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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime26.03.19 9:17

[size=42]Affaire Vincent Lambert: le Conseil d’État déboute les parents sur le dépaysement de l’affaire[/size]



Mis en ligne le 26/03/2019 à 08:16


Le Conseil d’État a indiqué ce lundi qu’il n’y avait « pas lieu de statuer » sur le pourvoi des parents de Vincent Lambert qui demandaient un dépaysement de l’affaire. Ceux-ci estimaient que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne faisait preuve de partialité..

À noter que l’affaire reviendra devant le Conseil d’État ce vendredi avec cette fois une audience plus importante puisqu’il s’agira d’évoquer la légalité de la procédure d’arrêt des soins actée par les médecins et validée par le tribunal de Châlons..
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime29.03.19 12:52

Validité de l’arrêt des soins de Vincent Lambert: le Conseil d’État donnera sa décision dans 3 semaines
Mis en ligne le 29/03/2019 à 10:16 Vincent Lambert
Validité de l’arrêt des soins de Vincent Lambert: le Conseil d’État donnera sa décision dans 3 semaines
Ce vendredi matin à 9h30, le Conseil d’État, réuni en formation collégiale, étudie la validité de l’arrêt des soins de Vincent Lambert, victime d’un accident de la route en 2008 et plongé dans un état végétatif depuis.

Ce sont ses parents qui l’ont saisi après que le tribunal administratif de Châlons a validé la quatrième procédure d’arrêt des soins prise par le CHU de Reims, le 31 janvier dernier.


Ces derniers demandent la suspension de la décision d’arrêt des soins, mais aussi le transfert de Vincent Lambert dans un autre établissement. Cela dans un délai de 30 jours.


G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Les parents de #Vincentlamlbert demandent notamment desuspendre la décision d’arrêt des soins et d’ordonner le transfert de Vincent Lambert dans un autre établissement de soins dans un délais de 30 jours

1
9:24 AM - Mar 29, 2019
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En 2014, les parents de Vincent Lambert avaient déjà saisi le Conseil d’État.

Mais aucune décision définitive ne sera prise ce vendredi : un délai de jugement de 48 heures (qui peut être dépassé) est prévu.


G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
C’est la deuxième fois que le Conseil d’État se penche sur la décision d’arrêt des soins de #VincentLambert. Saisi en février 2014, il avait considéré légale une précédente procédure d’arrêt des soins. Les parents avaient alors saisi la Cour européenne des droits de l’homme.

1
9:25 AM - Mar 29, 2019
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G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
L'audience publique prévue à 9h30 en présence des principaux membres de la famille et de leurs conseils devrait débuter par l'exposé du rapporteur public avant les plaidoiries des avocats représentant chaque partie. #Vincentlambert

2
9:26 AM - Mar 29, 2019
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Viviane Lambert, la mère, et François, le neveu, sont présents. Ce dernier est pour l’arrêt des soins de son oncle.

Le président n’a pas manqué de rappelé la « forte tension familiale » qui entoure cette affaire : « Le temps n’a pas contribué à l’apaisement. »


G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Le président rappelle le contexte particulier de cette affaire qui « s’inscrit dans une forte tension familiale ». « Le temps n’a pas contribué à l’apaisement » #VincentLambert

1
9:41 AM - Mar 29, 2019
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G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Le président « insiste sur l’exigence de sérénité qui doit présider aux débats et sur le respect des personnes » #Vincentlambert

1
9:47 AM - Mar 29, 2019
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L’audience va se pencher sur plusieurs points. À savoir : la régularisation de la procédure collégiale, les éléments médicaux et non médicaux qui ont conduit à la décision d’arrêt des soins.

Le docteur Sanchez, en charge de Vincent Lambert, est aussi présent.


G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Sur les éléments médicaux, le Conseil d’état rappelle toutes les expertises qui ont montré que depuis 2014 l’état de #Vincentlambert ne s’était pas amélioré et qu’il ne pourrait s’améliorer

2
10:09 AM - Mar 29, 2019
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G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Pour l’avocate des parents et leur médecin conseil, #Vincentlambert « n’a jamais été examiné depuis 2013 comme devrait l’être un patient dans un état altéré ».

10:13 AM - Mar 29, 2019
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La mère de Vincent Lambert a pris la parole pour lire un lettre, expliquant que sont fils « n’est pas en fin de vie » et dénonçant « un acharnement mortifère depuis 6 ans ».

François, le neveu, indique que son oncle n’aurait pas voulu être maintenu en vie : « Il disait souvent que sa hantise était de finir comme un légume »


G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Les débats portent sur la notion de souffrance de #Vincentlambert. Pour son médecin, le Dr Sanchez il y a « une impression ressentie d’une douleur diffuse ». Pour le médecin conseil des parents cette notion de souffrance est un « océan de non connaissance pour ces états »

1
10:46 AM - Mar 29, 2019
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G. Amir-Tahmasseb
@AmirTahmasseb
Le Conseil d’Etat va s’intéresser maintenant au fait que #Vincentlambert se soit exprimé sur ses volontés en cas de #findevie

1
10:52 AM - Mar 29, 2019
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Au terme de l’audience, le Conseil d’État a annoncé qu’il rendra sa décision d’ici environ trois semaines.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime24.04.19 15:38

[size=49]Affaire Vincent Lambert. Le Conseil d’État confirme la décision d’arrêter les soins[/size]

Façade du conseil d'état. Photo d'illustration. | CHARLES PLATIAU / REUTERS

Ouest France avec AFP
Modifié le 24/04/2019 à 15h21


Le Conseil d’État valide à nouveau mercredi 24 avril l’arrêt des soins de Vincent Lambert, patient tétraplégique dans un état végétatif depuis dix ans. Ses parents vont maintenant déposer un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Faut-il arrêter les soins de Vincent Lambert, tétraplégique dans un état végétatif depuis dix ans ? Saisi une nouvelle fois, le Conseil d’État a confirmé mercredi 24 avril sa décision prise en 2014.
La plus haute juridiction administrative a estimé que la décision collégiale d’arrêt des soins, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims et contestée par les parents du patient, était légale. Fin janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait validé cette procédure d’arrêt des soins, qualifiant leur maintien d'« obstination déraisonnable ».
Ce n’est pourtant pas la fin du feuilleton judiciaire. Peu après l’annonce du Conseil d’État, les parents de Vincent Lambert ont fait savoir qu’ils allaient déposer un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.

[size=39]Aucun espoir d’amélioration[/size]


Cette décision est « la plus difficile qu’ait eu à rendre le Conseil d’État ces 50 dernières années », selon son ancien vice-président, s’est de nouveau penchée sur cette affaire devenue emblématique du débat sur la fin de vie en France.
Hospitalisé dans l’unité de soins palliatifs du CHU de Reims, Vincent Lambert, un ancien infirmier de 42 ans, souffre de lésions cérébrales « irréversibles », selon les médecins, depuis un accident de la route en 2008. Cloué sur un lit d’hôpital depuis dix ans, il n’est pas relié à une machine pour respirer mais son état, selon ses médecins actuels, se dégrade lentement, sans aucun espoir d’une quelconque amélioration.

Pour ses parents, catholiques traditionalistes, il « n’est pas en fin de vie » et doit « être stimulé ». Pour son épouse Rachel il faut le laisser partir, pour « respecter sa volonté ».
Sur «des fondements juridiques différents», les parents ont également saisi le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime26.04.19 15:11

Euthanasie de Vincent Lambert : l’espoir de nouveaux recours internationaux
Par Auteur Grégor Puppinck / Vendredi 26 avril 2019 à 10:02 1
Vincent Lambert, en juin 2015. Photo © FAMILY HANDOUT / AFP
Le Conseil d'Etat a jugé ce mercredi que la décision d'interrompre les soins de Vincent Lambert n'était pas illégale. Des requêtes ont déjà été déposées auprès du Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) et de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Explications de Priscille Kulczyk, chercheur associée, et Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, une ONG active auprès de la CEDH et des Nations Unies.

Mercredi 24 avril 2019, le Conseil d’Etat a jugé que la décision médicale d’interrompre l’hydratation et l’alimentation de Vincent Lambert, jusqu’à sa mort, n’est pas illégale. Il a donc à nouveau signé l’arrêt de mort de ce dernier en le condamnant à mourir de soif : voilà les traits d’une euthanasie qui ne dit pas son nom.

Vers l’euthanasie d’une personne handicapée, mais pas en fin de vie ?
Contrairement à ce qui peut être lu ici ou là, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie ou atteint d’une maladie grave, incurable ou dégénérative, mais dans un état de conscience altérée à la suite d’un traumatisme crânien. Comme en témoignent ses parents et amis, ainsi que les plus grands médecins spécialistes en la matière, il respire seul et ne reçoit aucune assistance cardiaque ; il se réveille le matin et s’endort le soir. S’il a retrouvé le réflexe de déglutition, il reçoit toutefois par perfusion son alimentation et hydratation, qui sont les besoins vitaux de tout être humain, handicapé ou non.

SUR LE MÊME SUJET Affaire Vincent Lambert : ce que dit (vraiment) le rapport des experts
Le jour même où le Conseil d’Etat a rendu sa décision, la presse a révélé le cas d’une femme qui s’est réveillée après 27 années passées dans le coma (Ouest France, le 24 avril 2019). Victime, elle-aussi, d’un accident de la route, elle était dans un état végétatif selon son médecin traitant. Son fils dit avoir voulu raconter l’histoire de sa mère « pour dire aux gens de ne pas perdre espoir en leurs proches » et celui-ci d’ajouter : « Ne les considérez pas comme morts quand ils sont dans un tel état ». Cette femme recevait les soins requis par son état, notamment de la physiothérapie, contrairement à Vincent Lambert qui se voit refuser les soins auxquels son handicap lui donne droit ; il est maintenu dans son lit et enfermé à clé dans sa chambre d’hôpital au CHU de Reims, malgré plusieurs propositions de l’accueillir dans d’autres structures spécialisées en la matière. Il s’agit là d’une situation intolérable dénoncée d’ailleurs par 70 médecins spécialistes de la prise en charge de personnes en état de conscience altérée. Ceux-ci jugent que Vincent Lambert ne fait en aucun cas l’objet d’un acharnement thérapeutique et qu’il doit être soigné de la même manière que toutes les personnes atteintes d’un tel handicap.

De nouvelles requêtes devant les instances internationales
C’est ainsi qu’à la suite de cette décision du Conseil d’Etat, les avocats des parents de Vincent Lambert remontent au créneau en introduisant l’affaire dans l’arène internationale. Une requête a été déposée d’une part devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), sur des motifs différents de ceux qui ont déjà donné lieu au très controversé arrêt rendu par la CEDH le 5 juin 2015. Non sans raison, ce dernier avait été très critiqué, de manière exceptionnellement virulente, même par des juges de la CEDH. Plusieurs d’entre eux avaient déclaré que cet arrêt destituait la Cour du droit de porter le titre de « Conscience de l’Europe », dès lors qu’il « revient ni plus ni moins à dire qu’une personne lourdement handicapée, qui est dans l’incapacité de communiquer ses souhaits quant à son état actuel, peut, sur la base de plusieurs affirmations contestables, être privée de deux composants essentiels au maintien de la vie, à savoir la nourriture et l’eau, et que de plus la Convention est inopérante face à cette réalité. » Les juges dissidents estimaient en outre « non seulement que cette conclusion est effrayante mais de plus – et nous regrettons d’avoir à le dire – qu’elle équivaut à un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offert aux personnes vulnérables. » Il faut espérer, pour Monsieur Lambert comme pour le respect des droits de l’homme, que la Cour ne se bornera pas à répéter son précédent jugement et se prononcera sur les nouveaux griefs soulevés.

SUR LE MÊME SUJET Vincent Lambert : des médecins dénoncent une “euthanasie qui ne dit pas son nom”
Les atouts d’une requête à l’ONU devant le Comité des droits de personnes handicapées
C’est d’autre part vers l’Organisation des Nations Unies (ONU) que se tournent à présent les avocats avec le dépôt d’une requête devant le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH). Cette instance onusienne qui se réunit à Genève est en effet compétente, car chargée de veiller à l’application de la Convention relative aux droits des personnes handicapées à laquelle la France est partie. Et les chances que ce recours trouve une issue favorable sont réelles.

Le CDPH est composé d’experts dont plusieurs sont eux-mêmes en situation de handicap et donc particulièrement sensibles à cette problématique. Il est, en outre, moins marqué que la CEDH par la « culture de mort » qui influence l’interprétation des droits de l’homme en Europe. Il a ainsi déclaré en octobre 2017, par exemple, que « les lois qui autorisent explicitement l’avortement en raison d’un handicap violent la Convention des droits des personnes handicapées ».

L’absence de soin dont est victime M. Lambert, sa « détention » dans le CHU de Reims, ainsi que la décision de le faire mourir de soif heurtent évidemment plusieurs dispositions de cette Convention, notamment celles qui interdisent la maltraitance, et les traitements inhumains ou dégradants. Plus encore, l’article 25 oblige les Etats à fournir « aux personnes handicapées les services de santé dont celles-ci ont besoin en raison spécifiquement de leur handicap », ce qui leur interdit « tout refus discriminatoire de fournir des soins ou services médicaux ou des aliments ou des liquides en raison d’un handicap ». Or, c’est précisément ce que le Conseil d’Etat autorise en l’espèce. Le Comité des droits des personnes handicapées exige que lorsque l’alimentation et l’hydratation sont nécessaires, celles-ci soient garanties (Observations finales Royaume-Uni, 3.10.2017). Il a également affirmé que « le droit à la vie est absolu et que la prise de décisions substitutive quant à l’arrêt ou la suspension d’un traitement essentiel au maintien de la vie n’est pas compatible avec ce droit » (Examen du rapport soumis par l’Espagne, 19.10.2011).

Le Comité des droits des personnes handicapées a déjà eu l’occasion, dans une autre affaire, de rappeler avec force que, conformément à l’article 26, « les États parties doivent prendre toutes les mesures appropriées pour assurer aux personnes handicapées l’accès à des services de santé, y compris des services de réadaptation » (X. c. Argentine, 11.04.2014, (§ 8.9).

En conséquence, il n’est pas exclu que le Comité conclut à terme à une violation de la Convention dans le cas de M. Lambert. Entre-temps, il pourrait utilement, et très rapidement, demander le maintien de son hydratation et alimentation, à titre conservatoire. Le Comité surveille l’application de la convention et de ses conclusions par les Etats parties qui, s’ils ont accepté les mécanismes d’examen de requêtes – comme c’est le cas de la France, ont par là-même accepté d’en respecter l’issue, et de s’y conformer. On imagine mal la France ignorer ses propres engagements pris au titre du respect des droits de l’homme, comme l’envisage un partisan de l’euthanasie de Monsieur Lambert (Le Monde, le 24 avril 2019).

L’ONU et le Conseil de l’Europe ont été créés à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, alors que demeuraient dans toutes les mémoires les milliers de personnes handicapées euthanasiées en Allemagne nazie par réduction progressive de l’hydratation et de l’alimentation. Ces pratiques ont été clairement condamnées lors des Procès de Nuremberg, par l’ONU et par l’Association médicale mondiale. Espérons que la CEDH et le CDPH s’en souviendront alors que la décision en cause ne menace pas seulement Vincent Lambert, mais aussi les centaines de personnes qui se trouvent en France dans le même état que lui.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime28.04.19 17:25

Vincent Lambert : ce que dit vraiment l'Eglise 
Publié le 11/06/2015 à 12h00 - Modifié le 11/06/2015 à 19h47Joséphine Bataille

Quelques jours après le jugement de la Cour européenne des droits de l'homme, le point sur la position de l'Église concernant l'état végétatif... et sur sa communication à l'occasion de l'affaire Vincent Lambert.


Prudence. La première des vertus cardinales semble s'être imposée chez les représentants de l'Église catholique sur ce sujet à haute teneur polémique. Et c'est d'abord en creux que le message semble s'exprimer. « La décision de la Cour européenne des droits de l'homme n'est en aucun cas une validation éthique du sujet », a ainsi déclaré le porte-parole des évêques de France, le père Olivier Ribadeau Dumas, vendredi dernier, après qu'a été connu le jugement qui rendra possible une éventuelle procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert – patient tétraplégique en état végétatif à l'hôpital de Reims.
L'Église ne veut pas jeter d'anathèmes... et refuse les mots qui fâchent. Elle ne parle pas directement d'euthanasie, elle valorise « le choix de la vie », comme le faitl'évêque de Reims (lequel prononce tout de même spontanément le mot euthanasie, mais sous la forme interrogative). « Il est essentiel pour l'Eglise de redire que toute vie a un prix, et qu'il n'y en a pas d'utile ou d'inutile », a déclaré encore Olivier Ribadeau Dumas sur KTO. « Dieu aime Vincent Lambert. Cette vie qui, aux yeux des hommes, n'a pas peut être pas beaucoup de sens, est pour lui d'une grande valeur et d'un grand prix ».
Avec le ton qu'on lui connaît, le primat des Gaules Philippe Barbarin a de son côté réagi immédiatement sur Twitter, puis sur RTL, qui a annoncé à l'antenne « la colère »du cardinal archevêque de Lyon et son « soutien » aux parents Lambert (qui refusent la suspension de l'alimentation et de l'hydratation artificiels dont bénéficie leur fils). « Cette nouvelle me choque profondément, cet homme il est vivant ; il n'est pas branché. Il y a les droits de l'homme en bonne santé ; et l'homme qui n'est pas en bonne santé, il a quoi comme droits ?, a-t-il lancé à l'antenne. Cette Cour a été créée précisément pour protéger les handicapés à la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Aujourd'hui, beaucoup de gens vont être très déstabilisés par un tel arrêt. »
Alors qu'aucun communiqué officiel n'a été préparé — hormis celui de l'évêque de Reims, diocèse du patient, juste après le week-end —, et que les prises de position sont restées contenues, le prélat lyonnais sort du lot. Déjà en mars, avant l'examen à l'Assemblée nationale de la proposition d'une nouvelle loi sur la fin de vie, c'est lui qui avait co-signé au nom des catholiques, au côté des représentants institutionnels des autres cultes, une tribune dans le Monde appelant à « préserver l'interdit de tuer ». Une parole couperet – mais c'est la loi du genre médiatique -, qui a sans doute davantage porté que le travail de fond  – remarquable – d'analyse du projet de loi, réalisé par le groupe de travail de Mgr Pierre d'Ornellas, l'archevêque de Rennes, qui avait été mandaté pour ce faire par les évêques.
De fait, cette fois-ci, du côté des spécialistes, pas de prise de position.  « Cette décision concerne un homme et une famille, mais elle intervient dans le cadre d'un processus plus large, qui est la discussion d'une prochaine loi et nous essayons d'avoir une parole globale sur ces questions », explique Olivier Ribadeau-Dumas. « Il n'y a pas de différence entre les uns et les autres sur l'affirmation que l'interdit de tuer est fondamental ». Finalement ce 11 juin, une réaction de de Mgr Aupetit, qui suit pour les évêques les affaires bioéthiques : « Ce cas médical nous oblige à réfléchir sur la dignité de chaque vie humaine. La valeur d’une vie tient-elle à son utilité ou à son humanité ? »  interroge-t-il dans un communiqué diffusé à l’attention des paroisses.
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Etats végétatifs : différents argumentaires


Si l'on ne peut que saluer la sagesse qui pousse les évêques à parler avec précaution de la complexité d'une situation humaine, on perdrait pourtant presque le fil de l'argumentation. Ils s'opposent à l'euthanasie, oui. Mais ce qui fait débat, c'est précisément qu'il s'agisse ici ou non d'une affaire d'euthanasie. Ou au contraire d'une affaire « d'arrêt de traitements » - « laisser mourir » pour ne pas s'acharner.
Le milieu des soins palliatifs, par exemple, est divisé sur ce point. Si les sociétés savantes ont tranché – l'alimentation et l'hydratation artificiels sont considérées comme des « traitements » et en tant que tels, peuvent parfois être suspendus —, beaucoup de praticiens ne l'admettent pas sur le terrain.
Autre nuance : cinq juges de la CEDH sur les 17 ayant statué sur cette affaire Lambert se sont opposés à la décision majoritaire de déclarer conforme aux droits de l'homme un éventuel arrêt des soins du patient. Mais ils précisent : « S’il s’était agi d’une affaire où la personne en question (Vincent Lambert en l’espèce) avait expressément émis le souhait qu’il lui soit permis de ne pas continuer de vivre en raison de son lourd handicap physique et de la souffrance associée, ou qui, au vu de la situation, aurait clairement refusé toute nourriture et boisson, nous n’aurions eu aucune objection à l’arrêt ou la non-mise en place de l’alimentation et de l’hydratation dès lors que la législation interne le prévoyait. » Autrement dit, pour eux, c'est avant tout la preuve des volontés de Vincent Lambert qui fait défaut.
« L'Eglise n'a pas attendu cette histoire douloureuse pour réfléchir aux situations d'état végétatif chronique, et son message est très clair, au termes d'une réflexion démarrée dès les années quatre-vingt-dix », répond le père Brice de Malherbe, codirecteur du département « éthique biomédicale » du Collège des Bernardins, à Paris, qui a précisément consacré sa thèse au sujet.
« En 2007, la Doctrine de la foi a affirmé que dans le contexte des structures sanitaires occidentales, la poursuite des soins de base était un devoir pour soutenir ces personnes en grande vulnérabilité. Il n'y a pas d'élément nouveau qui justifierait aujourd'hui d'évoluer ». Le pape Jean-Paul II, rappelle-t-il encore, en 2004, disait que « l’évaluation des probabilités ne peut justifier éthiquement l’abandon ou l’interruption des soins minimaux au patient y compris l’alimentation et l’hydratation (…) La mort par la faim ou par la soif finit par conséquent par ressembler à proprement parler à une véritable euthanasie par omission ».

Quelle spécificité de la nutrition et hydratation articielles ?


Pour l'Eglise de France, l'enjeu est surtout à venir, alors que la loi de fin de vie est en cours d'examen, et que se joue notamment dans sa formulation un paragraphe consacré à la nutrition et l'alimentation arficiels. Dans la loi Leonetti, ceux-ci étaient désignés comme des traitements seulement dans l'exposé des motifs. Les députés ont voulu que cela figure dans le texte même de la nouvelle loi. Et jusqu'à présent les sénateurs, en commission, s'y sont opposés. Là en est le débat, en attendant la séance publique qui se tiendra le 16 juin.
D'après le père de Malherbe, il y a sur ce point « une faille dans la loi Leonetti ». Si la loi permet en effet aux malades d'arrêter les traitements qui le maintiennent en vie, l'arrêt d'une sonde gastrique est irréductible à l'arrêt d'un respirateur ou d'une dialyse, argumente le père de Malherbe. « Dans ces derniers cas, on laisse une lésion poursuivre son cours naturel, alors que le patient souffre d'une défaillance organique grave et que le patient dépend pour vivre d'une assistance lourde. Ce n'est pas comparable avec l'impossiblité de déglutir qui est décorrélée de l'avancée d'une maladie.»
Vincent Lambert eût-il laissé des directives anticipées sans équivoques, la situation aurait-elle pu être appréhendée différemment, comme le pensent de leur côté les juges minoritaires de la CEDH ? Pas d'équivoque là dessus dans la réflexion de l'Eglise catholique. « La volonté individuelle ne suffit pas, même si elle est une aide qui contribue à la décision médicale  », répond Brice de Malherbe. « Hors d'une situation de fin de vie, une telle demande s'apparente à une demande de suicide assisté. »
Ainsi les choses sont claires, et la retenue formelle de l'Eglise ne relève pas d'une interrogation de fond sur l'affaire Lambert. « On aura compris que nous n'allons pas dans le sens indiqué par les différentes instances juridiques (le jugement de la CEDH suit celui du Conseil d'Etat, ndlr), mais nous nous gardons de juger le fond des coeurs », glisse Brice de Malherbe. Notre préoccupation a été de respecter la complexité du débat de conscience, car dans cette famille, certains sont persuadés de bonne foi que la poursuite des soins correspond à de l'acharnement ».
« Il y a une mère et une épouse de l'amour desquelles on ne peut douter, et c'est ce que nous nous attachons à voir, ajoute Mgr Ribadeau Dumas. Cela fait le caractère hors norme de cette situation, et c'est pourquoi nous ne voulons pas qu'elle soit instrumentalisée. Dans un sens comme un autre ».
Pourtant, une semaine après le jugement de la CEDH, Mgr d'Ornellas sort à son tour du silence, apportant dans La Croix les éléments de réflexion qu'on attendait de lui après le travail de plusieurs mois qu'il a mené avec éthiciens et médecins. Et il apporte à cette question de la volonté du malade une toute autre réponse. « Si Vincent Lambert, en prévision d’un éventuel état végétatif, avait clairement exprimé sa volonté de ne pas subir de traitements, en connaissant la distinction entre ceux qui luttent contre la maladie et ceux qui, comme l’hydratation et l’alimentation, correspondent à un besoin naturel, il aurait été juste de respecter cette liberté fondamentale.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime28.04.19 19:42

"Vers l’euthanasie d’une personne handicapée, mais pas en fin de vie ?"

et c'est bien là tout le problème ! ( pb que Jean Léonetti aurait dû résoudre en pondant ses révisions de loi en 2008, 2010, 2016 ).

Handicap, maladie, vieillesse, dépendance, fin de vie...

Si V.L. n'était pas né, si V.L. n'avait pas eu son accident, si le Samu n'avait pas réanimé V.L.

Si, et si, et si....

De quoi perdre la tête avant d'être en fin de vie !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime01.05.19 18:34


[size=59]Vincent Lambert : vers la fin
[size=16]Par Eric Favereau — 1 mai 2019 à 15:22
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La femme de Vincent Lambert, Rachel Lambert, en 2016 au tribunal de Reims. Photo François Nascimbeni. AFP
 
[size=31]La Cour européenne des droits de l’homme a rejeté mardi la requête des parents de l'ancien infirmier dans un état végétatif depuis 2008. Plus rien ne s'oppose, juridiquement, à l'arrêt des soins.[/size] Vincent Lambert : vers la fin


Point final ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rejeté mardi la requête des parents de Vincent Lambert contre l’arrêt du Conseil d’Etat qui avait validé la semaine dernière la décision d’arrêter les soins de leur fils.
De fait, la CEDH n’a pas traîné, se montrant claire, presque agacée par ces procédures à répétition. Très rapidement, elle a «refusé […] de suspendre l’exécution de l’arrêt du Conseil d’Etat du 24 avril 2019 et prononcé une interdiction de sortie du territoire de Vincent Lambert». De ce fait, en ces premiers jours de mai, plus rien ne s’oppose à un arrêt des soins sur Vincent Lambert, et ainsi à son décès prochain. Mais qui pourrait être affirmatif dans une histoire qui dure maintenant depuis près de… onze ans ? Ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, dans un état végétatif à la suite d’un accident de la route en 2008, souffrant de lésions cérébrales «irréversibles», Vincent Lambert va-t-il rester encore des années, un corps silencieux sans conscience apparente ni lien avec l’extérieur ?

La médecine tétanisée

L’histoire est là, comme figée. Depuis six ans, de jugements en jugements, de contre-expertise en recours en appel, rien ne se passe. Après la validation de la décision médicale d’arrêter les soins par le Conseil d’Etat le 24 avril, les parents de Vincent Lambert, ainsi que son demi-frère et une de ses sœurs, avaient encore bloqué le processus. Et donc saisi la CEDH et le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, ultimes recours d’une bataille judiciaire. Déjà en 2015, la CEDH avait souscrit à l’arrêt des soins. Cette fois-ci, sans surprise, c’est la même décision qui est encore prise. «Si nous ne pouvons que déplorer cette décision de la CEDH qui condamne Vincent Lambert à mort pour la cinquième fois, c’est du [Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU] que nous attendons aujourd’hui et principalement que les droits de Vincent Lambert soient enfin défendus», ont réagi dans un communiqué ses parents et son demi-frère, qui entendent continuer leur combat.
Dans cette affaire, la médecine est comme tétanisée, à la remorque d’une justice qui n’arrive pas à être appliquée. Depuis le début, la famille se déchire entre partisans et opposants de l’arrêt des soins. D’un côté, les parents, le demi-frère et une sœur s’opposent à l’arrêt des soins et traitements ; de l’autre, l’épouse Rachel (sa tutrice légale), son neveu François et cinq frères et sœurs du patient refusent l’acharnement thérapeutique, et surtout, comme l’avait pointé le Conseil d’Etat, rappellent la volonté affichée de Vincent Lambert de ne «pas vouloir vivre cette vie-là».

Volonté publique

La justice a beau dire le droit, et répéter que l’on doit arrêter les soins, on continue, tant il est difficile en pratique de passer outre la volonté publique des parents, qui s’appuient sur la mobilisation des courants les plus traditionalistes de l’Eglise catholique. «Vous imaginez une équipe médicale arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent et lui prescrire une sédation profonde, avec les parents dans le couloir et des manifestants à l’entrée de l’hôpital ? s’interrogeait récemment un juriste. Les médecins ont certes le droit et leur conscience avec eux, mais est-ce concrètement possible de passer à l’acte ?» 
«Rien ne s’oppose à ce que la décision soit désormais appliquée», répète François Lambert, qui se bat pour que la volonté de son oncle soit respectée. «Il y a certes des recours mais ils sont non suspensifs, et ils sont de toute façon inépuisables. Il revient au médecin et à ses hiérarchies de mettre les moyens nécessaires pour que la décision puisse être appliquée et que Vincent puisse enfin partir.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime04.05.19 13:39

[size=33]Affaire Lambert: Un comité de l'ONU demande le maintien des soins[/size]

FIN DE VIE Cette annonce intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait, elle, ouvert la voie à l’arrêt des soins de Vincent Lambert

N.Sa avec AFP
 
Publié le 05/05/19 à 03h49 — Mis à jour le 05/05/19 à 03h49


Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l’attente d’une instruction sur le fond, a-t-on appris samedi auprès des avocats des parents.
Cette annonce intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait, elle, ouvert la voie à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims dans un état végétatif depuis 10 ans, en rejetant la demande de suspension d’une décision du Conseil d’Etat. « La requête a été enregistrée et l’instruction commence devant ce comité international », une procédure qui dure « en pratique plusieurs années », a assuré à l’AFP Me Jérôme Triomphe, l’un des avocats des parents.
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« Enfin une instance spécialisée va pouvoir se prononcer sur le fond de l’affaire »


L’Etat français dispose de six mois pour fournir ses observations au comité. En attendant, ce dernier demande à la France de veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues, en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées.
« C’est une grande satisfaction : enfin une instance spécialisée va pouvoir se prononcer sur le fond de l’affaire. Est ce qu’il est normal qu’on tue une personne handicapée au motif qu’elle est handicapée ? (…) Est-ce qu’il est à sa place dans un service de soins palliatifs, enfermé à clé dans une chambre (…) ou est-ce que sa place est dans une unité spécialisée ? », a déclaré Me Triomphe. Il a également dit son « grand soulagement » car « il y a depuis plus d’un an un acharnement judiciaire et médical à faire mourir Vincent ».

Un symbole du débat sur la fin de vie en France qui déchire sa famille


Ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, Vincent Lambert se trouve en état végétatif à la suite d’un accident de la route en 2008. Les décisions sur un arrêt des soins n’ont jamais été mises en oeuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs.
L’affaire, devenue un symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille depuis six ans : d’un côté, les parents, un demi-frère et une soeur s’opposent à l’arrêt des soins ; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et soeurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique. L’avocat de François Lambert, Me Gérard Chemla, a déploré une demande « épouvantable ». « Ce comité théodule vient rejuger » une nouvelle fois cette affaire, « et au nom des droits de l’Homme, bafoue les droits d’un homme qui souffre gratuitement depuis des années (…) », a-t-il réagi. « Je trouve insupportable qu’aujourd’hui, plus de 10 ans après l’accident, on puisse encore en être là (…) Il y a un moment où les choses doivent s’arrêter. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime04.05.19 15:17

[size=44]Vincent Lambert bientôt euthanasié ?[/size]

Mickaël Fonton
 
Lundi 9 avril 2018 à 17:430

Vincent Lambert. En cas d’arrêt de l’hydratation, l’issue fatale ne ferait cette fois plus de doute. Photo © AFP

Euthanasie. A l’issue d’une nouvelle procédure collégiale, le CHU de Reims s’est prononcé en faveur d’un “arrêt des traitements” administrés à Vincent Lambert, ouvrant la voie à sa mort programmée.
Qui veut la peau de Vincent Lambert ? Entamée en janvier, suspendue par un recours auprès du Conseil d’Etat, une procédure collégiale – la quatrième – menée par le professeur Vincent Sanchez, du CHU de Reims, vient de se prononcer une nouvelle fois en faveur de « l’arrêt des traitements » administrés aujourd’hui à Vincent Lambert au motif que ceux-ci, vu l’état du patient, relèveraient de l’acharnement thérapeutique. Si cette décision a été saluée par certains membres de la famille de Vincent Lambert, notamment son neveu, qui a toujours milité pour qu’on laisse Vincent mourir, elle a provoqué la colère des membres de son Comité de soutien qui se battent pour qu’il soit maintenu en vie.

« Arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent revient à le mettre à mort »


Ceux-ci rappellent notamment à travers un communiqué « que la situation de Vincent Lambert est positive, qu’il respire de manière autonome, que son état général est stable et qu’il ne relève pas d’une obstination déraisonnable. » Selon eux Vincent, qui est hospitalisé depuis près de dix ans à la suite d’un grave accident de la circulation « n’est ni sans conscience ni sans relation » et qu’ainsi « on ne peut donc absolument pas dire de sa vie qu’elle est simplement végétative. »Plusieurs fois envisagée, toujours repoussée, faisant l’objet d’une bataille juridique et technique, la décision d’arrêts des traitements implique que cessent aussi l’hydratation et l’alimentation (autrefois considérés comme des soins élémentaires) prodigués au patient, ce qui le condamnerait à brève échéance, même si Vincent Lambert a déjà pu faire preuve dans le passé, dans des circonstances similaires, d’une résistance surprenante.

L’issue, cependant, ne ferait cette fois aucun doute puisque, à la suite de plusieurs décisions de justice, l’autorité souveraine et finale a précisément été déléguée à la décision collégiale, ce qui n’était pas le cas lors des précédentes décisions d’arrêt, où des recours suspensifs étaient encore autorisés. « Prendre aujourd’hui la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent revient à le mettre à mort alors que plusieurs établissements sont prêts à le prendre en charge », insistent ses soutiens, parmi lesquels les parents de Vincent Lambert, qui ont toujours souhaité lui faire quitter le CHU de Reims. Et le communiqué de conclure que, « au-delà de Vincent, cette grave décision aura des répercussions sur des centaines de patients dans le même état ».

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime05.05.19 15:09

Affaire Vincent Lambert. La France « n’est pas tenue » par l’avis du comité de l’ONU, assure Agnès Buzyn

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, le 10 décembre 2018 à l'Élysée. | LUDOVIC MARIN / AFP.
Ouest-France avec AFP. Modifié le 05/05/2019 à 14h40

Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l’attente d’une instruction sur le fond, a-t-on appris samedi auprès des avocats des parents. La France n’est pas tenue légalement de la respecter, a déclaré ce dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Le gouvernement français répondra à la demande d’un comité de l’ONU, qui souhaite le maintien provisoire des soins de Vincent Lambert, en état végétatif depuis 10 ans à Reims, mais la France n’est pas tenue légalement de la respecter, a déclaré ce dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Cette semaine, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait ouvert la voie à l’arrêt des soins de Vincent Lambert, en rejetant la demande de suspension d’une décision du Conseil d’État

Mais le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH), saisi par les parents de Vincent Lambert - opposés à un arrêt des soins de leur fils -, a demandé quelques jours plus tard à la France de surseoir à toute décision d’arrêt, le temps d’instruire ce dossier sur le fond.

« Ils n’ont que la version des parents »
« Aujourd’hui, juridiquement parlant, tous les recours » dans cette affaire « sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu’elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins » de Vincent Lambert, a rappelé la ministre, sur la chaîne d’info BFMTV.

« Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert », et cet organisme a demandé de surseoir à un arrêt des soins « parce qu’ils n’ont que la version des parents », a-t-elle estimé.

« Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre », a ajouté la ministre.

Acharnement thérapeutique
L’État français dispose de six mois pour fournir ses observations au comité. En attendant, ce dernier a demandé à la France de veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues, en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

Ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, Vincent Lambert se trouve en état végétatif à la suite d’un accident de la route en 2008. Les décisions sur un arrêt des soins n’ont jamais été mises en œuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs.

L’affaire, devenue un symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille depuis six ans : d’un côté, les parents, un demi-frère et une sœur s’opposent à l’arrêt des soins ; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime06.05.19 20:32

VINCENT LAMBERT : LES MÉDECINS CONSEILS RÉAGISSENT AU PROPOS DE LA MINISTRE DE LA SANTÉ
Gènéthique
06 mai 2019

Dans un communiqué, les médecins conseils des parents de Vincent Lambert ont réagi aux propos d’Agnès Buzyn, ministre de la santé qui considère que la situation du patient ne relève pas du Handicap. Gènéthique publie leur réaction.

« Nous, médecins conseils des parents de M. Vincent Lambert, disposant d’une longue expérience des personnes en état chronique de conscience altérée, tenons à réagir aux propos de ce jour de Madame le Ministre de la santé Agnès Buzyn, commentant la saisine du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU par les parents de M. Vincent Lambert.

Madame le ministre déclare que « les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s'occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert ».

Nous tenons à rappeler la définition du handicap : « Toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant », article L114 du Code de l'action sociale et des familles.

Les patients en état de conscience altérée ont des séquelles motrices et intellectuelles secondaires à des lésions cérébrales acquises lors d’un accident ou d’un AVC. Leur état peut rester stable, sans intervention médicale lourde, pendant de nombreuses années.

Ils sont donc bien handicapés au sens médical et juridique.

Ils ne sont ni mourants ni en fin de vie pendant toutes ces années.

Leur décès survient habituellement à l’occasion d’une complication aiguë qui peut alors faire l’objet de limitations thérapeutiques conformément à la loi Léonetti-Claeys.

Nous sommes d’autant plus étonnés des propos de notre Ministre que :

les conditions de la prise en charge des personnes en état végétatif et paucirelationnel sont définies par une circulaire du ministère de la santé, en date du 3 mai 2002, toujours d’actualité. On compte environ 150 unités dédiées « EVC-EPR », adaptées aux singularités de leurs handicaps, généralement adossées à un service de Médecine Physique et de Réadaptation (spécialité prenant en charge les personnes handicapées), parfois un autre service de SSR. https://solidarites-sante.gouv.fr/fichiers/bo/2002/02-20/a0202031.htm
le Ministère des Solidarités et de la Santé a accueilli le 3 octobre 2018 un colloque sur « la vie au quotidien des personnes EVC ou EPR dans les unités dédiées » avec présentation du rapport scientifique de l’université de Rouen et d’un Livre Blanc sur la prise en charge de ces patients en les présentant comme des personnes handicapées et relevant de la prise en charge du handicap dans notre pays (cf. http://www.france-traumatisme-cranien.fr/upload/evc-epr-ud-rapport-final-scientifique-version-interactive.pdf).

Nous affirmons que, comme les 1.700 autres patients français dans cette situation de handicap sévère, Monsieur Vincent LAMBERT « a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens... », Article L114-1 du Code de l'action sociale et des familles.

Le droit à la vie, d’une façon digne, adaptée et respectueuse de sa situation, en est un ».

Professeur Xavier DUCROCQ, Neurologue, chef de service de neurologie

Docteur Bernard JEANBLANC, Chef de service d’une unité de patients en état de conscience altérée

Docteur Catherine KIEFER, Médecin de Médecine Physique et de Réadaptation et Chef de service d’une unité de patients en état de conscience altérée

Docteur Edwige RICHER, Neurologue et Médecin de Médecine Physique et de Réadaptation, Ancien chef de service d’une unité de patients en état de conscience altérée et Formatrice

Professeur Hervé VESPIGNANI, Neurologue, ancien chef de service de neurologie
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime06.05.19 20:44

Grâce à ou à cause de la médecine, V.L. est devenu une personne handicapée ayant subi un acharnement thérapeutique qui, pour les uns, est insuffisant, et pour les autres, excessif.
Le problème se situe ds l'interprétation de cet acharnement ( thérapeutique ? symptômatique ? palliatif ? ) et ds le degré de la catégorie du handicap de V.L.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime07.05.19 18:58

Affaire Vincent Lambert : après la décision de l’ONU, l’État français au pied du mur
Par Auteur Grégor Puppinck / Mardi 7 mai 2019 à 13:42 0
Photo © FAMILY HANDOUT / AFP Photo © FAMILY HANDOUT / AFP
Quoi qu’en dise la ministre de la Santé, le gouvernement est tenu, en droit international, de veiller au maintien de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert le temps de la procédure de recours, explique Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ).

La récente décision du Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, demandant à la France d’empêcher l’euthanasie de Vincent Lambert le temps de l’examen de la requête introduite par ses parents, a provoqué la stupéfaction. Trois jours plus tôt, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait, à l’inverse, consenti à sa mort.

Manifestement embarrassée, la ministre de la Santé a déclaré que « l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins », tout en ajoutant de façon contradictoire que « nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre »… Une clarification s’impose sur cette nouvelle procédure, sa durée, son autorité, et ses rapports avec la CEDH.


SUR LE MÊME SUJET Vincent Lambert : l’ONU demande la poursuite des soins
Deux décisions ont déjà été prises à Genève
Ce n’est pas une, mais deux décisions qui ont déjà été prises au sein du Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) sur l’affaire Lambert : celle d’enregistrer la requête des parents Lambert, et celle d’accorder les mesures provisoires.

La requête a fait l’objet d’un premier examen par le secrétariat du CDPH qui a estimé qu’elle remplit tous les « critères préliminaires » de recevabilité, et l’a en conséquence enregistrée et communiquée au gouvernement français (article 56 du règlement du Comité). C’est là une première étape qui montre déjà que la requête est bien formulée et qu’elle entre dans le champ de compétence du Comité.

SUR LE MÊME SUJET Affaire Vincent Lambert : la CEDH rejette la requête des parents
Le gouvernement français dispose à présent d’un délai de six mois pour répondre aux accusations formulées contre les décisions médicales et judiciaires françaises, tant sur la recevabilité que sur le fond de la requête. Il lui faudra trouver d’autres arguments que ceux énoncés dimanche par la ministre de la Santé, lorsqu’elle déclarait ce Comité incompétent pour protéger les personnes dans l’état de Vincent Lambert au motif… qu’il ne serait pas handicapé mais dans un état « végétatif ». Or, de fait, l’état de santé de M. Lambert correspond parfaitement à la définition du handicap que donne la convention.

Vincent Lambert n’est pas en fin de vie ni atteint d’une maladie, mais dans un état de conscience altérée à la suite d’un traumatisme crânien. Il respire seul, se réveille le matin et s’endort le soir. Bien qu’ayant retrouvé le réflexe de déglutition, il est alimenté et hydraté par le biais d’une simple sonde gastrique. Il peut, selon les moments et les stimulations, tourner sa tête ou suivre des yeux ses interlocuteurs, ce qui est un signe de conscience pour les spécialistes. Même son neveu, pourtant partisan de sa mort rapide, explique ne plus venir le voir à l’hôpital car il a « peur de rajouter de la présence pour lui alors que c’est probablement insupportable d’avoir autant de présence autour de lui » (Europe 1, 5 mai 2019). C’est bien là reconnaître que Vincent Lambert est conscient de son entourage.

Ainsi, Vincent Lambert n’est ni en état de mort cérébrale, ni malade, ni en fin de vie. Il est handicapé, comme 1 700 autres personnes dans sa situation en France.

Le gouvernement français s’est engagé, en droit international, à se conformer à la décision du Comité des droits des personnes handicapées
Le recours ayant franchi l’étape de l’enregistrement, c’est logiquement que le Comité a demandé au gouvernement français de veiller au maintien de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert le temps de la procédure. Quoi qu’en dise la ministre de la Santé, le gouvernement français est tenu, en droit international, de s’y conformer, pour la simple raison qu’il s’y est lui-même engagé, au nom de la France, en ratifiant la convention relative aux droits des personnes handicapées. C’est le texte même de cette convention qui confère au Comité le pouvoir de demander des mesures provisoires, alors que la CEDH se l’est octroyé elle-même dans son règlement. Il est en revanche loisible au gouvernement de contester cette mesure auprès du Comité ; mais il lui faudrait alors démontrer qu’il y a urgence à euthanasier Monsieur Lambert.

Il est vrai que les décisions du Comité, à l’instar de toutes les instances internationales (y compris la CEDH), ne sont pas directement exécutoires dans l’ordre juridique interne. Mais il appartient aux autorités nationales de les mettre en œuvre par elles-mêmes, sous le contrôle du CDPH et des autres États parties à la Convention. Prétendre que la France pourrait « ignorer » ses propres engagements en matière de droits de l’homme (Lemonde.fr, 24 avril 2019) est faux juridiquement et irresponsable politiquement. Tout le système international de protection des droits de l’homme repose en effet sur le respect par les États de la parole donnée, sur la bonne foi et la coopération. C’est là sa grandeur et sa faiblesse.
C’est seulement si le Comité outrepassait ses compétences — en statuant « ultra vires » — que la France pourrait légitimement refuser de se conformer à ses demandes. Ce fut le cas, entre autres exemples, lorsqu’un comité onusien prétendit en 2014 que l’État du Vatican avait l’obligation de légaliser l’avortement au nom des droits des enfants ! Mais tel n’est manifestement pas le cas en l’espèce : le CDPH est parfaitement dans sa compétence.

L’issue possible de la procédure
Les personnes qui souhaitent la mort rapide de Vincent Lambert misent principalement sur une décision d’irrecevabilité de la requête au motif que la CEDH avait déjà été saisie de ce cas. En effet, les textes prévoient qu’une requête (appelée “communication) est irrecevable lorsque la question « a déjà été examinée ou est en cours d’examen devant une autre instance internationale d’enquête ou de règlement ». La CEDH et le CDPH sont censées se désister mutuellement lorsque l’autre est saisie avant elle d’une même question, mais ils ne le font pas toujours. En effet, les comités de l’ONU, parce qu’ils ont une compétence mondiale s’estiment « au-dessus » des juridictions régionales, comme la CEDH. Enfin, des comités de l’ONU, comme le CDPH, sont spécialisés dans la protection de certains droits, ou catégories de personnes, alors que la CEDH est généraliste, si bien qu’ils estiment pouvoir fixer les normes internationales dans leur domaine. Ce serait donc à la CEDH de s’aligner sur le CDPH en matière de droits des personnes handicapées, et non l’inverse. Pour preuve, le CDPH a pris l’initiative d’examiner un projet de convention européenne sur l’internement d’office, puis a appelé les États européens « à s’y opposer » au motif que ce texte ne respecte pas les droits des personnes handicapées.

Quoi qu’il en soit, en l’espèce, les avocats des parents de Vincent Lambert ont veillé à ne pas saisir la Cour de Strasbourg et le Comité de Genève des mêmes questions juridiques. En outre, en 2015, la CEDH avait refusé de se prononcer sur une série de violations graves des droits de l’homme, telle que la privation de soins dont est victime M. Lambert, son enfermement ou encore le refus de son transfert dans une unité spécialisée. Ces questions n’ont donc reçu à ce jour aucune réponse de la part d’instances internationales.

La question de l’hydratation et de l’alimentation
Sur le fond, les parents de Vincent Lambert peuvent se prévaloir de nombreuses dispositions de la convention de l’ONU, telles que le droit à la vie, le droit au soin, ou encore le droit à ne pas être enfermé. De façon plus précise encore, l’article 25 interdit notamment aux États « tout refus discriminatoire de fournir des soins ou services médicaux ou des aliments ou des liquides en raison d’un handicap ». Cela signifie que les États ne peuvent pas priver une personne de son alimentation ou hydratation en raison de son handicap : or, c’est précisément ce que le Dr Sanchez, du CHU de Reims, a décidé de faire, avec l’aval des autorités françaises. Le CDPH a également affirmé que « le droit à la vie est absolu et que la prise de décisions substitutive quant à l’arrêt ou la suspension d’un traitement essentiel au maintien de la vie n’est pas compatible avec ce droit » (Examen du rapport soumis par l’Espagne, 19 octobre 2011).

Le Comité pourrait ainsi constater de multiples violations de la convention par la France. Une telle décision ne serait pas incompatible avec celle prise par la CEDH en 2015, mais viendrait la compléter. En effet, non seulement la CEDH était restée silencieuse sur plusieurs points, mais elle avait aussi évité de dire si l’alimentation et l’hydratation sont, ou non, des traitements susceptibles d’être arrêtés. Elle s’était contentée d’invoquer une « absence de consensus européen » sur cette question centrale, pour s’en laver les mains et abandonner M. Lambert à la mort. L’article 25 de la Convention des droits des personnes handicapées, que la CEDH avait omis de mentionner, vient aujourd’hui répondre à cette question.

Dans l’hypothèse d’une « condamnation » de la France, le Comité indiquera au gouvernement une série de mesures spécifiques à prendre pour réparer la violation constatée et remédier à ses causes. Le gouvernement devra alors, dans un délai de six mois, soumettre au Comité une réponse écrite indiquant les mesures prises en conséquence. Celles-ci seront ensuite vérifiées et évaluées par le Comité qui, s’il les estime insuffisantes, poursuivra le gouvernement français jusqu’à ce qu’il ait donné satisfaction.

La procédure pourrait durer six ans
Quelle que soit l’issue de l’affaire, il est presque certain que celle-ci durera encore longtemps à Genève, peut-être six ans, ce qui est actuellement la durée moyenne de la procédure devant le Comité.

Se pose alors la question du sort de Vincent Lambert pendant toutes ces années. Il ne peut pas décemment demeurer enfermé à clé dans une unité de soins palliatifs inadaptée à son état et privé des soins spécifiques que l’on dispense quotidiennement dans les unités spécialisées. Il s’agit là d’une situation intolérable dénoncée d’ailleurs par 70 médecins spécialistes de la prise en charge de personnes en état de conscience altérée. Ceux-ci ont déclaré le 19 avril 2018 dans une tribune publiée dans le Figaro que Vincent Lambert devrait être soigné comme toutes les personnes atteintes de ce handicap, et non pas être traité comme un mourant qu’il n’est pas. Ils insistent sur le fait qu’il n’est pas l’objet d’un acharnement thérapeutique.

Ils savent que si Vincent Lambert est abandonné à la mort, leurs 1 700 patients risquent de subir le même sort, par « compassion » et souci d’économies budgétaires. Plus encore, ils ne seront plus regardés comme des patients, mais comme des poids-morts.

En cause : la conception de la vie et de la dignité humaines
Car c’est bien finalement sur ce qu’est l’homme et sa dignité que porte l’affaire Lambert. C’est pour cela qu’elle est emblématique et polémique. Le choix de tout un chacun, mais aussi des juges, en faveur de sa vie ou de sa mort, découle directement de notre conception de la vie et de la dignité humaines. On a tendance à opter pour la mort ou la vie selon que l’on est matérialiste ou humaniste, athée ou croyant. Pour les uns, la « vie » n’a pas de valeur en soi ; purement biologique, elle n’est digne qu’en proportion de la conscience humaine qui l’anime. Pour les autres, en revanche, la vie de tout homme est « humaine », et partage la même dignité, quel que soit son été de santé.

C’est cette conception universelle et égalitaire de la dignité qui a fondé la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948 et les textes subséquents, lorsque ceux-ci déclarent la dignité « inhérente » à tout être humain et interdisent la discrimination en raison du handicap ou de l’état de santé. Qualifier la dignité d’inhérente signifie qu’elle est possédée par l’homme parce qu’il est humain, et non par la décision d’un juge. Cela s’applique aussi au « droit à la vie » qui est le seul droit qualifié d’« inhérent à la personne humaine » par le Pacte international sur les droits civils et politiques (art. 6).

En 1949, René Cassin, père de la Déclaration universelle, avait signé une déclaration de l’Académie des sciences morales et politiques rejetant « formellement toutes les méthodes ayant pour dessein de provoquer la mort de sujets estimés monstrueux, malformés, déficients ou incurables », considérant que « l’euthanasie et, d’une façon générale, toutes les méthodes qui ont pour effet de provoquer par compassion, chez les moribonds, une mort « douce et tranquille », doivent être également écartées », sans quoi, le médecin s’octroierait « une sorte de souveraineté sur la vie et la mort » (14 novembre 1949).

C’est donc avec raison que cinq juges de la CEDH ont pu déplorer, à propos de « l’effrayant » arrêt Lambert de 2015, que celui-ci marque « un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offert aux personnes vulnérables. »

Nous pouvons espérer que le CDPH saura regarder M. Lambert comme une « personne handicapée », avec ses droits et besoins particuliers, et non plus comme un poids-mort. On peut l’espérer car, composé d’experts en la matière dont certains sont aussi handicapés, ce Comité déclare vouloir lutter contre « les préjugés à l’égard des personnes handicapées, considérées comme un fardeau pour la société. » (Observation générale no 6, 2018).

Il faut l’admettre, ce sont souvent les croyants, surtout chrétiens, qui conservent vif le sens de la dignité de la vie humaine et qui s’opposent à l’euthanasie. Cela leur est d’ailleurs souvent reproché, telle une marque d’opprobre. Sans cesse, des journalistes pointent du doigt la foi catholique des parents Lambert, telle une infamie. Mais ce n’est pas un hasard, car pour les croyants, la vie de tout homme est un don de Dieu. Certes, il ne faut pas s’acharner à la retenir, mais l’on ne peut porter atteinte volontairement à la vie d’une personne innocente, fût-elle inconsciente. Il faut se souvenir que ce furent déjà les catholiques qui eurent seuls le courage de dénoncer publiquement, jusque devant les tribunaux, l’euthanasie systématique des malades mentaux dans l’Allemagne nazie. Euthanasie par déshydratation et dénutrition progressive, motivée par cette même idéologie matérialiste et athée.

Grégor Puppinck, est docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), une ONG active auprès de la CEDH et des Nations unies. Il a récemment publié Les droits de l’homme dénaturé (éd. du Cerf, novembre 2018).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime10.05.19 12:00

Editoriaux - Entretiens - Santé - Société - 7 mai 2019
Jean-Marie Le Méné : « Le cas Vincent Lambert va servir de tremplin pour aller vers la légalisation de l’euthanasie ! »

Nouveau rebondissement dans l’affaire Vincent Lambert. Alors que, le 1er mai, la Cour européenne des droits de l’homme s’était prononcée pour l’arrêt des soins, les parents de Vincent ont saisi, pour la première fois, une instance internationale, le Comité international des droits des personnes handicapées, qui demande à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins dans l’attente de l’instruction. Pour Agnès Buzin, le ministre de la Santé, la France n’est pas tenue par l’avis de l’ONU.
Explications et décryptages par Jean-Marie Le Méné au micro de Boulevard Voltaire.

Pourquoi Vincent Lambert n’aurait-il pas le droit d’aller rejoindre un centre spécialisé ? C’est absolument inouï ! Cela ne s’explique que parce que l’affaire Vincent Lambert est une affaire politique.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’était prononcée pour la mort de Vincent Lambert, le 1er mai dernier… Or, ce 5 mai, le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert dans l’attente d’une instruction sur le fond de l’affaire. Dans cette affaire, les parents de Vincent Lambert s’opposent à son neveu et à sa femme. Les premiers sont partisans de le laisser vivre, les autres de le faire mourir.

Un rebondissement a lieu dans l’affaire Vincent Lambert. C’est la première fois que les avocats de la famille de Vincent demandent l’avis d’une instance internationale. Cette fois, il ne s’agira pas de juger la décision d’arrêt de vie de Vincent par rapport à la loi Leonetti mais par rapport à la Convention internationale des personnes handicapées. C’est extrêmement intéressant. On aura, probablement, un point de vue différent. Cela va renouveler l’approche. On peut donc beaucoup espérer dans cette décision à venir. Pour le moment, l’ONU a déclaré que le dossier était recevable. Il faut donc suspendre toute mesure à l’encontre de Vincent Lambert. Cet organisme doit encore juger sur le fond. On peut espérer une issue favorable qui sera différente de celle que l’on a connue en France.

La réaction d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ne s’est pas fait attendre…
Que répondriez-vous au ministre ?

Nous avons été très surpris de cette réponse assez violente. Sa réponse est très surprenante parce que je vois mal la France ne pas honorer les engagements internationaux, en matière de défense des personnes handicapées, auxquels elle a souscrit absolument librement. Il n’y a aucune raison que la France ne s’y soumette pas. On n’enverra pas les Casques bleus pour faire respecter la convention internationale, mais l’honneur de la France est tout de même engagé.
Par ailleurs, je trouve que, dans la réponse du ministre, des éléments étonnants tendent à considérer que, finalement, cette convention internationale pour personnes handicapées ne concernerait pas les gens comme Vincent Lambert. Vincent Lambert ne serait pas vraiment une personne handicapée ? Si Vincent Lambert n’est pas handicapé, qu’est-il, alors ? Il n’est ni malade ni en fin de vie. Il n’est pas en soins palliatifs et n’a pas de maladie évolutive. Il est donc handicapé !
Vincent Lambert est un grand handicapé, comme les 2.000 handicapés en France, tétraplégiques à la suite d’un accident de la circulation. Cette distinction entre les bons handicapés défendus par la Convention internationale des personnes handicapées et les mauvaises personnes handicapées qui ne devaient être protégées par personne est très dangereuse. Il me semble qu’elle avait été jugée par l’Histoire, mais peut-être que je me trompe.

Derrière l’affaire Vincent Lambert se cache évidemment un débat sur l’euthanasie. Ne craignez-vous pas que la mort donnée à Vincent Lambert ne soit une porte ouverte pour les lobbyistes de l’euthanasie ?

Si les choses continuent à évoluer dans ce sens, je pense malheureusement que cela risque de se terminer ainsi. Toutes les juridictions françaises ont apprécié la décision de fin de vie prise par l’hôpital de Reims par rapport à la loi Leonetti. Toutes ces juridictions ont donné une interprétation de la loi Leonetti, en considérant qu’il est correct de mettre un terme à la vie de Vincent Lambert, qui est un grand handicapé, mais qui n’a rien demandé, qui n’est pas malade, qui ne souffre pas et qui n’est pas en fin de vie.
La correcte interprétation de la loi Leonetti est qu’il s’agit d’une mauvaise loi, favorable à l’euthanasie. Je vous rappelle que la loi Leonetti est en deux parties. L’une date de 2005 et l’autre de 2016. Au terme de la loi de 2005, on peut comprendre que l’on peut débrancher un patient en lui enlevant la nutrition et l’hydratation, ce qui amène à la mort. La loi de 2016, elle, dit qu’il faut donner une sédation profonde et continue pour que la personne ne souffre pas. Endormir la personne jusqu’à la mort veut bien dire la tuer ! Il faut être très clair.
La loi Leonetti récuse le mot euthanasie, mais elle autorise la chose. C’est une mauvaise loi. La tentation est d’essayer de faire une bonne application de cette mauvaise loi. Cela ne marche pas ! Une bonne application de cette mauvaise loi donne le cas Vincent Lambert. On va tuer une personne qui n’a rien demandé.
Si jamais on va jusqu’à la mort de Vincent Lambert, que va-t-il se passer, ensuite ?
On dira « Plus jamais cela, c’est une horreur, cette affaire a duré six ans, c’est insupportable, on ne sait pas ce que les juges pensent, la jurisprudence est fluctuante, il faut pouvoir appliquer cela dans la sécurité juridique, les patients et les familles doivent savoir, les médecins sont très exposés… »
Par conséquent, l’opinion publique est prête pour faire une véritable loi sur la fin de vie qui soit favorable à l’euthanasie.
Le cas de Vincent Lambert va servir de tremplin pour, enfin, aller vers une loi sur l’euthanasie.
Il y a 1.700 cas de grands handicapés comme Vincent Lambert. On va dire que ces personnes ont été victimes d’une euthanasie clandestine. Les personnes qui souffrent d’Alzheimer ne sont-elles pas dans une situation encore pire que Vincent Lambert ?
On est en train d’ouvrir la boîte de Pandore. Je crois qu’on s’achemine vers une loi sur l’euthanasie. Le cas Vincent Lambert sera cette illégalité féconde. On va commettre un acte vraiment injuste à l’égard de Vincent Lambert. Cela permettra de dire « Assez d’hypocrisie, on a autorisé l’euthanasie sans le dire, maintenant, on autorise l’euthanasie en disant que c’est l’euthanasie ».

Vincent Lambert semble devenir l’otage d’un combat idéologique…

Il faut essayer de le faire sortir de ce rôle d’alibi et de victime innocente. Il est un peu le bouc émissaire de cette politique qui a perdu ses repères. Pour rétablir les comptes de la Sécurité sociale, il faut supprimer les personnes fragiles qui nous coûtent cher. C’est-à-dire toute cette frange de population vieillissante qui risque d’être victime de procédure de la loi Leonetti.
Ce qui est en train de se passer devant la Commission de l’ONU est un excellent augure.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime11.05.19 14:05

Affaire Vincent Lambert : le médecin annonce l'arrêt à venir des traitements
Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé à la famille l'interruption des traitements la semaine du 20 mai de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis dix ans. L'avocat des parents de Vincent Lambert a dénoncé sur RTL une "décision scandaleuse".

AFP
et Vincent Serrano
PUBLIÉ LE 11/05/2019 À 12:52

Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé à la famille l'interruption des traitements de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis dix ans et dont le cas est devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, ont annoncé ce samedi 11 mai à l'AFP les avocats des parents.

"Le docteur Sanchez du CHU de Reims vient d'annoncer" vendredi "à la famille de Vincent Lambert qu'il mettrait sa décision du 9 avril 2018 à exécution la semaine du 20 mai 2019, sans autre précision", ont indiqué les avocats dans un communiqué transmis à l'AFP. Le 24 avril, le Conseil d'Etat avait validé la décision médicale d'interrompre les traitements de Vincent Lambert.

Le 24 avril, le Conseil d'État avait conclu qu'étaient "réunies les différentes conditions pour que la décision d'arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert puisse être mise en oeuvre", a écrit le Docteur Sanchez dans un courrier adressé à la famille Lambert et dont l'AFP a obtenu copie. Ainsi, "je vous informe que l'arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai", a-t-il ajouté.

À lire aussi
Vincent Lambert, 42 ans, est dans un état végétatif depuis dix ans
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Vincent Lambert : un comité de l'ONU demande le maintien provisoire des soins
"Une décision gravissime" selon l'avocat
L'un des avocats des parents de Vincent Lambert, Jérôme Triomphe est scandalisé. "C'est une décision scandaleuse et gravissime. Nous nous n'allons pas laisser faire", a-t-il réagi sur RTL. "Nous allons engager un certain nombre de procédures pour empêcher le Docteur Sanchez de violer le droit au recours effectif et de violer les engagements internationaux de la France", a-t-il affirmé.

"C'est la parole de la France qui est en jeu et évidemment la vie d'une personne handicapée. Vincent risque d'être euthanasié au seul motif qu'il est handicapé", s'est-il inquiété. "C'est un message catastrophique envoyé aux Français et à la communauté internationale, c'est quelque chose d'hallucinant", a-t-il ajouté avant de réitérer "le combat judiciaire". "Nous allons demander à la justice d'obliger la France à respecter ses engagements internationaux", a-t-il lancé.

À la suite de la décision du Conseil d'Etat, les parents de Vincent Lambert avaient déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH).

La CEDH a rejeté cette requête, mais le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l'attente d'une instruction sur le fond. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a souligné que la France n'était "pas tenue" de respecter cette demande.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime12.05.19 16:08

Affaire Vincent Lambert : ses parents déposent un nouveau recours contre l'arrêt des soins
Par LEXPRESS.fr avec AFP ,publié le 12/05/2019 à 13:48 , mis à jour à 15:53
"La France pratique l'euthanasie de personnes vulnérables", dénonce l'un de leurs avocats, après la décision du CHU de Reims.

La bataille judiciaire autour de l'affaire Vincent Lambert n'est visiblement pas terminée. Alors que le docteur Sanchez du CHU de Reims a annoncé samedi à la famille l'interruption des soins du patient tétraplégique à partir du 20 mai, les parents continuent à se battre. Leurs avocats, Jean Paillot et Jérôme Triomphe, annoncent de nouveau recours dès lundi 13 mai. 
"Le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU vient de demander à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert. Si la sédation était mise à exécution, cela voudrait dire que la France s'assoit sur ses propres engagements, qu'elle pratique l'euthanasie de personnes vulnérables, contrairement à la convention relative aux droits des handicapés qu'elle a signée" dénonce Me Jean Paillot, dans Le Parisien. 
"Un fils mort pour la prochaine fête des mères"
"Il n'y a aucune urgence médicale à arrêter l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l'ONU", estiment encore les avocats des parents.  
[size=23]Selon eux, "le docteur Sanchez a décidé qu'il [Vincent Lambert] mourrait dans le couloir de la mort dans lequel il est enfermé à clé depuis des années". Si cette décision était exécutée, "Vincent Lambert mourrait en quelques jours [...] et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain", ont-ils affirmé. 
Les avocats en appellent désormais au défenseur des droits et au président de la République, Emmanuel Macron. Ils ont par ailleurs indiqué leur intention de saisir la justice "pour que soit respecté le droit international au profit de Vincent Lambert". 
[/size]
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime13.05.19 13:06

Vincent Lambert : déclaration de Mgr de Moulins-Beaufort et de Mgr Feillet
Publié le 13 mai 2019


Le médecin du CHU de Reims a annoncé à la famille Lambert l’arrêt des soins la semaine du 20 mai 2019. Le Conseil d’Etat avait validé fin avril la décision médicale d’interrompre les traitements de M. Vincent Lambert, en état pauci-relationnel depuis dix ans. Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Monseigneur Bruno Feillet, évêque auxiliaire de Reims, ont réagit à cette annonce.

ReimsIl y a quelques semaines, déjà, le Conseil d’État a validé juridiquement la décision prise par l’équipe du secteur des soins palliatifs du CHU de Reims quant à M. Vincent Lambert. Cette équipe est donc confirmée dans sa responsabilité d’interrompre l’alimentation et l’hydratation de M. Lambert selon ce qu’elle jugera convenable. Le Dr Sanchez a annoncé à la famille son intention d’appliquer sa décision dans la semaine du 20 mai. La mort de M. Lambert est donc scellée, quoi qu’il en soit des recours tentés par ses parents.

Beaucoup s’inquiètent de la conclusion ainsi donnée à ce qui a été « l’affaire Lambert ».

Comme archevêque de Reims et comme évêque auxiliaire de Reims, avant tout nous prions pour M. Vincent Lambert, pour son épouse, pour sa fille, pour ses parents, ses frères et sœurs et pour tous ses amis. Nous prions aussi pour les médecins, le personnel infirmier et soignant du CHU de Reims qui, depuis des années, se sont occupés de lui. Nous prions également pour ceux qui ont eu et qui ont encore à décider de son sort. Nous remercions les membres de l’aumônerie qui lui ont rendu visite régulièrement tant que cela a été possible.

La situation médicale et humaine de M. Vincent Lambert est singulièrement complexe. Déterminer la prise en charge adaptée dans son cas n’est pas simple. Tout jugement à son propos est délicat. Ce qui a été vécu autour de M. Lambert est unique et ne devrait pas être transposé à d’autres cas. Face à de telles situations, aucune décision humaine ne peut être assurée d’être parfaite, ni même d’être la meilleure. Une société doit savoir faire confiance au corps médical et respecter la décision collégiale des médecins engageant leur responsabilité professionnelle et humaine ; les médecins, de leur côté, doivent accepter de prendre en compte les avis des proches et de nourrir leurs décisions d’une réflexion éthique sur la responsabilité des êtres humains les uns à l’égard des autres.

Les spécialistes semblaient s’accorder cependant sur le fait que M. Vincent Lambert, si dépendant soit-il depuis son accident, n’est pas en fin de vie. Tout en saluant l’engagement des équipes du CHU de Reims, on peut s’étonner que M. Lambert n’ait pas été transféré dans une unité spécialisée dans l’accompagnement des patients en état végétatif ou pauci-relationnel.

Il appartient à la condition de l’homme et à sa grandeur d’avoir à mourir un jour. Il est bon de s’en souvenir en un temps où certains réclament le droit de mourir quand et comment ils le choisissent tandis que des prophètes du transhumanisme annoncent la fin de la mort.

Mais c’est l’honneur d’une société humaine que de ne pas laisser un de ses membres mourir de faim ou de soif et même de tout faire pour maintenir jusqu’au bout la prise en charge adaptée. Se permettre d’y renoncer parce qu’une telle prise en charge a un coût et parce qu’on jugerait inutile de laisser vivre la personne humaine concernée serait ruiner l’effort de notre civilisation. La grandeur de l’humanité consiste à considérer comme inaliénable et inviolable la dignité de ses membres, surtout des plus fragiles.

Nos sociétés bien équipées se sont organisées pour que les personnes en situation « végétative » ou pauci-relationnelle soient accompagnées jusqu’au bout par des structures hospitalières avec des personnels compétents. Leurs familles et leurs amis ont aussi vocation à accompagner l’un de leurs en une telle situation. La confiance mutuelle entre ces personnes diverses est le fondement nécessaire d’un bon accompagnement. Beaucoup font l’expérience que cet accompagnement, tout en étant éprouvant, contribue à les rendre plus humains. Le devoir de la société est de les aider.

Nous prions encore et nous invitons à prier pour que notre société française ne s’engage pas sur la voie de l’euthanasie. Nous rendons grâce à Dieu pour ceux et celles qui sont quotidiennement les témoins de la grandeur de tout être humain menant sa vie jusqu’à son terme.

+ Eric de Moulins-Beaufort
archevêque de Reims

+ Bruno Feillet
évêque auxiliaire de Reims


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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime14.05.19 16:38

«Laisser Vincent Lambert mourir de faim et de soif, c’est condamner à mort un innocent!»
Par Jean-Fredéric Poisson Mis à jour le 14/05/2019 à 16:21 Publié le 14/05/2019 à 16:21
«Laisser Vincent Lambert mourir de faim et de soif, c’est condamner à mort un innocent!»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert est imminent, Jean-Frédéric Poisson interpelle le Président de la République sur l’urgence d’un sursis à l’exécution de cette mesure qui aurait des conséquences irréversibles et lui demande de tenir compte de la décision rendue par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU.

Jean-Frédéric Poisson est président du Parti Chrétien-Démocrate.

Le 20 mai prochain, un innocent sera légalement mis à mort par la médecine de notre pays qui a décidé d’arrêter de lui prodiguer les soins élémentaires d’alimentation et d’hydratation, pourtant dus à tous. Il s’agit de Vincent Lambert, qui n’est ni en fin de vie ni dans le coma, mais en état pauci-relationnel comme 1 700 autres personnes en France. Ce qu’a confirmé un rapport d’expertise médicale de novembre 2018 commandité par le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui a précisé que sa prise en charge «ne relève pas de l’acharnement thérapeutique ni d’une obstination déraisonnable».

Dans ces conditions, comment ne pas s’indigner avec force, alors que cette décision revient à laisser un homme mourir de faim et de soif? Comment ne pas se révolter devant cet acharnement à vouloir mettre à mort une personne handicapée et sans défense? Comment ne pas s’inquiéter devant la réaction du ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui ne considère pas l’avis du Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU comme devant être obligatoirement respecté? France, qu’as-tu fait des Droits de l’Homme?

» LIRE AUSSI - Vincent Lambert: les avocats des parents ont saisi le Défenseur des droits

Si cette décision devait être mise à exécution, elle serait un signal extrêmement inquiétant pour tous les patients dans un état similaire à celui de Vincent Lambert, et pour tout un chacun. En effet, plus personne ne pourra dès lors être garanti qu’il ne sera pas un jour en situation d’être condamné à mourir de faim et de soif. Elle le serait également pour le corps médical dont la pratique ne serait plus garantie d’être orientée au service respectueux de la vie. Elle le serait enfin pour notre civilisation, dont la grandeur consiste à considérer comme inaliénable la dignité de chacun de ses membres.

Une civilisation régresse à partir du moment où elle décide de capituler devant la souffrance.

«La dignité , explique Marie de Hennezel, ne consiste pas à donner la mort, mais à humaniser la fin de vie. Ce n’est pas parce qu’on est physiquement dégradé qu’on perd en humanité. Entretenir une telle confusion me paraît dangereux. On pourrait en conclure que des personnes handicapées, parce qu’elles sont moins autonomes, seraient moins dignes de considération que les personnes valides», ce qui serait révoltant.

D’une manière générale, une civilisation régresse à partir du moment où elle décide de capituler devant la souffrance. Fatalistes, les partisans de l’euthanasie oublient que les plus grands progrès ont été accomplis par la médecine parce qu’elle était au service de la vie humaine. S’il devient possible d’abréger toute souffrance en donnant légalement la mort, qui fixera le curseur du seuil de l’intolérable? Se préoccupera-t-on de développer les soins palliatifs?

Nous demandons avec la plus grande fermeté que toutes les mesures administratives et judiciaires soient prises pour empêcher le meurtre par préméditation de Vincent Lambert. Nous en appelons au Président de la République pour qu’il fasse respecter le droit international, les mesures provisoires réclamées par l’ONU, afin de sauver Vincent Lambert d’une mise à mort programmée. Notre gouvernement doit suivre cette demande qui engage la France, membre de l’ONU.

Enfin, pourquoi ne pas accéder à la demande des parents de Vincent Lambert qui souhaitent que leur enfant soit placé dans une unité de soins palliatifs où il pourrait bénéficier de soins adaptés à sa condition? Car son hospitalisation actuelle au CHU de Reims ressemble de plus en plus à une incarcération hospitalière! D’ailleurs, ce serait l’occasion de développer les unités de soins palliatifs qui restent à l’état embryonnaire dans notre pays: «Un Français sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs» déplorait récemment le professeur Vincent Morel, chef de service de l’unité mobile de soins palliatifs au CHU de Rennes et président de la société française d’accompagnement et de soins palliatifs. Cessons ce scandale!

Monsieur le Président, je ne vous demande pas d’user de votre droit de grâce, car Vincent Lambert est un innocent, mais ne soyez pas complice de son meurtre par préméditation.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime14.05.19 16:49

alors qu'on demande aux constructeurs de véhicules des moteurs qui vont de plus en plus vite...
alors qu'on demande au samu et aux urgences de s'acharner...
sommes-nous en Etat Végétatif Chronique ou bien des fous bien-pensants en liberté ?
Monsieur le Président de la République, je vous demande de mettre en examen votre prédécesseur qui n'a pas respecté son engagement 21 et Mr Jean Léonetti qui a fait plusieurs lois sur la fin de vie sans chercher à les faire appliquer.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.05.19 9:19

« Monsieur Vincent Lambert » et nous : que personne ne s’empare du tragique ! Publié le 13 mai 2019à 9h42

Qu’on le veuille ou non, la vie de Monsieur Vincent Lambert est liée à la nôtre, l’organisation de son soin est liée à l’organisation globale du soin médical et social. En effet, depuis la médiatisation d’un conflit qui porte sur les interprétations différentes de sa volonté et de son bien, le cas médical difficile de Monsieur Vincent Lambert est devenu une affaire puis une cause.

Sollicité pour répondre aux trois questions ci-dessous, je me sens le devoir d’écrire depuis que sa mort est, semble-t-il, définitivement programmée et médiatisée. Comment accepter que la mort de quelqu’un, une mort provoquée par la médecine et scénarisée par les journaux, fasse médiatiquement et symboliquement des gagnants et des perdants sur la scène conflictuelle de la recherche du bien ? Comment serait-il possible de réclamer, si ce jour-là arrive, un silence et un jeûne médiatiques pour que personne ne s’empare du tragique ? Comment rester dans le respect et la décence pour lui, pour ses proches, pour ceux qui sont comme lui, pour tous ? Comment refuser posément que la cause euthanasique puisse s’emparer du tragique d’une situation pour en faire une revendication ?

Selon vous, que nous dit l’affaire dite « Vincent Lambert » ? Et pourquoi le cas singulier de cet homme est-il devenu une affaire ?
Il serait d’abord bon de parler de « Monsieur Vincent Lambert » : cette personne est hospitalisée et elle doit être considérée avant tout avec respect jusque dans nos usages du langage. Parler d’emblée d’affaire, c’est la déposséder de sa singularité et du respect de sa dignité. Elle ne doit pas être le prétexte à des réclamations ou l’emblème de convictions à défendre. Il faudrait donc distinguer cas, affaire et cause.

Dans les réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) les médecins et les soignants traitent de cas, c’est-à-dire de situations singulières où il faut connaître précisément la singularité de la personne malade pour prendre une décision informée qui soit respectueuse de l’expression de sa volonté, de la relation avec ses proches et de la déontologie médicale.

Une affaire est un cas problématique exposé au grand public. Mais, quand un cas devient une affaire, les journalistes et le grand-public ne peuvent avoir accès qu’à certaines informations qui deviennent alors emblématiques d’exigences ou de réclamations concernant la justice, les droits personnels ou certaines grandes valeurs. L’enjeu est moins la singularité de cette personne et de la décision la concernant que ce qu’elle représente en fonction des valeurs et des convictions défendues par les protagonistes.

Quand l’affaire se durcit, elle devient une cause où les positions finissent par se polariser entre « pour » et « contre » en absorbant ainsi toutes les autres nuances, et donc toute la complexité du cas. « Monsieur Vincent Lambert » est ainsi devenu l’emblème de la possibilité ou non de « faire mourir », c’est-à-dire d’euthanasier une personne qui n’est pas en fin de vie, dont les directives anticipées sont inexistantes et dont la volonté est l’objet de conflits, et qui dépend du soin médical pour continuer à vivre alors même que ses conditions de vie sont jugées par certains « insupportables ».

« Monsieur Vincent Lambert » est ainsi devenu, socialement, par son silence et son absence de réaction, une personnalité disponible sur laquelle sont projetées les attentes de « bien vivre » et de « bien mourir », les craintes de souffrir, les angoisses de dépendre totalement d’autrui, de perdre son autonomie ou, comme le disent beaucoup, de « perdre sa tête » au point de ne plus pouvoir vraiment décider pour soi. « Monsieur Vincent Lambert » est ainsi devenu un espace de projection d’attentes et de réclamations contradictoires, qui finissent par se polariser, de nouveau, hélas, sur la promotion ou le refus de l’euthanasie. Il est un emblème de l’insuffisance du recours à l’autonomie pour résoudre toutes les problématiques bioéthiques ; il est un témoin de nos ambivalences et contradictions face à la dépendance et aux liens humains qui font ou défont la valeur de nos existences ; il est un point de cristallisation de nos interrogations et divisions sur ce que signifie « bien soigner ».

Du point de vue anthropologique et éthique, ce qui arrive à « Monsieur Vincent Lambert » pose des questions importantes.

1) L’humanité d’une personne se mesure-t-elle par ses conditions de vie et ses capacités de pensée et de relation ? Certains pensent qu’il y a des cas où l’humain s’est absenté de la vie. Il y aurait ainsi, pour eux et dans certains cas, « la vie sans l’humain », une « vie purement biologique », une « vie purement végétative ». Je ne partage pas du tout ce point de vue. L’humanité ne s’absente jamais de l’être humain que nous devons soigner mais c’est à nous de l’honorer par l’attention, le respect, le soin adapté.

2) L’alimentation et l’hydratation artificielles sont-elles des traitements ou des soins de base ? Nous avons longtemps tenu qu’elles ne pouvaient être assimilées à des traitements mais qu’elles relevaient de la nourriture et de la boisson, qui sont toujours dues à une personne, sauf dans de rares cas de fin de vie où elles ont des effets accentuant la souffrance et le risque. Certes, le Conseil d’Etat s’est prononcé sur la qualification de « traitements » mais l’obligation éthique n’est pas suspendue pour autant. Ces traitements sont dus si l’on n’est pas dans les cas spécifiques de fin de vie qui ont été évoqués. « Monsieur Vincent Lambert » n’est pas en fin de vie, ne semble pas souffrir, n’exprime pas de refus permanent de soin et n’a pas exprimé clairement sa volonté : au nom de quel principe faudrait-il arrêter ce traitement particulier qu’est l’alimentation et l’hydratation artificielles, ce traitement particulier qui apparaît à beaucoup comme un soin de base dû à tout être humain ?

3) La réanimation est un défi entre le trop et le pas assez. Dans quels cas et quelles conditions est-il préférable de ne pas réanimer les personnes parce que cela entraîne des situations de vie limites et génératrices de grandes souffrances ? Généralement, il est impossible au stade initial de la réanimation de connaître le pronostic ultérieur de l’évolution de conscience du patient. Le cas se pose pour la réanimation néonatale et également pour la réanimation adulte. Mais, une fois que la personne a été réanimée, au nom de quels principes est-il possible d’arrêter ou de limiter les traitements ? Dans la pratique médicale, ces cas sont longuement débattus en fonction de principes bien réfléchis. Dans la situation présente, le principe semble assez simple : « Monsieur Vincent Lambert » n’est pas en fin de vie ; il n’a pas « le cerveau totalement détruit » comme l’a dit un médecin (il serait alors en état de mort cérébrale et déclaré mort) ; il ne souffre pas de façon perceptible et l’expression de sa volonté ne peut être attestée de manière certaine. Rien ne nous permet de dire avec certitude qu’il veut refuser les soins qui le maintiennent en vie. Qu’est-ce qui justifierait de les arrêter maintenant ?

4) Le respect de la volonté du patient est devenu un critère central du jugement éthique. Mais que faire en l’absence de l’expression certaine de la volonté du patient ? La polarisation sur la seule volonté du patient risque de nous faire oublier que cette volonté est ambivalente et fluctuante, qu’elle est tributaire du désir et du regard d’autrui et qu’il est donc nécessaire d’être protégé contre les regards et les avis dévalorisants et excluants. Par ailleurs, l’expression de la volonté du patient n’est pas le seul critère éthique : selon la déontologie, nous ne devons pas répondre à la volonté ou au désir de mourir par l’euthanasie mais par des soins adaptés.

5) Parce qu’il est devenu une cause, ce qui est dit de « Monsieur Vincent Lambert » est dit de toutes les personnes qui relèvent de situations analogues et qui seraient ainsi placées dans les mêmes catégories entrainant les mêmes décisions. C’est pourquoi l’UNAFTC (L’Union Nationale des Associations de Familles de Traumatisés crâniens et de Cérébrolésés) est partie prenante reconnue par le droit en raison de son rôle de défense des personnes en état pauci-relationnel ou en état d’éveil non-répondant. Comme le cas est devenu une cause, ce qui est dit de « Monsieur Vincent Lambert » est dit de ces personnes qui ont besoin de recevoir des soins adaptés dans des services spécialisés. Pourquoi « Monsieur Vincent Lambert » n’est-il pas soigné dans l’une de ces unités dédiées ? Parce que le transfert serait interprété comme une capitulation d’une certaine cause ?

6) Le médecin peut juger en sa conscience et selon une certaine compréhension du droit que l’état singulier de « Monsieur Vincent Lambert » relève de l’obstination déraisonnable mais, dans la situation présente, le geste qui mettrait actuellement fin à sa vie ne pourrait qu’être interprété comme un geste euthanasique provoquant le scandale dans une partie de la famille et auprès de beaucoup d’autres personnes, à commencer par les soignants qui veillent sur les patients en état pauci-relationnel ou en état d’éveil non répondant dans des unités spécialisées. Quel médecin voudra endosser la responsabilité d’un tel geste sans paraître inhumain en condamnant symboliquement avec lui beaucoup d’autres puisque « Monsieur Vincent Lambert », encore une fois, n’est pas en fin de vie et que plus de 1700 patients lui sont associés ? Quel médecin se limitant à sa tâche de médecin voudra assumer la singularité d’un cas qui n’en n’est plus un parce qu’il est devenu une cause ?

7) L’exposition médiatique conduit à des caricatures argumentatives qui sont déplorables. Dans certains médias, la transformation du cas en une cause conduit à polariser faussement le débat entre de mauvais catholiques traditionnels censés défendre la vie à tout prix et de bons progressistes – de préférence athées – censés défendre la volonté claire de « Monsieur Vincent Lambert ». Comment se laisser encore enfermer dans ces présentations caricaturales où les uns, au nom de leurs croyances, feraient souffrir un patient et les autres, au nom de leur idéal de liberté, feraient tout pour le délivrer ? Comment est-il possible de sortir de cette manière biaisée d’aborder les problèmes éthiques ? Le tragique de cette situation ne demande-t-il pas au moins un peu de raison et de décence ?

Quelle est la position de l’Eglise catholique sur cette affaire ?
L’Eglise ne peut pas et ne veut pas prendre position sur un cas quand elle n’est pas en mesure de connaître tous les éléments du cas, comme celui qui concerne « Monsieur Vincent Lambert ». En effet, elle ne peut pas être conviée à la procédure collégiale à partir de laquelle le médecin prend sa décision en exposant tous les éléments de jugement médicaux et non médicaux et en prenant en compte les différents avis dans le cadre du respect de la déontologie médicale.

L’Eglise ne veut pas se substituer à la conscience de ceux qui doivent prendre des décisions en médecine, c’est-à-dire les médecins. Mais elle souhaite contribuer à éclairer les consciences, notamment par le rappel des grands principes éthiques.

Elle estime de son devoir de rappeler les grands principes éthiques qui sont menacés quand le cas est exposé publiquement et devient l’emblème d’une cause comme celle de l’euthanasie ou celle d’une compréhension dévoyée de la sédation profonde et continue jusqu’au décès, qui est interprétée par certains comme un droit général ou une hypocrisie éthique.

Trois grands principes éthiques guident ici la position catholique. Ils sont à tenir ensemble :

1) La dignité de la personne, c’est-à-dire sa valeur absolue et intrinsèque. La personne ne peut donc jamais être instrumentalisée pour des causes sociales, économique ou politiques, et elle ne peut jamais être privée délibérément de sa vie. L’Eglise défend de manière ferme l’interdit de l’euthanasie comme un corollaire de la dignité de la personne. La médecine continue à le faire comme l’attestent les déclarations de l’Association Médicale Mondiale malgré de régulières contestations.

2) Le refus de l’obstination déraisonnable (ou acharnement thérapeutique). L’Eglise ne dit pas qu’il faut prolonger la vie à tout prix mais qu’il faut accompagner la personne en fin de vie en soulageant autant que possible ses souffrances physiques, psychiques et spirituelles. Le principe du double effet permet de réguler le soulagement de la souffrance lorsqu’il peut hâter la fin de vie. Ce n’est pas une hypocrisie mais la volonté de soulager autant qu’il est possible ces différentes souffrances, sans provoquer délibérément et directement la mort.

3) La fraternité, c’est-à-dire la solidarité de personnes qui partagent la même condition mortelle et la vulnérabilité commune, et qui sont désireuses de s’aider mutuellement dans l’affrontement à la maladie, la souffrance, la mort. Il faut analyser la cause qu’est devenu le cas de « Monsieur Vincent Lambert » selon l’exigence de fraternité. D’une part, il n’y a pas de solidarité pour la mort. Convoquer les médecins pour répondre à une demande de mort, c’est les instrumentaliser, c’est dévoyer leur mission de soignants. D’autre part, l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation artificielle sans recueil de sa volonté, hors contexte de fin de vie et sans motif médical grave, signifie indirectement à tous ceux qui partagent sa condition qu’ils sont indésirables. Il est devenu impossible de dissocier les cas. Les proches des patients en état pauci-relationnel ou en état d’éveil non-répondant ne peuvent manquer d’interpréter ainsi la décision même si ce n’est pas ce que dit la loi. « Monsieur Vincent Lambert » est devenu l’emblème de l’exigence du soin du plus faible et des difficultés intrinsèques aux cas limites de la réanimation. La déclaration des évêques de France du 22 mars 2018 dit bien cette exigence de la fraternité face aux menaces de l’euthanasie sur les personnes et sur le tissu social : « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! »[1]

Comment résumer la position de l’Eglise sur les deux lois Leonetti ? Considère-t-elle la sédation profonde et continue, avec arrêt des traitements, jusqu’au décès, comme une euthanasie déguisée ?
L’Eglise de France a salué le travail de la loi Leonetti qui reprenait des éléments importants de l’éthique catholique :

1) Le refus de l’euthanasie,

2) La reprise du principe de double-effet déjà codifié par Thomas d’Aquin au XIIIème siècle afin d’autoriser, dans certaines conditions, le soulagement de la souffrance au risque d’abréger la fin de vie.

3) La reprise du principe du refus de l’acharnement thérapeutique déjà codifié au XVIème siècle sous la forme de l’absence d’obligation, en fin de vie, de prendre des moyens extraordinaires pour prolonger la vie. C’est ce que la loi Leonetti appelle « le refus de l’obstination déraisonnable ».

4) L’exigence de développement des soins palliatifs.

La loi Claeys-Leonetti a été votée comme l’extrême limite au-delà de laquelle l’euthanasie est légalisée. Ce n’est pas, comme la première, une loi de consensus mais une loi de compromis. Dans le cadre de la précédente loi, la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD) étaient déjà pratiquée avec discernement dans des services de soins palliatifs. Ce qui a changé, c’est sa présentation comme un « nouveau droit » selon des critères restrictifs qui, aux yeux de ceux qui ne prennent pas le temps de l’analyse, aussi bien chez les médecins que dans le grand public, sont compris comme trop limités ou trop délicats à appliquer. La loi Claeys-Leonetti souffre d’un déficit d’explication et de formation aussi bien dans le corps médical que dans le corps social tout entier. Elle peut être perçue par ceux qui n’ont pas pris le temps de l’analyse juridique et de l’analyse en situation dans des services compétents, comme une sorte de droit général (« j’ai droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès ! ») ou comme une euthanasie déguisée ou comme une horrible hypocrisie (« vous faites mourir les personnes de faim et de soif ! »).

Ces difficultés peuvent expliquer les divisions d’appréciation de la loi Claeys-Leonetti dans le monde catholique et entre les bioéthiciens très attachés au refus de l’euthanasie. Si la loi n’est pas expliquée aux citoyens et si le développement des soins palliatifs et de la formation des médecins, infirmiers et infirmières n’est pas assuré par les pouvoirs politiques, alors la loi apparaîtra effectivement et inéluctablement comme une préparation à l’acceptation de l’euthanasie. Les gouvernements et les médecins portent à cet égard une lourde responsabilité.

Je crois que nous pouvons encore échapper à ces déficiences qui conduiraient à l’acceptation de l’euthanasie. Les associations de soins palliatifs et les associations de patients jouent un très grand rôle. Elles montrent que l’enjeu est globalement celui de la qualité de considération et de soin des personnes malades et diminuées, et la qualité des liens de fraternité qui unissent les citoyens. J’espère que la crise du lien social que nous vivons depuis des mois nous rendra plus attentifs à l’importance du lien médical et du lien politique de la fraternité.

Dans l’intrication du cas, de l’affaire et de la cause, « Monsieur Vincent Lambert » ne doit pas être réduit à la cause d’une liberté bafouée ; il demeure aussi le témoin d’une exigence de fraternité et du respect des plus fragiles. Il me semble que c’est ce qu’a voulu signifier dans sa déclaration récente le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). Il n’aurait pas pu se prononcer ainsi si « Monsieur Vincent Lambert » avait été en fin de vie.

Dans la complexité de la situation, que faire ? Seule la mort non provoquée peut dénouer cette situation tragique et les accusations mutuelles où s’enferment tous les protagonistes. « Monsieur Vincent Lambert » n’appartient à personne ; il n’est pas à disposition pour défendre une cause. Continuer à prendre soin de lui, sans obstination déraisonnable, signifie qu’il est un indisponible. Le transférer dans une unité spécialisée pour les patients cérébrolésés serait une décision de sagesse… afin que personne ne s’empare du tragique.

P. Bruno Saintôt sj
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.05.19 9:41

Marie De Hennezel
‏@mdehennezel
Suivre Suivre @mdehennezel
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Agnes Buzyn a t’elle conscience du message envoyé aux 1500 personnes en état pauci-relationnel de l’hôpital de Berck?En affirmant que la France n’est pas tenue de suivre l’avis de l’ONU sur l’Affaire Vincent Lambert, elle signe l’arrêt de mort des personnes en profond handicap.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.05.19 14:52

Il est où, exactement, le problème ?
Pour ou contre Jean Léonetti ?
Pour ou contre le handicap d'origine cérébrale ? EVC, IMC, TC, AVC etc etc
tout est parfaitement mêlangé... ... ...
pourquoi la suppression progressive des pailles en plastique ? ? ? ( progressive, pas immédiate... comme la fin de vie... ). La paille, le plus petit tuyau pour s'hydrater... Ce sera remplacé par du carton, du bambou ou je ne sais quoi d'autre, tout çà parce que les pailles actuelles boucheraient les narines des tortues de mer ! ).
Absurde ou risible ? les deux ! on en pleurerait... de rire ! franchement ! On est en plein délire.
je fais mon stock de pailles en plastique qui sont si bien colorées, de quoi tenir jusqu'à l'âge canonique de 100ans ? elles ne prennent pas de place, j'en prends une pour le petit dej, une pour le déjeuner, une pour le dîner, j'utilise les mêmes pailles pendant plusieurs semaines, je prends soin de les rincer à chaque fois. Je délire ? peut-être. Pas autant que vous tous et vous toutes en tout cas...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.05.19 19:15

[size=33]Affaire Vincent Lambert: Le tribunal administratif de Paris rejette un recours des parents[/size]

SOINS La procédure d'arrêt des soins est programmée par son médecin traitant à partir de lundi

20 Minutes avec AFP
 
Publié le 15/05/19 à 18h42 — Mis à jour le 15/05/19 à 18h46


Vincent Lambert est toujours au CHU de Reims, dans la Marne. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Le tribunal administratif de Paris a rejeté ce mercredi un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui demandaient la suspension de la procédure d’arrêt des soins de leur fils tétraplégique, programmée par son médecin traitant à partir de lundi.

Les parents demandaient au juge des référés de suspendre l’interruption des soins dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée devant le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU(CIDPH). Le tribunal a expliqué son rejet au motif que ce comité, qui n’est « pas une instance nationale », « ne constitue pas une juridiction ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.05.19 19:44

Le Gouvernement gère cette affaire avant les élections européennes, un dossier en moins pour après.
Quant à la suite à propos de la fin de vie, y aura-t-il une suite d'ailleurs ????? ce n'est pas certain...
peut-être faudra-t-il attendre d'autres décès ( politiques ). Les autres patients EVC ne risquent rien puisqu'ils procurent des emplois.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.05.19 9:20


[size=45]Arrêt des soins de Vincent Lambert : l'archevêque de Reims craint "un prétexte pour une avancée vers l'euthanasie"


 19h23, le 13 mai 2019[/size]

Interrogé par Matthieu Belliard, sur Europe 1, le président élu de la Conférence des évêques de France s'inquiète des conséquences que pourrait avoir l'arrêt des traitements de Vincent Lambert sur la législation autour de la fin de vie.
RÉACTION
Le médecin de Vincent Lambert, tétraplégique plongé dans un état végétatif depuis plus de dix ans, a annoncé samedi à sa famille l'interruption des traitements à partir du 20 mai. Cette décision du corps médical fait suite aux conclusions du Conseil d'Etat, qui, au terme d'une longue bataille judiciaire, a estimé le 24 avril que l'arrêt des soins qui maintiennent en vie Vincent Lambert réunissait "les différentes conditions exigées par la loi".
De son côté, le président élu de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, a fait part dans un communiqué de ses réserves quant à la décision que les médecins s'apprêtent à prendre. "La volonté de ce communiqué est surtout de rappeler qu'il s'agit d'un être humain, dans une situation difficile, à propos duquel un certain nombre de décisions doivent être prises", explicite l'ecclésiastique au micro de Matthieu Belliard, dans Le grand journal du soir sur Europe 1.
"Nous n'avons pas de compétence médicale, et je crois qu'il faut faire confiance aux médecins, il faut aussi que les médecins méritent cette confiance", poursuit celui qui est également archevêque de Reims, ville dans laquelle Vincent Lambert est hospitalisé. Ce membre du clergé appelle donc le corps médical à "entendre d'autres types de réflexions".


"Son corps est vivant"


Lundi, les avocats des parents de Vincent Lambert ont annoncé avoir saisi le Défenseur des droits. Ils attendent notamment qu'il fasse appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU, qui demande à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins avant une instruction plus approfondie. "En arrêtant de le nourrir et de l'hydrater, on ne fait pas qu'interrompre des traitements. On prend une décision. La sédation dont il est question est une manière d'accélérer la fin, et cette fin ne vient pas de ce qu'il soit en fin de vie", poursuit Éric de Moulins-Beaufort. "Certains diront qu'il est déjà mort depuis longtemps, mais son corps est vivant", ajoute-t-il.
Surtout, ce prélat craint que le cas de Vincent Lambert, par-delà sa complexité, ne soit amené à faire jurisprudence et à influencer la législation. "Qu'on ne tire pas de ce qui va être vécu autour de Vincent Lambert un prétexte pour une avancée de notre pays vers des pratiques d'euthanasie", enjoint-il. "Notre rôle est aussi d'alerter pour que notre pays ne s'engage pas à partir de là vers des pratiques euthanasiques", martèle-t-il.
"Je voudrais que l'on reste vigilant et attentif, car notre société, notre civilisation, se construit sur le précepte : 'tu ne tueras pas'", soutient Éric de Moulins-Beaufort, qui cite l'Ancien Testament. "Il faut vraiment que nous soyons très prudents pour ne pas nous laisser entraîner par nos pouvoirs techniques, et transgresser cet interdit-là", conclut l'archevêque.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.05.19 9:34


[size=45]Arrêt des soins de Vincent Lambert : l'archevêque de Reims craint "un prétexte pour une avancée vers l'euthanasie"


 19h23, le 13 mai 2019
[/size]

[*]


Interrogé par Matthieu Belliard, sur Europe 1, le président élu de la Conférence des évêques de France s'inquiète des conséquences que pourrait avoir l'arrêt des traitements de Vincent Lambert sur la législation autour de la fin de vie.
RÉACTION
Le médecin de Vincent Lambert, tétraplégique plongé dans un état végétatif depuis plus de dix ans, a annoncé samedi à sa famille l'interruption des traitements à partir du 20 mai. Cette décision du corps médical fait suite aux conclusions du Conseil d'Etat, qui, au terme d'une longue bataille judiciaire, a estimé le 24 avril que l'arrêt des soins qui maintiennent en vie Vincent Lambert réunissait "les différentes conditions exigées par la loi".

De son côté, le président élu de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, a fait part dans un communiqué de ses réserves quant à la décision que les médecins s'apprêtent à prendre. "La volonté de ce communiqué est surtout de rappeler qu'il s'agit d'un être humain, dans une situation difficile, à propos duquel un certain nombre de décisions doivent être prises", explicite l'ecclésiastique au micro de Matthieu Belliard, dans Le grand journal du soir sur Europe 1.
"Nous n'avons pas de compétence médicale, et je crois qu'il faut faire confiance aux médecins, il faut aussi que les médecins méritent cette confiance", poursuit celui qui est également archevêque de Reims, ville dans laquelle Vincent Lambert est hospitalisé. Ce membre du clergé appelle donc le corps médical à "entendre d'autres types de réflexions".

"Son corps est vivant"


Lundi, les avocats des parents de Vincent Lambert ont annoncé avoir saisi le Défenseur des droits. Ils attendent notamment qu'il fasse appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU, qui demande à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins avant une instruction plus approfondie. "En arrêtant de le nourrir et de l'hydrater, on ne fait pas qu'interrompre des traitements. On prend une décision. La sédation dont il est question est une manière d'accélérer la fin, et cette fin ne vient pas de ce qu'il soit en fin de vie", poursuit Éric de Moulins-Beaufort. "Certains diront qu'il est déjà mort depuis longtemps, mais son corps est vivant", ajoute-t-il.
Surtout, ce prélat craint que le cas de Vincent Lambert, par-delà sa complexité, ne soit amené à faire jurisprudence et à influencer la législation. "Qu'on ne tire pas de ce qui va être vécu autour de Vincent Lambert un prétexte pour une avancée de notre pays vers des pratiques d'euthanasie", enjoint-il. "Notre rôle est aussi d'alerter pour que notre pays ne s'engage pas à partir de là vers des pratiques euthanasiques", martèle-t-il.
"Je voudrais que l'on reste vigilant et attentif, car notre société, notre civilisation, se construit sur le précepte : 'tu ne tueras pas'", soutient Éric de Moulins-Beaufort, qui cite l'Ancien Testament. "Il faut vraiment que nous soyons très prudents pour ne pas nous laisser entraîner par nos pouvoirs techniques, et transgresser cet interdit-là", conclut l'archevêque.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.05.19 18:11

[size=44][Tribune] L'appel de cent juristes pour sauver Vincent Lambert[/size]


Guillaume Drago
Jeudi 16 mai 2019 à 16:200

En l'état actuel des choses, la mort de Vincent Lambert est programmée pour le 20 mai. Universitaires spécialistes du  droit, avocats, notaires, magistrats, ils protestent de toute leur force contre cette monstruosité et en appellent à la conscience de l'ensemble des Français.
Si nous ne faisons rien d’ici au 20 mai 2019, Vincent Lambert va mourir. Abandonné par ses soignants qui ont décidé « collégialement » de mettre fin aux soins, à l’hydratation et à l’alimentation d’une personne qui n’est pas en fin de vie, Vincent va mourir de faim, de soif et d’absence de soins élémentaires, sous le regard froid d’un corps médical qui a sciemment décidé de violer son serment de ne pas nuire à son prochain. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, il n’est pas atteint d’une maladie incurable, il est dans cette situation terrible d’une dépendance absolue après un grave accident, celle d’un être humain qui peut continuer à vivre simplement en recevant les soins auxquels toute personne a droit (lesquels devraient inclure le fait d’être nourri et hydraté, qualifiés hélas par la loi de « traitement »).

Une décision de mort, inhumaine et injustifiable


Le médecin du Centre hospitalier universitaire de Reims a pris cette décision, ultime décision après de nombreux recours exercés par une partie de la famille de Vincent Lambert et finalement rejetés par les juridictions françaises et la Cour européenne des droits de l’homme. Cette décision est la plus inhumaine que l’on puisse prendre : décider, par son libre arbitre, de la vie et de la mort d’un homme, c’est-à-dire de son prochain, au « pays des droits de l’homme » dans lequel notre Constitution énonce que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».
SUR LE MÊME SUJET
 
Vincent Lambert : un recours des parents rejeté par la justice
Accepter cette décision, pour la société française, signifierait que l’on a perdu, chez nos concitoyens, le sens de la valeur infinie de la vie, quelle qu’elle soit, diminuée, inconsciente, limitée par la maladie et le handicap. Rien ne peut justifier cette décision. Notre société a-t-elle perdu le sens de ses propres valeurs au point de rester en silence devant une décision de mort donnée de sang-froid ? C’est aux Français que nous nous adressons pour qu’ils demandent fermement au ministre de la Santé et aux responsables du Centre hospitalier de Reims de ne pas commettre l’irréparable.

Une solution est possible : déplacer Vincent Lambert dans une structure plus adaptée


Pourtant, un signal est venu d’un comité international. Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a rendu le vendredi 3 mai 2019 une décision de « mesures provisoires » demandant à l’État français de ne pas mettre à exécution la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation. Notre gouvernement doit suivre cette demande qui engage la France, membre de l’Onu.
SUR LE MÊME SUJET
 
Affaire Vincent Lambert : après la décision de l’ONU, l’État français au pied du mur
Une solution est possible et l’on voudrait comprendre pourquoi elle n’a pas été mise en œuvre : déplacer Vincent Lambert dans une structure plus adaptée, comme il en existe plusieurs dans notre pays, afin de redonner à Vincent une perspective de vie que personne n’est en droit de lui refuser. Ce serait un soulagement pour tous : pour Vincent d’abord dont l’horizon est nettement rétréci par une véritable incarcération hospitalière, pour sa famille et ses parents ensuite qui pourraient ainsi retrouver une relation plus facile avec lui, mais aussi pour le Centre hospitalier de Reims sur lequel ne pèserait plus cette responsabilité bien lourde.

Aux autorités publiques et aux médecins : respectez la vie de Vincent !


Chaque Français doit, en conscience, défendre la vie de Vincent Lambert car, en Vincent, c’est notre humanité qui est souffrante et qui nous ressemble. C’est parce que la vie est diminuée qu’il faut d’autant plus la respecter. Que chacun d’entre nous adresse cette demande aux autorités publiques et aux médecins : respectez la vie de Vincent Lambert et confiez-le à ceux qui veulent lui conserver sa dignité d’homme.




Signataires :
1.    Guillaume Drago, professeur des Facultés de droit, président de l’Institut Famille & République.
2.    Geoffroy de Vries, secrétaire général de l’Institut Famille & République, avocat
3.    Yohann Rimokh, avocat
4.    Grégory de Moulins Beaufort, avocat
5.    Santiago Muzio de Place, avocat
6.    Sophie Herren, avocat
7.    Pauline Corlay, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation
8.    Guillaume Bernard, maître de conférences (HDR) en histoire du droit
9.    Marie-Thérèse Avon-Soletti, maître de conférences honoraire d’histoire du droit
10.  Guillaume de Tilly, notaire
11.   Jean-Tugdual Le Roux, notaire
12.   Vincent Puech, avocat
13.   Tanguy Barthouil, avocat
14.   Nathalie Gounel, directrice d’un établissement médico-éducatif, avocat de formation
15.   Adeline Le Gouvello, avocat
16.   Cécile Derains, avocat
17.    Bertrand Pauvert, maître de conférences (HDR) des Facultés de droit
18.    Jacques Bichot, professeur émérite à l’Université Lyon III
19.    Claire de La Hougue, docteur en droit, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
20.    Amaury de Saint Amand, docteur en droit, Avocat
21.    Bénédicte Palaux Simonnet,  ancien avocat, chercheur
22.    Bertrand Lionel-Marie, avocat
23.    Gaëlle Lionel-Marie, avocat
24.    Benoit Sevillia, avocat
25.    Françoise Besson, avocat
26.    Aymeric de Bézenac, avocat
27.    Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
28.    Marc Dumont, notaire
29.    Anne Morineaux de Martel, avocat honoraire
30.    Christophe Bourdel, avocat
31.    Florian de Mascureau, avocat
32.    Philippe Couturier, avocat, ancien Bâtonnier
33.    Jean-Pierre Gridel, magistrat honoraire
34.    Armelle Josseran, avocat
35.    Ambroise Chartier, juriste et chargé d’enseignement à l’Université
36.    Cyrille Dounot, professeur d’histoire du droit, université Clermont Auvergne
37.    Sophie de Noray, Avocat
38.    Jacques Lafond, docteur en droit, avocat honoraire
39.    Nicolas Bauer, doctorant en droit
40.    Martine Ruffier-Monet, avocat
41.    Victoria Hogard, avocat
42.    Nathalie Deleuze, avocat
43.    Jean-Pierre Claudon, avocat
44.    Bernard Rineau, avocat
45.    Benoît de Lapasse, avocat
46.    Laurent Hay, Avocat
47.    Cyrille Dutheil de La Rochère, docteur en Droit, chargé de cours à l’Université, avocat
48.    Michel Bastit, Professeur à l’université de Bourgogne
49.    Matthieu Bottin, avocat
50.    Raymonde Vatinet, professeur des Facultés de droit
51.    Capucine Augustin, avocat
52.    Olivia du Jonchay, juriste
53.    Joël Hautebert, professeur des Facultés de droit
54.    François Vallançon, maître de conférences honoraire des Facultés de droit
55.    Anne-Sophie Delobre, notaire assistant, doctorant
56.    Cyrille Callies, juriste
57.    Claire Bouglé-Le Roux, maître de conférences des Facultés de droit
58.    Joël-Benoît d’Onorio, professeur des Facultés de droit
59.    Julien Couard, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
60.    Ramu de Bellescize, maître de conférences HDR des Facultés de droit
61.    Jean-Michel Lemoyne de Forges, professeur émérite des Facultés de droit
62.    Philippe Pichot, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
63.    Vincent Morati, notaire
64.    Alexandre Deroche, professeur des Facultés de droit
65.    Alice d’Anthoüard, avocat
66.    Jean-Luc Thiver-Joly, docteur en droit
67.    Bruno Le Griel, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation
68.    Laurent Hecketsweiler, maître de conférences HDR des Faculté de droit
69.    Pauline du Fayet de la Tour, avocat
70.    Benoit Gruau, avocat
71.    Jean-Baptiste Geay, avocat
72.    Loïc Rigal, docteur en droit
73.    Tangi Noel, docteur en droit, avocat
74.    Marta Peguera Poch, professeur des Facultés de droit
75.    Père Marc Guelfucci, docteur en droit
76.    Frédéric Pichon, avocat
77.    Claire Perret, avocat
78.    Laurent Ferracci, avocat
79.    Eric Dhorne, avocat, ancien bâtonnier
80.    Arthur de Dieuleveult, avocat
81.    Jean-Baptiste Pierchon, maître de conférences des Facultés de droit
82.    Élise Frêlon, Maître de conférences des Facultés de droit
83.    François-Xavier Lucas, professeur des Facultés de droit
84.    François Moulière, docteur en droit, avocat
85.    Laurent Frénéhard, avocat
86.    Claire de Roquemaurel, juriste, ancien avocat
87.    Stéphane Caporal, professeur des Facultés de droit
88.    Philippe Marion, avocat
89.    André Bonnet, avocat
90.    Raphaël Peuchot, avocat
91.    Carole Rostagni, docteur en droit, avocat
92.    Gaétan de La Bourdonnaye, avocat.
93.    Alain Toulza, juriste
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.05.19 18:22

ah bon, il y a un procès ???
allez jusqu'au fond des choses, mettez Jean Léonetti en examen ! ! !
et refaîtes les articles du Code Pénal à propos de la fin de vie 
ce que François Hollande aurait dû faire ds le cadre de sa proposition 21
étant un ancien avocat...

Nous, l'ensemble des personnes handicapées, nous ne savons plus où nous foutre avec la médiatisation de l'affaire Vincent Lambert
tout en regrettant que l'AAH reste au même niveau... ...
Trop de fric par ici, pas assez de fric par là...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.05.19 12:22

[size=44]Le neurologue Xavier Ducrocq rétablit la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert[/size]

Par Xavier Ducrocq
 
Vendredi 17 mai 2019 à 12:004

Chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville, le professeur Xavier Ducrocq rétablit la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert : l'homme que l'on s'apprête à euthanasier n'est pas en fin de vie ou en situation d'obstination déraisonnable. “Arrêter ses traitements”, c'est simplement le laisser mourir de faim.
Vincent Lambert va mourir. Ainsi en ont décidé ses médecins - pour la quatrième fois en six ans, au CHU de Reims - et la « justice des hommes » rendue par le Conseil d’État, non contredits par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ce sera la semaine du 20 mai 2019. Au mépris des mesures provisoires de suspension de cette décision demandée par le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’Onu, la seule instance spécialisée dans le domaine du handicap.
Que lit-on et qu’entend-on à son sujet ? Citons quelques médias : « Vincent Lambert, symbole du débat sur la fin de vie », en « situation d’obstination déraisonnable », « arrêt des traitements », « en état végétatif irréversible » et même, de la bouche de la ministre des Solidarités et de la Santé : « Vincent Lambert n’est pas en situation de handicap » , expression reprise par le Dr Leonetti, auteur de la loi qui porte son nom. Vérités ? Non ! Pour nous qui avons pu approcher Vincent Lambert, mensonges.

SUR LE MÊME SUJET
 
Affaire Vincent Lambert : ce que dit (vraiment) le rapport des experts
Mais qui est Vincent Lambert ? Pourquoi nous annonce-t-on la date de sa mort, sinon parce qu’elle est programmée ? Ce que de rares pays voisins appellent « euthanasie » ?

Qui peut croire à une fin de vie qui s’éternise depuis six ans ?


Vincent Lambert n’est pas un « symbole » , mais une personne. Marié, père d’un enfant, sévèrement handicapé depuis un accident de voiture, en 2008. Il est lourdement paralysé et surtout en état de conscience altérée - c’est-à-dire que nous sommes incapables de préciser son niveau de conscience, parce qu’aucun code de communication fiable ne le permet. Pourtant, Vincent Lambert respire seul, il a des cycles de veille et de sommeil, tourne la tête, vocalise parfois, agite la jambe gauche. Il réagit à la présence de ses proches. Il est même capable de déglutir un peu de nourriture. En 2013, Vincent a résisté à trente et un jours de privation de toute nourriture, avec une hydratation minimale. Si bien que pour recommencer, dans quelques jours, on assortira cette privation d’alimentation d’une sédation profonde, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Au nom de la loi !
[size=14]SUR LE MÊME SUJET

 
[Tribune] L'appel de cent juristes pour sauver Vincent Lambert
Vincent Lambert n’est pas « en fin de vie » - qui peut croire à une fin de vie qui s’éternise depuis six ans ? -, il n’est pas atteint d’une maladie incurable. Sa nutrition, artificielle, certes, mais simple, réalisée à domicile pour certains de ses 1 700 « compagnons d’infortune » (expression de sa maman, Viviane Lambert), ne pose aucun problème.
[/size]
Citation :
Faire mourir Vincent Lambert, c’est enterrer Hippocrate : « Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. »

Arrêter ses traitements ? Ceux qui lui sont dus depuis la circulaire ministérielle du 3 mai 2002 - unité spécialisée, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, stimulations sensorielles, mise au fauteuil, sorties en famille… -, c’est depuis six ans qu’ils sont arrêtés. Et en plus, Vincent est enfermé à clé dans sa chambre, ses visites restreintes, ses sorties interdites. Ses parents, depuis six ans, doivent déposer leur carte d’identité pour être autorisés à entrer dans sa chambre. Y a-t-il là autre chose que de la maltraitance sur personne vulnérable ? Le CIDPH ne s’y est pas trompé.

Le déshonneur d’une médecine qui ne supporte pas ses échecs et ses limites


Les derniers experts ont affirmé que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable. Mais les médias ont unanimement titré que ces mêmes experts confirmaient un état végétatif irréversible. Or, ironie de l’actualité, le lendemain de la décision du Conseil d’État, on apprenait qu’une femme saoudienne avait recouvré une conscience après vingt-sept ans en état végétatif. Son premier cri n’a pas été de demander la mort, mais d’appeler son fils par son prénom ! D’un autre côté, une cinquantaine de spécialistes des personnes en état de conscience altérée faisaient savoir au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne que les conditions d’une évaluation correcte de l’état de Vincent Lambert n’étaient pas réunies. En vain ! Enfin, Vincent Lambert, infirmier censé ne pas ignorer la loi datant de 2005, n’a jamais rédigé de directives anticipées. Il n’a pas voulu faire connaître sa volonté de façon certaine. Que d’incertitudes pour décider, blouses blanches et robes noires réunies, d’une mort certaine. Pourquoi tant d’acharnement à maintenir son incarcération et à refuser son transfert ?
C’est donc parce que handicapé, et uniquement parce que handicapé, que Vincent Lambert va mourir. Oui, Madame la ministre. Oui, Monsieur Leonetti. Cessons d’accuser la division de cette famille, qui, d’unie qu’elle était, depuis cinq ans, autour de son Vincent, s’est déchirée, en avril 2013, en découvrant la sordide décision médicale pour laquelle elle n’avait pas été consultée. « De la suppression de l’horrible à celle de l’indésirable, il n’y a qu’un pas. » (Jean Rostand) Voulons-nous franchir ce pas ? Faire mourir Vincent Lambert, c’est enterrer Hippocrate : « Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. » C’est le déshonneur d’une médecine qui ne supporte pas ses échecs et ses limites. C’est confier aux soins palliatifs une nouvelle mission, contraire à leurs principes fondateurs. C’est la démission, la régression d’une société qui ne sait plus, ne veut plus protéger les plus faibles d’entre les siens.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.05.19 17:58

Affaire Vincent Lambert: Le Défenseur des droits estime qu'il «ne lui appartient pas» de trancher sur l'arrêt des soins
TRAITEMENTS L'arrêt des soins de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, est prévu à partir du 20 mai

20 Minutes avec AFP
Publié le 17/05/19 à 16h57 — Mis à jour le 17/05/19 à 17h09

Jacques Toubon, le Défenseur des droits, dans la cour de l'Elysée à Paris.
Jacques Toubon, le Défenseur des droits, dans la cour de l'Elysée à Paris. — Ludovic MARIN / AFP
Le Défenseur des Droits a estimé ce vendredi qu’il « ne lui appartient pas » de trancher entre la demande des parents de Vincent Lambert et les décisions du Conseil d’Etat et de la CEDH après l’annonce de la prochaine interruption des soins.

Les avocats des parents de Vincent Lambert avaient saisi lundi le Défenseur des droits afin qu’il intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH), enjoignant à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert avant une instruction sur le fond. Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé le 10 mai à la famille l’interruption des traitements, à partir du 20 mai, de cet ancien infirmier psychiatrique en état végétatif au CHU de Reims.

Faire cesser un « acharnement thérapeutique »
Cette annonce fait suite à la validation par le Conseil d’Etat, le 24 avril, de la décision médicale d’arrêter les soins de Vincent Lambert. Cette décision, contestée par une partie de la famille, avait été prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims, afin de faire cesser un « acharnement thérapeutique ». Les parents de Vincent Lambert, catholiques farouchement opposés à l’euthanasie passive, avaient alors déposé des recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH).

Si la CEDH a rejeté cette requête, le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins, dans l’attente d’une instruction sur le fond. « La demande de mesures provisoires du Comité des Nations Unies entre en contradiction avec les décisions de justice nationales et européennes », relève le Défenseur des droits dans un communiqué, ajoutant qu'« il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes ».

Un marathon judiciaire
Le Défenseur des droits doit « veiller à ce que, en toutes circonstances, l’Etat examine avec attention et célérité toute demande du Comité ». Or, le 7 mai, relève encore le Défenseur des droits, l’Etat avait dit « ne pas être en mesure de mettre en œuvre la mesure conservatoire qu’il lui a adressée », estimant que « la remise en cause de la décision d’arrêt des traitements, par une nouvelle suspension qui priverait d’effectivité le droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable, n’est pas envisageable ».

Ancien infirmier psychiatrique, Vincent Lambert se trouve en état végétatif depuis un accident de la route survenu en septembre 2008, quand il avait 32 ans. Les décisions sur un arrêt des soins n’ont jamais été mises en œuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs. Parallèlement à la saisine du Défenseur des droits, les parents de Vincent Lambert ont tenté, en vain, d’obtenir la suspension de la procédure d’arrêt des soins auprès du tribunal administratif de Paris. Ils peuvent toujours se tourner vers le Conseil d’Etat.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.05.19 19:02

Vincent Lambert : un comité de l'ONU redemande le maintien des soins
Par LEXPRESS.fr avec AFP ,publié le 17/05/2019 à 18:46 , mis à jour à 18:46

Des membres du comité de soutien de Vincent Lambert devant l'hôpital Sébastopol de Reims le 23 juillet 2015.


La Défenseur des droits, également saisi par la famille qui s'oppose à l'arrêt des soins, a quant à lui estimé qu'il ne lui "appartenait pas" de tranche.


[size=23]Énième rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert. Alors que l'arrêt des soinsde cet homme tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans a été ordonné pour la semaine du 20 mai, un comité de l'ONU a redemandé à la France le maintien des soins, ont annoncé les avocats de la famille.  


Le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) a "rappelé" à la France de "prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l'alimentation et l'hydratation entérales" de Vincent Lambert "ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier par le Comité", écrit celui-ci dans un courrier aux avocats, dont l'AFP a obtenu copie.  


Plus tôt ce vendredi, le défenseur des droits avait estimé qu'il ne "lui appart[enait] pas" de trancher entre la demande des parents, qui souhaitent le maintien des soins, et les décisions du Conseil d'État et de la CEDH. Les avocats des parents de Vincent Lambert l'avaient justement saisi lundi afin qu'il intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH), qui enjoignait déjà la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins. 

La France "pas tenue" de respecter la demande


Les parents de Vincent Lambert, catholiques farouchement opposés à l'euthanasiepassive, avaient auparavant déposé des recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui avait rejeté la requête. Le CIDPH est le seul à avoir donné raison aux parents. 

LIRE AUSSI >> La mère de Vincent Lambert appelle à un rassemblement contre l'arrêt des soins 
"La demande de mesures provisoires du Comité des Nations Unies entre en contradiction avec les décisions de justice nationales et européennes", a simplement relevé le Défenseur des droits dans un communiqué. Le Défenseur des droits doit "veiller à ce que, en toutes circonstances, l'État examine avec attention et célérité toute demande du Comité".  
Or, le 7 mai, relève encore le Défenseur des droits, l'État avait dit "ne pas être en mesure de mettre en oeuvre la mesure conservatoire qu'il lui a adressée", estimant que "la remise en cause de la décision d'arrêt des traitements, par une nouvelle suspension qui priverait d'effectivité le droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable, n'est pas envisageable". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn avait aussi indiqué que la France répondrait à la demande du comité mais qu'elle n'était pas tenue, légalement, de la respecter. 


LIRE NOTRE DOSSIER COMPLET

Vincent Lambert, la fin de vie en question





Parallèlement à la saisine du Défenseur des droits, les parents de Vincent Lambert ont tenté, en vain, d'obtenir la suspension de la procédure d'arrêt des soins auprès du tribunal administratif de Paris. Ils peuvent toujours se tourner vers le Conseil d'État. 
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.05.19 19:17

Vincent Lambert : en quoi consiste "l'arrêt des traitements de maintien en vie" ?
Par Hugo Jalinière le 17.05.2019 à 18h07
En état végétatif jugé irréversible, Vincent Lambert devrait faire l’objet d’une procédure d’arrêt des traitements de maintien en vie lundi 20 mai 2019 après 10 ans d’affrontements judiciaires.

Sébastopol Vincent Lambert
Sébastopol, l'hôpital de Reims qui accueille Vincent Lambert.

© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Sauf nouveau rebondissement judiciaire, la procédure d'arrêt des traitements de Vincent Lambert, en état végétatif chronique jugé irréversible* depuis plus de 10 ans, devrait être engagée lundi 20 mai 2019 comme annoncé par son médecin-traitant. Le tribunal administratif de Paris a rejeté, mercredi 15 mai 2019, un recours en urgence des parents de Vincent Lambert. Le dernier possible, selon l'avocate du neveu et de la femme du patient qui plaident pour la fin de vie. Sous certaines conditions, la loi Claeys-Leonetti adoptée en 2016 a ouvert un droit à la “sédation profonde et continue” (SPC) jusqu'au décès du patient. Celle-ci réaffirmait le principe de la première loi Leonetti (2005) sur la fin de vie, à savoir “l'interdiction de l'obstination thérapeutique déraisonnable”. Et c'est sur ce dernier point que les parents de Vincent Lambert d'un côté et son épouse de l'autre se sont affrontés ces dix dernières années. Les premiers jugeant que leur fils est conscient de son environnement, la seconde acceptant le diagnostic établissant l'état végétatif irréversible et assurant que son époux lui avait confié ne pas souhaiter être maintenu en vie en pareil situation.

“L'utilisation de la sédation profonde et continue n'est pas courante mais pratiquée régulièrement dans les services de réanimation ou de soins palliatifs, rappelle la Dr Claire Fourcade, vice-présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs. Mais dans la quasi-totalité des cas on n'en entend jamais parler. Le cas de Vincent Lambert est vraiment exceptionnel du fait de ce combat juridique, relayé par la presse, qui oppose les deux parties autour d'un patient avec lequel aucune communication n'est possible. En principe, une décision d'arrêt des traitements se fait en concertation avec les proches et doit être un facteur d'apaisement pour tout le monde.”

Mourrir de déshydratation
Car dans la plupart des cas, il s'agit de laisser le patient mourir de la maladie qui l'affecte de façon irrémédiable, un cancer en phase terminale par exemple. Là, Vincent Lambert pourrait théoriquement être maintenu en vie des années encore en étant hydraté et alimenté. S'agirait-il d'une “obstination thérapeutique déraisonnable” ? La question est vertigineuse, et chacun peut avoir un avis légitime. Toujours est-il que le débat semble aujourd'hui tranché à la fois sur le plan juridique et médical. “Il faut rappeler que cette décision appartient toujours in fine au corps médical.” Or les médecins de Vincent se sont prononcés maintes fois en faveur d'un accompagnement vers la fin de vie. Une euthanasie qui ne dit pas son nom pour certains, étant donné que le mal dont il souffre ne le tuera pas.

Si la procédure est bien déclenchée le 20 mai, “Vincent Lambert mourra d'une défaillance rénale due à la déshydratation, précise la Dr Claire Fourcade. Mais il faut avoir en tête que la déshydratation a plutôt tendance à diminuer la perception de la douleur.” Par ailleurs, une sédation profonde et continue lui sera également administrée par voie intraveineuse dès le retrait des sondes d'alimentation et d'hydratation pour éviter tout inconfort. “C'est une benzodiazépine, le midazolam, qui est utilisée. Un médicament de sédation ayant un effet puissant, mais très bref, de façon à pouvoir maîtriser au plus près ses effets.” Pourquoi, serait-on tenté de se demander, puisque Vincent Lambert est censé ne plus percevoir aucune sensation ? “Il faut toujours être très prudent avec la douleur qui est une perception très primitive, on ne sait jamais. Lorsqu'un patient n'est plus en mesure de communiquer, on préfère soulager trop que pas assez. D'ailleurs, cette sédation n'a pas d'effet antalgique à proprement parler, aussi ajoute-t-on des antidouleurs qui ont une action plus spécifique. Dans ce cas précis, il est probable que ça ne soit pas utile au plan médical, mais comme je ne me suis jamais occupée de Vincent Lambert, il m'est difficile d'être catégorique.”

Les différents états de conscience

Examiné par plusieurs équipes médicales depuis 10 ans, Vincent Lambert est en état végétatif (stade 4 sur l'image ci-dessous). Autrement dit, il est éveillé, mais sans conscience de soi ni de son environnement. Cet état peut être transitoire ou irréversible. Selon la dernière expertise collégiale commandée par la justice et rendue en novembre 2018, “Vincent Lambert est dans une situation d'impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles dont il a été victime en 2008, soit une durée de suivi évolutif de dix années”. Le rapport concluait ainsi à un “état végétatif chronique irréversible”.

Combien de temps avant le décès ?
L'arrêt des traitements de maintien en vie - en l'occurrence l'alimentation et l'hydratation - ne signifie donc pas un arrêt des soins. "C'est une expression qu'on entend trop souvent dans les médias, alors que concrètement c'est tout le contraire qui se passe : plus de soins, plus de vigilance sur l'état du patient", insiste le Dr Fourcade. "Les soins de bouche sont ainsi très importants pour éviter toute sensation de soif. Car celle-ci provient d'une bouche asséchée plutôt que de la déshydratation elle-même. Ainsi, toutes les une ou deux heures, du personnel médical vient au chevet du patient pour l'humidifier, à l'aide de gels spéciaux ou de brumisateurs. Des soins d'hygiène élémentaire sont aussi apportés, des massages, etc."

Vient une question délicate : combien de temps entre le début de la procédure d'arrêt des traitements de maintien en vie et le décès effectif du patient ? "Là c'est impossible de répondre. Non seulement parce qu'un décès par déshydratation est très variable selon l'âge ou la condition des patients. Mais surtout parce que cela va au-delà du médical : certains patients qui semblent bien vont lâcher prise très vite. D'autres au contraire, très affaiblis, vont tenir longtemps au regard de leur condition. Après 20 ans de pratique en soins palliatifs je suis encore et toujours très étonnée d'observer ces différences imprévisibles sur le plan clinique. Le patient est seul face à sa mort."

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/vincent-lambert-en-quoi-consiste-l-arret-des-soins_133699
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.05.19 10:50

Affaire Vincent Lambert: vers un possible épilogue avec l'arrêt programmé des soins
FRANCE  FAITS DE SOCIÉTÉ
PAR LA RÉDACTION Mis à jour le 18/05/2019 à 10:34 Publié le 18/05/2019 à 10:00
Vincent Lambert en septembre 2013 à l'hôpital.
Vincent Lambert en septembre 2013 à l'hôpital. Photo AFP/avec la permission de la famille Lambert

L'affaire Vincent Lambert, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, pourrait connaître son épilogue à partir de lundi avec l'arrêt programmé des traitements de ce patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, combattu jusqu'au bout par ses parents.
Selon une source médicale, ce protocole de fin de vie pourrait durer de deux à quatre jours et comprendre, outre l'arrêt des machines à hydrater et alimenter, une sédation "contrôlée, profonde et continue" de cet homme aujourd'hui âgé de 42 ans, ainsi qu'une prise d'analgésique "par précaution".

UN RASSEMBLEMENT CE DIMANCHE

Farouchement opposés à l'arrêt du traitement, les parents du patient appellent à un rassemblement devant l'hôpital Sébastopol dimanche dès 15 heures pour "supplier" les médecins "de continuer à nourrir et hydrater" leurs fils.

Cette famille est déchirée: d'un côté les parents, Viviane (73 ans) et Pierre (90 ans), fervents catholiques, ainsi qu'un frère et une soeur; de l'autre l'épouse de Vincent, Rachel, six frères et soeurs et son neveu François dénoncent un acharnement thérapeutique.

Depuis 2013 et un premier arrêt des soins, stoppé sur décision judiciaire, les parents ont multiplié les recours devant maintes juridictions. L'un des derniers en date, devant le Conseil d'Etat, s'est conclu en avril par un énième rejet, ouvrant la voie à un nouvel arrêt des soins... jusqu'à vendredi soir.

Les avocats des parents ont en effet brandi un document d'un organisme de l'ONU, le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH), demandant de nouveau à la France de ne pas suspendre les soins dans l'attente de l'examen du dossier sur le fond par ses soins. Mais la France répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

Aucune information ne filtre en tout cas sur le dispositif de sécurité pour protéger la mise en place de ce protocole toujours controversé. Le préfet de la Marne Denis Conus a fait sobrement savoir : "La préfecture est informée de la situation et ne souhaite pas communiquer". Seule certitude échappée des silences officiels: aucune entrée ne sera autorisée sur le site de Sébastopol, déjà soumis à des conditions d'accès draconiennes depuis que l'affaire Lambert a pris cette dimension.

"Je ne vois pas pourquoi il y aurait des débordements" devant l'hôpital, estime cependant l'un des avocats des parents, Me Jean Paillot, alors que, du côté de la famille de Vincent Lambert favorable à l'arrêt des traitements, certains expriment la crainte de voir des gens s'enchaîner aux grilles de l'enceinte de l'hôpital ou, pire, tenter un enlèvement de Vincent Lambert.

La chose paraît cependant peu vraisemblable tant le service des soins palliatifs et de l'unité "cérébrolésés" que dirige le Dr Vincent Sanchez, qui a annoncé le 10 mai à la famille l'interruption des traitements, est en lui-même un bunker hermétique au sein du site Sébastopol.

LE DÉBAT INÉVITABLE

Dans son livre "Ma vérité sur l'affaire Lambert" paru en 2015, le Pr Éric Kariger, l'ancien médecin de Vincent Lambert de 2009 à 2014, décrit ainsi les conditions d'hospitalisation de son patient.

"Le CHU installe une caméra à l'entrée de sa chambre, équipe sa porte d'une serrure capable de tracer les entrées et les sorties, perce un hublot dans sa porte de façon à pouvoir l'observer sans l'ouvrir. Des rondes sont organisées. Les visiteurs sont obligés de passer nous voir. Nous vérifions leur identité, conservons leur carte d'identité le temps de la visite".

"Rajouter du temps, c'est rajouter de la souffrance à Vincent Lambert, à sa famille, à l'équipe soignante" confie le Dr Kariger, toujours favorable à l'arrêt des traitements. Chrétien revendiqué, il s'étonne par ailleurs de la position récente de l'archevêque de Reims. "Les spécialistes semblaient s'accorder sur le fait que M. Vincent Lambert, si dépendant soit-il depuis son accident, n'est pas en fin de vie. Tout en saluant l'engagement des équipes du CHU de Reims, on peut s'étonner que M. Lambert n'ait pas été transféré dans une unité spécialisée dans l'accompagnement des patients en état végétatif" écrivait l'homme d'Église dans un communiqué le 13 mai.

Une "Prière à Vincent Lambert" sera aussi proposée dimanche à la lecture dans toutes les églises du diocèse de Reims. Ces derniers mots: "Prions pour que notre société française ne s'engage pas sur la voie de l'euthanasie".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.05.19 14:53

Affaire Vincent Lambert: Ses parents implorent Emmanuel Macron de maintenir les traitements
EUTHANASIE Ce patient tétraplégique en état végétatif est au coeur d'une bataille judiciaire entre ses parents et sa femme depuis plus de dix ans

B.D. avec AFP Twitter  
Publié le 18/05/19 à 13h53 — Mis à jour le 18/05/19 à 13h53

Les parents de Vincent Lambert, Viviane Lambert et Pierre Lambert se battent depuis des années pour que leur fils, tétraplégique et dans un état végétatif soit maintenu en vie. Le Conseil d'Etat doit rendre sa décision vendredi 29 mars 2019 sur ce sujet épineux au terme d'une longue bataille judiciaire.
Les parents de Vincent Lambert, Viviane Lambert et Pierre Lambert se battent depuis des années pour que leur fils, tétraplégique et dans un état végétatif soit maintenu en vie. Le Conseil d'Etat doit rendre sa décision vendredi 29 mars 2019 sur ce sujet épineux au terme d'une longue bataille judiciaire. — AFP
Les avocats des parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, implorent Emmanuel Macron de faire « respecter les mesures provisoires réclamées » par un comité de l’ONU en maintenant les traitements, dans une lettre ouverte ce samedi, à deux jours de l’arrêt programmé des soins.

« Monsieur le Président, Vincent Lambert mourra privé d’hydratation dans la semaine du 20 mai si vous ne faites rien et vous êtes le dernier et le seul à pouvoir intervenir », écrivent Jean Paillot et Jérôme Triomphe, avocats des parents et frère et sœur opposés à l’arrêt des traitements. « Nous venons vous demander de faire respecter par le ministre de la Santé les obligations de la France au profit d’un homme handicapé ».

La France n’est pas tenue « légalement » par le CDPH
Le Comité international des droits des personnes handicapées (CDPH) relevant du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a redemandé vendredi à la France de « prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation entérales » de Vincent Lambert « ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier par le Comité ».

Cette demande ne devrait pas modifier la position de la France qui met en avant le « droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable ». Le 5 mai, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait aussi expliqué que la France n’était pas tenue « légalement » par ce comité.

« Quelle est cette urgence à ce que Vincent Lambert meure ? »
Le CDPH avait déjà formulé la même demande le 3 mai. Il précisait alors que la France avait un délai de 6 mois pour lui fournir ses observations avant une instruction sur le fond. « Si la France maintient son refus de respecter les mesures provisoires réclamées par deux fois par le CDPH (…) il est certain que la France sera sévèrement condamnée à l’issue de l’examen de notre recours et sera désignée à la communauté internationale comme ayant violé le droit de recours individuel et les droits de l’Homme qui l’obligeaient », prédisent Mes Paillot et Triomphe.

« Monsieur le Président, au moment même où la France prend la présidence du Conseil de l’Europe pour les six prochains mois, quel signal désastreux notre pays est-il en train de lancer, à la fois aux personnes handicapées et à la communauté internationale ? » ajoutent-ils. « Quelle est cette urgence à ce que Vincent Lambert meure ? »

Selon eux, sa mort « apparaîtra aux yeux de la postérité comme un crime d’État commis au prix d’un coup de force contre l’État de droit ». Le 10 mai, le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé à la famille l’interruption des traitements, à partir de lundi.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.05.19 19:47

François-Xavier Bellamy sur la mort programmée de Vincent Lambert : “On se prépare à construire un monde inhumain”
Par Auteur valeursactuelles.com / Samedi 18 mai 2019 à 20:00 7
François-Xavier Bellamy. Photo © Lionel BONAVENTURE / AFP François-Xavier Bellamy. Photo © Lionel BONAVENTURE / AFP
Invité ce 17 mai dans la matinale de Radio Notre-Dame, François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, a dénoncé l’attitude “écoeurante” de ceux qui demandent la mort de Vincent Lambert pour “servir la cause de l’euthanasie”. Dans cette affaire, c’est selon lui “le sort de toutes les personnes handicapées, vieillissantes et dépendantes”, c’est à dire fragiles, qui est en jeu.

François-Xavier Bellamy était l’invité, ce vendredi, de la matinale de Radio Notre-Dame, pour répondre notamment aux questions des auditeurs. A l’un d’entre eux qui lui demande s’il trouve cela « juste » que Vincent Lambert, « lourdement handicapé mais nullement en fin de vie, soit condamné à mourir par arrêt de son hydratation et de son alimentation », il répond sans détour, après l’avoir rassuré sur sa « liberté totale » d’évoquer ces sujets depuis son entrée dans le monde politique.

« Le regard que nous portons sur Vincent Lambert, c’est le regard que nous portons sur notre propre humanité. Vous avez raison de le dire : Vincent Lambert incarne l’absolue fragilité » explique-t-il avant d’attaquer ceux qui instrumentalisent le cas de ce patient en état de conscience minimal pour promouvoir leur idéologie : « Je trouve écoeurant, scandaleux, vraiment scandaleux, qu’autour de cette situation infiniment éprouvante, nous voyions arriver tous ceux qui tentent de propager leur idéologie mortifère. Ceux qui voudraient servir la cause de l’euthanasie, qui défendent le droit à mourir dans la dignité, mais dont on voit bien qu’en réalité, ils commencent par considérer comme indignes de vivre tous ceux qui traversent cette fragilité ».

« Est-ce que la dépendance rend la vie humaine indigne d’être vécue ? »
« Au fond, ajoute encore la tête de liste Les Républicains, derrière Vincent Lambert, il y a le sort de toutes les personnes handicapées, le sort des personnes vieillissantes, le sort des personnes dépendantes, c’est cela qui est en jeu ». Le professeur de philosophie évoque un article « magnifique » de La Croix rapportant l’inquiétude des familles dont un proche se trouve également en état pauci-relationnel, et qui attendent avec anxiété le dénouement de cette affaire médiatisée qui pourrait faire jurisprudence : « Il faut le savoir, il n’est pas seul. 1500 personnes en France vivent dans cette situation, dans cet état de dépendance extrême » précise Bellamy.

Sans être relancé par le journaliste, il poursuit : « Alors oui, c’est vrai, Vincent Lambert vit dans un état de dépendance extrême. Mais la grande question, c’est : est-ce que la dépendance rend la vie humaine indigne d’être vécue ? C’est ça le grand point de bifurcation, le grand point bioéthique que nous aurons à décider dans les années qui viendront. Nous allons être la première génération à décider de l’avenir de la condition humaine, et il va falloir que nous puissions donner une réponse à cette question fondamentale. La vie humaine, est-ce que c’est effectivement l’indépendance, l’autonomie, l’émancipation de l’individu - comme le dit le progressisme, comme le disent Ismaël Emelien et David Amiel, les conseillers du président de la République qui ont publié un livre récemment - moi je ne le crois pas. Je crois que la vie humaine, c’est la dépendance. Nous avons commencé dépendants. Nous avons tous été enfants. Nous sommes tous dépendants aujourd’hui de tous ceux qui nous entourent. Et nous finiront tous notre vie probablement dans cette expérience d’une dépendance redevenue consistante dans notre vie par le fait même de la vieillesse. Je crois qu’il faut assumer cela ».

Et de conclure : « Si l’on veut considérer que Vincent Lambert n’est pas digne de vivre parce qu’il est dépendant, alors, on se prépare à construire un monde inhumain ».

La vérité médicale malmenée par les défenseurs de l’euthanasie
Le 22 juillet 2015, déjà, celui qui n’était alors pas engagé en politique analysait dans un texte publié par Le Figaro les enjeux éthiques de l’affaire Vincent Lambert. « Si la vie de Vincent Lambert devait n’être plus jugée humaine – parce qu’inutile, impuissante, non conforme aux normes du bonheur et de la performance sociale –, alors laquelle de nos existences sera longtemps digne d’être prolongée ? » écrivait-il, avant d’ajouter : « Une question demeure toujours, que Vincent Lambert incarne aujourd’hui sans l’avoir voulu : « A qui avons-nous affaire exactement quand nous voyons ce corps souffrant ? » Ou quand nous refusons de le voir – manière de montrer, malgré nous, que nous préférons encore ne pas reconnaître en lui notre semblable… Là est la question décisive. Car s’il s’agit d’un semblable, d’un innocent simplement frappé par la dépendance, alors décider ainsi de sa vie ou de sa mort, comme on s’apprête à le faire ce matin, est à soi seul un crime contre l’humanité - et la nôtre autant que la sienne. »

Le 12 mai dernier, Jean Leonetti, vice-président délégué des Républicains et père de la loi éponyme, avait salué une décision « conforme à la loi » après l’annonce du docteur Sanchez . Il ajoutait : « Ce n’est pas une situation de handicap, c’est une situation de prolongation artificielle de la vie ». Un mensonge maintes fois démenti par d’éminents médecins, encore très récemment par le professeur Xavier Docrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville, qui rétablit la vérité médicale dans une tribune publiée par Valeurs actuelles.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.05.19 20:31

"son corps est vivant"... et c'est la parole d'un évêque ! çà me laisse songeuse
A propos du Corps du Christ, les cathos traditionnalistes et les cathos progressistes ont été divisés, se divisent et se diviseront. Comme c'est curieux et étrange, le fait qu'ils se rassemblent au sujet de la fin de vie d'une personne handicapée !
ce qui leur permet d'oublier le pb d'accessibilité des églises aux personnes en fauteuil roulant...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.05.19 20:58

Le médecin traitant a informé la famille qu’il cesserait de l’alimenter à partir du 20 mai. L’accès à l’hôpital est déjà restreint.

Sur la porte vitrée du CHU de Reims, une affichette Vigipirate a été placardée: «Sécurité renforcée, risque attentat». Une «Note à l’intention du public» détaillant «différentes mesures de sécurisation mises en place pour une durée indéterminée» a été ajoutée vendredi. C’est ce jour-là que le médecin de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état de conscience minimale depuis dix ans, a annoncé à ses parents que «l’arrêt des traitements et la sédation profonde et continue» allaient être «initiés au cours de la semaine du 20 mai».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 12:18

Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?
Par Valérie Depadt et Emmanuel Hirsch | 19/05/2019, 10:07 |

Rachel Lambert, la femme de Vincent Lambert, à la Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg, en janvier 2015.
Rachel Lambert, la femme de Vincent Lambert, à la Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg, en janvier 2015. (Crédits : Reuters)
IDEE. Le débat autour de la décision d’arrêt des soins de M. Vincent Lambert a occulté des questions judiciaires et éthiques non moins importantes. Retour sur une situation complexe, qui fera jurisprudence. Par Valérie Depadt, Université Paris 13 – USPC et Emmanuel Hirsch, Université Paris-Saclay
Vendredi 10 mai 2019, le médecin du CHU du Reims en charge du suivi de M. Vincent Lambert a informé ses proches de sa décision d'arrêter ses traitements, et de mettre en place dans la semaine du 20 mai une sédation profonde et continue, jusqu'au décès.

Il ne s'agit pas ici de commenter une décision qui semble indiquer la conclusion prochaine des controverses qui se sont développées depuis 2013. Toutefois, il est important de se pencher sur ce cas particulier, car il semble justifier une évolution de la loi du 2 février 2016créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite loi « Claeys Leonetti ».

Depuis le 29 septembre 2008, jour de l'accident de la route qui a provoqué les importantes lésions cérébrales ayant laissé M. Vincent Lambert dans un état neuro-végétatif jugé irréversible par ses médecins, l'arrêt des soins a été prononcé à cinq reprises. Autant de rebondissements qui mettent en lumière la complexité du processus décisionnel concernant des personnes en situation de handicap cérébral en « état d'éveil non-répondant ».

Depuis 2013, les membres de la famille de M. Vincent Lambert se livrent à une âpre bataille juridique quant à l'arrêt des soins. D'un côté la femme de M. Vincent Lambert (ainsi que sa sœur et l'un de ses neveux), qui est aussi sa tutrice légale depuis 2016, demande la sédation et l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de son mari. Selon elle, avant son accident il avait « clairement » indiqué qu'il ne souhaitait pas d'acharnement thérapeutique. De l'autre côté, les parents de M. Vincent Lambert, opposés à l'euthanasie, demandent son maintien en vie et son transfert en établissement spécialisé.

Juridiquement parlant, la situation est complexe, puisque M. Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, qu'il n'a pas manifesté de façon certaine sa volonté d'arrêt des soins sous forme de directives anticipées, et qu'il n'est plus en mesure de le faire. Ce contexte pose en réalité deux questions bien distinctes : d'une part celle des conditions de vie de M. Vincent Lambert en tant que personne en situation de handicap cérébral, d'autre part celle de l'arrêt de ses soins, c'est-à-dire de l'alimentation et de l'hydratation pour une personne qui n'est pas en fin de vie.

Un environnement de soins inadapté ?
La focalisation judiciaire et médiatique sur la décision d'arrêt des soins semble avoir occulté la question essentielle du contrôle des conditions de vie actuelles de M. Vincent Lambert. La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé précise en effet que « la personne malade a droit au respect de sa dignité » et que « les professionnels mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. »

En mai 2002, soit deux mois après le vote de la loi, une circulaire du ministère chargé de la Santé prescrivait les conditions de « création d'unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel ». Y est notamment évoqué le concept de « soins prolongés » s'adressant à des personnes « atteintes de maladies chroniques invalidantes avec risque de défaillance des fonctions vitales, nécessitant une surveillance médicale constante et des soins continus à caractère technique ».

Cette loi doit s'appliquer de manière inconditionnelle à toute personne, quelles que soient ses altérations cognitives et l'amplitude de ses handicaps. M. Vincent Lambert n'est pas en réanimation ou en fin de vie : il devrait donc bénéficier des droits et des soins adaptés au confort de vie d'une personne en situation de handicap.

Or, étant hospitalisé au CHU de Reims, il ne bénéficie pas de l'environnement justifié par son état de handicap : absence des dispositifs adaptés que prescrit la circulaire, contacts limités à l'équipe soignante et aux proches autorisés, chambre fermée d'où on ne le sort jamais. Cette situation dure depuis 2013, année de déclenchement de la procédure judiciaire qui devait aboutir rapidement à une décision, laquelle n'est survenue qu'au bout de six ans. De ce point de vue, on peut considérer que le droit à la dignité, tel que défini tant par l'article L1110-2 du Code de la santé publique que par la Convention européenne, est contesté à M. Vincent Lambert.

Le problème de l'arrêt des soins en absence de directives anticipées
Le Conseil d'État, dans sa décision du 24 avril 2019 validant l'arrêt des traitements, prend appui sur la loi du 2 février 2016 « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ».

Or, M. Vincent Lambert n'est pas en fin de vie. Dès lors, et en l'absence de directives anticipées, un arrêt des soins ne peut être décidé que sur le fondement de l'obstination déraisonnable, par application de l'article L 1110-5-1 du Code de la santé publique. Celui-ci définit l'obstination déraisonnable comme la situation dans laquelle les traitements destinés à maintenir une personne en vie « apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».

Or, pour certains experts consultés au cours des quatre procédures collégiales successives, notamment ceux qui ont rendu le rapport du 22 novembre 2018, les soins prodigués à M. Vincent Lambert (lesquels se limitent aujourd'hui à l'alimentation et l'hydratation artificielle) ne relèvent pas d'une obstination déraisonnable. Ils ne sont que l'accompagnement ordinaire d'une personne en état de conscience altérée. Ce même rapport confirme toutefois l'« état végétatif chronique irréversible » du patient.

Le maintien en vie de M. Vincent Lambert a été déterminé par une série d'expertises portant sur la nature de son handicap et son irréversibilité, pour arriver à conclure qu'il était dans cette situation « d'état végétatif constant ». Les échanges ont porté sur les conditions d'exercice desdites expertises, du fait de la fluctuation des réactions des personnes atteintes d'un handicap cérébral.

Ces expertises ont donné lieu à des discussions et controverses sur le caractère déraisonnable ou non de la poursuite des soins. L'enjeu est en effet important : la décision concernant M. Vincent Lambert pourrait faire jurisprudence, ce contre quoi le Conseil d'État mettait en garde, dans son premier rapport. Que comprendre de cette situation ?

Tout d'abord que la notion « d'obstination déraisonnable » telle qu'elle existe dans le droit positif donne lieu à des errements inadmissibles en la matière dans un contexte particulièrement sensible. Ensuite, que le débat n'est pas seulement juridique, mais également éthique : faut-il acter que la considération d'un handicap peut constituer le critère majeur de l'obstination déraisonnable ?

Des vies « indignes d'être vécues » ?
Dans son rapport du 5 mai 2014, le Comité consultatif national d'éthique affirme que

« La situation d'une personne qui est depuis plusieurs années dans un état de conscience minimale ou état pauci-relationnel représente une situation particulière et extrême de handicap lourd et stable, ne mettant pas en jeu le pronostic vital, qui est aussi celle d'autres personnes atteintes de polyhandicap et incapables d'exprimer leur volonté. »

En France, plusieurs centaines de personnes vivent aujourd'hui en état dit « pauci-relationnel » ou « végétatif chronique ». Du point de vue éthique, aucune instance n'a autorité à « penser » comme s'il s'agissait d'une évidence, que, totalement dépendantes et entravées dans leurs facultés relationnelles, la persistance de leur vie relève d'une « obstination déraisonnable ». Sans quoi il conviendrait de renoncer à réanimer toute personne dont on estimerait a priori qu'elle ne retrouverait pas son autonomie, et de s'interroger sur le statut et les droits des personnes en phase évoluée de maladies neurologiques évolutives à impact cognitif, par exemple la maladie d'Alzheimer...

Le cas de M. Vincent Lambert montre qu'il faudrait clarifier les concepts de fin de vie et d'obstination déraisonnable s'agissant des personnes atteintes de tels handicaps, afin de nous prémunir d'interprétations préjudiciables à la personne malade. En outre, il constitue une opportunité de réflexion sur les situations inhérentes à la chronicité de certaines maladies, aux conséquences des maladies évolutives ou aux handicaps sévères qui limitent ou abolissent les facultés cognitives, voire la vie relationnelle de la personne. Ces réalités humaines ne peuvent être abordées sous le seul prisme de l'aménagement des conditions visant à mettre un terme à une existence estimée injustifiée. Reste toutefois posée la question si délicate à aborder d'une personne qui n'est pas en capacité d'exprimer son refus d'un soin ou d'un accompagnement...

Considéré parfois comme un acharnement juridique résultant de controverses intrafamiliales exacerbées par des prises de position publiques inconsidérées, notamment de la part de médecins, le cas très particulier de M. Vincent Lambert interroge plus largement sur l'effectivité de nos solidarités et de notre sollicitude à l'égard de malades en situation de vulnérabilité extrême. Autant de questions essentielles, qui alimenteront le débat à la veille de la révision des lois de bioéthique, attendue pour cet été.

The Conversation _______

Par Valérie Depadt, Maître de conférences en droit, Université Paris 13 - USPC et Emmanuel Hirsch, Professeur d'éthique médicale, Université Paris-Saclay
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 17:32

« Nouveaux recours » des parents de Vincent Lambert contre l’arrêt programmé des soins lundi
L'hôpital Sebastopol de Reims, photo d'illustration. L'hôpital Sebastopol de Reims, photo d'illustration. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)
« Ils saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez», précisent leurs avocats.
Par L'Obs avec AFP Publié le 19 mai 2019 à 12h02

Les parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, vont déposer de « nouveaux recours » lundi, jour du début programmé de l’arrêt des traitements auquel ils s’opposent, ont annoncé leurs avocats dimanche sans préciser devant quelle juridiction.

« Les parents de Vincent Lambert saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez ainsi que de poursuites pénales à son encontre », ajoutent dans un communiqué Jean Paillot et Jérôme Triomphe, à propos du médecin dirigeant le service des soins palliatifs et l’unité « cérébrolésés » de l’hôpital Sébastopol de Reims où il est hospitalisé.

Arrêt des soins prévu cette semaine
Après la validation par le Conseil d’Etat fin avril de la décision médicale d’arrêter l’alimentation et l’hydratation, le Dr Vincent Sanchez a annoncé à la famille l’arrêt des soins la semaine du 20 mai.

Les avocats des parents ont depuis saisi un organisme de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui a demandé à la France de ne pas suspendre les soins dans l’attente de l’examen du dossier sur le fond par ses soins. Mais la France répète que ces mesures conservatoires « sont dépourvues de caractère contraignant » et met en avant le « droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable ».

Samedi, les avocats des parents ont aussi imploré Emmanuel Macron de faire maintenir les traitements dans une lettre ouverte, qualifiant la mort programmée du patient de « crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit ».

Avec ces « nouveaux recours dès lundi », ils entendent faire « respecter les mesures provisoires réclamées à deux reprises par l’ONU et dont le défenseur des Droits a rappelé le caractère obligatoire ».
Un message que les parents du patient reprendront dimanche après-midi devant l’hôpital Sébastopol où ils ont appelé à un rassemblement pour « supplier » les médecins « de continuer à nourrir et hydrater » leurs fils.

Ancien infirmier psychiatrique, Vincent Lambert se trouve depuis plus de dix ans en état végétatif à la suite d’un accident de la route survenu en septembre 2008, quand il avait 32 ans.

L’affaire, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille depuis six ans: d’un côté, les parents, un frère et une soeur s’opposent à l’arrêt des soins; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et soeurs du patient dénoncent un « acharnement thérapeutique ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 17:43

Affaire Vincent Lambert: François-Xavier Bellamy demande l'intervention d'Emmanuel Macron
19/05/2019 à 14h37
Xavier Bellamy.jpg
La tête de liste Les Républicains aux prochaines élections européennes déclare avoir "du mal à comprendre qu'on se précipite" pour arrêter les traitement de ce patient en état végétatif depuis plus de dix ans.
François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, a demandé dimanche "qu'on se laisse le temps" dans le dossier Vincent Lambert, dans lequel Emmanuel Macron devrait intervenir, selon lui.

Les parents de ce patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans vont déposer de "nouveaux recours" lundi 20 mai, jour du début programmé de l'arrêt des traitements auquel ils s'opposent, ont annoncé leurs avocats dimanche sans préciser devant quelle juridiction.

Tout en soulignant qu'il s'agit "d'une question complexe", le professeur de philosophie, interrogé lors du grand jury RTL/Le Figaro/LCI, a estimé qu'on "devrait écouter le comité pour les droits des personnes handicapées (de l'ONU, ndlr) qui demande qu'on se laisse le temps".

"Il y a aujourd'hui 1500 patients français qui sont dans des situations proches de la sienne, des instituts spécialisés proposent d'accueillir Vincent Lambert, j'ai du mal à comprendre qu'on se précipite", a-t-il ajouté, en exprimant "sa compassion" pour ses "parents qui vivent ce compte à rebours qui a quelque chose d'atroce".

"Je crois que (Emmanuel Macron) devrait intervenir, je crois qu'il devrait donner son sentiment sur cette question fondamentale", a aussi plaidé François-Xavier Bellamy, qui juge que "derrière Vincent Lambert, c'est la question de notre rapport à l'extrême dépendance qui se joue".

Interrogé sur des appels à légaliser l'euthanasie, le professeur de philosophie a répondu que "la loi (Léonetti) mérite d'être appliquée d'abord":

"Si nous entrons dans cette voie dangereuse qui consiste à dire qu'une vie dépendante, une vie fragile, une vie malade, ne mérite pas d'être vécue, alors nous allons construire un monde inhumain et c'est un enjeu majeur des années à venir", a-t-il mis en garde.

"Je n'ai pas à dire ce que je pense de cette affaire", estime Nathalie Loiseau
Alors que les élections européennes du 26 mai se rapprochent à grands pas, Nathalie Loiseau, tête de liste La République en Marche, a elle aussi réagi sur France 3 à la demande des parents de Vincent Lambert, qui réclament l'intervention du chef de l'État:

"Le président de la République ne veut pas aller à l'encontre de décisions de justice, il peut simplement donner sa grâce à un condamné, ce qui est très différent de ce que les parents de Vincent Lambert demandent. [...] Je me mets à la place de ses parents, je pense qu'ils vivent une tragédie, je pense que personne ne peut juger, que c'est très douloureux, que rien de tout cela n'est simple, mais je ne suis ni juge, ni médecin, donc je n'ai pas à dire ce que je pense de cette affaire", a-t-elle ajouté.

L'ONU demande de ne pas suspendre le traitement
Après la validation par le Conseil d'Etat fin avril de la décision médicale d'arrêter l'alimentation et l'hydratation, le docteur Vincent Sanchez a annoncé à la famille l'arrêt des soins la semaine du 20 mai.

Les avocats des parents ont depuis saisi un organisme de l'ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui a demandé à la France de ne pas suspendre les soins dans l'attente de l'examen du dossier par ses soins.

Mais la France répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 19:09

Vincent Lambert : la tension monte avant l'arrêt des soins
Par Marie Ottavi, photo Fred Kihn pour Libération — 19 mai 2019 à 18:44
Les parents de Vincent Lambert, Pierre et Viviane, à la manifestation devant le CHU de Reims, dimanche. Photo Fred Kihn pour Libération
Alors que l'arrêt des soins de l'ancien infirmier en état végétatif depuis dix ans est programmé à partir de ce lundi, les avocats de ses parents et leurs troupes ont manifesté devant le CHU de Reims. Ils vont déposer de «nouveaux recours» et entamé des poursuites contre le Dr Vincent Sanchez.
Vincent Lambert : la tension monte avant l'arrêt des soins
Ils ne céderont pas. Jusqu’au bout, les parents de Vincent Lambert, 42 ans aujourd’hui, en état végétatif depuis dix ans suite à un accident de la route survenu en septembre 2008, useront de tous les recours possibles pour conserver leur fils en vie. Alors que le sort de l’ancien infirmier psychiatrique doit être scellé ces prochains jours, 150 personnes se sont rassemblées dimanche devant les grilles de l’hôpital Sébastopol à Reims à l’appel de Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent, âgés de 90 et 73 ans. Présente à la manifestation avec son mari, Viviane Lambert voulait «supplier de laisser en vie son fils» et a demandé que les médecins continuent à «hydrater et nourrir Vincent», ajoutant qu'«en France, en 2019, personne ne devrait mourir de faim et de soif».

Suite au rejet de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) d’une autre requête des parents de Vincent Lambert contre l’arrêt du Conseil d’Etat qui a validé la décision d’arrêter les soins de leur fils, le docteur Vincent Sanchez, du CHU de Reims, avait annoncé dans une lettre adressée aux proches de son patient que «l’arrêt des traitements» et la mise en place d’une «sédation profonde et continue jusqu’au décès», ce qu’autorise la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, seraient lancés la semaine du 20 mai.
«Nouveaux recours»
A l’approche de l’arrêt des soins, les parents de Vincent Lambert multiplient les actions pour réaffirmer leur opposition. Dimanche matin, leurs avocats ont une fois de plus riposté et annoncé qu’ils déposeraient dès lundi «trois nouveaux recours» contre l’arrêt programmé des soins, sans préciser devant quelle juridiction. Ils veulent également attaquer le docteur Vincent Sanchez. «Les parents de Vincent Lambert saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez ainsi que de poursuites pénales à son encontre», ont ajouté les avocats Jean Paillot et Jérôme Triomphe dans un communiqué, à propos du médecin dirigeant le service des soins palliatifs et l’unité «cérébrolésés» de l’hôpital Sébastopol de Reims où Vincent Lambert est hospitalisé.

L’affaire a aussi pris un tour politique après les déclarations de François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes qui a déclaré dimanche au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro qu’il se plaçait du côté des parents de Vincent Lambert : «Comment ne pas les soutenir dans l’épreuve qu’ils traversent ? J’ai beaucoup de compassion pour eux, ils vivent un compte à rebours atroce. Nous devrions retenir l’avis du Comité des droits des personnes handicapées.» Il faisait allusion aux mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) au début du mois de mai, enjoignant à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins avant une instruction sur le fond. La France répète de son côté que ces mesures conservatoires «sont dépourvues de caractère contraignant» et met en avant le «droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable». Fervent catholique, François-Xavier Bellamy a plaidé dimanche pour «qu’on se laisse le temps» dans ce dossier dans lequel Emmanuel Macron devrait intervenir, selon lui.

Semaine éprouvante
Proches des milieux catholiques traditionalistes, les parents de Vincent Lambert avaient reçu samedi le soutien de la Conférence des évêques français (CEF). Le groupe bioéthique de la CEF s’interroge dans un communiqué : «Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ?» Les évêques déplorent que le gouvernement veuille passer outre l’avis du CIDPH qui recommande la suspension de décision d’arrêt des soins.

Saisi le 13 mai par les avocats des parents de Vincent Lambert, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, avait quant à lui estimé vendredi qu’il «ne lui appartient pas» de trancher entre la demande des parents de Vincent Lambert, et les décisions du Conseil d’Etat et de la CEDH.

Dans une lettre ouverte publiée samedi, les parents de Vincent Lambert ont assuré que la mort de leur fils, si elle survient comme prévu cette semaine, «apparaîtra aux yeux de la postérité comme un crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit».

Pour l’heure, l’hôpital de Reims s’est organisé pour mettre Vincent Lambert en sécurité. L’accès à sa chambre d’hôpital est strictement contrôlé, autorisé à quinze membres de sa famille et à l’équipe médicale. Une semaine éprouvante débute ce lundi pour les différentes parties impliquées dans cette affaire longue de dix ans.

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 19:22

Affaire Vincent Lambert : Jean-Luc Romero exprime sa "colère" sur RTL
INVITÉ RTL - Pour Jean-Luc Romero, président de l'Association du droit à mourir dans la dignité, le cas de Vincent Lambert est emblématique des manquements législatifs sur la fin de vie en France.
Jean-Luc Romero, président de l'ADMD en octobre 2017
Jean-Luc Romero, président de l'ADMD en octobre 2017
Crédit : XAVIER LEOTY / AFP
Philippe Robuchon
Philippe Robuchon
et Claire Gaveau

PUBLIÉ LE 19/05/2019 À 18:38 MIS À JOUR LE 19/05/2019 À 19:13
L'affaire Vincent Lambert continue de susciter polémiques et avis divergents sur la gestion de la fin de vie. Sur RTL dimanche 19 mai, alors que les parents de Vincent Lambert dénoncent l'euthanasie de leur fils devant le CHU de Reims, Jean-Luc Romero exprime sa "colère".

"Évidemment, c'est une affaire douloureuse", déclare le président de l'Association du droit à mourir dans la dignité. "Mais je suis très en colère, en Belgique ça ne pourrait pas arriver. La personne qui doit décider en premier c’est la femme, après ce sont les enfants adultes, et enfin les parents. (...) Si on avait une loi bien faite, nous n’en serions pas là" poursuit-il.

Pour Jean-Luc Romero, cette affaire illustre parfaitement les dysfonctionnements de la loi français. "On voit bien que ça ne fonctionne pas. C'est une loi faite par des médecins pour des médecins", déplore-t-il.

À lire aussi
Viviane et Pierre Lambert, les parents de Vincent Lambert, juin 2016
VINCENT LAMBERT
Affaire Vincent Lambert : les avocats des parents annoncent de "nouveaux recours"
Alors que les parents de Vincent Lambert implorent dorénavant Emmanuel Macron d'intervenir dans ce dossier, Jean-Luc Romero rappelle que ce n'est pas le "rôle" du chef de l'État. "Il y a une séparation des pouvoirs et ce qu'a décidé la justice sur la base d'expertises médicales ne peut pas être remis en cause par le président de la République. La justice a tranché".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.05.19 20:54

Émotion avant l’arrêt des soins de Vincent Lambert
Par Stéphane Kovacs Mis à jour le 19/05/2019 à 20:41 Publié le 19/05/2019 à 20:09
Émotion avant l’arrêt des soins de Vincent Lambert
Ultimes recours, déclarations politiques, manifestation: la tension monte, alors que l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de ce patient tétraplégique en état de conscience minimale est programmé cette semaine.

Des prières, des chants et un mot d’ordre: «La vie pour Vincent!» Quelque 200 personnes se sont rassemblées, sous la pluie, dimanche après-midi devant le CHU de Reims, pour protester contre l’arrêt des soins - programmé à partir de ce lundi - de Vincent Lambert, ce quadragénaire tétraplégique, en état de conscience minimale depuis dix ans. «Vincent n’est pas en fin de vie ; il a des réactions! martèle Viviane, sa mère, qui vient apporter un bouquet de muguet pour sa chambre. «Quand Vincent a vu ses parents, venus après avoir su la nouvelle, il s’est mis à pleurer! raconte David Philippon, son demi-frère. Il sent ce qui se passe autour de lui.» Alors que débute une semaine cruciale, que le tribunal administratif de Paris vient de rejeter un dernier recours en urgence, que le défenseur des droits estime qu’«il ne (lui) appartient pas» de trancher, Pierre Lambert, 90 ans, et son épouse Viviane, 73 ans, jettent leurs dernières forces dans ce qui est devenu le combat de leur vie: trois nouveaux recours - sans autre précision - seront déposés ce lundi, pour empêcher, selon les mots de David Philippon, la «première euthanasie légale en France».

Les parents de Vincent Lambert arrivent à l’hôpital où leur fils est pris en charge dans l’unité de soins palliatifs, dimanche 19 mai.
Le 10 mai, le Dr Vincent Sanchez, qui dirige le service des soins palliatifs et l’unité «cérébrolésés» de l’hôpital Sébastopol de Reims, avait annoncé aux parents qu’il allait «arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles la semaine du 20 mai», sans préciser la date exacte. Puisque, selon les avocats des parents, «il s’évertue à violer les mesures provisoires» de maintien des soins exigées de nouveau vendredi par un organisme de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), dans l’attente de l’examen du dossier, une «plainte disciplinaire aux fins de radiation du Dr Sanchez, ainsi que des poursuites pénales à son encontre» seront par ailleurs lancées. Tandis que l’hôpital demeure portes closes «pour des raisons de sécurité», «ni la direction ni le personnel médical, explique le CHU, ne prendront la parole pour le moment».

Une affaire de plus en plus politique
En attendant, plusieurs collectifs, comme l’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébrolésés (UNAFTC) ou Alliance Vita, une association pro-vie, ont tenu à faire le déplacement à Reims pour conforter les parents. «Rappelons à ceux qui soutiennent le processus visant à provoquer la mort de Vincent Lambert qu’il induit une triple extension du concept d’euthanasie, indique Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita. Casser cette digue, c’est risquer l’inondation! Car Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, n’est pas malade et n’a rien demandé. Il a même fait preuve de sa vitalité, en 2013, en résistant déjà à un arrêt d’alimentation de 31 jours! On peut voir un “syndrome de persévération”dans le refus collectif (médical, judiciaire et politique) d’offrir à Vincent Lambert un lieu de vie et de soins réellement adapté à son état.»

« Une civilisation régresse à partir du moment où elle décide de capituler devant la souffrance »

Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate

Avec la publication samedi d’une lettre ouverte des avocats des parents Lambert à Emmanuel Macron, évoquant un «crime d’État commis au prix d’un coup de force contre l’État de droit», l’affaire a pris un tour plus politique. Après les évêques, samedi, François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, a lui aussi plaidé pour qu’«on se laisse le temps» pour ce dossier, dans lequel le chef de l’État devrait intervenir, selon lui. «Nous n’avons pas le droit de dire d’un homme que, parce qu’il est dépendant, il n’a plus le droit de vivre», a-t-il souligné. «Une civilisation régresse à partir du moment où elle décide de capituler devant la souffrance», a renchéri Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate. «Je ne peux me résoudre à sa mise à mort, et j’ai écrit à Emmanuel Macron pour lui demander d’intervenir», a pour sa part tweeté l’ancien ministre Philippe de Villiers.

«La contradiction des différents arrêts rendus dans cette affaire prouve combien cette loi est floue et illisible»

Jean-Luc Roméro, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité

Pour l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), au contraire, «il est temps que ça se termine». «Pour éviter de nouveaux drames familiaux, la loi doit changer: c’est la demande de 96 % des Français! insiste Jean-Luc Roméro, son président, qui s’appuie sur un sondage Ipsos de mars 2019. La contradiction des différents arrêts rendus dans cette affaire prouve combien cette loi est floue et illisible. Et puis, elle ne précise pas qui, dans la famille, décide dans le cas où des directives anticipées ne sont pas rédigées. En Belgique, par exemple, il y a un ordre: le conjoint, les enfants, puis les parents. Là-bas, les parents n’auraient pas pu s’opposer à la décision de l’épouse! Ce doit toujours être à la famille de décider, quitte à ce qu’elle s’en remette à l’avis des médecins.»

Chronologie
● 29 septembre 2008

Vincent Lambert, infirmier en psychiatrie au centre hospitalier de Châlons- en-Champagne (Marne), est victime d’un accident de la route. Hospitalisé à Reims, l’homme de 32 ans, désormais tétraplégique, est plongé dans un profond coma artificiel.

● 10 avril 2013

Le CHU engage un protocole de fin de vie, en accord avec l’épouse de Vincent Lambert, Rachel, et une partie de la famille. Mais, saisi par les parents, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) ordonne en mai de rétablir l’alimentation.

● 11 janvier 2014

Le CHU informe la famille qu’il va de nouveau arrêter nutrition et hydratation, conformément à la loi Leonetti, qui permet de refuser l’acharnement thérapeutique. Mais, le 16 janvier, le tribunal, saisi par les parents, ordonne la poursuite du traitement.

● 24 juin 2014

Le Conseil d’État se prononce pour l’arrêt des soins. Saisie par les parents, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) valide cette décision le 5 juin 2015. Mais, le 23 juillet, contre toute attente, les médecins refusent de se prononcer sur l’arrêt des soins.

● 9 avril 2018

Le CHU de Reims se prononce de nouveau pour l’«arrêt des traitements». Le 31 janvier 2019, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne valide cette procédure. Saisi par les parents, le Conseil d’État confirme cette décision le 24 avril dernier.

● 30 avril 2019

La CEDH rejette l’action des parents. Ces derniers saisissent alors un comité de l’ONU, qui demande la suspension de toute décision d’arrêt des soins. La France passe outre. Le 11 mai, le médecin de Vincent Lambert annonce l’interruption des traitements.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 0:01

Affaire Lambert : Jean Leonetti appelle à ce que "chacun rédige ses directives anticipées"
12h45, le 19 mai 2019 , modifié à 13h46, le 19 mai 2019


Pour Jean Leonetti, invité d'Europe 1 dimanche, la principale leçon à tirer de l'affaire Vincent Lambert est que chacun doit "penser la mort", désigner une personne de confiance, et rédiger ses directives anticipées.
INTERVIEW
La décision d'arrêter les traitements de Vincent Lambert, confirmée par le Conseil d'État, devrait être exécutée à partir de lundi. Mais ses parents, toujours favorables à la poursuite des soins, en appellent à Emmanuel Macron. "C'est donner au président beaucoup plus de pouvoir qu'il n'a", souligne sur Europe 1 Jean Leonetti, qui avait porté la loi sur la fin de vie de 2005. "Rappelez-vous que Vincent Humbert avait, en son temps, demandé à Jacques Chirac le droit de mourir. Heureusement le président de la République ne peut pas se substituer aux décisions des tribunaux, aux décisions médicales, ou changer la loi", poursuit-il.

Une réflexion au cas par cas
"Le Conseil d'État, à deux reprises, a validé la démarche médicale", rappelle l'homme politique, tout en comprenant que la douleur causée aux parents par cette décision. "Elle l'est d'autant plus qu'elle est tardive. Lorsque vous avez un être cher qui vient d'avoir des lésions cérébrales majeures et irréversibles, aujourd'hui, avec des examens comme les IRM dynamiques, on peut dire : non, l'activité cérébrale ne reprendra jamais", explique-t-il. Et de souligner qu'un tel diagnostic, avec autant de certitude, n'aurait pas été possible il y a dix ans.

Pour Jean Leonetti, cette affaire est un drame. "On nous demande toujours de choisir notre camp. Vous êtes pour la femme ou vous êtes pour la mère ? Vous êtes pour arrêter tous les traitements ou pour les poursuivre à l'infini ? Or la loi dit : essayons de raisonner au cas par cas. Ne nous obstinons pas dans ce qui peut paraître déraisonnable", souligne-t-il.

"Quand le malade est lucide, c'est lui qui dit ce qui est raisonnable et déraisonnable. Mais quand il ne peut plus s'exprimer, s'il n'a pas écrit ses directives anticipées - comme chacun peut le faire -, s'il n'a pas désigné une personne de confiance pour parler à sa place - comme chacun devrait le faire - on se demande ce qu'il aurait voulu. Et il y a un combat juridique dans une famille déchirée, qui malheureusement sera de manière définitive déchirée", déplore-t-il.

"Il faut appliquer encore mieux la loi"
"Si on doit tirer une leçon du tragique de l'affaire Vincent Lambert, c'est qu'il faut appliquer encore mieux la loi. Que chacun d'entre nous pense la mort, désigne une personne de confiance et rédige ses directives anticipées", conclut-il.

La situation de Vincent Lambert reste toutefois exceptionnelle. "Dans les hôpitaux, 60% des patients meurent après une limitation ou un arrêt des traitements. Ça ne veut pas dire qu'on fait mourir des gens. Simplement, faire une chimiothérapie pour quelqu'un qui a une semaine à vivre, ça n'a pas de sens. La souffrance que ça peut engendrer est supérieure à l'espérance qu'on peut en avoir", explique Jean-Leonetti.

"Si vous avez 88.000 personnes pour qui des décisions d'arrêt des traitements sont prises sans faire l'objet de polémique, c'est parce qu'elles vont dans le sens d'un dialogue fructueux, dans une situation où on a fait tout ce qui était possible, et où on pense que continuer devient déraisonnable. Si la famille est d'accord avec cette position, les choses se passent de manière sereine et apaisée", précise-t-il. Ce qui n'est pas vraiment le cas dans l'affaire Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 0:28

Vincent Lambert : son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l'affaire
Le CHU de Reims a annoncé la mise en place, cette semaine, d'une nouvelle procédure d'arrêt des soins pour Vincent Lambert. Le Dr Eric Kariger qui fut le premier médecin à mettre en place une telle procédure en 2013, revient sur cette expérience douloureuse.

Vincent Lambert : son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l\'affaireVincent Lambert : son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l'affaire
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La rédaction d'Allodocteurs.fr
France Télévisions
Mis à jour le 19/05/2019 | 21:41
publié le 19/05/2019 | 21:41

Le Dr Eric Kariger a "le cuir épais". Pourtant, se replonger dans les rebondissements de l’affaire Vincent Lambert lui coûte. De ses années au côté de cet homme qui est devenu le symbole de la fin de vie en France et dont il a été le premier médecin après son accident de la route en 2008, le médecin garde des souvenirs douloureux. Une douleur qui est ravivée par l’actualité récente.

Alors que le Dr Sanchez, nouveau médecin de Vincent Lambert, a annoncé qu’il mettrait fin aux soins de son patient à partir de lundi, les parents du jeune homme se refusent toujours à accepter la situation. Des voix s’élèvent aussi des milieux conservateurs pour s’insurger contre la fin des soins, assimilée de manière impropre à une euthanasie. Cette violence qu’il a trop connue lorsqu’il était aux responsabilités comme chef de service des soins palliatifs au CHU de Reims, le Dr Kariger ne la supporte plus.

"La fin approche, et c’est presque encore plus violent. Dans cette période difficile, il y a de nouveaux des prises de position qui me sont, à titre personnel, très douloureuses, lâche le médecin. Je pense en particulier aux déclarations de mon archevêque (Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, a critiqué la décision des médecins validée par le Conseil d'Etat, les accusant notamment de vouloir laisser Vincent Lambert mourir de faim et de soif)."

A lire aussi : "Il ne faut pas que vincent Lambert soit un étendard"

Médecin « pro-life » aux solides convictions catholiques
Le Dr Kariger ne s'en cache pas : il est un homme de droite et un catholique convaincu. Médecin chrétien engagé, il a été trésorier du centre catholique des médecins français et s’est engagé au sein du Parti Chrétien Démocrate – l’ancien Forum Social Chrétien de Christine Boutin. "Personne ne peut venir me chatouiller sur mes convictions confessionnelles et mon combat pro-vie", se défend-il. C’est pourtant précisément sa sphère politique et religieuse qui l’a violemment attaqué lorsque lui-même a décidé, pour la première  fois, d’entamer une procédure d’arrêt des soins sur Vincent Lambert, en 2013.

"Je suis médecin chrétien, mais je suis médecin d’abord. Je suis d’abord au service d’un malade et pas au service de mes convictions, assure-t-il. Et sur l’affaire Lambert et la décision que j’ai dû prendre à l’époque, je ne me suis jamais trouvé en difficulté par rapport à ces convictions."

A lire aussi : Affaire Vincent Lambert : les dates-clés

Au départ, de bonnes relations avec la famille Lambert
Durant les premières années de soins de Vincent Lambert, en unité pour cérébolésés graves, l’équipe médicale et la famille du jeune homme poursuivent le même objectif : faire récupérer Vincent, un maximum. A l’époque, le Dr Kariger échange surtout avec Rachel, sa femme, même si il a occasionnellement rencontré ses parents, Viviane et Pierre.

Le contact passent bien avec eux : il faut dire qu'ils ont des points communs. "Je suis catholique et un médecin chrétien engagé.  Ils sont aussi catholiques, même si ils sont certainement plus que cela. En plus, le père est un ancien médecin chef de service", explique le médecin. Mais très vite, il a une "intuition" : le cas Lambert n’est pas ordinaire. "On m’avait donné des éléments sur la singularité de cette famille, même si on ne savait pas grand chose à l’époque de toute la violence et la complexité qui y régnait."

Un pronostic de plus en plus sombre
Les années passent et Vincent Lambert ne progresse pas. La rééducation ne fonctionne pas, l’orthophonie ne donne rien. Le pronostic est très sombre. Fin 2012, les équipes soignantes, au plus près des patients, commencent à se poser des questions : pourquoi maintenir Vincent Lambert en vie ? En avril 2013, au terme d’une procédure collégiale qui s’inscrit dans la cadre de la loi Leonetti que le Dr Kariger "connaît sur le bout des doigts", le médecin s’achemine vers un arrêt des soins et la mise en place de la sédation profonde et continue.

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, est d’accord. Avant de commencer, le médecin s’entretient avec Viviane, la mère. Le père, Pierre, n’a pas pu se rendre au rendez-vous. "Je l’ai préparé, je lui ai dit que nous nous dirigions vers un arrêt des soins. Je ne lui ai pas demandé son avis : je trouve ça odieux psychanalytiquement parlant. Elle m’a répondu que c’était impensable, contre ses convictions. Nous avons convenus de nous revoir quelques semaines plus tard."

"Quand on a rebranché Vincent Lambert, ça a été un des pires jours pour moi"

La procédure d’arrêt des soins est entamée au printemps 2013. "Nous l’avons fait transparence, en toute rigueur", assure le Dr Kariger. Rachel Lambert, l’épouse "aimante et aidante" est informée. Mais pas les parents. "Nous n’avons pas agi dans leur dos. Aucun médecin n’appelle tous les membres d’une famille quand décision est prise", rappelle-t-il. Le Dr Kariger a sa conscience pour lui, même si il admet une "petite précipitation, car l’arrêt a commencé avant que je ne les revoie."

Saisi par les parents, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) ordonne en mai 2013 de rétablir l'alimentation. "Ca a été un des jours les plus durs pour moi. Ca faisait 31 jours qu’on accompagnait Vincent Lambert vers la fin."

Les relations avec les parents sont dégradées. "Ils n’ont jamais évolué, ensuite. Ils ont évoqué un mauvais diagnostic, un mauvais pronostic. Tout s’est emmêlé. »

"Mon honneur et celui de mon équipe étaient sauf"
Suite à ce revers, l’équipe médicale reprend le travail. "On a relancé la collégiale, on est repartis de zéro. Nous avons fait un travail magnifique, se remémore le médecin. J’en garde un souvenir ému." Mais les évènements s’emballent.

En janvier 2014, l’équipe informe la famille qu'elle va de nouveau arrêter nutrition et hydratation, procédure conforme à la loi Leonetti qui permet de refuser l'acharnement thérapeutique. Le tribunal, saisi par les parents, ordonne la poursuite du traitement. Rachel Lambert et le CHU en appellent au Conseil d'État, qui donne raison au Dr Kariger et son équipe. "A ce moment-là, mon honneur et celui de mon équipe ont été saufs", souffle le médecin. Mais Viviane et Pierre Lambert en appellent à la Cour européenne des droits de l’homme. "J’ai compris qu’ils ne lâcheraient rien et qu’on se s’en sortira plus", explique-t-il.

Menaces de mort et coups de fil anonymes

Face à ce nouveau rebondissement, le médecin spécialiste des soins palliatifs, qui n’est "pas du genre à fuir devant les difficultés et ses responsabilités", est dépassé. "On nous a parlé de 2 à 3 ans de délai avant la décision de la Cour européenne. Je ne me suis plus senti la force de travailler dans la durée. Je n’apportais plus de valeur ajoutée. J’ai décidé d’aller vaquer à d’autres fonctions."

En plus du cas médico-judiciaire inextricable, l’ancien médecin de Vincent Lambert doit faire face à des pressions considérables. "J’étais devenu l’homme à abattre. J’ai reçu des menaces de morts, des coups de fils anonymes. On a menacé de s’en prendre à mes enfants." Les pressions émanent des milieux conservateurs de droite, de son "camp de valeur". Une véritable "double peine". "Ca a été très dur. Si j'étais un mec de gauche, athée, ça m’aurait moins touché", dit-il dans un petit rire triste.

Soutien au nouveau médecin de Vincent Lambert

Quatre années "de souffrance inutile" après, c’est le Dr Vincent Sanchez qui va finalement accompagner Vincent Lambert vers la mort. "C’est un homme courageux, qui doit faire une chose qui reste difficile : c’est lui qui, finalement, sera responsable de l’arrêt des soins sur Vincent Lambert. Je lui apporte tout mon soutien confraternel, assure le Dr Kariger. "Mais dans son cas, tous les recours de la famille ont été épuisés. Il a le soutien de sa hiérarchie et d’un ministre de la Santé. Il a de la chance."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 9:21

Vincent Lambert : "Il n'est pas malade, il n'est pas en fin de vie", martèle l'avocat des parents
08h52, le 20 mai 2019 , modifié à 09h11, le 20 mai 2019

L'avocat des parents de Vincent Lambert estime sur Europe 1 qu'en validant l'arrêt des traitements, le conseil d'État interprète la loi Leonetti "dans un sens qui n’avait pas été initialement approuvé par les députés et les sénateurs".
INTERVIEW
L'arrêt des traitements de Vincent Lambert, validé par le conseil d'État au mois d'avril, est prévu pour cette semaine. Mais les parents de cet homme, tétraplégique en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, s'y opposent fermement. "Il n'y a strictement aucune circonstance médicale qui justifie un arrêt de traitement", affirme leur avocat Jean Paillot, au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1, lundi.

Il rappelle notamment que la loi Claeys Leonetti sur la fin de vie "pose comme principe qu'un traitement peut être arrêté lorsqu'il relève d'une obstination déraisonnable" et qu'elle "avait été rédigée à l'origine pour les personnes malades et les personnes en fin de vie". "Le conseil d'État a interprété cette loi en permettant qu'elle s'applique également aux personnes handicapées."

Vincent Lambert "n'est pas en fin de vie"

D'après lui, "la loi Leonetti est interprétée dans un sens qui n’avait pas été initialement approuvé par les députés et les sénateurs" et cela mène "à une discrimination à l'égard des personnes handicapées". "Vincent Lambert n'est atteint d'aucune comorbidité. Il n'est pas malade, il n'est pas en fin de vie. On va provoquer sa fin de vie par sa déshydratation. Celle-ci est absolument injustifiée comme nous le disent tous les médecins spécialistes de cette filière des personnes en état de conscience altérée", plaide-t-il.

Jean Paillot explique par ailleurs que "le Comité international pour les droits des personnes handicapées a demandé des mesures provisoires qui consistent dans le maintien de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert le temps que ce comité de l’ONU puisse statuer sur le dossier de cette personne". "La France croit pouvoir dire que ces mesures provisoires ne seraient pas obligatoires, ce qui est une erreur de droit invraisemblable." Il estime qu'il n'y a "absolument aucune urgence" à l'arrêt de traitements qui "peuvent encore être parfaitement mis en œuvre pendant ce délai de six mois demandé par ce comité de l'ONU".

"C'est avant tout devenu une affaire politique"
"Nous sommes en présence d'une décision de mesure provisoire qui est obligatoire pour la France. Si la France ne respecte pas, elle sera condamnée pour violation des droits de l’Homme", prévient-il en ajoutant que "cette obligation s'impose également aux médecins". Il évoque notamment le cas du docteur Sanchez du CHU de Reims, qui a fait savoir à la famille qu'il comptait arrêter les soins cette semaine du 20 mai : "Si le Dr Sanchez continue à se croire soutenu par le ministère de la Santé, il n’en sera rien quand il sera dans le box des accusés. Là, il sera tout seul et il se rendra compte qu’en réalité, il a été l’instrument d’un mensonge d’État parce que cette affaire n’est pas une affaire seulement médicale ou judiciaire. C’est avant tout devenu une affaire politique."

Si le processus va à son terme, "ce sera une euthanasie par omission. Ce sera une euthanasie par l'absence d’un soin qui lui est dû", estime Jean Paillot. Et selon lui, "ce problème peut être résolu d'une manière extrêmement simple" en transférant Vincent Lambert "dans un établissement spécialisé" : "Nous en avons plusieurs en France qui ont d'ores et déjà indiqué qu'ils étaient prêts à le prendre. Il sera pris en charge et traité conformément à son état."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 10:31

L'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert a commencé, malgré l'opposition de ses parents
Le sort de ce patient, plongé dans un état végétatif, fait l'objet d'une bataille judiciaire depuis dix ans. Les avocats de ses parents ont à nouveau saisi la justice pour faire arrêter la sédation profonde qui a débuté lundi matin.

Vincent Lambert sur son lit d\'hôpital, en 2013.Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, en 2013. ( FRANCE 2 / FRANCETV INFO )
franceinfo
France Télévisions
Mis à jour le 20/05/2019 | 10:08
publié le 20/05/2019 | 09:33

L'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert a commencé, malgré l'opposition de ses parents

Après des années de bataille judiciaire sur fond de débat sur la fin de vie, l'arrêt des soins prodigués Vincent Lambert a débuté, lundi 20 mai, au CHU de Reims. Son médecin traitant, le docteur Vincent Sanchez, l'a annoncé à la famille dans une lettre.

Les avocats des parents de Vincent Lambert avaient annoncé, dimanche, qu'ils allaient déposer trois recours contre cette décision. Lundi, l'un d'eux, Jean Paillot, a confirmé avoir saisi la justice pour demander l'arrêt de la sédation, confirmant une information de RTL. "C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils", a-t-il réagi auprès de l'AFP, lundi, après l'annonce de l'équipe médicale. Dans sa lettre, l'hôpital explique que les horaires de visite ont été "élargis".

Une possibilité ouverte par le Conseil d'Etat
Vincent Lambert, aujourd'hui âgé de 42 ans, est hospitalisé depuis 2008 et un accident de la route, qui l'a rendu tétraplégique et plongé dans un état végétatif. Son cas fait l'objet d'une longue bataille juridique qui déchire sa famille : ses parents, un frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des soins ; son épouse et son neveu, en revanche, affirment qu'il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique, bien qu'il n'ait pas laissé de directives anticipées.

Le 24 avril, le Conseil d'Etat avait validé l'interruption des traitements qui le maintiennent en vie. Depuis, la Cour européenne des droits de l'homme et le tribunal administratif de Paris ont rejeté des demandes de suspension de cette décision déposées par les parents de Vincent Lambert.

Le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU avait en revanche demandé de surseoir à toute décision sur les soins de ce patient le temps d'instruire le dossier, mais la France n'est pas tenue de respecter cet avis. Samedi, les avocats de la famille ont demandé à Emmanuel Macron d'intervenir pour le maintient des traitements.

Dans la foulée de la décision du Conseil d'Etat, le docteur Vincent Sanchez avait annoncé que l'arrêt des soins débuterait "la semaine du 20 mai 2019".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 11:13

"Ceux qui veulent ramener aujourd'hui le débat sur l'euthanasie se trompent", estime, lundi 20 mai sur franceinfo, l'ancien médecin de Vincent Lambert. Le docteur Éric Kariger, ancien chef de service au CHU de Reims, l'affirme : son ancien patient subit "une obstination déraisonnable", alors que les traitements doivent être arrêtés à partir de lundi sur son ancien patient.

Si Vincent Lambert avait été en Belgique, en Suisse ou aux Pays-Bas, il y aurait quand même eu l'affaire Lambert.
Dr Eric Kariger
à franceinfo

"Ce n'est pas une question d'euthanasie ou pas, affirme le Dr. Éric Kariger. C'est la question que la médecine se retire tout en continuant à accompagner jusqu'au bout son malade, dans une dignité et dans un confort de fin de vie qui doit être celui de l'intime, et de la présence des proches en soutien à leur mari, à leur fils, à leur frère." Le médecin dénonce "l'obstination déraisonnable" dont fait l'objet selon lui son ancien patient. "Il faut rester sur les faits, l'obstination déraisonnable a été qualifiée par les meilleurs experts médicaux", affirme-t-il. Elle a été reconnue sur le plan de la légalité française et européenne, donc aujourd'hui il n'y a plus d'arguments qui puissent être entendus par la partie qui s'oppose à laisser partir M. Lambert."

"Jusque dans ce moment intime, une partie de la famille médiatise l'affaire. [Vincent Lambert] subit un sort déraisonnable, regrette le médecin. Malheureusement, dans ce contexte émotionnel ce sont les opinions qui prennent le dessus. Certaines sont saines, d'autres sont plus obscures." "Que l'on soit médecin chrétien, athée ou agnostique, nous sommes d'abord médecins respectueux de cet interdit de l'acharnement de notre belle médecine", conclut-il.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.05.19 11:47

Comme c'est triste que constater que des gens intelligents et cultivés soient ds l'incapacité de comprendre qu'il existe quelques patients qui ne supportent pas l'idée d'être manipulés malgré eux ( toucher et odeur ) pendant quelques jours et quelques nuits au moment de leur mourir.
"belle médecine" ??? ??? ???
il suffit d'évaluer le résultat des débats sur la fin de vie...
"belle médecine" ???
faut pas exagérer tout de même...
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