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 Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE

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MessageSujet: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   04.02.15 13:47

Anne XailléJournalDesFemmes.comParis
 12/12/14 16:28


Projet de loi fin de vie : "c'est une honte éthique"

Projet de loi fin de vie : interview dr pascale vinant Les députés Jean Léonetti et Alain Claeys ont remis ce vendredi au Président François Hollande leur projet de loi "fin de vie". Le texte ouvre la voie à la mise en place d'une sédation "profonde et terminale" pour les patients en fin de vie, tout en excluant toute possibilité de suicide assisté. Un compromis "peu démocratique" selon le docteur Pascale Vinant, spécialiste en soins palliatifs. Entretien.

Le docteur Pascale Vinant travaille dans une équipe mobile de soins palliatifs à l'hôpital Cochin (AP-HP). Elle est également membre d'un groupe de recherche "Décisions et responsabilités en fin de vie" de l'Espace Ethique Ile de France, dirigé par Emmanuel Hirsch.

Que pensez-vous de la loi Léonetti qui régit la fin de vie depuis 2005 ?  

Pascale Vinant : La loi Léonetti est une formidable avancée. Elle a apporté des repères décisionnels pour les professionnels de santé et a ainsi permis d'améliorer la prise en charge des patients en phase avancée de maladie. Par ailleurs, elle a clairement amélioré les droits des patients, en leur donnant notamment la possibilité de refuser les traitements. La volonté des patients est aussi mieux prise en compte grâce aux directives anticipées.

Pourtant, elle demeure mal comprise et mal appliquée...  

Il est important de souligner que cette loi est en cours d'appropriation par les professionnels de santé. Pour les anciennes générations de médecins en effet, à qui on a appris complètement autre chose il y a 30 ans, c'est plus compliqué... Pour eux, la loi Léonetti représente une révolution culturelle. En revanche, la fin de vie est enseignée dans les facultés de médecine, donc les jeunes internes connaissent tout cela très bien lorsqu'ils arrivent dans les services. Un temps d'appropriation est donc nécessaire, cela doit se faire progressivement.

Et du côté des patients, savent-ils par exemple qu'ils ont le droit de refuser un traitement, ainsi que le prévoit la loi Léonetti ?

Le loi Léonetti est effectivement peu connue du grand public même si les affaires, comme celle de Vincent Lambert, très médiatisées, ont permis de mieux la faire connaître. Mais c'est vrai, que pour les anciennes générations, on n'a pas le droit d'arrêter un traitement : c'est le médecin qui décide. Et d'ailleurs, un grand nombre de patients pourtant informés, ont besoin de l'avis médical et préfèrent s'en remettre à lui.

Le texte présenté aujourd'hui préconise de laisser plus de place à la parole et à la volonté des patients via les directives anticipées que les députés veulent rendre "contraignantes". C'est important selon vous ?

Oui, c'est important car les médecins seront véritablement obligés d'appliquer les directives anticipées, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Les rendre contraignantes va leur donner plus de valeur. Néanmoins, il me semble indispensable que la notion de dialogue préalable à la rédaction des directives anticipées soit également associée. Actuellement, 2,5 % seulement des personnes ont écrit leurs directives anticipées en France. Et cela est logique, dans le sens où cela demande une réflexion préalable et une connaissance médicale sur la fin de vie. Comment se projeter sur sa propre mort lorsqu'on se retrouve face à une feuille blanche ? Le dialogue patient / médecin est indispensable afin qu'ils puissent réfléchir ensemble sur ce qu'il pourrait se passer bien en amont de la fin de vie. C'est pourquoi, il me semble nécessaire d'inciter les patients malades chroniques à rencontrer leur médecin pour en parler dans le cadre de "discussions anticipées", comme cela existe aux Etats-Unis et où la prise en charge de la fin de vie s'en voit améliorée. Il faut que les patients puissent tranquillement avoir cette discussion avec leur médecin et y réfléchir bien en amont. C'est indispensable pour renforcer les droits du patient.

Les députés défendent par ailleurs l'idée d'une sédation "profonde et terminale" donc jusqu'au décès et dans un délai "non déraisonnable". Aujourd'hui, qu'en est-il de l'utilisation de la sédation dans les services de soins palliatifs ?

Depuis 2005, la loi autorise la sédation palliative. Elle consiste à endormir, à sa demande, le patient en phase avancée et dont les souffrances ne peuvent être soulagées. On utilise un sédatif avant tout pour soulager, même si cela peut parfois entraîner le décès du patient. Mais il arrive aussi que la sédation soit passagère, par exemple le temps d'administrer un traitement et dans le cas où le patient veut prolonger sa vie. J'ai eu récemment le cas d'une maman à qui l'on a fait une sédation parce qu'elle avait contracté une infection en plus de l'évolution de son cancer. Cela nous a permis de lui injecter des antibiotiques. Mais ensuite, à sa demande, on a arrêté la sédation. Aujourd'hui donc, on a la possibilité d'endormir jusqu'au risque de précipiter la mort.

Le texte de loi proposé va donc plus loin. Qu'en pensez-vous ?

La sédation profonde et terminale que proposent les députés pose la question de son intention puisque, dans le rapport du Professeur Sicard en décembre 2012, elle visait à raccourcir la fin de vie et donc à accélérer le décès. Il nous semble préférable d'appeler les choses par leur nom, euthanasie si c'est le médecin qui injecte un produit qui vise à accélérer la fin de vie et suicide assisté, si c'est le patient qui se l'administre. Si la volonté des auteurs du projet de loi est d'aller vers un droit à mourir, alors faisons le correctement avec un texte de loi réfléchi sur le suicide assisté. Pourquoi pas. On joue sur les mots et on nous propose délibérément un projet flou, un vague compromis. C'est une régression éthique, contraire aux principes démocratiques ! Et par ailleurs, la sédation profonde telle qu'elle est proposée ne satisfait pas les partisans du suicide assisté. Donc au final, elle ne contente personne.

Quels seraient les problèmes causés par l'application de ce projet de loi ?

Le problème, c'est que cela risque d'engendrer des pratiques floues. Depuis la loi Léonetti de 2005, on a déjà la possibilité d'utiliser un sédatif pour endormir un patient en fin de vie dont on veut soulager les souffrances. Le rapport propose d'utiliser, non pas un médicament létal, mais le même médicament que celui que l'on utilise actuellement, quel que soit le type de sédation. Donc pour les gens opposés à l'euthanasie, vous imaginez les peurs que cela pourrait générer si on leur donnait le sédatif en question. Ils auront peur qu'on abrège leur vie ! Cela implique par ailleurs qu'il n'y aura aucun moyen de contrôler la dose administrée au patient...

Le projet de loi préconise enfin le développement des soins palliatifs. Qu'en est-il de l'accès à ces soins en France actuellement ?  

Il existe des disparités territoriales d'accès aux soins palliatifs et nous manquons de professionnels formés. Il existe aussi des disparités liées aux mentalités, comme je l'évoquais plus tôt. En réalité, les soignants n'ont pas toujours le réflexe d'appeler les unités de soins palliatifs pour prendre en charge un patient en fin de vie, ou alors ils le font trop tard. Les moyens sont aussi insuffisants et les équipes pas suffisamment nombreuses. Sur ce point au moins, le projet va dans le bons sens. Il existe un consensus fort : il faut tout faire pour renforcer les soins palliatifs.

http://sante.journaldesfemmes.com/magazine/projet-de-loi-fin-de-vie-interview-dr-pascale-vinant.shtml
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   04.02.15 14:07

CITATION =

Le problème, c'est que cela risque d'engendrer des pratiques floues. Depuis la loi Léonetti de 2005, on a déjà la possibilité d'utiliser un sédatif pour endormir un patient en fin de vie dont on veut soulager les souffrances. Le rapport propose d'utiliser, non pas un médicament létal, mais le même médicament que celui que l'on utilise actuellement, quel que soit le type de sédation. Donc pour les gens opposés à l'euthanasie, vous imaginez les peurs que cela pourrait générer si on leur donnait le sédatif en question. Ils auront peur qu'on abrège leur vie ! Cela implique par ailleurs qu'il n'y aura aucun moyen de contrôler la dose administrée au patient...
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   04.02.15 14:13

çà ou la loi belge, au niveau des dérives éventuelles, cela revient au même

La loi belge serait plus claire et nette ... ...
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   04.02.15 14:35

mais je trouve çà scandaleux, ignoble et indigne, de sédater provisoirement à l'heure actuelle un patient en phase terminale en fin de vie
pour moi çà relève d'une certaine forme de manipulation
On réveille le patient, il a alors soif et il a alors faim
On lui donne à boire, on lui donne à manger
Non application de la loi Léonetti du 22 avril 2005,
loi qui autorise de mourir de soif et de faim
et le patient mourant ne meurt pas
on l'empêche de mourir
son agonie est un bénéfice pour les soins palliatifs
Plus la durée du séjour est longue,
et plus le mourant entretient les soins palliatifs
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   15.10.15 17:59

PPL Claeys-Leonetti : "Cette loi ne nous satisfait pas"
synthèse de presse bioéthique

15 Octobre 2015  Fin de vie

Le Dr Charles Jousselin est le nouveau président de la Société française d’accompagnements et de soins palliatifs (SFAP) élu en juillet dernier ; il est aussi directeur de l’unité de soins palliatifs au CHU Bichat-Claude Bernard à Paris. Il revient sur l’adoption en deuxième lecture par l’Assemblée de la proposition de loi Claeys-Leonetti (cf. Gènéthique vous informe du 07 octobre 2015).

Alors que son prédécesseur Vincent Morel qui avait défendu la proposition de loi, le docteur estime qu’« hormis le fait qu’elle évite l’euthanasie, cette loi ne nous satisfait pas ». Il dénonce « cette façon de mettre en exergue la sédation comme ‘la’ solution » qu’il considère comme une vision réductrice, ainsi que le risque pour les soignants de pratiquer « des sédations alors que ce n’était pas utile ». S’il rappelle que « la sédation a sa place parmi un certain nombre d’éléments qui permettent de prendre en charge un patient », « qu’elle s’ingère dans une relation thérapeutique, dans un cheminement avec les patients et les familles », il souligne qu’elle ne peut être imposée et dénonce une loi qui, en instituant « quand mettre en place une sédation, devient prescriptive ». Il redoute qu’elle puisse ternir « la relation de confiance thérapeutique entre le patient et son médecin ».

Le Dr Jousselin dénonce aussi l’impossibilité de modifier la proposition de loi : en effet, les critiques des professionnels et quasiment tous les amendements déposés en seconde lecture ont été rejetés. Il pointe enfin l’immobilisme de Jean Leonetti, auquel il a souvent demandé de « changer de prisme en accordant moins d’importance à la sédation », mais qui a lui a invariablement répondu « qu’on ne pouvait pas toucher au texte » (cf. Gènéthique vous informe du 13 octobre 2015).


Sources:
Famille Chrétienne (Antoine Pasquier) 14/10/2015
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   15.10.15 18:17

" l'immobilisme de Léonetti " !

Exact. Il suffit de voir sa tronche en l'écoutant. L'âge ou bien...une maladie très bien traitée ? ( des médocs peuvent mettre une sorte de masque sur le visage, comme l'atropine par ex. mais prière de ne pas prendre mes commentaires au pieds de la lettre, je ne suis pas médecin )

Cette loi est loin d'être parfaite. Mais F.H. n'avait pas le choix. Après les délires médiatiques de la Manif Pour Tous, il était dans l'obligation d'essayer de contenter tout le monde...alors il a rafistolé une loi vieille de dix ans...C'est déjà un petit pas de plus...Le sommeil est une évasion quand on réussit à dormir.
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   31.01.16 13:42


Loi Claeys-Leonetti : de l'éthique de la fin de vie

Collège des Bernardins / Lieu de réflexion et de dialogue sur l'avenir de l’Homme | Le 16/07 à 10:23


La loi Claeys-Leonetti, votée en mars dernier, instaurant un droit à la sédation profonde et continue s'apparente, à certains égards, à un recul en terme d'éthique de la fin de vie.

La réflexion sur la fin de vie est le lieu d’une tension dialectique entre le respect de la vie et l’exercice de la liberté individuelle. Cette tension s’incarne aujourd’hui dans la volonté de faire de la mort l’expression d’un droit de l’homme et de contester un pouvoir médical inconscient de l’oppression qu’il exerce du fait même de son efficacité.

Promulguée en avril 2005, la loi dite « Leonetti » se propose de renforcer les droits des personnes en fin de vie. Elle incite le médecin à repérer pour la refuser « l’obstination déraisonnable ». Elle reconnaît le rôle des « directives anticipées » dont le médecin « doit tenir compte » dans la stratégie adoptée. Elle souligne enfin que l’incapacité de la médecine à prolonger la vie ne doit pas conduire les soignants à arrêter les soins : les soins palliatifs constituent une mission capitale. Ils doivent assurer un accompagnement physiologique, psychologique et social. Comblant un vide juridique criant, cette loi sera votée à l’unanimité.

Les limites de la loi Leonetti

La disparité d’application de la loi de 2005, jointe à la pression des partisans d’une légalisation de l’euthanasie, qui va conduire, conformément au programme du candidat Hollande, à la mise en chantier d’une nouvelle loi confiée à deux parlementaires d’appartenance politique opposée, messieurs Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR).

Un rapport de l’Observatoire national de la fin de vie constatait en effet qu’en 2008, sur 64% de mourants relevant des soins palliatifs, seulement 20% en bénéficiaient et que 69% des lits dévolus à ces soins se trouvaient dans cinq régions correspondant à 47% de la population. La culture du corps médical français, davantage orientée vers le curatif que vers le palliatif et vers la compétence technique plus que vers le soin global, a sans doute une responsabilité dans ce constat.

Face à un tel état des lieux, la proposition 21 de François Hollande en 2012 prévoit dans le contexte d’une « souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée » que l’on puisse « demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

De graves transgressions dans la loi de 2015

La proposition de loi votée le 17 mars 2015 en première lecture à l’Assemblée Nationale concerne non les personnes qui « veulent mourir » mais celles qui « vont mourir ». Elle sera adoptée par 436 voix pour, 34 contre et 83 abstentions. Il n’y a donc plus d’unanimité. Son article premier avance que « toute personne a droit à une fin de vie digne et apaisée ». Deux dispositions nouvelles y figurent, l’introduction d’un droit à la sédation profonde continue jusqu’au décès et le caractère contraignant des directives anticipées, au besoin portées par une « personne de confiance ».

La sédation profonde continue consiste à provoquer une sorte de coma artificiel privant le sujet de communication avec autrui à fin de soulagement. Elle n’est licite ici que « lorsque le pronostic vital est engagé à court terme » et en cas de « souffrance réfractaire ». L’article 2 de la loi stipule que « lorsque les traitements n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, alors et sous réserve de la prise en compte de la volonté du patient …ils sont suspendus ou ne sont pas entrepris ». Cette disposition prend toute sa signification du fait que « la nutrition et l’hydratation artificielles constituent un traitement. ».

La rédaction de directives anticipées est proposée dans l’article 8 de la loi : « toute personne majeure et capable peut rédiger des directives anticipées …visant à refuser, limiter ou arrêter les traitements ou les actes médicaux ». Elles s’imposent au médecin. « Si elles apparaissent manifestement inappropriées, le médecin doit solliciter un avis collégial ».

Ces dispositions nouvelles ont l’ambition de maîtriser davantage les conditions de fin de vie. Mais elles posent de redoutables questions d’ordre éthique et n’échappent pas à de graves transgressions.

Revendiquer le droit de « mourir dans la dignité » apparaît comme un slogan manipulateur si l’on n’en précise pas le contenu et au plan médical et au plan éthique. Car la dignité humaine, dans les contextes divers de la cachexie d’un cancer généralisé, du choc cardiogénique d’un infarctus, d’une altération majeure des fonctions cognitives ou du coma d’une hémorragie cérébro-méningée est singulièrement malmenée chez le sujet souffrant.

Cette dignité n’a plus alors de visibilité que dans l’image en miroir générée par le comportement du personnel soignant, lui-même dépendant du regard de la société. C’est l’extrême délicatesse, l’extrême déférence de ce personnel à l’égard du sujet en fin de vie, et elles seules, qui sont susceptibles de donner une certaine consistance au concept de dignité de la personne : responsabilité à assumer mais aussi contraintes à supporter pour les soignants.

Assistance médicale ou euthanasie masquée ?

Cette sédation pose la question de son positionnement vis-à-vis de l’assistance médicale au suicide et de l’euthanasie. A priori, cette dernière s’en différencie nettement. Elle se donne d’emblée pour objectif de provoquer la mort dans l’intention de mettre un terme à une souffrance intolérable. Elle fait appel à des drogues de posologie spécifique. Mais la loi de 2015 autorise aussi l’arrêt de l’hydratation. Or les secteurs hydriques intra et extracellulaires constituent 60% du corps humain, l’apport moyen quotidien étant de 2,4 litres par jour. Même si les besoins hydriques sont réduits dans le contexte de fin de vie, interrompre totalement cet apport n’est-il pas synonyme de l’administration d’une drogue léthale, si l’arrêt de l’hydratation est décidé trop précocement ?

Le curseur chronologique est donc décisif dans la distinction entre le fait d’éviter de prolonger l’agonie et celui de réaliser une euthanasie masquée. Le législateur omet volontairement d’être précis quant à la chronologie de la mise en œuvre de la sédation profonde prolongée. Les dérives sont prévisibles si l’on cède à la tentation d’un recours prématuré à cette sédation.

Quant à la rédaction de directives anticipées, elle tend à limiter un pouvoir médical parfois ivre de sa puissance. Même si elle utilise deux formulaires, dont l’un postérieur à l’annonce d’une maladie grave, elle pose de grandes difficultés de réalisation pratique : comment anticiper le type d’agonie qui s’imposera à moi ? Les directives ne risquent-elles pas d’être sans rapport avec la réalité vécue ? Sont-elles compatibles avec d’éventuelles modifications de conceptions de la vie induites par l’expérience d’une maladie grave ? La mort est-elle l’objet d’un choix ou d’un consentement ?

Comme le fait remarquer avec pertinence Nathalie Sarthou-Lajus dans un article de la revue Etudes d’avril 2014 intitulé « Peut-on choisir sa mort ? »: « Dans certaines circonstances, l’injonction à l’autonomie apparaît comme un poids inapproprié et non comme une libération ».

La Commission des Affaires Sociales du Sénat avait pris conscience du danger de certaines dispositions de la loi. Ses amendements transformaient le droit des soignants à la formation aux soins palliatifs en obligation pédagogique, supprimaient le caractère continu de la sédation, redonnaient davantage d’initiative au médecin face aux directives anticipées. Le vote paradoxal du Sénat le 23 juin 2015 allait, à une large majorité, rejeter ces propositions, conférant à l’Assemblée Nationale une légitimité conceptuelle nouvelle.

De sorte que la question se pose : ce qui se voudrait une avancée humaniste ne risque-t-il pas de constituer un recul éthique ?

Par Jean-Philippe Metzger, professeur émérite Université Paris-VI, ancien chef du département de cardiologie médicale à l'hôpital de la Pitié- Salpêtrière ; co-fondateur de « Questions de Médecine au Collège des Bernardins ».

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-135787-loi-claeys-leonetti-de-lethique-de-la-fin-de-vie-1137567.php?FWs7xGJRkz6xTMje.99
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   06.06.16 10:53

JIM.fr

Publié le 04/06/2016

Claeys-Leonetti : une loi sur le silence

Paris, le samedi 4 juin 2016 – Quelques mois après l’adoption de la proposition de loi des députés Alain Claeys et Jean Leonetti créant des "nouveaux droits" pour les personnes en fin de vie et instaurant notamment un «droit » à la «sédation profonde et continue », le sociologue Philippe Bataille, directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) nous propose une analyse de ce texte. Il en regrette les limites et le caractère opaque, qui ne sauront, selon lui, répondre de manière satisfaisante au souhait exprimé par les Français de pouvoir décider de l’instant de leur mort, en cas de maladie grave et incurable, afin de conserver intacte leur "dignité".

Par Philippe Bataille *

La loi Claeys-Leonetti (2016) de la sédation profonde sans réveil ne s’ouvre ni au suicide assisté ni à l’euthanasie. Le législateur délimite l’interdit de tuer dont le Conseil national de l’Ordre accuse la médecine de dérives (affaire du docteur Nicolas Bonnemaison). Les Français qui précédent la mort naturelle se déplacent là où les législations étrangères les accueillent. Le suicide assisté était pourtant dans les propositions de la Consultation nationale sur la fin de vie (Sicard, 2013) et la Conférence citoyenne suggérait sa légalisation en 2013. En 2000, déjà, le Comité consultatif national d’éthique avait suggéré l’exception d’euthanasie (avis 63) réclamée par Chantal Sébire en 2008, et par tellement d’autres ( https://www.change.org/p/pour-une-loi-sur-le-suicide-assist%C3%A9-en-france-findevie).

Une fausse parade

Mais des arguments moraux ont créé la cacophonie dans les deux Assemblées. Avec le consensus pour seul horizon politique, le statu quo a été la règle qui s’est imposée. Trop forcé le consensus de 2005 (Loi Leonetti) révèle ses contradictions en 2016 (Loi Claeys-Leonetti). Les normes soignantes et l’activité des professionnels de santé en pâtissent. Les désarrois de la mort assistée s’ajoutent aux désordres de l’hôpital auxquels font face les services d’urgence où le besoin de médecine à la fin de la vie cherche refuge. Car c’est de souffrances et de dignité dont il est question dans ces moments que le temps suspend.

L’absurde est que la loi Claeys-Leonetti ne résiste pas aux tendances législatives qui s’ouvrent à l’euthanasie et au suicide assisté partout ailleurs qu’en France. Enfouir l’intentionnalité d’un décès dans le masque du sommeil, fait de la sédation profonde sans réveil, à la fois l’euthanasie belge qui accompagne médicalement la demande individuelle de suicide au bout du chemin; l’aide active médicale à mourir canadienne qui englobe euthanasie et suicide assisté; le jeune suicide assisté californien qui sollicite une euthanasie ; le suicide euthanasique suisse. La mort médicalisée déborde l’interdit de tuer que brandissent les pourfendeurs de l’euthanasie et du suicide assisté qui accouchent d’un paradoxe dont le silence fait loi. Le législateur croit avoir trouvé une parade avec la sédation profonde sans réveil, alors qu’il invente un opaque laissez-tuer-sédatif à la française qui invisibilise ce qu’il prétend combattre.

La dignité de la fin de vie mal assurée

La dignité à la fin de la vie y perd, et les inégalités sociales devant la mort s’aggravent. Les injustices s’embrasent avec des privilèges qui renaissent dans le secret des pratiques médicales. En témoigne la monstrueuse affaire du CHU de Reims (Vincent Lambert) qui n’en finit pas. Elle prouve que plus l’accompagnement d’un mourant est publique et juridique, plus la médecine s’en trouve paralysée et le droit dans l’impasse. Alors qu’elle agit efficacement dans l’ombre, la loi Claeys-Leonetti craint la lumière. Occulter l’intentionnalité du décès va pourtant à l’encontre de l’éthique de la responsabilité médicale et de la confiance que les patients placent en leur docteur, sans sortir le médecin et les Français des impasses juridiques de la mort qui se décide.
 
* sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)


Références

A la vie, à la mort. Euthanasie le grand malentendu, Autrement, réed 2015

P.S. j'ai voulu mettre le lien mais il élargissait trop la page alors je l'ai enlevé. Paresse informatique: je ne vais pas passer trois jours et trois nuits à comprendre pourquoi !
P.S. bis = pour les informaticiens qui passeraient par ici, l'édition du dernier post d'un sujet ne se voit jamais, ce qui n'est pas le cas ici. Je veux bien être légèrement maniaque, mais si l'informatique n'est pas une science exacte, si l'informatique contient des erreurs, comment voulez-vous que des imbéciles comme moi s'initient correctement à l'informatique??? ??? ???


Dernière édition par Admin le 06.06.16 11:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   19.09.17 11:06

Fin de vie : la loi évolue, les médecins hésitent

Par Eric Favereau — 13 septembre 2017 à 19:56

Lors d’une marche de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, à Paris, le 18 mars.

Lors d’une marche de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, à Paris, le 18 mars. Photo Lionel Préau. Riva Press

Grâce à la loi Claeys-Leonetti, un praticien ne peut pas s’opposer à une sédation profonde. Mais certains sont toujours réticents.

Fin de vie : la loi évolue, les médecins hésitent

Achaque loi sur la fin de vie en France, il y a cet espoir que le «problème» a été réglé, que l’équilibre a été atteint, et qu’enfin les débats sur l’euthanasie (passive ou active) ont trouvé une réponse législative. Fin janvier 2016, lorsqu’a été adoptée au Parlement et à la quasi-unanimité la loi Claeys-Leonetti, c’était ce dont rêvaient les deux auteurs du texte.

Cette dernière loi n’a rien de révolutionnaire, mais elle fait bouger les lignes, mettant en place ce que Jean Leonetti appelait un «droit de dormir avant de mourir», avec la sédation profonde et continue. En effet, le texte prévoit qu’un médecin ne pourra plus s’opposer à une demande de sédation profonde de la part d’un patient atteint d’une «affection grave et incurable», dont le «pronostic vital est engagé à court terme» et qui présente une «souffrance réfractaire aux traitements». Ou lorsque sa «décision d’arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable».

Paradoxe.
La formulation est un peu complexe, mais elle dit clairement qu’une personne en fin de vie et malade peut bénéficier d’une sédation jusqu’à sa mort si elle le souhaite. Ce n’est pas l’euthanasie, mais une façon plus humaine de gérer «le temps de l’agonie» en écoutant la demande de la personne. Dans la loi Claeys-Leonetti s’est ajouté aussi un changement dans le dispositif des directives anticipées (documents dans lesquels une personne rédige ses souhaits sur les soins médicaux qu’elle veut ou ne veut pas recevoir, dans le cas où elle serait dans l’incapacité d’exprimer sa volonté ). Ces directives deviennent contraignantes. C’est-à-dire que le médecin ne peut plus s’y opposer. «On va passer d’un devoir des médecins à un droit des malades», nous expliquait alors Jean Leonetti.

Les avancées étaient donc limitées mais réelles. Aujourd’hui, un an et demi plus tard, la situation reste pourtant floue. Et d’abord, paradoxalement, parce que la loi a beau avoir été votée, elle n’est pas pleinement appliquée. Sur la question centrale de la sédation profonde et continue, les réticences restent nombreuses de la part de certains médecins. «La sédation profonde et continue jusqu’au décès est quelque chose qui se fait de manière exceptionnelle. Le danger, ce serait de la banaliser», expliquait ainsi au journal la Croix Anne de la Tour, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Des propos troublants, car ils laissent entendre que la décision reste implicitement dans les mains du médecin, alors que la loi dit explicitement le contraire. Faut-il rappeler que dans l’affaire de Vincent Lambert, cet infirmier dans le coma depuis neuf ans, la loi n’est toujours pas appliquée ?

Nuances.
En second lieu, la situation reste délicate aussi en raison de zones «grises» que le texte ne tranche pas, laissant planer une certaine ambiguïté. L’écart est parfois ténu entre «faire dormir» et «faire mourir». Où est la différence entre arrêter les traitements d’un patient et effectuer un geste létal illégal ? Ces nuances paraissent dérisoires aux yeux de certains, mais elles peuvent justifier les attitudes de repli d’autres praticiens.

Au final, c’est un peu l’arbitraire qui prévaut encore en France, ce que révèle le témoignage d’Anne Bert avec la maladie de Charcot. Les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ne sont pas égaux devant leur fin de vie. Des équipes assurent, d’autres pas. Des médecins accompagnent, d’autres s’éloignent en disant à leurs patients que ce n’est plus de leur ressort. Ces derniers vont alors «mal mourir». Ou mourir ailleurs, en Belgique ou en Suisse, par suicide assisté. Ce n’était pourtant pas leur choix au départ.
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   19.09.17 11:15

Les gens comme le Dr Anne de la Tour devraient apprendre à fermer leur gueule, comme ils y sont incapables, il faudrait les y obliger.
Léonetti s'est trompé " exprès ". Il aurait fallu un droit pour les patients de dormir avant de mourir et pour mourir.
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   11.11.17 12:12

Fin de vie : bien-mourir n’est pas une affaire de droits
synthèse de presse bioéthique

06 Mars 2017  Fin de vie

Marie-Jo Thiel, directrice du CEERE[1] à l’Université de Strasbourg et membre de la Commission européenne de bioéthique (EGE), publie dans La Croix un commentaire du communiqué de presse du ministère des affaires sociales et de la santé à propos de la campagne sur la fin de vie (cf. Campagne fin de vie : "Et si on en parlait" ?). Elle s’interroge : « Bien mourir, est-ce une affaire de droits ? ». Car en quelque phrase, le communiqué répète quatre fois le mot « droit », alors que la loi Claeys Leonetti, dont il est question « ne parle pas explicitement de ‘droit’ à la sédation [profonde et continue jusqu’au décès] ». La loi dispose que « toute personne a le droit de recevoir des traitements et des soins visant à soulager sa souffrance » (art. L1110-5-3). Or « en parlant de « droit » et plus encore de « droit nouveau », la ministre Marisol Touraine – comme bien d’autres – fait dire à la loi plus qu’elle n’en dit et entraîne sur une pente glissante, et même vertigineuse dans le contexte actuel faisant d’une certaine interprétation de cette loi le chaînon qui doit conduire à la légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide médicalement assisté ».

Ce « droit à la sédation » proclamé haut et fort depuis le 2 février 2016 est à présent revendiqué par les patients arrivant dans des services de soins palliatifs, à tort et à travers (cf. Confusion, malentendus et méfiance : les conséquences de la loi Claeys-Leonetti). « Le traitement de la demande dépend alors du bon vouloir interprétatif des médecins. Ils pourront toujours arguer de souffrance morale ‘insupportable’, cet adjectif (unbearable) qui justifie toutes les euthanasies dans les pays du Benelux qui l’ont légalisée. Quid des personnels soignants exécutant la décision médicale et qui n’ont pas toujours la possibilité de résister, d’objecter ? ».

« Évidemment que bien mourir n’est pas une affaire de droits », répond Marie-Jo Thiel. Pour elle, « la loi Leonetti-Claeys ne contribue pas à une mort ‘accompagnée et apaisée’, mais elle a suscité un changement de paradigme dont les effets commencent seulement à apparaître. Elle donne à penser qu’une mort choisie de manière autonome est l’idéal ! ». Or de nombreux témoignages dans les pays ayant légalisé l’euthanasie prouvent le contraire.

Marie-Jo Thiel dénonce une campagne qui ne promeut pas officiellement l’euthanasie, ou le suicide, mais les met « doucement en place comme ‘droits avantageux’ ». A qui bénéficie l’avantage ? « Devoir choisir la mort dont on ne veut pas au nom du respect du « droit » à l’autonomie, est-ce le bien-mourir idéal ? »

[1] Centre Européen d'Enseignement et de Recherche en Ethique.

Sources:

La Croix, Marie-Jo Thiel (6/03/2017)
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MessageSujet: Re: Claeys-Leonetti, UNE HONTE ETHIQUE   11.11.17 12:22

Désolée, extrêmement désolée, mais MES droits sont MES DROITS et j'en fais ce que je veux.
Dans mon frigo, soit je prends pour manger et pour boire, soit je jette, ceci 365 jours dans l'année.
De même avec les ordonnances médicales (nuance : je stocke les medocs au lieu de les jeter ! ).
Alors vos délires sur la fin de vie et les personnes handicapées soit-disant vulnérables, vous pouvez les foutre là où je pense, dans votre cul, et je sais ce que j'écris.
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