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 2020 fin de vie

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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime24.02.20 12:40

http://www.handichrist.net/t1175-janvier-2011-fin-de-vie-echec-d-une-loi

maintenant je suis rongée par le regret, j'aurais dû en janvier 2011 partir en Suisse ou en Belgique au lieu de faire ce site
personne ne veut comprendre ou ne peut comprendre qu'on souhaite avant tout une mort rapide, pas immédiate forçément, mais une mort de courte durée et que l'apaisement de la mort palliative est une erreur et un mensonge...
maintenant je n'ai plus la force d'aller en Suisse ou en Belgique
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime24.02.20 13:51

Abus sexuels : les témoignages de six femmes mettent en cause Jean Vanier, fondateur de l’Arche
Jean Vanier qui est mort à la Maison Médicale Jeanne Garnier, centre de soins palliatifs de fin de vie catholique... ... ...
de toute façon, vu sa tronche et sa façon de parler, j'avais des doutes sur lui.


ce qui prouve que je ne déraille pas quand je compare le midazolam à la drogue du violeur, qd j'écris que pendant quelques jours et quelques nuits, le personnel soignant a le temps de violer un corps qui se meurt, J.L. Roméro demande de ne pas voler sa mort, j'ajouterai que la République viole notre conscience en nous promettant à chaque fois le droit au choix à propos du moment et de la manière de notre mourir...
Jean Léonetti est quelque part un voleur et un violeur, deux mots qui riment ensemble..
STOP dons STOP vote élections STOP
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime24.02.20 16:30

question :
est-ce que la légalisation de la mort rapide va entraîner la mort immédiate ?
selon quelques uns, oui . Selon d'autres, non.
Blablabla long et lent, et pendant ce temps, il y a les attentats et les virus !
Petit rappel : les obsédés phobiques de la sédation profonde continue jusqu'au décès ont tout leur temps pour une mise en pratique sur eux-mêmes du "suicide biologique" ds le but de réduire la durée de cette ultime sédation ( pour le mode d'emploi, se fier à son intelligence ).
Pendant ce temps, un virus court, les chercheurs aussi. Contradiction existentielle de la vie !
Ce virus vient d'un continent où l'on pratique une autre médecine qu'en France..
Mélange des genres...
Je ne crois pas trop à ce coronavirus, çà vient de Chine... Bizarre que tous les chercheurs cherchent.
Ce n'est pas cohérent. En Chine, on pratique la médecine asiatique, pas en Europe !
SVP si j'ai ce coronavirus, laissez-moi en détresse respiratoire, ds le respect de la loi du 22 avril 2005 !
Après la canicule de l'été 2003, Jean Léonetti a fait sa loi de 2005. Me permettez-vous d'imaginer qu'après ce coronavirus, l'ONU va légaliser le droit au choix à propos de la manière et du moment de notre mourir dans tous les pays ? rêver fait vivre...
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime24.02.20 17:20

Fin de vie. Le parquet s'acharne contre le Dr Méheut-Ferron
L'Humanité-il y a 20 heures
Article payant, sous abonnement..

Ils me suivent, ils savent que je suis une maniaque du copié-collé, donc ...
il y a de plus en plus d'articles comme celui-là
soit je m'abonne, soit je laisse tomber, c'est ce qu'ils veulent.
de toute façon les EVC vont y passer, avec tous les autres TC AVC IMC etc
qu'est-ce que je fais ? Fermer ici, et partir d'une manière ou d'une autre...
je supprime ici ou je ferme tout simplement ? le reste me regarde, c'est mon pb.
(je pratique aussi le ZERO abonnement depuis la  dernière loi Léonetti, bcp de zéros ds mon univers, vous voulez mettre la note ZERO à ce site ??? , si vous voulez, je me détache de tout... ). Bonne pour la sédation profonde continue jusqu'au décès ???
Oui, en janvier 2011, j'aurais dû partir pour un aller sans retour en Suisse ou en Belgique. J'ai perdu mon temps et mon énergie.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime24.02.20 21:34

je NE veux PAS d'une mort apaisée. Je veux une mort rapide .
je suis une obsessionnelle phobique anxieuse incurable.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime04.03.20 14:04

« Plus la médecine progresse et plus il y a de situations conflictuelles »
Professeur Régis Aubry, président de l’Observatoire national de la fin de vie
07 févr. 2020 à 18:31 | mis à jour à 18:34 - Temps de lecture : 2 min
|  | Vu 790 fois

Régis Aubry. Photo ER /Frederic JIMENEZ

Nous avons contacté le professeur Aubry, chef du service de soins palliatifs et de gériatrie au CHU Minjoz de Besançon. Non pas pour s’exprimer sur le cas précis de la famille Esturgie, dont il n’a pas connaissance. Mais pour évoquer le cadre légal de la fin de vie en sa qualité de président de l’Observatoire national de la fin de vie et de membre du comité consultatif national d’éthique.

À partir de quand peut-on parler d’acharnement thérapeutique ?
La loi Leonetti de 2016 fait référence, impulsée depuis 2002 par la loi Kouchner. Si le malade est en capacité d’évaluer le soin comme excessif ou nécessaire, son avis prévaut sur celui des médecins et des proches. C’est la même chose s’il exprime de façon explicite qu’une dépendance aux machines est compatible avec la qualité de son existence.
Si on a des doutes sur ses capacités à exprimer un avis éclairé, que les médecins estiment qu’on est dans un traitement déraisonnable, alors ils peuvent mettre en place une procédure collégiale. Elle nécessite de prendre l’avis de la personne de confiance désignée ou, à défaut, de la famille. Les directives anticipées, s’il y en a, sont contraignantes. Dans cette procédure collégiale, la loi impose un tiers extérieur qui aurait une vision neutre, venant d’un autre service ou bien extérieure à l’établissement. Et ce afin d’éviter l'« effet collectif ».

Qu’est-ce que l’obstination déraisonnable ?
Elle se définit au travers de la volonté du patient, s’il a un avis éclairé. Vu de l’extérieur, on peut avoir un avis sur une situation mais il ne nous appartient pas de juger de la qualité ou du sens de la vie d’autrui
. Si la personne est capable d’exprimer le fait qu’elle veut vivre avec une dépendance externe, alors il faut le faire. Pour ce type de patients, le milieu hospitalier est celui qui convient le moins, avec un risque important d’infections. Et, de fait, des questions de nature budgétaires se posent, mais elles ne doivent pas intervenir pour culpabiliser les familles ou devenir un critère.

Quelles solutions d’accueil sont proposées ?
Il faut penser à des lieux d’aval comme le domicile. Cela est très lourd du point de vue technique et émotionnel. Si le domicile n’est pas possible, pour des états pauci-relationnels ou végétatifs chroniques, il existe une unité dédiée aux Salins de Bregille à Besançon ou au centre de rééducation à Héricourt. Mais il y a de longues listes d’attente. En France, le nombre de places est totalement insuffisant par rapport à la demande. Aujourd’hui, notre société n’a pas pensé à accompagner ce qu’elle a contribué à générer avec les progrès de la technique. Et plus la médecine progresse, plus il y a de situations conflictuelles, avec beaucoup de souffrance de part et d’autre : familles et soignants.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime04.03.20 14:16

Moi Admin si jamais j'ai le coronavirus, je veux qu'on me foute la paix, qu'on m'aide à mourir puisque de toute façon le coronavirus fait mourir...
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime05.03.20 17:36

Affaire du midazolam : le médecin d'Angerville-la-Martel autorisé à reprendre son activité
Jeudi 5 mars 2020 à 7:02 - Mis à jour le jeudi 5 mars 2020 à 12:35 - Par Noémie Lair, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu
Angerville-la-Martel, France
Le docteur Méheut-Ferron, installé à Angerville-la-Martel, était entendu par la cour d’appel de Rouen, mercredi 4 mars 2020. On apprend ce jeudi qu'il est autorisé à reprendre son activité.

Accusé d'avoir involontairement causé la mort de 5 de ses patients en fin de vie, le docteur Méheut-Ferron est autorisé par la Cour d'appel à reprendre son activité.
Accusé d'avoir involontairement causé la mort de 5 de ses patients en fin de vie, le docteur Méheut-Ferron est autorisé par la Cour d'appel à reprendre son activité. © Radio France - Noémie Lair
C’est un homme droit dans ses bottes et ferme dans ses propos qui s'est présenté devant la cour d’appel de Rouen, mercredi 4 mars 2020. Mais derrière cette apparente confiance en soi, les doigts du médecin, frénétiquement frottés les uns contre les autres, trahissaient une certaine anxiété. Le docteur Méheut-Ferron, médecin à Angerville-la-Martel, près de Fécamp, est accusé d'avoir administré du midazolam - médicament dont l’usage est réservé aux hôpitaux - à ses patients en fin de vie et causé involontairement la mort de cinq d'entre eux. Il a finalement été autorisé à reprendre son activité.


À lire aussi Des centaines de médecins signent une pétition de soutien à leur confrère interdit d'exercer près de Fécamp
Le médecin a été mis en examen en novembre 2019. Le juge d’instruction l’avait autorisé à continuer son activité mais le procureur de la république du Havre a fait appel. La cour d’appel suit finalement la décision annoncée en première instance et le médecin peut reprendre son activité.

Qui pour s’occuper des patients ?
Pour convaincre le juge de le laisser exercer, le docteur Méheut-Ferron a souligné les conséquences de son arrêt pour ses quelques 2 200 patients. "Il ne faut pas laisser des gens sans médecin, on est obligés d'en tenir compte, a-t-il dit. C'est vraiment une sentence bien trop sévère. Ce sont les patients qui en font les frais alors qu'ils n'avaient pas demandé à faire partie d'un combat quelconque."

Il a aussi mis en avant ses difficultés de trésorerie puisque depuis trois mois, l'argent ne rentrait plus et à l'inverse, les frais de justice s'accumulaient.

Un tranquillisant pour soulager les patients
Le médecin a reconnu avoir obtenu le midazolam par sa femme - médecin anesthésiste dans une clinique - et l'avoir administré à des patients. Mais il a contesté avoir voulu les aider à mourir. Il utilisait le midazolam, "à des doses infimes", pour les soulager de leurs douleurs et cela n'a pas pu entraîner la mort, assurait-il.

Des expertises sont encore en cours. Quoi qu’il en soit, devant la cour d'appel, le médecin a affirmé qu'il n'utiliserait plus ce médicament.

Soutien de la profession
Devant la cour d'appel, ses avocats, maîtres Routel et Saint-Palais, ont mis en avant, pour leur part, de nouveaux éléments qui pourraient faire pencher la balance en la faveur du médecin : le ministère de la Santé a annoncé le 10 février dernier rendre le midazolam disponible d'ici quatre mois dans les pharmacies de ville, à destination des médecins généralistes. C'est ce qu'avait préconisé un peu plus tôt la Haute autorité de santé. Ils soulignaient également le soutien quasi unanime de la profession pour le docteur d’Angerville-la-Martel.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime05.03.20 17:41

Midazolam : le médecin généraliste normand autorisé à soigner ses patients
La cour d’appel de Rouen confirme jeudi 5 mars 2020 la décision prise par un juge d’instruction havrais dans la cadre de l’affaire du Midazolam : le Dr Jean Méheut-Ferron, privé d’activité professionnelle depuis le 28 novembre 2019, est autorisé à reprendre le travail et soigner ses patients.
Baptiste LAUREAU
PUBLIÉ LE 05/03/2020 À 11:44 MIS À JOUR LE 05/03/2020 À 11:44 TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTES
Le Dr Jean Méheut-Ferron avec ses avocats, Me Guillaume Routel (au centre) et Me Christian Saint-Palais. (Photo B. L./Paris-Normandie)
Le Dr Jean Méheut-Ferron avec ses avocats, Me Guillaume Routel (au centre) et Me Christian Saint-Palais. (Photo B. L./Paris-Normandie)

La décision a été rendue en fin de matinée, jeudi 5 mars 2020 : la cour d’appel de Rouen autorise le Dr Jean Méheut-Ferron à reprendre le travail et soigner ses patients à partir de demain, vendredi 6 mars 2020. Le médecin généraliste cauchois était privé d’activité depuis le 28 novembre 2019. Les magistrats de la chambre de l’instruction confirment ainsi la décision rendue au mois de février par le juge d’instruction au mois de février. Mais, le ministère public avait interjeté appel de l’ordonnance de main levée du contrôle judiciaire. Les arguments développés par les conseils du médecin de campagne, Me Guillaume Routel et Me Christian Saint-Palais, ont convaincu les juges.

La justice reproche au Dr Méheut-Ferron, installé à Angerville-la-Martel, d’avoir utilisé du midazolam dans le cadre de soins palliatifs exercés à domicile, mais cet hypnotique sédatif est - jusqu’à présent - réservé à un usage hospitalier. Le généraliste est mis en examen pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable », « acquisition ou cession dans le cadre d’une activité réglementée de substance vénéneuse sans justificatif ou enregistrement conforme » et « prescription non conforme ». C’est son épouse, médecin anesthésiste-réanimateur dans une clinique, qui lui a fourni le midazolam. Elle est également mise en examen pour « complicité d’administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable », « acquisition ou cession dans le cadre d’une activité réglementée de substance vénéneuse sans justificatif ou enregistrement conforme » et « abus de confiance ». Son contrôle judiciaire lui interdit de se rendre au bloc opératoire, mais elle peut cependant mener des consultations.

Sept cadavres exhumés par la justice
Dans le cadre des investigations menées par les gendarmes de la Section de recherches (SR) de Rouen et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), la justice a procédé en fin d’année dernière à une série d’exhumations dans des cimetières de la région cauchoise. Les cadavres de sept anciens patients du médecin de campagne ont été déterrés pour permettre des prélèvements. Et les analyses anatomopathologiques ont révélé la présence de midazolam chez cinq d’entre eux. « Le Dr Méheu-Ferron n’a jamais contesté avoir administré ce produit à des patients, son épouse ne conteste pas également lui avoir fourni cette molécule. Elle lui a donné parce qu’elle connaît ses qualités humaines et professionnelles, et l’usage qu’il faisait du midazolam », déclarait Me Guillaume Routel à notre journal, quelques heures après la mise en examen du couple Méheut-Ferron. « Avec ce médicament, il a tout simplement soulagé des patients dans le cas de soins de fin de vie. En aucun cas, il n’a abrégé la vie à l’un de ses malades, il n’a jamais porté atteinte à l’intégrité de l’un de ses malades. Le Dr Méheut-Ferron conteste absolument que le midazolam a pu entraîner la mort. »

Le Dr Jean Méheut-Ferron s’est confié à plusieurs reprises à Paris-Normandie : « Il faut être très clair : en utilisant le midazolam, il ne s’agissait ni d’accélérer la mort, ni de prolonger inutilement le patient. Il s’agissait vraiment, au sens strict, d’un accompagnement, qui permet au patient de rester chez lui et permet aussi à sa famille de pouvoir vivre le plus paisiblement possible ces moments qui sont toujours difficiles. Pour ces personnes qui sont fragiles, avec une physiologie précaire, le midazolam est vraiment le produit de choix, aussi sûr qu’efficace. C’est un produit qui laisse au médecin la visibilité sur son traitement, et qui peut être pris de façon simple notamment par voie buccale. Il est d’utilisation sûre. Dans mon expérience, c’est vraisemblablement le produit le moins nuisible que j’ai utilisé. Les autres tranquillisants de sa classe n’apportent absolument pas les mêmes avantages. »

Interview. Affaire du Midazolam : le médecin cauchois mis en examen livre sa vérité
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Une plus grande accessibilité au midazolam
Aujourd’hui, la situation est pour le moins burlesque. Lundi 10 février 2020, alors que le Dr Méheut-Ferron était interrogé durant neuf heures dans le bureau du juge d’instruction, la Haute autorité de santé (HAS) recommandait une plus grande accessibilité au midazolam et, dans le même temps, le ministère de la Santé annonçait que ce puissant sédatif ne serait plus réservé au seul usage hospitalier mais disponible d’ici à quatre mois dans les pharmacies de ville pour les médecins généralistes.

L’interdiction d’exercer du généraliste normand a suscité un scandale dans la profession. Début janvier, des centaines de praticiens à travers la France ont signé une pétition de soutien. Au mois de décembre, le Dr Antoine Leveneur, président de l’Union régionale des médecins libéraux (URML) de Normandie, avait déclaré à notre journal : « C’est une affaire un peu dramatique pour notre confrère Jean Méheut-Ferron et sa femme (...) Il est des situations où, en effet, nous sommes contraints de franchir la ligne blanche. On le fait en toute conscience, dans l’intérêt de nos patients à ce moment-là de leur vie ».

Contacté par téléphone, Me Guillaume Routel se dit « très satisfait » de la décision rendue par la chambre de l’instruction de la cour d‘appel de Rouen : « Mon client va être très heureux ».
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime05.03.20 17:48

Divers copiés-collés à propos de ce fait divers car il y a  quelques contradictions... ... ...
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime06.03.20 14:04

Fin de vie : le médecin normand mis en examen de nouveau autorisé à exercer
Depuis la mise en examen de ce médecin normand pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées en leur prescrivant du midazolam, le ministère de la Santé avait annoncé le 10 février qu’il allait "d’ici quatre mois" rendre disponible dans les pharmacies de ville ce puissant sédatif.
Par AFP - 13:00 | mis à jour à 13:02

Photo d'illustration R.L./Julio PELAEZ

Un médecin traitant normand mis en examen et interdit d’exercer en novembre pour avoir administré un puissant sédatif, le midazolam, à des patients âgés qui sont ensuite décédés, a été autorisé à reprendre son activité, selon le parquet général de Rouen.

Le midazolam est utilisé pour mettre en oeuvre une sédation profonde et continue jusqu’à la mort lors d’un arrêt d’un traitement autorisé par la loi en cas "d’obstination déraisonnable". Mais il est pour l’heure réservé au milieu hospitalier.

Depuis la mise en examen du médecin normand pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées en leur prescrivant du midazolam, le ministère de la Santé a annoncé le 10 février qu’il allait "d’ici quatre mois" rendre disponible dans les pharmacies de ville ce puissant sédatif.

"Il n’y aura pas de pourvoi"
"Après un appel du procureur de la République du Havre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rouen a confirmé l’ordonnance du juge d’instruction autorisant le médecin à reprendre son activité à compter du 6 mars", a indiqué Patrice Lemonnier, avocat général près la cour d’appel de Rouen.

"Il n’y aura pas de pourvoi. Le parquet du Havre avait mis en avant le problème du trouble à l’ordre public ainsi que le risque de réitération", a ajouté le magistrat.

L’avocat du médecin, Me Guillaume Routel, s’est félicité de cette décision. "Mon client est de nouveau autorisé à exercer sa profession. Pour nous, l’essentiel est là". "Mon client reste mis en examen pour administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort de ses patients, ce qu’il conteste naturellement", a-t-il ajouté.

Le médecin, né en 1954, avait reconnu avoir prescrit et fourni du midazolam, mais en précisant "qu’il ne s’inscrivait pas dans une démarche d’euthanasie", selon un communiqué du parquet diffusé le 29 novembre.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime06.03.20 18:21

JIM.fr
Publié le 06/03/2020
Midazolam : le généraliste mis en examen autorisé à exercer

Rouen, le vendredi 6 mars 2020 – Le docteur Jean Méheut-Ferron, mis en examen depuis novembre pour avoir administré du midazolam à ses patients, à été ré-autorisé à exercer par la cour d’appel de Rouen.

Ce vendredi, à Angerville-la-Martel, petite ville de 1 000 habitants en Normandie, le cabinet du médecin généraliste va pouvoir réouvrir et accueillir à nouveau des patients. Le Dr Jean Méheut-Ferron avait dû fermer son cabinet à la suite de sa mise en examen, le 13 novembre dernier, pour « administration de substances nuisibles ayant entrainé la mort sans intention de la donner ». Il est accusé d’avoir administré à ses patients en fin de vie du midazolam, un puissant sédatif utilisé en soins palliatifs et d’avoir ainsi entrainé la mort de cinq de ses patients.

Ce mercredi, le mis en cause a obtenu que la cour d’appel de Rouen lève son interdiction d’exercer la médecine prononcée par le procureur de la République. A l’audience, le médecin et ses avocats avaient exposé les lourdes conséquences de cette interdiction pour ses patients et pour lui-même. Dans une zone touchée par la désertification médicale, le Dr Méheut-Ferron s’occupe de plus de 2 000 patients, qui se sont ainsi trouvés sans médecin du jour au lendemain.
« C’est la vie qui revient »
« Ce sont les patients qui en font les frais alors qu’ils n’avaient pas demandé à faire partie d’un combat quelconque » a expliqué le médecin devant les magistrats. Le praticien a également fait état des difficultés de trésorerie provoqués par cette interdiction alors qu’il doit faire face, à des frais de justice important. Il a enfin mis en avant le soutien quasi unanime qu’il avait reçu de ses patients et de ses confrères, une pétition en ligne ayant été lancé pour dénoncer une interdiction d’exercer « disproportionnée ».

S’il reste mis en examen, le Dr Méheut-Ferron a accueilli la décision de la cour d’appel de le réautoriser à pratiquer la médecine avec un grand soulagement : « C’est la vie qui revient ! On puise la vie dans le combat » a-t-il déclaré, un brin extatique, au journaliste de France 3. Sur le fond du dossier, le Dr Méheut-Ferron continue de clamer son innocence, estimant que son utilisation précautionneuse du midazolam n’avait pas pu entrainer la mort de ses patients. Son épouse, médecin anesthésiste au CHU de Rouen, est accusé de lui avoir fourni les ampoules de midazolam. Elle est également mise en examen.
Vers un accès au midazolam en ville
L’affaire a eu le mérite de relancer le débat sur la prise en charge à domicile des patients en fin de vie. Plusieurs syndicats de médecins libéraux, ont, tout en affichant leur soutien au praticien incriminé, dénoncé les failles d’un système qui ne permet pas aux médecins libéraux de soulager la souffrance de leurs patients. Face aux difficultés à obtenir une hospitalisation à domicile ou une « rétrocession hospitalière » du médicament, les médecins de ville n’ont parfois pas d’autre choix que de contourner le règlement et à administrer du midazolam à domicile hors de tout protocole, avec tous les risques judiciaires (et médicaux ?) , que cela entraine.

Avertie du problème dès le mois de décembre par les soutiens du généraliste, le ministère de la santé a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) qui a annoncé, le 13 février dernier, vouloir mettre en place, d’ici 4 mois, un protocole administratif qui permettra aux médecins de ville d’avoir accès au midazolam. Un protocole dont certains syndicats de médecins libéraux dénoncent déjà la lourdeur.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime09.03.20 15:28

Angerville-la-Martel. Fin de vie : le médecin mis en examen peut de nouveau exercer
Le médecin d'Angerville-la-Martel, mis en examen en fin d'année dernière, est finalement autorisé à exercer de nouveau.

Fin de vie : le médecin mis en examen peut de nouveau exercer
Le médecin d'Angerville-la-Martel mis en examen en novembre 2019 de nouveau autorisé à exercer. Illustration
Publié le 9 mars 2020 à 15h01
Par Gilles Anthoine

Un médecin traitant d'Angerville-la-Martel, mis en examen et interdit d'exercer en novembre 2019 pour avoir administré un puissant sédatif, le midazolam, à des patients âgés qui sont ensuite décédés, est "autorisé à reprendre son activité".

Depuis la mise en examen du médecin, pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées en leur prescrivant du midazolam, le ministère de la Santé a annoncé le 10 février qu'il allait, "d'ici quatre mois", rendre disponible dans les pharmacies de ville ce puissant sédatif. "Après un appel du procureur de la République du Havre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rouen a confirmé l'ordonnance du juge d'instruction autorisant le médecin à reprendre son activité à compter du 6 mars" et "il n'y aura pas de pourvoi".

• Lire aussi : Un couple de médecins soupçonné d'euthanasie

Le droit d'administrer du midazolam
L'avocat du médecin Guillaume Routel s'est félicité de cette décision. "Mon client est de nouveau autorisé à exercer sa profession. Pour nous, l'essentiel est là." Et d'ajouter : "Mon client reste mis en examen pour administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort de ses patients, ce qu'il conteste naturellement."

Le médecin, né en 1954, avait reconnu avoir prescrit et fourni du midazolam, mais en précisant "qu'il ne s'inscrivait pas dans une démarche d'euthanasie", selon un communiqué du parquet du Havre. Il avait expliqué l'avoir prescrit "pour apaiser ses patients souffrant d'affections lourdes comme des cancers ou des insuffisances respiratoires", avait précisé le procureur du Havre. Il avait été mis en examen avec interdiction d'exercer, mi-novembre. Fin décembre, le président de la Fédération des médecins de France avait réclamé le droit d'administrer du midazolam. L'autorisation sera effective d'ici quelques semaines. (avec AFP)
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime15.03.20 11:01

A cause du coronavirus, nous sommes en train de vivre une espèce d'euthanasie sociale et économique plus longue que la sédation profonde continue jusqu'au décès selon Léonetti et Claeys.
Ce monde est absurde et étrange.
NE votez PAS !!! les scientifiques ont peut-être été manipulés par la politique ?
Essayons de faire vivre en nous un reste de noblesse et de dignité... citoyennes....
Ce coronavirus est-il vrai ? est-il faux ? qui l'a inventé ? qui l'a fabriqué ?
est-ce un prétexte pour éviter le dernier grand attentat ?
Personne dehors, tout le monde chez soi ...
les terroristes vont alors attaquer le numérique...
j'aurais besoin du Midazolam mais personne ne veut m'en donner
et on parle de solidarité !!!
c'est un monde de dingues...
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime28.03.20 12:16

copié-collé:

Proposition d’amendement de vos directives anticipées,
en période d’épidémie de Covid-19 (Coronavirus)


Si la situation devient critique et que les médecins sont dans l’obligation de décider parmi les malades graves ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas bénéficier de la réanimation, nous demandons que soit respectée la liberté individuelle et que l’on tienne compte des directives anticipées de chacun(e). En sachant que, malheureusement, pour ceux (celles) qui souhaiteraient des soins palliatifs, cette possibilité est rendue encore plus difficile dans la période critique que nous vivons, le personnel soignant étant mobilisé contre le Coronavirus.
En ce temps où nos gouvernants nous rappellent en permanence notre responsabilité citoyenne, nous demandons, au nom de cette même responsabilité collective, qu’à cette situation exceptionnelle s’appliquent des directives exceptionnelles.

L’association Le choix-Citoyens invite chacun (e) à réfléchir et à écrire éventuellement un complément à ses directives anticipées (voir plus loin) en s’inspirant d’une des phrases suivantes :

1) En cas de manifestations respiratoires graves liées au Coronavirus, je refuse d’être hospitalisé(e) en réanimation, car, compte-tenu de mon âge avancé et/ou de mon état de santé déficient, ma mise sous ventilation assistée correspondrait à un acharnement thérapeutique. En revanche, je demande instamment à pouvoir bénéficier d’une Aide Médicale à Mourir, rapide et efficace pour ne pas souffrir des douleurs terribles engendrées par la suffocation.

2) Si les hôpitaux manquent brutalement de lits en réanimation pour accueillir les malades graves atteints du Coronavirus, et si les médecins décident que je ne peux être hospitalisé(e) en réanimation du fait de mon âge avancé et/ou de mon état de santé, je demande instamment de pouvoir bénéficier d’une Aide Médicale à Mourir, rapide et efficace, afin de ne pas souffrir des douleurs terribles liées à la suffocation.

Ma décision est prise en toute conscience et en toute liberté, dans un esprit de solidarité et de responsabilité citoyenne. Je demande instamment qu’il en soit tenu compte pendant la période d’épidémie et tant que l’accès aux soins sera limité.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime28.03.20 21:47

Coronavirus : le difficile accompagnement des malades en fin de vie
Les cas de personnes âgées souffrant de détresse respiratoire aiguë se multiplient dans des hôpitaux franciliens débordés. Les Ehpad seront également confrontés à des décisions complexes.

Par Chloé Hecketsweiler et François Béguin Publié aujourd’hui à 09h58, mis à jour à 14h29

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Comment accompagner la fin de vie des patients atteints du Covid-19 qui ne peuvent pas être pris en charge en réanimation ? Dans les hôpitaux franciliens, la question se pose avec acuité aux soignants qui voient affluer, depuis quelques jours, un nombre important de patients très âgés souffrant d’une détresse respiratoire aiguë. « Pour la majorité d’entre eux, nous savons que la réanimation n’est pas possible car ils n’en réchappent pas », souligne Eric Pautas, gériatre référent de la cellule de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pour autant, impossible de les laisser mourir sans soins : il faut donc désormais organiser, dans l’urgence, leur prise en charge dans, et en dehors de l’hôpital.

Lire aussi  Coronavirus : des « cellules éthiques de soutien » pour aider les médecins
Afin d’« aider les équipes à “inventer” une réponse à l’urgence imposée par l’épidémie de Covid-19 », un document a été diffusé le 19 mars aux établissements de l’AP-HP. Plusieurs options sont détaillées pour organiser la prise en charge des patients incurables et leur permettre « de finir leur vie le plus sereinement possible, ou tout au moins le moins mal possible, dans ce contexte exceptionnel ». Il suggère notamment que des unités de soins palliatifs temporaires soient créées « lorsque les capacités de services de soins qui accueillent les patients atteints du Covid-19 sont mises en difficulté ».

De tels services, déjà mis en place dans certains hôpitaux, ont pour objectif d’accueillir les patients qui ne peuvent pas être réanimés, et pour lesquels un retour à la maison ou en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) n’est pas possible. Afin d’aider les soignants des services de réanimation dans leur décision de récuser un patient, des « cellules éthiques de soutien » pourront être mises en place.

« Le risque de saturer les services »
A Saint-Antoine, une dizaine de médecins seniors issus de différentes spécialités vont par exemple être mobilisés pour apporter un regard extérieur sur une décision d’arrêt des traitements et contribuer au processus collégial prévu par la loi. « Dans des situations compliquées, ça peut être bien d’avoir une espèce de “sage” vers lequel se tourner, il s’agit de ne pas laisser les médecins réanimateurs prendre seuls le
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime28.03.20 21:56

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soins palliatifs blablabla noble et digne ???
Léonetti 22 avril 2005

OU

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euthanasie suicide assisté blablabla noble et digne ???
Léonetti 22 avril 2005
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime28.03.20 22:06

au fait... la France remercie le personnel soignant à propos du coronavirus chaque soir à 20h ....
mais c'est aussi une façon de dire qu'on en a marre d'être en prison... alors que nous sommes innocents..
ANGRY2 ANGRY BING
beaucoup de bruit pour rien, çà défoule les nerfs !
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime31.03.20 18:40

Coronavirus : 17 lits pour les malades en fin de vie au CHRU Minjoz
À l’hôpital de Besançon, le rythme des décès liés au coronavirus s’accélère. Une unité de soins palliatifs « spéciale Covid », qui regroupe 17 lits au total, a été créée pour accompagner les patients sans espoir de rémission. La quarantaine de soignants mobilisés à leur chevet font preuve d’une humanité exceptionnelle, comme le détaille le Pr Régis Aubry, chef du pôle autonomie du CHRU.
Par Willy GRAFF - 29 mars 2020 à 17:45 | mis à jour à 19:40 - Temps de lecture : 5 min
|  | Vu 13913 fois

Le service des soins palliatifs du CHRU de Besançon a été totalement réorganisé, et sécurisé d'un point de vue sanitaire, pour accueillir les patients trop fragiles pour être intubés en réanimation. Photo d’illustration ER /Alexandre MARCHI

Il n’y aura pas de miracle. Alors que l’ARS constate déjà « une tension forte sur le système de santé régional », les personnes développant une forme aggravée du Covid-19 vont continuer d’affluer dans nos hôpitaux. Beaucoup repartiront chez eux en voie de guérison, ou pour les cas les plus graves, seront pris en charge en service de réanimation, sous réserve de places disponibles.

Mais pour les autres ? « Une de nos craintes, c’est de faire face à un afflux important de personnes trop vulnérables, âgées, fragiles ou malades pour se faire soigner dans la filière Covid, ou qui ne pourront pas accéder à la réanimation, car les risques encourus seraient de toute façon supérieurs aux bénéfices éventuels », résume le Pr Régis Aubry, chef du pôle autonomie du CHRU Minjoz et président de l’Observatoire national de la fin de vie.

A lire aussi
Entrées filtrées à l’Hôpital Nord Franche-Comté
Une reconfiguration totale du service des soins palliatifs
« On voit bien que certains de ces patients vont mourir. Il y a neuf jours, nous avons donc transformé notre unité de soins palliatifs en unité spéciale Covid, avec 17 lits au total. L’idée est de maintenir, même en pleine épidémie, des espaces où on peut accompagner ces personnes », explique le Pr Aubry.

Ces patients en grande difficulté, qui arrivent d’autres services hospitaliers, des Ehpad ou de leur domicile, remplissent déjà une bonne partie de l’unité.


Chef du pôle autonomie du CHRU de Besançon, le Professeur Régis Aubry est également membre du comité consultatif national d’éthique.   Photo ER /Frédéric JIMENEZ
« C’est humainement très lourd »
Une quarantaine de soignants, habillés « comme des scaphandriers », protection oblige, se relaient sans relâche à leur chevet. Si ce personnel est habitué à travailler en soins palliatifs, avec une gestion quotidienne du spectre de la mort, le coronavirus bouleverse l’ordre établi : « Il faut leur rendre hommage car c’est humainement très lourd », admet Régis Aubry.

« Nous sommes confrontés à quelque chose de particulier », prolonge-t-il, « avec des personnes qui pour certaines respiraient normalement le matin, et qui le soir sont totalement asphyxiées ». Tout est plus rapide. Plus brutal.

Le risque d'un "deuil pathologique" pour les proches

Le caractère hautement contagieux du Covid-19 a très tôt conduit la direction du CHRU Besançon à interdire toute visite de patients, à une exception près : l’unité de soins palliatifs. « Au vu des circonstances, il nous apparaissait essentiel de lever cette interdiction, dans la limite d’un proche par jour et par patient », explique le Pr Régis Aubry. Les contraintes sont élevées. Chaque visiteur doit se plier à un protocole d'hygiène très strict afin de pénétrer dans la « bulle sanitaire » aménagée autour de l’unité. Pour la famille de ces patients voués à s’éteindre, la charge émotionnelle est extrême. À la perte de leur parent, frère, sœur ou conjoint, s’ajoute parfois la culpabilité d’être possiblement responsable de sa contamination.

Hors de ces visites, tout adieu « physique » est inenvisageable. « Dans ce contexte de mort accélérée et d’un accompagnement sans visage, il existe un risque de développer ce qu’on appelle un deuil pathologique. Il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup de mots de notre part pour accompagner ces proches », précise le Pr Aubry.

Parler pour « éviter le débordement de l’angoisse »
Face à ces patients en détresse, spectateurs de leur propre agonie, il faut pourtant trouver les mots qui apaisent. Les attitudes qui rassurent. Que dire, que faire ? « La capacité qu’on peut avoir à rester calme, la capacité qu’on peut avoir à leur parler, évite le débordement de l’angoisse. Ce sont des gens qui, en tout cas, ont besoin d’un très grand accompagnement », répond le président de l’Observatoire national de la fin de vie.

L’unité de soins palliatifs sera complète d’ici quelques jours, précise le Pr Aubry. « Nous avons également renforcé les effectifs de l’équipe mobile de soins palliatifs, pour aider les acteurs des autres services du CHRU ou des Ehpad », annonce-t-il. Ces soignants aguerris seront parfois amenés, à la suite d’une décision médicale concertée, à « endormir » définitivement les patients en trop grande difficulté respiratoire. « Ce qui leur permet de ne pas sentir leur asphyxie », éclaire Régis Aubry.

Les « insuffisances du système de santé » mises en évidences
Chamboulé par l’épidémie, l’hôpital public se doit d’assurer la continuité de soins pour ses patients non contaminés. Afin de libérer l’espace nécessaire à l’unité Covid, ceux des soins palliatifs ont été redirigés vers d’autres services, voire déplacés à la clinique Saint-Vincent ou le centre des Tilleroyes.

« En voyant notamment ce à quoi étaient confrontés nos voisins alsaciens, on a tenté de se réorganiser de manière préventive pour éviter d’être submergé. Aujourd’hui, on doit gérer l’urgence, rappelle le Pr Régis Aubry, mais cette pandémie nous permet de voir les insuffisances de notre système de santé, et on tirera des leçons, notamment vis-à-vis des personnes âgées. La politique française, qui mise beaucoup sur les Ehpad, devra être largement revue pour proposer d’autres alternatives. »

Une plateforme téléphonique réservée aux personnels de santé a été mise en place.  Photo d’archives ER /Alexandre MARCHI
Une plateforme téléphonique pour les Ehpad

La perspective d’une hécatombe à huis clos dans les 7.000 Ehpad de France nourrit les plus grandes craintes des pouvoirs publics, qui préconisent désormais « l’isolement individuel » de chaque résident. « Le confinement, qui est nécessaire, peut être source en lui-même de détresses importantes, parce qu’il rompt le lien avec la vie sociale ou familiale. Le risque est particulièrement important pour les personnes présentant des troubles cognitifs. Il est donc nécessaire d’être créatif pour compenser cette rupture », alerte le Pr Aubry.

Une cinquantaine d’appels par jour
Le CHRU Minjoz tente à son échelle de prendre les devants, avec la création d'une plateforme téléphonique réservée aux professionnels de santé locaux, aussi bien libéraux que personnel des Ehpad ou d’autres établissements médico-sociaux. Au bout du fil, des spécialistes de gériatrie répondent à une cinquantaine d’appels par jour. « Il y a une forme de panique qui s’est installée. Dès que quelqu’un a de la fièvre, on se demande aussitôt quoi faire. Cette ligne apaise et permet d’aider les gens à distance », commente le Pr Aubry.
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime01.04.20 11:57

Coronavirus : attention au risque de l’euthanasie !
Publié le 30/03/2020 à 12h17 - Modifié le 31/03/2020 à 11h21
Bernard Devalois, médecin

Bernard Devalois est médecin en soins palliatifs à la maison de santé protestante Bagatelle à Bordeaux. Ancien président de la Société française de soins palliatifs (Sfap), il dirige le Centre de recherche Bientraitance et Fin de vie. Dans cette tribune, il nous met collectivement en garde contre les dérives possibles en temps de crise sanitaire majeure.

Sans jouer les Cassandre, une situation pire que la crise sanitaire actuelle est possible. Une catastrophe sanitaire se définit comme un déséquilibre massif entre les besoins nécessaires et l’offre de soins disponible. Les repères habituels de l’éthique du soin en sont bouleversés. Il faut trier entre ceux qu’on va tenter de sauver (dits « réanimatoires ») et ceux pour qui tous les moyens théoriques de sauver la vie ne seront pas mis en œuvre (« non réanimatoire »). Croire que ces critères pourraient répondre à des règles fixées par on-ne-sait-quelle autorité scientifique ou morale est parfaitement illusoire. Proportionnellement au déséquilibre entre les besoins et les possibilités, ils évoluent inexorablement. Mais il faut rappeler quelques évidences.

Les principales victimes de ce tri seront le plus vulnérables.

Les principales victimes de ce tri seront le plus vulnérables. Ce tri repose sur l’évaluation des conséquences de l’action, et pas son intentionnalité (éthique conséquentialiste). Ce tri sous-entend de privilégier l’action qui engendre plus de bien que de mal (éthique utilitariste). Et pour comparer ce qui est bien et ce qui est mal, de privilégier le meilleur intérêt de la communauté plutôt que celui des individus qui la compose (éthique communautariste). Selon la communauté prise en compte, les choix effectués sont évidemment très différents.

Dans un tel maelstrom, il faut au moins tenir sur une valeur éthique forte pour les professionnels de santé : aider les patients à ne pas « mal mourir » quand on ne peut faire autre chose. Il est aussi nécessaire de réanimer ceux qui peuvent l’être qu’accompagner ceux qui doivent l’être (éthique du juste soin). Et c’est justement le cœur du paradigme des soins palliatifs. Paradoxalement nous sommes aujourd’hui reçus et écoutés par nos collègues avec une attention que nous n’avions peut-être jamais connue. Ils veulent savoir comment faire pour soulager ces malades qui, par dizaines, présentent des détresses respiratoires voire des syndromes asphyxiques et pour lesquels on ne peut rien faire d’autre que tout faire pour soulager. « Les soins palliatifs, c’est ce qu’ils restent à faire quand il n’y a plus rien à faire », disait le docteur Thérèse Vanier à la fin des années 1960. Alors nous sommes là, avec tous nos collègues déboussolés par cette horreur. On leur explique, on leur propose des procédures, on les soutient.

Aider les patients à ne pas « mal mourir » quand on ne peut faire autre chose.

Et voilà que surgit le spectre de la pénurie des moyens nécessaires pour soulager. Le principal médicament (le midazolam) n’est pas disponible en dehors de l'hôpital. Les Ehpad qui concentrent les patients « non réanimatoires » n’en disposent pas. De nombreuses pharmacies hospitalières refusent de leur en délivrer, contrairement à la procédure légale qui l’autorise. Depuis quelques jours certains établissements n’en disposent pas en quantité suffisante et doivent avoir recours à des produits inadaptés.

J’avais proposé il y a 15 ans que soit constitué un stock stratégique de midazolam en cas de pandémie (Pandémiques n°1, oct. 2006, pp 49-50, à lire ici ). Rien n’a été fait. Pire : aujourd’hui, cette problématique n’émerge pas comme prioritaire. Faudra-t-il attendre que des soignants en souffrance, dépourvus de tout autre moyen de soulager les mourants, en viennent à céder à une tentation d'euthanasie ? On ne voudrait pas penser au personnage de Jean-Louis Trintignant dans Amour de Michael Haneke qui, faute d'autres solutions, a recours à un oreiller…
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime01.04.20 12:02


Coronavirus : attention au risque de l’euthanasie !

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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime02.04.20 16:09

Coronavirus: à Besançon, des soignants pour "accompagner" la fin de vie
Par AFP le 02.04.2020 à 08h27

L'hôpital de Besançon, en février 2013
AFP/ARCHIVES - PATRICE COPPEE
Quand il n'y a plus d'espoir ou presque, l’unité spécialisée Covid-19 créée au sein du service de soins palliatifs du Pr Régis Aubry à l'hôpital de Besançon est encore là pour "accompagner" et "apaiser" patients et proches.


Pour l'heure, 17 lits sont dédiés aux malades du coronavirus en fin de vie, mais ils pourraient être plus nombreux encore si la crise s'aggravait.

Parmi ces malades, certains étaient déjà suivis en soins palliatifs, d'autres sont des personnes âgées ou très âgées venant d'Ehpad ou de leur domicile.

Souvent immunodéprimés et présentant d'importantes comorbidités, ils sont trop faibles pour supporter une réanimation avec son cortège de soins invasifs.

"Certaines personnes âgées, fragiles, ne pourront pas bénéficier de la filière de soins Covid", constate le Pr Aubry, chef du service de gériatrie du CHRU de Besançon et président de l’Observatoire national de la fin de vie.

Mais "ces personnes doivent être accompagnées" même si cela "peut sembler moins urgent que de soigner les patients en réanimation et d'accueillir des gens en détresse respiratoire", souligne-t-il.


"La majorité vont mourir" d'autant que le virus est "très virulent" sur leurs organismes déjà affaiblis. "Mais il y a toujours une zone d'incertitude et certains peuvent aller mieux", constate encore le professeur.

Protégés de la tête aux pieds avant de pénétrer par un sas sanitaire dans cette unité entièrement confinée, une quarantaine de soignants se relaient nuit et jour au chevet des malades.

"Les professionnels passent la journée dans cet habit de scaphandrier, sans avoir à se changer à chaque fois qu’ils vont d'une chambre à l'autre, ce qui leur permet d’avoir du temps pour être proches des gens, pour contenir leur angoisse", explique le Pr Aubry.

- "Deuils pathologiques" -

"Leur présence calme et leur parole doit être de nature à apaiser", confie-t-il.

Mais la médecine est toujours là. Des techniques d'oxygénothérapie par sonde nasale et des traitements médicamenteux soulagent les malades. Dans les cas extrêmes, ils sont endormis pour ne plus souffrir, jusqu'à leur mort.

Le chef de service en est bien conscient, depuis que l'épidémie de coronavirus sévit, "pour les aide-soignants, les infirmières, les médecins, c'est compliqué".

"Même s’ils sont habitués, ils sont confrontés à une densité particulière, liée à l’augmentation de la létalité, qui n’est pas facile".

Dans ce contexte très particulier, l’unité spécialisée reçoit aussi les familles qui sont autorisées à effectuer une visite par jour, suivant un protocole sanitaire très strict dans cet espace confiné.

"Cela semblait humain et respectueux pour les patients et leurs proches. C’est très dur pour les familles de ne pas les voir malades, souffrants et morts", souligne le Pr Aubry.

Le risque, selon lui, est que les proches sombrent dans des "deuils pathologiques", surtout lorsqu'ils sont confrontés à des "situations dramatiques où tout s’accélère rapidement".

Car, explique-t-il, "il y a un besoin important de parler, de toucher, de rendre compte et de comprendre la maladie, la mort".
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MessageSujet: Re: 2020 fin de vie   2020 fin de vie - Page 2 Icon_minitime02.04.20 18:11

"Je suis sûr qu'on va y arriver"... Le message d'espoir du Pr Dellamonica, patron de la réa Covid au CHU de Nice
NICE SANTÉ CORONAVIRUS
PAR PROPOS RECUEILLIS PAR NANCY CATTAN Mis à jour le 25/03/2020 à 12:26 Publié le 25/03/2020 à 11:05
Le Pr Jean Dellamonica dirige l’unité de réanimation Covid àl’hôpital l’Archet de Nice.
Le Pr Jean Dellamonica dirige l’unité de réanimation Covid à l’hôpital l’Archet de Nice. Photo NM

Il est aux commandes à Nice de l’unité de réanimation Covid sur lequel tous les projecteurs sont braqués depuis le début de la crise. Le Pr Jean Dellamonica décrypte la situation des patients graves.
>> SUIVRE. LIVE. Confinement jour 9, 1.100 décès en France... Suivez l'évolution de la situation du coronavirus

Le Pr Jean Dellamonica dirige l’unité de réanimation Covid à l’hôpital l’Archet (service du Pr Bernardin) à Nice, structure vers laquelle ont été dirigés les premiers cas graves de coronavirus.

En préambule, vous souhaitez insister sur les différences entre formes bénignes et formes sévères ou graves.

Il est important de différencier ces deux situations. La grande majorité des cas de coronavirus s’apparentent à de grosses viroses, avec de la fièvre, des courbatures, le souffle court… Ces malades vont relativement bien. Et puis, il y a les cas graves,très minoritaires parmi l’ensemble des patients contaminés, mais susceptibles d’être en grand nombre vu l’ampleur de l’épidémie. Ces patients sont en général malades depuis une semaine. Ils ont de la fièvre, des courbatures et puis à la fin de cette première semaine, ils se dégradent fortement sur le plan respiratoire, ce qui les amène dans notre service dans un état grave, alors que leur organisme a déjà lutté plusieurs jours contre le virus. La population en réanimation n’est pas la même que celle qui est à l’extérieur sans besoin d’oxygène. D’où une dissonance dans le discours avec d’un côté « c’est juste une grippette, j’ai été un peu fatigué, je suis resté chez moi avec des courbatures » et des cas extrêmement graves tels qu’on les voit en réanimation, présentant une défaillance multi-organes : poumon,rein, cœur, foie.

Le tableau clinique des cas graves de coronavirus est-il similaire à celui que l’on observe pour d’autres infections ?

Non, il y a vraiment des particularités. Pour les autres infections, comme une pneumonie à pneumocoque par exemple, on a une phase initiale très aiguë, avec une défaillance multiviscérale. Mais si on arrive à passer le cap difficile des vingt-quatre à quarante-huit premières heures, l’état de santé progressivement s’améliore ; on arrive généralement à extuber le patient dès la deuxième semaine. Avec Covid-19, c’est différent; même si on utilise les mêmes machines de ventilation, l’hypoxémie [manque d’oxygène, ndlr]reste prolongée pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Le premier patient qu’on a eu dans le service est là depuis plus de trois semaines et on n’a toujours pas réussi à le faire respirer tout seul. En résumé, on réussit à juguler la phase initiale avec les moyens de la réanimation (ventilation, médicaments pour maintenir la tension artérielle, éventuellement dialyse), mais l’état grave dure plus longtemps.

Est-ce le système immunitaire qui se laisse dépasser ?

Il semble, en effet, qu’initialement, c’est un problème viral classique, mais que certains patients font une réponse totalement disproportionnée, soit à cause du virus lui-même, soit parce que leur système immunitaire a une défaillance pour une raison qu’on ignore. Il se produit alors une inflammation tellement importante qu’elle entraîne la défaillance des organes. C’esttrès reproductible d’un patient à l’autre et partout dans le monde ; on n’a pas l’habitude de cette stéréotypie avec les autres virus.

Ces observations ouvrent-elles des pistes de traitements ?

Elles posent en tout cas des questions importantes : faut-il des traitements capables d’empêcher le virus d’entrer dans les cellules et/ou d’aider les cellules à le tuer ? Ou faut-il des traitements qui modifient l’inflammation du patient ? Il y a beaucoup de recherches sur ces sujets pour essayer de comprendre exactement ce qui se passe. On n’est pas strictement dans la lutte contre un pathogène qu’on essaye de tuer ou d’éliminer. On cherche aussi à comprendre comment aider le patient à lutter. Il faut pour cela qu’on progresse dans la compréhension de cette réaction inflammatoire. Ensuite on pourra proposer et utiliser des traitements adaptés.

On parle beaucoup des facteurs de risque : obésité, cancer en cours de traitement, maladies pulmonaires, coronariennes, etc. Est-ce le cas de vos malades ?

On se serait effectivement attendu à avoir des patients très graves parce qu’ils ont des comorbidités connues. Or, jusqu’à présent, on n’a pas ce type de patients dans le service. Nos patients n’ont pas forcément des comorbidités importantes ni ne sont très âgés. On a plusieurs patients jeunes (moins de 50 ans), qui ne prennent aucun médicament, sont peut-être hypertendus mais ça n’en fait pas une comorbidité majeure. Ceux qui sont un peu plus âgés ont les comorbidités habituelles liées à leur âge : un peu d’hypertension artérielle, du diabète… mais rien de majeur non plus.

Donc aujourd’hui, vous ne saurez dire pourquoi ces gens-là ont développé une forme sévère ?

Non. On n’a pas de profil type. Est-ce qu’il y a quelque chose chez eux qui a favorisé l’emballement de la maladie, pour l’instantje ne peux pas répondre à cette question. On pourra le faire a posteriori, quand on aura pu analyser et comparer avec une population plus large ; de nombreuses recherches sont menées au CHU et partout dans le monde, j’espère que nous pourrons rapidement apporter toutes ces réponses.

Comment les réanimateurs prennent-ils en charge les patients graves ?

L’objectif de la réanimation – et ça c’est valable pour toute situation – c’est d’aider à passer un cap aigu grâce à la ventilation artificielle et aux autres techniques de suppléance. C’est très lourd, il faut éviter de contaminer les équipes, il y a un habillage qui est très important, etc. Et une fois qu’on a fait ça, la prise en charge est symptomatique ; on traite les problèmes au fur et à mesure qu’ils se présentent et en essayant de ne surtout pas aggraverles choses avec nos traitements. Le malade va mal, il a des défaillances et l’objectif c’est d’arriver vite à passer ces défaillances pour que le temps pendantlequel il est endormi, où il ne respire pas tout seul, ne bouge pas, dure le moins longtemps possible, pour qu’il ait perdu le moins de muscle possible, et puisse être rapidement remis sur pied.

D’où vos inquiétudes avec les hospitalisations prolongées dans le cas du Covid-19 ?

Comme ça dure longtemps, et même si on essaie de lutter au maximum contre cette fonte musculaire, la pente est ensuite difficile, en effet, à remonter: on a perdu beaucoup de muscle, ça accroît les difficultés pour se remettre à respirer seul, se remettre au fauteuil, etc. On s’attend à avoir des patients qui vont avoir besoin d’une réhabilitation, elle aussi prolongée, pour pouvoir reprendre une vie normale. Donc il est certain que, meilleur était l’état général avant cet épisode terrible, plus grandes sont les chances de récupérer.

Votre service est-il plein aujourd’hui ?

Quasiment. On garde une place pour accueillir en urgence des patients hospitalisés en infectiologie et dont l’état se dégraderait.

Tous les patients graves même âgés, seront-ils hospitalisés en réanimation ?

La très grande difficulté, comme je l’ai dit, est qu’on s’attend à avoir des durées d’hospitalisation très longues ; si le patient n’a pas la capacité de les tolérer, on ne le prendra pas en réanimation. En fait,tout ça est très simple et répond parfaitement à la loi Leonetti-Claeys et le refus de l’obstination déraisonnable : on n’impose pas aux patients et aux familles des soins s’ils n’ont pas de chance d’aboutir. Mais, l’âge n’est pas forcément un critère. Il y a beaucoup d’études qui montrent qu’on peut tout à faire faire de la réanimation chez une personne d’un âge avancé mais parfaitement autonome et avec un score de fragilité très faible.

Parviendrez-vous à éviter le débordement ?

Je l’espère. L’expérience de nos collègues italiens, de Strasbourg ou Mulhouse nous a permis de réfléchir en amont. Les 10/15 jours qu’on a eus en plus, nous ont vraiment permis de travailler beaucoup avec les hôpitaux, les cliniques privées. Il y a eu des cellules de crise qui se sont organisées à différents niveaux. On a des lits, on n’est pas saturé et j’espère que le confinement qu’on vit depuis une semaine va permettre de diminuer la hauteur de la vague. En revanche, il faut qu’on comprenne vite comment fonctionne cette maladie parce que, lorsqu’on sortira du confinement, ceux qui n’ont pas été contaminés pourraient tomber malades. Je crains une deuxième vague après la fin du confinement. Il faut que la recherche avance vite et bien, et qu’on arrive à avoir des réponses scientifiques et pas dogmatiques. Avec un niveau de preuve important pour pouvoir proposer des médicaments à nos concitoyens.

Pour l’instant, la montée en charge de vos lits correspond à ce que vous aviez prévu ?

Parfaitement. On avance et on fait évoluer ensemble le dispositif. Il y a une grande solidarité partout, le public, le privé, les hôpitaux généraux, donc j’espère qu’on va y arriver. Je suis plus inquiet pour les patients et les collègues qui sont en Corse, où il n’y a pas beaucoup d’hôpitaux, et pour les zones où il y a beaucoup de patients.

Vous n’avez donc pas peur ?

Non. Ce n’est pas de l’angélisme mais de toute façon, même si on a peur, il faut faire notre maximum et je ne veux pas me dire qu’on ne va pas y arriver. Je suis sûr qu’on va y arriver parce qu’on va mettre le paquet et que tout le monde sera là pour aider.
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Ehpad : «Il faut agir vite, la situation est tendue et douloureuse»
Par Eric Favereau — 29 mars 2020 à 19:39
Un Ehpad à Paris, le 25 mars. Photo Gonzalo Fuentes. Reuters
Ce week-end, la situation dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes est de plus en plus tendue : les soignants ont besoin de renforts pour s'occuper des patients et adoucir la fin de vie en l'accompagnant et en la soulageant.
 Ehpad : «Il faut agir vite, la situation est tendue et douloureuse»
C’est évidemment le plus triste. Et le plus lourd : ne pas pouvoir accompagner correctement la fin de vie, ne pas pouvoir ni soulager ni tranquilliser la personne, faute de médicaments mais aussi faute de personnel. Révoltant pour Pauline Rabier-Lebrun, gériatre à l’hôpital universitaire du Kremlin-Bicêtre, à l’ouest de Paris. Elle se démène avec force : «C’est pour cela que l’on a mis en place une hotline. Aussi pour lancer cet appel aux bénévolats, via la plateforme Renfort-Covid, un appel aussi aux médecins en retraite quand il y en a besoin, la nuit, pour aider et faire éventuellement une injection et être présent. Sur les 19 Ehpad que je coordonne, il y en a seulement 6 qui ont une infirmière la nuit.»

Que faire ? Comment éviter de laisser ainsi les gens mourir dans l’indignité ? Pauline Rabier-Lebrun a en charge une unité de gériatrie aiguë. Depuis quinze jours, c’est une course contre la montre. «Dans mon secteur, raconte-t-elle. Il n’y a pas d’équipe mobile. Il a fallu tout mettre en place. Au début, c’est le personnel des Ehpad qui tombait malade. Il n’y avait pas de masques, peu de matériel. Il fallait s’occuper d’eux. Puis la semaine suivante, ce furent les résidents.» Une chaîne implacable de contamination, alors même que toutes les visites sont interdites.

«Gérer les choses du quotidien»
«A l’hôpital, il y a dix jours nous avions de la place et on pouvait si besoin hospitaliser les plus fragiles. Maintenant, c’est difficile. On évalue, on arrive encore à prendre les patients qui s’aggravent dans notre service de gériatrie, et on n’a pas encore beaucoup de décès, mais cela arrive», raconte la gériatre. A Bicêtre, il y a 38 lits de gériatrie, bientôt 5 de plus. Ce week-end, 34 étaient occupés par des personnes âgées infectées.

Cela va déborder. Et les digues sont à construire au plus vite. «Il faut trier les infos, il faut des médicaments, il faut surtout gérer les choses du quotidien, poursuit la Dr Ravier-Lebrun qui s’appuie sur ce qui s’est passé dans l’est de la France. L’expérience de nos collègues de Strasbourg nous a montré qu’ils n’ont pas pu hospitaliser les résidents, et que donc certains allaient mourir dans leur Ehpad. C’est ce qui se va se passer en Ile-de-France. Il faut de toutes urgences s’y préparer, trouver des volontaires pour aller, la nuit, dans ces établissements. Aider les gens à mourir. On doit bien ça à ces personnes seules, sans proches, ni famille.» Elle ajoute : «C’est très dur pour le personnel. Beaucoup d’entre eux sont angoissés, en arrêt de travail. Dans les 19 Ehpad, il manque de tout. Ou presque. Ainsi, dans l’un, c’est la directrice qui s’occupe de la lingerie, l’employée étant malade. Dans un autre, sur 80 résidents, 40 sont infectés.» Elle se souvient : «Et dire qu’il y a quinze jours, il n’y avait pas un cas. On va vers une hécatombe. Tous ne vont pas mourir, il faut le dire aussi, ce n’est pas parce que vous êtes vieux, dans un Ehpad et infecté, que vous allez forcément mourir.»

«Les familles sont à bout»
Comme se sentent les résidents ? «Ils sont parfois très angoissés ou assez détachés, cela dépend, raconte la Dr Ravier-Lebrun. Mais les familles sont à bout, angoissées, elles sont à l’extérieur, elles ne peuvent pas venir le soir. On essaye de monter des Skype, là aussi on a besoin de bénévoles.»

Le défi est immense. A cela vient s’ajouter une lourdeur typiquement française : l’Hypnovel (ou Midazolam, un médicament qui permet d’accompagner le plus doucement possible une agonie), n’est pas disponible pour les Ehpad, la réglementation tardant à évoluer en dépit d’affaires récentes (1). «Il y a d’autres protocoles certes, avec des produits comme le Rivotril et le Valium, et à présent on fait avec. Mais encore faut-il qu’il y ait des médecins qui puissent faire la prescription puis l’injection, puis accompagner.»

«Dans la débrouille»
Ce week-end, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé que les résidents des Ehpad ne devraient désormais plus sortir de leur chambre. Un confinement maximum, mais qui ne peut suffire pour répondre aux multiples urgences. «Au Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), nous recevons beaucoup d’appels angoissés et angoissants qui concernent les conditions de la fin de vie en Ehpad», insiste sa présidente, la Dr Véronique Fournier, qui amplifie le discours du Dr Ravier-Lebrun. «Il faut agir vite. La situation est tendue et douloureuse. Les équipes mobiles de gériatrie appellent d’un peu partout à l’aide, elles sont débordées par les multiples appels angoissés qui leur parviennent depuis les Ehpad dont elles sont le référent hospitalier. Elles nous le disent : pas d’Hypnovel ni de morphine disponible, personne pour les prescrire et encore moins les injecter, personne pour surveiller que la posologie soulage efficacement le patient ou vite l’adapter sinon, personne non plus pour rester auprès du patient et prévenir les proches.» Elle ajoute : «Les difficultés sont les mêmes dans les lieux qui ont en charge des personnes lourdement handicapées : une directrice de maison d’accueil spécialisée, ayant 80 tétraplégiques à demeure, s’inquiète de n’avoir aucun moyen à disposition, ni en médicaments, ni en personnel, si le Covid-19 venait à s’installer chez elle.»

Le sentiment parfois d’un barrage contre le pacifique. «La réponse, bien sûr, se construit au cas par cas, dans la débrouille et avec les solidarités locales», analyse la Dr Fournier. Reste néanmoins une inconnue : vu les circonstances, la réglementation ne devrait-elle pas bouger ? L’Hypnovel ne pourrait-il pas être bientôt disponible en ville et en Ehpad, comme l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn l’avait d’ailleurs promis ? Pour la présidente du CNSPVF, «il est crucial qu’il le soit vite, car cela transforme vraiment les conditions de confort des personnes en état de détresse respiratoire. L’heure est à ce que tous les soignants apprennent, par compagnonnage, les gestes minimums d’un accompagnement palliatif de qualité. Tant pis, s’ils n’ont pas été formés explicitement à cela. Il est plus important pour un patient d’être accompagné à mourir avec les bons médicaments et l’aide d’un soignant plutôt que d’être laissé seul, faute de médecin spécialiste».

(1) Début janvier, un médecin généraliste près du Havre a été mis en examen, simplement pour avoir prescrit le Midazolam, une molécule réglementairement réservé aux médecins hospitaliers, à des patients agoniques.
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Coronavirus : Non, un décret du gouvernement ne vient pas de « légaliser l’euthanasie »
FAKE OFF Les critiques fusent contre un décret accusé de « légaliser l’euthanasie » en permettant aux médecins de prescrire du Rivotril à certains patients atteints du Covid-19.

Alexis Orsini
Publié le 04/04/20 à 17h59 — Mis à jour le 04/04/20 à 18h13

Un lit d'hôpital. (illustration)
Un lit d'hôpital. (illustration) — Pixabay
L’euthanasie, interdite en France, aurait été légalisée en toute discrétion par un décret du gouvernement en date du 28 mars. Du moins si l’on en croit une accusation relayée sur les réseaux sociaux.
Celle-ci affirme en effet que la possibilité donnée aux médecins de recourir au médicament Rivotril pour des patients atteints du Covid-19 « dont l’état clinique le justifie » reviendrait à autoriser leur euthanasie.
Loin d’autoriser l’euthanasie de ces patients, le décret prévoit en réalité d’apaiser les souffrances de ceux qui ne feront pas l’objet d’une réanimation après décision collégiale. 20 Minutes fait le point avec plusieurs spécialistes.
Alors que le confinement se poursuit, en France, pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, le gouvernement a-t-il adopté dans la plus grande discrétion un décret permettant d’euthanasier des personnes atteintes du Covid-19 ?

C’est ce qu’a affirmé le député (UDI) Meyer Habib dans un tweet publié le 2 avril : « On donne le permis légal d’euthanasier en France ! Décret du 28/03, le Rivotril, passeport pour la mort douce, est en prescription libre pour 15 jours […] C’est moralement insoutenable ! même pour soulager la souffrance. La vie c’est l’espoir ! J’écris à Olivier Véran ».


Meyer Habib
✔
@Meyer_Habib
On donne le permis légal d'euthanasier en France!
Décret du 28/03 le #Rivotril, passeport pour la mort douce, est en prescription libre pour 15 jours #COVID19  
C'est moralement insoutenable! même pour soulager la souffrance. La vie c'est l'espoir!
J'écris à @olivierveran

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12:10 - 2 avr. 2020
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822 personnes parlent à ce sujet
Depuis, qu’il s’agisse de posts Facebook, de vidéos ou d’articles sur le blog de Mediapart, l’affirmation est reprise par de nombreux internautes dénonçant ce « scandale ».

Or, si un décret sur le Rivotril a bien été adopté le 28 mars, il ne légalise pas l’euthanasie, qui reste interdite en France – la dernière loi sur ce sujet, adoptée en 2016, prévoyant seulement un « droit à la sédation profonde et continue » pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme.

FAKE OFF
Le décret du 28 mars permet, jusqu'au 15 avril, « la dispensation du Rivotril par les pharmacies d’officine » uniquement pour les « patients atteints ou susceptibles d’être atteints par le virus SARS-CoV-2 dont l’état clinique le justifie sur présentation d’une ordonnance médicale portant la mention “Prescription Hors AMM dans le cadre du Covid-19”. »

Le texte précise en outre que le médecin délivrant cette ordonnance doit « se conforme [r] aux protocoles exceptionnels et transitoires relatifs, d’une part, à la prise en charge de la dyspnée [gêne respiratoire] et, d’autre part, à la prise en charge palliative de la détresse respiratoire, établis par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs [SFAP] et mis en ligne sur son site. »

« Le clonazépam (Rivotril) sous forme injectable est un produit nécessaire pour faire face à certaines situations critiques pouvant se présenter, comme la détresse respiratoire. Il est plus adapté que d’autres médicaments semblables comme le Valium », précise à 20 Minutes le professeur Claude Jeandel, président du Conseil national professionnel de gériatrie.

« Le Rivotril n’est pas du tout utilisé pour précipiter le décès »
« Sa mise à disposition par ce décret vise à apaiser la souffrance et l’angoisse des patients concernés. On fait appel à ses propriétés d’anxiolytique pour apaiser l’anxiété, ce n’est pas du tout pour précipiter le décès. Dès lors qu’on fait face à une situation de fin de vie, il améliore le confort de celle-ci », poursuit le spécialiste.

« Le Rivotril est un sédatif surtout connu pour le traitement des acouphènes que les médecins n’avaient plus le droit de prescrire sans l’accord d’un neurologue par crainte des dépendances possibles », ajoute Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France (FMF).

Sur son site, la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF) confirme que cette prescription désormais accessible à tout médecin vise uniquement « la prise en charge palliative des patients confrontés à un état asphyxique et ne pouvant être admis en réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise ».

« La détresse respiratoire, c’est comme une noyade, c’est horrible à vivre et donne lieu à des moments d’atroce souffrance. Le Rivotril est un anxiolytique puissant de la famille du Lexomil, qui permet au patient en détresse respiratoire d’avoir un accompagnement pour enlever cette anxiété morbide. Ce n’est pas un médicament qui provoque la mort mais il permet d’éviter cette souffrance », abonde le président de la FSPF, Philippe Besset.

Contactée par 20 Minutes, la Direction générale de la Santé (DGS) confirme que le but du décret est « d’améliorer l’accompagnement des soins palliatifs, y compris hors des hôpitaux, en Ehpad par exemple, où les médecins n’avaient pas accès au Rivotril » et que sa prescription est prévue pour « permettre d’améliorer [la] fin de vie » des « patients pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise ».

Des craintes soulevées sur le risque d’« une décision prise à titre individuel »

Si le texte du 28 mars définit donc bien le cadre restrictif dans lequel le Rivotril peut être utilisé en pleine épidémie de Covid-19, Jean-Paul Zerbib, président de l’Union Nationale des Médecins Salariés pour la CFE-CGC, souligne que « ce type de décret n’est pas habituel, d’autant plus dans un moment où l’on anticipe un nombre considérable de patients dont l’état va se détériorer. »

« Si l’état du patient est déjà extrêmement grave, [le recours au Rivotril] n’est pas de l’euthanasie. Mais le risque que pose ce décret, et la question qui est posée par certains, c’est de savoir si le décret ne risque pas d’organiser l’accompagnement vers la fin de vie pour des personnes ne pouvant être soignées par manque de place, généralement des personnes âgées ou en comorbidité ? Je ne le vois pas comme ça et je ne pense pas que les médecins qui seront confrontés à ces cas le verront comme ça », poursuit le spécialiste.

Avant de pointer du doigt les dérives qu’il redoute au cours de la situation sanitaire hors-norme traversée en ce moment : « Mais dans les unités de soins palliatifs, la décision d’accompagner vers la fin de vie par des sédatifs, les patients sans espoir d’amélioration est collégiale et toujours avec consultation de la famille, elle ne peut pas être prise seule. Le décret ne mentionne pas la famille, et ma crainte c’est qu’il laisse des médecins généralistes, le personnel en charge des soins à domicile pour personnes âgées dépendantes ou encore les médecins d’Ehpad seuls dans la prise de décision. Il faut associer les familles et que les médecins – débordés en ce moment – consultent des communautés de soignants pour éviter que la décision ne soit prise à titre individuel. »

« La décision est prise de manière anticipée et collégiale »

Toutefois, la collégialité de la décision fait bien partie des prérequis mentionnés dans les propositions de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs auxquelles renvoie le décret, comme le souligne auprès de 20 Minutes Frédéric Guirimand, professeur associé de médecine palliative et coauteur de ce document : « Ces fiches précisent bien que ces propositions concernent uniquement les patients pour lesquels une décision collégiale de limitation de traitement a été prise, excluant de les placer en réanimation. »

« Au vu de la situation, et du fait que les patients peuvent s’aggraver en quelques heures, avec risque d’asphyxie parfois très rapide, la décision ne peut pas être prise quand celle-ci survient. Elle est donc prise de manière anticipée et collégiale, par le médecin traitant avec le médecin coordinateur en Ehpad, avec si possible l’aide d’une équipe soins palliatifs ou gériatriques et la famille est évidemment consultée et informée à ce moment-là. Cela permet de s’assurer que l’infirmière a le médicament à disposition au moment où l’asphyxie survient, afin de l’administrer et d’éviter des souffrances au patient », poursuit Frédéric Guirimand.


Et le spécialiste de rappeler à son tour que « les patients en détresse respiratoire asphyxique concernés, vont décéder du Covid-19 : l’injection du Rivotril n’est pas du tout létale, elle permet juste d’éviter la perception insupportable de l’asphyxie. » De son côté, la Direction générale de la Santé souligne enfin que « l’accès [au Rivotril] sera couplé à un renfort de personnels pour en assurer la bonne utilisation ».
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Fin de vie : face au Covid-19, les soins palliatifs aussi sur le front
Fin de vie : face au Covid-19, les soins palliatifs aussi sur le front
(Illustration François Destoc)

Certains patients atteints de formes graves du Covid-19 ne peuvent bénéficier de la réanimation. Les soins palliatifs sont là pour soulager la fin de vie de ces patients.
Solidarité coronavirus Bretagne
« Ce n’est pas parce qu’on est dans une période centrée sur les urgences qu’il faut oublier l’humanité ». Les spécialistes des soins palliatifs sont eux aussi sur le front face à l’épidémie galopante de coronavirus pour tenter d’éviter toute « submersion ».

Pour ces soignants chargés de soulager les personnes atteintes de formes sévères de Covid-19, confrontées à l’angoisse, la douleur et l’asphyxie, et qui ne pourront pas bénéficier de la réanimation, l’enjeu est de tirer les enseignements de ce qui s’est passé en Alsace, région très touchée.

Les dernières infos sur le coronavirus
À Mulhouse, notamment, les équipes n’étaient pas préparées à l’arrivée massive de patients, dit à l’AFP le Pr Régis Aubry, ancien président de la Société française de soins palliatifs (SFAP), qui travaille dans une unité d’un CHU de la région Bourgogne Franche Comté.

Du coup, la SFAP, en concertation avec d’autres spécialistes (gériatres, réanimateurs, pneumologues…) se mobilise pour aider et former les collègues soignants.

Pour certains patients, la réanimation peut relever de l’acharnement thérapeutique : « Faire du tri ? C’est ce que font les réanimateurs de tout temps », rappelle le Pr Olivier Guerin, président de la société française de gérontologie et de gériatrie (SFGG).

Assurer un « apaisement »
Ainsi, avant même l’ère du Covid-19, pour certaines maladies chroniques, comme « des insuffisances respiratoires graves (…) on sait que la réanimation n’est pas bénéfique au long cours, on va les faire souffrir pour rien », estime le Dr Thibaud Soumagne, réanimateur au CHU de Besançon, qui est aussi pneumologue. Dans cet hôpital, comme ailleurs, une unité de soins palliatifs Covid-19 a été créée.

Mais si les besoins en réanimation venaient à dépasser très largement l’offre disponible du pays, des gens qui auraient pu en bénéficier risquent d’en être privés.

Quoi qu’il arrive, les démarches thérapeutiques proposées à l’ensemble des établissements de santé et médicosociaux mais aussi à domicile, dans le cadre de l’épidémie, n’ont pas pour but l’euthanasie, rappelle la SFAP, qui a émis des propositions et fiches conseils thérapeutiques d’urgence à l’attention des endroits concernés par la saturation des hôpitaux ou qui risquent de l’être bientôt.

Le but est « d’assurer aux patients les plus sévèrement atteints un apaisement de leurs souffrances » en cas de difficultés ou de détresse respiratoires.

À lire sur le sujet
Coronavirus : cinq nouveaux décès et 52 nouveaux cas en Bretagne
Toutefois, avec « la pénurie de midazolam (Hypnovel) pour endormir, le manque de morphine qui semble s’installer ainsi qu’en pousse-seringues » électriques, le Dr Bernard Devalois, médecin en soins palliatifs à la maison protestante de Bagatelle à Bordeaux met en garde contre « la tentation d’euthanasie » que pourraient ressentir des soignants en Ehpad, face à des résidents plongés dans des souffrances horribles comme l’asphyxie.

Bernard Devalois déplore à ce titre « l’absence de stock stratégique de midazolam » qu’il affirme avoir « proposé de constituer, il y a quinze ans, en cas de pandémie ».

« Prise en charge digne »
La morphine pour soulager la douleur et les difficultés respiratoires (dyspnée), le midazolam (Hypnovel) pour la sédation (endormir) et un médicament contre l’encombrement bronchique, associés, servent à adoucir la fin de vie, selon la SFAP. À défaut d’Hypnovel, d’autres produits injectables comme le Valium ou encore le Rivotril, sont envisageables mais « c’est une procédure dégradée », juge le Dr Devalois.

Les symptômes respiratoires sont très anxiogènes. Les anxiolytiques améliorent le confort du malade. Certains par voie orale sont utiles, mais ne peuvent plus être utilisés au stade ultime de la détresse respiratoire. Au stade d’asphyxie, l’urgence est alors de mettre en œuvre la sédation profonde très rapidement, préconise le Dr Devalois.

Les Agences régionales de santé (ARS) devraient demander aux pharmacies hospitalières de livrer des stocks suffisants des médicaments nécessaires aux Ehpad et aux petits hôpitaux, suggère-t-il.

Le Pr Claude Jeandel, président du Conseil national professionnel de gériatrie a réclamé au ministre de la Santé l’accès aux médicaments recommandés par la SFAP « pour une prise en charge digne de la détresse respiratoire asphyxique des très nombreux résidents ne relevant pas d’une hospitalisation qui décéderont en Ehpad ».

Le modèle actuel n’est pas adapté à la prise en charge structurée des personnes vieillissantes et malades chroniques en ville, constate pour sa part le Pr Guérin, faute selon lui, dans certains Ehpad, de médecin coordinateur, habilité à prescrire en situation d’urgence, et d’infirmière de nuit.
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