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 PAULETTE GUINCHARD

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MessageSujet: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime26.01.22 12:45


Paulette Guinchard, son appel à Lionel Jospin avant de recourir au suicide assisté en Suisse
Paris Match | Publié le 15/03/2021 à 20h18
Emilie Cabot
Lionel Jospin et Paulette Guinchard, ici en mars 2001.Lionel Jospin et Paulette Guinchard, ici en mars 2001.
AFP PHOTO JACK GUEZ
Paulette Guinchard, ex-ministre de Lionel Jospin, décédée début mars après avoir eu recours, en Suisse, au suicide assisté avait appelé l'ex-Premier ministre en janvier pour lui expliquer son douloureux choix.

Son geste a relancé le douloureux et délicat débat sur la fin de vie et l’euthanasie. Paulette Guichard, ex-secrétaire d'Etat aux personnes âgées, atteinte du «syndrome cérébelleux», une maladie neuro-dégénérative qui conduit à la paralysie complète, est décédée à l'âge de 71 ans après avoir eu recours au suicide assisté .

Le jour de son décès, le 4 mars, elle a écrit un message, envoyé par mail, à des proches. «Au moment où vous lirez ce message, je serai morte», est-il écrit comme le rapporte «Le Parisien ». Un texte d’adieu, envoyé à sa belle-sœur, ses sept frères et sœurs, signé «Zaza», un surnom qui lui a été donné fillette alors qu’elle zozotait et qu’elle a gardé sa vie durant.

L’ex-députée est morte en Suisse, le suicide assisté étant illégal en France. Son état s’était dégradé au fil des semaines, la vie quotidienne devenait de plus en plus pénible pour elle et ses proches. La septuagénaire, qui a murement réfléchi son choix, avait envoyé début novembre 2020, son dossier médical à Ex international, une association à Berne, qui propose le suicide assisté. Elle a eu une réponse fin janvier, plusieurs dates lui ont été proposées et elle a choisi celle du 4 mars.

Quelques intimes étaient dans la confidence, notamment l’ex-Premier ministre Lionel Jospin avec qui elle est restée en contact après son retrait de la vie politique. Le jour de l’annonce de sa mort, Lionel Jospin était d'ailleurs sorti de sa réserve pour saluer, auprès de France Bleu «l’extraordinaire qualité de cette femme», «une des rencontres les plus précieuses que j’ai faite dans ma vie militante et dans mon action gouvernementale». «Paulette avait quelque chose de lumineux, une lumière douce et forte, et mon amitié pour elle était teintée d’estime», a–t-il ajouté auprès du «Parisien».

"Elle voulait savoir si je comprenais le choix auquel elle se préparait"
En janvier, elle avait téléphoné à l’ancien-Premier ministre pour lui faire part de sa volonté d’en finir. «Elle voulait savoir si je comprenais le choix auquel elle se préparait. Je lui ai assuré que c’était bien le cas», a confié Lionel Jospin, dont la mère avait programmé son décès, à 92 ans, fin 2002.

Paulette Guinchard souhaitait que son cas puisse servir à faire avancer la cause, comme l'a confié son époux la semaine dernière, racontant les derniers instants de sa femme. «En Suisse, ils s’entourent bien de garanties. Il faut d’une part que la personne soit très déterminée, c’est-à-dire qu’ils jouent le temps, ils veulent s’assurer que ça ne soit pas fait sur un coup de tête», a-t-il expliqué. «Il faut que la personne soit en mesure de tourner elle-même une vanne. Au dernier moment, quand il s’agit de tourner le robinet, vous pouvez revenir un peu sur votre décision.» Dans le cas de son épouse, «il n’y a eu de sa part aucune hésitation». «C’était même remarquable. C’était troublant», a-t-il confié. «On était soulagé comme elle, de voir que son calvaire se terminait. C’est vrai que ça nous réconfortait, ça nous aidait beaucoup. Puis à la fois, c’était douloureux pour nous.»

Lire aussi : L'émouvant témoignage du mari de Paulette Guinchard, ex-secrétaire d'Etat morte par suicide assisté
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime26.01.22 12:53

Suicide assisté : l’ex-secrétaire d’État Paulette Guinchard "voulait que sa décision soit publique", le témoignage bouleversant de son mari
Paulette Guinchard, ancienne secrétaire d’État aux personnes âgées et députée du Doubs, a choisi le suicide assisté. Un acte militant pour celle qui a défendu avec force le droit indéfectible à la dignité des personnes âgées. Un geste impossible en France. Paulette Guinchard s’est éteinte à Berne, en Suisse, à l’âge de 71 ans.

Par Catherine CHAILLET - 08 mars 2021 à 20:00 | mis à jour le 28 oct. 2021 à 15:45 - Temps de lecture : 3 min
13 | | Vu 32252 fois

Paulette Guinchard a eu recours au suicide assisté en Suisse. Un acte qui interroge sur la fin de vie en France. Le Sénat examinera le 11 mars une proposition de loi « pour le droit à mourir dans la dignité ». Photo d’archives ER /Ludovic LAUDE
Paulette Guinchard a offert sa voix aux personnes âgées. En instaurant l’APA (Aide personnalisée d’autonomie), en 2001, au sein du gouvernement de Lionel Jospin, elle a revendiqué pour « les vieux », comme elle osait les appeler, la solidarité, l’identité et la dignité jusqu’à la mort.

A lire aussi
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Sa grand-mère et son père décèdent d’une maladie rare
Des valeurs venues du terreau familial, grandies dans le militantisme, incarnées en politique. Si la famille a guidé Paulette Guinchard, elle lui a signifié très tôt que la fin du chemin serait terrible. Sa grand-mère, puis son père sont décédés d’une maladie rare et méconnue qui nécrose le cervelet, empêche un à un les gestes, la parole, l’autonomie. Sans toucher la conscience, le discernement, l’intelligence. Paulette Guinchard a observé et tenté de soulager chez son père la déliquescence annoncée. Avant d’éprouver, douloureusement, au fur et à mesure des semaines et des mois, ce délabrement de soi. Voilà qui donne un esprit aiguisé de l’humain et de ses limites.

Un départ « propre »
Ses proches ont vu le mal ronger Paulette, son mari, lui, en partageait les méandres intimes. « Quand ils la voyaient assise à une table, où elle n’avait pas à bouger, tous la trouvaient bien » dit-il.

Lui a vécu avec elle toutes les impossibilités du quotidien. « Quelles solutions avait-elle ? Avaler des médicaments ? On a cherché ensemble des solutions propres ». Un cheminement commun précieux pour supporter le chagrin d’après. « Dès lors, rien ne pouvait plus se mettre en travers de son chemin. J’ai posé toutes les questions : pour se suicider, il faut du courage. Paulette était parfaitement déterminée, tranquille. À partir de là, vous ne pouvez que l’accompagner ».

« Le plus vite possible »
En France, rien n’est possible. « Elle l’a regretté fortement. En Belgique, c’est l’euthanasie, en Suisse, c’est le suicide assisté, les mots parlent. Il y a le côté actif et le côté passif. Paulette a cherché et m’en a parlé ensuite. C’était il y a plus de deux ans. Pour faire avancer la cause, elle voulait que sa décision soit publique, on en a parlé à des personnalités politiques locales à d’autres à Paris », rapporte son mari. Il a fallu ensuite choisir parmi les associations, « elles distillent les informations, ne disent rien des prix et des délais, pour s’assurer que les gens sont motivés. Puis, il faut constituer un dossier médical. Envoyer les pièces par mail. Et préparer la version papier qu’on emportera. Déterminer la date. Paulette a dit “le plus vite possible”. Puis, le rendez-vous est fixé ».

Pour moi, le décompte final a été terrible. Pas pour elle, semble-t-il.

Son mari

Quinze jours à vivre pour le couple, et chaque heure qui rapproche de la fin. « Pour moi, le décompte final a été terrible à porter. Pas pour elle, semble-t-il. Nous avons partagé ce moment sans tabou, sans non-dit, nous avons toujours vécu en communion ».

"Nous étions peu dans la confidence"
Cette décision éminemment personnelle, il faut pourtant l’annoncer aux proches, les préparer. Elle résonne différemment dans le cœur d’un fils, d’un frère, d’une sœur, d’un ami… « Lionel Jospin, dont la mère a aussi choisi de partir avec le suicide assisté, nous avait prévenus d’être flous, pour ne pas se faire envahir par ceux qui voudraient lui dire adieu. Nous étions peu dans la confidence ». Ils ont ainsi protégé leur amour jusqu’au bout.

Le Sénat rouvre ce jeudi 11 mars le débat sur la fin de vie. Puisse la voix que Paulette Guinchard avait perdue s’y faire entendre.
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime26.01.22 13:04

L'ancienne députée du Doubs et secrétaire d'Etat aux personnes âgées Paulette Guinchard est décédée
Jeudi 4 mars 2021 à 14:14 - Par Christophe Mey, France Bleu Besançon, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu
Paulette Guinchard, qui fut députée du Doubs, secrétaire d'Etat aux personnes âgées, vice -présidente de l'Assemblée Nationale, est décédée ce jeudi à l'âge de 71 ans. Elle est notamment à l'origine de l'APA, l'Allocation personnalisée d'autonomie.

Paulette Guinchard à l'Assemblée Nationale en 2007
Paulette Guinchard à l'Assemblée Nationale en 2007 © Maxppp - Christophe Morin
Paulette Guinchard, ancienne députée socialiste du Doubs, secrétaire d'Etat aux personnes âgées du gouvernement Jospin, élue municipale et régionale, est décédée ce jeudi à l'âge de 71 ans. Elle avait quitté la vie politique en 2007 pour des raisons de santé. Gravement malade depuis de longues années, Paulette Guinchard a choisi de mettre fin à ses jours à travers le suicide assisté.

Fille d'une famille d'agriculteurs de Reugney, Paulette Guinchard débute en politique à 20 ans, en adhérant au PSU de Michel Rocard. Egalement militante CFDT, elle fait des études d'infirmière en psychiatrie, avant d'orienter sa carrière professionnelle dans le domaine de la formation pour les soins aux personnes âgées.

À lire aussi Mort par suicide assisté en Suisse : le dernier combat de la militante Paulette Guinchard
Conseillère municipale de Besançon et conseillère régionale
En 1983, elle est élue sur la liste du maire socialiste de Besançon Robert Schwint, qui lui confie le poste d'adjointe à l'environnement. Elle siègera au conseil municipal de Besançon pendant près de 25 ans. Paulette Guinchard qui rejoint le Parti socialiste en 1986, est élue la même année conseillère régionale de Franche-Comté, elle y restera jusqu'en 1997.

L'année 1997 constituera le tournant de sa carrière politique: contre toute attente, Paulette Guinchard est élue députée de la 2e circonscription du Doubs face à l'UDF Michel Jacquemin. Et deux ans plus tard, le Premier ministre Lionel Jospin demande à cette professionnelle du 3e âge de rédiger un rapport: "Vieillir en France" et de proposer au gouvernement une nouvelle politique pour les personnes âgées et leurs familles confrontées à la perte d'autonomie.

La créatrice de l'allocation personnalisée d'autonomie, toujours en vigueur
Dans ce texte, Paulette Guinchard défend la création de l'APA, cette allocation personnalisée d'autonomie pour aider les personnes âgées dépendantes, toujours en place actuellement. C'est elle qui sera rapporteur de ce projet de loi, et qui sera chargée de mettre la loi en oeuvre, puisqu'elle quitte l'Assemblée Nationale en 2001 pour entrer au gouvernement de Lionel Jospin, au poste de secrétaire d'Etat aux personnes âgées.

Paulette Guinchard sur le banc du gouvernement à l'Assemblée Nationale le 28 mars 2001, au lendemain de sa nomination comme secrétaire d'Etat.
Paulette Guinchard sur le banc du gouvernement à l'Assemblée Nationale le 28 mars 2001, au lendemain de sa nomination comme secrétaire d'Etat. © AFP - Joël Saget
Une élue proche des gens et profondément humaine
Paulette Guinchard était une élue pétrie d'humanisme, une femme politique simple, proche des gens, elle avait le contact facile et chaleureux avec tous, beaucoup de ses électeurs l'appelaient simplement "Paulette". Au palais Bourbon comme au gouvernement elle ne s'est jamais départi de l'accent franc-comtois qui signait ses origines.

En 2002, après la défaite de la gauche et malgré la vague bleue, Paulette Guinchard est réélue députée et elle devient vice-présidente de l'Assemblée Nationale, mais son grand regret aura été que Jean-Louis Fousseret lui ait été l'année précédente préféré par le PS pour succéder à Robert Schwint à la mairie de Besançon. A la fin de ce second mandat en 2007, déjà malade , elle décide de quitter la vie politique. Ces dernières années, très diminuée par la maladie, elle n'était plus que très peu intervenue en public.

Elle a choisi de recourir au suicide assisté en Suisse pour mettre fin à son existence.

À lire aussi Décès de Paulette Guinchard: pour Lionel Jospin, "une des rencontres les plus précieuses de ma vie militante"
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime01.02.22 11:08

L'EX-SECRÉTAIRE D'ETAT PAULETTE GUINCHARD EST MORTE APRÈS AVOIR EU RECOURS AU SUICIDE ASSISTÉ
R.V. avec AFP
Le 05/03/2021 à 11:10
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Paulette Guinchard-Kunztler alors vice-présidente de l'Assemblée nationale.
Paulette Guinchard-Kunztler alors vice-présidente de l'Assemblée nationale. - ERIC FEFERBERG

Paulette Guinchard, ancienne secrétaire d'Etat du gouvernement de Lionel Jospin et ancienne députée élue dans le Doubs, s'est éteinte à 71 ans en Suisse, a signalé l'AFP jeudi, après avoir eu recours au suicide assisté.
Paulette Guinchard, ou Guinchard-Kuntzler, ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées, à l'initiative de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), est décédée à l'âge de 71 ans après avoir eu recours au suicide assisté, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Paulette Guinchard, qui était souffrante, est morte en Suisse.

"Paulette Guinchard a passé sa vie à améliorer celle de nos anciens, et c'est la force de son engagement qui a permis la création de l'Allocation personnalisée d'autonomie. Son humanité et sa générosité doivent continuer à nous guider", a tweeté l'ancien président socialiste François Hollande.

Martine Aubry salue une "femme merveilleuse"
"Paulette était mon amie. Elle était 'notre' Paulette tant le lien qui s'est tissé entre elle et tous ceux qui ont eu la chance de la côtoyer était fort. Aujourd'hui, le chagrin est immense", a salué la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS). "Jusqu'au bout elle a combattu la maladie avec les armes que nous lui connaissons, courage, lucidité et détermination", a-t-elle souligné.

"Sa décision ultime, le suicide assisté, que la loi de notre pays n'autorise pas, nous invite encore à réfléchir et à avancer pour mieux appréhender la fin de vie en toute dignité, en toute conscience et en toute liberté. Grande leçon de vie !", a ajouté la présidente de région.
Martine Aubry, qu'elle côtoya au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, s'est souvenue d'une "femme merveilleuse d'engagement qui incarnait les valeurs de générosité et d'humanité". "Une grande dame de la politique française, une femme de gauche s'en est allée", s'est émue la maire de Lille dans un communiqué.

Les hommages des élus PS, EELV et LREM de Franche-Comté ont afflué jeudi pour applaudir son travail en faveur des personnes âgées. "Nous t'aimons Paulette", a écrit dans un communiqué le député LaREM du Doubs Eric Alauzet. "Avec cet ultime acte de liberté, tu as choisi la seule voie possible pour toi, celle de la dignité". A droite aussi, le maire LR de Belfort, Damien Meslot, a fait part de son "grand respect" pour "cette infatigable militante de gauche".

Secrétaire d'Etat du gouvernement Jospin
Ancienne députée (PS) du Doubs, Paulette Guinchard est à l'origine de la loi de 2001 sur l'APA qui permet d'apporter une aide personnalisée aux personnes âgées dépendantes. Elle est ensuite devenue secrétaire d'Etat aux personnes âgées sous le gouvernement de Lionel Jospin.

Fille d'agriculteurs du Doubs, infirmière psychiatrique, Paulette Guinchard a longtemps été conseillère municipale de Besançon et conseillère régionale de Franche-Comté. La ville de Besançon "est aujourd'hui en deuil", a déclaré jeudi la maire écologiste Anne Vignot. Les drapeaux seront mis en berne le jour de ses obsèques et une minute de silence doit être observée ce vendredi.

"Le vieillissement de nos proches, le nôtre, Paulette Guinchard nous poussait à regarder cette réalité sur laquelle trop longtemps notre société avait fermé les yeux", a observée l'élue de Besançon. Une émotion partagée par les acteurs du secteur social.

L'Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux et l'Association pour adultes et jeunes handicapés ont ainsi salué l'engagement de cette "grande figure de l'action sociale et médico-sociale".
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime08.02.22 20:33

Paulette Guinchard parlait de son suicide assisté « comme on parle de faire le jardin »
Paulette Guinchard, lors d’une prise de parole du Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur le vieillissement, le 29 novembre 2013 à Paris. (LCHAM/SIPA)Paulette Guinchard, lors d’une prise de parole du Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur le vieillissement, le 29 novembre 2013 à Paris. (LCHAM/SIPA)
Article avec abonnement
Début mars, l’ancienne secrétaire d’Etat aux Personnes âgées du gouvernement Jospin a eu recours au suicide assisté, en Suisse. Avec ce geste, elle espérait mettre fin à ses souffrances mais aussi faire évoluer la France sur cette question, débattue à partir de ce jeudi à l’Assemblée nationale. Portrait.

Par Henri Rouillier
Publié le 8 avril 2021 à 9h14
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime29.03.22 13:18

Accompagner la fin de vie
TRIBUNE
"La légalisation de l'euthanasie aurait-elle été une meilleure solution ? Nous pensons que non."Publié le 28 avril 2005 à 14h38 - Mis à jour le 12 mars 2007 à 15h36   Temps deLecture 5 min.

Nous savons combien en commission, puis lors du vote au Sénat, les débats ont été animés et ont débouché sur une abstention du groupe socialiste. Pour notre part, nous aurions souhaité une issue plus harmonieuse et nous nous proposons de justifier cette position.

Après l'émotion suscitée par l'affaire Vincent Humbert, un travail de fond a été réalisé par la mission parlementaire créée à cette occasion et a permis de déboucher à l'Assemblée nationale sur une proposition de loi consensuelle. Dans le sillage de la loi sur les droits des malades du 4 mars 2002, le texte qui vient d'être adopté affirme le refus de l'obstination déraisonnable définie par les critères d'inutilité et de disproportion. Il affirme un droit de refus de traitement par le malade conscient. Il s'agit là d'une garantie essentielle pour le patient, qui se voit prémuni contre toute forme d'activisme médical qui irait contre son intérêt, mais aussi pour le médecin, pour qui ces pratiques étaient souvent motivées par la peur d'une mise en cause judiciaire.

Contrairement à ce qu'affirment ceux qui déjà revendiquent la mise en chantier d'une autre loi, nous estimons que le texte qui vient d'être adopté permettra de répondre aux situations les plus complexes, telles que celles rencontrées dans le cas de quelques rares pathologies médicales. Certaines personnes atteintes de "locked-in syndromes" , de tétraplégies hautes, de maladies de Charcot en fin d'évolution ou de certaines formes de sclérose en plaques au stade terminal peuvent se trouver dans la situation où, conscientes et porteuses d'un handicap majeur, elles expriment le désir de mourir mais ne peuvent pas se suicider.

Même dans ces cas extrêmes, le texte de loi offre des solutions en faisant droit à leur demande d'arrêt des soins curatifs habituels et en leur prodiguant des soins palliatifs. Ces patients nécessitant souvent des soins importants pour être maintenus en vie, leur simple arrêt conduit le plus souvent au décès sans qu'il soit nécessaire d'arrêter l'alimentation, une solution qui reste néanmoins possible en ultime recours. Dans ce cas, le malade ne meurt en aucun cas de faim, comme on l'a trop entendu, mais des conséquences de sa maladie initiale.

Lorsque le patient est inconscient, maintenu artificiellement en vie, et que son pronostic est désespéré, la recherche de sa volonté prime sur tout autre démarche : elle se traduit par la prise en compte des directives anticipées, de l'avis de la personne de confiance que le patient aurait préalablement désignée, de la famille et des proches.

Le choix a été fait de ne pas faire porter la décision exclusivement sur les familles, tout en prenant en compte leurs souhaits. Cette solution répond très bien à l'expérience médicale, qui nous apprend que leur demande le plus fréquemment exprimée est de ne pas être directement responsables de la décision.

Par ailleurs, la décision n'est pas solitaire, mais elle est prise en concertation avec toute l'équipe. C'est la bonne pratique clinique.

Enfin, la transparence de la procédure est garantie par son inscription motivée au dossier médical, se prémunissant ainsi de tout arbitraire médical. Cela est d'autant plus important que les progrès dans le champ de la santé, le vieillissement de la population française, vont amener à une augmentation de la fréquence de situations nouvelles et complexes, où la question éthique sera centrale.

On le voit, cette loi se situe donc délibérément dans l'amont des situations difficiles. Ce faisant, elle se centre sur le véritable enjeu d'aujourd'hui, qui est de prévenir ces situations avec la meilleure expertise possible, mais aussi avec la plus grande humanité.

Ce qui est ainsi posé est de permettre à tous de pouvoir vivre avec un sentiment de dignité jusqu'à la fin. Pour cela, deux éléments nous semblent essentiels : l'assurance que la personne soit entendue dans son souhait de ne pas vivre une situation qu'elle jugerait inacceptable et qu'elle soit assurée de ne pas souffrir. Il est maintenant nécessaire de faire en sorte que cette loi puisse être appliquée, car nous pensons qu'elle contribuera à une vraie évolution sur notre rapport à la fin de vie. Donnons-nous le temps pour évaluer si son application et les moyens mis en oeuvre entraînent les changements attendus et font progresser cette question essentielle centrée sur le respect de l'homme.

La légalisation de l'euthanasie, à l'instar des législations hollandaise et belge, aurait-elle été une meilleure solution ? Nous pensons que non, et cela pour plusieurs raisons.

Alors que certains trouvent que la loi française fait la part trop belle au "pouvoir médical" , comment ne pas voir que paradoxalement la loi hollandaise, en l'autorisant à tuer, donne au médecin un pouvoir prométhéen, dont nous ne voulons à aucun prix. L'extension de l'euthanasie aux patients atteints de démence, de pathologies psychiatriques, voire à ceux qualifiés de "souffrants de la vie" est aujourd'hui demandée aux Pays-Bas.

La dérive est réelle, et rien ne nous permet d'avancer que nous serions plus prémunis de ce risque que nos voisins. L'euthanasie à la demande d'un tiers des mineurs handicapés et des majeurs sous tutelle serait inacceptable. Elle est cependant incluse dans diverses propositions de loi visant à légaliser l'euthanasie qui ont été déposées en France depuis de nombreuses années. Pourtant, la protection de ces personnes est un des fondements de notre société.

Certains ont pris position dans ce débat au nom de la liberté de pouvoir disposer de sa propre vie. Face aux situations souvent difficiles que rencontrent les personnes souffrantes ou très âgées, il est pour nous un principe encore supérieur à cette revendication d'autonomie, c'est l'obligation de la solidarité.

Nous ne nous résignerons pas à ce que cette demande de liberté signe l'abandon du lien social. La fin de la vie appelle une attention plus grande de notre société et des choix plus affirmés dans nos politiques publiques pour garantir la mise en oeuvre d'une véritable égalité d'accès en tout point du territoire à des soins adaptés et à un accompagnement personnalisé pour chacun.

La loi française sur la fin de vie garantit les principes fondamentaux des droits de la personne en même temps qu'elle est une exigence pour davantage d'humanité.

Régis Aubry, médecin, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs ; Claude Evin, député PS de Loire-Atlantique et ancien ministre ; Paulette Guinchard-Kunstler, députée PS du Doubs et ancienne secrétaire d'Etat ; Louis Puybasset, médecin, membre du groupe de réflexion éthique de la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR).
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MessageSujet: Re: PAULETTE GUINCHARD   PAULETTE GUINCHARD Icon_minitime29.03.22 13:29

Fin de vie : «Paulette Guinchard-Kunstler souhaitait que son geste soit connu»
Ex-secrétaire d’Etat aux personnes âgées de 2001 à 2002, Paulette Guinchard-Kunstler a décidé, se sachant condamnée, de mourir assistée la semaine dernière en Suisse. Elle avait demandé à son amie depuis quarante ans, Marie-Guite Dufay, présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté, de témoigner de ce choix pour «faire bouger les lignes» dans le débat sur la fin de vie en France.

Paulette Guinchard-Kunstler, le 8 mars 2005 à l'Assemblée. (Eric Feferberg/AFP)
par Marie-Guite Dufay
publié le 8 mars 2021 à 19h38

Paulette n’était pas une militante de l’euthanasie, qui offre la possibilité à un médecin d’injecter un produit létal à un malade dans l’intention de provoquer sa mort. Initialement, elle n’était pas non plus une militante du suicide assisté, qui donne la possibilité non pas au médecin mais au patient lui-même d’injecter le poison. Paulette était avant tout une militante des soins palliatifs qui visent à soulager.

Mais la vie l’a rattrapée, elle, sa famille, ses proches. La douleur l’a rattrapée. Jusqu’au bout Paulette était l’esprit vif, lucide, courageux, déterminé, combatif qui a tant séduit, toute sa vie, celles et ceux qui ont eu la chance de croiser sa route. Un esprit enfermé dans un corps qui souffrait. Un esprit qui souffrait de cette dépendance qui croissait, pour tous les actes de la vie quotidienne.

Paulette a dit sa douleur. Et puis elle a dit sa volonté d’en finir avec celle-ci.

Il faut mesurer la portée d’une telle décision, ses conséquences. Il faut mesurer le cheminement qu’il implique. Annoncer aux gens que l’on aime, et qui vous aiment, que malgré cet amour, la douleur n’est plus supportable, et qu’elle doit cesser. Annoncer aux gens qui vous aiment que, quel que soit l’amour infini dont vous les savez capables, vous refusez qu’ils vous voient dégradée, affaiblie, dépendante. Parce que vous refusez vous-même de vous imaginer ainsi. Est-ce condamnable ?

«Paulette a pris sa décision. L’aimer, c’était la respecter. L’aimer, c’était la laisser partir.»

—  Marie-Guite Dufay
On n’est jamais prêt, dans l’entourage, à entendre une telle décision. C’est un séisme. Et le premier réflexe, l’instinct de survie qui est en chacune et chacun de nous esquive, minore, refuse. Il faut apprendre à écouter, entendre la douleur qui perce sous cette décision. Se sachant condamnée, voyant sa dépendance croître, son corps se dégrader, Paulette a pris sa décision. L’aimer, c’était la respecter. L’aimer, c’était la laisser partir. Elle ne s’infligerait pas, et elle n’infligerait pas à ses proches, cette vision-là, cette période-là. Dès lors, elle a cherché les voies et moyens pour mettre son projet à exécution.

«Le choix du bon moment»
Elle a voulu utiliser la loi de notre pays. Elle en a découvert toutes les limites. Les médecins ont été d’un appui sans faille, mais quels que soient leur écoute, leur attention, leur immense professionnalisme, Paulette ne pouvait se prévaloir de la loi française pour être aidée. Aux yeux de celle-ci, et bien que chacun la sache condamnée, c’était trop tôt. Comme s’il fallait que la maladie, dont la morsure était déjà si visible, si invalidante, produise le plein de ses effets dévastateurs pour que des droits s’ouvrent. Comme si le droit à être épaulé ne pouvait être acquis qu’au terme – au terme ! – du processus de dégradation corporel et psychique sur fond de douleur, auquel nous destinent ces maladies de long cours. Pourquoi ? Pourquoi faut-il infliger cela comme préalable pour être aidé ? Pourquoi ne laisse-t-on pas au malade le choix du bon moment, dans un cadre strict et régulé par la loi ? Pourquoi le contraindre à se voir diminuer ? Face à cette incapacité à faire valoir ce qu’elle pensait être un droit, dans son pays, Paulette s’est tournée vers l’étranger. C’est là qu’elle a mis fin à sa vie et à ses souffrances, elle-même, entourée.

«On condamne [les malades] une seconde fois : à vivre l’épreuve de la déchéance intellectuelle et physique.»

—  Marie-Guite Dufay
Paulette était mon amie depuis quarante ans. Paulette souhaitait que son geste soit connu, avec l’espoir, espérait-elle, de faire bouger les lignes. C’est le sens de ma prise de parole aujourd’hui. Il faut apprendre à écouter. Il faut entendre la parole des malades. Il faut écouter leurs souffrances, et leurs décisions. La loi doit évoluer. Elle n’est pas suffisante pour honorer les volontés de celles et ceux, lucides, qui souffrent et se savent condamnés. Car pour les aider, on les condamne une seconde fois : à vivre l’épreuve de la déchéance intellectuelle et physique, à partir de laquelle, seulement, des solutions médicales et encadrées peuvent intervenir. Ce n’est pas digne de notre pays, en 2021.

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Je sais la difficulté de ce débat, car il interroge chacune et chacun d’entre nous sur son rapport intime à la vie et à la mort. Mais la mort fait partie de la vie, et nos conditions de mort valent bien un débat égal à ceux que nous avons sur nos conditions de vie. Portons-le. Ayons ce courage. Au nom des malades et de leurs douleurs, au nom de leurs proches et de leur impuissance.
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PAULETTE GUINCHARD
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