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 L'Education Nationale

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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Les impayés de cantine scolaire..   29.11.11 20:00

LE PLUS. Des ours et un repas. Ça vous fait penser à ce conte où une blondinette se délecte du bol de gruau d'un ourson sans son autorisation ? Pourtant, cette histoire n'est pas un conte qui s'inspire de "Boucle d'or et les Trois Ours", mais celle d'un maire de Charente qui veut régler la question des impayés de cantine... avec des oursons colorés.

> Par Paul Tian à l'écoute du monde
Edité par Daphnée Leportois   Auteur parrainé par Benoît Raphaël
 
 
 
Plusieurs municipalités dans l’Hexagone réservent l’accès des cantines scolaires aux enfants dont les deux parents travaillent. Quand l’un des deux parents est chômeur (ou les deux), leurs enfants n’ont donc pas droit à la restauration scolaire.
 

 


Cantine scolaire de l'école maternelle Charles Perrault, Saint-Michel, près d'Angoulême, septembre 2009  (R.PERROCHEAU/AFP)
 

 
Quand ces arrêtés municipaux sont attaqués en justice, ils sont systématiquement cassés. Les associations de parents d’élèves, et notamment la FCPE, se battent pour que l’accès à la cantine ne connaisse aucune restriction et rejettent en bloc cette "stigmatisation" qui ne veut pas dire son nom des enfants dont les parents sont au chômage.
 

 
Ces municipalités où les enfants de chômeurs sont privés de repas touchent toutes les tendances de l’échiquier politique. Si ces communes sont souvent gérées par la droite, on en trouve également à gauche.
 

 
Les maires qui prennent ces arrêtés "discriminatoires" le font souvent officiellement pour gérer le manque de places dans leurs cantines… Même si ces restrictions touchent systématiquement les enfants de chômeurs !
 

 
D’autres élus ont mis des enfants au pain et à l’eau parce que les parents tardaient à régler la note de la cantine. La mairie de Ruffec, ou plus exactement la communauté de communes de Ruffec, dont le président est le premier magistrat de ladite commune, vient de franchir un cap dans la "stigmatisation" des enfants.
 

 
Sous prétexte de lutter contre les impayés de cantine, les élus ont voté la mise en place dans les écoles primaires d’écrans numériques tactiles qui permettent de savoir si les parents de tel ou tel enfant sont bien à jour du règlement de la cantine ou pas !
 

 
Comment ça marche ? Ceux qui ont imaginé ce logiciel ont bien compris qu’ils avaient en face d’eux… des enfants ! Ainsi sur l’écran numérique apparaissent des oursons avec le nom de chaque enfant mangeant à la cantine.
 

 
Quand l’ourson est vert, c’est parfait, les parents sont à jour de la cantine. Quand nounours est bleu, les parents vont bientôt être à découvert… Et quand le nounours est rouge, c’est très simple : papa et/ou maman n’ont pas payé les repas !
 

 
En mettant en place ce système à la dernière rentrée scolaire, le maire de Ruffec, Bernard Charbonneau, divers-gauche, n’y a bien entendu vu aucune stigmatisation des enfants, ni aucune discrimination.
 

 
Après le tollé provoqué par ces "nounours" délateurs, il avoue en fait une certaine maladresse : il n’avait pas imaginé que ce système pourrait soulever la colère des parents et de l’association des parents d’élèves FCPE.
 

 

 
Bonbon ours rouge (flickr/fdecomite/cc)
 

 
Pourtant, la délation est à portée de clic. Car ces écrans numériques tactiles sont à la portée de tous ceux qui fréquentent la cantine. Les enseignants peuvent pianoter, mais aussi le personnel de la cantine, le personnel de nettoyage, les enfants…
 

 
Ainsi, des enfants peuvent être montrés du doigt par d’autres camarades de classe, tout simplement parce que leurs parents se trouvent dans une situation délicate et qu’ils n’ont pas pu payer la cantine en temps voulu. D’autant qu’à Ruffec, on paie la cantine le 20 du mois… pour le mois suivant.
 

 
Face à la révolte des parents, le système de "flicage" va évoluer : tous les nounours seront désormais bleus.
 

 
Selon le maire, ce système a porté ses fruits, les impayés sont moins nombreux qu’en 2010. Mais à quel prix !
 

 
On peut donner quelques pistes aux prochains maires qui souhaiteront s’attaquer aux impayés de cantine :
 

 
- Pourquoi ne pas imaginer de revenir à un temps qui me semblait révolu en instaurant à nouveau le port du bonnet d’âne pour les enfants dont les parents sont mauvais payeurs ?
 

 
- Ou pourquoi pas, restons moderne, dénoncer les parents qui ne règlent pas à temps la facture de la cantine… sur Facebook ou en 140 signes sur Twitter, du style "les parents de la petite Anaïs scolarisée en maternelle à l’école Coluche doivent à la commune 15,40€ de cantine" ?
 

 
Les maires des communes qui font peser sur des enfants la responsabilité de leurs parents me semblent inconscients et pervers. Que diraient ces maires si leurs administrés mettaient sur la place publique un système équivalent avec un nez de Pinocchio qui s’allongerait au fil des promesses électorales non tenues ?
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Re: L'Education Nationale   29.11.11 20:05

Pauvres mômes...

Ils sont légèrement tarés,ces politiciens !
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: La communication du Ministre de l'E.N.   26.02.13 14:10


Peillon a sûrement besoin de (longues) vacances !


Le Point.fr
- Publié le
25/02/2013 à 08:23
- Modifié le
25/02/2013 à 10:52

Pour Hervé Gattegno, le projet de 6 semaines de vacances durant l'été
montre que le ministre de l'Éducation n'est peut-être pas un homme
politique.

Par Hervé Gattegno


RMC : Le ministre de l'Éducation nationale a ouvert une nouvelle polémique en se prononçant hier sur BFM TV pour des vacances d'été de 6 semaines et la création de 2 zones. Les syndicats et l'opposition protestent. Votre parti pris : Vincent Peillon a sûrement besoin de (longues) vacances. Que voulez-vous dire ?

Hervé Gattegno : On a reproché à Vincent Peillon sa maladresse
dans l'affaire des rythmes scolaires - ce n'est pas toujours juste, car
il se heurte aussi à une somme de corporatismes. Mais il est vrai qu'il
a laissé occulter sa "refondation" de l'école par la question de la
semaine de 4,5 jours. Ce n'était déjà pas habile. Relancer une polémique
sur les vacances au moment où il est censé apaiser les esprits, c'est
pire : presque de la provocation. En tout cas, c'est contre-productif
pour la réforme... et pour lui-même. Peut-être que Vincent Peillon est
un ministre surmené ; il fait tout pour être un ministre malmené.

Il a quand même précisé - dans la même émission - que c'était une
réflexion qui ne serait ouverte qu'en 2015 et que la priorité restait la
réforme des rythmes scolaires...


Mais, alors, pourquoi en parler maintenant ? C'est tout le problème
de Peillon : c'est un homme très fin, un homme de conviction, un
"honnête homme" au sens du XVIIe siècle, mais la question est : est-ce
un homme politique ? Sa sincérité est louable, et en l'occurrence, il a
raison sur le fond : nos enfants ont des vacances d'été trop longues,
donc un nombre de jours de classe insuffisant, d'où des journées
surchargées et des résultats médiocres. Le problème, c'est qu'il promet
la concertation en annonçant ce qu'il va décider... Il l'a déjà fait
pour les rythmes scolaires : les mêmes causes risquent de produire les
mêmes effets. Et pendant ce temps-là, le vrai débat - sur les
programmes, les filières, la sélection - n'a pas lieu.

Vous pensez qu'en l'annonçant trop tôt il a d'ores et déjà condamné cette réforme ?

Ce n'est pas seulement un problème de calendrier, mais un gâchis
politique. Vincent Peillon avait tout pour être le chouchou dans la
classe de François Hollande
- y compris une bonne estime de soi... L'Éducation a été déclarée
prioritaire, son budget est moins amputé que les autres, il a 60 000
postes à créer - c'est plus gratifiant que des fermetures d'usine... Et
puis les enseignants ont voté en masse pour François Hollande et la
plupart des grandes villes sont dirigées par le PS. Malgré tout cela,
c'est la guerre de tranchées. Il faut croire que Vincent Peillon est un
alchimiste si maladroit qu'il change l'or en plomb !

Ce n'est pas pour l'excuser, mais est-ce que tout cela ne révèle
pas, surtout, l'impossibilité de réformer l'éducation nationale ?


C'est vrai que les ministres de l'Éducation arrivent en général la
tête pleine de grands projets et qu'à l'arrivée on a au mieux des
réformettes, au pire des crises et des grèves - et à l'arrivée, le plus
souvent, rien du tout. Comme d'autres, Vincent Peillon a rêvé de laisser
une trace dans ce ministère. Jusqu'ici, il a seulement réussi à creuser
un fossé avec les enseignants. Il va peut-être finir par tomber dedans.
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Re: L'Education Nationale   26.02.13 14:15

Comme ils sont bêtes,ces socialistes !

Ce sont les grandes vacances qui sont à l'origine de la vocation de tous les enseignants !

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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: L'Education Nationale   02.12.13 13:04

Heures de «décharge» : les profs de prépa sonnent la charge

Véronique SOULÉ 28 novembre 2013 à 21:36 (Mis à jour : 1 décembre 2013 à 12:24)

DECRYPTAGE

Branle-bas de combat chez les professeurs de prépas. Dans le cadre des discussions sur le métier d’enseignant, le ministère de l’Education propose notamment de réduire leurs heures de décharge. Associations et syndicats dénoncent une mesure «blessante» qui conduirait à baisser leurs salaires ou à les faire travailler plus sans gagner plus.
Sur le même sujetdecryptage
Heures de «décharge» : les profs de prépa sonnent la charge
Par Véronique Soulé

Bayrou demande le retrait du projet de loi sur les classes prépa

Blog «C'est classe !»
Vincent Peillon et les profs de prépas : le divorce


Que veut le ministère ?

L’objectif des discussions est de rénover un métier qui a beaucoup évolué mais reste régi par des textes de 1950. Le ministère veut notamment supprimer des décharges qui, selon lui, sont dépassées, comme les «heures de cabinet» en histoire-géo (pour gérer le matériel, les cartes, etc.) et celles en prépas. A la place, il propose une pondération - une heure de cours en prépa valant 1,5, une heure en zone d’éducation prioritaire 1,1, etc.

Un prof de prépa doit donner dix heures de cours par semaine. Mais il a une heure de décharge lorsqu’il enseigne en deuxième année - car les élèves préparant les concours, il a plus de travail - et une autre heure de décharge lorsque les étudiants sont plus de 35 - soit la majorité des classes. La plupart des profs de prépas ont donc des «services» de huit heures auxquels il faut ajouter la préparation des cours et les corrections des devoirs, très lourdes à ce niveau. Ils font aussi souvent des heures sup et des «colles». Selon la Cour des comptes, ce sont les enseignants les mieux payés.

Pourquoi les profs protestent-ils ?

Dans une pétition qui avait recueilli hier 18 700 signatures, les protestataires réclament l’abandon du système de pondération. Ils estiment que s’il était appliqué, la grande majorité des profs de prépa perdrait de 10 à 20% de salaire. Ils dénoncent un projet «déstabilisant un système de formation qui contribue de façon significative à la création des forces vives de la nation» et «un incompréhensible et blessant manque de respect» vis-à-vis de personnels dévoués au service public. Les syndicats vont protester lundi au ministère où ils seront reçus dans le cadre des discussions en cours, et appellent à la mobilisation.
Véronique SOULÉ
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Re: L'Education Nationale   02.12.13 13:10

ORDI1er READ FOOL AYOYE
 
 
Vincent Peillon démission ???

avant ou après les élections...???...
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Re: L'Education Nationale   02.12.13 13:29


Classes prépa: les profs en grève le 9 décembre

Publié le 28-11-2013 à 19h24

Challenges.fr

Par Challenges.fr


Des syndicats d'enseignants et associations de classes préparatoires ont déposé un préavis de grève pour le 9 décembre, refusant une éventuelle hausse de leurs heures de cours et baisse de leur rémunération.


Des syndicats d'enseignants et associations de classes préparatoires ont déposé un préavis de grève pour le 9 décembre, refusant une éventuelle hausse de leurs heures de cours et baisse de leur rémunération dans le cadre de discussions en cours avec le ministère.

La décision de faire effectivement grève ou pas sera prise mercredi, après une deuxième rencontre avec le ministère de l'Education lundi, indiquent dans un communiqué les syndicats d'enseignants Snes-FSU et Snalc, et les associations de classes préparatoires APHEC, APPLS, UPA, UPLS, UPS et UPSTI.

Dans une pétition qui affiche plus de 18.000 signatures, ils estiment que la majorité de ces professeurs pourraient perdre 10 à 20% de leur salaire.

Actuellement, les professeurs de classes préparatoires doivent faire cours dix heures par semaine, un volume d' "obligations réglementaires de service" (ORS) qui peut descendre à 9 ou 8 heures, avec des décharges d'une heure s'ils enseignent en deuxième année et d'une heure s'ils enseignent au moins une heure par semaine à plus de 35 élèves (la plupart des classes).

S'ils perdaient des décharges au profit d'enseignants de ZEP, ils feraient moins d'heures supplémentaires, payées en plus. Ces professeurs assurent aussi des heures d'interrogation orale ("colles").

"Le projet ministériel imposerait" une augmentation des ORS sans compensation" et "une baisse de salaire", déplore le syndicat Sgen-CFDT.

Peillon avait prévenu

"Proposer, parmi les pistes de discussion" des décharges pour les professeurs en zone sensible est "a priori louable", estime dans Blanche Lochmann, présidente de la société des agrégés, mais elle juge "démagogique de chercher la contrepartie" dans "l'augmentation des obligations de service" et la diminution de la rémunération de professeurs "sélectionnés pour leur mérite".

Le ministère confirme qu'il y a des discussions mais "ne confirme aucune piste, beaucoup de pistes sont à l'étude".

Lors du lancement le 18 novembre de négociations avec les syndicats sur treize dossiers, le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon avait dit aux journalistes: "Les conservatismes, voire les élitismes, sont en train de s'organiser" pour dire "attention à certains amis des classes préparatoires des grands lycées, attention par rapport aux jeunes de banlieue ou d'ailleurs qui sont en difficulté scolaire".

Selon la Cour des comptes, un professeur de prépa agrégé gagne en moyenne 4.108 euros nets par mois à quinze ans de carrière et 4.812 euros à 30 ans de carrière. Un titulaire d'une chaire supérieure perçoit 5.289 euros à 15 ans de carrière et 5.745 euros à 30 ans.
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Féminin Messages : 18620

MessageSujet: Re: L'Education Nationale   02.12.13 15:13


Brighelli : quand Vincent Peillon souhaite éradiquer l'excellence

Le Point.fr - Publié le 02/12/2013 à 14:46

Le ministre porte un coup bas aux professeurs de classes préparatoires. Derrière ce projet comptable, une entreprise de démolition, dénonce Brighelli.
Les professeurs de classes préparatoires vont-ils faire les frais des économies décrétées par Bercy ?
Par Jean-Paul Brighelli

On connaît l'histoire du "brigand bien aimé", qui se prenait pour Robin des Bois et volait les riches pour donner aux pauvres - en se servant largement au passage. Vincent Peillon aussi la connaît : il a décidé de faire les poches aux profs des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) pour mieux nourrir les enseignants de ZEP (qu'en même temps il réduit des deux tiers : décrétons qu'il y a moins de pauvres, cela fera autant de bouches en moins à nourrir). En français, cela s'appelle déshabiller Pierre pour habiller Paul. Et le ministre a le culot d'appeler ça de la justice sociale !


Est-ce à nous de rappeler au ministre que dans un système républicain, ce ne sont pas les salaires des mieux payés qui sont redistributifs, mais l'impôt - allez, chiche, taxons tous les hauts ou très hauts salaires... Comment ça, vous n'osez pas ?

Est-il plus juste que ce soient les profs de prépas - ces pelés, ces galeux d'où vient tout le mal - qui gagnent de 10 à 20 % de moins en travaillant 20 % de plus, sous prétexte de redistribuer à leurs collègues de ZEP cette courte manne ?

Ah, ces nantis ! Ils en ont de la chance ! Et ils ont le front de se plaindre ! Ils trouvent même le temps d'écrire des tribunes pour protester ! Tous les culots !

LIRE notre article "La révolte des profs de prépas"


Croyez-vous que si demain on baissait de 20 % le salaire des conducteurs de TGV, cela ne gênerait en rien le trafic SNCF ? 800 euros de moins par mois (oui, vous avez bien lu), sur des revenus globalement comparables aux nôtres, 4 000 euros mensuels en toute fin de carrière, primes comprises... Et non, nous n'en gagnons pas 10 000, comme l'a affirmé imprudemment la Cour des comptes en s'appuyant sur deux exceptions qu'elle a généralisées. Je peux publier ici, si les lecteurs me le demandent, n'importe lequel de mes récents bulletins de salaire : 3 700 euros par mois en moyenne à 60 ans, quel ploutocrate je fais...

Ou alors, il faut statuer que tous les fonctionnaires qui, primes comprises, arrivent au plafond légal de 200 % de leur salaire de base doivent voir ce plafond ramené à 195 % par exemple - oh, comme ils souffriraient, au ministère... Mais quelle économie réelle ! Chiche !

Oui, la SNCF débraierait instantanément, et nous allons le faire, dès aujourd'hui 2 décembre, même si nous tenons si fort à nos élèves que nous hésitons à les priver d'une journée de cours. Surpris ? Tant pis : on verra bien leur tête, et celle de leurs parents, après un mois de grève...

L'égalitarisme pour les autres


Certes, les 6 000 profs de prépas sont généralement d'anciens bons élèves qui sont restés polis. Alors, ils font au ministre d'humbles remontrances, comme le tiers-état en 1789, demandent des rendez-vous qui leur sont refusés (cherchez de quel côté sont la morgue et le mépris), et ils ont même le front d'envisager des moyens de rétorsion. Les diverses assemblées générales qui se sont tenues dans les lycées cette semaine prévoient une rétention des notes et des copies, une présence muette aux conseils, un refus de participer aux mille réunions, forums et travaux divers que l'administration leur demande gracieusement - toutes choses qui effraient si fort le ministre qu'il en rigole encore : il se moque bien, lui, que les étudiants arrivent mal préparés aux concours d'avril prochain. S'il ne tenait qu'à lui, ils n'y arriveraient pas du tout.

Il devrait se méfier des réactions des moutons enragés.

Les élèves ne sont pas les otages ni les victimes collatérales de nos protestations : ils sont les victimes du ministre. Pensez à le lui rappeler, en avril-mai prochain, dans les urnes. Le PS s'attend à se faire laminer - eh bien, laminons fin. À la déclaration de guerre de Vincent Peillon, il faut répondre les armes à la main.

Et surtout, que demain les élus du PS, s'il en reste, ne viennent pas nous supplier, comme ils ont l'habitude de le faire, de prendre leurs rejetons en prépas ! Ils s'entendraient dire que nous ne voulons pas les mettre en porte-à-faux avec les consignes de leur propre parti... L'égalitarisme, n'est-ce pas, c'est toujours pour les autres.

Un entêtement idéologique


Les mêmes assemblées générales ont aussi prévu de ne pas participer aux concours (nombre de profs de prépas sont membres des jurys - peu importe, on les remplacera au pied levé par n'importe lequel des néo-titulaires embauchés par Peillon au gré de concours complaisants). Et - là, on touche peut-être un nerf plus sensible - de ne pas participer à la procédure APB, qui durant le premier semestre de l'année prochaine triera les élèves de terminale : mesdames et messieurs qui rêviez pour vos enfants d'un autre avenir que celui de l'université la plus proche, pourtant si performante, comme chacun sait, c'en est fini de vos fantasmes de promotion sociale. Vos enfants iront en fac comme les autres, cela permettra de remonter le niveau.

Que ne faut-il pas faire pour satisfaire Peillon et Fioraso...

Ah bon ? Vous ne voulez pas faire les frais de l'entêtement idéologique de Vincent Payons-le-moins-possible ? Ma foi, allez le dire au ministre : nous, paraît-il, nous sommes (royalement) rémunérés à ne pas faire grand-chose. Et ce peu que nous faisons, nous nous y tiendrons désormais : avec en moyenne une classe de plus, soit 45 élèves (en moyenne - cela peut monter au-delà de 60), vous ne comptez tout de même pas que nous leur fassions une dissertation ou un devoir de maths toutes les trois semaines, comme aujourd'hui ? Dorénavant, ce sera deux par an - comme en fac.

La rue de Grenelle à Bercy !


Un prof de prépa, qui dans les faits travaille au moins 60 heures par semaine (une demi-heure au moins par copie corrigée - calculez ! Et des dizaines d'heures à préparer des cours de haut niveau - calculez encore ! Et une écoute de chaque instant d'élèves fort demandeurs de conseils - calculez toujours ! Et les sollicitations non rémunérées de l'administration - là, c'est incalculable) doit entre huit et onze heures de cours. Ajoutez-y deux à quatre heures supplémentaires (en moyenne), générées par les emplois du temps des élèves (quand on a 12 heures de maths, doit-on les partager entre deux profs ? Non, bien sûr). Dans le projet Peillon, il travaillera deux heures de plus (crac, deux heures sup qui sautent : travaillons plus pour gagner moins), ce qui le mettra souvent en sous-service, et il ira piquer les heures des profs de lycée (ou il se rabattra sur les heures de "colle", ces interrogations orales qui font l'excellence du système et qui sont très souvent effectuées par des collègues du secondaire).

Désormais, le paiement des heures sup, s'il en reste, se fera sur une base inférieure. Fini, aussi, les décharges liées au nombre d'élèves - jusqu'ici, à plus de 35 élèves (la majorité des classes), on avait une prime : il nous faudra encaisser 45, 50 ou 60 élèves sans broncher. Comme nous sommes tous égaux, ce sera bientôt le même tarif en collège ou en lycée : bienvenue dans le monde enchanté des comptables ! Notre ministre s'appelait Moscovici, et nous ne le savions pas ! La rue de Grenelle commence et finit à Bercy, et on nous l'avait caché !

Un populisme évident


Les "chaires sup", le sommet de la pyramide des grades, disparaissent corps et biens : les idéologues fous qui s'agitent rue de Grenelle vont enfin réaliser le vieux rêve des libertaires et des démagogues - il y a un populisme évident dans le projet Peillon, qui cherche à opposer les profs entre eux, à les réduire peu à peu, corps après corps (les chaires sup aujourd'hui, les agrégés demain) en les découpant ainsi en tranches fines, et à les exposer, tous ensemble, à la vindicte générale. Un seul corps de la maternelle à l'université, mal payé si possible : on ne fait pas ce métier pour gagner de l'argent, c'est bien connu. Vous qui entrez dans l'Éducation nationale, abandonnez toute espérance, comme disait à peu près Dante. Toute espérance d'évolution de carrière. Toute espérance d'acheter un logement - ou même de payer le loyer que l'on vous demandera : allons, vous ferez chaque jour quelques heures de RER et de métro, c'est vivifiant, vous y corrigerez vos copies.

Quant aux pensions alimentaires et autres prestations compensatoires que vous payez déjà, eh bien, la justice se fera un plaisir de les réduire - dans vos rêves. Quoi ! Il vous restera 1 500 euros pour vivre et payer votre loyer ? Broutille ! C'est la médiane, en France. Vous ne voudriez tout de même pas que l'on vous colle l'étiquette de "nanti" ? Vous êtes bien de gauche, non ? Et pourquoi pas une retraite chapeau, pendant que vous y êtes ? Non, la retraite - qui aujourd'hui n'inclut pas, bien sûr, ces petits suppléments qui permettent aux profs de CPGE de vivre un peu mieux que leurs collègues, tout pressurés qu'ils soient par tous les gouvernements depuis Claude Allègre - sera calculée sur votre nouvelle pauvreté. Vous pouvez d'ores et déjà vous préparer à travailler jusqu'en l'an 3000.

Des enseignants en voie de prolétarisation


Il ne viendrait à l'idée d'aucun prof de prépa sérieux de mépriser ses collègues de lycée ou de collège - aucun, je le répète. Pas plus qu'ils ne sous-estiment le travail des ZEP : j'y ai enseigné 12 ans, aux Ulis et à Corbeil, je suis loin d'être le seul, et je sais ce que cela représente d'engagement constant, d'épuisement nerveux, de déroutes quotidiennes et d'amères victoires. Nous sommes les premiers à revendiquer pour tous des augmentations réelles de salaire (le public sait-il qu'Allègre avait déjà diminué, en 1998, le barème des heures sup de 18 %. Ou que le point d'indice est bloqué depuis des années, alors même que l'inflation redémarre ?).


S'il n'est pas question pour nous de gagner moins, il est urgent en revanche que tous les autres gagnent plus, beaucoup plus. En vérité, c'est cela que devraient surtout défendre les syndicats. 50 % d'augmentation pour tous les bas salaires de l'Éducation nationale. Ce que nous gagnons n'est pas un scandale, c'est un dû et ce devrait être la norme. Pour tous. Le début de la reconnaissance du mérite est là, et pas ailleurs - dans le porte-monnaie. Les conseillers du ministre toucheront cette année, en moyenne, 10 000 euros de primes, qui s'ajouteront à un salaire à peu près équivalent. Méritent-ils cet excès d'honneur, et nous, notre indignité ?

Ah ? Vous n'avez pas de sous ? Ma foi, vous en trouvez bien pour les riches, qui en ont tant besoin... La vraie redistribution, elle est là, et pas ailleurs. Le vrai Jesse James aurait braqué les grandes corporations, les grandes entreprises, les grandes banques, qui se font du gras sur le dos de la crise, il aurait taxé les revenus du capital, il n'aurait pas toléré l'évasion fiscale légale des grands groupes comme Total, il ne se serait pas plié aux diktats d'Angela Merkel, il n'aurait pas affiché ce souci de réduire les déficits (les USA, qui ont une dette bien plus abyssale que nous, ne s'en soucient guère) sur le dos des pauvres gens et des classes moyennes, qui glissent impitoyablement vers le bas depuis trente ans. Les profs sont, comme les autres, en voie de prolétarisation. Et comme d'autres prolétaires, ils s'en souviendront dans les urnes. Et vous savez ce qu'ils votent, en ce moment, les prolétaires ? Prenez garde : le désespoir se moque des étiquettes.

Éradiquer l'excellence


Le vrai Jesse James - mais pas Vincent Peillon : lui, il prend les sous dans la poche des rares enseignants (6 000 sur 800 000 !) qui ont un salaire équivalent à celui de leurs collègues correctement payés en Europe : la France est à la traîne, très loin du Luxembourg ou de l'Allemagne, qui font grand cas de ces gens qui transmettent à leurs enfants les savoirs d'hier et de demain. C'est de la spoliation pure et simple ou je ne m'y connais pas.

Évidemment, l'argument comptable ne suffit pas pour expliquer la décision du ministre - qui en même temps annonce la remise à plat des "décrets de 1950" qui régissent nos enseignements et nos salaires : pour notre bien, évidemment. Non, Peillon ne s'agite pas pour racler les fonds de tiroir, et revaloriser d'une infime fraction le traitement d'une centaine de milliers d'enseignants de ZEP en ponctionnant celui des 6 000 profs de CPGE. Le ministre a une idée derrière la tête : éradiquer enfin l'excellence. Aucun salaire ne doit dépasser les autres, c'est entendu. Mais aucune tête ne doit s'élever au-dessus des autres, cela va de soi. Une idée qui traîne depuis longtemps au PS.

Geneviève Fioraso et Vincent Peillon ont donc décidé d'en finir avec les Grandes Écoles, cette exception française qui nous permet, bon an mal an, de dégager les élites qui font encore fonctionner notre vieux pays. Le niveau n'est pas assez bas. Creusons encore. Élitisme est un gros mot, désormais, comme chacun sait. La République des égaux n'a pas besoin de savants ! On a déjà entendu ça, à d'autres périodes plus sinistres. Tout comme, à d'autres périodes plus sombres, on a déjà désigné un sous-groupe à la vindicte des bons Français.


À lire les commentaires sur les sites d'enseignants, il en est pour se réjouir de voir tomber nos têtes, sans bien se rendre compte qu'ils fourniront la prochaine charretée. Ce qui se profile, c'est à court terme la création de prépas entièrement privées (ils doivent bien rire, à Sainte-Geneviève), et à moyen terme, la compartimentalisation de l'Éducation nationale en deux parts : des lycées privés pour ceux qui pourront les payer, et le grand fourre-tout pour les pauvres. Les prépas coûtent trop cher, paraît-il. Essayons donc l'ignorance...

Le seul système qui marche


Peillon, quand lui est arrivé aux oreilles le bruit de notre mobilisation, a dénoncé par avance la "collusion de tous les élitismes et de tous les conservatismes". En visite dans un lycée marseillais inscrit en ZEP, le ministre avait dénoncé cet "élitisme" qui ronge, paraît-il, notre merveilleux système scolaire, si performant, comme chacun sait. Peut-être faudrait-il informer les grands esprits qui le conseillent (comme leurs homologues ont, avant lui, conseillé Chatel - les ministres passent, les ânes demeurent) que seules les prépas récupèrent (un peu) les bons élèves de ZEP laminés par un système que des pédagogies hasardeuses ont rendu encore plus profondément inégalitaire : les CPGE accueillent en moyenne 30 % de boursiers - 40 % au lycée Thiers où j'enseigne - et les amènent au plus haut de leurs capacités, hier encore noyées dans le tumulte des classes-balais où on les confinait. Bien loin de l'image de la "reproduction" chère à Bourdieu : pour insuffisant que soit le système, il est le seul qui marche. C'est vers plus de prépas que nous devrions aller - et non, comme le veulent les idéologues fous du PS, vers leur mise en extinction.

Peillon désire anéantir le dernier ascenseur qui fonctionne encore dans l'enseignement national. En France, on n'a pas de pétrole, et on n'a qu'une idée, détruire ce qui marche. Après le balai, la balayette : Ubu ministre envoie les profs de prépas à la trappe avec son croc à phynances. Bravo. Nous faisons les frais des convictions d'un parti qui a fait de Harlem Désir son secrétaire général et sa référence intellectuelle. On ne s'étonnera pas, rue de Solférino, si les enseignants, leurs élèves et leurs parents (et cela finit par faire du monde) portent leurs voix, aux prochaines élections, ailleurs que chez les idéologues fous. Ils l'ont déjà fait, en 2002. Vincent Peillon, après ce beau coup au ministère, croit s'être trouvé un point de chute au Parlement européen - tout comme ses conseillers, selon une coutume chère au ministère, se voient déjà inspecteurs généraux (bien payés, ma foi, pour un boulot peu épuisant). Les lecteurs, les électeurs, les enseignants et leurs élèves devraient bien le renvoyer en classe - il a si peu fréquenté le lycée, après son agrégation de philosophie, il pourrait y retourner faire un stage. Pour 3 000 euros par mois - à son âge, c'est bien le moins, mais c'est le maximum que lui vaut son mérite.





PS : Deux pétitions en ligne, ici, et là, peuvent être signées pour protester contre le projet de décret, dont l'échéance est très prochaine - la mi-décembre. La première (1) rassemble essentiellement des enseignants et des parents. La seconde (2) est principalement le fait d'anciens élèves, qui savent tout ce qu'ils doivent au dernier bastion de la réussite à la française. Par ailleurs, on trouvera sur ce blog un résumé des premières réactions.
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MessageSujet: Re: L'Education Nationale   05.12.13 14:20

Les professeurs de classe prépa annoncent une grève massive lundi
Par Marie-Estelle Pech Publié le 05/12/2013 à 13:05 0 0 1 0 RecommanderLe SNALC prévoit entre 80 et 90 % de grévistes, lundi 9 décembre, surnomme « journée Prépa morte ». Vincent Peillon, lui, affirme que son projet de réforme concernant les prépas est justifié et qu’il ne reculera pas.

Après une journée d’assemblées générales mercredi 5 décembre dans des dizaines de lycées de France, les professeurs de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ont décidé majoritairement de se mettre en grève lundi 9 décembre, selon Jean-Rémi Girard du syndicat Snalc qui pronostique «entre 80 et 90% de grévistes» pour cette journée «Prépa morte», organisée par le Snes, le Snalc et Fo. Un cortège partira du Luxembourg, à Paris, en début d’après-midi.

Le lycée Pierre-Gilles-de-Gennes dans le XIIIe arrondissement de Paris a ainsi fait salle comble mercredi après-midi et réuni quelque 400 enseignants. Ces derniers ont à nouveau exprimé leur refus du projet de Vincent Peillon. Ce dernier entend relever le volume minimal d’heures passées devant les élèves et baisser une partie du salaire de ces professeurs, lié aux heures supplémentaires.

«Aucun n’était satisfait», raconte une professeur présent lors de l’AG parisienne, «au-delà des craintes sur leur salaire, ils craignent que les classes préparatoires soient menacées à plus ou moins loin terme dans leur existence». Lors de leurs prises de parole, ces derniers ont regretté que l’on accuse les classes prépas «d’être réservés à l’élite» alors qu’ils comptent 30% de boursiers parmi leurs élèves. Ils estiment aussi que leur travail n’est pas «reconnu», voire «méprisé» par le ministère. Une délégation a cependant été reçue dans l’après-midi rue de Grenelle par le directeur de cabinet adjoint de Vincent Peillon afin d’y exposer la réalité de leur travail. «Cela a duré plus d’une heure. Le ministère, nous l’espérons commence à prendre conscience de l’ampleur de notre mécontentement. Le dialogue n’est pas rompu», raconte Jean-Rémi Girard du Snalc.

Pour Vincent Peillon, les jeunes professeurs gagneront davantage d’argent
Les déclarations de Vincent Peillon sur France Inter ont toutefois attisé l’agacement des professeurs de prépa. Ce dernier a affirmé mercredi 4 décembre que certains professeurs de CPGE allaient «perdre» du salaire «dans des proportions» qui sont de «3, 4, 5%» alors que les syndicats avancent qu’avec la réforme du métier envisagée par le ministère, ces professeurs pourraient perdre jusqu’à 20% de leur salaire. «C’est totalement inexact», affirme le ministre. «Il y a même des professeurs de classe prépa, et surtout les plus jeunes, et ceux qui sont à la fois en lycée et en classe préparatoire, qui vont gagner avec cette réforme.» Le ministère propose une pondération de l’heure d’enseignement des professeurs de CPGE à 1,5, la mise en place d’une indemnité de 3000 euros annuels pour certains enseignants et l’intégration de deux heures d’interrogations orales pour compléter le service de ceux qui effectuent moins de 10 heures.

«Les professeurs de classe préparatoire, à juste titre, me disent qu’ils ont des tâches particulières ; on le reconnaît puisqu’ils font 10 heures et pas 15 heures, ou 18 heures comme les capésiens», souligne Vincent Peillon. Le projet ministériel d’une pondération des heures d’enseignement en CPGE porte l’obligation réglementaire de service de ces professeurs à 10 heures hebdomadaires. Actuellement, les obligations de service des enseignants en CPGE sont de 8 à 11 heures d’enseignement hebdomadaires,.

Néanmoins, aujourd’hui, poursuit Vincent Peillon, «il y a des professeurs qui font 6, 7 ou 8 heures supplémentaires ,c’est ce qu’a pointé la Cour des comptes». «Comment pouvez-vous dire à la fois je fais 8 heures, je ne peux pas faire plus, je suis surchargé et faire 8 heures supplémentaires?», interroge le ministre de l’Éducation nationale. «Alors à ceux-là je dis: ce n’est pas la peine de penser que je vais reculer», insiste-t-il. «Il y a des principes de justice. Si on travaille beaucoup, on fait ses 10 heures, 9 heures ou 8 heures, mais on n’a pas au-delà de 4, 5 ou 6 heures supplémentaires, et ce sont ceux-là qui seront touchés. Mais ceux qui font leur travail dans le temps donné vont au contraire être favorisés», estime Vincent Peillon. Tout compris, selon la Cour des comptes ,un professeur de prépa gagne en moyenne 4108 euros nets par mois à quinze ans de carrière et 4812 euros à 30 ans de carrière.

Les affirmations de Vincent Peillon sont «caricaturales» pour le SNALC
Pour le Snalc, ces déclarations de Peillon «démontrent que nos instances dirigeantes ne connaissent pas véritablement le fonctionnement des prépas». Elles sont «caricaturales». Un certain nombre de professeurs, notamment ceux de chaires supérieurs vont selon le syndicat perdre entre 10 et 15% de leur salaire. Selon la coordination nationale CPGE 2013, «les pertes s’échelonnent entre 1 et 17% de la rémunération totale, malgré l’indemnité de 3000 euros censée compenser ces pertes. Une majorité de professeurs verront bel et bien leurs revenus amputés de 10 à 15%. En sous-estimant à outrance la sanction financière qu’il impose aux profs de prépa, le ministre reconnaît implicitement qu’une telle baisse est inique et donc indéfendable.» argumentent-ils. Les plus jeunes professeurs ne vont rien gagner avec cette réforme, disent-ils encore. Plus un professeur est jeune, plus la part des heures sup’et des colles est forte dans sa rémunération, son salaire de base étant plus faible. C’est donc au contraire les plus jeunes professeurs qui subiront les plus fortes pertes en proportion, affirment-ils.

Et si les professeurs font, pour certains, essentiellement dans les classes scientifiques, beaucoup d’heures supplémentaires, c’est parce qu’ils n’ont pas le choix, affirment-ils: «En classe prépa, les services des professeurs donc les éventuelles heures supplémentaires et colles qui vont avec, sont imposés par l’administration. Le poste est à prendre ou à laisser, avec toutes les heures qui vont avec.». Ils rappellent aussi que les heures supplémentaires coûtent moins cher à l’administration que des recrutements supplémentaires d’enseignants. Le Snalc met par ailleurs en avant les grandes différences entre classes prépas: si les professeurs scientifiques ont en moyenne quatre à cinq heures supplémentaires par semaine, les professeurs des prépas littéraires touchent plutôt une heure sup et ceux des classes économiques et commerciales, deux heures.
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MessageSujet: Re: L'Education Nationale   12.12.13 12:23

Peillon repousse la réforme du temps de travail des profs de prépa
LE MONDE | 12.12.2013 à 09h08 • Mis à jour le 12.12.2013 à 10h18 | Mattea Battaglia et Aurélie Collas
    

Le « mammouth » est-il réformable ? La question se pose à nouveau, au vu du coup de frein sur les négociations concernant le métier d'enseignant. Inaugurées le 18 novembre au ministère de l'éducation nationale, celles-ci devaient aboutir à de premières décisions, jeudi 12 décembre.
Surprise, il n'en est rien. En tout cas pas en ce qui concerne l'épineux dossier des classes préparatoires aux grandes écoles. Selon les informations du Monde, le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, s'apprête à annoncer jeudi matin que les discussions sur le temps de travail des professeurs de prépas ne sont pas « mûres », et par conséquent qu'elles restent « ouvertes ». Reculade ? A plusieurs reprises ces derniers jours, en dépit d'une mobilisation inédite – 60 % de grévistes le 9 décembre –, le ministre a répété qu'il maintiendrait le cap. Qu'il mettrait en œuvre une réforme imposant aux enseignants de prépa soit de travailler plus, soit de gagner moins.
La seule mesure qui selon nos informations sera confirmée ce matin : les enseignants en zone d'éducation prioritaire (ZEP) bénéficieront d'un allègement de leurs « obligations de service », c'est-à-dire de leur nombre d'heures de cours par semaine. Aujourd'hui fixées à 18 heures, elles diminueront de deux heures environ, pour renforcer le suivi des élèves et le travail en équipe. « A terme, cette mesure concernera 300 établissements, un certain nombre, j'espère, dès la rentrée 2014 », se borne à préciser M. Peillon. En reportant à plus tard les arbitrages sur les classes prépas, le ministre entend démontrer que le financement de la mesure en ZEP ne dépend pas de la suppression de certains avantages en prépas. Autrement dit, qu'il ne « déshabille pas Pierre pour habiller Paul », contrairement aux critiques qui lui ont été faites.
L'ELYSÉE FREINE
Reste que le sort des 300 000 autres enseignants de collège et de lycée est laissé en suspens. Car pour eux aussi, les négociations, qui portent sur une redéfinition de leurs missions, sont au point mort. Comme si la crispation sur les 6 000 professeurs de classes préparatoires bloquait les évolutions dans tout le secondaire. Aucune mesure les concernant ne devait être annoncée aux syndicats, jeudi, alors même que la plupart d'entre eux jugeaient, la veille au soir, le dossier bien engagé.
Selon nos informations, c'est l'Elysée qui freinerait des quatre fers. Après un an de mobilisation sur les rythmes scolaires, et alors que les professeurs de prépas montent au créneau un peu plus chaque jour, il s'agit de calmer le jeu, d'éviter la contagion à tous les collèges et lycées. « On ne peut pas avoir trop de fronts ouverts en même temps. Réussissons la réforme de la formation des maîtres et celle des rythmes qui sont centrales dans la refondation de l'école et ne nous dispersons pas », estime Yves Durand, député (PS) du Nord et rapporteur de la loi d'orientation sur l'école votée cet été.
Sans compter que les professeurs de prépa ne manquent pas de soutiens. Les normaliens, ex-élèves de prépa, sont nombreux parmi les politiques, les chefs d'entreprise, les journalistes… voire au sein même du gouvernement. Dans les hautes sphères du pouvoir, beaucoup rechignent à s'attaquer à la formation des élites.
LES SYNDICATS SOUS LA PRESSION DE LEUR BASE
Côté syndical aussi, la pression est forte. Le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, a demandé expressément au ministère de poursuivre les négociations. Il a eu gain de cause. Le projet qui concerne les prépas est pour lui un point de blocage. « Il pèse sur l'évolution du reste des négociations », reconnaît Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du syndicat.
Le « reste des négociations » n'est rien de moins que la réécriture du décret de 1950, qui réduit le métier d'enseignant de collège et lycée au nombre d'heures de classe – 18 heures par semaine pour un certifié, 15 heures pour un agrégé. Sans toucher à ces volumes horaires, le ministère veut moderniser cette définition en prenant en compte toutes les missions de l'enseignant du XXIe siècle : préparation des cours, réunions avec les parents, conseils de classe, concertation entre collègues... Un changement symbolique, qui semblait faire consensus parmi les syndicats en novembre et qui, pourtant, ne passe pas.
« Les collègues craignent qu'une fois dressée la liste de toutes leurs missions, les chefs d'établissement leur imposent plus de tâches et de réunions », soutient Frédérique Rolet, du SNES, qui ne disait pourtant que du bien de la méthode prudente du ministère au début des négociations. Aujourd'hui, le syndicat relaie les craintes du terrain. Et exige, dans une pétition, une revalorisation salariale. « Reconnaître toutes les missions des enseignants, c'est bien, mais dans tous les sens du terme… On attend des mesures de revalorisation », conclut Mme Rollet.
Le SNES-FSU rattrapé par sa base ? « Ses militants semblent en partie refuser qu'on touche au décret de 1950, sorte de texte sacré pour eux, alors que, dans la hiérarchie du SNES, on a conscience qu'il faut le faire évoluer », confie un syndicaliste. Vincent Peillon, lui, veut encore y croire, malgré « les obstacles et les conservatismes ». Malgré, aussi, un budget qui ne permet pas de se projeter bien loin. Son horizon : une « grande réforme » des ZEP annnoncée en janvier.
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MessageSujet: Re: L'Education Nationale   12.12.13 12:28

Tactique politicienne du Gouvernement qui a l'air d'espérer un deuxième quinquennat ...

 FOOL  FOOL  FOOL  FOOL  FOOL
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MessageSujet: Re: L'Education Nationale   12.12.13 12:33

j'écris "l'air de" car visiblement ils déroulent le tapis rouge au Front National...
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