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 Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan

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MessageSujet: Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan   Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan Icon_minitime25.04.22 17:44

“Médecins, nous voulons la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté”. Un collectif de professionnels de santé vient de publier un manifeste pour la légalisation de l’aide médicalisée à mourir. Généraliste retraité, le Dr Bernard Senet est l’un des signataires à l’origine de cette initiative. Il estime que la proposition Leonetti-Claeys, portée par le gouvernement, n’est que de la poudre aux yeux et en appelle à la fin de l’hypocrisie des médecins sur le sujet.

Egora.fr : Pourquoi avoir rédigé et publié ce manifeste ?

Dr Bernard Senet : A titre personnel, j’appartiens à l’ADMD (Association pour l’aide à mourir dans la dignité) depuis au moins 25 ans. Quand on a vu se pointer la loi Claeys-Leonetti, on s’est proposé de faire un manifeste de soignants. On a trouvé un noyau de soignants, seize personnes qui ont lancé ça, dont Frédéric Chaussoy, qui est anesthésiste, Daniel Carre qui fait partie du CISS (collectif interassociatif sur la santé), Denis Labayle un ancien praticien hospitalier. Tous ne font pas partie de l’ADMD. Cette initiative n’est pas liée à l’association. Ensuite une fois qu’on a eu une centaine de signatures, on a lancé le texte sur le site Change.org.

Pourquoi maintenant ?

On est vraiment à un tournant. Véronique Massonneau, députée EELV (Europe écologie-Les Verts), a fait une proposition de loi très proche de la loi belge, qui est pratiquement ce qu’on souhaiterait. Donc on s’est dit que ce serait bien de la soutenir. Surtout quand on a vu arriver le rapport Claeys-Leonetti assorti d’une proposition de loi, et qui a été tout de suite relayé par le gouvernement. Le projet de Véronique Massonneau, nous paraissait bien plus complet. Malheureusement, sa proposition a été rejetée en Commission des affaires sociales.

Que pensez-vous du rapport d’Alain Claeys et de Jean Leonetti ?

La sédation en phase terminale, c’est une rigolade sans nom. J’ai travaillé en soins palliatifs pendant des années. Depuis qu’on applique la loi Leonetti, on fait de la sédation. On ne laisse pas les gens mourir de faim et de soif la bouche ouverte. Enfin, sauf quelques abrutis dans des services complètement tarés. Il y des gens complètement fous et qui attendent que ce soit Dieu qui laisse mourir les gens de faim et de soif. Mais en gros, dans un service de soins palliatifs qui fonctionne correctement, on fait de la sédation en phase terminale depuis très longtemps. Et on le fait de manière tout à fait officielle et consciente, avec l’équipe, dans le cadre de l’application de la loi, car la loi Leonetti permet déjà de faire la sédation. C’est même une mauvaise médecine de ne pas la faire ! Quand vous arrêtez l’alimentation et l’hydratation, vous savez bien que vous condamnez la personne à mort. Est-ce que ça sert à quelque chose qu’elle comate, qu’elle fasse des épilepsies, qu’elle meure déshydratée ?

Le fait qu’elle soit reconnue légalement, n’est-ce pas une avancée ?

J’avais aussi senti le truc venir. J’avais dit “ils vont nous faire la sédation, comme ça, ils ne feront pas l’euthanasie”. Ça ne loupe évidemment pas. La sédation, ce n’est pas un progrès ! C’est faire passer dans la loi une pratique médicale. On ne va pas légiférer sur l’anesthésie générale ou sur les méthodes de traitement de la douleur ! Parce que ça revient au même. On régularise officiellement une pratique médicale, ça n’avance à rien du tout. On ne va pas passer toutes les bonnes pratiques médicales à l’Assemblée nationale. C’est ahurissant ! C’est un faux problème ! C’est de la poudre aux yeux ! C’est pour occuper les gens ! Ça ne sert à rien de parler à l’Assemblée de la sédation en phase terminale, c’est du travail de médecin ça !

Et pour ce qui est des directives anticipées opposables ?

Et bien oui, ouf, heureusement ! Ça prouve juste que la loi Leonetti de 2005 sur les directives anticipées avait minoré la loi Kouchner de 2002. La loi Kouchner donnait aux patients le pouvoir de faire respecter leurs volontés auprès du corps médical à partir du moment où ça avait été écrit, renouvelé tous les trois ans, et qu’il y avait une personne de confiance pour les porter au cas où la personne ne soit plus capable de s’exprimer. En 2005, Leonetti a repris ça et dit “c’est très bien mais il faut que les médecins soient d’accord”. Il a réintroduit le pouvoir médical, en diminuant la portée des directives anticipées face à la profession. Maintenant, il dit “je suis un brave garçon, je vais redonner du pouvoir aux gens”… Et il revient à la loi de 2002, tout simplement.

Vous dites qu’aider quelqu’un à partir, c’est faire un “ultime soin”…

Pour l’avoir pratiqué un certain nombre de fois, je suis persuadé que c’est un soin. Vous accompagnez quelqu’un dans une maladie grave, vous vous battez avec lui quand il subit des complications. Je n’ai jamais eu aucun regret d’avoir aidé quelqu’un à partir. C’était des gens au bout du rouleau, qui auraient vécu quelques semaines de plus, parce qu’on est proche de la mort quand même.

A partir du moment où les gens savent que leurs volontés vont être respectées – pas seulement les demandes d’euthanasie, mais de pouvoir refuser une chimiothérapie, une intervention chirurgicale et continuer à être traité correctement – ils vont mieux vivre plus vieux. Il y a une étude canadienne et une étude belge très intéressantes. A pathologie égale, avec des espérances de vie statistiques, les gens qui ont rédigé leurs directives anticipées, qui ont pris la peine de se préoccuper de leur avenir sanitaire, vivent plus vieux que ceux qui n’ont rien écrit. Si vous savez que le jour où vous le demandez, vous serez aidés, vous vivez mieux.

Mais il faut être tranquille, des euthanasies, tous les médecins en ont fait ! Dans les services de neurologie, on faisait le DLP “Dolosal – Largactil – Phenergan” qu’on appelait gentiment “cocktail lytique”. Et à l’époque on ne demandait pas toujours l’avis du patient et encore moins l’avis de sa famille… Il faut arrêter d’être hypocrite.

Vous dites que les Français veulent cette loi, que les médecins pratiquent déjà l’euthanasie… Pourquoi alors les élus sont-ils si divisés sur le sujet ?

On savait bien qu’Hollande n’aurait pas le courage d’autoriser l’euthanasie. Mais comme il avait eu le courage de faire le mariage pour les homosexuels, on avait un espoir. Mais bon… Je rencontre beaucoup de députés, et les socialistes disent que le gouvernement a une peur panique de se refaire une manif pour tous. Moi, je n’y crois pas vraiment. Les gens, en grande majorité veulent une loi. Et je ne crois pas que les intégristes arriveront à mettre des milliers de personnes dans la rue. Qu’est-ce qu’ils vont défendre ? Que c’est Dieu qui décide de la vie et de la mort ? Je veux bien, mais les médecins ont pris ça en main depuis longtemps.

Après je pense que ceux qui freinent, c’est les médecins. Et il y a quand même beaucoup plus de médecins que d’ouvriers fraiseurs à l’Assemblée nationale. Je crois qu’il y a deux catégories chez les médecins. Les médecins cathos d’une part. Jean Leonetti, c’est la caricature des médecins qui ont cette éducation catholique. Ces gars, c’était un peu des boyscouts, ils ont fait des études de médecine pour rendre service aux gens, avec une idéologie chrétienne… Et de l’autre côté, il y a les gens issus de milieux plus populaires, qui pensaient qu’ils allaient sauver le monde et s’occuper des Africains… Bien sûr, il y a une troisième catégorie, c’est les mecs qui font ça pour le fric, mais ça a toujours existé. Dans les soins palliatifs, s’y engouffrent forcément tous les médecins qui sont proches de la religion. Les médecins qui sont en même temps prêtres ou religieuses sont très branchés soins palliatifs. Le patron des soins palliatifs à Toulouse, il est prêtre par exemple. Ces gens ont de l’influence.

Et après vous avez le pouvoir médical. Un certain nombre de médecins n’ont pas envie que les patients décident. C’est quand même plus tranquille quand c’est nous qui décidons. On n’est pas formés à écouter ce que nous disent les gens. On est plus comme des flics : il faut savoir où les gens ont mal, pourquoi et comment, il faut faire un diagnostic et imposer un traitement. Ça a un peu changé, mais pas tant que ça. Beaucoup de chef de services sont encore des mandarins, ils croient tout savoir, ils humilient leurs étudiants devant les malades, ils humilient les malades devant les gens…

Les médecins ont du mal à penser que les patients peuvent gérer leur maladie eux-mêmes et décider. On l’entend bien dans les débats. La caricature, c’est Bernard Debré. En plus il est chirurgien, donc plus brut de décoffrage. Il dit carrément “je ne vois pas pourquoi les malades décideraient, nous on sait ce qui est bon pour eux”. Leonetti est beaucoup plus fin… Mais le problème de Leonetti, c’est qu’il ne voit plus de gens mourir depuis longtemps. Il fait beaucoup de politique. Et même avant ça, il n’en voyait pas beaucoup mourir parce qu’il était cardiologue. Ce n’est pas la spécialité où les gens meurent lentement…


Source :
www.egora.fr
Auteur : Fanny Napolier
4 février 2015|

https://www.egora.fr/actus-pro/societe/10681-tous-les-medecins-ont-deja-fait-une-euthanasie-arretons-l-h

Article gratuit puis il est devenu payant au 2e clic !
je re-précise que même si j'étais gagnante à un jeu, je suis contre inscription, abonnement, newsletter etc etc parce que cela fait boule de neige, on est obligé de trier et on ne s'en sort pas.

( comme pour les dons, si on donne,on reçoit pleins d'appels au don...enfin en général )
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MessageSujet: Re: Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan   Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan Icon_minitime25.04.22 18:25

Courrier des lecteurs
« Quelle détresse de mourir dans un contexte hospitalier angoissant… »
PUBLIÉ LE 28/02/2020


« S’il est normal de disposer de médicaments utiles à domicile aux soins palliatifs, il est autre chose de les utiliser à tort ou à travers », expliquait dans un courrier adressé au Généraliste (n° 2897) le Dr Jean-Jacques Saunier, généraliste et titulaire d’un DU de soins palliatifs. Cette semaine, le Dr Philippe Herbert lui répond.
Récemment retraité après 40 ans d’exercice, je fais partie du millier de signataires de la pétition en soutien à Dr Méheut-Ferron, mis en examen pour avoir provoqué la mort de patients sans intention de la donner en leur administrant du midazolam, et sa femme qui lui a fourni le produit. L’euthanasie est un sujet grave, et une certaine hypocrisie est intolérable.
Quel est le médecin libéral qui peut dire qu’il n’a pas, un jour, demandé à une connaissance hospitalière (confrère, infirmière) de le dépanner pour sa trousse d’urgence ? – ce qui constitue donc un détournement de produit hospitalier. Quel est le médecin généraliste ayant accompagné de nombreux patients en fin de vie qui n’a jamais agi, en son âme et conscience et en respectant le malade et tous ses proches, pour emmener plus sereinement vers sa dernière demeure un patient en ne respectant pas forcément les prescriptions du Vidal ?
J’ai souvenir qu’en fin d’études médicales, on appliquait un protocole LPD (Largactil-Phénergan-Dolosal). Je suis de la vieille école, mais il s’agissait bien d’« aider les patients à partir ».
Je trouve vos propos (« il est autre chose de les utiliser à tort ou à travers ») durs. J’ai connu la période de transition où les fins de vie n’étaient plus assumées par les proches à domicile et se déroulaient pour la majorité en milieu hospitalier (ce n’est pas une critique mais un constat). Je vous assure que ces fins de vie à domicile se passaient sereinement, avec un entourage présent et courageux. Quelle détresse de mourir dans un contexte hospitalier lourd et angoissant. Je ne comprends pas pourquoi vous estimez qu’à domicile et en libéral, tout cela n’est que très exceptionnellement faisable et raisonnable. Il semble d’ailleurs que, vu le marasme hospitalier, certains établissements fassent sortir des malades pour lesquels il n’y a plus d’espoir et qui engendrent un « surcoût » hospitalier.
J’ai donc été révolté de voir un procureur mettre sur la paille un couple de médecins. Que ce couple n’ait pas eu la possibilité d’exercer pendant l’enquête judiciaire me semble abusif. Quant à faire déterrer des cadavres… Je ne peux que souhaiter une fin de vie paisible (le plus tard possible) à ce procureur.
Priver des milliers de patients d’un médecin traitant – 5,4 millions de Français sont déjà dans ce cas –, et empêcher une anesthésiste d’aider ses collègues débordés, est lourd de conséquences.
J’ai une pensée pour George Steiner, écrivain et philosophe décédé il y a peu. L’euthanasie était une cause pour laquelle il était prêt à violer la loi.
Cette question mérite débats et législations dignes de notre temps.
[size=18]Vous aussi, vous voulez réagir à l’actualité médicale ? Adressez-nous vos courriers accompagnés de vos nom, prénom et lieu d’exercice à *****

Dr Philippe Herbert, généraliste retraité[/size]
Email supprimé et remplacé par des ***
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MessageSujet: Re: Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan   Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan Icon_minitime25.04.22 18:36

on appliquait un protocole LPD (Largactil-Phénergan-Dolosal)
il faudrait savoir
LPD
ou
DLP
etc etc etc
( ce n'est pas évident de rectifier le titre d'un sujet pour moi)
DLP est plus cohérent, l'ordre de l'alphabet est respecté
on peut donc logiquement lire aussi PDL ou PLD ?
je me marre, en principe c'est interdit dans ce genre de sujet
ah ah ah français ou anglais ? ben oui... ben non, les noms de ces produits sont les mêmes en français et en anglais !
qu'est-ce que çà peut bien me faire de toute façon ? mais je suis comme çà, je m'acharne pour rien !!!
parce que j'ai déjà pris du Phénergan en cp, sirop, pommade
donc par curiosité j'aurais aimé qu'il en soit de même pour le Dolosal ( mais je pense qu'il n'existe plus) et pour le Largactil, par curiosité physique, juste pour " goûter ", savoir les effets positifs et négatifs sur le corps... parce que c'est marrant, toutes ces molécules ( par ex je peux affirmer que le Lumirelax est très différent du Décontractyl et c'est la même famille des myorelaxants ).
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MessageSujet: Re: Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan   Le D.L.P. Dolosal-Largactil-Phenergan Icon_minitime25.04.22 19:25

"La péthidine (Dolantine, Demerol, anciennement Dolosal) est un antalgique opioïde de synthèse, dérivé de la pipéridine, morphinomimétique agoniste pur, classe 3 de l'OMS. En thérapeutique, elle est utilisée en intramusculaire sous la forme de chlorhydrate de péthidine. Elle possède un pouvoir histaminolibérateur".

"La chlorpromazine ( Largactil ) est historiquement le premier médicament antipsychotique. Vendue sous forme de chlorhydrate de chlorpromazine, elle fut initialement surnommée la « lobotomie chimique » par le Dʳ Heinz Lehmann en raison des effets similaires avec cette pratique neurochirurgicale controversée". 


De toute façon, c'est probable que la "perception" d'une molécule soit différente selon l'état de santé de l'individu ( maladie, accoutumance... ) mais bon, on peut se permettre d'être curieux !
QUESTION

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