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 ALAIN COCQ

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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime05.09.20 17:47

?????
Or, rappelle-t-il, la loi Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, qui autorise la sédation profonde, ne concerne pas que les personnes en fin de vie, mais aussi les malades "atteints d'une infection grave et incurable". Et "c'est le cas pour Alain Cocq".
?????

(petite erreur : "affection" à la place de "infection").
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime05.09.20 19:30

[size=33]L'agonie d'Alain Cocq désormais loin des regards[/size]

AFP
Publié le 05/09/2020 à 15:02 | AFP


L'agonie d'Alain Cocq désormais loin des regards :copyright: AFP/Archives / PHILIPPE DESMAZES

Militant d'une mort digne, Alain Cocq a mis fin dans la nuit de samedi à ses traitements et a renoncé à toute alimentation. Mais son agonie ne sera pas retransmise en direct, comme il l'espérait pour faire évoluer la législation sur la fin de vie.
Facebook a annoncé à la mi-journée avoir bloqué la diffusion en vidéo des derniers moments de M. Cocq, atteint d'une maladie incurable qui le cloue au lit depuis des années.

"Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l'attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d'experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d'Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Facebook.
Dans la nuit de vendredi à samedi, cet habitant de Dijon avait annoncé dans une vidéo avoir cessé son traitement et toute alimentation et hydratation, faute d'avoir obtenu du président de la République une injection de barbituriques "à titre compassionnel" pour abréger ses souffrances, comme cela est possible en Suisse.

"Le chemin de la délivrance commence et, croyez-moi, j'en suis heureux", avait-il alors déclaré, en référence à sa décision de se laisser mourir.
En "phase terminale depuis 34 ans", comme il le dit, M. Cocq souffre d'une maladie rare qui bloque ses artères. Il dit avoir subi neuf opérations en quatre ans. Sans effet...
"Ce n'est pas un suicide", a précisé le malade, rappelant qu'il est catholique. "Je suis dans le cas prévu par la loi où un patient peut arrêter son traitement", affirmait-il, disant que, dans ces cas-là, le décès suit "dans les deux à cinq voire sept jours". "Moi, avec mon état, ça risque d'être rapide".

liberté d'expression

Quelques heures plus tard, alors qu'il allait poster une nouvelle vidéo, il annonçait: "Facebook me bloque la diffusion vidéo jusqu'au 8 septembre."
"A vous de jouer", écrivait alors cet homme de 57 ans à l'intention de ses soutiens avant de donner l'adresse de Facebook France à Paris pour "faire savoir ce que vous pensez de ses méthodes d'entrave à la liberté d'expression".
"Un système de repli sera actif d'ici 24H" pour diffuser des vidéos, a-t-il assuré.

Facebook a des règles détaillées: si elles ne prévoient pas de dispositions spécifiques concernant la fin de vie, elles sont en revanche très strictes concernant les contenus qui peuvent s'apparenter à une promotion du suicide ou de l'automutilation. Des cas qui englobent l'euthanasie ou le suicide assisté.
De nombreux internautes ont apporté leur soutien au malade. "La loi Cocq arrivera, j'en suis sûre", a écrit l'une d'entre elles, persuadée que son action permettra une évolution de la loi Claeys-Léonetti de 2016 qui autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme".
Le cas d'Alain Cocq a relancé la controverse sur la fin de vie, après l'affaire Vincent Lambert, un infirmier en état végétatif décédé en juillet 2019 après une sédation profonde voulue par son épouse et son neveu François, mais à laquelle ses parents se sont opposés.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime06.09.20 9:57


[size=59]Une exception d’euthanasie n’est-elle pas acceptable pour Alain Cocq ?
[size=16]Par Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale, université Paris-Saclay — 4 septembre 2020 à 15:57
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[/size]
Alain Cocq, 57 ans, est atteint d'une maladie dégénérative. Photo Gonzalo Fuentes. Reuters
 


[size=31]Faute de pouvoir accéder à un traitement létal, Alain Cocq, qui souffre d'une maladie incurable, cessera ce vendredi soir de s'alimenter. Notre société devrait pourtant pouvoir envisager «une exception d'euthanasie» circonstanciée, transparente et encadrée.[/size]




  •  

     Une exception d’euthanasie n’est-elle pas acceptable pour Alain Cocq ?



Tribune. Atteint d’une maladie rare assimilée à une ischémie, Alain Cocq a sollicité Emmanuel Macron le 20 juillet pour qu’à titre compassionnel, il l’autorise à bénéficier d’une assistance médicale active pour mourir. Le chef de l’Etat lui a répondu ce vendredi : «Je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d’accéder à votre demande.»
Peut-être aurait-il été sage de saisir le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui, on le verra, a évoqué en quelles circonstances et avec quels encadrements transgresser la règle en faveur d’«une sorte d’exception d’euthanasie» (1). Faute de la prise en compte par les instances publiques de sa demande de suicide médicalement assisté, Alain Cocq a décidé de diffuser sa mort en direct sur sa page Facebook dès samedi, pour en faire un événement politique et dénoncer l’inadaptation à sa situation de la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des personnes malades et des personnes en fin de vie. Sa volonté est argumentée et constante : il ne souhaite pas poursuivre son combat contre une maladie qui entrave ses dernières libertés et n’est plus que souffrance. Comment respecter la volonté d’une personne dépendante d’une souffrance que l’on ne parvient plus à atténuer et qui ne veut pas assumer solitairement le geste provoquant sa mort ?


A LIRE AUSSI «Je veux une fin de vie accompagnée par une présence médicale»
Une «sorte d’exception d’euthanasie», ainsi que préconisait en vain le Comité consultatif national d’éthique dès 2000, n’est-elle pas conciliable avec les valeurs auxquelles nous sommes attachés et qui sont défiées dans des situations extrêmes ?

Une conception personnelle de la dignité


Il ne s’agit pas de consentir la moindre tolérance à l’euthanasie (comme cela se pratique parfois sous couvert légal de sédations profondes et continues) mais de comprendre où se situent nos responsabilités lorsque moralement, aucune alternative n’est sérieusement envisageable, acceptable et soutenable.
Il ne s’agit pas tant de mourir dans la dignité que de vivre dignement et respecté jusqu’au terme de son parcours de vie. Comment comprendre alors la «demande d’en finir» si ce n’est afin d’éviter une circonstance pire que ne le serait la perte de la vie, cela par fidélité à une conception personnelle de la dignité ?

Les circonstances du «long mourir» ou du parcours incertain d’une maladie chronique ou évolutive semblent imposer de nouvelles approches des conditions de la mort. Notre inculture des circonstances humaines de la maladie chronique, des situations de handicap et de dépendance induit des maltraitances que certains ne supportent plus.
C’est là où doit être envisagée l’exception dans une approche circonstanciée, prudente, argumentée, transparente, encadrée tenant compte de la volonté explicite de la personne respectée dans son autonomie décisionnelle.

«L’être humain surpasse la règle»


Le 27 janvier 2000, le CCNE a donc estimé que «la solidarité et la compassion» pouvaient permettre d’envisager «une sorte d’exception d’euthanasie». Dans des domaines aussi sensibles, il est important de reprendre l’argumentation : «Mais, ce qui ne saurait être accepté au plan des principes et de la raison discursive, la solidarité humaine et la compassion peuvent le faire leur. Face à certaines détresses, lorsque tout espoir thérapeutique est vain et que la souffrance se révèle insupportable, on peut se trouver conduit à prendre en considération le fait que l’être humain surpasse la règle et que la simple sollicitude se révèle parfois comme le dernier moyen de faire face ensemble à l’inéluctable. Cette position peut-être alors qualifiée d’engagement solidaire. […] Une sorte d’exception d’euthanasie, qui pourrait être prévue par la loi, permettrait d’apprécier tant les circonstances exceptionnelles pouvant conduire à des arrêts de vie que les conditions de leur réalisation.» (2)

Une réflexion s’impose donc en faveur d’une évolution de la loi actuelle, dont on sait désormais qu’elle était transitoire et insatisfaisante du point de vue de la justesse des dispositifs qu’elle autorise et dont nombre de professionnels évoquent les écueils. Dans les faits, notre loi du 2 février 2016 relative à la fin de vie est interprétée par certains comme une loi autorisant l’euthanasie, y compris sur des personnes qui ne sont pas en fin de vie, pour autant qu’on puisse poser une définition claire et générale du concept de fin de vie. La Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a développé ces derniers mois une consultation de ses membres à ce propos, ce qui témoigne d’approximations dans l’interprétation d’une loi que des parlementaires ont voulu à cet égard imprécise, pour ne pas dire ambiguë, afin de parvenir à un consensus.
Avant d’envisager une nouvelle concertation politiquement hasardeuse portant sur l’évolution de la législation relative à la fin de vie, je comprends l’opportunité d’aborder dignement et sans hypocrisie l’appel qu’adresse à notre société Alain Cocq. Au-delà de toute ressource thérapeutique et soumis à la détresse d’une impuissance à préserver le fil de son existence d’une souffrance qui l’a dépossédé d’une force de vie, ne peut-on pas considérer que notre solidarité doit s’exprimer autrement que dans la passivité de propos compatissants ?
Du reste, la sédation profonde et continue jusqu’au décès qu’on refuse à Alain Cocq n’est-elle pas appliquée de manière «exceptionnelle», y compris sur une personne qui n’était pourtant pas en fin de vie : Vincent Lambert ?

(1) «Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie», Comité consultatif national d’éthique, «4. Engagement solidaire et exception d’euthanasie», avis n° 63, 27 janvier 2000.
(2) «Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie», Comité consultatif national d’éthique.
Emmanuel Hirsch est l’auteur de [size=15]Faut-il autoriser l’euthanasie ? Collection Les Nuls, First Editions.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime07.09.20 10:52

Fin de vie : "Ce que vit Alain Cocq, c’est de la torture", déplore Sophie Medjeberg
INVITÉE RTL - Sophie Medjeberg, vice-présidente de l'association "Handi mais pas que !", soutient le combat d’Alain Cocq, qui a demandé la prescription de sédatifs pour mourir, en vain. Elle déplore une situation qui relève de la torture.
Christelle RebiereL'invité de RTL Midi Christelle Rebière
Fin de vie : "Ce que vit Alain Cocq, c'est de la torture", déplore Sophie Medjeberg
Fin de vie : "Ce que vit Alain Cocq, c'est de la torture", déplore Sophie Medjeberg 04:38
RTL Midi -  Christelle Rebière
Christelle Rebière
édité par Florise Vaubien
PUBLIÉ LE 04/09/2020 À 14:50

Le président Emmanuel Macron a rejeté la demande d’intervention d’Alain Cocq : l’homme âgé de 57 ans tentait d’obtenir le droit de mourir par prescription de sédatifs. Il a choisi de se laisser mourir et de filmer son agonie en direct sur Facebook.

Un choix que défend Sophie Medjeberg, vice-présidente de l'association "Handi mais pas que !", une association de défense des personnes en situation de handicap. Cette dernière soutient le combat et la demande d’Alain Cocq, en soins palliatifs depuis deux ans.

Sophie Medjeberg indique que ce dernier ne filmera "que quatre heures" : il "sera accompagné de son aide-soignant" et de "trois auxiliaires de vie triés sur le volet". En revanche, aucun médecin ne sera avec lui : Alain Cocq recevra tout de même du Valium "pour lui éviter de faire des crises d’épilepsie".

C’est une descente aux enfers

Sophie Medjeberg, vice-présidente de l'association "Handi mais pas que !", sur RTL :
"C’est un combat qui est un lent, c’est une descente aux enfers quand vous vous retrouvez dans un corps qui n’est plus que douleurs, (...) c’est de la torture !", regrette Mme Medjeberg qui rappelle qu’aucun médecin n’a donné une réponse favorable à leur demande en deux ans.

À lire aussi
Roselyne Bachelot, le 6 septembre 2020
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Alain Cocq : Bachelot "favorable" à "aller plus loin" dans la loi Claeys-Leonetti

La loi Claeys-Leonetti de 2016 "est claire" : celle-ci prévoit une sédation uniquement pour les personnes en fin de vie, or Alain Cocq ne l’est pas. "La dignité humaine dans la constitution française", c’est aujourd’hui "son combat et le notre combat aussi", explique la vice-présidente de l'association "Handi mais pas que !". Elle dénonce un vide judiciaire, estimant qu’en France, la dignité humaine, "ça ne parle à personne".
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime07.09.20 14:08

Alain Cocq : une sédation profonde jusqu'au décès serait-elle possible ?
Par Eric Favereau — 7 septembre 2020 à 08:58
Alain Cocq dans sa maison à Dijon, en août. Photo Gonzalo Fuentes. Reuters
Depuis deux jours, ce quinquagénaire atteint d'une maladie dégénérative a délibérément arrêté tous ses traitements. La loi Claeys-Leonetti semble ne pas répondre à la demande de ce grand handicapé, en dépit de pratiques variables.
Alain Cocq : une sédation profonde jusqu'au décès serait-elle possible ?
Elle le dit avec douceur et une grande gentillesse: «Laissez-moi souffler, juste 24 heures, juste ce dimanche, et lundi je réponds de nouveau.» Sophie Mejdeberg, responsable de l’association «Handi mais pas que», a été chargée de porter la voix d’Alain Cocq depuis que celui-ci a arrêté ses traitements et son alimentation et hydratation, vendredi soir, estimant que sa vie n’est plus supportable. Depuis, cette femme engagée et discrète résiste. Elle est débordée, n’a pas un instant pour elle, se dit inquiète. Elle sait que les jours qui viennent seront incertains.

Alain Cocq a, certes, voulu faire de sa fin de vie un combat: montrer que la loi actuelle ne suffit pas. L’injection d’un produit létal, qu’il aurait voulue, n’est pas légale, la France n’autorisant pas le suicide assisté. La loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, a apporté quelques ouvertures, autorisant dans certaines conditions la sédation profonde et continue jusqu’au décès. «Cette mesure est faite justement pour pouvoir accompagner des personnes quand elles arrêtent toute médecine et toute assistance pour qu’elles n’en souffrent pas», a rappelé ce week-end sur Europe 1 la Dr Véronique Fournier qui vient de quitter la présidence du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV). Dans les recommandations de la Haute autorité de santé, cette sédation est néanmoins autorisée uniquement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme. Ce n’est pas le cas d’Alain Cocq.

Dans l’entre-deux
Pour autant, il y a la loi et son esprit. En France, depuis quatre ans, il y a de fait une véritable inégalité dans l’application de cette sédation finale comme l’ont montré plusieurs enquêtes récentes du CNSPFV. «Je connais des médecins, raconte ainsi Véronique Fournier, qui auraient dit à Alain Cocq : "Je suis prêt à vous accompagner, à être chez vous et mettre en place la sédation profonde et continue jusqu’au décès, de façon à ce que vous ne souffriez pas".» Et cette médecin de dresser ce constat: «Malheureusement, d’autres ont compris la loi Claeys-Léonetti différemment, et disent : “Si le patient ne va pas mourir dans les 48 heures, je ne fais pas cette sédation”.» Et c’est ce qui se passe; aujourd’hui, dans le monde des soins palliatifs, il y a bon nombre de médecins et des soignants qui restent obsédés par la question du délai, au point de de ne prescrire que très rarement cette sédation profonde.

On est là, dans l’entre-deux: soulager ou provoquer le décès. Interrogé par l’Express, Jean Leonetti, un des deux auteurs de la loi, s’est montré, lui aussi, un rien ambigu: «Le médecin est dans l’obligation d’arrêter le traitement de survie si le patient le demande de manière lucide et persistante. Cette revendication ne peut pas être refusée à Alain Cocq, de même que la non-souffrance. Si la souffrance est incoercible, le médecin peut aller jusqu’à l’anesthésie profonde. La loi est sans ambiguïté : l’atténuation de la souffrance prime sur la durée de la vie.» «Mais, a ajouté Jean Leonetti, ce que veut Alain Cocq, ce n’est pas la non-souffrance, mais le droit à demander la mort, ce que ne prévoit pas la législation française.»

A LIRE AUSSI
Une exception d’euthanasie n’est-elle pas acceptable pour Alain Cocq ?

Alain Cocq a donc choisi. Il ne veut pas de cet arbitraire. Après plus de trente ans de vie de handicap, il estime que c’était fini. «C’est son choix, et je ne vois en quoi nous aurions le lui contester», nous disait Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Alain Cocq a voulu aussi que sa fin de vie soit filmée. Facebook a décidé, samedi, de ne pas permettre la diffusion de ces images.

Son auxiliaire de vie qui l’accompagne se dit un peu perdu. Que va-t-il faire si Alain Cocq perd connaissance? Légalement, il se devrait d’appeler le SAMU. Ensuite? Ce sera au médecin de décider, seul, ce qu’il fait: abréger ses souffrances (c'est à dire sa vie), ou l’hospitaliser.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime07.09.20 14:23

"Pas des lois pour donner la mort": où en est la législation sur la fin de vie ?
Olivier Philippe-Viela,
publié le 05/09/2020 à 16:53 , mis à jour le 06/09/2020 à 10:08
Alain Cocq, chez lui à Dijon le 12 août 2020Alain Cocq, chez lui à Dijon le 12 août 2020 PHILIPPE DESMAZES / AFP
Le cas d'Alain Cocq, atteint d'une maladie dégénérative et ayant annoncé cesser de s'alimenter, questionne le cadre législatif de la fin de vie.
"Je me garderais de condamner une demande, et il est toujours difficile d'intervenir sur ces sujets où l'émotion prime sur la raison", murmure Jean Leonetti. Le maire LR d'Antibes prend toutes sortes de précautions pour évoquer le cas d'Alain Cocq, un Dijonnais atteint d'une maladie incurable qui l'immobilise depuis des années.  

Loi Leonetti
L'homme de 57 ans a annoncé vendredi dans une vidéo avoir cessé son traitement et toute alimentation et hydratation, le président de la République ne lui ayant pas accordé une injection de barbituriques "à titre compassionnel" pour abréger ses souffrances. Facebook a annoncé à la mi-journée avoir bloqué la diffusion de ses vidéos . Les derniers moments d'Alain Cocq ne donc seront pas retransmis en direct, comme il l'espérait pour faire évoluer la législation sur la fin de vie.

LIRE AUSSI >> Le cas d'Alain Cocq, qui a décidé de se laisser mourir, relance le débat sur la fin de vie

Celle-ci doit beaucoup aux anciens mandats de député de Jean Leonetti, qui a donné son nom à deux lois, votées en 2005 et 2016. La première permettait à un patient atteint d'une maladie incurable de demander l'arrêt d'un traitement médical trop lourd, par directives anticipées ou par une personne de confiance. La seconde, déposée avec le socialiste Alain Claeys, a ouvert la possibilité de la sédation profonde et continue jusqu'à la mort pour les malades en phase terminale.  

"Le médecin est désormais dans l'obligation d'arrêter le traitement de survie si le patient le demande de manière lucide et persistante, développe Jean Leonetti. Cette revendication ne peut pas être refusée à Alain Cocq, de même que la non-souffrance. Si la souffrance est incoercible, le médecin peut même aller jusqu'à l'anesthésie profonde. La loi est sans ambiguïté : l'atténuation de la souffrance prime sur la durée de la vie."  

Mais cette loi Claeys-Leonetti "qui offre des possibilités à certains malades", "en laisse d'autres en nombre au bord du chemin, sans solution", selon le député LREM du Rhône Jean-Louis Touraine, auteur en septembre 2017 d'une proposition de loi ouvrant la possibilité d'une "assistance médicalisée active à mourir".

"Principe supérieur"
L'adjoint à la mairie de Paris Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a rendu visite à Alain Cocq. Les médecins qui le prennent en charge assurent déjà prescrire les doses maximales autorisées pour calmer la douleur. "Je ne vois pas quel est le principe supérieur dans une République laïque qui oblige à maintenir un état de souffrance. Dans le cas d'Alain Cocq, il n'existe aucune solution", clame Romero, dont la voix chavire.

N'est-ce pas un angle mort des lois que Jean Leonetti a présentées ? Le maire d'Antibes souffle. "Ce que veut Alain Cocq, ce n'est pas la non-souffrance, qui peut lui être garantie, mais le droit à demander la mort, que ne prévoit pas la législation française. J'ai le droit de me tuer, je n'ai pas le droit de demander à être tué", insiste l'ancien député et cardiologue, qui a toujours cherché à éviter le changement de paradigme : "Il y a un malentendu persistant. Nous avons fait des lois pour supprimer l'acharnement thérapeutique, pour donner la liberté au malade de poursuivre ou d'arrêter un traitement de survie, d'obtenir la non-souffrance par une sédation profonde et irréversible en fin de vie ; bref, des lois d'accompagnement en fin de vie, pas des lois pour donner la mort. J'entends un certain discours qui veut que l'on aille plus loin, mais plus loin c'est ailleurs. Les lois votées ne transgressent pas l'interdit de tuer."

LIRE AUSSI >> Accompagner la mort jusqu'à la provoquer? Le débat sur l'euthanasie relancé

L'actuelle majorité semble plus encline à lever le tabou. En février 2018, 156 députés, dont Jean-Louis Touraine et 121 autres LREM, demandaient dans une tribune au Monde l'adoption d'une nouvelle loi "sans délai", pour "donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c'est essentiel, de leur destin". Mais depuis la déclaration d'intention, rien à l'horizon parlementaire, alors que le sujet ne clive pas l'opinion publique, en tout cas selon un sondage Ipsos de mars 2019 (commandé par l'ADMD), dans lequel 96% des Français interrogés se disaient favorables à l'euthanasie. "Quand vous avez d'un côté 96 %, de l'autre une infime minorité, c'est un sujet qui fait consensus. C'est donc inéluctable, retarder cette évolution devient coupable", pointe Jean-Louis Touraine. Le député du Rhône s'était vu répondre en 2017 qu'il fallait encore "un peu de temps pour évaluer la loi précédente". "L'évaluation est faite désormais : dans certains cas, cette loi convient ; dans d'autres elle ne convient ni au malade ni au corps soignant",

"L'interdit de donner la mort est un point fondamental"
"Les situations comme celle d'Alain Cocq ne sont pas si marginales que cela. On nous dit que ce ne sont que des cas uniques, mais ces cas uniques prennent la parole tous les ans pour dire leur douleur. Tous les concernés n'ont pas envie de transformer leur souffrance en combat politique, mais ce serait plusieurs milliers de demandes si la France appliquait la législation belge ou suisse", poursuit Jean-Luc Romero.

La France imiterait effectivement certains de ses voisins, des lois ayant été votées en 2001 aux Pays-Bas, en 2002 en Suisse et Belgique, et en 2009 au Luxembourg. "Tous sont en train de bouger, insiste l'adjoint à la mairie de Paris. Peut-être l'Italie, le Portugal et l'Espagne bientôt."  

L'argument ne porte pas pour Jean Leonetti, qui défend au contraire une spécificité française : "Je suis de l'avis de Robert Badinter : dans une société évoluée, l'interdit de donner la mort est un point fondamental, car son absence peut entraîner des dérives dans l'autre sens. La loi suffit à l'objet qu'elle s'est fixé. Sur ces sujets d'éthique, la société a toujours été traversée par des courants contraires, l'un représentant l'autonomie de la personne - "c'est mon choix, c'est mon droit" -, l'autre se plaçant à travers le collectif - "je te protège malgré toi". Un suicidaire réanimé à l'hôpital illustre cette idée de vulnérabilité protégée par rapport à la liberté de choix. C'est un conflit de valeurs qui sera toujours en tension dans la société, entre liberté et défense de la vie, entre vulnérabilité et autonomie", argumente l'élu des Alpes-Maritimes.

LIRE AUSSI >> Emmanuel Hirsch : Vincent Lambert, une mort tristement exemplaire

Jean-Luc Romero avance une autre dualité de points de vue : "On est dans un traitement médical de la question. Les lois Leonetti sont faites par des médecins pour des médecins. On a un mal fou à mettre la personne en fin de vie au centre des décisions. La sédation profonde peut durer une journée à trois semaines. Une semaine dans le cas de Vincent Lambert."  

"Ce qu'il faut, ce sont des lois de soins palliatifs, de non-acharnement thérapeutique, d'accompagnement, pas des lois qui permettent de donner la mort par euthanasie ou suicide assisté, qui revient à faire peser sur le collectif le droit individuel à ne plus souhaiter vivre. Mais si une telle loi venait à être votée, il faudrait qu'elle soit précédée d'un débat, qui aurait un rôle apaisant", anticipe Jean Leonetti. Jean-Louis Touraine le rejoint sur ce point : "Il est temps de légiférer, ce qui ne veut pas dire que c'est simple, car il faut savoir où l'on met exactement le curseur. Nous avons besoin d'un débat approfondi, serein, raisonnable. Sans passion. En écoutant tous les points de vue, mais en offrant une solution."

LIRE NOTRE DOSSIER COMPLET
Fin de vie, euthanasie et suicide assisté

Le cas d'Alain Cocq, qui a décidé de se laisser mourir, relance le débat sur la fin de vie
Fin de vie : un sédatif bientôt disponible pour les soins palliatifs à domicile
Fin de vie : la Haute autorité de santé veut des traitements plus accessibles à domicile
La réouverture de la discussion dans un cadre législatif dépendra aussi de la volonté du président de la République. Si sa majorité est ouverte, le point de vue d'Emmanuel Macron se résume pour l'instant à la réponse qu'il a adressée à Alain Cocq : "Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande", indique dans une lettre le chef de l'Etat. "Avec émotion, je respecte votre démarche", ajoute-t-il. "Je savais à 99,99% que la réponse serait négative. S'il autorisait, cela signifierait qu'il serait un assassin", a commenté Alain Cocq auprès de France 3.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime07.09.20 18:09

Dans une France "en retard" sur l'euthanasie, Alain Cocq veut se laisser mourir en direct
Publié le : 04/09/2020 - 19:29

Atteint d’une maladie orpheline incurable, et faute d'avoir pu obtenir d’Emmanuel Macron le droit à l'euthanasie, Alain Cocq a annoncé qu’il cesserait de se nourrir et s'hydrater à partir du 4 septembre 2020.
Atteint d’une maladie orpheline incurable, et faute d'avoir pu obtenir d’Emmanuel Macron le droit à l'euthanasie, Alain Cocq a annoncé qu’il cesserait de se nourrir et s'hydrater à partir du 4 septembre 2020. © Philippe Desmazes, AFP

Pauline ROUQUETTE France 24

Faute d'avoir pu obtenir d'Emmanuel Macron le droit à l'euthanasie, Alain Cocq, atteint d'une maladie orpheline depuis 34 ans, a annoncé qu'il cesserait de se nourrir et s'hydrater à partir de vendredi. Il a par ailleurs décidé de diffuser sa fin de vie sur Facebook à partir de samedi, afin de "montrer aux Français ce qu'est l'agonie obligée par la loi Leonetti".

Alain Cocq veut mourir. Ce Français âgé de 57 ans se bat depuis plus de 30 ans contre une maladie rare et incurable. Après avoir écrit au président Emmanuel Macron pour l'implorer de le laisser "partir en paix", le quinquagénaire a obtenu, jeudi 3 septembre, une réponse de l'Élysée. "Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande", lui a écrit le chef de l'État.

Les lois dont parle Emmanuel Macron, ce sont les dispositions de la loi Claeys-Leonetti (2005), qui ont pour objet d'éviter les pratiques d'euthanasie, mais aussi d'empêcher l'acharnement thérapeutique. En 2016, une proposition de loi a par ailleurs créé de nouveaux droits en faveur des personnes malades et en fin de vie. En plus de clarifier les conditions de l'arrêt des traitements au titre du refus de l'obstination déraisonnable, le texte instaure un droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Interrogé vendredi par France 24, Philippe Lohéac, délégué général de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) – dont Alain Cocq est membre –, a fait part de sa colère face au retard de la France sur un sujet "qui concerne 100 % des citoyens" et sur lequel les présidents échouent tour à tour. En 2016, dit-il, "François Hollande a fait voter une loi par Jean Leonetti, professeur de médecine et membre de l'UMP 'tradi-catho', qui donne comme seule échappatoire à ceux qui sont en fin de vie, la possibilité de mourir de faim et de soif".

C'est cette voie qu'Alain Cocq se résout à emprunter à partir de samedi. Face au refus d'Emmanuel Macron d'accéder à sa demande de laisser un médecin lui prescrire un barbiturique afin qu'il puisse "partir en paix", Alain Cocq a confirmé son intention de se laisser mourir en cessant toute alimentation, hydratation et traitement dès vendredi "au coucher" – un dernier acte militant pour l'euthanasie.

Le 4 septembre, "au coucher", Alain Cocq, atteint d'une maladie orpheline incurable, cessera tout traitement et toute alimentation.
Le 4 septembre, "au coucher", Alain Cocq, atteint d'une maladie orpheline incurable, cessera tout traitement et toute alimentation. © Philippe Desmazes, AFP
"À force d'être plus intelligent que tout le monde, on est en retard"

Selon un sondage Ipsos diffusé en 2019 par l'ADMD, qui réclame la légalisation de l'euthanasie lorsqu'un patient présente des souffrances graves et incurables, 96 % des Français sont favorables à l'euthanasie. Or, là où plusieurs de ses voisins européens ont d'ores et déjà légalisé l'euthanasie et le suicide assisté, la France, elle, en est "infoutue", dénonce Philippe Lohéac. Pourtant, précise-t-il, les médecins savent le faire. "Ceux-ci rapportent que 0,8 % des décès en France sont l'effet de l'administration d'un médicament létal. Or, 0,8 % sur 600 000 décès annuels, cela peut être comparé aux 3 % des décès par euthanasie des pays du Benelux qui ont légiféré" sur la question.

Ces lois, promulguées en 2001 aux Pays-Bas, en 2002 en Belgique et en Suisse, et en 2009 au Luxembourg, incitent d'ailleurs nombreux patients français à choisir de mourir en dehors des frontières de la France qui, selon le délégué général de l'ADMD, persiste "dans cette supériorité qui consiste à constamment chercher une troisième voie". Une voie "paternaliste" qui refuse l'acharnement thérapeutique, mais juge par ailleurs les législations belge, néerlandaise ou suisse "trop libérales", poursuit Philippe Lohéac. L'Association pour le droit à mourir dans la dignité propose par exemple la simple transposition de la loi belge dans le droit français. "En France, on a toujours besoin de trouver une troisième voie parce qu'on est plus intelligent que tout le monde. Mais à force d'être plus intelligent, on est en retard."

L'influence religieuse dans un pays laïc

Bien qu'elle ne soit pas légale, dans les faits "l'euthanasie existe en France", affirme Philippe Lohéac, évoquant le recours de certains médecins à cette pratique "sous le manteau". Toutefois, développe-t-il, ceux-ci, "opposés à la démocratie sanitaire", se montrent réticents à l'idée de se voir dicter leur conduite par le législateur.

Outre le refus de certains médecins d'une législation sur l'euthanasie, le délégué général de l'ADMD pointe par ailleurs l'influence non négligeable des responsables religieux dans l'inertie des dirigeants politiques français.

"Peu de temps après être arrivé au pouvoir, Emmanuel Macron a fait un dîner à l'Élysée auquel étaient conviés Jean-Luc Romero-Michel (président de l'ADMD), Noëlle Châtelet (sociologue et sœur de Lionel Jospin, dont la mère a créé l'ADMD), mais aussi les représentants religieux qui étaient là pour dire 'c'est pas bien'", raconte Philippe Lohéac. "C'est frappant de voir qu'à chaque fois qu'il y a une décision bioéthique, que le président s'informe sur ces sujets, il réunit les responsables des grandes religions monothéistes", poursuit-il, évoquant également la place qu'ont eue ces personnalités dans les débats relatifs à l'IVG ou encore au mariage homosexuel. "Les religions indiquent que la vie ne vous appartient pas et que vous n'avez pas le droit de décider si vous allez devenir une mère ou pas, si vous allez vous marier avec une personne du même sexe ou pas, si vous avez le droit de mourir comme vous voulez ou pas… Et d'ailleurs si vous vous suicidez, vous n'avez pas le droit d'aller au paradis ! Très bien pour les religions, sauf qu'on est dans une république laïque."

Ayrault, Valls et Fabius étaient pourtant favorables à l'euthanasie

Ces dernières années, la France a pourtant effleuré l'hypothèse d'un changement de législation en matière de fin de vie. Lors de l'élection présidentielle de 2012, la modification de la loi Leonetti faisait d'ailleurs partie des 60 engagements du candidat socialiste, François Hollande qui, bien que n'employant pas le terme d'"euthanasie", proposait néanmoins de mettre en place "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

À peine trois ans plus tôt, lors de la présidence de Nicolas Sarkozy, une proposition de loi présentée par les socialistes Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Laurent Fabius, introduisait la nécessité de "franchir un nouveau pas" par rapport à la loi de 2005. "Notre pays est prêt à autoriser que l'on accède à la demande des personnes dont les souffrances sont telles qu'elles souhaitent, de la part des personnes qui les soignent, une aide active pour mettre fin à leur vie", écrivaient-ils. Mais à l'arrivée de François Hollande à l'Élysée, et alors que chacun d'eux a occupé une place de choix au sein du gouvernement Ayrault, le trio n'a pas impulsé le changement en faveur duquel il avait autrefois œuvré.

"Je ne décolère pas de ça !", lance Philippe Lohéac qui, sur Twitter, a dénoncé vendredi l'attitude de ces trois personnalités politiques qu'il accuse d'avoir "renié leur engagement pour permettre à Jean Leonetti de faire voter une loi inhumaine et injuste".

"On n'a pas avancé sur le sujet", déplore le délégué général de l'ADMD. "Après son départ de l'Élysée, François Hollande a écrit un bouquin ("Les leçons du pouvoir", éditions Stock) dans lequel il dit : 'J'aurais dû légaliser l'euthanasie'… On a envie de pleurer quand on lit ça !"

Mardi, sur Facebook, Alain Cocq avait prévenu. "Si la réponse [de l'Élysée] est positive, le samedi 5 septembre dans l'après-midi, je prendrai en direct mon bonbon, comme je l'appelle, et je m'endormirai d'un sommeil qui m'apportera le soulagement permanent de toutes mes douleurs. Dans le cas d'un refus, qui sera la réponse fort probable, vendredi 4 septembre au coucher j'arrêterai toute alimentation, toute hydratation, tout traitement hormis la morphine, et tout soin."

"C'est ça, la loi Leonetti", pose Philippe Lohéac, qui affirme que l'ADMD a régulièrement Alain Cocq au téléphone. "Aujourd'hui, c'est Alain Cocq, demain, ce sera quelqu'un d'autre."

En janvier dernier, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, avait promis un nouveau plan d'accompagnement de la fin de vie et des soins palliatifs. Un dossier retardé par l'arrivée de la pandémie de Covid-19.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime07.09.20 19:58

L’état de santé d'Alain Cocq s’est encore dégradé
Par F. J. - 18:52 | mis à jour à 18:58 - Temps de lecture : 1 min
3| | Vu 2289 fois

Alain Cocq a cessé de s'alimenter et de s'hydrater depuis le samedi 5 septembre à minuit. Photo AFP/Philippe DESMAZES

La situation d'Alain Cocq, ce Dijonnais de 57 ans atteint d’une maladie orpheline incurable, et qui veut se laisser mourir afin de « montrer aux Français ce qu’est l’agonie obligée par la loi Léonetti », continuait de se dégrader ce lundi.

« Il est quasiment inconscient et ne peut pratiquement plus communiquer avec l'extérieur », expliquait en effet, ce lundi, en fin d’après-midi, Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association « Handi mais pas que » et mandataire du quinquagénaire.

Alain veut mourir chez lui
« Son médecin traitant est passé aujourd’hui à son domicile. Je lui ai demandé d’augmenter la dose de morphine prescrite à Alain pour qu’il souffre moins, sans pour autant atteindre la dose létale. Mais il a refusé*. Alain m'a demandé de faire respecter ses dernières volontés, et notamment son souhait de mourir chez lui. Je le ferai jusqu’au bout. »

Sophie Medjeberg demande par ailleurs « un peu de décence à ceux qui voudraient se saisir de la cause d'Alain pour en faire n'importe quoi, en cessant notamment de se présenter à son domicile ou de tenter de le joindre par téléphone. Il est entouré par quelques soignants, dont la tâche est très difficile, ainsi que par des membres de sa famille et quelques amis de très longue date. Sa situation n'est pas un spectacle auquel chacun peut venir assister ».

* Joint par téléphone, ce médecin a refusé de s’exprimer.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 10:26

Ne pas respecter le choix de fin de vie d'Alain : la honte !
FRANCIS CARRIER 5 SEPTEMBRE 2020 (MISE À JOUR : 5 SEPTEMBRE 2020)
Ne pas respecter le choix de fin de vie d'Alain : la honte !
Vivre sous contrainte d'une loi qui ne respecte pas le souhait profond des personnes, est-ce cela la justice ?

Alain est atteint d’une maladie orpheline et depuis 2 ans est en soins palliatifs. Il ne se nourrit plus (sonde gastrique), il ne s’hydrate plus (perfusion) , sous oxygène, des poches recueillent ses matières fécales et son urine.

Aujourd’hui il réclame de pouvoir être assisté dans son désir de mourir.

Il ne veut pas d’une sédation qui l’endormirait, il veut mourir en pleine conscience, dans la dignité.

Pourquoi ne peut-on pas répondre à sa demande ?

La crise sanitaire que nous traversons nous a montré toute la difficulté d’accompagner dignement les personnes âgées ; combien d’exemples d’abandon, d’isolement, de mort dans des situations scandaleuses ? Combien de vieux sont morts de façon indigne et pour certains dans la souffrance ? Peu de voix se sont élevées pour dénoncer ces situations !

Comment peut-on continuer à nier le droit à pouvoir finir sa vie comme on le souhaite, dans le respect de la volonté de personnes âgées ou atteintes de maladies incurables qui ne veulent plus vivre un enfer quotidien ?

Le témoignage d’Alain percute de plein fouet toutes les joutes oratoires autour de la fin de vie. Le suicide assisté enlève la responsabilité aux équipes soignante d’avoir une démarche active pour provoquer la mort de quelqu’un. Mais si cette personne choisit d’appuyer sur le bouton pour se donner la mort, n’est-ce pas la façon la plus humaine d’en finir ? Comme le dit Philippe Bataille : «La médecine des personnes âgées ne peut pas tourner indéfiniment le dos à la liberté et à la mort».

D’un côté notre société ne sait pas accueillir les vieux et ne sait pas maintenir leur désir de vivre et de l’autre côté on leur interdit leur droit de pouvoir en finir : ultime liberté. Cette situation paradoxale est en fait surtout liée à des positions morales ou religieuses.

Lorsque j’ai fait piquer mon chien, je ne l’ai pas fait pour me débarrasser d’un problème mais pour lui éviter de souffrir. Quand est-ce que les législateurs, les élus vont entendre cela et accorder le droit à l’aide à mourir quand la personne le souhaite ?

Lien facebook

Lien Youtube

dernière minute :

Fin de vie : Facebook bloque la vidéo d’Alain Cocq
Réseaux sociaux.
Facebook a bloqué samedi midi la diffusion en vidéo de l'agonie du militant pour une fin de vie «digne», Alain Cocq. Atteint d’une maladie incurable, cet homme de 57 ans avait décidé de se laisser mourir en direct sur le réseau social. «Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l’attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d’experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d’Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide», a déclaré à l’AFP un porte-parole de Facebook.

«A vous de jouer», a écrit Alain Cocq à l’intention de ses soutiens avant de donner l’adresse de Facebook France à Paris pour «faire savoir ce que vous pensez de ses méthodes d’entrave à la liberté d’expression». «Un système de repli sera actif d’ici 24 heures» pour diffuser de la vidéo, a-t-il assuré.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 12:41

EXCLU - Euthanasie: Le Pr Emmanuel Hirsch estime que la situation d'Alain Cocq est un véritable scandale: "Il y a beaucoup d'inhumanité dans la réponse qui n'a pas été apportée" - VIDEO
Vidéos | Alain Cocq, morandini live, euthanasie, santé, cnews, video

Ce matin, en direct dans "Morandini Live" sur CNews et Non Stop People, Jean-Marc Morandini proposait un débat sur l'euthanasie alors qu'Alain Cocq, qui souffre d'une maladie incurable, a interrompu vendredi soir tout traitement et alimentation faute d'avoir obtenu du président Emmanuel Macron une injection de barbituriques "à titre compassionnel" pour abréger ses souffrances.

Sur le plateau, le professeur Emmanuel Hirsh a estimé que la situation d'Alain Cocq - "je voulais lui dire mon soutien' - est un véritable "scandale". "Je trouve que c'est un acte politique fort qui va bouleverser, à mon avis, notre relation au législateur par rapport à la loi de 2016. Cette loi indique qu'une personne dans un état grave ou pour laquelle il n'y a pas de traitement avéré peut solliciter de la part du médecin une assistance médicalisée en fin de vie", a déclaré le professeur d’éthique médicale.

Et d'ajouter : "Je comprends qu'une personne aspire, au nom de sa dignité et de ses valeurs, à une assistance médicalisée en fin de vie (...) Aujourd'hui, la dignité politique aurait été d'éviter ce scandale. Pour moi, c'est un scandale parce qu'il y a beaucoup d'inhumanité dans la réponse qui n'a pas été apportée. Ca aurait pu se passer d'une manière plus privée. C'est une affaire singulière, subtile, difficile et complexe".

"Alain Cocq a fait de son acte, un acte politique. Il a voulu, comme militant, aller jusqu'au bout de ses engagements. On n'a pas apporté la réponse et maintenant le législateur et les politiques doivent assumer leurs responsabilités. La loi du 2 février 2016 qui crée des nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, que cette loi puisse être revue. On voit aujourd'hui les obstacles auxquels est confrontée une personne humainement dépendante de la bonne volonté de politiques", a conclu Emmanuel Hirsh.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 14:17


Fin de vie d'Alain Cocq : "Si la loi est ambiguë, il faut la clarifier"
10h36, le 05 septembre 2020

Alain Cocq compte se laisser mourir. 8:15
Alain Cocq compte se laisser mourir. © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Invitée samedi d'Europe 1, la médecin Véronique Fournier a réagi au débat autour de la situation d'Alain Cocq, ce patient atteint d'une maladie incurable et qui a cessé son traitement après s'être vu refusé la possibilité d'un suicide assisté. Pour elle, la loi Claeys-Léonetti de 2016 sur la fin de vie n'est pas assez claire.
INTERVIEW
C'est une affaire qui relance une nouvelle fois le débat sur la fin de vie. Dans la nuit de vendredi à samedi, Alain Cocq, atteint d'une maladie incurable, a annoncé avoir cessé son traitement, toute alimentation et hydratation, pour se laisser mourir en direct, afin de dénoncer "l'agonie" contrainte par la loi actuelle sur la fin de vie. Une démarche qui fait suite au refus d'Emmanuel Macron de l'aider à mourir en autorisant un suicide assisté par la prescription d'un barbiturique. Invité samedi d'Europe 1, Véronique Fournier, médecin et ancienne présidente du Centre national de soins palliatifs et de la fin de vie est revenue sur cette affaire. Selon cette spécialiste, l'un des problèmes ayant mené à cette situation est le manque de clarté de la loi Claeys-Léonetti de 2016.

"Qu'Alain Cocq considère que la vie qu'il doit continuer à vivre est insupportable, et qu'il souhaite l'interrompre, est selon moi un droit absolu de tout citoyen arrivé à cet endroit de sa souffrance et de sa maladie", assure tout d'abord Véronique Fournier au micro de Frédéric Taddeï dans C'est arrivé cette semaine, plaisant pour un "droit à la non-obstination déraisonnable". Or, rappelle-t-elle, Alain Cocq, militant de la fin de vie "digne", est "maintenu en vie par beaucoup d'assistance, de sondes, de tuyaux, par une alimentation artificielle", et se trouve dans un "grand état de dépendance et de déclin". Et de poursuivre : "Qu'il dise que ça suffit, on ne peut que le respecter et l'accompagner".

L'injection de barbiturique réclamée par le patient est aujourd'hui illégale, la France n'autorisant pas le suicide assisté dans la loi. Mais la loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise d'autres la sédation profonde "justement pour pouvoir accompagner ces personnes quand elles arrêtent toute médecine et assistance et qu'elles n'en souffrent pas", rappelle encore Véronique Fournier. Seulement, cette sédation est autorisée uniquement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme". Or Alain Cocq ne peut lui pas prouver que sa fin de vie approche à court terme.

Des médecins "farouchement braqués" sur la question du délai
Pour l'invitée d'Europe 1, le problème vient des différentes interprétations de la loi par les professionnels. "Je connais plein de médecins qui aurait dit à Alain Cocq : 'Je suis prêt à vous accompagner, à être chez vous et mettre en place la sédation profonde et continue jusqu'au décès, de façon à ce que vous ne souffriez pas'. Malheureusement, beaucoup de gens ont compris la loi Claeys-Léonetti différemment, et disent : 'Si le patient ne va pas mourir dans les 48 heures, je ne le fais pas". Et Véronique Fournier de conclure : "Si la loi est ambiguë, il faut la clarifier, l'expliciter davantage".

Car pour l'ancienne présidente du Centre national de soins palliatifs et de la fin de vie, si le cas d'Alain Cocq entre bien dans le cadre de la loi, il y a "des interprétations possible de la loi sur le terrain", et dans le monde médical, on trouve des médecins et des soignants " farouchement braqués" sur la question du délai. Elle plaide en tout cas pour accompagner Alain Cocq "dans toute la compassion solidaire qu'on peut lui apporter en tant que société". Et cet accompagnement "est possible avec la sédation profonde et continue jusqu'au décès".
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 16:20

Alain Cocq a-t-il été hospitalisé ?
Alain Cocq, ce Dijonnais de 57 ans qui demande le droit de mourir de manière assistée, a-t-il été hospitalisé ces dernières heures ?
Par B. G. et V. L. - 15:06 | mis à jour à 15:12 - Temps de lecture : 1 min
| | Vu 2726 fois

Alain Cocq. Photo archives LBP /Rémy Dissoubray

Vers 14 h 30, ce mardi après-midi, Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association « Handi mais pas que », et qui se présente comme mandataire d’Alain Cocq, a communiqué sur Facebook.

Depuis plusieurs jours, elle s’occupe de donner des nouvelles de ce Dijonnais de 57 ans, atteint d’une maladie orpheline incurable, qui veut se laisser mourir.

Selon elle, le quinquagénaire aurait été « hospitalisé » sans le « consentement » de cette personne de confiance. Elle a ajouté : « Je n’ai plus aucun contact avec Alain depuis hier 22 heures (lundi soir, ndlr). »

Contactée, la communication du centre hospitalier universitaire (CHU) Dijon-Bourgogne n’a pas souhaité confirmer ou infirmer l’information, mettant en avant le secret médical.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 16:27

Alain Cocq a été hospitalisé au CHU de Dijon
INFO RTL - Près de quatre jours après l'arrêt de ses traitements, Alain Cocq, atteint d'une maladie incurable, a été hospitalisé ce lundi 7 septembre au soir.
Alain Cocq, le 12 août 2020
Alain Cocq, le 12 août 2020
Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP

Frédéric Perruche
Journaliste RTL

PUBLIÉ LE 08/09/2020 À 15:19
Alain Cocq, ce Dijonais souffrant d'une maladie incurable, a interrompu tout traitement  et alimentation vendredi 4 septembre, dans le but de se laisser mourir. Ce lundi 7 septembre, Sophie Medjeberg, désignée par Alain Cocq pour faire le lien avec les médias avait déclaré qu'il était fortement déshydraté.

Selon nos informations, dans la soirée de lundi, Alain Cocq a été hospitalisé au CHU de Dijon. L'information nous a été confirmée par l'association Handi-Mais-Pas-Que, dont Sophie Medjeberg est la présidente et par l’auxiliaire de vie. Contacté, le CHU de Dijon, n'a pas communiqué sur cette hospitalisation mais n'a pas démenti pas.

Une question demeure : cette hospitalisation est-elle voulue par Alain Cocq lui même ? "Non", pensent ses proches. Ce lundi, après trois jours d'interruption des traitements, Alain Cocq connaissait "une déshydratation importante et des pertes momentanées de conscience".
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 16:36

Le dijonnais Alain Cocq a t'il changé d'avis face à la mort ?
Mardi 8 septembre 2020 à 16:09 - Par Christophe Tourné, France Bleu Bourgogne
Dijon, France
Dans une vidéo publiée ce mardi sur sa page Facebook, la vice présidente de l'association "Handi mais pas que" accuse les autorités médicales d'avoir hospitalisé Alain Cocq dont l'état de santé s'aggravait, malgré sa volonté de se laisser mourir.

Jean-Luc Romero, président de l'ADMD au chevet d'Alain Cocq
Jean-Luc Romero, président de l'ADMD au chevet d'Alain Cocq © Radio France - Olivier Estran
Alain Cocq est il revenu sur sa décision de mourir ? Selon Sophie Medjeberg, la vice présidente de l'association « Handi mais pas que », le dijonnais de 57 ans aurait été hospitalisé lundi au CHU de Dijon suite à une aggravation de son état de santé.

Elle explique dans une vidéo publiée ce mardi 8 septembre sur sa page Facebook qu'Alain Cocq aurait accepter de se faire soigner. Une décision que Sophie Medjeberg conteste étant donné qu'Alain Cocq avait annoncé son choix de se laisser mourir. Elle affirme l'avoir eu au téléphone, mais ne pas pouvoir vérifier que ce revirement est réellement le choix de cet homme atteint d'une maladie orpheline incurable.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 16:49

Droit de mourir : une médecin protestante réagit au choix d’Alain Cocq
Fin de vieEn France, l'euthanasie demeure illégale, bien que la loi Claeys-Leonetti autorise dans certains cas une sédation profonde et continue. - @Javier Matheu / Unsplash
Publié le 8 septembre 2020 (Mise à jour le 8/09) Imprimer  Télécharger le PDF
Par Augustine Passilly
Une injection létale étant interdite en France, ce patient atteint d’une maladie incurable a décidé de se laisser mourir. La praticienne Béatrice Birmelé estime que la médiatisation de cette affaire empêche la prise d’une décision adaptée.

Extrêmement sensible, la question du respect de la dignité des personnes en fin de vie mérite d’être traitée dans l’intimité du cercle familial et de l’équipe médicale. Voilà en substance la réaction de la protestante Béatrice Birmelé à l’annonce le 4 septembre de la décision d’Alain Cocq de se laisser mourir après qu’Emmanuel Macron ait refusé de l’autoriser à se faire administrer des barbituriques – médicaments qui lui auraient permis de s’endormir sans souffrir.

Selon cette néphrologue médecin en hospitalisation à domicile et directrice de l’espace de Réflexion éthique de la région Centre-Val-de-Loire, la médiatisation de cette affaire empêche les professionnels de santé d’apporter une solution adéquate à ce Dijonnais de 57 ans atteint d’une maladie incurable.

Une potentielle instrumentalisation
« L’euthanasie est illégale », rappelle Béatrice Birmelé, soulignant que le président n’a eu d’autre choix que de répondre négativement à la demande de ce patient. Pour autant, la médiatisation de cette affaire a fait obstacle à une alternative décente. « Du fait qu’il ait écrit à l’Elysée et qu’il soit soutenu par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité qui milite pour l’euthanasie, on ne peut plus rien faire pour lui. Or, il aurait fallu qu’une décision soit prise dans l’intimité en fonction de ce qui s’avère le mieux pour lui », estime la médecin protestante.

Béatrice Birmelé dénonce donc une potentielle instrumentalisation de son cas, empêchant de savoir quelle est vraiment sa volonté. « C’est malsain et me laisse terriblement mal à l’aise. Heureusement que Facebook n’a pas permis la diffusion », poursuit-elle.

La loi Claeys-Leonetti en question
D’après Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, désignée par Alain Cocq pour faire le lien avec les médias, « il faut un amendement à la loi Leonetti au nom d’Alain au bout du combat qu’il m’a transmis ». Actualisé en 2016 sous le nom de « Claeys-Leonetti », ce texte autorise une sédation profonde et continue « dans le cas d’une douleur et d’une souffrance irréversibles en situation de fin de vie », précise Béatrice Birmelé, expliquant que la définition de ces maux en termes de durée reste à déterminer en pluridisciplinarité pour chaque personne concernée.

Selon elle, « le système législatif français laisse beaucoup de possibilités » en matière de soins palliatifs. Encore faut-il laisser la procédure collégiale prise par l’équipe soignante aboutir. Ce que l’ampleur de cette affaire a pu empêcher, craint la spécialiste.

Souplesse dans les situations extrêmes
Une opposition binaire entre pro-euthanasie et opposants ne suffit en tout cas pas à répondre à la complexité de ce sujet. « Dans certaines situations extrêmes, on doit pouvoir faire un geste d’euthanasie mais en évitant toute dérive », insiste Béatrice Birmelé. Elle illustre la souplesse de la juridiction sur la fin de vie avec l’histoire de Vincent Humbert, jeune homme devenu muet, tétraplégique et presque aveugle après un accident de voiture, dont le médecin avait bénéficié d’un non-lieu bien que lui ayant administré une dose de chlorure de potassium létale.

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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime08.09.20 17:33

Fin de vie : Alain Cocq, qui avait décidé de se laisser mourir, a été hospitalisé
Atteint d'une maladie incurable, Alain Cocq a été hospitalisé, inconscient, 4 jours après avoir arrêté son traitement pour se laisser mourir.

Le malade incurable Alain Cocq sur son lit, à son domicile de Dijon (Côte-d\'Or), le 12 août 2020. Le malade incurable Alain Cocq sur son lit, à son domicile de Dijon (Côte-d'Or), le 12 août 2020. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
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franceinfo avec AFP
France Télévisions
Mis à jour le 08/09/2020 | 17:22
publié le 08/09/2020 | 17:14

Le militant de la fin de vie "digne'" Alain Cocq a été hospitalisé lundi soir après 4 jours sans traitement ni alimentation, a rapporté mardi 8 septembre sa mandataire. "Il a été hospitalisé hier soir après une intervention du Samu. Je pense qu'il n'était pas conscient", a déclaré Sophie Medjeberg, vice-présidente de l'association Handi-Mais-Pas-Que, qui dit craindre que le malade ait été conduit à l'hôpital et soigné contre sa volonté. Ce qu'elle n'a pu confirmer auprès de l'intéressé.

Alain Cocq, atteint d'une maladie incurable, avait annoncé dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre sur Facebook, interrompre traitement, alimentation et hydratation, se laissant ainsi mourir en direct afin de dénoncer "l'agonie" contrainte par la loi actuelle sur la fin de vie. Le réseau social a toutefois annoncé avoir bloqué cette diffusion en vidéo.


Emmanuel Macron refuse le suicide assisté

Alain Cocq avait peu auparavant essuyé un refus du président Emmanuel Macron de l'aider à mourir en autorisant un suicide assisté. "Votre souhait est de solliciter une aide active à mourir qui n'est aujourd'hui pas permise dans notre pays", a écrit le président de la République en réponse à la demande d'Alain Cocq d'autoriser un médecin à lui prescrire un barbiturique, "à titre compassionnel", afin qu'il puisse "partir en paix".

La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme". Or le malade incurable ne pouvait alors pas prouver que sa fin de vie approchait à court terme.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 0:10

Alain Cocq accepte les soins palliatifs après quatre jours d’agonie
FIN DE VIE « Je suis désolé mais j’ai besoin de sérénité pour partir en paix », a déclaré Alain Cocq

20 Minutes avec AFP
Publié le 08/09/20 à 21h06 — Mis à jour le 08/09/20 à 21h48

Dijon (Côte-d'Or), le 12 Août 2020. Alain Cocq a décidé de cesser de s'alimenter et de s'hydrater pour pouvoir bénéficier d'une euthanasie active.
Dijon (Côte-d'Or), le 12 Août 2020. Alain Cocq a décidé de cesser de s'alimenter et de s'hydrater pour pouvoir bénéficier d'une euthanasie active. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
Après quatre jours d’agonie, sans traitement et alimentation, Alain Cocq, atteint d’une maladie incurable et qui voulait se laisser mourir, a finalement accepté de bénéficier de soins palliatifs, ce mardi.

Alain Cocq a «été hospitalisé hier (lundi) soir après une intervention du Samu », a indiqué mardi Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, confirmant une information de la radio RTL.

Pour sa mandataire, « on l’a aidé à prendre cette décision »
L’avocate, désignée comme mandataire par le Dijonnais pour l’assister dans sa fin de vie, avait dans un premier temps confié craindre que le malade ait été transporté au CHU de Dijon et soigné contre sa volonté. Mais il lui a confirmé au téléphone qu’il avait réclamé des soins palliatifs. « Il a bien récusé le refus de soins. Il souffrait trop, c’était trop dur. Il souhaite toujours partir mais dans un processus sans souffrance. C’était trop difficile », a-t-elle déclaré. Sophie Medjeberg n’était pas en mesure de préciser mardi soir si Alain Cocq, 57 ans, était de nouveau nourri et hydraté. Sa mandataire avait contacté le médecin traitant du malade lundi soir pour lui demander de prodiguer des soins de confort. L’auxiliaire de vie qui accompagne Alain Cocq avait constaté qu'« il était délirant, avait de la mousse aux lèvres et du sang dans les selles ».

Malgré la confirmation d’Alain Cocq, Sophie Medjeberg reste convaincue « qu’on l’a aidé à prendre cette décision », même si elle affirme « respecter son choix ». En « phase terminale depuis 34 ans », comme il l’affirme, Alain Cocq souffre d’une maladie génétique rare très douloureuse qui bloque ses artères. Faute d'avoir obtenu du président Emmanuel Macron une injection de barbituriques « à titre compassionnel » pour abréger ses souffrances, il avait décidé de se laisser mourir chez lui, cessant tout traitement, alimentation et hydratation depuis vendredi soir. La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, n’autorise la sédation profonde que pour les personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Ce qu’Alain Cocq ne peut prouver.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 9:51

Décidé à se laisser mourir, Alain Cocq a finalement accepté d’être hospitalisé
09/09/2020 à 07h33

Décidé à se laisser mourir, Alain Cocq a finalement accepté d’être hospitalisé. Ce Dijonnais de 57 ans qui souffre d'une maladie incurable avait décidé d'arrêter tout traitement et alimentation et de filmer son agonie.
Elle aura passé des heures à insister au standard de l'hôpital, mais finalement, mardi après-midi, la mandataire et amie d'Alain Cocq, est parvenue à l'avoir au téléphone. "Il m'a réitéré trois fois qu'il voulait partir: 'Je suis fatigué Sophie, je n'en peux plus, je veux partir', m'a-t-il dit", raconte Sophie Medjeberg à RMC.

Alain Cocq, 57 ans, est à bout de force, et sujet à d'atroces souffrances en raison d'une maladie incurable. Après quatre jours à refuser de s'alimenter pour se laisser mourir, le Dijonnais a finalement accepté d'être pris en charge et placé en soins palliatifs.

Mais sa mandataire redoute que désormais, sa volonté soit négligée: "Je crains qu'ils ne le remettent sur pied et qu'il retourne dans ce corps qui le fait souffrir", explique Sophie Madjeberg. Réalimenter et réhydrater Alain Cocq, c'est en effet une des deux options qui s'offrent désormais à l'équipe soignante. Considérant, comme le dit la loi, qu'Alain Cocq n'est pas en fin de vie.

Une sédation palliative ?
Mais selon Bernard Senet médecin, militant pour le droit à mourir dans la dignité, les soignants ont aussi une autre solution: "Il s'agit d'un homme qui a demandé à partir et a qui on a refusé ce droit parce qu'on n'a pas le droit d'aider les gens à mourir et qui a décidé de le faire tout seul. Je pense qu'il serait respectueux de mettre en place une sédation pour lui", plaide-t-il.

La sédation palliative consiste à "diminuer la vigilance pouvant aller jusqu'à la perte de conscience" afin de "faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient", précise la Haute autorité de Santé.

En attendant, les médecins doivent définir dans quel état de santé se trouve Alain Cocq. Ils doivent notamment estimer si ses quatre jours sans boire ont causé des lésions irréversibles, à son foie notamment.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 10:40

Fin de vie : Alain Cocq "nous incite à réfléchir", dit le professeur Régis Aubry
La situation d'Alain Cocq fait ressurgir le débat sur la législation autour de la fin de vie en France. Nous avons interrogé le professeur Régis Aubry, membre du conseil consultatif national d'éthique et qui a longtemps dirigé le service des soins palliatifs à l'hôpital de Besançon.

Publié le 08/09/2020 à 17h01 • Mis à jour le 08/09/2020 à 18h51
Archives.
Archives. • © France 2
Côte-d'Or Dijon Bourgogne
Alain Cocq est un Dijonnais atteint d'une maladie incurable. Vendredi, il a interrompu tout traitement et toute alimentation pour se laisser mourir. Avant cela, il avait interpellé le président de la République pour obtenir "à titre compassionnel" une injection de barbituriques pour abréger ses souffrances. Demande rejetée par le chef de l'État, "une aide active à mourir qui n'est aujourd'hui pas permise dans notre pays", avait indiqué Emmanuel Macron.

Nous avons interrogé le professeur Régis Aubry autour de la situation de cet homme. Le médecin a longtemps dirigé le service des soins palliatifs du centre hospitalier universitaire de Besançon et est membre du conseil consultatif national d'éthique, organisme régulièrement saisi par les pouvoirs publics pour réfléchir "sur des sujets de société liés à l’évolution des connaissances dans le domaine des sciences de la vie et de la santé", comme l'indique le site internet du conseil.

Régis Aubry : La médiatisation de cette histoire a tendance à réduire un peu le champ, la complexité de sa réalité. Alain Cocq est quelqu'un qui est atteint d'une maladie rare, si j'ai bien compris.

Il ne souhaite plus vivre dans les circonstances qui caractérisent son existence et qui en est rendu à arrêter de se nourrir, en demandant même à ce que l'on filme sa toute fin de vie.

D'une part, je conçois qu'on ait une revendication relative à l'évolution de la loi. Mais la loi française actuelle permet tout de même, si ce monsieur est en souffrance physique ou morale, d'utiliser ce qu'on appelle la sédation profonde et continue jusqu'à son décès.

À partir du moment où il décide de ne plus se nourrir, sa survie, compte tenu de son état général, sera relativement brève. Et la loi autorise à le priver de sa conscience s'il ne souhaite pas être conscient.


Vous parlez de l'écho médiatique autour de son cas. Vous pensez que ça peut faire avancer la cause qu'il défend ?

Régis Aubry : La démarche de ce monsieur est une démarche où il revendique effectivement une évolution du droit. Il a une légitimité à cela. Je ne vois pas de critique à cet égard. Mais j'ai souvent le sentiment que les demandes comme celle-ci ne font qu'attiser les positions complètement opposées qui existent dans notre pays, assez réduites à des pour ou des contre.

Alors que pour moi, en tant que membre du comité consultatif national d'éthique, un des enjeux est peut-être de se dire : "Qu'est-ce qui fait discussion ?" Et "en quoi les dispositions légales actuelles sont irrespectueuses du désir d'une personne de ne plus vivre dans l'état où elle vit ?" Ma réponse est plus pondérée que "il faut faire avancer la loi" ou "il ne faut pas la faire avancer".

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il y a lieu d'étudier chaque situation singulière. Et dans l'absolu, j'aimerais qu'on puisse répondre à une situation singulière par une réponse singulière.


Des situations très médiatisées, il y en a eu plusieurs. Vincent Lambert, Chantal Sébire… Vous pensez qu'à chaque fois, cela fait évoluer le débat ?

Régis Aubry : Oui. De toute façon, les revendications imposent la réflexion. C'est-à-dire qu'on porte au public des situations très singulières. Souvent, le législateur s'empare de ces situations médiatisées pour demander une réévaluation de la loi par exemple. Pourquoi pas.

Par définition, cette loi comme les autres n'est pas figée dans le marbre. Le droit est vivant, il peut être révisé.

Il faut interroger une évolution dans le domaine de la médecine moderne qui, si elle guérit de plus en plus de personnes, produit aussi de temps en temps des situations épouvantables de survie.

Pour ce monsieur les choses sont différentes. Il est atteint d'une maladie rare. Cette maladie génère une forme de handicap chez lui. Et il a atteint, de ce que j'ai lu, un degré d'inacceptabilité du handicap, par rapport au sens qu'il donne à son existence. Donc il revendique le droit de s'arrêter de vivre lorsque sa vie n'a plus de sens.

Le moyen dont on dispose en France aujourd'hui consiste à utiliser des produits sédatifs profonds pour entraîner une espèce de coma qui enlève toute conscience douloureuse de la situation dans laquelle il est. Il est possible que ce monsieur fasse cette démarche. En tout cas, cela rentre dans le droit français.


La prise d'un médicament est encore proscrite par la loi ?

Régis Aubry : La prise d'un médicament létal, qui ferait mourir, n'est pas autorisée par la loi. On peut comprendre que dans des situations singulières, la question puisse se poser. Elle se pose.

Mais on comprend aussi que la loi sert le global, le général. C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'hésitations dans tous les pays, hormis quelques uns, pour autoriser l'accès à des produits qui font mourir en quelque sorte.

Cela fait discussion et c'est normal que cela fasse discussion, me semble-t-il. Ce n'est pas quelque chose de simple. Vous voyez un peu l'usage ou le mésusage qu'on pourrait faire d'un droit qui ouvrirait toutes les vannes entre guillemets.

Même en Belgique et aux Pays-Bas, l'euthanasie est dépénalisée, elle n'est pas légalisée. C'est-à-dire qu'il y a des conditions extrêmement strictes pour pouvoir accéder à cela.

Je pense que le but de ce monsieur est d'être encore utile au moment même où il va quitter la vie. Il nous incite à réfléchir. Il nous pose des questions pour nous obliger à aller plus loin que le droit français. Et je trouve qu'en cela, c'est important.

Mais il faut bien restituer cela. Cela ne se réduit pas à être pour ou contre l'euthanasie. C'est qu'est-ce qu'on fait finalement dans nos sociétés des personnes qui sont arrivées du fait d'une maladie à un état incompatible avec le sens qu'elles donnent à leur existence.

Est-ce que cette situation de souffrance existentielle doit faire bouger la loi ? Ou est-ce que l'application du droit français aujourd'hui suffit ? C'est-à-dore on endort totalement les gens, on arrête la conscience des gens et ils décèdent dans une situation où ils ne sont pas conscients et donc à priori pas souffrants.

Je pense que c'est discutable. Peut-être que ce monsieur cherche à ce qu'on discute de cela.


Vous pensez que sa démarche va permettre qu'on ait une discussion constructive pour que la loi puisse être rediscutée, pour que ça créé un débat public ?

Régis Aubry : Souvent, les démarches individuelles comme celle-ci, qui sont médiatisées, attisent des camps qui s'opposent. Des camps favorables et des camps défavorables. Il y a des mouvements très forts en France.

Il est parfois difficile de poser calmement les enjeux d'un débat. De se dire : est-ce qu'il faut que dans des situations exceptionnelles – on pourrait considérer que ce monsieur est dans une situation exceptionnelle – la loi permette ce qu'elle interdit globalement ?

C'est des questions qui doivent être posées. Le comité consultatif national d'éthique, dont je fais partie, s'intéresse à cette approche individuelle, exceptionnelle finalement, de la décision dans des situations de fin de vie.

Heureusement que ça fait débat. C'est le jour où ça ne fait plus débat que c'est dangereux. Le jour où on banalise ces situations, où on estime que ça ne fait plus discussion, pour moi c'est dangereux. Que ça fasse débat et que régulièrement la société soit amenée à réfléchir à ces situations là, c'est heureux dans une société démocratique.

Par contre, vouloir imposer une façon de faire et une façon de penser et considérer que la façon dont l'autre pense n'est pas bonne parce qu'elle est opposée à la sienne, c'est à mon avis dramatique. Malheureusement, les débats se réduisent souvent à cette approche très binaire.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 18:31

[size=42]Alain Cocq accepte de se réalimenter et annonce son retour à domicile «d’ici 7 à 10 jours»[/size]

Mis en ligne le 9/09/2020 à 17:51

Alain Cocq voulait se laisser mourir avant d’être hospitalisé lundi soir.

Alain Cocq, dans son lit médicalisé à Dijon, le 12 août dernier. - Philippe Desmazes/AFP

Alain Cocq, atteint d’une maladie incurable et qui voulait se laisser mourir avant d’être hospitalisé lundi soir, est réhydraté et réalimenté « avec son accord », a-t-il déclaré mercredi à l’AFP, annonçant qu’il pourrait rentrer chez lui « d’ici sept à dix jours ».
« Je n’étais plus en capacité de mener ce combat », a confié le quinquagénaire, admis au CHU de Dijon pour y recevoir des soins palliatifs après avoir récusé lundi soir son refus de soins alors que son état s’aggravait. M. Cocq a assuré à l’AFP qu’« à quelques minutes près », il n’aurait « plus été là pour (nous) parler ».

M. Cocq a confirmé à l’AFP qu’il envisageait un « retour à la maison d’ici 7 à 10 jours », comme il l’a annoncé un peu plus tôt sur son compte Facebook. « Le temps de récupérer un peu et de mettre en place une équipe d’hospitalisation à domicile », a-t-il précisé.

« Le combat continue mais d’une autre manière »


Atteint d’une maladie orpheline qui lui bouche les artères et lui cause d’intenses souffrances, ce militant du droit à mourir dans la dignité avait cessé vendredi soir tout traitement et alimentation après avoir buté sur l’impossibilité légale d’obtenir une injection de barbituriques, demandée « à titre compassionnel » à Emmanuel Macron pour abréger ses souffrances.

Lundi soir, le Dijonnais « souffrait trop » et a été hospitalisé « après une intervention du Samu », avait indiqué Sophie Medjeberg, avocate et vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, désignée comme mandataire par le Dijonnais pour l’assister dans sa fin de vie. Alain « reprend du poil de la bête ; le combat continue mais d’une autre manière », a-t-elle déclaré mercredi à l’AFP, se disant soucieuse que « ses droits fondamentaux aient été respectés ».
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 19:01

[size=33]Alain Cocq accepte de se réalimenter et devrait retourner chez lui « d’ici 7 à 10 jours »[/size]

FIN DE VIE Alain Cocq a été hospitalisé en soins palliatifs au CHU de Dijon après trois jours et demi de calvaire

20 Minutes avec AFP
Publié le 09/09/20 à 18h09 — Mis à jour le 09/09/20 à 18h15



Alain Cocq — AFP
« Je n’étais plus en capacité de mener ce combat ». Atteint d’une maladie incurable, Alain Cocq, qui voulait se laisser mourir avant d’être hospitalisé, a finalement accepté d’être réhydraté et réalimenté, a-t-il fait savoir, ce mercredi, annonçant qu’il pourrait rentrer chez lui « d’ici sept à dix jours ».
Alain Cocq, hospitalisé en soins palliatifs au CHU de Dijon après trois jours et demi de calvaire, a assuré qu'« à quelques minutes près », il n’aurait « plus été là pour parler ».

Un retour chez lui la semaine prochaine


Alain Cocq a confirmé qu’il envisageait un « retour à la maison d’ici 7 à 10 jours », comme il l’a annoncé un peu plus tôt sur son compte Facebook. « Le temps de récupérer un peu et de mettre en place une équipe d’hospitalisation à domicile », a-t-il précisé.

Atteint d’une maladie orpheline qui lui bouche les artères et lui cause d’intenses souffrances, ce militant du droit à mourir dans la dignité avait cessé vendredi soir tout traitement et alimentation après avoir buté sur l’impossibilité légale d’obtenir une injection de barbituriques, demandée « à titre compassionnel » à Emmanuel Macron pour abréger ses souffrances.

« Le combat continue mais d’une autre manière »


Lundi soir, le Dijonnais « souffrait trop » et a été hospitalisé « après une intervention du Samu », avait indiqué Sophie Medjeberg, avocate et vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, désignée comme mandataire par le Dijonnais pour l’assister dans sa fin de vie​.
Alain « reprend du poil de la bête ; le combat continue mais d’une autre manière », a-t-elle déclaré mercredi, se disant soucieuse que « ses droits fondamentaux aient été respectés ».
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime09.09.20 20:00

Militant pour l’euthanasie et atteint d’une maladie génétique rare, Alain Cocq a interrompu vendredi « tout traitement et alimentation », comme il l’avait annoncé après le refus du président de la République de l’autoriser à recevoir « une injection de barbituriques ‘à titre compassionnel’ » (cf.Revendiquer la mort ?). Il souhaitait retransmettre en direct son agonie sur Facebook « mais le réseau social a bloqué la vidéo samedi matin ». Lundi soir, Alain Cocq a été transféré au CHU de Dijon « pour bénéficier de soins palliatifs ». « Je suis désolé mais j’ai besoin de sérénité pour partir en paix sans souffrance » a-t-il déclaré à sa mandataire, vice-présidente de l’association « Handi Mais Pas Que ». Cette dernière « n’était pas en mesure de préciser mardi soir si M Cocq était de nouveau nourri et hydraté par les médecins », rapporte l’AFP.

Face à la médiatisation de ce suicide, la Société Française d’Accompagnement et de soins palliatifs a rappelé « qu’ il est inexact d’affirmer que l’agonie qu’il va subir est celle à laquelle l’oblige la loi Claeys-Leonetti ». Elle en appelle de nouveau à « l’adoption rapide d’un plan ambitieux de développement des soins palliatifs ».


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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime10.09.20 19:47

Décryptages » Bernard Debré : "les militants de l'euthanasie feignent de ne pas voir ce qui existe déjà pour aider les patients en fin de vie"
SANTÉ08 septembre 2020
© PHILIPPE DESMAZES / AFPAlain Cocq fin de vie loi leonetti
LOI LEONETTI
Bernard Debré : "les militants de l'euthanasie feignent de ne pas voir ce qui existe déjà pour aider les patients en fin de vie"
Alain Cocq, qui souffre d'une maladie incurable, a interrompu vendredi soir tout traitement et alimentation. Ce cas relance le débat sur la fin de vie. Disposons-nous actuellement d’un arsenal suffisant ? Bernard Debré décrypte les enjeux des questions sur la fin de vie et l'euthanasie.

Avec Bernard Debré
Atlantico.fr : Alain Cocq, condamné par une maladie ordinaire a décidé de filmer son suicide en direct pour alerter sur le « droit de choisir sa mort ». Une telle stratégie qui relève de l’intime ne va-t-elle pas pervertir le débat ?
Bernard Debré : Bien évidemment, filmer sa mort est quelque peu intriguant. Il filme d’ailleurs à condition de lui donner des médicaments, il veut avoir un suicide assisté et n’est pas dans le commun. Il n’est pas dans une situation où il rentrerait dans la loi Leonetti. Ce que l’on a aujourd’hui comme matériel ou possibilité est largement suffisant, lorsque l’on a quelqu’un qui souffre, il faut l’empêcher de souffrir. S’il souffre très fort, il faut augmenter les doses même si cela abrège la vie. Il y a une finalité qui est d’abord l’antalgique.

Ici, nous sommes dans l’émotionnel et nous n’allons pas mettre fin à la vie de tous les Alzheimer.

Disposons-nous actuellement d’un arsenal suffisant pour rendre rarissime les cas où se posent un tel cas ?
Quand quelqu’un est en fin de vie, il faut qu’il puisse rentrer dans un coma artificiel et la loi Leonetti autorise parfaitement l’administration de produits extrêmement forts allant abréger la vie. Il faut faire extrêmement attention à ce genre de réflexion. Quelqu’un qui a des troubles psychiatriques et affirme vouloir se suicider est une situation extrêmement dangereuse que ne doivent pas être gérée par les médecins.

Nous avons fait la loi Leonetti qui est une loi équilibrée qui permet de soulager les douleurs même si cela abrège la vie. On a autorisé le fait de donner des produits extrêmement lourds pour rentrer dans un coma artificiel lorsque l’on est dans une fin de vie. Mais la volonté initiale n’est pas de tuer.

Est-ce que le politique peut prendre une décision médicale et individuelle ? Où se situe la part du politique dans l’euthanasieur et l’euthanasié ?
Le politique n’a pas à se mêler de cela, c’est au médecin dans son âme et conscience de prendre la décision ; si cet homme souffre trop, on va lui donner des antalgiques à base de morphine et on va augmenter les doses jusqu’à ce qu’il ne souffre plus même si cela abrège la vie. Quand quelqu’un est dans un état comateux et qu’il n’y a rien à faire on le fait rentrer dans un coma profond.

Il ne faut pas qu’il y ait de loi, cette décision relève du malade et du médecin. Le législateur ne va pas dire : quand vous éprouvez une douleur de niveau 5 sur une échelle de 1 à 10 vous avez le droit à l’euthanasie par contre si vous avez 4 vous n’y avez pas le droit. C’est un dialogue entre le médecin, sa famille et le malade. On veut faire des lois car il y a de moins en moins de dialogue. Les médecins sont des machines à distribuer des médicaments et le dialogue avec la famille est inexistant. La loi ne va pas autoriser comme en Suisse le « je paie, on me tue ». J’y suis très opposé ethniquement parlant. La loi Leonetti est équilibrée éthiquement parlant.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime11.09.20 14:18

COMMUNIQUÉ DE LA SFAP À PROPOS DE M. ALAIN COCQ
M.  Alain Cocq est atteint d'un handicap lourd depuis longtemps entrainant de grandes souffrances physiques et sans doute aussi psychologiques. Cette situation inspire à chacun des émotions fortes : la compassion d’abord, mais aussi la crainte pour soi et pour ses proches de vivre une situation comparable, le sentiment de frustration de ne pouvoir guérir...
Militant de multiples causes, il fait le choix de mettre fin à ses jours en cessant de s'alimenter et de boire, pour donner un ultime sens à sa vie. Il souhaite faire de la médiatisation de son suicide une occasion de remettre en question la législation sur les droits des personnes malades.

M. Alain Cocq fait un choix libre, personnel et respectable. Mais il est inexact d’affirmer que l’agonie qu’il va subir est celle à laquelle l’oblige la loi Claeys-Leonetti. Sa demande d’assistance à mourir adressée au Président de la République n’a pu trouver d’écho favorable puisque personne en France n’est autorisé à donner la mort à autrui, ce qui dans une démocratie est toujours un progrès.

La SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs) souhaite rappeler que :

La loi garantit à tous les patients le droit d’arrêter ou de limiter les traitements qui leur sont proposés
Elle fait également obligation aux soignants de mettre en œuvre l’ensemble des traitements nécessaires pour soulager les patients. S’il le souhaite, M.Cocq peut solliciter une équipe de soins palliatifs qui l'accompagnera, le soignera et le soutiendra, ainsi que ses proches.
La loi actuelle permet d'accompagner dans la dignité les patients atteints de maladies graves évolutives. Elle fixe un cadre collectif dans lequel les équipes soignantes construisent avec les patients des solutions singulières qui permettent le soulagement de leurs souffrances.
La SFAP souhaite que la loi actuelle soit connue et enfin appliquée afin que tous les patients puissent partout en France bénéficier de soins palliatifs de qualité dispensés précocement. C'est pourquoi elle appelle l’adoption rapide d’un plan ambitieux de développement des soins palliatifs.


STOP-DONS-STOP-ADHESIONS-STOP-VOTES-STOP
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime12.09.20 23:51

Alain Cocq : partir dans la dignité
5 Septembre 2020

Après Vincent Humbert et Chantal Sébire, deux malades qui avaient, eux aussi, fait appel au président de la République pour que l’on abrège leurs souffrances, Alain Cocq prend le relais. Ce Dijonnais de 57 ans est atteint d’une maladie orpheline qui détruit peu à peu les parois des vaisseaux sanguins et des artères. Cette pathologie est survenue après une chute dans un escalier, quand il avait 23 ans. « J’ai eu neuf opérations en quatre ans. Petit à petit, tous les organes vitaux ont été touchés», explique Alain Cocq au journal Libération. Et il détaille : « Maintenant, toutes les deux, trois secondes, je ressens des décharges électriques. Je suis au maximum de morphine. Mes intestins se vident dans une poche, ma vessie dans une autre. Je ne peux pas m’alimenter. Je ne veux pas de cette vie, j’ai quatre anévrismes qui menacent », ajoute-t-il. En juin dernier, Alain Cocq décide d’écrire une lettre au président de la République : « Monsieur Emmanuel Macron, je tiens à vous préciser à ce jour que je me trouve dans la situation d’un esprit sain, confiné dans un corps dysfonctionnel et perclus de douleurs. Je me retrouve dans la situation où le corps médical est impuissant à soigner ma pathologie orpheline. Je demande simplement à partir dans la dignité, avec une assistance active du corps médical ». Il précise à Libération : « Ce n’est pas un compte à rebours que je lance. C’est comme ça. Vendredi soir [4 septembre, ndlr], j’arrête de m’alimenter et de m’hydrater. Soit on m’aide en me donnant un puissant sédatif, soit on me laisse mourir de faim et de soif, et ce sera aux yeux de tous car ce sera filmé [et diffusé sur Facebook ndlr] ». En France, la loi est claire. L’euthanasie est interdite. Les médecins peuvent suspendre les traitements devenus inutiles et ont le devoir de soulager la douleur. Si l'agonie survient, ils peuvent plonger la personne malade dans un sommeil profond, mais n'ont pas le droit de donner la mort. Alain Cocq n'est pas à l'agonie et c'est ce qui pose problème à Jean-François Varet, le président de l'Ordre des médecins de Bourgogne : « On est dans le cas particulier des maladies neuro-dégénératives lentes qui sont extrêmement pénibles pour un patient, ça se comprend très bien, mais de là à dire au bout de dix ans ou quinze ans, veuillez abréger ma vie, et bien le médecin est hors-la-loi ». Cette impasse révolte Jean-Luc Romero, le président de l'association pour le Droit à Mourir dans la Dignité : « Regardez les Pays-bas, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg, et même l'Italie où le tribunal constitutionnel demande au Parlement de réfléchir au suicide assisté. La France est le pays des Droits de l'Homme, on n’a pas envie de mourir dans une théocratie, on est un pays laïc, on devrait avoir le droit de choisir le moment et la manière de partir ».
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime13.09.20 11:47

La solution finale en débat
dimanche, 13 septembre 2020

Le dijonnais Alain Cocq, 57 ans, considérablement handicapé et qui ne peut plus quitter son lit médicalisé, veut mourir. Afin d’obtenir la légalisation en France du suicide assisté, il souhaitait que son agonie soit filmée. Après l’affaire Lambert, le troublant cas d’Alain Cocq doit-il relancer le débat sur l’euthanasie ?

La loi n’autorise ni euthanasie, ni suicide assisté
La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie a été adoptée en 2016. Cette loi peut être appliquée uniquement chez un adulte atteint d’une affection grave et incurable au pronostic vital engagé à court terme (quelques heures ou jours). Au cas où cette personne deviendrait incapable d’exprimer ses choix concernant sa fin de vie, il faut qu’elle les ait formulés préalablement dans le cadre des « directives anticipées » . On peut également désigner une personne de confiance (parent, proche, médecin traitant…) qui témoignera de la volonté du malade auprès de l’équipe médicale. Consciente, toute personne peut demander que l’on arrête son traitement. Les demandes engageant le pronostic vital doivent être examinées, par l’équipe en charge du patient, au cours d’une procédure collégiale .

C’est néanmoins le thérapeute responsable des soins qui assume seul la décision finale. La loi française fait obligation au médecin de mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour que le malade ait le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible. Dans un cadre légal précis, mais encore difficilement appliqué, une euthanasie passive, sous la forme d’une « sédation profonde et continue » jusqu’au décès, après une délibération collective, est acceptée par la loi. Elle n’autorise ni euthanasie active, ni suicide assisté.

Le consensus n’existe pas
Dans l’euthanasie active, la mort est provoquée directement par un médecin. Dans l’assistance médicale au suicide, le patient prend seul la dose mortelle d’un médicament fournie par un praticien. En Europe, l’euthanasie active ou l’assistance médicale au suicide sont tolérées ou légales en Suède, aux Pays Bas, en Suisse et chez nos voisins belges. L’euthanasie passive est acceptée en Finlande, en Norvège, dans le Royaume-Uni, en Allemagne, au Luxembourg, en Autriche, en Italie, en Hongrie, en Slovaquie et en Espagne. Dans les pays comme la Pologne, la République Tchèque, la Croatie, la Bosnie, la Serbie, la Grèce et le Portugal toutes les formes d’euthanasie sont illégales et punies.

En janvier 2013, une enquête, effectuée auprès de 605 professionnels représentatifs de la population des médecins français en activité, montrait que 60 % d’entre eux étaient favorables à l’euthanasie active mais opposés à 58 % au suicide assisté. En décembre 2017, une proposition de loi, non retenue, intitulée « Proposition de loi relative à l’euthanasie et au suicide assisté, pour une fin de vie digne », a été déposée à l’Assemblée Nationale . Dans les cas d’« acharnement thérapeutique » ou d’une « obstination déraisonnable » , la France permet une euthanasie passive. L’affaire Lambert a montré que cette notion d’acharnement thérapeutique était sujette à interprétations et à contestations chez les familles comme dans le corps médical. L’émotion, l’affectivité, les croyances et les passions l’emportent souvent et le consensus n’existe pas.

Un sordide voyeurisme et une complaisance médiatique indigne
Alain Cocq serait porteur d’une maladie orpheline incurable. En 1986, à la suite d’un accident, son état s’est fortement aggravé sans aucun espoir d’amélioration. Membre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il milite pour le suicide assisté. Il a fait plusieurs tours de France et d’Europe en fauteuil roulant pour défendre cette cause. Durant l’été, il a adressé une requête au Président de la République afin qu’un médecin français, sans risque d’être condamné, soit autorisé à l’assister dans son suicide. « Je ne me situe pas au-dessus des lois. Votre souhait est de solliciter une aide active à mourir qui n’est aujourd’hui pas permise dans notre pays », a répondu le Président afin de justifier son refus.

En effet, au moment où Alain Cocq a interpellé le Président de la République, malgré son état grabataire dramatique, son décès ne pouvait pas être médicalement envisagé à court terme pour que loi Claeys-Léonetti puisse s’appliquer. Alain Cocq a alors décidé de cesser de lui même son traitement et toute alimentation et hydratation. Il avait choisi de se laisser mourir et voulait que ses derniers instants soient filmés.

Sa vidéo a été bloquée par Facebook. Après quelques jours, son état de souffrance s’est aggravé et Alain Cocq n’a pu poursuivre son terrible projet. Il est revenu sur sa contestable décision. Il a accepté d’être pris en charge en soins palliatifs, en milieu hospitalier dans un premier temps, puis, si possible, à son domicile. Soutenu par l’association « Handi mais pas que ! », il voulait que ses dramatiques conditions de vie soient un acte militant afin de dénoncer les carences de la législation française actuelle.

Si un débat sur le grave sujet du libre choix de la mort de chacun se met en place, espérons qu’il soit apaisé et éthique, sans les parasitages équivoques d’un sordide voyeurisme et d’une complaisance médiatique indignes du combat mené par Alain Cocq…

Jean-Paul Briand
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime15.09.20 19:49

Le cas d'Alain Cocq, qui a décidé de se laisser mourir, relance le débat sur la fin de vie
Par LEXPRESS.fr ,
publié le 05/09/2020 à 12:56 , mis à jour à 15:00
Le militant pour la "mort dans la dignité", Alain Cocq, à son domicile de Dijon le 12 août 2020Le militant pour la "mort dans la dignité", Alain Cocq, à son domicile de Dijon le 12 août 2020 afp.com/PHILIPPE DESMAZES
Atteint d'une maladie dégénérative, Alain Cocq a cessé de s'alimenter depuis vendredi minuit, après le refus d'Emmanuel Macron de lui accorder un suicide assisté.
La fin de vie est de retour dans le débat public depuis quelques jours. "Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande", a répondu Emmanuel Macron dans une lettre datée de jeudi adressée à Alain Cocq, militant de la mort "dans la dignité", qui a fait plusieurs tours d'Europe en fauteuil roulant pour plaider sa cause.  

Atteint d'une maladie dégénérative très douloureuse, il avait demandé au président de la République d'autoriser un médecin à lui prescrire un barbiturique, "à titre compassionnel", afin qu'il puisse "partir en paix".  

Facebook bloque la diffusion
Face à ce refus, Alain Cocq a pris la décision de se laisser mourir en arrêtant de s'alimenter, de s'hydrater et de suivre son traitement. Il a commencé en direct sur Facebook vendredi à minuit depuis son domicile à Dijon. "Je bois à votre santé une dernière fois. Le chemin de la délivrance commence et, croyez-moi, j'en suis heureux", a déclaré le malade de 57 ans aux internautes.  

"Je sais que les jours qui m'attendent vont être très difficiles. Surtout avec la chaleur qui s'annonce [...] Mais j'ai pris ma décision et je suis serein [...] Vu mon état de santé ça devrait être rapide. C'est ce que je souhaite, je ne suis pas maso non plus", a-t-il encore confié. "Ça sera très dur mais ça ne sera pas trop grand-chose par rapport à tout ce que j'ai vécu, poursuit Alain Cocq. Ainsi va la vie. Au revoir".

Facebook a annoncé à la mi-journée ce samedi avoir finalement bloqué la diffusion en vidéo de ses derniers moments. "Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l'attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d'experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d'Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Facebook.

"Politique de l'autruche"
La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme". Or Alain Cocq, même s'il se dit "en phase finale depuis 34 ans", ne peut pas prouver que sa fin de vie approche à court terme. Selon Le Figaro, il a découvert qu'il souffrait d'une "ischémie" à l'âge de 23 ans.  

A Libération, Alain Cocq, qui affirme être croyant, raconte avoir "eu neuf opérations en quatre ans. Petit à petit, tous les organes vitaux ont été touchés." "Maintenant, toutes les deux, trois secondes, je ressens des décharges électriques. Je suis au maximum de morphine. Mes intestins se vident dans une poche, ma vessie dans une autre. Je ne peux pas m'alimenter. Je ne veux pas de cette vie, j'ai quatre anévrismes qui menacent", détaille-t-il encore.

"Alain est enfermé dans un corps qui le fait souffrir jour et nuit. Ça fait deux ans qu'il se bat, qu'il essaie de trouver une solution, explique au Parisien Sophie Medjeberg, vice-présidente de l'association Handimaispasque. Ce qu'il aurait voulu c'est ce qui se fait en Suisse, prendre une dose létale d'un comprimé, mais c'est maintenant réservé à leurs ressortissants. Il veut juste en finir, librement". "Alain a déjà été réanimé neuf fois. Et à chaque fois une nouvelle dégénérescence. Il faut arrêter la politique de l'autruche en France", plaide-t-elle. De quoi relancer le débat houleux sur la fin de vie en France, qui s'est longtemps illustré à travers l'affaire Vincent Lambert.  

"Electrochoc"
Ainsi, dans une tribune publiée par Libération vendredi, Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'université Paris-Saclay, défend l'idée "d'une 'sorte d'exception d'euthanasie', ainsi que préconisait en vain le Comité consultatif national d'éthique dès 2000". A l'époque, le CCNE estime déjà que "la solidarité et la compassion" pouvaient permettre d'envisager cette exception.

"Les circonstances du 'long mourir' ou du parcours incertain d'une maladie chronique ou évolutive semblent imposer de nouvelles approches des conditions de la mort", argumente Emmanuel Hirsch. Selon lui, "doit être envisagée l'exception dans une approche circonstanciée, prudente, argumentée, transparente, encadrée tenant compte de la volonté explicite de la personne respectée dans son autonomie décisionnelle".

Cela "montre que la loi Leonetti est une loi inhumaine", a déclaré pour sa part le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, à l'AFP, qui a longuement rencontré Alain Cocq lundi dernier. Sophie Medjeberg espère que la mort en direct d'Alain Cocq provoquera un "électrochoc", "afin d'autoriser le suicide assisté comme en Belgique ou en Suisse", déclare-t-elle à l'AFP. "Huit Français sur dix sont pour le suicide assisté", ajoute-t-elle.

Jean-Luc Roméro-Michel, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), a de son côté dénoncé sur CNews la "violence" que l'État impose à Alain Cocq. Il "a des douleurs physiques qu'on ne peut pas soulager aujourd'hui et on le laisse sans réponse", s'est-il insurgé.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime15.09.20 21:02

Allodocteur.fr.

Fin de vie : “Alain Cocq a tout organisé, chaque personne sait ce qu’elle doit faire”
Face au rejet de sa demande de bénéficier d'un sédatif pour mourir, Alain Cocq cessera de s’alimenter et de s’hydrater dans la nuit du 4 au 5 septembre.

Par Myriam Attia

Rédigé le September 4, 2020 , mis à jour le September 4, 2020

Tétraplégique depuis trente ans et atteint d’une rare maladie orpheline, Alain Cocq avait demandé le recours à une “une fin de vie accompagnée par une présence médicale”, dans une lettre adressée au président de la République, le 20 juillet dernier.

En France, c’est la loi Leonetti qui régit la fin de vie des maladies. Mais comme l'explique Jean-Luc Romero-Michel, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), elle ne permet la sédation profonde et continue d’un malade que s’il est en fin de vie. "Aujourd’hui, Alain Cocq n’est pas à l’agonie", précise-t-il, dans cet article. " Cette loi ne peut donc pas être utilisée. "

Le 3 septembre, Alain Cocq a reçu une réponse de l’Elysée qui décline la demande de ce dernier. “Parce que je ne me situe pas au dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande”, écrit Emmanuel Macron.

“Je ne suis pas surpris, je suis déçu par la réponse du président”, déplore Jean Luc-Roméro-Michel.“ Le président n’est pas au-dessus des lois, mais à aucun moment, dans cette lettre il n’évoque la possibilité d’une révision de la loi sur la fin de vie.”

Cependant, la loi Kouchner de 2002 permet à une personne de refuser des traitements, à partir du moment où son choix est libre, éclairé, et qu’elle est informée des risques qu’elle encourt. Dès lors, Alain Cocq a annoncé qu'il cessera toute alimentation, hydratation et traitement, dès le 5 septembre.

Ses dernières volontés consignées
C’est chez lui qu’Alain Cocq veut s’éteindre. Il souhaite d’ailleurs consacrer son vendredi après-midi “à ses amis et ses êtres chers.”

Au moment d’entamer sa démarche de fin de vie, il ne sera pas seul. En effet, il sera assisté par quatre auxiliaires de vie, qui le suivent déjà depuis plusieurs années.

“Elles ont été triées sur le volet, elles savent très bien ce qu’elles doivent faire”, affirme Nathalie Kurtz, vice-présidente de l’association Handi Mais Pas Que, et personne de confiance d’Alain Cocq. La vice-présidente de l’association Handi Mais Pas Que explique que tout a été pensé pour éviter des poursuites judiciaires à l’encontre des auxiliaires de vie, présentes aux côtés du malade.

En effet, Alain Cocq a enregistré un message où il “décharge toutes les personnes qui vont l’aider à mourir”. Il a également exprimé sa volonté de ne pas être emmené aux urgences, ni réanimé.

Une agonie de plusieurs jours
Puisque son souhait est énoncé clairement, “les auxiliaires respecteront le protocole défini par Alain Cocq. Si elles venaient à avoir un doute ou une hésitation, elles doivent passer par moi. Elles n'appelleront pas les urgences sans mon accord”, affirme la vice-présidente de l’association Handi Mais Pas Que.

Une situation qui pourrait être complexe pour ces auxiliaires, puisque l’agonie d’Alain Cocq pourrait durer plusieurs jours. “Nous avons aussi prévu un suivi psychologique, car il ne faut pas minimiser l’impact cette expérience peut avoir”, explique Nathalie, d’une voix calme.

Des dernières heures douloureuses

“Ce processus sera très violent pour lui”, alerte Francis Vanhille, médecin formateur en soins palliatifs. Sans hydratation et sans alimentation, les derniers jours d’Alain Cocq peuvent être très douloureux. Une fin de vie qui pourrait durer jusqu’à cinq jours, selon le médecin. “Ce qui est scandaleux, c’est de ne pas offrir une mort digne à cet homme.”

Alain Cocq avait annoncé qu’un direct de cette “agonie” serait diffusé en direct sur sa page Facebook, pour alerter l’opinion publique de la fin de vie en France. Encore une fois, Nathalie Kurtz se veut rassurante : “Je vais surveiller les images, l’idée n’est pas que ça devienne une télé-réalité morbide."

https://mobile.allodocteurs.fr/se-soigner/fin-de-vie/fin-de-vie-alain-cocq-a-tout-organise-chaque-personne-sait-ce-quelle-doit-faire_29889.html
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime17.09.20 9:23

Fin de vie : " On se bat pour le libre choix, pas pour l'euthanasie "
Publié le 17/09/2020 à 06:25 | Mis à jour le 17/09/2020 à 06:25

Pour le délégué ADMD du Loir-et-Cher, la situation que traverse Alain Cocq, « une abomination du cadre légal », montre que la loi actuelle ne suffit pas.

La situation d’Alain Cocq devrait être un cri d’alarme supplémentaire. Pour Rémi Marchand, le délégué du Loir-et-Cher de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), « s’acharner à maintenir la vie coûte que coûte est hypocrite ». Il s’explique : « La loi est suffisamment hypocrite pour dire que la seule possibilité de mourir pour ces personnes est de faim et de soif. Ce n’est pas l’image que chacun a de sa fin de vie. » Alain Cocq, atteint d’une maladie dégénérative et incurable qui bloque ses artères, a délibérément cessé tout traitement début septembre avant d’accepter les soins palliatifs face à la souffrance. « Qu’il en arrive à vouloir se laisser mourir de faim montre l’abomination du cadre légal qui existe aujourd’hui », soutient Rémi Marchand. L’injection d’un produit létal qu’Alain Cocq réclame n’est pas légale en France, où le suicide assisté n’est pas autorisé. Le quinquagénaire, qui se dit « en phase terminale depuis trente-quatre ans », ne peut prouver que son pronostic vital est engagé à court terme. Et malgré des pratiques variables, la loi Claeys-Leonetti ne répond pas à sa demande : « L’ADMD n’est pas contre la loi Leonetti, elle veut qu’elle aille plus loin. Il y a urgence à ce que la loi évolue », résume le délégué, qui vient d’écrire en ce sens aux sénateurs et députés du Loir-et-Cher.
« Souffrir et attendre »
Au-delà des pratiques variables, Rémi Marchand dénonce un flou autour de l’euthanasie. « Il y a besoin d’un cadre juridique, et de lever ce tabou-là en France. » D’après lui, il faut aider à la fois les patients et les médecins, pour éviter la pratique clandestine de l’euthanasie. Il précise : « On ne se bat pas pour l’euthanasie, on se bat pour le libre choix. Que la personne veuille une sédation profonde ou au contraire un acharnement thérapeutique, il faut le respecter. » Il ne s’agit pas pour le délégué de permettre le suicide assisté ou l’euthanasie à tous, mais à ceux dont le pronostic vital est remis en question. « On parle de personnes atteintes de maladies graves ou incurables, ou totalement diminuées par un accident comme a pu l’être Vincent Lambert. »
Parce qu’Alain Cocq est loin d’être un cas isolé, un certain nombre de personnes dans une situation similaire demandent à aller mourir en Belgique ou en Suisse. L’ADMD sert de relais. « Sauf que ça coûte cher - entre 8.000 € et 11.000 € hors transport - et que les démarches administratives sont souvent trop compliquées. » En Belgique, il faut avoir un médecin traitant dans le pays. C’est lui qui met fin à la vie du patient (euthanasie), contrairement à la Suisse où le médecin assiste la personne qui libère elle-même le barbiturique dans sa perfusion (suicide assisté). « Ici, il faut souffrir et attendre, au prix de dizaines de milliers d’euros et de sa volonté », déplore Rémi Marchand, en rappelant qu’Alain Cocq, même s’il a accepté les soins palliatifs, n’a pas renoncé à mourir. « Il a simplement dit qu’il en avait marre de souffrir. »
(1) La loi Claeys-Leonetti dite « Loi Leonetti » interdit l’acharnement thérapeutique mais n’autorise pas l’euthanasie, ni active, ni passive.
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MessageSujet: Re: ALAIN COCQ   ALAIN COCQ - Page 2 Icon_minitime17.09.20 23:10

"Pas des lois pour donner la mort": où en est la législation sur la fin de vie ?
Olivier Philippe-Viela,
publié le 05/09/2020 à 16:53 , mis à jour le 06/09/2020 à 10:08
Alain Cocq, chez lui à Dijon le 12 août 2020Alain Cocq, chez lui à Dijon le 12 août 2020 PHILIPPE DESMAZES / AFP
Le cas d'Alain Cocq, atteint d'une maladie dégénérative et ayant annoncé cesser de s'alimenter, questionne le cadre législatif de la fin de vie.
"Je me garderais de condamner une demande, et il est toujours difficile d'intervenir sur ces sujets où l'émotion prime sur la raison", murmure Jean Leonetti. Le maire LR d'Antibes prend toutes sortes de précautions pour évoquer le cas d'Alain Cocq, un Dijonnais atteint d'une maladie incurable qui l'immobilise depuis des années.  

Loi Leonetti
L'homme de 57 ans a annoncé vendredi dans une vidéo avoir cessé son traitement et toute alimentation et hydratation, le président de la République ne lui ayant pas accordé une injection de barbituriques "à titre compassionnel" pour abréger ses souffrances. Facebook a annoncé à la mi-journée avoir bloqué la diffusion de ses vidéos . Les derniers moments d'Alain Cocq ne donc seront pas retransmis en direct, comme il l'espérait pour faire évoluer la législation sur la fin de vie.

LIRE AUSSI >> Le cas d'Alain Cocq, qui a décidé de se laisser mourir, relance le débat sur la fin de vie

Celle-ci doit beaucoup aux anciens mandats de député de Jean Leonetti, qui a donné son nom à deux lois, votées en 2005 et 2016. La première permettait à un patient atteint d'une maladie incurable de demander l'arrêt d'un traitement médical trop lourd, par directives anticipées ou par une personne de confiance. La seconde, déposée avec le socialiste Alain Claeys, a ouvert la possibilité de la sédation profonde et continue jusqu'à la mort pour les malades en phase terminale.  

"Le médecin est désormais dans l'obligation d'arrêter le traitement de survie si le patient le demande de manière lucide et persistante, développe Jean Leonetti. Cette revendication ne peut pas être refusée à Alain Cocq, de même que la non-souffrance. Si la souffrance est incoercible, le médecin peut même aller jusqu'à l'anesthésie profonde. La loi est sans ambiguïté : l'atténuation de la souffrance prime sur la durée de la vie."  

Mais cette loi Claeys-Leonetti "qui offre des possibilités à certains malades", "en laisse d'autres en nombre au bord du chemin, sans solution", selon le député LREM du Rhône Jean-Louis Touraine, auteur en septembre 2017 d'une proposition de loi ouvrant la possibilité d'une "assistance médicalisée active à mourir".

"Principe supérieur"
L'adjoint à la mairie de Paris Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a rendu visite à Alain Cocq. Les médecins qui le prennent en charge assurent déjà prescrire les doses maximales autorisées pour calmer la douleur. "Je ne vois pas quel est le principe supérieur dans une République laïque qui oblige à maintenir un état de souffrance. Dans le cas d'Alain Cocq, il n'existe aucune solution", clame Romero, dont la voix chavire.

N'est-ce pas un angle mort des lois que Jean Leonetti a présentées ? Le maire d'Antibes souffle. "Ce que veut Alain Cocq, ce n'est pas la non-souffrance, qui peut lui être garantie, mais le droit à demander la mort, que ne prévoit pas la législation française. J'ai le droit de me tuer, je n'ai pas le droit de demander à être tué", insiste l'ancien député et cardiologue, qui a toujours cherché à éviter le changement de paradigme : "Il y a un malentendu persistant. Nous avons fait des lois pour supprimer l'acharnement thérapeutique, pour donner la liberté au malade de poursuivre ou d'arrêter un traitement de survie, d'obtenir la non-souffrance par une sédation profonde et irréversible en fin de vie ; bref, des lois d'accompagnement en fin de vie, pas des lois pour donner la mort. J'entends un certain discours qui veut que l'on aille plus loin, mais plus loin c'est ailleurs. Les lois votées ne transgressent pas l'interdit de tuer."

LIRE AUSSI >> Accompagner la mort jusqu'à la provoquer? Le débat sur l'euthanasie relancé

L'actuelle majorité semble plus encline à lever le tabou. En février 2018, 156 députés, dont Jean-Louis Touraine et 121 autres LREM, demandaient dans une tribune au Monde l'adoption d'une nouvelle loi "sans délai", pour "donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c'est essentiel, de leur destin". Mais depuis la déclaration d'intention, rien à l'horizon parlementaire, alors que le sujet ne clive pas l'opinion publique, en tout cas selon un sondage Ipsos de mars 2019 (commandé par l'ADMD), dans lequel 96% des Français interrogés se disaient favorables à l'euthanasie. "Quand vous avez d'un côté 96 %, de l'autre une infime minorité, c'est un sujet qui fait consensus. C'est donc inéluctable, retarder cette évolution devient coupable", pointe Jean-Louis Touraine. Le député du Rhône s'était vu répondre en 2017 qu'il fallait encore "un peu de temps pour évaluer la loi précédente". "L'évaluation est faite désormais : dans certains cas, cette loi convient ; dans d'autres elle ne convient ni au malade ni au corps soignant",

"L'interdit de donner la mort est un point fondamental"
"Les situations comme celle d'Alain Cocq ne sont pas si marginales que cela. On nous dit que ce ne sont que des cas uniques, mais ces cas uniques prennent la parole tous les ans pour dire leur douleur. Tous les concernés n'ont pas envie de transformer leur souffrance en combat politique, mais ce serait plusieurs milliers de demandes si la France appliquait la législation belge ou suisse", poursuit Jean-Luc Romero.

La France imiterait effectivement certains de ses voisins, des lois ayant été votées en 2001 aux Pays-Bas, en 2002 en Suisse et Belgique, et en 2009 au Luxembourg. "Tous sont en train de bouger, insiste l'adjoint à la mairie de Paris. Peut-être l'Italie, le Portugal et l'Espagne bientôt."  

L'argument ne porte pas pour Jean Leonetti, qui défend au contraire une spécificité française : "Je suis de l'avis de Robert Badinter : dans une société évoluée, l'interdit de donner la mort est un point fondamental, car son absence peut entraîner des dérives dans l'autre sens. La loi suffit à l'objet qu'elle s'est fixé. Sur ces sujets d'éthique, la société a toujours été traversée par des courants contraires, l'un représentant l'autonomie de la personne - "c'est mon choix, c'est mon droit" -, l'autre se plaçant à travers le collectif - "je te protège malgré toi". Un suicidaire réanimé à l'hôpital illustre cette idée de vulnérabilité protégée par rapport à la liberté de choix. C'est un conflit de valeurs qui sera toujours en tension dans la société, entre liberté et défense de la vie, entre vulnérabilité et autonomie", argumente l'élu des Alpes-Maritimes.

LIRE AUSSI >> Emmanuel Hirsch : Vincent Lambert, une mort tristement exemplaire

Jean-Luc Romero avance une autre dualité de points de vue : "On est dans un traitement médical de la question. Les lois Leonetti sont faites par des médecins pour des médecins. On a un mal fou à mettre la personne en fin de vie au centre des décisions. La sédation profonde peut durer une journée à trois semaines. Une semaine dans le cas de Vincent Lambert."  

"Ce qu'il faut, ce sont des lois de soins palliatifs, de non-acharnement thérapeutique, d'accompagnement, pas des lois qui permettent de donner la mort par euthanasie ou suicide assisté, qui revient à faire peser sur le collectif le droit individuel à ne plus souhaiter vivre. Mais si une telle loi venait à être votée, il faudrait qu'elle soit précédée d'un débat, qui aurait un rôle apaisant", anticipe Jean Leonetti. Jean-Louis Touraine le rejoint sur ce point : "Il est temps de légiférer, ce qui ne veut pas dire que c'est simple, car il faut savoir où l'on met exactement le curseur. Nous avons besoin d'un débat approfondi, serein, raisonnable. Sans passion. En écoutant tous les points de vue, mais en offrant une solution."

LIRE NOTRE DOSSIER COMPLET

Fin de vie, euthanasie et suicide assisté

Le cas d'Alain Cocq, qui a décidé de se laisser mourir, relance le débat sur la fin de vie
Fin de vie : un sédatif bientôt disponible pour les soins palliatifs à domicile
Fin de vie : la Haute autorité de santé veut des traitements plus accessibles à domicile
La réouverture de la discussion dans un cadre législatif dépendra aussi de la volonté du président de la République. Si sa majorité est ouverte, le point de vue d'Emmanuel Macron se résume pour l'instant à la réponse qu'il a adressée à Alain Cocq : "Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d'accéder à votre demande", indique dans une lettre le chef de l'Etat. "Avec émotion, je respecte votre démarche", ajoute-t-il. "Je savais à 99,99% que la réponse serait négative. S'il autorisait, cela signifierait qu'il serait un assassin", a commenté Alain Cocq auprès de France 3.
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