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 La fin de vie selon Olivier Farlorni

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MessageSujet: La fin de vie selon Olivier Farlorni   10.03.15 15:42

Falorni sur la fin de vie : "La France est en train de rater une grande réforme de société"
par Michel Veron
le 10 mars 2015 à 12h01



Olivier Falorni / Crédits : KENZO TRIBOUILLARD / AFP










Falorni sur la fin de vie : "La France est en train de rater une grande réforme de société"


L'"équilibre" de la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie à l'épreuve de l'Assemblée

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PolitiqueINTERVIEW - Le député apparenté PRG, Olivier Falorni, engagé en faveur de l'euthanasie, regrette que la loi Claeys-Leonetti n'accorde pas le droit à mourir. Il déplore le manque de courage du gouvernement qui renonce ainsi à une promesse de campagne de François Hollande.



MYTF1News : L'Assemblée Nationale étudie à partir de ce mardi la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. Contrairement à l'engagement 21 du programme présidentiel de François Hollande, elle n'accorde pas "l'assistance médicalisée pour terminer sa vie". Regrettez-vous le non-respect de cette promesse de campagne ?
Olivier Falorni : C'est une loi cosmétique qui n'apporte rien, c'est une loi Leonetti bis, qui suit la même logique : celle du laisser mourir au lieu d'opter pour l'aide à mourir. Pour moi, c'est une grande déception. La seule chose qui change entre le texte actuel et le nouveau texte, ce sont les mots. Mais cela ne règle en rien les situations douloureuses auxquelles sont confrontés les malades et leurs familles. Les maux, eux, ne changeront pas.
 

Pourquoi cette proposition de loi ne va pas assez loin selon vous ?
Le texte fonctionne autour d'une hypocrisie : elle doit permettre de prendre en compte les directives anticipées des malades. Mais il y a des dérogations à cela. Dans certains cas, les médecins pourront remettre en cause le choix du patient. Il faudrait au contraire garantir le droit de disposer de sa mort. En clair, nous avons besoin d'une loi de liberté, qui donne à chacun le droit de choisir le moment où il éteint la lumière de sa vie. Nous avons besoin d'une loi d'égalité qui garantit ce droit à tous car aujourd'hui, certains ont les moyens d'en bénéficier clandestinement à l'étranger. Et nous avons besoin d'une loi de fraternité qui refuse de se résigner face à la souffrance. Il faut regarder la mort les yeux ouverts et mesurer toutes les agonies que l'on prolonge inutilement. On ne peut pas accepter des situations humaines aussi dramatiques.
 
François Hollande a été confronté à une situation personnelle très difficile, il l'avait dit sur TF1 en novembre, les derniers moments de vie de sa mère, malade, ont été très durs. C'est également votre cas : vous aviez témoigné en 2013 dans l'hémicycle du long et douloureux combat de votre mère contre le cancer. Pourtant, lui n'en a pas tiré les mêmes conclusions que vous.
Personnellement, je me suis engagé pour ce combat avant d'affronter les affres de la maladie, je suis adhérent de l'ADMD (l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) depuis de longues années. Et le combat de ma mère a renforcé mes convictions. François Hollande a vécu lui aussi ce drame et je sais que cela a été très douloureux, même s'il exprime peu ses sentiments. Il a ses convictions personnelles, mais François Hollande reste un animal politique, il résonne en président de la République : il veut faire consensus. Or, pour faire avancer les choses sur des questions de cette importance, c'est impossible. A l'époque, sur l'avortement ou sur la peine de mort par exemple, si l'on avait cherché des consensus, rien n'aurait changé. Le pouvoir avait fait preuve de courage pour franchir le rubicon des conservatismes. J'aurais aimé que le gouvernement ait aujourd'hui ce même courage.
 
Pourquoi le gouvernement a décidé de travailler avec la droite sur cette question ? D'après vous, cherche-t-il à faire oublier la bataille politique liée à la loi sur le mariage pour tous, en adoptant cette fois une stratégie plus consensuelle ?
Si c'est le cas, c'est une erreur d'analyse profonde. Certes, il existe des lobbys, intégristes et bien souvent issus de l'extrême-droite, qui se seraient battus contre une loi accordant le droit à mourir. Mais dans l'opinion, il n'y a pas le clivage que l'on a pu constater lors de l'examen de la loi sur le mariage pour tous. Une grande majorité de Français approuve l'euthanasie. De nombreuses études d'opinions le prouvent. Avec les députés radicaux, nous avons déposé des amendements qui changent la logique du texte, même si nous avons bien conscience qu'il sera difficile de faire bouger les choses. Mais nous allons nous battre car la France est en train de rater une grande réforme de société.
 
Lundi, des représentants religieux chrétiens, juifs et musulmans ont signé une tribune dans le Monde dans laquelle ils critiquent toute initiative visant à provoquer la mort d'un patient, même très malade. Dans notre république laïque, jugez-vous légitime que des représentants religieux s'expriment sur un texte actuellement en débat à l'Assemblée ?
Ils ont leur place dans ce débat en tant que citoyen, ni plus, ni moins. Dans une démocratie, tout le monde a le droit de s'exprimer, sinon ce n'est plus une démocratie. On peut entendre les arguments religieux mais on ne peut pas légiférer en fonction d'eux. Ce ne sont pas eux qui doivent donner le la pour les réformes de société car, en France, la loi des hommes est votée à l'Assemblée nationale. Je prends acte de leur tribune, cependant je suis convaincu que ses représentants religieux sont en décalage avec les croyants. Je rencontre des chrétiens, des musulmans, des juifs, et beaucoup veulent une loi pour disposer du droit à mourir. 
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MessageSujet: Re: La fin de vie selon Olivier Farlorni   20.04.15 23:03

La vie nous est donnée, la mort nous est volée ! Tribune du député Olivier Falorni

Notre démocratie a su conquérir, une à une, toutes les libertés. Toutes, sauf une. L’ultime. Celle qui nous concerne toutes et tous. C’est-à-dire la liberté de choisir sa mort.
Compte Twitter : @OlivierFalorni





Olivier Falorni, député de la Charente-Maritime

Le droit enfin donné à chaque citoyen majeur et responsable d’éteindre la lumière de son existence lorsque sa vie n’est devenue qu’une survie. Artificielle et douloureuse.

Alors oui, il en faut du courage pour affronter des tabous multiséculaires, des conceptions d’un autre âge qui nient la réalité du temps présent. Oui, il en faut du courage pour franchir le Rubicon des conservatismes, comme il en a fallu du courage à Simone Veil, il y a 40 ans, pour permettre le droit à l’avortement, au milieu des huées fanatiques.

Or, le courage n’est pas au rendez-vous de l’attente de nos concitoyens.

Depuis deux ans et demi, nous avons été baladés, trimballés, bringuebalés, de rapports en missions, de jurys citoyens en avis d’experts.

Et le texte qui nous a été proposé par Alain Claeys et Jean Léonetti s’acharne globalement à l’obstination déraisonnable pour le statu quo. Le jésuitisme des mots ne soulagera jamais la douleur des maux que subissent tant de malades. On continue à mal mourir dans notre pays, malgré les progrès des soins palliatifs dont l’accès doit être élargi mais qui atteignent à un moment leurs limites face à l’extrême souffrance.

Le « laisser-mourir » ne peut pas rester le viatique hypocrite pour accéder à notre dernier départ. Est-il possible dans ce pays de regarder la mort les yeux ouverts ?

Est-il acceptable de prolonger des agonies de peur d’enflammer le débat public, en refusant d’aller jusqu’au bout. C’est-à-dire en respectant simplement l’engagement 21 du candidat François Hollande.


Est-il tolérable que des Français soient obligés, pour ceux qui en ont les moyens et qui peuvent se déplacer, de partir à l’étranger pour bénéficier d’une aide active à mourir, comme il y a 40 ans les femmes qui voulaient avorter devaient aller hors de nos frontières ?

La Suisse, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, qui pratiquent le suicide assisté ou l’euthanasie active sont-ils des pays moins civilisés que le nôtre ?

Chaque jour, dans l’actualité, les situations humaines dramatiques démontrent que notre loi n’est plus adaptée.

Doit-on continuer de faire l’autruche devant toutes ces euthanasies pratiquées dans le secret, dans la clandestinité, dans l’illégalité alors qu’elles sont pratiquées par humanité ? Ou alors doit-on condamner l’humanité ? Aujourd’hui ? Même les tribunaux ne le font plus.

Il faut maintenant une loi qui plonge ses racines dans le meilleur de notre République. Une loi qui donne la liberté. Une loi qui permette l’égalité. Une loi qui incarne la fraternité.

Personne, pas même un médecin, ne doit pouvoir nous confisquer le droit de choisir nous-mêmes les conditions de notre propre mort.

Si la vie nous est donnée, la mort ne peut pas nous être volée. C’est le sens de notre combat qui doit continuer, plus que jamais.

Olivier Falorni
La Rochelle, le 14 avril 2015.
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