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 Rémy Salvat

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MessageSujet: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitime27.09.11 9:52

Rémy Salvat (1984-2008) est un jeune homme français, atteint d'une grave maladie et dont le suicide en août 2008 a ravivé le débat sur l'euthanasie en France.Le livre « Une histoire à tenir debout[1] » publié aux Editions JC Lattès (paru le 9 février 2011 - auteur Régine Salvat, biologiste médicale)[2] retrace le parcours du jeune homme.





Sommaire

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Historique


Rémy Salvat (21 août 1984 - 10 août 2008) s'est donné la mort par overdose de médicaments dans la nuit du 9 au 10 août 2008. Il allait avoir 24 ans. (Le Figaro : Un nouveau drame relance le débat sur l'euthanasie - 14 août 2008 Angélique Négroni)[3]

Il était atteint depuis l'âge de six ans d'une maladie mitochondriale (maladie dégénérative rare) d'évolution lente mais inexorable.

Au mois de mai 2008, il a écrit une lettre[4] au président de la République Nicolas Sarkozy pour demander le droit à l'euthanasie lorsque sa maladie le rendrait "prisonnier de son corps" au cerveau détruit[5],[6]. Au cours d'un reportage filmé par la caméra de la réalisatrice Marie-Pierre Raimbault, le jeune homme a lu et signé ce courrier. Ce reportage a été diffusé lors de l'émission "Cellule de crise - Handicap:enquête sur un scandale français" sur France 2 courant septembre 2008[7].

Extraits du courrier adressé à la Présidence :


  • « Comme Vincent Humbert, je demande à ce moment qu’on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances. » avait écrit Rémy Salvat dans sa lettre.
  • « Je sais qu’en France, il n’y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l’euthanasie. Cela m’empêche de vivre en paix (…) Il faut que la loi change ! » avait-il ajouté.
  • « Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d’arrêter d’être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le Président de tous les Français » concluait-il.

Le 6 août, le jeune homme a reçu une réponse du chef de l’État[8].


  • « Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu’il ne nous appartient pas, que nous n’avons pas le droit, d’interrompre volontairement la vie » a expliqué le président, ajoutant :
  • « Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (…) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation. »

Rémy Salvat s'est donné la mort par overdose de médicaments dans la nuit du 9 au 10 août 2008. Ses obsèques à l'église de Valmondois, le 14 août 2008, ont provoqué une vive émotion: le corps du jeune homme avait été saisi la veille de la cérémonie du fait de l'ouverture d'une enquête sur les causes de sa mort[9].

Affaire Rémy Salvat


On peut évoquer une "affaire Rémy Salvat" devant l'ouverture d'un enquête diligentée par le parquet de Pontoise 3 jours après le décès du jeune homme. En effet,

en 1999, sa mère aurait tenté de mettre fin aux souffrances de son fils alors âgé de 14 ans pour "abréger ses souffrances[10]. Mise en examen pour tentative de meurtre, elle a bénéficié d'un non-lieu[11].


  • 10 août 2008 : Constat du décès par le SAMU à 9 heures 15. Autorisation de transport du corps délivrée (après son passage au domicile des parents) par Noëlle Lenoir, maire de Valmondois.
  • 13 août 2008 au matin : Parution des faits dans la presse nationale.
  • 13 août 2008 à 18 heures : Appel de Noëlle Lenoir, maire de Valmondois, enregistré par la gendarmerie locale[12].
  • 13 août 2008 à 20 heures 15 : La veille des obsèques,la SRPJ de Versailles annonce à la famille la saisie du corps du jeune homme pour "autopsie et recherche des causes de la mort[13]". Le parquet a demandé une autopsie du corps de Rémy mercredi soir, "quand nous avons appris le suicide de Rémy dans les médias" rapporte au Post Bernard Farret, l'adjoint au procureur de Pontoise[14]".


Devant l'opposition à l'incinération, Maître Caty Richard, avocat au barreau de Pontoise, également avocat de Lydie Debaine[15] a assisté les parents, Régine et Jean-Pierre Salvat.


  • Décembre 2008 : Le retour de l'enquête est parvenu au parquet de Pontoise "sans qu'aucune observation ne remette en cause le classement sans suite". Il confirme le suicide du jeune homme[16] mais également sa lucidité devant la gravité de sa maladie dans le rapport médical et psychiatrique demandé en complément d'information par le parquet de Pontoise.


  • Juin 2009 : L'avocat de la famille, Caty Richard, a pu accéder au dossier après maintes relances réalisées auprès du parquet dès décembre 2008. Y figure la transcription complète de l'audition de Noëlle Lenoir, entendue comme témoin le 15 août 2008 par la SRPJ de Versailles. Dans ces déclarations, signées de sa main, celle-ci affirme , entre autres accusations, que les parents de Rémy Salvat sont des militants ayant créé une association pour le droit à l'euthanasie « Elle explique même aux gendarmes que la famille fait partie d'une association qui milite activement pour le droit à l'euthanasie », détaille Caty Richard, l'avocate des Salvat. « Comment a-t-elle pu dire ça alors que l'association Rémy créée il y a des années est tournée vers les malades et les actions pour réunir des fonds pour la recherche médicale ? Jamais nous n'avons milité en ce sens. Nous sommes réellement choqués de la part de cette personne qui ne nous connaît pas et n'avait même pas pris la peine de lire les statuts de l'association, s'emporte Régine[12]".




Dernières volontés de Rémy Salvat


Sur un enregistrement K7-audio (saisi par le parquet), Rémy Salvat demande que "le débat sur l'euthanasie ne soit pas jeté à l'eau" et que "le combat pour le suicide assisté continue[17]". Sa mère, biologiste médicale, participe depuis lors à des émissions et débats sur le thème de l'euthanasie et la fin de vie. Elle souhaite informer des demandes au droit à l'euthanasie formulées par de nombreux malades en France.Elle y rappelle la nécessité de la reprise d'un débat qu'elle estime esquivé depuis la promulgation de la loi Leonetti en 2005 ( "Une histoire à tenir debout" Edts JC Lattès-chapitre "Un paradigme prométhéen").

En février 2011 est paru le récit de la vie de Rémy Salvat, publié aux Edts JC Lattès[1]

Aïkidoka, Rémy a demandé également que ses cendres soient dispersées au Japon, la patrie du fondateur de l'aïkido, Maître Morihei Ueshiba. En juin 2009, ses parents ont réalisé un pèlerinage dans la presqu'ile de Kii (Japon - Tanabé) sur les chemins du Kumano Kodo. Une cérémonie en mémoire de leur fils a été célébrée le 11 juin 2009 au Mont Koya San, haut-lieu du bouddhisme traditionnel shingon. Une stèle à la mémoire du jeune homme est conservée dans le temple du monastère Eko In à Koyasan[18].

La maladie


C'est en 2000, après une errance diagnostique de près de 10 années, que la maladie a pu être confirmée comme mitochondriale (références : Alliance Maladies Rares - Actes du Forum du 26 avril 2002-Prise de parole Association Action Rémy).

A l'âge de 16 ans, le jeune garçon présentait les signes cliniques d'un syndrome d'acronyme SANDO (Syndrome d'Ataxie cérebelleuse, Neuropathies périphériques, Dysarthrie et Ophtalmoplégie externe)[19] auxquels s'associaient des atteintes du Système Nerveux Central (leucodystrophie, lésions thalamiques etc... En 2005, grâce aux progrès de la génétique, la mutation responsable de la maladie a été identifiée. Elle concerne le gène de la POLG (Polymérase Gamma, enzyme mitochondriale) situé sur le chromosome 15 (15q25) - Références : "Une histoire à tenir debout" -Chapitre "Le discours d'une main" pages 264-265.

Cette mutation est observée dans le syndrome d'ALPERS' ( Alpers' disease)[20], des Ataxies et des syndromes d'OPE (ophtalmoplégie externe). L'expression de cette mutation revêtait la forme la plus grave chez le jeune Rémy Salvat. Il allait non seulement se retrouver tétraplégique mais son système nerveux central allait être détruit sans atteinte majeure d'organes vitaux tel le coeur. Ainsi le jeune homme aurait pu être maintenu en vie durant des années sous alimentation artificielle ce qu'il ne souhaitait pas ( Lettre à la Présidence du 24 mai 2008).
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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitime26.07.13 23:59

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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitimeHier à 13:35

Un jeune homme lourdement handicapé se suicide après avoir écrit à Sarkozy
Atteint d'une maladie dégénérative, Rémy Salvat, 23 ans, avait écrit au président de la République pour qu'on lui "permette de mourir".
Le Monde avec AFP
Publié le 14 août 2008 à 08h06 Mis à jour le 14 août 2008 à 13h25
 Temps de Lecture 2 min.

Comme il le souhaitait, sa mort pourrait relancer le débat sur l'euthanasie. Atteint depuis l'âge de 6 ans d'une maladie mitochondriale, une pathologie dégénérative rare, Rémy Salvat, 23 ans, s'est suicidé, dimanche 10 août à Valmondois (Val-d'Oise), en avalant des médicaments. Une autopsie, à la demande du parquet de Pontoise, doit avoir lieu dans la journée de jeudi. "Il y a un manque de précisions et des incertitudes qu'il faut éclaircir", a indiqué le parquet.

En mai, le jeune homme avait demandé le droit de mourir dans une lettre au président de la République. En vain. Il commençait son texte ainsi : "Monsieur le Président, je sais qu'un jour je vais perdre mes moyens (...) Je ne veux pas qu'on m'oblige à vivre en s'acharnant sur mon corps si j'en suis prisonnier." "Comme Vincent Humbert [un jeune homme tétraplégique de 22 ans que sa mère a aidé à mourir en 2003], je demande à ce moment qu'on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances", poursuivait-il. "Je sais qu'en France, il n'y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l'euthanasie. Ça m'empêche de vivre en paix (...) Il faut que la loi change !", ajoutait-il. "Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le président de tous les Français", concluait-il.

"IL NOUS DEMANDE DE POURSUIVRE SON ACTION"

Le 6 août, le jeune homme reçevait une réponse de l'Elysée. "Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit, d'interrompre volontairement la vie", y expliquait Nicolas Sarkozy, ajoutant : "Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (...) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation." "Rémy attendait la réponse à sa lettre", a raconté sa mère, Régine Salvat. "Il suivait les affaires de droit au suicide assisté, comme l'affaire Chantal Sébire", cette femme atteinte d'une tumeur incurable au visage, retrouvée morte chez elle en mars. "Il voulait que les lois changent, il voulait avoir le droit de partir", a-t-elle ajouté.

En 1999, Régine Salvat avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy". Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé. "Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y ait un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela", a expliqué Mme Salvat. Il y déclare à l'adresse de Nicolas Sarkozy : "Vous ne m'avez pas laissé le choix." "Il est encore trop tôt pour savoir comment nous allons poursuivre son action", a ajouté Mme Salvat.

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a déclaré jeudi qu'il ne fallait pas "légiférer sous le coup de l'émotion", estimant que l'actuelle loi sur la fin de vie n'était "pas suffisamment connue". Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, a de son côté affirmé que "si nous avions [en France] une loi comme celles en vigueur en Hollande ou en Belgique, nous aurions dix mille demandes d'aide par an". Et d'ajouter : "Nous avons absolument besoin d'une loi de liberté qui respecte les droits de chacun."
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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitimeHier à 13:52

Un nouveau suicide ravive le débat sur l'euthanasie
DEBAT Après le suicide de Rémy Salvat, tenants et adversaires de l'actuelle loi sur la fin de vie s'opposent à nouveau. Et vous, qu’en pensez-vous? Donnez nous votre avis dans les commentaires...

S. M.
Publié le 14/08/08 à 00h00 — Mis à jour le 14/08/08 à 17h42

Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a salué la mémoire de Rémy Salvat et affirmé que "si nous avions une loi comme celles en vigueur en Hollande ou en Belgique, nous aurions 10.000 demandes d'aide par an". "Nous avons absolument besoin d'une loi de liberté qui respecte les droits de chacun", a t-il dit.
Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a salué la mémoire de Rémy Salvat et affirmé que "si nous avions une loi comme celles en vigueur en Hollande ou en Belgique, nous aurions 10.000 demandes d'aide par an". "Nous avons absolument besoin d'une loi de liberté qui respecte les droits de chacun", a t-il dit. — Patrice Deré AFP/Archives
Les obsèques de Rémy Salvat sont célébrées ce jeudi. Dimanche, ce jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, s’est suicidé. Atteint d'une maladie mitochondriale depuis l'âge de six ans, il s’est donné la mort avec des médicaments. Cette maladie évolutive rare est incurable. Elle s’attaque aux cellules et détruit peu à peu les muscles.

Rémy Salvat avait écrit au président de la République Nicolas Sarkozy. Dans cette lettre, il lui demandait qu’on lui «permette de mourir» et exprimait le souhait que «la loi change». Nicolas Sarkozy lui avait répondu le 6 août dernier: «Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit, d'interrompre volontairement la vie». Un refus qui avait «révolté» Rémy Salvat, comme l’explique sa mère dans «Le Parisien».

EN SAVOIR PLUS
Cinq mois après l’affaire Sébire

«Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y a un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela», a expliqué sa mère à l'AFP. Par ce geste, il apparaît en effet clairement que Rémy Salvat a voulu relancer le débat sur l’euthanasie en France, cinq mois après la mort de Chantal Sébire, cette femme atteinte d’une tumeur incurable au visage.

Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui réclame depuis de nombreuses années la légalisation de l’euthanasie, n’a pas manqué de saluer la mémoire de Rémy Salvat. Il a également affirmé que «si nous avions une loi comme celles en vigueur en Hollande ou en Belgique, nous aurions 10.000 demandes d'aide par an».

Fidèle à la ligne des gouvernements français depuis de nombreuses années, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, a répété jeudi sur RMC qu’il ne fallait pas «légiférer sous le coup de l'émotion». Elle a aussi estimé que l'actuelle loi sur la fin de vie n'était «pas suffisamment connue».

La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, dite Loi Leonetti, a instauré un droit au «laisser mourir» mais pas à l'euthanasie active. Elle prévoit que les médecins, dans le cadre d'une procédure collégiale et non individuelle, peuvent «décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie». Après l’affaire Sébire, le Premier ministre a mandaté le député UMP Jean Léonetti pour évaluer son propre texte. L’objectif est de mieux faire connaître la loi. Il n’est pas non plus exclu qu’elle puisse être transgressée à titre exceptionnel.
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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitimeHier à 13:59

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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitimeHier à 14:14

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MessageSujet: Re: Rémy Salvat   Rémy Salvat Icon_minitimeHier à 14:23

[size=32]Le suicide de Rémy Salvat relance le débat sur l’euthanasie[/size]

Publié le 29 Août, 2008


Rémy Salvat, un jeune homme de 23 ans lourdement handicapé, s’est suicidé dimanche 10 août à Valmondois, dans le Val d’Oise. Il souffrait d’une maladie orpheline dégénérative mitochondriale depuis l’âge de 6 ans. L’autopsie a conclu que son décès était dû à une surdose de médicaments.

Dans une lettre adressée au Président de la République, il avait réclamé, en mai dernier, le "droit de mourir". Nicolas Sarkozy avait répondu par la négative à sa demande, le 6 août dernier, expliquant que, "pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu’il ne nous appartient pas, que nous n’avons pas le droit, d’interrompre volontairement la vie". Pour le chef de l’Etat, la priorité réside dans l’accompagnement du malade, privilégiant "le dialogue au chevet du malade entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution plus adaptée à chaque situation". Selon des sources proches du jeune homme, ce-dernier n’aurait pas souhaité recourir aux soins palliatifs et, en 1999, sa mère avait déjà tenté de mettre fin à ses jours avant de renoncer à son geste au dernier instant. Mise en examen pour tentative de meurtre, l’affaire s’était soldée par un non-lieu.
D‘après Caty Richard, avocate de la famille Salvat, Rémy "a fait de son suicide un acte militant". Avocate aussi de Lydie Debaine, qui, en 2005, a tué sa fille handicapée de 26 ans, Caty Richard estime que son acquittement (cf. Synthèse de presse du 10/04/08"a été un premier pas vers une reconnaissance de l’euthanasie" et souhaite que "sur ce sujet, comme sur l’avortement ou la peine de mort, le législateur suive ce que dit la justice". "Il ne faut plus laisser les gens le faire seul, c’est criminel", conclut-elle.
Pour Jean Leonetti, auteur de la loi en vigueur sur la fin de vie et rapporteur de la mission d’évaluation de cette même loi, dans le cas de Rémy Salvat, "on n’est pas dans un débat sur la fin de vie mais face à une personne lourdement handicapée qui réclame à la société un droit opposable au suicide" et, pour lui, si "cette demande est respectable en tant que liberté et choix individuel", elle est "inacceptable en tant que droit universel assumé par la société".
Président de "l’association pour le droit de mourir dans la dignité" (ADMD), Jean-Luc Romero s’est indigné : "comment peut-on encore tolérer qu’on ait laissé Rémy seul face à son drame alors qu’à une heure de Thalys de chez lui, en Belgique, il aurait pu être aidé et non laissé dans la solitude affronter ses derniers instants ?".
Le cardinal archevêque de Lyon, Mgr Barbarin, estime lui qu’on en peut pas "encourager ceux qui ont envie de mourir" mais que, "au contraire, on doit toujours lutter pour la vie".
Rappelons que Nicolas Sarkozy a présenté, en juin dernier, un plan, doté d’une enveloppe de 230 millions d’euros, visant à doubler la prise en charge des malades en soins palliatifs d’ici 2012 et prévoyant la création d’unités spéciales dans les hôpitaux (cf. Synthèse de presse du 13/06/08).
On apprend enfin que le rapport d’évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie – demandé à la suite de l’affaire Sébire – devrait être rendu dans le courant du mois de novembre (cf. Synthèse de presse du 07/04/08).
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