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 FIN DE VIE en 2015

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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   22.02.15 21:27


Fin de vie : faut-il vraiment une nouvelle loi ?

Juliette Bénabent Télérama

Publié le 22/02/2015.

La “sédation terminale” pour une fin de vie apaisée pourrait être bientôt légalisée, mais provoquer le décès restera interdit. Euthanasie déguisée ou droit à mourir dans la dignité ?


En 2002, Vincent Humbert, jeune pompier tétraplégique après un accident de la route, écrivait à Jacques Chirac : « Je vous demande le droit de mourir. » Six ans plus tard, en 2008, Chantal Sébire, atteinte d'une tumeur rarissime, saisissait Nicolas Sarkozy d'une même requête. Le premier est mort d'une injection de chlorure de potassium administrée par son médecin et sa mère, qui ont bénéficié d'un non-lieu judiciaire ; la seconde a succombé à l'ingestion d'une dose mortelle de barbituriques fournis par une main anonyme... Ni Vincent Humbert ni Chantal Sébire n'avaient obtenu gain de cause. Plus récemment, deux affaires retentissantes ont relancé le débat sur la mort médicalement assistée : le Dr Nicolas Bonnemaison a été radié de l'ordre des médecins — mais acquitté par les assises — pour avoir fait mourir des patients en fin de vie ; et la justice, dans un invraisemblable feuilleton, détient toujours les clés de l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, infirmier en état pauci-relationnel (un état de conscience mi­nimale) depuis 2008. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) rendra bientôt sa décision.

Grave interrogation philosophique, la question de la fin de vie déchaîne toutes les passions : médicales, idéologiques ou religieuses. Elle est aussi une affaire de droit, et de politique. En 2005, après l'émotion suscitée par l'affaire Vincent Humbert, le médecin et député UMP Jean Leonetti élaborait la loi « relative aux droits des malades et à la fin de vie ». Elle permet notamment l'arrêt des traitements en cas d'« obstination déraisonnable » (nouveau nom de l'acharnement thérapeutique), tout en continuant d'interdire aux médecins d'administrer la mort activement — ce que réclamait le jeune homme. En 2012, sensible à la montée de la revendication de pouvoir maîtriser, voire anticiper, sa mort, le candidat François Hollande inscrivait au rang 21 de ses engagements de campagne la promesse d'« une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Le droit français, prudent ou... pusillanime ?

Certains espéraient l'autorisation du suicide assisté, comme en Suisse (dans trois cantons) ou dans l'Oregon, aux Etats-Unis, voire de l'euthanasie, comme au Benelux. En 2015, ce ne sera ni l'un ni l'autre. Ce que propose la nouvelle loi, échafaudée de nouveau par Jean Leonetti, cette fois avec le député PS Alain Claeys, c'est la possibilité d'une « sédation profonde et continue », dans des conditions strictes. Un autre texte (EELV) envisageait clairement l'euthanasie et le suicide assisté, mais il a été rapidement évacué fin janvier, presque sans débat : le gouvernement et le président soutiennent la proposition Leonetti-Claeys, dans l'espoir d'un vote réunissant droite et gauche.

Après les remous du mariage pour tous, le désir politique est grand d'une loi consensuelle, sur un sujet de société sensible et passionnel. En avançant ainsi à (tout) petits pas, le droit français se montre-t-il prudent ou... pusillanime ? Le Pr Didier Sicard a présidé une mission de réflexion sur la fin de vie (mêlant médecins, juristes, philosophes...) et con­duit pendant des semaines des débats publics en province. « Je comprends le besoin d'une nouvelle loi, explique cet ancien président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Dans notre pays, très légaliste, la loi a une fonction qui la dépasse : résoudre des tensions culturelles profondes, comme celle entre les gens pour qui la vie est sacrée et ceux qui veulent pouvoir la faire cesser. La mort est par essence une question collective, qui parle à l'ensemble de notre groupe humain. Il n'est pas absurde que la loi, qui régit la collectivité, s'y intéresse. »


— “Le droit à ne pas subir l'acharnement thérapeutique doit être aussi puissant que le droit à la vie.”


Loi il y aura, donc. Mais si le principe rassemble, le contenu continue de diviser. Le projet de 2015 interdit toujours de provoquer le décès. Il maintient ainsi un garde-fou indispensable selon Eric Kariger, médecin de Vincent Lambert jusqu'à l'été 2014, qui a décidé par deux fois, avec l'accord de son équipe et d'une partie de la famille, de débrancher son patient dans le cadre de la procédure prévue par la loi Leonetti de 2005. Cette décision est toujours suspendue à celle de la CEDH. Il rappelle : « Selon l'article 38 de notre code de déontologie, le médecin "n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort". La nouvelle loi assume que la sédation terminale peut avoir pour conséquence d'abréger la vie, mais cette sédation ne tue pas : c'est le cœur éthique du projet. Je crois nécessaire non pas d'autoriser l'euthanasie, mais de renoncer véritablement à l'acharnement thérapeutique, encore trop présent dans notre culture médicale. Le droit à ne pas subir cet acharnement doit être aussi puissant que le droit à la vie. » Didier Sicard et Emmanuel Hirsch, directeur de l'Espace éthique de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, estiment que, même s'il tait les mots, le nouveau texte autorise de fait le geste. D'ailleurs, les plus radicaux des opposants à toute forme de mort assistée l'accusent d'instaurer une euthanasie « déguisée ». Emmanuel Hirsch prédit : « Cette loi aura un impact très fort, car elle se présente comme la conquête d'un droit à la sédation terminale, qu'elle garantit et qui revêt ainsi une valeur morale. » Didier Sicard, lui, juge que le texte « crée un droit à mourir dans la dignité », tout en préservant certaines circonstances essentielles du décès. « L'euthanasie ressemble à une exécution, estime-t-il, avec des médicaments à action très rapide. Avec la sédation, la mort survient après un délai indéfini, qui peut durer plusieurs heures, voire jours. Elle permet de conserver ce temps d'attente que la société ne supporte plus, parce qu'elle craint le vide, mais qui appartient au processus de la mort. »

Ceux qui espéraient l'avènement clair du droit à une mort assistée jugent pourtant la future loi hypocrite et inutile. « Déjà en 2002, Bernard Kouchner, ministre de la Santé, envisageait d'autoriser l'euthanasie, rappelle la cardiologue Véronique Fournier, directrice du centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin à Paris. Après d'abondants débats, il fut décidé que la question n'était pas suffisamment mûre et que l'euthanasie devait rester une transgression. Elle ne pouvait relever que du choix du médecin, au cas par cas, au nom de ce qu'il pense devoir à son patient. » Entre-temps, la loi Leonetti de 2005 a permis de « laisser mourir » certains malades, au nom du refus de « l'obstination déraisonnable ». « Mais, en creux, officialiser ce "laisser mourir" a renforcé l'interdit du "faire mourir", poursuit Véronique Fournier. Le poids de cet interdit s'est alourdi, les médecins se sentent moins libres qu'auparavant de recourir parfois à des gestes létaux, qu'ils décidaient dans l'intimité de leur relation à leur patient et à sa famille. La loi de 2005 a freiné l'exercice de leur liberté de conscience. Aujourd'hui, je crois nécessaire d'assumer, dans certains cas, l'intention de donner la mort dans un geste médical, lorsqu'on est arrivé au bout des possibilités de la médecine et qu'il est temps que celle-ci se retire. »


— “En Suisse, on parle très franchement, on dit par exemple ‘mourir’ et pas ‘partir’, loin du registre compassionnel français.”


Mais la culture médicale française ne s'y prête pas. A mesure que la médecine a accompli d'époustouflants progrès, elle a délaissé la toute fin de la vie, quand elle ne sait plus guérir. « Avec l'apparition de la réanimation médicale, dans les années 1970, on a "ressuscité" des personnes qui, auparavant, ne survivaient pas, explique Emmanuel Hirsch. Certaines situations ont été perçues comme de l'acharnement, et c'est alors qu'a émergé la demande du droit à mourir dans la dignité. Elle s'est peu à peu radicalisée, notamment parce que notre culture catholique, imprégnée de dolorisme, a freiné les traitements de la douleur et les soins palliatifs. Nous étions très en retard sur l'Angleterre, par exemple. » Ces soins palliatifs se développent finalement en France dans les années 80. La fin de vie, désormais « laïcisée », se médicalise. Elle se politise, aussi. Avec les malades du sida, qui réclament une participation active à leurs soins — en rupture par rapport à la médecine paternaliste, qui déresponsabilisait les patients —, monte une revendication sociétale : le droit à maîtriser sa mort, y compris en l'anticipant. Dès 1978, le sénateur Henri Caillavet propose une loi (refusée en 1980) sur « le droit de mourir à son heure en refusant l'acharnement thérapeutique ». Progressivement, le corpus législatif s'étoffe : lois sur le prélèvement d'organes (1976), les soins palliatifs (1999), les droits des malades (2002, puis 2005) ou des personnes vulnérables (2007).

Mais la loi ne peut, à elle seule, embrasser le rapport de notre société à la mort — même si elle tente de se moderniser, de suivre à la fois l'évolution des techniques médicales et celle des mentalités. En Angleterre, en Allemagne, lorsqu'une maladie incurable est diagnostiquée, les discussions sur la fin de la vie débutent très tôt entre le patient, son entourage et l'équipe médicale. En France, on les évite le plus longtemps possible. « La médecine française est celle qui s'acharne le plus », estime Eric Kariger. La scénariste Emmanuèle Bernheim, qui a accompagné son père de 88 ans en Suisse pour qu'il y accomplisse un suicide assisté, après un AVC, raconte : « Quand j'ai parlé de son désir de mourir aux médecins de sa clinique, ils m'ont répondu : "Quelques antidépresseurs, et, vous verrez, ils finissent tous par s'accrocher à la vie." Il n'était pas entendu. En Suisse, on nous a parlé très franchement, on disait par exemple ''mourir'' et pas ''partir'', loin du registre compassionnel français, qui n'ose pas nommer la mort. »


— “Comment accompagner nos mourants, assister leurs pro­ches ?”


Si on peine à imaginer, comme en Suisse, des publicités dans les tramways pour les associations aidant à mourir, la France a besoin d'avancer. De dépasser le tabou, d'envisager la fin de la vie plus en amont, et plus collectivement. « Comment accompagner nos mourants, assister leurs pro­ches ?, interroge Emmanuel Hirsch. Comment lutter contre la solitude, la relégation sociale, la précarité économique ? Les réponses doivent être solidaires, démocratiques. » Le chantier est immense et dépasse la question de la loi. En France, seuls 20 % des malades qui ont besoin de soins palliatifs en bénéficient, faute de place dans les unités spécialisées. Les pensionnaires des maisons pour personnes âgées sont encore trop souvent transférés in extremis à l'hôpital, car les personnels sont trop peu nombreux et mal formés pour encadrer la toute fin de la vie. Quant aux nombreux malades qui souhaitent mourir chez eux, ils se heurtent souvent à l'impuissance de leur médecin généraliste, privé de certains médicaments réservés à l'hôpital. Chacun, médecin ou non, malade ou pas, doit s'approprier le débat : c'était le sens des auditions publiques de la mission Sicard, et aussi de l'ouverture, fin janvier, du site de l'Assemblée nationale aux contributions des internautes sur la propo­sition de loi (même si l'initiative s'est avérée peu concluante, les posts relevant davantage du défoulement idéologique que de la proposition constructive). « La société évolue, elle doit continuer de se cultiver dans la concertation permanente », insiste Emmanuel Hirsch.

Peut-être la « sédation profonde et continue » n'est-elle qu'une étape. Mais « l'étape suivante n'interviendra qu'après une révolution culturelle, présage Didier Sicard. Lorsque la médecine pourra admettre que, dans certains cas, elle est impuissante et qu'elle redeviendra capable — comme lorsqu'elle savait moins soigner — d'intégrer la mort comme une dimension de l'être. Pour, enfin, la réinscrire dans la cité. »
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   23.02.15 11:57


Loi sur la fin de vie, sédation : les patients sont méprisés au profit de l'hypocrisie

Publié le 23-02-2015 à 08h58 - Modifié à 10h58

Avatar de Nathalie Debernardi et Daniel Carré
Par Nathalie Debernardi et Daniel Carré
Défenseurs du droit de mourir dans la dignité


LE PLUS. Le mercredi 18 janvier, la Commission des Affaires sociales a adopté la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, suggérant un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort. Pour Daniel Carré et Nathalie Gueirard-Debernardi, militants pour le droit de mourir dans la dignité, le législateur reste sourd à la volonté des Français.

Édité par Henri Rouillier Auteur parrainé par Rozenn Le Carboulec

126 médecins ont signé un manifeste réclamant la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté (Y.LOGGHE/SIPA)


L’adoption en Commission des Affaires sociales de la proposition de loi des députés Claeys et Leonetti ne ferme pas le débat. Jean-Louis Touraine a retiré son amendement sur l’aide active à mourir que soutenait la présidente de la Commission, Catherine Lemorton – un amendement qui sera retravaillé en vue du débat en séance.

Écouter la volonté des citoyens français

Jeudi 19 février, une matinée de "débats" a eu lieu au Sénat pour soutenir le projet de loi d’Alain Claeys et Jean Leonetti. Une réunion où il n’y avait à la tribune que des soutiens à la proposition de projet de loi. Ces échanges convenus n’ont rien apporté à un texte dont la seule réelle nouveauté est l’affirmation des droits des malades sur les conditions de leur fin de vie. Droits que les propositions concrètes restreignent largement.

Pendant ce temps là, 1500 personnes meurent chaque jour en France. Selon les infirmières, seulement 35% d'entre eux interviennent dans des conditions "acceptables pour les proches", selon l'enquête MAHO.

500 personnes meurent quotidiennement abandonnées dans leur souffrance depuis plusieurs semaines, et plus de 20.000 attendent la mort sans personne pour prendre soin d’elles. Sauf dans les unités de soins palliatifs, où 1200 personnes sont prises en charge pour leur fin de vie, et où 30 y meurent chaque jour.

Les citoyens français ont très largement conscience de cette situation et ressentent un sentiment d’abandon. Les grands malades et les personnes de grand âge expriment leur désarroi à leurs proches qui souffrent de ne pouvoir les soulager.

Deux histoires aussi banales que dramatiques

Depuis maintenant deux ans et demi, les experts échangent des arguments. Le microcosme s’agite et rien ne bouge pour améliorer les parcours chaotiques des personnes en fin de vie. Or, qui n’a pas vécu dans sa propre famille une fin de vie difficile, parfois longue, toujours pathétique ?

Des cas surgissent en permanence dans leur banalité. Citons en deux :

Stéphane (39 ans) a écrit une lettre ouverte à Jean Leonetti pour que la loi autorise l’aide active à mourir. Il souffre d’une forme grave de syringomyélie qui le handicape lourdement. L’évolution est lente mais inéluctable. Son souhait serait de pouvoir dire stop sans être obligé d’aller en Suisse, ce qu’il envisage déjà.

Il n’est nullement suicidaire et il est chaleureusement accompagné par sa famille, qui a adapté son logement à ses capacités d’autonomie. Un changement de loi permettrait à Stéphane de trouver une issue lorsque ses souffrances seront insupportables et d’attendre sereinement les évolutions de sa maladie. Sans changement, il risque de finir comme Michel Debernardi.

Myriam n’a rien pu faire pour adoucir les derniers jours de sa grand-mère de 103 ans. Les circonstances ont conduit cette personne à un hébergement en Ehpad dans le sud de la France, très loin de ses racines alsaciennes. Son état s’est dégradé, elle a décidé alors de ne plus se nourrir, tout en acceptant de boire. Elle voulait dormir. Les soins devenaient douloureux et elle refusait tout médicament. Le médecin a écarté toute demande de sédation, n’acceptant par conviction personnelle que la mort "naturelle". La vieille dame est morte dans le conflit, soi-disant à cause de ses problèmes psychologiques, a osé déclarer une soignante. Sans compter le profond chagrin et la révolte de sa petite fille et les remords inconsolables de sa fille qui l’avait placée en Ehpad près de chez elle, sans en réaliser les conséquences.

Garantir le respect de la parole du patient

Le projet de loi contient des échappatoires qui ne sont pas acceptables. Lors du débat au Sénat, des médecins, soutenus par des juristes, dont Jean-Marc Sauvé, le vice-président du Conseil d’État, ont plaidé leur capacité et leur droit d’interprétation des directives anticipées opposables. Pour cette raison, six propositions d’amendements ont été élaborées par le CISS, le collectif des 40 plus importantes associations habilitées à représenter les usagers dans le système de santé.

Les directives anticipées sont à la fois :

- affirmation des valeurs du rédacteur ;

- refus anticipé au consentement de traitements jugés inacceptables ;

- demande de sédation profonde et continue

La prise en compte du refus ou du souhait dans le parcours de santé du rédacteur dépend du médecin. L’expression d’un choix personnel philosophique risque, dans l’ambiguïté, de devenir un choix médical. Fondamentalement, les directives anticipées ont pour finalité de choisir entre la qualité de vie ou la prolongation de celle-ci par tous les moyens, une prise de position qui n’a rien de médical.

Certes, des situations complexes existent, mais elles sont généralement identifiées avant la perte de capacité d’expression du malade. Le premier choix exprimé par anticipation est de ne pas être maintenu artificiellement en vie par une nutrition et une hydratation forcée.

La sédation profonde et prolongée, une hypocrisie

Le projet de loi met en avant la priorité absolue de la volonté du malade. La solution de la sédation et le refus de toute aide active à mourir ont été annoncés dès le départ comme non-négociable par Jean Leonetti : cette posture a perverti le débat. La duplicité du texte éclate quant à la décision de fin de vie. La seule demande possible devient la sédation profonde et prolongée jusqu’à la mort, essentiellement pour éviter au mourant les affres d’une agonie douloureuse.

La proposition de loi évacue toute demande de mort assistée dans une situation d’impasse insupportable, comme celle de Stéphane, comme celles du cancéreux métastasé auquel on ne propose au mieux que des "chimios de confort", de Britanny Maynard (29 ans) avec sa tumeur au cerveau, et de la personne de grand âge dont la vie n’est faite que contraintes insupportables pour elle-même.

Les conditions actuelles de fin de vie sont totalement nouvelles. Elles impliquent une transformation des conditions de prise en compte de la mort. Une minorité de cas veut être aidé à mourir. En Belgique, cela ne concerne que 2% des décès. Pour ces milliers de personnes susceptibles d'avoir recours à l'aide à mourir en France, leur volonté exprimée n’est ni écoutée, ni entendue.

Une aide compassionnelle

Ceux qui ne veulent pas de ce débat évoquent l’interdit du "tu ne tueras pas". Apporter une assistance compassionnelle pour aider à mourir à celui qui le demande de manière ferme, sereine et répétée, conduit à dépasser le tabou de "donner la mort". Les conditions de la prise en charge actuelle de la fin de vie par le système de santé et le système social masquent que la mort fait partie de la vie, ce qui implique de changer de paradigme.

Répondre aux demandes de mort choisie doit être considéré comme l’ultime soin. Il affirme la grandeur de l’homme qui rend son dernier souffle. Rien à voir avec un acte de violence : c’est une acte de compassion, dont on sait qu’il se passe dans la sérénité. Plus de 1500 médecins et personnels de santé ont cette conviction qu’ils expriment dans leur Manifeste pour la mort choisie, actuellement en cours de signature.

Espérons que le débat de mars à l’Assemblée nationale prenne en compte cette expression de la volonté des patients qui demandent de choisir le moment et la manière de leur mort, dans le respect des droits de l’homme inscrits dans la Constitution de notre République.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   24.02.15 11:42

Texte sur la fin de vie : pour Jean-Luc Romero, ce n'est "qu'une agonie programmée"

Publié  le 24/02/2015 à 10h20  , modifié  le 24/02/2015 à 11h01  par
S. D.


Le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité viendra expliquer son point de vue au Palais des congrès de Royan samedi à 10 heures

 

Le texte PS/UMP d'Alain Clayes et Jean Leonetti, qui promeut un droit à une "sédation profonde et continue jusqu'à la mort", sera examiné à l'Assemblée nationale les 10 et 11 mars, avant un vote solennel le 17 mars.
Pour l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) présidée par Jean-Luc Romero, cette proposition n'est "qu'une agonie programmée sous anesthésie avec une mort qui intervient par dénutrition et déshydratation. Donc bien loin d'un droit à mourir dans la dignité."
Jean-Luc Romero viendra expliquer au Palais des congrès de Royan, samedi, pourquoi il veut "une loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté." Une question de société très controversée en France.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   24.02.15 11:57

L'Eglise est INDIGNE
François Hollande est INDIGNE
Le Parti Socialiste est INDIGNE
Marisol Touraine est INDIGNE
Jean Léonetti est INDIGNE
Alain Clayes est INDIGNE

Allez vous faire foutre, je suis folle de rage
je suis digne cependant dans ma folie enragée
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   24.02.15 12:04

CITATION =

" cette proposition n'est "qu'une agonie programmée sous anesthésie avec une mort qui intervient par dénutrition et déshydratation ".

Commentaire =

C'était rapide... en Allemagne
ce sera lent... en France
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   26.02.15 21:52


Dormez, je le veux !


Sylvain Pourchet
Médecin (Paris)

Sédation : le chaînon manquant d’une équation politique

Le paysage médiatique a vu se multiplier dans les dernières années les considérations autour de la fin de vie, au point parfois d’entraîner une forme de pression, une saturation sur un sujet rarement abordé par plaisir.
Fin de vie, euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs, mort dans la dignité… Autant de thématiques peu digestes dont le brassage n’a pas réellement permis de dépasser une impression générale de confusion.
Cette pression (hyper exposition) et cette impression (confusion), sont venues perturber un équilibre pourtant utile qui nous permet de vivre au quotidien le lien avec l’idée de notre mort. Ainsi réveillé, le fond d’angoisse, jamais très éloigné quand on aborde ces questions, n’a pu trouver de répit. Les incertitudes de l’époque ont fait le reste : dans un climat à tendance catastrophiste, l’angoisse réveillée a pu radicaliser les positions autour d’un « qu’on en finisse ! » mal compris. Loin d’une demande d’en finir vite avec la vie s’exprime sans doute plus simplement un besoin d’en finir vite avec la contrainte de se voir imposer, hors de contexte, un sujet réveillant tant d’insécurité personnelle. Logiquement, puisqu’il y a souffrance perçue, c’est à la médecine qu’il a été demandé de trouver expressément des solutions efficaces. Tout aussi logiquement, dans cet amalgame, l’efficacité médicale a été attendue « face à la mort », et non face à l’anxiété – là où il n’existe pas de solutions plutôt que là où il y en a – poussant dans le même temps la médecine jusqu’à ses limites, elle dont le champ légitime est celui de la maladie.
Dans cette escalade de réponses pressées à un inconfort réel et mal identifié, la sédation est le dernier avatar en date dont s’est emparé et nourri le supposé débat. La sédation est ainsi passée du statut de technique anesthésique dont les subtilités n’avaient jusqu’à présent intéressé que les professionnels de la profession, à celui de chaînon manquant d’une équation politique posée en 2012 en des termes piégeant. Dans proposition 21 du programme présidentiel de François Hollande, le candidat proposait en effet : « […] que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »
Beaucoup de professionnels de santé on lu un soutien encourageant au développement nécessaire de la médecine palliative. Une médecine dont les progrès majeurs ont transformé en quelques décennies notre rapport au soin apporté au malade à la fin de la vie.
Une autre lecture permise par la formulation équivoque de la proposition s’est également répandue : l’assistance de la médecine pour cette mort digne réactualisait l’euthanasie.
Ni le rapport commandé à Didier Sicard, ni les conférences citoyennes, ni le rapport demande au Comité consultatif national d’éthique, ni la survenue d’affaires fortement médiatisées (Vincent Lambert, procès de Nicolas Bonnemaison, hésitations de la Belgique avant de refuser d’accorder l’euthanasie à un détenu) n’ont permis de dépasser le clivage entretenu par le quiproquo initiateur.



La tyrannie d’une fausse liberté individuelle

Après la crise sociale vécue à l’occasion de l’évolution législative sur le mariage, le risque de voir émerger une nouvelle cristallisation de réactions extrêmes autour de « la mort pour tous » a conduit à la recherche d’une sortie plus discrète sur un sujet à fort potentiel polémique. L’agenda politique fait qu’on n’a pas remis en question la nécessité, pourtant discutable, de proposer une loi nouvelle. C’est donc d’une posture assez funambule que devait venir l’issue d’un problème auto-généré : « Ni euthanasie, ni suicide assisté »… Alors quoi ?
Les députés Jean Leonetti (UMP), auréolé de la crédibilité légitimement acquise à l’occasion du vote de la loi de 2005 (droit des malades et fin de vie), et Alain Claeys (PS) ont été chargés de cette délicate mission.
C’est le sommeil médicalisé qui s’est imposé aux équilibristes : « un droit à dormir avant de mourir… » Le rêve contemporain d’une mort à l’insu de son plein gré ? Mourir sans s’en rendre compte… La sédation aurait ce pouvoir édulcorant ? Si la douceur du programme politique peut un temps susciter l’adhésion, la solution médicale proposée paraît rapidement dans son imposture. Un traitement, un médicament, seraient de nature à répondre à des questions aussi vastes ? A voir…
La meilleure politique ne fait pas nécessairement la bonne médecine.
Du point de vue médical, d’où vient qu’une mort apaisée est une mort choisie et maitrisée ? D’où vient qu’une bonne mort est une mort accélérée ? D’ou vient qu’une mort endormie est une mort préférable ? D’où vient que la sédation est un sommeil ? D’ou vient que l’euthanasie et le suicide assisté sont de tels tabous qu’il faille nécessairement les intégrer à la médecine alors que leur raison d’être en est une parfaite contradiction ?
Où sont les connaissances, les recherches qui légitimeraient le recours au coma artificiel ? La recherche d’une proposition démontrant une capacité à améliorer la santé est le socle qui légitime l’intervention médicale. La médecine est-elle à ce point différente en fin de vie qu’elle puisse s’en affranchir ?
C’est pourtant l’orientation qui semble être prise. La proposition de loi confirme son absence d’égard à la recherche d’une efficacité qui sous-tend l’exercice de la médecine et va même plus loin : elle introduit l’idée originale d’une sédation opposable. Une automédication qui passerait quand même par un prescripteur, tout en lui contestant une autorité critique et une compétence en la matière…
Dans une acception aussi extrême, le respect de la volonté du patient constitue plutôt un abandon notoire : instrumentaliser l’alliance thérapeutique pour consolider la tyrannie d’une fausse liberté individuelle. Tyrannie, puisqu’elle s’impose. Fausse liberté, car qui décide lorsqu’on veut éviter la fin de vie, sinon la fin de vie elle-même ?
On pourrait multiplier ici les questions (le paradoxe du recours à une collégialité s’agissant de décision qui revient sans discussion au patient, le coût de procédures de plus en plus complexes et chronophages à l’heure de la réduction des budgets de santé..) démontrant la courte vue d’une solution cosmétique et inapplicable. Sans réponses autres qu’incantatoires à ces questions pratiques, le préjudice pour le patient, les proches, les équipes soignantes serait évident. Quelle logique de soin pourrait être construite au sein de tant d’amalgames, d’approximations et de dérives ? Quels repères pour la relation patient/médecin ? Quels repères pour la construction de référentiels professionnels et la constitution de bonnes pratiques médicales ?
La sédation en soins palliatifs est une technique de soin issue de l’anesthésie, pratiquée de manière régulière par les équipes spécialisées, dont l’usage a fait l’objet de nombreuses études et recommandations publiées dans les revues professionnelles. A défaut de cette réflexion, la sédation réalise une fausse promesse thérapeutique et entretient une confusion entre ce qui relève d’une compétence de soin (la technique de sédation) et ce qui relève d’une responsabilité citoyenne (l’euthanasie, le suicide assisté). Une confusion préjudiciable aux progrès légitimement attendus sur ces questions distinctes. La médecine a pour mission le soin prodigué au malade vivant. Améliorer le soin pour faire disparaitre la souffrance n’équivaut pas à faire disparaître le souffrant. Partout où le recours à la sédation ne peut se construire dans le cadre d’un réel projet thérapeutique, il semblerait plus utile de recourir à une autre terminologie pour des pratiques sortant du cadre soignant. Enfermer des champs entiers de questions inédites dans des solutions simplistes et réductionnistes fait courir le risque de passer à côté des meilleures solutions. Une perte de chance médicale et sociale qui ne peut qu’être combattue.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   01.03.15 10:58

La fin de vie peut-elle être choisie ? Témoignages et points de vue normands

Publié le Il y a 10 Heures  

Société. En examen le 10 mars à l’Assemblée nationale, le projet de loi sur la fin de vie cristallise de profonds clivages, liés à la morale et à l’intime. Témoignages avec ceux qui vivent ou ont vécu les derniers jours d’un proche.


Ce qu’elle raconte lui fait monter les larmes aux yeux. Presque quatre ans après. « Personne ne peut réaliser tant qu’il n’a pas été confronté à une fin de vie terrible. » Julie, 37 ans, a vécu de près celle de ses grands-parents et de son père. Un cancer du pancréas qui le consume en quelques mois et un suicide dans une clinique du Havre. « Des moments interminables. Mon père était encore tout à fait conscient, il avait réfléchi et je sais qu’il ne voulait plus de cette vie. » Un choc pour la famille, et pour le personnel soignant qui, selon Julie, « pensait peut-être qu’il pouvait encore lui apporter les soins nécessaires. » Pour cette jeune femme, c’est une expérience « traumatisante qui montre la complexité de la situation. Tellement de personnes aimeraient choisir la manière de partir. »
C’est le sens de la proposition de loi présentée début mars (lire par ailleurs), après de vifs débats depuis des mois. Un sujet brûlant et sensible depuis les affaires Lambert et du docteur Bonnemaison, qui concerne tout le monde. A la croisée de l’intime et de la morale, la fin de vie suscite à la fois passion et rejet. « La mort dérange encore beaucoup trop, c’est pour ça que la France avance si peu », affirme Julie.
En première ligne dans ce combat, Marie-Françoise Fauvel, déléguée de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) en Seine-Maritime, évoque une augmentation des adhésions (dont une très grande majorité de femmes), entre 2013 et 2014 (de 748 à 900). « En raison d’une forte médiatisation et d’un plus grand intérêt sans doute. Comme à une époque, il y avait la revendication de la femme pour la liberté de son corps, il y a aujourd’hui un souhait d’en disposer jusqu’au bout comme on veut » Militante convaincue, elle affirme ne pas « vouloir quelqu’un qui décide pour moi. Ni Dieu, ni maître. Je ne veux rien si je commence à être malade. Je ne veux pas de torture physique et morale. »
« Dans la clandestinité »

Son curseur à elle, c’est dès que son état commence à se dégrader. Chacun le sien. D’après un sondage publié par Le Parisien en novembre, près de 90 % des Français se déclarent en faveur de l’euthanasie pour les personnes en état végétatif. Le pourcentage passe sous les 80 % lorsqu’on interroge le sondé sur ce qu’il ferait s’il s’agissait d’un proche. « Tout dépend comment la question est posée. Les Français plébiscitent surtout les soins palliatifs, à 94 %. Ils ne veulent pas souffrir, et être accompagnés le mieux possible », rectifie Alexandra le Ricque, porte-parole de « Soulager mais pas tuer » en Seine-Maritime. Créé sur l’ensemble du territoire en octobre dernier, constitué d’une dizaine d’associations (de soignants, de personnes touchées par le handicap...), le collectif pointe du doigt le « risque de basculer vers une euthanasie masquée » avec la future loi. « Décider de sa mort, c’est faire une tentative de suicide, avec ou sans succès », insiste Alexandre le Ricque.
En France, il est impossible de la programmer. « A moins d’avoir de l’argent ou des connaissances ! », résument avec amertume les pro euthanasie. Dans le premier cas, direction la Belgique ou la Suisse (voir ci contre). Quant aux médecins, leurs pratiques devinées ou suggérées se font parfois dans la clandestinité. « Il est temps de légaliser un acte qui se fait dans l’hypocrisie », observe la directrice d’une maison de retraite haut-normande. « Les médecins essaient d’accompagner vers une mort douce, font comme ils peuvent ». Les pratiques illégales d’euthanasie en France resteraient « rares » avec 3 000 cas, selon des études publiées en 2012 par l’Institut national d’études démographiques. Et moins de 2000 personnes souffrant de maladies graves se suicideraient.
« Je trouve idiot qu’on maintienne en vie, surtout si on a émis le souhait de s’en aller. Pourquoi s’acharner ? », s’interroge Marie, cauchoise, qui a perdu son père. Parti à 89 ans, en quelques semaines. « A l’hôpital, il avait fait comprendre qu’il fallait que ça aille vite. » Il reste la possibilité pour « toute personne majeure de faire une déclaration écrite, appelée directives anticipées ». Elles précisent ses souhaits sur sa fin de vie, prévoyant le cas où le malade ne serait pas, à ce moment-là, en capacité d’exprimer sa volonté.
A l’Epad de Fauville-en-Caux (25 % de décès par an), un contrat de séjour prend en compte cette possibilité avec un comité de soins palliatifs. « Une manière d’aller au mieux vers la fin de la vie », remarque la directrice Muriel Flutre-Midy. Dans un soupir d’émotion, Julie lâche : « Ce que le soignant considère comme acceptable n’est pas toujours ressenti de la même façon par le malade. »
Enquête Patricia Lionnet
admdblog.fr : l’association se mobilise du 2 au 8 mars.

soulagermaispastuer.org

Ce que disent les textes

La loi Leonetti de 2005 (votée à l’unanimité) qui régit la fin de vie permet d’administrer des anti douleurs dans des cas bien précis au point « d’abréger la vie », mais n’autorise ni l’euthanasie des malades en phase terminale, ni le suicide assisté. Et interdit l’acharnement thérapeutique.
Dans son programme de 2012, le candidat Hollande, tout en se disant hostile à l’euthanasie en tant que telle, avait proposé (engagement 21) que « toute personne majeure en état avancé ou terminal d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa fin de vie dans la dignité. »
Le gouvernement a chargé en juin dernier les députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Cleys (PS) de faire des propositions pour « définir les conditions dans lesquelles l’apaisement des souffrances peut conduire à abréger la fin de vie. » Deux nouveautés proposées dans le texte soumis au vote à partir du 10 mars : le droit de bénéficier d’une sédation profonde (qui restera entre les mains des médecins) et la création de directives contraignantes émises par le patient, qui primeront sur l’avis médical.

Reportage dans le service des soins palliatifs à l’hôpital Jacques-Monod de Montivilliers

REPORTAGE. Au 6e étage du hall nord de l’hôpital Jacques-Monod de Montivilliers, dans les locaux vert pastel, la question reste un moment en suspens. Comment définir les soins palliatifs ? L’équipe est tellement plongée dedans au quotidien qu’elle hésite. « Bonne question ! D’autant que trop souvent, c’est restreint à la phase terminale d’un patient », souligne le docteur Catherine Dewulf, responsable de l’unité de soins palliatifs, créée il y a juste un an.
Elle complète l’équipe mobile, mise en place il y a vingt ans. Une dizaine de lits. Comme à Rouen, au CHU Charles-Nicolle où l’unité date de 2008. Et c’est tout pour la Haute-Normandie, une région très sous-équipée. Dans ces services, il y est souvent question de temps. De celui passé par les patients qui ne rendent pas toujours leur dernier souffle ici : en moyenne, 35 % en sortent, pour parfois il est vrai, y revenir. C’est aussi le temps accordé par la quarantaine de soignants (*), tous métiers confondus (médecins, infirmiers, psychologues, aides-soignantes) pour les deux services. Au risque d’être enviés par leurs collègues, les médecins savent qu’ils ont un « certain luxe », celui de cette disponibilité consacrée aux malades, touchés par une pathologie, grave, incurable.
En majorité, il s’agit d’un cancer, d’une maladie neuro-dégénérative, d’une insuffisance respiratoire avancée... Avec le poids des années en plus, même si la moyenne est ici de 69 ans. « Ce n’est pas une activité bouillonnante comme dans certains autres services », remarque l’équipe. Le temps est aussi celui accordé à la famille. Elle a besoin d’être écoutée et son rythme est à prendre en compte. D’ailleurs, à l’inverse des autres services, il n’y a pas de limite d’âge pour les visiteurs. Pas d’horaire non plus. Les proches peuvent dormir sur place, rester dans un des salons.
Le temps tient aussi dans ces instants qui vont permettre de vivre au mieux celui qui reste. Catherine Dewulf, médecin généraliste, résume avec un sourire et une citation du professeur Jean Bernard : « Faire du temps qui reste un temps à vivre. » Admis après avoir parfois connu des services spécialisés (oncologie, gériatrie, cancérologie...), le malade est accompagné pour une fin de vie « de qualité dans la mesure du possible ».
Une centenaire est passée par ce 6e étage, avec un cancer évolué. Elle souffrait beaucoup. Elle est rentrée chez elle avant de terminer ses jours en gériatrie. Le plus jeune malade, 28 ans, ne voulait pas de soins Une semaine plus tard, il a accepté. Tout type de parcours arrive ici après discussions avec les collègues selon un fonctionnement transversal. Enfin, plus qu’ailleurs à l’hôpital, ce temps est suspendu. « Nous le repérons, il est compté. Parfois, on n’en finit pas de mourir », résument les médecins. Au cœur de l’éthique, agissant avec humilité parce que parfois dans « une certaine incertitude », l’équipe médicale ne fait pas de « geste qui fait mourir ». Le mot euthanasie n’est pas prononcé dans le calme de cette unité. « Mais, nous avons des réflexions après certaines émissions télé sur ce qui se passe en Suisse ou en Belgique par exemple », relève le docteur Dewulf, qui affirme que « nous mettons les conditions d’un laisser-mourir confortable, soit par une fin de traitements soit par des nouveaux. »
Pendant le temps qui reste à vivre, le patient ne doit pas être gêné pour respirer, souffrir le moins possible en fonction de l’inconfort verbalisé et repéré. « Ce n’est pas toujours simple. Il y a une charge émotionnelle très lourde dans ce service. Mais, c’est très riche d’un point de vue humain », reconnaît le jeune docteur Remi Lecointre. Ce généraliste a fait le choix -comme l’ensemble de l’équipe- de s’orienter à la fin de son cursus vers ce service (qui est une spécificité, et non une spécialité) qui attirait pendant longtemps de « vieux médecins » avec une carrière derrière eux. Les jeunes affirment tout de même qu’ils ne « feront pas ça toute leur vie ». En raison de la lourdeur de la tâche. Malgré la douceur du vert pastel de cet étage...
(*) : pas tous à temps complet.

Comprendre ceux
qui souhaitent choisir

Le texte présenté au vote le 10 mars prochain ne satisfait ni ceux qui sont favorables à une fin de vie choisie, ni les anti euthanasie ? Pourquoi ?
J-L. R. : « Difficile de s’attendre à quelque chose de satisfaisant, alors qu’aucun bilan n’a été fait sur la loi Leonetti, qui est un terrible échec. En prenant juste le sujet des soins palliatifs, 70 % des lits sont concentrés dans cinq régions et il y a une distorsion incroyable d’un territoire à l’autre. C’est de nouveau une loi faite par des médecins pour les médecins avec beaucoup de conditions, même s’il y a quelques améliorations. Sur les deux axes principaux, elle n’apporte pas satisfaction. En ce qui concerne la sédation, c’est trop long. Les dispositions ne répondent pas aux demandes qui sont celles de partir rapidement. Avec ce texte, cela peut être court mais aussi proche de l’agonie. Sur les demandes anticipées, on peut y mettre tout ce qu’on veut et les recours juridiques sont possibles. »
S. H. : « Il est exagéré de dire qu’il ne convient à personne. De nombreux députés souhaiteraient aller plus loin, vers une aide médicale active à mourir, mais saluent unanimement les nombreuses avancées à commencer par le caractère contraignant des directives anticipées. D’ailleurs, le texte a été voté en commission mardi 17 février. J’aurais été favorable à un dispositif plus actif, mais j’approuve la philosophie de la proposition de loi. La présente loi permettra de résoudre de nombreux cas, aujourd’hui inextricables. Côté améliorations : la possibilité pour un patient de recevoir à son domicile son traitement sédatif. Je défendrai de nouveau mes amendements prévoyant la possibilité de soulager une agonie qui se prolonge au-delà du raisonnable, la possibilité de désigner une seconde personne de confiance, en cas d’incapacité de la première, ou encore l’introduction d’une clause de revoyure dans 5 ans, afin de laisser ouvert ce débat. »
Pourquoi y a-t-il toujours autant de blocages ? D’ordre religieux, politique, financier... ?
J-L. R. : « Les personnes disent en majorité, au-delà des opinions politiques et religieuses, qu’elles veulent partir quand elles le décident. Déjà dans mon livre Les voleurs de liberté, je montrais du doigt les mandarins et les politiques. On sous-estime sans doute le lobby des laboratoires pharmaceutiques et celui de l’église. Aujourd’hui, les parlementaires ont peur de ces 4 % de Français qui pourraient se retrouver dans la rue, d’avoir des manifs comme au moment du Mariage pour tous qui a laissé des traces, alors que cela n’a aucun rapport. »
S. H. : « Nos débats au sein du groupe socialiste n’ont absolument pas été perturbés par des considérations religieuses. Chaque député arrive avec sa conception personnelle de la fin de vie mais nos échanges, très respectueux de ces différents points de vue, se concentrent sur des questions plus pragmatiques de droit et de faisabilité. Quant aux enjeux financiers, ils existent, pour affirmer que des moyens supplémentaires doivent être alloués au développement des unités de soins palliatifs. Un constat unanimement partagé. »
Comment comprendre ceux qui veulent aller plus loin ?
J-L. R. : « On peut comprendre qu’ils veulent que leur souhait d’en finir soit respecté quand c’est la fin. Pourquoi attendre ? C’est du bon sens. Ces personnes ont juste envie qu’on leur fiche la paix si elles savent que rien ne s’arrangera. C’est une affaire citoyenne, et non médicale. A voir comment la discussion parlementaire se terminera. Nous nous battrons jusqu’au bout, notamment auprès des élus de gauche qui ont fait beaucoup de promesses... Mais si ce n’est pas maintenant, cela sera pour plus tard. »
S. H. : « Je comprends parfaitement les Français qui expriment leur souhait de pouvoir choisir les conditions de leur fin de vie. Chaque famille a connu une histoire de cet ordre. Il y a une grande charge émotionnelle en arrière-plan. Notre tâche de députés est de légiférer au-delà de l’émotion, pour répondre aux demandes légitimes sans tomber dans les excès et les dérives. Il y a aussi une question de tempo, il faut savoir accepter les avancées quand elles se présentent, sans renoncer à aller plus loin par la suite, d’où mon idée d’une revoyure dans 5 ans. Cela peut engendrer parfois de la frustration mais c’est à ce prix, je crois, que s’acquiert cette ultime liberté. »

Elles ont prévu leur mort en Belgique et en Suisse

Contactée par l’intermédiaire de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité de la Seine-Maritime, Françoise témoigne depuis les Vosges. A 2 h de route de la frontière belge. Un détail qui a son importance pour celle qui a fait le choix d’en finir dans ce pays, où l’euthanasie est légale, si sa maladie venait à cruellement évoluer « Tant que la vie vaut la peine d’être vécue, je me battrai », dit cette femme de 55 ans, qui travaille toujours et pense à se maquiller pour se faire belle. Malgré les épreuves endurées depuis l’âge de 40 ans. Un cancer ORL avec une rémission 14 ans plus tard. « J’ai été opérée au visage, avec 27 points de suture. Les rayons ont touché une partie du cerveau. J’ai eu droit à des soins intensifs un an plus tard avec une métastase au poumon Je sais que cela peut se détériorer, et je n’ai pas envie de me dégrader jusqu’à ne plus en pouvoir. » Françoise a rencontré deux médecins en Belgique, où l’euthanasie, depuis 2002, peut être pratiquée si le malade se « trouve dans une situation médicale, sans issue, si la souffrance physique et/ou psychique est constante... » Ses trois enfants sont informés de sa volonté, sa sœur l’accompagnera si l’issue fatale devait arriver. « La mort fait partie de la vie, c’est un choix de la prendre en main. Je me demande toujours pourquoi la France est si fermée et en retard. Quand les grands de ce monde sont en situation délicate, ils n’hésitent pas à franchir le pas sans que personne ne le sache. Partir en Belgique pour mourir comme pour des raisons fiscales, c’est incroyable... » Bien sûr, la Sécu française ne fonctionne pas. Tout sera à sa charge. Comme lorsque le choix se porte sur la Suisse, qui autorise l’assistance au suicide (mais interdit l’euthanasie) dès lors qu’elle ne répond pas à « un mobile égoïste. » Trois associations peuvent se charger de toutes les démarches qui coûtent entre 7 000 et 9 000 €. Madeleine, 70 ans, rouennaise, y a déjà pensé. « J’ai prévu un budget et écrit mes volontés si jamais je deviens très malade. » Entre 2008 et 2012, 66 Français sont venus mourir dans les contrées helvétiques.

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/2640666/sa-fin-de-vie#.VPLj0Ok5AqQ
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   01.03.15 11:21

CITATION =

Ces personnes ont juste envie qu’on leur fiche la paix si elles savent que rien ne s’arrangera. C’est une affaire citoyenne, et non médicale.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   01.03.15 11:27

Citation,.. pour infos ... ... ...

Comme lorsque le choix se porte sur la Suisse, qui autorise l’assistance au suicide (mais interdit l’euthanasie) dès lors qu’elle ne répond pas à « un mobile égoïste. » Trois associations peuvent se charger de toutes les démarches qui coûtent entre 7 000 et 9 000 €.


Dignitas et Exit
quelle est la 3e ?
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   01.03.15 11:48

CITATION =
Côté améliorations : la possibilité pour un patient de recevoir à son domicile son traitement sédatif.

COMMENTAIRE =

Mourir chez soi, on n'emmerde personne et personne ne vous emmerde, mais si la mort se passe à domicile, pourquoi alors imposer la sédation terminale ? pourquoi ne pas proposer une injection létale si tel est le choix du patient ? puisque c'est chez soi... on fait ce qu'on veut chez soi ! ! !
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   03.03.15 16:17

Alliance Vita

Fin de vie : sédater pour tuer la mort ?



Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, revient sur les enjeux du débat qui va s’ouvrir à l’Assemblée nationale le 10 mars, sur la proposition de loi fin de vie ecrite par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) à la suite d’un rapport remis au Président de la République, Francois Hollande, le 12 décembre dernier.
 
Comment s’annonce le débat sur la fin de vie qui débute à l’Assemblée nationale [url=x-apple-data-detectors://7/]le 10 mars[/url] ?
Tugdual Derville : Les opposants à l’euthanasie sont placés devant un choix truqué : si vous ne voulez pas de l’euthanasie, soutenez la proposition de loi Claeys-Leonetti ! Mais l’accord entre les deux députés autour du « droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès » entre déjà dans la logique de l’euthanasie, même si ce mot n’est pas prononcé. Les consciences sont trompées, et l’objection de conscience écartée.
 
Ce texte est soutenu par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs…
En réalité, les soins palliatifs sont divisés sur ce texte. Les spécialistes de ce débat reconnaissent qu’il est inutile de légiférer à nouveau ; Jean Leonetti l’avoue d’ailleurs quand on le lui demande. Beaucoup de soignants hostiles à l’euthanasie découvrent à quel point ce texte ne clarifie rien. Les concepts de « maintien artificiel » ou de « prolongation inutile » de la vie ouvrent à tous les abus. Cette loi n’est pas rédigée pour répondre à un besoin social — il suffirait de généraliser l’accès aux soins palliatifs — mais pour calmer une revendication idéologique. C’est indigne de la démocratie. Expliquer que ce texte est inutile, dangereux et déjà transgressif, c’est dire la vérité. Le taire, c’est faire le lit de l’euthanasie, quelle qu’en soit la forme. Déjà l’ADMD s’engouffre dans la faille du texte pour réclamer l’injection létale qui peut paraître plus humaine que la mort sous sédation par déshydratation.
 
François Hollande veut honorer sa promesse…
Le Président a « oublié » bien d’autres promesses, qui se sont révélées insensées. La formulation alambiquée de sa mesure 21 avec l’expression« terminer sa vie dans la dignité » souffre de multiples interprétations… Les Français ont aujourd’hui des préoccupations plus prioritaires, et ne veulent pas d’une nouvelle « bataille sociétale ».
 
Que pensez-vous du « mal-mourir » dont on taxe la France ?
Peut-on raisonnablement avancer qu’en 2015 on meurt dans des conditions pires que lorsqu’il n’y avait pas de soins palliatifs, d’analgésiques performants, pas de morphine, etc. ? En réalité, cette expression traduit l’angoisse croissante des Français devant la mort. Tout se passe comme si mourir naturellement était devenu impossible… Dans une société atomisée par l’individualisme, de nombreuses personnes sentent qu’elles risquent de mourir seules… L’hôpital a progressivement exclu la famille d’une fonction qui lui est propre : celle d’accompagner les siens jusqu’à la mort. Les rites de deuil sont escamotés. L’idée de sédation est tirée du chapeau comme pour « tuer la mort »…
 
Que reprochez-vous à la sédation ?
Il est paradoxal de plaider pour l’anesthésie générale au nom de l’autonomie, alors que la sédation interdit toute expression et toute relation et met le patient à la merci des soignants… C’est la raison pour laquelle la pratique de la sédation en fin de vie est exceptionnelle, et répond à des critères exigeants : solution de dernier recours, qui doit être réversible, et qui ne doit pas viser la mort. Or, ces trois critères sont supprimés dans la proposition Claeys-Leonetti… L’abandon du principe de double-effet est mortel.
 
On ne meurt pas de sédation…
Tout est question de dosage. Ce n’est pas pour rien que chaque intervention chirurgicale nécessite la présence d’un anesthésiste. En décidant que la sédation sera poursuivie jusqu’à la mort, il suffit de l’accompagner d’un arrêt de l’hydratation (abusivement considérée comme un traitement disproportionné) et la mort advient en quelques jours.
 
Le nouveau texte ne propose cette sédation qu’en fin de vie…
Dans deux cas sur trois évoqués oui. Mais l’étiquetage « fin de vie » est à double tranchant. S’il s’agit de favoriser l’accès aux soins palliatifs pour les personnes qui en relèvent, c’est bénéfique. Mais s’il s’agit de justifier une sédation, la pente est glissante. Toutes les études montrent que les médecins ne sont pas en mesure de prédire la survenue de la mort. Déjà, dans certaines maisons de retraite, l’étiquetage fin de vie conduit à des formes d’abandon en termes de traitements et de soins… Gare à un étiquetage valant condamnation à mort ! L’économie du texte de loi étant de garantir la mort sans tarder, cette dérive euthanasique est inéluctable. On se justifiera a posteriori en affirmant que le patient était en fin de vie. Ce sera invérifiable. Quant aux patients qui interrompront un traitement pour mourir, leur demande de sédation s’apparentera au suicide assisté.
 
Et le troisième cas ?
Il s’agit de patients lourdement cérébro-lésés. Ils ne sont pas en fin de vie mais très handicapés. La sédation assortie de l’arrêt d’alimentation et d’hydratation sera une forme d’euthanasie déniée. On prétextera des déclarations antérieures pour les éliminer. Qui les défendra ? Les Français ne voient pas la dignité de ces vies… Leurs soignants et leurs proches — qui n’ont pas été entendus par les auteurs de la loi — sont aujourd’hui conscients de cette grave menace.
 
Le tableau est décidément très noir…
Il l’est plus encore : 85 députés de l’actuelle majorité entendent introduire l’euthanasie explicite, par amendement. Nous devons donc nous préparer à une mobilisation massive.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   04.03.15 0:24

revue " La Vie "
Fin de vie : mieux que pire.
Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction
Créé le 03/03/2015 / modifié le 03/03/2015 à 19h10

On meurt mal en France : nous l’avons écrit souvent. Les soins palliatifs demeurent scandaleusement sous-financés et donc profondément inégalitaires. Sur cinq personnes qui en ont besoin, une seule y a accès. Mais le problème est bien plus vaste encore. Nul n’ignore qu’il risque de décéder ou de voir décéder ceux qu’il aime dans de médiocres conditions en maison de retraite, à l’hôpital, voire aux urgences. D’où la demande de mourir vite (l’euthanasie pure et simple) ou « en dormant » (la sédation terminale). Que ces revendications soient soutenues par une large partie de la population et relayées par les politiques n’a rien de surprenant. La plupart des praticiens le disent pourtant : dans les faits, elles disparaissent quand l’accompagnement médical, humain et spirituel existe véritablement. Alors, seule une minorité de personnes réclament encore le « droit à mourir », soit que leur souffrance échappe à tout traitement, soit, tout aussi rarement, au nom d’une idéologie de la « maîtrise de soi ».

La proposition de loi concoctée par Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) ne réglera en rien ce problème de fond. Le texte qui sera débattu la semaine prochaine à l’Assemblée nationale est d’ambition modeste et consensuelle. Il se contente de reconnaître comme un droit « la sédation profonde et continue » (pour faire simple, une forme d’endormissement jusqu’à la mort). Et il veut rendre obligatoire le respect des directives anticipées, par lesquelles une personne exprime à l’avance ses choix ultimes, pour réduire encore les possibilités d’acharnement thérapeutique. Cela pourra constituer un progrès dans certains cas, à condition que l’endormissement médicamenteux n’apparaisse pas progressivement comme une substitution facile et bon marché à l’accompagnement humain. Quant au caractère contraignant des directives anticipées, il entend faire progresser les droits du malade. Par définition toutefois, ces directives seront formulées de façon abstraite ; le caractère mécanique de leur application pourrait empêcher les praticiens de proposer un soin ajusté à des circonstances imprévues.

Ces « droits nouveaux » pourraient constituer un pas de plus vers l’abolition de l’interdit de tuer. C’est l’argument des opposants au texte, regroupés dans le collectif Soulager mais pas tuer, que parraine Philippe Pozzo di Borgo, l’inspirateur du film Intouchables. Déjà, on peut redouter que les personnes qui ne sont pas mourantes mais en état végétatif soient plus systématiquement « débranchées ». L’expérience étrangère doit toujours servir d’avertissement. De brèche en brèche, et de compromis en compromis, on en vient parfois à légitimer des dérives inacceptables. Ainsi, la ­Belgique a fini par autoriser l’euthanasie des mineurs et envisage de répondre positivement à la demande de détenus qui jugent la vie en prison insupportable.

Mais, à tout prendre, la proposition Leonetti-Claeys vaut mieux que pire. Voilà pourquoi beaucoup de professionnels des soins palliatifs l’approuvent, tandis que l’Église catholique ne la combat pas. Le texte ne reconnaît pas le « droit à mourir ». Il se situe nettement et courageusement en deçà des promesses de campagne de François Hollande. Sous sa formulation actuelle – et donc à la condition encore incertaine qu’il ne soit pas dénaturé lors de la discussion parlementaire –, il constitue le seul compromis possible entre des positions philosophiques irréconciliables. Il offre ainsi la dernière alternative réaliste à la légalisation pure et simple de l’euthanasie, voire à l’autorisation du suicide assisté que souhaitent certains activistes, puissamment relayés dans les médias et à l’Assemblée. La sagesse devrait conduire à voter la loi, sans illusion et sans modification.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 10:58

Le Quotidien du Médecin
Fin de vie : l’Ordre des médecins n’estime pas nécessaire une clause de conscience spécifique
 05/03/2015

Crédit photo : S. TOUBON


Une semaine avant l’examen en séance publique de la proposition de loi des députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie », le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) indique qu’il ne juge pas nécessaire d’instaurer une clause de conscience spécifique sur ce sujet.
Fin 2012, l’Ordre avait publié une « position de synthèse », en faveur d’une « sédation adaptée, profonde et terminale, délivrée dans le respect de la dignité », en cas de « requêtes persistantes, lucides et réitérées » d’une personne « atteinte d’une affection pour laquelle les soins curatifs sont devenus inopérants et les soins palliatifs instaurés ».

Équilibre de la PPL Leonetti-Claeys

« Le médecin a le devoir d’accompagner les souffrances mais il ne peut donner la mort », rappelle aujourd’hui le CNOM.
« Les préconisations de l’Ordre visent à empêcher l’obstination déraisonnable et à permettre à la médecine d’agir sur les souffrances, y compris par la sédation profonde et continue, en imposant dans le respect de la volonté exprimée une décision collégiale afin de protéger les patients et leurs familles d’une décision solitaire », poursuit-il.
« Ces positions ont été reprises dans le projet de loi Claeys-Leonetti. L’Ordre des médecins estime que grâce à l’équilibre trouvé du texte, une clause de conscience spécifique n’est pas nécessaire », conclut-il.
Seule l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est donc soumise à une clause de conscience spécifique, dans l’article 18 du Code de déontologie, qui se rajoute à la clause de conscience générale de l’article 47, qui vaut pour tout acte médical.
« Supprimer l’article 18 serait un casus belli », assurait au « Quotidien » le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la section Éthique et déontologie de l’Ordre des médecins. « On tient à cet article 18. C’est intangible. L’IVG n’est pas une situation pathologique a priori. Être enceinte n’est pas une maladie. L’IVG n’est donc pas un acte médical comme un autre. C’est une situation physiologique », insistait-il, alors que la délégation du droit des femmes (DDF) de l’Assemblée prévoit de déposer des amendements à la future loi de santé pour supprimer cette clause spécifique à l’IVG.
Coline Garré
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 11:01

CITATION=

" L’IVG n’est pas une situation pathologique a priori. Être enceinte n’est pas une maladie. L’IVG n’est donc pas un acte médical comme un autre. C’est une situation physiologique »,
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 11:11

La vieillesse est-elle une maladie ?

Le handicap est-il une maladie ?

La mort, une maladie ? un bien-portant peut mourir sans être malade.

La mort est une situation physiologique car chacun de nous va mourir.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 11:21

On choisit d'être enceinte ( dans la plupart des cas ) et on choisit ou non l'ivg ( en s'interrogeant sur la liberté de ce choix )


On ne choisit pas de mourir puisque nous mourrons tous inévitablement.


Alors nous demandons juste de choisir le moment et la manière de mourir.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 11:58

Personne ne choisit de naître !

Nous mourrons tous.

Laissez-nous le choix du moment et de la manière de notre mort à l'hôpital

Laissez-nous le choix
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 12:02

On ne veut pas mourir maintenant
On veut juste un droit au choix du moment et de la manière de notre mort
c'est tout
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 17:22

Fin de vie : décider de l'arrêt des soins

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr
rédigé le 5 mars 2015, mis à jour le 5 mars 2015

Faut-il les croire ? Peut-on leur faire confiance ?on est en droit d'en douter

L'arrêt des traitements est une notion qui a souvent été évoquée au moment de l'affaire Vincent Lambert. Quand les médecins ne peuvent plus guérir, il s'agit d'arrêter les soins qui maintiennent artificiellement en vie. Et si pour Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif chronique, la décision d'arrêter ou non les traitements est au coeur d'une bataille familiale, médicale, et judiciaire... dans la majorité des cas, beaucoup moins complexes, elle se prend simplement. Notamment quand les patients sont en état d'exprimer eux-mêmes leur volonté.

Comment est prise la décision d'arrêt des traitements ?

Le médecin ne peut déterminer seul s'il faut ou non arrêter les traitements. Les cas des patients sont examinés collégialement avec le personnel médical du service. "Quand un patient nous dit je ne veux plus tel traitement qui me maintient en vie, nous n'avons pas de marge de manoeuvre. Nous n'avons pas notre avis à donner. Si on pense que l'arrêt des traitements est complètement déraisonnable, on peut essayer de convaincre le patient que ce n'est pas une bonne idée. Mais dans le contexte actuel, nous devons respecter et appliquer la décision du patient", explique le Dr Bernard Devalois, responsable du service de médecine palliative du centre hospitalier René Dubos de Pontoise.

La décision d'arrêter les traitements chez une personne en fin de vie est donc prise au cas par cas, selon la maladie et le parcours de soins de chacun. Une situation parfois difficile à accepter pour les médecins. Et quand le malade a décidé d'en finir avec les traitements, le médecin doit aussi en informer la famille et l'aider à accepter cette décision.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 17:42

Que penser des soignants en unité de soins palliatifs de fin de vie (du style Maison Médicale Jeanne Garnier, je n'y ai jamais mis les pieds et je n'ai nullement l'intention de le faire) qui prescrivent des anti-dépresseurs pour que les patients qui vont bientôt mourir ne demandent plus une aide à mourir ?
Ces soignants ont l'impression de soulager, sans tuer...
en souhaitant de jamais se retrouver dans la situation du patient cloué sur son lit et qui attend la mort qui n'arrive pas
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   05.03.15 21:47


Loi sur la fin de vie : pro et anti-euthanasie se font entendre

Le Monde.fr | 05.03.2015 à 19h12

image: http://s2.lemde.fr/image2x/2015/03/05/534x0/4588389_6_5ecd_le-president-francois-hollande-recoit-le_ba9212b737f12d31e7fbbe1f46d2801e.jpg
Le Président François Hollande reçoit le rapport sur la fin de vie des mains des députés Jean Leonetti (à droite) et Alain Claeys le 12 décembre 2014.
A l’approche de l’examen du texte sur la fin de vie, pro et anti-euthanasie font monter la pression. Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 5 mars, le mouvement « Soulager mais pas tuer » a dénoncé, « une loi inutile, dangereuse et transgressive ».

Un rassemblement sera organisé le jour de l’examen du texte à 13 heures sur la place des Invalides avant de lancer, si cela est nécessaire, une mobilisation nationale rapide pour « protéger les personnes vulnérables ». Le collectif, qui regroupe plusieurs associations dont certaines pro-vie comme Alliance Vita, des médecins et des patients, réclame « le maintien de l’interdiction de tuer qui constitue le fondement de la confiance entre soignants et soignés ».

« Soulager mais pas tuer » craint qu’avec l’adoption de ce texte, « un protocole automatisé de sédation profonde soit instauré, entérinant ainsi la pratique du suicide assisté en France ». L’examen du texte, préparé par Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS), (qui débutera mardi 10 mars à l’Assemblée nationale) prévoit notamment « une sédation profonde et continue » pour des patients en phase terminale ou maintenus artificiellement en vie.

Mettre la pression

« Nous ne voulons pas être la main qui tue, mais la main qui soigne », a ainsi résumé Alix Fresnais, étudiante en 4e année de médecine. Le but de la mobilisation est clair : mettre la pression sur les députés. « La loi Leonetti de 2005 est la plus belle du monde. Il ne faut pas la modifier pour des raisons purement politiques. Les médecins n’ont même pas été consultés ou trop peu », s’est indigné le docteur François Bertin-Hugault.

Dans un dernier silence, Cyrille Jeanteur, atteint du locked-in syndrome, transmet un message à sa femme Magali. Paralysé et ne pouvant pas parler, elle retranscrit à voix haute ses mots : « Je suis Cyrille, je suis vivant, je veux vivre ». Quelques années plus tôt, un de ses gestes mimant un revolver avait conduit les médecins à arrêter les soins. Sa femme l’a alors changé de service et son état s’est amélioré. Cyrille lui a confié par la suite qu’il n’a jamais demandé à mourir. « Avec cette nouvelle loi, il serait mort. Il ne faut pas que l’étiquetage « fin de vie » amène à une mort certaine », dit Magali.

Mais la proposition de loi Claeys-Leonetti, qui prône une « mort apaisée », est également rejetée par les partisans de l’euthanasie qui trouvent qu’elle ne va pas assez loin. L’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui organise également un rassemblement mardi 10 mars place Edouard Herriot à Paris, dénonce « l’instauration d’une mort lente causée par l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du patient ».

L’association précise que la sédation existe déjà en France et qu’il « serait plus humain d’aider un patient qui souffre à mourir grâce à un produit létal. Chacun doit pouvoir disposer de sa fin de vie comme il l’entend ». La promesse d’une « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » faisait partie des engagements de campagne de François Hollande qui soutient ce texte. Or, pour l’ADMD, cet engagement était synonyme d’une aide active à mourir. D’ores et déjà, 85 parlementaires de la majorité ont fait savoir qu’ils voteraient un amendement visant à mettre en place une aide active à mourir. De quoi inquiéter un peu plus le collectif « Soulager mais pas tuer ».

Yohan Blavignat

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2015/03/05/loi-sur-la-fin-de-vie-pro-et-anti-euthanasie-se-font-entendre_4588390_1655257.html#q53FA0aIwWLjvcfr.99
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   06.03.15 12:17


Fin de vie: la proposition PS-UMP est "inutile" et "dangereuse", selon des anti-euthanasie

Par AFP le 05 mars 2015

L'organisation anti-euthanasie Soulager mais pas tuer a dénoncé, jeudi, la proposition de loi d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) sur la fin de vie comme "inutile" et "dangereuse" et mis en garde contre des amendements qui rendraient "plus explicitement" possible l'euthanasie.

Ce texte PS-UMP de 11 articles qui se veut relativement consensuel et permettrait une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour les personnes en fin de vie, sera examiné dans l'hémicycle les 10 et 11 mars avant un vote solennel le 17.

"Cette proposition de loi est inutile et dangereuse. Elle est déjà partiellement transgressive si l'interprétation de ses dispositions va dans le sens que nous craignons", a déclaré Tugdual Derville, porte-parole de Soulager mais pas tuer, un collectif d'associations emmenées par Alliance Vita, un mouvement proche de la Manif pour tous.

Cette organisation estime que le droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès "entretient une confusion" et "suggère qu'on pourrait l'utiliser comme alternative à l'euthanasie".

"La sédation jusqu'au décès risque de devenir un moyen expéditif pour étouffer à bon compte les plaintes au lieu d'aider les personnes qui ont besoin d'écoute, de relations et d'accompagnement" estime-t-elle.

L'organisation appelle à se rassembler le mardi 10 mars près de l'Assemblée nationale "pour manifester notre vigilance et nos réticences face à cette proposition de loi" a déclaré M. Derville.

L'association pro-euthanasie ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) rejette également ce texte, pour des raisons diamétralement opposées. Elle estime qu'il ne va pas assez loin vers le droit à l'euthanasie active.

"Nous ne voulons pas de cette loi car nous ne voulons pas mourir de faim et de soif après plusieurs jours d'une agonie lente et hypocrite" proclame l'association dans un appel à se "rassembler pacifiquement" ce même mardi également devant l'assemblée.

ADMD promet de soutenir les députés "qui veulent aller plus loin en légalisant une aide active à mourir telle qu'elle existe déjà dans les pays du Benelux".

Lors de l'examen du texte en commission, un amendement signé par près de 85 députés socialistes et prévoyant la possibilité d'une "aide médicalisée active" pour une fin de vie "dans la dignité" a été retiré pour être retravaillé.

François Hollande avait promis durant la campagne présidentielle un nouvelle loi sur la fin de vie pour dépasser l'actuelle loi Leonetti qui, depuis 2005, interdit l'acharnement thérapeutique, autorise l'arrêt des traitements lorsqu'ils sont jugés "disproportionnés" ainsi que l'administration de substances anti-douleur à des doses pouvant avoir comme "effet secondaire d'abréger" la vie.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   07.03.15 15:55


La fin de vie arrive au Parlement

Le Point - Publié le 07/03/2015 à 11:09 - Modifié le 07/03/2015 à 11:27

Mardi prochain, l'Assemblée nationale commencera à examiner la proposition de loi sur la fin de vie, présentée par le PS et l'UMP.

Un "kit d'euthanasie" en Belgique. Le pays a autorisé l'euthanasie en 2002.

Un "kit d'euthanasie" en Belgique. Le pays a autorisé l'euthanasie en 2002. © Etienne Ansotte / AFP

La proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie sera débattue à partir de mardi à l'Assemblée nationale. Mais la proposition, soutenue par le chef de l'État, continue de diviser. Une partie de la gauche souhaite légaliser le suicide assisté et l'euthanasie, alors que certains députés UMP veulent en rester à la loi Leonetti de 2005.

Le texte d'Alain Claeys (PS) et, de nouveau, de Jean Leonetti (UMP), issu d'une mission confiée par le gouvernement dans un esprit de consensus, promeut un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour les malades conscients dont les traitements sont inefficaces et dont les jours sont comptés, et pour ceux qui font l'objet de traitements qui les maintiennent artificiellement en vie. Il prévoit aussi de rendre contraignantes pour les médecins les "directives anticipées", dans lesquelles chacun peut stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique. Le texte de onze articles n'évoque ni l'euthanasie ni le suicide assisté. Le président de l'Assemblée Claude Bartolone (PS), qui s'est prononcé pour la légalisation de ces deux pratiques dans certains cas, présidera la séance mardi.


Lutter contre "les inégalités face à la mort"

Un millier d'amendements ont été déposés, qui seront examinés jusqu'à mercredi soir au moins, avant un vote global de la proposition de loi le mardi 17 mars.

Pro et anti-euthanasie se rassembleront dès mardi chacun de leur côté aux abords du Palais Bourbon. L'organisation "soulager mais pas tuer" considère que la proposition de loi est "inutile", voire "dangereuse". L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) le rejette, car il ne va pas assez loin vers le droit à l'euthanasie active.

Pour Alain Claeys, si le texte "ne règle pas tout", notamment pour ceux souffrant de maladies de dégénérescence cérébrale ou pour les prématurés, il va répondre à "des dizaines et des dizaines de cas", permettre d'unifier les pratiques et de lutter contre "les inégalités face à la mort". Il n'a aucune chance d'être adopté à l'unanimité comme la précédente loi Leonetti de 2005, mais l'élu UMP se féliciterait qu'il soit "voté par des hommes de droite et de gauche".

"Texte d'équilibre"

Les groupes politiques à l'Assemblée ont laissé la liberté de vote sur ce sujet intime et sensible, mais globalement PS et droite le soutiennent. C'est "un bon texte d'équilibre" s'il "ne dérive pas par des amendements contraires à l'esprit des deux rapporteurs", selon le patron des députés UMP Christian Jacob. Cependant, une frange de son groupe, notamment les membres de la conservatrice Entente parlementaire, qui promet d'être fortement mobilisée dans l'hémicycle via des salves d'amendements, prône plutôt un développement des soins palliatifs et s'élève contre un possible "droit à la mort". La plupart des centristes UDI adhèrent au texte Claeys-Leonetti qui permet "d'aller plus loin pour une meilleure prise en charge des douleurs profondes et une meilleure acceptation de la fin de vie pour nos compatriotes", selon leur chef de file Philippe Vigier.


Le vote devrait aussi être majoritairement favorable au groupe du Front de gauche. Mais parmi les socialistes, quelque 120 députés ne se satisfont pas de la proposition Claeys-Leonetti et ont signé un amendement pour une "assistance médicalisée active à mourir", fidèle à leurs yeux à la promesse du candidat Hollande en 2012. Parmi eux, des figures de l'Assemblée comme la présidente de la commission des affaires sociales Catherine Lemorton, le premier questeur Bernard Roman ou encore le président de l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, Jean-Yves Le Déaut. Certains sont prêts à s'abstenir sur le texte UMP-PS actuel.

Marisol Touraine va représenter le gouvernement


Les écologistes et radicaux de gauche ont des propositions identiques. Les premiers ont défendu en vain en janvier leur propre proposition de loi légalisant l'euthanasie. Le sujet est également cher aux seconds, qui ne voient qu'un "progrès minime" dans le texte PS-UMP. Pour Jean-Louis Touraine, premier signataire de l'amendement PS "de conviction" et professeur de médecine, l'élargissement de la palette de choix du patient à une aide active à mourir, dans des conditions très encadrées, est "une avancée inéluctable, inscrite dans l'histoire". Et, assure-t-il, "nous sommes plus modérés que la proposition de loi socialiste de 2009 sur le droit de finir sa vie dans la dignité dont Manuel Valls était le rapporteur !"

Ce texte avait été également signé par Marisol Touraine, l'actuelle ministre de la Santé qui représentera le gouvernement cette semaine.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 9:10

Fin de vie : les pro et anti-euthanasie ont aiguisé leurs armes


La proposition de loi sur la fin de vie se veut consensuelle. Mais l'ambiance est tendue avant le débat de mardi dans l'hémicycle. À gauche, un amendement pro-euthanasie a reçu le soutien de 122 députés PS. À droite, des élus de l'Entente parlementaire pour la Famille ont déposé quelque 1000 amendements sur le texte.
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La guerre parlementaire de l'euthanasie aura-t-elle lieu? Dix ans après l'adoption de la loi Leonetti, l'Assemblée nationale se saisit à nouveau mardi et mercredi du sujet sensible de la fin de vie. Conçue dans un «esprit de rassemblement», une nouvelle proposition de loi, rédigée avec précaution par le duo de députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), ne s'engage pas sur la voie de la légalisation de l'euthanasie. Le texte de onze articles entend consacrer deux nouveaux droits du patient: un droit à «une sédation profonde et continue» pour les malades aux souffrances inapaisables dont le pronostic vital est engagé à court terme et un droit à voir respecter sa volonté en fin de vie grâce à des directives anticipées contraignantes.
Cette proposition «d'équilibre», qui a reçu le soutien appuyé du chef de l'État, déçoit les partisans d'une aide active à mourir et inquiète les défenseurs du statu quo. Bien que le texte soit soutenu par le gros des troupes du l'UMP et le PS, les groupes politiques ont laissé aux députés une liberté de vote sur ce sujet de société qui fait appel à la conscience et aux convictions personnelles de chacun.

Légaliser l'euthanasie et le suicide assisté

Mais la liste des mécontents s'est allongée à l'approche du débat dans l'hémicycle. Ainsi, pas moins de 122 députés PS (sur 286) ont signé un amendement pour légaliser l'euthanasie et le suicide assisté, rédigé par Jean-Louis Touraine, député PS du Rhône et Philippe Cordery, député PS des Français de l'étranger. Un chiffre assez conséquent pour briser le consensus souhaité par François Hollande et qui illustre la fracture du PS sur la question de la fin de vie. Parmi les «frondeurs» de l'euthanasie, Benoît Hamon, l'ex-ministre de l'Éducation Nationale, Carlos Da Silva, suppléant de Manuel Valls dans l'hémicycle, Sandrine Mazetier, vice-présidente de l'Assemblée Nationale, le premier questeur, Bernard Roman ou encore Catherine Lemorton, présidente de la Commission des Affaires Sociales ont signé cet amendement.
Ce dernier propose que tous les patients «en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable», puissent demander «une assistance médicalisée active à mourir». Cette demande, révocable, serait étudiée par un collège de trois médecins. Après leur accord, la dose létale de sédatifs serait administrée «soit par le patient lui-même en présence du médecin, soit par le médecin» et «dans un délai maximal de quatre jours après la confirmation de la demande par le patient».
Très mobilisés sur ce sujet, les écologistes et les radicaux de gauche défendent eux aussi un amendement sur une aide active à mourir. «J'ai aussi déposé un amendement «de repli» sur le suicide assisté, une pratique qui pose moins de problèmes aux députés», précise la députée écologiste Véronique Massoneau.

«C'est serré», reconnaît-t-on dans l'entourage de Leonetti

Cette mobilisation des pro-euthanasie inquiète-t-elle les auteurs de la proposition de loi? «C'est serré, reconnaît-t-on dans l'entourage de Jean Leonetti. Si un amendement sur l'aide active à mourir passe, ce serait un affront à François Hollande qui a fait sienne la proposition de Jean Leonetti et Alain Claeys. Si leur texte est dénaturé, ils refuseront de continuer à en être les rapporteurs et quitteront l'hémicycle». «Avec cette proposition de loi, nous répondons à la douleur, au sentiment d'abandon et au désespoir d'un grand nombre de personnes à la fin de leur vie. Le développement des soins palliatifs est également un élément essentiel pour lutter contre le «mal mourir». La réponse ne peut pas être l'euthanasie», défend le co-auteur du texte, Alain Claeys.

L'Entente parlementaire pour la famille a déposé 1000 amendements sur le texte

Du côté des inquiets, l'Entente parlementaire pour la Famille compte également faire entendre sa voix. Après avoir ferraillé sans relâche contre la loi «mariage pour tous» et la loi «famille» (APIE), ce groupe de travail conservateur composé de députés UMP et de quelques UDI a une stratégie bien rodée qu'il semble décidé à mettre à nouveau en œuvre. Une vingtaine de parlementaires, convaincus de la nécessité de développer les soins palliatifs plutôt que de retoucher à la législation actuelle sur la fin vie, ont déposé pas moins de 1000 amendements sur le texte.
«Nous avons déposé des amendements de suppression sur les trois premiers articles du texte afin de rappeler l'importance des soins palliatifs, explique l'UMP Philippe Gosselin. Tous les autres amendements visent à lever les ambiguïtés, notamment sur la sédation et à permettre que les débats parlementaires soient le mode d'emploi de cette proposition de loi. Nous avons la volonté d'aller au fond des choses. L'ambiance est grave mais elle n'est pas électrique. Nous pourrons voter des amendements de cette proposition de loi si nous sommes rassurés sur le sens de certains mots». Mardi et mercredi, le match des «pro» et des «anti» sera arbitré Claude Bartolone (PS), le président de l'Assemblée qui s'est prononcé fin novembre pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie dans certains cas.

«Soulager mais pas tuer» et l'ADMD appellent chacun de leur côté à des manifestations

Le combat se jouera aussi à l'extérieur de l'hémicycle. Le mouvement Soulager mais pas tuer, qui dénonce une proposition de loi «dangereurse et ambiguïe» et s'inquiète d'une «menace d'euthanasie», réunira ses troupes sur l'esplanade des Invalides à 12h30. L'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), opposée à une nouvelle loi Leonetti «hypocrite et inhumaine», organise pour sa part un rassemblement à 14 heures près de l'Assemblée Nationale.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 13:10


Une loi contre le « mal mourir »

Le Monde.fr | 09.03.2015 à 09h54 • Mis à jour le 09.03.2015 à 10h15

Francois Hollande, Alain Clayes et Jean Leonetti, le 12 décembre 2014
Par Jean-Marc Ayrault, Michèle Delaunay, Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux

Nous aurons à nous prononcer dans quelques jours sur la proposition de loi Claeys-Leonetti. Pour nous socialistes, elle répond à la demande des Français.

Nos concitoyens souhaitent mourir dans l’apaisement et conformément à leur volonté. Mettons sur cette évidence les mots que nous voulons, c’est bien vers elle que nous progressons pas à pas collectivement au gré des lois de 1999, 2002, 2005.

Car les Français ne souhaitent plus mourir dans les conditions actuelles tant elles sont parfois inacceptables. Oui, le mal mourir est encore trop présent dans notre Pays.

Les conditions de fin de vie sont aujourd’hui radicalement différentes selon qu’une personne meurt à domicile, en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou en établissement hospitalier. Elles le sont également en fonction des régions et au sein même des établissements de soins qui, selon les services, n’ont pas les mêmes pratiques et n’offrent donc pas, in fine, les mêmes qualités d’accompagnement.

L’uniformisation des pratiques et leur amélioration, doivent constituer les premières avancées du texte que nous soutenons au Parlement.

L’accompagnement des malades

Avant tout, nous devons donc offrir l’accès égal pour tous aux soins palliatifs. Le chemin à parcourir est grand. Il commence par faire évoluer, pour l’ensemble des équipes de soins, leur rapport à la mort et donc à la culture palliative. C’est dans ce but que le président de la République a annoncé, le 12 décembre dernier, la mise en place, dès la prochaine rentrée universitaire, d’un enseignement spécifique consacré à l’accompagnement des malades. Il sera obligatoire, commun à tous les étudiants et intégré à toutes les formations sanitaires, études de médecine comme diplômes d’état.

Il faut que cessent de s’opposer soins curatifs et palliatifs. Cela n’a pas de sens. Ils sont les deux faces d’une même médaille. La culture palliative doit irriguer tout le corps médical, quelle que soit sa spécialité. Le progrès de la médecine ne peut être seulement technique. Il faut désormais que cohabitent très en amont soins curatifs et palliatifs, que l’un prenne insensiblement le relais de l’autre pour accompagner le patient au bout de son chemin.

C’est avec ce dispositif que vient s’articuler la proposition de loi Claeys-Leonetti. Elle ouvre un droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les personnes atteintes d’une affection grave et incurable dont le pronostic vital est engagé à court terme et qui ont la volonté d’éviter toute souffrance et de ne pas prolonger, selon eux, inutilement leur vie.

Cette même sédation sera mise en œuvre pour une personne souhaitant arrêter les traitements qui la maintiennent en vie ou lorsqu’une équipe médicale l’aura décidé dans le cadre du refus de l’obstination déraisonnable.

Dépasser les clivages habituels

Ce droit à la sédation s’accompagnera du respect, jusqu’à la dernière heure, de l’autonomie de décision du patient. C’est en ce sens que les directives anticipées s’imposeront aux médecins si le patient n’est plus en état de s’exprimer.

Sur une question aussi intime, aussi complexe, aussi sensible que la fin de vie, le président de la République a fait le choix du rassemblement le plus large. Avec raison, il a considéré qu’il ne fallait pas diviser la nation en privilégiant les marges, mais au contraire la réunir en avançant par son cœur. Le résultat est, nous le pensons, à la hauteur de l’enjeu.

Culture palliative développée, nombre d’unités de soins palliatifs augmenté, droit à la sédation, directives anticipées contraignantes, ces différentes avancées sont le fruit d’un dépassement et non d’un compromis. Comme toujours, le tout est ici supérieur à la somme des parties. Le cheminement intellectuel pratiqué par deux députés venus d’horizons politiques différents, a produit un texte qui dépasse les clivages habituels et constitue le socle majoritaire de notre pays. Le premier ministre a d’ailleurs observé que cette proposition de loi portait la marque de l’équilibre souhaité et du progrès nécessaire.

Bien sûr, ce texte n’a pas vocation à épuiser le débat sur la fin de vie. Par nature, il se poursuivra au gré des évolutions de notre société. Il n’y a pas dans ce domaine de vérité. Il n’y a que des perceptions qui pour être différentes, n’en sont pas moins légitimes et respectables. Chacun d’entre nous, au-delà de ses convictions, souhaite d’abord et avant tout réduire les fractures qui aujourd’hui rendent inégales les conditions de fin de vie de nos concitoyens.

Avec la proposition de loi Claeys-Leonetti, nous avons collectivement la possibilité de faire progresser les conditions de fin de vie de milliers de nos concitoyens. Saisissons là. Les occasions manquées ne se retrouvent pas.



Les auteurs sont députés PS. Jean-Marc Ayrault est ancien premier ministre. Michèle Delaunay est ancienne ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie. Bruno Le Roux préside le groupe PS à l’Assemblée nationale. Jean-Christophe Cambadélis est le premier secrétaire du PS.

Cent vingt-cinq députés cosignent ce texte et l’approuvent. Retrouvez la liste complète sur le blog de Michèle Delaunay.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/09/une-loi-pour-que-cesse-le-mal-mourir_4589694_3232.html#4m51IuMfwBSzL6x4.99
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 13:12

Vous êtes des menteurs et des manipulateurs
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 13:16

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MessageSujet: vidéo   09.03.15 13:20

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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 14:34


Proposition de loi sur la fin de vie : vers la sédation pour tous?
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Par Tugdual Derville
Publié le 09/03/2015 à 13:47

Crédits photo: LOUIS OLIGNY/BSIP

FIGAROVOX/TRIBUNE - À l'instar de l'Académie nationale de médecine, le porte-parole du collectif «Soulager mais pas tuer» dénonce l'interprétation abusive du terme «sédation» employé dans le projet de loi sur la fin de vie.

Tugdual Derville est fondateur d'À bras ouverts, auteur de «La Bataille de l'euthanasie» (Salvator). Il est délégué général d'Alliance VITA et porte-parole du collectif Soulager mais pas tuer.


Une expression a émergé dans le débat fin de vie: le mal-mourir. Est-ce le reflet des lacunes de notre système de santé ou d'une angoisse de plus en plus grande devant la mort, à cause de l'isolement?


Le CCNE souligne la mauvaise application de la loi du 9 juin 1999 censée «garantir le droit à l'accès aux soins palliatifs». Ils demeurent le parent-pauvre de notre système de santé.

Les deux, répond le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE). Son rapport du 23 octobre 2014 dénonce «le scandale que constitue, depuis 15 ans, le non accès aux droits reconnus par la loi, la situation d'abandon d'une immense majorité des personnes en fin de vie, et la fin de vie insupportable d'une très grande majorité de nos concitoyens». Constat atterrant quand on pense aux progrès de la médecine dans la lutte contre la douleur -par exemple l'usage de la morphine -et le déploiement des soins palliatifs depuis trente ans. Mais justement le CCNE souligne la mauvaise application de la loi du 9 juin 1999 censée «garantir le droit à l'accès aux soins palliatifs». Ils demeurent le parent-pauvre de notre système de santé.

Le président de la République avait pourtant reconnu, le 17 juillet 2012, que leur dispositif restait «très insuffisant», et s'était engagé: «Nous devons combler ce retard». Deux ans et demi plus tard, rien n'a été fait. Nous attendons toujours le plan pluriannuel de développement des soins palliatifs, en panne depuis 2012. La Cour des comptes, qui titre son rapport du 11 février 2015 «Les soins palliatifs: une prise en charge très incomplète», dénonce les disparités régionales et l'abandon d'objectifs, notamment pour les prises en charge extrahospitalières et l'accompagnement des personnes âgées en établissement d'hébergement. Interrogée sur Europe1 le 9 mars 2015, une nonagénaire qui projette de se suicider en Suisse quand elle sera dépendante avoue «mes enfants font un peu la grimace», tout en déplorant aussitôt que «les jeunes générations ne se sentent plus responsables de leurs vieux».


La Cour des comptes, qui titre son rapport du 11 février 2015 «Les soins palliatifs: une prise en charge très incomplète», dénonce les disparités régionales et l'abandon d'objectifs.

Plutôt que de prendre ce défi à bras le corps en luttant contre l'isolement des personnes âgées et leur abandon, voilà qu'on nous propose une nouvelle loi. Le texte débattu à partir du 10 mars commence par une promesse osée: «Toute personne a droit à une fin de vie digne et apaisée». Tiré du chapeau, surgit un nouveau «droit à une sédation profonde et continue jusqu'au décès». Les soignants seront surpris de la façon dont est détaillé l'exercice d'un tel «droit». Les formules utilisées entretiennent la confusion. S'agit-il d'endormir le patient qui va mourir, ou de l'endormir pour le faire mourir?


L'Académie nationale de médecine a relevé, le 6 mars, l'«interprétation erronée, abusive ou tendancieuse du terme sédation» que favorise l'ambiguïté du texte proposé. Pour elle, la «sédation terminale» relève de l'«euthanasie active» ou du suicide assisté.

L'Académie nationale de médecine a relevé, le 6 mars, l'«interprétation erronée, abusive ou tendancieuse du terme sédation» que favorise l'ambiguïté du texte proposé. Pour elle, la «sédation terminale» relève de l'«euthanasie active» ou du suicide assisté. Elle est contraire à la mission du médecin. C'est bien un nouveau protocole euthanasique qui arrive, masqué, avec la sédation associée à l'arrêt de l'hydratation. La mort est garantie en quelques jours. L'étiquetage «fin de vie», censé favoriser l'accès aux soins palliatifs, se retourne en «arrêt de vie». Simplement, on aura évité le mot «euthanasie» qui divise. Et les médecins auront été privés au passage de toute clause de conscience.

Endormir les patients et endormir l'opinion relèvent d'une même logique politique: façon expéditive de se débarrasser d'un problème complexe, qu'on ne peut régler ni par de nouveaux protocoles de fin de vie, ni à coup de sondages d'opinion. L'enquête approfondie de l'Espace de réflexion éthique de Picardie achevée en février 2014 le montre. Sur 1523 verbatims recueillis à propos de la fin de vie à domicile, le sujet de «l'aide à mourir», qui se révèle marginal (93 verbatims), est vu essentiellement comme une tentation (81) ou comme une peur (8). Et dans 3 cas seulement comme un attrait.

C'est finalement un choix truqué qui est imposé aux parlementaires, entre une nouvelle loi fin de vie inutile, dangereuse et déjà transgressive, abusivement présentée comme consensuelle, et la surenchère des députés de la majorité présidentielle pour l'amender dans un sens explicitement euthanasique. Nous avons toutes les raisons de nous mobiliser.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 15:31


Texte PS-UMP sur la fin de vie: 124 députés socialistes signent une tribune en soutien

- Publié le 09/03/2015 à 15:14

Les députés UMP Jean Leonetti (d) et PS Alain Claeys (c) remettent leur rapport sur la fin de vie au président François Hollande, le 12 décembre 2014 à l'Elysée à Paris
Les députés UMP Jean Leonetti (d) et PS Alain Claeys (c) remettent leur rapport sur la fin de vie au président François Hollande, le 12 décembre 2014 à l'Elysée à Paris © POOL/AFP/Archives - Jacky Naegelen

Cent vingt-quatre députés socialistes ont signé une tribune publiée lundi sur lemonde.fr en soutien à la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie, "à la hauteur de l'enjeu" selon eux, examinée à partir de mardi à l'Assemblée.

D'un autre côté, quelque 120 autres députés PS ne se satisfont pas de la proposition de loi d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), et ont signé un amendement pour une "assistance médicalisée active à mourir", c'est-à-dire le suicide assisté et l'euthanasie dans certains cas. Le groupe PS à l'Assemblée compte 288 membres, dont 14 apparentés.

Intitulée "Fin de vie: de nouveaux droits pour chaque personne", la tribune en faveur de la proposition de loi soumise au Parlement, à l'initiative de la porte-parole du groupe socialiste sur ce texte, Michèle Delaunay, est signée par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le président du groupe Bruno Le Roux, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et encore les anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti notamment.

La proposition de loi Claeys-Leonetti, qui vise à instaurer un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort, "répond à la demande des Français", alors que "le mal mourir est encore trop présent dans notre pays", estiment-ils.

"L'uniformisation des pratiques et leur amélioration, doivent constituer les premières avancées du texte que nous soutenons au Parlement" et "avant tout, nous devons donc offrir l'accès égal pour tous aux soins palliatifs", insistent ces députés.

Le droit à la sédation "s'accompagnera du respect, jusqu'à la dernière heure, de l'autonomie de décision du patient" grâce aux directives anticipées qui "s'imposeront aux médecins si le patient n'est plus en état de s'exprimer". "Ces différentes avancées sont le fruit d'un dépassement et non d'un compromis", d'après eux.

"Sur une question aussi intime, aussi complexe, aussi sensible que la fin de vie, le président de la République a fait le choix du rassemblement le plus large. Avec raison, il a considéré qu'il ne fallait pas diviser la Nation en privilégiant les marges, mais au contraire la réunir en avançant par son coeur. Le résultat est, nous le pensons, à la hauteur de l'enjeu", ajoutent les 124 parlementaires.

Selon eux, les auteurs de la proposition de loi ont abouti à un texte "qui dépasse les clivages habituels et constitue le socle majoritaire de notre Pays", même s'il n'a "pas vocation à épuiser le débat sur la fin de vie".

09/03/2015 15:14:26 - Paris (AFP) - © 2015 AFP
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 15:36

à mon avis, tout a été fait exprès, tout a été manipulé, afin qu'il y ait une autre proposition de loi pour le candidat socialiste éventuel en 2017
si ce n'est pas morbide !



Vous êtes malades, les gens de l'UMP-PS !
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 17:26

Edition pour abonnés

La médecine est sous la menace d’un danger d’euthanasie

LE MONDE | 09.03.2015 à 13h47 • Mis à jour le 09.03.2015 à 14h34

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/09/la-medecine-est-sous-la-menace-d-un-danger-d-euthanasie_4589984_3232.html#TjjCgkx6BRR6i3lV.99

DANCE JOY KING
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 17:31

On pourra dire " bonjour docteur " et " adieu docteur " ! ! ! ! !

Plusieurs fois je leur ai dit ou je leur ai écrit :

"Adieu Docteur, je vais voir quelqu'un d'autre, je ne suis pas un cobaye "
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 17:46

Par contre, ce qui est inquiétant, ce sont les produits et leur dosage employés car tous les anesthésistes les utilisent ...

Pas compliqué d'euthanasier, il suffit d'augmenter la dose ou de ne pas réveiller

Les patients demanderont de moins en moins d'anesthésie générale

c'est peut-être fait exprès ? pour généraliser la chirurgie ambulatoire par souci d'économie ?
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 18:04

Pro-vie et pro-euthanasie se rassemblent
François Hollande voulait le rassemblement ...
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 19:18


Société | 9 mars 2015 le JDD

Fin de vie : bataille de pétitions avant le débat à l'Assemblée

Alors que le projet de loi sur la fin de vie est examiné à l'Assemblée nationale à partir du 10 mars, partisans et opposants du projet s'affrontent par pétitions interposées.



Cent vingt-quatre députés socialistes ont signé une tribune publiée lundi sur lemonde.fr en soutien à la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie, "à la hauteur de l'enjeu" selon eux, examinée à partir de mardi à l'Assemblée. Intitulée "Fin de vie: de nouveaux droits pour chaque personne", la tribune en faveur de la proposition de loi soumise au Parlement, à l'initiative de la porte-parole du groupe socialiste sur ce texte, Michèle Delaunay, est signée par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le président du groupe Bruno Le Roux, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et encore les anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti notamment.

Tribune commune des représentants des trois religions monothéistes

La proposition de loi Claeys-Leonetti, qui vise à instaurer un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort, "répond à la demande des Français", alors que "le mal mourir est encore trop présent dans notre pays", estiment-ils. "L'uniformisation des pratiques et leur amélioration, doivent constituer les premières avancées du texte que nous soutenons au Parlement" et "avant tout, nous devons donc offrir l'accès égal pour tous aux soins palliatifs", insistent ces députés.

Le droit à la sédation "s'accompagnera du respect, jusqu'à la dernière heure, de l'autonomie de décision du patient" grâce aux directives anticipées qui "s'imposeront aux médecins si le patient n'est plus en état de s'exprimer". "Ces différentes avancées sont le fruit d'un dépassement et non d'un compromis", d'après eux.

Dans une tribune au Monde, les responsables des cultes musulmans, juifs, protestants, orthodoxes et catholiques s'inquiètent, eux, d'une la loi sur la fin de vie. "Nous lançons un appel commun, inquiet et pressant, pour qu’une éventuelle nouvelle loi ne renonce en aucune façon à ce principe fondateur : toute vie humaine doit être respectée spécialement au moment où elle est le plus fragilisée. Nous demandons que cette loi civile soit civilisatrice, c’est-à-dire qu’elle aide à vivre et à mourir, sans jamais écourter la vie, sans jamais décider de donner la mort. Nous voulons qu’elle s’entoure d’un large consensus autour de principes clairs, sûrs que la moindre équivoque en ce domaine générera, à terme, la mort d’innombrables personnes sans défense," écrivent Philippe Barbarin (cardinal, archevêque de Lyon), François Clavairoly (président de la Fédération protestante de France), monseigneur Emmanuel (métropolite de France, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France), Haïm Korsia (grand rabbin de France) et Mohammed Moussaoui (président de l’Union des mosquées de France et président d’honneur du Conseil français du culte musulman).

D'un autre côté, quelque 120 autres députés PS ne se satisfont pas de la proposition de loi d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), et ont signé un amendement pour une "assistance médicalisée active à mourir", c'est-à-dire le suicide assisté et l'euthanasie dans certains cas. Le groupe PS à l'Assemblée compte 288 membres, dont 14 apparentés.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   09.03.15 20:22


Fin de vie: Bartolone souhaite "un débat apaisé" sur "une de ces lois qui font l'histoire"

- Publié le 09/03/2015 à 20:04

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, le 4 mars 2015 dans l'hémicycle, à Paris
Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, le 4 mars 2015 dans l'hémicycle, à Paris © AFP/Archives - Loïc Venance

Claude Bartolone a souhaité que la proposition de loi sur la fin de vie, "l'une de ces lois qui font l'histoire", fasse l'objet d'un "débat apaisé" à l'Assemblée, sans "opinions mises à l'index", dans un billet lundi sur son blog.

Persuadé que la proposition de loi Claeys-Léonetti créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie suscitera "un débat qui marquera, à n'en pas douter, cette législature", après le texte sur le mariage pour tous, et débouchera sur "une de ces lois qui font l'histoire", le président PS de l'Assemblée nationale a souligné que la fin de vie "mérite un grand débat" et "un débat apaisé, qui refuse les caricatures et les polémiques".

"Je le souhaite et j'y veillerai tout au long des discussions qui auront lieu mardi 10 et mercredi 11 mars. Parce que la dignité humaine et les droits du malade doivent être au coeur de cette loi, il ne peut, il ne doit pas y avoir d'opinions mises à l'index mais un respect mutuel", a mis en garde M. Bartolone, qui présidera lui-même les séances de mardi.

Outre "un sujet de société", la fin de vie est "un sujet social", car c'est "un moment de la vie où les inégalités sociales déjà présentes et inacceptables tout au long de l'existence sont exacerbées et deviennent proprement intolérables", a réaffirmé l'élu socialiste de Seine-Saint-Denis.

"Sur un tel sujet, on peut avoir des convictions - et c'est mon cas. Des convictions sûrement, mais point de certitude, ou le dialogue sera difficile, voire impossible", a insisté le président de l'Assemblée.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 10:09



Loi sur la fin de vie : un texte polémique pour la presse

Les éditorialistes français estiment que la proposition de loi de l'UMP sur la fin de vie renforce les clivages et annonce des débats houleux.

53% des François opteraient pour les soins palliatifs pour une "fin de vie apaisée". (Illustration)

Crédit : FRED DUFOUR / AFP

53% des François opteraient pour les soins palliatifs pour une "fin de vie apaisée". (Illustration)

par La rédaction numérique de RTL , Avec AFP publié le 10/03/2015 à 05:28


La presse française estime que la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie, qui doit être discutée à l'Assemblée nationale ce mardi 10 mars, est surtout un texte polémique. "Il faut trouver le juste équilibre", pour La Croix, qui la qualifie de "loi de résistance", car selon Guillaume Goubert, le texte rencontre "une double opposition, celle des militants les plus engagés pour ou contre l'euthanasie".

"Nous arrivons à une frontière, poursuit-il. D'un côté, le refus de l'acharnement thérapeutique et la lutte contre la souffrance, unanimement approuvés. De l'autre, l'euthanasie et le suicide assisté". Même son de cloche pour Le Figaro qui assure que ce texte "divise la gauche et la droite", mais "pour des raisons diamétralement opposées". "Certains élus socialistes, écologistes et radicaux de gauche estiment ainsi que le texte ne va pas assez loin", écrit François-Xavier Bourmaud, alors que l"aile droitière de l'UMP" juge ce texte 'inutile et dangereux' et s'"élève" contre ce qui est considéré comme 'un droit à la mort'".

Sujet "particulièrement sensible"

Selon Libération, cette proposition de loi est "un sujet particulièrement sensible pour les élus marqués par la mort d'un proche". Interrogés par le quotidien, plusieurs députés de tous bords, racontent des expériences vécues à l'image d'Olivier Falorni, membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) depuis longtemps, affirmant que par "devoir, non pas de fils mais de législateur : il faut une loi". Si pour 20 Minutes, "le débat (est) ranimé", et que "les discussions s'annoncent houleuses", Metronews observe que "pro et anti font front commun".

Dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, Didier Rose affirme : "illusoire sur un sujet aussi polémique et radicalisé, la recherche d'un consensus débouche sur une guerre de positions qui finit par arranger le pouvoir". Pour sa part, Bruno Dive dans Sud-Ouest jette un regard critique sur notre société qui ne veut "plus regarder la mort en face, où les plus anciens, les plus faibles, les plus malades, sont devenus des poids dont on tente de se débarrasser en les confiant à des institutions spécialisées". "Une société où l'on ne parvient plus à nommer les choses", constate-t-il.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 10:16

Eh bien, revenez à çà :
http://www.handichrist.net/t1175-janvier-2011echec-d-une-loi

c'est comme en bagnole
il faut faire marche arrière pour mieux avancer
le changement, c'est maintenant ????????
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 11:35

L'Express le 10.03.2015

L'Assemblée est fracturée

Au sein même du groupe socialiste de l'Assemblée, les positions divergent. Emmenés par Jean-Louis Touraine, professeur de médecine élu du Rhône, et Philip Cordery, député des Français de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, où l'euthanasie est légale, quelque 120 députés portent un amendement préconisant une "assistance médicalisée active à mourir". Ecologistes et radicaux de gauche soutiennent des amendements identiques.

Une autre partie des députés PS appuie le texte co-écrit avec le principal groupe d'opposition. A l'initiative de l'ancienne ministre Michèle Delaunay, cancérologue, 124 ont signé une tribune sur lemonde.fr en faveur des "nouveaux droits" qu'elle porte. "Fruit d'un dépassement et non d'un compromis", ces propositions sont "à la hauteur de l'enjeu", jugent ces parlementaires, parmi lesquels l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le président du groupe Bruno Le Roux et le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Côté UMP, existe aussi une fracture entre une majorité adhérant à une proposition jugée "équilibrée", et quelques dizaines de députés voulant en rester à la loi Leonetti de 2005. Souvent membres de la conservatrice Entente parlementaire pour la Famille, ils entendent occuper le terrain à partir de mardi soir avec des centaines d'amendements.

"Nous voulons que des notions soient précisées, pour éviter les dérives. Et l'opposabilité absolue des directives anticipées nous gêne", explique l'un d'eux, Philippe Gosselin.

Enfin, pour compléter ce panorama éclaté de l'Assemblée, éloigné du consensus souhaité par l'exécutif et parfois à front renversé, une majorité des députés UDI et du Front de gauche soutiennent le texte PS-UMP.
Avec
image: http://static.lexpress.fr/imgstat/article/icons/fpa.png

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fin-de-vie-la-sedation-profonde-a-l-epreuve-de-l-assemblee_1659658.html#92ICtwAv3tP4sxHr.99
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 12:51


Fin de vie - Me Antonowicz : "La sédation est encore une hypocrisie"

Le Point - Publié le 10/03/2015 à 11:31

Les députés se prononcent mardi sur une nouvelle loi sur la fin de vie. L'ancien avocat de Chantal Sébire la juge déjà "incroyablement décevante". Interview.


Pour Me Antonowicz, "on nous présente la sédation terminale comme une nouveauté, alors qu'elle existe déjà ! C'est d'ailleurs cette solution que les médecins avaient proposée à Chantal Sébire en 2008".

Pour Me Antonowicz, "on nous présente la sédation terminale comme une nouveauté, alors qu'elle existe déjà ! C'est d'ailleurs cette solution que les médecins avaient proposée à Chantal Sébire en 2008". © Pierre Verdy / AFP/FotoWare Color Factory

Propos reccueillis par Violaine de Montclos


L'avocat Gilles Antonowicz a été l'avocat de Chantal Sébire, il a défendu la famille d'Hervé Pierra, celle de Patrick Koffel* et a été vice-président de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) jusqu'en 2008.

Le Point.fr : Comment jugez-vous la loi sur la fin de vie que l'on s'apprête à voter à l'Assemblée nationale, en comparaison avec la fameuse proposition 21 du programme de François Hollande ?

Gilles Antonowicz : Incroyablement décevante... Quand je pense que Manuel Valls, en 2009, avait lui-même déposé une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. Aujourd'hui, on nous présente la sédation terminale comme une nouveauté, alors qu'elle existe déjà ! C'est d'ailleurs cette solution que les médecins avaient proposée à Chantal Sébire en 2008*. Elle l'avait refusée, car elle souhaitait mourir en conscience, avec sa famille autour d'elle, elle voulait être lucide et non pas mourir endormie... L'étape de la sédation n'a, d'après moi, aucun sens, ni pour le malade ni pour les familles. Et je ne peux plus supporter cet argument récurent du "temps du deuil"... Quand on a défendu comme moi les familles Pierra et Koffel*, qu'on connaît l'histoire de ces agonies interminables et traumatisantes, c'est un argument complètement irrecevable.

Justement, la nouvelle loi rendrait obligatoire la sédation en cas d'arrêt de traitement, et notamment d'arrêt de la nutrition. Le cas terrible d'Hervé Pierra ne peut donc plus se reproduire...

Là encore, ce n'est pas une nouveauté. Cette obligation est déjà faite au médecin par le code de déontologie médicale... Encore faut-il évidemment que les médecins puissent faire leur travail. Dans le cas inouï de Vincent Lambert, qui n'est toujours pas tranché, j'ai été sidéré que le Conseil d'État réclame une nouvelle expertise médicale. Il n'y avait aucune raison. À partir du moment où les médecins respectent la procédure collégiale, les juges n'ont pas à se mêler de médecine. Mais tant que la loi ne sera pas réellement modifiée, alors nos fins de vie seront, encore et toujours, soumises à l'appréciation des tribunaux.

Le sujet est complexe. Au moins le gouvernement a-t-il pris le temps de la réflexion...

Mais enfin cela fait des années que l'on réfléchit sans avancer, cela fait dix ans que l'on est embourbé dans la mélasse de la loi Leonetti ! La sédation est encore une hypocrisie, pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom : autoriser l'euthanasie, bien entendu dans un cadre strict, ça aurait été simplement donner un peu plus de liberté aux patients. Quand je vois que Le Monde met en une les réactions des autorités religieuses à la nouvelle loi, mais enfin dans quel pays vit-on ? Est-on encore vraiment un pays laïque ?



* En 2008, Chantal Sébire, atteinte d'une tumeur rare et incurable, refuse les traitements, y compris les soins palliatifs, et réclame au président Nicolas Sarkozy le droit à l'euthanasie. Elle se suicide par ingestion de barbituriques.


* Les parents du jeune Hervé Pierra, dans le coma depuis sept ans, obtiennent le droit de laisser mourir leur fils dans le cadre de la loi Leonetti. La sonde d'alimentation est retirée, mais le jeune homme ne bénéficie pas de sédation et son agonie, terrible, dure six jours.


* Même chose pour Patrick Koffel, tétraplégique et trachéotomisé après un accident de moto et un coma. Son épouse et ses enfants demandent à ce qu'on le laisse mourir mais se heurtent à l'opposition de l'équipe médicale. Privé d'alimentation mais trop légèrement sédaté, il décède en onze jours d'une agonie traumatisante pour ses proches.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 13:56

Aujourd’hui à 17h et 21h30 ainsi que demain à 16h15 et 21h30, l’Assemblée examinera ce texte en séance publique. Vous pouvez suivre les débats en direct sur notre portail vidéo : http://videos.assemblee-nationale.fr/direct.html. Les vidéos seront ensuite disponibles en différé sur ce portail.


je recopie le lien :

http://videos.assemblee-nationale.fr/direct.html


Dernière édition par Admin le 10.03.15 14:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 14:02

Le mercredi 11 mars, à partir de 20h50, France 2 diffusera une soirée consacrée à la fin de vie.

A 20h50, la chaîne proposera "Des roses en hiver", un téléfilm réalisé par Lorenzo Gabriele. Au casting, les téléspectateurs retrouveront Jean-Pierre Marielle, Mylène Demongeot, Léa Drucker, ou encore François Vincentelli.

A 22h15, France 2 proposera une émission débat, intitulée "Peut-on choisir sa fin de vie ?", présentée par Julian Bugier.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 14:06

Preuve que dans notre vie quotidienne nous sommes obligés de choisir, conditionnés à faire des choix.

LAISSEZ-NOUS LA LIBERTE DE NOTRE ULTIME CHOIX.


ah je n'avais pas lu que les vidéos étaient disponibles en différé...
je préfère le direct, et ce qui est immédiat...
En différé, on peut effacer certains passages trop houleux peut-être ?
Dommage de les rater ! ! !
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 16:10

Fin de vie : la sédation, issue pas si consensuelle
Eric FAVEREAU 9 mars 2015 à 20:16


Le débat sur la proposition de loi sur la fin de vie débute ce mardi à l'Assemblée. (Photo Jeff Pachoud. AFP)
ANALYSE

Le texte des députés Claeys et Leonetti est jugé trop timoré par des élus socialistes, qui ont déposé un amendement allant plus loin.


Pour un peu, Jean-Louis Touraine, député PS du Rhône et professeur de médecine, le prendrait mal quand on lui demande pourquoi déposer un amendement pro-euthanasie qui n’a guère de chances d’être adopté. Il répond, sans faux-fuyant : «Mais cet amendement, c’est possible. Nous sommes près de 130 députés socialistes à l’avoir signé, et cela sans compter les écologistes, les radicaux, mais aussi des députés de l’opposition.»

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Alors que va débuter, ce mardi après-midi, le débat sur la proposition de loi d’Alain Claeys (PS)et Jean Leonetti (UMP) permettant entre autres «une sédation profonde et terminale», cet amendement risque de casser le bel ordonnancement voulu par François Hollande et Manuel Valls autour d’un texte consensuel. Une bonne moitié des députés socialistes entendent en effet aller plus loin. Et se mettre dans les clous de la promesse de François Hollande quand il était alors candidat. «Le texte de Claeys et Leonetti est une avancée, mais ils manient l’hypocrisie, explique Jean-Louis Touraine. La sédation profonde et terminale est faite pour aider à mourir, disons le clairement. En second lieu, nous estimons que c’est au patient de décider, et non pas à l’équipe médicale.» D’où leur amendement explicite : «Toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée active à mourir.»
Directives anticipées. Des propos qui vont bien au-delà de la proposition d’Alain Claeys et Jean Leonetti, conçue à partir d’une longue mission menée à l’automne dernier par les deux parlementaires puis validée par François Hollande. Le texte final se veut «réaliste». Il entend rééquilibrer la loi Leonetti en donnant plus de place au patient. Il laisse de côté la question du suicide assisté, propose qu’un patient, souffrant d’une maladie grave et incurable puisse bénéficier s’il le souhaite d’une sédation «profonde et continue». Il peut, de plus, écrire des directives anticipées qui s’imposeront au médecin au lieu d’être, comme aujourd’hui, simplement indicatives. «Ce sont des améliorations notables dans un esprit de rassemblement», nous disaient les deux députés.
Mais cela suffira-t-il, dans un débat où les mots sont souvent chargés d’ambiguïté ? A quoi sert, en effet, cette sédation ? Juste à faire dormir ? Ou bien à provoquer le décès ? Quelle est l’intention de celui qui la prescrit ? Certains, comme Jean Leonetti, sont arc-boutés sur le principe de ne jamais autoriser un geste qui puisse accélérer le décès. Position certes légitime, mais comme le notait récemment le professeur Didier Sicard, «arrêter les traitements, n’est ce pas déjà faire un geste vers la mort ? Dans la mort médicalisée, les frontières sont floues». Autre constat : sédater quelqu’un peut durer, et durer longtemps : une, voire deux semaines. Cela n’est pas sans effet et provoque une situation parfois insupportable pour les équipes soignantes et les proches. Qu’importe, le député UMP d’Antibes est prêt à autoriser la sédation, «pourvu qu’elle ne soit pas à visée euthanasique». «Ce n’est pas viable», répond le député Jean-Louis Touraine. «Des aides à mourir, cela se pratique. Plus de 2 000 ont lieu clandestinement chaque année en France, selon les chiffres de l’Ined. Pourquoi en détourner les yeux ? Tôt ou tard, on y viendra.»
Religieux. Pour le gouvernement, le point d’équilibre a été trouvé et on ne bougera pas. «Faisons en sorte que nos discussions permettent d’aller vers un droit nouveau : celui de mourir dans la dignité», avait lancé le Premier ministre à l’Assemblée, le 21 janvier, lors d’un débat sans vote. Manuel Valls appelait alors les parlementaires au «rassemblement» et au «consensus».«Notre texte répond à la demande des Français de bénéficier d’une mort apaisée», insiste Alain Claeys. «Il s’agit d’apporter le droit de dormir, avant de mourir pour ne pas souffrir», résume pour sa part Jean Leonetti. «C’est sur ce texte que nous sommes arrivés à un accord», insiste-t-il, lâchant en creux que toute modification entraînerait l’opposition du groupe UMP.
Que va-t-il, dès lors, se passer pendant ces deux jours de débats ? «Nous sommes devant une proposition d’origine parlementaire, et c’est la moindre des choses que l’on tente de l’amender», répond le socialiste Jean-Louis Touraine. Plus de mille amendements ont été déposés. A l’approche du débat, les positions, logiquement, se crispent. Ainsi, les différents représentants des religions en France s’étaient jusqu’à présent montrés «non opposés» au texte d’Alain Claeys et Jean Leonetti. Lundi, dans une tribune commune publiée par le Monde, les religieux ont durci le ton, pointant un risque euthanasique dans la proposition de loi. Alain Claeys se montre, lui, rassurant : «Notre texte est majoritaire. L’euthanasie n’apporte pas grand-chose. Aller plus loin, c’est ne mettre que de la division.»
Eric FAVEREAU
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 16:23

CITATION =
"sédater quelqu’un peut durer, et durer longtemps : une, voire deux semaines".

Commentaire=
sur un plan économique, c'est absurde et débile
sur un plan psychologique, c'est indigne et incohérent
sur un plan religieux ou spirituel, c'est une atteinte à l'intégrité de la conscience et de l'âme
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 21:41

çà ne vaut vraiment pas la peine d'écouter leurs conneries à l'Assemblée Nationale

ils sont bons à être éliminés politiquement parlant
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   10.03.15 21:46

Toubibs, si vous passez par ici, continuez à faire les choses en douce en ne respectant pas les lois

S.V.P.

Merci.
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   12.03.15 0:16


Fin de vie : l'aide active à mourir rejetée par les députés

Le Monde.fr | 11.03.2015 à 18h13 • Mis à jour le 11.03.2015 à 21h23 | Par François Beguin


image: http://s2.lemde.fr/image2x/2015/03/11/534x267/4591710_3_31b5_les-trois-amendements-qui-legalisaient_09ef6b99d286a91bd630bb18a7c2a626.jpg
Les trois amendements qui légalisaient l'euthanasie ne sont pas passés. Ils avaient reçu un avis défavorable des deux rapporteurs de la proposition de loi Claeys-Leonetti.
L'aide médicalisée active à mourir, dont une partie des députés de la majorité considérait qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de François Hollande, ne sera pas autorisée en France. Les trois amendements qui en proposaient la légalisation ont été rejetés à l'Assemblée, mercredi 11 mars, par 89 voix contre 70, lors de la deuxième journée d'examen de la proposition de loi sur la fin de vie déposée par Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP).

Avant le vote, les deux rapporteurs, qui souhaitaient, eux, que soit instaurée une sédation profonde et continue pour les malades en fin de vie, avaient prévenu qu'ils se retireraient si leur texte venait à être modifié d'une façon aussi substantielle.

Lire : Fin de vie : les députés ont commencé l’examen de la proposition Claeys-Leonetti

« Petit 49-3 sur la fin de vie »

Pour éviter toute mauvaise surprise, ils avaient demandé que les trois amendements soient débattus de façon prioritaire, immédiatement après les questions au gouvernement, afin qu'un maximum d'élus soient présents dans l'hémicycle. Une démarche qu'Olivier Falorni (PRG), partisan d'une aide active à mourir, qualifie de « petit 49-3 sur la fin de vie ». « Le gouvernement a eu peur de ne pas avoir la majorité », constate-t-il, regrettant que ce dernier « passe à côté d'une grande réforme de société ». « On n'instaure pas l'euthanasie par amendement, avec une majorité de circonstance », a fait valoir dans l'hémicycle le député UMP Bernard Accoyer.

L'amendement défendu par le député PS Jean-Louis Touraine, qui avait recueilli 122 signatures dans les rangs socialistes, a été rejeté grâce aux voix de l'UMP, dont la frange conservatrice s'est fortement mobilisée sur ce sujet. « Environ les deux tiers des députés de gauche étaient favorables à notre amendement, assurait M. Touraine à l'issue du vote. Les députés conservateurs ont refusé cette avancée, mais celle-ci est inéluctable. »

Fin janvier, la proposition de loi de la députée EELV Véronique Massonneau visant à légaliser l'euthanasie avait déjà été rejetée, après n'avoir recueilli que les seules voix des écologistes, des radicaux de gauche et de quelques élus socialistes.

Lire notre décryptage : Fin de vie : les quatre points qui font débat

Une première étape ?

La ministre de la santé Marisol Touraine, qui avait défendu en 2009, aux côtés de Manuel Valls une proposition de loi en faveur d'une aide active à mourir, a appelé à ne pas « brusquer la société française sur cette question ». La proposition de loi Claeys-Leonetti est « une avancée significative, majeure peut-être », a-t-elle fait valoir pour expliquer son soutien au texte. « Aujourd'hui, nous faisons évoluer le droit. Peut-être d'autres étapes viendront-elles ensuite ? »

En présentant la future loi comme une « étape », tout comme l'avait déjà fait Manuel Valls la veille, Mme Touraine a suscité l'« inquiétude » d'une partie de la droite. « Je ne considère pas qu'il y a une évolution inéluctable vers l'euthanasie ou le suicide assisté », a ainsi estimé Jean Leonetti, dont l'actuelle loi sur la fin de vie, votée en 2005, porte le nom. Le collectif pro-vie Soulager mais pas tuer a jugé que le terme employé par la ministre de la santé était « révélateur de l'ambiguïté de la posture gouvernementale » et a annoncé qu'il attendait de voir la suite des débats pour dire s'il appelait à une manifestation nationale sur ce sujet le 12 avril.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/03/11/fin-de-vie-les-deputes-rejettent-l-assistance-medicalisee-active-a-mourir_4591646_1651302.html#qZXG6heHuT5HqSiq.99
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MessageSujet: Re: FIN DE VIE en 2015   13.03.15 15:15


Société 12.03.2015

Fin de vie : l’Assemblée joue la modération et avale la sédation

Voulant rassurer par le rejet de « l’assistance médicalisée active à mourir », l’Assemblée nationale adopte la « sédation profonde et continue », porte ouverte à l’euthanasie.

Philippe Oswald (323)

Assemblée nationale_© DR

Surtout « ne pas brusquer la société française », c’était le mot d’ordre de Marisol Touraine, ministre de la Santé. L’Assemblée nationale s’y est ralliée…de justesse en rejetant par 89 voix contre 70 « l’assistance médicalisée active à mourir ». Mais elle a adopté l'article central de la proposition de loi de Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) qui autorise le recours à une « sédation profonde et continue » jusqu'au décès des malades en fin de vie. Afin de créer une fausse fenêtre avec le rejet de la « loi de liberté » prônée par l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), un seul des 1000 amendements déposés par les députés UMP de l’Entente parlementaire pour la famille a été retenu : celui qui crée le droit à la formation du personnel médical à la culture palliative. (Le Figaro) Mais pas celui qui accordait la clause de conscience aux médecins se refusant à pratiquer cette « sédation profonde et continue ».

Des euthanasies déguisées
Le problème, c’est qu’on peut mettre sous l’expression « sédation profonde et continue jusqu’au décès » aussi bien le renforcement des pratiques visant à soulager la douleur que des euthanasies déguisées, cette sédation s’accompagnant de la privation d’hydratation et d’alimentation. Ou plutôt, non, c’est bien dans cette direction-là que regardent une majorité de députés comme le gouvernement, Manuel Valls ne faisant pas mystère qu’il s’agit d’une étape vers la légalisation de l’euthanasie stricto sensu (Alliance Vita).
Réaffirmer l’interdit de tuer
« La sédation euthanasique est d’autant plus pernicieuse qu’elle serait dissimulée et priverait, par ailleurs, les soignants de leur clause de conscience, explique le collectif Soulager mais pas tuer. Le mouvement demande donc que l’interdit de tuer soit clairement réaffirmé (…) : l’intention doit être de soulager et jamais de provoquer la mort. Les Français doivent être protégés des protocoles d’arrêt de vie qui utiliseraient la sédation assortie d’un arrêt d’hydratation pour faire mourir.»
Après avoir adopté hier soir, 11 mars, l’article central de la loi Claeys-Leonetti, l 'Assemblée se prononcera par un vote solennel mardi prochain sur l'ensemble du texte, qui sera ensuite examiné par le Sénat. C’est en fonction de la suite des débats que se confirmera, ou non, l’appel de Soulager mais pas tuer à une manifestation nationale envisagée pour le dimanche 12 avril prochain.
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