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 L'Eglise et la fin de vie

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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime08.10.22 13:07

Décidément les catholiques refusent de faire le ménage dans leurs paroisses au lieu de radoter sur la fin de vie...
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime15.10.22 0:44

[size=38]Chrétiens et fin de vie, relisons Vatican II [/size]


chronique

  • [left]Isabelle De Gaulmynrédactrice en chef




De nouveau, avec le débat autour de l’euthanasie, les catholiques s’interrogent sur leur influence autour de questions sociétales où ils sont minoritaires. Faut-il s’opposer ? Comment ? C’est tout la question du rapport au monde des chrétiens, sur lequel il est sans doute bon de relire le concile Vatican II.

Bizarre car sur internet çà pue Vatican I
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  • Isabelle de Gaulmyn, 
  • le 13/10/2022 à 13:03
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime18.10.22 17:08

Paroisses de merde, que faîtes-vous des S.P.  les Sans Paroisse ?
rien...
cloche2 cloche1

et çà parle de fraternité !!! !!! !!!
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime25.10.22 15:03

citation du web
Le Vatican considère l'euthanasie comme un "crime contre la vie humaine" et le suicide assisté comme un "grave péché", ceux ayant décidé d'y recourir ne pouvant recevoir les sacrements.


mon commentaire
je ne pige pas car il est évident que déjà maintenant à l'hosto on fuit l'aumônerie (catho ou autre ). On ne va pas vous emmerder pour des sacrements si on obtient l'aide active à mourir !!! ( les protestants vont-ils en enfer parce qu'ils meurent sans sacrements ? ). C'est franchement ridicule, tout ceci ... !!!...
si je ne meurs pas chez moi, ce sera dans un endroit strictement laïc sans cérémonie religieuse pour mon enterrement, je l'ai décidé ainsi depuis fev 2016 date de la dernière loi Léonetti.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime01.11.22 13:51

Fin de vie : l'archevêque Monseigneur Dominique Lebrun met en garde sur les "dérives" de l'aide active à mourir, "une ligne rouge" à ne pas franchir
L'archevêque de Rouen estime qu'il faudrait mieux appliquer la loi Claeys-Leonetti avant de la modifier ou de la remplacer.

Article rédigé par

franceinfo
Radio France
Publié le 01/11/2022 08:12
Temps de lecture : 1 min.
Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, en juillet 2015. (CLAUDE ESSERTEL / MAXPPP)
Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, en juillet 2015. (CLAUDE ESSERTEL / MAXPPP)
"Ce projet de loi ferait inscrire la mort comme quelque chose d'individuel, qui est à notre disposition, alors que c'est un évènement éminemment social", réagit mardi 1er novembre sur franceinfo Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, concernant le débat sur la fin de vie. Vendredi 28 octobre, dans une interview au Parisien, le président de la Conférence des évêques de France (CFE), Éric de Moulins-Beaufort, s'est prononcé pour une "amélioration" de la loi Claeys-Leonetti plutôt qu'une nouvelle loi autorisant l'aide active à mourir, évoquant "une ligne rouge".

Pour Monseigneur Dominique Lebrun, il y a même "trois lignes rouges", sa ligne rouge de "croyant", sa ligne rouge "de chrétien" et sa ligne rouge "de citoyen". Il considère que la mort est "un don de Jésus" et qu'il "ne faut pas introduire" l'aide active à mourir. "C'est le libéralisme qui va jusqu'au bout et qui crée de la souffrance, de l'inégalité et qui défait le lien social", explique-t-il, rappelant que la mort de quelqu'un "touche tout le monde autour".

Développer d'abord les soins palliatifs
Monseigneur Dominique Lebrun appelle à mieux appliquer la loi Claeys-Leonetti, et à développer les soins palliatifs, qu'il qualifie "d'expression de la fraternité", dans le sens où "on se donne tous les moyens pour accompagner les personnes devant la mort". "Nous avons dépensé des milliards pendant la pandémie, pour maintenir les gens en vie, ça vaut le coup d'en dépenser un ou deux de plus pour développer les soins palliatifs, pour aider les personnes à lutter contre la douleur", poursuit-il. "Les soins palliatifs allient la performance médicale, le souci global de la personne et les liens sociaux, ils associent la famille, les proches, pour vivre ce moment de séparation, douloureux pour tous", affirme Monseigneur Dominique Lebrun.

Concernant la possibilité d'une évolution législative via un référendum, l'archevêque de Rouen n'a pas d'avis définitif. "Cela dépend comment la question est posée", indique Monseigneur Dominique Lebrun, qui met toutefois en garde sur les "dérives" d'ouvrir cette question, qui selon lui pourrait conduire à des questionnements dangereux sur la vie des personnes handicapées. "Ces dérives, je ne les souhaite pas à notre pays", conclut-il.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime09.11.22 19:41

« Ô Mort, où est ta victoire ? », lettre pastorale des évêques de France aux fidèles catholiques
Publié le 08 novembre 2022  Facebook Twitter Linkedin WhatsApp

Chers frères et sœurs,

« Ô Mort, où est ta victoire ? » Cette question vient du fond des âges. Elle surgit de l’élan de vie déposé en chaque être humain lorsqu’il se révolte devant la mort. Car celle-ci lui apparaît en quelque sorte inhumaine.

Pour le croyant, la question semble jaillir de Dieu lui-même ! En effet, Dieu, le Maître de la vie, ne peut pas laisser la mort engloutir la vie : « Dieu n’a pas fait la mort », lisons-nous dans les Écritures d’Israël [1].

Pour le chrétien, l’interrogation est comme une réponse à notre inquiétude, selon la catéchèse de l’apôtre saint Paul sur la résurrection. Elle confirme l’espérance des prophètes annonçant que la mort sera vaincue :

La mort a été engloutie dans la victoire.
Ô mort, où est ta victoire ?
Ô mort, où est-il, ton aiguillon ? (1 Co 15,54b-55).

L’énigme de la mort et de la souffrance
La mort touche et interroge chacun d’entre nous. Mort d’un proche âgé s’éteignant doucement. Mort d’une personne enfin soulagée d’une grave maladie. Mort, tellement scandaleuse, d’un enfant, d’un jeune ou d’une personne très aimée, victime précoce d’une maladie, d’une épidémie ou d’un accident. Mort occasionnée par un attentat ou par la guerre. La mort est là, inévitable, avec souvent son cortège de souffrances. Spontanément, on peut dire qu’elle effraie. Oui, nous ne sommes pas faits pour la mort !

Les évêques du monde entier réunis au Concile Vatican II constataient : « C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une juste inspiration de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort [2]. »

Ces mêmes évêques affirmèrent aussi : « L’Église croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation[3]. »

Ainsi, c’est en restant lucides sur notre propre peur tout en mettant notre foi en Jésus mort et ressuscité, que nous devons accueillir la question posée au sein de notre société : peut-on aider activement une personne à mourir ? Peut-on demander à quelqu’un d’aider activement à mourir ? En osant regarder la mort avec Jésus, le Christ, nous pouvons amorcer une réponse.

« Notre sœur la mort »
Chaque année, le 2 novembre, la liturgie invite à commémorer les fidèles défunts. Tout au long du mois de novembre, nous prions plus intensément pour eux. Cette prière ravive parfois notre souffrance, elle redit aussi notre foi pleine d’espérance : la mort est un passage, le passage le plus important depuis notre venue à la vie.

Pourquoi prions-nous pour les morts sinon parce que nous croyons que la mort est un passage de la vie en ce monde à la vie éternelle avec Dieu ? Nous prions parce que nous voulons que nos défunts connaissent le bonheur éternel. Car, nous le savons, l’âme est « spirituelle et immortelle [4] » et « le désir du bonheur s’accomplit dans la vision et la béatitude de Dieu [5] ». Ce passage, nous le regardons comme l’ultime « pâque » de nos vies. Ce passage est éclairé par la Pâque de Jésus : Il est tout entier passé de la mort à la vie. Sa résurrection l’atteste pleinement. C’est pourquoi saint Paul peut affirmer : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1 Co 15, 17).

Saint François d’Assise termine son ode à la Création en osant chanter : « Loué sois-tu pour notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper. » Même si notre société cache la mort et la regarde peu en face, celle-ci est la compagne de nos vies et nous rappelle fraternellement son issue. En Jésus-Christ, « premier-né d’entre les morts » (Col 1,18 ; Ap 1,5), la mort devient bienheureuse. « Dans le Christ, tous recevront la vie », enseigne saint Paul (1 Co 15,22). Telle est la magnifique espérance chrétienne.

La mort, nous l’évoquons souvent, à chaque fois que nous prions le Je vous salue Marie : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous […] maintenant et à l’heure de notre mort. » Les auteurs spirituels disent qu’il y a deux jours importants dans notre vie : l’aujourd’hui et celui de notre mort. À la lumière de l’Évangile, ces deux moments acquièrent une belle densité. Chaque matin, il est beau de dire au Seigneur « me voici », comme la bienheureuse Vierge Marie au jour de l’Annonciation : « Fiat, que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). Chaque soir aussi, au seuil de la nuit comme au seuil de la mort, il est également beau de dire avec le vieillard Siméon, tout à la joie de la rencontre avec son Sauveur : « Maintenant, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix … » (Lc 2,29),

La science et la foi contre la douleur et la souffrance
Déjà en 1965, le Concile Vatican II, confiant dans les progrès de la science, remarquait : « Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer l’anxiété de l’être humain : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur [6]. »

Aujourd’hui, la science médicale a progressé. Non seulement, elle permet des avancées dans le soin, mais elle est aussi de plus en plus capable de soulager la douleur physique et, parfois, psychique. L’Église salue ces progrès lorsqu’« on veut simplement atténuer la douleur de manière efficace en recourant aux analgésiques, dont la médecine permet de disposer [7] ». Cela peut contribuer à atténuer des souffrances existentielles et même spirituelles.

Le développement des soins palliatifs est un gain important de notre époque. D’une manière très heureuse, ces soins allient compétence médicale, accompagnement humain grâce à une relation de qualité entre équipe soignante, patient et proches, et respect de la personne dans sa globalité avec son histoire et ses désirs, y compris spirituels. Grâce à ces soins, les familles peuvent mieux accompagner ceux qui, dans des circonstances douloureuses, s’approchent du grand passage de la mort. Nous encourageons la recherche et le développement des soins palliatifs afin que chaque personne en fin de vie puisse en bénéficier [8], aussi bien à son domicile que dans un EHPAD ou à l’hôpital. Chers frères et sœurs, il est bon que chacun de vous s’informe sur les soins palliatifs [9] pour bien accompagner l’un de vos proches qui en aurait besoin.

Dans certains cas cependant, la souffrance paraît insupportable, en particulier quand les traitements semblent impuissants. Il arrive aussi qu’une maladie incurable plonge la personne dans une angoisse ou un mal de vivre auxquels elle veut mettre fin. Notre foi est alors mise au défi de ces situations qui soulèvent des interrogations légitimes.

L’« aide active à mourir » permettrait évidemment de supprimer toute souffrance, mais elle franchirait l’interdit que l’humanité trouve au fond de son être et que confirme la Révélation de Dieu sur la montagne : « Tu ne tueras pas » (Ex 20,13 ; Dt 5,17). Donner la mort pour supprimer la souffrance n’est ni un soin ni un accompagnement : c’est au contraire supprimer la personne souffrante et interrompre toute relation. C’est « une grave violation de la Loi de Dieu [10] ». C’est une grave transgression d’un interdit qui structure notre vie sociale : nos sociétés se sont organisées en restreignant toute atteinte à la vie d’autrui. Pratiquer l’« aide active à mourir » est et sera la cause d’autres souffrances, en particulier celle du remords et de la culpabilité qui rongent insidieusement le cœur de l’être humain ayant consenti à faire mourir son semblable, jusqu’à ce qu’il rencontre la miséricorde du Dieu Vivant.

Le choix de la fraternité
Notre foi nous convie à une autre attitude : par elle nous choisissons l’accompagnement, envers et contre tout. La fraternité du bon Samaritain qui prend soin de son frère « à demi-mort » nous inspire ce chemin (Lc 10,33-35). La fraternité invite à nous entraider pour garder la force d’accompagner avec délicatesse, fidélité et douceur.

En lien avec les équipes soignantes, nous pouvons vivre cet accompagnement avec patience. L’agonie, c’est-à-dire les derniers moments de la vie, peut être plus ou moins longue, plus ou moins apaisée, plus ou moins dramatique. La tradition chrétienne connaît des gestes variés pour l’accompagner de manière humaine, vraiment fraternelle : les psaumes, la prière commune, mais aussi le fait de rester près d’une personne en fin de vie, sans se lasser.

L’accompagnement, pour alléger la douleur, peut aller jusqu’à la sédation. Cette sédation est souvent intermittente et doit être proportionnée. De façon rare, l’équipe soignante peut estimer juste d’accueillir la demande d’un patient de recevoir une sédation continue jusqu’au décès ou bien de l’envisager avec les proches, lorsque le patient ne peut plus exprimer sa volonté [11]. Il ne s’agit pas alors de donner la mort mais d’apaiser la souffrance. Ces décisions, toujours collégiales, doivent être prises dans un échange délicat avec les proches, notamment pour laisser le temps de vrais adieux, autant que possible.

Il est alors beau « de « savoir demeurer », de veiller avec ceux qui souffrent de l’angoisse de mourir, de « consoler », c’est-à-dire d’être avec dans la solitude, d’être une présence partagée qui ouvre à l’espérance [12]. » Il est beau de préparer le malade à voir Dieu. La présence de l’aumônier est importante. Quand cela est possible et correspond à la situation religieuse du patient en fin de vie, la célébration des sacrements de la Réconciliation, de l’Onction des malades et de l’Eucharistie est une étape très belle. N’oublions pas la communion reçue en viatique, c’est-à-dire au moment du passage vers le Père : elle est plus que jamais « semence de vie éternelle et puissance de résurrection » [13]. Et en tous les cas, la prière auprès d’un mourant, même silencieuse, n’a pas de prix pour nous qui croyons en « la communion des saints ».

Le baptême, source de vie
Frères et sœurs, mettre la main sur la durée de notre vie, choisir l’heure de notre mort, s’en faire le complice, c’est revenir sur l’engagement pris en notre saint Baptême. En lui, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection de Jésus afin que, comme lui, nous vivions une « vie nouvelle » (cf. Rm 6,3-4). Par le Baptême, nous sommes purifiés et consacrés dans l’Esprit Saint pour offrir avec Jésus, chaque instant donné par Dieu durant notre vie sur la terre. La vie nouvelle des disciples de Jésus est celle de « l’amour » (cf. Rm 13,8-10), amour pour Dieu et pour notre prochain (cf. Mt 22,36-40). Se préparer à la mort, c’est, avec la grâce de Dieu, aimer et grandir dans l’amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour », selon le mot de saint Jean de La Croix qu’aime répéter le pape François [14].

Ainsi, notre Baptême est la vraie source de nos « directives anticipées [15] », qu’elles soient écrites ou simplement transmises oralement à une « personne de confiance [16] ». Il est bon de nous entraider à vivre, de nous faire mutuellement confiance pour être encouragés à vivre jusqu’au bout dans la dignité des enfants de Dieu.

Nous nous engageons à réfléchir à nos directives anticipées personnelles pour que notre mort ne soit ni volée ni imposée à Dieu, et nous vous invitons à en faire de même. Nous voulons que notre mort soit, grâce à l’Esprit Saint, grâce à la présence des frères et sœurs, grâce à l’accompagnement de la médecine, un passage offert librement où nous remettrons avec gratitude à notre Père des cieux tout ce qu’il nous aura donné. Nous voulons avec son Fils, Jésus, participer à l’offrande du monde, encore souffrant, pour son salut et la gloire de Dieu, en lui offrant tout l’amour vécu ici-bas. Nous voulons qu’elle soit en esprit et en vérité l’ultime pâque à l’image et ressemblance de la Pâque de Jésus. Nous voulons qu’elle soit un acte de confiance en l’infinie miséricorde de notre Dieu plus grand que tout.

Pour cela, comprenons bien la place essentielle de « l’intention » dans les décisions médicales en fin de vie. L’intention est-elle de soulager la souffrance trop dure en ménageant les instants encore à vivre, même si cela peut abréger les jours du malade ? Ou bien l’intention est-elle d’anticiper la mort pour en finir avec la souffrance [17] ? Dieu dit : « Choisis la vie ! » (cf. Dt 30,19). Aidons-nous mutuellement, en écoutant l’avis des soignants, à discerner entre ce qui est soin, hydratation et nourriture dus au malade, même si la mort devient certaine, et ce qui pourrait être acharnement thérapeutique vain et source de souffrance inutile [18]. Oui, aidons-nous à discerner les choix de vie tout en consentant à la mort qui vient.

La solidarité humaine
Légaliser le suicide assisté ou l’euthanasie, appelés par euphémisme « aide active à mourir », est une proposition récurrente face à la mort, ou plutôt au désir de mourir. Présentée comme une ouverture voire un progrès, elle a l’apparence d’une liberté plus grande de chaque personne qui, dit-on, a le droit de choisir sa mort en raison de son autonomie [19]. Elle ne nuirait en rien aux autres, est-il ajouté, puisque personne n’y serait obligé.

L’envisager ainsi, c’est oublier la dimension éminemment sociale de la mort, et la solidarité humaine qui en découle. Qu’on le veuille ou non, le choix individuel du suicide assisté ou de l’euthanasie engage la liberté d’autrui convoqué à réaliser cette « aide active à mourir ». Il brise de façon radicale l’accompagnement fraternel prodigué ; il transforme profondément la mission des soignants. Il ruine la fécondité du symbole du bon Samaritain qui inspire l’amour, socle d’une « société digne de ce nom [20] ».

Vivre la mort comme un choix individuel, à faire ou à ne pas faire, est inhumain. Nous sommes tous des êtres en relation, heureux de nous confier les uns aux autres. C’est dans la confiance en autrui que chacun peut envisager sa mort. Peut-on imaginer ce que vivraient profondément des enfants dont le père ou la mère déciderait que soit mis fin à sa vie ? Que signifierait pour un fils ou une fille de décider ce moment pour sa mère ou son père ne pouvant plus s’exprimer, ou même simplement y contribuer ou refuser d’y contribuer ? Face à la pression que susciterait la possibilité de choisir de mourir, quelle serait la liberté intérieure réelle d’une personne fragilisée par la maladie ? Par ailleurs, comment d’éventuels désaccords familiaux seraient-ils vécus ? Même si un dispositif réglementaire régulait le processus de décision pour choisir sa mort, des proches désunis pourraient-ils trouver la paix du cœur ?

Comment ne pas être très attentifs à la situation des personnes atteintes d’un mal incurable, sans être en fin de vie à court terme ? Se voir diminuer est parfois insupportable. D’aucuns réclament de mourir en exprimant le désir de ne pas devenir un poids pour leurs proches. Céder à leur désir peut être présenté comme un acte de fraternité, et en tous les cas, de respect individuel. Cependant, la demande suffit-elle à justifier la solution de la mort ? De plus, le désir de quelques-uns doit-il conduire notre société à proposer la mort à toutes les personnes incurables ? Que vivront-elles si, plus ou moins explicitement, leur est présentée la possibilité de demander à être aidées à mourir ? La dynamique entière du soin en serait gravement déviée.

Légiférer en ce sens signifierait imposer à tous de faire un choix individuel. Cela éloignerait de la véritable liberté qui grandit dans la relation et qui suppose d’assumer ce que nous sommes en vérité, des êtres mortels qui ne s’appartiennent pas. Le fait même de proposer un tel choix accentuerait le mal-être de notre société et enfoncerait un peu plus notre humanité dans l’individualisme mortifère. Pour nous, chrétiens, ce serait s’éloigner du dessein sauveur voulu par Dieu : « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52).

Nous le comprenons, notre foi et notre charité sont et seront sollicitées. Foi et charité éclairent notre chemin et guident nos pas face à la mort et à l’accompagnement dû aux mourants. Elles demandent aussi d’éviter les jugements incompatibles avec le respect dû à chaque personne humaine. Elles donnent le courage de recommencer sans cesse à construire une fraternité, avec la grâce de Dieu et l’aide de la communauté.

L’aide active à vivre
Nos paroles seront peut-être de peu de poids face aux opinions apparemment dominantes. Pourtant, bon nombre de nos concitoyens s’interrogent devant la question radicale de la mort : « Ô mort, où est ta victoire ? » Ils voudraient tellement que la victoire soit à la vie ! Notre engagement à être ensemble serviteurs de la vie est la réponse à l’appel que Jésus nous adresse en proposant l’attitude du bon Samaritain : « Va, et, toi aussi, fais de même » (Lc 10,37).

Sans doute avons-nous à examiner les modalités de la prise en charge personnelle et collective des personnes âgées, afin de leur proposer les meilleures conditions d’une fin de vie digne et d’une bonne approche de la mort. Il serait bon de nous instruire les uns les autres, de nous aimer en vérité et, osons le dire, de nous préparer, sans crainte, à bien mourir.

Il convient que chacun se prépare à la maladie et à la mort. On ne le fait pas en s’angoissant, en imaginant le pire, mais en apprenant à profiter de chaque instant pour se rapprocher de Dieu et des autres. Demandons la grâce de comprendre qu’être dépendant n’est pas une déchéance : la condition humaine est belle dans le fait même que nous sommes dépendants les uns des autres. Il y a des moments dans la vie où chacun donne beaucoup, et d’autres où chacun a à recevoir avec reconnaissance.

Gratitude et espérance
À ceux qui sont au service de la fin de vie de personnes fragilisées, que ce soit à court terme ou à moyen terme, qu’elles soient âgées ou non, qu’elles soient peut-être des jeunes ou des enfants, nous voulons redire les mots de saint Paul en conclusion de sa prédication sur la résurrection :

« Mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue » (1 Co 15,58).

Nous vous invitons à faire vôtre ce grand chapitre 15 de la Première Lettre aux Corinthiens sur la résurrection du Christ et sur la résurrection des morts. Nous vous invitons à le méditer en priant l’Esprit Saint de donner à notre société la joie de choisir la vie, de choisir l’aide active à vivre et à bien mourir. Nous vous confions cette Parole de Dieu « afin que vous débordiez d’espérance » (Rm 15,13).

« Rendons grâce à Dieu qui donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,57), exhorte saint Paul. Nous rendons grâce pour les soignants, les aidants, les aumôniers des hôpitaux et des EPHAD, pour le personnel dévoué, les bénévoles et les visiteurs bienfaisants de nos parents et amis en établissements de santé, et pour les frères et sœurs qui tiennent la main de ceux qui nous quittent, souvent en leur demeurant proche dans le silence. Tous contribuent à la victoire de la paix ! Combien de témoins nous révèlent la fécondité de l’attention aux mourants pour que la paix advienne dans leur âme, et aussi dans le cœur de leurs proches !

Pour conclure
Au cours de notre assemblée à Lourdes, nous prions le Seigneur des morts et des vivants pour qu’il accorde à tous et à chacun, à ses fils et ses filles bien-aimés unis par le Baptême à Jésus ressuscité, à tous nos frères et sœurs en humanité, un surcroît de sagesse et aussi la grâce d’une « bonne mort[21] ». « Pour un chrétien, dit le pape François, la bonne mort est une expérience de la miséricorde de Dieu, qui est proche de nous aussi dans ce dernier moment de notre vie. » Il ajoute : « Que saint Joseph nous aide à vivre le mystère de la mort de la meilleure manière possible [22]. »

Ici, nous prions le Seigneur pour vous et, plus spécialement, pour ceux qui sont confrontés à une fin de vie souffrante. Nous prions, conscients de ce que le grand débat sur la fin de vie peut faire résonner au plus profond de chacun de nous. Que la Vierge Marie obtienne pour tous le don caché de l’Esprit Saint qui fait discerner la beauté de la vie et la grandeur de la fraternité.

À Lourdes, le 8 novembre 2022,
Les évêques de France.

[1] « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir. La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle. » (Sg 1,13-15)

[2] Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et spes, 7 décembre 1965, n. 18 §1.

[3] Ibid., n. 10, §2.

[4] Cf. ibid., n. 14, §2.

[5] Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2548.

[6] Ibid., n. 18, §1.

[7] Cf. Jean-Paul II, encyclique L’Évangile de la vie, 25 mars 1995, n. 65.

[8] La loi du 9 juin 1999 considère que c’est un droit pour chaque citoyen d’avoir accès aux soins palliatifs. Le dernier Avis du Comité consultatif national d’éthique reconnaît que ce n’est pas encore le cas pour tous les malades et met le développement des soins palliatifs en exigence préalable à l’éventuelle évolution législative (Avis 139, 30 juin 2022).

[9] Vous pouvez aller sur le site de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP).

[10] Cf. Jean-Paul II, encyclique L’Évangile de la vie, 25 mars 1995, n. 65.

[11] Cela est prévu par la loi dite Clayes-Léonetti du 2 février 2016.

[12] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre Samaritanus Bonus, V §1.

[13] Sacrements pour les malades, n. 144.

[14] Cf., par exemple, Bulle d’indiction, Misericordiae Vultus, n° 15. Voir la citation de saint Jean de la Croix (1542-1591), dans le Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1022.

[15] Prévues par la loi du 22 avril 2005, article 7.

[16] Désignation de la « personne de confiance » prévue par la loi du 4 mars 2002 et précisée dans la loi du 22 avril 2005, article 8 : « L’avis de cette dernière, sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l’exclusion des directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement prises par le médecin. »

[17] L’intention est « un élément essentiel » pour discerner la bonté morale d’un acte humain (Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1752). Jean-Paul II, au n. 65 de son encyclique L’Évangile de la vie, écrit : « Par euthanasie au sens strict, on doit entendre une action ou une omission qui, de soi et dans l’intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur. L’euthanasie se situe donc au niveau des intentions et à celui des procédés employés. »

[18] Saint Jean-Paul II confirme la possibilité morale de refuser l’acharnement thérapeutique (L’Evangile de la vie, n. 65). La Congrégation pour la doctrine de la foi évoque « l’obligation morale d’exclure l’acharnement thérapeutique » (Lettre Samaritanus Bonus du 25 juin 2020, V § 2. La loi civile dite Léonetti du 22 avril 2005 l’interdit.

[19] Au sujet de l’autonomie, Jean-Paul II, au n. 64 de L’Évangile de la vie, écrit : « En refusant ou en oubliant son rapport fondamental avec Dieu, l’homme pense être pour lui-même critère et norme, et il estime aussi avoir le droit de demander à la société de lui garantir la possibilité et les moyens de décider de sa vie dans une pleine et totale autonomie. C’est en particulier l’homme des pays développés qui se comporte ainsi ; il se sent porté à cette attitude par les progrès constants de la médecine et de ses techniques toujours plus avancées. […] Dans ce contexte, la tentation de l’euthanasie se fait toujours plus forte, c’est-à-dire la tentation de se rendre maître de la mort en la provoquant par anticipation et en mettant fin ainsi « en douceur » à sa propre vie ou à la vie d’autrui. »

[20] Cf. Fratelli tutti, 3 octobre 2020, n. 71. Prenez le temps de lire l’admirable deuxième chapitre « Un étranger sur le chemin » de cette encyclique du pape François, Fratelli tutti.

[21] Cf. Missel romain (2021), Messe « pour demander la grâce d’une bonne mort », p. 1151.

[22] Pape François, Catéchèse du 9 février 2022 : « Saint Joseph, patron de la bonne mort. » Dans cette catéchèse, le Pape rappelle la tradition selon laquelle saint Joseph mourut entre les bras de Jésus et de la Vierge Marie (Benoît XV, Motu proprio Bonum Sane, 25 juillet 1920).
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitime13.11.22 10:05

Les responsables religieux français opposés à toute «aide active à mourir»
Par [size=16]Jean-Marie Guénois
Publié le 11/11/2022 à 17:49, mis à jour le 11/11/2022 à 17:49
Article payant
[/size][center][left]Interrogés par Le
Figaro, les responsables religieux français disent tous leur attention soutenue à «la souffrance des personnes en fin de vie». Thomas Louapre / Divergence


FOCUS - Les religions pourraient s’unir si le débat annoncé via la convention citoyenne ne tenait pas compte de leur point de vue.
Sans s’exprimer d’une seule voix, les religions en France s’opposent à une éventuelle [size=18]«aide active à mourir», à laquelle le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a ouvert la porte mi-septembre. Et ce, même si cette «aide active» était encadrée par «certaines conditions strictes». Des représentants de cultes en France ont été consultés à ce sujet par le gouvernement et le président de la République. Pour l’heure, les religions n’envisagent pas de s’unir pour dire leur opposition. Mais elles pourraient le faire si le débat annoncé via la convention citoyenne ne tenait pas compte de leur point de vue.

Quel est-il? Interrogés par Le Figaro, les responsables religieux français disent tous leur attention soutenue à «la souffrance des personnes en fin de vie». Ils estiment qu’une nouvelle loi n’est pas nécessaire dès lors que les deux lois existantes ne sont «pas suffisamment appliquées»: la loi Leonetti de 2005 contre l’obstination déraisonnable et la loi Claeys-Leonetti de 2016 permettant…
[/size]

FOOL BRR PIEZ DE NEZ
Prière de ne pas violer notre conscience en nous volant notre idée de notre mort.
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MessageSujet: Re: L'Eglise et la fin de vie   L'Eglise et la fin de vie - Page 13 Icon_minitimeHier à 12:43

Une société qui donne un droit à la mort?
Christophe Jacon - Jean-Luc Gadreau - Sophie Crozier
19/11/2022
Prises de parole
Prendre soin

Alors que le débat sur la fin de vie reprend une tournure officielle et devrait aboutir à des changements légaux, Jean-Luc Gadreau reçoit pour Solaé la neurologue et membre du CCNE Sophie Crozier et le pasteur Christophe Jacon, membre de la commission Éthique et société de la FPF.

Écouter l’émission Solaé Le rendez-vous protestant (30 octobre 2022, présentée par Jean-Luc Gadreau et réalisée par Delphine Lemer).





Jean-Luc Gadreau: Nous allons aborder ce matin une question difficile – douloureuse, même – qui est revenue dans l’actualité récemment: la prise en charge de la fin de vie. Nous en parlerons ce matin avec Sophie Crozier, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et membre du CCNE, le Comité consultatif national d’éthique. Avec nous également, un pasteur, Christophe Jacon, qui exerce dans la paroisse de l’Église protestante unie à Périgueux et qui est membre de la commission Éthique et société de la Fédération protestante de France.

Dans la récente actualité est apparu cet avis 139 du CCNE (1) qui propose de renforcer dans un premier temps les mesures de santé publique dans le domaine des soins palliatifs mais qui prend aussi acte des limites de la loi Claeys-Leonetti estimant qu’il existe une voie pour une application éthique de l’aide active à mourir sous strictes conditions. Ce texte marque une rupture inédite avec les précédents avis du Comité qui, jusqu’ici, s’était toujours opposé à toute aide active à mourir. Précisons toutefois que 8 des 45 membres du Comité ont exprimé une réserve quant à une éventuelle évolution législative sur la fin de vie. Sophie Crozier, j’ai résumé en deux-trois phrases un document qui contient 63 pages! Peut-être pouvez-vous nous dire, pour commencer, ce qui vous semble important à retenir de cet avis?



«Pour les soignants, c’est peu compatible avec les valeurs du soin»
Sophie Crozier: Je dirais qu’il y a deux grands axes dans cet avis: d’une part des constats et d’autre part des recommandations. Les constats, ce sont principalement ceux d’une insuffisance de la connaissance, de l’application et de l’évaluation des deux dispositifs législatifs en vigueur actuellement que sont la loi de 2005 dite loi Leonetti et la loi de 2016, deux lois sur le droit des patients et sur la fin de vie. Ces deux lois ont ouvert des droits et des devoirs pour les professionnels de santé afin de mieux accompagner les situations de fin de vie. Le deuxième constat, qui est aussi partagé par l’ensemble des membres du Comité consultatif national d’éthique, c’est qu’il y a une insuffisance d’accès aux soins palliatifs avec un manque de moyens en personnel, en lits, un manque de formation et de démarche de culture palliative dans nos activités soignantes. Ça, c’est un élément très important. Le troisième constat est que certaines situations, notamment de demandes de mort ne trouveraient pas de réponse dans les lois actuelles. Ces trois constats aboutissent à des recommandations qui sont, d’une part (c’était attendu) une intensification des mesures pour renforcer les soins palliatifs et, d’autre part, des repères éthiques en cas d’évolution législative vers une aide active à mourir.

Jean-Luc Gadreau: Et c’est là que c’est un peu plus difficile, peut-être?

Sophie Crozier: Voilà… De ce fait, un certain nombre de conditions (qu’on peut discuter) seraient nécessaires pour permettre une éventuelle ouverture législative: autonomie, décision libre et éclairée, argumentation médicale à la suite d’une procédure collégiale. Avec l’idée qu’on pourrait quand même trouver des repères éthiques. C’est sur ces points qu’il y a eu beaucoup de discussions au sein du CCNE.

Jean-Luc Gadreau: Oui, j’imagine. Je parlais d’une rupture inédite. Est-ce que c’est aussi votre sentiment, vous qui êtes membre de ce Comité? Est-ce que vous sentez que quelque chose a changé et si oui, pourquoi?

Sophie Crozier: Pour moi, oui, c’est une rupture importante, inédite, parce que c’est quand même la question de l’ouverture d’un droit à mourir, donc d’une aide active à mourir. Ça, pour les soignants, c’est quelque chose de radicalement différent de tout ce qu’on faisait avant. On avait depuis la loi Claeys-Leonetti la possibilité de traiter les souffrances réfractaires des patients qui sont en situation de détresse, notamment dans des situations de fin de vie, de maladies incurables, en proposant des traitements qui ont la visée de soulager la souffrance et qui peuvent conduire au décès du malade – y compris à la demande du patient. Là, on est dans quelque chose de complètement différent, avec des patients dans des situations qui ne sont pas des situations de toute fin de vie. Parce que c’est de ça dont on va parler: ce n’est pas du court terme, ce sont des patients qui sont dans des situations médicales difficiles et qui vont demander une aide active à mourir. Et cela, pour les soignants, c’est peu compatible avec les valeurs du soin que sont l’écoute, l’accompagnement, soulager les souffrances. Il y a eu une enquête de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs qui a quand même révélé que la majorité des soignants était opposée à une évolution législative parce qu’ils n’y retrouvent pas le sens de leur mission de soignant. C’est une chose qui, pour moi, est radicalement différente de ce qu’on avait jusqu’à présent comme dispositif législatif.



«Quatre principes forts»
Jean-Luc Gadreau: Pasteur Christophe Jacon, la commission Éthique et Société de la Fédération protestante avait publié de son côté il y a déjà quelques temps, un texte intitulé Interpellations protestantes sur la prise en charge de la fin de vie: soins palliatifs, euthanasie et suicide assisté (2). Comment résumeriez-vous cette position de la commission avant cette évolution du CCNE?

Christophe Jacon: Oui, en 2019, la commission Éthique et société avait pris position sur la fin de vie. La commission, qui est composée de membres de confessions diverses, avait déclaré à ce moment-là quatre principes.

Jean-Luc Gadreau: Oui, il y a une grande diversité dans le protestantisme et on la retrouve dans les différentes commissions.

Christophe Jacon: Tout à fait. Au sein de cette commission diverse, on s’était entendu sur quatre principes forts:

Dieu est à l’origine de toute vie. Cette origine divine donne à chacune et à chacun quels que soient sa situation, ses fragilités, sa foi, ses faiblesses, son handicap, sa maladie, son degré d’autonomie, une dignité inconditionnelle et imméritée. C’est un point fondamental.

La vie est donnée et personne, absolument personne, ne se fait tout seul. La vie est dépendance, elle est donc marquée par la grâce et la grâce de l’autre, des autres, qui font que l’on est ce que l’on est. Et la grâce de cet autre nous donne, pour reprendre une expression de Paul Tillich, le «courage d’être». La vie donnée est donc une vie en interdépendance où chacun est à tour de rôle aidé et aidant.

Cette vie est marquée par la finitude. On ne peut pas en sortir. La vieillesse, la maladie, la fragilité, la vulnérabilité sont des marques de cette finitude tout autant que la mort. Vouloir nier cette finitude, c’est fuir notre véritable humanité, en somme. Il faut l’accepter, renoncer aux rêves idolâtres, tant de l’immortalité que nous promet le transhumanisme que de la toute-puissance dans laquelle parfois se trouve la médecine.

Cette vie est au service des plus petits, des plus fragiles, dont font partie les orphelins, les étrangers et les veuves, nous dit la Bible, donc les personnes âgées, seules et isolées. La vie au service se fait accompagnement de l’autre, écoute et paroles échangées mais aussi geste et regard si la communication est impossible, et c’est dans le regard de l’autre qu’on se sent aimé, nous dit Luther.

Voilà les principes forts qui ont été édictés par la commission Éthique et société. Mais, en dépit de principes similaires, il y a encore des positions qui sont irréconciliables. Il y a deux positions au sein de la Fédération: ceux qui, au nom de la liberté et de la responsabilité – notamment chères au protestantisme – plaident pour une dépénalisation, voire une légalisation de l’euthanasie, et puis ceux qui au nom de l’interdit du meurtre estiment que toute loi favorisant l’euthanasie active et le suicide assisté serait contraire à l’Évangile.



«Une réelle rupture anthropologique»
Jean-Luc Gadreau: Le président de la Fédération protestante, Christian Krieger, qui a rencontré tout récemment la ministre déléguée auprès du Ministre de la Santé et de la Prévention, a récemment déclaré:

«J’ai été invité par Madame la ministre Agnès Firmin-Le Bodo qui souhaitait amorcer une consultation avec les autorités religieuses pour évoquer la manière dont est envisagé le débat citoyen sur la fin de vie. Elle m’a expliqué que la Convention citoyenne relevait du ministre Olivier Véran et qu’elle-même s’occuperait plutôt du débat avec les autorités religieuses et la société civile. Pour elle, trois questions sont posées dans le cadre de ce débat. La première question est l’intensification et le développement de moyens pour soutenir le développement de l’offre de soins palliatifs dans notre pays. La deuxième question porte sur l’aide à mourir pour une situation très particulière: quand il y a des personnes réfractaires aux soins, qui souffrent et dont le diagnostic vital est engagé non pas à court terme mais à moyen terme. Et la troisième question qu’elle voudrait mettre dans ce débat citoyen c’est un droit opposable afin d’éviter les situations qu’on a connues durant la crise sanitaire de personnes isolées mourant seules dans les Ehpad ou dans les services hospitaliers.

La plupart des autorités religieuses – mais le protestantisme en particulier – va demander à ce que, dans un premier temps, une réelle analyse des moyens déployés pour les soins palliatifs et, surtout, l’insuffisante application et connaissance de la loi Claeys-Leonetti, puissent être appréciées avant de passer à une étape suivante qui représente une réelle rupture anthropologique, puisque là il s’agit pour la première fois de la question d’une aide ou d’une assistance à mourir. Pour le protestantisme, j’ai demandé à la commission Éthique et société de la Fédération de me faire un point d’étape pour savoir comment cette situation avait évolué depuis le texte qu’elle a produit en 2019. La pandémie a modifié notre rapport à la mort; on a un rapport peut-être plus inquiet à la mort puisque beaucoup de personnes sont décédées seules. Je leur ai donc demandé d’apprécier la situation sociologique et aussi la question posée par cet avis afin que nous puissions entrer de manière éclairée dans ce débat, en tant que protestants.»



«C’est difficile de se projeter dans cette question de la fin de vie»
Jean-Luc Gadreau: Sophie Crozier, peut-être pourriez-vous revenir sur ces lois existantes et qui cadrent l’attitude médicale vis-à-vis des personnes en fin de vie?

Sophie Crozier: Il y a donc deux grandes lois sur la fin de vie en France:

La première loi est celle de 2005 dite loi Leonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie. C’est une loi qui, pour la première fois, a précisé l’obligation pour les médecins d’accepter un refus de traitement de la part des malades, donc c’est très important. Il y avait la loi de 2002 qui l’avait déjà évoquée mais, là, cela concerne en particulier les situations de fin de vie et l’obligation pour les médecins d’accepter ces demandes d’arrêt de traitement. On n’a pas le choix, on doit écouter la demande du patient (bien sûr, celle-ci doit être réitérée; il y a tout un cadre qui est précisé dans la loi). C’est aussi un droit pour les malades de ne pas subir ce qu’on appelait avant l’acharnement thérapeutique ou obstination déraisonnable. La non-obstination déraisonnable, c’est un droit pour les malades et un devoir pour les médecins d’acter le refus de traitement, même si cela conduit au décès du malade. Et le troisième point essentiel qu’il ne faut surtout pas oublier dans la loi Leonetti, c’est l’obligation de mettre en œuvre un accompagnement palliatif, c’est-à-dire un soulagement des souffrances pour le malade, un accompagnement de la famille. Pour nous, ces dispositions sont non seulement essentielles mais complètement conformes aux valeurs du soin, et je pense que la majorité des soignants (d’ailleurs c’est une loi qui avait été votée à l’unanimité) sont d’accord avec ça.

Le deuxième grand repère législatif, la deuxième grande loi, c’est la loi dite Claeys-Leonetti qui, comme la première, est arrivée dans un contexte particulier, avec des situations particulières, des contentieux: on était face à des personnes qui demandaient l’accès à un droit à mourir parce que se trouvant dans des situations qu’elles jugeaient vraiment insupportables pour elles. Il y a eu d’abord Vincent Humbert et puis Vincent Lambert. L’idée de la loi Claeys-Leonetti, c’était d’aller un peu plus loin parce qu’il y avait effectivement des personnes dans des situations de souffrance réfractaire qui demandaient l’accès à un droit à mourir. Ce qu’a permis la loi de 2016, c’est de donner accès à une sédation profonde et continue jusqu’au décès à des personnes en fin de vie avec un pronostic vital engagé à court terme. Tous les mots sont importants et c’est là où il y a pu avoir ambiguïté.

Cela a été vécu pour ceux qui étaient très pro-euthanasie et suicide assisté comme quelque chose d’insuffisant parce que, finalement, on n’a pas l’injection d’un produit léthal conduisant au décès de façon immédiate. Il y a beaucoup de questions qui sont intéressantes, d’ailleurs, sur la temporalité, le fait qu’il faut que ça aille vite. On pourra peut-être y revenir; je pense que c’est un sujet important. Et puis, de la part des soins palliatifs, il y a une forme d’hypocrisie à parler de sédation profonde et continue jusqu’au décès. À partir du moment où on met en place un médicament qui va endormir le malade et qu’on sait qu’on ne va pas le réveiller, ça peut quand même être considéré comme une forme d’euthanasie. Il est peut-être important de rappeler que la définition de l’euthanasie c’est une demande de mort sollicitée par le malade. Les médecins, le corps soignant, ne prennent pas la décision de mettre en place une sédation sans en avoir demandé l’avis au patient soit via des directives anticipées, soit directement. Ça, c’est le cadre principal. Il faut peut-être aussi ajouter que dans la loi de 2016, les droits du malade ont été renforcés  à travers les directives anticipées. Avant, les directives anticipées n’étaient que consultatives et maintenant elles sont contraignantes, ce qui change un petit peu les choses. En sachant que les directives anticipées – probablement parce qu’elles ne sont abordées qu’à travers la question de la fin de vie – très peu de Français les rédigent. C’est difficile de se projeter dans cette question de la fin de vie.

Jean-Luc Gadreau: D’ailleurs, on nous donne ces papiers à la moindre opération et, généralement, on ne les remplit pas…

Sophie Crozier: Mais oui, et cela pourrait être pensé autrement! Il y a des pays anglo-saxons où ces questions-là sont beaucoup plus développées et où on parle de projets de soins anticipés. C’est beaucoup moins douloureux que de dire directives anticipées, qui réduit souvent la question à la toute fin de vie. Peut-être qu’au lieu de se demander ce que l’on voudrait pour sa fin de vie, on pourrait penser à ce qu’on voudrait comme projet de vie, notamment dans une situation de difficulté médicale, réfléchir à quel accompagnement, jusqu’où, etc. Il y a vraiment des expériences, notamment aux États-Unis, au Canada ou en Nouvelle-Zélande, où on a beaucoup travaillé sur des projets de soins anticipés et c’est tout à fait inspirant, intéressant.

Jean-Luc Gadreau: Christophe?…

Christophe Jacon: Je réagis à ce que vous venez de dire: il y a peut-être une autre loi, avant même celle de 2005, qui est aussi importante et que Christian Krieger a évoquée, c’est celle de 1999 sur les soins palliatifs. On a là une première loi très importante qui fait quasiment des soins palliatifs un droit opposable et on constate, après 23 ans d’élaboration, que cette loi n’est pas appliquée. C’est là une des grandes souffrances. Je rejoins tout à fait Sophie Crozier sur cette façon de penser la mort tout au long de la vie – puisque la mort fait partie de la vie. Il y aurait peut-être une solution, c’est de permettre au médecin traitant, au médecin généraliste, d’accompagner ces patients sur leur réflexion. Si on faisait une sorte de tarification de cet accompagnement (parce que pour l’instant, ces médecins ne peuvent pas prendre le temps de les accompagner), on pourrait envisager cette possibilité.



«L’être humain n’est qu’un souffle»
Jean-Luc Gadreau: Dans Solaé, le rendez-vous protestant, un fil rouge relie chaque émission dans la diversité des angles abordés: c’est le texte biblique. La Bible parle de la vie mais elle évoque aussi de multiples façons la mort, la fin de vie, comme ici par exemple dans les quatre premiers versets du psaume 144:

«Béni soit le Seigneur, mon rocher,
lui qui m’entraîne à la bataille et me prépare au combat.
Il est mon allié et mon refuge,
ma forteresse, mon libérateur, le bouclier qui m’abrite.
C’est lui qui met des peuples à mes pieds.
Pourtant, Seigneur, qu’est-ce qu’un être humain
pour que tu t’intéresses à lui?
Qu’est-t-il pour que tu tiennes compte de lui?
L’être humain n’est qu’un souffle,
sa vie n’est qu’une ombre qui passe.»

Christophe Jacon, pasteur théologien, comment réagissez-vous à ces mots?

Christophe Jacon: C’est un très joli texte. L’être humain, dit l’hébreu, est hevel, ce qui nous renvoie à la fragilité d’Abel, la buée, le souffle. Il aborde la question de la finitude qu’on a évoquée au début de cet entretien, une finitude qui doit être tant acceptée par l’homme avec l’abandon de ces rêves que nous promet le transhumanisme, que par le médecin. Je le disais tout à l’heure, c’est important que les deux puissent accepter cette question de la finitude. C’est l’acceptation de la non-puissance dont parlait Ellul, tant pour l’un que pour l’autre, et je pense que derrière ce texte biblique, il y a cette question: qu’est-ce qu’on fait quand la buée est irrespirable? Qu’est-ce qu’on fait quand on a le sentiment – et beaucoup de personnes ont ce sentiment à la fin de leur vie – que la situation est trop difficile? Baruch disait dans le livre de Jérémie que Dieu avait ajouté peine sur sa souffrance. Il y a parfois des situations où il faut prendre en compte le fait que cela devienne irrespirable et, personnellement – et là c’est un avis qui n’est pas celui de la commission – il y a des situations où je pense que le visage de l’autre m’oblige à envisager l’inenvisageable, pour reprendre une terminologie de Levinas.



«Les demandes de mort sont des demandes extrêmement complexes»
Jean-Luc Gadreau: Pour terminer, je vais vous poser la même question à tous les deux: comment appréhendez-vous les mois qui viennent, ce débat qui s’ouvre (parce que, d’après ce que l’on entend, il semblerait que le débat s’ouvre vraiment sur la question)? Quels sont les points de vigilance que vous relevez? Sophie?…

Sophie Crozier: Je pense qu’il faudrait déjà qu’on ait le temps de pouvoir réexpliquer ce qui existe comme dispositif législatif, qu’il y ait une prise de conscience de l’importance de renforcer les mesures dans les soins palliatifs, que ce soit dans les unités soins palliatifs ou au-delà. Je pense que le point de vigilance est là. On l’a rappelé, il existe depuis 1999 un droit d’accès aux soins palliatifs, mais ce droit n’est malheureusement pas accessible et il y a de grandes inégalités territoriales. Avant d’envisager une évolution législative, il me semble que c’est l’impératif absolu.

Et il est important de rappeler que derrière toutes ces situations il y a des personnes, des situations individuelles pour lesquelles chaque option doit pouvoir être envisagée et discutée, et que cela demande du temps. Ce que je crains c’est que justement ce manque de temps nous conduise parfois à prendre des décisions qui ne soient pas assez réfléchies. Les demandes de mort sont des demandes extrêmement complexes, extrêmement ambivalentes; elles doivent être questionnées. Pour moi, la loi ne règlera pas ce qu’on appelle – mal, d’ailleurs – le mal-mourir et ce n’est pas une loi qui va faire que les conditions de la fin de vie s’améliorent mais des pratiques soignantes d’écoute et de compréhension de l’autre, d’attention à la vulnérabilité, à la situation particulière. Personnellement je ne suis pas opposée au fait d’accompagner quelqu’un jusqu’au bout, y compris si cela doit accélérer le décès. En revanche, je pense que de l’inscrire dans une loi est quelque chose de dangereux. Qu’est-ce que c’est qu’une société qui donne un droit à la mort? Qu’est-ce que cela renvoie comme image pour les patients, pour les personnes les plus vulnérables, pour les personnes en situations de handicap? Cela interroge des choses très importantes, sur la valeur de la vie, etc.

Pour ces raisons-là, je ne suis pas du tout pour une évolution rapide vers une autorisation d’un droit à mourir. À titre personnel, je suis très impliquée depuis 2005 sur la question du développement de la démarche palliative. Je me suis occupée de cela dans mon hôpital pendant plus de 10 ans en tant que présidente du comité local soins palliatifs. L’objectif était vraiment d’essayer de promouvoir la démarche palliative dans tous nos services, quelles que soient les spécialités. Il y a une volonté des soignants mais il faut leur donner le temps de pouvoir accompagner les personnes en fin de vie et aujourd’hui ce temps-là manque cruellement. On va donc aussi imaginer une loi dans ce contexte de crise hospitalière. En ce qui me concerne, je suis très inquiète et j’espère pouvoir participer à tous ces débats.

Jean-Luc Gadreau: Christophe, un mot de conclusion?

Christophe Jacon: Je partage tout à fait l’inquiétude concernant la loi. Un point, peut-être: on a peu parlé de l’accompagnement, or, le CCNE dans son avis 121 (3) imaginait un service public de l’accompagnement pour développer cela, pour remplacer cette envie de mourir par un goût de vivre.

Jean-Luc Gadreau: Merci beaucoup et bon courage dans vos engagements respectifs à tous les deux.



Illustration: extrait de la carte interactive des unités de soins palliatifs sur l’Annuaire géolocalisé des structures de soins palliatifs et d’accompagnement de fin de vie (site public Fin de vie Soins palliatifs).

(1) Questions éthiques relatives aux situations de fin de vie: autonomie et solidarité, avis 139 du CCNE, 13 septembre 2022. Voir aussi le communiqué de presse du même jour.

(2) Commission Éthique et société de la FPF, Interpellations protestantes sur la prise en charge de la fin de vie: soins palliatifs, euthanasie et suicide assisté, 26 janvier 2019.

(3) Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, avis 121 du CCNE, 30 juin 2013.
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