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 L'Eglise catholique à Paris...

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MessageSujet: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime08.12.21 11:14

« La démission de Mgr Aupetit marque l’épuisement du modèle instauré par Mgr Lustiger »
tribune
Denis Pelletier
Historien, Directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études
TRIBUNE. Selon l’historien Denis Pelletier, le système de gouvernement autoritaire du diocèse de Paris instauré par Jean-Marie Lustiger, archevêque de 1981 à 2005, s’est épuisé au cours des épiscopats suivants, parfois malgré la volonté d’André Vingt-Trois puis de Michel Aupetit. Désormais, l’heure est à la déconcentration du pouvoir et à la synodalité.

Denis Pelletier, le 07/12/2021 à 17:22 Modifié le 07/12/2021 à 18:56
Lecture en 4 min.
« La démission de Mgr Aupetit marque l’épuisement du modèle instauré par Mgr Lustiger »
Le cardinal Jean-Marie Lustiger lors de la célébration pour l'Unité des chrétiens, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en 2005.

Davantage que sur les causes, réelles, supposées ou affichées, de l’acceptation rapide par Rome de la démission de Mgr Michel Aupetit, il faut s’interroger sur sa signification à l’échelle de quarante ans d’histoire. Cette démission marque, d’abord et avant tout, la crise d’un système de gouvernement du diocèse de Paris qu’avait imposé Mgr Jean-Marie Lustiger, (archevêque de Paris de 1981 à 2005), et que ses deux successeurs ont cru pouvoir maintenir. La crise, donc, de ce qu’on pourrait appeler le « modèle lustigérien ».

La confiance entre Mgr Lustiger et Jean-Paul II reposait sur une commune conception de l’Église et de son rapport à la modernité comme problème philosophique et ecclésial : une relation de dialogue conflictuel avec le monde moderne, nourrie d’une vraie connaissance de ses acquis, notamment en termes de droits humains, et d’une commune critique de ses « excès ». L’un et l’autre tenaient la modernité héritée des Lumières comme partiellement responsable des totalitarismes du XXe siècle.

→ À LIRE. Démission de Mgr Aupetit : le diocèse de Paris sous le choc

Tous deux s’opposaient fermement aux politiques du genre et aux politiques de la vie autour desquelles la sphère démocratique se refonde depuis un demi-siècle. Tous deux plaidaient pour la réaffirmation d’une tradition catholique qui marquait la limite de l’aggiornamento conciliaire. Ajoutons qu’entre le pape polonais et le fils d’immigrés juifs dont la mère était morte à Auschwitz, la rencontre avait une dimension en quelque sorte biographique et existentielle : tous deux savaient l’importance de la relation du christianisme au judaïsme, et l’affaire du carmel d’Auschwitz a contribué à nouer entre eux une indéfectible relation de confiance.

Intelligence critique du siècle
Le modèle lustigérien de gouvernement s’est construit sur cette base. Il a donné à l’Église de Paris un tour particulier. Église parisienne, au sens fort du terme, non pas tellement parce que Lustiger avait fait une grande part de sa carrière au Quartier latin, mais parce que la capitale exigeait une présence spécifique à la vie intellectuelle et politique. Église conservatrice, aussi, notamment sur la question clé de l’évolution des mœurs.

Église autoritaire, enfin : chacun sait que Jean-Marie Lustiger était un homme de pouvoir, capable d’être cassant et d’écarter sans ménagements ceux qui s’opposaient à ses projets, au risque de se priver d’interlocuteurs précieux dans le dialogue avec l’actualité, et qui font bien défaut à l’Église de France dans la crise actuelle. Reste qu’il avait su s’imposer comme une figure respectée, au sein de l’Église comme en dehors d’elle, pour sa haute stature intellectuelle. Jean-Marie Lustiger pouvait agacer ses confrères et susciter la polémique, mais il était une figure du catholicisme comme intelligence critique du siècle.

À lire aussi
Jean-Marie Lustiger, une lecture spirituelle de l’histoire

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Après la mort du cardinal, ce modèle lustigérien de l’Église parisienne a poursuivi sur sa lancée, au risque de virer à l’entre-soi. Son successeur, Mgr André Vingt-Trois, avait enseigné au séminaire d’Issy avant de devenir vicaire général du diocèse puis évêque auxiliaire. C’est à lui que revint le soin de mener à terme le projet des Bernardins, vitrine parisienne d’un certain catholicisme intellectuel. Longtemps médecin généraliste à Colombes, Mgr Michel Aupetit a fait à Paris toute sa carrière de prêtre, de vicaire général puis d’évêque auxiliaire. Mais ce n’est faire injure ni à l’un ni à l’autre que de dire qu’ils n’ont eu ni l’envergure intellectuelle ni l’aura de leur prédécesseur. Du coup, le modèle d’autorité dont ils héritaient a perdu son sens et son efficacité.

Entre Rome et la France, la méfiance règne
Car Mgr Lustiger avait un autre rôle, qu’il était seul à pouvoir tenir. La relation établie avec Jean-Paul II lui permettait de compenser la méfiance qui s’était nouée entre Rome et l’épiscopat français à cause de la crise post-conciliaire. Entre Rome et la France, la relation n’a certes jamais été simple. Trois acteurs y jouent historiquement un rôle essentiel. L’archevêque de Lyon parce que, primat des Gaule, il est le premier en préséance parmi les évêques français, mais le diocèse de Lyon n’en finit pas de se débattre avec les retombées de « l’affaire Barbarin ».

→ RELIRE. Dix ans après sa mort, l’héritage du cardinal Lustiger

L’archevêque de Paris, ensuite, parce que Paris est la capitale d’un État jacobin et centralisé et que la France est le pays de la laïcité : c’est ici que les difficultés de Mgr Aupetit à endosser l’habit de Mgr Lustiger tiennent un rôle décisif. Le troisième, au rôle plus récent, est bien sûr le président de la Conférence épiscopale, mais Mgr Éric de Moulins-Beaufort est aujourd’hui affaibli par l’affaire des crimes sexuels et les retombées du rapport Sauvé. Il n’est pas indifférent, de ce point de vue, que l’intérim parisien ait été confié à Mgr Georges Pontier, cet ancien président de la Conférence épiscopale qui a grandi à Albi, dans le Sud-Ouest dont il a gardé l’accent, et a mené sa carrière épiscopale en province, de Digne à Marseille en passant par La Rochelle.

Un modèle d’autorité
Ce qui est en jeu dans la démission de Mgr Aupetit, c’est donc l’épuisement d’un modèle d’autorité, spécifique à Paris et jugé utile en tant que tel, qui faisait contrepoids aux incertitudes et aux divisions de l’épiscopat français, et que les successeurs de Mgr Lustiger n’ont pu maintenir. C’est qu’aussi les temps ont changé. Confronté à une crise globale du catholicisme, le pape mise sur la synodalité et sur une forme de déconcentration de la décision au niveau des Églises locales. Il a pour cela besoin d’interlocuteurs solides sur lesquels il puisse s’appuyer.

→ ÉDITO. Démission de Mgr Aupetit, douloureux épilogue

Paris y perd un statut d’exception mais demeure un lieu clé, auquel il faut un archevêque capable d’entrer en dialogue avec des fidèles profondément heurtés par les affaires récentes et qui exigent que quelque chose change. De ce point de vue, la manière dont François saura, ou ne saura pas, prendre en compte les retombées du rapport Sauvé, pèsera lourd dans la relation entre les Français et l’Église au cours des années à venir. Et la nomination du successeur de Mgr Michel Aupetit fera sans doute figure de premier test.
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime08.12.21 11:21

Cardinal François Marty
(1968-1981)
26e archevêque et 138e évêque de Paris.


Né le 18 mai 1904 à Pachins (Aveyron), mort le 16 février 1994, inhumé à Pachins.

Notice
Son épiscopat, traversé de crises, fut souvent douloureux : mai 1968, intégrisme (avec l’occupation de Saint-Nicolas du Chardonnet), contestation dans le clergé, chute des vocations et de la pratique.

- Lire la suite de la notice dans le livre “Les archevêques de Paris (1622-2002)”.

« Je crois que nous nous méprenons parfois sur l’espérance de nos contemporains. Nous la sous-estimons. Chaque fois qu’ils peuvent parler, je constate combien les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont soif d’une vie transfigurée, je constate combien ils attendent la rencontre de quelque chose qui est quelqu’un ; et ce Quelqu’un nous a été révélé en Jésus de Nazareth. »
Cardinal François Marty, Prophètes de la joie, Cerf, p. 102
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime19.12.21 14:17

L'affaire de l'archevêque de Paris démolit un peu plus une Église qui s'effondre
Gino Hoel — 2 décembre 2021 à 12h26

[size=31]Le pape François vient d'accepter sa démission. Dans cette affaire, Michel Aupetit avait perdu toute crédibilité et donc toute autorité.[/size]




L'archevêque de Paris Michel Aupetit assiste à une procession devant la basilique du Sacré-Cœur à Paris, le 30 mars 2018. | Ludovic Marin / AFP

[size=27][size=21]Temps de lecture: 5 min
[/size][/size]
Fin novembre, Le Point diffusait une enquête mettant en cause Michel Aupetit, archevêque de Paris depuis 2017. Décrit comme «autoritaire», «brutal», peu dialoguant, il aurait entretenu selon l'hebdomadaire une liaison avec une femme il y a une dizaine d'années. Cette enquête a fait l'effet d'une bombe dans le monde catholique et a poussé l'archevêque de Paris à remettre sa charge entre les mains du pape François.
Âgé de 70 ans, ancien médecin, Michel Aupetit a été ordonné prêtre à 44 ans et évêque à 61 ans. Il doit sa carrière fulgurante au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (2005-2017) dont il fut le vicaire général, et à l'ancien nonce apostolique en France (2009-2019) Luigi Ventura, condamné en décembre 2020 pour agressions sexuelles.

Sa nomination en 2017 sur le siège parisien a surpris jusque parmi les rangs de la Conférence des évêques de France (CEF) où l'homme n'est guère aimé. Certains considèrent, chez les évêques comme chez les prêtres parisiens, que le costume d'archevêque est taillé trop grand pour ses épaules. Ce prélat peut en effet se montrer désagréable, suffisant et grandiloquent, notamment lorsqu'il célèbre. Par ailleurs, il adopte souvent des positions très tranchées tant sur le plan des lois bioéthiques que des lois sociétales, où il peut apparaître en surplomb.

[size=47]Il s'est fait des ennemis de tous bords[/size]


L'article du Point accable Michel Aupetit et ses méthodes. Ainsi est-il rappelé la démission de ses deux vicaires généraux à la fin 2020 et au printemps 2021, tous deux exilés à Lille et Marseille. L'un d'entre eux, Benoist de Sinety, est connu pour avoir célébré les funérailles de Johnny Hallyday en 2017 et pour son engagement auprès des migrants. Ses deux collaborateurs auraient claqué la porte en raison de la gouvernance de l'archevêque et de ses humiliations à leur endroit.
Des catholiques parisiens regrettent son «manque d'écoute et d'empathie», à en croire l'hebdomadaire. Des prêtres et des laïcs ont peu apprécié son message lors de la publication du rapport Sauvé, estimant que l'archevêque de Paris s'était contenté du strict minimum quand on attendait une parole forte.

À LIRE AUSSI
Le rapport Sauvé, le Tchernobyl du catholicisme romain
Mais ce qui semble avoir précipité la chute de Michel Aupetit, c'est sa gestion de quelques affaires purement parisiennes.
Au début du premier confinement, l'archevêque de Paris a décapité la direction du très huppé lycée privé Saint-Jean-de-Passy, regrettant des «pratiques managériales», sources de «souffrances». Cette affaire suscita beaucoup d'émotion chez les parents d'élèves, partagés entre des avis pour et contre le chef d'établissement et le préfet des terminales licenciés, ainsi que dans la sphère ultraconservatrice et les réseaux sociaux d'extrême droite. Surtout que début 2021, la justice déclarait innocents le directeur et le préfet des terminales limogés par l'archevêque.
Au début de l'année 2021, c'était au tour du Centre pastoral Halles-Beaubourg (CPHB) au sein de la paroisse Saint-Merry d'être purement et simplement dissout par Michel Aupetit. Saint-Merry était réputé à Paris comme un lieu d'ouverture à l'égard des personnes LGBT+, des personnes divorcées remariées, des migrants. Un temps sous la responsabilité de Benoist de Sinety, l'archevêque de Paris a décidé d'y installer la Communauté de Sant'Egidio, proche des pauvres, et de chasser les 500 fidèles réguliers investis au CPHB.
Enfin, Michel Aupetit décida cet été de restreindre la possibilité d'assister à des messes célébrées dans le rite ancien, en latin. Il mettait ainsi en œuvre strictement le motu proprio Traditionis Custodes du pape François, lequel ne permet plus de célébrer la forme extraordinaire librement mais sous conditions. Cette décision de l'archevêque de Paris a, là aussi, scandalisé les milieux traditionalistes, lesquels appréciaient plutôt Michel Aupetit en raison de son intransigeance dans le domaine moral.


[size=47]La goutte d'eau après le débordement du vase[/size]


Dans toutes ces affaires, les différents acteurs regrettent l'absence de dialogue de Michel Aupetit, ses faiblesses théologiques, ses décisions prises en solitaire. Ces diverses difficultés ont été portées à la connaissance du nonce apostolique à Paris, Celestino Migliore, ainsi qu'un courriel compromettant –c'est en tout cas ce que note Le Point dans son enquête.
Il s'agirait d'un courriel de 2012 destiné à une femme, envoyé semble-t-il par mégarde à sa secrétaire, laquelle le garda pour elle. Selon l'hebdomadaire, ce courriel –connu de prêtres parisiens– ne laisserait aucune place au doute: Michel Aupetit aurait entretenu «une relation intime avec cette femme, une liaison qui relève de sa vie privée [et] concerne deux adultes consentants».
De son côté, l'archevêque de Paris reconnaît un «comportement vis-à-vis d'elle [qui] a pu paraître ambigu, laissant ainsi sous-entendre l'existence entre nous d'une relation intime et de rapports sexuels, ce que je réfute avec force». Il admet aussi avoir, avant même la publication de l'enquête du Point, remis sa charge entre les mains de François. Enfin, il a déclaré sur Radio Notre-Dame avoir «subi un choc», n'imaginant pas être entouré d'autant d'ennemis.

[size=47]Des risques et des incohérences[/size]


Plusieurs questions demeurent. D'une part, ayant connaissance de ce courriel en 2012, pourquoi le cardinal Vingt-Trois a-t-il malgré tout poussé la nomination de Michel Aupetit sur le siège parisien? C'était prendre le risque que l'information sorte un jour publiquement –même si Michel Aupetit nie toute liaison. C'était prendre le risque d'affaiblir l'Église à Paris, et donc en France. André Vingt-Trois a fait preuve, en la matière, de légèreté et d'un manque de discernement patents. Dans Le Point, le sociologue des religions et éditeur Jean-Louis Schlegel note que «le catholicisme français s'effondre» et voit dans cette affaire un «symptôme» de cet effondrement.

Ajoutons que des voix se sont élevées pour s'étonner de cette démission pour relation supposée avec une femme alors que pas un évêque n'a démissionné après le rapport de la Ciase. Ce fut aussi l'occasion de s'interroger sur le célibat des prêtres quand bien même, dans l'affaire Aupetit, cela n'avait rien à voir. Du reste, l'archevêque de Paris semble avoir opté pour le célibat plutôt que pour l'engagement dans une relation amoureuse, incompatible dans l'Église avec la vocation presbytérale.
À LIRE AUSSI
L'Église fabrique-t-elle des pédocriminels?
Par ailleurs, pourquoi avoir gardé durant tant d'années ce courriel compromettant et surtout: pourquoi sort-il aujourd'hui? Si l'archevêque de Paris est naturellement déstabilisé par ce scandale, des fidèles et des ecclésiastiques le soutiennent. Ils y voient une cabale, une affaire montée de toutes pièces pour obtenir la mitre de Michel Aupetit alors que l'Église en France est au plus mal depuis le rapport Sauvé.

[size=47]François accepte la démission[/size]


Ce jeudi 2 décembre, le pape François a accepté la démission de l'archevêque Aupetit. On sait qu'il n'aime pas devoir agir dans la précipitation, contraint par les événements, mais la situation l'enjoignait à rapidement trancher, le siège de Paris étant emblématique et l'un des plus importants en France. Son archevêque est l'un des interlocuteurs catholiques privilégiés des pouvoirs publics, consulté sur un certain nombre de sujets. Or, dans cette affaire, Michel Aupetit a perdu toute crédibilité et donc toute autorité. Il paraissait difficilement imaginable qu'il reste en place jusqu'à ses 75 ans en 2026, au risque d'accroître encore l'effondrement de l'Église en France.

François a nommé un administrateur apostolique, Georges Pontier, ancien archevêque de Marseille et ex-président de la CEF, pour gérer le diocèse durant la vacance du siège, comme à Lyon après le retrait et la démission du cardinal Barbarin. Au-delà de cette affaire, c'est tout le processus des nominations épiscopales qui est à réformer, gangrené par le copinage et le népotisme. C'est ce que semble avoir compris le nonce Migliore, chargé de communiquer à Rome les listes de candidats, si l'on en croit les dernières nominations. Reste à voir si cela sera suffisant pour contenir l'effondrement du catholicisme français.
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime30.12.21 21:55

Lu sur le web mais je ne cite pas la source, celle-ci ayant un son de cloche qui me dérange
" Lustiger en son temps était cassant "
ce qui est vrai, Lustiger manquait d'humanité tout simplement, à cause de ses titres ?
Je me souviens qu'une fois il m'avait regardée sans aucun sourire
une autre fois je lui avais écrit, son secrétaire m'a répondu que l'Eglise manque de prêtres...
c'était une autre époque...
des regards sans sourire ni grimace maintenant...
c'est dingue ...
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime02.01.22 14:56

Mgr Jacques Perrier

Ordonné prêtre de Paris en 1964, Mgr Jacques Perrier a été aumônier d’étudiants jusqu’en 1979. Curé de Saint-Ferdinand-des-Ternes, premier directeur de Radio Notre-Dame, il est ensuite recteur de la cathédrale Notre-Dame, directeur des services de la Catéchèse et de la Liturgie de 1983 à 1990. Successivement évêque de Chartres, puis de Tarbes et Lourdes, il accueille le pape Jean Paul II en 2004 et le pape Benoît XVI en 2008. Le pape accepte sa démission en 2012.

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime21.01.22 23:43

Je remercie Dieu ou le Diable pour mon esprit critique...
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime19.02.22 12:53

[size=33]Pédophilie: Mgr Di Falco, l’évêque accusé
par Sophie Bonnet
Publié le 1 février 2011 à 8h45
Mis à jour le 1 février 2011 à 8h45


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Ils jouaient encore aux billes ou aux voitures quand ils ont croisé la route du jeune père Di Falco. Des années après, ils ont porté plainte contre lui.
De tous les scandales de pédophilie ayant touché l’Eglise de France, il en est un qui met en cause un évêque en vue dans les médias et le monde politique. Un religieux qui, en décembre 2005, dînait au palais de l’Elysée à la table de Jacques et Bernadette Chirac en compagnie de François Pinault, Simone Veil, Jean-Louis Debré et cinquante autres convives. A ce dîner, Bernadette Chirac s’était levée, avait prié ses invités d’en faire autant, et avait donné la parole à l’évêque, qui prononça une prière d’action de grâces. Le tout, sous l’oeil crispé de Jacques et Claude Chirac qui, à la fin du dîner, priera les invités de ne rien révéler de ce mélange des genres. Le religieux s’appelle Jean-Michel Di Falco : il est évêque de Gap.
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Cet homme brillant et médiatique était promis dans l’Eglise à un bel avenir. Tous le voyaient succéder à monseigneur Lustiger (archevêque de Paris, mort en 2007 – ndlr). En mars dernier, il était l’invité de Michel Drucker dans Vivement dimanche, pour le triomphe au top 50 de son CD Spiritus Dei. Un recueil dans lequel de jeunes prêtres entonnent la Sarabande d’Haendel sur une orchestration de variétés. Mais en 2001, sa carrière a failli s’arrêter brutalement.
Cette année-là, Marc (1), un homme de 41 ans, porte plainte contre monseigneur Di Falco pour « viols et agressions sexuelles ». Il accuse le religieux de l’avoir violé à de nombreuses reprises entre l’âge de 12 et 15 ans. Il fournit même une description précise des parties génitales de son agresseur. Marc, aujourd’hui, habite une grande ville. Il a la cinquantaine, il travaille, ne se distingue en rien des autres citadins mais affirme que les viols subis dans son enfance ont fait de lui un homme fragile en société et en souffrance devant l’amour. Quand il avait 11 ans, Marc, qui souffrait de l’absence de son père divorcé, étudiait au collège privé Saint-Thomas-d’Aquin, dans le VIIe arrondissement de Paris. Un prêtre qui dirigeait l’école primaire, le père Di Falco, brillant jeune homme de 25 ans, noue alors avec lui des relations amicales.
« Di Falco m’accordait beaucoup d’attention, c’était un sentiment extraordinaire pour moi. Il venait me chercher au moins une fois par semaine à la maison et m’emmenait au cinéma, au restaurant, au spectacle. Une fois nous sommes même partis en week-end à Strasbourg en voiture. Mais j’ai vite compris que derrière ces cadeaux et ces sorties, il y avait autre chose. La première fois que c’est arrivé, je me suis retrouvé nu dans sa chambre sur son lit, sans comprendre, le coeur battant et ne comprenant rien à ce qui m’arrivait. Il était nu également. Il m’a serré dans ses bras, j’étais allongé sur lui. Il faisait glisser son corps de bas en haut.
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Citation :
J’étais totalement désemparé par ces exigences sexuelles. J’étais un gamin qui s’amusait avec des voitures et des billes, je n’étais pas du tout sexué, je ne savais même pas que ça se faisait avec les garçons.


C’est lui qui décidait du moment où il avait envie. Je n’ai pas souvenir de ses paroles pendant l’acte, ni de celles qu’il prononçait pour m’entraîner dans sa chambre. Je me souviens toutefois qu’il me disait : ‘On y va’ ou ‘On passe à côté’. »
La soeur de Marc, âgée aujourd’hui de 59 ans, se souvient de la fascination qu’avait son frère pour Di Falco. « J’avais 17 ans quand Di Falco s’est incrusté dans notre famille, il était affable, beau parleur et enjoué, il fréquentait des stars, était ami avec Thierry Le Luron, cela impressionnait beaucoup mon frère. Di Falco venait le chercher le jeudi après-midi et lui faisait faire des trucs mirobolants, il lui faisait des cadeaux, il le gâtait, lui avait offert un vélo, il savait se rendre indispensable, Marc était ébloui. En 1973, Di Falco a organisé un voyage au ski à Rencurel avec quelques enfants, Marc ne voulait pas s’y rendre seul, je l’ai donc accompagné. Il y avait plusieurs chambres et j’avais pris Marc dans la mienne.

Citation :
Di Falco est arrivé en me disant : ‘Il faut que Marc dorme avec moi.’


Malgré mon opposition, Di Falco a saisi la valise de Marc et l’a déposée dans sa chambre. Il y avait suffisamment de place et il n’y avait donc aucune raison qu’un enfant dorme dans la chambre de Di Falco. Marc est venu me dire : ‘Il m’embête, je ne veux pas dormir avec lui.’ Je me souviens lui avoir demandé ce qu’il entendait par embêter mais il n’a pas voulu m’expliquer. J’ai ensuite tenté de reprendre la valise et nous nous sommes bagarrés avec Di Falco, chacun tirant la valise de Marc de son côté. C’était grotesque. Finalement, Di Falco a tiré plus fort que moi sur la valise et Marc a suivi sans enthousiasme. Cet événement a gâché nos vacances. Cette altercation m’avait secouée car elle était anormalement vive et incongrue. La pédophilie n’était pas concrète pour moi, je pensais à des vieux messieurs avec des petites filles, mais avec les garçons, je ne savais même pas que ça existait. »
Marc et sa soeur racontent que pendant l’année scolaire qui a suivi, les choses ont commencé à changer. Marc grandit, son corps devient celui d’un adolescent. Dans leur souvenir, Di Falco prend de la distance avec lui. Marc résume : « A partir d’avrilmai 1975, je rencontrais beaucoup moins souvent Di Falco, et il me parlait souvent d’un jeune garçon à propos duquel il ne tarissait pas d’éloges. »
La mère de Marc aussi se souvient de cet éloignement. Elle vit aujourd’hui à Paris, retraitée. A l’époque, pleine d’amitié pour Di Falco, elle n’avait rien perçu de ce que dénonce Marc aujourd’hui. Elle ne l’a su de la bouche de son fils que quinze ans plus tard, et en se repassant le film des événements, elle l’a cru. Elle se souvient qu' » à partir du jour où Di Falco n’a plus cherché à contacter mon fils, Marc a beaucoup souffert. Il a d’ailleurs été extrêmement fatigué à la mi-novembre 1975. Il est resté absent de l’école pendant un mois et demi ».
A son retour en classe, Marc apprend qu’il est renvoyé du collège. A ses parents, le directeur laïque, monsieur Vodika, explique qu’il est un élève trop insolent et trop turbulent. Ce Vodika, plus tard, expliquera aux policiers l’interrogeant sur les accusations de Marc qu’il n’a « jamais entendu parler d’une quelconque histoire de moeurs concernant Jean-Michel Di Falco ».
Marc a attendu de longues années avant de raconter son histoire.

Citation :
« Je me disais, ce n’est pas grave, je m’en sortirai tout seul. J’y pensais tout le temps, j’avais des accès de violence terribles, mes relations avec les autres étaient très compliquées, cela m’a détruit. J’ai essayé toutes les psychothérapies imaginables avant de comprendre que ce serait impossible à effacer. »


Ayant échoué à se soigner tout seul, il se décide, en 2001, à appeler à l’aide l’Eglise de France. Il écrit un courrier à l’archevêque de Paris, le cardinal Lustiger. Lustiger en retour lui propose de discuter de cette affaire avec un jésuite, une tête pensante de l’Eglise catholique d’aujourd’hui : le père Henri Madelin, humaniste, professeur à Sciences-Po, et actuellement représentant du Saint-Siège au Conseil de l’Europe. Henri Madelin n’a pas souhaité nous révéler ce qui s’est dit entre lui et Marc, Di Falco, et le cardinal. Mais quand les policiers l’ont interrogé en 2001, il leur a expliqué ceci :

Citation :
« Je suis tombé des nues lorsque j’ai entendu le témoignage de Marc. J’ai été scandalisé comme prêtre qu’il y ait eu des gestes équivoques, et je me suis posé la question de ce qu’il fallait croire de ce qu’il disait. J’ai rapporté au cardinal les contenus de nos entretiens. Il était bouleversé par ce qui était dit sur Di Falco. J’ai compris qu’il était à la recherche d’une solution et qu’il se sentait obligé d’envisager d’autres dispositions concernant sa place dans l’Eglise. »


Marc a trois entrevues avec le père Madelin. A la dernière, le jésuite lui annonce : « Le cardinal Lustiger vous fait dire qu’il arrête la carrière de Di Falco. Il va le déplacer. » Marc veut comprendre : « Le cardinal a-t-il pris sa décision sur la foi de mon seul témoignage ? » Dans le souvenir de Marc, le père Madelin n’a rien répondu. « Mais en regardant son visage, ajoute Marc, il me semblait lire que non. »
En octobre 2001, le nom de Di Falco n’apparaît plus dans l’ordre administratif du diocèse de Paris. Lustiger a tenu sa promesse. Mais Marc veut que sa douleur soit reconnue même en dehors de l’Eglise. Le 14 novembre 2001, il porte plainte contre Di Falco pour viols et abus sexuels. Les policiers de la brigade des mineurs de Paris enquêtent et interrogent l’évêque. Il leur répond qu’il nie toutes les accusations de Marc. Qu’il n’a jamais commis un seul geste déplacé sur ce garçon. Les policiers questionnent aussi des camarades de classe de Marc. Aucun n’affirme avoir été témoin d’un geste déplacé de la part du père Di Falco. Puis la plainte de Marc tombe à l’eau : les faits qu’il dénonce datant de plus de dix ans, ils sont prescrits. Mais l’affaire rebondit le 29 octobre 2002.
Un autre ancien élève de Saint-Thomas-d’Aquin, Paul (1) se fait connaître en déposant une plainte contre Di Falco. Les policiers de la brigade des mineurs l’interrogent. Il raconte qu’à l’âge de 10 ans, en 1975, le religieux l’avait emmené en week-end à la campagne et lui avait fait voir sa chambre, lui demandant s’il voulait bien dormir avec lui dans son lit. Il certifie aux policiers qu’une autre fois, invité à dormir chez Di Falco à Paris, il s’est retrouvé en pyjama à demi allongé sur son canapé. Que Di Falco, en lui parlant affectueusement, aurait glissé sa main dans le pyjama pour caresser sa fesse. Mais la plainte de Paul n’aboutit pas non plus, à cause de la prescription.
Plus tard, l’avocat parisien de Marc, maître Jean-Baptiste Moquet, reçoit le coup de téléphone d’un psychiatre. L’homme cherche un avocat pour conseiller un de ses clients, très perturbé, qui se plaint que dans son enfance, le jeune père Di Falco se serait livré sur lui à des gestes sexuels. L’avocat se dit prêt à l’entendre. Mais un intermédiaire de cette victime présumée lui fait finalement savoir qu’en raison de sa haute position dans la société, l’homme n’aura pas le courage de porter son témoignage en justice.
Judiciairement, l’affaire Di Falco est donc éteinte. Mais en 2002, quand l’évêque découvre la plainte de Marc, il l’attaque en justice pour dénonciation calomnieuse. Le procureur classera la plainte, la jugeant infondée. L’année qui suit, en 2003, monseigneur Di Falco est éloigné de Paris par le cardinal Lustiger, qui le nomme évêque de Gap.
Quand nous demandons à maître Paul Lombard, son avocat, un entretien, ce dernier nous apprend que Di Falco ne tient pas à nous rencontrer. En septembre dernier, la télévision belge lui avait fait la même demande. Elle s’était entendue répondre, par son secrétariat, qu’il s’agissait pour l’évêque d’une affaire sur laquelle il ne souhaitait pas revenir. “Parce que trop douloureuse. »
Sophie Bonnet
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime05.04.22 16:33


L'« affaire de plus » : le départ de Michel Aupetit, révélateur d'une crise plus profonde du catholicisme français
Le départ de Michel Aupetit annoncé le 2 décembre 2021 du diocèse de Paris ajoute un nouvel épisode à la crise que traverse le diocèse de Paris depuis plusieurs années. Un mal-être diocésain qui agit aussi comme révélateur d'un malaise plus grand, qui touche l'Église de France dans son ensemble.
Par Youna Rivallain
Publié le 03/12/2021 à 17h51 I Mis à jour le 03/12/2021 à 17h51
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime05.04.22 16:45

je comprends sans comprendre vraiment car pour moi il y a toujours eu une espèce de mal-être existentiel religieux ( catholique et/ou protestant ) en France...
(quand on fuit la paroisse du quartier pour ne pas retrouver les voisins du quartier... )
de toute façon, je suis un cas... !!! ...
mais pourquoi l'affaire Michel Aupetit fait autant de bruit ? foutons-lui la paix. De mon côté, je n'attends rien, vraiment rien de la part de son successeur ( sauf qu'on me foute la paix ).
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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique à Paris...   L'Eglise catholique à Paris... Icon_minitime08.06.22 12:05

Le blog d'Anthony FavierDocteur en histoire contemporaine, curieux à tout ce qui touche le religieux dans le monde contemporain avec une perspective de genre. Vous pouvez me retrouver sur Témoignage chrétien : https://www.temoignagechretien.fr/author/anthony-favier/ et Twitter : https://twitter.com/anthony_favier
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Le diocèse de Paris, crise de gouvernance ou divergence pastorale ?
4 Avril 2021 , Rédigé par Anthony_FavierPublié dans #Benoist de Sinety, #Michel Aupetit, #Diocèse de Paris, #Notre-Dame
Brève
Publication : 4 avril 2021.

Mise à jour : 22 avril 2021.

Des affaires récentes ont mis en lumière dans des médias, même laïcs, le diocèse catholique de Paris ces dernières semaines : la fin de l'expérience du "centre pastoral Saint Merry" ;  la démission de Benoist de Sinety, vicaire général ; les célébrations de Pâques en dehors des réglementations sanitaires de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile ; et des critiques ouvertes à l'encontre du conférencier de carême à Notre-Dame  (1).

S'agit-il d'événements somme tout banals dans la vie d'un diocèse que seule une vision très "parisiano-centré" a conduit des médias à les monter en épingle ? Ou faut-il y voir une crise qui couve dans un diocèse central dans le fonctionnement central du catholicisme français ?

La position particulière du diocèse de Paris dans l'architecture du catholicisme français
Le diocèse de Paris attire l'attention des observateurs car il occupe une place fort singulière en France. Certes, l'archevêque de Lyon est dit "primat des Gaules", de par l'ancienneté de son siège, mais il s'agit d'un titre "honorifique" sans incidence réelle dans l'organisation de l'épiscopat français. L'évêque de Paris n'a d'ailleurs conquis son autonomie que tardivement, sous Louis XIII, par rapport à celui de Sens dont il dépendait. Aujourd'hui, le diocèse a une position centrale dans le catholicisme français contemporain. L'importance de ses sanctuaires (Notre-Dame de Paris, Montmartre, la chapelle de la Rue du Bac, etc), de ses centres de formation (l'Institut catholique de Paris, l'Université catholique des jésuites du Centre Sèvres, l'École cathédrale) ou de dialogue avec le monde des arts et de la culture (le collège des Bernardins) en font un lieu stratégique intellectuellement. À Paris, se trouve également le siège de nombreuses congrégations nationales ou internationales. L'archevêque de Paris est aussi l' "ordinaire" – supérieur hiérarchique légitime – des catholiques orientaux résidant en France n'ayant pas de patriarches. Avec une circonscription qui correspond à la ville de Paris (depuis les années 1960 Créteil, Nanterre et Saint-Denis ont des évêques), le diocèse s'étend sur une zone densément peuplée et dynamique du territoire français. Ceci se reflète dans ses finances : avec 87,3 millions d'euros de revenus (en 2019) composées principalement de dons et de legs de fidèles, mais aussi de placements immobiliers et financiers, le diocèse est plutôt "riche", surtout si on le compare à ses homologues de régions, même ceux des grandes métropoles du territoire (BOUCHET et autres, 2021) – et si on met à part Metz et Strasbourg en régime concordataire (où l'État salarie le clergé catholique). Ainsi, le diocèse de Lyon, doit composer seulement avec 32,7 millions d'euros de revenus (en 2018) (Diocèse de Lyon, 2018). Sur le plan humain, la même disparité existe : fort de ses 492 prêtres diocésains, ses 473 prêtres membres d'instituts religieux et 67 séminaristes, le diocèse de Paris capte un nombre non négligeable des vocations du territoire (BOUCHET et autres, 2021). Toujours par comparaison, Lyon ne compte en 2018 que 314 prêtres et 26 séminaristes (Diocèse de Lyon, 2018). En raison également de son réseau serré de lieux de culte et son nombre encore généreux de desservants, le diocèse de Paris marque tout observateur par rapport à un diocèse de région : le dimanche, les offices attirent encore du monde et certaines églises ont gardé la vitalité de la "civilisation paroissiale" de jadis avec leurs organisations diverses (œuvres de charité, scouts, mouvements divers) et leurs réunions multiples. Ce dynamisme a toutefois peut-être faibli avec la crise sanitaire. Il n'en reste pas moins que, de la centaine des diocèses de France, celui de Paris est un de ceux qui fonctionnent encore le mieux.

Michel Aupetit et un diocèse marqué par l'incendie de Notre-Dame
Grâce à son poids culturel, démographique et financier, le diocèse de Paris doit donc être observé de près car son état de santé reflète celui du catholicisme national et sa capacité à briller auprès de Rome. Cette dernière est, depuis quelques années, déclinante. Notons ainsi que l'actuel archevêque de Paris n'est toujours pas cardinal (la raison avancée est souvent que son prédécesseur, lui cardinal, est encore vivant)... Historiquement c'est en effet à Paris pourtant qu'ont été expérimentés, avec l'aval parfois inquiet parfois enthousiaste des papes, certaines expériences pastorales qui ont pu être repris ailleurs dans le catholicisme hexagonal ou mondial : l'Action catholique dite "spécialisée" dans les années 1930, la pastorale "missionnaire" autour des prêtres et religieux au travail dans les années 1940-1950 ou, plus récemment, le dialogue inter-religieux, notamment avec le judaïsme, sous le cardinal Lustiger. L'organisation en 1997 des Journées mondiales de la jeunesse avait donné une belle idée du modèle que pouvaient alors proposer les évêques français, celui de Paris en tête, dans une société sécularisée et pluraliste.

Les archevêques de Paris n'ont pas de prérogative sur les autres évêques français, même s'ils siègent de droit dans le comité permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), l'organe de coordination national de l'épiscopat. Mais les prélats parisiens ont, de fait, par les moyens dont dispose leur diocèse une voix qui compte particulièrement. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris de 2005 à 2017, a ainsi été président de la CEF de 2007 à 2013. Son prédécesseur, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris de 1981 à 2005, était consulté de manière privilégié par le représentant du pape en France, le nonce apostolique, et a eu un rôle non négligeable dans la recomposition de l'épiscopat dans les années 1980 dans un sens allant vers les priorités du pape polonais (GREMION & LEVILLAIN, 1989). L'actuel archevêque, Michel Aupetit (né en 1951) a été nommé par le Pape François en décembre 2017. Médecin de formation, ordonné prêtre en 1995, il est diplômé et en théologie et en éthique médicale, compétences qu'il met régulièrement en avant dans sa pastorale. Michel Aupetit a principalement écrit des ouvrages dans lesquels il défend l'opposition de l'Église catholique à l'euthanasie, à l'IVG, au mariage pour tous et aux différentes techniques d'aide médicale à la procréation (même pour les couples hétérosexuels)(AUPETIT 1999, 2008, 2011, 2013-2014).

En avril 2019, l'incendie de Notre-Dame de Paris a également révélé la place particulière de la cathédrale, et conséquemment du diocèse, dans le paysage religieux national et international. Le défi que représente la reconstruction du bâtiment chef-d'oeuvre du gothique français, qui a drainé vers le diocèse des dizaines de millions d'euros, rajoute aux enjeux de différentes natures que doit gérer l'archevêque de Paris. Pour l'assister dans sa tâche, Michel Aupetit est aidé de plusieurs prêtres adjoints appelés "vicaires généraux" qui ont tous les titres de "monseigneur" sans qu'ils soient tous ordonné évêques. Parmi eux, jusqu'aux événements récents et en l'attente d'une nouvelle organisation, on trouvait Thibault Verny, évêque auxiliaire responsable de l'ouest du diocèse ;  Philippe Marset, évêque auxiliaire en charge du sud-ouest ; Denis Jachiet, évêque auxiliaire pour le sud-est ; et deux "simples" vicaires généraux : Benoist de Sinety, en charge des des paroisses du Nord et Alexis Leproux, responsable de celles du centre du diocèse. C'est pourquoi la démission, à quelques mois d'intervalle, d'Alexis Leproux de ses fonctions, en décembre 2020, puis de Benoist de Sinety, le 30 mars dernier, attire l'attention et questionne.

L'incendie de Notre-Dame, 15 avril 2019, Wikicommons.
L'incendie de Notre-Dame, 15 avril 2019, Wikicommons.

Une crise de gouvernance institutionnelle ?
Les deux démissions n'ont pas fait l'objet d'une explication publique de la part du diocèse. La presse confessionnelle, la Croix, qui offre souvent une version des événements en sympathie avec l'institution évoque plusieurs raisons. La première tiendrait à la motivation des intéressés qui, par "goût du terrain", souhaiteraient s'éloigner des dossiers administratifs. La seconde proviendrait de difficultés de management (2). La presse non-confessionnelle est plus directe dans ses analyses. Selon Bernadette Sauvaget, dans les colonnes du journal Libération, le départ de Benoist de Sinety accentue une "crise de gouvernance" en cours au sein du diocèse : "beaucoup reprochent à Mgr Aupetit son autoritarisme, son peu d'écoute et sa focalisation sur les questions de bio-éthique" (3).

Interrogé le lundi de Pâques sur France Inter, Michel Aupetit a balayé d'un revers de la main de telles explications : "beaucoup de vicaires généraux ont démissionné et demandé à repartir sur le terrain. Je ne crois pas qu'il y ait des problèmes de gouvernance, ou alors qu'on me le démontre".  Et il a même dénoncé une interprétation "cléricale" de la situation faite par le journal Libération : "j'ai introduit une femme dans le conseil du séminaire et j'ai demandé à une femme de s'occuper des laïcs en situation de mission ecclésiale. Alors peut-être que c'est ça les problèmes de gouvernement, les cléricaux et les journaux cléricaux comme Libération pensent que j'ai un problème". (4) Ce commentaire fonctionne avec de nombreux sous-entendus qui ne sont pas aisés à clarifier. Selon l'archevêque de Paris, il serait victime de sa politique de nomination de femmes à des responsabilités dans le diocèse, ce qui irriterait des prêtres qui ne l'acceptent pas par "cléricalisme", recevant l'aide inattendue de journaux plutôt situés à gauche... La seconde personne évoquée dans son propos est pourtant difficile à identifier dans l'organigramme du diocèse. Peut-être que Michel Aupetit fait référence à Véronique Goubert qu'il a nommé responsable des "laïcs en mission ecclésiale" (LEME) (5) ? Mais il s'agit d'une nomination qui a eu lieu quand il était évêque de Nanterre... La première personne citée est  beaucoup plus connue : il s'agit de Laëtitia Calmeyn, vierge consacrée, docteure en théologie, professeure extraordinaire au Collège des Bernardins et directrice de son "Institut supérieur des sciences religieuses" (ISSR). Spécialiste des travaux de morale du jésuite Albert Chapelle, elle se situe clairement dans le mouvement de défense de la "théologie du corps" héritée du pontificat de Jean Paul II. Consultrice à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, elle est aussi membre, en effet, du conseil du séminaire de Paris (qui a droit de regard sur les candidats accédant au sacerdoce). Des relations dégradées entre elle et les vicaires généraux expliqueraient donc les départs ? (6) Comme pour les rapports inter-personnels de Michel Aupetit avec ses collègues, il est difficile de conclure...

Même si la synodalité est beaucoup en débat sous le pontificat de François, force est de constater que les modes de gouvernance catholiques, dans le diocèse de Paris comme ailleurs, restent relativement fermés, faiblement transparents et sans contre-pouvoir effectif des simples fidèles qui peuvent avoir le sentiment d'être tenus à l'écart des décisions ou, a minimum, informés sur les motivations des acteurs. Le départ de Benoist de Sinety met peut-être de manière plus sensible en lumière des sensibilités différentes d'approche pastorale au sein du catholicisme français.

Des fractures idéologiques et pastorales ?
L'archevêque de Paris traverse un moment médiatique compliqué. La retransmission d'événements "marquants" au cœur du sanctuaire délabré – l'année dernière avec Renaud Capuçon, Philippe Torreton et Judith Chemla, cette année avec une cérémonie du lavement des pieds dans une Notre-Dame vide – l'avaient pourtant placé dans une situation médiatique plutôt confortable devant un public sensible à la situation d'un évêque sans cathédrale (7). Mais Michel Aupetit a enchaîné une série d'interventions médiatiques plutôt difficiles. Le 27 mars 2021, sur le média diocésain Radio Notre Dame, son entretien hebdomadaire consacré au sujet "la masturbation est-elle un péché ?" a attiré plusieurs commentaires ironiques sur les réseaux sociaux qui n'ont pas compris l'urgence à traiter ce thème si frontalement étant donné le contexte (8). Le passage dans la Matinale de France Inter, le lundi 5 avril, s'est traduit par une assertion publique plus ou moins douteuse sur la pratique de l'euthanasie sur des mineurs en Belgique ; l'éditorialiste Thomas Legrand lui a répondu le lendemain avec une chronique intitulée "Monseigneur Aupetit ment..." qui parodie le célèbre slogan musical de l'Occupation "Radio Paris ment... Radio Paris est allemand" (9). L'attaque est cinglante dans la mesure où elle fait un clin d'oeil au fait que le cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris durant l'Occupation, fut écarté par le général de Gaulle du Te Deum célébrant à Notre-Dame la libération de la ville le 26 août 1944.

La situation est d'autant plus embarrassante que le vicaire général démissionnaire, par effet de contraste apparaît comme un clerc beaucoup plus populaire. M le Mag, le supplément magazine du journal le Monde, le weekend juste après son éviction, l'a gratifié d'un portrait plutôt flatteur sous le titre de "Benoist de Sinety, le curé des VIP" : "depuis plusieurs années, on se glisse le nom de ce curé chic et 'cool' dans les cercles du pouvoir..." (10)...  La France l'avait découvert en avril 2017 aux funérailles de Johnny Hallyday à l'église Saint-Roch. Son homélie autour du thème de l'amour, dans les chansons de la star nationale et les évangiles, avait marqué les esprits et su toucher un public plus large que celui des fidèles catholiques (11). Si Benoist de Sinety sait s'attirer les bonnes grâces de la presse, même people, il plaît également sur sa gauche. Jusqu'à son départ sur le dossier de la paroisse Saint Merry, il aurait pu faire les frais de la décision de l'archevêque d'arrêter l'expérience du "centre pastoral" le premier mars dernier. Un autre récit se met pourtant en place, celui d'un prêtre qui a dû partir ne supportant plus les oukases de son supérieur. Sur le réseau social Facebook, René Poujol, l'ancien rédacteur en chef de Pèlerin magazine qui met souvent en avant ses opinions de gauche, présente ainsi la situation : "Mgr Benoist de Sinety apparaît donc comme une victime collatérale du conflit qui a opposé Mgr Aupetit au Centre pastoral de Saint-Merry. La démission du Vicaire général sonne comme un désaveu de l'intransigeance de l'Archevêque de Paris". Et le prêtre démissionnaire n'a pas la cote seulement auprès des franges progressistes du catholicisme français : le pape François lui-même, dans un discours aux évêques d'Amérique centrale, en janvier 2019 avait cité un de ses ouvrages sur l'accueil des migrants (11). L'œuvre éditoriale de Benoist de Sinety, moindre pour l'instant que celle de l'archevêque de Paris, est d'une toute autre ampleur que la simple question des mœurs et de la bioéthique. Elle s'attaques aux problèmes de spiritualité et aux questions d'actualité qui peuvent être clivantes au sein des communautés catholiques  (de SINETY, 2015, 2018, 2021).  

En définitive, le problème de ressources humaines du diocèse de Paris met sûrement sur la piste d'un clivage pastoral grandissant au sein du catholicisme français. Michel Aupetit, choisi à la suite d'Andre Vingt-Trois, lui-même proche de Jean-Marie Lustiger, se situe encore dans la ligne de Jean Paul II et de la logique des "points non négociables" de Benoit XVI – ces questions de bioéthiques clivantes qui poussent à assumer une contradiction avec le monde contemporain que l'on présente comme déviant et mauvais – alors que Benoist de Sinety, plus sur une ligne du pape François, qui propose plus un cheminement dans les complexités de l'époque contemporaine et refuse une posture d'emblée trop jugeante. Se joue donc au sein du diocèse de Paris, au-delà des problèmes de gouvernance ou d'inimitié entre tel ou tel, peut-être le devenir pastoral du catholicisme français. Âgé de 70 ans, Michel Aupetit a encore 5 années avant d'arriver à l'âge canonique auquel les évêques doivent démissionner. Cette période sera à scruter particulièrement car elle montrera si le diocèse de Paris, comme il a souvent été à l'époque contemporaine, est capable de garder son rôle de moteur ou d'inspirateur ou si, déclinant et en crise, il sera celui où la pastorale se sclérose et se routinise fragilisant un catholicisme déjà passablement affaibli par une série de crises endogènes (les abus sexuels) et exogènes (le contexte sanitaire).

Anthony Favier

Notes
(1)

Bernadette SAUVAGET, "la gauche catho risque de perdre son bastion à Paris", Libération, 15 février 2021.
Aurélie LADET, "Prêtres et fidèles sans masques ni distanciation sociale lors d'une messe célébrée à Paris", le Parisien, 5 avril 2021.
Tribune, "Après les 'amish', les écologistes doivent-ils subir le sobriquet de 'cathares'?", la Vie, 21 avril 2021.
(2) Xavier LE NORMAND, "Démission de deux vicaires généraux : que se passe-t-il au sein du diocèse de Paris ?" et "Mgr de Sinety démissionne de sa charge de vicaire général du diocèse de Paris", La Croix, 4 avril 2021.  

(3) Bernadette SAUVAGET, "la Démission du curé Benoist de Sinety aggrave la crise au diocèse de Paris", Libération, 1er avril 2021 et "le diocèse de Paris perd Benoist de Sinety", Témoignage chrétien, 9 avril 2021.

(4) Nicolas DEMORAND et Léa SALAMÉ (présentation), "Mgr Michel Aupetit : 'Aucune indemnité ne peut réparer le mal qui a été fait aux victimes' ", L'Invité de 8h20 : le grand entretien, France Inter, 5 avril 2021.

(5) Clémence Houdaille, "Mieux reconnaître le rôle des laïcs en mission ecclésiale", la Croix, 16 mars 2020.

(6)  "Intervenant : Laëtitia Calmeyn", collegedesbernardins.fr, page consultée le 6 avril 2021.

(7)

"Célébration du Vendredi Saint dans une Notre-Dame quasi vide", Francetvinfo.fr, 10 avril 2020.
Xavier LE NORMAND, "Dans Notre-Dame en chantier, Mgr Aupetit lave les pieds de six personnes", La Croix, 1er avril 2021.
(8) "Ne pas confondre le péché et la faute morale", L'Entretien de l'Archevêque, Radio Notre Dame, 27 mars 2021.

(9) Thomas LEGRAND, "Euthanasie : quand l'archevêque de Paris dit n'importe quoi", L'Édito politique, 6 avril 2021.

(10) Vanessa SCHNEIDER et Solenn de ROYER, "Benoist de Sinety, le curé des VIP", M le Mag, supplément du journal le Monde, 2 avril 2021.

(11) Jean-Baptiste LE ROUX, "Migrants : 'ce livre a été fait pour pousser un cri' explique Mgr de Sinety", RCF, 27 janvier 2019.

Références
- AUPETIT, Michel

Contraception, la réponse de l'Église, Paris, Pierre Téqui, 1999, 142 p.
L'embryon, quels enjeux ? Réflexions sur l'embryon, sa place, sa qualité et son avenir pour un vrai débat avant la révision de la loi de bioéthique de 2009, Paris, Salvator, 2008, 141 p.
L'Homme, le sexe et Dieu : pour une sexualité plus humaine, Paris, Salvator, 2011, 129 p.
La Mort, un temps à vivre, Paris, François-Xavier de Guibert, 2015, 247 p.
- Diocèse de Lyon, "Faits & chiffres 2018", site Internet donnons-lyon.catholique.fr, page consultée le 4 avril 2021.

- Maurice BOUCHET, Bruno COUSIN, Philippe de CUVERVILLE, Isabelle DEMANGEAT, Laurence FAURE, Florence GUÉRY, Christophe ROUSSELOT, Isabelle de SELVE, Martin VERDON, "Panorama économique et social 2019, l'Église catholique à Paris", site Internet paris.catholique.fr du Diocèse de Paris, page consultée le 4 avril 2021.

- Catherine GREMION et Philippe LEVILLAIN, "les évêques français sous Jean Paul II de 1978 à 1987", dans le Rêve de Compostelle, vers la restauration d'une Europe chrétienne ? Paris, le Centurion, 1989.

- SINETY, Benoit de

Cœur de l'homme, quelle pagaille ! qui s'en soucie ? Montrouge, Bayard, 2015, 125 p.
Il faut que des voix s'élèvent, accueil des migrants, un appel au courage, Paris, Flammarion, 2018, 130 p.
la Fraternité sinon rien, Paris, Salvator, 2021, 204 p.
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