attentive, avec un haut sens de la morale et une grande exigence du respect des principes et des règles, Nicole était une administratrice respectée et écoutée. Ne se mêlant jamais aux polémiques stériles qui traversent, parfois, notre association, sa voix était douce et chantante, mais ses paroles étaient fermes et déterminées.
 
Nicole était aussi, comme beaucoup des administrateurs, une femme de terrain puisque, de 1998 à 2011, elle fut notre déléguée pour la Manche. Je la revois encore portant un masque de chien, dans les rues de Cherbourg, pour rappeler que nos animaux de compagnie, eux, ont le droit à la bonne mort.
 
Une autre raison pour laquelle je ne peux pas oublier Nicole en cet instant, c’est qu’elle fut aussi une amie. Là encore, une amie exigeante. Nicole ne donnait pas sa confiance à l’aveuglette. Tout d’abord réservée, elle ne se livrait qu’après un long moment d’apprentissage d’une histoire à deux. On prête faussement à Voltaire la fameuse maxime : "Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer." C’est plutôt Nicole qui aurait pu prononcer cette phrase, tant ce qui comptait pour elle était la sincérité des opinions et des sentiments.
 
On livre son cœur souvent trop tard. J’ai eu la chance de pouvoir dire à Nicole, quelques instants avant sa mort, combien je l’aimais et combien j’avais été grandi de la connaître.
 
Permettez-moi d’associer à mon hommage l’ensemble des salariés de l’ADMD qui avaient tous pour Nicole une grande affection et une grande estime.
 
Dans sa lettre posthume, Nicole Boucheton concluait par ces mots : « Mais je sais que mes amis militants et les 92% de Français favorables à une loi de liberté qui permet à chacun de choisir sa fin de vie ne baisseront pas les bras et que la victoire est proche. »
 
Aussi, pour honorer sa mémoire et celle de toutes celles et de tous ceux que nous aimons et qui sont partis dans des conditions contraires à leur volonté, nous devons – si c’est encore possible – redoubler d’efforts.
 
Les données de notre combat – puisqu’il s’agit bien d’un combat contre des forces obscures – vous sont connues. Un président de la République, alors candidat, qui s’engage fermement en  2012 sur sa proposition 21 en faveur d’une aide médicalisée à mourir. Deux premiers ministres successifs – Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls – fortement engagés, avant d’être au pouvoir, en faveur de l’euthanasie. Des ministres partisans déclarés – Laurent Fabius, Marylise Lebranchu… - une majorité de députés favorables, une majorité de sénateurs favorables et, surtout, une adhésion quasi unanime des Français – près de 94% de la population et 98% des personnes de plus de 65 ans.
 
Alors quoi. Que se passe-t-il ?
 
Il se passe qu’en face de nous, une minorité ultra réactionnaire, ultra rétrograde, aux ordres d’une doctrine de l’extrême, très bien financée, semble terroriser nos gouvernants. Au point que la ministre de la santé ne m’a toujours pas officiellement reçu et que le président de la République, après une demi-douzaine de rapports et d’avis, a confié à Jean Leonetti lui-même, l’artisan de la loi du 22 avril 2005, celle qui laisse comme seule alternative l’acharnement thérapeutique ou la mort par déshydratation et dénutrition, le soin de réformer notre législation sur la fin de la vie.
 
Je vous demande d’écrire à François Hollande afin qu’il reçoive officiellement l’ADMD. En effet, jamais, à ce jour, aucun président de notre association n’a été reçu à ce titre. C’est une anomalie que François Hollande doit corriger.
 
Alors que faire ?
 
Je l’ai dit plusieurs fois. Je l’ai écrit dans de nombreux éditoriaux. Nous devons nous comporter en militants.
 
Nous possédons une force inestimable de plus de 56.000 adhérents, répartis dans toute la France, continentale et ultra-marine. Vous avez entendu notre trésorier, nos finances sont excellentes. Nous avons toutes les cartes pour être plus forts que nos adversaires. Mais pour cela, il faut que nous devenions actifs et acteurs.
 
Chacun, à sa façon, peut agir en faveur de notre revendication.
 
Nous avons besoin de délégués et de délégués adjoints dans tous les départements de France. Nous avons besoin de témoins qui écrivent au président de la République, au premier ministre, aux ministres, aux députés et aux sénateurs pour dire les drames qu’ils ont vécus. Nous avons besoin de lecteurs engagés qui n’hésitent pas à prendre la parole dans les Courriers des lecteurs de leurs journaux favoris – je vous invite à cette occasion à envahir les pages de Ouest France – ou à résilier leurs abonnements si la ligne éditoriale va à l’encontre de notre liberté fondamentale de disposer de notre propre corps. Nous avons besoin de bénévoles et de participants lorsque nous organisons des manifestations, des tractages, des forums, des pique-niques. Nous avons besoin que les enfants et les petits-enfants de nos adhérents nous rejoignent, tout comme leurs personnes de confiance, pour que demain nous soyons 100.000 ou 150.000… et pour que ceux que nous aimons soient enfin protégés de la mauvaise mort.
 
Permettez-moi de vous dire la colère et l’incompréhension qui est parfois la mienne lorsque je reçois des lettres demandant l’organisation de manifestations nationales et que nous ne sommes que 5.000 sur la place de la République, à Paris, le 24 mars 2012, alors que nous avons trois fois plus d’adhérents en région parisienne.
 
Bien sûr, notre Journée mondiale tombe le 2 novembre, en automne ; un dimanche cette année, de surcroît. Allons-nous chaque année nous plaindre du calendrier ? Ou bien allons-nous mettre enfin nos bottes et nos manteaux pour donner deux heures de notre temps pour montrer, pacifiquement, notre désaccord avec la façon de faire de François Hollande ?
 
Permettez-moi aussi de vous dire ma frustration lorsque je reçois des lettres exigeant de moi que je trouve des personnes qui accepteraient de témoigner d’une euthanasie à venir et que, lorsque nous aidons des personnes, celles-ci – je le comprends, néanmoins – veulent protéger cette ultime intimité et mourir cachées…
 
Nous devons tous, chacune et chacun des adhérents de l’ADMD, qu’il ait un titre ou pas, chacune et chacun dans cette salle, faire de notre combat individuel un combat collectif.
 
Nous sommes au 21ème siècle. Qu’on le veuille ou qu’on le déplore, la communication aujourd’hui se fait sur les réseaux sociaux. Certes, c’est médiocre. Certes, c’est souvent démagogique. Certes, ça ne permet pas les grandes démonstrations et la rhétorique. Mais c’est ainsi. Lorsque nous étions jeunes, la télévision voire le téléphone étaient parés de tous les défauts. Aujourd’hui, c’est Twitter. Question de génération. Trop peu de nos adhérents sont sur Facebook, sont sur Twitter. Nos adversaires, eux, savent occuper intelligemment cet espace. Alors comment convaincre journalistes et politiques que nous sommes si nombreux et si sollicités quand ils nous voient si peu sur la Toile ? Comment convaincre la ministre de la santé que nous avons l’adhésion de la quasi totalité des Français quand nous ne sommes qu’une poignée à nous mobiliser lors des Journées mondiales, lors de la semaine de mobilisation, ou lors des pique-niques de rentrée ?
 
Certes, nous pouvons encore ronronner des années dans des salles surchauffées, entre nous. C’est un exercice qu’il ne faut pas négliger. Mais ce ne sera jamais suffisant puisqu’il faut convaincre les indécis et non flatter nos égos.
 
En mémoire de Nicole Boucheton qui a souhaité témoigner publiquement de son exil forcé par la Suisse, en mémoire de celles et de ceux que nous avons aimés et qui sont morts dans leur indignité, nous ne pouvons plus accepter l’immobilisme de ce Gouvernement. Nous ne pouvons plus accepter notre propre fatalisme et, parfois, notre propre passivité. Nous ne pouvons pas accepter que Jean Leonetti, une fois encore, décide des conditions de notre propre fin de vie.
 
Je vous l’ai dit, nous avons tous un rôle actif à jouer. Je joue le mien, sans doute imparfaitement si j’en crois les critiques que je reçois parfois, mais je donne ce que je sais faire et beaucoup de mon temps.
 
Mais tout seul, avec à mes côtés nos administrateurs, nos délégués et nos salariés, je ne pourrai rien de plus.
 
Je vous enjoins, en sortant de cette salle, d’aller voir les délégués présents, et notamment celui du Bas-Rhin qui nous a accueillis chaleureusement à Strasbourg aujourd’hui, Robert Wohlfahrt. Je vous enjoins de leur proposer vos services et de vous renseigner sur le calendrier des activités de rentrée dans votre département. Ils auront besoin de vous, puisque nous tous avons besoin de nous-mêmes pour réussir.
 
N’attendons pas que la solution nous soit offerte. Battons-nous pour vaincre, ou nous n’aurons rien.
 
En décembre, Jean Leonetti va remettre au président de la République un énième rapport. Il nous expliquera alors que sa loi est la meilleure du monde mais que les Français n’ont pas été capables de s’en emparer, que les médecins ne savent pas la lire. Que Vincent Lambert et que Nicolas Bonnemaison, tout comme le furent Rémy Salvat et Chantal Sébire, sont des anomalies, des cas à part, et qu’il ne faut pas légiférer pour la marginalité, dans l’urgence et dans l’émotion. On voit bien que ce ne sont pas ses enfants, ses amours. On voit bien qu’il ne milite pas comme beaucoup d’entre nous depuis 1980 pour améliorer les conditions de la fin de vie en France, tout simplement en offrant à chacun un choix responsable et conscient.
 
Ce jour de décembre, nous devrons réagir et lui dire que cela suffit. Que nous souhaitons être maîtres de notre propre fin de vie. Ce « nous », c’est nous tous, les 56.000 adhérents de l’ADMD unis dans notre revendication trentenaire.
 
Nous voulons pouvoir décider pour nous-mêmes, dès lors que la mort est à notre porte, notre propre parcours de fin de vie. Tout simplement parce qu’il s’agit de notre vie et de notre mort.
 
Je compte sur vous et je vous dis à bientôt pour nos prochaines mobilisations.
 
Je vous remercie.
 
 Jean-Luc Romero, Président de l'ADMD
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   31.10.14 17:00


France: appel à François Hollande sur le droit à l’euthanasie

Par RFI le 1er novembre 2014

Le débat sur l'euthanasie donne régulièrement lieu à des controverses en France.

En France, la fête de la Toussaint est l'occasion de célébrer les personnes disparues. A la veille de la Journée mondiale du droit de mourir dans la dignité, organisée le 2 novembre, le débat sur l'euthanasie est relancé : l'association organisatrice lance un appel au président François Hollande pour qu'il prononce de nouveaux arbitrages sur le sujet.


Lors de sa campagne François Hollande s’est engagé, sans jamais toutefois prononcer le mot « euthanasie », à autoriser le recours à une aide médicalisée pour les personnes en fin de vie qui en feraient la demande.

Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) l’invite à tenir sa promesse et à remplacer la loi actuelle par un nouveau texte :

« La loi que l’on souhaite, c’est une loi pour tous les Français. Ce n’est pas une loi sur l’euthanasie, c’est une loi de liberté. C’est une loi qui fait que l’on respecte la volonté. Et donc, si la personne veut mourir le plus tard possible, elle doit être respectée. Elle ne l’est pas aujourd’hui dans le cadre de la loi Leonetti. C’est une loi qui respecte les consciences des médecins. Si les médecins ne souhaitent pas faire une euthanasie, ils ne sont pas obligés. C’est une loi, enfin, qui respecte ceux qui n’en peuvent plus de leur souffrance, parce que dans une république laïque, il n’y a pas un principe supérieur qui vous oblige à vivre jusqu’au bout de la vie. Quand ces personnes veulent partir, si c’est leur choix, pourquoi les obliger à devoir continuer à vivre ce calvaire ? Ces personnes, il faut enfin les entendre ».

Selon un récent sondage réalisé par l’Institut français d’opinion publique (IFOP), 96 % des Français seraient favorables à l'euthanasie pour soulager les souffrances des personnes atteintes de « maladies insupportables et incurables ».
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   22.11.14 19:03


Comment assurer à tous une fin de vie digne en France ? Par Jean-Luc Romero - L'Humanité

TRIBUNE : Lorsqu’il s’est agit du divorce, de l’avortement, du mariage pour tous, et malgré les esprits les plus conservateurs de notre société, le législateur a créé les conditions du choix et l’encadrement des pratiques afin que ce choix s’exerce librement, sans contrainte et sans aucune dérive.
(Pour aller plus loin : @JeanLucRomero @humanite_fr @AdmdFrance)

Comment assurer à tous une fin de vie digne en France ? Par Jean-Luc Romero - L'Humanité

Sur le sujet de la fin de vie – tabou s’il en est, tant cette question est empreinte en France de notre héritage chrétien – il ne faut pas agir autrement. Laisser l’individu choisir, encadrer les pratiques de la fin de vie afin de s’assurer de son consentement libre et éclairé et de se garder de tout risque de dérive.
La dignité, c’est précisément cela. Agir selon sa conscience, sa volonté, fixer soi-même les limites de sa propre condition de femme ou d’homme et refuser d’en franchir les frontières qui font passer de la vie, belle et magique, à la survie, dramatique et douloureuse.
Pourquoi, en France, contrairement aux Pays-Bas, à la Belgique, au Luxembourg…, pays qui nous sont si proches, des médecins, des religieux, des croyants imposeraient aux autres leurs propres opinions ? N’est-ce pas avoir foi en l’homme que de croire en son jugement et de le respecter, même si cela va à l’encontre de nos convictions personnelles?

En matière de fin de vie, la dignité, c’est maîtriser les conditions de sa propre fin de vie. Avoir le choix entre être prolongé dans sa thérapie car chaque jour gagné est une victoire sur la maladie ; bénéficier d’un lit dans une unité de soins palliatifs, ce qui est loin d’être le cas dans notre pays tant le manque de moyens hospitaliers est cruel, contrairement à ce qui existe dans les pays du Benelux ; bénéficier d’une aide active à mourir, qu’il s’agisse d’une euthanasie active ou d’un suicide assisté, parce que la mort est là, que le diagnostic de fin de vie a été posé, que la médecine est impuissante non seulement à guérir mais également à soulager et que le patient la demande.
Dans notre pays démocratique, seule une loi républicaine assurera les bonnes pratiques ainsi que l’égalité entre chaque citoyen, sans considération de sa fortune personnelle qui lui permettrait de se rendre en Suisse ou de ses relations qui lui permettraient de bénéficier du coup de pouce d’un médecin plus compatissant et plus audacieux que les autres.
Le tout dernier sondage (Ifop – octobre 2014) rappelle combien les Français sont attachés à cette ultime liberté, celle de choisir le moment et la manière d’éteindre la lumière. En effet, 96% de nos concitoyens sont favorables à la légalisation de l’euthanasie, quand les médecins y sont tout de même favorables à 60% (Ipsos – janvier 2013 pour le Conseil national de l’Ordre des médecins). Dans le même temps, 94% des Français comprennent le choix de leurs compatriotes qui s’exilent en Suisse pour y mourir dignement, puisque c’est pour 92% le signe du caractère insatisfaisant de la loi Leonetti.
Nous pourrons débattre des heures. Nous pourrons parler d’Hippocrate et de Dieu. Du don et du Sacré. Néanmoins, aucun argument ne viendra à bout de la supériorité de la liberté et du choix sur les croyances et l’autoritarisme, voire le paternalisme. C’est aussi cela, la dignité de l’homme : décider pour lui-même et ne pas subir d’influences.
Alors, comment assurer une fin de vie digne en France ? Ecoutez la souffrance et la demande de celui qui est dans le lit. Ne parlez pas en son nom. Epargnez-lui les tourments de la fin de vie si tel est son choix. Epargnez-lui le temps de l’agonie s’il le demande.
La dignité du mourant est de rester un citoyen libre et responsable jusqu’au bout. Un citoyen écouté et respecté. Aux détracteurs du droit de mourir dans la dignité, je rappellerai aussi que la dignité des vivants est de respecter autrui et de ne pas lui imposer ses vues. C’est une question de principe et de droit.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   01.12.14 14:49



Le Journal n°130 de l'ADMD sera dans les boîtes aux lettres de nos 58 500 adhérents à partir du 15 décembre.


Journal 130 - Édito du président de l'ADMD, Jean-Luc Romero : "Nous nous moquons de l’avis de Jean Leonetti !"


Editorial du président de l'ADMD
A l’heure où nous bouclons ce numéro 131 de notre Journal, il est trop tôt pour connaître les conclusions de la mission que le premier ministre a confiée à Jean Leonetti. Ce que nous pouvons dire tient en trois points:

- Quelle idée, de la part de Manuel Valls, pourtant partisan d’une légalisation de l’euthanasie, de confier une mission sur la fin de vie à Jean Leonetti dont on connaît les positions bien peu progressistes en la matière, son souhait de conserver – péché d’orgueil – sa loi en état et ses liens avec les milieux conservateurs.

- Nous avons déjà une idée de l’arrière pensée de monsieur Leonetti : proposer une nouvelle fois ce que l’Assemblée nationale a déjà rejeté en avril 2013 (sa proposition de loi visant à renforcer les droits des patients en fin de vie, n° 754) : formaliser la sédation terminale ou irréversible (le sinistre « laisser mourir » par déshydratation et dénutrition), rendre opposables des directives anticipées qui auraient été préalablement validées ou censurées par le médecin (ce qui signifierait toujours l’absence de libre choix). Bref, refuser toujours au citoyen en fin de vie de disposer de sa propre mort, à son rythme, en conscience…

- Nous nous moquons de l’avis de Jean Leonetti. En France, il n’y a pas un unique spécialiste de la fin de vie qui serait le « bon » docteur Leonetti, celui qui a reconnu avoir débranché jadis des respirateurs pour libérer des lits. Il y a autant de spécialistes de la fin de vie qu’il y a de Français car chacun doit pouvoir rester maître de lui-même et responsable de son propre parcours de fin de vie. Dans notre démocratie, c’est le Parlement qui fait les lois, et la majorité des députés ont été élus ou réélus à la suite de l’élection de François Hollande qui a pris l’engagement (le 21) de légaliser l’aide active à mourir.

Au printemps prochain, les parlementaires auront à discuter de ce sujet si grave et si essentiel de la liberté en fin de vie. Ne confions à personne les clés de notre destin et la gestion de nos souffrances.
Nous devrons, chacun des 58.000 adhérents de l’ADMD, agir en responsabilité, s’associer à toutes les initiatives militantes qui seront prises dans les délégations et maintenir la pression sur les législateurs pour que les anti-choix, anti-tout, anti-progrès, bien que faibles numériquement et non-représentatifs de la population française, n’aient pas le dernier mot.
Je compte sur vous. Après la trêve de la fin de l’année, nous devrons repartir au combat.
A tous, je souhaite une très bonne fin d’année, avec une pensée particulière pour ceux qui sont morts dans les agonies illégitimes et pour ceux auxquels la maladie ne laisse jamais de répit.

Jean-Luc Romero
Président de l’ADMD
Délégué pour le 12ème arrondissement de Paris
source : le blog de l'ADMD
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MessageSujet: vidéo   13.12.14 1:31

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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   07.02.15 11:38

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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   01.04.15 10:59

«Mourir dans la dignité, le dernier droit à conquérir»

Publié le 24/03/2015 à 03:55, Mis à jour le 24/03/2015 à 08:42    LADEPECHE.fr

Actu Santé - Société

                                   
Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, hier à Toulouse/. DDM. T.B.




Jean-Luc Romero était hier à l'Institut d'Etudes Politiques. Son combat pour l'euthanasie et le suicide assisté est au cœur du débat sur la fin de vie, alors que le nouveau texte de loi va être étudié au Sénat.

Président d'Élus Locaux Contre le Sida et de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Jean-Luc Romero était hier à l'Institut d'études politiques de Toulouse. Ce militant charismatique, qui plaide pour la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté depuis plus de 30 ans, revient sur la loi Claeys-Leonetti votée le 17 mars dernier. Un texte qui avance quelques pistes mais ne satisfait pas l'ADMD. Jean-Luc Romero se confie sur les origines de son combat (le sida) et détaille ses idées dans un livre d'entretien «Ma mort m'appartient» (éd. Michalon) qui sortira le 16 avril.
Pourquoi cet engagement militant sur la fin de vie ?
Dans les années quatre-vingt-dix j'ai vu beaucoup d'amis mourir du sida dans des conditions atroces. Je ne pouvais pas les aider, ça me rendait fou. Je me suis engagé assez vite dans cette association, l'ADMD, créée en 1980. Il s'agit d'un combat laïque pour mettre la volonté du patient au cœur de la décision de mourir, pour que la personne soit respectée jusqu'au bout dans sa dignité. L'euthanasie et le suicide assisté sont les dernières libertés de la vie à conquérir. Ce débat est très long, mais je pense qu'on va y arriver parce que c'est dans le sens de l'histoire. Les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse ont déjà légalisé sur la fin de vie. L'Angleterre y travaille aussi. Nous avons du retard. Seulement 20 % des Français ont accès aux soins palliatifs.
Vous n'êtes pas satisfait du texte de loi voté la semaine dernière ?
Non, et il est regrettable que les députés n'aient pas adopté l'amendement sur l'euthanasie proposé par des parlementaires de gauche. Il y a eu 70 voix pour et 89 voix contre. Mais nous allons continuer à interpeller les élus. C'est pourquoi j'ai choisi comme sous-titre un peu provocateur à mon livre : «100 % des Français vont mourir, les politiques le savent-ils» ?
Il y a quand même des avancées : la sédation profonde pour tous, les directives anticipées…
Cette loi est faite par les médecins pour les médecins. On s'occupe plus des gens qui sont autour du lit que du mourant. Ce qu'on nous propose est une euthanasie à petit feu, sous le contrôle des médecins, ce qui est affreux pour le malade et pour ses proches. Quant aux directives anticipées, elles sont très aléatoires car soumises à approbation des médecins. Cette loi ne tiendra pas la route, il y aura plein de contentieux.
Pensez-vous que les Français sont favorables à l'euthanasie et au suicide assisté ?
C'est clair que oui, et les jeunes aussi, car c'est l'ultime liberté à conquérir, un peu comme quand les femmes disaient «Mon corps m'appartient» pour la conquête de l'IVG. Les Français dans leur immense majorité veulent pouvoir dire «stop».
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   15.04.15 10:30

Ma mort m'appartient : le 16 avril dans vos librairies ! Par Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero est président de l'ADMD. Son compte twitter est @JeanLucRomero




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A l’heure du débat à l’Assemblée nationale et au Sénat, et des dix ans de la loi Leonetti (22 avril 2015), un livre entretien avec le président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) qui plaide pour la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté.

Jean-Luc Romero lutte pour obtenir le droit de mourir dans la dignité depuis longtemps. Un combat personnel. Confronté à la maladie - séropositif depuis 27 ans -, aux départs précoces de proches, il a pris conscience très tôt de la brutalité de la mort.

Des épreuves personnelles qui l’ont conduit à mener un véritable combat collectif sur la scène politique : il prône un dispositif qui permettrait aux Français de choisir les conditions de leur départ. Une loi que l’ADMD, association qu’il préside et qui rassemble plus de 62 000 adhérents, réclame depuis près de 35 ans et qui, assure-t-il, serait plébiscitée par 96% de l’opinion. Pour lui, les dispositifs actuels, loi Leonetti en tête, ne sont qu’un moyen pour les gouvernements de jouer la montre et d’éviter de prendre de véritables mesures : celle notamment de permettre aux majeurs de bénéficier d’une aide active à mourir, l’euthanasie active ou le suicide assisté.

Dans ce livre d’entretien, Jean-Luc Romero détaille ses idées, explique ses positions, propose des solutions et compare la situation de la France avec celles de ses voisins, notamment le Bénélux, pays où l’euthanasie est légalisée depuis plusieurs années.

Une voix qui porte au moment d’un débat de société clivant, renvoyant chacun à ses propres convictions (qu’elles soient éthiques ou religieuses) et risquant fortement d’agiter l’Assemblée nationale et le monde politique pendant plusieurs mois. Le débat a pour socle la nouvelle proposition de loi des députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS), soutenue sans réserve par le président de la République, et abordant le droit à une sédation «profonde et continue» jusqu’au décès. Une question de société sans cesse au cœur de l’actualité : le 22 avril 2015, la loi Leonetti aura 10 ans. Quelques semaines plus tard, en septembre, Jean Mercier, 87 ans, sera jugé pour avoir aidé sa femme gravement malade à avaler un cocktail mortel de médicaments ainsi que le docteur Bonnemaison pour avoir aidé ses patients. C’est dans ce contexte que Jean-Luc Romero prend la parole afin d’évoquer sa lutte personnelle et politique pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en France.
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   17.04.15 10:58

SOCIETE Il faut changer de logique sur la fin de vie


Citation :
Que reprochez-vous à cette nouvelle loi sur la fin de vie ?
Citation :
C’est la troisième, avec celle de 2008, sur l’accès aux soins palliatifs. Personne n’a fait le bilan de ce qu’il s’est passé en dix ans. Et le bilan est catastrophique. Ce nouveau texte marque l’emprise constante de la décision médicale sur les situations de fin de vie, au détriment de la libre détermination de chacun. Les directives anticipées, dispositif qui existe dans la précédente loi, sont assorties de deux exceptions : l’urgence vitale et la pertinence. Le pompon pour le mourant ! Si le médecin estime que ses directives anticipées sont inappropriées, il ne les applique pas. La sédation terminale, soit une sédation profonde et continue accompagnée d’une dénutrition et d’une déshydratation, est de fait sous contrôle médical. Aujourd’hui, les gens meurent médicalement de faim et de soif.
Citation :
Que préconisez-vous ?
Citation :
Il faut changer de logique sur la fin de vie. Il faut déjà mettre les moyens sur l’accès aux soins palliatifs. La loi de 2008 est un échec total. Seulement 20 % des Français bénéficient de soins palliatifs. Le même nombre qu’il y a 10 ans. Les soins palliatifs doivent être développés à l’hôpital comme à domicile. Mais ces soins ne conviennent pas à tout le monde. Il y a des gens qui n’en peuvent plus de vivre. C’est pour eux devenu une souffrance. Ils doivent avoir le choix. Chacun doit avoir le choix de sa mort. Quant à la sédation terminale, personne ne peut dire que la personne ne souffre pas. Mais ses proches, eux, souffrent. Je pense que les gens aspirent à une autre loi.
Citation :
L’ADMD serait-elle favorable à un compromis, celui de l’euthanasie palliative ?
Citation :
Pourquoi pas ? Mais c’est de l’euthanasie. Il faut arrêter de tourner en rond autour des mots, arrêter cette hypocrisie. L’euthanasie pour l’ADMD, c’est donner une mort douce à ceux qui l’ont demandée. J’espère qu’en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, ce texte de loi sur la fin de vie légalisera l’euthanasie.

http://www.ledauphine.com/drome/2015/04/17/il-faut-changer-de-logique-sur-la-fin-de-vie
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MessageSujet: vidéo   19.04.15 8:30

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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   17.06.15 9:27

Ma Tribune dans Le Monde des 14/15 juin sur la fin de vie
   

Les sénateurs vont discuter, à partir du mardi 16 juin, de la proposition de loi Claeys-Leonetti visant à réformer la législation française sur la fin de vie en créant de nouveaux droits pour les personnes malades et les personnes en fin de vie ; ce texte voté en première lecture à l’Assemblée nationale le 17 mars dernier.
Mais alors que les Françaises et les Français demandent la légalisation de l’aide active à mourir grâce à un geste (euthanasie comme aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, au Canada ou suicide assisté comme en Suisse, dans l’Orégon) qui permettrait de mettre un terme à une agonie longue, douloureuse et dégradante, il est proposé de légaliser la sédation terminale, c'est-à-dire une anesthésie accompagnée d’une dénutrition et d’une déshydratation.
Pourquoi nos élus – et nos gouvernements – ne veulent-ils pas entendre cette revendication presque unanime d’une liberté de choix en fin de vie ?
Certains nous répondent que, par son serment, le médecin doit rechercher le soulagement de la douleur et non aider à mourir. Pourtant, le médecin qui sédate puis retire les sondes qui hydratent et alimentent artificiellement un patient sait bien que le corps va lâcher. Ce qu’il ne sait pas, c’est à quel moment.
D’autres nous répondent que le « laisser mourir » ou le « faire dormir » serait plus humain que l’administration d’un produit létal. Que dire alors des médecins français qui pratiquent déjà illégalement l’euthanasie dans notre pays (0,8% des 571.000 décès annuels, selon une étude de l’Institut national des études démographiques – Ined – soit plus de 4.500 euthanasies par an). Et que dire aussi des médecins néerlandais, belges, luxembourgeois, qui ont le même serment d’Hippocrate, font ce geste de compassion et ne sont pas moins humains que les médecins français qui s’y opposent ; au contraire, même, puisqu’ils savent qu’une vie a naturellement une fin et qu’il ne sert à rien de s’acharner…
D’autres, encore, nous disent que la vie serait sacrée. Mais dans notre démocratie laïque, la vie n’appartient qu’à nous-mêmes. Et à personne d’autres. Les femmes ont su obtenir le droit de disposer de leur propre corps en obtenant le droit à l’IVG ; nous devons obtenir pour tous le droit de mourir dans la dignité ; un droit, et non une obligation.
Plusieurs parlementaires favorables à l’euthanasie – et notre premier ministre auteur d’une telle proposition de loi en 2009 – recherchent le consensus pour ne pas opposer les Français. Certes. Mais selon les sondages, entre 86 et 96% des Français se prononcent en faveur de la légalisation de l’euthanasie. Le jury citoyen réuni en décembre 2013 à l’initiative du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a demandé que soit appliqué un geste létal à toute personne en fin de vie qui en ferait la demande, que ce geste soit accompli par le patient lui-même ou par un tiers, médecin ou accompagnant. S’il doit y avoir consensus, il doit se faire sur la légalisation de l’euthanasie.
Quant au président de la République – signataire de cette proposition de loi en 2009 – il souhaite obtenir un accord de la représentation nationale…Heureusement qu’on n’a pas attendu un accord sur le droit de vote des femmes, un accord sur le divorce par consentement mutuel, un accord sur l’IVG, un accord sur l’abolition de la peine de mort, un accord sur la dépénalisation de l’homosexualité, un accord sur le mariage pour tous… Nous vivrions encore au moyen-âge ! L’accord de toutes les parties, c’est le plus petit dénominateur commun.
Alors que Vincent Lambert est balloté entre la perspective d’une longue mort de faim et de soif sous le régime de la sédation, et les recours juridiques en cascade intentés par une étrange mère, les parlementaires doivent ouvrir un nouveau droit à ceux qui, librement et en conscience, le demandent. Ils doivent autoriser ceux pour qui la vie n’est plus qu’une survie illusoire à partir dignement. Ils doivent légaliser, comme le demandent les Français, une véritable aide active à mourir, humaine et responsable.
Jean-Luc Romero
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MessageSujet: Re: "Le laisser mourir dans la dignité"   19.09.15 18:55

«Les Français doivent pouvoir mourir dignement»


Publié le 17/09/2015 à 03:55, Mis à jour le 17/09/2015 à 07:42

Euthanasie - Société


Jean-Luc Romero présidera une réunion publique de l'ADMD à Cap Cinéma sur «La Loi sur la fin de vie en France aujourd'hui»./Photo archives

Jean-Luc Romero présidera une réunion publique de l'ADMD à Cap Cinéma sur «La Loi sur la fin de vie en France aujourd'hui»./Photo archives




Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), sera à Cap Cinéma vendredi 18 septembre. À 18h30, il animera une réunion publique sur la fin de vie.




Pour quelles raisons serez-vous présent à Agen ce vendredi ?

Nous sommes en plein débat parlementaire sur la fin de vie et j'entreprends un tour de France pour mobiliser les militants sur cette question. Mais aussi pour interpeller les parlementaires, puisque ce sont eux qui seront amenés à voter. Agen est donc une étape de ce tour de France.

En plus de présider cette réunion publique, je présenterai également mon livre «Ma mort m'appartient».

Où en est la législation sur la question de la fin de vie ?

C'est une cacophonie totale ! Un texte, qui ne convenait pas du tout, a été proposé par Alain Claelys et Jean Leonetti. Il avait été adopté par l'Assemblée nationale mais le Sénat l'a amendé et finalement rejeté. Lundi 5 octobre, il sera à nouveau discuté à l'Assemblée.

Quelles sont les revendications portées par l'ADMD ?

Nous nous battons pour un amendement sur l'euthanasie et l'aide médicalisée à la fin de vie. Nous souhaitons un accès universel aux soins palliatifs et la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Nous nous battons également pour une autre mesure qui concerne l'affaire Lambert (À la suite d'un accident de la route en 2008, Vincent Lambert plonge dans un état de conscience minimale. Après plusieurs années à essayer d'améliorer son état, sans succès, l'équipe médicale décide d'arrêter de l'alimenter et de l'hydrater. S'ensuit une longue bataille judiciaire entre les deux partis opposé et favorable à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, N.D.L.R.). Nous souhaitons qu'un cadre légal soit aménagé, comme en Belgique, pour éviter d'autres affaires du même genre qui causent énormément de tracas aux familles. Si aucune personne de confiance n'a été au préalable nommée, la décision doit pouvoir revenir au parent le plus proche.

Pourquoi ce sujet est-il si clivant ?

En réalité, ce sujet n'est pas clivant. Tous les sondages montrent que 90 % des Français sont favorables à une loi sur l'euthanasie. Ils veulent pouvoir décider de stopper leurs souffrances et de partir. Mais deux puissants lobbies ont empêché toutes évolutions. Le lobby que des mandarins parlementaires qui, comme Léonetti, sont des médecins. Ils ne voient que le côté médical du problème mais pas le côté humain et citoyen. Et le lobby religieux catholique. Comme sur la question du mariage gay, ils bloquent toutes avancées pour des convictions religieuses. Convictions qu'ils ont bien sûr le droit d'avoir mais qu'ils ne doivent pas imposer. Les Français doivent pouvoir être libres de choisir et doivent pouvoir mourir dignement.
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