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 Le T.A.G.

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Féminin Messages : 18384

MessageSujet: Le T.A.G.   24.05.14 22:49

Témoignage 19/05/2014 à 18h39
« Mademoiselle, vous semblez souffrir d’un trouble de l’anxiété généralisée »
Léa Scherer, étudiante



Qu’il s’agisse du boulot ou de son petit ami, Léa en est sûre, c’est forcément le pire qui va se produire. La jeune femme, cernée par les pensées négatives, est atteinte d’un TAG selon son psychiatre.

Nuages noirs sur la Baltique, nord-est de l’Allemagne, mai 2014 (Bernd Wuestneck/AP/SIPA)
A première vue, l’acronyme fait sourire, puis laisse perplexe. Personnellement, lorsque l’on me parlait de TAG, je pensais street art et graff’.
Imaginez ma réaction lorsque mon psychiatre a posé son diagnostic, après plusieurs mois de psychothérapie.
Citation :
« Mademoiselle, vous semblez souffrir de ce que l’on appelle, en psychiatrie, le TAG, le trouble de l’anxiété généralisée. »
J’étais circonspecte. Voire même un peu moqueuse. Après tout, qui n’a pas connu d’état anxieux au cours de son existence ?
Petite fille, j’avais « des peurs »
Making of
Léa Scherer a 20 ans. Lorsqu’elle a appris qu’elle était atteinte du trouble d’anxiété généralisée, elle a décidé d’enquêter sur ce mal. On estime que le TAG, défini comme « un état d’anxiété permanente ou de soucis excessifs qui dure au moins six mois », touche 3 à 6% de la population mondiale. Mathieu Deslandes
Anxieuse, je l’ai toujours été, depuis toute petite. Ça a commencé par ce que j’appelais alors, avec mes mots d’enfant, « des peurs ». J’avais peur de m’asseoir dos à la porte de la salle à manger, comme si une force obscure allait surgir derrière moi. Peur aussi d’aller au fond de mon jardin, surtout lorsque la nuit commençait à tomber. Peur enfin, de monter à l’étage de ma maison.
Une fois, en maternelle, nos enseignants nous ont mis en garde, via un diaporama « pédagogique » contre les dangers liés au manque d’hygiène... Et à la consommation de drogue. A 4 ans, je compris que la toxicomanie touchait en priorité les personnes isolées et malheureuses, et qu’une fois tombées dans l’addiction, ces personnes ne parvenaient très souvent plus à s’en sortir. Immédiatement, je m’imaginais toxicomane et seule à table, devant ma dose quotidienne.
Mon circuit d’angoisse s’est poursuivi par la crainte terrible que mes parents ne se séparent. A chaque dispute, réfugiée dans ma chambre, je pleurais sans pouvoir m’arrêter. Chaque mésentente entre eux devenait, pour la petite fille que j’étais, un motif préalable de rupture.
Cela devait forcément m’arriver
Puis il y a eu les cours d’éducation civique de CE2, au cours desquels mon institutrice nous a parlé pour la première fois de pédophilie. Cela devait forcément m’arriver. Des scénarios catastrophes m’ont alors hanté des mois durant. Je n’ai pour autant jamais été victime d’un adulte sexuellement malintentionné. Je me suis néanmoins laissée dévorer par la crainte que cela puisse se produire un jour.
Mes parents, éducateurs spécialisés, attentifs au bien-être psychologique de leur enfant, et désemparés face à ces montées d’angoisse, m’avaient fait suivre par un pédopsychiatre. La thérapie s’échelonna de mes 7 à 18 ans, avec des pauses.
Ses temps forts furent le décès de mon père à l’âge de 11 ans, puis une rupture douloureuse d’avec mon premier amour, trois mois avant mon bac, et le concours de Sciences-Po, l’école que j’intègre finalement à la rentrée 2011.
Une découverte plutôt récente
Une nouvelle rupture amoureuse et de grands moments de solitude universitaire m’amènent à consulter de nouveau un psychiatre et psychothérapeute en cabinet, appelons le docteur X. Ma mère décède elle aussi peu de temps après le début de cette thérapie.
Aujourd’hui, je peux vous dire que cette rencontre a changé ma vie, et je vais vous raconter pourquoi.
Après la première raillerie intérieure que suscite en moi « mon » diagnostic, j’apprends progressivement à apprivoiser cette pathologie. Le concept de TAG est plutôt récent, puisqu’il est contemporain de la troisième édition du « Diagnostic Statistical Manual » (DSM, ou « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux »), publié par la Société américaine de psychiatrie, en 1980.
La cinquième édition de ce manuel de référence à l’échelle internationale en diagnostics et statistiques des troubles mentaux le définit comme « un état d’anxiété permanente/de soucis excessifs, durant au moins six mois ».
Des malades qui s’épuisent psychiquement
Là où cette anxiété généralisée diffère de celle qui se réfère à un objet ou à une situation précise, c’est qu’elle est non seulement excessive, mais concerne aussi tous les moments de la vie quotidienne, qu’ils soient en rapport avec la vie professionnelle, familiale, affective, sociale, et même sexuelle. Le problème essentiel rencontré alors par les personnes souffrant de TAG tient à la difficulté qu’ont ces derniers à contrôler cette inquiétude.

« Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien », de Robert Ladouceur, avec Lynda Bélanger et Eliane Léger, éd. Odile Jacob, 2010 
Robert Ladouceur, psychologue québécois – et auteur, en collaboration avec Lynda Bélanger et Eliane Léger, de l’ouvrage de référence en matière de traitement du TAG, « Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien » (éd. Odile Jacob, 2010) – met le doigt sur l’enjeu central de la pathologie : la difficulté, pour le patient souffrant de TAG, à prendre le dessus sur les scénarios catastrophes qui génèrent en lui une angoisse exacerbée.
Or lorsqu’un individu souffrant de TAG ne parvient pas à prendre le dessus sur ces scénarios qu’il alimente en lui, il s’épuise. En effet, le réflexe de la plupart des patients atteints de TAG sera de refouler ces scénarios catastrophes se présentant à leur esprit :
Citation :
« Si je pense que je vais mourir d’un cancer d’ici peu, il faut à tout prix que je chasse cette pensée de mon esprit. »
Tension motrice et hypervigilance
Il faut dire que, même sans souffrir de TAG, la plupart des individus auront tendance à agir de la sorte.
Pourtant, comme le dit le psychologue américain Jeffrey E. Young :
Citation :
« Si vous pensez à une banane, et que vous ordonnez à votre cerveau de ne pas penser à cette banane, vous constaterez par expérience que vous ne pourrez vous empêcher d’y penser les secondes qui suivent cette injonction. »
A force de vous enjoindre à ne plus songer au scénario catastrophe qui vous tracasse, vous ne cesserez pas d’y penser pour autant. Au contraire, vous contribuerez à votre propre épuisement psychique. Dans le pire des cas, votre TAG s’accompagnera même d’un état dépressif.
On dénombre alors différents symptômes, notamment :

  • la tension motrice (fatigue, tension musculaire, agitation ou surexcitation) ;
  • l’hypervigilance (difficultés de concentration, troubles du sommeil, irritabilité).

Parfois, ces symptômes se combinent à une somatisation des angoisses, notamment à travers la température des mains, une sécheresse buccale, des sueurs, nausées, ou encore diarrhées, mais aussi le besoin d’uriner fréquemment, des difficultés à avaler, des tremblements ou des contractions, des douleurs et endolorissements musculaires entre autres.
La piste des parents « surprotecteurs »
Les causes du TAG sont généralement complexes à isoler pour le praticien en charge d’un diagnostic psychiatrique. La piste d’une prédisposition génétique à cette pathologie n’est, à ce jour, pas exclue. Les praticiens la considèrent aussi très en lien avec l’histoire personnelle des différents patients ; ainsi, des parents « surprotecteurs » pourraient conduire leur enfant à être victime de davantage d’anxiété que d’autres. Les drames existentiels et autres traumatismes viennent, de toute évidence, renforcer cette tendance.
Les expériences de séparation, de frustrations et de conflits, la pression scolaire, ou encore la maladie, sont autant de facteurs aggravant du TAG. Ainsi, il n’est pas étonnant que le décès de mes deux parents ait pu renforcer cette tendance à l’anxiété, et me conduire vers un trouble anxieux plus grave.
Personnellement, l’une des angoisses qui revient le plus régulièrement, concerne la perte de l’être aimé. En couple depuis plus d’un an, je ne peux m’empêcher d’imaginer, de façon intempestive, que mon petit ami va me quitter, que la vie va nous séparer. Ce genre de pensée négative peut, bien évidemment, atteindre chacun d’entre nous. Et nous aurons tendance à laisser ces pensées nous traverser, à la manière de nuages inoffensifs (cette métaphore est très souvent employée par mon psychiatre).
Une maladie qui se soigne
L’ennui lorsque vous souffrez de TAG, c’est que ces pensées négatives vont apparaître à votre esprit de façon intrusive et incontrôlable. Un rien pourra alors vous y faire songer, et même une pensée, positive au départ, pourra dévier vers un ressenti de l’ordre de l’insupportable.
Par exemple, je pense que mon ami, dans le cadre de son travail, m’a un jour dit qu’il ne demanderait pas une mutation en dehors de Paris et de sa banlieue avant que je n’aie fini mes études. Immédiatement, ma pensée va finalement dévier vers une autre négative et « catastrophiste » : et s’il ne pensait plus la même chose d’ici quelques années ?
Le TAG, heureusement, est une maladie qui se soigne. Si elle demeure difficile à diagnostiquer car a priori peu spectaculaire, il existe aujourd’hui des thérapies combinées à des traitements médicamenteux efficaces. La méthode la plus employée pour le traitement d’un TAG dans le cadre d’une thérapie cognitive et comportementale consiste à désensibiliser le patient à son/ses scénario(s) catastrophe(s). Pour ce faire, le plus simple est de passer par l’écrit. L’exercice consiste alors à rédiger son scénario catastrophe, avec le plus de détails possibles.
Ensuite, pour que la désensibilisation soit efficace, l’idée est de relire plusieurs fois par jour son scénario, ou même de l’enregistrer vocalement, et de se le diffuser chaque jour pendant une vingtaine de minutes.
Ajoutez à cela un peu de superstition...
Pour beaucoup de patients, l’exercice semble, à première vue, insurmontable. Certains craignent, notamment, que la répétition du scénario catastrophe dans leur esprit, ne finisse par accentuer les chances qu’il se produise un jour. Bien sûr, cette inquiétude relève davantage de la pensée magique que de la réalité.
Les effets de cet exercice peuvent être rapides et spectaculaires : à force d’y être confronté, on finit par ne plus craindre le scénario catastrophe.
Lorsque je demande au docteur X quels progrès dans la prise en charge du TAG sont envisageables aujourd’hui, le praticien propose plusieurs pistes :

  • la première serait d’affiner, au préalable, le diagnostic, en distinguant peut-être des sous-types à cette pathologie, ce qui permettrait finalement d’optimiser les outils psychothérapeutiques ;


  • il espère enfin, que de nouvelles molécules feront leur apparition, pour disposer de traitements médicamenteux plus variés.
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MessageSujet: Re: Le T.A.G.   24.05.14 23:16

Je dois être probablement atteinte de TAG.C'est sûr et certain,j'ai un TAG.On ne me l'a jamais dit.On m'a toujours traitée d'anxieuse.Anxieuse tout court.Il manque l'adjectif "généralisée".Anxiété généralisée,ç'est plus long,çà passe mieux,toutes les excuses sont possibles quand le nom de la maladie est en plusieurs mots.On attire la pitié.On peut tout se permettre.On a des droits que les autres n'ont pas.
Oui,j'ai un TAG.La preuve:dans tous mes copiés-collés ici,il faut que j'efface le mot Facebook.Si jamais j'ai oublié de le supprimer,je deviens comme folle.Oh,on ne s'aperçoit de rien,on n'imagine pas que je n'ai qu'une seule idée en tête,supprimer ce mot de ce site.Avec le remords obsessionnel d'avoir fait cet oubli.Zut et flûte,je viens d'écrire un de mes mots maudits.Dans l'anxiété généralisée,on tourne en rond.Et çà fait vivre..
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Le T.A.G.
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