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 Pastorale de la Santé

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MessageSujet: Pastorale de la Santé   09.10.11 17:26

Coup de colère de l'aumônerie catholique des hôpitaux

L'aumônerie catholique ne participera pas à la rencontre des aumôniers de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris, vendredi 11 février. En cause, les menaces sur les locaux de l'aumônerie catholique, et les postes prévus pour elle




L'initiative était attendue, et la première rencontre organisée par l'Assistance publique des hôpitaux de Paris sur la place des aumôniers à l'hôpital devait faire date. «Ne voulant pas cautionner une manière de faire qui aboutit à traiter l'aumônerie catholique comme une réalité marginale», les évêques des diocèses d'Île-de-France ont pourtant décidé de retirer la participation des représentants de l'aumônerie catholique à cette rencontre. Ils l'ont fait savoir dans un communiqué daté du 21 janvier 2011.

«Plusieurs points doivent être éclaircis, explique Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris, qui a rencontré lundi soir 7 février des responsables de l'AP-HP. Depuis quelques années, nous constatons des signes de fragilisation, avec une diminution des lignes budgétaires, des suppressions de postes, ou une réelle difficulté à négocier une réévaluation. Dans le même temps, les autres confessions religieuses bénéficient d'une ouverture de ligne budgétaire, sans activité correspondante. Or à Paris par exemple, pour 33 aumôniers, prêtres ou laïcs rémunérés, près de 13 équivalents plein temps sont pris en charge par l'AP-HP, un peu plus de 10 par le diocèse. Nous estimons donc pouvoir demander un suivi des lignes budgétaires.»

Outre cet aspect financier, les évêques d'Île-de-France dans les diocèses desquels se trouvent des hôpitaux de l'AP-HP s'inquiètent de la tendance à vouloir transformer les oratoires en lieux multireligieux, comme à Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) ou Antoine-Béclère (Clamart).

Refus d'un alignement des religions


«Comme le prévoit la circulaire du 20 décembre 2006, nous voulons défendre qu'un lieu dédié au culte catholique le demeure», explique Mgr de Dinechin, qui reconnaît que cette position traduit «un changement de discours».

«Jusqu'à présent, précise-t-il, nous n'avions pas été amenés à défendre la spécificité de l'aumônerie catholique (visites aux malades au nom de la communauté, geste de l'onction des malades, apport de l'eucharistie). Or, depuis deux ou trois ans, les aumôniers d'hôpitaux et les délégués à la pastorale de la santé nous font part de leur malaise face à des décisions prises, qui méconnaissent les droits et le rôle de l'aumônerie catholique. Ils le disent en des termes différents selon leur sensibilité, mais la demande de redéfinition est la même. Elle va de pair avec un refus d'un alignement des religions.»

L'AP-HP déplore évidemment la décision des évêques. «Nous sommes d'autant plus désolés, explique Marjorie Obadia, directrice adjointe des affaires juridiques et des droits du patient, que la journée est placée sous le signe du droit des patients. C'est la première fois que l'AP-HP organise une journée d'information, de dialogue et de réflexion qui rassemble tous les aumôniers, salariés et bénévoles, pour échanger sur leurs pratiques et la conception de leur rôle, propre à chaque culte, en présence de différents acteurs de l'hôpital, personnels médicaux et administratifs.»

«Décisions abruptes»


Ce n'est pourtant pas en vain que les aumôniers catholiques seront absents de l'auditorium de l'hôpital européen Georges Pompidou où se tiendra la rencontre. Les responsables de l'AP-HP reconnaissent aujourd'hui des «maladresses», et la nécessité de «renouer le lien» pour s'expliquer, mais aussi pour mettre sur pied de nouveaux projets, par exemple autour de la prise en compte des personnes hospitalisées à domicile, proposée par Florence Derumez, responsable diocésaine de service des aumôneries des hôpitaux de Paris. Un rendez-vous entre Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et la directrice de l'AP-HP devrait bientôt être fixé.

Reste que les problèmes posés par les évêques dépassent les frontières de l'Île-de-France. Depuis trois ans, Anne Humeau, responsable de l'aumônerie catholique des établissements de santé de la Conférence des évêques, alerte le ministère sur les décisions de conseils d'administration d'hôpitaux qui remettent ici ou là en question la prise en charge de postes d'aumôniers, profitent des renouvellements des postes pour les réévaluer.

«Dans certains cas, précise-t-elle, les décisions sont tellement abruptes qu'elles prennent au dépourvu des aumôneries qui disposent depuis toujours d'un poste salarié, dont l'investissement et l'apport sont reconnus.» Les raisons invoquées sont toujours les mêmes : réorganisation et regroupement des hôpitaux, contraintes budgétaires, nominations d'aumôniers musulmans et israélites.

Chacun a conscience que les choses sont en train de bouger

Anne Humeau s'interroge également sur l'égalité des rémunérations des aumôniers, quand certains n'ont ni la même expérience, ni le même investissement que les catholiques qui travaillent bien au-delà de leur temps salarié. « Est-ce que la justice, c'est le plus petit dénominateur commun­ ?», demande-t-elle.

Même dans les hôpitaux où l'aumônerie catholique est appréciée, soutenue, chacun a conscience que les choses sont entrain de bouger. Exemple à l'hôpital Saint-Louis. L'aumônerie catholique est installée dans la sacristie qui jouxte la chapelle. Placée sous la responsabilité de Catherine de Préville, salariée à mi-temps, épaulée par le P. Matthieu Villemot, prêtre du diocèse de Paris, elle compte une douzaine de bénévoles dont un diacre permanent, un prêtre étudiant, trois séminaristes.

Les aumôneries catholiques, protestante et musulmane se partagent par ailleurs une petite salle à l'étage de l'ancien hôpital, malheureusement peu accessible aux malades, où ils peuvent à des horaires différents, recevoir les familles. C'est là également que l'aumônier musulman fait sa prière. En revanche, elle n'est pas utilisée par le rabbin, qui a d'ailleurs très peu de contact avec les autres aumôniers.

«Une obligation» d'être solidaire


«Notre coopération avec l'ensemble de l'hôpital est excellente», affirme Catherine de Préville, qui veille particulièrement à la formation et au suivi des bénévoles, et qui n'a pas vu son poste modifié depuis son arrivée en 2007.

«Notre équipe étant de loin la plus nombreuse et la plus présente, ajoute le P. Villemot, c'est très souvent nous qui signalons aux autres aumôniers un patient. Nous avons accès à la plupart des services, avec leur accord ou à leur demande. Outre les demandes spécifiquement catholiques, nous offrons aux patients qui le souhaitent un accompagnement fraternel sans connotation sacramentelle, un temps d'écoute et de conversation gratuite.»

Heureux d'accomplir dans de bonnes conditions sa mission, le P. Villemot, à qui la direction de Saint-Louis avait proposé de témoigner lors de la rencontre organisée par l'AP-HP, a néanmoins compris la position des évêques d'Île-de-France, et s'est fait «une obligation» d'être solidaire.

«L'aumônerie n'est pas une priorité»


Catherine de Préville est sur la même ligne. Ils s'en sont expliqués avec la direction de l'hôpital, qui a compris. Mais qui ne cache pas que, même à Saint-Louis, et malgré l'intégration des aumôniers dans le tableau des emplois, chaque décision doit être longuement pesée.

«L'aumônerie participe à la prise en charge des patients dans leur globalité, explique Fabienne Salembien, à la direction de Saint-Louis, et responsable de la communication et du partenariat associatif. L'aumônerie catholique est appréciée pour l'accompagnement qu'elle propose, mais aussi pour sa discrétion, son intervention à bon escient qui tient compte des contraintes des services. Le directeur du groupe l'a redit au moment des voeux. Mais à l'heure où les hôpitaux font des efforts très importants pour être à l'équilibre financier, où sont mis en oeuvre des regroupements, où on cherche désespérément des mètres carrés, l'aumônerie n'est pas une priorité.»





Martine de SAUTO (Journal La Croix)
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