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 L'Eglise et la fin de vie

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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime13.04.21 18:31

Fin de vie : requiem pour un débat
Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de La Vie, déplore que la diversité des points de vue ne soit pas prise en compte sur un sujet aussi fondamental que l'euthanasie.
Par Aymeric Christensen
Publié le 13/04/2021 à 16h51 I Mis à jour le 13/04/2021 à 16h51
 
• GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO
Point de bascule. La France a sans doute fait, la semaine passée, un pas décisif vers une légalisation de l’euthanasie. Certes, la proposition de loi du député Olivier Falorni n’a pas été adoptée, mais le vote d’un amendement emblématique – 240 voix pour, 48 contre, sous des applaudissements triomphateurs – a montré que le rapport de forces politique est désormais massivement en faveur d’un tel texte. D’autant que le gouvernement, qui disait jusque-là son opposition, surtout circonstancielle, a préféré s’en remettre à la « sagesse » de l’Assemblée. Comme d’autres se laveraient les mains.

A lire aussiDébat tendu à l’Assemblée, le front pro-euthanasie progresse
Question de mois ? Il ne fait plus aucun doute que la proposition sera reprise lors de la prochaine présidentielle. Les partisans de l’euthanasie (bien qu’ils réfutent le mot) l’emportent déjà largement dans la détermination des termes du « débat », de la fausse alternative entre « choix » et « souffrance » au vocabulaire employé afin d’emporter l’adhésion des médias et de l’opinion. « Mourir dans la dignité », « ultime liberté », « accompagner la fin de vie »… Autant de torsions lexicales pour rendre l’idée acceptable et consensuelle, quitte à vider les mots de leur sens. Pourtant, une telle loi ne consisterait pas à « aller plus loin », mais à changer radicalement le paradigme du soin et notre rapport à la mort.

Marginaliser et caricaturer les contradicteurs
Quant à la logique libérale qui prétend ne « rien imposer » à personne en élargissant des libertés individuelles, comment ne pas voir qu’elle est une illusion ? Qui peut croire que cela ne conduira pas à détourner l’effort des soins palliatifs, aux moyens déjà limités ? Et comment imaginer, alors que la clause de conscience des médecins est ailleurs battue en brèche, que l’acte ne finira pas par s’imposer à ces derniers ?

A lire aussiL’euthanasie sans votre avis
Le risque est bien que les bons sentiments et la pression, même inconsciente, des proches finissent par peser sur la décision de malades ou de personnes âgées qui n’auraient pas, dans le cadre d’un réel accompagnement, souhaité abréger leur existence. Du reste, les pays qui ont déjà basculé ne cessent d’élargir leur législation…

L’injonction permanente à « débattre » du sujet dissimule mal que cette réflexion est engagée et régulièrement rediscutée depuis plus de 20 ans. Pour certains, hélas ! le mot « débat » semble signifier « période transitoire jusqu’à l’adoption de mon point de vue ». Telle n’est pas notre conception. Bien sûr, les avis peuvent évoluer et les lois, progresser. Mais cette façon de faire pression sans cesse jusqu’à la victoire par K.O. n’a rien du débat serein, et tout du lobbying. Surtout quand elle s’accompagne de tentatives de marginaliser, de caricaturer ou de réduire au silence les contradicteurs.

Pour une éthique de la discussion
Ainsi de ces phrases qui commen­cent par « J’ai beaucoup de respect pour les croyants, mais… » et se poursuivent en général par une façon plus ou moins polie d’exprimer que ceux-ci ne sont jamais tant respectables que quand ils se taisent. Le point de vue éclairé par une conviction religieuse est-il moins légitime que celui qui prend sa source dans telle philosophie laïque, telle école de pensée, telle loge ? Débattons, oui, mais dans le respect d’un réel pluralisme d’idées, et avec une éthique de la discussion.

A lire aussiL’euthanasie sous le regard d’un philosophe
En attendant, une brèche est désormais ouverte. À moins d’un sursaut, toujours à espérer, l’euthanasie semble de plus en plus inéluctable. Notre intime conviction reste qu’elle serait un choix de société tragique. Honneur aux consciences qui, jusqu’au bout, y résisteront en parlant et en agissant paisiblement selon ce qu’elles croient juste. Et après ? L’après commence peut-être maintenant.

A lire aussiEuthanasie : « La solution à un éventuel « mal mourir » est d'améliorer l’accompagnement »
Si le terrain des idées doit être perdu, il nous restera à investir encore plus fortement celui des gestes et de la présence aimante auprès des plus faibles. Telle sera toujours la place privilégiée des chrétiens et de ceux qui se réclament de l’humanisme.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime16.04.21 22:45

[center][size=44]Une proposition de loi sur l’euthanasie, ultime ligne rouge éthique ?[/size]
[center]Agnès Pinard Legry - Publié le 07/04/21


Les députés examinent ce jeudi 8 avril une proposition de loi autorisant l’euthanasie. Si le texte a peu de chance d’aboutir, l’offensive pro-euthanasie de ces derniers mois inquiète sur le changement anthropologique majeur qu’une telle mesure entraînerait pour la société.


« L’euthanasie et les soins palliatifs ne sont pas des étapes différentes d’une même approche, ce sont deux choix différents. En légalisant l’euthanasie on ne va pas plus loin dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, on va ailleurs ». Médecin dans le pôle de soins palliatifs de la Polyclinique Le Languedoc à Narbonne et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), Claire Fourcade s’exprime sans détour. Un ton direct à la mesure de la gravité de la situation. Les députés sont amenés ce jeudi à examiner une proposition de loi visant à autoriser l’euthanasie en France. Portée par Olivier Falorni (groupe Libertés et Territoires), cette proposition de loi « donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie », approuvée en commission des Affaires sociales le 31 mars, divise l’Assemblée nationale.

Dans les jours qui ont suivi le vote du texte en commission, plus de 3.000 amendements ont été déposés, dont 2.158 par cinq députés Les Républicains. Correctement défendus, ces amendements devraient rendre impossible l’examen du texte en une seule journée, ce dernier étant proposé dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Libertés et Territoires. Il n’en fallait pas plus pour que les promoteurs du texte dénoncent une « obstruction parlementaire ». « Proposer un sujet aussi fondamental que l’euthanasie dans le cadre d’une niche parlementaire n’est absolument pas adapté », dénonce auprès d’Aleteia Patrick Hetzel, qui fait partie des cinq députés LR ayant déposé plus de 2.000 amendements. « Et hurler à l’obstruction parlementaire relève d’une duperie intellectuelle et politique ». Intellectuelle « car Olivier Falorni sait pertinemment que sur un texte aussi important, la niche parlementaire (une journée, ndlr) ne permettra jamais d’aller au bout du débat ». N’ayant plus la possibilité d’avoir recours à une motion de renvoi ou de rejet, les députés en désaccord sont contraints de déposer des amendements « pour tirer la sonnette d’alarme ». Mais « il s’agit aussi d’une duperie politique car le groupe Les Républicains n’est pas le seul à s’opposer à l’euthanasie : le gouvernement y est lui aussi opposé, qu’il l’exprime donc clairement ! », enjoint encore Patrick Hetzel.

Lire aussi :L’étrange acharnement de l’obsession euthanasique

Durant la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron ne s’était pas explicitement engagé sur l’euthanasie, appelant « d’abord à faire pleinement appliquer la loi Claeys-Leonetti » votée en 2016. Ce texte avait notamment introduit la sédation profonde et continue jusqu’au décès et les directives anticipées. Début mars, Olivier Véran, ministre de la Santé, avait lui-même déclaré devant les sénateurs qu’il n’était pas opportun de modifier la loi sur la fin de vie et l’euthanasie, proposant plutôt un « nouveau plan national de développement des soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie ».

À moins d’être repris par le gouvernement, la proposition de loi a donc peu de chance d’être adoptée. Mais le sujet n’en demeure pas moins inquiétant tant les promoteurs de l’euthanasie sont actifs sur la scène politico-médiatique. La société française est décidément pleine d’ambivalence. À l’heure où la crise sanitaire a renvoyé chacun à sa propre finitude et vu naître d’incroyables mouvements de solidarité envers les plus fragiles. « Il est quand même paradoxal qu’il y ait cette attaque sur la mort, sur la manière de donner la mort, au moment justement où la mort nous cerne de partout. On devrait au contraire se battre pour la vie ! », déclarait à ce sujet Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, au micro de France inter ce lundi 5 avril. « Les débats que l’on vit actuellement sont représentatifs des différences d’appréciation que l’on a sur la fin de vie », reprend Claire Fourcade. « On définit d’un côté la liberté comme la possibilité de choisir la manière dont on veut mourir. De l’autre, on estime que la liberté est d’opérer le choix de la solidarité, c’est-à-dire de prendre soin du patient, de le soulager ».


Les lois de 2005 et de 2016


Que dit la législation française ? La France a instauré en 2005 un droit au « laisser mourir » qui favorise les soins palliatifs, puis a autorisé en 2016, par la loi Claeys-Leonetti, la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », pour des personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». « L’obstination déraisonnable également appelée acharnement thérapeutique est illégal en France depuis 2005 », détaille Claire Fourcade. « Cette loi contraint les équipes médicales à s’interroger sur les traitements administrés aux patients en fin de vie et autorise ces derniers à arrêter leurs traitements. La loi de 2005 oblige également les soignants à tout mettre en œuvre pour soulager le patient, quoiqu’il en coûte et y compris si cela peut raccourcir la vie ». La loi de 2016 est venue en préciser les contours avec la sédation profonde et continue pour soulager la douleur, les directives anticipées… Une législation sur la fin de vie que le député Patrick Hetzel résume par le triptyque suivant : « Personne ne doit mourir seul et abandonné, il ne doit pas y avoir d’acharnement thérapeutique et personne ne doit mourir dans la douleur ».

En Europe, la Belgique et les Pays-Bas ont légalisé l’euthanasie en 2002. En février 2014, la Belgique est même devenue le premier pays à autoriser sans limite d’âge l’euthanasie pour les enfants « en capacité de discernement » atteints d’une maladie incurable. Depuis mars 2009, l’euthanasie est autorisée au Luxembourg sous certaines conditions pour les patients majeurs condamnés. En Espagne, le parlement a approuvé définitivement le 18 mars la légalisation de l’euthanasie, qui doit entrer en vigueur en juin. Mais quelle réalité se cache derrière la loi ? En Belgique, les rapports de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) interpellent. « Une première enquête se rapportant à l’année 2007 a révélé que 50% des euthanasies n’étaient pas déclarées à la CFCEE », détailleLa Revue du praticien dans un article publié en 2019. « Sur un échantillon de 208 personnes décédées à la suite d’une injection létale, 32% n’avaient pas exprimé explicitement le souhait d’être euthanasiées. Dans cet échantillon, la décision n’avait même pas été discutée avec les intéressés dans 78% des cas ».


Citation :

Légaliser l’euthanasie, c’est faire une loi pour les forts.


Et qu’en est-il des Français allant à l’étranger pour se faire euthanasier ? « Dans son rapport de 2020, la CFCEE a indiqué que sur deux ans, 45 résident étrangers sont venus demander l’euthanasie tous pays confondus. Entre 2008 et 2012, c’est-à-dire en quatre ans, 66 Français sont allés en Belgique se faire euthanasier », rapporte encore Claire Fourcade. « Alors qu’on nous présente souvent les Français allant en Belgique se faire euthanasier comme une immigration de masse, les chiffres sont en fait très bas ». « Seul un petit nombre de personnes est capable de poser ce geste, de faire cette demande. Va-t-on obliger les 600.000 personnes qui décèdent chaque année à se poser cette terrible question ? », interpelle encore la médecin.

À l’argument de la liberté individuelle souvent avancé par les promoteurs de l’euthanasie, Claire Fourcade s’interroge. « En avançant cet argument on part du principe que les choix individuels n’ont aucune dimension collective. Mais ils en ont, tout comme la loi en a une. Elle porte le message de l’ensemble de la société. Et quel est-il ? Des vies ne valent pas la peine d’être vécues ? Quand la loi en vient à le dire, le poids est beaucoup plus fort que lorsqu’il s’agit d’une personne ou d’un parti politique », reconnaît-t-elle. « Légaliser l’euthanasie va contraindre tous les patients à l’envisager et si ce n’est pas pour eux ils vont se la poser vis-à-vis de leurs proches, de la société… On ne mesure pas l’influence qu’une telle loi va avoir dans le raisonnement de personnes vulnérables. Quelqu’un qui est capable de se tenir droit face à la mort et de décider quel jour il souhaite mourir est très fort. Et c’est un profil extrêmement rare. Les personnes en fin de vie sont fragiles, vulnérables. Et la loi doit d’abord protéger les faibles. Légaliser l’euthanasie, c’est faire une loi pour les forts ».

Lire aussi :Fin de vie : l’accompagnement plus que l’euthanasie, soutiennent les Français

Au-delà des patients et de la fin de vie, c’est aussi le rôle du médecin et des soignants qui est ici en jeu. « Ce n’est pas le rôle d’un médecin de tuer les gens ! », rappelait encore au micro de France inter Mgr Aupetit. Un rôle définit dès le IVe siècle avant Jésus-Christ avec le fameux serment d’Hippocrate dont l’un des passages précise : « Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ». « Qu’il y ait toujours un autre pour apporter du soin quand survient la douleur et pour accompagner avec douceur devant l’angoisse de la mort, ceci est une bonne nouvelle pour l’humanité », a rappelé de son côté Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, dans un communiqué.


Un tournant anthropologique majeur 


« Donner aux soignants la possibilité de tuer est un tournant anthropologique majeur pour notre société », constate pour sa part Claire Fourcade. « On veut passer ce bouleversement sous silence mais légaliser l’euthanasie revient à confier à la société un nouveau droit à tuer », résume Patrick Hetzel. « Et cela revient à dire aux patients en fin de vie que leurs vies ne valent rien. Ce que cette loi pourrait dire de la place faite à la vulnérabilité dans notre société est vertigineux ».

https://fr.aleteia.org/2021/04/07/leuthanasie-ultime-ligne-rouge-ethique/
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime29.04.21 11:25

Euthanasie en France: des voix de l’Église dénoncent le projet de loi
Une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie est débattue jeudi 8 avril à l’Assemblée nationale en France. Portée par le député Olivier Falorni du Parti Radical de gauche, elle instituerait un droit à «une fin de vie libre et choisie». Les débats parlementaires s’annoncent houleux, et le texte suscite évidemment l’opposition de l’Église de France.
Adélaïde Patrignani, Delphine Allaire - Cité du Vatican

«Tuer une personne qui souffre n’est jamais une solution», s’est indigné Mgr Michel Aupetit sur la radio publique française, France Inter, réagissant lundi de Pâques à cette proposition créant un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une maladie incurable.

L’archevêque de Paris a appelé au développement des soins palliatifs. «Il est quand même paradoxal qu’il y ait cette attaque sur la mort, sur la manière de donner la mort, au moment justement où la mort nous cerne de partout. On devrait au contraire se battre pour la vie!», a-t-il aussi estimé, en référence à la crise sanitaire actuelle où l’injonction «Sauvez des vies» est pourtant devenue une priorité affichée du gouvernement.  

Protéger les souffrants par des soins
Un avis partagé par Mgr Laurent Ulrich: «C’est de soins, de douceur et d’accompagnement que nos concitoyens ont besoin», écrit-il dans un message très fort publié mercredi 7 avril. «Protéger la personne qui souffre en l’accompagnant de soins, ce n’est pas équivalent à donner la mort», y insiste-t-il.

Qui plus est, relève l’archevêque de Lille, dans la proposition de loi discutée, «la mort provoquée serait déclarée parmi les cas de mort naturelle! Voilà bien où nous entraîne l’habitude politique de tordre le sens des mots.»

L’archevêque de Lille se méfie aussi de sondages donnant les Français favorables à 96% à ces évolutions.

LIRE AUSSI
L’Espagne légalise l’euthanasie
18/03/2021
L’Espagne légalise l’euthanasie


D’ailleurs au sein de la société, certains s’interrogent sur l'opportunité de légiférer en un jour sur un tel enjeu de société en pleine crise sanitaire? La réaction de Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita et fondateur de l’association “À bras ouverts”. Il se dit choqué tant sur le fond que la forme.

Tugdual Derville, délégué général Alliance Vita
Des tensions parmi les élus
La proposition de loi instaurant une aide active à mourir suscite également des tensions parmi les élus. Une quarantaine de députés de La République en Marche s’y oppose, l’obstruction parlementaire de quelques Républicains a rendu impossible le vote du texte dans le temps imparti, à eux seuls ils ont déposé 2 300 amendements. Toutefois, la majeure partie de l’hémicycle continue d’appuyer la proposition de loi.

Pour rappel, le 1er article permettrait dans certains cas à «toute personne capable majeure» de demander une «assistance médicalisée» pour mourir, «par une aide active». Cela va plus loin que la «sédation profonde et continue» autorisée actuellement par la loi «Claeys-Leonetti», pourtant encore mal appliquée sur le territoire français: un cinquième des départements n’ayant toujours pas de centre de soins palliatifs.

La France emboîterait donc le pas à ses voisins: Pays-Bas, Belgique et Luxembourg ou encore l’Espagne, qui a dépénalisé l’euthanasie en mars dernier. Fin janvier 2021, le parlement portugais avait lui aussi adopté une loi sur l’euthanasie avant que la Cour constitutionnelle n’invalide le texte à la mi-mars.

08 avril 2021, 08:46
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime29.04.21 16:06

copié-collé:
Alors que le débat sur l'euthanasie est revenu devant le parlement début avril, le P. Philippe Pottier revient sur l'enjeu d'une "présence pure" en fin de vie et l'importance de ne pas faire fausse-route.

Le débat sur la fin de vie touche chacun au cœur est dès lors deux écueils se présentent : celui de la passion et celui de la pression. Pourtant, "ne pas tuer demeure un interdit fondamental". Pour l'administrateur du diocèse de Séez, "autoriser l'euthanasie serait un signal dramatique pour tous, en particulier pour les personnes en grande fragilité, souvent tiraillés par cette question, ne suis-je pas un poids pour mes proches et la société ?"

commentaire:
??? ??? ???
présence "pure"
??? ??? ???
"pure" ? ? ?
CRAZY
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime30.04.21 15:00

Tuer en douceur ou la barbarie silencieuse, une nouvelle tentative pour légaliser l’euthanasie par Mgr Ginoux
Parce que Jean Léonetti ne " tuerait " pas en douceur ? (signé:Admin)
 
Mgr Bernard Ginoux

La commission des Affaires sociales du Sénat a adopté un projet de loi visant à légaliser l’euthanasie. Ce projet va être présenté aux sénateurs et discuté ce mardi 25 janvier 2011.
Il relance à nouveau le droit de demander la mort et de la donner, alors que la loi Léonetti de 2005 avait refusé cette possibilité. Cette loi votée le 22 avril 2005 ne mettait cependant pas un terme au débat. D’abord parce qu’elle laissait quelques points discutables comme celui de l’alimentation artificielle en fin de vie. Mais, plus encore, son auteur affirmait qu’il travaillait à la question de « l’exception d’euthanasie » (La Croix, 7 avril 2008), ce qui veut dire que dans certains cas le législateur pouvait autoriser à donner la mort. Dans le même temps l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) et son très influent président revenaient sur cette loi parce qu’ils en étaient insatisfaits. C’est ainsi qu’ils ont pu faire avancer un nouveau projet voté ce 18 janvier par la commission des Affaires sociales du Sénat.


Que dit ce projet ?
L’article premier le résume : « Toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». (Proposition 21 de François Hollande ... ... ...).
Il s’agit bien de procurer la mort volontairement, de tuer une personne.

Bien entendu, dans la suite, les mots employés et les considérations avancées se veulent très « soft », laissant entendre qu’il s’agit de rechercher le bien des personnes malades et de leur éviter une fin tragique, prétendue indigne. On affirme ne prendre en compte que des situations extrêmes et le faire dans la compassion. L’appréciation des situations demeurera toujours subjective, surtout quand le texte parle de souffrances « psychiques ». Par ailleurs le discours est séduisant puisque la loi permettrait ainsi de « devenir maître de son parcours de fin de vie » !
Mais que pouvons-nous répondre à cette nouvelle tentative puisque, depuis bientôt trente ans (à l’époque avec le sénateur Caillavet, de Lot-et-Garonne, né en 1914, et aujourd’hui militant à l’association « Ultime Liberté » ), de manière récurrente, ce courant de pensée veut imposer à la société française une loi autorisant l’euthanasie.

Pendant sept ans j’ai eu la charge des aumôneries d’hôpitaux et de la pastorale de la santé dans mon diocèse d’origine. Le nombre de personnes en fin de vie avec des pathologies lourdes (sida, cancer, etc.) que j’ai approchées – chrétiennes ou non – est important. J’ai vu des situations insoutenables. Je compte sur les doigts d’une main les personnes qui ont, à un moment, demandé vraiment la mort. J’ajoute que c’était la période où se mettaient en place – avec beaucoup d’oppositions et de difficultés – les soins palliatifs. Chaque fois que l’équipe des soins palliatifs pouvait intervenir, la personne retrouvait la paix. Malheureusement les efforts réalisés pour les soins palliatifs sont encore insuffisants. La demande de mort est un appel, l’expression d’une détresse, le besoin d’être accompagné. Si les soins palliatifs et l’entourage prennent en charge assez tôt cet accompagnement, la fin de la vie n’est plus une tragédie, même si mourir est toujours un passage angoissant.
Au-delà de cette expérience personnelle rapidement évoquée, il y a les principes même du vivre ensemble que le droit de tuer remet de fait en question.


La médecine
La médecine est faite pour soigner. Comment lui demander de poser un acte de mort ? Quelle confiance pourrait avoir le patient devant la blouse blanche qui entre dans sa chambre ? Quelle perspective que de faire disparaître le malade qui est trop gênant ? Comment des « soignants » peuvent-ils devenir des « tueurs » (même en douceur !). Les tenants de l’euthanasie répondront que si le geste est légal les soignants n’auront pas d’états d’âme ou de scrupules de conscience. Une connaissance élémentaire de l’être humain nous apprend le contraire : un acte de mort reste toujours un poids pour celui qui le commet.

La souffrance
Comment apprécier le caractère « insupportable » d’un mal, sachant que la douleur physique doit être soulagée et peut l’être si le suivi palliatif est rigoureux. Comment juger des opinions très contradictoires de la personne malade et de son entourage ? Quelles pressions imaginer sur celle-ci ? Les psychologues, les études sur les réactions des malades en phase terminale montrent des variations très grandes, depuis le déni de la maladie jusqu’aux pensées suicidaires.
Il n’est pas possible de tenir pour certaine une demande de mort. Ces dernières années l’un ou l’autre cas de situations extrêmes (affaires Humbert, Sébire ) exploitées médiatiquement où il y avait une demande publique d’aide à mourir ont montré, une fois l’émotion passée, l’ambiguïté de ces cas. Ils sont d’ailleurs très rares et aussitôt survalorisés parce que les militants de l’euthanasie en ont besoin pour justifier leur revendication.


Le principe d’humanité
Reprenant ce titre à un écrivain connu (Jean-Claude Guillebaud) je remarque que je n’ai pas besoin d’invoquer la foi chrétienne pour affirmer que donner la mort volontairement est contraire au principe d’humanité, au pacte social qui permet le vivre-ensemble. C’est, en effet, de l’être humain qu’il s’agit et de la solidarité humaine : lorsque la loi permet de tuer (au nom d’un bien mais quel bien ?) elle donne à des êtres humains pouvoir absolu sur d’autres. Le fait d’être une équipe, dans un hôpital, avec des « spécialistes » ne change rien à la réalité. La mort programmée d’une personne, que cette équipe va désigner comme « indigne » de vivre, en raison de son état d’anéantissement physique ou psychique (cf. le projet de loi), est un crime. Au nom de l’humanité, au nom du respect de toute vie humaine jusqu’à sa fin naturelle, au nom de la solidarité avec les plus faibles, nous devons proclamer la « dignité » intangible de chaque être humain. L’oublier c’est entrer dans la barbarie.
Le 21 janvier 2011 ( nous sommes en 2021, dans un autre genre de barbarie )

https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/eglise-et-bioethique/science-et-ethique/ethique-et-fin-de-vie/370242-tuer-en-douceur-ou-la-barbarie-silencieuse-une-nouvelle-tentative-pour-legaliser-leuthanasie-par-mgr-ginoux/
Pas mal, cet ancien  texte, sauf qu'il manque l'allusion au feu éternel de l'enfer ( pour qui, au fait ? ). Je rappelle que cet évêque, ancien aumônier d'hôpital, serait traditionaliste et donc d'extrême-droite. Il ferme sa gueule maintenant à propos de la fin de vie....sans oublier son vote pour 2022 ?
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime03.05.21 14:38

Débat sur la fin de vie : la lettre ouverte de l’évêque de Grenoble-Vienne aux parlementaires
07 avr. 2021 à 18:30 | mis à jour à 18:53 - Temps de lecture : 1 min
2|  | Vu 1003 fois

L’évêque de Grenoble-Vienne, Guy de Kerimel.
Alors que l’Assemblée nationale devrait, ce jeudi, examiner la proposition de loi pour une “fin de vie libre et choisie” , l’évêque de Grenoble-Vienne a adressé une lettre ouverte aux parlementaires isérois.

“Je ne reviens pas sur la déclaration des évêques de France, du 22 mars 2018, qui garde toute son actualité. Je rajouterai seulement ceci : au nom d’une conception individualiste de la liberté, la société s’affranchit peu à peu des interdits qui la structurent. La conséquence immédiate est le délitement du tissu social que tout le monde constate. Enfreindre l’interdit le plus fondamental, “tu ne tueras pas”, ne fait qu’accélérer la décomposition de notre société. On pourra justifier l’euthanasie en cachant la réalité sous des mots trompeurs, mais on ne triche pas durablement avec le réel”, écrit Monseigneur Guy de Kerimel. Qui ajoute : “La solution aux nombreuses questions que pose la fin de vie existe : l’accompagnement et les soins palliatifs. Nombreux sont les témoignages de personnes qui, bien accompagnées en leur fin de vie, ont renoncé à demander de mourir. Choisissons la vie ! L’avenir de notre société est en jeu !”
SOURCE
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime03.05.21 16:13

1) vous faîtes quoi dans vos paroisses ?
2) la mort du corps, la mort de l'esprit, la mort de l'âme, trois  réalités à ne pas confondre !!!

3) la ligne rouge est-elle rouge clair pour certains, rouge foncé pour d'autres? rouge clair un jour, rouge foncé un autre jour ?
4)"science sans conscience n'est que ruine de l'âme":
quelle conscience ?la bonne conscience?la mauvaise conscience? et l'inconscient, qu'en dire ?
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime11.06.21 19:11

danger
https://www.infochretienne.com/a-t-on-le-droit-de-choisir-sa-fin-de-vie/
Nous sommes en France dans une République laïque, où la recherche de la liberté, de la fraternité, de l'égalité est de rigueur
a-t-on le droit d'imposer son point de vue aux autres à propos de la fin de vie qui est intime avant d'être ultime ?
à mon avis, la fin de vie concerne le patient et son toubib
le reste est du pipi de chat...
si je demande au toubib ( ou autre personnel soignant ) de m'aider à mourir, je dois tenir compte de la situation du toubib, prendre soin de lui en quelque sorte ( le manipuler idéologiquement pour arriver à mes fins ?  sorry je suis tordue ! )
maintenant il y a tellement de clochers ici et là, alors  il faut passer son chemin en faisant la sourde oreille si on veut survivre tout simplement !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime16.06.21 12:14

visiblement je me fie plus à mon vécu et mon jugement, ce qui peut paraître prétentieux ! quoiqu'il arrive que je critique même mon vécu passé ( si je le critique, je ne peux pas le vivre au présent puisque je le critique ! )
si j'estime avoir relativement bien vécu, je n'ai pas tout vécu, il m'a manqué, il me manque et il me manquera ce dont je suis passée à côté et c'est valable pour tout le monde
la mort est-elle l'accomplissement de la vie ou une re-conversion ?
les deux évidemment, avec des erreurs inévitables de jugement
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime23.06.21 15:03

« L’euthanasie est une transgression et doit le rester »
8 novembre 2012
La fin de vie
Le Dr Claire Fourcade a raconté dans 1001 vies en soins palliatifs ses douze ans d’expérience. Elle explique pourquoi une loi légalisant l’euthanasie serait une régression et plaide pour que la loi Leonetti, qui régit la fin de vie, soit mieux connue et mieux appliquée. Un entretien paru dans La Lettre des Semaines sociales de France n°68 d’octobre 2012.


Par sa proposition 21, François Hollande a promis de légaliser « une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ». Ce qui reviendrait, même si le mot n’a jamais été prononcé, à autoriser l’euthanasie « sous certaines conditions ». Rouvrir ce débat vous paraît-il opportun et nécessaire ?

Pour le médecin que je suis, la réponse est non. Nous, soignants, n’avons pas besoin, dans notre pratique quotidienne, qui est de soulager et d’accompagner des personnes en fin de vie, d’une loi supplémentaire. La loi dite Leonetti, adoptée en 2005, fournit un cadre législatif amplement suffisant pour « régler » la très grande majorité des cas auxquels nous sommes confrontés. Cela répond-il, alors, à une demande des patients et de leurs familles ? Je ne le crois pas plus. Dans le service de soins palliatifs que je dirige, nous nous sommes occupés, en douze ans, de près de 5 000 patients. Beaucoup évoquent, un jour ou l’autre, avec le personnel médical, la possibilité d’abréger leur vie. Mais, les demandes soutenues, répétées d’euthanasie sont, au final, extrêmement rares. En fait, je n’ai eu à faire face qu’à deux cas en tout et pour tout. Ce n’est donc pas un débat médical, mais bien un débat de société. À titre personnel, par conviction de foi, je suis opposée à la légalisation de l’euthanasie et j’estime que l’Église et les chrétiens ont, sur cette question, une parole à défendre et à soutenir. Mais pour m’en tenir à des arguments professionnels, je pense qu’une loi légalisant l’euthanasie n’apporterait aucune amélioration, bien au contraire…

Pourtant, vous convenez vous-même que la loi Leonetti ne « règle » pas tous les cas ?

Mais parce que, dans ce domaine, aucune loi ne peut traiter toutes les situations ! Chaque histoire est unique et nécessite du « sur mesure » de la part des équipes médicales. La loi Leonetti permet, en théorie, beaucoup de choses. Elle interdit l’acharnement thérapeutique ; elle donne au patient la possibilité de refuser tout traitement qui n’aurait pour seul effet que de le maintenir en vie ; elle fait obligation au médecin de soulager la douleur, de respecter la dignité du malade, d’accompagner ses proches… Le problème, c’est que cette loi est encore mal connue et mal appliquée. À mon sens, le vrai progrès consisterait à développer cette culture des soins palliatifs en France.

Certains affirment qu’il se pratique en France des euthanasies sans le dire et qu’il est temps de sortir de cette hypocrisie. Que penser de cet argument ?

Que des euthanasies soient pratiquées dans le secret médical est sans doute exact, mais cela se pratique surtout dans des services où la technique médicale, extrêmement pointue, peut avoir pour corollaire une obstination déraisonnable de la part des médecins. Je pense, par exemple, à certains services de réanimation où les patients, inconscients qu’ils sont, ne peuvent exprimer leur volonté, et où les familles ne sont pas ou guère consultées. Du coup, rien ne vient obliger le corps médical à s’interroger pour sortir de la logique de la toute puissance. Ces pratiques ne sont pas satisfaisantes : il faut mettre de la parole dans les équipes, de la collégialité, de la réflexion critique et faire de la place au patient et à ses proches. J’ai débattu avec beaucoup de militants pro-euthanasie. Nombreux sont ceux qui ont été en souffrance avec la médecine, d’où leur volonté de s’opposer à ce pouvoir médical qu’ils jugent excessif.

Un autre argument souvent avancé par les partisans de l’euthanasie est celui de la dignité. Une vie diminuée par la maladie, le handicap ou la souffrance ne vaudrait plus d’être vécue, estiment-ils. Que répondez-vous ?

Pour ma part, je n’ai jamais pensé que tel patient pouvait être moins digne qu’un autre. Mais c’est une conviction personnelle. Je ne prétends l’imposer à personne et encore moins avoir réponse à tout. Là encore, je partirai de mon expérience de médecin. Oui, la maladie, la décrépitude qu’elle entraîne parfois, sont toujours une épreuve. Mais je constate aussi que, dans l’écrasante majorité des cas, le dernier qui s’arrête d’espérer est le patient. Reste la souffrance de la famille. Accompagner une personne qui n’est plus que l’ombre d’elle-même est douloureux pour les proches. Voilà pourquoi, nous, soignants, avons tout un travail à faire pour aider l’entourage à accepter que ce temps de la fin de vie ne soit pas du temps perdu. Et je vois mal en quoi une loi sur l’euthanasie pourrait les aider. Je pense même qu’elle ne ferait qu’augmenter leur souffrance…

Comment cela ?

Si une loi autorisant l’euthanasie était votée, elle poserait forcément des conditions qui risquent de rendre son application compliquée, voire impossible. En juin dernier, un sénateur socialiste a déposé un projet de loi sur l’euthanasie. Selon ce texte, la commission de trois médecins sollicitée pour une demande d’euthanasie aurait 8 jours pour rendre son avis. Ce qui est proprement infaisable. Ouvrir un droit qui ne peut être appliqué suscitera une frustration qui ne peut que rajouter à la colère et à la souffrance des familles alors que nous avons besoin de bâtir avec eux une relation de confiance.

Tous les sondages montrent qu’une grande majorité des Français est plutôt favorable à l’euthanasie. Sont-ils mal informés ? Auraient-ils perdu le sens des valeurs ?

Je ne pense pas qu’ils aient perdu tout sens moral. Je le constate chaque jour : les familles peuvent être en souffrance et démunies, mais elles cherchent comment faire pour être efficaces, utiles. Elles veulent apporter de l’aide à leur proche, sont animées par la volonté de bien faire. Je les trouve, en général, profondément humaines, belles et admirables. En revanche, que les Français soient mal informés est une évidence. Souvenez-vous de Vincent Humbert, ce jeune tétraplégique, dont l’affaire a défrayé la chronique en 2003. Sa mort, provoquée, a entraîné la mise en place d’une commission parlementaire qui a permis de prendre conscience de la complexité des choses et qui a débouché sur la loi Leonetti, maintenant l’interdiction de l’euthanasie. Visiblement, nos compatriotes ont encore besoin d’être éclairés sur ces questions.

Justement, le gouvernement a décidé d’organiser des États-généraux sur la fin de vie. Qu’en attendez-vous ?

Ces États-généraux peuvent être l’occasion de mesurer les enjeux, de faire passer des messages, d’essayer d’expliquer en quoi une légalisation de l’euthanasie serait une régression. Mais je crains que la promesse du candidat Hollande n’oblige le président.

Vous avez dit avoir été confrontée à des demandes d’euthanasie. Comment avez-vous réagi ?

Je me souviens d’un patient dont la maladie avait des conséquences très lourdes et qui souhaitait vraiment mourir. J’ai pris le temps de l’écouter et nous nous sommes donné 15 jours pour réfléchir, voir comment son état allait évoluer. Il est décédé avant ce délai. Je dois avouer que j’ai été soulagée de ne pas avoir à trancher ce cas de conscience…

Vous auriez pu accéder à sa demande ?

Je n’en sais rien. Je ne savais vraiment pas quoi faire. Je n’ai qu’une certitude : l’euthanasie est une transgression et doit le rester. Je n’attends pas que la société la légalise pour me donner bonne conscience au cas où, un jour, j’aurais à prendre une telle décision.

Et si la loi était votée, que feriez-vous ?

Je pense que le législateur prévoira, dans ce cadre, une clause de conscience qui permette aux médecins qui le souhaitent de refuser de pratiquer l’euthanasie. En tout cas, moi, je ne m’imagine pas prendre ce pouvoir sur mes patients. Ce serait entièrement contraire à ma pratique et à ma philosophie de la vie. • Propos recueillis par Antoine d’Abbundo
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime23.06.21 15:26

par rapport à l'Eglise, à chaque fois que j'étais dedans, je regardais par où je pouvais sortir, sans trop comprendre.
Maintenant je comprends...
Puisse ma mort avoir lieu soit chez moi, soit ds un endroit laïc.
Quant à l'au-delà, je n'y suis pas encore !
Vu ma complexité personnelle, cela ne m'étonnerait pas si demain je me trouve une nouvelle croyance
( la réincarnation par ex. ? )
tous les chemins ne mènent pas à Rome, Dieu merci, Dieu soit loué !
marrant, la vie, sauf au lit ( çà dépend de ce qu'on y fait, au lit !!! !!! !!! )
clin1
Edit:
et maintenant par rapport à la politique, je me vide...
(on sent ainsi une légèreté, si, si, un poids en moins, c'est curieux et étrange )
on ne croit plus du tout sauf en soi-même ?
Serais-je le centre du monde ? ATTENTION DANGER  !
PIEZ DE NEZ
Que F.H. n'ait pas concrétisé sa proposition 21 juste à cause des militants de la Manif Pour Tous ( cathos bien pensants et emmerdants ), çà m'a tué, çà me tue et çà me tuera !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime02.07.21 11:11

Que F.H. n'ait pas concrétisé sa proposition 21 juste à cause des militants de la Manif Pour Tous ( cathos bien pensants et emmerdants ), çà m'a tué, çà me tue et çà me tuera !

L'Eglise m'a crucifié
l'Eglise me crucifie
l'Eglise me crucifiera



EGLISE,JE TE HAIS...
tu sens mauvais !
ton son de cloche est faux.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime30.08.21 11:03

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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime22.09.21 19:15

Didier Sicard: «Notre loi sur la fin de vie est l’une des meilleures au monde»

9 avril 2021


Pour l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique, « l’Etat n’a pas à satisfaire un désir de mourir »
L’Assemblée nationale doit examiner ce jeudi 8 avril une proposition de loi d’Olivier Falorni, député Libertés et Territoires, pour une « fin de vie libre et choisie ».
Après avoir présidé le Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008, le professeur Didier Sicard a été chargé d’un rapport sur la fin de vie remis en 2012 à François Hollande.
Vous êtes hostile aux propositions parlementaires sur la « fin de vie ». Pourquoi ?
La loi française actuelle est l’une des meilleures au monde. Mais elle souffre d’un terrible handicap : elle n’a été intégrée ni par les médecins, ni par les citoyens. Ce qui permet d’alimenter tous les fantasmes et l’idée qu’on subit en France l’acharnement thérapeutique, qu’on y meurt dans la douleur et que l’euthanasie est donc la solution. Cela fait trente ans que cela dure et, périodiquement, les lobbys du soi-disant droit à mourir dans la dignité tambourinent en affirmant que « 96 % des Français veulent l’euthanasie ». En réalité, ce que veulent nos concitoyens c’est ne pas mourir dans la souffrance, mais tranquillement. Ils ne réclament pas qu’on leur injecte subitement du curare et puis, paf, c’est fini !
N’est-ce pas dans la pratique que la législation n’est pas satisfaisante ?
Les pouvoirs publics ont renoncé à la « faire vivre », si on peut dire. Les soins palliatifs restent le parent pauvre de la médecine. Le titre de « professeur » n’y existe pas. Seuls 2 % des cancérologues y ont fait un stage. On attend encore les dernières semaines pour, après l’échec du curatif, transférer un patient en palliatif, sans transition, dans des services souvent mis au ban de l’hôpital.
Sédation profonde, prévue par la loi Clayes-Leonetti, directives anticipées avec désignation d’une personne de confiance : quelles améliorations peuvent être envisagées ?
La sédation profonde doit être autorisée à domicile. Pas à la sauvette mais par un protocole associant un collège de médecins. C’est un droit absolu qu’on n’autorise pas par peur de notre ombre. Par ailleurs, les directives anticipées restent très marginales : de l’ordre de 2 % en 2012, elles ne dépassent guère les 10 % aujourd’hui. Elles sont écrites en catastrophe à l’arrivée en Ehpad. J’avais proposé qu’elles figurent sur la carte Vitale. Quant à la personne de confiance, en l’absence de directives anticipées, une « hiérarchie » devrait être instituée entre les proches afin d’éviter des situations dramatiques comme dans l’affaire Vincent Lambert où épouse et parents ont été « mis en concurrence ». Dans des pays européens plus avancés que nous, cet ordre existe. Le conjoint d’abord puis les autres.
« Un terme me gêne beaucoup, celui de “dignité”, employé par les défenseurs des propositions actuelles. Cela laisse entendre que, quand le corps n’est plus “acceptable”, vous n’avez plus votre place dans la société »
Les partisans des propositions de loi sur « l’assistance médicalisée active à mourir » défendent « la liberté ultime » de choisir sa mort. Est-ce un tout autre champ que notre droit actuel ?
La loi Clayes-Leonetti, qui permet à un malade en fin de vie d’accéder à la sédation profonde, est déjà une ultime liberté. Mais elle ne répond pas, c’est vrai, à la situation de quelqu’un disant : « J’en ai marre de cette vie de chien. L’Etat doit satisfaire mon désir de mourir. » C’est l’argumentation qui sous-tend les lois sur l’euthanasie et le suicide assisté en Belgique et au Luxembourg. Notre conception est différente. L’Etat et les médecins doivent éviter que les agonies se prolongent. On accepte de raccourcir la vie de quelques heures, voire quelques jours ou semaines, pour que la fin se passe bien, que la personne, comme son entourage, se sente soulagée.
L’approche éthique est, pour vous, fondamentalement différente ?
Oui car, derrière l’euthanasie, le message intellectuel est que chacun est propriétaire de sa vie, peut en faire ce qu’il veut et que l’Etat doit répondre à cette conception. Cela revient à transformer l’aide, légitime, à mourir en revendication militante. Un terme me gêne beaucoup, celui de « dignité », employé par les défenseurs des propositions actuelles. Cela laisse entendre que, quand le corps n’est plus « acceptable », vous n’avez plus votre place dans la société. Mais le corps enferme-t-il toute la personne ? Peut-on réduire la vie à un corps meurtri ? Si l’on suit ce raisonnement, quel aurait pu être le regard sur les déportés découverts dans les camps d’extermination nazis ? Avaient-ils perdu leur dignité ? La peur de la mort qui habite toute notre société finit par réduire toute transcendance. Imposer la mort « dans la dignité » est une solution à forte connotation totalitaire.
Le débat, malgré vos réticences, ne mérite-t-il pas d’être à nouveau ouvert ?
Certainement pas par le biais d’une proposition de loi pathétique, pendant quelques heures, en catastrophe. Nous sommes dans le théâtre politique. Pas dans la dignité, ni dans la réflexion.
Source, L’Opinion
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime23.09.21 22:03

en quoi l'euthanasie est une transgression puisqu'à la fin de la vie on meurt de toute façon ? il ne peut pas en être autrement
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime01.10.21 0:23

[center][size=32]« On vous a dit dix fois que 96 % des Français étaient favorables à l’euthanasie, c’est complètement faux ! »[/size]
[center]Publié le 30 Sep, 2021

[center]Synthèses de presse

« On vous a dit dix fois que 96 % des Français étaient favorables à l’euthanasie, c’est complètement faux ! », s’exclame Jean-Marie Gomas, médecin, membre de la Société française d’accompagnement des soins palliatifs (SFAP)[1].
Une enquête de la SFAP, présentée le 23 septembre dernier à l’occasion du congrès annuel de l’organisation qui se tenait à Valenciennes, révèle que « seuls 6 % des 1 869 professionnels de santé et bénévoles ayant répondu sont favorables à ‘l’aide active à mourir[2]’ ». 64 % d’entre eux sont contre. Chez les médecins, l’opposition est de 70%, seuls 26 % y sont « favorables sous conditions ». Dans ce contexte d’opposition, la légalisation du suicide assisté serait pour les soignants le scénario le « moins pire ».
Jean-Marie Gomas dénonçait lors de son intervention « des erreurs de calcul délibérées de personnes qui essaient de nous influencer ». Confrontés à « un puissant mouvement pro-euthanasie », 68% des participants à l’enquête pensent cependant qu’elle pourrait « probablement » être votée par le parlement et 7% pensent qu’elle sera adoptée, « à coup sûr » (cf. Claire Fourcade, présidente de la SFAP,  s’engage contre l’assistance médicale au suicide et Euthanasie: On n’oblige personne à [la] demander, mais on oblige tous les patients à l’envisager).
[1] Société française d’accompagnement des soins palliatifs.
[2] Terme qui recouvre à la fois l’euthanasie et le suicide assisté.
Source : famille Chrétienne (30/09/2021)
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime05.10.21 21:43

Euthanasie : quelques sophismes au secours de « l’aide active à mourir »

BRITTA PEDERSEN / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Un patient dans un unité de soins palliatifs.

Bruno Couillaud - Publié le 02/10/21

Malgré l’échec de sa proposition de loi en avril dernier, le député Didier Falorni a invité la comédienne Line Renaud à l’Assemblée nationale pour « remettre au centre des débats le sujet de la fin de vie à quelques mois de la présidentielle ». Le philosophe Bruno Couillaud décrypte les sophismes utilisés pour promouvoir l’euthanasie en changeant le sens des mots.

La proposition de loi instituant un « droit à une fin de vie libre et choisie » débattue en avril à l’Assemblée nationale, est un bel exemple des beaux sophismes employés par les partisans de l’euthanasie qui ne veut pas dire son nom. Son auteur, le député Olivier Falorni, explique le choix de son vocabulaire à propos du mot euthanasie : « Je n’ai aucun problème avec ce mot, dit-il. Ne signifie-t-il pas “belle mort” en grec ancien ? Mais il fallait insister sur le fait qu’il devait s’agir d’un acte médical, même en cas de suicide assisté si le malade voulait réaliser lui-même le geste. »

Prendre une chose pour une autre
Première confusion, le mot euthanasie a trois sens et prendre l’un pour l’autre est un sophisme. « Au sens étymologique, rappelait le cardinal Seper, le mot euthanasie signifie, dans l’Antiquité, une mort douce sans cruelles souffrances. On ne songe plus guère aujourd’hui au sens premier de ce mot, mais plutôt à une intervention de la médecine qui atténue les douleurs de la maladie et de l’agonie, parfois même au risque de supprimer prématurément la vie. Enfin le terme d’euthanasie est utilisé en un sens plus particulier. Il désigne alors le fait de « donner la mort par pitié », pour supprimer radicalement des souffrances extrêmes ou éviter aux enfants anormaux, aux incurables, aux malades mentaux, la prolongation, pendant des années peut-être, d’une vie pénible qui pourrait en outre imposer des charges trop lourdes aux familles ou à la société. Il est donc nécessaire de dire clairement en quel sens est employé ce terme » (Iura et Bona, 1980).. Confondre « mort douce sans cruelles souffrances » avec « donner la mort par pitié » est une tromperie ou, en termes savant, un sophisme, celui de l’homonymie : prendre une chose pour une autre.

Un acte médical ?
Ensuite qualifier l’euthanasie, au troisième sens (« donner la mort par pitié »), d’acte médical est une pétition de principe doublée de ce que l’on appelle en logique un « sophisme de l’accident », au sens où ce qui est accidentel peut être ou ne pas être au sujet ou à l’acte dont on parle. Expliquons-nous : premièrement, on se force à nommer l’euthanasie « acte médical » (et alors on prend cela comme un principe) pour autoriser les médecins à le pratiquer ; il aurait fallu montrer sa réalité d’acte de soin, ou de cure, etc. comme preuve en conclusion de sa nature médicale, avant de l’affirmer comme telle. Deuxièmement, ce n’est pas parce que cet acte se pratiquerait à l’hôpital (lieu de l’acte), ou qu’il serait exécuté par du personnel médical (agent de l’acte), qu’il serait dans sa nature médical ! Le lieu et l’agent sont des circonstances accidentelles qui ne changent pas la nature d’un acte : donner la mort, quand on est médecin et à l’hôpital, c’est toujours donner la mort ! Mais il y a plus si on lit le texte de loi lui-même, portant sur « l’aide active à mourir ».

« Aider à mourir »
L’expression « aider à mourir » est plus ancienne que sa sœur, celle « d’aide active à mourir », présente dix fois dans la proposition de loi Falorni, puisqu’on ne veut pas y parler d’euthanasie. Toutes deux possèdent les qualités de l’euphémisme et c’est la raison de leur emploi. Souvenons-nous du docteur Schwartzenberg lors de sa fameuse Heure de Vérité, le 5 septembre 1988 : « Avez-vous, vous-même, euthanasié beaucoup de vos malades ? — Premièrement je n’aime pas beaucoup le mot euthanasié… — Les avez-vous aidés à mourir ? — Oui. Beaucoup, non. Quelques-uns. Ceux qui le demandaient. » Cette expression « aider à mourir » est un sophisme (homonymie encore) qui ne résiste pas à l’analyse. Aider signifie en premier assister, soulager, soutenir, accompagner quelqu’un de sa présence et jamais faire à sa place. Le dictionnaire Trésor de la langue française ajoute même cette précision prémonitoire pour le mot assister : « En parlant d’un prêtre, pour assister un malade, un condamné à mort, l’aider à mourir », et de citer Paul Ricœur : « L’agonie n’est pas la fin, mais la lutte pour la fin, vers la fin ; à cette lutte nous participons, aidant le moribond à lutter (comme dit Heidegger, nous n’assistons pas à la mort, nous assistons le mort) » (Philosophie de la volonté, 1949, p. 432).

Une expression double dont l’usage est glissant
Mais Aider possède ensuite un deuxième sens, plus large et qui change la nature de l’action. Chez les parachutistes par exemple, le largueur aide à sauter mais c’est en poussant violemment dans les airs le soldat hésitant : en fait, il le force à sauter (avec un parachute, attention ! là s’arrête la comparaison). Aider à mourir devient alors forcer à mourir, pousser dans la mort, provoquer la mort. C’est en ce sens qu’un vétérinaire aide à mourir un cheval blessé, c’est-à-dire qu’il l’achève ! On voit donc que « aider à mourir » est une expression double et dont l’usage est glissant. Assister un malade au seuil de la mort : oui répond le bon sens ; provoquer sa mort : non répondent encore de nombreux médecins, conseils, assemblées, etc. Depuis Hippocrate, c’est un consensus universel qui traverse les siècles. Pour l’Association médicale mondiale sur l’euthanasie, « l’euthanasie, c’est-à-dire mettre fin à la vie d’un patient par un acte délibéré, même à sa demande ou à celle de ses proches, est contraire à l’éthique. Cela n’empêche pas le médecin de respecter la volonté du patient de laisser le processus naturel de la mort suivre son cours dans la phase terminale de la maladie » (39e assemblée, Madrid 1987, et Marbella 2002).

Lire aussi :
La charge du Pape contre l’avortement et l’ « euthanasie cachée »
La vérité est donc que l’usage de cette dénomination « d’aide à mourir » est trompeuse, c’est-à-dire qu’avec un même mot elle désigne une chose (l’euthanasie) tout en en laissant penser une autre (l’assistance au mourant). C’est une acrobatie de langage qui ne réussit pas à faire exister un tertium quid entre : être présent auprès de celui qui meurt en l’aidant de mille façons (soins palliatifs, anti douleurs, etc.) ou attenter directement à sa vie en la supprimant (euthanasie). Et si les inventeurs de cette formule ne sont pas dupes, le grand public, voire les personnes réputées éclairées s’y laissent tromper plus ou moins consciemment : les conseillers du CCNE n’ont-ils pas dit un jour que « pourtant, l’euthanasie active resterait une infraction. Mais dans certaines circonstances, il serait admis des dérogations et des exonérations quant à la culpabilité de celui qui aide à mourir » (avis du 27 janvier 2000). Car le but d’un sophisme est de désarmer notre jugement en floutant le langage. En Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas, pays d’ailleurs invoqués en exemple dans la même proposition de loi, il n’y a pas de sophisme : chez eux, on ne se voile pas la face. Les mots y sont clairs et sans ambiguïté : la loi parle d’« interruption de la vie » ou d’« acte pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne, à la demande de celle-ci » (Pays-Bas, loi du 12 avril 2001 ; Belgique, loi du 20 septembre 2002).

« L’aide active à mourir »
Le professeur Barnard, il y a quarante ans déjà, jouait habilement sur cette « aide » : « Depuis des siècles, écrit-il dans Choisir sa vie, choisir sa mort (Belfond, 1981), la société fait confiance à la profession médicale quand il s’agit d’aider activement le malade à guérir. Permettre au médecin d’aider activement le patient à mourir n’est qu’une extension de cette confiance. » À nouveau ici, la même expression « aider activement » ne doit pas nous tromper sur ce scandaleux raisonnement : en quoi la confiance accordée depuis des siècles à l’aide médicale devrait-elle s’étendre à l’homicide, pour la simple raison que ce sont deux aides actives ? Plus loin, l’ambiguïté du professeur est cyniquement levée, alors que son frère Marius et lui-même restent impuissants devant les souffrances d’un malade : « Il n’était plus en mesure de parler mais, dans ses yeux caverneux, on lisait un appel à l’aide. Il n’existait qu’une forme d’aide efficace ; et cette forme était interdite par la loi. Quand nous nous éloignâmes, Marius et moi, horrifiés par notre impuissance, nous échangeâmes un serment : celui de nous deux qui se retrouverait dans une telle condition pourrait compter sur l’aide de l’autre pour l’en tirer. Nous nous mîmes d’accord sur une double procédure : si le malade était devenu incapable de mouvement, il faudrait lui administrer la dose fatale, si au contraire il restait capable de bouger, il suffirait d’abandonner à son chevet suffisamment de comprimés pour qu’il puisse se suicider. »

Or le sophisme de cette nouvelle expres​sion(aide active…) est augmenté ici d’une redondance coupable, car une aide est déjà une sorte d’action, alors pourquoi parler d’une « aide active » puisqu’une aide passive, cela n’existe pas ?

L’expression « d’aide active » était déjà présente dans des propositions de loi antérieures. Le 4 mars 2009 (Yves Cochet et alii) ; le 8 juillet 2009 (G. Peiro) ; le 7 octobre 2009 (J.-M. Ayrault et alii) ; au Sénat enfin (Jean-Pierre Godefroy) en juillet 2010. Mais curieusement, chacune de ces propositions de loi contenait au moins une fois, comme en une sorte de butte témoin, une expression claire sur la nature de l’acte qui serait autorisé, comme par exemple l’expression : mettre fin à la vie. Mais la désignation autorisée et inlassablement répétée dans ces textes, parce qu’elle est celle qui doit devenir courante, est celle-ci : aide active à mourir ! Maquillée sous cette ambiguïté, une loi a plus de chance d’être acceptée dans l’opinion.

Le sophisme de la conséquence
Or le sophisme de cette nouvelle expres​sion(aide active…) est augmenté ici d’une redondance coupable, car une aide est déjà une sorte d’action, alors pourquoi parler d’une « aide active » puisqu’une aide passive, cela n’existe pas ? L’expression équivaut alors à un « acte actif d’aide à mourir » redondance qui fait souffrir la langue autant que la pensée. Mais surtout, on camoufle la nature spécifique de l’action de « donner la mort », en lui conservant son nom générique d’action: « active ». Des soins d’accompagnement ne sont-ils pas également une sorte d’action visant à aider le mourant, une « aide active à mourir » eux aussi ? Prendre un terme générique à la place d’un terme spécifique est un sophisme qui techniquement s’appelle sophisme de la conséquence (« tout chien est animal » n’a pas pour conséquence « tout animal est un chien ») : « toute euthanasie est une action d’aide » n’a pas pour conséquence : « toute action d’aide ou “aide active” est une euthanasie » ! On peut vouloir aider activement un mourant sans agir pour le faire mourir.

Lire aussi :
Nombre record d’euthanasies aux Pays-Bas en 2020
Or aujourd’hui encore on veut aller au-delà de la loi Léonetti qui encadre la fin de vie, pour instaurer « une aide active à mourir » strictement encadrée… Encadrée ou non, strictement ou non, cette aide ne change pourtant pas la nature homicide de l’acte. On peut d’ailleurs remarquer les précautions prises par les rédacteurs de la proposition de loi pour, disent-ils dans le préambule, « définir l’aide active à mourir ». Voyons cette définition : « L’aide active à mourir telle que définie dans le présent article signifie la prescription à une personne par un médecin, à la demande expresse de celle-ci, d’un produit létal et l’assistance à l’administration de ce produit par un médecin, dans un établissement de santé public ou privé, à domicile accompagné d’une équipe de soignants spécialisés, ou dans un établissement d’une association agréée par la loi. » Résumons : prescription d’un produit létal et assistance à l’administration de ce produit. Sous ce langage aseptisé, techniciste et fonctionnel, cette loi vise à autoriser le médecin, fait pour soigner, à prescrire et administrer un produit fait pour tuer !

Créer un nouveau sens
La situation est analogue à celle de la loi sur le « mariage pour tous » où il ne s’agissait pas d’étendre le mariage aux personnes de même sexe, mais de changer la définition du mariage, ou d’utiliser la loi pour créer un nouveau sens, artificiel et transgressif, au mot mariage. Ici il ne s’agit pas d’autoriser les médecins à pratiquer l’euthanasie, mais à utiliser la loi pour élargir le domaine des actes médicaux jusqu’à cet acte de donner la mort, c’est-à-dire à transgresser les limites de la médecine et à en changer la nature. Il est absurde de demander cela à des législateurs, à moins de considérer qu’il appartient à la loi de changer la nature des choses.

https://fr.aleteia.org/2021/10/02/euthanasie-quelques-sophismes-au-secours-de-laide-active-a-mourir/
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime13.10.21 11:07

[size=38]Fin de vie : « Comment bien accompagner les mourants dans ces conditions ? » Abonnés[/size]

Enquête
 

Le nouveau plan national pour la fin de vie et les soins palliatifs doit être présenté ce mercredi 22 septembre, lors du congrès de la Sfap. Il doit répondre à la méconnaissance et aux manques entourant la législation actuelle.


[list]
[*]Alice Le Dréau, 
[*]le 22/09/2021 à 06:58 
[*]Modifié le 22/09/2021 à 10:07

Un médecin rend visite à une patiente hospitalisée dans l’unité de soins palliatifs de la maison médicale Jeanne-Garnier à Paris, en 2018.CORINNE SIMON/HANS LUCAS
C’est un plan très attendu, dans le milieu des soins palliatifs. Annoncé en mars, il avait été lancé en avril et devait être présenté fin mai. C’est finalement ce mercredi 22 septembre, au premier jour du congrès organisé par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), que le nouveau plan national sur la fin de vie – le cinquième du genre – doit être dévoilé par le ministre de la santé, Olivier Véran.
[*]→ LES FAITS. Soins palliatifs : un plan national pour remédier aux disparités d’accès
Hasard du calendrier, c’est aussi le jour de la sortie au cinéma de Tout s’est bien passé, signé François Ozon : l’histoire – vraie – du suicide assisté du père de l’écrivaine Emmanuèle Bernheim.
→ ANALYSE. Fin de vie : vers une consultation citoyenne ?
Au cœur de ce télescopage, un constat répété...( article payant )

Sans vouloir être agressive, a-t-on le droit de choisir l'accompagnement en fin de vie ??? Mgr Lustiger a fait une connerie à propos de la "Maison Médicale Jeanne Garnier", heureusement qu'il n'y en a pas partout sur tout le territoire.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime29.10.21 20:26

« Si on légalise l’euthanasie, cela revient à dire aux patients qu’ils n’ont plus leur place »
NURSE PATIENT
Alexander Raths I Shutterstock


Mathilde de Robien - Publié le 12/10/18 - Mis à jour le 13/04/21

Si la proposition de loi d’Olivier Falorni visant à légaliser l’euthanasie n’a pas été adoptée le 8 avril dernier par les députés, l’offensive pro-euthanasie de ces derniers mois inquiète sur le changement anthropologique majeur qu’une telle mesure entraînerait pour la société. Entretien avec Anne-Marie Trebulle, directrice adjointe du Foyer d'Accueil Médicalisé Sainte Geneviève (Notre-Dame de Bon Secours), après avoir été pendant 18 ans directrice des soins à la maison médicale Jeanne Garnier à Paris.
La maison Jeanne Garnier est un établissement de soins palliatifs privé à but non lucratif, accueillant des patients en phase avancée ou terminale de leur maladie. Fidèle à l’esprit de sa fondatrice, la maison Jeanne Garnier accueille, soigne et accompagne les patients et leurs proches, en considérant le malade comme une personne unique, digne d’être aimée et respectée pour elle-même.

Aleteia : En quoi accompagner les malades en fin de vie est-il un engagement citoyen ?
Anne-Marie Trebulle : Notre société a tendance à cacher la mort. Or, c’est la seule certitude que l’on a en venant au monde ! La mort fait partie de la vie. Elle est une étape normale. Accompagner les malades, et leurs proches qui vont perdre un être cher, est un engagement citoyen dans la mesure où nous, en tant que professionnels éclairés par cette conscience aiguë que la mort est inéluctable, nous sommes là pour les aider à passer ce moment. C’est un engagement pour la société, car d’expérience — je travaille depuis plus de 30 ans dans les hôpitaux — une mort bien accompagnée, cela veut dire des proches apaisés. La famille a besoin d’être accompagnée pour cheminer et être prête à faire face à la mort. Sinon, elle peut rester désemparée, angoissée, révoltée face à quelque chose qu’elle ne comprend pas. Et pour nous aider, nous avons la chance d’avoir une équipe importante de bénévoles.

Tout le monde peut-il être bénévole ?
Non. Il faut d’abord savoir pourquoi on vient. Les bénévoles acceptent de donner du temps, gratuitement, pour des personnes qui sont « inutiles » économiquement. Ils vont à contre-courant de l’attitude ambiante et viennent dire aux patients : « La société a besoin de vous, vous êtes importants ». Quand on est bénévole, il faut accepter d’être rejeté par un malade qui ne veut pas vous voir, accepter d’entendre les souffrances des familles. Tout cela sont des épreuves et tout le monde n’est pas fait pour ça.

Lire aussi :
Jalmalv : qui sont ces bénévoles en soins palliatifs ?

La Maison Jeanne Garnier est reconnue pour la qualité de ses soins et de son accompagnement. Qu’est-ce qui fait sa spécificité, et par là, son excellence ?
Une de ses particularités est son histoire, vieille de plus de cent ans, née grâce à des bénévoles : Jeanne Garnier, jeune veuve lyonnaise et chrétienne qui consacra son temps et sa fortune à l’accueil et l’accompagnement de femmes dites « incurables » et qui fonda l’œuvre du Calvaire en 1842. Puis Aurélie Jousset, inspirée par cet exemple, qui créa « Le Calvaire » de Paris en 1874. La Maison a évolué depuis, elle s’est professionnalisée, mais elle a gardé cet état d’esprit tourné vers le malade.

Outre le respect des patients, il existe à Jeanne Garnier un vrai respect entre les soignants. On a l’habitude de dire que l’on a des postes différents, du médecin jusqu’à l’agent hospitalier, mais on a tous la même valeur humaine. Et il y a autre chose, qui garantit aussi la qualité des soins, c’est le sens que les professionnels trouvent dans leur travail. Dans un service de soins palliatifs, les soignants retrouvent le sens de leur engagement initial : je ne connais pas un infirmier ou un aide-soignant qui entre dans une école pour s’occuper d’une maladie, ou d’un organe, non, on veut s’occuper d’un malade, dans sa globalité. Et à Jeanne Garnier, le patient est considéré dans son entier.

Jeanne Garnier est une maison d’inspiration chrétienne. Reste-t-il aujourd’hui des traces de cette initiative chrétienne ?
Oui, depuis 1988, à la demande de l’archevêque de Paris, la communauté religieuse des Xavières habite à la Maison médicale. Elles ont succédé aux Dames du Calvaire devenues trop âgées. La communauté, présence priante, vit proche des malades, de leurs familles et du personnel. Elle participe activement à l’animation liturgique et spirituelle et collabore à la formation. Il y a une chapelle, une équipe d’aumônerie — indépendante de l’équipe de bénévoles — et des messes sont célébrées trois fois par semaine. On ne fait pas de prosélytisme, on accueille tout le monde et on respecte toutes les religions, mais on ne se cache pas d’être catholique et de porter les valeurs de l’Église.

Le rapport de synthèse du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur les États généraux de la bioéthique préconisait de « faire en sorte que la loi Claeys-Leonetti soit réellement appliquée et respectée ». Selon vous, qu’est-ce que cela sous-entend ?
La loi Claeys-Leonetti va déjà très loin puisqu’elle permet de faire une « sédation profonde et continue » jusqu’au décès du patient, mais uniquement dans certains cas très précis : il faut être atteint d’une maladie grave et incurable, avoir un pronostic vital engagé à court terme, il faut que ce soit le malade qui en fasse la demande, et non pas un de ses proches, et il faut qu’il y ait des souffrances réfractaires, c’est-à-dire des souffrances qui ne passent pas malgré différents traitements. Et pour juger une souffrance réfractaire, il nous faut du temps pour essayer tous les médicaments. On ne peut donc pas faire de sédation profonde et continue en dehors de ces trois critères. Le problème est que nous avons parfois des familles qui demandent des sédations pour leur proche, ou alors des malades qui en font la demande, alors qu’ils ne sont pas en fin de vie. Et cela ne rentre pas dans le cadre de la loi.

Que se passerait-il si on en venait à légaliser l’euthanasie ?
Il ne s’agirait plus d’une sédation d’accompagnement de la fin de vie mais d’une sédation qui provoque délibérément la mort. Selon moi, c’est un combat d’arrière-garde, un combat idéologique, parce que la loi Claeys-Leonetti permet d’aller assez loin. Si on légalise l’euthanasie, cela revient à dire aux patients qu’ils n’ont plus leur place, plus leur raison d’être. C’est un point de vue complètement subjectif ! Prenons un exemple : lorsque vous êtes jeune, l’idée d’un fauteuil roulant ou d’un déambulateur vous est insupportable ! Mais lorsque vous vieillissez, finalement, vous vous dites que ce n’est pas si dramatique que ça ! Et que ce qui est important, c’est la façon dont on vous regarde.


EUTHANASIA

Lire aussi :
Fin de vie : pour l’Igas, un renforcement des soins palliatifs plutôt que l’euthanasie


Et je vous laisse imaginer la pression qui pèserait sur les épaules des malades : lutter pour rester en vie quand un séjour en maison de retraite représente un coût financier conséquent, ou quand il faudra libérer des chambres d’hôpital. Tant qu’il n’y a pas de légalisation, les malades peuvent dire : « J’en ai assez ! ». Mais le jour où l’euthanasie est légalisée, ils ne pourront plus le dire, parce qu’ils auront peur qu’on passe à l’acte. Ils ne pourront même plus exprimer leurs émotions. Or exprimer ses émotions, c’est ce qui nous permet de vivre. Fabrice Hadjadj racontait que Dyonisos, malade, avait demandé à son disciple : « Arrête, il faut que ça s’arrête ». Son disciple rapporte alors un couteau, mais Dionysos répond : « Je t’ai demandé d’arrêter ma souffrance, pas ma vie ». Les malades qui demandent l’euthanasie sont des malades qui veulent que leurs souffrances s’arrêtent ! Certes aujourd’hui, nous disposons d’un panel de médicaments qui rendent les douleurs physiques supportables, mais il reste les douleurs d’ordre psychologique et existentiel, qui, elles, sont plus difficiles à soulager. La peur de l’inconnu, le sentiment de solitude, le sens de la vie sont des questions et des appréhensions qui trouvent un apaisement dans l’écoute, dans une présence bienveillante, que nous nous efforçons de prodiguer.

Et que penser quand des personnes trisomiques sont enfants de choeur, quand les églises sont inaccessibles aux personnes à mobilité réduite, quand... quand... quand... etc etc etc n'est-ce pas, Mme la Comtesse Anne-Marie Trébulle ?
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime09.11.21 12:55

ne pas désespérer
sans plus espérer
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime17.11.21 14:25

Fin de vie : la sédation profonde et continue souvent incomprise par les patients
le 16/11/2021 à 16:06
Modifié le 16/11/2021 à 16:50
ÉCOUTER
LES FINS DE VIE, SOINS PALLIATIFS OU EUTHANASIE ? 3/5
Le débat autour de la fin de vie ressurgit dans le débat politique à l'approche de l'élection présidentielle. La loi Claeys-Leonetti, actuellement vigueur, reconnaît le droit à une sédation profonde et continue jusqu'au décès. Un droit mal compris par beaucoup de patients, selon Marie-Sylvie Richard, religieuse xavière, médecin formatrice à la Maison médicale Jeanne-Garnier, et docteure en éthique biomédicale et membre du département d'éthique biomédicale au Centre Sèvres à Paris.
©Corinne SIMON/CIRIC
L'accompagnement de la fin de vie, quand le manque d'effectifs abouti à des situations dramatiques
"Cette sédation profonde et continue jusqu'au décès n’est pas l’essentiel de la loi Claeys-Leonetti, rappelle Marie-Sylvie Richard, et on en fait l’essentiel." La religieuse rappelle ce que prévoit également la loi : "soulager la personne et lui accorder cet apaisement autant que possible, tous les soignants doivent y concourir en s’y mettant de façon active". Pour la formatrice en soins palliatifs, les soignants ont beau avoir en avoir conscience, il sont confrontés à un véritable manque d'effectif et à un problème d'organisation médicale, qui aboutit à de véritables "drames".

Incompréhensions autour de la sédation profonde et continue jusqu'au décès
À la Maison médicale Jeanne-Garnier, "certains patients sont venus demander une sédation profonde et continue comme si on venait chercher un traitement pour la semaine !" Des patients qui n'étaient pas informés des critères exigeants qui doivent être constatés par l’équipe soignante, tels que : avoir une maladie grave incurable, être en phase avancée ou terminale, avoir des douleurs insurmontables, avoir un pronostic vital à court terme. Une procédure "très sérieuse", précise Marie-Sylvie Richard, pour qui il faut rappeler que "la sédation profonde et continue jusqu'au décès est une possibilité mais n’est pas la solution à toute forme de mort".

La sédation profonde et continue jusqu'au décès est "une solution à la française". Pour Marie-Sylvie Richard, les députés Alain Claeys et Jean Leonetti "n'ont pas voulu aller jusqu’à l’euthanasie". Ils ont donc pensé "accorder un sommeil" avec prise d'analgésiques et d'anxiolytiques contre l’angoisse et la douleur. Justement, ont été évoquées des souffrances liées à la déshydratation : or, pour Marie-Sylvie Richard, la souffrance du malade est quelque chose qui se voit et que les soignants peuvent apaiser. Derrière cette remarque, sans doute y a-t-il autre chose... "Je ne crois pas que le malade souffre, je pense que les patients trouvent dommage d’attendre plusieurs jours avant de mourir alors que par l’euthanasie, en cinq minutes c’est fait."

Très peu de personnes ont rédigé leurs directives anticipées
Chacun d’entre nous est appelé à rédiger des directives anticipées. Liées à la loi de 2005, elles concernent les traitements que l'on veut ou pas suivre en fin de vie. Mais "ça ne marche pas si bien", admet la religieuse, "parce qu’il est extrêmement difficile de se projeter", surtout en ce qui concerne les traitements. Marie-Sylvie Richard recommande de rédiger ses directives anticipées "avec un médecin ou une infirmière qui nous connaît bien". Cela peut être intéressant de les rédiger avec des proches, à condition que ceux-ci "n'empêchent pas la personne de dire ce qu’elle veut !"
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime26.12.21 15:25

[size=52]Desmond Tutu : le suicide assisté, l'ultime combat de l'archevêque[/size]

26 DÉC 2021
 
Mise à jour 26.12.2021 à 13:54
 par 
TV5MONDE
AFP


Contre sa hiérarchie, il a défendu les homosexuels et le droit à l'avortement. À la fin de sa vie, malade, l'archevêque sud-africain Desmond Tutu a ouvert un nouveau front contre son église anglicane, tout aussi sensible, celui du droit au suicide assisté.




Respecté pour sa lutte acharnée contre le régime raciste de l'apartheid, il a brisé le tabou de l'euthanasie en deux temps.

[size=30]"Je ne veux pas être gardé en vie à tout prix"[/size]


En 2014 d'abord. Dans une tribune publiée dans la presse britannique, il frappe un grand coup en dénonçant l'acharnement à maintenir en vie son ami Nelson Mandela, décédé un an plus tôt à 95 ans. "Ce qui a été fait à Madiba est scandaleux", écrit-il, citant le nom clanique de l'ancien président.
Lors d'une séquence télévisée où il apparaissait aux côtés d'autres dirigeants, "on pouvait voir que Madiba n'était plus complètement là. C'était un affront à sa dignité", s'indigne Mgr Tutu. "Pourquoi prolonger une vie qui est sur sa fin ?".

(Re)lire : Afrique du Sud : Desmond Tutu, figure de la lutte contre l’apartheid, est décédé

À son propre sujet, et au risque de fâcher "beaucoup de gens", il ajoutait en allusion au suicide assisté: "je dirais que cela ne me dérangerait pas". 

Deux ans plus tard, à l'occasion de ses 85 ans, et alors qu'il sort de multiples séjours à l'hôpital pour une infection récurrente liée à un cancer de la prostate diagnostiqué en 1997, il tranche clairement. "Je suis plus proche du hall des départs que de celui des arrivées", écrit-il avec son humour habituel dans le Washington Post. "Plus que jamais, je me sens dans l'obligation de prêter ma voix à cette cause (...). Je ne veux pas être gardé en vie à tout prix", martèle-t-il à l'intention de ses proches.

L'archevêque "prie" pour que les politiques aient "le courage" de soutenir "le choix des citoyens en phase terminale". Car les mourants devraient pouvoir "choisir comment et quand ils quittent la terre", ajoute-t-il dans cet éditorial qui fait sensation dans le monde entier, propulsant la question au premier plan du débat public.

(Re)voir : Afrique du Sud : Desmond Tutu célèbre ses 90 ans lors d’une rare apparition publique​
 

[size=30]"Quand Tutu parle, le monde écoute"[/size]



Seule une poignée de pays, dont la Belgique et le Canada, ainsi que certains Etats américains, autorisent l'euthanasie. En Afrique du Sud, c'est un crime passible de quatorze ans de prison, même si aucune peine de ce type n'a jamais été prononcée.
"C'est courageux d'essayer de provoquer les théologiens et les dirigeants de l'Église à y réfléchir, l'archevêque nous a rendu un merveilleux service", estime le père Anthony Egan, enseignant jésuite à l'université de Witwatersrand. 

Mais l'engagement de Desmond Tutu ne réjouit pas tout le monde. 
Sur l'euthanasie, comme sur d'autres thèmes, "Tutu adopte une position contraire", estime Philip Rosenthal de l'organisation Euthanasia Exposed, opposée au suicide assisté. "Ses opinions tranchent avec les enseignements de la Bible, et le sentiment d'une majorité des Sud-Africains", juge-t-il.

(Re)voir : Mort de Desmond Tutu : l'Afrique du Sud pleure une icône de paix et d'empathie
 
(Re)lire : Desmond Tutu, la conscience de l'Afrique du Sud

L'église anglicane, qui a érigé le droit à mourir des malades en phase terminale en "Rubicon éthique", a semblé gênée par le positionnement de son célèbre archevêque. Contactée à de nombreuses reprises par l'AFP, sa branche d'Afrique australe a toujours refusé de le commenter.

L'Association sud-africaine des soins palliatifs (HPCA), elle, n'a pas caché son indignation. "Les gens demandent l'euthanasie par désespoir et en raison du manque de soins" en fin de vie, estime sa présidente Liz Gwyther, qui se dit "attristée" par le combat "dangereux" de Mgr Tutu.

Les partisans du suicide assisté ont bénéficié au contraire du soutien de poids de l'archevêque. "Quand Tutu parle, le monde écoute et les gens en parlent", relève Sean Davison, directeur de l'ONG Dignity SA. "Ils se disent, peut-être, qu'on devrait en discuter plutôt que de l'ignorer."

L'engagement public du prélat n'a duré que quelques années, mais assez pour changer la donne en Californie. 
En 2015, son gouverneur, Jerry Brown, fervent catholique, a cité une lettre de l'archevêque et son "appel sincère" en faveur de l'euthanasie pour justifier sa décision de ratifier la loi de son Etat sur le suicide assisté.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime07.01.22 9:56

Erwan Le Morhedec : « L'euthanasie nous fera vivre dans une société déshumanisée »
Avocat et essayiste, par ailleurs chroniqueur à « La Vie », Erwan Le Morhedec publie « Fin de vie en République. Avant d’éteindre la lumière » (Cerf), un essai engagé contre l’euthanasie qui, selon lui, porterait atteinte à notre pacte social.
Interview Olivia Elkaim
Publié le 06/01/2022 à 11h58 I Mis à jour le 06/01/2022 à 17h19
• HANNAH ASSOULINE/PRESSE
Dans un essai argumenté et fouillé, notre chroniqueur décrypte comment une loi favorable à l’euthanasie invaliderait les piliers de la République que sont la liberté, l’égalité et la fraternité. Il soutient qu’une telle loi opprimerait les plus fragiles et s’interroge sur « l’incompréhensible soutien » qu’elle reçoit à gauche. Rappelant aussi que quelques rares voix comme celles de François Mitterrand, Robert Badinter et Axel Kahn s’y sont opposées. À lire pour nuancer des opinions trop souvent tranchées sur ce sujet extrêmement sensible.

93 % des Français, selon certains sondages, voudraient qu’on légalise l’euthanasie. Une loi est-elle inéluctable ?

Une loi est bien sûr probable à court terme ; demeure la question de son contenu. On a évité le pire, en avril 2021, avec la proposition de loi du député Olivier Falorni, qui était indigente, permettant, entre autres choses, l’euthanasie des personnes dépressives ou, parmi ses lacunes évidentes, ne prévoyant pas de procédure collégiale.

A lire aussi
Légalisation de l’euthanasie : chronique d’une mort parlementaire annoncée

Avec votre livre, vous voulez alerter sur le coup que porterait une légalisation au pacte social français. Que voulez-vous dire ?

Les partisans de l’euthanasie expliquent que le consentement est primordial : si le patient consent à être euthanasié et le médecin à l’euthanasier, la société n’aurait plus rien à y redire. Mais c’est comme si nous congédiions la société hors de rapports sociaux devenus purement contractuels ! Pour moi, la société doit porter une valeur supérieure, même profondément laïque.

Si une loi était votée, quelles implications aurait-elle sur la pratique des soins palliatifs ?

Les services de soins palliatifs s’attendent à un chamboulement majeur. Une très grande majorité des praticiens refusent de pratiquer des euthanasies. On peut craindre des démissions en chaîne, mais aussi une perte d’attractivité, de savoir-faire, de créativité dans ces unités qui se battent pour soulager la souffrance des malades en fin de vie.

A lire aussi
Euthanasie : « Dans l’agonie, la question n’est pas de choisir la souffrance, mais d’épouser ce qui fait mon humanité »
On peut voir les choses de manière cynique : l’euthanasie libérerait des lits en réanimation, des pensions de retraite, des soignants…

Cela s’appelle un abandon d’humanité, du respect intégral de la personne jusqu’à la fin de sa vie. C’est nier la possibilité pour chacun d’aller au terme de ce qu’il a à être, à transmettre, c’est l’ultime soumission de la personne aux impératifs comptables. On en souffre suffisamment par ailleurs… Si même notre mort est déterminée par les déficits et la gestion comptable, alors on vivra dans une société déshumanisée.

Comment expliquer le peu de moyens alloués aux soins palliatifs dans notre pays ?

Il y a encore un manque de considération accordé à cette discipline par les professions médicales elles-mêmes. Les praticiens de soins palliatifs ont acté le fait qu’ils ne guériront plus. C’est une médecine humble, en retrait d’une forme de puissance médicale. Pour les décideurs politiques, on parle de personnes qui vont mourir, est-ce qu’il y a un gain quelconque à se consacrer à leur situation ? Et, de façon générale, on occulte le débat car la mort terrorise les gens.

A lire aussi
Crise de l’hôpital, faillite d’humanité
La loi Leonetti-Claeys reste mal appliquée…

Elle est insuffisamment connue, c’est aberrant. Encore trop de médecins ignorent eux-mêmes cette loi. Les partisans de l’euthanasie disent que, parce qu’elle est mal connue, il faut la modifier. C’est absurde, la seule conséquence à tirer de cette méconnaissance, c’est bien qu’il faut mettre des moyens pour la promouvoir ! Mais qui l’a fait, jusqu’à aujourd’hui ?

Votre engagement contre l’euthanasie est-il lié à votre foi catholique ?

Je ne peux pas dissocier ce que je suis, ce qui relèverait ou pas de ma foi dans mes prises de position. Mes convictions m’autorisent à penser en dehors des camps binaires. Je refuse autant l’euthanasie que l’acharnement thérapeutique. Je veux qu’on trouve une troisième voie dans la prise en charge des personnes. En tant que chrétien, je suis incité à chercher le Christ en tout autre, et jusque dans sa faiblesse ultime. Cela m’interdit de renoncer à la dignité de l’autre.

À lire
Fin de vie en République. Avant d’éteindre la lumière, Cerf, 18 €.

Interview Olivia Elkaim
Fin de vie
Euthanasie
Soins palliatifs
Erwan Le Morhedec
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime17.01.22 15:14

[size=38]La Marche pour la vie dans la rue contre les délais allongés de l’IVG Abonnés[/size]
Analyse
 

Le mouvement pro-vie manifeste le 16 janvier, à Paris. Une 15e édition qui s’inscrit, cette année, dans un contexte de débat parlementaire autour de l’avortement et de la fin de vie.


  • Alice Le Dréau, 
  • le 16/01/2022 à 07:28 
  • Modifié le 16/01/2022 à 10:59



Lecture en 3 min.

15e édition de la Marche pour la Vie ! vous persistez et moi je jubile si les évêques démissionnent, si on se fait violer par des ecclésiastiques, s'il y a une baisse évidente de la pratique religieuse et donc une chute des dons etc etc etc
Admin qui ne sait plus où se trouve l'enfer et qui rêve d'avoir le paradis à elle toute seule en compagnie  du Père, du Fils, et du St-Esprit avec les anges. Je n'ai pas l'intention de me farcir votre présence éternellement !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime08.02.22 12:38

«Céder à la tentation de l’euthanasie serait délétère», estime Monseigneur Rougé

Solène Delinger 08h34, le 18 janvier 2022, modifié à 08h58, le 18 janvier 2022
Monseigneur Rougé était l'invité d'Europe 1 ce mardi matin. Au micro de Sonia Mabrouk, l'évêque de Nanterre est revenu sur la position de l'Eglise concernant la fin de vie. Selon lui, il serait "délétère" de "céder à la tentation de l'euthanasie", alors que toute notre société s'est mobilisée pendant la pandémie pour sauver la vie des plus fragiles.
INTERVIEW
La position de l'évêque de Nanterre au sujet de l'euthanasie est particulièrement claire. Invité au micro de Sonia Mabrouk ce mardi matin, Monseigneur Rougé a affirmé qu'il serait "délétère" de "céder à la tentation de l'euthanasie " , alors que toute notre société se mobilise depuis le début de la pandémie pour sauver la vie des plus fragiles.

Un effort renouvelé en faveur des soins palliatifs
"On a passé deux ans à sauver des vies et notamment la vie des personnes âgées. Comment comprendre, après avoir mis un tel effort collectif pour sauver des vies, que nous cédions à la tentation de l'euthanasie ?", s'interroge-t-il sur Europe 1. "Cette contradiction serait incompréhensible et délétère". Actuellement, la fin de vie en France est réglementée par la loi Léonetti, qui refuse l'acharnement médical. L'euthanasie active y est proscrite mais "l'obstination déraisonnable" du corps médical et "la prolongation artificielle de la vie" le sont également.


>> Retrouvez l'entretien tous les matins à 8h13 sur Europe 1 ainsi qu'en replay et en podcast ici

Un rebond de solidarité pendant la pandémie
En revanche, Monseigneur Rougé appelle à un "effort renouvelé" en faveur des soins palliatifs. "Au-delà de la responsabilité proprement politique, nous appelons à un effort de solidarité et de fraternité avec les personnes les plus fragiles", ajoute-t-il. Selon lui, il y a bien eu un "rebond magnifique de solidarité" pendant la pandémie mais il y aussi eu un "grand isolement des personnes âgées et des personnes malades". L'Eglise a travaillé avec les pouvoirs publics pour que les aumôniers ne soient pas considérés dans le plan blanc, le dispositif d'urgence sanitaire, comme un personnel non-indispensable. "Ces personnes ont besoin d'une présence, d'un accompagnement. Il faut progresser sur ce sujet", estime-t-il.

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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime08.02.22 16:59

[size=33][Débat] Euthanasie : la France doit-elle suivre l'exemple belge ?[/size]
le 08/02/2022 à 13:29
 - Modifié le 08/02/2022 à 15:36


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PRÉSIDENTIELLE 2022 : LA FIN DE VIE, ENJEU DE LA CAMPAGNE ?Durée: 55 min



Le manque de consensus sur la fin de vie et l'euthanasie est sans doute une spécificité française, tant les avis peinent à se mélanger. À l'approche de l'élection présidentielle, RCF propose à deux catholiques de débattre : Erwan Le Morhedec est membre du collectif Plus digne la vie et Corinne Van Oost est belge et médecin, auteure d'un témoignage "Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie".


Il s'en est fallu de peu, au mois d’avril dernier, pour que les députés autorisent l’euthanasie :copyright:Thomas COEX / AFP
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"Tous ensemble construisons la France de demain", programmation spéciale élection présidentielle


À moins de 90 jours du premier tour, RCF entame ce lundi 24 janvier une série d’émissions spéciales pour décrypter des thèmes essentiels de la campagne avec des acteurs de terrain. L’objectif : aider chaque citoyen à discerner avant son vote. 
> En savoir plus




La fin de vie dans la campagne présidentielle


Il s'en est fallu de peu, au mois d’avril dernier, pour que les députés autorisent l’euthanasie. Les 3.000 amendements déposés à l’Assemblée ont pesé sur le calendrier parlementaire. Que prévoyait cette proposition de loi ? Pour Erwan Le Morhedec, "elle visait à légaliser l’euthanasie, alors évidemment on parle de l’assistance légalisée à mourir : on va employer les vrais mots, c’est-à-dire légaliser l’euthanasie et éventuellement le suicide assisté".
Évoquer la fin de vie, c’est parler des soins palliatifs, mais aussi de l’euthanasie et du suicide assisté : la différence, c’est que l’euthanasie est un acte effectué par un soignant qui vise à mettre fin à la vie d’une personne, à sa demande et en raison de ses souffrances. Alors que le suicide assisté est déclenché par la personne elle-même.
Au sujet de l’euthanasie, les partis politiques sont divisés. Quasiment toute la gauche est favorable à l’adoption de l’euthanasie pour permettre à chacun de choisir sa mort et de partir sans souffrance. Au sein du parti LREM on est traversé par des tendances contradictoire. Quant à la droite, les voix favorables à un changement de législation sur la fin de vie sont plus isolées.
 

La Belgique, une situation pire qu’en France ?


En France, la loi de 1999 garantit l’accès aux soins palliatifs. Elle a été complétée par loi Leonetti / Claeys qui interdit l’acharnement thérapeutique et autorise depuis 2016 la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès. À titre de comparaison, en Belgique, l’euthanasie est autorisée depuis 20 ans. Trois lois ont été votées en 2002 après un long débat au Parlement. L’une d’elle garantit l’accès aux soins palliatifs, une autre dépénalise l’euthanasie, "dans des conditions très strictes", précise le Dr Corinne Van Oost.
Pour Erwan Le Morhedec, les 3.000 amendements déposés en avril 2021 à l’Assemblée ont "permis d’éviter d’avoir une loi française qui soit pire que la situation belge". Le blogueur affirme même : "Je remercie ceux qui ont déposé ces amendements et qui ont permis d’éviter que nous ayons cette situation catastrophique en France." Il résume ainsi la situation belge : c’est "une euthanasie qui n’est pas limitée à la fin de vie, qui ne se pratique pas que lorsque le pronostic vital est engagé, qui aujourd’hui se pratique même pour des situations comme la DMLA, c’est-à-dire la perte de vue". 
 

Légaliser l’euthanasie empêche-t-il de développer les soins palliatifs ?


C’est en tout cas la position que défend Erwan Le Morhedec : "Je crains fort que la légalisation de l’euthanasie soit un frein important et grave au développement des soins palliatifs, à l’heure où les véritables enjeux qui est le nôtre est de le développer dans toute la France."
Pourtant, le Dr Corinne Van Oost rappelle que la Belgique a "une des meilleures couvertures de soins palliatifs au niveau de l’Europe, ce qui a été prouvé par des études". Pour elle, grâce aux lois de 2002, "la majorité des soins palliatifs se sont ouverts à la question de l’euthanasie". Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un malade demande l’euthanasie qu’il ne bénéficie plus des soins palliatifs. Par ailleurs, "ce que la loi a permis en Belgique c’est justement d’ouvrir le tabou de la mort : les gens peuvent réfléchir, se poser des questions essentielles sur ce qu’on veut vivre avant de mourir".
Auteure de "Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie" (éd. Presse de la Renaissance, 2014), Corinne Van Oost travaille en soins palliatifs depuis 30 ans. Si elle n’a pas toujours défendu la possibilité de l’euthanasie, aujourd’hui elle défend "dans les soins palliatifs, de pouvoir accompagner, entendre les demandes d’euthanasie, sans a priori, sans jugement… " Il s'agit pour elle d'admettre parfois "l’échec des soins palliatifs, c’est-à-dire l’impossibilité de soulager la souffrance malgré tous nos bons soins, notre accompagnement" et "d'accepter que la personne choisisse le moment et l’heure de son décès sans la laisser en souffrance jusqu’à la fin".
 

Le manque de consensus sur la fin de vie, une spécificité française


En France, et c’est peut-être une spécificité de notre pays, les voix qui s’élèvent pour dénoncer le mal-mourir ne se mélangent pas. Le débat est d’autant plus tendu qu’il est assis sur tellement de souffrance, d'angoisse, de non-dits. Il approche aussi le tabou de la mort. ​​​​​​
L’enjeu c’est "un changement de civilisation", pour l’avocat et blogueur Erwan Le Morhedec. Membre du comité scientifique du collectif Plus digne la vie, il vient de publier "Fin de vie en République - Avant d'éteindre la lumière" (éd. Cerf). Selon lui, légaliser l’euthanasie, "c’est peut-être prendre acte que nous avons une société pressée, techniciste, utilitariste, qui a tendance à accorder de l’intérêt à la vie que tant qu’elle a soi-disant une utilité".
Quand des catholiques émettent des voix dissonantes sur la question, comment discerner ? "Le mot clé, c’est écouter", pour Bruno-Marie Duffé. Prêtre du diocèse de Lyon, il a été aumônier du centre Léon-Bérard à Lyon. "C’est toujours une question qui est à la première personne - c’est ma mort, c’est ma vie - et c’est toujours une question qui est à la première personne du pluriel - c’est nous, nous sommes ensemble, je suis avec vous." Selon lui, quand un patient demande l’euthanasie, il faut prendre le temps d’en parler : parfois, "ce qui était une demande de mort est une autre demande".
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime09.02.22 14:37

[size=44]Priver les personnes âgées de soins est « inhumain », assène le pape François[/size

Antoine Mekary | ALETEIA[/size]

I.Media - publié le 09/02/22


Accélérer la mort d’une personne âgée en la privant des traitements nécessaires est "inhumain", a assené le pape François à l’audience générale du 9 février 2022.



« La vie est un droit, pas la mort, celle-ci doit être accueillie, non administrée », a déclaré le pape François avec force depuis la Salle Paul VI du Vatican ce mercredi 9 février, alors que des débats sur l’euthanasie agitent le Parlement italien.

Durant sa catéchèse centrée sur la figure de saint Joseph, « patron de la bonne mort« , le Pape s’est arrêté longuement sur « un problème social réel » : « accélérer la mort des personnes âgées ». Sortant de son texte, il a dénoncé le choix de priver les séniors qui ont moins de moyens, des traitements dont ils auraient besoin. « C’est inhumain, ce n’est pas les aider, c’est les pousser le plus rapidement possible vers la mort », a martelé l’évêque de Rome.





« Le droit aux soins et aux traitements pour tous doit toujours être prioritaire », a ajouté le pontife argentin qui a appelé à soigner les personnes âgées « comme un trésor de l’humanité ». Même sans parole, a-t-il encore affirmé, « elles sont le symbole de la sagesse humaine, elles ont parcouru le chemin avant nous et elles nous ont laissé tant de belles choses, de souvenirs ».

Condamnant les « dérives inacceptables qui conduisent à tuer », et toutes les formes de « suicide assisté », le chef de l’Église catholique s’est aussi prononcé contre l’acharnement thérapeutique, qu’il a qualifié d’ »immoral ». Il a plaidé pour la sagesse populaire qui laisse les personnes en fin de vie « mourir en paix ».




Législation sur le suicide assisté



Le Parlement italien se penche ces jours-ci sur une proposition de loi pour encadrer le suicide assisté, alors qu’un projet de référendum vise à étendre largement le droit à l’euthanasie. Dans ce contexte, la revue jésuite La Civiltà cattolica a publié un article mi-janvier sur la question de la fin de vie en Italie. Son auteur, le père Carlo Casalone, membre de l’Académie pontificale pour la vie, se prévalant du principe du moindre mal, conclut que l’Église italienne ne devrait pas forcément s’opposer à une législation sur le suicide assisté.



En novembre dernier, un premier cas de suicide assisté avait reçu l’aval du Comité d’éthique italien. L’Académie pontificale pour la vie avait alors émis des réserves. La même Académie organise du 9 au 11 février une visioconférence internationale sur le thème des soins palliatifs.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime11.02.22 12:49

Soins palliatifs, Mgr Paglia: engagement et dévouement, pas de lois hâtives
Un colloque en ligne sur les soins palliatifs, organisé par l'Académie pontificale pour la vie, a débuté mercredi 9 février. Des experts du monde entier échangent leurs points de vue sur les soins à offrir aux patients mourants, d'un point de vue médical, spirituel et humain.
Tiziana Campisi et Jean-Charles Putzolu - Cité du Vatican
Les soins palliatifs représentent un vrai droit en soi; il est positif que cette prise de conscience se répande. C'est ce qu'a déclaré Mgr Vincenzo Paglia, inaugurant le 9 février un webinaire de trois jours intitulé «Atelier international sur les soins palliatifs», et organisé par l'Académie pontificale pour la vie qu'il préside. Plus de 300 experts y participent virtuellement, tandis que des intervenants de différents pays européens échangent en présentiel leurs points de vue sur les soins palliatifs dans le monde.

Dans le cadre du projet «PAL-LIFE: An Advisory Working Group on Diffusion and Development of Palliative Care in the World» (PAL-LIFE: un groupe de travail consultatif sur la diffusion et le développement des soins palliatifs dans le monde), lancé par l'Académie pontificale en 2017 dans le but de contribuer à la diffusion de la culture des soins palliatifs dans le monde comme action efficace pour contrer la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, la conférence analyse la question au niveau international. L'Académie pontificale pour la vie a également promu et publié le Livre blanc pour la promotion des soins palliatifs dans le monde, disponible en italien, anglais, allemand et espagnol.

Approche holistique et soins dans le monde
Les discours prononcés le 9 février, jour d'ouverture de la conférence, ont présenté une réalité variée. Les soins palliatifs sont de plus en plus nécessaires dans le monde, y a-t-on souligné, parce qu'ils offrent une approche holistique de la prise en charge du patient, étendant la vision à l'ensemble de la personne et aussi au contexte dans lequel le patient vit avec sa famille, et impliquant le thème de la recherche de sens dans le moment le plus délicat de l'existence... Le dernier. «Nos patients veulent des soins, pas seulement médicaux, mais humains, spirituels. Compatissants», a résumé Kathleen Benton de l'Hospice Savannah, aux États-Unis.

Concernant la situation africaine, décrite par Emmanuel Luyirika, de l'Association africaine de soins palliatifs, émerge, en revanche, la nécessité d'amener les gouvernements à investir dans la technologie, surtout à l'ouest du continent. En Europe, comme le précise l'Espagnol Carlos Centeno, de l'Université de Navarre, les soins palliatifs restent peu répandus, surtout dans les pays occidentaux, et totalement absents à l'est.

Un chapitre distinct a concerné les soins palliatifs pédiatriques, dont le nombre devrait être augmenté de manière exponentielle. Il a également été souligné que les barrières culturelles et médicales liées à la limitation des opioïdes, qui constituent souvent un remède pharmaceutique valable contre la douleur, devraient être surmontées.

La deuxième partie du webinaire a examiné la situation dans les pays qui ont légalisé le suicide assisté. Les discours de Chris Gastmans et Johan Menten, de l'Université de Louvain, et de Mgr Noël Simard, du Canada, s'accordent sur le rôle de la médecine  «soignante» comme véritable alternative aux dérives de l’euthanasie.

Non au suicide assisté et à l'euthanasie
Au cours de la conférence, Mgr Vincenzo Paglia a souligné que les soins palliatifs «agissent dans le respect et la promotion de la dignité de la personne, en évitant les raccourcis qui la mortifient, comme les différentes manières de supprimer la vie, du suicide assisté à l'euthanasie». Dans un entretien à Radio Vatican-Vatican News, il explique ce que l'on entend exactement par soins palliatifs et donne un aperçu de la législation existante dans le monde actuel.

Mgr Vincenzo Paglia, que signifient réellement les soins palliatifs pour l'Église?
Nous avons déjà promu un Livre Blanc expliquant ce que sont les soins palliatifs, car il y a une énorme ignorance et aussi une grande sous-estimation de ces soins, même au niveau académique. Je dois dire avec une grande satisfaction qu'après l'une de ces conférences, l'université d'État de Milan a créé une chaire universitaire en soins palliatifs. Les soins palliatifs ont une très forte dimension clinique et c'est l'aspect scientifique. Ensuite, il y a l'aspect culturel. Parce que parler de soins palliatifs, ce n'est pas parler d'une dimension ou d'un soin quand il n'y a plus rien à faire, mais c'est accompagner les derniers moments d'une personne malade avant sa mort, afin qu'elle reçoive tous les soins et toute l'aide possible, clinique, humaine, psychologique et spirituelle, de proximité. Personne ne devrait être laissé seul dans l'un des moments ou l'une des périodes les plus difficiles de sa vie.

Pour nous, croyants, il s'agit de montrer que la mort n'est pas une fin mais un passage. Cela fait partie d'une dimension spirituelle que nous devons promouvoir. L'ignorance est énorme. En Italie, par exemple, il existe une bonne loi sur les soins palliatifs, mais elle est totalement ignorée et peu appliquée. Nous avons enfin réussi, grâce également à la réflexion et aux contacts avec le ministère de la santé et avec la commission gouvernementale que je préside sur les soins aux personnes âgées, à faire inclure les soins palliatifs gratuits à domicile pour tous ceux qui en ont besoin. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est bien réfléchir à ce qu'elle est, aider à sa mise en œuvre, aider les familles et, surtout, éviter la solitude dans les moments difficiles.

À mon avis, la position de l'Église est très claire, mais pas seulement de l'Église. Une grande partie de la culture humaniste est clairement contre le fait de causer la mort, n'importe quelle mort. Que ce soit par l'euthanasie ou le suicide assisté. Nous sommes contre le suicide, absolument. Il faut éviter de tuer et éviter l'acharnement thérapeutique. Ces deux dimensions ont en commun le pouvoir sur la mort: soit la hâter, soit la retarder d'une manière qui ne convient pas. Entre les deux, il y a un accompagnement. C'est le sens pleinement humain, à mon avis.
Pensez-vous qu'il y a suffisamment de personnes dans le monde ayant accès aux soins palliatifs ou des progrès restent à faire?
Il y a beaucoup de progrès à faire. Dans notre webinaire international, nous nous penchons, par exemple, sur la diversité des pays. Je pense à l'Afrique. Il existe des endroits où les soins palliatifs n'existent pas, comme de nombreux pays du Moyen-Orient ou d'Asie. Je pense aux difficultés rencontrées dans de nombreuses régions d'Amérique latine et aux solutions hâtives dans de nombreux pays du Nord. Je souhaite que l'Académie pontificale pour la vie promeuve des rencontres de ce type dans le monde entier. Nous en préparons déjà. Nous les organiserons bientôt en Espagne et au Portugal, et j'aimerais les organiser aux États-Unis et dans les pays d'Extrême-Orient. Nous devons éviter de résoudre à la hâte une question sensible avec des lois inhumaines et «pilatesques». Accompagner une personne qui meurt n'est pas facile, cela demande sacrifice et passion, engagement et dévouement. Et c'est ce qui doit être fait.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime11.02.22 13:40

Doyenne d'Europe : Sœur André va fêter ses 118 ans entre coup de gueule, chocolat et verre de porto
CENTENAIRE Sœur André, connue à l’état civil sous le nom de Lucile Randon, fête ce vendredi ses 118 ans à Toulon. Elle est actuellement la doyenne d’Europe


Mathilde Ceilles
Publié le 11/02/22 à 07h05 — Mis à jour le 11/02/22 à 07h05

Soeur André en 2021, dans la maison de retraite dans laquelle elle vit depuis une dizaine d'années
Soeur André en 2021, dans la maison de retraite dans laquelle elle vit depuis une dizaine d'années — NICOLAS TUCAT / AFP
Ce vendredi, Sœur André fêtera à Toulon ses 118 ans.
Au programme, pas de gâteau géant orné de bougies, mais les péchés mignons de Sœur André : du porto et du chocolat.
Elle est actuellement la doyenne d’Europe, après avoir survécu au Covid.
Elle a connu vingt présidents​, trois Républiques et dix papes. Ce vendredi, à Toulon, entourée du maire de la commune Hubert Falco, Sœur André fêtera ses 118 ans. Pour célébrer la plus vieille femme d’Europe vivante, connue à l’état civil sous le nom de Lucile Randon, l’Ehpad Sainte-Catherine Labouré dans lequel elle vit depuis une dizaine d’années lui prépare une petite fête, sans chichis… Et, cette fois, sans journaliste. « Elle nous a dit qu’elle en avait marre de se forcer à sourire, confie David Tavella, chargé de communication de l’Ehpad. Elle veut passer un anniversaire paisible. » Et pas question de contredire la supercentenaire qu’il décrit comme « une femme au caractère très fort, qui sait ce qu’elle veut et qui dit les choses très franchement. »

Au programme, pas de gâteau géant orné de 118 bougies, mais les péchés mignons de Sœur André : du porto et du chocolat. Des petits plaisirs dont elle a pu quelque peu abuser depuis qu’elle est devenue doyenne d’Europe, et surtout, depuis qu’elle a miraculeusement survécu au Covid, l’année dernière. La nouvelle a fait en quelques jours le tour du monde. « On a reçu tous les jours ou presque du chocolat, des livres et des sacs pleins de lettres du monde entier pour elle, raconte David Tavella. Pendant un mois, je n’ai fait que ça : répondre au courrier et lui décrire chaque dessin qu’on lui avait envoyé. »

A 100 ans, Sœur André poussait les fauteuils des autres
Sœur André en effet a perdu la vue et une partie de l’ouïe. Surtout, elle est depuis quelques années dans un fauteuil roulant, ce qu’elle vit assez mal. « Dans son précédent Ehpad, elle poussait les fauteuils des autres, même à 100 ans, s’émerveille David Tavella. Là, le fait de devoir être aidée lui est insupportable. Elle souhaite rester digne en toutes circonstances. »

Les stigmates aussi d’une vie que Sœur André a consacré aux autres, d’abord au service des orphelins et de personnes âgées à l’hôpital de Vichy, puis dans un hôpital drômois, lors de gardes de nuit. « Quand elle s’informe sur le monde, la détresse des enfants la touche d’ailleurs beaucoup, lance David Tavella. Elle qui a connu deux guerres mondiales, elle trouve que le monde d’aujourd’hui est très inquiétant. »

Un verre de vin rouge chaque midi
Cette longévité interroge aussi et attise aussi la curiosité des scientifiques. « Nous avons été sollicités par des médecins qui voulaient faire des études sur elle, confie David Tavella. Mais elle ne veut pas participer à ça. Elle ne veut pas qu’on s’intéresse à sa généalogie. Elle rappelle qu’elle avait une sœur jumelle qui est morte très jeune… »

Loin de ce tumulte autour d’elle, Sœur André continue de boire chaque midi un verre de vin rouge et chaque soir un verre d’eau pétillante. Et en femme pieuse, la supercentenaire affirme attendre la mort sans crainte. « Elle dit qu’elle en a assez de tout ça, mais elle a une foi inébranlable et reste très sereine sur cette issue, note David Tavella. Et en même temps, quand elle parle de Jeanne Calment, elle dit qu’elle aimerait bien battre le record, parce que pour elle, Jeanne Calment, c’est du pipeau ! » L’Arlésienne est officiellement décédée le 4 août 1997 à l’âge de 122 ans, devenant l’être humain ayant vécu le plus longtemps parmi les personnes dont la date de naissance a été vérifiée.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime12.02.22 11:52

[center][size=44]L’euthanasie et la frontière des deux Royaumes[/size]

[center]Louis Daufresne - publié le 11/02/22

Pour Louis Daufresne, l’euthanasie est un champ de bataille métaphysique entre deux royaumes, celui d’en-bas où tout est relatif, et celui d’en-haut où tout est relation. Comme le Pape l’a fait remarquer, tout le discours catholique vise à ne jamais séparer les deux, même si c’est de moins en moins bien admis.



Depuis saint Augustin, deux dispositions intérieures coexistent ici-bas, comme le bon grain et l’ivraie de la parabole. L’évêque d’Hippone parle de deux amours ayant bâti deux cités, terrestre et céleste : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi. Notons qu’il y a bien deux amours. C’est l’objet auxquels ceux-ci s’attachent, soi ou Dieu, qui en change la nature. Rapportons cela au débat qui, dit-on, monte dans la campagne présidentielle : l’euthanasie. Ses partisans agissent par amour et ils en jouent pour empêcher leur adversaire, généralement l’Église catholique, d’instaurer un clivage entre culture de mort et culture de vie. Cette attitude permet de renverser le rapport de forces. L’euthanasie se retrouve ainsi du côté de la vie, quand l’Église, s’obstinant à la prolonger jusqu’à son terme, verse du côté de la mort et, pis que cela, du sadisme ou de la folie lorsque son dogme confère à la souffrance une vertu rédemptrice.

L’euthanasie est l’un des champs de bataille de cette guerre métaphysique entre les deux royaumes. Les cerveaux des deux camps le savent mais l’opinion, suiviste par nature, n’en voit que l’ombre portée médiatique, comme dans la caverne. D’un côté comme de l’autre, les deux amours produisent de la compassion. Tous deux sont d’accord pour aider à mourir. Mercredi 9 février, le pape François a médité sur le mystère de la mort — qui « redimensionne tout ». Le Saint Père a rappelé que « le droit aux soins et aux traitements pour tous doit toujours être prioritaire, afin que les plus faibles, notamment les personnes âgées et les malades, ne soient jamais écartés ». Puis il a ajouté que « la vie doit être accueillie, non administrée ».



Selon lui, « ce principe éthique concerne tout le monde, pas seulement les chrétiens ou les croyants ». Si le pape se croit obligé de préciser ce dernier point, c’est que la chose ne va pas de soi. Le principe éthique n’est relatif qu’à son regard, venu du royaume d’en haut. Dans la même allocution, le pape dit d’ailleurs que « ce n’est que par la foi en la Résurrection que nous pouvons regarder l’abîme de la mort sans être submergés par la peur ». Ce qui prouve bien que les deux amours dépendent de la rive vers laquelle ils regardent, ici-bas ou au-delà, de l’objet sur lesquels ils se posent : soi ou Dieu.


Éteindre la lumière



Le président de l’ADMD, Jean-Luc Romero, sorte de Vincent de Paul de l’euthanasie, constate que l’opposition qu’il rencontre est « souvent religieuse », l’adverbe étant une litote. Il ne peut pas en être autrement. Si on n’est pas relié au royaume d’en-haut, il n’y a pas de raison de s’opposer à l’euthanasie. En bas, tout est relatif ; en haut, tout est absolu. Si le haut disparaît du bas, le bas s’impose forcément. Ce qui fait dire à Jean-Luc Romero, par compassion, que « les gens ne comprennent pas qu’on leur interdise d’éteindre la lumière ». Au nom de quoi, de quel absolu puisque, disait Lénine, « tous les points de démarcation dans la nature et dans la société sont conventionnels et mobiles » ? Tout peut donc bouger.



Ne pas légaliser l’euthanasie, c’est condamner à faire souffrir des gens, au nom d’un principe d’autorité. Quand des catholiques parlent du risque de régression et de « dérive », cela n’a aucun sens. Par rapport à quoi ? Le propre du royaume d’en bas est de dériver s’il n’est amarré à rien d’autre qu’à lui-même. Que tel ou tel régime soit tyrannique ou non n’est pas le sujet ; il sera toujours arbitraire, même équipé de tous les garde-fous de l’État de droit. La crise fait surgir une réalité enfouie sous l’hypocrisie des institutions, lorsque des régimes jugés incompatibles usent au grand jour de la même panoplie de mesures coercitives.  


Citation :



« Éteindre la lumière », c’est dire que l’au-delà se résume à un sommeil éternel, que le soleil de Dieu n’est qu’un astre mort. Cette phrase est une profession de foi.


La référence à la lumière faite par Jean-Luc Romero est un élément de langage de la guerre métaphysique. Ce mot souffre d’une grande ambivalence, à l’image de l’obscure clarté cornélienne. Le prince de lumière guide l’armée des ombres, mais les fils de lumière appartiennent à l’évangile. Le siècle des Lumières s’oppose à la reine de la nuit, la monarchie et l’Église. La lumière de la raison émancipe l’homme de l’obscurantisme de la vérité révélée et du péché originel. « Éteindre la lumière », c’est dire que l’au-delà se résume à un sommeil éternel, que le soleil de Dieu n’est qu’un astre mort. Cette phrase est une profession de foi. L’Église n’ose pas l’affronter, du moins publiquement.


Deux visions s’affrontent



Le pape a de belles paroles sur les personnes âgées, pauvres en particulier, qui « reçoivent moins de médicaments qu’elles n’en auraient besoin […] : cela les pousse vers une mort plus rapide. Et, ajoute-t-il, cela n’est ni humain ni chrétien ». Humain et chrétien ? Tout le discours catholique vise à ne jamais séparer les deux. L’Église, cette « experte en humanité », se pose en rempart contre la barbarie 3.0. Mais le monde n’en demande pas tant. Il ne lui délègue d’ailleurs aucun rôle de vigie, et peut très bien se passer d’elle. Il s’y emploie même de toutes ses forces. Beaucoup de nos contemporains trouvent que la parole ecclésiale pèse trop lourd dans les consciences eu égard aux bataillons qu’elle mobilise dans nos sociétés libérées de tout. Sans même parler des abus discréditant toute sentence morale qu’elle pourrait porter sur les choix intimes. Après l’avortement, l’euthanasie s’apprête à évincer l’Église de l’autre extrémité de la vie. « Éteindre la lumière », c’est ça : c’est faire en sorte qu’une autre lumière ne s’allume pas à l’heure du grand passage.


Citation :

Après l’avortement, l’euthanasie s’apprête à évincer l’Église de l’autre extrémité de la vie.


Au bout du compte, deux visions s’affrontent. La première, avec Rousseau, considère l’homme comme un « tout parfait et solitaire ». Cet être-là vit à travers son miroir magique qui le flatte puis le tourmente à mesure que le temps en altère le reflet. Un jour viendra qui le rendra insupportable. Prisonnier de sa solitude ontologique, il voit la mort comme un puits sans fond dans lequel on ne cesse de tomber. L’amour du royaume d’en-bas ne veut dépendre que de lui-même, alors que celui du royaume d’en-haut estime que l’être passe à travers le miroir de son moi et s’accomplit dans la relation à autrui, à Dieu, à Dieu à travers autrui. Voilà pourquoi le pape, les chrétiens en général, insistent autant sur la relation, ce joker, cette bouée de sauvetage, ce point de jonction entre la religion et une société minée par la détresse affective et la frustration sentimentale. Car le royaume d’en-bas n’épanouit personne. La loi qui y règne est celle du plus fort, du plus beau, du plus riche. Ces superlatifs épuisants rendent la fin de vie d’autant plus horrible et dégradante.


Les verrous sautent peu à peu



Interrogé par l’AFP, Jean-Luc Romero affirme que les gens ne vont pas forcément recourir à l’euthanasie : « Ce sera une minorité, autour de 3% si on prend les chiffres belges. Mais ils veulent avoir le choix », argue-t-il. Ce choix n’est pas encore possible car le sujet est toujours « cadenassé » par le royaume d’en-haut, quand le Pape dit que c’est « la vie [qui] est un droit, non la mort ». Combien de temps ce discours sera-t-il opératoire ? Les verrous sautent un peu partout. L’allongement de la durée de la vie y contribue. La frontière entre les deux royaumes n’est pas si étanche qu’on le désirerait. Chacun passe d’un amour à l’autre, y séjourne au gré des situations et des cas de conscience. La loi Claeys-Leonetti permet une « sédation profonde et continue jusqu’au décès » pour les malades incurables dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Est-ce suffisant ? « Cette loi a des limites terribles », déplore Jean-Luc Romero en citant « la maladie de Charcot, où les gens agonisent pendant des mois ». Dans Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq dit que « nous n’avons plus besoin de l’idée de Dieu, de nature ou de réalité ». Si ce postulat est vrai, agoniser et souffrir ne servent à rien. S’il est faux, il reste à donner un sens à la souffrance.

Lire aussi :Fin de vie : « La liberté ne peut pas être conçue sans la fraternité »[/size]

Lire aussi :Euthanasie : l’ultime impasse ?[/size]

https://fr.aleteia.org/2022/02/11/leuthanasie-et-la-frontiere-des-deux-royaumes/
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime12.02.22 14:19

Fin de vie, euthanasie : les chrétiens doivent-ils se taire ?
Chronique Sur l’euthanasie ou le suicide assisté les catholiques, minoritaires, doivent-ils accepter des concessions ? Non, mais au-delà des grands principes, ils doivent s’interroger sur ce que l’on entend par « vie digne ».
L'Hebdo Logo ( article payant )
Isabelle de Gaulmyn, le 10/02/2022 à 16:22

Les chrétiens doivent se taire ( ne pas chercher à imposer leurs pensées aux non-chrétiens ) car entre eux ( les chrétiens de gauche et les chrétiens de droite ), ils ne sont pas d'accord...
Admin qui NE fait PLUS de don et qui NE vote PLUS à cause en partie de ces chrétiens...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime15.02.22 21:33

deux royaumes ?
le réel et le virtuel !
la réalité et le numérique
basculement de l'ordre établi
on attend que JL dégage
c'est logique !
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime18.02.22 8:56

Fin de vie, célibat des prêtres, le pape François laisse place au débat
lu en diagonale...
logique, vu le scandale de la pédophilie et le covid
mais les cathos d'extrême-droite vont en remettre une couche...
je n'en ai rien à foutre de toute façon
j'étais allée au Vatican comme touriste, je connaîs l'ambiance du lieu ( il faut du fric pour l'entretien du lieu et donc il faut des dons )
quant aux cathos intégristes, çà pue sur internet
catho ou pas catho je m'en fous de toute façon
le débat sur la fin de vie n'existe pas car il a eu lieu.
j'ai pris mes distances et je ne peux plus revenir en arrière
je crèverai ds un endroit laïc
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime18.02.22 17:13

En Italie, pas de référendum sur la décriminalisation du suicide assisté
En Italie, il n’y aura pas de référendum sur la décriminalisation du suicide assisté. La Cour constitutionnelle a rejeté hier une demande en ce sens, jugeant que cette initiative de garantissait pas «la protection minimale de la vie humaine en général, et en particulier des personnes faibles et vulnérables», violant ainsi la Constitution.
Les évêques italiens se félicitent de la décision prise par la Cour constitutionnelle qui a rejeté mardi 15 février une demande de référendum sur la décriminalisation du suicide assisté, proposée par l’Association Luca Coscioni. Ces partisans du droit à mourir avaient récolté plus d’un 1,2 million de signatures, largement au-dessus des minimums requis pour exiger un vote populaire.

Le référendum sur l’abrogation partielle de l’article 579 du Code pénal portant sur «le meurtre de personnes consentantes» n’aura pas lieu, et la loi qui stipule que quiconque ayant aidé une personne à se suicider encourt cinq à 12 ans de prison, reste inchangée.

Accompagner les plus vulnérables
La Cour constitutionnelle italienne a jugé «inadmissible» une abrogation, même partielle, de la règle relative au suicide assisté, car ce serait contraire au principe de «protection minimale constitutionnellement nécessaire de la vie humaine en général, et en particulier des personnes faibles et vulnérables». En clair, si le «oui» l’emportait lors d’un vote, les normes qui resteraient en vigueur ne garantiraient pas de protection suffisante aux plus fragiles.

«En attendant le dépôt du jugement», la Conférence épiscopale se réjouit et voit dans cette décision «une invitation très claire à ne jamais marginaliser l'engagement de la société, dans son ensemble, à offrir le soutien nécessaire pour surmonter ou atténuer une situation de souffrance ou de détresse». Dans une déclaration publiée sur son site internet, l’épiscopat italien mentionne la catéchèse du Pape de la semaine dernière. Avec des «mots clairs», François réaffirmait que «la vie est un droit, pas la mort, qui doit être accueillie et non administrée». Une attention accrue doit être accordée à ceux qui, dans un état de fragilité ou de vulnérabilité, demandent à être traités avec dignité et accompagnés avec respect et amour, concluent les évêques.

La question dans les mains des députés
De son côté, le chancelier de l’Académie pontificale pour la Vie voit dans la décision de la Cour «une sagesse juridique» soulignant la cohérence de cette prise de position défendant la vie humaine. «Malheureusement»,  poursuit le père Renzo Pegoraro, le Parlement est maintenant appelé à se prononcer sur la question du suicide médicalement assisté par la Cour constitutionnelle «qui a déjà admis que certaines situations très définies et restreintes de suicide assisté peuvent être admises parce qu'elles ne sont plus un crime».

En 2019, la Cour constitutionnelle avait demandé au parlement de clarifier sa loi sur le suicide assisté, estimant que l'euthanasie était permise pour les malades incurables souffrant de douleurs physiques ou psychologiques «insupportables» et maintenant en vie par des machines. Ces patients doivent néanmoins être capables de prendre «des décisions libres et informées», selon la cour. Quiconque n'entre pas dans cette catégorie n'a pas de recours légal pour le suicide assisté dans le pays.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime28.02.22 22:49

Fin de vie : « Le Salut n’est pas une affaire de stratégie »
tribune
Marie-Dominique Trébuchet
Théologienne (Institut catholique de Paris)
Alors qu’un débat a agité l’Église italienne et le Vatican autour de la législation sur le suicide assisté, que certains voudraient soutenir par calcul politique afin d’empêcher un référendum sur l’euthanasie, la théologienne Marie-Dominique Trébuchet rappelle que vie et mort ne sont pas que « le champ d’âpres négociations ». « Nous avons oublié notre finitude », regrette-t-elle.

Marie-Dominique Trébuchet, le 28/02/2022 à 17:18
Lecture en 4 min.
Fin de vie : « Le Salut n’est pas une affaire de stratégie »
À l’hôpital Joseph Ducuing de Toulouse, des soins palliatifs avec des animaux par « AnimalCâlin », association de médiation par l’animal, le 20 septembre 2018 (photo d’illustration).
FREDERIC CHARMEUX/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

Serions-nous passés en cinquante ans de la médicalisation de la mort et du mourir à leur juridicisation, avec les mêmes outrances et les mêmes dérives déshumanisantes ? Tout semble l’indiquer chez nos voisins transalpins comme en France. Le drame a lieu aujourd’hui au Parlement, où la mort devient l’objet d’un droit revendiqué. Hier c’était à l’hôpital que la mort était défiée, on allait la vaincre… au risque d’abandonner celui qui mourait. C’est aujourd’hui dans l’hémicycle que se joue le rapport à la finitude humaine. Qu’avons-nous oublié sur les sentiers qui semblent mener inexorablement à... ( article payant )
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime13.03.22 11:05

[size=44]« La médecine palliative évite les souffrances, pas l’euthanasie ! »[/size]
[center]
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AMELIE-BENOIST / BSIP / BSIP via AFP
Unité de soins palliatifs dans l'Aube.[/size]

[center]Dr Claire Fourcade - Bérengère de Portzamparc - publié le 11/03/22 - mis à jour le 12/03/22


Alors que démarre ce samedi 12 mars une 15e semaine semaine de mobilisation "pour le droit de mourir dans la dignité", la fin de vie, plus précisément l'euthanasie, s'impose comme un réel marqueur de la campagne présidentielle. "Le débat est mal présenté et l’on mélange avec confusion deux sujets : les personnes effectivement en fin de vie et qui vont mourir et les personnes qui veulent mourir pour éviter de souffrir", rappelle à Aleteia Claire Fourcade, médecin dans un unité de soins palliatifs et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).



Les soins palliatifs et la fin de vie, que des associations militantes veulent parfois résumer d’un rapide « pour ou contre l’euthanasie », s’imposent comme un marqueur de la campagne présidentielle. Pourtant, loin des débats et visions réductrices, la réalité du terrain est tout autre. Si la loi garantit à tous et partout l’accès à des soins palliatifs de qualité, la réalité est que deux Français sur trois en fin de vie n’y ont pas accès et que 26 départements n’ont pas d’unité dédiée. Et c’est cette « anormalité » que souhaite faire connaître la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), en mobilisant le grand public, mais aussi les candidats à la présidentielle, avec une campagne d’affichage « Osons vivre » et un tout nouveau site internet dédié. Le docteur Claire Fourcade, médecin dans le pôle de soins palliatifs de la Polyclinique Le Languedoc à Narbonne et présidente de la Sfap,  a répondu aux questions d’Aleteia.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime13.03.22 11:16

France: Euthanasie, trois candidats pour, trois candidats contre
Une seringue est posée sur une surface en verre. Elle contient un liquide transparent.
© Pixabay
A l’occasion d’une série d’entretiens thématiques entre la revue Famille Chrétienne et six des douze candidats à la présidentielle d’avril, ceux-ci ont exprimé leurs opinions sur la fin de vie. Focus sur l’euthanasie.
Evangéliques.info
11 Mar 2022
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Famille chrétienne a lancé une série d’entretiens thématiques avec six hommes et femmes politiques candidats à la présidentielle. Cette semaine portait sur la fin de vie. Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel macron, Yannick Jadot, Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour ont exprimé leurs points de vue sur l’euthanasie.

Pour sa part, Valérie Pécresse entend en priorité faire appliquer la loi Leonetti -promulguée en avril 2005, celle-ci interdit notamment l’acharnement thérapeutique. Selon la droitiste présidente du mouvement «Soyons libres!», cette législation n’est pas encore efficiente en matière de prise en charge de la souffrance. Marine Le Pen met également en avant cette loi, en déclarant que 26 départements français sont dépourvus de services de soins palliatifs. Elle ajoute: «Je me méfie énormément de l’évolution de nos sociétés mercantiles qui mesurent les hommes en fonction de leur utilité». «Je crois qu’il faut sortir de ce que j’appellerai le piège du: “souffrir ou mourir”», indique pour sa part le nationaliste Eric Zemmour.

Christianisme Aujourd'hui
«Eteindre la lumière»
Emmanuel Macron est toujours résolument partisan de l’euthanasie. Le député européen des Verts Yannick Jadot estime quant à lui qu’une vaste consultation citoyenne, notamment auprès des personnes proches et des patients en demande, serait indispensable pour formuler une loi qui ne soit pas culpabilisante. Ainsi, «c’est la noblesse de la politique d’offrir un cadre qui ne fait pas peser la responsabilité sur des gens qui ne peuvent pas en porter le fardeau, comme la communauté médicale ou la famille», déclare-t-il à Famille Chrétienne. Pour Jean-Luc Mélenchon, la possibilité «d’éteindre la lumière» est également salutaire. «Epargner aux autres la contagion de sa souffrance est une preuve d’amour sans équivalent», affirme-t-il.

A noter que l’euthanasie se pratique en phase terminale d’une maladie incurable, par un soignant et sur une personne consentante. Le suicide assisté, s’il est fourni, répond quant à lui à la demande d’une personne en souffrance physique ou psychique, mais dont la vie n’est pas nécessairement mencée. C’est par ailleurs un acte déclenché par la personne elle-même.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime16.04.22 13:40

[size=40]Loi pour l’euthanasie : désolé, ça ne passe pas ![/size]
 
Publié le 5 avril 2021à 14h27



Désolé, ce n’est pas mon style habituel.
D’habitude, je m’astreins à une calme argumentation, menée en raison, entre personnes capables de poser clairement les questions, d’accepter le débat contradictoire, ou encore, comme dit Hannah Arendt, « d’attirer dans l’espace du dialogue ce que l’on est enclin à taire, d’en faire quelque chose qui mérite qu’on en parle et ainsi, de transformer, d’élargir, d’aiguiser tout dans la parole et dans l’écoute[1] » Les projets et les arguments sont là depuis longtemps. Il faudrait réexpliquer, toujours et encore. Patiemment. Calmement. Remettre de la raison devant la fascination du pouvoir de la mort et face aux tourbillons des désirs de mort. D’autres le font encore. Merci à eux.
Mais, là, désolé, ça ne passe pas, ça bloque. Il faut autre chose pour parler des nouvelles propositions de loi sur l’euthanasie[2]. Pourtant, elles ont un air de déjà-vu. Mais ça ne passe pas parce que ça dépasse les bornes de la décence et celles de la raison. Alors, que dire ?
Désolé, ça ne passe pas, ça bloque avec l’indécence
D’abord, ça bloque parce que c’est indécent. Plus que jamais à ce moment-là et dans ces conditions-là. Est-ce si difficile à comprendre, à sentir ? Sentir ne s’oppose pas à raisonner. Le sentir est le compagnon de la raison civilisatrice, celle qui ne se contente pas de calculer. Il suffirait donc de sentir que ça ne convient pas. Sentir qu’on ne parle pas de la mort – et, en plus, de la mort provoquée par un médecin – à la dérobée. On ne parle pas de la mort comme ça.
Pas comme ça, avec un tel acharnement juridique. Pas comme ça, dans une petite niche parlementaire aussi étroite qu’une urne funéraire. Pas comme ça, même si c’est pour ouvrir cette niche trop resserrée au grand débat à ciel couvert de la prochaine présidentielle.
Pas en ce moment, quand les soignants s’exténuent encore à sauver des vies. Et ils ne sont plus applaudis. On les applaudira à nouveau, peut-être, quand ils consentiront enfin, si jamais le Conseil de l’Ordre des médecins était d’accord, à donner ce dernier grand cadeau qu’ils sont censés retenir jalousement dans leurs mains : la mort. Ce sera la vraie fin de leur privilège. La vraie fin du « paternalisme médical » (AN-3755, p. 4). Ce cadeau, on y a droit. Non, ça ne passe pas.
Pourtant, sentir, ça s’apprend. Il suffit d’écouter les familles endeuillées qui, en pleine pandémie, ont pleuré un être aimé. Pas de paroles, pas de gestes, pas de signes, pas de rites, peut-être seulement, comme seule relique, une photo prise par un médecin, une infirmière, une aide-soignante. Ils ont senti, tous ces soignants, que ça convenait pour cette famille-là. Ils ont tenté de mettre de la décence dans le tragique, de trouver les mots et les gestes qui conviennent.
Sentir ce qui convient, ça s’apprend. Il suffit de passer quelques jours dans un service hospitalier ou un service de soins palliatifs, d’accompagner l’ambivalence des demandes de mort, de voir se succéder les plongées dépressives et les remontées patientes grâce à la persévérance des soignants. Comme à la fin d’une pièce de théâtre, ils ne s’inclinent devant la mort qu’à la fin du dernier acte. Avant le clap de fin, ils continuent à jouer le grand jeu de la vie avec beaucoup de compétences, d’inventivité, de cœur. Ils donnent la réplique ; ils donnent de la place aux proches. Comme ils peuvent, dans la fatigue du soin, ils font ce qu’il convient pour rester humain. Jusqu’au bout.
Est-ce si difficile à sentir ? Je me méfie pourtant des larmes faciles et des grandes indignations mais, là, c’est trop. Voter, ce n’est pas casser le grand jeu vital des soignants mais le soutenir, leur permettre d’apprendre encore mieux à soulager, les laisser souffler un peu mieux entre deux actes, leur payer un peu mieux leurs entractes pour qu’ils vivent un peu mieux avec leurs proches. Vous n’allez quand même pas leur faire ce coup de théâtre-là, en pleine pandémie. Bien sûr, vous avez le droit ; d’ailleurs vous le faites. Mais c’est indécent.
Désolé, ça ne passe pas, ça bloque avec le langage et la conscience
Beaucoup l’ont déjà dit : pour soigner, il faut aussi prendre soin du langage. Là, le langage est bien malmené ; il va bientôt être malade. Les propositions de loi créent l’expression « assistance médicalisée active à mourir » (AN-3806) ou, tout simplement, « aide active à mourir » (AN-3755). Est-ce honteux de dire « suicide médicalement assisté » ou « euthanasie » ? Le CCNE a donné une définition pourtant claire de l’euthanasie : « un acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d’une personne atteinte d’une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable[3] » Le « suicide médicalement assisté » met aussi délibérément fin à la vie. Un acte qui « met délibérément fin à la vie » et qui ne se contente pas de fournir une simple « assistance ». Il faudrait être capable de le dire clairement à la face de tous les citoyens, sans honte.
Jusqu’à présent, les équipes soignantes font aussi, d’une tout autre façon, de « l’assistance médicalisée active à mourir » : elles cherchent à soulager par tous les moyens possibles et avec beaucoup d’attention dans le respect de l’éthique. Elles ne sont pas passives, elles non plus, mais elles ne mettent pas « délibérément fin à la vie ». Elles peuvent le dire clairement, elles, à la face de tous les citoyens. Elles n’ont pas honte. Ce n’est pas la même chose.
Oui, le mot « euthanasie » est un gros mot chargé d’histoire. Comme le mot « eugénisme » d’ailleurs. Mais ce n’est pas une raison pour les éliminer avec la bonne conscience de supprimer le fameux risque de reductio ad Hitlerum. Il faut rester calme et précis avec ces gros mots. Mais les mots disent ce qu’on fait ou ce qu’on pourrait faire. Il ne faut pas qu’ils trompent les députés ni les citoyens. La sédation, c’est fait pour diminuer la conscience de certains patients qui souffrent trop. Ce n’est pas fait pour diminuer ou supprimer la conscience morale des soignants. Ce n’est pas fait non plus pour faire perdre la conscience de la valeur du langage. La sédation correctement pratiquée, ce n’est pas de l’euthanasie.
Ces derniers temps, bizarrement, Camus est beaucoup cité : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde[4] » Ma grand-mère parlait plus simplement : « Quand on peut pas dire vraiment c’qu’on fait, c’est qu’y a anguille sous roche » La roche imposante du droit ne peut couvrir durablement le louvoiement des consciences. Ça rend malade le langage et l’éthique. La finesse du langage et du discernement éthique, c’est tout autre chose.
En fait, avec le langage juridique adopté, il y a bien une grosse anguille sous roche. Une proposition de loi ose écrire : « Est réputée décédée de mort naturelle, en ce qui concerne les contrats où elle est partie, la personne dont la mort résulte d’une assistance médicalisée active à mourir mise en œuvre selon les conditions et procédures prescrites par le présent code. Toute clause contraire est réputée non écrite. » (AN-3806, art . 5, §2). Il fallait vraiment oser : une mort provoquée par un médecin est déclarée « mort naturelle » ! Peut-être que les signataires n’ont pas vraiment lu. Ce serait préférable. Peut-être qu’ils croient en la toute-puissance de la fiction juridique. C’est possible. Mais il reste pourtant un problème. Jusqu’à présent le médecin était censé capable de rendre raison de ses actes en conscience. Il faut sans doute en convenir : ce sera peut-être humiliant d’attribuer à la nature ce qu’on a fait avec un certain effort. Mais le droit sera simplifié : il ne sera plus nécessaire de débattre d’une clause de conscience, ni générale ni particulière. Et puis, il reste encore un autre petit problème : qui va pouvoir remercier les médecins de leurs actions bienfaisantes ? Il faudra plutôt remercier la nature. C’est plus simple. La nature, elle, n’a pas de conscience.
Désolé, ça ne passe pas, ça bloque avec l’éthique médicale
« On meurt mal en France. Ne laissons pas cet adage, trop souvent entendu, se pérenniser sans apporter les corrections urgentes nécessaires » commence par dire l’exposé des motifs d’une proposition de loi (AN-3806). D’accord. Le rapport Sicard le disait déjà en 2012. Depuis, les députés ont-ils contrôlé le développement des soins palliatifs ? Et puis, si l’on meurt mal, il faudra préciser ce que veut dire « bien mourir ». Et là, ça se complique. Avec le meilleur apaisement possible des souffrances ? Oui, sans doute. En éliminant toutes les souffrances ? Impossible, il restera toujours au moins la souffrance de la mort, et celle des proches qui dure aussi après la mort. Et là, personne n’a encore la solution. Même l’euthanasie n’y peut rien. Désolé, il faut faire avec et l’éthique sert à dire comment on fait pour rester humain, tous ensemble, avec ce constat. On en a besoin. Par exemple, l’éthique régule les abus de langage utilisant le motif de la compassion.
Personne n’a le monopole de la compassion ni du cœur. Faisons donc à tous ce crédit de vouloir soulager la souffrance, et même la souffrance dite insupportable. Mais comment ? Certains ont proposé leur solution : « Toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable, peut demander à disposer, dans les conditions prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée active à mourir » (AN-3806, art. 1, § 2). Bien sûr, il y aura des contrôles, des vérifications : « Le médecin et les praticiens qu’il a saisis vérifient, lors d’un entretien avec le demandeur, le caractère libre, éclairé, réfléchi et explicite de la demande présentée ainsi que l’impasse thérapeutique dans laquelle il se trouve » (AN-3806, art. 2, §3). Problème : être en fin de vie, c’est forcément constater que rien ne peut arrêter le processus ; c’est forcément être dans une impasse thérapeutique car la mort ne se guérit pas. Ça va concerner beaucoup de monde. Il va falloir aussi définir la « phase avancée » pour éviter les dérives. Ça va être compliqué de se mettre d’accord. Et puis, surtout, il va falloir que les deux ou trois médecins consultés – les deux propositions n’ont pas le même niveau de sécurité – remettent un rapport dans un délai maximal de deux ou quatre jours – les deux propositions n’ont pas le même niveau de rapidité. Bien sûr, c’est facile à trouver deux ou trois médecins qui se mettent à écrire un rapport commun – dont les « conclusions attestent, au regard des données acquises de la science, que la personne malade est incurable, que sa souffrance physique ou psychique ne peut être apaisée, que sa demande est libre, éclairée et réfléchie » (AN-3806, art. 2, §4).
Mais qui va dire qu’une souffrance psychique est in-sup-portable et que la personne est bien libre, éclairée et réfléchie ? Les médecins, les patients, les deux ensemble ? Un logiciel d’intelligence artificielle, un « insupportablomètre » capable de mettre tout le monde d’accord ? Résultat, c’est la demande du patient qui va prévaloir, s’il peut parler. Il est quand même le mieux placé pour évaluer sa propre souffrance psychique. Il pourra même dire au médecin, droit dans les yeux : « Je déclare ma souffrance insupportable et je vous interdis de chercher à me soulager autrement que par l’euthanasie ». Imparable. Le patient aura à la fois le pouvoir d’interdire au médecin de le soigner et de lui commander la mise en œuvre de sa propre mort. Ce sera un progrès médical.
C’est sûr, ce pouvoir souverain du patient sur le médecin évitera une grosse contradiction. En effet, la proposition de loi valorise l’autonomie du patient. C’est entendu. Mais alors, pourquoi donner à deux ou trois médecins ce pouvoir exorbitant de juger si la demande est recevable ou pas ? Pourquoi leur demander s’ils autorisent la mort provoquée – ou pas ? Quel pouvoir plus grand, quel paternalisme médical plus grand, que de pouvoir accorder – ou non – la mort exigée ? Comment feront-ils pour ne pas être fascinés par ce pouvoir de l’irrémédiable ? Comment feront-ils pour échapper aux mirages de ce pouvoir de provoquer la mort ? On n’échappe pas comme ça au pouvoir de la mort.
Et puis, si jamais tout le monde était d’accord pour dire que seul le patient est apte à décider de l’insupportable de sa propre souffrance, pourquoi avoir recours à un médecin ? Un médecin est quelqu’un qui évalue une pathologie, une souffrance. Vous n’allez quand même pas priver un médecin d’une évaluation médicale. Ça ferait désordre. Donc, pas d’évaluation médicale, pas d’acte médical. Il faudra trouver autre chose. Et, pour finir, pour redécouvrir enfin la valeur du soin, il faudrait sortir de cette opposition mortifère d’un autre âge : le paternalisme médical contre la tyrannie du patient. On a trouvé depuis longtemps d’autres attitudes et d’autres mots : des partenaires pour le bien du patient. Mais la mort n’est pas un bien.
Bien sûr, aucun médecin ne sera obligé d’exercer cet étrange pouvoir de provoquer la mort. Il restera la fameuse clause de conscience particulière ou spécifique – celle que l’on veut supprimer dans la prochaine loi relative à la bioéthique. Il faudrait être cohérent. Pour être efficace, puisque le médecin réfractaire aura l’obligation d’adresser le patient à un confrère euthanasieur dans un délai de moins de deux jours (AN-3806, art. 1, §3 ; AN-3755, art. 2, §3), il y aura sans doute des listes, pas forcément enregistrées à la CNIL. Elles finiront sans doute par être semi-publiques pour faciliter le travail en amont. Ce sera un progrès dans l’efficacité et la transparence.
En fait, c’est pourtant assez simple. Il suffit de redire que l’euthanasie n’est pas un soin, que cela ne fait pas partie de la mission du médecin. C’est devenu difficile à comprendre. Alors il faut marteler à nouveau les grands interdits comme le fait régulièrement l’Association médicale mondiale (AMM) : « L’AMM renouvelle son attachement profond aux principes de l’éthique médicale et au plus grand respect de la vie humaine. En conséquence, l’AMM est fermement opposée à l’euthanasie et au suicide médicalement assisté[…] Aucun médecin ne saurait être forcé à participer à une euthanasie ou à aider une personne à mettre fin à ses jours, pas plus qu’il ne devrait être tenu d’orienter un patient à cette fin.[5] » C’est clair. Une association médicale mondiale, c’est quand même plus large que le censé dernier bastion des médecins réfractaires français qui s’opposent au progrès social. Le Conseil national de l’Ordre des médecins français est aussi ferme : « Le devoir du médecin est de soigner, soulager, accompagner. Le Conseil national de l’Ordre réitère donc sa position selon laquelle la décision d’euthanasie ou de suicide assisté sont des actes qui ne concernent ni les médecins, ni les soignants. Il s’agit essentiellement d’un problème sociétal. Ce n’est pas le rôle du médecin de provoquer délibérément la mort. Les principes rappelés à l’article R4127-38 doivent être maintenus» Non, l’euthanasie n’est pas compatible non plus avec les soins palliatifs[6]. Eux, ils font toujours du soin, y compris avec les situations limites. Il ne faut quand même pas faire croire à beaucoup qu’ils se défilent. Merci.
Un philosophe a dit que la médecine garde le seuil d’humanité[7] et qu’elle a un rôle spécifique parmi toutes les autres professions. Il a raison. La preuve est que la demande de mort est faite aux médecins. On attend donc qu’ils euthanasient « avec humanité » comme s’ils faisaient un soin. Mais ce n’est pas un soin. On l’a dit. Les Suisses ont inventé un autre système : des professionnels de l’euthanasie en dehors du cadre médical. Il fallait y penser. Ça montre bien qu’il y a un gros problème. En France, on n’est pas forcément des attardés. Une proposition de loi suggère même d’autoriser toutes les solutions en même temps : faire administrer le produit létal par un médecin « dans un établissement de santé public ou privé, à domicile accompagné d’une équipe de soignants spécialisés, ou dans un établissement d’une association agréée par la loi » (AN-3755, art. 1, §2). Il fallait oser la synthèse : ça cumule tous les problèmes éthiques. Alors, ça ne passe vraiment pas.
Désolé, ça ne passe pas, ça bloque avec la fraternité de la République
Au regard de notre histoire récente, ça bloque vraiment. Au sortir des ruines de la Seconde guerre mondiale, les forces de progrès social ont inventé la sécurité sociale[8]. Dans la ruine, ça donnait du souffle de vie, de la confiance dans les autres, de l’union, de l’énergie, de l’espérance. On en avait besoin après tant de morts. Où sont aujourd’hui les forces de progrès social ? Pas dans ces propositions ni dans leur projet social.
Au sortir prochain de la pandémie, ces propositions de loi n’inventent pas un projet solidaire de soin. C’est évident : elles divisent alors que les soins palliatifs unissent. Dans tous cas ça devrait être évident : on ne peut pas faire de la mort un partenaire pour penser le social ; on ne peut pas faire une éthique du social avec la mort. Personne n’a encore inventé une solidarité avec la mort ou une solidarité pour la mort. Ça ne marche pas. Du moins, pas durablement. Affronter la détresse extrême ou les situations limites, c’est autre chose. Ça s’appelle accompagner comme il convient.
Les propositions de loi défendent la liberté et l’égalité, c’est bien. Pourtant ces deux références ne forment pas les deux tiers de la devise de la République ou les deux pieds d’un tabouret. Sans la fraternité, tout ça ne tient pas. C’est plus que bancal. La liberté et l’égalité ne peuvent être ni effectives ni viables. La liberté ne tient pas toute seule. Elle a besoin d’une solidarité pour grandir. D’ailleurs, les propositions de loi convoquent la solidarité des médecins. Le problème, c’est qu’elle n’en est pas une. Ça se voit dans le droit : les propositions reconnaissent une clause de conscience qui déchire le tissu de la solidarité du soin. La fraternité, elle, fait converger des libertés conflictuelles vers le bien de tous et dans le souci de l’égalité entre tous. Non, la mort n’est pas un bien commun. Certes, la détresse peut la rendre parfois désirable pour certains citoyens, mais l’attrait de la mort ne doit pas déchirer juridiquement et politiquement la fraternité. Alors, ce projet social, ça ne passe pas avec la République.
Certains disent que tout va bien et que tout le monde est d’accord : « Cette question de la fin de vie ne peut pas et ne doit pas être clivante. D’ailleurs, au sein de l’opinion publique, elle ne l’est pas » (AN-3755, p. 4). C’est prendre ses désirs pour des réalités. Ça dépend comment on présente les choses aux gens. Ça dépend des questions que l’on pose, et même de la manière de les poser. Ça dépend aussi de ce qu’on veut faire avec ces grandes peurs de souffrir et de mourir, qui nous taraudent tous les entrailles et l’imagination. C’est dangereux ces peurs. Ça se manipule aisément. Ça peut faire imploser ou exploser. C’est pour ça qu’on a inventé la solidarité du soin et la fraternité. Pour apprivoiser ces peurs par les paroles et les gestes qui conviennent. C’est pour ça qu’on a institué la République sociale gardienne de ces paroles et de ces gestes. Un peu de respect pour cette grande Dame.
Mettre en avant des cas difficiles, voire tragiques, ou des fiertés stoïciennes d’en finir avec panache, c’est pousser à la désespérance des foules de gens qui n’en peuvent plus. Et puis, ça ne fait pas un programme social. Une loi peut même désespérer avec la prétention d’aider. Le social, c’est une force délicate à manier. Il faut rester prudents. Désespérer le corps social, ça le rend malade, et ça peut même le rendre agressif ou fou. La pandémie le montre. Un législateur devrait le savoir. Ça pourrait même servir pour après, pour remettre sur ses trois pieds la République.
Désolé, ça ne passe pas, ça bloque avec le financement
Ça pourrait paraître un détail final mais ça ne passe pas avec le financement. Il reste encore un problème – parmi bien d’autres – tout à la fin des propositions de loi (AN-3806, art. 9 ; AN-3755, art. 10). Tout petit, il dit bien l’ambiguïté de l’ensemble. Toute cette mobilisation médicale – deux ou trois médecins mobilisés à chaque fois, etc. –, il va tout de même falloir la payer. Laissons de côté pour l’instant la difficulté de les trouver ces médecins, partout, sur tout le territoire. Posons simplement la question : qui va payer ? Solution du Code général des impôts, article 575 et 575A : les fumeurs, ceux qui achètent des petites boîtes où il est écrit « fumer tue ». Il fallait y penser. Financer la mort par ceux qui sont désignés pactiser avec la mort en fumant, par ceux qui ont tendance à s’en aller plus rapidement que les autres dans une petite boîte. La proposition de loi débattue a éliminé ce détail des coûts. Trop de problèmes. Il vaut mieux ne pas en parler. L’inconscient existe aussi chez les législateurs. D’une certaine manière, c’est rassurant.
Mais, ce qui est vraiment rassurant, c’est que les législateurs français ne sont pas encore vraiment utilitaristes. Mais ça pourrait venir. Les Canadiens, eux, ont calculé les économies espérées de leur nouvelle loi sur l’euthanasie[9]. Résultat : réduction nette totale des dépenses de santé en 2021 de 149 millions de dollars. Ça pourrait donner des idées. On ne serait même pas obligé de savoir que certains font ces calculs. La raison calculatrice, ça sert. Ça fait frémir, aussi. Ça peut aussi scandaliser les citoyens. A moins qu’ils applaudissent une prévisible diminution d’impôts.
***
Bon, ça suffit comme ça. Il aurait peut-être fallu parler plus finement, plus respectueusement, plus cordialement. Mais il y a trop de gros pépins en travers de la gorge. En fait, je ne suis pas vraiment désolé. Il y a des raisons de la colère. Cette loi, ça ne passe pas, ça bloque. Pour de bonnes raisons. Le bilan est clair : pas d’obstination juridique déraisonnable, la vie ne passe pas par là. Mais on peut encore espérer ensemble. Autrement. Beaucoup de gens ont encore du souffle, des idées. Ils sentent ce qui convient pour la vie ensemble. On va apprendre avec eux, tous ensemble.
P. Bruno Saintôt sj

[1] Hannah Arendt, Vies politiques, coll.  Les Essais , Paris, Gallimard, 1974, p. 91
[2] Assemblée nationale, PROPOSITION DE LOI visant à garantir et renforcer les droits des personnes en fin de vie, n°3806, enregistré le 26 janvier 2021
Assemblée nationale, PROPOSITION DE LOI visant à affirmer le libre choix de la fin de vie et à assurer un accès universel aux soins palliatifs en France, n°3755, enregistré le 19 janvier 2021 
Le texte débattu le 8 avril 2021 est issu d’une proposition de loi de 2017 du député Falorni, qui a été modifiée par la Commission des affaires sociales et qui a été déposée le 1er avril 2021 : Assemblée nationale, PROPOSITION DE LOI donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie, n°4042, enregistré le 1er avril 2021 
[3] Comité Consultatif national d’éthique, Avis n°121 : Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, 13 juin 2013, p. 43
[4] Albert Camus, « Sur une philosophie de l’expression », Poésie 44, janvier-février 1944. Camus fait une analyse d’ouvrages du philosophe Bruce Parain. Le texte est repris dans Albert Camus, Œuvres complètes, tome I, Paris, Gallimard, 2006, p. 901-910. Voici un petit extrait qui donne mieux à comprendre ce que veut dire Camus : « L’idée profonde de Parain est une idée d’honnêteté : la critique du langage ne peut éluder ce fait que nos paroles nous engagent et que nous devons leur être fidèles. Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. Et justement la grande misère humaine qui a longtemps poursuivi Parain et qui lui a inspiré des accents si émouvants, c’est le mensonge. Sans savoir ou sans dire encore comment cela est possible, il sait que la grande tâche de l’homme est de ne pas servir le mensonge »
[5] Association médicale mondiale, Déclaration sur l’euthanasie et le suicide médicalement assisté, Adoptée par la 70ème Assemblée Générale, Tbilissi, Géorgie, octobre 2019
[6] Conseil national de l’Ordre national des médecins, L’Ordre s’exprime sur quelques points particuliers. 4 Fin de vie, Session du Conseil national de l’Ordre des médecins de juin 2018 
Voir notamment le site de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) 
[7] « Précisément, la médecine garde le seuil. Elle ne peut rester en deçà, là où aucune norme, aucun problème éthique ne se pose, là où règne seul le droit absolu de la recherche scientifique et de son exploitation technique. Aucune autre profession, faut-il dire, ne connaît de manière si cruciale, si vive, la vérité du problème et de l’exigence morale. Que cède ici la certitude et elle s’éteindra ailleurs. Le politique, le juriste, l’avocat lui-même qui défend le droit de chaque être, n’ont quelque certitude quant à leur rôle, leurs normes éthiques, que si celui qui est près de la vie menacée sait et dit qu’il y a là autre chose que le « paquet de chair et d’os » » (Claude Bruaire, Une éthique pour la médecine, Fayard, 1978, p. 35).
[8] Programme du Conseil national de la Résistance, 15 mars 1944 : « II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération : […] 5) Afin de promouvoir les réformes indispensables : […] b) Sur le plan social : […]
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ; […] »
[9] « Incidence financière nette supplémentaire, en 2021, de l’élargissement de l’admissibilité à l’AMM [Aide médicale à mourir] proposé dans le projet de loi C-7 » (Canada). Projet soumis à la Chambre des Communes le 21/10/2020, p. 2 



Pauvre mec ! oui effectivement çà ne passe pas : depuis fev 2016, date de la dernière loi Léonetti, je pratique le "S.T.O.P.don.S.T.O.P.vote.S.T.O.P." et je compte bien crever dans un lieu strictement laïc.
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RENCONTRE


[size=68]Erwan Le Morhedec : « Vouloir occulter la fin de vie me révolte »

Son blog et les réseaux sociaux l’ont fait connaître. Avocat passionné par les débats de société, Erwan Le Morhedec aborde d’une plume sans concession les causes les plus sensibles. Comme la fin de vie, objet de son dernier essai.

Par Délia Balland

Mis à jour le 26 avril 2022 à 2:50
Publié le 26 avril 2022 à 12:36

Cet avocat, blogueur et essayiste, estime que la légalisation de l’euthanasie exposerait les personnes fragiles, isolées ou n’osant pas être un poids pour leur famille, à une fin indigne. © Julien Daniel/Myop pour Le Pèlerin[/size][/size]

En 2005, vous avez choisi Internet pour vous lancer dans le débat public. Pourquoi ?


Erwan Le Morhedec : À cette époque, à côté de ma profession d’avocat, je participais à différents forums sur le Web, dont un sur le traité établissant une Constitution européenne. Avant le référendum du 29 mai, j’ai constaté qu’il se passait quelque chose d’inédit en ligne. Dans les débats médiatiques, le « oui » au référendum était ultramajoritaire, mais sur Internet je n’entendais que le « non ». Il fallait y être !

Dix-sept ans plus tard, Koztoujours est l’un des blogs catholiques les plus lus…


Je l’ai baptisé ainsi pour manifester mon intention de garder un peu de distance. Au fur et à mesure, je me suis aperçu que prendre la parole entraîne une forme de responsabilité. Mais écrire répond aussi à des motivations personnelles. Certains sujets m’angoissent et ma façon de lutter contre mes angoisses est de m’approcher le plus près que je peux de la question.

Comme la fin de vie à laquelle vous consacrez un livre engagé ?


Ce livre répond à la fois à un enjeu intime et culturel. Le vote, le 8 avril 2021, du premier article de la proposition de loi Falorni sur la fin de vie par 240 députés a déclenché mon besoin de l’écrire. Ce vote montre assez que la prochaine fois que le sujet repassera devant les parlementaires, il se trouvera une majorité pour légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. J’ai le sentiment que c’est le dernier moment pour exprimer ce que je crains pour nous tous.

Et que craignez-vous ?


Je redoute les dérives qui se produisent en Belgique. On a ce recul. Pour mon livre, j’ai été en contact avec une femme belge dont la grand-mère a été euthanasiée, à sa demande bien sûr. Cela s’est passé dans un délai plus court que le délai légal. Ce qui montre que, quelques années après le vote de la loi (en 2002, NDLR), les conditions qu’elle pose commençaient déjà à ne plus être respectées.

Ne croyez-vous donc pas en la possibilité de garde-fous juridiques et éthiques ?


Si on voulait faire un encadrement, il y a effectivement bien d’autres mesures à adopter que ce qui se fait en Belgique et qu’on propose de copier-coller en plus laxiste en France. Mais le problème est ailleurs, dans la logique interne qui prévaut à la demande de légalisation de l’euthanasie. Cette logique est celle de l’émancipation de la personne et conduit à terme à l’isolement et la solitude, une vraie menace en fin de vie.

Où réside cette menace ?


Une fois l’euthanasie légalisée, les gens pourront être amenés à se poser la question. Des personnes relativement peu occupées dans la journée, sujettes à des insomnies, vont se retrouver à réfléchir si elles doivent demander l’euthanasie. Résoudre cette question mobilise une énergie dont ces gens manquent. Or les soins palliatifs démontrent que cette énergie pourrait être employée à bien d’autres choses qui manifestent encore la vie, pour le bien du patient et de sa famille.

Pourquoi anticiper cette pression ?


En cas de légalisation de l’euthanasie, ce sont les gens fragiles qui courent le plus de risques et cela me révolte. Les forts tempéraments sauront se protéger, soit en revendiquant l’euthanasie, soit parce qu’ils sauront s’y opposer, mais les autres… La grand-mère belge que j’évoquais vivait en maison de retraite. Une pensionnaire proche d’elle a écrit à sa famille : « Elle ne voulait jamais déranger personne. » Ce souci de ne pas déranger, de ne pas peser sur ses proches, de ne pas obliger ses enfants à venir, les personnes soignantes que j’ai interviewées en soins palliatifs l’entendent tout le temps. On ne doit pas en arriver à demander la mort pour ne pas peser sur les siens !

Rapprochez-vous l’adhésion massive des Français à la légalisation de l’euthanasie, selon les sondages, et le déni entourant le grand âge ?


Il est frappant qu’en 2021, la même année, une loi sur la fin de vie ait failli passer et que celle sur le grand âge ait été, elle, abandonnée. Notre société a perdu la ressource pour accepter que les personnes inactives, fragiles, apportent encore une contribution, et même une image de nous-mêmes. Que ce soit la mort, la souffrance, la perte d’autonomie, tout le monde veut occulter ces sujets. Si on offre une porte de sortie à notre angoisse, on se précipite pour la prendre. C’est déjà vrai dans le débat.

C’est-à-dire ?


C’est une sécurité psychologique de se dire : « Si jamais…, je pourrais y mettre un terme. » Même dans le raisonnement, au moment où l’on commence à comprendre qu’on pourrait se retrouver un jour en perte d’autonomie ou en proie à des souffrances physiques, il est possible de déconnecter sa peur en se disant : « Ce jour-là, je demanderai l’euthanasie. » Ainsi, on ne se confronte pas à la réalité. Celle-ci n’est pas enviable, mais elle révèle une capacité d’adaptation qui nous permet de trouver encore une vie qui vaille la peine d’être vécue.


Comment vous confrontez-vous à cette réalité ?



J’ai eu recours à des témoignages. Je suis allé voir des soignants et des bénévoles en soins palliatifs, et autant que possible des malades. Je ne pouvais pas me cantonner à un simple raisonnement pour parler de la souffrance des gens.

Que vous apprend l’écriture sur vous-même ?



« J’écris pour savoir ce que je pense. » Je ne sais plus qui a dit cela, mais c’est un peu mon cas. Sur un blog, il y a un espace pour les commentaires et j’ai donc été immédiatement soumis à la critique des autres. Quand vous êtes trop polémique, les gens répondent sur le ton que vous avez employé. Quand vous avez écrit dans un mouvement d’humeur, des internautes contestent ce que vous avez dit en apportant d’autres arguments. Cela m’a obligé à une certaine vérité avec moi-même.

D’où vous vient votre goût du débat et de la chose publique ?



De ma famille. Mes parents étaient un peu… contrastés. J’exagère à peine en disant qu’ils ont failli divorcer en voyage de noces. Mon père était très gaulliste et ma mère, qui a vécu longtemps à la frontière algéro-marocaine, un peu Algérie française. À côté de ce contraste politique assez fort, sur le plan religieux, mon père est agnostique, ma mère pratiquante. Là aussi, il y avait un échange…

Qu’est-ce qui vous a poussé vers le droit ?



Il y a des choses qu’on ne décide pas. Certains sculptent ou peignent ainsi leur pensée ; ce que d’autres ont à apporter passe par l’action associative. J’ai plus de facilité dans l’écriture et l’expression orale. Ce qui a joué dans mon orientation professionnelle. Mais j’aurais été incapable de me satisfaire d’une existence d’avocat d’affaires. Cela constitue une partie de ma vie, mais ne peut pas être tout de ma vie. Cela rejoint la parabole des talents. À partir d’un moment, si vous avez une capacité, il est de votre responsabilité de l’employer, de la développer, au mieux. L’important est d’être pleinement là.

Quitte à être mal compris et à en souffrir ?



Je pense parfois à la phrase de Bernadette Soubirous : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire. » J’aime autant convaincre (rires), mais si je n’y arrive pas, mon rôle aura été de dire. À chaque fois que j’ai parlé, c’était surtout pour signifier qu’une voix existait et qu’elle n’était pas représentée comme elle le devait.

Votre liberté de parole a-t-elle un lien avec votre foi ?



Disons que mon activité a des points d’ancrage dans ma foi. J’aime beaucoup, dans les Évangiles, les passages où Jésus trouve une troisième voie. On lui présente un choix binaire pour le mettre à l’épreuve et lui a autre chose à dire. En termes de troisième voie, la doctrine sociale de l’Église a eu un effet libérateur pour moi. Cela m’aide à chercher à être juste, au-delà des appartenances politiques. Pour le coup, c’est émancipateur.

Vous paraît-il vital de faire entendre sa voix ?



De plus en plus sensible à la fragilité, je ne veux pas poser comme axiome la nécessité de faire entendre sa voix. Certains ne le veulent pas ou ne le peuvent pas. Parfois, on a bien le droit de se protéger, de ne pas prendre la parole. Mais quand on en a la capacité, il me semble que c’est aussi honorer la vie en société. Si les autres ne nous indiffèrent pas, prendre la parole affirme que nous sommes membre d’un tout et que chacun participe à la délibération de tous.

Impossible d’échapper à une question sur la Bretagne quand on s’appelle Erwan Le Morhedec. Celui-ci pourtant n’entretient pas de lien particulier avec la terre de ses ancêtres. D’où vient alors son air de marin quand il pose pour la photo ? Son arrière-grand-père a travaillé pour les chantiers navals de Saint-Nazaire et pris la mer sur des cap-horniers. « Une belle racine », sourit son descendant.

Sa bio



1975. Naissance en région parisienne.
1997. Participe aux Journées mondiales de la jeunesse à Paris.
2001. Il commence à exercer comme avocat et se marie. Son épouse et lui auront quatre enfants.
2005. Lance son blog Koztoujours, sous anonymat.
2008. Sort de l’anonymat et se présente comme catholique.
2015. Publie Identitaire, le mauvais génie du christianisme, Éd. du Cerf, 168 p. ; 15,40 €.

Son actu




Il publie en janvier dernier Fin de vie en République. Avant d’éteindre la lumière (Éd. du Cerf, 212 p. ; 18 €). Un essai engagé contre l’euthanasie, menace, à ses yeux, pour notre pacte social.
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Claire Fourcade : « Monsieur le Président, faites des soins palliatifs une grande cause nationale »
[Tribune] Pour Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, il est urgent de s'emparer de la question de la fin de vie et de la qualité de l'accompagnement que l'on propose aux personnes concernées et à leurs proches.
Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs
Publié le 28/04/2022 à 14h25 I Mis à jour le 28/04/2022 à 14h25

Monsieur le Président,

Nous tous, comme citoyens et comme personnes, sommes concernés par la question si intime de la fin de vie, par la mort qui nous attend, nous ou nos proches, et par les conditions dans lesquelles elle surviendra. Trop de nos concitoyens vivent encore la douleur de la mort d’un proche mal soulagé ou mal accompagné, ajoutant à la peine de la perte la culpabilité, les regrets ou la colère. Trop de nos concitoyens pensent alors qu’il vaut mieux mourir que souffrir ou mal vivre.

Alors que la fin de vie reste un sujet tabou, et que les progrès techniques repoussent les frontières de la mort de plus en plus loin, l’amélioration de la qualité de sa prise en charge doit être une priorité pour notre société tout entière.

Des conditions de vie dignes au soir de l'existence
Les soins palliatifs sont à la pointe d’un progrès inouï. Leur création et leur développement sont les fruits de plus de 30 ans de consensus politique et d’actions sur le terrain, avec un objectif simple : offrir à chacun des conditions de vie dignes au soir de l’existence.

A lire aussi : À Gardanne, dans une unité de soins palliatifs pas comme les autres : « ici, on n’ajoute pas de jours à la vie, mais de la vie aux jours »
La loi promet des soins palliatifs « pour tous ». Mais seuls 1/3 des patients qui en auraient besoin ont effectivement accès à une équipe de soins palliatifs. La loi promet des soins palliatifs « partout ». Mais 26 départements de France métropolitaine ne disposent pas d’un service de soins palliatifs qui pourrait accueillir les situations les plus complexes.

La loi promet des soins palliatifs « précoces » qui permettent d’améliorer la qualité de vie des personnes malades tout au long de la maladie grave en soulageant les symptômes difficiles et en proposant un accompagnement humain. Mais 50 % des Français s’estiment mal informés sur les soins palliatifs qui ne sont pas des soins de fin de vie mais des soins de vie…

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Monsieur le Président,

Pour que chaque personne malade sache qu’il est possible d’être soulagé et de vivre la maladie grave entouré de ceux qu’on aime. Pour que tous les soignants à l’hôpital, en Éhpad ou à la maison puissent proposer à leurs patients un accompagnement de qualité, par eux-mêmes parce qu’ils auront été formés ou par une équipe spécialisée quand la situation se complique.

Les personnes malades sont l'affaire de tous
Pour que des bénévoles d’accompagnement viennent en nombre écouter, soutenir et dire à notre société que les personnes malades ne sont pas seulement l’affaire des soignants ou des médecins mais bien l’affaire de tous. Pour qu’à la fin de votre mandat on ne puisse plus dire « qu’on meurt mal en France ».

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Pour que le manque de moyens et les conditions de la fin de vie en France ne nous contraignent pas à choisir de donner la mort, faute de mieux. Pour que le droit aux soins palliatifs soit effectif pour tous.

Monsieur le Président, vous venez d’être élu : faites des soins palliatifs une « grande cause nationale ».

La fin de vie est une réalité complexe, douloureuse, qui ne saurait être réduite à des revendications militantes ou à des discours idéologiques qui ne reflètent en rien les réalités que nous vivons au quotidien. Avant d’envisager une nouvelle évolution législative s’ajoutant à un édifice encore fragile, consolidons notre maîtrise et notre appropriation de la loi, qui répond à la quasi-totalité des situations difficiles auxquelles nous devons faire face.

Il est de notre responsabilité collective d’assurer à tous nos concitoyens, sur tout le territoire, une médecine qui accompagne la vie avec la maladie et permette à chacun de partir sereinement, sans souffrir, entouré des gens qu’il aime.

Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 12 Icon_minitime05.05.22 11:51

Canada: Suicide assisté dans une Église protestante
Photo de la main d'une statue tenant une rose.
© Pxhere
Le 9 avril dans l’Eglise Churchill Park à Winnipeg, Betty Sanguin, octogénaire atteinte d’une maladie incurable, est décédée par injection létale, entourée de ses proches. L’accord des dirigeants de l’Eglise suscite l'étonnement parmi les chrétiens.
Evangéliques.info
4 Mai 2022
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Betty Sanguin, 86 ans et atteinte de la maladie de Charcot, a choisi de mourir dans son Eglise Churchill Park United à Winnipeg. Le 9 avril, entourée de toute sa famille et de ses amis, elle a ainsi bénéficié, sur place, de l’aide active à mourir.
L’équipe de direction de l’Eglise protestante unie Churchill Park avait approuvé sa demande à l’unanimité. La révérende Dawn Rolke, qui a prononcé une bénédiction peu avant l’injection létale, a en effet déclaré au Christian Post que la démarche lui semblait «appropriée», car «les Eglises sont souvent l’hôte et le foyer de tous les aléas de nos vies, et de certains de nos rituels de vie importants: baptême, mariage, ordination, services funéraires ou commémoratifs».

Une coopération «profondément troublante»
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Beaucoup de chrétiens sont cependant troublés par cette démarche. Le directeur des communications de l’association CARE (Action chrétienne pour la recherche et l’éducation), James Mildred, a par exemple réagi depuis les Etats-Unis, qualifiant la coopération des dirigeants de Churchill Park United comme «profondément troublante» au vu des messages bibliques concernant la vie humaine.

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, s’étend peu à peu à tous les muscles du corps. Elle est mortelle et incurable. Le suicide assisté est légal au Canada depuis 2016, et il est accessible aux personnes handicapées ainsi qu’aux malades qui ne sont pas en fin de vie, comme Betty Sanguin, depuis 2021.
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