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 Léonetti sème la confusion

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MessageSujet: Léonetti sème la confusion   Léonetti sème la confusion Icon_minitime28.11.13 9:56

17 novembre, 2013


Fin de vie, euthanasie : Jean Leonetti défend sa loi et sème la confusion


Sourire avantageux, l’air détendu de celui qui parle en terrain de connivence : mardi soir à Neuilly-Saint-Front, Jean Leonetti, député maire d’Antibes, ancien ministre, auteur d’une loi sur la fin de vie qui porte son nom, venait animer une réunion-débat en présence de la fine fleur locale de l’UMP. Rendez-vous improbable devant une cinquantaine de personnes se serrant au centre des gradins amovibles de la sépulcrale salle municipale : pourquoi cette réunion publique a-t-elle déplacé un ponte à la fois médical et politique – Leonetti est tout de même vice-président de l’UMP – dans un bourg un peu perdu de 2.000 âmes ?

La réponse se trouve dans l’identité de l’ancien député de l’Aisne, Isabelle Vasseur : infirmière de profession, elle a collaboré à l’Assemblée avec Jean Leonetti à la présentation de textes sur la dépendance. Leonetti est venu en ami. En apôtre aussi : mais apôtre d’une doctrine de sables mouvants. Il est là, dit-il, avant de commencer et pour conclure, non pour apporter des réponses à des questions, mais pour susciter des « questionnements ». Son rêve ? Que l’auditoire quitte la salle dépouillé de ses certitudes sur « la dépendance, la fin de vie, les soins palliatifs » pour se plonger dans une « complexité » propre à faire comprendre qu’il y a des cheminements différents, des réponses diverses, des raisons toujours de se méfier des lois trop précises et des recettes toutes faites. Un relativisme qui débouche sur la confusion, la disparition des repères moraux.


« Le droit de ne pas souffrir »
Ce sont des amis sur place qui m’ont invitée à les accompagner dans cette réunion où l’on découvrira Jean Leonetti tel qu’en lui-même. La perspective était alléchante et je n’ai pas résisté. Car d’une part il y a le fin philosophe, l’éthicien de talent qui a réussi à faire une loi de fin de vie saluée – y compris par les catholiques dans leur grande majorité – comme ayant fermé la porte à l’euthanasie, et votée à l’unanimité ; de l’autre, moins mis en avant, le promoteur clandestin de « l’euthanasie par omission » dont la loi autorise de cesser de nourrir un patient pour qu’il meure.

Le pivot de sa loi – telle qu’il la défend devant son auditoire choisi – est le refus de la souffrance. « Le droit de ne pas souffrir en fin de vie est ce droit opposable de dormir, s’il le faut, avant de mourir » : voilà qui justifie les sédations lourdes, les doses de morphine qui peuvent même hâter la mort lorsque l’agonisant est accablé de douleurs insupportables ou que ses dernières heures sont marquées par l’angoisse des étouffements…

Passons, pour l’instant, sur le « droit » de ne pas souffrir, notion à la fois irréelle et excessive. Oui, le médecin se sent ou devrait se sentir le devoir de tout faire, sauf tuer, pour soulager le malade qu’il ne peut plus guérir, et c’est de la bonne doctrine que de distinguer entre la volonté d’atténuer la douleur, quitte à hâter un peu la mort, et celle de donner celle-ci volontairement.

Les arguments de Leonetti pour en venir là, devant un auditoire qu’il tient en haleine avec anecdotes et contre-exemples, sont moins nets. Car en fait il va insister non sur le cas des mourants à court terme, – ceux dont on dit parfois « Il aurait mieux valu qu’il meure avant, c’est la bonne question » – mais sur celui des diminués par les maladies neurovégétatives, par les accidents cérébraux, la démence. « Le vrai problème est d’éviter la survie sans raison de ceux qu’on aime. »

Non à la transgression
Au fil des raisonnements qui tirent à hue et à dia, une image générale va surgir du discours de Leonetti dont je rapproche ici à dessein des citations qui ne s’y suivaient pas : il y a d’une part l’éthique, le devoir de la loi d’interdire la transgression. « Ne demandez pas à la société de faire le mal, de tuer », parce qu’« il n’y a rien comme valeur au-dessus de la vie », la vie humaine, d’ailleurs « à partir du moment où le singe a enterré ses morts il est devenu un homme » car il signifie alors sa conscience de ce qu’il va lui-même mourir. C’est « l’éthique de la vulnérabilité », dit-il, en face de « l’éthique de l’autonomie » qui est, en gros, le « droit de se jeter dans la Seine » de celui qui s’apprend atteint d’un Alzheimer déjà avancé. « Je veux mourir avant ! C’est ma liberté. »

Et cette liberté, il ne faut pas la codifier, fait comprendre Leonetti, encore moins l’organiser (comme par le suicide assisté en Suisse) parce qu’une telle loi obligerait la société à ne plus reconnaître la dignité qui est en chaque homme. Et qu’elle pèserait sur les libertés individuelles : oserait-on encore aller se faire soigner d’un Alzheimer si celui-ci justifie de mettre fin à la vie ? « C’est un droit liberté, pas un droit créance ! »

Le relativisme qui se glisse dans ce raisonnement explique le versant contraire de la conférence de Leonetti. Il posera d’emblée la question : « Toute vie est-elle semblable ? » pour ajouter plus loin : « Faut-il réanimer une vie qui ne semble pas possible ? » Et lui qui dénonce l’euthanasie des enfants en Belgique explique sur le même ton plaisant que la réanimation néonatale sur un enfant qui a des lésions cérébrales majeures, « une personne humaine mais qui n’a pas une vie relationnelle », pose des problèmes : « Je dois essayer de garder la vie mais je ne dois pas prolonger cette vie, je dois arrêter cette survie intolérable : j’arrête la survie mais je ne donne pas la mort. »

Et Vincent Lambert ?
Nous voici arrivés à l’idée de « sédation terminale » avec arrêt de l’alimentation qui, dans les pays d’euthanasie, se répand bien plus vite encore que l’euthanasie elle-même. Je pose à Jean Leonetti la question de cette pratique peu nette. Leonetti sait faire les distinctions morales qui s’imposent : oui, on peut endormir profondément un patient sur le point de mourir et cesser de le nourrir. Mais la « sédation terminale à but terminal », celle qu’on met en place pour faire mourir ? « C’est un acte euthanasique », posé « parce qu’on n’ose pas faire l’euthanasie ».

Mais alors, Vincent Lambert, qui est en état de conscience minimale et que son médecin veut mettre « en fin de vie » en cessant de l’alimenter, est menacé d’euthanasie, proclame ma voisine.

« Il est en état végétatif », rétorque Leonetti (ce qui n’est pas vrai). « La loi Leonetti oblige le médecin à annuler la souffrance », s’il consulte les proches et respecte le devoir d’interroger « sa collégialité », c’est l’équipe médicale qui peut décider de mettre fin à la « survie artificielle » de Vincent Lambert qui n’est pas en état d’exprimer sa propre volonté. A écouter Leonetti, ce serait même un devoir.

Pourtant il s’agit là d’un arrêt d’alimentation « à but terminal ». Alors ?

Alors – mais m’est avis que les braves auditeurs médecins, ou UMP, ou les deux, ne l’ont pas saisi – c’est qu’il y a des vies dont l’absence de qualité ne permet pas qu’elles se poursuivent, et cela est déjà inscrit dans la loi. Le débat sur l’euthanasie est derrière nous.

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MessageSujet: Réponse de Jacqueline Salenson ADMD   Léonetti sème la confusion Icon_minitime02.12.13 17:09

mort euthanasie et souffrances leonetti et jeanne smith
 
 
Réponse à
 
http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2013/11/fin-de-vie-euthanasie-jean-leonetti.html
 
(17 novembre)
 
 
 
Oui, bien sûr, le premier devoir du médecin est de soulager des souffrances, tant morales que physiques. Comment faire? quelles conséquences?
 
 
 
Tout dépend de l'état de santé du malade et du "mourant": celui ou celle dont on sait la mort prochaine, (laps de temps jamais connu exactement, la science a ses limites!) mais mort suite à une ou des maladies incurables ou mort évidente si on arrête les soins pratiqués, devenus déraisonnables.
 
Alors oui, le médecin doit soulager les souffrances et il sait que cela va abréger le reste de vie.
 
De combien de temps? çà il ne le sait pas...
 
Mais cette vie a déjà subi des prolongations par la médecine, faut-il les poursuivre déraisonnablement?
 
 
 
Alors la seule bonne solution est de faire confiance à celui ou celle qui va mourir (de toutes façons, et relativement rapidement, ou dont la vie va devenir insupportable donc qui pourrait poursuivre, avec l'aide de la science, une vie de souffrances au moins morales , mais qui ne le veut pas) donc d'obéir à ses volontés, quelles qu'elles soient :

de poursuivre la vie malgré toutes les souffrances,
 

de demander l'arrêt de tous soins qui prolongeraient sa vie et de le soulager par tous les moyens
 

et même de demander de l'aider à quitter ce reste de vie dont il souffre terriblement, et dont seule la mort est capable de le délivrer.
 
 
 
 
Alors oui, tout médecin doit être à l'écoute et apporter son aide :
 
Il ne s'agit pas de tuer qui que ce soit, mais de laisser mourir et de possiblement y aider selon les vœux de la personne concernée.
 
A ce moment-là de fin de vie, nul ne doit se croire autorisé à penser à la place du "mourant", ni à juger de ses volontés ou de ses actes.
 
 
 
Et l'acte d'aide qu'il peut demander, le médecin peut l'accepter quel qu'il soit :
 
la cause de la mort ne sera pas le geste du médecin, dont certes la conséquence sera la mort, lente ou rapide,
 
mais la cause de la mort est la maladie, la vieillesse, ou l'accident qui ont créé cette situation de vie insupportable, et incurable.
 
 
 
C'est une mort « naturelle »
 
et la solidarité ou la compassion imposent l'aide demandée à celui ou celle qui souffre
 
pour que la mort se passe sans souffrances (ou le moins possible) et
 
dans le respect du "mourant", vite ou lentement, décidée par lui ou attendue, selon son choix.
 
Là ou ailleurs, selon son choix.
 
Accompagné ou solitaire, selon son choix.
 
 
 
Deux mots:
 
RESPECT de ceux qui sont en train de mourir et qui souffrent.
 
SOLIDARITÉ ! Donc aide, écoute, accompagnement selon la demande.


jacqueline.salenson.over-blog.com
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