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 Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve

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MessageSujet: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 11:41

copié-collé source Plus digne la vie

L’euthanasie ne signifie pas une mort heureuse, mais une mort préférable à certains états malheureux
Claude Bruaire
Philosophe
Extrait de E. Hirsch Médecine et éthique. Le devoir d’humanité, Cerf, 1990.
 

Choisir de cesser d’exister plutôt que de vivre dans l’épreuve

Dans la réflexion sur l’euthanasie intervient souvent l’expression « mourir dignement ». Qu’est-ce-que la dignité ?
La dignité est affaire humaine et de l’esprit humain, par différence avec notre vie animale. Mourir dignement, ce n’est pas simplement mourir en bon état, au regard de nos semblables. C’est mourir avec une existence digne, digne d’elle-même, digne du fait qu’elle est autre chose que la vie des chiens et des chats, ou même de l’espèce humaine.
Digne, parce qu’elle est spirituelle.
 
La question est de savoir s’il vaut mieux l’existence continuée, quelles que soient les limitations de la vie et les étapes nécessaires, ou s’il vaut mieux arrêter la vie parce que certains de ses états sont dits insupportables.
Le problème de l’euthanasie, c’est la différence entre l’esprit et la nature, entre l’homme et l’animal, entre l’existence – son origine et son destin, sa liberté – et puis la vie. La simple vie. La simple vie naturelle.
 
Il faut bien remarquer aujourd’hui que la question est oubliée dans ses termes propres, parce que l’on raisonne toujours en termes de santé et de bien-être. Des gens peuvent être handicapés, malheureux, infirmes et demeurer en état de dignité. Des parents peuvent avoir des enfants déficients, et pour rien au monde les traiter autrement que comme des êtres infiniment respectables.
Ce qui est en cause, c’est simplement notre manière tout à part d’être, qui se lit au fond des yeux du malade devant l’angoisse de la mort. Que fait-on sur terre ? On est probablement là pour autre chose, d’une autre manière d’être que tous les produits de la nature. Le problème de l’euthanasie, c’est cela précisément. Si l’on veut régenter la vie, il faut tuer tous les malades, tous les handicapés. Si l’on veut reconnaître la dignité de l’homme, il faut savoir sacrifier de l’argent, des moyens – tout ce qui n’est que moyens – pour que l’honneur de ce qui est l’esprit humain soit exalté, reconnu et promis à ses espérances. (…)
 
L’euthanasie rencontre le problème du suicide. Elle en est partie prenante, même si par nature elle a ses circonstances propres qui en font une affaire à part dans l’existence humaine. Ces situations se définissent toutes par celle de la souffrance. Mais finalement on choisit de cesser d’exister plutôt que de vivre dans l’épreuve. C’est le grand défi que le suicide lance à la vie.
Après tout, l’euthanasie ne se pose qu’à l’esprit et à sa liberté. C’est un défi à la vie malade, à la vie insupportable. Quand il n’y a rien d’autre à faire, ce que croit le suicidaire c’est que manifestement on peut défier la vie par l’esprit que l’on est. Mais il s’agit d’une situation absolument désespérée. La vie n’attend plus rien. Elle n’attend plus rien des droits de l’esprit.
Le philosophe doit montrer à chaque fois ce que nos choix impliquent. Celui qui tente de philosopher, c’est-à-dire de trouver les meilleures raisons de ses choix, ne peut pas faire davantage. Qui veut contraindre oublie la liberté, et si l’État le faisait, par exemple concernant l’euthanasie, il l’oublierait une fois de plus ! (…)
 

Un droit à la mort ne saurait s’exercer par délégation, ce qui contredirait la signification qu’il peut avoir, et encore moins pas usurpation

L’euthanasie, pour être jugée dans ses modalités d’aujourd’hui, doit être analysée de manière un peu précise. Je crois qu’il y a deux choses à bien distinguer et à comprendre.
Tout d’abord, l’euthanasie ne signifie pas une mort heureuse, mais une mort préférable à certains états malheureux. C’est le premier point qui est celui d’une alternative que l’on tranche probablement très ou trop rapidement.
L’alternative est la suivante : l’existence continuée vaut-elle mieux ou non que certains états de la vie dits insupportables ?
Cette alternative ne vaut que si un être humain distingue en lui-même et pour ceux qui sont autour de lui – ceux qui le soignent par exemple – entre son existence spirituelle et sa vie biologique. Autrement, bien entendu, le problème de l’euthanasie, comme tout problème de déontologie médicale, est effacé.
 
Le deuxième point concerne ce qu’on appelle le droit à la mort – qui est une expression assez récente -, ce qui, je le rappelle, ne va pas de soi dans la mesure où il semble impliquer qu’on est maître de son destin comme on est maître de son origine. Que l’on soit maître de son origine, c’est l’évidence que chacun arrive toujours trop tard pour décider d’exister et par conséquent le droit à la mort pose problème.
Supposons-le admis. La mort, et ceci est le révélateur de notre manière d’être, est pour l’homme une affaire toute personnelle. Elle ne signifie pas simplement l’autre borne de la vie, de la naissance. Elle signifie : cesser d’être. Cesser d’être absolument, avec cette alternative crue : être ou ne pas être, et la mort biologique qui est le signal de la possibilité de cesser d’être, c’est-à-dire d’une non-existence qui contredit notre désir d’être.
La mort est donc affaire toute personnelle que personne ne peut partager. Personne ne peut se mettre à notre place pour mourir. On ne participe pas à la mort d’autrui, on ne peut qu’assister à son enterrement. Et par conséquent, si droit à la mort il y a, il ne peut être qu’une affaire toute personnelle. La conséquence, c’est qu’un droit à la mort ne saurait s’exercer par délégation, ce qui contredirait la signification qu’il peut avoir, et encore moins pas usurpation
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 11:45

Dans cette optique,

pourquoi vouloir imposer à tout le monde une mort à la sauce Léonetti, une mort sédatée, une mort sans aucune douleur physique ??? ??? ???


CITATION =
 Si l’on veut régenter la vie, il faut tuer tous les malades, tous les handicapés.
COMMENTAIRE=
çà a une certaine odeur...


CITATION=
"C’est mourir avec une existence digne, digne d’elle-même, digne du fait qu’elle est autre chose que la vie des chiens et des chats, ou même de l’espèce humaine".
CITATION=
"Le problème de l’euthanasie, c’est la différence entre l’esprit et la nature, entre l’homme et l’animal, entre l’existence – son origine et son destin, sa liberté – et puis la vie".
CITATION=
"L’euthanasie rencontre le problème du suicide. Elle en est partie prenante, même si par nature elle a ses circonstances propres qui en font une affaire à part dans l’existence humaine. Ces situations se définissent toutes par celle de la souffrance. Mais finalement on choisit de cesser d’exister plutôt que de vivre dans l’épreuve. C’est le grand défi que le suicide lance à la vie.
Après tout, l’euthanasie ne se pose qu’à l’esprit et à sa liberté. C’est un défi à la vie malade, à la vie insupportable. Quand il n’y a rien d’autre à faire, ce que croit le suicidaire c’est que manifestement on peut défier la vie par l’esprit que l’on est. Mais il s’agit d’une situation absolument désespérée. La vie n’attend plus rien. Elle n’attend plus rien des droits de l’esprit".

COMMENTAIRE=
l'auteur passe curieusement de l'euthanasie animale (indigne selon son interprétation) à l'euthanasie-suicide où il y voit soit désespoir,soit liberté.
Tout est mélangé, volontairement ou inconsciemment.

Mon commentaire = certes, nous ne sommes pas des animaux ( ou alors des animaux dits supérieurs), mais Léonetti ne nous condamne-t-il pas à une sorte de fin de vie "animale" par la sédation on abolit notre conscience... ... ...
Pire, il réduit l'espace relationnel au corps qu'il faut "soulager".


CITATION=
"Choisir de cesser d’exister plutôt que de vivre dans l’épreuve".
COMMENTAIRE=
L'épreuve, l'agonie palliative à la sauce Léonetti.
Effectivement, on a le droit de faire le choix de ne plus exister..
puisque de toute façon, la mort est toute proche.
Léonetti retarde la mort par la sédation.
Le patient n'aurait-il pas le droit d'anticiper sa mort avec le suicide assisté ?
A force de vouloir imposer à tout prix la sédation, on recherche coûte que coûte le suicide assisté...
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 17:11

Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve
si l'euthanasie et le SA sont légalisés, les adolescents vivant une époque très difficile pourront faire valoir leurs droits et cesser d'exister. Dommage pour eux.
De même pour les personnes ayant une dépendance physique.
Etc etc etc
Trop facile quelque part.
Oui, mais ces arguments sont valables pour les femmes enceintes et la législation dans ce domaine fonctionne plutôt bien.
Certes, un embryon n'est pas un fœtus et un fœtus n'est pas un nouveau-né.
Le titre du copié-collé est faux. Car pour vivre dans l'épreuve, il faut d'abord exister.
Le titre du copié-collé est vrai quelque part dans la mesure où il laisse sous-entendre que les soins palliatifs actuels anté-mortem sont une épreuve..( de plus ! ).
Je cherche à écrire ce que je ne me formule pas encore...
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 17:32

Problème de mots qui engendre des maux.
CITATION=Digne, parce qu’elle est spirituelle.
Mais religieux ne signifie pas ecclésial qui ne signifie pas spirituel.
Si on formule des mots sans en saisir la nuance, on tue et on se suicide symboliquement ... ...
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 17:52

Tout de même curieux,
vivre dans l'épreuve en étant soulagé ( cf "Soulager Mais Pas Tuer " )
On ne pourrait pas inventer un autre truc,
Faire Face à Sa Mort tout simplement ?
"Faire Face"... oui, faire face... ( ! ! ! ) ...
Si je veux mourir très vite avec une immense douleur physique, par exemple ?
Au nom de quoi je ne pourrais pas avoir ce droit ??? ??? ???
Au nom de quoi ?????
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 18:25

Désolée, mais le problème de l'euthanasie N'est PAS la différence entre l’esprit et la nature, entre l’homme et l’animal, entre l’existence – son origine et son destin, sa liberté – et puis la vie.

Fin 2010 début 2011, j'avais cliqué sur une vidéo de Léonetti où il disait qu'en fin de vie, on abandonne, cela fait partie de la culture médicale française
Dommage que je puisse pas retrouver la vidéo ou le texte correspondant.
Je me souviens parfaitement de ses paroles.
(actuellement, il prône le non-abandon, la non-souffrance etc =
'je ne t'abandonnerai pas, je ne te laisserai pas souffrir", c'est ce qu'il dit tout en refusant d'aider à mourir )
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   03.04.15 18:46

Il ne faut pas oublier que si on peut être des cobayes thérapeutiques, ils nous utilisent à l'heure de notre mort en nous transformant en cobayes palliatifs.
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   06.04.15 14:45

Il ne s'agit pas de cesser d'exister ( être ou ne pas être ). Poser cette question, c'est fuir le problème...

Comme chacun de nous ne peut pas ne pas mourir, il s'agirait plutôt que la société permette aux mourants de choisir leur mode d'agonie.
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   06.04.15 15:15

"Digne parce qu'elle est spirituelle".
Pourquoi alors vouloir s'acharner à conserver au maximum un corps vivant sans esprit ( = un patient mourant très bien sédaté ) ?
Parce que l'Eglise en aurait décidé ainsi ? ( St-Paul " le corps est le Temple du St-Esprit " ).
Il s'agit de la bataille entre la foi et la loi, l'esprit et la chair...
On est en plein dedans.
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MessageSujet: Re: Cesser d'exister ou vivre dans l'épreuve   06.06.15 12:51

"Je crois aux forces de l'esprit", citation de François Mitterrand. Peu importe s'il était un croyant spirituel ( ce n'est pas la même chose qu'un croyant ecclésial ),
mais là où je patauge dans ma sauce,
c'est le fait que de toute manière, on ne pourra jamais penser que la notion du corps est égale ou a la même valeur que la notion de l'esprit
La notion de l'esprit interfère  avec la notion du corps par la relation que nous avons entre nous.
Dans ma cervelle, esprit = âme, affectivité, conscience, etc, tout ce qui n'est pas visible
sans mon corps, je ne peux pas avoir d'esprit
mais je peux être un corps sans esprit ( si je suis en état de mort cérébrale par ex.)
Quoique les toubibs diront que l'inconscient passe par le corps. Si la conscience disparaît, peut-être que l'inconscient ressurgit ? je pose simplement la question ( la conscience ayant pour but de refouler l'inconscient ).
Où je veux en venir ? je ne sais pas trop. Il faut se rappeler qu'avant la mort, pendant l'agonie, notre corps commence à pourrir ( sauf s'il est bien manipulé par le corps médical et les Pompes Funèbres ensuite ).
Mon obsession première étant la relation entre mon corps et mon esprit puisque je fais partie des IMC
Ma deuxième obsession étant la valeur de mes relations dites " sociologiques " ( le terme "sociologique" ayant des degrés très différents ... on pourrait même avoir une existence sociologique bien vivante sans esprit... si j'exagère un peu ... avec moquerie ! )
à suivre quand je serai plus inspirée, c'est complexe, j'ai eu toute ma vie l'impression de vivre un conflit perpétuel entre nature et culture....
( on parle bien de " culture médicale", non ? )
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