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 Anne Ratier

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MessageSujet: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 9:39

En 1987, Anne Ratier choisit de donner la mort à son fils Frédéric, polyhandicapé. Vivre avec un tel handicap, "ce n'est pas de la vie, c'est de l'agonie", a-t-elle expliqué sur franceinfo vendredi 8 mars. Plus de 30 ans après les faits, elle livre son témoignage dans un ouvrage intitulé J'ai offert la mort à mon fils (éditions City). "En même temps que j'ai 'offert' cette mort à mon fils, je me suis quasiment suicidée", a-t-elle confié.
franceinfo : Frédéric est né très lourdement handicapé suite à une erreur médicale. C'est le début de votre histoire...
Anne Ratier : Oui, et après, nous avons eu trois ans de parcours du combattant, d'hôpitaux à hôpitaux, plus inhumains les uns que les autres, pour en arriver au verdict : lourdement handicapé avec un cerveau en grande partie détruit.
Que s'est-il passé ce jour de Toussaint de 1984 à l'hôpital ?
J'attends mon premier enfant. J'arrive, la sage-femme est là avec le médecin. Le médecin va partir. Il me fait un monitoring. Tout va bien. Il s'en va. Au fur à mesure que la soirée passe et une partie de la nuit, je ne me sens pas bien. La sage-femme me dit que je suis douillette. Cela va durer toute la nuit jusqu'à 8 heures du matin où le médecin arrive et s'aperçoit que le cœur de l'enfant ne bat plus. On fait une césarienne d'urgence, mais dès que notre fils naît, le médecin dit à mon mari qu'il a un tout petit problème "comme tous les enfants nés par césarienne". On lui demande : "Est-ce que vous pouvez donner des soins ?" Mon mari répond "oui, si ce n'est pas grave, bien sûr". Le Samu réanime le bébé et l'envoie dans un hôpital où il fait des convulsions et où il n'y a pas de matériel. Après, il passe un mois en soins intensifs et nous le récupérons au bout d'un mois.
"Un petit problème". En fait, c'est beaucoup plus grave ?
On va mettre 20 mois pour comprendre qu'il allait être tétraplégique, que le cerveau est gravement endommagé, qu'après trois ans, il va falloir l'installer dans une coque qui grandira au fur à mesure de sa croissance.
Vous vous êtes battue pour le garder chez vous, mais le cauchemar continue...
Le cauchemar continue parce qu'il y a des réflexes qu'il n'a pas. Vivre avec un enfant qui ne peut pas avaler, qui ne comprend pas qu'il faut ouvrir la bouche, le masser et le lancer en l'air pour oxygéner le cerveau, tout cela est difficile à vivre. Surtout de le voir dans cet état.
Comment vient petit à petit l'idée de lui "offrir" la mort, selon l'expression que vous employez ?
Le fait de me rendre compte qu'il aura une vie qui n'est pas une vie, pour moi. Le fait que mon père nous a toujours dit qu'on ne pouvait pas vivre n'importe comment. Et le fait de me dire qu'après trois ans, je vais devoir le laisser dans un centre où je ne saurai pas si on s'en occupe bien. (...) Depuis les années 80, les choses ont peut-être changé. Je l'ignore. Le problème n'est pas là. Si j'avais été accompagnée, s'il avait eu les meilleurs centres possibles, je n'aurais pas agi différemment. C'est ma façon de voir les choses. Mon fils tétraplégique avec sa coque dans un centre, je n'aurais pas supporté cela parce que ce n'est pas de la vie, c'est de l'agonie. Je n'aurais pas laissé agoniser mon fils, même accompagné.
En 1987, votre fils va avoir trois ans, vous décidez donc de passer à l'acte. Vous écrivez : "Je saisis le tube non entamé de neuroleptiques que mon fils prend pour traiter son épilepsie. Je réduis les comprimés en poudre. Mes larmes coulent et se mélangent à la poudre. Je rajoute un peu de lait. Je le berce pendant près de deux heures et je lui dis combien je l'aime et combien je regrette de ne pas être morte à sa place lors de sa naissance".
Vous parlez d'un geste d'amour. Avez-vous conscience que cela peut choquer ?
Je sais que cela peut choquer, parce que j'ai été la première choquée aussi, parce qu'on n'agit pas ainsi sans se détruire soi-même. En même temps que j'ai "offert" cette mort à mon fils, moi je me suis quasiment suicidée, quelque part. C'était la seule solution qui était à ma disposition. Ce n'est pas comme si j'avais une lueur d'espoir. J'aurais continué jusqu'au bout, mais il n'y avait plus d'espoir. L'espoir, il faut qu'il débouche sur quelque chose, s'il ne débouche sur rien, on va dans le mur.
Votre mari est d'accord, mais vous tenez à faire ce geste vous-même ?

Pour m'occuper de mon fils, je ne travaillais pas et nous avions un bébé d'un an. Je ne voulais pas qu'il soit compromis dans cette affaire-là. Je voulais qu'il puisse subvenir aux besoins de mon fils.

Pour la justice, c'est un meurtre avec préméditation. Ce témoignage suscite beaucoup de réactions, notamment de la part de parents d'enfants handicapés qui ne comprennent pas votre geste. Qu'en pensez-vous ?
Je comprends le point de vue des familles qui veulent continuer. Moi je vous livre une expérience, la mienne. Moi je ne pourrais pas, même accompagnée, continuer comme ça. Mon fils ou moi. S'il m'arrive quelque chose demain, si je suis handicapée, je ne veux pas qu'on me laisse comme ça. Je veux que si on m'aime, qu'on soit suffisamment compatissant à mon égard pour ne pas me laisser vivre n'importe comment.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 9:54

Euthanasie: «Comment la médiatisation de cas particuliers fausse le débat»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - «J'ai offert la mort à mon fils»: ce témoignage d'une mère ayant euthanasié son jeune fils handicapé est l'objet d'une médiatisation que le philosophe Damien Le Guay juge indécente. Cet enseignant en éthique juge que les conditions du débat sont faussées par l'instrumentalisation médiatique des témoignages.




Philosophe, éthicien, membre émérite du Conseil scientifique de la Société française d'accompagnement et de soins Palliatif (La SFAP), Damien Le Guay enseigne au sein des espaces éthiques régionaux d'Ile-de-France et de Picardie. Il est l'auteur de plusieurs essais sur la mort, dont, notamment Le fin mot de la vie (Le Cerf, 2014).




FIGAROVOX.- Trente ans après les faits, une femme raconte dans un livre (J'ai offert la mort à mon fils, City Éditions) comment elle a euthanasié son fils lourdement handicapé, né dans un état végétatif. Que vous inspire la médiatisation de son témoignage?

Damien LE GUAY.- Je suis étonné par la stratégie médiatique autour de cette affaire. Étonné aussi par un plan de communication savamment déployé - et qui a débuté par un entretien avec Marc-Olivier Fogiel sur RTL le 4 février dernier. Il aurait été préférable de n'en pas parler et surtout de ne pas faire de publicité pour ce livre qui raconte, sans le moindre regret, un infanticide, et même le revendique haut et fort. Madame Buzyn, interrogée le 8 mars sur ce cas particulier, a clairement indiqué que «rien ne justifie qu'on puisse donner la mort à un enfant». Rien. Elle a raison. Rien et surtout pas de sordides manières pour relancer, une affaire après l'autre, lancées a un rythme régulier, le débat sur l'euthanasie. Cette complaisance médiatique est un problème éthique. Pourquoi mettre en avant, sans le moindre jugement moral, le «courage» de cette mère qui, sans répondre à l'attente de son fils, lui a «offert» la mort? Pourquoi, sinon pour mettre en avant les mêmes éléments de langage qui pourraient permettre, enfin, de faire avancer la «cause» de l‘euthanasie?


Citation :
La complaisance médiatique est un problème éthique.


Vous pensez que cette affaire s'inscrit dans la continuité de tous les témoignages qui, périodiquement, sont diffusés pour préparer le terrain d'une légalisation de l'euthanasie en France?
Pour avoir étudié les autres affaires depuis des années, les points en commun sont nombreux. Par le moyen d'un témoignage, des convictions «progressistes», qui n'apparaissent pas comme telles, sont promues d'une telle manière qu'elles échappent à la discussion démocratique. À chaque fois, émotion après émotion, témoignage après témoignage, il s'agit de relancer la mécanique, que certains souhaitent inexorable, des «progrès encore à faire». Nous pouvons identifier six éléments qui, à chaque fois, se retrouvent.
D'une part un «cas particulier», un «fait divers» sur lequel il est impossible de s'exprimer. Que dire, sous peine de passer pour un barbare, de la souffrance d'une mère? Rien. L'intelligence doit se taire quand l'émotion s'expose. Est-il possible même de débattre avec une femme qui reconnaît avoir tué son fils et se trouve des raisons pour justifier ce geste? Non. Est-il même possible de lui dire qu'elle est une «meurtrière» - ce qu'elle estjuridiquement ? Non plus. Les témoignages, poignants comme il se doit, participent, à chaque fois, d'une même manière d'éviter le débat tout en le faisant avancer en sous-main. D'autre part: une connivence évidente avec des relais médiatiques qui assument de plus en plus une posture militante. Cette dame, qui vient d'écrire un livre, est reçue royalement, pour lancer le livre et le débat, par Marc-Olivier Fogiel, sur RTL, et par Hugo Clément sur Konbini - chaîne sur Internet qui indique que cet entretien a été vu plus d'un million et demi de fois. À l'automne dernier, le même Marc-Olivier Fogiel a fait, sur tous les plateaux de radio et de télévision, la promotion, autour de son témoignage personnel, de la Gestation Pour Autrui. Ses positions «progressistes», ainsi révélées, ne sont pas pour rien dans cette manière de «servir sur un plateau» médiatique cette affaire.
Est-ce à dire, selon vous, qu'il y a là une accointance idéologique quant au choix des invités? 


Citation :
Deux poids idéologiques, deux mesures médiatiques.


C'est évident. Il est même possible de se poser des questions déontologiques - qui auraient pu être abordées par le CSA si cet organisme se posait les bonnes questions. Ces journalistes en sont-ils encore quand, ainsi, ils deviennent des vecteurs assumés d'une idéologie euthanasique qu'ils partagent? Il suffit de constater le choix d'une subjectivité assumée des invités. Anne Ratier, illustre inconnue, est aussitôt invitée, alors que tout le monde sait la difficulté d'avoir accès aux «grands médias» pour un premier livre. Et, en même temps, les acteurs des soins palliatifs, ne sont jamais invités dans les «grandes émissions», ou avec une parcimonie extrême, alors qu'ils font un travail formidable et mériteraient respect, considération et promotion. Deux poids idéologiques, deux mesures médiatiques. Ce livre d'Anne Ratier mérite-il, par ses qualités propres, un tel déploiement d'attention, un tel «temps d'antenne», une telle publicité? Non. Une accointance idéologique existe du côté des progressistes médiatiques pour faire avancer certaines causes et en oublier d'autres.
Quel est votre troisième élément d'analyse qui fait que cette affaire ressemble aux autres?
Anne Ratier revendique clairement avoir «donné la mort» à son enfant. Le titre de son livre: J'ai offert la mort à mon fils fait froid dans le dos. La mort devient la plus belle «offrande» d'une mère pour son fils. Mère qui n'a pas de regret et accepte le caractère de «meurtre par préméditation» (qui est la qualification juridique d'un tel acte) tout en sachant (ou plutôt en feignant de découvrir) qu'une prescription de trente ans devrait la mettre à l'abri de toute poursuite judiciaire.
Ajoutons à cela le quatrième élément: Anne Ratier définit par elle-même, d'une manière toute subjective, certains des critères d'une «vie digne» - s'autorisant, ainsi, à considérer que certaines vies, donc celle de son fils, ne sont pas dignes, qu'elles ne remplissent pas les critères de l'idée qu'elle se fait de la dignité. Toute définition subjective d'une «dignité» est dangereuse quand elle autorise de «donner» la mort. Elle légitime le contournement de la loi et donne des raisons qui justifieraient que celui-ci ou celle-là puisse vivre ou être tué. Soit la dignité est a priori et donc appartient à tous, aussi affaibli ou impotent qu'on puisse être ; soit la dignité est sous condition de critères et autorise des entreprises d'élimination des «indésirables».
Anne Ratier outrepasse selon vous son cas particulier pour militer en faveur de l'euthanasie?
Oui. Il suffit de l'entendre. Après avoir exposé son affaire, à chaque fois, elle termine ses interventions par un militantisme euthanasique. Ainsi, dit-elle, «on ne peut pas vivre à tout prix. Non». Et elle ajoute ailleurs que «vivre dans un état végétatif», «sans avoir conscience de vivre» est «pire que mourir». Son enfant avait «une vie qui n'est pas une vie, pour moi». Et cet enfant, qu'en pensait-il? Qu'aurait-il pu, plus tard, en penser, en dire? Aurait-il préféré, la mort à la vie? Sa mère a préféré une «mort digne» à une vie indigne.


Citation :
Anne Ratier s'installe au-dessus des lois, dans une posture toute puissante d'amour.


Venons-en au cinquième élément: elle a fait tout cela «par amour». Là aussi nous sommes dans le discours du militantisme euthanasique. Un centre de vie et de soins était prêt à accueillir son enfant, dit-elle. Mais, ajoute-elle, elle ne voulait «ni abandonner son enfant» ni «le laisser entre des mains étrangères». Étrange conception de la maternité: son enfant était tout à elle, au point qu'elle n'a accepté aucune séparation possible et se croyait autorisée à lui «donner» la mort. Il était sa propriété exclusive. Anne Ratier s'installe au-dessus des lois, dans une posture toute puissante d'amour, et s'arroge le droit de décider de la vie ou de la mort de son fils. Ainsi, tuer son enfant n'est pas un meurtre mais la sublime manifestation d'un trop-plein d'amour.
À chaque fois, dans ces affaires de promotion de l'euthanasie, cette revendication «par amour» est mise en avant. Sans doute aurait-il été préférable qu'elle aimât un peu moins son enfant pour mieux l'envisager en vie loin d'elle! Ce trop-plein possessif d'amour, se retrouve dans d'autres affaires rangées sous la catégorie «d'affaires d'euthanasie». Ce fut aussi le cas dans l'affaire Vincent Humbert. Sa mère lui donna la mort, toujours par amour, par compassion, le 26 septembre 2003. Sixième et dernière considération: Anne Ratier ajoute toujours, sans s'en cacher, qu'elle espère que, pour ceux qui sont en fin de vie, «la loi sur l'euthanasie change». Mais, ajoute-elle, elle attend une «seconde étape»: l'euthanasie pour les mineurs. «J'espère que cela va arriver». Cette seconde considération permettrait de faire exploser les cadres envisagées de l'euthanasie et d'ouvrir des possibilités infinies de «donner la mort» à tous les enfants qui, sans rien demander, ne seraient pas «dignes» de vivre. Elle devrait être refusée par tous les soutiens du combat euthanasique et ne l'est pas. Je n'ai pas entendu le député Jean-louis Touraine se désolidariser de l'ambition de Madame Ratier ni même Jean-luc Roméro, le président de l'ADMD - généralement si prompt à réagir.
D'une manière générale, que faut-il penser des conditions actuelles du débat médiatique quand il est question de bioéthique?


Citation :
Quand il est question de sujets dit «sociétaux» les règles des débats contradictoires ne sont pas souvent respectées dans notre pays.


Prenons un peu de hauteur. Dans une démocratie digne de ce nom, il devrait y avoir confrontation d'idées quand il s'agit de sujets délicats qui sont travaillés par des antagonismes puissants. La règle de la délibération contradictoire est indispensable. Elle l'est dans le champ politique et l'est tout autant dans le champ médiatique. Cette règle suppose la mise en présence d'idées opposées, de débats argumentatifs afin qu'ainsi informées, les opinions se forment, se confortent ou évoluent.
Or, quand il est question de sujets dit «sociétaux» les règles des débats contradictoires ne sont pas souvent respectées dans notre pays. On ne peut que le regretter. C'est comme si le courant culturel progressiste, pour avoir déjà convaincu la plupart des sphères politique, administrative et médiatique, pour avoir pris le pouvoir dans les superstructures culturelles, voulait transformer cette conquête du logiciel central des élites en conquête des opinions et en conquête de nouveaux droits juridiques, sans pour autant s'embêter en joutes oratoires jugées inutiles. À quoi bon s'embêter avec les débats quand les débats sont sans objet! Peut-on s'opposer au progrès des mœurs, à la liberté des femmes, au respect des «différences», à la «lutte contre l'homophobie»? Non. Ainsi en fut-il au moment du «mariage pour tous», ainsi en est-il pour la «PMA pour tous et toutes», ainsi en est-il pour la question de l'euthanasie et, maintenant, pour une GPA dite «éthique»!
Si le débat est en quelque sorte bloqué, si le débat est ouvert à ceux, et seulement à ceux qui parlent la même langue des progressistes, c'est que deux évidences, depuis des années, se sont imposées en l'absence de toute discussion possible. D'une part, il n'est pas possible de discuter avec tout le monde. Une division invisible s'est instaurée entre ceux qui ont voix au chapitre démocratique et ceux qui en sont exclus - pour rejoindre tous les nouveaux hérétiques du progressisme. D'autre part, seconde évidence, les termes du débat sont prédéfinis. Désormais, une novlangue progressiste est seule en mesure d'être pratiquée sur ces sujets sous peine d'exclusion. Ainsi, tous ces sujets de mœurs, de société, de vie et de rapport entre les hommes et les femmes et aussi tous ces sujets d'euthanasie, relèvent de la seule augmentation des droits, du seul accroissement des libertés, de la seule lutte contre toutes les «phobies» qui pulluleraient dans nos sociétés.
Et quand Marlène Schiappa, membre du gouvernement, dit dernièrement (bien qu'elle s'en soit excusée par la suite) qu'existe une «convergence idéologique» entre la Manif pour tous et les islamistes tout en ajoutant que les «messages de haine proférés» par la même Manif pour tous nourrissait l'homophobie dans ce pays, elle voit, à tort, une convergence des horreurs, elle confond tout pour mieux faire d'une divergence d'approche une séparation de nature entre les élites progressistes et des rétrogrades poisseux de haine religieuse.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 10:01

"J’ai offert la mort à mon fils" : témoignage choc d’une mère qui veut relancer le débat sur l’euthanasie

Dimanche 24 février 2019 à 19:08Par Sandrine MorinFrance Bleu Occitanie

"J’ai offert la mort à mon fils" c’est le titre du livre que vient de publier Anne Ratier. Le troublant témoignage d’une mère aveyronnaise qui avoue avoir tué son fils handicapé et qui veut relancer le débat sur l’euthanasie.
Anne Ratier 870x489_ratier2Anne Ratier, Aveyronnaise de 59 ans, vient de publier un livre troublant. - City Edition
 
Aveyron, France

En 1987, Anne Ratier est la maman d’un petit garçon de trois ans. Un petit garçon handicapé qui lutte depuis sa naissance. Frédéric a été privé d’oxygène lors de l’accouchement. Il ne sera jamais autonome et les médecins estiment que sa place est dans les hôpitaux. 

Solitude face au monde médical 

Dans ce livre, "J’ai offert la mort à mon fils" Anne Ratier, originaire du bassin de Decazeville (Aveyron), raconte la douleur à la naissance, ses espoirs, sa solitude face au monde médical. Elle retrace la solidarité qui s’organise dans sa famille. Cette maman raconte également comment très vite elle sait que la mort sera la seule issue. Elle dit "nous nous sommes mis d’accord pour _apporter à notre fils cette fin douce, parmi les siens, que nous aurait refusée la société_. Nous ignorions quand cela surviendrait. Je faisais confiance à mon corps qui, lui, choisirait le moment." 

"Crime avec préméditation ? " 

Elle revient donc sur ce jeudi de 1987 où elle "offre" la mort à son fils en lui administrant des médicaments. La vie ensuite est tout sauf simple. Anne Ratier veut parler mais tous lui disent de se taire pour ses deux autres enfants. 
Citation :
J'ai souhaité le faire pour mon fils qui n'est plus là aussi (...) Je voulais que son cas puisse aider aussi d'autres parents et de voir ce que nous avons traversé - Anne Ratier, auteur de "J'ai offert la mort à mon fils"
[size]
Un témoignage dur et qui ouvre clairement le débat de la fin de la fin de vie, de l’euthanasie et de l’acharnement thérapeutique. Et Anne Ratier, qui a longtemps vécu à Toulouse, assume aussi le risque judiciaire. "J’ai une claire conscience du caractère subversif de mon témoignage qui me place sur le fil du rasoir : pour certains, je serai une mère courageuse qui aura agi ainsi par amour, un amour qu’elle aura mis au-dessus de la loi. Pour d’autres, j’aurai commis un crime, n’ayons pas peur des mots, et avec préméditation de surcroît."
[/size]
Citation :
Aujourd'hui, si l'on me demande si j'agirais de la même façon aujourd'hui, je dis oui sans hésiter. Et au contraire, je suis confortée dans mon choix parce que je sais que notre société ne permet pas aux gens de vivre dignement
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 11:09

Anne Ratier
ISBN : 2824631627 
Éditeur : CITY EDITIONS (13/02/2019)

Résumé :
« Votre enfant devra rester allongé sur un lit et il ne parlera jamais. » Pour Anne, cette sentence des médecins tombe comme un terrible couperet. À cause d'un accouchement compliqué et d'une mauvaise prise en charge, son fils Frédéric sera toute sa vie lourdement handicapé et dans un état végétatif. Pendant trois ans, Anne va chercher désespérément toutes les solutions pour éveiller son fils à la vie, pour faire briller une étincelle dans ses yeux. Ce seront trois années d'un amour démesuré, où chacune de ses pensées sera tournée vers son enfant. Mais rien n'y fait. Comprenant qu'il n'y a aucun espoir, après des souffrances inhumaines, elle décide de laisser partir son enfant, de donner la mort à Frédéric. Seule et en secret, car la France interdit toujours l'euthanasie. Un geste d'amour qui bouleverse tous nos préjugés et qui est devenu un plaidoyer pour un droit humain élémentaire.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 12:04

"C'est une situation atrocement douloureuse, mais rien évidemment ne justifie qu'on puisse donner la mort à un enfant", déclare Agnès Buzyn, vendredi 8 mars, en réaction au témoignage d'une mère de famille, Anne Ratier, qui a tué son fils de trois ans, polyhandicapé. Cette femme dévoile son geste remontant à 30 ans dans un livre.

Un travail d'accompagnement à améliorer

"Je comprends que la vie de cette femme fait qu'elle n'était pas suffisamment accompagnée", a poursuivi la ministre de la Santé. "Je pense que l'accompagnement des familles s'améliore, ajoute-t-elle, mais qu'il est encore insuffisant sur le handicap sévère. Il est absolument nécessaire de soulager ces familles."
Citation :
Nous travaillons beaucoup sur le répit, par exemple, parce qu'il faut que ces parents puissent souffler. Nous voyons que c'est souvent une cause de séparation des familles.
[size=28]Agnès Buzyn
à franceinfo
[/size]
Anne Ratier a justifié son geste fatal sur franceinfo en expliquant que la vie de son fils était une "agonie". Selon la ministre, "la loi Leonetti qui est une loi sur la fin de vie permet d'accompagner les personnes à l'agonie si elles ont exprimé leur désir d'être accompagnées". "Ce n'est pas une loi qui s'applique à cet enfant parce qu'il n'était pas agonisant, il était tout simplement lourdement handicapé." "Aujourd'hui, il n'y a pas de loi, en Belgique ou en France, qui aurait permis d'accompagner autrement cet enfant", a-t-elle assuré. "En réalité, il était vivant. Il fallait le prendre en charge peut-être en aidant mieux cette femme", a estimé Agnès Buzyn.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime13.03.19 12:13

c'est du très grand n'importe quoi, Mme la Ministre puisque la loi Léonetti n'existait pas à l'époque. Si tel avait été le cas, cet enfant aurait "bénéficié" d'une Sédation Profonde Continue, son handicap étant la conséquence d'un acharnement thérapeutique. On ne réanime plus les nourrissons morts-nés...
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime14.03.19 17:25

après tout, si on offre sa souffrance à Dieu, pourquoi ne pas offrir la mort à son fils?
Si je vous choque, c'est tant mieux ! ! !
Abraham a offert Isaac son fils en sacrifice à Dieu...
et les bébés avortés deviennent des anges ( pour déculpabiliser ) selon X, Y, Z
alors on peut dire et écrire tout et n'importe quoi
avant 2005,c'était avant 2005
le 22 avril 2005 est passé, la loi Léonetti promulguée.
Seulement maintenant nous sommes en 2019, dans une France dirigée par de sacrés menteurs et menteuses
Tu ne mentiras point, l'un des dix commandements de l'Ancien Testament de la Bible....
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime14.03.19 17:31

Il n’est pas inutile de rappeler ici que beaucoup de Français ont été déçus par François Hollande, qui n’a pas respecté son engagement présidentiel, pris dans le cadre de la proposition 21, de faire voter une loi pour que «toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité». Comment la République peut-elle à ce point bafouer ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ?
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime14.03.19 17:42

Nous ne voulons pas de la compassion de votre part, juste la réparation de votre trahison, et un droit de plus consommable selon notre volonté car nous sommes des citoyens et des citoyennes de la République Française.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 17:35

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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 17:54

c'est dur et violent.
je suis violente et dure ( j'ai mes raisons... ).
On dirait que c'est sans solution car deux mondes opposés continuent de s'affronter
mais enfin 1980, 2005, et 2020, ce n'est pas la même époque
pour paraphraser quelqu'un, puisque l'IVG est légalisée, pourquoi la fin de vie ne le serait-elle pas ?
je cherche vainement à comprendre les uns et les autres
un exemple: quand on discute avec les pro-palliatifs, il arrive un moment où cela les arrange de changer de ton, on discute de la fin de vie palliative et subitement on papote des soins palliatifs au cours de la vie..
impossible de m'étaler personnellement ou même de mettre juste des initiales
internet est anonyme
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 18:03

putain bordel de merde
j'aimerais comprendre ( mais suis-je débile ????? ) pourquoi le numérique va si vite ( passage des ordis aux tel portables connectés ) et pas la légalisation française de la fin de vie en France
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 18:17

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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 18:22

de toute façon les vidéos peuvent être faussées ou supprimées
de toute façon internet est un jeu malsain
de toute façon...tout est tellement mélangé...
de toute façon... ah ! la bonne nouvelle : on va tous et toutes mourir ! ! !

Alleluia1   Alleluia2

l'ironie est la porte de sortie du désespoir...
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime26.03.19 19:07

je peux la comprendre, cette bonne femme. Quand on est dans une situation comme celle-ci, on ne peut être que PARTAGE entre différents sentiments. Exactement comme pour un décès naturel.
Bon, elle fait sa pub comme je fais ma pub à ma façon ici, cuisine publicitaire histoire de faire passer le temps.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime04.05.19 19:57

Clermont-Ferrand: Condamnés à payer 15 millions d’euros après une erreur médicale ayant rendu une petite fille handicapée
INDEMNISATION Une clinique auvergnate et deux de ses praticiens ont été condamnés à payer cette somme à des parents pour assurer la prise en charge de leur fille…

C.G. avec AFP
Publié le 19/10/18 à 15h40 — Mis à jour le 19/10/18 à 17h04

Des gynécologues-obstétriciennes posent un nouveau-né sur le ventre de la mère, le 27 juillet 2001 à l'Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, à la fin d'un accouchement par césarienne.
Des gynécologues-obstétriciennes posent un nouveau-né sur le ventre de la mère, le 27 juillet 2001 à l'Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, à la fin d'un accouchement par césarienne. — DIDIER PALLAGES / AFP
Quelque 14,5 millions d’euros : c’est le montant qu’une clinique auvergnate et deux de ses praticiens ont été condamnés à payer à des parents pour assurer la prise en charge de leur fille, née très lourdement handicapée par leur faute il y a vingt-deux ans.

Cette somme a été fixée dans un jugement - susceptible d’appel - rendu par la première chambre civile du tribunal de Clermont-Ferrand le 28 septembre.

« C’est le prix d’une perte d’autonomie »
« C’est le prix d’une perte d’autonomie, un montant à la hauteur d’enjeux existentiels », a souligné vendredi Me Marc-André Ceccaldi, l’un des deux avocats marseillais de la famille, spécialisés dans la réparation des dommages corporels.

La jeune fille, dont les parents souhaitent préserver l’anonymat, est née un matin de 1996 à la clinique de la Châtaigneraie à Beaumont (Puy-de-Dôme), dans un « état neurologique sévère » qui va provoquer une infirmité motrice et cérébrale majeure.

Plusieurs heures sans oxygénation suffisante du cerveau
Selon l’avocat, dans la nuit, des signes de « souffrance fœtale » étaient apparus, sans réaction des deux sages-femmes de service. Ni de l’obstétricien, ni de l’anesthésiste, qui à leur arrivée poursuivent le déroulé d’un accouchement par voie naturelle, alors qu’une césarienne en urgence aurait dû s’imposer. Au final, le bébé vient au monde après plusieurs heures d’oxygénation insuffisante du cerveau.

Une expertise médicale a conclu à une « encéphalopathie anoxo-ischémique » survenue en période périnatale, imputée « à une succession d’anomalies, d’imprudences et d’erreurs mettant en cause la surveillance des sages-femmes salariées, l’intervention des médecins ainsi que l’absence de conservation des données médicales ».

Handicap lourd et sévère
Vingt-deux ans plus tard, les juges ont estimé que la situation de handicap de la jeune fille était « avérée et extrêmement lourde », avec un taux d’invalidité de 100 % impliquant un besoin d’assistance par tierce personne permanente.

A ce titre, le tribunal a condamné la clinique, l’obstétricien et l’anesthésiste, solidairement avec leurs assureurs (GAN, Allianz et Medical Insurance Company), à verser aux parents une indemnité totale de 12,2 millions d’euros, pour les années passées et à venir. Le reste du montant obtenu couvre différents frais et préjudices liés à l’état de la victime.
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MessageSujet: Re: Anne Ratier   Anne Ratier Icon_minitime04.05.19 20:09

Admin a écrit:
putain bordel de merde
j'aimerais comprendre ( mais suis-je débile ????? ) pourquoi le numérique va si vite ( passage des ordis aux tel portables connectés ) et pas la légalisation française de la fin de vie en France
qui condamnera Jean Léonetti, ainsi que les géants informaticiens du web ?
Qui ???
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