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 PRONOSTIC VITAL

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MessageSujet: PRONOSTIC VITAL   19.05.17 8:50

''Pronostic vital engagé'', késako ?

Dans les médias, nous entendons très souvent parler de "pronostic vital engagé" à la suite d'un fait divers, sans pour autant savoir ce que signifie vraiment cette expression. Alors que se cache-t-il derrière l'expression "le pronostic vital est engagé" ? Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Par Gérald Kierzek

Rédigé le 30/11/2012, mis à jour le  03/12/2012  

''Pronostic vital engagé'', késako ?
     
Chronique du Dr Gérald Kierzek, urgentiste, du 28 novembre 2012

•Que signifie l'expression "le pronostic vital est engagé" ?

Dr Gérald Kierzek : "Stricto sensu, l'expression "Pronostic vital engagé" a une signification médicale précise. Cela signifie qu'il y a un risque vital, non stabilisé et que la situation peut évoluer défavorablement jusqu'au décès. Il y a des blessés et certains risquent de mourir. Quand un patient a son pronostic vital engagé, il est généralement en réanimation, au réveil ou au bloc opératoire.

"Mais c'est aussi l'expression consacrée quand les urgentistes prennent en charge une victime et que les forces de l'ordre (la police) demandent de quoi souffre la victime. Les urgentistes utilisent l'expression "pronostic vital engagé" car ils sont tenus au secret médical et il n'est pas question de dévoiler la nature des lésions. Et ce qu'annoncent les médias sont souvent des informations transmises par la police et par les médecins !"
•La situation peut-elle complètement évoluer dans un sens ou dans l'autre ?

Dr Gérald Kierzek : "Oui, l'objectif du médecin sur les lieux d'un accident ou d'une agression est de faire un premier bilan ou diagnostic sans autres moyens que son examen clinique, son stéthoscope et parfois un échographe. C'est le quotidien des médecins du Samu qui interviennent et en quelques minutes doivent répondre à deux principales questions : l'état du patient est-il grave (ou potentiellement grave) ou pas ? Vers quelle structure l'orienter ?

"Dans le cas d'un fait divers comme une agression (à l'arme blanche par exemple), difficile de dire sur place si le couteau a fait beaucoup de dégât dans le ventre ou le thorax. Par précaution ce patient sera orienté, dans l'hypothèse la plus grave, dans un service de réanimation et d'autres examens seront réalisés. Dans ce cas, et parce que le patient est dirigé dans un service de réanimation, on dira toujours aux forces de l'ordre que le pronostic vital est engagé. Même si à la clé, le patient n'a rien !"
•Dans quels cas le pronostic vital est-il réellement engagé ?

Dr Gérald Kierzek : "Le pronostic vital est réellement engagé dans tous les cas où des lésions sont potentiellement vitales, c'est-à-dire si elles touchent des organes indispensables à la vie. Cerveau, cœur, poumons mais aussi hémorragie massive (fracture du fémur, du bassin…).

"Il faut comprendre que les premières heures ou même minutes, l'évaluation du blessé ou du patient est difficile. Il faut attendre des examens complémentaires (parfois un scanner corps entier ou body scan) pour avoir une idée plus précise des lésions et de leur évolution. Et parfois, ce n'est que le temps qui permet de juger l'évolution : est-ce que ça penche du bon côté ou malheureusement du mauvais côté.
•Qu'en est-il pour un polytraumatisé ?

Dr Gérald Kierzek : "Le polytraumatisé est un patient qui présente plusieurs lésions dont une au moins qui engage le pronostic vital.

"La survie dépend des lésions et du délai de traitement de ces blessures. La première étape est le bilan lésionnel fait sur place par le Samu qui oriente le patient au meilleur endroit :

- soit la situation est très instable : hémorragie massive, plaie abdominale, bassin fracturé et il faut opérer immédiatement. Dans ce cas, direction le bloc opératoire.

- parfois la situation est très instable mais rien n'est contrôlable sur le plan chirurgical, direction la réanimation ou trauma center (on parle aussi parfois de réveil)

- le plus souvent, la situation hémodynamique est stable, la tension a peu près contrôlée et on a le temps de réaliser les examens et de se donner un peu de temps pour le diagnostic lésionnel et les traitements.

Une chose est certaine, un patient grave, pris en charge par le Samu, qui a vraiment un pronostic vital engagé, ne se retrouve jamais aux Urgences dans le circuit des autres patients. Il va directement dans un trauma center. Et quand on nous dit, le patient est toujours aux urgences et son pronostic vital reste engagé :

- soit on se trompe et il est ailleurs qu'aux Urgences

- soit on se trompe et son pronostic vital n'est pas engagé !

"Dans les films, on voit souvent une ambulance non médicalisée emmener un patient très grave. C'est un raccourci qui ne correspond pas à la réalité."

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante--pronostic-vital-engage-kesako-_8925.html
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MessageSujet: Re: PRONOSTIC VITAL   19.05.17 9:56

L'expression est aujourd'hui consacrée pour le grand public. Impossible de lui échapper. Mais d'où vient cette locution désormais incontournable dans les médias ? Le Figaro s'est penché sur la question.


Elle peut être le fait de quelques instants, quelques heures ou quelques jours et pourtant, l'expression «le pronostic vital est engagé» restera inchangée. Depuis hier, lundi 5 décembre, la presse fait florès de la locution concernant l'état de santé du chanteur Michel Polnareff, victime d'une embolie pulmonaire. Ouest-France, L'Express, Europe 1... Pas un média n'a fait fi du truisme médical.

Or les expressions sont nombreuses pour décrire la situation clinique d'un patient: «être entre la vie et la mort», «en état d'urgence absolue», «être à l'article de la mort», «avec le risque de mourir»... Pourquoi cette absconse ritournelle?

Le pronostic vital ne fut pas toujours la marotte des médias. Alors que disait-on avant? D'où vient ce besoin de spéculer sur la durée de survie d'un patient? Le Figaro a mené l'enquête.

Un diseur de mauvaise aventure

Du grec «prognostikos»: «connaître à l'avance», «conjecture sur ce qui doit arriver», le mot pronostic apparaît dans ses racines comme absolu, quasi «apocalyptique» (du grec, «révélation de Dieu»). Un diseur de mauvaise aventure capable en un coup de mot - à défaut de faux - de décider de la vie ou de la mort d'un individu.

Près de quatre cents ans avant notre ère, le médecin Hippocrate usait du terme latin pour se justifier de ses diagnostics. «Le médecin sera justement admiré, et il exercera son art habilement. Ceux dont la guérison est possible, il sera encore plus capable de les préserver du péril [...] et, prévoyant et prédisant quels sont ceux qui doivent périr et réchapper, il sera exempt de blâme», écrivait-il ainsi dans sa notice éponyme. Deux millénaires plus tard, le sens du mot n'a pas évolué.

Il est toujours d'actualité en effet de parler de pronostic pour évaluer le degré de gravité d'une maladie et subséquemment de la durée de vie. Mais à deux détails près tout de même! Non seulement le terme médical ne prime plus sur l'évaluation de l'état de santé d'un malade (fort heureusement) mais il «n'est plus tant utilisé par les médecins que dans les médias», nous confie le docteur Damien Mascret.

Le premier à avoir ressorti l'expression du placard fut Michel Bôle-Richard en 1893, nous rappelle Jean-Yves Nau dans Slate, à l'occasion d'un «feuilleton médico-judiciaire presque oublié», connu sous le nom de l'affaire des «grâces médicales». Pas de quoi déclencher un engouement autour de la locution désuète!

Un pléonasme

Exceptés quelques médias tel que le Monde, précise toujours le journaliste, le «pronostic vital engagé» ne parviendra pas avant plusieurs décennies à se frayer un chemin comme: «il est entre la vie et la mort», «il est dans un état désespéré» ou ces consœurs imagées «passer l'arme à gauche», «avoir déjà un pied dans la tombe» ou bien encore «rendre l'âme».

Ce n'est qu'un siècle plus tard, en 2002 plus exactement et avec l'édiction de la loi Kouchner sur les droits des malades, que l'expression prendra une place immodérée dans la presse et une importance paradoxalement bien plus infime dans le milieu médical. En cause? La manie des médias de recourir aux pérphrases et aux termes faussement scientifiques.

«Le pronostic, précise Damien Mascret, intervient à partir du moment où le patient peut mourir de sa maladie ou des complications de ses traitements. Il va donc de soi avec la pathologie.» Et figure donc dans la rubrique des pléonasmes ou des évidences.

L'expression prise dans son intégralité apparaît donc vague. Une façon ainsi appuyée de ne pas révéler ce qui se cache derrière les portes de l'hôpital et de garder le secret médical sur les symptômes et la pathologie dudit patient.

Bref du jargon médical communément adopté dans le monde du journalisme pour parler d'un fait sans vraiment rien en dire. Recourir au vocabulaire «technique» même sans donner d'informations précises est une manière d'anoblir son sujet à peu de frais.

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2016/12/06/37002-20161206ARTFIG00208-le-pronostic-vital-peut-il-etre-vraiment-engage.php
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MessageSujet: Re: PRONOSTIC VITAL   19.05.17 10:17

Xavier Breton


Il existe une réelle incertitude sur la portée de la notion de « pronostic vital engagé à court terme ». Ainsi, à la lecture de l’article 3 de la proposition de loi, il est difficile de savoir si le court terme désigne uniquement les situations où le patient risque de décéder dans les quelques heures ou quelques jours qui suivront, ou s’il vaut également pour les situations où le patient risque de décéder dans les semaines ou les mois qui suivront.

Compte tenu de cette incertitude sur la limite temporelle de cette disposition, il existe de sérieux risques qu’elle soit utilisée pour provoquer délibérément la mort de patients dont le pronostic vital ne serait engagé qu’à l’échéance de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, ce qui serait constitutif d’une euthanasie.

Ainsi, la volonté des auteurs de la proposition de loi de ne pas autoriser en droit français l’euthanasie se verrait contournée. De plus, le flou de cette notion de « pronostic vital engagé à court terme » risque de se traduire par une multiplication des poursuites pénales et des actions en responsabilité contre les médecins, au rebours de l’objectif de la proposition de loi, qui est de sécuriser la situation juridique de ces médecins.

Par conséquent, il est essentiel de circonscrire de façon beaucoup plus claire les cas visés par cette disposition en limitant le recours à la sédation profonde et continue jusqu’au décès aux cas visés par cette disposition, lorsque le pronostic vital des patients est « engagé à très court terme », c’est-à-dire dans les quelques heures ou quelques jours qui suivront l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie.

https://www.nosdeputes.fr/14/seance/5538#inter_43b0a28c79fa081df55ae97d41b6c3b5
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