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 Campagne française

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MessageSujet: Campagne française   10.11.15 12:56

Bretagne. Le FN laboure la campagne
10 novembre 2015 à 10h16 / Didier Déniel / commentaires


AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON

            

Après s'être établi dans certaines villes, le Front national semble s'installer durablement dans les campagnes. La Bretagne n'est plus étrangère à ce phénomène. Nous sommes allés à la rencontre des habitants du canton de Grand-Champ (56) où le FN a obtenu 27,94 % des voix aux départementales. Dans ces communes, les frontistes pourraient à nouveau peser de tout leur poids aux régionales.

En mars dernier, le vote frontiste est ressenti comme un coup de tonnerre dans la campagne morbihannaise. Si Yves Bleunven, le maire de Grand-Champ, et sa colistière, Annick Maugain (DVD), sont confortablement élus avec 57,44 % des voix au premier tour dans le canton, le FN se hisse en deuxième position, avec 27,94 % des suffrages.



 Loin devant le Front de Gauche (14,62 %). Le PS, lui, n'avait pas présenté de candidat. Laissant en friche ce territoire. C'est à Radenac, petite commune de 1.000 habitants, que le FN a obtenu son plus haut score avec 45,36 % des voix.


« On n'a plus rien ici »


Pourquoi ? « Un sentiment d'abandon, analyse un habitant. On n'a plus rien ici. Plus de commerce. Le dernier bar vient de fermer. Il ne reste plus qu'un salon de coiffure et un comptoir de pizzas à emporter, ouvert le week-end ». Seul point de rencontre régulier pour la population, un distributeur automatique de pain, apparu après la fermeture de la boulangerie. Pratique mais complètement déshumanisé. Il trône sur la place principale, bordée de maisons aux volets clos. « Ce distributeur, ça marque les esprits, commente Gabriel Bouché, responsable FN pour le canton et candidat aux départementales. Il n'y a plus rien dans ce secteur. On a le sentiment que le pouvoir cherche à tuer l'agriculture, comme il l'a fait avec la sidérurgie. Plus rien n'est régulé. Actuellement, une exploitation sur trois est dans le rouge et est menacée de faillite. Il y a encore quelques mois, le discours sur l'immigration n'avait que peu d'emprise ici. Les choses ont un peu changé avec la crise des migrants et les projets d'ouverture de centres d'accueil à Sérent et Ploërmel ».

« Un phénomène de rejet »


Économiquement parlant, Laurent Kerlir, le président de la Chambre d'agriculture, fait à peu près le même constat : « En agriculture, le ras-le-bol est général. Les prix sont toujours au plus bas et les exploitants ne peuvent plus vivre dignement du produit de leurs terres. C'est toute l'économie locale qui en pâtit. À la Chambre, on se démène pour trouver des solutions. Il faut entendre cette détresse et soutenir nos collègues. Si, demain, les agriculteurs votent en masse pour le FN, ça sera un phénomène de rejet, plutôt qu'une adhésion aux idées de ce parti ». À trois kilomètres du clocher de Radenac, celui de Réguiny. Dans cette commune de 1.870 habitants, le FN a obtenu 31,26 % des suffrages en mars. Ici, les arguments frontistes sur le sentiment d'abandon se délitent rapidement. « À Réguiny on a tout, commente une jeune mère de famille installée dans la commune depuis quatre ans : des petits commerces, un supermarché, un bureau de Poste, un pôle santé, un espace culturel, une médiathèque, une maison d'accueil pour personnes dépendantes, une piscine, une base de plein air, avec un lac... ». La commune est prospère et continue à attirer de nouveaux habitants. Le taux de chômage n'est que de 6,9 %, contre 11 % au niveau régional.

« Gad et les propos de Macron ont marqué les esprits »


« Les gens ont du boulot ici, commente un homme sorti fumer sur le trottoir. La plupart, dans les grosses boîtes d'agroalimentaire à 15 km à la ronde. Chez Jean Floc'h, par exemple, ou chez Linpac, à Noyal-Pontivy. Les salaires ne sont pas mirobolants mais ils permettent de vivre. À côté de ça, il y a pas mal de casse sociale. Des gens qui ne réussissent pas à sortir la tête hors de l'eau. » « Je pense aussi que l'affaire Gad a été désastreuse, poursuit le retraité. Mais surtout les propos de Macron sur les illettrés. Voter FN, c'est viser le gouvernement. C'est un peu comme se venger. » À ses côtés, un de ses amis, qui vote à droite, acquiesce. « Moi, je pense que les gens sont désorientés. Le PS s'est éloigné des ouvriers, des employés. Alors, ils perdent la boussole. »

Prosélytisme efficace


Autre élément qui serait également à prendre en compte, à Radenac surtout, le prosélytisme actif d'un proche du FN. « De par sa profession, cette personne peut facilement rentrer en contact avec les gens. Et les convaincre. Surtout les personnes âgées ». Tous, par contre, réfutent la thèse d'un racisme rampant parmi la population. « Ici, il n'y a pas d'étrangers. Et, quand bien même il y en aurait, ils seraient bien accueillis. On est tolérant. Même chose pour l'insécurité. Ça ne prend pas. Réguiny, c'est calme. »
En complément

36 % des agricuteurs voteraient Le Pen


En avril dernier, un sondage effectué au niveau national par BVA montrait que les agriculteurs étaient nettement plus nombreux (36 %) que l'ensemble des Français (24 %) à se dire enclins à voter Marine Le Pen en 2017. Dans cette enquête d'opinion, 19 % des agriculteurs interrogés déclaraient qu'ils pourraient, « oui, certainement », voter FN à la prochaine présidentielle et 17 % répondaient « oui, probablement », soit un total de 36 %. On l'a vu, ces derniers mois, de nombreux griefs avancés par la profession portaient sur la dérégulation des marchés et les normes ressenties comme toujours plus compliquées et pesantes. Une forme de rejet de ce que certains appellent la « dictature administrative » qui s'est concrétisée, ces derniers mois, lors des grandes manifestations paysannes, en Bretagne et à Paris. Plus largement, les campagnes auraient payé un plus lourd tribut que les villes à la Révision générale des politiques publiques, lancée par Nicolas Sarkozy en 2007. C'est l'avis d'Yves Krattinger, président du Conseil départemental de Haute-Saône et conseiller ruralité auprès du président de la République. Les ruraux ont aussi parfois le sentiment d'être exclus des grands débats politiques qui abordent plus volontiers la politique de la ville, les métropoles, et plus rarement la désertification rurale ou la question agricole.


La saignée et l'angoisse


Dans le Morbihan, la poussée du FN dans les campagnes s'explique aussi par la saignée qu'a vécue l'agroalimentaire ces dernières années. Et par l'angoisse qu'elle a pu générer. On pense, bien sûr, à Gad. Certes, l'abattoir de Josselin a été repris par Intermarché avec 530 salariés. Mais 225 autres ont perdu leur emploi. On peut aussi citer Doux qui a fermé son usine d'abattage et de découpe de dindes à Pleucadeuc, supprimant 147 postes et laissant sur le carreau de très nombreuses familles, dans l'impossibilité de quitter la commune et de s'installer ailleurs.
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