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 2020 fin de vie

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MessageSujet: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 12:39

Boulevard Voltaire - 1 janvier 2020

[size=40]Ne pas confondre soins de fin de vie et euthanasie[/size]


Le docteur Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF), est monté au créneau, il y a quelques jours, pour défendre un confrère généraliste accusé d’avoir utilisé du midazolam chez un patient en fin de vie. Il faut souligner le courage et l’honnêteté des propos de ce médecin syndicaliste, et s’étonner du silence prudent des autres syndicats. Comme il l’a souligné dans son interview dans Le Parisien, il ne s’agit pas de polémiquer une fois de plus en faveur ou contre l’euthanasie, mais simplement d’expliquer et de défendre la notion de soins en fin de vie.
Le rôle du médecin est d’apporter un soulagement dans une épreuve difficile et/ou douloureuse, et il se retrouve souvent dans cette situation avec un patient dont la mort est proche. Cela diffère de l’euthanasie, qui est un acte volontaire de mettre fin à la vie. Décision devant être prise par le patient lui-même afin d’abréger ses souffrances ou pour d’autres raisons qui lui sont personnelles. Dans ce cas, il s’agit d’un suicide pour lequel on sollicite souvent la participation d’un médecin, ce qui peut se discuter.
Mais dans l’affaire évoquée par notre confrère syndicaliste, il s’agit de justifier l’usage d’un médicament anxiolytique lorsque la fin d’une vie ne se compte plus qu’en heures ou en jours.
Comment blâmer un médecin qui veut empêcher un patient de souffrir physiquement et moralement ?
L’usage d’anxiolytiques et d’antalgiques (benzodiazépine et morphine, le plus souvent) se justifie pleinement lorsque l’état du patient le nécessite, ce qui est souvent le cas lors d’une pathologie douloureuse ou mortelle.
Il semble que ce soit davantage le produit employé que le principe même de la sédation pré-mortem qui ait provoqué le débat.
Le midazolam est un hypnotique sédatif puissant qui appartient au groupe des benzodiazépines, tout comme le Valium™, le Lysanxia™, le Xanax™ ou le Lexomil™, pour ne citer que les plus connus. Largement utilisé en milieu hospitalier en pré-anesthésie ou pour des sédations, il est également utilisé par voie orale pour la prise en charge des convulsions chez l’enfant. Il se caractérise par un mode d’action rapide et puissant, et par une amnésie rétrograde : le patient ne se souvient plus des événements qui se sont produits pendant la durée d’action du produit, ce qui a valu au midazolam le nom de drogue des violeurs, lorsqu’il fut utilisé mélangé à des boissons pour abuser de personnes à leur insu.
L’usage frauduleux du produit ne doit pas masquer ses qualités thérapeutiques, et comme le demande le docteur Hamon, on doit pouvoir l’utiliser (comme d’autres sédatifs) lorsque la nécessité de soulager efficacement un patient se fait sentir, et surtout ne pas faire d’amalgame entre soins de fin de vie et euthanasie.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 12:49

CONTROVERSE
Pour ou contre le midazolam en ville ? Un généraliste à la tête des professionnels de soins palliatifs se positionne
Par Marion Jort le 09-01-2020
Pour ou contre le midazolam en ville ? Généraliste et à la tête des professionnels de soins palliatifs, il se positionne
Le lancement d’un manifeste en soutien au généraliste accusé d’euthanasie pour avoir donné du midazolam à des patients en fin de vie a provoqué de vives réactions. Faut-il ouvrir, ou non, le droit aux libéraux d’utiliser ce produit ? Comment prendre en charge la fin de vie à domicile dans les déserts médicaux ? Et plus globalement, quelle prise en charge pour les soins palliatifs à domicile ? Si pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, l’interdiction du midazolam pour les généralistes participe à la dégradation des conditions d’exercice, le Dr Olivier Mermet, président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) et médecin libéral, insiste sur la notion impérative d’équipe et de collégialité. 
Egora.fr : Quel regard portez-vous sur la mise en examen du Dr Méheut et sur le manifeste lancé en soutien par la Fédération des médecins de France ? 

Dr Olivier Mermet : Pour nous, il ne faut pas limiter ce débat au seul accès du midazolam. Il ne faut pas banaliser cette possibilité de sédation à domicile comme si c’était quelque chose de facile. Les situations nécessitant un produit sédatif à domicile pour des patients en fin de vie sont des situations rares et ce n’est pas si fréquent d’utiliser ce type de produit, surtout chez les généralistes. Ce n’est pas non plus sans retentissements sur l’équipe soignante. Notre position c’est donc ne de pas limiter la réflexion à la seule limitation du midazolam mais plutôt de s’interroger sur les moyens qu’on met sur les soins palliatifs à domicile.

Êtes-vous pour l'accès des généralistes à des produits permettant une sédation profonde tels que le midazolam ?

Je pense que cette situation montre que la suspicion peut naître dans le fait d’agir de manière isolée. Or, il faut bien comprendre qu’on ne fait pas du soin palliatif seul mais en équipe. Ce sont aussi des produits particuliers à manier, surtout quand on n’a pas l’habitude. Les médecins doivent s’y former. Il faut assurer aux patients en situation palliative la possibilité d’avoir des équipes qui peuvent se déplacer à domicile. Les médecins généralistes seuls, les équipes de soins primaires, prennent déjà une bonne partie des situations palliatives de façon autonome mais il y a des situations complexes. La situation où l’on envisage de mettre en place un produit à visée sédative l’est assez pour faire appel à une équipe dédiée.   

Généraliste accusé d'euthanasie : le manifeste des 343 médecins ouvert aux signatures [EXCLU EGORA]
Le midazolam est disponible en ville dès lors que le patient se trouve pris en charge en HAD puisque le produit peut être amené par le personnel hospitalier. Ce qu’on ignore plus souvent, c’est qu’un arrêté datant de 2004 permet la rétrocession des produits hospitaliers par les pharmacies hospitalières pour des patients en ville dès lors qu’il y a la mention “soins palliatifs” sur l’ordonnance faite par le médecin généraliste. 

Vous insistez sur la notion d’équipe, vous estimez que le médecin généraliste libéral ne peut donc pas prendre en charge une fin de vie à domicile ?

Ce n’est pas qu’il ne peut pas. Dans l’urgence, il faut qu’on puisse bénéficier d’une sédation temporaire pour passer un pic douloureux ou une hémorragie cataclysmique, par exemple. Mais lorsqu’il s’agit de mettre en place une pratique sédative sur le long cours, ce n’est anodin ni pour le patient, ni pour l'entourage, ni pour l’équipe soignante…

Et cela nécessite d’être entouré et de travailler en collégialité. De toute façon, avant de mettre en place un produit sédatif pour une sédation profonde et continue, il est normalement nécessaire d’avoir une démarche collégiale avec l’avis d’un deuxième médecin sans lien hiérarchique avec le premier. C’est donc déjà dans la loi que d’avoir affaire à un deuxième avis. Les soins palliatifs sont vraiment synonymes de travail en équipe. Moi-même quand je travaille à domicile avec des patients en fin de vie, j’essaie de donner rendez-vous sur place avec l’infirmière libérale, je demande aux infirmières comment cela se passe, pareil pour les auxiliaires de vie qui peuvent avoir des informations. 

Mais tous n’ont pas le temps…

Il y a eu des adaptations de la nomenclature qui permettent de prendre une visite longue à 70 euros trois fois par an pour des situations palliatives. On dit souvent qu’on peut ‘trouver le temps’, on essaie en tout cas de le dégager. Surtout quand c’est pour un patient qu’on a suivi pendant vingt ans. Et encore une fois, il n’y a pas quinze situations complexes en même temps. C’est aussi pour cela que je ne veux pas limiter le débat à la seule disponibilité du midazolam. Ce produit ne doit en aucun cas être une réponse aux déserts médicaux. 

Que préconisez-vous ?

Je suis tout à fait favorable à un débat sur la fin de vie à domicile mais il faut s’en donner les moyens. Il y a actuellement en France, des réseaux de soins palliatifs qui ferment et qui sont remplacés par des structures de coordination polyvalente qui ne permettent plus d’assurer l’expertise palliative des patients à domicile. Nous alertons sur le fait qu’il faut une équipe de soins palliatifs où qu’on soit, en Ehpad, à domicile, en hôpital, en hôpital de proximité… Qu’il n’y ait plus de zones blanches. Les soignants peuvent aussi souffrir d’une situation qui a mal été expliquée. La ministre a annoncé un nouveau plan de développement des soins palliatifs qui devrait voir le jour cette année. Je pense que c’est dans ce cadre que les discussions pourront se faire sur les soins palliatifs et la disponibilité de médicaments dont le midazolam. D’autant que lorsqu’on voit le nombre de situation palliatives attendues dans les prochaines années, il faut s’armer et mettre l’accent sur la formation des médecins et des autres professionnels de santé. Il faut aussi que la formation initiale des médecins soit meilleure dans ce domaine. 

Signerez-vous le manifeste en soutien au Dr Méheut lancé par la FMF ?

Ce médecin est au cœur d'une affaire dont les enjeux dépassent les particularités de cette situation singulière. Imaginons, nous débutons une sédation avec le midazolam et elle se passe mal. Le patient se réveille et est très agité… Que faire ? Il ne faut pas y voir le produit miracle car il faut aussi prévoir un lit de repli, peut-être l’avis d’un anesthésiste… D’où mes réserves.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 12:54

Sédation profonde et continue : du principe à la pratique
2 octobre 2019 | Alexandra Luthereau
La sédation profonde et continue jusqu’au décès est la mesure phare de la loi Claeys-Leonetti de 2016. Le rôle de l’infirmière dans cette procédure de dernier recours pour soulager les patients en fin de vie, est à la fois technique mais surtout relationnel. Article paru dans le n°31 d'ActuSoins Magazine (décembre 2018).

Sédation profonde et continue : du principe à la pratique
© Charlotte Gonzalez

Le débat sur la fin de vie et l’euthanasie revient régulièrement dans le débat public. En 2005, pour y répondre, la loi Leonetti a introduit l’interdiction de l’obstination déraisonnable.

Quelques années plus tard, après que plusieurs cas très médiatisés comme celui de Vincent Lambert aient montré les lacunes de cette loi, une nouvelle a été adoptée en 2016. Cette loi dite Claeys-Leonetti renforce alors les droits des patients en fin de vie, avec notamment, l’obligation pour le médecin de respecter la volonté d’un patient qui demande l’arrêt d’un traitement. Surtout, elle introduit le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPC), à l’aide d’une prise médicamenteuse, pour « dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ».

Bien entendu, cette procédure est circonscrite à des cas bien définis. Le patient, atteint d’une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé à court terme, et dont la souffrance est réfractaire aux traitements, pourra en faire la demande. Un patient qui demande l’arrêt de ses traitements - un arrêt susceptible d’entraîner le décès à court terme et possiblement des souffrances insupportables - peut bénéficier de la SPC.

Enfin, le médecin peut également la prescrire à l’issue d’une procédure collégiale, après l’arrêt de traitements de maintien en vie, si le patient ne peut pas exprimer sa volonté et qu’il ne s’y est pas opposé dans ses directives anticipées (ou à défaut via le témoignage de la personne de confiance ou de ses proches). Voir précisions sur actusoins.com : Fin de vie et sédation, quel encadrement ?

Dernier recours
Voilà pour les principes de la loi. Mais qu’en pensent les principaux concernés que sont les soignants en soins palliatifs ? « Dans nos pratiques, avec la loi de 2005, nous avions déjà à peu près tout pour répondre aux situations complexes, notamment avec la sédation proportionnelle qui permettait déjà de pouvoir proposer aux patients une sédation en cas de souffrance réfractaire, explique Isabelle[1], infirmière du service des soins palliatifs du CHU de Grenoble Alpes (CHUGA).

Selon elle, l’introduction de cette procédure est « une réponse au lobby euthanasie, comme une espèce de consensus acceptable par tous ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, la sédation profonde et continue jusqu’au décès n’est pas une pratique euthanasique déguisée. La procédure n’accélère pas le décès, ni ne le provoque.

Isabelle Triol, chef de service des soins palliatifs des hôpitaux universitaires Paris-Sud, abonde : avant l’introduction de la SPC, ses équipes pratiquaient déjà les sédations temporaires pour la réalisation de soins douloureux, offrir une nuit de repos aux patients etc. Selon elle, cette procédure aura surtout permis de « répondre à une partie de la population inquiète que les médecins n’aient pas la possibilité d’apporter le soulagement nécessaire dans un contexte de fin de vie ». Dans les faits, « cette procédure est peu appliquée parce que les autres sédations nous permettent de répondre de manière bénéfique aux besoins des patients, dans les situations complexes», rappelle Isabelle.

Au CHU de Grenoble Alpes, ce sont, environ, une ou deux sédations profondes qui sont pratiquées par an. Certes, les demandes initiales sont un peu plus nombreuses au moment où les patients intègrent le service. Mais très rapidement cette demande de sédation profonde disparaît dès lors qu’ont été pris en charge « leurs douleurs, leurs angoisses, les symptômes qui les embêtent », assure Valérie, cadre de santé au CHUGA. « La SPC est pratiquée quand tout a été essayé, les traitements, l’accompagnement psychologique, et que, malgré cela, la souffrance morale, psychique, spirituelle est trop insurmontable et intraitable », précise-t-elle. Reste que « cette demande doit être entendue et actée», insiste Isabelle.

Soins relationnels
Isabelle, Valérie, Isabelle Triol, toutes trois parlent de l’importance du travail d’équipe dans la SPC. C’est de façon collégiale qu’est prise la décision de l’administration ou non de la sédation profonde et continue. Chacun, de l’infirmière au médecin en passant par l’aide-soignante et les agents de service hospitalier (ASH) apportent leur connaissance du patient. Pour ce qui est de la procédure en tant que telle, l’infirmière s’occupe de préparer les produits sédatifs et la perfusion, d’installer le patient, de poser le cathéter.

Elle se charge également de la titration en présence du médecin. Une fois le patient sédaté, les soins continuent. « Qui dit sédation profonde et continue dit poursuite des soins jusqu’au bout, insiste Isabelle Triol. Le patient recevra tous les soins corporels nécessaires et l’administration d’un traitement dans l’objectif de le soulager (traitement antalgique notamment).

Mais le rôle de l’infirmière ne se limite pas à son aspect technique. L’accompagnement des proches par l’ensemble de l’équipe, médicale et paramédicale fait partie intégrante de cette prise en charge. « Avant la sédation, le patient et ses proches se disent au revoir. Juste après, le patient est toujours là, sans être complètement là puisqu’il ne peut plus communiquer avec eux. Démarre alors l’attente jusqu’au décès, ce qui peut prendre des heures ou des jours, détaille Isabelle. Je pense que c’est extrêmement difficile pour les familles. Et ça nous demande beaucoup d’accompagnement au niveau infirmier. »

Bien sûr la SPC n’est pas un acte anodin. C’est pourquoi, certaines infirmières avaient lancé, au moment de l’adoption de la loi, une pétition pour que leur soit reconnue une clause de conscience. Mais, Isabelle estime que cette procédure ne va pas à l’encontre de ses valeurs et de sa profession - dès lors qu’elle est en accord avec la décision collégiale prise, que plus aucun traitement ne fonctionne sur le patient et qu’« on est bien clair sur notre intention et que celle-ci est de soulager». « Je n’ai jamais vécu ça comme une pratique euthanasique, précise-t-elle. Mais je mets quelques garde-fous, j’insiste beaucoup pour que l’administration du médicament se fasse au pousse-seringue ».

Alors, est-ce que la SPC a clos le débat sur l’euthanasie ? Pas vraiment. Au printemps dernier, à l’occasion des États généraux de la bioéthique, il en a encore été question. Dans une tribune plus de 150 députés ont demandé une nouvelle loi pour donner aux malades en fin de vie «le droit de disposer librement de leur corps». De son côté, le conseil économique social et environnemental (Cese), auto-saisi sur la question, a recommandé une « dépénalisation conditionnelle de l’aide à mourir ».Le conseil consultatif national d’éthique (CCNE), a proposé, lui, en juillet 2018, de ne pas modifier la loi existante sur la fin de vie. Au contraire, le CCNE insiste sur l’impérieuse nécessité que cette loi soit mieux connue, mieux appliquée et mieux respectée. Les soignants en soins palliatifs ne disent pas autre chose.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 12:58

Pourquoi ne comprend-on pas les enjeux éthiques de la fin de vie ?
Par René Robert, professeur en médecine intensive réanimation au CHU de Poitiers; vice-président du Conseil d’orientation stratégique du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie — 13 janvier 2020 à 16:57
Les médecins généralistes ont le droit d’administrer du midazolam au domicile des patients. Photo Maciej Nicgorski. Getty Images
Si l'on veut permettre aux patients qui le souhaitent de mourir à leur domicile, il faut faciliter l'accès au médicament qui permet une sédation profonde, le midazolam.
Pourquoi ne comprend-on pas les enjeux éthiques de la fin de vie ?
Tribune. Une nouvelle «affaire» médicale secoue les médias à propos de la prescription d’une sédation réalisée par voie intraveineuse avec un produit nommé midazolam, par un médecin généraliste pour accompagner la fin de vie de plusieurs de ses patients. Contrairement à d’autres pays qui ont accepté légalement la pratique de l’euthanasie ou du suicide assisté, la France a fait le choix de se doter de textes de loi sur la fin de vie précisant des modalités d’accompagnement de cette fin de vie. Ces textes de loi, Leonetti (2005) puis Claeys-Leonetti (2016) ont pour objectifs de s’opposer à «l’acharnement thérapeutique» et d’améliorer les conditions cliniques des patients en fin de vie.

A LIRE AUSSI
Euthanasie : en Normandie, un médecin accusé reçoit un large soutien

Malgré ces objectifs clairs, la mise en pratique de ces dispositions est parfois complexe au point de vue de l’éthique et parfois aussi dans leurs applications directes au lit du patient. Pour lutter contre des idées reçues je me propose d’essayer de répondre clairement à quelques interrogations issues de cette affaire médiatique.

Le midazolam est-il le bon médicament pour pratiquer la sédation d’accompagnement de la fin de vie ?

La réponse est unanimement oui. C’est le médicament de choix qui doit être administré dans de telles situations et ceci apparaît dans toutes les recommandations nationales et internationales sur le sujet.

L’utilisation de midazolam est-elle réservée pour la pratique anesthésique au bloc opératoire ?

La réponse est unanimement non. L’autorisation de prescription de ce médicament est donnée de façon générale pour la sédation des patients. Ce médicament est donc très largement utilisé dans de nombreux services de l’hôpital en dehors du bloc opératoire. Il n’est pas nécessaire d’être anesthésiste pour prescrire ce médicament. Dans le cas présent, la prescription du midazolam a été faite dans le cadre réglementaire de son indication.

Les médecins généralistes ont-ils le droit d’utiliser le midazolam au domicile des patients ?

La réponse est clairement oui : aucun texte ni aucune réglementation n’empêche un généraliste d’en faire la prescription pour une utilisation au domicile d’un patient. Ce médicament n’étant distribué que par les pharmacies hospitalières, la mention sur l’ordonnance «médicament à retirer dans une pharmacie hospitalière» doit être précisée. Dans le cas présent, l’utilisation du midazolam à domicile par le médecin généraliste est conforme à la pratique, mais son circuit d’acheminement n’est pas réglementaire.

Si l’on veut que la Loi Claeys-Leonetti soit appliquée et si l’on veut permettre aux patients qui le souhaitent de décéder à leur domicile, il faut faciliter l’accès du midazolam pour la médecine de ville. Dès la parution du texte de loi en 2016, des démarches ont été faites auprès de l’agence du médicament et de la Haute autorité de santé (HAS) pour simplifier le circuit de ce médicament. Il est grand temps que ces démarches aboutissent.

La sédation profonde par le midazolam peut-elle être assimilée à une pratique euthanasique en accélérant la survenue du décès ?

La réponse est doublement non. Premièrement, l’euthanasie est définie par la volonté première de donner la mort pour soulager le patient. Par contre, dans la pratique de la sédation profonde accompagnant la fin de vie, la volonté première est de soulager le patient pour lui permettre de décéder sans souffrance. Ainsi dans cette situation, l’objectif du médecin est le confort du patient dans sa fin de vie, et non pas l’accélération de la survenue du décès.

Deuxièmement, il n’y a aucune étude scientifique qui montre que la pratique d’une sédation chez un patient en fin de vie puisse accélérer la survenue du décès. Quand on applique une sédation à un malade qui va mourir, le malade effectivement meurt et il meurt car il est gravement malade, à la toute fin de sa vie. Et l’on souhaite, en conformité avec la loi que ce malade puisse mourir sans souffrance et autant que possible apaisé. Le moment précis de la survenue attendue du décès importe peu. Dans le cas présent, la bonne intentionnalité du médecin dans sa pratique n’est pas remise en question.

En conclusion, à travers les éléments fournis par la presse et sous réserve d’éléments non divulgués et sans occulter le défaut «technique» du non-respect du circuit du médicament, on souhaite vivement que l’enquête soit conduite au plus vite et permette on l’espère de suspendre l’interdiction d’exercer qui lui a été imposée. On souhaite également que cette affaire incite les pouvoirs publics à la facilitation de l’accès au midazolam pour les médecins qui accompagnent des patients en fin de vie. Le médecin traitant a toute sa place dans la mission complexe d’accompagnement des patients en fin de vie, dans le respect assumé de la loi Claeys-Leonetti.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 13:02

Fin de vie : un débat encore une fois relancé
Deux produits, l’un autorisé - le Midazolam -, l’autre interdit - le Nembutal -, mettent à nouveau en lumière le débat sur la fin de vie. Après l’hôpital, une nouvelle question se pose : comment mieux accompagner les patients qui veulent mourir à leur domicile ?
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 13:04

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2012 2013 2014 2015 2016

soins palliatifs blablabla noble et digne ???
Léonetti 22 avril 2005

OU

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euthanasie suicide assisté blablabla noble et digne ???
Léonetti 22 avril 2005
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 13:09

j'appelle à la pratique du ZERO DON et du ZERO VOTE
on se fout de notre gueule
eh bien, que cela soit réciproque

France, tu es de la merde
République Française, tu es de la merde
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 13:12

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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 15:33

[size=49]La baisse des naissances marque le pas en France
753 000 enfants sont nés en 2019, soit 6 000 de moins qu’en 2018. La France demeure le pays le plus peuplé de l’Union européenne, après l’Allemagne.[/size]
Par Solène Cordier  Publié aujourd’hui à 12h05, mis à jour à 13h23
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime14.01.20 15:42

[size=50]Non, Jacques Attali ne promeut pas l'euthanasie des plus de 65 ans.
Par Emma Donada 12 octobre 2018 à 09:38[/size]


Non, Jacques Attali ne promeut pas l'euthanasie des plus de 65 ans.
 

[size=31]Un rumeur persistante sur le Net affirme que l'essayiste propose d'euthanasier les personnes âgées. Elle trouve sa source dans un ouvrage de 1981 que CheckNews s'est procuré.[/size]


[size=21]Question posée par Sonia le 23/09/2018
Bonjour,
Vous nous avez posé cette question que nous avons raccourcie : «La rumeur selon laquelle Jacques Attali aurait écrit ou déclaré que l’euthanasie des plus de 65 ans était souhaitable pour la société est-elle vraie ? J’ai cherché et je ne trouve que des sites d’extrême droite qui en parlent, je ne trouve pas non plus la source de cette citation».
[/size]

Une rumeur ancienne

[size=21]
Effectivement, comme vous le remarquez, la rumeur selon laquelle Jacques Attali promeut l’euthanasie des personnes âgées est très répandue sur le Net. On retrouve de nombreux sites, vidéos (certaines datées de 2009) et montages qui la véhiculent. Plusieurs citations attribuées à l’essayiste y sont reproduites, présentées parfois en un seul bloc, ou parfois en tant que citation isolée, comme on peut le voir dans des exemples ci-dessous :  


Cette affirmation trouve son origine dans un recueil d’entretiens mené par Michel Salomon sorti il y a près de 30 ans, en 1981, et intitulé «l’avenir de la vie» ( coll. Les Visages de l’avenir ed. Seghers) auquel l’essayiste avait participé. Les extraits cités (accolés entre eux et souvent transformés, presque toujours décontextualisés) proviennent de cet ouvrage que CheckNews s’est procuré. À aucun moment Jacques Attali ne propose d’euthanasier les plus de 65 ans. Mais il aborde bien, en revanche, les questions de l’allongement de la vie, du suicide et de l’euthanasie. 
[/size]

Allonger la durée de vie «sans maladie»

[size=21]
On retrouve bien une phrase concernant les personnes de plus de 65 ans. Jacques Attali est alors interrogé par Michel Salomon sur l’allongement de la durée de la vie (et non l’euthanasie à ce moment-là). «Est-il possible et souhaitable de vire 120 ans … ?», demande-t-il.
Voici la partie de sa réponse dans laquelle on retrouve la fameuse citation :
[/size]
Citation :
[…] dès qu’on dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société. D’où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire en sorte qu’à l’intérieur même d’une durée de vie déterminée, l’homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en termes de coûts pour la collectivité».

Quelques lignes plus loin, il écrit : «en effet du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement». Et d’ajouter : «je suis pour ma part, en tant que socialiste, objectivement contre l’allongement de la vie parce que c’est un leurre, un faux problème». 


«La liberté fondamentale, c’est le suicide»


À ce moment-là, la question de l’euthanasie n’est pas encore abordée. C’est le journaliste qui lance le sujet, dans la question suivante : «Le monde à venir, "libéral" ou "socialiste", aura besoin d’une morale "biologique", de se créer une éthique du clonage ou de l’euthanasie par exemple», relance-t-il.


«L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté et la liberté fondamentale, c’est le suicide ; en conséquence le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.
Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportable, ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l’euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera un des règles de la société future», imagine Jacques Attali, en 1981.

Contacté par CheckNews, l’essayiste dément formellement «avoir promu et promouvoir l’euthanasie pour les personnes de plus de 65 ans», et assure avoir gagné tous les procès en diffamation contre ceux qui l’accusaient de faire l’apologie de l’euthanasie. Son avocat, Maître Georges Kiejman, confirme que «Jacques Attali a gagné le procès qui lui attribuait une opinion favorable à l’euthanasie des vieillards» et indique avoir «plaidé et gagné» plusieurs procès en diffamation pour son client (sans se souvenir s’ils concernaient tous l’euthanasie, les procès remontant à une trentaine d’année). 
En résumé, Jacques Attali n’a jamais proposé d’euthanasier les plus de 65 ans ni même déclaré qu’il était favorable à une telle mesure. Les phrases qui lui sont prêtées sont des raccourcis à partir de déclarations dans un ouvrage de 1981 où il abordait les questions de l’allongement de la durée de vie, du suicide ou de l’euthanasie.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime15.01.20 11:59

Fin de vie : un mooc pour s?informer en ligne et mieux comprendre ce sujet tabou
Par Sylvie Riou-Milliot le 12.01.2020 à 08h00

Huit semaines pour s?informer sur la fin de vie avec un cours en ligne proposé à tous par le centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV). Démarrage le 13 janvier 2020.

Un mooc permet de mieux se renseigner et aborder la fin de vie.

La fin de vie aussi a son MOOC, de l'anglais Massive Open Online Course, un cours en ligne ouvert à tous. Ce premier du genre, en français, conçu à l'initiative du centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) démarrera le 13 janvier 2020. Personne n'aime penser la fin de vie, la sienne ou celle de proches. Face à ce sujet tabou qui souvent inquiète, dérange ou déroute car il reste mal connu, le CNSPFV a justement choisi d'informer de manière claire.

Nourrir sa propre réflexion
Tel est donc l'objectif de ce premier outil numérique qui ne vise pas à former des professionnels mais qui a opté de s'adresser à un très large public : patients, proches, aidants, bénévoles, associations et aussi professionnels, mais il a une particularité, aucun prérequis n'est nécessaire, simplement l'envie d'en savoir plus sur cette thématique complexe dont la lecture est influencée par de nombreux facteurs (âge, état de santé, culture, religion, vécu personnel..).

L'idée est ici de fournir à chacun tous les éléments utiles pour nourrir sa propre réflexion. Afin de garantir une information complète et aussi plurielle que possible, le CNSPFV a travaillé de manière collégiale avec un groupe d'une dizaine de professionnels, d'experts, de communicants et de représentants d'associations impliqués sur ce sujet complexe des soins palliatifs et de la fin de vie (voir encadré.)

Huit thèmes commentés par des médecins
Pas de contrainte horaire ni de rythme imposé, pour ce Mooc à la fois didactique et pédagogique, qui s'étalera sur huit semaines jusqu'en mars 2020. A chacun de choisir le bon moment pour s'informer et de consacrer environ une heure par thème abordé (voir liste des huit thèmes dans l'encadré ci-dessous.) Au programme : textes, vidéo, quiz pour tester ses connaissances, forum d'échanges pour dialoguer. Et aussi, un inédit : des scènes de dialogue entre médecin et malade, le premier jouant son propre rôle face à un acteur, seront commentées par un médecin formateur en soins palliatifs.

La fin des inscriptions est le 9 mars 220, et la fin du Mooc le 31 mars 2020.

Pour s'inscrire, rendez-vous sur la plateforme Fun Mooc.

8 semaines pour parler de la fin de vie
A partir du 13 janvier 2020, chaque semaine, un nouveau sujet sera abordé :

Semaine 1. Le contexte socio-politique français sur la fin de vie
Semaine 2. L?histoire des mots et des idées qui ont trait à la fin de vie
Semaine 3. Les soins palliatifs (la démarche, les acteurs, les structures)
Semaine 4. Les droits des malades en fin de vie  et des aidants
Semaine 5. Obstination déraisonnable, limitation et arrêt de traitement, procédure collégiale
Semaine 6. Les thérapies médicamenteuses et non médicamenteuses en fin de vie (prise en charge médicamenteuse de la douleur ; thérapies complémentaires ; sédations en pratique palliative ; sédation profonde et continue jusqu?au décès).
Semaine 7. Alimentation et hydratation en fin de vie
Semaine 8. La fin de vie : questions en cours en France et ouverture à l?international
Parmi les experts invités, les meilleurs spécialistes français ou étrangers du sujet, notamment :

Régis Aubry, chef de service de l?unité de soins palliatifs du CHU de Besançon et président de la plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie
Denis Berthiau, juriste, expert des questions de bioéthique et d?éthique clinique et médicale
François Damas, médecin, ancien chef de service de médecine interne et intensive (Belgique)
Françoise Ellien, psychologue clinicienne, directrice du réseau Soins Palliatifs Essone Sud ( SPES) et présidente co-fondatrice de l?association Jade
Olivier De Margerie, président de l?association Jalmav
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime16.01.20 9:23

[size=42]À la fin des fins, mourir dans son lit[/size]
Par Xavier BROUET - 14 janv. 2020 à 06:00 | mis à jour à 19:23 - Temps de lecture : 2 min
|  | Vu 151 fois




Mieux accompagner les fins de vie. Si jour après jour l’injonction se fait plus pressante, il lui faut le plus souvent le contrecoup d’une actualité tragique pour franchir une nouvelle étape décisive. Dernièrement des poursuites judiciaires engagées contre un médecin normand ont suscité l’élan de solidarité de la profession. De nombreux praticiens rapportent avoir consenti à certaines « entorses » pour aider leurs patients à « partir dignement sans souffrance ». En écho, beaucoup d’aidants familiaux témoignent de leur solitude lorsque survient l’heure de prodiguer des soins palliatifs à domicile. Depuis des temps immémoriaux, l’humanité aspire à mourir dans son lit, si possible entourée des siens. Paradoxalement, tandis que la modernité a doté la médecine de traitements efficaces, l’hôpital demeure pour la majorité l’ultime étape du parcours de vie.
Conformément à la loi Claeys-Léonetti, Agnès Buzyn souhaite faciliter la prescription de produits utilisés dans la sédation profonde. Notamment celle du midazolam qui, mieux que les cocktails morphiniques/benzodiazépines, permet d’apaiser les grandes détresses. Les généralistes en revendiquent l’accès au même titre que leurs confrères hospitaliers. Faut-il un assouplissement de la réglementation comme le plaide Jean Leonetti ? Et effectuer, sans le dire, un pas supplémentaire vers l’euthanasie ? Après tout, les Français y sont favorables. Reste que la prise en charge médicamenteuse ne constitue qu’un élément de la réponse. Et les 426 équipes de soins palliatifs ne permettent pas d’irriguer équitablement le territoire. « On continue de mal mourir en France », déplore-t-on au sein du corps médical. Adoucir l’épreuve passe aussi par un meilleur soutien des accompagnants qui souvent sacrifient leur vie personnelle ou professionnelle. À la fin des fins, mourir chez soi de vieillesse doit redevenir possible.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime16.01.20 11:21

Mais on réclame " la totale",  Nous sommes en 2020 et depuis 2005 on nous impose la même musique.
Si des vieux et des vieilles veulent mourir chez eux rapidement, ils devraient pouvoir avoir accès à ce droit. Mais le blocage dure. Le midazolam NE fait PAS mourir, le patient devient complètement amnésique et l'entourage a le vécu d'une agonie de quelques semaines car il faut une insuffisance rénale pour déclencher naturellement un arrêt cardiaque. Faîtes chez vous le test du jeûne sans nourriture et sans boisson et vous verrez... Si le patient ne ressent rien avec le midazolam, l'entourage subit ( ou il en profite... ). Il a du temps devant lui, des heures et des jours et des nuits et des semaines d'agonie inconsciente. Personne ne meurt de faim et de soif en quelques minutes, surtout si on a pas mal de graisse due à l'immobilité exigée avec l'arthrose inévitable.
On a comme l'impression que le handicap bloque tout. Car si on autorise l'arrêt cardiaque médicamenteux à domicile pour les personnes âgées, les personnes handicapées pourraient demander le suicide assisté... enfin celles qui ont leur tête... et pas leur corps ! 
Par ailleurs, une généralisation du midazolam pourrait  éventuellement entraîner la disparition des euthanasies clandestines à l'hôpital, ce qui serait dommage. Personne n'est dupe. Le blablabla de la fin de vie continue. Des paroles sans les actes depuis mai 2012 mais jusqu'à quand en France ???
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime19.01.20 20:23

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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime20.01.20 10:55

Les généralistes veulent assumer leur rôle dans l'aide médicale à mourir
Jean-Yves Nau — 20 janvier 2020 à 7h00

[size=31]Une affaire judiciaire relance la controverse sur la fin de vie. Les médecins de ville réclament de pouvoir utiliser à des fins palliatives un médicament qui leur est pour le moment pratiquement interdit.[/size]





Le médecin normand mis en examen explique avoir voulu «soulager les malades, les accompagner au mieux dans leur maintien à domicile». | Stéphane de Sakutin / AFP

Un généraliste accusé d'«avoir entraîné la mort» de sept de ses patients âgés bientôt soutenu par une pétition médicale sans précédent: la controverse française sur l'aide à mourir resurgit sous de nouvelles formes.

Elle pourrait bientôt connaître une nouvelle étape, avec la mise à disposition de spécialités pharmaceutiques qui permettraient aux médecins généralistes de mieux pratiquer certains gestes palliatifs qui leur sont aujourd'hui interdits –sans pour autant que la France ne s'oriente vers une forme de légalisation d'un droit au suicide médicalement assisté.

[size=47]Interdiction d'exercice[/size]


Fin novembre 2019, Paris Normandie révélait que sur décision de justice, sept cadavres avaient été exhumés en Seine-Maritime. On soupçonnait un médecin de campagne d'avoir administré du midazolam, un hypnotique sédatif réservé à l'usage hospitalier, à «de vieux patients, pour la plupart malades et en fin de vie».


«Jusqu'à nouvel ordre, le cabinet du docteur Jean Méheut-Ferron, médecin généraliste installé à Angerville-la-Martel, restera fermé, pouvait-on lire. Depuis hier, la justice impose à ce médecin de campagne, qui sillonne le pays de Caux et la région fécampoise depuis plus de trente ans, d'abandonner son stéthoscope et ses patients. Le praticien normand a “une interdiction totale” d'exercer son métier.»
Le 12 novembre, le médecin avait été placé en garde à vue pour répondre aux questions des gendarmes de la section de recherches de Rouen et de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).
Après de longs mois d'investigations menées dans le cadre d'une enquête préliminaire dirigée par le procureur de la République du Havre, le généraliste avait dû rendre des comptes sur ses pratiques professionnelles.
Sa femme, la docteure Isabelle Méheut-Ferron, médecin anesthésiste-réanimatrice en clinique, avait également été placée en garde à vue. Contrairement au médecin de famille qui aurait joué «un rôle actif», son épouse se serait bornée à lui fournir le médicament, disponible uniquement en unité hospitalière ou en clinique.
À l'origine de l'affaire, d'après Paris Normandie, l'alerte donnée par une association locale d'aide au maintien à domicile. Une infirmière avait constaté la présence d'une ampoule de midazolam près d'une patiente de 93 ans. Elle en avait averti sa directrice, qui elle-même avait fait un signalement en décembre 2017 au procureur de la République du Havre et à l'Agence régionale de santé de Normandie. Cette patiente était décédée le 17 décembre 2017.
Le midazolam, notamment commercialisé sous la marque Hypnovel, est un agent sédatif puissant fréquemment utilisé en anesthésie. Il nécessite de nombreuses précautions dans son administration par voie intraveineuse, afin d'obtenir le niveau de sédation recherché en fonction du besoin clinique, de l'état physique, de l'âge et des médicaments associés.
En Normandie, une information judiciaire avait été ouverte et les investigations confiées à un juge d'instruction. Après les exhumations des cadavres de sept patients du médecin dans des cimetières de la région, les analyses anatomopathologiques auraient révélé la présence de midazolam chez cinq d'entre eux.
À LIRE AUSSI La législation française sur les soins palliatifs est-elle à la traîne?

[size=47]Intention contestée[/size]


Désormais, les recherches se portent sur le lien de cause à effet entre l'administration de cette molécule et certains décès. De leurs résultats dépendra la qualification exacte des faits par la justice.
Pour l'heure, le docteur Méheut-Ferron est mis en examen pour «administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable», «acquisition ou cession dans le cadre d'une activité réglementée de substance vénéneuse sans justificatif ou enregistrement conforme» et «prescription non conforme».
Son épouse est quant à elle mise en examen pour «complicité d'administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable», «acquisition ou cession dans le cadre d'une activité réglementée de substance vénéneuse sans justificatif ou enregistrement conforme» et «abus de confiance».

Le couple de médecins risque la cour d'assises et encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.
«Le docteur Méheut-Ferron ne conteste pas avoir administré ce produit à des patients et son épouse ne conteste pas également lui avoir fourni cette molécule. Elle lui a donné parce qu'elle connaît ses qualités humaines et professionnelles, et l'usage qu'il faisait du midazolam», a déclaré à France 3 l'avocat des deux médecins.
En revanche, le médecin conteste absolument que le midazolam a pu entraîner la mort. Selon une source judiciaire, le docteur Méheut-Ferron avait affirmé devant les enquêteurs avoir agi de la sorte, dans le cadre de soins palliatifs, pour «soulager les malades, les accompagner au mieux dans leur maintien à domicile et soulager aussi d'une certaine manière l'entourage des patients». Il réfute «toute pratique d'euthanasie».
Pour autant, on ne saurait oublier que les protocoles de soins de fin de vie et de soins palliatifs sont très encadrés et que personne ne peut, sans prendre des risques, s'affranchir des dispositions légales, réglementaires et déontologiques.
Et ensuite? «Les premières investigations laissent apparaître des irrégularités dans l'emploi de substances, dont certaines peuvent être nuisibles à l'homme, a indiqué à Paris Normandie le procureur de la République du Havre. Dans cette affaire, on s'oriente très vraisemblablement vers une longue discussion d'experts. L'information judiciaire devra également s'attacher à déterminer le lien de causalité entre l'absorption de produits et le décès des patients, mais aussi la réelle intention des mis en cause.»
Dans l'attente, les messages de soutien aux deux médecins interdits d'exercice se sont multipliés sur les réseaux sociaux.
À LIRE AUSSI Vingt ans après, «La Maladie de Sachs» n'a rien perdu de sa réalité

[size=47]Pétition inédite[/size]


Quoique peu relayée dans les médias généralistes nationaux, l'affaire normande a rencontré un grand écho dans les milieux médicaux. Elle fut notamment à l'origine –fait rare dans cette profession– d'une pétition de soutien lancée par la Fédération des médecins de France, où l'on vit le docteur Jean-Paul Hamon, président de ce syndicat, revendiquer avoir pratiqué des gestes équivalents à ceux de ses confrères mis en examen.
Dans ce texte, les signataires reconnaissent avoir elles et eux aussi, «au cours de leur vie professionnelle, accompagné des patients en fin de vie pour les aider à partir dignement sans souffrance, parfois au prix d'entorses aux règlements en cours».
Ces médecins demandent à «avoir les mêmes moyens de prescriptions que leurs collègues hospitaliers, dans le cadre de la loi Leonetti, sans risquer de se faire interdire d'exercice».
«C'est toute une profession qui est choquée, en colère, s'indignait Jean-Paul Hamon auprès du ParisienCe docteur normand, connu, compétent et dévoué, a eu le courage de prendre en charge des fins de vie à domicile. Il n'était peut-être pas totalement dans les clous, mais de là à l'interdire d'exercer, à exhumer les cadavres de ses patients, on n'est quand même pas face à un tueur en série! Ce cas illustre de façon criante le mépris envers les généralistes et les difficultés que l'on a à exercer correctement notre métier.»


Citation :
[size=37]Ces médecins demandent à «avoir les mêmes moyens de prescriptions que leurs collègues hospitaliers, sans risquer de se faire interdire d'exercice».[/size]


Soulignant la volonté de nombre de généralistes d'avoir le droit d'administrer des sédatifs comme le midazolam, le docteur Hamon réfute les amalgames qui peuvent être faits avec l'euthanasie. «Que fait-on, demande-t-il, des patients atteints de cancers incurables au stade terminal, des personnes âgées voulant mourir chez elles mais que la morphine ne peut même plus calmer? On les laisse dans d'atroces souffrances et on dit à la famille, impuissante, que l'on ne peut rien faire? C'est insupportable.»
Avoir accès au midazolam n'est d'après lui qu'une étape supplémentaire dans la prise en charge de la douleur. «Lorsqu'un patient veut mourir chez lui, il faut que son départ soit le plus digne possible. Ça s'appelle du soin», insiste le médecin.

[size=47]Engagement gouvernemental[/size]


Confrontée à cette mobilisation médicale sans précédent, la ministre des Solidarités et de la Santé s'est exprimée le 9 janvier devant l'Assemblée nationale. Elle répondait alors au courrier du docteur Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins libéraux, qui s'était ému des poursuites engagées contre le couple de médecins normands.
«Je souhaite que des travaux soient menés de façon urgente, afin d'encadrer, de sécuriser et de garantir aux patients l'accès aux soins palliatifs en ambulatoire ainsi qu'aux spécialités aujourd'hui prescrites hors autorisation de mise sur le marché et utilisées dans la sédation profonde et continue», a-t-elle annoncé.
Ces travaux devront selon elle être «articulés avec la finalisation de la recommandation de bonnes pratiques sur la prise en charge médicamenteuse en situation palliative, émise par la Haute autorité de santé» (HAS).
Du côté de la HAS, on précise que cette recommandation sera publiée «dans les prochaines semaines» et que le midazolam a toujours été pris en compte dans ce travail. La véritable question, ici, est celle de la modification de son autorisation de mise sur le marché, qui réserve pour l'essentiel cette spécialité aux seuls espaces hospitaliers.
À dire vrai, la situation est un peu plus compliquée, comme l'explique Le Quotidien du médecin. Le sédatif, s'il est essentiellement prescrit et administré en milieu hospitalier, fait aussi partie des médicaments que les pharmacies des hôpitaux peuvent parfois dispenser à la patientèle en ambulatoire, dans le cadre d'une prise en charge de la douleur chronique rebelle et des soins palliatifs, en vertu [url=http://philippe douste-blazy/][/url]d'une décision ministérielle prise en décembre 2004 par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé.
Dans les faits, pourtant, rares sont les généralistes qui y recourent, tant il existe de contraintes et de difficultés administratives. «Ce dispositif dérogatoire soulève de nombreuses questions tant sur le plan juridique que de la pratique soignante», admet, quinze ans plus tard, Agnès Buzyn.
À LIRE AUSSI Aux États-Unis, on meurt plus souvent à la maison qu'à l'hôpital

[size=47]Blocage à surmonter[/size]


Dès lors, que faire pour progresser sans modifier la loi en vigueur et se rapprocher d'une forme de suicide médicalement assisté? Le docteur Jean Leonetti, coauteur de l'actuelle loi sur la fin de vie, plaide pour un assouplissement de la réglementation.
«Il faudra bien permettre, sous contrôle, d'utiliser tous les produits qui permettent la non-souffrance, y compris à domicile, c'est une évidence citoyenne!», a déclaré l'ancien député au Monde.
Il confie avoir reçu lors de l'élaboration de l'actuelle loi un «engagement» de la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, de «résoudre ce problème technique», de manière à ce que la sédation profonde et continue «puisse être appliquée par tout le monde et n'importe où, y compris dans les Ehpad et à domicile».
«Il faut absolument rendre possible l'accès au midazolam en pharmacie de ville, comme c'est le cas pour la morphine», réclame la docteure Véronique Fournier, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, qui dénonce un «climat de suspiscion d'euthanasie».
«C'est une des premières demandes que j'ai fait remonter aux instances concernées dès l'automne 2016, quelques mois après mon arrivée au Centre national [...]. Mais depuis, rien n'a changé», poursuit-elle.
Pourquoi tant de pesanteurs, d'immobilismes, de blocages? Aujourd'hui, le Syndicat des médecins libéraux propose la réunion d'États généraux de la fin de vie à domicile qui, au printemps 2020, réuniraient les syndicats des médecins libéraux, les infirmièr·es et les pharmacien·nes.
Pour sa part, le gouvernement confirme l'élaboration prochaine d'un nouveau plan national de développement des soins palliatifs et de l'accompagnement des patients en fin de vie, notamment en ambulatoire.
Le plan précédent, lancé en 2015 par Marisol Touraine, s'était achevé en 2018. Personne, depuis, n'avait songé à lui donner une suite. On peut penser que l'affaire des médecins normands, et l'émotion qu'elle a suscitée, n'est pas étrangère au nouvel intérêt porté à ce sujet.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime20.01.20 11:00

Pourquoi tant de pesanteurs, d'immobilismes, de blocages?
POURQUOI ?
STOP DONS STOP VOTE ELECTIONS STOP
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime20.01.20 21:24

j'ai trouvé çà par hasard à propos de la fin de vie et du handicap
https://www.silvereco.fr/lancement-du-premier-appel-a-projets-fin-de-vie-et-handicap-de-la-fondation-ocirp/31116218
bizarre de ma part de poster ce lien si j'appelle par ailleurs à la pratique du ZERO DON mais le monde du handicap étant tellement complexe et le thème de la fin de vie tellement gigantesque...
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitime21.01.20 16:33

[size=38]Malaise après une tribune du président de la Mutualité française en faveur de l’euthanasie[/size]

Les faits 

Une tribune de Thierry Beaudet en faveur de « l’aide active à mourir » provoque des réactions dans les milieux proches des soins palliatifs, qui dénoncent un « conflit d’intérêts ». Le président de la Mutualité française s’en défend.



  • Loup Besmond de Senneville, 
  • le 21/01/2020 à 16:15


« Cette prise de position est dans la continuité de celle exprimée lors des États généraux de la bioéthique », répond Thierry Beaudet, interrogé par La Croix.[size=12]VINCENT PEREIRA/PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP[/size]


La polémique est partie d’une tribune publiée, le 19 janvier, dans le Journal du dimanche. Le sujet, la légalisation de l’euthanasie, est plutôt banal. Mais c’est le signataire qui a provoqué des réactions. Son nom : Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française.
i Pourquoi lire La Croix ?+
La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l'analyse.

Dans ce texte, Thierry Beaudet plaide pour le « droit de choisir une fin de vie digne ». « Le droit à la gestation – son contrôle comme son accomplissement – s’est heureusement étendu. Peu à peu des limites et des tabous sont tombés. A contrario, le droit à la fin de vie assistée progresse trop lentement », écrit-il. Le président de la Fédération nationale de la Mutualité française, qui regroupe 426 mutuelles de santé du pays, regrette que le projet de révision des lois de bioéthique, actuellement examiné au Sénat, ne traite pas de « l’aide active à mourir ».
À lire aussi
En Belgique, l’euthanasie reste une question épineuse

« Or cette question mérite d’être débattue au nom de la responsabilité. Avec l’augmentation de la durée de la vie, elle se posera de manière lancinante », estime-t-il. « Pour ma part, je plaide pour une solution de liberté qui laisse à chacun le choix d’une fin de vie digne. Si une réforme allait dans ce sens, alors je suis sûr que des mutuelles se feraient encore pionnières en créant les lieux et les conditions permettant d’exercer cette liberté », écrit-il encore.

« Conflit d’intérêts »


Cette prise de position a fait vivement réagir, notamment dans les milieux proches des soins palliatifs. « Thierry Beaudet peut très bien avoir ses opinions personnelles, mais il est très problématique qu’il s’exprime ainsi en tant que président d’une mutuelle », estime par exemple la psychologue Marie de Hennezel, engagée depuis plusieurs années en faveur des soins palliatifs.
Elle dénonce en particulier ce qu’elle juge être un « conflit d’intérêts » entre la fonction de Thierry Beaudet et sa prise de position. « On peut légitimement se demander si les mutuelles ne pourraient pas avoir des intérêts financiers à défendre une telle évolution », soutient-elle. Depuis plusieurs années, cette psychologue dénonce les risques de « dérives économiques » d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. « Le jour où cela sera possible, il y a des gens très vulnérables et très âgés sur lesquels on ne manquera pas de faire pression lorsque les conditions économiques ne leur permettront plus d’avoir une vie considérée comme digne », affirme Marie de Hennezel.
« Cette prise de position est dans la continuité de celle exprimée lors des États généraux de la bioéthique », répond Thierry Beaudet, interrogé par La Croix. Il s’oppose à tout soupçon de « conflit d’intérêts » et insiste sur le fait que cette tribune est un appel à « débattre de la fin de vie ». « Sur cette nécessité d’en débattre, les mutualistes sont unanimes. En revanche, sur l’aide active à mourir, la question renvoie à la liberté absolue de conscience de chacun », précise-t-il.

« Au service du progrès social et du progrès humain »


« Au cours de son histoire, la Mutualité française a régulièrement pris position sur des grands sujets qui agitent la société française, au service du progrès social et du progrès humain », ajoute Thierry Beaudet. Avant de souligner qu’au cours des États généraux de la bioéthique, la Mutualité française avait notamment plaidé en faveur d’une plus grande accessibilité des soins palliatifs et pour la formation des personnels soignants dans le domaine de la fin de vie.


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Saisie de barbituriques, un révélateur des dissensions entre pro-euthanasie

Ces derniers mois, les mutuelles se sont également déclarées favorables à l’extension de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules ainsi qu’à son remboursement. « Au nom de quoi, de quel dogme, de quelle croyance, les femmes seules ou vivant avec une autre femme, cotisant comme tout le monde, ne pourraient pas bénéficier des prestations de notre Sécurité sociale et de nos mutuelles ? », avait ainsi affirmé Thierry Beaudet en juillet, dans une tribune publiée dans Libération.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie Icon_minitimeAujourd'hui à 17:53

[size=40]TRIBUNE. "L'aide active à mourir, un débat nécessaire"
 22h00 , le 18 janvier 2020, modifié à 18h31 , le 19 janvier 2020[/size]


Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, signe une tribune pour appeler à ouvrir un débat parlementaire sur la fin de vie.

Voici la tribune de Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française, au sujet de la fin de vie : "La révision de la loi bioéthique explore en ce moment certains territoires touchant au droit à la vie, voire à la vie 'augmentée' ou 'accompagnée' : PMA pour toutes les femmes et intelligence artificielle. Elle y apporte des réponses empreintes des valeurs propres à notre République pour offrir plus de liberté et plus d’égalité. Nous nous en réjouissons. Pour autant, à mon sens, elle demeure incomplète en laissant de côté une question actuelle et fondamentale : le droit de choisir une fin de vie digne.
Pour des raisons culturelles ou cultuelles, la fin de vie en France, et a fortiori son accélération volontaire pour des motifs thérapeutiques, reste un domaine interdit. La mort serait un mystère intouchable, en débattre serait inconvenant. Face à la douleur ou à une dégradation physique vécue comme insupportable et humiliante, notre société décide de facto qu’il faut se faire disciple de Sénèque et se taire pour rester digne. Ou, pour les familles et le corps médical, vivre le traumatisme des prétoires et de l’exposition malsaine que cela engendre.

Citation :
[size=30]Le droit à la fin de vie assistée progresse trop lentement[/size]


Le droit à la gestation - son contrôle comme son accomplissement - s’est heureusement étendu. Peu à peu des limites et des tabous sont tombés. A contrario, le droit à la fin de vie assistée progresse trop lentement, le plus souvent en réaction à des situations dramatiques.
Bien sûr, le Code de déontologie médicale (article 37), le Code de santé publique (article L 1111-4) et les lois Leonetti de 2005, puis Leonetti-Claeys de 2016 créent et élargissent les droits des malades et des personnes en fin de vie. Sont visés les objectifs de soulager la douleur, d’éviter une obstination déraisonnable, de respecter durablement la volonté de la personne malade ou d’une personne de confiance par le biais des directives anticipées, de développer des soins palliatifs jusqu’à la sédation profonde.
Mais, contrairement à certains pays voisins, aucun de ces textes ne traite de l’aide active à mourir. Et les débats du CCNE (Comité consultatif national d’éthique) préalables à la révision de la loi bioéthique ont écarté d’emblée cette option.

Citation :
[size=30]Avec l’augmentation de la durée de la vie, [cette question] se posera de manière lancinante[/size]


Or cette question mérite d’être débattue au nom de la responsabilité. Avec l’augmentation de la durée de la vie, elle se posera de manière lancinante. Elle s’imposera aux personnes concernées, bien sûr, mais aussi à leurs familles, à leurs médecins. Elle s’imposera à notre société. Mais toujours avec le risque de la fragmenter et d’alimenter la chronique si on n’y remédie pas avant.
Cette question mérite également d’être débattue au nom de la dignité.
Il y a plusieurs façons de comprendre la dignité, qui peuvent d’ailleurs être antagonistes.
Il en est une qui fait de "la vie" une vertu cardinale, un principe intouchable. Celle-ci restreint la liberté individuelle face aux aléas de la vie, y compris ceux qui conduisent à une douleur ou à une situation inhumaines. Cette acception de la dignité interdit de modifier par quelque manière que ce soit le cours de la vie, aussi accidenté et insupportable soit-il.
Il est une autre acception de la dignité qui, au contraire, revendique l’autonomie et le libre arbitre face à ces mêmes aléas. Cette acception invite à intervenir - par la science et la médecine - à tous les moments de la vie, de la naissance à la mort. C’est cette acception que je défends.

Citation :
[size=30]Les pays voisins qui se sont engagés dans cette voie peuvent être une source d’inspiration[/size]

C’est au nom de cette dignité et de cette autonomie que des mutualistes ont été pionniers en développant l’accouchement sans douleur, en permettant aux femmes en situation de handicap de vivre une maternité heureuse et que, plus largement, ils ont milité pour que femmes et hommes puissent disposer librement de leur corps.
C’est au nom de cette dignité et de cette liberté qu’il me semble nécessaire qu’un débat sur l’aide active à mourir soit ouvert. Les pays voisins qui se sont engagés dans cette voie peuvent être une source d’inspiration pour le nourrir. La Mutualité Française, par le biais de son espace fédéral d’éthique, s’est emparée de cette question et va l’instruire au premier semestre de cette année.
Pour ma part, je plaide pour une solution de liberté qui laisse à chacun le choix d’une fin de vie digne. Et si une réforme allait dans ce sens, alors je suis sûr que des mutuelles se feraient encore pionnières en créant les lieux et les conditions permettant d’exercer cette liberté."
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