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 Affaire Mgr Michel Santier

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MessageSujet: Affaire Mgr Michel Santier   Affaire Mgr Michel Santier Icon_minitime29.10.22 19:17

Affaire Santier : de nouvelles révélations et une colère qui monte
Cinq nouveaux signalements mettant en cause l’ancien évêque de Créteil, Michel Santier, ont été adressés à l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun. La persistance de la culture du secret dans l’Église, un an après la remise du rapport de la Ciase, est de moins en moins acceptée.
Par Félicité de Maupeou
Publié le 21/10/2022 à 17h16, mis à jour le 21/10/2022 à 17h16 •

L'ancien évêque de Créteil, Michel Santier.L'ancien évêque de Créteil, Michel Santier. • MARINE LEGRAND/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Peu après les premières révélations dans la presse, le 14 octobre 2022, à propos de pratiques de Michel Santier, ancien évêque de Créteil, les langues se délient : cinq autres signalements de « faits impensables » ont été adressés à Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, le 19 octobre.

Dans un communiqué publié jeudi 20 octobre, celui-ci explique que « d’autres personnes viennent de se faire connaître pour des faits commis sur elles par Mgr Michel Santier dans le cadre de son ministère de prêtre alors qu’elles étaient jeunes adultes ».

A lire aussi : L’affaire Michel Santier pose la question de la transparence dans l’Église
« Après avoir entendu directement une de ces personnes victimes, j’ai adressé aussitôt un signalement au Dicastère pour la doctrine de la foi via la nonciature apostolique. Nul doute que le dicastère diligentera une nouvelle enquête devant les révélations qui accentuent la gravité des faits reprochés à Mgr Michel Santier », précise le primat de Normandie, dont dépend aujourd’hui Michel Santier, qui réside dans une communauté de religieuses dans la Manche.

Mesures disciplinaires restées secrètes
Le fondateur de la communauté charismatique Réjouis-toi ! en 1977 et ancien évêque de Luçon (de 2001 à 2007) puis de Créteil (de 2007 à 2021) avait fait l’objet de « mesures disciplinaires » de Rome en octobre 2021 pour avoir abusé de son autorité spirituelle et utilisé le sacrement de réconciliation pour demander à deux jeunes hommes de se dévêtir dans les années 1990.

Les faits ont été reconnus par Michel Santier dès 2019, mais ils ont été tus lors de son départ de Créteil en janvier 2021, officiellement pour des « raisons de santé », puis au moment des mesures disciplinaires romaines en octobre suivant.

A lire aussi : Affaire Santier : le silence est un abus de confiance
C’est par la presse, dans les médias Golias et Famille chrétienne, que les faits ont été révélés le 14 octobre 2022, provoquant l’indignation sur le silence qui a entouré cette sanction, restée secrète jusqu’ici, alors que, pour la première fois, un évêque est reconnu coupable d’abus spirituel à des fins sexuelles.

Un an après la remise du rapport de la Ciase, un grand travail reste à faire, notamment sur la persistance d’une culture du secret dans les décisions de l’Église sur ces dossiers.

Vers des changements de procédure ?
Une critique qu’Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, dit entendre dans un communiqué publié le 21 octobre, et dans lequel il écrit : « J’entends et je reçois les critiques formulées autour de l’absence de communication des mesures romaines quand elles ont été édictées. »

A lire aussi : Jean-Marc Sauvé : « L’Église catholique a toutes les cartes en main pour aller de l’avant »
Actant « la demande d’une plus grande clarté sur ces procédures canoniques et les mesures qui peuvent en découler », il explique faire face à « une tension entre les exigences du droit canonique, son usage, ses interprétations qui peuvent varier d’un expert à l’autre, les pratiques de la justice de notre pays, le respect des personnes et l’exigence de transparence que portent beaucoup de fidèles ».

« Nous devons réfléchir à des changements de procédures, dans notre façon de les mener comme d’en communiquer les résultats. Ce sujet exige une étude sérieuse. Les évêques commenceront à y travailler dès l’assemblée plénière de novembre », annonce-t-il, évoquant ce rendez-vous annuel qui aura lieu du 3 au 8 novembre 2022, à Lourdes.

A lire aussi : Un an après la remise du rapport Sauvé, où en est l'Église de France ?
Pas sûr que cela suffise à calmer l’indignation qui monte chez plusieurs laïcs. Sur Twitter, certains évoquaient la possibilité de se rendre à Lourdes pour faire part de leur colère, tandis que d’autres invitaient à manifester devant les évêchés avant le départ des évêques pour la cité mariale.
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Affaire Santier. L'impossible silence
La révélation des abus commis par Mgr Santier, évêque émérite de Créteil, a suscité une onde de choc au sein de l’Église, jetant l’épiscopat dans la tourmente, avant son Assemblée plénière.
Alban de Montigny
par Alban de Montigny

Publié le 25/10/2022 à 10h06

Lecture en 4 min

santier
© Corinne Simon/ Hans Lucas
Mgr Michel Santier a reconnu dès 2019 les faits qui lui étaient reprochés. Relevé de ses fonctions en janvier 2021, il faudra attendre octobre 2022 pour que ces faits soient révélés publiquement.

     
SOMMAIRE
Sentence occulte
Fraternité mal comprise
Pourquoi ? Pourquoi les évêques n'ont-ils rien dit des abus commis par Mgr Michel Santier, évêque émérite de Créteil (Val-de-Marne), avant qu'ils ne soient révélés par la presse? Cette question vient secouer l'épiscopat qui se retrouve, à la veille de l'Assemblée plénière d'automne – du 3 au 8 novembre –, face à la tristesse et la colère d'une partie des catholiques. Tout commence le 14 octobre, lorsque le magazine hebdomadaire Famille chrétienne révèle que Michel Santier, figure du renouveau charismatique, ancien évêque de Luçon et de Créteil, a été sanctionné par Rome pour "abus spirituels à des fins sexuelles".

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Dans les années 1990, alors qu'il dirigeait l'École de la foi de Coutances (Manche), le cofondateur de la communauté Réjouis-Toi avait demandé à deux jeunes hommes majeurs de se dénuder durant la confession, devant le tabernacle. Des faits déjà mis en lumière en septembre par la revue Golias. En décembre 2019, les victimes se confient à Michel Aupetit. Alors archevêque de Paris, ce dernier échange avec l'évêque de Créteil qui reconnaît les faits et les signale à Rome. Michel Santier écrit alors au pape pour remettre sa charge. En juin 2020, il annonce sa démission, la justifiant par des soucis de santé et ajoutant dans une formule sibylline avoir "traversé d'autres difficultés".

En octobre 2021, tombe la mesure disciplinaire romaine qui lui impose une vie de prière et de pénitence. Les évêques pouvaient-ils communiquer sur cette affaire? Les victimes ne souhaitent pas que leur histoire soit médiatisée, s'est défendu le diocèse de Créteil. Mais cela n'empêchait pas de lancer un appel à témoignages. Dans les jours qui ont suivi la médiatisation de l'affaire, cinq nouvelles victimes se sont manifestées auprès de l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun.

Sentence occulte
La sanction romaine pouvait-elle être rendue publique? Les avis divergent. "Les décisions ne sont pas couvertes par le secret pontifical, il y avait donc sans doute une possibilité de la rendre publique", explique Astrid Kaptijn, professeur en droit canonique à l'université de Fribourg et ancienne membre de la Ciase. De son côté, le père Bruno Gonçalves, professeur de droit canonique à l'Institut catholique de Paris, rappelle l'un de ses principes: "Quand il y a un scandale public, il faut réparer publiquement mais si les faits n'ont pas été commis en public, les révéler provoque le scandale alors qu'on est censé les réparer. Autrement dit, à faits publics, sentence publique, à faits occultes, sentence occulte." Et le canoniste d'ajouter: "Les évêques ne relèvent pas des tribunaux de l'Église de France, mais de Rome. Les modalités de la sanction n'ont probablement pas été choisies par l'épiscopat français."

Progressivement, les regards se tournent vers le Vatican. Parmi les évêques, les choix de Rome questionnent. "C'est incompréhensible que Mgr Santier soit resté évêque de Créteil pendant encore un an après le signalement, lâche l'un d'eux. Tout ce temps, le Saint-Siège et le nonce ont laissé perdurer un flou. Leur responsabilité est engagée." Le départ effectif de Michel Santier ne survient qu'en janvier 2021 lorsque son successeur, Mgr Blanchet, est nommé. Ce dernier, vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF), pourtant au courant de l'affaire, convie l'évêque émérite, le 12 avril 2022, à la messe chrismale. Deux jours après la révélation de cette information par Libération, Dominique Blanchet fait son mea-culpa reconnaissant notamment des "erreurs de jugement".

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Fraternité mal comprise
Pour l'un des évêques interrogés par Le Pèlerin, cela montre qu'il y a "une espèce de culture ecclésiastique qui reste intacte". "Je crois à la sincérité de Dominique Blanchet et d'Éric de Moulins-Beaufort, mais comment peuvent-ils avoir porté le travail avec la Ciase et garder ce comportement?, poursuit-il. À mon sens, l'absence de communication s'explique par une fraternité mal comprise. Ils se disent: “C'est mon frère, on ne va pas l'accabler”, mais les victimes sont aussi nos frères." "Je ne mesurais pas à quel point ne pas dire n'était plus tolérable, confie un autre évêque. On a affirmé prendre en compte la parole des victimes mais on n'a pas été au bout du changement exigé.

Je ne mesurais pas à quel point ne pas dire n'était plus tolérable.

Un évêque
Le 22 octobre, Famille chrétienne a révélé que de nouvelles mesures avaient été prises, interdisant Mgr Michel Santier de tout ministère public. La veille, Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, avait assuré entendre et recevoir les critiques sur l'absence de communication. "Nous devons réfléchir à des changements dans nos procédures, dans notre façon de les mener comme d'en communiquer les résultats. [...] Les évêques commenceront à y travailler dès l'assemblée plénière de novembre." Une première prise de parole de la CEF après une semaine de silence.
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MessageSujet: Re: Affaire Mgr Michel Santier   Affaire Mgr Michel Santier Icon_minitime29.10.22 20:30

Affaire Santier : « Qui justifiera le silence des évêques ? »
tribune
Le collectif Agir pour Notre Eglise
Pour les catholiques du collectif « Agir pour notre Église », la révélation des abus commis par Mgr Santier et du silence qui a entouré la sanction prononcée à l’encontre de l’évêque émérite illustrent l’incapacité du collectif épiscopal « à s’ajuster aux exigences de la justice et de la vérité ».

Les membres du collectif Agir pour notre Église, www.agirpournotreeglise.fr, le 21/10/2022 à 10:21
Lecture en 4 min.
Affaire Santier : « Qui justifiera le silence des évêques ? »
Mgr Michel Santier donne un discours à l’occasion de l’inauguration de la cathédrale Notre-Dame de Créteil, le 20 septembre 2015.
FRANCOIS GUILLOT/AFP

Un an après la remise du rapport de la Ciase, pour la première fois, c’est un évêque qui est reconnu comme coupable d’« abus spirituels à des fins sexuelles ». Les journalistes de Golias et de Famille chrétienne ont fait ensemble l’honneur de la presse catholique en révélant les détails sacrilèges des « strip-confessions » que conduisait l’ancien évêque de Créteil, et la sanction que l’Église de France, conformément à des pratiques qu’on espérait révolues, avait dissimulée sous des raisons de santé. On se souvient de l’intervention sur BFMTV de son successeur disant, il y a un an : « Non, l’Église ne couvre pas les abus. » Cette phrase qui paraissait déjà scandaleuse à l’époque l’est d’autant plus à la lumière de ces révélations.

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L’an dernier, « Agir pour notre Église » s’est constitué pour participer à la médiation du contenu du rapport de la Ciase et accompagner tous les baptisés qui souhaitaient s’engager à leur échelle dans la nécessaire transformation de nos structures ecclésiales. Nous avons alors tenu à ne pas nous présenter comme un collectif d’opposition aux évêques, mais plutôt comme une force complémentaire. Les décisions positives de l’Assemblée plénière de novembre 2021 nous ont fait placer espoir et confiance en nos évêques.

Un long chemin de déception
Aujourd’hui, l’affaire Michel Santier éclate au bout d’un long chemin de déception, et nous n’hésitons plus à exprimer notre colère, notre tristesse, et notre détermination à faire de notre Église une « maison sûre » malgré les évêques plutôt qu’avec eux, s’ils demeurent dans leur incapacité à s’ajuster aux exigences de la justice et de la vérité. Nous connaissons l’engagement de certains d’entre eux, mais le collectif épiscopal manque largement l’objectif par des réticences que la langue de buis ne réussit plus à cacher.

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Ce que nous découvrons en effet, c’est qu’alors que la Ciase était en plein travail, les évêques choisissaient de garder sous silence les atrocités commises par l’un de leurs pairs. Quels soupçons ne justifient-ils pas ainsi contre l’ensemble du corps épiscopal ? Faut-il s’attendre à de nouvelles révélations dans les mois à venir ?

La culture du secret
Même après leur acceptation officielle des causes structurelles des abus dans l’Église, dont font évidemment partie la culture du secret et l’invisibilisation des crimes, les évêques ont espéré préserver le silence. Et même après la révélation de l’affaire par la presse, la CEF continue de penser que le silence est la meilleure communication à adopter sur le sujet. Ces bouches closes montrent une compréhension hypocrite ou superficielle des enjeux systémiques des abus sexuels dans l’Église : c’est aux évêques et à l’institution de communiquer en premier sur le sujet, et il est inacceptable que les journalistes doivent le faire à leur place.

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Qui justifiera le silence des évêques ? L’hypocrisie qui prétend se taire par respect des victimes, alors que protéger leur identité n’implique en rien de protéger celle de l’agresseur, comme l’ont démontré Golias et Famille chrétienne ? La fausse miséricorde qui invoque la guérison du pécheur, comme si assumer la faute commise n’en faisait pas partie ? La parodie de pudeur qui veut garder ces horreurs confidentielles, comme si elles ne portaient pas atteinte au Corps du Christ et ne concernaient pas tout son peuple ? Car c’est bien tout le peuple de Dieu qui est la victime collatérale de la « gestion par le silence » des évêques, ce qu’ils n’auraient jamais dû ignorer, et qu’ils ne peuvent pas faire mine de ne pas comprendre un an après la remise du rapport Sauvé.

Le silence et le Mal
Disons les choses franchement, comme l’ont fait d’autres tribunes : le silence est une participation au Mal, et ce que nous avons découvert, c’est qu’un an après la remise du rapport de la Ciase, les évêques choisissent toujours d’être les complices des crimes d’hier et de demain. À ceux parmi eux qui reprochent aux chercheurs de vérité de « fouiller les poubelles », il faut répondre qu’elles empestent l’Église entière. À ceux parmi les évêques ou les communicants de la CEF qui se croient dignes parce qu’ils sont silencieux, nous ne pouvons adresser que le cri de la veuve vers le juge inique : si vous ne le faites pas pour la justice, faites-le parce que nous ne vous lâcherons pas !

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On se désole aussi que ce ne soit qu’en réaction aux articles de presse que les communautés par lesquelles est passé Michel Santier mettent en place des cellules d’écoute pour recueillir la parole de potentielles victimes : l’élargissement de l’enquête aurait dû avoir lieu dès le signalement aux autorités ecclésiastiques. Enfin, disons-le avec force : les déplacements de prêtres condamnés ou mis en cause, cela suffit. Ces pratiques témoignent d’un insupportable mépris pour les victimes forcées de se taire, et pour l’ensemble des baptisés à qui l’on ment effrontément sur le départ ou l’arrivée d’un prêtre.

Étouffement de ces cris
« La Vérité vous rendra libres », nous dit le Christ. Parmi les quatre péchés dont l’Écriture et la Tradition disent qu’ils « crient à la face de Dieu », deux concernent la destruction de l’innocent et la violence sexuelle. C’est l’étouffement de ces cris à toutes les étapes des processus institutionnels de l’Église qu’il faut démanteler aujourd’hui. Parce que Dieu nous le commande, nous continuons d’offrir notre espérance aux évêques, même à travers la colère qu’ils nous inspirent. La conversion ne peut être que drastique, mais c’est la liberté de l’Église et de l’Évangile qu’elle nous met à portée. Convertissez-vous et croyez au Christ et à l’Évangile !

À découvrir Affaire Santier : « Le silence des évêques est assourdissant sur la dimension spirituelle de ces abus »
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