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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 9 Icon_minitime31.08.20 10:46

Comment la FSSPX a offert à un prédateur sexuel de multiples occasions
Lundi 6 juillet 2020
L’abbé Philippe Peignot a un passif de pédophilie vieux de 40 ans, depuis 1978. Ce qui est le plus troublant, c’est la façon dont les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) lui ont permis à maintes reprises d’avoir accès à de jeunes garçons. Ils lui ont ainsi donné l’opportunité de récidiver.

Christine Niles • ChurchMilitant.com • 30 juin 2020

Le Vatican corrige les errements de Mgr Fellay
L'abbé Philippe Peignot
L’abbé Philippe Peignot
Une de ses victimes, André (prénom modifié), dont l’histoire a été reprise dans le documentaire suédois Det gyllene fängelset (La prison dorée) de 2017, s’est entretenue avec Church Militant.

« J’ai fait tout ce que j’ai pu, mais ce prédateur est toujours libre et entouré d’enfants, » dit-il.

Homme affable, dans la quarantaine, André a expliqué comment les abus ont commencé en 1988, alors qu’il avait 11 ans. Il a expliqué en détail comment, pendant des dizaines d’années, la direction de la FSSPX n’a pas agi comme il fallait contre Peignot. Elle a trahi à plusieurs reprises sa promesse de restreindre l’accès du pédophile aux enfants.

Peignot a été ordonné pour la Fraternité en 1982. Il est arrivé au Prieuré de Christ-Roi à Bruxelles en 1988. Il sortait d’un an de mise à l’écart à Lourdes. Il y avait été placé en pénitence par le supérieur général de l’époque, l’abbé Franz Schmidbeger (avec l’assentiment de l’abbé Aulagnier, alors supérieur du district de France) à cause d’abus sexuels sur cinq garçons commis dans son ancien poste en Champagne-Ardenne de 1985 à 1987.

Vincent Lambert, le défunt tétraplégique qui a été au cœur d'un débat sur la fin de vie. Lambert avait été une des victimes de l'abbé Peignot - JPEG - 90.6 ko
Vincent Lambert, le défunt tétraplégique qui a été au cœur d’un débat sur la fin de vie. Lambert avait été une des victimes de l’abbé Peignot
Parmi ces victimes se trouvait Vincent Lambert, le fameux tétraplégique qui a été au cœur d’un débat sur la fin de vie en France. Sa famille, catholique, a mené une bataille juridique pour le garder en vie contre la volonté de l’hôpital.

La famille a fini par perdre son combat en juillet 2019 quand la cour de cassation a statué en faveur de la fin de vie. Vincent est mort 9 jours après que son alimentation a été arrêtée.

Alors que les médias ont relaté l’accident de voiture qui a envoyé Lambert à l’hôpital, presque aucun d’entre eux n’a mentionné l’origine de l’accident : une existence trouble, avec alcool et drogue, qui était une conséquence des abus qu’il avait subis de la part du prêtre FSSPX quand il était jeune. Le point culminant de cette crise a été l’accident de voiture en état d’ébriété.

Peignot a admis avoir abusé de Lambert :

« J’ai reconnu ma part de responsabilité dans l’affaire [Vincent] Philippon-Lambert et, en fin de compte, j’ai accepté la restriction des activités qui m’a été imposée », écrit-il dans un document de 2013 obtenu par Church Militant. Dans cette lettre, Peignot nie les allégations d’abus portées par André, qui affirme que le prêtre l’a agressé sexuellement à plusieurs reprises de 1988 à 1989 au prieuré de la Fraternité à Bruxelles.

Le cas d’André
D’après le témoignage écrit d’André, qu’on trouve pp. 11-13 du Livre Noir de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X publié par l’AVREF, Peignot donnait des cours de catéchismes les samedis après-midi à de petits groupes de garçons. Après la classe, il invitait souvent André seul dans son bureau. L’abbé avait aussi un rôle dans la troupe scoute dont André était membre.

L'abbé Franz Schmidberger, ancien supérieur général, qui est revenu sur l'interdiction qu'il avait lui-même portée contre Peignot d'encadrer des camps scouts
L’abbé Franz Schmidberger, ancien supérieur général, qui est revenu sur l’interdiction qu’il avait lui-même portée contre Peignot d’encadrer des camps scouts
Pour gagner les faveurs du garçon de 11 ans, il lui donnait des objets liturgiques pour enfants, des jouets de messe. Il lui a même confié sa valise chapelle, qui contenait un calice consacré, un ciboire et une patène. Le prêtre lui avait donné le surnom de « mon petit prêtre » ce qu’André n’aimait pas du tout.

Au début, l’abbé jouait avec lui en lui faisant faire le toboggan sur sa soutane le long de ses jambes, puis, le ramenant vers ses genoux, il le pressait contre ses parties intimes pour le frotter. Parfois il caressait André et lui embrassait le visage, et ça le dégoûtait. Mais ses parents, profondément engagés auprès de la FSSPX, insistaient pour qu’il soit obéissant et respectueux envers le prêtre, une figure d’autorité à laquelle ils faisaient entièrement confiance. C’est ainsi qu’André se sentit obligé de se laisser faire et d’accepter les signes “d’affection”, alors qu’il en était écœuré.

Les abus manifestes ont commencé un jour dans le bureau de Peignot. Il a invité André à s’asseoir sur ses genoux et lui a montré sa pipe. Ensuite, il a remonté sa main sur la cuisse d’André et lui a caressé les parties génitales.

Des abus du même genre ont eu lieu à plusieurs reprises au cours de l’année. Parfois, l’abbé ordonnait avec autorité à André de venir dans son bureau, et le garçon pensait ne pas avoir d’autre choix que d’obéir.

L’agression la plus grave a eu lieu dans la voiture de Peignot. Il avait persuadé les parents d’André de le laisser emmener le garçon à la chapelle Saint-Aubain, la chapelle FSSPX à Namur, l’un des lieux de culte qu’il desservait. Pendant le trajet, sans aucun avertissement, il souleva sa soutane pour dévoiler un pénis en érection, attrapa André par la nuque et tenta de le tirer vers son entrejambe.

« Il a soulevé sa soutane et a voulu me forcer à lui faire une fellation. » écrit André. « Il était déchaîné et faisait des mouvements du bassin. »

Luttant contre le prêtre, le garçon réussit à se libérer et à se glisser entre les sièges pour se réfugier à l’arrière. L’abbé, à la limite de perdre le contrôle du véhicule, a fait plusieurs embardées sur la route.

« J’étais terrorisé et j’ai menacé de sauter de la voiture en marche s’il tentait quoi que ce soit. » écrit André.

À son retour à la maison, il a raconté à ses parents ce qui s’était passé, mais ils ont refusé de croire qu’un prêtre de la Fraternité puisse délibérément tenter d’abuser de leur fils et ont considéré l’incident comme un simple accident, résultant d’un malentendu.

Mgr Fellay, ancien supérieur général, qui a levé l'interdiction contre l'abbé Peignot et l'a autorisé à encadrer des camps scouts - JPEG - 1 Mo
Mgr Fellay, ancien supérieur général, qui a levé l’interdiction contre l’abbé Peignot et l’a autorisé à encadrer des camps scouts
André, encore tenu d’assister aux leçons de catéchisme du samedi et aux louveteaux avec l’abbé, a dû lutter pour faire face à ces abus. Ça a complètement perturbé sa jeunesse. Il est devenu violent et a sombré dans l’alcool. Il cherchait tous les moyens pour échapper à Peignot, alors que ses parents insistaient pour qu’il continue à le fréquenter, refusant de croire qu’un prêtre de la FSSPX était capable d’abus.

Après une dispute avec ses parents, André a même menacé de sauter du balcon du deuxième étage de la maison familiale. Sa mère n’a pas trouvé mieux que d’appeler Peignot à l’aide. En vrai manipulateur, ce dernier lui a dit qu’il « faisait de la peine à sa maman ».

La dernière fois que Peignot a touché André, c’était en 1989, à un camp d’été scout, où l’abbé avait persuadé ses parents de l’envoyer malgré ses protestations.

Pendant l’un des jeux de nuit scouts, alors qu’André se cachait dans les bois, Peignot le suivait et l’épiait dans le noir. Le prenant par surprise, l’abbé a soulevé André avec force et lui a enfoncé la main dans le short pour le masturber. André a lutté, s’est débattu et a pu lui asséner un coup de poing dans le ventre. Peignot a lâché prise et André a détalé.

Le prêtre ne l’a plus jamais touché.

L’inaction de la FSSPX
« La première fois que j’ai signalé les abus, c’était en décembre 1990, à l’abbé Paul Aulagnier, supérieur du district de France » confie André à Church Militant. « Il avait l’air plus ennuyé que surpris. »

L'abbé Paul Aulagnier, supérieur du district de France de 1976 à 1994
L’abbé Paul Aulagnier, supérieur du district de France de 1976 à 1994
André apprendra plus tard que les deux prêtres étaient amis. Aulagnier était au courant des abus commis auparavant par Peignot de 1985 à 1987 en Champagne-Ardenne.

Aulagnier a dénoncé Peignot à Schmidberger en décembre 1990, mais Peignot est resté au prieuré de Bruxelles sans qu’apparemment aucune mesure ne soit prise contre lui.

Aulagnier est une figure majeure du traditionalisme français, parmi les tout premiers à avoir rejoint Mgr Marcel Lefebvre, dès 1969. Mgr Lefebvre le nomma supérieur du très important district de France, qu’il dirigea pendant près de 20 ans, de 1976 à 1994. Aulagnier aurait pu être l’un des évêques que Mgr Lefebvre allait consacrer en 1988. Il a finalement été expulsé de la Fraternité en 2004 pour avoir publiquement soutenu l’Union apostolique Saint Jean-Marie Vianney (Campos), une congrégation traditionaliste brésilienne qui a rompu ses liens avec la FSSPX pour entrer en pleine communion avec Rome. Aulagnier est aujourd’hui un membre éminent de l’Institut du Bon Pasteur, société de vie apostolique créée en 2005 sous le Pape Benoît XVI et qui célèbre la liturgie traditionnelle.

Comme en 1990, André n’avait reçu aucune réponse de la direction de la FSSPX, il a écrit au supérieur général de l’époque, Franz Schmidberger, pour lui demander des informations sur les mesures qui seraient prises contre Peignot.

Même si les parents d’André croyaient enfin la version de leur fils, à savoir que Peignot s’était laissé aller à des touchers déplacés, ils pensaient que les dirigeants de la Fraternité s’en occuperaient convenablement.

Extrait de la lettre d'André à l'abbé Franz Schmidberger - PNG - 1003.1 ko
Extrait de la lettre d’André à l’abbé Franz Schmidberger
Schmidberger a répondu à André dans une lettre expliquant que la Fraternité était au courant de l’abus de Peignot et avait émis un monitum (un avertissement canonique) contre Peignot. Il a aussi promis que Peignot ne serait plus jamais autorisé à côtoyer des enfants, une promesse à laquelle André a cru jusqu’au jour où, près de 20 ans plus tard, il a repéré une affiche mettant en vedette le prêtre comme dirigeant d’un camp scout.

Il s’agissait d’une affiche officielle produite par la FSSPX, pour le groupe scouts Charles de Foucauld à Conflans Sainte-Honorine, dans la banlieue nord-ouest de Paris. Peignot y était en photo avec de jeunes garçons dans un montage.

Affiche montrant l'abbé Peignot (en haut à gauche) à la tête d'un camp scout en 2004, contrairement aux promesses du Supérieur général Franz Schmidberger, qui avait promis à André en 1991 que Peignot ne serait plus jamais autorisé à côtoyer des enfants - JPEG - 413.8 ko
Affiche montrant l’abbé Peignot (en haut à gauche) à la tête d’un camp scout en 2004, contrairement aux promesses du Supérieur général Franz Schmidberger, qui avait promis à André en 1991 que Peignot ne serait plus jamais autorisé à côtoyer des enfants
André était furieux.

Il écrivit donc en 2008 une lettre musclée à Mgr Bernard Fellay, successeur de Schmidberger au poste de supérieur général. Fellay répond en juillet. Il invoque son ignorance de la question et s’excuse pour cette négligence.

« Les faits que vous relatez se sont déroulés avant mon premier mandat comme supérieur général et, lorsque je suis arrivé à la tête de la Fraternité Saint Pie X, je pensais que cette douloureuse affaire avait été réglée », a-t-il écrit. « Mais à vous lire, il semble que ce ne soit pas le cas. Je vous prie donc de bien vouloir nous excuser. »

Lettre de 2008 de Mgr Bernard Fellay, alors supérieur général, en réponse aux plaintes d'André à propos de Peignot - PNG - 370.5 ko
Lettre de 2008 de Mgr Bernard Fellay, alors supérieur général, en réponse aux plaintes d’André à propos de Peignot
Il promet de charger l’abbé Niklaus Pfluger, premier assistant du supérieur général, d’enquêter sur l’affaire, et de rencontrer André.

C’est lors de la rencontre avec Pfluger qu’André a appris que Fellay n’avait pas été honnête en prétendant ignorer le statut de Peignot. Fellay lui-même avait levé l’interdiction faite à Peignot de s’occuper d’enfants et lui avait à nouveau permis ce genre d’activités, parmi lesquelles la direction du camp scout de la fameuse affiche.

Un enregistrement compromettant
André a rencontré deux fois Pfluger. Une fois en 2008 et l’autre en 2009. Chaque fois, il a enregistré secrètement la conversation. Ces enregistrements sont des aveux de négligences et d’erreurs dans les procédures adoptées par les autorités de la Fraternité.

Le chargé de mission de Fellay s’est rendu aux entretiens armé d’une flopée de documents et de lettres échangées avec Peignot. Il était clair que la FSSPX avait connaissance d’autres victimes et avait formellement interdit à Peignot d’approcher des enfants. Une interdiction que les supérieurs de la Fraternité ont bafouée continuellement et de manière inexplicable en remettant Peignot à proximité de jeunes pendant des années.

Pfluger a aussi admis des manquements dans la manière dont les supérieurs généraux ont traité l’affaire : « L’abbé Schmidberger n’a pas suivi le protocole. Canoniquement parlant, le processus n’était pas correct de sa part. »

Les lettres montrent que des restrictions avaient été imposées à Peignot en 1990, après qu’André avait dénoncé les abus qu’il avait subis. Elles montrent que les autorités de la Fraternité avaient admis la véracité des faits.

« Il ne peut plus faire des camps, s’occuper des jeunes » reconnaît Pfluger lisant une lettre de Schmidberger à Peignot datant de 1991 (alors que Peignot s’était plaint des restrictions dont il était l’objet).

« L’affirmation est très claire. Il s’agit de touchers impurs sur enfants répétés, et dans votre voiture et dans votre bureau, » Schmidberger écrit à Peignot. « Il est évident que dans de telles conditions, il faut que vous vous absteniez de tout apostolat auprès des enfants et jeunes gens. Je vous interdis donc formellement dès aujourd’hui et pour toujours les camps de jeunes. »

Les mots ne pouvaient être plus clairs.

Pfluger révèle aussi que c’est Aulagnier qui a violé cette interdiction, en nommant le pédophile au prieuré de Conflans Saint-Honorine, avec un accès libre aux enfants, parmi lesquels les scouts de cette chapelle, et ce un an seulement après l’interdiction stricte imposée par Schmidberger.

Encore pire, Peignot est resté à Conflans Saint-Honorine, avec un apostolat continu auprès des jeunes, pendant neuf ans.

« Donc de 1993 à 2002. On parle de neuf ans ! » André dit à Pfluger incrédule.

« Ça n’est vraiment pas clair pourquoi l’abbé Aulagnier, ou pourquoi l’abbé Schmidberger, n’a pas exigé de l’abbé Aulagnier de respecter ça » dit Pfluger.

« Et ça, c’est incompréhensible pour moi » s’exclame André.

« Oui, c’est incompréhensible, c’est vrai. » Pfluger est d’accord, puis ajoute : « Pendant neuf ans, c’est… c’est invraisemblable. »

Pfluger admet que les supérieurs de la Fraternité n’ont aucune excuse pour avoir bafoué l’interdiction : « La faute grave de notre part, c’est plutôt pourquoi on n’a pas appliqué ça ».

Montgardin, la maison de retraite isolée dans laquelle les prêtres délinquants de la FSSPX sont envoyés en pénitence avant de retourner à un ministère actif - PNG - 1.1 Mo
Montgardin, la maison de retraite isolée dans laquelle les prêtres délinquants de la FSSPX sont envoyés en pénitence avant de retourner à un ministère actif
Plus tard, les abbés Pierre-Marie Laurençon et Régis de Cacqueray, supérieurs de France successifs, ont aussi été coupables, soit d’avoir muté Peignot, soit de l’avoir laissé dans des postes où il était à proximité d’enfants.

Mais Pfluger révèle que c’est l’abbé Schmidberger lui-même qui est revenu sur sa décision définitive. Il a permis à Peignot d’organiser un camp scout, après que Peignot eut contesté vigoureusement la véracité des propos d’André.

« À ce moment, au téléphone, l’abbé Schmidberger parle à l’abbé Phillippe François, » explique Pfluger à André. « Peignot revient à Rickenbach, à la maison générale. Il avait le feu vert pour organiser un camp scout. »

« Excusez-moi de vous interrompre, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas ! » intervient André.

« Mais c’est ça le problème ! » Pfluger admet. « L’abbé Schmidberger a changé d’avis. C’est ça le problème. »

Étonnamment, Pfluger admet aussi — parmi tant d’autres éléments — que Fellay aussi a levé l’interdiction faite à Peignot de côtoyer des enfants, après avoir reçu une lettre de ce dernier lui demandant l’autorisation d’organiser un camp scout.

Les restrictions avaient été imposées par l’abbé Pierre-Marie Laurençon, supérieur du district de France à ce moment. Peignot s’était plaint à Fellay par courrier du traitement qu’il subissait, et a obtenu de Fellay la levée de la sanction.

Dans une lettre du 12 juillet 2002, Peignot écrit, « Quand le problème s’est posé il y a deux ans, on en a parlé et vous m’avez permis de continuer mes activités au prieuré et aux camps… »

En d’autres termes, Peignot pointe du doigt que Fellay est lui-même revenu sur l’interdiction en lui permettant de rester au prieuré et de continuer à organiser des camps avec des enfants. La FSSPX n’a jamais nié ce fait.

Le Vatican intervient
Mécontent de la manière d’agir de la FSSPX, André écrit à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) au Vatican. Dans une lettre du 17 juillet 2013, le Cardinal Luis Ladaria, alors secrétaire général de la CDF, répond par une lettre à Mgr Fellay à qui il demande d’ouvrir un procès canonique contre Peignot.

« Au vu de cette difficulté, et afin de garantir au mieux l’exercice de la justice dans l’esprit du can. 1717 sec. 3 CIC, ce dicastère vous demande de nommer un autre délégué chargé de mener à terme le procès administratif intenté à l’égard de M. l’abbé Philippe Peignot » écrit Ladaria.

Pendant que la FSSPX entame le procès canonique, Fellay commande à Peignot d’aller s’installer à la maison de Montgardin, dans les Alpes de Haute Provence. Cette maison de retraite isolée est une prison dorée dans laquelle les prêtres délinquants de la FSSPX, que ce soit pour abus sexuels ou autre infractions, sont envoyés en pénitence avant de retourner dans un ministère actif.

Le procès canonique intenté par la FSSPX a abouti à un verdict de culpabilité le 25 juin 2014. Il en a résulté un certain nombre de restrictions au ministère de Peignot, restrictions communiquées à la CDF et communiquées à André dans une lettre de 2017 par l’abbé Christian Thouvenot, le secrétaire général, puisque la CDF avait demandé à la FSSPX d’informer André de l’issue de l’affaire.

« Ce décret conclusif interdit définitivement à M. l’abbé Philippe Peignot tout apostolat auprès des mineurs, qu’il s’agisse de prédication de retraites ou des récollections à des jeunes, de catéchisme ou de direction spirituelle, et de toute activité d’encadrement ou d’aumônerie de pèlerinages, de formation des enfants au service de messe, de répétition de chant, etc. », écrit Thouvenot.

Extrait de la lettre de l'abbé Christian Thouvenot, du 25 juin 2014, qui explique la décision prise contre Peignot - PNG - 274 ko
Extrait de la lettre de l’abbé Christian Thouvenot, du 25 juin 2014, qui explique la décision prise contre Peignot
Peignot répond en juillet : il rejette le jugement et refuse de se rendre à Montgardin, comme l’avait ordonné Fellay. Fellay lui écrit en août qu’il risquait d’être expulsé de la Fraternité s’il refusait d’obtempérer. Ensuite, il écrit à la CDF en septembre pour lui demander de ratifier le jugement canonique de la Fraternité contre Peignot.

En décembre 2014, la Fraternité apprend que Peignot était parti rejoindre la “résistance” de Mgr Richard Williamson, où il exerce à ce jour.

Peignot a été formellement exclu de la FSSPX dans un décret signé par Fellay le 12 décembre 2015.

Comme nous venons de le voir, la Fraternité n’a pris de réelles mesures contre Peignot qu’après l’intervention du Vatican — et seulement à l’initiative d’André — près de 40 ans après la première allégation de mauvais traitements. Durant ces décennies, les vies de plusieurs garçons ont été dévastées par les abus de Peignot, garçons abandonnés à lutter seuls contre les attaques d’un prêtre de la FSSPX qui a volé leur innocence et détruit leur confiance. Pendant ce temps, la direction de la Fraternité a violé à plusieurs reprises ses propres décisions, a transféré, réaffecté ou laissé en place un pédophile connu ayant un accès libre et sans entrave aux enfants.

Un pédophile en liberté
L'abbé Philippe Peignot
L’abbé Philippe Peignot
Aucun des abus qu’André a subis ne se serait produit si la FSSPX avait refusé d’ordonner Peignot alors qu’elle avait eu connaissance de la première allégation d’abus en 1978, quand il était moine à Riaumont. André – et peut-être d’autres victimes silencieuses – n’auraient pas non plus souffert si la Fraternité avait livré Peignot aux autorités en 1987, après avoir appris qu’il avait abusé de cinq victimes en Champagne-Ardenne.

Toutefois, comme c’est l’habitude avec la Fraternité, les crimes contre les enfants sont traités en interne. Les supérieurs ne dénoncent pas les auteurs de crimes à la police et préfèrent imposer des interdictions souvent vides de sens qui sont bafouées par leurs propres dirigeants. Ou bien ils envoient les contrevenants pour de brèves périodes de “prière et de pénitence” dans un endroit isolé, puis les réintègrent dans un ministère actif. Là, ils retombent dans leurs travers, dévastant encore de jeunes vies. Et les autorités de la Fraternité n’admettent jamais leur responsabilité.

Incidemment, l’endroit où André a été agressé sexuellement à Bruxelles est le même où, des années plus tard, le pédophile condamné Frédéric Abbet serait nommé par le supérieur général Mgr Bernard Fellay — un autre cas de négligence criminelle grave de la part des supérieurs de la Fraternité.

Fellay a autorisé Peignot à prendre part aux ordinations à Écône en 2015
Fellay a autorisé Peignot à prendre part aux ordinations à Écône en 2015
Cette affaire a fait dire au procureur du Roi que c’était la Fraternité Saint-Pie X, et pas seulement Abbet, qui aurait dû se trouver sur le banc des accusés. Il a poussé le tribunal à accuser la FSSPX d’avoir eu un comportement criminogène en plaçant Abbet, connu comme pédophile, sous le même toit que des jeunes garçons. Abbet a été condamné à la prison en 2017 et purge actuellement sa peine en Suisse.

Ironie du sort, le bureau où les abus de Peignot ont eu lieu en 1988 est aujourd’hui appelé “la chambre de l’évêque.” C’est la chambre où Mgr Fellay réside lorsqu’il se rend à Bruxelles.

À ce jour, Peignot erre librement. Il s’occupe de la chapelle d’Espiet, près de Bordeaux, où, sans surveillance, il côtoie régulièrement de jeunes garçons.

Pendant ce temps, André continue de demander justice. Ses allégations s’inscrivent dans une enquête pénale en cours par les autorités françaises. L’issue de cette affaire reste incertaine car le délai de prescription est dépassé pour la plupart des agressions sexuelles. Pour l’incident de tentative de viol dans la voiture de Peignot, c’est moins clair.

Les autres victimes ou témoins des abus de Peignot sont encouragés à transmettre leur témoignage au Procureur de la République de La Roche-sur-Yon, en Vendée.

Malgré sa sordide série d’abus et son expulsion de la Fraternité, Fellay a autorisé Peignot à participer aux ordinations de 2015 à Écône. Il y a célébré la Messe et a imposé les mains aux nouveaux prêtres de la Fraternité.

Il n’aurait pas pu y participer sans la permission de Fellay.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 9 Icon_minitime07.10.20 11:32

Vincent Lambert, mort sur sept ordonnances
Par AuteurXavier Ducrocq / Lundi 20 mai 2019 à 12:000
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Sept ordonnances. Il aura fallu sept ordonnances pour envoyer Vincent Lambert, innocent de tout crime, à la mort. Mort qui, quoiqu’en disent les médias et ceux qui croient faire l’opinion, aura, loin d’être “naturelle”, été longuement calculée, voulue, programmée, provoquée et, enfin, administrée. Ce faisant, blouses blanches et robes noires sont devenues complices d’une infamie sans précédent. Explications du neurologue Xavier Ducrocq.

Ordonnance médicale
Tout commence par une funeste erreur d’appréciation lorsque, dans le courant de l’hiver 2012-2013, l’équipe du Service de soins palliatifs du CHU de Reims croit déceler chez Vincent Lambert une « volonté de mourir ». En soi, l’affirmation est étrange. En effet : ou Vincent est apte à manifester, sans équivoque possible, sa volonté et, en ce cas, il est conscient ; ou, comme l’établiront, unanimes en dépit des réserves formulées quant à leur déroulement, toutes les expertises, Vincent est en état de conscience altérée, donc incapable de manifester une telle volonté.

Cette contradiction évidente n’empêche pas l’équipe médicale de décider sa mort. L’ordonnance, datée d’avril 2013, est simple : elle se borne à prescrire une privation totale de nourriture jusqu’à ce que mort s’ensuive. Comme si Vincent avait, aux yeux du personnel soignant, déjà cessé d’exister en tant que patient, et en tant qu’homme.

SUR LE MÊME SUJET Le neurologue Xavier Ducrocq rétablit la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert

Pourtant, Vincent est bien vivant. Sévèrement handicapé, certes, mais vivant, à l’instar de près de deux mille autres personnes en France, patients très particuliers demandant des soins adaptés, parfois à domicile, et dont une circulaire ministérielle de mai 2003, qui ne distingue pas entre « état d’éveil non répondant » et « état paucirelationnel », règle la prise en charge. Tellement vivant, même, qu’il résiste, trente et un jours, au traitement, et y survit !

Au vrai, la seule ordonnance qui, médicalement, s’impose, depuis le début, est une prescription de soins de kinésithérapie, orthophonie, stimulation sensorielle, et un transfert urgent vers une unité spécialisée dans les soins à donner à ce type de patients. Il en existe, prêtes à recevoir Vincent.

SUR LE MÊME SUJET Vincent Lambert : “Protégeons la vie du début à la fin”, dit le pape

Cette ordonnance-là, personne ne la rédigera et, puisque le patient récalcitrant, accroché à cette existence qu’on lui dénie, ne meurt pas, la prochaine prescription, plus drastique, ajoutera à la privation de nourriture celle de toute hydratation accompagnée d’une sédation profonde et continue, telle qu’inscrite dans la loi depuis 2016, permettant légalement une mort rapide.

Ordonnance juridique
La justice, dans un sursaut de conscience, a, plusieurs fois, suspendu l’exécution de l’ordonnance médicale fatale, au motif d’une atteinte à la vie et d’une erreur dans la conduite de la procédure collégiale. Avant, se ravisant, de s’ingénier à encadrer cette décision des conditions en permettant l’application légale.

Dès lors, à l’en croire, la nutrition-hydratation artificielle s’est métamorphosée en médication, la sédation pour détresse incontrôlable en sédation terminale, et la volonté supposée de Vincent a tenu lieu des directives anticipées qu’il n’a jamais rédigées. À la fin de ce parcours juridique, la caractérisation de « l’obstination déraisonnable » relève malheureusement plus de la loi que de la médecine.

Ordonnance législative
Car il aura fallu plier la loi, l’ajuster au « cas Lambert » de sorte que l’on puisse tuer Vincent en toute impunité. Et après lui, bientôt, tous ceux et celles qui partagent son état.
Car, dès que le législateur aura bien établi que certaines vies, - celle de Vincent aujourd’hui mais demain, peut-être, la vôtre, ou celle de quelqu’un que vous aimez.-  ne méritent pas d’être vécues, qu’elles sont « indignes », « vaines », « scandaleuses » même, combien de temps faudra-t-il pour interdire toute dépense de santé en faveur de ces « inutiles » ? Et de bien d’autres peut-être car nul ne peut dire où s’arrêteront les « économies » ?

Non, ce n’est certes pas un oubli, une erreur, un hasard, un fâcheux manque de temps mais une volonté délibérée si la commission de révision de la Loi Leonetti du 22 avril 2005 n’a pas daigné recevoir les représentants des victimes de traumatisme crânien qui s’inquiétaient de la tournure des événements et du contenu de la future loi de 2016.
Osez l’admettre, Mesdames et Messieurs nos législateurs, vous qui votez les lois, vous avez bel et bien, sans la nommer, laissé inscrire l’euthanasie dans notre droit ! Ayez au moins le courage de le dire à ceux qui vous élisent ! Ou sommes-nous déjà dans 1984 et le monde terrifiant d’Orwell où un État présumé omnipotent et omniscient décide à notre place de nos actes, de nos choix, de notre vie et de notre mort ?

Ordonnance gouvernementale
Car, pour inquiétant que cela soit, c’est bien l’État français qui, désormais, s’acharne à obtenir l’exécution de l’arrêt et la mise à mort d’un de ses citoyens. Comme le révèle Rachel Lambert, épouse, et tutrice, de Vincent, dans le livre qu’elle a publié, c’est à la suite d’une intervention du ministre de la Santé de l’époque, et sur son conseil insistant, qu’elle-même et le CHU de Reims ont fait appel auprès du Conseil d’État de la décision de justice qui empêchait l’assassinat de Vincent.

Plus grave encore, tout récemment, l’actuelle Ministre de la Santé, commentant la requête de la Commission internationale des Personnes handicapées de l’ONU, sollicitée par les parents de Vincent, n’a pas hésité à affirmer que Vincent n’était pas une personne handicapée.

Affirmation pour le moins surprenante puisque, incontestablement, Vincent, du fait des lésions cérébrales provoquées par son accident en 2008, souffre bel et bien d’un double handicap moteur et cognitif !

Une fois encore, et jusqu’au plus haut niveau de l’État, l’on biaise, l’on joue sur les mots, lorsqu’ils dérangent, lorsqu’ils pourraient, surtout, conduire les Français à s’interroger. Pourtant, Albert Camus l’a dit : « Mal nommer les choses, c’est ajouter de la douleur au monde. »

Ordonnance médiatique
Interroger jusqu’aux plus avertis de nos concitoyens sur « le cas Lambert » revient, hélas, à mesurer l’ampleur et la gravité de la désinformation à l’œuvre. Devenue, dans cette affaire, une redoutable Agence de Formatage de la Pensée des plus orwellienne, là encore, l’AFP, à travers ses dépêches reprises sans contrôle par une grande partie des médias, s’ingénie à façonner l’opinion d’un public déjà largement privé de sens critique et incapable, même sur un sujet aussi grave, de se forger une idée personnelle.

Ce pouvoir médiatique, d’ordinaire infiniment moins pudique, n’a pas hésité à crier à la violation du droit à l’image quand les défenseurs du droit de Vincent à la vie, et de la vérité, afin de rétablir l’exactitude des faits malmenée par la presse, ont diffusé une vidéo qui battait en brèche toutes les certitudes soigneusement inculquées dans cette affaire au public. Qu’y voyait-on, en effet, sinon la preuve des mensonges et des absurdités répétés à l’envi depuis le début, la démonstration flagrante que Vincent n’était pas dans le coma, qu’il n’était pas moribond, qu’aucune machine ne le maintenait artificiellement en vie, qu’il n’y avait, par conséquent, rien à débrancher ?

Combien de Français ont alors découverts, stupéfaits, que Vincent, loin d’être le « légume » qu’on leur avait décrit et même odieusement caricaturé, était un être humain comme eux, capable d’ouvrir les yeux, tourner la tête, déglutir, à condition que l’on prît la peine de lui donner à manger plutôt que de l’alimenter par sonde ?

Était-ce donc si gênant de l’admettre ? Et pourquoi les mêmes médias, commentant les derniers rebondissements de « l’affaire Lambert » ont-ils, presque unanimes, préféré titrer sur la confirmation par les experts de l’état végétatif « irréversible » de Vincent plutôt que sur leur affirmation de toute absence « d’obstination déraisonnable » dans les soins que réclame son état ? Lâcheté ? Incompréhension ? Négligence ? Ou volonté délibérée de tromper le public, de le manipuler, et, si tel est le cas, dans quel but, et pour satisfaire quels intérêts ?

Ordonnance familiale
Jusqu’en mai 2013, personne, dans la famille de Vincent, n’envisageait de le tuer. Tout au contraire, ses proches l’entouraient, l’accompagnaient, dans le même amour et la même volonté de l’aider et l’entourer. Personne n’avait jamais fait part de sa prétendue volonté de n’être pas maintenu en vie s’il se trouvait un jour dans cette condition de grand handicapé. Il a fallu, à cette date, la terrible, la mortelle décision médicale de cesser de l’alimenter pour que les siens, soudain, se déchirent, les uns emportés par la confiance que l’on a tendance à faire aux médecins, les autres guidés par leur amour intact, intangible, et la nécessité de protéger le plus faible.

Ces déchirements ne sont pas le moindre drame dans cette histoire cruelle et qui oserait prétendre que l’assassinat de Vincent y mettra un terme ? L’apaisement, le pardon ne seront possibles qu’autour de Vincent en vie, ou mort de mort naturelle.

Ordonnance citoyenne
Ils ont parlé, ils ont tous parlé. Les médecins, les juges, les législateurs, les ministres, les médias. Ils ont tous parlé, même quand, manifestement, ils ne savaient pas ce qu’ils disaient, même quand ils désinformaient, même quand ils en prenaient à leur aise avec la vérité.

Mais nous, Français, nous n’avons pas pu donner, en pleine conscience, en possession d’une entière connaissance du dossier, et non de ce que l’on voulait nous en dire, notre opinion.
Pourtant, si Vincent devait mourir, nous en porterions tous le poids et la responsabilité. Notre silence nous ferait tous complices de ce crime. « Qui ne dit mot consent » dit la sagesse des Nations.

Vincent n’est pas un monstre, Vincent n’est pas un légume, Vincent n’est pas « en fin de vie ». Vincent est vivant. Vincent, handicapé, n’en reste pas moins, et peut-être même davantage en raison de sa faiblesse et de son dénuement, l’un des nôtres.

Le laisserons-nous mourir ? C’est à nous qu’il appartient, en dernier ressort, de dire si nous consentons ou non à l’indicible trahison de toutes nos valeurs, toute notre civilisation.
Demain, il sera trop tard. Pas seulement pour Vincent, mais pour chacun d’entre nous car ce choix fatal est de ceux sur lesquels l’on ne revient pas. Voulons-nous vraiment que d’autres, demain, au nom d’intérêts mystérieux, décident à notre place de notre vie, de notre mort, de celle de nos proches ? Il est encore temps de se poser la question. Encore temps de faire comprendre à ceux qui nous dirigent que personne ne choisira à notre place. À nous de voir comment faire entendre nos voix !
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VINCENT LAMBERT
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