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 Dr Bernard Devalois

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MessageSujet: Dr Bernard Devalois   05.09.13 14:40



Dernière édition par Admin le 03.11.17 14:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   05.09.13 14:45

Peut-on vraiment choisir sa mort ?

Auteur(s): Bernard Devalois -

éd. Solilang, coll. Oméga, 2009 (188 p. ; 13 €)



Médecin réanimateur et directeur du service de soins palliatifs de l’hôpital de Puteaux, Bernard Devalois nous propose ici un ouvrage précieux, pour mieux comprendre les opposants à l’euthanasie. Homme de l’art, l’auteur reconnaît volontiers que la capacité accordée aux soignants de repousser l’issue fatale de la mort ne leur donne pas forcément le droit d’exercer cette faculté. Et de dénoncer l’acharnement thérapeutique, en le qualifiant de dérive scientiste qui en revient à « oublier le sujet derrière l’objet de soins » (p. 36). Mais il met tout autant en garde quant à l’équilibre fragile à trouver, au cas par cas, entre ce qui est possible et ce qui est réellement souhaitable.
La frontière, argumente-t-il, est terriblement floue entre le soin qui permet de sauver une vie et l’entêtement qui prétend maintenir en vie, quoi qu’il en coûte. Et de rapporter toute une série de vignettes cliniques qui démontrent la complexité des choix et décisions à prendre, en la matière. Souhaiter la fin d’un être cher soumis aux affres de l’agonie n’est pas la même chose que de mettre délibérément un terme à sa vie. C’est cette limite éthique infranchissable qu’il se fixe, s’interdisant toute confusion entre le « laisser mourir » et le « faire mourir ». Bernard Devalois se fait le chantre de la loi de 2005, initiée par Jean Leonetti, qu’il détaille et explique d’une façon très pédagogique. Ce texte crée un droit et une obligation. Droit des malades à ne pas subir une obstination déraisonnable et obligation pour les soignants de ne pas la leur imposer. Le malade conscient peut dorénavant, après avoir reçu une information claire et complète sur sa situation médicale, refuser tout traitement thérapeutique mais aussi toute assistance extérieure (alimentation, hydratation, respirateur artificiel), même si cela doit compromettre sa survie. Quant au malade inconscient, possibilité est donnée à l’équipe médicale qui le suit de prendre une décision collégiale après avoir consulté sa famille, la personne de confiance qu’il aura éventuellement désignée ou les directives anticipées qu’il aurait laissées, avant de sombrer dans le coma.
Convaincu que le débat sur l’euthanasie souffre d’une grande confusion, Bernard Devalois propose une classification des différentes possibilités de légiférer sur le droit de choisir sa mort, chacun devant pouvoir se positionner en connaissance de cause. Ainsi distingue-t-il entre le droit à une mort apaisée (les soins palliatifs), le droit au laisser mourir (qu’accorde la loi de 2005), le droit au raccourcissement de la phase agonique (euthanasie), le droit au suicide assisté (un médecin préparant la dose mortelle, comme cela se fait déjà en Suisse), enfin le droit à la dépénalisation de l’assistance au suicide.


Jacques Trémintin.
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   04.11.13 15:28

Sédation, euthanasie, suicide assisté : clarifier les termes du débat et préciser les enjeux des mois à venir
Bernard Devalois
Médecin, responsable du service de Médecine Palliative, CHRD Pontoise.

Le rapport Sicard remis au Président de la République en décembre dernier et la récente prise de position du Conseil national de l’Ordre des Médecins ont semé un certain trouble. Après la prochaine publication du rapport du CCNE, saisi par le président de la République, le gouvernement devrait prochainement dire ce qu’il compte proposer comme évolution législative sur les questions de fin de vie, en application de la proposition 21 de F Hollande.
 
De quoi la sédation est-elle le nom ?
Une clarification de ce qui se cache derrière le mot sédation est indispensable pour comprendre les enjeux du débat autour de l’assistance médicalisée à la fin de vie. Le terme de sédation est flou. Il peut en fait désigner des actions médicales très différentes, notamment dans leurs implications éthiques. Il faut impérativement distinguer entre l’utilisation de traitements à visée sédative pour soulager un malade en fin de vie, et l’utilisation d’un surdosage pharmacologique pour faire perdre conscience à un malade alors qu’il n’existe pas d’indications médicales.  La sédation à visée palliative est bien différente donc de la sédation à visée euthanasique, qu’elle soit décidée par le médecin ou qu’elle résulte d’un droit à exiger une telle sédation par le patient.
Dans le premier cas, il s’agit de soulager des symptômes d’inconfort réfractaires (c’est à dire que l’on n’arrive pas à soulager). La démarche est purement bientraitante. Elle ne vise pas à provoquer la mort du patient mais à la rendre moins insupportable. Elle est toujours proportionnée à la souffrance qu’elle soulage. Elle est réversible. Elle peut être maintenue uniquement la nuit par exemple. D’autre fois il peut être décidé de la maintenir jusqu’à la mort, pour des patients dont la mort est inéluctable et chez qui on ne peut être sûr qu’il n’y a pas de symptômes d’inconfort. C’est le cas chez certains patients cérébro-lésés ou chez des nouveau-nés, notamment quand on arrête des traitements qui maintiennent artificiellement en vie. Les textes réglementaires français ont entérinés cette pratique en 2010.
Même s’il existe un risque d’accélérer la survenue du décès, cette sédation palliative est légale (article 2 de la loi de 2005) et légitime (conformément aux recommandations professionnelles). Elle ne pose pas de problèmes sur le plan éthique. C’est même sa non-mise en œuvre qui pourrait être considérée comme de la maltraitance. Lorsqu’un patient conscient et en toute fin de vie demande à être endormi en raison de tels ou tels symptômes, y compris une détresse psychique, il est du devoir des professionnels d’y apporter une réponse adaptée et proportionnée.
Mais d’autres utilisations de la sédation sont possibles. Jusque dans les années 80 c’était une pratique courante que d’accélérer la mort des patients considérés comme en fin de vie. Un mélange de produits, détournés de leur usage thérapeutique, était explicitement nommé « cocktails lytiques ». Désormais ces pratiques –sans aucune information et sans aucun consentement – ont disparu (on l’espère en tout cas !).
Mais le recours aux sédatifs plongeant un patient dans un coma profond jusqu’à la mort, sans que cela ne soit justifié par l’existence d’un symptôme réfractaire, est une pratique loin d’être exceptionnelle actuellement. Il s’agit alors, puisque la sédation n’est plus proportionnée à la souffrance, d’un surdosage volontaire. Et donc d’une manière indirecte d’accélérer la survenue de la mort sous couvert du terme de « sédation terminale», qui évite de parler d’euthanasie lente. Notons qu’aucun pays au monde n’a donné aux médecins le droit de pratiquer de telles sédations euthanasiques, qui sont donc pratiquées clandestinement.
Si la sédation devenait un droit du patient (comme il y a un droit du patient de refuser tout traitement), cela poserait encore d’autres questions. La création d’un tel droit – que certains évoquent ouvertement – serait (contrairement à la sédation à visée palliative) une forme de légalisation des injections létales. Cette sédation à la demande du patient serait bien le moyen lui permettant d’obtenir une assistance à son intention suicidaire. Il s’agirait donc bien d’une forme de droit à l’euthanasie similaire à ce qui est légalisé dans les pays du Benelux. Au nom de la prééminence de l’autonomie de décision du malade, elle s’imposerait au médecin sans que celui-ci ne puisse s’y soustraire.
 
Du droit à la sédation au droit au suicide…
Le droit à la sédation à la demande est donc un des moyens possibles du droit au suicide. Mais la liberté du suicide n’implique pas un droit au suicide entendu comme un droit à créance (un droit à une assistance au suicide par l’Etat).
Certains considèrent que la liberté individuelle du suicide repose sur la décision et que sa réalisation peut être déléguée à un tiers  — cette réalisation peut alors être confiée par la loi aux médecins. C’est ce qui a été légalisé dans les pays du Benelux, et c’est ce qui serait légalisé par la création d’un droit à la sédation. Mais on pourrait aussi imaginer d’impliquer d’autres catégories professionnelles, voire créer un nouveau métier !
D’autres, au contraire, considèrent que la mise en œuvre du suicide ne peut être séparée de la décision, et qu’aucun tiers ne peut être autorisé ou mandaté à mettre en œuvre pour autrui ce geste intime. La création d’un droit au suicide passe alors par la fourniture, dans des conditions strictes, des moyens pharmacologiques du suicide à ceux qui remplissent les conditions fixées, en les laissant réellement libres de l’utiliser ou non. C’est le choix qui a été fait en Oregon. Cette autre piste, plus respectueuse des droits individuels, donne des garanties indiscutables, puisque c’est le patient qui s’administre le produit.
Si en tant que médecin je n’ai pas d’avis à donner sur les choix de société qui seront faits en matière de droit au suicide, j’ai tout au moins un avis de citoyen. Et je pense qu’une société qui donne aux uns les moyens de se suicider aura du mal à lutter contre le suicide des autres.  Comment à la fois promouvoir le suicide assisté, et faire campagne contre le suicide des jeunes ou des personnes âgées. ? Le modèle libertarien me paraît aller à l’encontre d’une société solidaire des plus vulnérables. Plutôt qu’aider les gens à se suicider, nous devons les aider à ne plus en avoir le désir.
 
Alors quelles pistes pour le futur projet de loi du gouvernement ?
La France est le seul pays à avoir légiféré, dans la loi Leonetti, en 2005 puis en 2010, sur la possibilité de la sédation palliative. Loin d’être en retard, nous avons donc déjà un dispositif intelligent et novateur. Cela n’empêche pas de réfléchir sereinement à ce qui pourrait l’améliorer .En fait cinq pistes sont possibles :
 

  1. Le renforcement des mesures mises en place par la loi de 2005. Au moins 3 points pourraient être améliorés : les directives anticipées, l’incitation à la sédation à visée palliative, l’obligation faite aux médecins de respecter les volontés du patient, sauf justification collégiale.
  2. La création d’un droit pour les médecins à pratiquer des injections létales dans certaines circonstances, y compris par un surdosage de produits à visée sédative (pratiques actuellement illégales dans le monde entier mais qui existent – cf. par exemple affaire de Bayonne)
  3. La création d’un droit pour les patients à exiger une assistance médicalisée pour mettre fin à leurs jours, y compris par la réalisation d’une sédation jusqu’à la mort (pratiques légalisées dans les pays du BENELUX)
  4. La dépénalisation d’une assistance active ou passive  par un tiers pour le suicide d’un malade (situation existante en Suisse)
  5. La création d’une assistance pharmacologique au suicide par la fourniture des moyens de mettre fin à leurs jours aux malades en fin de vie (Death Dignity Act de l’Oregon et de 2 autres Etats des USA).
A mon sens, seule la première alternative répond aux impératifs de la devise républicaine (Liberté, Egalité, Fraternité) et à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (Tous les hommes sont égaux en droits et en dignité). La cinquième, si elle apparait logique dans une stricte approche libertarienne, nous promettrait un impact sociétal radical et terrifiant. Les 3 autres sont à éviter à tout prix en raison de l’implication des professionnels de santé – contraire à l’éthique soignante (2 et 3) – et/ou de l’intervention d’un tiers dans le passage à l’acte suicidaire (3 et 4). L’exécutif français puis le législatif vont devoir se positionner sur une de ces 5 possibilités. Chaque citoyen doit également y réfléchir. Et c’est autrement plus compliqué que de répondre à la sempiternelle question : « Alors l’euthanasie, vous êtes pour ou contre ? ».
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   03.11.17 14:53


"Cette loi n'ouvre pas de nouvelles portes, elle en referme !"

Propos recueillis par Joséphine Bataille publié le 17/03/2015


La loi sur la fin de vie vient d'être votée par l'Assemblée nationale à une grande majorité. Pour le docteur Bernard Devalois, l'ancien président de la Société française de soins palliatifs, le texte est vecteur de règles... plus que de nouvelles pratiques.

La proposition de loi sur la fin de vie portée par Alain Claeys et Jean Leonetti vient d’être votée à une très grande majorité à l’Assemblée nationale : 436 députés « pour », 34 députés « contre » et 83 abstentions. Le groupe UMP et SRC avaient annoncé qu'ils le voteraient en majorité, les Radicaux de Gauche qu'ils votaient contre, et les Verts qu'ils s'abstenaient, tandis que le texte était soutenu par l'UDI et le Front de gauche.

Les débats de la semaine dernière n’ont abouti à aucune modification substantielle du texte. Pourtant, arguant qu’il ouvrait déjà le droit à une aide à mourir par « la sédation profonde et continue », une partie de la gauche voulait aller « plus loin » et donner un droit à l’euthanasie. Selon le même argument, certains députés de droite ont ferraillé contre le texte en l’état, porteur selon eux « d’une dérive euthanasique ».

Le docteur Bernard Devalois, chef de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Pontoise, et ancien président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, s’était opposé très tôt, dans nos colonnes à l’idée d’un « droit » à la sédation profonde et continue – endormissement du patient, dans l'attente du décès annoncé. Pourtant, il soutient le texte actuel, qui d’après lui, ferme davantage de portes qu’il n’en ouvre. Explications... avant que la controverse ne soit relancée au Sénat, et en deuxième lecture à l'Assemblée.

La sédation profonde et continue est une pratique autorisée en France, la loi ayant établi en 2005 qu’on pouvait soulager le patient même au risque d’abréger sa vie. Mais vous étiez contre l’idée d’un droit à la sédation ? Pourquoi ?

Si elle devait s’imposer au médecin quel que soit la situation, une sédation à la demande de quelqu'un serait le moyen lui permettant d’obtenir une assistance à son intention suicidaire. Je m’oppose à l’usage de la sédation tel que l’envisage le professeur Didier Sicard, pour accélérer la fin de vie, sans indication médicale (lire notre interview ).

Mais ce que rendra possible ce texte s’il est définitivement voté, c’est un droit à la sédation profonde et continue si l’état du patient le nécessite. Et non si le patient le désire ! L'objectif de bien-traitance n'est pas euthanasique ! Le malade qui veut mourir par le biais d'une sédation pourra toujours faire une demande, mais s'il n'est pas dans les clous de la loi, le médecin ne devra pas la prescrire. Il y a toutes sortes de sédations possibles – légère, intermittente, etc. Elles continueront d'être employées de façon adaptée aux besoins.

La loi a posé trois conditions très strictes à l’obtention de cette forme de sédation spécifique : la demande vient du patient, celui-ci va décéder à court-terme, et il subit des symptômes insupportables contre lesquels les autres traitements sont en échec. La décision en sera prise collégialement par les médecins. Et un amendement ajoute que chaque établissement devra reporter ces décisions dans un registre spécifique, ce qui permettra également d'effecteur un contrôle a posteriori. Bref, ce n'est pas le malade qui se prescrit une sédation, c'est bien le médecin !

De nombreuses voix se sont pourtant élevées contre cette proposition en craignant des dérives...

Certaines personnes ont eu une approche dogmatique plus que pragmatique car cette loi n'ouvre pas de nouvelles portes, elle en referme. Elle pose des interdits et donne des outils de surveillance. Il n'y a pas d'autorisation nouvelle : la sédation profonde et continue jusqu'au décès est déjà une possibilité légale. En revanche, elle n'est pas contrôlée ; il n'y a aucun critère, aucune traçabilité.

Si les soins palliatifs ne cachent pas qu'ils la pratiquent, parce qu'ils le font avec des règles dont ils se sont dotés, ça n 'est pas vrai de tous les services de médecine... où ce n'est pas revendiqué, mais où c'est pratiqué, et où il me semble très bénéfique que la loi vienne poser un cadre ! Cela permettra d'arrêter qu'on administre avec des médicaments sédatifs ce que le jésuite François Verspieren a dénoncé dans les années quatre-vingt sous l'expression de « cocktails lytiques ». Que tous doivent respecter des règles instaurées par la loi dans l'administration de la sédation profonde est pour moi un progrès. Car actuellement, 0,6 % des décès en France, sont dus à une injection de médicaments sans demande explicite du patient...

Mais qu'est ce que le « décès à court terme », par exemple ? Les médecins auront de la latitude pour interpréter cette notion...

On ne peut pas faire dire à la loi ce qui n'est pas de son ressort. C'est désormais aux sociétés savantes d'indiquer comment il faut l'utiliser, et de déterminer ce qu'est un pronostic vital à court terme. Lorsqu'elle est saisie d'un cas litigieux, la justice s'appuie aussi sur les recommandations de bonnes pratiques en usage dans la profession. La sédation profonde et continue demeurera marginale, car le besoin en est marginal. Sur 300 décès dans mon unité, je n’y recours qu’une dizaine de fois par an. Or en unité de soins palliatifs, on reçoit les situations les plus graves et complexes. Sur l’ensemble de la population, la proportion de personnes qui en ont besoin est moins importante encore. Bien sûr, des dérives sont toujours possibles, et c'est pourquoi il sera crucial que cette disposition de la loi soit évaluée tous les ans, quantitativement et qualitativement. S'il y en a toujours plus chaque année on pourra se poser des questions.

Pourtant cette loi a aussi été pensée pour engager des médecins qui sont réticents à la sédation à la pratiquer, alors que le patient est de fait confronté à des souffrances inapaisables.

Le problème c'est qu'actuellement, certains malades pour qui c'est une nécessité n'en bénéficient pas, et certains qui n'en ont pas besoin la reçoivent. Il est certains qu'il va falloir paramétrer ces deux aspects ! Il est anormal que ceux qui devraient être endormis ne le soient pas parce que les médecins bloquent.

La sédation profonde et continue sera aussi appliquée obligatoirement dans un autre cas, celui de l'arrêt des traitements de « maintien artificiel en vie ».

Les patients qui se retrouvent typiquement dans cette situation, ce sont les personnes atteintes de SLA (sclérose latérale amyotrophique) ; ce sont les cas les plus fréquents, même s'ils sont rares, et on ne peut pas ne pas entendre ce qu'ils demandent. Quand un patient ne veut pas d'un traitement comme un respirateur ou une dialyse, ou même la nutrition et surtout l'hydratation artificielle, c'est son droit, et cela, depuis la loi de 1999, la loi de 2005 étant venue préciser les choses. Si on arrête ce genre de traitements, on ne va pas laisser la personne s'étouffer sans assistance, cela semble évident ! En pratique, lui annoncer que l'arrêt de ces machines va générer d'affreuses souffrances peut-être une manière d'essayer de le dissuader.

Mais c'est l'une des dispositions qui a suscité le plus de réactions d'opposition : la possibilité pour le malade de faire arrêter ses traitements artificiels, assuré qu'il sera, par ce nouveau texte, de ne pas souffrir...

Oui, mais à travers ce point, ce n'est pas au texte de 2015 auquel on s'oppose, c'est au texte de 2005. Aujourd'hui, la loi dit à ceux qui veulent arrêter de supporter les techniques de réanimation qui les maintiennent en vie : « non, si vous arrêtez, soyez assurés que vous ne mourrez pas dans d'affreuses souffrances ! »

Mais l'événement majeur de cette proposition de loi n'est pas là. Il tient au fait que les actes relevant de l'obstination déraisonnable ne « doivent » pas être entrepris. Alors que dans la loi de 2005, c'était seulement une possibilité. Par là, on renforce considérablement la lutte contre le scandale majeur de la fin de vie en France — qui n'est nullement celui de la demande d'euthanasie ou de la demande de sédation — : l'acharnement thérapeutique. Sur ces bases, des médecins pourraient, désormais, être condamnés. Si le texte est bel et bien voté.
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   03.11.17 15:00

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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   03.11.17 15:13


Sédation, euthanasie, suicide assisté : et si on arrêtait de tout mélanger ?

Bernard Devalois publié le 26/02/2013

Après le rapport Sicard sur la fin de vie, c'est au tour de l'Ordre des médecins de se prononcer en faveur du droit à une sédation qui accélère la mort dans les situations difficiles de fin de vie. S'agit-il d'une forme d'euthanasie? François Hollande a saisi le Comité consultatif national d'éthique de cette question. Pour le Docteur Bernard Devalois, chef de service de médecine palliative (CH René Dubos, CH Pontoise), il est urgent de comprendre de quoi on parle et d'appliquer la loi Léonetti sur la sédation palliative.

Le rapport Sicard remis au Président de la République en décembre dernier et la récente prise de position du Conseil national de l'Ordre des Médecins ont semé un certain trouble. Une clarification de ce qui se cache derrière le mot sédation est donc indispensable pour comprendre les enjeux du débat autour de l'assistance médicalisée à la fin de vie. Le terme de sédation est flou. Il peut en fait désigner des actions médicales très différentes, notamment dans leurs implications éthiques. Il faut impérativement distinguer entre l’utilisation de traitements à visée sédative pour soulager un malade en fin de vie, et l’utilisation de sédatifs pour faire perdre conscience à un malade, jusqu’à la survenue de sa mort, à sa demande et alors qu’il n’existe pas d’indications médicales.

Des implications éthiques très différentes

Dans le premier cas, il s'agit d'agir sur des symptômes d'inconfort réfractaires (c'est à dire qu'on n'arrive pas à soulager). La démarche est purement bientraitante. Elle ne vise pas à provoquer la mort du patient mais à la rendre moins insupportable. Elle est toujours proportionnée à la souffrance qu'elle soulage — elle peut être suspendue ou maintenue uniquement la nuit par exemple. D’autre fois il peut être décidé de la maintenir jusqu’à la mort, pour des patients dont la mort est inéluctable et chez qui on ne peut être sûr qu'il n'y a pas de symptômes d'inconfort. C’est le cas chez certains patients cérébrolésés en réanimation ou chez des nouveau-nés, notamment quand on arrête des traitements qui maintiennent artificiellement en vie. Les textes réglementaires français ont entérinés cette pratique en 2010.

Même s'il existe un risque d'accélérer la survenue du décès, cette sédation palliative est légale (article 2 de la loi de 2005) et légitime (conformément aux recommandations professionnelles). Elle ne pose pas de problèmes sur le plan éthique. C’est même sa non-mise en œuvre qui pourrait être considérée comme de la maltraitance. Lorsqu’un patient conscient et en toute fin de vie demande à être endormi en raison de tels ou tels symptômes, y compris une détresse psychique, il est du devoir des professionnels d’y apporter une réponse adaptée et proportionnée.

Mais d’autres utilisations de la sédation sont possibles. Jusque dans les années 80 c’était une pratique courante que d’accélérer la mort des patients considérés comme en fin de vie. Un mélange de produits, détournés de leur usage thérapeutique, était explicitement nommé « cocktails lytiques ». Désormais ces pratiques –sans aucune information et sans aucun consentement – ont disparu (on l’espère en tout cas !).

Mais le recours aux sédatifs plongeant un patient dans un coma profond jusqu'à la mort, sans que cela ne soit justifié par l’existence d’un symptôme réfractaire, est une pratique loin d’être exceptionnelle actuellement. Il s’agit alors, puisque la sédation n'est plus proportionnée à la souffrance, d'un surdosage volontaire. Et donc d'une manière indirecte d’accélérer la survenue de la mort sous couvert du terme de « sédation terminale», qui évite de parler d’euthanasie lente. Notons qu’aucun pays au monde n’a donné aux médecins le droit de pratiquer de telles sédations euthanasiques, qui sont donc pratiquées clandestinement.

Si la sédation devenait un droit du patient (comme il y a un droit du patient de refuser tout traitement), cela poserait encore d'autres questions. La création d’un tel droit – que certains évoquent ouvertement – serait (contrairement à la sédation à visée palliative) une forme de légalisation des injections létales. Cette sédation à la demande du patient serait bien le moyen lui permettant d’obtenir une assistance à son intention suicidaire. Il s’agirait donc bien d’une forme de droit à l’euthanasie similaire à ce qui est légalisé dans les pays du Benelux. Au nom de la prééminence de l’autonomie de décision du malade, elle s’imposerait au médecin sans que celui-ci ne puisse s’y soustraire.

Du droit à la sédation au droit au suicide…

Le droit à la sédation à la demande est donc un des moyens possibles du droit au suicide. Mais la liberté du suicide n'implique pas un droit au suicide entendu comme un droit à créance (un droit à une assistance au suicide par l’Etat).

Certains considèrent que la liberté individuelle du suicide repose sur la décision et que sa réalisation peut être déléguée à un tiers — cette réalisation peut alors être confiée par la loi aux médecins. C’est ce qui a été légalisé dans les pays du Benelux, et c’est ce qui serait légalisé par un droit à la sédation. Mais on pourrait aussi imaginer d’impliquer d’autres catégories professionnelles, voire créer un nouveau métier !

D’autres, au contraire, considèrent que la mise en œuvre du suicide ne peut être séparée de la décision, et qu'aucun tiers ne peut être autorisé ou mandaté à mettre en œuvre pour autrui ce geste intime. La création d’un droit au suicide passe alors par la fourniture, dans des conditions strictes, des moyens pharmacologiques du suicide à ceux qui remplissent les conditions fixées, en les laissant réellement libres de l’utiliser ou non. C’est le choix qui a été fait en Oregon. Cette autre piste, plus respectueuse des droits individuels, donne des garanties indiscutables, puisque c’est le patient qui s’administre le produit.

Si en tant que médecin je n'ai pas d'avis à donner sur les choix de société qui seront faits en matière de droit au suicide, j'ai tout au moins un avis de citoyen. Et je pense qu'une société qui donne aux uns les moyens de se suicider aura du mal à lutter contre le suicide des autres. Comment à la fois promouvoir le suicide assisté, et faire campagne contre le suicide des jeunes ou des personnes âgées. ? Le modèle libertarien me paraît aller à l'encontre d'une société solidaire des plus vulnérables. Plutôt qu'aider les gens à se suicider, nous devons les aider à ne plus en avoir le désir.

La France est le seul pays à avoir légiféré, dans la loi Leonetti, en 2005 puis en 2010, sur la possibilité de la sédation palliative. Loin d’être en retard, nous avons donc déjà un dispositif intelligent et novateur. Cela n’empêche pas de réfléchir sereinement à ce qui pourrait l’améliorer : en favorisant et en développant la sédation palliative, et en combattant la sédation euthanasique.
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   03.11.17 15:18


Dr Bernard Devalois : "Le rapport Sicard confirme que l'euthanasie n'est pas une bonne solution"

propos recueillis par Joséphine Bataille publié le 19/12/2012

Le docteur Bernard Devalois est chef de service médecine palliative de l'hôpital de Pontoise (Val d'Oise). ©️ DR/BERNARD DEVALOIS
Le docteur Bernard Devalois est chef de service médecine palliative de l'hôpital de Pontoise (Val d'Oise). ©️ DR/BERNARD DEVALOIS

Le docteur Bernard Devalois, chef de service de médecine palliative de l'hôpital de Pontoise (Val d'Oise), réagit pour La Vie au rapport Sicard.

Que vous inspire ce rapport, en particulier le refus de l'euthanasie ?

Ce rapport confirme ce que tous ceux qui ont réellement étudié la question affirment : la solution dite de l'euthanasie, c'est à dire d'une injection légale pratiquée par les médecins, n'est pas une bonne solution. Le rapport répertorie toutes les dérives que cela implique. Il dit clairement que le modèle du Benelux — qui donne un droit au médecin (celui de pratiquer des injections létales) plus qu'un droit au malade ! — n'est pas bon. C'est un message clair envoyé à ceux qui pourraient être tentés de passer en force sur cette question, et c'est très important, car une proposition de loi va être étudiée en 2013 le cadre d'une niche parlementaire.

Que retenez-vous du constat sur la fin de vie en France qui y est dressé ?

La mission Sicard fait le constat que la population a une image très négative du pouvoir médical, et montre qu'il faut revoir complètement le système. La priorité n'est pas de légaliser l'euthanasie mais de faire quelque chose contre l'acharnement thérapeutique, qui existe toujours. Il faudrait être encore plus concret sur ce sujet. L'obstination déraisonnable est clairement interdite par la loi. A mon avis, s'il la législation doit évoluer, c'est vers la possibilité de sanctionner pénalement les cas d'acharnement qui seraient les plus flagrants.

Le rapport dit clairement aussi qu'il faut revenir sur le système de la tarification à l'activité (T2A). Il faut arrêter d'encourager économiquement l'acharnement ! Et il faut reconnaître que derrière la chimiothérapie de trop, il y a tout le lobbying des labos qui ont intérêt à ce que leurs molécules soient vendues.

Comment vous situez-vous par rapport à l'éventualité d'une autorisation du suicide assisté ?

Envisager le suicide comme mode de fin de vie encouragé par l'Etat ne va pas de soi. C'est un choix de société. Dans tous les cas, c'est un dispositif qui libère les médecins, en prenant acte du fait que si l'on se reposait sur eux pour pratiquer l'euthanasie, on modifierait irrémédiablement le rapport entre le soigné et le soignant. Le rapport Sicard a le mérite de différencier l'injection létale (euthanasie) et le droit qu'aurait le patient d'obtenir les moyens médicamenteux de son suicide, tel que cela se pratique dans l'Oregon (Etats-Unis). Là-bas, la personne a une liberté totale de prendre son comprimé ou pas, et 40 % des personne ne le font pas ! C'est une piste valable, à ne pas confondre avec le modèle suisse, qui est celui du suicide assisté par un tiers : cela enclenche un processus daté et cela maintient une forme de spectacle qui n'est pas favorable au libre-arbitre.

Le médecin que vous êtes peut-il se projeter dans un tel système ?

Ce système n'impacte pas la pratique médicale dans son essence. Il s'agit avant tout d'un droit à se procurer des médicaments à la pharmacie, même si le médecin intervient pour cadrer la situation. On sort du tête à tête confidentiel avec un médecin tout puissant. Pour ma part j'ai du mal à me positionner par rapport au distinguo entre un suicide qui serait légitime, en cas de maladie, et un suicide, qu'au contraire l'on essaye de combattre, celui des personnes âgées par exemple. Mais si l'Etat considère que la liberté individuelle de se suicider doit être totalement respectée, c'est une vision de société dont on peut comprendre qu'elle soit discutée. Cela relève d'un débat sur le suicide plus que sur la fin de vie. Le rapport Sicard permet de faire une distinction importante, et de comprendre qu'améliorer la fin de vie de nos concitoyens est une chose, et que permettre aux gens de se suicider dans un certain nombre de cas compliqués en est une autre. Ce n'est pas lié à priori.
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   03.11.17 15:31

Bernard Devalois : «Anne Bert, vérité médicale et faux-semblants médiatiques»

Par Bernard Devalois

Le Figaro

Publié le 21/09/2017 à 16h28

TRIBUNE - Pour le médecin travaillant en soins palliatifs, il n'est pas question dans cette affaire de liberté de mourir mais d'assistance médicale au suicide.

Bernard Devalois est médecin, directeur du Centre de recherche et d'enseignement interprofessionnel bientraitance et fin de vie. Auteur des Mots de la fin de vie, Presses universitaires du Midi ; 2016.


Depuis quelques jours enfle la rumeur médiatique concernant la situation de Mme Bert et son témoignage concernant sa mort prochaine par euthanasie en Belgique. Il apparaît indispensable d'apporter un certain nombre de précisions pour éclairer le débat.

La maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) peut prendre différentes formes dont certaines conduisent à une paralysie complète des membres, alors que d'autres formes vont surtout conduire à des difficultés à ingérer la nourriture. Cette maladie peut aussi conduire à l'impossibilité de respirer sans assistance.

La cause que veut servir Mme Bert n'est pas celle de la liberté de mettre fin à ses propres jours mais bien un plus que discutable droit à recevoir une injection létale par un médecin.

Rien lors des différentes apparitions médiatiques de Mme Bert ne permet de penser qu'elle est actuellement dans une phase terminale de sa maladie. Mais elle peut redouter dans un avenir plus ou moins proche être confronté à une telle situation. Les progrès de la médecine palliative et les évolutions législatives récentes (loi de 2016) permettent désormais d'autres perspectives que de subir un acharnement thérapeutique insupportable ou bien de mourir dans d'atroces souffrances. Laisser croire le contraire serait une bien mauvaise action vis-à-vis de tous les patients qui sont atteints de SLA. Pour Mme Bert, comme pour tous les autres, le choix (évidement terrible) se pose entre accepter un maintien en vie par des techniques lourdes (assistance respiratoire et/ou nutritionnelle) permettant de prolonger la vie de plusieurs années, ou bien d'accepter la fin de sa propre vie, sans souffrances physiques, avec un apaisement psychique et un accompagnement incluant ses proches. Bien entendu, il existe une alternative supplémentaire: décider de mettre fin de manière anticipée à sa propre vie. Cette liberté est offerte à chacun y compris à Mme Bert. Présenter la situation comme liberticide est à l'évidence un abus de langage.

En fait la cause que veut servir Mme Bert n'est pas celle de la liberté de mettre fin à ses propres jours mais bien un plus que discutable droit à recevoir une injection létale par un médecin. C'est cette question oxymorique du suicide mis en œuvre par un tiers dont il est question en réalité. Quelques pays ont mis en œuvre ce qu'ils ont considéré comme des solutions acceptables à cette revendication. La Suisse autorise de fait des associations à mettre en œuvre un suicide assisté par des bénévoles. L'Oregon, suivi par d'autres États des États-Unis, a légalisé la Kill Pill, pilule fournie sous certaines conditions à des malades souhaitant pouvoir mettre fin à leurs jours au moment qu'ils choisiront. Enfin les pays du Benelux ont mis en œuvre des dispositifs législatifs permettant de mettre fin aux jours de patients qui le réclament par le moyen d'une injection létale, pratiquée par un médecin. Ils ont été suivis depuis dans cette voie par le Québec, puis par le Canada tout entier. Mais ce qui pose un grave problème, c'est que ce sont des médecins qui doivent réaliser le geste létal à la place de l'intéressé. On ne fera pas ici, faute de place, un bilan (qui serait critique) des quinze ans de pratiques euthanasiques en Belgique par exemple, mais il est singulier à bien des égards que Mme Bert mette en avant son projet de partir en Belgique (et non en Suisse par exemple). Elle veut que ce soit un médecin qui mette fin à ses jours, alors que rien ne le justifie sur un plan médical puisqu'elle n'est pas en fin de vie ni ne semble présenter un tableau de souffrances réfractaires (c'est-à-dire contre lesquelles la médecine serait impuissante malgré la mise en œuvre des moyens nécessaires). Pourtant, la Belgique a toujours affirmé ne pas vouloir favoriser un «tourisme euthanasique». L'embarras des médecins belges face à cette demande est d'ailleurs notable, car ils craignent que cet exemple ne crée un afflux de demandes qu'il serait complexe pour eux de satisfaire en respectant la loi belge qui exige un lien durable entre le patient qui réclame l'injection létale et le médecin qui va la pratiquer.

C'est l'honneur de notre société que de proposer à Anne Bert un soutien solidaire et fraternel face à une si terrible maladie. Est-ce le cas d'une assistance pharmacologique au suicide ?

En fait, la seule demande à laquelle ne répond pas le dispositif français est la mise en œuvre par un médecin de son éventuelle décision de se suicider sans y procéder elle-même. Contrairement à de nombreux raccourcis médiatiques, elle n'est pas privée de liberté de choisir (personne ne l'empêche de mettre fin à ses jours). Elle a la garantie de mourir dans la dignité au vrai sens du terme (pas dans l'euphémisme qui utilise ce concept pour désigner d'une manière un peu hypocrite la mort par une injection létale effectuée par un médecin). Elle a également l'assurance qu'aucun acharnement thérapeutique ne sera mis en œuvre, qu'elle pourra à tout moment renoncer à un traitement de maintien artificiel en vie. Elle a la garantie que si son pronostic vital est menacé à court terme et qu'elle présente des souffrances réfractaires aux traitements elle pourra obtenir d'être endormie profondément et de manière irréversible (sédation profonde et continue). Elle a aussi l'assurance que durant le temps qui lui reste avant d'en arriver à cette situation terminale tout sera mis en œuvre pour prendre en compte ses symptômes physiques et psychiques. Elle a enfin la garantie d'être accompagnée, ainsi que ses proches, dans les mois à venir dans les épreuves difficiles qui s'annoncent. C'est l'honneur de notre société que de lui proposer son soutien solidaire et fraternel face à la vulnérabilité induite par une si terrible maladie. Est-ce le cas d'une assistance pharmacologique au suicide ? La mise en œuvre dans notre pays d'un tel dispositif législatif mériterait effectivement un vrai débat citoyen et non des amalgames simplistes. Un tel débat permettait peut-être, au-delà de l'apparent intérêt de cette approche libertarienne, de mesurer la complexité pour une société d'encourager le suicide de certains de ses citoyens tout en cherchant à prévenir celui d'autres citoyens…
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MessageSujet: Re: Dr Bernard Devalois   05.12.17 11:31

." Ces six jours, ou plus, "lorsqu'ils se passent bien, ne sont pas de l'hypocrisie, répond le docteur Devalois, mais le temps de préparation à la séparation et au deuil".
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/18/herve-pierra-six-jours-pour-mourir_1024348_3224.html#iw7p8flsYL2GW3ao.99

De la pure connerie, indigne et ignoble.
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