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 La mort n'est plus ce qu'elle était

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MessageSujet: La mort n'est plus ce qu'elle était   La mort n'est plus ce qu'elle était Icon_minitime04.07.12 0:09

La mort n'est plus ce qu'elle était

Jamais la vie n'a été aussi longue, c'est un fait. Mais avons-nous vraiment mesuré les problèmes que pose à terme cet allongement de l'espérance de vie ? Sommes-nous d'ailleurs bien certains de notre définition de la mort ? Et enfin, comment inhumer écolo ?

C'est vrai que la mort n'est ni un sujet neuf, ni même très sexy. Mais l'idée m'est venue en lisant un dossier passionnant, paru dans l'hebdomadaire britannique New Scientist. Un dossier qui s'appelle "Tromper la mort". Par exemple, savez-vous qu'à la fin de votre lecture de cette chronique, qui va prendre cinq minutes, 535 personnes seront décédées et qu'au cours d'une vie d'homme (ou de femme, bien sûr) près de 4 milliards d'êtres humains seront passés de vie à trépas. Mais revenons à New Scientist. Si le dossier s'appelle "Tromper la mort", c'est parce que jamais, depuis environ deux cents ans, l'espérance de vie humaine n'avait été si élevée (dans les pays développés bien entendu). Tous les ans, nous gagnons 2,2 années d'espérance de vie. Ça veut dire cinq heures de vie supplémentaires tous les jours. Du jamais-vu dans l'Histoire.

On est donc parvenu à repousser la mort. Le problème, explique l'hebdomadaire, c'est la vie qui va avec. Car si l'espérance de vie augmente spectaculairement, l'espérance de vie en bonne santé, elle, n'a que très peu progressé. Autrement dit, nous vivons plus vieux mais aussi beaucoup plus longtemps en mauvaise santé. Du coup, des maladies qui étaient exceptionnelles lorsque l'humanité mourait jeune deviennent notre lot commun. Par exemple, on sait que près de la moitié des plus de 85 ans souffriront d'Alzheimer. On sait aussi qu'au-delà de cet âge avancé un quart de ceux qui échappent à cette terrible maladie auront une dépression grave. On sait enfin que les trois quarts des plus de 80 ans souffrent d'un handicap ou d'un autre.

On pourrait dire : ça ira mieux demain, la science et la médecine trouveront le moyen d'arranger ça. Pas sûr ! Car – et c'est toujours New Scientist qui l'explique – les compagnies pharmaceutiques ont un intérêt évident à soigner mais pas forcément à guérir. En clair, un patient guéri n'achète plus de médicaments, alors qu'un malade chronique, lui, dépense encore et encore et encore… Bon, mais à la fin tout le monde y passe quand même. Eh bien, ce n'est plus si sûr non plus. En mai prochain, des centaines de neurologues du monde entier se réuniront à Cuba, non pas pour ausculter Fidel Castro, mais pour essayer de se mettre d'accord sur une définition valable et moderne de la mort.

Je m'explique. Jusqu'au milieu du siècle dernier, était déclaré mort celui ou celle dont le cœur cessait de battre. Avec l'invention des respirateurs artificiels, on a pu également maintenir en vie ceux dont le cœur était défaillant. Il a fallu trouver une autre définition de la mort. Après beaucoup de discussions, on s'est finalement mis d'accord sur l'idée qu'être mort c'est avoir un encéphalogramme plat, soit lorsque la plupart des fonctions du cerveau sont détruites.

Le problème, c'est que depuis on a fait beaucoup de recherches et de découvertes. Par exemple, on sait aujourd'hui que la destruction d'une toute petite partie du cerveau – alors que le reste est quasiment intact – peut suffire à plonger quelqu'un dans un coma permanent. A l'inverse, on sait que des cerveaux considérés comme morts continuent parfois d'avoir une activité cérébrale même résiduelle. Enfin, on sait que le cerveau peut, en partie, se "réparer" tout seul et des recherches récentes montrent qu'à terme on pourra même aider cette auto-réparation.

Bref, difficile dans ces conditions de déclarer avec assurance la mort clinique. Mais difficile aussi de maintenir indéfiniment en vie des patients quand on sait que le coût annuel de cette assistance est plusieurs fois supérieur au revenu moyen d'une famille occidentale. Il y a d'ailleurs un cas très célèbre : Ariel Sharon est maintenu en vie artificiellement depuis le mois de mai 2006 – c'est-à-dire depuis près d'un an et demi – alors même que l'on sait qu'il a très peu de chances de "se réveiller" un jour. Mais déclarer sa mort est devenu un enjeu à la fois politique, familial et même médical.

Et puis, il y a aussi de nouvelles façons d'inhumer : avant on enterrait, aujourd'hui on incinère. En Suède, il y a même quelques tentatives d'enterrement écolo, c'est-à-dire sans cercueil et à même le sol. Pour les ayatollahs de l'écologie, on peut même lyophiliser le corps pour en faire du compost. Il me reste sept ou huit secondes. Ce n'est pas assez pour vous parler de la dernière partie du dossier de New Scientist, qui est consacrée à toutes les morts violentes possibles. Mais savez-vous que sept secondes c'est justement le temps qu'il faut à une tête décapitée pour consommer tout l'oxygène qui reste dans son cerveau avant de mourir ? Sept secondes pendant lesquelles Louis XVI, par exemple, a donc pu continuer à voir ses bourreaux s'affairer autour de la guillotine. Bonne fête des morts !

Anthony Bellanger
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