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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime28.06.19 18:03

Affaire Vincent Lambert : la Cour de cassation ouvre la voie à un nouvel arrêt des traitements de ce patient en état végétatif
La Cour d'appel de Paris avait ordonné le 20 mai la reprise de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, interrompues le matin même, comme demandé par un comité de l'ONU.

franceinfo avec AFP et Reuters
France Télévisions
Mis à jour le 28/06/2019 | 17:43
publié le 28/06/2019 | 17:15


La Cour de cassation a ouvert la voie à un nouvel arrêt des traitements de Vincent Lambert, vendredi 28 juin, en annulant l'arrêt de la Cour d'appel qui ordonnait le maintien des soins vitaux prodigués à ce patient tétraplégique, en état végétatif irréversible depuis dix ans. La Cour de cassation "déclare la juridiction judiciaire incompétente", et "ne renvoie pas l'affaire devant un juge".

L’arrêt de la Cour de cassation ne renvoyant pas l’affaire à la cour d’appel, conformément aux réquisitions du procureur général, François Molins, l’hôpital de Reims est en droit d’interrompre de nouveau l’alimentation et l’hydratation artificielle dont bénéficie Vincent Lambert depuis un accident de la route en 2008. Ces traitement peuvent s'arrêter "dès maintenant", a estimé Patrice Spinosi, l'avocat de la femme et tutrice légale de ce patient.

Il n'y a plus de voies de recours possibles car il n'y a plus de juges à saisir. C'est un point final à cette affaire.
Patrice Spinosi, avocat de Rachel Lambert

La Cour d'appel de Paris avait ordonné le 20 mai la reprise de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, interrompues le matin même, comme demandé par un comité de l'ONU en attendant qu'il se prononce sur le fond du dossier.

Menaces de poursuites pour "meurtre"
Les avocats des parents de Vincent Lambert, opposés à l'arrêt des soins du quadragénaire, se sont eux aussi exprimés après la décision de la Cour de cassation vendredi. Jean Paillot et Jérôme Triomphe menacent de poursuites pour "meurtre" en cas d'arrêt des soins. "La France s'est déshonorée", ont-ils réagi. Ils menacent également nommément le médecin de Vincent Lambert. "Si le docteur Sanchez prétend remettre en route le processus de mort, outre les poursuites disciplinaires à des fins de radiation et les poursuites pénales pour non assistance à personne en danger, (...) il sera poursuivi également par plainte avec constitution de partie civile pour meurtre avec préméditation sur personne vulnérable", a lancé Jérôme Triomphe.

Ils annoncent également que Viviane Lambert, la mère du patient, s'exprimera devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU lundi.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime30.06.19 18:18

Vincent Lambert, « Le plus dangereux serait que le juridique parvienne à étouffer l’éthique »
Entretien Le Père Bruno Saintôt, jésuite, responsable du département Éthique biomédicale du Centre Sèvres, revient sur la décision de la Cour de cassation ouvrant la voie à un nouvel arrêt des traitements de Vincent Lambert. (Article payant, ne vous abonnez pas à la presse numérique sinon cela fera boule de neige, ils ont la pub de merde de toute façon).

Le 22 avril 2005, Jean Léonetti a fusionné éthique et juridique avec les révisions de cette loi en 2008, en 2010, en 2016.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime02.07.19 17:32

[size=38]Affaire Vincent Lambert, « il faudra essayer de comprendre comment on en est arrivé là »[/size]

Entretien 

La procédure d’arrêt des traitements de Vincent Lambert a repris, mardi 2 juillet, a annoncé le médecin à la famille.
Analyse de Claire Fourcade, vice-présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP).



  • Recueilli par Flore Thomasset, 

  • le 02/07/2019 à 16:56 



Si les traitements s’arrêtent, les soins, eux, continuent : on les maintient ou on les limite, on les adapte, pour le confort du patient.
La Croix : Comment analysez-vous la reprise de l’arrêt des traitements ?
Claire Fourcade : Personne ne savait dans quel délai cette décision allait être prise, mais elle est en cohérence avec tout le travail de réflexion engagé depuis longtemps par les équipes médicales, pour trouver la solution la plus pertinente pour Monsieur Lambert. Je suis surprise par la violence des réactions car il est évident que, dans cette histoire, il n’y a ni perdant ni gagnant, ou plutôt, que des perdants.
Le juridique, qui a pris le pas sur l’éthique, amène à penser en ces termes, alors qu’au niveau médical, on cherche au contraire le consensus, le compromis. En tant que médecins, on n’atteint notre objectif que lorsque l’on arrive à mettre d’accord l’équipe, le patient et sa famille.

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Vincent Lambert, « Le plus dangereux serait que le juridique parvienne à étouffer l’éthique.
Dans ce cas particulier, ce consensus n’a pas été trouvé.
C. F. : Cet objectif est en effet devenu inatteignable. Cela m’inspire un sentiment d’échec, puisque nous n’avons pas pu, pas su, trouver ce compromis. Je dis « nous » car en tant que médecin de soins palliatifs, on se demande tous ce qu’on aurait fait, ce qu’on aurait pu faire. Il y a quelque chose de l’ordre de la compassion pour cette équipe médicale, qui essaie de tracer la route la plus éthique possible tout en étant condamnée au silence. On n’entend, de l’extérieur, qu’une moitié de l’histoire, celle communiquée par une partie de sa famille, jamais celle de l’équipe qui a considéré que ce patient se trouve dans une situation d’obstination déraisonnable.
Comprenez-vous la souffrance d’une partie de sa famille, de ses parents en particulier ?
C. F. : Absolument, leur douleur est à la fois compréhensible et légitime. Ce qui l’est moins, ce sont les manifestations autour, ces éclats de joie, tous ces gens qui portent Vincent Lambert comme un étendard et l’appellent par son prénom.

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Autour de Vincent Lambert, deux conceptions s’affrontent

A posteriori, il faudra s’interroger sur comment on en est arrivé là, essayer de comprendre, du côté des soignants et de la presse, comment une situation particulière a pu à ce point devenir une cause. Cause qui a fini par nourrir et exacerber les souffrances intimes et personnelles.
Certains continuent de penser que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et que l’arrêt des traitements n’est donc pas légitime. Que répondez-vous ?
C. F. : L’émotion est tellement forte dans cette histoire que toute parole extérieure, rationnelle, est extrêmement difficile à faire entendre. C’est normal. Mais Vincent Lambert est maintenu en vie par des traitements et je suis convaincue que, dans toutes les situations de maintien en vie, la question de l’éventualité d’un arrêt doit être automatiquement posée.
Il faut toujours se demander : pourquoi est-ce que je mets en place ou je maintiens ces traitements ? Est-ce toujours pour le confort du patient ? Est-ce que cela a du sens pour sa famille ? Si la question doit être automatique, la réponse, elle, ne peut être que singulière.
En l’occurrence, la réponse divise la famille. Comment les décisions d’arrêt sont-elles habituellement prises ?
C. F. : En réanimation, en gériatrie ou en soins palliatifs, ces décisions sont quotidiennes et dans l’immense majorité des cas, elles ne sont pas contestées. La question de la temporalité est fondamentale car quand la question est posée de façon brutale, elle est forcément inaudible.
Dans le cas de Vincent Lambert, et à cause de la judiciarisation de l’affaire, on a une date, presque un horaire, ce qui donne l’impression d’une sentence soudaine, d’une condamnation à mort. L’affaire Lambert est comme scénarisée, alors que le processus doit au contraire être celui d’un cheminement long et continu, sans urgence.
Je dis toujours aux familles : « On a le temps. » Ensuite, si on décide d’un arrêt, il n’y a pas non plus de rupture, car si les traitements s’arrêtent, les soins, eux, continuent : on les maintient ou on les limite, on les adapte, pour le confort du patient.
Comment accompagnez-vous les familles dans ce temps particulier ?
C. F. : Chacune d’elles vit ce temps d’une manière qui lui ressemble : on n’impose pas d’horaire, pas de protocole, on autorise toutes les visites, on permet d’organiser des offices et des cérémonies. On rappelle aux familles que le patient entend peut-être, donc qu’il faut lui parler comme s’il entendait sûrement. Il faut créer pour lui un environnement rassurant.
Le plus dur, pour les familles, c’est la durée, car la mort peut mettre plusieurs jours à survenir. C’est le temps dont le patient a besoin pour se déprendre de la vie. C’est au-delà du médical, quelque chose qui nous échappe. Mais pour les familles qui ont parfois vécu de longs mois de maladie, qui ont déjà fait leur travail de détachement, il y a un risque d’épuisement qui nous incite à la vigilance. Ce sont des moments intenses où se jouent beaucoup de choses : comme disait le professeur suisse Charles-Henri Rapin, « les soins palliatifs, c’est la paix des survivants ».
----------------

Comment se déroule un arrêt des traitements


Lors d’un arrêt, la nutrition et l’hydratation du patient sont totalement arrêtées. Les soins, eux, continuent, notamment les soins de bouche, pour éviter la sensation de soif. La sensation de faim, elle, disparaît très rapidement, en quelques heures, d’autant que l’organisme fonctionne au ralenti. En revanche, celui-ci va puiser dans ses ressources ce qui provoque une modification physique, un amaigrissement qui peut être choquant pour les proches.
L’arrêt de l’hydratation provoque, au bout de quelques jours, une insuffisance rénale qui entraîne progressivement l’arrêt des organes vitaux, jusqu’à l’arrêt du cœur. C’est un processus non douloureux, précise Claire Fourcade, mais dans le doute, des antalgiques et sédatifs sont donnés au patient. La mise en place d’une sédation profonde permet au patient de s’endormir et aux proches d’être assurés de l’absence de souffrance.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime04.07.19 15:38

[size=49]Affaire Vincent Lambert : l’interruption des traitements en débat[/size]

Ouest-France.Modifié le 04/07/2019 à 14h40Publié le 04/07/2019 à 13h21


Deux spécialistes donnent leur point de vue sur l'affaire Vincent Lambert : la psychologue Marie de Hennezel et l’avocat Jean-Pierre Mignard.

Le médecin en charge du patient tétraplégique Vincent Lambert, en état végétatif à l’hôpital de Reims depuis plus de dix ans, a engagé mardi 2 juillet un nouvel arrêt des traitements, quelques jours après l’arrêt de la Cour de cassation qui ouvrait la voie à cette décision, qui suscite le débat. Pour nous éclairer, nous avons demandé à deux spécialistes leur point de vue sur cette question délicate : la psychologue Marie de Hennezel et l’avocat Jean-Pierre Mignard.

[size=39]« De quel côté est l’acharnement ? »[/size]


Par Marie de Hennezel, psychologue
Le docteur Claire Fourcade, vice-présidente de la société française des soins palliatifs, s’est exprimée sur ce qui lui paraissait « la moins mauvaise solution » dans l’affaire Vincent Lambert. À savoir l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielle dont bénéficie ce patient, désormais condamné à mourir. Psychologue, ayant travaillé dix ans en soins palliatifs et enquêté sur les services qui accueillent des personnes en état végétatif chronique, j’aimerais exprimer ici mon désaccord. Selon moi, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et ne relève pas de la loi Léonetti. Une autre solution aurait pu être trouvée, puisque plusieurs services adaptés à son état acceptaient de le recevoir.
À lire aussi. Affaire Vincent Lambert : cinq questions sur le nouvel arrêt des traitements
La décision qui vient d’être prise fera jurisprudence. Elle aura des conséquences sur les 1 700 personnes cérébrolésées, leurs familles et les soignants qui prennent soin d’elles. Pourquoi y aurait-il du « cas par cas » ou du « sur-mesure » dans une société qui juge que la vie de certains ne mérite plus d’être vécue, qu’ils n’ont plus leur place dans la communauté des vivants, à partir du moment où leur cortex est détruit ? Le jour où peut-être notre société jugera que les soigner coûte trop cher ?
Ce qui se joue autour du sort de Vincent Lambert est d’abord un enjeu éthique. On essaie de nous faire croire que le débat oppose croyants et athées, mais les questions éthiques concernant l’évaluation de l’obstination déraisonnable sont les mêmes pour tous. Au nom de quoi affirme-t-on - sans l’ombre d’un doute - qu’une personne est en obstination déraisonnable ? L’être humain se réduit-il aux connexions électriques du cerveau ? Comment les expertises scientifiques ont-elles pu passer sous silence le rôle du système limbique, parfois appelé cerveau émotionnel ?
Même si dans l’état actuel de la science, on sait encore peu de chose sur ce néocortex, n’est-ce pas un peu péremptoire de qualifier de « réflexes » les réactions émotionnelles de Vincent Lambert, et de tenir pour négligeable la résistance qu’il oppose à la volonté des autres de mettre fin à sa vie ? (1) Lors d’une visite de l’hôpital maritime de Berck, j’avais rencontré les soignants qui prenaient soin de ces personnes cérébrolésées. J’en avais rendu compte dans mon livre Le souci de l’autre. Une infirmière m’avait rapporté que la vie des personnes qu’elle soignait avait un sens parce qu’elles comptaient pour quelqu’un. Cela pouvait être un conjoint, un parent, souvent la mère. « Savez-vous, m’avait-elle dit, que la personne cérébrolésée meure dans les 48 heures qui suivent le décès de la personne qui vient régulièrement la voir, sans que l’on ait à intervenir médicalement. Elle s’arrête simplement de respirer ». J’avais été particulièrement intéressée par cette observation, qui montre qu’un lien affectif profond, malgré la détérioration des fonctions cérébrales, donne du sens à la vie. Je savais, comme tous les psy, que des liens inconscients tissent les profondeurs de notre psyché, et peuvent être si puissants que la vie et le sens sont maintenus.

Vincent Lambert aurait mérité une « solution » plus apaisante, digne de nos valeurs démocratiques d’humanité et de solidarité aux côtés des plus vulnérables, loin des enjeux politico-juridico-médiatiques. Pourquoi s’être acharné à refuser son transfert dans un service adapté à son état ? 
(1) E.Hirsch, Le Figaro du 3 juillet.


[size=39]« Un maintien artificiel en vie »[/size]



– Par Jean-Pierre Mignard, docteur en droit, avocat à la Cour, membre du comité national d’éthique
Cette affaire est d’abord celle d’un affrontement familial. Les médecins peuvent légalement décider d’interrompre les actes de soins ou les traitements, sans souffrance, lorsque la personne est dans une phase terminale d’une affection grave ou incurable.
Si la personne est consciente de son état, on ne peut rien lui imposer. Si elle est hors d’état de manifester sa volonté, et sans directive anticipée, l’avis de la famille est déterminant.
Ce processus est sans difficultés si la famille est unie sur l’examen de la situation et les décisions à prendre dans la palette de celles proposées par les médecins. Il devient impossible lorsque la famille est désunie. Dans la famille divisée, l’état de Vincent Lambert est interprété comme un état irrémédiable et privé de conscience pour les uns, pour les autres comme un handicap sévère.
Le Conseil d’État a décidé que Vincent Lambert était incapable d’exprimer quelque assentiment à quelque proposition que ce soit, que les traitements étant inopérants et les soins ne concouraient qu’à un maintien artificiel de la vie.
La décision d’arrêter les traitements lui apparaît légale en application de l’article 110-5 du Code de la Santé publique. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est allée dans le même sens estimant que le droit à la vie protégé par l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme ne s’appliquait pas à ce cas.
La cour d’appel de Paris a ordonné la suspension de l’arrêt des traitements, saisie par les parents qui invoquaient la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Le comité onusien avait demandé six mois pour examiner le dossier. La cour d’appel a ordonné la suspension des mesures d’arrêt des soins au motif qu’elles auraient des conséquences irréversibles et porteraient atteinte au droit à la vie, attribut inaliénable de la personne et valeur suprême dans le domaine des Droits de l’homme.
La Cour européenne des droits de l’homme avait de son côté rendu un arrêt allant dans le même sens que celui du Conseil d’État et a contrario de la cour d’appel de Paris. L’État et le CHU de Reims s’étant pourvus en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris, la Cour suprême leur a donné raison estimant que la cour d’appel en suspendant l’arrêt des traitements avait excédé ses pouvoirs, que le droit à la vie ne figurait pas à l’article 66 de la Constitution et qu’il n’y avait pas d’atteinte à la liberté individuelle.
Le maintien artificiel en vie, mot essentiel, signifie que plus rien n’est plus possible hormis l’obstination déraisonnable de la prolonger. Au terme de ce cheminement avec le concours d’experts, la justice conclut donc que nous ne sommes en rien dans le cas d’un handicap. Les trois juridictions, fait assez rare, convergent toutes sur ce point.
Aujourd’hui la meilleure des solutions est de remplir une directive anticipée dont le formulaire est sur Internet et de désigner un tiers de confiance, ami ou parent.
Cela prend une heure et garantit une forme de sérénité pour les proches comme pour soi-même. Le système repose sur le consentement éclairé de la personne, c’est-à-dire de chacun de nous.
C’est un progrès majeur, à saisir absolument.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime04.07.19 15:58

eh pourquoi on euthanasie les chiens et les chats, source d'émotion et de ressenti
V.L. était un infirmier en psychiatrie comme V.H. était un pompier
ds ces domaines on a des idées précises à propos de sa propre fin de vie
la récupération est à la mode, il y a mille façons de recycler, de ruminer
Différence entre EVC, TC, AVC, IMC ? les neurologues seront au chômage ( les réanimateurs aussi de toute façon )
le cerveau restera l'endroit le plus mystérieux du corps humain.
Nous débattons encore alors que V.L. agonise en douceur et avec lenteur. Quel scandale...
Mais il ne faut pas oublier les victimes  à la fois vivantes et mourantes, citoyens et citoyennes de la République Française, les exilés forcés en Suisse et en Belgique et quelques autres  dont je fais partie qui expérimentent le suicide biologique lent dans le but de réduire la Sédation Profonde Continue Jusqu'au Décès
V.L.  et les patients comme lui dont le chiffre s'élèverait à 1700 ?
Je rêve ! on est en plein délire, la France ne va pas s'arrêter de respirer pour ces 1700 patients. Mais si ! tous ces frais juridiques alors que l'AAH stagne à 900euros ! Le souci de Marie de Hennezel, c'est de calculer sa retraite et d'y arriver. En attendant, elle continue son blablabla.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime05.07.19 9:15

[size=34]Fin de vie : interrompre les soins ou administrer la mort

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mardi, 2 juillet, 2019 - 13:49
Par  Daniel Vigneron


Les ultimes rebondissement de l’affaire Vincent Lambert illustrent la difficulté de gérer l’euthanasie passive. Celle-ci est généralisée en Europe, au contraire de l’euthanasie active et du suicide assisté qui ne sont possibles que dans un faible nombre de pays.


Enième – mais peut-être dernier – rebondissement dans l’affaire Vincent Lambert : la Cour de Cassation a annulé le 28 juin la décision de la Cour d’Appel du 20 mai dernier qui ordonnait la reprise de l’alimentation et de l’hydratation de ce patient de 42 ans plongé dans un coma irréversible depuis 2008.
Rien ne s’y opposant plus, puisque l’arrêt de la Cour de Cassation n’est pas assorti d’un renvoi devant une autre juridiction, le médecin de Vincent Lambert a annoncé, mardi, un arrêt des soins.

Obstination déraisonnable ?


Cette interminable procédure – près de sept ans – illustre les difficultés de légiférer sur la fin de vie. En France, la loi Léonetti de 2005, amendée en 2016 sous le nom de Claeys-Léonetti, n’autorise ni l’euthanasie active, ni le suicide assisté.
Elle permet en revanche à l’équipe médicale, en accord avec le patient ou ses proches, d’interrompre un traitement médical si les soins s’avèrent inutiles ou disproportionnés et instaure même, depuis 2016, « un droit à la sédation profonde et continue » pour les personnes atteintes d’une « maladie grave et incurable » en phase terminale.
Problème dans le cas Vincent Lambert : la famille se déchire sur la volonté supposée du patient et sur le caractère « incurable » ou « terminal » de son état ainsi que sur son degré de conscience.
Cependant, la loi précise encore que si le patient est hors d’état d’exprimer sa volonté, l’équipe médicale est autorisée à mettre en œuvre la sédation si la poursuite des soins est jugée relever d’une « obstination déraisonnable ». C’est d’ailleurs le fondement essentiel des derniers jugements.

Une situation parfois mieux encadrée ailleurs


Une affaire Lambert – très exceptionnelle – pourrait se produire dans d’autres pays car les législations ne peuvent pas tout résoudre. Ce qui explique d’ailleurs qu’elle fasse l’objet d’un suivi attentif de tous les juristes et législateurs d’Europe.
On doit toutefois signaler que l’affaire ne se serait sans doute pas envenimée à un tel point en Belgique où la loi instaure clairement une hiérarchie familiale pour décider d’interrompre les soins : d’abord le conjoint, puis les enfants majeurs, puis les parents. Or, dans le cas Vincent Lambert, l’épouse de ce dernier est depuis toujours favorable à l’arrêt des soins, ses parents s’y opposant et multipliant les recours en ce sens.
En Belgique, mais aussi en Allemagne, un accent plus marqué est par ailleurs mis sur une enquête pour déterminer la volonté présumée du patient.
Au Royaume-Uni, un récent arrêt de la Cour suprême dispense d’autorisation l’arrêt des soins par l’équipe médicale s’il est constaté un « état végétatif permanent ».
Et puis une grande majorité de pays européens – dont la France – insiste sur la nécessité d’un « testament médical » ou de « directives anticipée » que les médecins doivent respecter pour éviter tout acharnement thérapeutique en décidant d’interrompre les soins ou d’ordonner une sédation.

Euthanasie active dans trois pays


Jusque-là, on parle d’euthanasie passive. En ce qui concerne l’euthanasie active, il faut encore distinguer le suicide assisté de l’euthanasie active propre, c’est à dire le fait, pour un médecin ou un proche, d’administrer volontairement la mort à un malade, qu’il l’ait demandé ou non.
Seuls trois pays en Europe autorisent à la fois ces deux pratiques, ce sont les Etats du Bénélux. Aux Pays-Bas, l’euthanasie active et le suicide assisté ont été légalisés dès 2001. C’est le premier pays de l’Union à avoir donné le droit aux médecins d’administrer un produit provoquant la mort. Deux médecins au moins doivent avoir estimé que la souffrance est “insupportable” et “sans perspective d’amélioration”.
La Belgique, est, elle, le premier pays à avoir dépénalisé en 2014 l’euthanasie pour les mineurs et ceci sans âge minimum. Elle y était déjà dépénalisée depuis 2002 pour les adultes et les mineurs émancipés de plus de quinze ans sous conditions de situation médicale sans issue occasionnant une souffrance physique ou psychique insupportable.
Les conditions sont similaires au Luxembourg, sauf pour les mineurs, qui en sont exclus.

Suicide assisté autorisé ou toléré


Outre dans les pays du Bénélux, l’assistance au suicide est actuellement autorisée en Suisse où l’on peut mettre une potion létale à la disposition du malade qui en fait sans ambiguïté la demande pour peu que ceux qui aident le fassent par altruisme.
Deux associations, Exit et Dignitas, sont ainsi autorisées à fournir toute l’assistance nécessaire au demandeur à la simple condition qu’il soit atteint d’une maladie “grave et incurable”.
Le suicide assisté est également toléré en Allemagne s’il ne présente aucun caractère commercial et répond à des motifs purement altruistes. Dans deux autres pays, l’Autriche et la Finlande, le cadre légal est flou et on y note une bonne tolérance dans les cas où la volonté de celui qui a voulu se donner la mort est manifeste.
Au Royaume-Uni, le suicide assisté reste un crime mais la jurisprudence est désormais plutôt favorable pour les personnes aidant un proche à se suicider par compassion.
Enfin, signalons que le parlement espagnol prévoit une légalisation du suicide assisté et même de l’euthanasie active mais que les centristes de Ciudadanos exigent d’abord l’adoption d’une législation sur les soins palliatifs.
En revanche, pas d’euthanasie active en vue en France. Arguant d’une absence de consensus au sein de la société française, le comité d’éthique n’est pas favorable à l’autorisation de l’euthanasie active et du suicide assisté.
Une preuve que l’Hexagone reste en Europe un pays plutôt conservateur sur ces questions, il est vrai délicates.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 11:18

Vincent Lambert: "ce n'est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite", juge son neveu
AFP
Publié le 08/07/2019 à 09:43 | AFP
Vincent Lambert: Vincent Lambert: "ce n'est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite", juge son neveu © AFP/Archives / DOMINIQUE FAGET

Le neveu de Vincent Lambert, cet homme en état végétatif depuis plus de 10 ans, a estimé lundi que l'arrêt de ses traitements depuis mardi ne constituait pas "une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait moins sadique".

"Malheureusement, ce n'est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait un petit moins sadique de mon point de vue. Et on donnerait un petit peu plus de droits aux patients", a-t-il expliqué au micro de RTL, alors qu'il s'apprête à rendre visite à son oncle.

Selon lui, la menace d'une plainte des parents pour "meurtre avec préméditation" "encourage le médecin à prendre son temps, c'est-à-dire à ne pas être accusé d'une euthanasie".

Le médecin de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif, victime en 2008 d'un accident de la route et devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, a engagé mardi un nouvel arrêt des traitements, rendu possible le 28 juin par la Cour de cassation.

Ce protocole médical prévoit notamment l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition par sonde du patient, ainsi qu'une "sédation profonde et continue".

"Et pour ne pas être accusé d'une euthanasie, il faut que ça dure le plus longtemps possible, ce qui est à mon avis franchement sadique", a déploré François Lambert, dénonçant une "loi (qui) laisse beaucoup de marge aux médecins et très peu aux patients".

"Il y a peu de gens qui voudraient ça pour eux-mêmes", a-t-il poursuivi, jugeant que la loi avait "été rédigée notamment avec les pro-vie et leur a donné beaucoup de latitude et beaucoup de moyens d'action".

Interrogé sur les "larmes" de son oncle sur une vidéo dans laquelle on voit le patient filmé de près et l'on y entend sa mère répéter "Ne pleure pas", François Lambert a répondu qu'il s'agissait d'"une réaction physique" : "son corps pleure, a des râles, et on ne sait pas du tout à quoi c'est dû".

La famille de Vincent Lambert est déchirée par des années de bataille judiciaire. Son épouse Rachel est soutenue par six frères et soeurs et François Lambert, qui entendent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique" et affirment que l'ancien infirmier psychiatrique avait pris position en ce sens. Vincent Lambert n'a toutefois pas laissé de directive anticipée.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 17:47

La mort de Vincent Lambert acceptée par tous, l'heure est aux dernières visites
par France Inter publié le 8 juillet 2019 à 17h27
Les parents de Vincent Lambert ont renoncé définitivement à s'opposer à l'arrêt des soins lundi 8 juillet. Le CHU de Reims a lancé il y a six jours le début de l'arrêt des traitements de ce patient tétraplégique et dans un état végétatif depuis 2008 à cause d'un accident de la route. Ses jours sont comptés.

Entrée du CHU de Reims où est traité Vincent Lambert
Entrée du CHU de Reims où est traité Vincent Lambert © Radio France / Eric Damaggio
"La mort de Vincent est désormais inéluctable", écrivent les parents de Vincent Lambert dans un courrier ce lundi. Opposants à l'arrêt des soins de leur fils dans un état végétatif depuis un accident de voiture en 2008, Pierre et Viviane Lambert ainsi que David et Anne Lambert, frère et sœur de Vincent, renoncent à tout nouveau recours après des années de combat judiciaire. Le CHU de Reims a engagé mardi 2 juillet l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition par sonde du patient et entamé une "sédation profonde et continue".

"Cette fois, c’est terminé" assurent les parents de Vincent Lambert
"Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain. Il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent, dans la dignité et le recueillement." La décision permettant l'arrêt des traitements délivrée par la Cour de cassation le 28 juin restera donc comme la dernière étape judiciaire avant la mort de Vincent Lambert.

La procédure d'arrêt des traitements entre totalement dans le cadre de la loi Claeys-Léonetti de 2016. "L'obstination déraisonnable" a été reconnue, en ce sens que Vincent Lambert était maintenu artificiellement en vie par une hydratation et une alimentation artificielle qui sont des traitements et non des soins.

Le collectif "Je soutiens Vincent", contre l'arrêt des traitements, avait programmé un rassemblement ce lundi à Paris en fin d'après-midi. Il a finalement annulé la manifestation. Laissant place à une "veillée de recueillement mercredi soir".

Le "soulagement" de François Lambert
François Lambert, neveu de Vincent
François Lambert, neveu de Vincent © Radio France / Eric Damaggio
Après avoir pris connaissance de la lettre des parents de Vincent Lambert, François son neveu, historiquement pour l'arrêt des soins, est allé dire adieu à son oncle. "C'est plutôt un soulagement. À partir du moment où on sait que le processus est irréversible, autant aller le plus vite possible. Il suffoque, il est tout blanc... On a beau se dire qu'il ne souffre pas, c'est toujours problématique de voir un corps qui dépérit petit à petit."

C'est pourquoi François veut continuer à s'engager sur la problématique de la fin de vie en France après la mort de Vincent Lambert. Pour améliorer la loi sur la fin de vie qui n'a pas empêché six ans de combat judiciaire. "Je continuerai jusqu'à ce que ce qui s'est passé pour Vincent serve à quelque chose. Dès qu'il y aura des proches qui seront défavorables à un arrêt des traitements, le médecin reculera, pour qu'il n'y ait pas une nouvelle affaire Vincent Lambert. C'est là la vraie jurisprudence : même si vous avez des directives anticipées, le médecin peut reculer. Et la loi encourage ça, en disant qu'il n'y a pas de problème. Il y avait un problème avec Vincent Lambert. C'était quelque chose d'assez inhumain qui n'aurait jamais dû arriver comme ça."

D'après François Lambert, ainsi que six des frères et sœurs de Vincent Lambert et son épouse Rachel, Vincent Lambert leur avait confié qu'il préférait mourir plutôt que "vivre comme un légume". Mais il n'a jamais écrit de directive anticipée.

Une "sage décision" pour Marie
Marie Lambert, sœur cadette de Vincent s'est dite "surprise" et a salué "une sage décision" de la part de ses parents. "J'ai du mal à y croire après leurs années de combat judiciaire", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Quand elle a appris la publication de la lettre de ses parents, Marie Lambert venait de s'entretenir avec Vincent Sanchez, chef du service de soins palliatifs et de l'unité des cérébrolésés du CHU de Reims. Ce dernier lui a certifié que "Vincent ne souffre pas".

"Nous sommes dans la dernière étape du processus. Les effets de la déshydratation se font désormais ressentir mais nous ne savons pas combien de jours cela va prendre", a déclaré Marie Lambert.

La mort de Vincent Lambert devrait survenir environ une semaine après l'arrêt des traitements, stoppés mardi dernier. La mort sera due à une défaillance des organes non alimentés, qui cesseront de fonctionner.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 19:43

Affaire Vincent Lambert : son neveu "extrêmement surpris" par le message des parents
19h13, le 08 juillet 2019

Près d'une semaine après l'arrêt des traitements, les parents de Vincent Lambert se disent aujourd'hui "résignés" à la mort de leur fils. Sur Europe 1, François Lambert ne cache pas son "apaisement" de pouvoir enfin dire adieu à son oncle.
INTERVIEW
C'est la fin d'un feuilleton. Les parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, ont annoncé lundi matin, dans une lettre ouverte, la fin de leur opposition à l'arrêt des traitements. Un soulagement pour François Lambert, le neveu de Vincent. "Pour être tout à fait honnête, je craignais des réactions un peu plus violentes de leur part", confie-t-il sur Europe 1.

"Leur message est très contradictoire"
Six jours après l'arrêt des soins, ses proches se sont succédé lundi au CHU de Reims. D'abord Pierre et Vivianne, les parents, arrivés en fin de matinée. Puis François Lambert, en milieu d'après-midi. L'hôpital avait réservé les deux chambres voisines à celles de Vincent pour permettre aux différents camps de la famille de veiller sans jamais se voir. Mais après six ans de bataille judiciaire, l'heure semble plutôt être à "l'apaisement".

"J'étais dans le service, c'était très calme", raconte François Lambert au micro de Matthieu Belliard. Il se dit d'ailleurs "extrêmement surpris par le message des parents de Vincent parce qu'il est très contradictoire. Ils continuent de dire que c'est une mort qui lui est imposée, que c'est un assassinat et en même temps, comme ils sont résignés, ils vont être dans le recueillement et dans la dignité auprès de lui, ce qui est quand même de mon point de vue une très bonne chose". Dimanche, le père de Vincent Lambert avait en effet dénoncé, en arrivant à l'hôpital, un "assassinat déguisé" en cours. Une plainte pour "tentative d'homicide volontaire" a également été déposée.

"Faire en sorte que des affaires comme celle-là ne se reproduisent pas"
Alors, pourquoi une résignation si soudaine ? "Je pense honnêtement que c'est parce que la loi Leonetti les satisfait quelque part, parce qu'elle leur a permis de garder Vincent en vie pendant six ans et qu'elle leur permet beaucoup de procédures juridictionnelles". Le neveu du patient "espère" désormais que cette affaire fasse évoluer la loi. "La société est prête, tous les sondages le montrent. C'est le législateur qui doit régler ce problème et donner un cadre pour faire en sorte que des affaires comme celle-là ne se reproduisent pas".

François Lambert, lui, plaide plutôt pour l'euthanasie. L'arrêt des traitements "est un processus extrêmement éprouvant", avance-t-il. "Sur son corps, les effets sont très violents. Physiquement, on voit qu'il y a une lutte et un départ qui se préparent". Il compte désormais revenir au CHU dans la nuit pour dire adieu à son oncle : "Je ne sais pas si je vais lui parler, je pense que je vais mettre de la musique".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 20:12

Vincent Lambert : "Une situation difficile à vivre pour Rachel", selon le neveu
Selon François Lambert et la partie de la famille opposée à l'acharnement thérapeutique, l'arrêt des soins correspond à la volonté de Vincent. Photo LER / C.D.
 
"La situation est très difficile à vivre pour Rachel", l’épouse de Vincent Lambert, a témoigné le neveu du patient, François Lambert, à son arrivée au CHU de Reims ce lundi après-midi.

Il s’est dit "soulagé" à l’idée que ce soit la "dernière ligne droite".

Selon lui, le décès du patient pourrait intervenir dans un délai d’une à deux semaines à compter de l’arrêt des traitements.

L’arrêt de l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert a débuté mardi 2 juillet.

Les parents "résignés"
Après une tentative avortée d’arrêt des traitements en 2013, le nouveau médecin traitant, Vincent Sanchez, avait enclenché le 20 mai la procédure, stoppée dès le lendemain sur demande de la Cour d’appel de Paris. Mais la Cour de cassation a ouvert fin juin la voie à un nouvel arrêt des traitements.

Les parents, à l'origine de srecours judiciaires durant des années, se sont déclarés lundi "résignés".

L’affaire Vincent Lambert, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, est aussi l’histoire d’un déchirement familial.

L’épouse, Rachel Lambert - qui était lundi matin au chevet de son mari aujourd’hui âgé de 42 ans - ainsi que six de ses frères et sœurs et son neveu François plaident depuis des années, à l’inverse des parents, contre tout "acharnement thérapeutique" et pour le laisser mourir.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 20:32

La mort de Vincent Lambert, «désormais inéluctable»
Par  Stéphane Kovacs   Mis à jour le 08/07/2019 à 20:01  Publié le 08/07/2019 à 19:36
La mort de Vincent Lambert, «désormais inéluctable>>
Les parents disent s’être résignés au décès prochain de leur fils, dont les soins ont été à nouveau interrompus la semaine dernière.

«Cette fois, c’est terminé.» Dans un communiqué publié lundi matin, les parents, frère et sœur de Vincent Lambert ont indiqué qu’ils ne pouvaient que «se résigner» à sa mort, «désormais inéluctable». Après six années de combat judiciaire contre ce qu’ils considèrent comme un «assassinat», les parents de ce quadragénaire tétraplégique en état de conscience minimale depuis presque onze ans admettent qu’«il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent», dont les soins ont été à nouveau interrompus la semaine dernière.

«Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain», écrivent Viviane et Pierre Lambert, leur fille Anne et son demi-frère David Philippon dans ce message adressé à leurs «amis» qui les ont «tant soutenus». «La mort de Vincent est désormais inéluctable. Elle lui a été imposée à lui comme à nous. Si nous ne l’acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner dans la douleur, l’incompréhension, mais aussi dans l’espérance», ajoutent ces fervents catholiques.


«Il était déjà parti il y a longtemps, puisqu’il est en état végétatif. Mais physiquement, il y a des changements, des images assez dures. J’espère que ça ne durera pas trop longtemps»

François Lambert

Leurs avocats, Mes Jérôme Triomphe et Jean Paillot, qui avaient déposé vendredi une plainte pour tentative d’homicide en bande organisée devant le TGI de Reims, ont eux aussi acté dans un communiqué que le décès de Vincent Lambert était dorénavant «médicalement irréversible». «Vincent est en train de mourir, écrivent-ils. L’heure est au recueillement.» «Vendredi, c’était un appel au secours, l’idée était de faire quelque chose très vite, explique l’un des avocats. Mais aujourd’hui, à cause des effets de la sédation, c’est trop tard. Il n’y a plus de raison de se battre: remettre en route l’alimentation et l’hydratation relèverait d’une obstination déraisonnable.»

Le Dr Vincent Sanchez, médecin de Vincent Lambert, hospitalisé au CHU de Reims après un accident de voiture en 2008, a engagé mardi un nouvel arrêt des soins, effectif depuis mercredi soir. Cette décision a été rendue possible le 28 juin par la Cour de cassation. Le protocole médical prévoit l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition par sonde du patient ainsi qu’une «sédation profonde et continue». Dimanche, le père de Vincent Lambert avait dénoncé, en arrivant au CHU, «l’assassinat déguisé» en cours.

» LIRE AUSSI - Vincent Lambert: du cas à l’affaire hors normes

En face, l’épouse de Vincent Lambert, Rachel - qui était lundi à son chevet - ainsi que six de ses frères et sœurs et son neveu François, plaident depuis des années contre tout «acharnement thérapeutique». Selon eux, il leur avait confié préférer mourir que vivre «comme un légume», sans toutefois rédiger de directives anticipées. «On est un petit peu rodés, au point de vue arrêts des soins, confie au Figaro François Lambert, qui s’apprêtait à passer la nuit de lundi à mardi dans la chambre de son oncle, dans laquelle un deuxième lit a été installé. Il était déjà parti il y a longtemps, puisqu’il est en état végétatif. Mais physiquement, il y a des changements, des images assez dures que je ne veux pas décrire. J’espère que ça ne durera pas trop longtemps, car honnêtement, c’est assez insupportable, même si on nous a assuré qu’il ne souffre pas.»

Dénonçant «la police de la pensée leonettiste» - du nom du père de la loi sur la fin de vie en France, Jean Leonetti, NDLR -, François Lambert regrette que «le Dr Sanchez, pour faire plaisir à Leonetti, et pour ne pas être accusé d’euthanasie, pren(ne) son temps, pour un processus qui pourrait durer deux semaines». «Malheureusement, ce n’est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait un petit moins sadique de mon point de vue, commente-t-il. Peu de gens voudraient ça pour eux-mêmes.» Le collectif Je soutiens Vincent a annoncé «une veillée autour de Vincent» ce mercredi à partir de 20 heures, place Saint-Sulpice à Paris
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.07.19 23:13

Lundi 8 juillet, franceinfo a révélé que les parents de Vincent Lambert ne déposeront plus aucun recours pour le maintien en vie de leur fils. Depuis mardi, Vincent Lambert a fait l'objet d'un arrêt des traitements, et il n'est ni plus alimenté ni hydraté.

"Il y a un soulagement parce que cela laisse la place à l'intime pour les parents", a déclaré Eric Kariger qui estime désormais que "c'est le temps de l'au revoir, c'est le temps de l'adieu". Par ailleurs, celui qui a été le médecin de Vincent Lambert jusqu'en 2014, a jugé "injuste et violente" la plainte déposée contre le Dr Sanchez par les parents du patient.

C'est le Dr Karigier qui, le 10 avril 2013, avait engagé le premier protocole de fin de vie pour Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis 2008, en accord avec son épouse Rachel et une partie de la famille. Un protocole suspendu par décision de justice.

Franceinfo : Est-ce que vous ressentez une forme de soulagement aujourd’hui ?

Eric Kariger : Il y a un soulagement, bien sûr, parce que cela laisse la place à l'intime pour les parents et pour une tentative de rapprochement de tous les membres de cette famille. C'est le temps de l'au revoir, c'est le temps de l'adieu. Soulagement pour les parents, mais j’ai aussi une pensée particulière pour le docteur Sanchez et pour mon ancienne équipe qui ont tout fait, au cours de ces derniers mois, pour que Vincent Lambert soit entendu dans ses volontés.


Vous aviez mis en place la première décision d'arrêt des traitements en 2013. Vous savez donc ce que l'équipe du CHU traverse en ce moment...

C'est plus facile de se battre pour la vie que de laisser la mort arriver, surtout quand il s'agit de l'un des nôtres. Derrière cette résignation des parents, c'est une leçon de sagesse médicale, de sagesse humaine et de sagesse judiciaire. Je leur rends d'ailleurs hommage parce que ce n'est jamais facile d'interrompre un combat. Et j'ai une pensée pour toute cette famille, pour Vincent et tout particulièrement pour son épouse et sa petite fille qui vont pouvoir non seulement dire au revoir dans des conditions plus sereines au membre de leur famille mais aussi se reconstruire ensuite.

Les parents de Vincent Lambert ont déposé plainte contre le docteur Sanchez. Que vous inspire cette plainte ?

L'équipe médicale a fait son boulot, déontologiquement et humainement. Aujourd'hui, je n'imagine pas que cette plainte ne soit pas retirée. Par ailleurs, elle me paraît, judiciairement, sans suites possibles. Ce serait plus humain que les parents retirent cette plainte qui est injuste, violente et qui jette l'opprobre sur le corps médical. En tout cas, cette affaire a été lourde. Il y a des moments où on a pu désespérer. Mais aujourd'hui j'ai envie d'avoir un message d'espérance, de confiance et d'hommage pour la famille et pour les professionnels qui vont pouvoir dire au revoir paisiblement à Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime09.07.19 15:15

"Vincent Lambert : son neveu dénonce sur RTL un protocole "sadique"

sous-entendu, l'agonie de V.L. durera le plus longtemps possible pour des raisons x, y, z.
(préparation des obsèques, dons d'organe, essais thérapeutiques pendant l'euthanasie passive, consultations chez les notaires, obéir à des ordres de Jean Léonetti, programmer volontairement un échec de la Sédation Profonde Continue Jusqu'au Décès ou bien la perfectionnaliser, éviter que le docteur soit accusé d'assassinat, réajuster les frais juridiques, etc etc )

mais on pourrait dire à l'inverse qu'une injection létale est un protocole sadique !
tout dépend comment on perçoit les choses

j'aurais eu envie de proposer ici dès l'arrêt des traitements de VL un jeûne total, nourriture et boisson, de tout le monde, pour expérimenter ce vécu ( ce qui est dingue, j'en conviens ). Mais puisque tout est dingue ds l'affaire V.L. !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime10.07.19 8:14

Vincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les proches
Les traitements qui maintenaient Vincent Lambert en vie ont été suspendus le 3 juillet. Son neveu, François Lambert supporte mal ces jours d’attente.

Vincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les prochesVincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les proches

La rédaction d'Allodocteurs.fr
France Télévisions
Mis à jour le 08/07/2019 | 16:58
publié le 08/07/2019 | 16:58

L'issue est proche dans l'affaire Vincent Lambert, mais l’heure n’est pas encore à l’apaisement pour son neuveu François Lambert, favorable à l’arrêt des traitements depuis le début du déchirement familial.

"Sadisme"
"Malheureusement, ce n'est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait un petit moins sadique de mon point de vue. Et on donnerait un petit peu plus de droits aux patients", a-t-il expliqué au micro de RTL, alors qu'il s'apprêtait à rendre visite à son oncle. "Pour ne pas être accusé d'une euthanasie, il faut que ça dure le plus longtemps possible, a-t-il déploré, dénonçant une "loi (qui) laisse beaucoup de marge aux médecins et très peu aux patients".

Joint par allodocteurs.fr, François Lambert a expliqué le choix du mot "sadisme". "Il y a un sadisme global vis-à-vis des proches de la part des médecins "léonettistes". C’est un terme que je trouve très approprié. Depuis le début, ils sont persuadés de faire preuve d’humanisme. Et là, on nous montre un corps qui dépérit à petit feu. Un corps dont on sait qu’il va mourir de la sédation." Une situation qu'il trouve douloureuse pour lui et peu respectueuse de son oncle. "Même si le patient ne ressent pas de souffrance, ce n’est pas neutre de faire cela à son corps."

"Paisibilité"
Le Dr Jean-Marie Gomas, président du conseil scientifique de la société de soins palliatifs, réfute complètement l’idée de sadisme. Tout est fait, selon lui, pour favoriser une fin paisible. Pour le patient, mais aussi pour les proches à son chevet. "Le malade sédaté, si la situation est bien conduite, est détendu et n’a pas de mouvements parasites ou de soubresauts. Il y a une paisibilité et un confort, et l’accompagnement peut se faire dans le calme."

Le médecin défend aussi la place qui est donnée au temps dans la fin de vie. "Avant la prise de décision d’arrêt des traitements, les médecins prennent en effet leur temps. Ce temps correspond à de la prudence, et il est dans l’esprit de la loi. Ce temps semble toujours trop long à ceux qui veulent que ça aille vite, et trop court à ceux qui ne veulent pas que les choses se produisent."

"Il y a un mystère de la fin vie"
Impossible de prédire quand le décès de Vincent Lambert interviendra. Après la décision d’arrêt des traitements et l’administration de la sédation profonde et continue, pour éviter toute souffrance, l’équipe médicale accompagne le patient vers la mort. "On accompagne la défaillance des organes... Il y a une sorte de mystère de la fin de vie, admet le Dr Gomas. Des gens survivent longtemps sans boire et sans manger, d'autres meurent très vite. Et on ne sait pas précisément pourquoi. Il y a un déterminisme biologique, une longévité et une résistance des organes qui n’est pas toujours prévisible. "

"Il y a une ambivalence humaine autour de cette temporalité, qui ne peut pas être contrôlée", affirme le médecin, même si il admet que "certains médecin ont la main lourde sur l'administration des sédatifs, ce qui accélère la survenue du décès. Il y a alors une intentionnalité de donner la mort."
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime11.07.19 13:44

Maître Francis Fossier ne "souhaitait pas réagir" après l'annonce de la mort de Vincent Lambert, jeudi 11 juillet. Mais l'avocat de Rachel Lambert, la femme de ce patient tétraplégique en état végétatif depuis 2008, a été averti que "le procureur de la République a décidé d'autopsier le corps de Vincent Lambert et d'auditionner Rachel Lambert". Cette décision a été prise dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte à la suite de la plainte vendredi des parents Lambert pour "tentative d’homicide volontaire en bande organisée".

>>> DIRECT. Mort de Vincent Lambert : son neveu exprime "son soulagement après des années de souffrance pour tout le monde

Cette demande d'autopsie "relève de la prérogative du procureur de la République", explique Maître Francis Fossier. L'avocat de Rachel Lambert indique également que l'examen clinique va avoir lieu à Paris, "ce qui montre une défiance par rapport aux médecins locaux qu'[il] trouve totalement injustifiée".

On a vécu tout ça très durement et je pensais qu’on était à l’apaisement.
Francis Fossier
à franceinfo

L'avocat de Rachel Lambert "n'accepte pas" cette décision. Il estime que "c'est une grave erreur de la part de notre justice", mais explique ne rien pouvoir "y faire, chacun a ses convictions intimes". Toutefois, Francis Fossier ne pense pas "que cela doit rejaillir dans une procédure comme celle-là".

"Vous imaginez vivre un deuil perpétuel et au jour où tout semble apaisé, où on espère une réconciliation des familles, voilà ce qui arrive", déplore l'avocat. Pour Maître Fossier, qui se dit être "dans une profonde colère", cette tournure judiciaire, "c'est ajouter à la souffrance des gens".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime11.07.19 15:00

Isabelle Balkany ( copié-collé sur FB )
2 h ·
😢😢
Vincent Lambert...
Alain, mon petit frère adoré... 20 ans, accident de moto, embolie graisseuse, "mort cérébrale"... La décision terrible, a l’unanimité familiale, réalisée, en quelques minutes, par des médecins bienveillants et emphatiques, alors que quelques instants avant, du haut de mes 23 ans, je secouais encore mon "bébé" pour lui dire de se réveiller !
59 ans après, la même blessure, si douloureusement indélébile !
Depuis, une accumulation de Lois et d’hystérie médiatique et numérique ont conduit à l’impudeur et à l’indécence face à l’agonie d’un homme et à la douleur d’une famille...
Progressons-nous ou régressons-nous ? ???
question question question question question question question question question
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime11.07.19 16:02

Régis Aubry: «Vincent Lambert n’était pas en fin de vie»
Par  Agnès Leclair   Mis à jour le 11/07/2019 à 15:22  Publié le 11/07/2019 à 12:37
Régis Aubry: «Vincent Lambert n’était pas en fin de vie»
ENTRETIEN - Chef du service des soins palliatifs au CHU de Besançon et ex-président de l’Observatoire national de la fin de vie, le professeur Régis Aubry redoute que les états de grand handicap ne mènent «systématiquement» à l’arrêt des traitements.

LE FIGARO. - Cette affaire interroge sur la place des grands handicapés dans notre société. Vincent Lambert a été décrit comme un «légume». L’humanité d’une personne ne va-t-elle pas au-delà de l’expression de sa conscience?

à propos des articles payants, que les gens se démerdent ( pétition, dépôt de plainte ? etc )
je ne fais plus rien, j'ai trop de pbs et on a un art typiquement français, tourner en rond

Au fait, n'est-ce pas scandaleux, ignoble et indigne que la presse numérique rende payant ses articles à propos de la fin de vie et de la mort ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime12.07.19 8:30

Docteur Perrigault : «L’histoire de Vincent Lambert n'est pas du tout représentative de notre quotidien»
Par Eric Favereau — 11 juillet 2019 à 10:51
le service de soins intensifs de l'hôpital Croix-Rousse à Lyon, en 2017. Photo Jeff Pachoud. AFP
«L’histoire de Vincent Lambert n'est pas du tout représentative de notre quotidien»
Professeur des universités, chef du pôle neurosciences et responsable du département d’anesthésie-réanimation au CHU Montpellier, Pierre-François Perrigault fait partie du comité d’éthique de la Société française d’anesthésie et de réanimation.

Votre première réaction à l’ensemble de l'affaire Lambert ?
C’est un gâchis. En même temps, cette histoire est à part. C’est une exception. L’histoire de Vincent Lambert, comme celle de l’enfant Marwa à Marseille (1), n'est pas du tout représentative de notre quotidien. Elle constitue même un contre-exemple. Dans mon service, nous devons avoir un à deux décès par jour. Et près de 50% sont des décès qui font suite à un arrêt ou à une limitation de traitements. Donc, nous sommes confrontés quotidiennement à cette mort médicalisée. Et cela se passe bien dans la quasi-totalité des cas. L’histoire de Vincent est un cas exceptionnel, en rien le reflet de nos pratiques.

Mais des conflits peuvent exister ?
Oui, nous avons deux types de conflits, qui vont dans les deux sens. Soit un conflit pour la poursuite des traitements voulue par la famille et non souhaitée par les médecins, soit l’inverse. Tout est possible, chaque cas est singulier. On peut avoir une famille qui veut reprendre le patient chez elle, et nous, médecins, qui sommes plutôt pour l’arrêt. Mais on ne va pas s’y opposer, c’est le droit de la famille. À chaque fois, cela dépend. À l’inverse, si on a quelqu’un d’isolé, sans famille, les décisions peuvent être différentes.

En tout cas, nous n’avons jamais eu de conflits intrafamiliaux, où deux parties s’opposeraient. L’important est de savoir se donner le temps. Il ne faut pas faire preuve de dogmatisme. Il faut s’adapter, ne pas tenir compte que de critères médicaux. Aujourd’hui, la loi Claeys-Leonetti nous aide parfaitement. Et l’histoire de Vincent Lambert n’est pas du tout, à mes yeux, un échec de la loi.

Dans vos choix et vos décisions, avez-vous le sentiment que les frontières bougent ?
Très peu. L’arrêt des traitements et la sédation restent une problématique assez lourde. On en discute beaucoup plus, et c’est tant mieux. Pour autant, dans notre département, nous avons une unité qui prend en charge des patients cérébro-lésés, qui sont là après un AVC ou un accident. Il peut se poser, pour eux, la question du prélèvement d’organes. Je suis frappé par le fait qu’il est rarissime que, dans ces situations, les personnes en aient déjà parlé. On anticipe toujours aussi peu.

Et les directives anticipées ?
C’est la même chose. En près de 30 ans de carrière, j’ai dû être confronté deux fois à des personnes qui avaient rédigé des DA. Il y a, peut-être, un peu plus de personnes qui ont choisi une personne de confiance, mais cela reste, globalement, extrêmement marginal.

En dix ans, les prises en charge des états végétatifs ou pauci-relationnels ont-elles changé ?
On a toujours les mêmes repères, avec des doutes. Il y a maintenant des avancées possibles avec l’imagerie. Mais nous, qui les prenons en charge plutôt en amont, travaillons avec nos recommandations de bonnes pratiques.

Exemple : si nous avons une technique médicale qui évite le décès mais qui augmente sensiblement le risque de créer un état végétatif, alors on ne la recommande pas. Car il ne faut pas oublier une chose essentielle : un état végétatif n’est pas un état naturel, c’est une situation qui a été créée par la médecine.

Le vrai sujet pour nous, c’est la question de l’obstination artificielle. Et pour nous, il est important que la loi Leonetti ait dit clairement que l’alimentation et l’hydratation artificielles sont un traitement que l’on peut arrêter. Car dans le cas d’une personne non communicante, on peut être vraiment dans une obstination artificielle du maintien de la vie.

Et vous, avez-vous rédigé vos directives anticipées ?
Je suis très embêté. C’est compliqué… J’attends encore.

(1) Après une longue bataille juridique pour la poursuite des soins de Marwa, née en 2015, victime en septembre 2016 d’une infection virale foudroyante ayant entraîné de graves lésions cérébrales, une paralysie des membres et une dépendance à une respiration et une alimentation artificielles, le Conseil d’État a donné raison aux parents en mars 2017, estimant qu’il n’y avait pas de «certitude» sur l’état de santé de cette enfant, contre l’avis des médecins qui estimaient être en situation d’obstination déraisonnable.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime12.07.19 8:37

«La médecine française reste dans une grande difficulté face à la mort»
Par Eric Favereau — 11 juillet 2019 à 20:16
Pour Didier Sicard, président d’honneur du Comité national d’éthique, l’affaire Lambert révèle la mauvaise gestion de la fin de vie dans l’Hexagone.
«La médecine française reste dans une grande difficulté face à la mort»
Président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le Pr Didier Sicard a rendu un rapport sur la fin de vie à François Hollande en décembre 2012. Il a été à l’origine de la loi dite Claeys-Leonetti.

Quel est votre sentiment sur l’affaire Lambert ?
Ni l’impression d’une fatalité ni celle d’un gâchis, mais d’abord le constat d’une instrumentalisation à des fins presque sectaires d’une situation terriblement humaine. La femme de Vincent Lambert, Rachel, et quelques-uns de ses frères et sœurs se sont toujours conduits dignement, conservant une remarquable rigueur. Le paradoxe est que plus Rachel Lambert a affiché une détermination admirable, dénuée de tout autre engagement que celui de porter la volonté de son mari, plus elle a été attaquée par ses beaux-parents, dans un combat qui avait peu à voir avec Vincent Lambert.

Mais les parents ont bien le droit d’avoir cette position…
Tout à fait. Cela fait partie de l’humanité que de défendre la vie de son enfant. Quand j’étais chef de service à l’hôpital Cochin, à Paris, j’ai souvent été sollicité pour intervenir ou donner un avis sur des enfants porteurs de lourds handicaps. Que faire ? Les familles avaient souvent la volonté de maintenir à tout prix la vie, et les équipes leur demandaient l’autorisation d’arrêter. «Comment voulez-vous que l’on demande la fin de vie de notre enfant ?» répondaient les parents. Je me souviens d’un père qui m’avait dit : «Notre non était un oui. Mais ne nous demandez pas la mort.»

La justice aurait-elle dû dire stop à un moment donné ?
Nous avons le sentiment que la loi a été, à un moment, lâche. Elle a laissé à la médecine une sorte de responsabilité. On a demandé aux médecins d’accomplir puis d’arrêter, puis de reprendre un acte qui n’est plus tout à fait un geste de médecin mais de justice, conférant à des soignants un rôle d’huissier. Le Dr Eric Kariger, le premier médecin, a été exemplaire. Il était croyant, vraiment pas un partisan de l’euthanasie. Ses convictions étaient plutôt dans un sens opposé, proches de la droite catholique, contre l’IVG. Attaqué, il répondait : «Laissez-moi mon discernement.» Rien n’est simple. En tout cas, cette incapacité de la justice à aller jusqu’au bout de son arrêt a rendu la médecine vulnérable.

Qu’aurait dû faire la loi ?
La loi doit avoir un rôle protecteur, et les deux personnes vulnérables étaient bien Vincent et sa femme. La justice ne les a pas protégés. Sa femme se retrouvant même doublement atteinte, d’une part attaquée comme voulant la mort de son mari, et d’autre part blessée de ne pas avoir pu faire respecter le vœu de son mari.

Pour reprendre l’expression de votre rapport, est-ce que l’on meurt toujours mal en France ?
Il y a eu des améliorations mais la médecine française reste dans une grande difficulté face à la mort. Elle a donné au progrès médical et à la technique une sorte d’utopie de la guérison. Lors de la rédaction de mon rapport, en 2012, la phrase que j’entendais le plus dans la bouche des médecins était : «La mort est un échec.» Automatiquement, on fuit devant l’échec. Certains ont réfléchi mais, globalement, la mort ne fait pas partie de la médecine, elle est déléguée aux soins palliatifs.

Que faire ?
Je me souviens d’en avoir débattu avec le président de la conférence des doyens des facultés de médecine. Il me disait qu’il fallait que cela change. Mais qu’a-t-il fait ? Aujourd’hui, ce sont quelques heures perdues dans un enseignement, et la médecine palliative n’est toujours pas une discipline universitaire à part entière. Et il y a un autre paradoxe : plus la médecine engrange des succès, plus elle multiplie les situations d’acharnement thérapeutique. Regardez en cancérologie : on fait maintenant des chimiothérapies dites palliatives. N’est-ce pas le comble de la lâcheté ? Nous avons été le pays de l’acharnement thérapeutique, maintenant nous sommes le pays de l’espoir thérapeutique, du triomphe de la médecine.

Et la perception dans la société ?
Cela bouge peu. Les directives anticipées restent marginales. La vie, c’est l’anticipation, c’est prévoir. Aujourd’hui, le présent est devenu trop obsédant.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime12.07.19 8:46

Vincent Lambert : autopsie pour vérifier que l'arrêt des traitements a respecté la loi
Paris Match | Publié le 11/07/2019 à 17h48

Vincent Lambert est décédé le 11 juillet 2019. Vincent Lambert est décédé le 11 juillet 2019.

Une autopsie va être réalisée sur le corps de Vincent Lambert, décédé jeudi après onze ans passés dans un état végétatif.

Le procureur de Reims, Matthieu Bourrette, a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête en «recherche des causes de la mort» après le décès de Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis presque onze ans décédé jeudi au CHU de Reims, et une autopsie a été demandée. Une fois «avisé par le centre hospitalier universitaire de Reims du décès de Vincent Lambert (...) j'ai immédiatement décidé de l'ouverture d'une enquête en recherche des causes de la mort», a déclaré Matthieu Bourrette lors d'une conférence de presse, précisant avoir saisi le service régional de la police judiciaire de Reims.

A lire aussi :Mort de Vincent Lambert : ses parents dénoncent un «crime d'Etat»

«J'ai ouvert cette enquête au regard du contexte tout particulier de ce décès après des années de recours judiciaire et du conflit ouvert qui existe depuis plusieurs années entre les membres de la famille» de Vincent Lambert.

L'autopsie sera réalisée vendredi matin
Il s'agit «d'un cadre procédural qui permet de lancer des investigations lorsqu'une personne décède dans des conditions particulières ou suspectes sans que l'on soupçonne a priori de l'existence d'une infraction pénale», a-t-il précisé. Il était pour lui «indispensable» de «fournir à tous les membres de la famille (...) les éléments médicaux et judiciaires leur permettant de connaître les causes exactes de la mort». En outre, «comme dans toute enquête en recherche des causes de la mort (...) j'ai décidé qu'une autopsie du corps de Vincent Lambert aurait lieu», a-t-il poursuivi.

Cette autopsie ne sera pas réalisée à l'institut médico-légal de Reims qui dépend du centre hospitalier de Reims, déjà visé par plusieurs plaintes, mais à institut médico-légal de Paris vendredi matin. «Cette autopsie sera réalisée par deux médecins légistes experts, particulièrement chevronnés en la matière pour éviter, là encore, tout débat sur la qualité des actes pratiqués», a poursuivi le procureur. A l'issue de l'autopsie, «le corps sera restitué à l'épouse de Vincent Lambert qui était également la tutrice de son mari». En outre, «des analyses toxicologiques seront également réalisées et pratiquées afin de vérifier quels ont été les produits qui ont pu être utilisés dans le processus d'accompagnement de Vincent Lambert».

«Cette enquête a pour seul objet de connaître les circonstances du décès de Vincent Lambert et de vérifier que les opérations médicales ont bien été réalisées conformément à la loi» Claeys-Leonetti régissant la fin de vie, a-t-il répété, précisant que «les résultats de cette enquête ne seront vraisemblablement pas connus avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime13.07.19 18:33

Mort de Vincent Lambert : le professeur Israël Nisand dénonce une "hypocrisie" et ne voit pas "l'avantage moral" d'une mort lente par rapport à une mort rapide
Le médecin, président du Forum européen de bioéthique, s'interroge sur l'aspect "cruel", selon lui, de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l'euthanasie mais autorise l'arrêt des traitements "sédation profonde et continue".

Le professeur Israël Nisand, en 2017.Le professeur Israël Nisand, en 2017. (DOMINIQUE GUTEKUNST / MAXPPP)
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franceinfo
Radio France
Mis à jour le 11/07/2019 | 11:24
publié le 11/07/2019 | 11:17

"Il faut pouvoir mourir dans la liberté", a déclaré jeudi 11 juillet sur franceinfo le professeur Israël Nisand, président du Forum européen de bioéthique, après l’annonce de la mort de Vincent Lambert par sa famille. "Où est la valeur morale de faire mourir lentement au lieu (...) d'une mort rapide ?", s'interroge-t-il. La loi Claeys-Leonetti de 2016 interdit en effet l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas "d'obstination déraisonnable" et prévoit une "sédation profonde et continue jusqu'au décès". "On est dans l’hypocrisie la plus totale", estime Israël Nisand.

>> Suivez notre direct sur la mort de Vincent Lambert

franceinfo : Quelle trace la mort de Vincent Lambert va-t-elle laisser ?

Israël Nisand : Elle laisse la trace d’une souffrance infinie, de la famille qui s’est déchirée de manière terrible, elle laisse la trace d’une souffrance pour Vincent Lambert car personne n’aurait envie de rester dix ans dans une incapacité de communiquer et de dire quoi que ce soit, ni de percevoir quoi que ce soit. Cela a un arrière-goût un peu difficile de sentir que les structures et les lois dont nous disposons dans notre pays peuvent conduire à un fiasco.

Le cadre d’aujourd’hui ne suffit plus ?

D’abord, les directives anticipées sont très peu utilisées par les Français. Je crois que c’est difficile d’écrire ce qu’on voudrait pour soi-même. Je crois qu'il n’y a pas de valeur morale ajoutée à faire en sorte que la mort se produise vite ou lentement. En l’occurrence, les choix médicaux qui restaient avec la loi Claeys-Leonetti, c’était de supprimer les boissons et l’alimentation. Très franchement je trouve cela cruel. Personne n’a envie de mourir de soif et de faim. Il y avait une sédation profonde mais qui sait ce que Vincent Lambert pouvait percevoir. Je ne vois pas l’avantage moral à mourir lentement par rapport à mourir vite. A partir du moment où on estime qu’on se trouve dans de l’acharnement thérapeutique, il me semble légitime de dire aux Français qu’ils peuvent avoir la liberté. Il faut pouvoir mourir dans la liberté.

Les médecins précisent que son état neurologique faisait qu'il ne ressentait ni la faim, ni la soif, et que sa mort est due une défaillance des organes et à une insuffisance rénale. Vous trouvez cela cruel de suspendre l’alimentation et les boissons ?

Je trouve ça très hypocrite. Faire mourir d’insuffisance rénale au lieu de faire mourir d’une anesthésie générale, franchement, où est la différence ? Où est la valeur morale de faire mourir lentement quelqu’un au lieu de mettre au service de cette personne les moyens habituels dont on dispose pour que la mort soit rapide ? On est dans l’hypocrisie la plus totale.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.07.19 14:30

LES BLOGS
15/07/2019 11:04 CEST | Actualisé il y a 3 heures
L'affaire Vincent Lambert pourrait malgré tout faire avancer la cause de la fin de vie
Il s’agissait par l’affaire qui porte son nom de défendre son droit à la vie, la possibilité pour les médecins d’arrêter ses traitements, et le respect de sa personne par l’interdiction absolue de l’euthanasie.
François Lambert Neveu de Vincent Lambert, étudiant en droit
Vincent Lambert: 11 ans en états pauci-relationnel (un peu de conscience) puis végétatif (pas de conscience détectée) dans un corps souffrant, une volonté exprimée de ne pas vivre dans cet état, et 6 ans de procédures juridictionnelles.

L’application d’une loi surréaliste, ou la nécessité pour les proches de manier le second degré au regard de propos que des “sachants” considèrent comme sérieux.

Il s’agissait par l’affaire qui porte son nom de défendre son droit à la vie, la possibilité pour les médecins d’arrêter ses traitements, et le respect de sa personne par l’interdiction absolue de l’euthanasie.

Car l’idéal de la loi Leonetti est simple (au mieux): l’euthanasie est un terme anxiogène, ce n’est pas un acte mais une philosophie, dans laquelle les médecins recherchent la mort des plus vulnérables en palliant à leur angoisse de la mort par la provocation de cette dernière. En clair, les personnes favorables à l’euthanasie pensent à la mort avant de penser à la vie, ils ont la volonté de braver un interdit, et, comme les serial killer, ils développent une conduite addictive à l’euthanasie lorsqu’elle est légalisée.

Pourtant, de tout temps, des médecins ont pratiqué l’euthanasie, plus ou moins en conscience, de façon plus ou moins humaine et pragmatique, et toujours dans l’opacité et la solitude.

Ceux qui en parlent ouvertement sont en général des médecins politiciens, donc que le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) ne peut atteindre, militants qui évoquent une liberté absolue de toute personne à décider de sa fin de vie.

Les médecins pragmatiques sont eux inaudibles, pour les raisons évoquées ci-dessus, opacité et pressions du CNOM, là où l’euthanasie dans le silence est plus ou moins tolérée.

Cela permet de maintenir en place le fantasme de l’euthanasie tel que les leonettistes le décrivent, pour éviter toute évolution de la loi et faire accepter des choses qui seraient inacceptables autrement. Et d’expliquer au bon peuple qu’il croit être favorable à l’euthanasie, alors qu’en réalité il ne sait pas ce que c’est.

L’arrêt des traitements est quant à lui médical, il ne découle pas d’une demande ou d’une volonté de mort, mais émerge chez le médecin, qui ne tue pas mais laisse la nature (divine?) remplir son rôle. C’est une vision légèrement supérieure de l’être humain.

Dans ce cadre, tout médecin sera à terme d’accord avec cet idéal, car les pro-vies n’existent pas, puisqu’ils ne sont opposés qu’à l’euthanasie. Dans cette logique, toute opposition de leur part démontre bien la nécessité de lutter contre l’euthanasie pour les ramener vers la loi.

Une décision d’arrêter les traitements de Vincent a été prise en 2014 par le Docteur Kariger, contrôlée par le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’Homme.

En 2015, un nouveau médecin était en charge de Vincent (médecin qui avait arrêté ses traitements en 2013...). Il a donc décidé de tout reprendre, car s’il avait réellement été un nouveau médecin, il aurait sinon été obligé d’appliquer la décision de son prédécesseur, et donc de penser que la mort était la destination, sans être du côté de la vie avant de constater une obstination déraisonnable.

C’est donc par respect pour son patient qu’il a tout repris, pour éviter de lui imposer une pulsion de mort. Et c’est par respect pour l’idéal qu’il a reculé deux semaines plus tard, en ignorant le droit de Vincent de ne pas subir d’obstination déraisonnable, car ce dernier est inexistant tant que lui n’a pas effectivement constaté une obstination déraisonnable.

Il a ainsi pu rassurer les médecins en désaccord avec la loi: on ne leur demandera jamais d’imposer à leur patient une pulsion de mort, par respect pour eux (les patients). Et ils n’auront pas non plus à “abandonner” leur patient à un autre médecin qui se complairait dans ses propres pulsions de mort qu’il habillerait de compassion (un peu comme le sadisme peut s’habiller de respect).

Il faudra juste attendre que ces médecins soient convaincus par la loi, c’est-à-dire que l’idéal infuse suffisamment.

En septembre 2017, un autre médecin a pris le temps de la réflexion, puis, le 9 avril 2018, une décision d’arrêt des traitements, qui sera encore contrôlée par le juge administratif (acceptant ainsi d’être le policier de la pensée des médecins) durant un an.

Car il ne s’agit pas d’une euthanasie. Ici, on respecte le patient.

On dit pourtant que la pulsion inconsciente de mort est inhérente à l’être humain. Elle est irrationnelle, et peut s’exprimer à travers des gestes simples et anodins. Elle est sublimée par l’amour, la compassion...

Dans cette logique, elle peut être présente dans un arrêt de traitements.

Mais dans la logique leonettiste, où le médecin ne donne pas la mort, point de sublimation de l’acte, puisque l’acte n’a pas lieu et que donc la pulsion n’existe pas. Seule l’euthanasie confronte le médecin à cette pulsion.

On le sait, l’inconscient, comme l’enfer, c’est souvent les autres. Surtout quand on est investi d’une supériorité morale.

Et si les décisions concernant Vincent ont été contrôlées pendant 6 ans, c’était pour être certain qu’il ne s’agissait pas d’une euthanasie dans un premier temps (être sûr qu’il y avait des raisons médicales à l’arrêt des traitements et que le médecin ne le tuait pas pour satisfaire sa propre jouissance), puis aussi parce-que la réalité s’obstinait à avoir tort face à l’idéal de la loi, des gens refusant d’admettre qu’il ne s’agissait pas d’une euthanasie (mais c’était évidemment à cause des pro-euthanasie).

Jean Leonetti l’a très bien dit à La Croix, dans un article mis en ligne le 22 novembre 2016:

“Après la loi de 2005, je me disais qu’il suffirait de la faire connaître pour faire évoluer les mentalités”. (…) ”Si l’on met en œuvre la loi, les Français changeront d’opinion, veut-il croire”. “Il faudra peut-être pour cela attendre une génération, mais on y arrivera”, affirme le député.

Une génération, c’est généralement 25 ans. Plus que 22 ans donc, pendant lesquels les leonettistes seront totalement hermétiques aux affaires les plus sordides, qui ne pourront que donner raison à l’idéal : c’est la faute aux français qui invoquent en majorité les pulsions de mort, les pro-vies ne se sentant alors pas en sécurité pour appliquer ou voir appliquer la loi. Bientôt, tous les médecins penseront comme les leonettistes...

Des médecins sont condamnés pour ne pas informer correctement leur patient, pour ne pas délivrer des soins efficaces, etc, etc. En revanche, envisager que la pédagogie et le fait d’écrire dans une loi qu’il est interdit de s’acharner (un peu comme écrire qu’il est interdit de mourir de faim) suffiront à atteindre l’idéal semble tout à fait viable pour eux. Car c’est un sujet sensible.

Ce qui amène toutes sortes d’arguments de mauvaise foi pour protéger l’idéal.

Par exemple, la loi Leonetti de 2005 a été revisitée par la loi Leonetti de 2016. Cette dernière a généralisé la sédation profonde et continue jusqu’au décès et rend « opposable » aux médecins les directives anticipées. Vincent n’en avait pas rédigé. Toute la solution à sa problématique est donc restée inchangée du fait de cette loi.

Néanmoins, à la question: “pourquoi ne pas faire évoluer la loi au vu de l’affaire Vincent Lambert?”, les leonettistes répondent: “parce-que la loi n’a que 3 ans et qu’il faut d’abord en tirer un bilan”.

En outre, on ne le répétera jamais assez, aucune loi n’est idéale, donc gardons celle-là et son idéal. Elle est riche, elle est diverse, elle fait cohabiter de nombreux points de vue, là où l’alternative est unique, pulsionnelle, et repliée sur elle-même.

Et les faits décrits ci-dessus de l’affaire Lambert sont communément admis. Mais l’appréciation consistant à condamner ces faits est subjective et simpliste, selon la terminologie leonettiste. Il n’existe en revanche pas d’appréciation positive de ces faits, puisque l’on déplore que les choses aient dû se passer ainsi, tout en gardant à l’esprit que ces faits illustrent une forme de vérité, l’absence de certitude, un grand pragmatisme, et le respect du patient.

L’opposabilité des directives anticipées n’aura quant à elle aucun impact juridiquement (et si Vincent en avait rédigées, cela n’aurait rien changé). Car, on l’aura compris, l’idéal ne peut s’accommoder d’une clause de conscience qui libérerait la pulsion de mort. Il s’agira donc de s’en remettre à la libre appréciation du médecin, qui n’aura comme autre obligation que celle qu’il se donnera.

D’ailleurs, le fait que que le législateur soit un médecin, viscéralement opposé à l’euthanasie et au suicide assisté, et que la loi consacre la toute-puissance du médecin dans la lutte contre l’acharnement thérapeutique (puisque c’est officiellement pour cela que cette loi a été votée) d’une part, et qu’en revanche le droit à la vie du patient soit protégé jusqu’à l’absurde pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une euthanasie d’autre part, n’est évidemment que pure coïncidence.

Et j’en passe et des meilleurs : l’affaire Lambert, c’est un cas particulier, c’est la faute à la médiatisation, au conflit familial... toutes ces choses qui ont empêché de comprendre et d’atteindre l’idéal...

Il faudra donc continuer à négocier avec les opposants à la loi, car à terme ils seront convaincus. Et toujours, chaque fois qu’ils craindront assister à une euthanasie, les rassurer, en prenant le temps de la réflexion.

Les pro-vies l’ont bien compris. Après avoir passé des semaines à dire que Vincent allait mourir de faim et de soif, ses parents, et avec eux leur mouvement, se sont résignés dans le silence face à un spectacle de déperdition extrêmement violent. Pour protéger ce que cette loi a malgré tout à leur offrir.

Cette loi se nourrit en effet de tout. Comme du fait de se battre pendant six ans pour la faire appliquer alors qu’elle n’offre aucun instrument pour faire respecter les droits d’un patient et érige en vertu une obscénité en blouse blanche. A cela, les leonettistes n’ont qu’une chose à dire: “on sait que ce n’est pas facile, mais merci, la cause avance grâce à l’affaire”.

Cette tribune elle-même participe d’une réflexion éthique. Elle pose le problème pour la suite : le médecin, en cas de dissensus, devra décider s’il faut s’obstiner sur le patient ou s’obstiner à vouloir le laisser partir. En gardant à l’esprit les demandes relayées par les médias: “plus jamais ça!”. En gardant aussi à l’esprit que l’idéal est toujours remis en question par les médias, qui réfléchissent sur un temps court et ont une pensée binaire à laquelle s’accommode mal, là encore, l’idéal.

Et si on ne sort pas indemne d’une telle histoire, cela montre à quel point c’est compliqué pour les médecins, qui font face à des questions éthiques d’une grande complexité, et qui doivent en outre faire face à des gens qui réagissent sous le coup de l’émotion, parfois manipulés par des idéologues, et qui sont souvent dans l’incompréhension de l’idéal. Quand ça se passe mal, c’est une preuve en fait que l’idéal est le bon, mais qu’il n’est pas encore bien installé.

Les proches, même détenteurs de directives anticipées, qui feront face à un médecin pro-vie devront donc comprendre qu’il ne faut pas s’en prendre à l’idéal, que du reste le juge administratif protège (plus qu’il ne protège le patient, ce dernier n’étant qu’un cas particulier, du reste automatiquement respecté par l’idéal).

Vincent a agonisé pendant une semaine, visage blanc, puis gris, étouffant, râlant, respirant très vite et très bruyamment, puis s’arrêtant de respirer, avant de reprendre... Image fascinante de constatation qu’on l’a respecté sans lui infliger une quelconque pulsion de mort.

Lorsque j’ai dormi avec lui, dans la nuit de lundi à mardi, deux machines se sont mises à sonner. J’ai tout de suite vérifié qu’il respirait encore avant d’aller voir les infirmières, qui se sont exclamées: “Ah!”, avant d’arriver dans sa chambre et de constater qu’il était encore en vie. “Ah, non...”.

Vincent est décédé le jeudi 11 juillet 2019 à 8h24.

Sa mort fut pour nous un soulagement. Et pour ma part, il n’y a eu aucune tristesse à ce moment précis. La tristesse, c’était avant.

Puis son corps a été autopsié, pour vérifier qu’il a été idéalement respecté jusqu’au bout.

Il repose en paix depuis le 13 juillet 2019, dans le nord est de la France, fier du travail accompli pour l’acceptation de l’idéal.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.07.19 14:59

Après sa mort, l'affaire Vincent Lambert appelle action et engagement
13 JUIL. 2019 PAR GEORGES À CLERMONT BLOG : VIVRE DEBOUT ! ...
L'inhumation de Vincent Lambert n'est pas encore la fin de ce feuilleton dramatique. Ses enseignements révèlent les failles et les impasses de la loi Claeys-Léonetti qui ne répond pas au besoin de la population exprimé clairement pour l'euthanasie dans tous les sondages d'opinion méprisés par les lobbies pro-vie. Chacun peut agir et s'engager pour que sa fin de vie ne lui soit pas volée.

Vincent Lambert, accidenté de la route en 2008, tétraplégique en état végétatif chronique est mort. Cet homme est enfin libéré d'une vie végétative et artificielle qu'il disait ne jamais vouloir vivre ; libéré d'un déchirement familial irréductible depuis le 11 janvier 2013 (1), où une partie de sa famille – celle de ses parents – a joué de toutes les indignités, de vidéo obscène en déclarations fracassantes, malhonnêtes ou jubilatoires l'assimilant à un handicapé (2) ce qu'il n'a jamais été ; libéré d'une pression médiatique constante, prompt à utiliser le scandale sans l'éclairer ni le comprendre au-delà de parti-pris ; libéré de cette instrumentation éhontée, de cet acharnement juridique inconditionnel et de ses soutiens financiers extrémistes (3).

L'affaire Vincent Lambert continue, hélas !

Vincent Lambert est mort mais l'affaire « Vincent Lambert » se poursuit contrairement au vœu de François Lambert, son neveu, favorable à la fin des traitements de survie, exprimé le 11 juillet, place de la République à Paris : L'autopsie du corps a été ordonné par le procureur de Reims pour déterminer « les causes de la mort », autopsie qui ajoute de la souffrance à la souffrance de ces longues et tristes années et d'abord à son épouse. Elle serait justifiée en raison « des différentes plaintes pour tentatives de meurtres déposées à l’été 2015 et plus récemment le 4 juillet [tentative d’homicide volontaire]  par Pierre et Viviane Lambert », parents de Vincent, contre le docteur Sanchez, chef de l'unité du CHU de Reims qui a mis en œuvre le protocole de sédation profonde et continue.

Les avocats des parents (Jean Paillot et Jérôme Triomphe) ont osé proclamer qu'ils renonçaient à tout recours juridique quand il n'y avait plus de recours juridique possible pour arrêter une troisième fois cette sédation et avoir "usé", avant le docteur Sanchez, trois responsables de cette unité au CHU de Reims (4) mais ayant bien pris soin de déposer plainte comme l'exprime les vociférations délirantes après le décès : « Crime d'état », « Vincent est mort, tué par raison d’Etat et par un médecin qui a renoncé à son serment d’Hippocrate ».

Quoiqu'il en soit maintenant des rebondissements et recours possibles, bien des enseignements et questionnements sont à tirer de ce sinistre feuilleton suivi en direct pendant 6 ans.

Des enseignements à tirer

Certes, Vincent Lambert n'avait pas écrit de directives anticipées. Son épouse, pourtant, a clairement dit et répété sa volonté exprimée oralement de ne jamais vivre cet état. L'eût-il écrit que l'acharnement juridique des parents et de leurs soutiens auraient été identiques. Ils refusaient cette libération corporelle comme un sacrilège dicté par leurs croyances, opposition non fondée sur le droit ou la volonté exprimée par leur fils mais sur une irréductible loi venue du « ciel » via la "Fraternité Saint Pie X" (ex- Mgr lefebvre, ex-excommunié réintégré) s'imposant aux préoccupations terrestres quelles qu'elles soient.

L'extrémisme religieux fustigé dans d'autres religions n'est-il pas le même ici, à traiter pour ce qu'il est : une tentative d'imposer sa religion, ses croyances quel qu'en soient le prix, la souffrance, la durée, les conséquences pour les vivants. Certains objecteront « l'amour d'une mère » comme si tout devenait justifiable par cette expression convenue et facile. La plupart des médias, abreuvés de tapages d'un camp contre l'autre n'ont-ils pas laissés dans l'ombre, dans le silence, dans l'oubli, la douleur d'une épouse et d'une grande partie des frères et sœurs pour ne relayer que l'acharnement de parents et d'une partie mineure de la famille ?

Cette fin programmée par arrêt de l'alimentation et de l'hydratation avec la sédation profonde et continue organisée publiquement a été le point de rencontre de deux temporalités : celle qui veut que la mort vienne lentement pour ne pas dire que la sédation est euthanasie, pour se mettre à l'abri de poursuites (non sans raison), celle qui voudrait que cette fin intervienne au plus vite pour ne pas prolonger la dégradation du corps et ce temps suspendu, terrible pour les membres de la famille sinon l'agonisant. François Lambert, le 8 juillet «  estimait que la menace d’une plainte des parents « encourag[eait] le médecin à prendre son temps, c’est-à-dire à ne pas être accusé d’une euthanasie ». « Et pour ne pas être accusé d’une euthanasie, il faut que ça dure le plus longtemps possible, ce qui est à mon avis franchement sadique », déplorait-il, dénonçant une « loi [qui] laisse beaucoup de marge aux médecins et très peu aux patients ». Vincent est en effet décédé neuf jours après le début de l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles qui le maintenaient en vie.

A y regarder de près, quelle est la finalité de cette sédation  ? Laisser venir la mort en privant le corps de toute aide de survie est une pseudo-euthanasie passive qui ne dit pas son nom pour éviter l'obstination déraisonnable, maintes fois validée dans cette affaire, qui laisse au corps le «  soin » de se dégrader à une vitesse très variable ( elle se compte en jours, en semaines...) jusqu'à la fin. Cette procédure de fin de vie très hypocrite et, à y bien regarder, bien cruelle, montre la limite et les impasses de la loi actuelle.

Des impasses et failles de la loi actuelle

Les directives anticipées, contrairement à ce que nous pouvons entendre, pour ne pas remettre en cause cette loi, ne sont pas contraignantes : « Les directives anticipées s'imposent au médecin pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement, sauf en cas d'urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. » Art. L. 1111-11 de la loi dite Claeys-Léonetti.  « Elles s'imposent » sauf avis contraire du médecin ! Il est assez simple pour un médecin qui n'y est pas favorable de dire que ces directives ne sont pas appropriées ou non conformes à la situation médicale. Ces directives ne sont donc pas contraignantes : elles laissent l'interprétation du médecin décider de sa validité ou non, de son actualité ou non.

De plus, sans une personne de confiance présente et forte qui peut porter la voix du patient hors d'état d'exprimer sa volonté, les directives anticipées ne sont qu'un chiffon de papier laissé au bon vouloir des médecins qui ne sont évidemment pas tous du même bois. Directives anticipées et personne de confiance sont indissolublement liées pour que, peut-être, la volonté du patient soit entendue sinon respectée.

La loi actuelle en ne hiérarchisant pas au sein des familles qui porte la parole de la personne en fin de vie ouvre la porte aux déchirements familiaux... Rachel Lambert, son épouse, fut pourtant nommée sa tutrice (confirmée en appel) !

C'est Jean Léonetti lui-même qui expliquait  « Aujourd’hui, vous avez une médecine tellement performante qu’elle peut maintenir en vie presque de manière quasiment indéfinie des corps dans lesquels il n’y a plus de pensée, plus de conscience, plus de relation à l’autre » . Nous voilà prévenus ! C'est encore et toujours LA médecine, plutôt les médecins qui, au fil des lois, détiennent de plus en plus le pouvoir de vie ou de mort sur leurs concitoyens : pour maintenir en vie avec traitement : médecins ; pour décider « obstination déraisonnable » : médecins ; pour décider que les Directives anticipées sont appropriées et présentement applicables : médecins ; pour décider du protocole de sédation profonde et continue : médecins. Certes, des avis autres, des recours sont possibles mais le fait est là : les médecins sont chargés par la loi de plus en plus de pouvoir de vie et de mort sur la population française. Dans un CHU, il n'est pas toujours/souvent simple de rencontrer, de parler, de faire valoir un avis divergent aux médecins quelles que soient leurs qualités professionnelles « intrinsèques ».

Les français veulent une loi incluant l'euthanasie

Le dernier sondage IFOP sur « La situation des libertés publiques en France » a notamment étudié « L'opinion des français à l'égard de l'euthanasie » . Le résultat est plus que parlant, confirmant nombre de sondages antérieurs et montrant pour la première fois une évolution par rapport à une conception d'euthanasie liée au terme de souffrances graves et incurables : 96% des français sont favorables à une forme ou une autre d'euthanasie ; 60% sont pour le droit à l'euthanasie « ... encadré et possible uniquement en cas de souffrances graves et incurables » ; 36% déclarent que « les français devraient avoir la possibilité de disposer d'un droit à l'euthanasie quelles que soient leurs conditions de santé » se dégageant ainsi d'un pouvoir médical qui enfle démesurément. Le droit à l'euthanasie qui reposerait sur les seuls médecins renforcerait encore ce pouvoir y compris les résistances de nombre d'entre eux comme l'IVG le montre et subsidiairement l'actuelle loi Claeys-Léonetti.

Des associations pour l'euthanasie et le suicide assisté

Il existe aujourd'hui en France trois associations qui oeuvrent pour une fin de vie incluant un droit à l'euthanasie et le suicide assisté.

L'association « Ultime Liberté » s'est constituée sur cette philosophie « libre choix » : «  la liberté de choisir le moment, le lieu et les modalités de sa mort reconnue par une loi incluant le suicide assisté ou l'euthanasie volontaire lorsque l'intéressé se trouve dans un état où il ne peut plus communiquer et qu'il a écrit ses directives anticipées ». http://ultimeliberte.fr/guppy/

Au contraire, l'association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) a rédigé une proposition de loi qui se situe dans la conception « souffrances et maladies incurables » : « Après l’article L. 1110-5-3 du code de la santé publique, il est inséré un article ainsi rédigé :Toute personne capable, selon la définition donnée par le code civil, en phase avancée ou terminale, même en l’absence de diagnostic de décès à brève échéance, atteinte d’au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidante et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique inapaisable qu’elle juge insupportable ou la plaçant dans un état de dépendance qu’elle estime incompatible avec sa dignité, peut demander à bénéficier, dans les conditions prévues au présent titre, d’une aide active à mourir.La présente disposition s’applique également dans le cas de polypathologies ». https://www.admd.net/

La dernière association créée en dernier lieu en février 2018 est « Le Choix, citoyens pour une mort choisie », «pour porter la parole des signataires des pétitions de Nathalie Gueirard Debernardi et Marie Godard ... Ces signataires ont clairement exprimé qu’ils souhaitent que nous continuions notre action pour qu’une loi autorisant le suicide assisté et l’euthanasie soit votée rapidement. Après l’entrée en vigueur de la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, la question de la fin de vie en France reste au centre de l’actualité et encore récemment, grâce au combat qu’a mené Anne Bert pendant les six derniers mois de sa vie, jusqu’à ce qu’elle parte en Belgique, où elle a été euthanasiée, à sa demande, le 2 octobre 2017. ». https://mortchoisie.org/

Seul 4% ne veulent surtout pas d'euthanasie sous quelque forme que ce soit. Combien de temps cette petite minorité de 4% - lobby religieux, lobby palliatif, lobby médicaux extrémistes, réactionnaires de tous poils permissifs pour eux-mêmes - vont-ils encore dicter leur loi contre l'avis de la quasi-totalité des français, ceux-ci ni entendus, ni écoutés ?

Se satisfaire de la situation actuelle,

finir sa vie en Suisse ou en Belgique ?



Faudrait-il se satisfaire d'un aller sans retour en Suisse ou en Belgique pour bénéficier de leurs lois plus ouvertes sur la fin de vie et les besoins des populations ? Se satisfaire d'une clandestinité aléatoire et compatissante jusqu'à ce que les préoccupations financières ou écologiques dégagent les vieux ?

Il est possible de penser sa fin de vie non de fuir cette échéance qui peut faire peur davantage que la mort elle-même. Il est possible de s'engager dans l'une ou l'autre de ces associations pour faire bouger cette minorité qui s'arroge le pouvoir de décider à la place des citoyens comme si de la vie à la mort tout devait être décider par un pouvoir arrogant et sûr de lui quand cette liberté est l'acte ultime d'une personne responsable d'elle-même.

---------------

1 - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait ordonné en urgence la reprise de la nutrition et de l’hydratation décidée par le docteur Eric Kariger suivie bien après par le docteur Daniela Simon.

2 - Parler de Vincent Lambert comme d'un handicapé, n'est-ce pas une tentative de manipulation et une insulte aux véritables handicapés qui ne sont en rien dans la situation de Vincent ?

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/11/vincent-lambert-est-mort_5488017_3224.html

Ce goût amer, certains l’ont ressenti au vu de l’instrumentalisation dont Vincent Lambert, à son corps défendant, a pu faire l’objet ces dernières années dans la « bataille de l’opinion ». Où était son droit à la dignité lorsque des images de lui sur son lit d’hôpital ont été largement diffusées dans les médias par les partisans de son maintien en vie ? Où était le droit à la dignité de son épouse lorsque ses beaux-parents l’ont fait suivre par un détective privé ou lorsqu’elle a été auditionnée au commissariat dans le cadre d’une plainte contre X pour tentative d’assassinat ? Quand les avocats des parents, juchés sur les épaules de partisans du maintien en vie, ont crié à la « remontada » lorsque la cour d’appel de Paris leur a – provisoirement – donné raison ?

3 – Pour savoir qui a financé et soutenu cette très longue campagne :

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/05/31/jean-marie-le-mene-le-magistrat-qui-finance-la-croisade-pro-vie-des-parents-de-vincent-lambert_5469630_4500055.html

« A la présidence de la controversée Fondation Jérôme Lejeune, Jean-Marie Le Méné, magistrat de la Cour des comptes, militant ultraconservateur, a aidé Viviane Lambert – la mère de Vincent Lambert – à écrire son livre Pour la vie de mon fils (Plon, 2015) et à relayer son combat. »

Le Monde - Par Zineb Dryef Publié le 31 mai 2019 à 00h50 - Mis à jour le 31 mai 2019.

et :

https://blogs.mediapart.fr/cuenod/blog/040719/vincent-lambert-et-le-desarroi-du-xxie-siecle

Extrait : « Pratiquants fervents et militants, les parents de M. Lambert ont reçu un appui sans faille provenant des milieux les plus rigides du catholicisme français. Vincent Lambert est ainsi pris comme porte-drapeau de la cause des intégristes comme le montre ce tweet de Civitas qui profite de ce cas douloureux pour débiter sa haine, et de la République et de la Franc-Maçonnerie... Le mouvement « pro-vie » – qui anime les intégristes catholiques et évangéliques – combat sur deux fronts : la lutte contre l’interruption volontaire de grossesse et l’opposition au droit de mourir dans la dignité. Dans les deux cas, c’est moins la vie qu’il veut protéger que la liberté qu’il cherche à réduire. »

Sur Médiapart, blog de CUENOD, 4 juillet 2019

4 - https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/11/22/comprendre-l-affaire-vincent-lambert-en-sept-dates_5386948_4355770.html

Le Monde - Par Anne-Sophie Faivre Le Cadre Publié le 22 novembre 2018 à 11h21 - Mis à jour le 11 juillet 2019 à 11h11

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/11/vincent-lambert-la-question-que-sa-mort-nous-laisse-en-heritage_5488168_3232.html

« En accompagnement de cet arrêt, Vincent Lambert n’a pu bénéficier que d’une sédation profonde et continue, dosée a minima pour qu’elle ne puisse surtout pas être suspectée d’avoir entraîné la mort par elle-même. Au risque que le temps du mourir ne se prolonge excessivement, et pour lui et pour ceux qui l’ont accompagné. Ou qu’il soit insupportable à vivre, du fait de cet arrêt d’eau et de nourriture. Faut-il en rester là ? C’est la question que sa mort nous laisse en héritage. » Véronique Fournier, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.07.19 15:08

RAPPEL   RAPPEL   RAPPEL   RAPPEL   RAPPEL

Vincent Lambert est décédé, l'affaire Vincent Lambert est enterrée

RAPPEL   RAPPEL   RAPPEL

http://www.handichrist.net/t1175-janvier-2011-fin-de-vie-echec-d-une-loi

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Il n’est pas inutile de rappeler ici que beaucoup de Français ont été déçus par François Hollande, qui n’a pas respecté son engagement présidentiel, pris dans le cadre de la proposition 21, de faire voter une loi pour que «toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité». Comment la République peut-elle à ce point bafouer ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ?

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime15.07.19 15:24

il n'y a plus d'affaire Vincent Lambert, c'est fini, c'est terminé.
Par contre, il y a une autre affaire
L'affaire Léonetti...
Doit-on enterrer symboliquement Jean et son collègue Alain ?
pour enfin pouvoir légaliser le Suicide Assisté et l'euthanasie.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.07.19 20:20

Que se serait-il passé si Vincent Lambert avait donné des directives anticipées?
Jean-Yves Nau — 16 juillet 2019 à 7h30

La tragique affaire a mis en lumière les insuffisances d'un procédé dans lequel on pensait avoir trouvé une forme de panacée.
L'hôpital Sébastopol de Reims, où est décédé Vincent Lambert le 11 juillet 2019. | François Nascimbeni / AFP
L'hôpital Sébastopol de Reims, où est décédé Vincent Lambert le 11 juillet 2019. | François Nascimbeni / AFP

Au-delà du tragique, des déchirures et des innombrables polémiques, on avait acquis une certitude: il n'y aurait pas eu d'affaire Vincent Lambert si cet homme, victime d'un accident de la circulation en 2008 avait, au préalable, rédigé ses directives anticipées. Entendre: s'il avait, en pleine conscience, exprimé par écrit ses volontés quant aux décisions du personnel soignant le concernant si, le cas échéant, il avait été dans un état grave et incapable de s'exprimer.

Cette absence de directives semblait d'autant plus regrettable, faisait-on souvent remarquer dans les médias, que Vincent Lambert exerçait la profession d'infirmier –présupposant ainsi que le fait d'être soignant impliquait de mieux maîtriser un tel sujet.

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La question des directives anticipées fut ainsi régulièrement posée aux différent·es spécialistes et personnalités amenées à s'exprimer sur cette affaire: «Et vous, les avez-vous rédigées?» Une interrogation déclenchant généralement un certain embarras. Comme, dans Libération, celui du Pr Pierre-François Perrigault (CHU de Montpellier), membre du comité d'éthique de la Société française d'anesthésie et de réanimation: «Je suis très embêté. C'est compliqué… J'attends encore.»

Ou comme les déclarations de Gilles Le Gendre, 61 ans et actuel président du groupe des député·es LREM, au «Grand Jury» RTL/Le Figaro/LCI: «Non je ne l'ai pas encore fait. Mais cela doit être dû à mon très grand optimisme et à la très grand cure de jouvence que représente pour moi l'engagement politique.» Dans le même temps, des voix s'élevèrent: pourquoi ne pas rendre obligatoire l'expression de ses dernières volontés?

«Directives anticipées» (DA, «living will» ou «testament biologique») désigne l'expression écrite de souhaits exprimés pouvant aider des individus malades à «participer sans être présents» aux discussions qui précèdent les décisions relatives aux soins et traitements qui leur sont dispensés en fin de vie.

Une utilisation très confidentielle
On estime généralement qu'il s'agit là de la méthode reflétant le plus directement la volonté de la personne concernée –du moins au moment où ces souhaits ont été rédigés. En France, cette disposition existe depuis la loi du 22 avril 2005 (dite «loi Leonetti») complétée par celle du 2 février 2016 («loi Claeys-Leonetti»):

«Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces directives anticipées expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l'arrêt ou du refus de traitement ou d'acte médicaux. Elles revêtent la forme d'un document écrit, daté et signé par leur auteur dûment identifié par l'indication de ses nom, prénom, date et lieu de naissance.»

Les réponses aux principales questions pratiques sont disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que sur service-public.fr. Pour sa part, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, plus de 72.000 adhérent·es) a ouvert gratuitement un «fichier national des directives anticipées».

«En près de trente ans de carrière, j'ai dû être confronté deux fois à des personnes qui avaient rédigé des directives anticipées.»
Pr Pierre-François Perrigault
Pour autant, ces dernières années –et en dépit de la médiatisation récurrente de différentes affaires de ce que l'on nomme couramment «fin de vie»–, cette expression de la volonté ne semble que rarement avoir eu une traduction dans les faits. «L'utilisation des directives anticipées demeure très confidentielle: selon une étude récente de l'Ined, elles ne concernent que 1,8% des patients pour lesquels une décision de fin de vie a été prise alors qu'ils n'étaient “plus en capacité de participer à la décision”, observait le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans son avis n°121 de juin 2013. Cela pose très clairement la question de l'appropriation de cette pratique, à la fois par les patients et par les professionnels de santé.»

Et le Pr Perrigault de confirmer: «En près de trente ans de carrière, j'ai dû être confronté deux fois à des personnes qui avaient rédigé des directives anticipées. Il y a, peut-être, un peu plus de personnes qui ont choisi une personne de confiance, mais cela reste, globalement, extrêmement marginal.»

L'affaire Vincent Lambert a-t-elle modifié la donne? On pourrait le supposer. Mais faute de statistiques, rien ne permet de l'affirmer. Et on pourrait même soutenir que cette affaire aura finalement eu, de manière quelque peu paradoxale, un effet contraire –en mettant en lumière la complexité et les ambiguïtés du dispositif.

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Anticipation pratiquement impossible
La première limite des directives anticipées tient au fait qu'elles n'expriment que la vérité de l'instant où elles ont été rédigées –généralement par une personne bien portante, capable de s'exprimer. Or «il est toujours très difficile de savoir quelle est la dernière volonté, au dernier moment, de celui qui est inerte, incapable de s'exprimer, soulignait le 8 juillet sur France Info Damien le Guay, philosophe, éthicien, membre émérite du Conseil scientifique de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs et auteur de Le fin mot de la vie. Il faut se souvenir de ce que disent tous ceux qui ont été confrontés à cela. Par exemple, Philippe Pozzo di Borgo [homme d'affaires français devenu tétraplégique à 42 ans après un accident de parapente, ndlr] disait: “Vous m'auriez demandé de signer un papier pour n'être pas dans la situation où je suis aujourd'hui, je l'aurais signé des deux mains. Si vous me demandez aujourd'hui d'accélérer ma fin de vie, je vous dis non.”»

Car il s'agit bien ici d'exprimer des choix majeurs dans l'hypothèse où l'on se retrouverait dans telle ou telle situation ultérieure. Et ce alors même que rien n'est, par définition, véritablement prévisible. «Celui que l'on était est désarmé pour envisager ce que l'on vit en fin de vie, résume Damien Le Guay à Atlantico. Il y a comme une forme d'ignorance mutuelle: celui d'autrefois est incapable de comprendre ce que l'on vit aujourd'hui; et celui que l'on devient en fin de vie est inimaginable avant.»

On peut le dire autrement: les directives anticipées ne peuvent que mal anticiper puisque l'anticipation est par définition pratiquement impossible. Avec, en prime, l'impossibilité de faire marche arrière dès lors que l'on ne sera plus, définitivement, en état de s'exprimer? Comment, le cas échéant, ne pas être prisonnier·ère de ses propres DA? «Plus la personne malade se rapproche de la fin de sa vie, plus on observe qu'elle est susceptible de changer d'avis et de réviser ses directives anticipées, constate le CCNE. En tout état de cause, le caractère révocable des directives anticipées est admis par tous.»

Vous devez informer votre médecin et vos proches de l'existence et du lieu de conservation de vos directives anticipées.
Plus généralement, Damien Le Guay explique être contre des DA «pré-écrites», contre «un formulaire qui a déjà été rempli préalablement», ce qui constitue, selon lui, «une forme d'abus de confiance». À l'opposé des propositions existantes, les DA devraient d'après lui être envisagées «comme une manière de mieux comprendre celui que je suis» (des DA de ce genre, précise-il, existent en Suisse).

Ce ne sont là que quelques-unes des questions soulevées et il y en a de nombreuses autres, très concrètes, auxquelles les recommandations officielles n'apportent guère de réponses: «Face à un malade qui n'est plus capable d'exprimer ses volontés, les médecins doivent chercher à savoir s'il a rédigé des directives anticipées. Il est donc important qu'elles soient facilement accessibles. Vous devez informer votre médecin et vos proches de leur existence et de leur lieu de conservation. Ainsi le jour venu, le médecin qui vous accompagnera lors de votre fin de vie saura où trouver vos directives à mettre en œuvre.»

Des médecins tout-puissants?
Il faut encore savoir que ces DA «s'imposent au médecin pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement». Sauf dans deux situations: en cas d'urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation (par exemple, patient à réanimer à la suite d'un accident de santé brutal); lorsque des DA apparaissent «manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale».

Dans ce cas, le médecin doit rendre sa décision à l'issue d'une «procédure collégiale». Elle est alors prise par plusieurs médecins ayant pleinement connaissance du dossier. Une fois prise, cette décision est consignée dans le dossier médical. La décision de refus d'application des DA est portée à la connaissance de la personne de confiance ou, à défaut, de la famille ou des proches.

Il faut encore savoir qu'en l'absence de DA, les médecins doivent recueillir l'avis de la personne de confiance ou, à défaut, tout autre avis de la famille ou des proches. En fonction de cet avis, les médecins prendront leur décision en conscience et au vu de la situation médicale et de sa probable évolution. Aux deux extrêmes du spectre philosophique, idéologique ou confessionnel, certain·es voient là l'expression de la persistance d'une forme inacceptable de pouvoir médical.

À LIRE AUSSI L'idée du «suicide rationnel» pour les personnes âgées émerge aux États-Unis

Les un·es réclament de pouvoir mieux maîtriser leur fin, si possible dans la dignité, quand les autres estiment qu'une plus grande place devrait être laissée à la volonté divine. De ce point de vue, la tragique affaire Vincent Lambert aura exacerbé les passions et renvoyé à plus tard un débat apaisé et constructif sur les conditions de la mort. Et ce, dans un pays où le pouvoir exécutif peut toujours être accusé d'incurie quant au développement d'une véritable offre, laïque et humaniste, de soins palliatifs.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime16.07.19 20:32

Bof ! si on les refait tous les six mois, et si on en fait des dizaines de photocopies mises ici et là, de quoi perdre la tête pour retrouver la version la plus récente aux derniers instants !
un papier se déchire, pas compliqué de falsifier une signature ! bof !
il n'y a pas de solution ! les D.A. = du blablabla ! tout est du blablabla ! même moi, je fais ici du blablabla, çà m'occupe et çà m'amuse !
tout est de la connerie ! bienheureux sont ceux qui arrivent à mourir selon leur moment et leur manière !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.07.19 9:29

L’euthanasie sans votre avis
Publié le 16/07/2019 à 17h33 - Modifié le 16/07/2019 à 17h55
Erwan Le Morhedec, avocat et essayiste 

On aurait dû aborder la situation de Vincent Lambert, puisque nous y étions convoqués, la main tremblante, avec tendresse et sans bruit. Il aurait fallu accepter le silence, respecter le doute et sa vie singulière. Vincent Lambert aurait pu vivre dans une unité dédiée à ces patients, il l’aurait probablement dû. Le voulait-il ? Personne ne pouvait l’affirmer, ni prétendre le contraire.

Au lieu du colloque intime, il y eut le vacarme des médias, des tribunaux et des réseaux sociaux, le fracas des mots « meurtre », « assassinat », celui de « nazis » et les anathèmes journalistiques empressés : « ultracatholiques », « anti-IVG ». Comme Vincent Humbert ou Chantal Sébire avant lui, pour mieux émouvoir, la singularité de Vincent Lambert, avec sa santé, ses convictions, sa famille, a été transmuée en archétype, suscitant l’angoisse des uns et la montée aux extrêmes des autres.

En soutenant l'euthanasie dans un cas comme celui de Vincent Lambert, Jean-Luc Romero franchit un nouveau cap : prôner l’euthanasie sans le consentement du patient.

Depuis, Vincent Lambert aura trouvé la paix et la lumière. Nous, ici, devrons gérer les séquelles de cette affaire. Et ce ne sera pas aisé, quand ses partisans déclarés ont involontairement mais bruyamment rejoint les zélateurs de l’euthanasie, décrivant avec force détails ses derniers jours sous les atours de la barbarie et de l’inhumanité, d’une agonie dans la soif et la faim – confondant dans une même condamnation arrêt des traitements et soins palliatifs. Alors demain, pour imposer l’euthanasie, on leur rappellera leurs errements, avec cet argument ressassé : « Quelle hypocrisie de faire subir un tel calvaire à un homme ! Ayons le courage de l’euthanasie », assorti d’un « Vous-même, vous disiez… » Dans l’équilibre des forces en présence, que croient-ils qu’il adviendra ce jour-là ? Que diront-ils ? Qui entendra leurs dénégations et leurs regrets ?

D’ailleurs, Vincent Lambert venait à peine de mourir que Jean-Luc Romero saisissait un micro pour vendre l’euthanasie. C’est son droit, mais alors qu’il parle clairement aux Français. Sans… hypocrisie. Car en la soutenant dans un cas comme celui de Vincent Lambert, sans communication, il franchit un nouveau cap : prôner l’euthanasie sans le consentement du patient. Aucun législateur étranger, pas même aux Pays-Bas ni en Belgique, ne s’y est seulement risqué. Voilà au moins ce qu’aura révélé cette si triste affaire, que les Français en soient en conscients. Car c’est bien cela qu’il vient de vanter, ce qu’à l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), ils acceptent, ce à quoi ils viendront : sans choix ni liberté, l’euthanasie sans votre avis.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime17.07.19 14:54

[size=40]Jean-Marie le Méné : « Je pense que Vincent Lambert n’est pas mort, il a été tué »[/size]

Après l’annonce de la mort de Vincent Lambert, réaction au micro de Boulevard Voltaire de Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme-Lejeune.

Vincent Lambert n’est pas mort, il a été tué. La différence est importante. Nous nous attendions bien sûr à cette triste issue. C’est une date historique et symbolique. C’est la première fois, en France, sous l’empire d’une loi de la République, qu’on tue une personne handicapée qui n’est pas en fin de vie, qui n’est pas malade, qui n’a pas de maladie évolutive, qui ne souffre pas et qui n’a rien demandé.
Cette date est très importante parce que, derrière lui, se trouve une quantité de personnes dans cette situation. Elles sont isolées et sans famille. On ne sait pas très bien ce que ces personnes veulent et pensent.
Le danger est que la médecine s’empare de ce pouvoir pour mettre un terme à la vie de ceux qui coûtent trop cher à la société. C’est exactement le sens de l’évolution des sociétés occidentales de l’Europe de l’Ouest d’aujourd’hui.
L’association du Droit à mourir dans la dignité milite activement pour l’euthanasie.
Pensez-vous que l’affaire Vincent Lambert va faire jurisprudence ?

C’est une évidence! La Fondation Jérôme Lejeune dit depuis 15 ans qu’à partir du moment où on assimile la nourriture et l’hydratation à des traitements, on arrête les traitements. Cela veut dire qu’on tue la personne non pas avec sa maladie, mais avec l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition. Il est tout à fait évident que la sédation profonde et continue est un maniement très incommode.
L’agonie de Vincent Lambert a duré suffisamment et pas trop. On a mesuré la sédation, ce qui a entraîné chez lui des souffrances horribles.
Il est évident que l’ADMD va dire ‘’c’est tout à fait inhumain’’. Ils disent d’ailleurs depuis longtemps «acceptons, puisque la société française est mûre, acceptons l’euthanasie dans certain cas avec une loi très encadrée, etc».
Cette étape a été annoncée par le demi-neveu de Vincent qui fait l’objet de pression de la part l’ADMD. La direction dans laquelle on se dirige nous dit «c’est pénible à supporter pour nous les bien-portants, alors faisons en sorte que cela aille plus rapidement».

Le docteur Ducrocq déclarait que la loi Léonetti avait été conçue sur mesure pour régler le cas de Vincent Lambert.

Comme Xavier Ducrocq, je pense que c’est une mauvaise loi. On ne peut pas faire une bonne application d’une mauvaise loi.
La droite parlementaire française pense le contraire. Elle a voté la loi à l’unanimité. La conférence des évêques de France pense aussi que c’est une bonne loi, mais mal appliquée. Je pense exactement le contraire. C’est une mauvaise loi qui est bien appliquée.
Du reste, c’est ce que toute la jurisprudence a confirmé depuis cinq ans. Nous avons financé la défense de Vincent Lambert depuis cinq ans. Des dizaines et des dizaines de décisions de justice disent toutes que c’est une loi bien appliquée. Jean Léonetti lui-même dit que cette loi est bien appliquée.
Dans les motifs de cette loi Léonetti, il était clair qu’il ne devait plus y avoir de cas comme celui de Vincent Lambert et qu’elle permettait de régler les cas comme ceux de Vincent Lambert. Le problème c’est que le cas de Vincent Lambert est un cas très simple. Médicalement, ce cas est difficile et tragique pour la personne, puisque c’est un grand handicapé tétraplégique, mais médicalement ce type de cas est pris en charge par des établissements spécialisés qui s’occupent admirablement des patients.
Ce n’est pas du tout le cas d’un patient qui fait des arrêts cardio-respiratoires toutes les semaines et qu’il faut réanimer ou non.
La question ne se posait pas pour Vincent Lambert. Il n’avait pas de maladie évolutive, il ne souffrait pas et n’était pas en fin de vie. C’est vraiment la mise à mort délibérée d’une personne handicapée qui n’a pas pu s’exprimer sur son sort. On ne l’a guère traitée puisque tel est le vent de l’Histoire aujourd’hui.
Ceux qui ne sont pas aptes à vivre dans la modernité sont passés par pertes et profit. C’est le cas des handicapés avant la naissance. Aujourd’hui en France, il ne naît plus d’handicapés sauf quand on ne les a pas vus. Si c’est le cas, ils sont tous éliminés par l’avortement. Il en sera de même à la fin de la vie.
Cette situation avait été largement prévue par Jérôme Lejeune il y a de cela 35 ans. Nous l’avions confirmée en étudiant la loi Léonetti de 2005. Elle se confirme évidemment. Beaucoup n’ont pas voulu voir et ne veulent pas voir. C’est trop difficile. Il faut être lucide et courageux pour le dire et essuyer les critiques pendant des années lorsqu’on soutient une famille qui dit qu’elle aime son enfant en dépit de son handicap.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.07.19 16:20

Houellebecq et l’évêque, de concert dans l’ignoble
12 JUIL. 2019 PAR YVES FAUCOUP BLOG : SOCIAL EN QUESTION
Michel Houellebecq accuse l’État d’avoir accompli ce à quoi la plus grande partie de la famille de Vincent Lambert était acharnée, à savoir : le « tuer ». L’évêque de Montauban dénonce « un meurtre programmé sur ordre d’un médecin ». Je laisse des directives anticipées… pour que des poursuites soient engagées contre de tels individus qui insulteraient de la même manière mes proches.

On se demande un peu en quoi l’avis de Michel Houellebecq sur la fin de vie de Vincent Lambert mérite d’être rapporté sur une demi-page. Mais c’est ainsi : la coqueluche décadente passionne tout une intelligentsia qui est suspendue à ses oracles. Monsieur publie une tribune dans Le Monde de ce 12 juillet. Dès le titre, il plante le décor : « mort pour l’exemple », puis dès les quatre premières lignes il accuse « la plus grande partie de la famille » de s’être acharnée à vouloir « tuer Vincent Lambert ». Plus loin : « fallait-il tuer Vincent Lambert ? ». Façon insidieuse de traiter de criminels, d’assassins, les proches de l’ancien infirmier tétraplégique, en état végétatif depuis dix ans, mort le 11 juillet.

Bien sûr, le nombriliste nous raconte son expérience avec la morphine : heureuse, puisqu’il demandait à mourir, il exigeait qu’on « l’achève » et il a suffi d’une injection de « sœur morphine » pour qu’il change d’avis aussitôt ! Ridicule, mais cela lui permet une tirade, hors sujet, à l’encontre des médecins qui refuseraient à des patients de leur administrer de la morphine par crainte qu’ils deviennent accros. Il ne lui vient même pas à l’idée que certaines douleurs ne sont même pas calmées par la morphine, sinon à très hautes doses. Il avoue ainsi lui-même vouloir inciter les « 95 % de personnes qui se déclarent favorables à l’euthanasie » à y renoncer, puisque jamais elles ne souffriront !

Je passe sur la violence de ses propos à l’encontre des membres de la famille de Vincent, qui l’aimaient et qui estimaient que le respecter vraiment c’était le laisser partir. Mais Houellebecq, pour faire son intéressant et donner le change en laissant croire qu’il puisse contester le pouvoir dominant, s’en prend violemment à la ministre de la santé et des solidarités Agnès Buzin, l’accusant d’avoir porté l’affaire en cassation, Cour qui a conclu à l’arrêt des traitements. Et de se vautrer dans le complotisme, tuer des « handicapés » pour faire des économies ! Rien de moins : voilà à quoi mène l’acculturation politique, économique et sociale. Bien sûr, le tout agrémenté de « respect » et de « dignité ». J’ai nullement envie de connaître l’expérience personnelle de cet écrivain sur un tel sujet mais il donne plus le sentiment de « faire un papier » que de rendre compte de ce qu’est la tragédie d’un être cher plongé dans un état végétatif, pour lequel l’aide à mourir n’a rien à voir avec un meurtre. Avec beaucoup de légèreté, il prétend que « quelques milliers de personnes […] à l’heure actuelle en France partagent [l’état de Vincent Lambert]», alors qu’il est communément admis qu’il s’agit de 1500 personnes cérébro-lésées, pas forcément en état végétatif.

Houellebecq répète ce qu’il a entendu de quelques sommités : Vincent Lambert « n’était même pas en fin de vie ». Il n’était que « handicapé ». C’est ce qu’affirmait le Docteur Philippe Denormandie sur Public Sénat le 20 mai. Alors Houellebecq annone. Sans doute que pour lui, si le père d’un ministre l’a dit c’est que cela doit être vrai. Marie de Hennezel, qui est compétente sur le sujet puisqu’elle a confessé François Mitterrand, s’exprimait de la même façon hier sur LCP, interrogée par Myriam Encaoua dans Ça vous regarde : Vincent n’était pas à l’article de la mort, il pouvait très bien avoir conscience de ce qu’il vivait, reprenant, sans le dire vraiment, tous les arguments controversés des parents sur les petits signes qu’il aurait manifestés. Mais faisant abstraction du fait qu’il avait confié à l’être humain qui lui était le plus proche et le plus cher qu’il ne voulait pas de cette vie-là, si d’aventure il était plongé dans un tel état.

. voir mon précédent billet : Condamné à la peine de vie.

L’évêque ignoble

Montauban avait déjà une maire ignoble (on ne va pas rappeler ici toutes ses exactions, dont son refus d’héberger les sans-abri). Voilà que l’évêque de la cité a régulièrement twitter pour s’en prendre aux proches de Vincent Lambert, qui souhaitaient que cette vie végétative, qui durait depuis dix ans, s’arrête (conformément à des vœux que Vincent avait autrefois exprimés à son épouse).

Voici les propos odieux que cet évêque, Bernard Ginoux, a diffusés :
« Vincent Lambert récupéré pour la cause de l'euthanasie. L'ignoble s'affiche face à la dignité de ceux qui l'aiment vraiment. »

« Vincent Lambert meurt peu à peu, tué par des pouvoirs inhumains. Aumônier d'hôpital j'ai vu des fins sublimes. Celle -ci est un martyre. »

« Vincent Lambert. Rien ne justifie la mort qui vient peu à peu. C'est un meurtre programmé sur ordre d'un médecin. La barbarie en marche... »

Voici ce que j’ai déposé sur son compte Twitter :
« Je vais laisser des consignes pour que s'il m'arrive la même chose que Vincent Lambert, des poursuites judiciaires soient engagées contre un évêque qui exprimerait un tel mépris envers mes proches. »

Médecin traité d’assassin
Les parents Lambert accuse le médecin-chef des soins palliatifs et de l’unité des cérébro-lésés de Reims, qui a procédé à l’arrêt des traitements (dont l’hydratation et la nutrition) de Vincent Lambert, d’être un assassin. Ils veulent le poursuivre pour « meurtre avec préméditation ». L’avocat du couple s’exprime de la même manière. Sauf que ce médecin agit envers un tétraplégique, en état végétatif depuis dix ans, comme la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, l’a décidé, et ce conformément au souhait de l’épouse du patient et d’autres membres de la famille. Donc accuser ce médecin de la sorte est une diffamation. Le médecin est lui-même très discret et le procureur a tenu à préciser que l’autopsie ne relevait nullement d’une enquête « pour tentative de meurtre » : ce genre de démenti est déjà lourd, car il distille malgré tout de la suspicion. Le procureur n’aurait-il pas pu carrément menacer de poursuites judiciaires ceux qui s’en prennent à un médecin qui exerce ses fonctions en respectant la loi en vigueur et en se comportant comme un être humain ?
Bien souvent, les médias invitent des praticiens des soins palliatifs, car ils tiennent des propos mesurés, souvent considérant que la loi Claeys-Leonetti est suffisante et qu'il n'y a pas nécessité de légiférer à nouveau. France Inter abordait hier soir une nouvelle fois le sujet au Téléphone sonne, mais, signe des temps, deux médecins se prononçaient ouvertement pour un dépassement de la loi actuelle, la sédation étant une pratique hypocrite car elle peut conduire à une longue agonie même si le patient est traité pour ne pas souffrir. Un seul médecin (de soins palliatifs) était sur une position plus favorable au statu quo. Personne ne s’est étonné cependant que trois (seuls) médecins débattent du sujet, comme si cela ne concernait que la médecine !

. Pétition de l’Association Le choix – Citoyens pour une mort choisie, en vue de la légalisation de l’aide active à mourir : ici.

. voir mon billet sur l’Association Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) et sur la pratique en Belgique, avec un rendu compte des propos de François Damas, médecin à Liège : Moi Président, et le droit de mourir dans la dignité.

. Les deux dernières chroniques sont parues sur mon compte Facebook le 11 juillet.



Billet n° 480

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr

Lien avec ma page Facebook

Tweeter : @YvesFaucoup

[Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans le billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, les 200 premiers articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées. Enfin, le billet n°400, correspondant aux 10 ans de Mediapart et de mon abonnement, fait le point sur ma démarche d'écriture, en tant que chroniqueur social indépendant, c'est-à-dire en me fondant sur une expérience, des connaissances et en prenant position.]
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime18.07.19 16:51

J'ai l'impression d'un retour sur le web à propos de la fin de vie comme avant 2011
ce qui m'avait incitée à ouvrir ce site ( fermé aux inscriptions essentiellement à cause de ceux et celles qui malheureusement ne peuvent pas s'empêcher de bombarder régulièrement chez les voisins leur blablabla en copié-collé quotidien)
alors je vais peut-être continuer ici d'une autre façon ??? je commence à en avoir marre...tout en m'amusant évidemment, l'ambigüité étant partout
De plus mes yeux ont vieilli et la police est devenue plus petite à cause de la mode complètement conne des tablettes et des smartphones
je n'aurai jamais la chance d'être médiatisée comme V.L. ( si c'est une chance )
Depuis 2011, je me suis éloignée de tous les voisins virtuels que je lis parfois en diagonale en ricanant.
Je ne regrette rien. Vous êtes tous et toutes trop cons et trop connes. Comme moi d'ailleurs...
Mais je persiste et signe, une loi aurait dû être votée car on a l'impression d'un immense gâchis.
Si vous pouviez foutre la paix à V.L. il est mort maintenant. Acharnez-vous sur Jean Léonetti, ce serait plus intelligent !!!
gloire au père, au fils et au st-esprit
vive la république et vive la france
( sans majuscules exprès ).
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime19.07.19 10:02

Mort de Vincent Lambert: des réactions de dépit et d’amertume
Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 12/07/2019 à 08:34 Publié le 11/07/2019 à 19:15
Mort de Vincent Lambert: des réactions de dépit et d’amertume

Le décès de Vincent Lambert, resté entre 2008 et 2019 dans un état végétatif, a suscité de nombreuses réactions.

Beaucoup de dépit dans les réactions à la mort de Vincent Lambert. L’amertume et le chagrin pour ses soutiens, le «soulagement», sans cris de victoire, pour les partisans de l’arrêt des soins. Derrière la suractivité des réseaux sociaux, jeudi, des impressions feutrées. Des consciences embarrassées, par-delà sa mort. La discrétion des politiques, jeudi, en témoignait de façon… éloquente. Jean Leonetti, maire d’Antibes et coauteur de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, twittait sobrement: «La mort de Vincent Lambert nous impose à tous dans le respect du deuil une période de silence. Des paroles d’apaisement sont les bienvenues de la part de ceux qui, en dehors des proches, souhaitent s’exprimer.» Bruno Retailleau, lui, chef de file des sénateurs LR, a évoqué le «double drame» de cette affaire: «Le drame d’une famille qui perd un être cher. Le drame d’une société du voyeurisme qui se complaît dans l’étalage d’une tragédie qui devrait relever de l’intime.»

À VOIR AUSSI: Y a-t-il une leçon à tirer de l’affaire Lambert?
Y a-t-il une leçon à tirer de l’affaire Lambert ?
Débat dans Points de vue sur les leçons à tirer de la longue affaire Lambert après la mort de Vincent.
» LIRE AUSSI - Vincent Lambert: du cas à l’affaire hors normes

Le monde de l’éthique a réagi lui aussi. Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à la faculté de médecine de l’université Paris-Sud-Paris-Saclay, a considéré que «la mort de Vincent Lambert est un échec» et «une insulte à l’éthique médicale» qui «nous apprend à prendre en compte la dignité de la personne jusqu’au terme de son existence, sans en juger la qualité». Avant d’ajouter: «Le pourvoi en cassation déposé par le ministère de la Santé est particulièrement choquant. C’est un acte politique inquiétant car il remet en cause nos principes de solidarité. La loi 2016 sur la fin de vie avait pour but d’éviter la dérive euthanasique. On voit bien qu’elle est aujourd’hui remise en cause par la malheureuse conclusion de cette affaire.»

«Mort en martyr»
De son côté, l’actuel grand maître de la première obédience maçonnique, le Grand Orient de France, Jean-Philippe Hubsch, a fait part de ses «condoléances et toute sa compassion à tous les proches de Vincent Lambert, quelle que soit leur appréciation sur le dénouement qui vient d’intervenir» mais a aussi exprimé son «soulagement de voir cesser enfin le calvaire végétatif d’un homme devenu, bien malgré lui, le symbole des impasses dans lesquelles se trouve le débat sur la fin de vie dans notre pays». Aussi de demander: «Le drame de Vincent Lambert nous crée collectivement l’obligation de faire évoluer notre droit pour permettre enfin le libre choix de la fin de vie dans le strict respect des appréciations et des conceptions métaphysiques de chacun.»

Quant au nouveau secrétaire général de l’épiscopat et porte-parole des évêques, le père Thierry Magnin, il a estimé dans La Croix qu’«à travers l’instrumentalisation du déchirement d’une famille, on a entretenu la confusion en considérant le cas de Vincent Lambert comme celui de quelqu’un en fin de vie». Or «il n’était pas en fin de vie, explique-t-il, comme, du reste, beaucoup d’autres personnes dites en état de vie végétative et qui sont suivies dans des centres spécialisés qui ne sont pas des soins palliatifs». Ce docteur en physique et en théologie ajoute que «la notion d’acharnement thérapeutique souvent citée n’a pas lieu d’être ici, sauf à considérer que l’alimentation par sonde est un traitement démesuré!». Et il rappelle «la désapprobation du choix final retenu par la justice» de la majeure partie des responsables catholiques. Dont le pape François qui, après l’annonce de la mort de Vincent Lambert, a twitté: «Ne construisons pas une civilisation qui élimine les personnes dont nous considérons que la vie n’est plus digne d’être vécue. » L’Osservatore Romano, journal du soir, publiait d’ailleurs jeudi après-midi ce gros titre en une: «Le Pape prie pour Vincent Lambert». Il est «mort en martyr», ajoutait le cardinal Robert Sarah.

Et demain? Prosaïque, l’autre auteur de la loi Claeys-Leonetti, Alain Claeys, maire socialiste de Poitiers, en a profité pour inciter les Français à rédiger leurs «directives anticipées». Quant à Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe bioéthique de la conférence des évêques, demain, c’est d’abord «le respect et la compassion» du «deuil». Puis un approfondissement: «Cette mort tragique nous convie encore à réfléchir sur notre attitude collective vis-à-vis de nos frères et sœurs en humanité qui sont en extrême fragilité sans être en fin de vie et leur inaliénable dignité.»
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.07.19 11:04

Euthanasie: « le moment est venu », selon Gilles Antonowicz
L'affaire Lambert est selon lui le signe qu'il faut autoriser l'euthanasie
parGilles Antonowicz - 19 juillet 2019

Selon Gilles Antonowicz, avocat honoraire qui a défendu Chantal Sebire en 2007, la mort de Vincent Lambert est le signe qu’il est temps de parler de l’euthanasie, de l’autoriser et de l’encadrer. Tribune.
Le moment est venu. Le moment est venu car il n’y a plus le moindre doute : la mort de Vincent Lambert établit que l’euthanasie est désormais une pratique médicale autorisée en France. Le moment est venu pour le législateur de le dire et d’en encadrer l’usage.

A lire aussi : Vincent Lambert: la fausse neutralité de nos médias sur l’euthanasie

Nous avions connu d’autres cas : celui d’Hervé Pierra en 2006, celui de Patrick Koffel en 2009, mais ils n’avaient pas donné lieu à décisions judiciaires. Les familles Pierra et Koffel étaient unies pour demander aux médecins de cesser de maintenir artificiellement en vie leur fils et frère pour la première, leur mari et père pour la seconde, tous deux se trouvant en état végétatif chronique depuis respectivement neuf et quatre ans. Les médecins s’y refusaient, considérant, à raison, que l’arrêt de la nutrition artificielle n’était autre qu’une euthanasie. Il fallut toute l’habileté (euphémisme…) de Jean Leonetti parlant d’« acte d’endormissement » et du docteur Régis Aubry, président de l’Observatoire National de la fin de vie, évoquant une « sédation active », pour qu’ils finissent par y procéder. Et c’est en raison des souffrances endurées par Hervé Pierra tout au long des sept jours qui séparèrent l’arrêt de la nutrition de son décès que Jean Leonetti accepta d’intégrer dans la loi la pratique de la sédation terminale, de telle sorte que de telles souffrances ne se reproduisent – théoriquement – plus.

Le cas de Vincent Lambert est différent. Du fait de la division de sa famille, il est mort après que la Cour européenne, le Conseil d’Etat et la Cour de cassation ont considéré que le fait d’arrêter de le nourrir et de l’hydrater pendant plusieurs jours, sciemment, pour et jusqu’à ce que mort s’ensuive, était conforme à la loi et aux principes généraux du droit.
A l’issue de la procédure collégiale prévue par le code de la Santé publique, son médecin, le docteur Sanchez, a procédé au retrait des sondes l’alimentant et l’hydratant. En agissant ainsi, le docteur Sanchez n’a fait qu’appliquer la loi : il a cessé de prodiguer à son patient des traitements qui, en le maintenant artificiellement en vie, constituaient une obstination déraisonnable. Mais dans le même temps, selon certains, il aurait violé la loi, car, dit aussi le code de la Santé Publique (CSP), « le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort ». Or en supprimant l’hydratation et l’alimentation, le docteur Sanchez a délibérément provoqué la mort de Vincent Lambert. Si les mots ont un sens, c’est un fait que nul ne peut contester.

A lire aussi : L’agenda politique derrière l’affaire Lambert

A-t-il pour autant commis un assassinat ? Naturellement non, puisqu’il n’a fait que mettre fin à une obstination déraisonnable, ce dont l’article L1110-5 du code de la santé publique lui faisait un devoir. Rien ne peut donc lui être reproché : par application de l’article L122-4 du code pénal, « n’est pas responsable pénalement la personne qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires ». C’est cela que les plus hautes juridictions françaises et européennes ont aujourd’hui, de fait, reconnu : cesser de s’obstiner de manière déraisonnable prévaut sur l’interdiction de provoquer délibérément la mort, y compris dans le cas où la personne concernée n’aurait pas rédigé de directives anticipées – ce qui peut se discuter.

Le législateur se doit de tirer toutes les conséquences de cette jurisprudence, de même que le fameux jugement de Bobigny avait ouvert la voie à la légalisation de l’avortement. Les pratiques médicales relevant de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté doivent être appelées par leur nom et clairement autorisées par la loi, dès lors qu’elles sont mises en œuvre pour assurer le respect du droit du patient au refus de tout traitement lorsqu’il est en état de s’exprimer, et permettre au médecin de ne pas s’obstiner de manière déraisonnable lorsqu’il ne l’est pas. La notion de « fin de vie », actuellement définie comme le fait de se trouver « en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable », doit être complétée. On peut en effet considérer que Vincent Lambert, comme le soutenaient ses parents, n’était pas dans cette situation. Il se trouvait en réalité en situation « d’impasse thérapeutique ». Cette notion doit être intégrée dans la loi pour que les personnes se trouvant en état végétatif chronique ayant rédigé des directives anticipées puissent bénéficier d’une euthanasie.

A lire aussi : Il faut soutenir Rachel Lambert!

Le législateur doit également élargir le périmètre des pratiques autorisées. En France, le médecin n’est actuellement autorisé qu’à prescrire une sédation terminale qui, selon la littérature médicale, autorise le décès du patient dans un délai de six à quinze jours. Onze jours pour Vincent Lambert… Dire que ce temps est nécessaire aux familles pour « faire leur travail de deuil » peut s’entendre. Mais, écrivait de son côté la mère d’Hervé Pierra, « cette phrase m’est insupportable. Comment quelqu’un peut-il penser à ma place que l’agonie de mon fils constituait une étape nécessaire pour que je puisse me détacher de lui, alors que, chaque jour, depuis huit ans et demi, je vivais à ses côtés cette séparation » ; et d’autant plus insupportable qu’on n’a nullement la certitude que la personne placée sous le régime de la sédation ne souffre pas.
En Belgique, le médecin peut injecter un produit ad hoc entraînant la mort en quelques minutes. Il est permis de juger cette pratique préférable. Il faut admettre que l’agonie puisse ne plus être une étape obligatoire. Il faut donner aux médecins la possibilité d’intervenir selon un protocole autre que celui de la sédation terminale lorsque ce protocole est refusé par l’intéressé (cf. le cas de Chantal Sebire en 2008) ou apparaît inapproprié à sa famille (Hervé Pierra).

Il convient aussi de dire qu’il n’y a pas à distinguer entre euthanasie (geste pratiqué par un médecin pour des raisons médicales) et suicide médicalement assisté (produit fourni par un médecin, absorbé par la personne en fin de vie elle-même). En revanche, il y a lieu de ne plus entretenir la confusion entre suicide assisté et suicide médicalement assisté, le premier consistant en la fourniture par un tiers de produits létaux à une personne qui n’est pas médicalement parlant en fin de vie, confusion éminemment regrettable car l’utopie de cette proposition ruine la légitimité de la seconde.

Il est enfin tout aussi important de cesser d’opposer artificiellement euthanasie et soins palliatifs. Certains attirent l’attention sur le danger qu’il y aurait à voir l’euthanasie devenir la norme au prétexte que l’accompagnement palliatif serait trop onéreux ou trop difficile à mettre en œuvre. Pour conjurer ce risque, il suffit d’imposer aux médecins acceptant de prêter leur concours à une aide active à mourir, de vérifier préalablement qu’un accompagnement palliatif a été effectivement proposé au patient. De la sorte, c’est l’exception qui imposera le respect de la règle. La légalisation de l’aide active à mourir pourra ainsi concourir à faire du droit à l’accès aux soins palliatifs, encore trop souvent virtuel, une réalité… Puisse la mort de Vincent Lambert servir à cela : donner à nos parlementaires le courage de franchir la dernière étape et permettre ainsi à chacun d’envisager sa fin de vie dans le respect de sa liberté de choix.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.07.19 17:02

Vincent Lambert : l’épitaphe ratée de Michel Houellebecq
Par Sabine Prokhoris, philosophe et psychanalyste — 17 juillet 2019 à 20:36
Non, contrairement à ce qu’a écrit l’écrivain dans une tribune, Vincent Lambert n’a pas été «tué».
Vincent Lambert : l’épitaphe ratée de Michel Houellebecq
Tribune. Vincent Lambert n’était pas mort depuis deux heures que sur le site du Monde paraissait une tribune signée Michel Houellebecq - quelle aubaine !-, intitulée «Vincent Lambert mort pour l’exemple». Elle était titrée en première page (en vis-à-vis d’une autre annoncée, de Jean Leonetti) : «Fallait-il tuer Vincent Lambert ?» Et un direct dans l’estomac, un. Prends ça, lecteur ! Citation, les guillemets nous en avertissent. Mais le choix de cette phrase choc accrédite l’idée d’un crime d’Etat.

Après l’arrêt de la Cour de cassation ouvrant la voie, cette fois sans discussion possible, à l’arrêt des traitements qui entraînerait la mort de Vincent Lambert, le sinistre feuilleton connut encore on le sait quelques rebondissements, qu’on aurait pu espérer évitables, n’était l’acharnement des parents Lambert : ouverture le 11 juillet d’une enquête en recherche des causes de la mort diligentée par le procureur de la République de Reims, à la suite des plaintes pour meurtre avec préméditation à l’encontre du docteur Sanchez et du CHU de Reims, puis autopsie. Le procureur précisa qu’il ordonnait cette enquête, extraordinairement violente tant pour Rachel Lambert que pour l’équipe médicale, «au regard du contexte tout particulier» de ce décès. Il insista sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une enquête «pour tentative d’homicide». Son but : établir pour toutes les parties la «vérité judiciaire» quant à cette mort - au regard de la loi Claeys-Leonetti de 2016 telle qu’elle fut interprétée dans le cas particulier de Vincent Lambert -, en vue d’éviter qu’une plainte ultérieure ne contraigne à une «exhumation» du corps, cela, dit-il, «dans la logique d’un dossier qui n’a épargné personne». Ainsi le procureur anticipait-il, à demi-mot, que les parents Lambert pourraient se montrer capables de vouloir un jour ou l’autre déterrer leur fils, mus par l’idée fixe de parvenir à faire condamner ses «assassins» présumés. Hypothèse certes glaçante. Mais froide précaution judiciaire peut-être nécessaire.

Et à lire l’article écrit par Michel Houellebecq quelques jours avant la mort attendue de Vincent Lambert, fondant spectaculairement sur cette tragédie avant même que le défunt n’ait eu le temps de refroidir, on se dit que oui, sans doute, l’ignoble reste possible autour de sa dépouille.

Remarquons d’abord, puisque l’alibi de cette publication en fanfare est, on suppose, la nécessité du débat public sur les questions qu’a soulevées ce drame de onze années, que ce texte n’y contribue en rien. Car cet écrit inutile, dont l’indignité le dispute à la médiocrité, n’est en somme qu’une variation de plus dans l’interminable litanie accusatrice des parents Lambert et de leurs soutiens - petit frisson transgressif en prime (l’éloge de la morphine, en potion magique d’Astérix et tout aussi crédible). «Vincent est mort, tué par raison d’Etat et par un médecin qui a renoncé à son serment d’Hippocrate. […] Il n’aura été tenu aucun compte de la dignité de cet homme handicapé, condamné parce que handicapé. […] C’est un peu de notre humanité à tous qui s’en est allée aujourd’hui, tant cette faute ignoble qui ébranle les fondements de notre droit et de notre civilisation rejaillit sur nous tous», déclarèrent les parents après la mort de leur fils, (ils avaient pourtant fait savoir qu’ils observeraient silence et recueillement). Antienne reprise par l’inusable Christine Boutin : «Prions pour Vincent Lambert […] et demandons la miséricorde pour notre barbarie d’Etat qui ne laisse plus aucune chance à la vie.»

Michel Houellebecq ne dit pas autre chose, prière en moins : «Ainsi, l’Etat français a réussi à faire ce à quoi s’acharnait, depuis des années, la plus grande partie de sa famille : tuer Vincent Lambert.» La suite, d’une prose volontiers ordurière, est à l’avenant. De mèche avec une épouse criminelle et des médecins douteux, l’Etat, en la personne d’Agnès Buzyn - dont il n’est pas inutile de rappeler ici que le père fut un survivant de la Shoah -, a pour machiavélique projet de liquider les handicapés. Ça vous rappelle quelque chose ? Euthanazie en somme, mais juste insinuée. Et pourquoi ? Parce qu’ils coûtent «un pognon de dingue»… D’où cette exécution «pour l’exemple». Ou comment rendre les citoyens obéissants.

Notre Sage poursuit, expliquant que «personne n’a envie de mourir». L’écrivain sait l’usage des mots. Donc sait user du sophisme. Est-il question dans ce débat sur les conditions de la fin de vie d’avoir «envie» de mourir ? Ou d’avoir la liberté de décider de mourir ? La dignité, ce concept «vaseux», la dignité d’une vie humaine - autre chose que la vie tout court -, réside précisément dans le respect de cette liberté, qu’il appartient au droit de protéger. C’est un combat d’aujourd’hui, comme le fut et l’est encore celui pour la liberté de choisir de donner ou de ne pas donner la vie.

L’écrivain devrait aussi savoir qu’on n’atteint aucune vérité par des généralités. Il nous en sert pourtant à la pelle, de ces poncifs, évoquant sans rire «"l’état des mentalités", depuis quelques millénaires tout du moins». Formule du niveau d’une mauvaise copie de terminale, qui témoigne en tout cas d’une confondante méconnaissance de la réalité d’innombrables expériences singulières. Celle de Vincent et Rachel Lambert en est une, spécifique. Cette singularité est précisément ce qui nous touche et nous donne à penser.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime20.07.19 17:23

y a-t-il une autre question ???
l'affaire Vincent Lambert nous aurait-elle tués ?
Que faire pour éviter des petits Vincent Lambert, étant donné que les D.A. ne peuvent pas être une sécurité fiable ?
ne pas mourir à l'hôpital, c'est à dire... se suicider ! ! !
d'autant plus que les T.S. et les suicides existent depuis la nuit des temps, contrairement à l'affaire V.L.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime10.09.19 12:37


[size=59]Vincent Lambert, le chagrin et la honte
[size=16]Par Véronique Fournier, cardiologue, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie — 23 mai 2019 à 17:06
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L'hôpital Sébastopol à Reims, où Vincent Lambert est patient. Photo François Nascimbeni. AFP
 


[size=31]C’est la médecine qui accompagne les hommes dans leur fin de vie. Et non les juges, les avocats, les médias, ou la société.[/size]




  •  

     Vincent Lambert, le chagrin et la honte



Tribune. Mais que s’est-il donc passé en France pour que la médecine ait eu par deux fois en quelques années ordre de la justice de rebrancher Vincent Lambert et d’interrompre un accompagnement de fin de vie qu’elle avait dûment réfléchi et déjà entrepris ? Aurait-elle agi trop légèrement ? Ou serait-ce la justice qui abuserait de son pouvoir ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous tous, citoyens, sommes rivés aux informations et n’en croyons pas nos oreilles. Nous tous nous effrayons de ce que nous ressentons obscurément comme une dérive et prions le ciel pour ne pas en être victimes demain. Nous tous ressentons chagrin et honte pour Vincent Lambert, du sort que nous lui faisons subir, à lui, à ses proches et aussi aux soignants qui l’accompagnent. Chagrin et honte parce que nous nous sentons confusément coresponsables. A nous être invités à son chevet depuis des années, avec nos passions et nos déchirements, à nous exprimer trop souvent à tort et à travers, sans pudeur et sans frein, nous avons peu à peu fait de cette mort une affaire publique et collective, lui faisant perdre toute possibilité de recueillement et d’intimité. Qui d’entre nous voudrait de cette fin-là ? Nous avons petit à petit fait en sorte que Vincent Lambert ne puisse mourir que si tous nous sommes d’accord pour qu’il meure. Non seulement nous en France, la société tout entière, non seulement l’Europe qui s’est exprimée à plusieurs reprises par la voix de la Cour européenne des droits de l’homme, mais maintenant la communauté internationale aussi, interpellée au travers des Nations unies. En effet, depuis peu, Vincent Lambert est sommé d’obtenir l’accord pour mourir du Comité international des droits des personnes handicapées, dont aucun d’entre nous ne connaissait ni l’existence ni les missions jusqu’à la semaine dernière. Chacun comprend pourtant qu’il y aura toujours quelqu’un pour ne pas être d’accord, ici ou ailleurs, que les lois comme les règlements internationaux ne sont là que pour donner un cadre général et non pour descendre dans la singularité d’une histoire. Car chaque cas est unique, fait de chair et d’os, d’hommes et de femmes, de convictions parfaitement respectables et humaines, mais parfois incompatibles. Qu’on le veuille ou non, in fine, c’est la médecine qui accompagne les hommes dans leur fin de vie, et non les juges, les avocats, les médias, ou la société. Certes, les médecins ne doivent pas être au-dessus des lois. Ils ont à respecter comme tout citoyen les règles de la République. Mais la potion est bien amère lorsqu’il faut obtempérer alors que la justice elle-même a été instrumentalisée, à l’aide de recours utilisés pour bloquer toute décision et gagner du temps. Le procédé est habituel, mais il y a ici un homme qui paye au prix fort ces allers et retours. N’est-ce pas indécent de le débrancher puis de le rebrancher sans vergogne ? Il ne faut pas que les médecins soient rendus impuissants par la justice. Sinon, nous le paierons cher un jour. Car comment continuer de croire à son métier de soignant à être ainsi maltraité dans ses engagements professionnels les plus fondamentaux ? La décision d’arrêt des traitements prise il y a quelques jours pour Vincent Lambert l’a été par le médecin qui l’a en charge, en accord avec son équipe, avec un courage qu’il convient de saluer. Ils l’ont prise au nom de leurs convictions cliniques les plus profondes, forgées sur l’expérience qu’ils ont de Vincent Lambert au quotidien, dans la vraie vie, et non au nom de grandes idées ou de grands principes. En faisant si peu cas du sens intime de la décision médicale prise, la justice contribue à fragiliser la confiance que la population met en ses soignants. Et quel jeune demain choisira encore ce beau métier si ce n’est plus pour servir au plus près son patient, ce qu’il croit en toute conscience être le mieux pour lui, en engageant à ce titre sa responsabilité la plus respectable à la fois d’homme et de professionnel et en étant fier de le faire ?
Véronique Fournier cardiologue, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime08.10.19 17:44

[size=46]Affaire Vincent Lambert : comment se déroule l'arrêt des soins d'un patient[/size]
En pleine affaire Vincent Lambert, l'infirmière Marion Broucke a expliqué, jeudi 11 juillet, comment est géré l'arrêt des soins d'un patient. Elle défend notamment la loi Claeys-Leonetti qu'elle estime toujours adaptée, malgré les nombreux débats sur la fin de vie.
Soir 3

France 3France Télévisions

Mis à jour le 12/07/2019 | 10:46
publié le 12/07/2019 | 10:43



Infirmière depuis 10 ans en unité de soins palliatifs à Villejuif (Val-de-Marne), Marion Broucke dénonce, jeudi 11 juillet, la mauvaise utilisation de certains termes dans le débat public."On a entendu très régulièrement l'arrêt des soins, notamment pour l'affaire Vincent Lambert. On arrête jamais les soins chez personne. On accompagne jusqu'au bout les patients", rappelle-t-elle. "On a beaucoup discuté de l'arrêt de l'alimentation. On a dit que Vincent Lambert allait mourir de faim et de soif. Seulement, on a arrêté autre chose, on a arrêté un traitement : la nutrition artificielle et l'hydratation artificielle." Elle estime que cela joue dans l'imaginaire collectif, laissant penser qu'il meurt de faim alors qu'il ne ressentait en réalité aucune sensation.

Un cas exceptionnel

Marion Broucke souligne que l'arrêt des traitements concerne environ 100 000 cas en France chaque année. La plupart du temps, elle est confrontée à des familles où un consensus autour de la décision finit par se mettre en place. Contestée durant l'affaire Vincent Lambert, la loi Claeys-Leonetti parait toujours d'actualité selon elle. "C'est une des lois les plus évoluées au monde. C'est une loi qui est absolument parfaite quand on ne l'interprète pas et qu'on l'utilise à bon escient", souligne l'infirmière. Elle permettrait d'éviter les morts dans la souffrance ainsi que "l'acharnement thérapeutique". 
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime10.10.19 9:56

LES BLOGS
10/10/2019 04:23 CEST | Actualisé il y a 5 heures


Fin de vie: laissons le choix aux patients

Si un patient peut faire le choix de mourir en refusant de se faire soigner, pourquoi ne pas lui permettre d’avoir accès à l’euthanasie ou au suicide assisté?






EUTHANASIE - L’accompagnement des personnes en fin de vie est un sujet qui fait souvent débat dans notre société. Alors que la grande majorité des Français est favorable à la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté (depuis 2016, de nombreux sondages montrent que plus de 80% des Français souhaitent la promulgation d’une loi sur l’aide active à mourir), le gouvernement refuse d’aborder ce sujet de société.
Face au silence des politiques, des mouvances religieuses “pro life” et anti-IVG, n’hésitent pas à donner de la voix, pour essayer d’imposer leur vision des soins palliatifs. Une vision axée sur leurs croyances religieuses ou la volonté du patient est secondaire. Cela s’est fortement ressenti, l’été dernier, suite aux nombreux rebondissements de l’affaire Vincent Lambert, patient décédé le 11 juillet au CHU de Reims. De plus, cette affaire tragique, fortement médiatisée, a révélé de réelles failles juridiques sur la prise en charge de la fin de vie dans notre pays.
Vincent Lambert était un infirmier, qui en 2008 s’est retrouvé plongé dans un état végétatif chronique, jugé irréversible, après un grave accident de la route. Suite à cela, une longue bataille a opposé les parents de Vincent Lambert, qui souhaitaient maintenir leur fils en vie, à la femme (tutrice légale) et au médecin de ce dernier, qui estimaient eux que la poursuite des traitements s’apparentait à de l’acharnement thérapeutique. 
Durant ce conflit acharné, plusieurs tribunaux français ainsi que la Cour européenne des droits de l’homme ont validé à plusieurs reprises l’arrêt des traitements. Mais les parents, dont les frais d’avocat étaient financés par la fondation Lejeune (association chrétienne pro-vie et anti IVG), ont réussi à multiplier les recours pendant des années pour repousser la décision d’arrêt des thérapeutiques, et ce en étant en totale contradiction avec la volonté de leur fils comme l’a affirmé le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en janvier 2019 : “Il résulte (...) que le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable” et “que la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l’hypothèse où il se trouverait dans l’état qui est le sien depuis 10 ans est établie”.


Toute une famille s’est donc déchirée sous fond de pression et de récupération politico-religieuse, clairement indécente, durant plus de 10 ans. Et nous avons été tout ce temps les témoins impuissants de cette cacophonie juridique où nous avons assisté à un ping-pong entre les juridictions où, une décision de justice en annulait une autre et, tout cela aux dépens de la loi et de la volonté du patient.
Comme l’a expliqué François Molins, procureur général près la cour de cassation, concernant l’affaire Vincent Lambert : le devoir du magistrat est de statuer au nom du droit et de ne pas décider en fonction de ses émotions, ses opinions personnelles, morales ou religieuses. 
 

Citation :
Jusqu’à quand le débat sur la fin de vie doit-il être confisqué par des organisations qui s’en remettent à un prétendu Dieu?


La situation qu’a vécue Vincent Lambert doit tous nous faire réfléchir, à la fois en tant qu’être humain qui sera amené à être confronté à sa propre mort mais aussi, en tant que citoyen qui prend part aux décisions politiques.
C’est pourquoi il est crucial de se demander jusqu’à quand le débat sur la fin de vie doit être confisqué par des organisations qui s’en remettent à un prétendu Dieu plutôt qu’aux hommes. Car selon moi, il est urgent de prendre des mesures qui placent l’individu au cœur du processus de décision, d’autant plus quand il s’agit de sa vie et de son devenir.
Il est donc fondamental :
- De lancer une campagne d’information nationale sur la fin de vie, les droits des patients, la possibilité de nommer une personne de confiance, ou de rédiger des directives anticipées… Le grand public et parfois même les professionnels de santé sont dans le flou concernant les dispositifs existants. Cela permettrait alors à un plus grand nombre, de pouvoir se positionner clairement quant à leur fin de vie, limitant ainsi ultérieurement, les situations délétères tels que les conflits familiaux. 
- D’investir davantage dans les soins palliatifs. Aujourd’hui, que ce soit dans les établissements de santé, dans des EHPAD, ou à domicile, des patients n’ont pas accès à une prise en charge adéquate, une gestion efficace de la douleur. Par manque de moyens humains et matériels, des patients souffrent encore.
- De réaliser un grand débat public qui pourrait faire aboutir à une nouvelle loi (la loi actuelle ayant révélé ses limites) en posant des questions concrètes. Que doit-on faire face à un patient en fin de vie qui souffre et qui souhaite mourir? On doit bien évidemment traiter sa douleur, lui prodiguer des soins de bien-être et de conforts, l’écouter avec empathie, mais si cela ne suffit pas? Doit-on détourner le regard face à la souffrance physique et psychologique d’autrui, face à une personne qui nous réitère sa volonté de mourir? 
Je pense donc qu’il est primordial en plus des développements croissants des soins palliatifs, d’autoriser la pratique de l’euthanasie ou du suicide assisté dans des situations précises et encadrées médicalement (patient majeur atteint d’une maladie grave et incurable qui a réitéré à plusieurs reprises sa volonté, avis d’une collégialité de médecins…) comme cela existe dans plusieurs autres pays notamment en Belgique
Le droit français donne la possibilité au patient de refuser un traitement qui est vital pour sa santé et comme l’a indiqué la Cour européenne des droits de l’homme en 2002 : “En matière médicale, le refus d’accepter un traitement particulier pourrait, de façon inéluctable, conduire à une issue fatale, mais l’imposition d’un traitement médical sans le consentement du patient s’il est adulte et sain d’esprit s’analyserait en une atteinte à l’intégrité physique de l’intéressé. Comme l’a admis la jurisprudence interne, une personne peut revendiquer le droit d’exercer son choix de mourir en refusant de consentir à un traitement qui pourrait avoir pour effet de prolonger sa vie.”
Alors si un patient peut faire le choix de mourir en refusant de se faire soigner, pourquoi ne pas lui permettre d’avoir accès à l’euthanasie ou au suicide assisté?
Ne soyons pas hypocrite quand on sait que la pratique de l’euthanasie existe déjà en France : l’INED (Institut National d’Études Démographiques) à partir d’une étude de 2012, évaluait le nombre d’euthanasies clandestines, par an, à environ 1200 et à moins de 2000 le nombre de personnes souffrant de maladies graves qui se suicident. Une loi permettrait d’éviter les dérives et un meilleur encadrement de cette pratique qui est loin d’être anodine.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   VINCENT LAMBERT - Page 8 Icon_minitime03.12.19 13:37

POINT DE VUE. Mourir et vivre : les limites de l’autonomie
Quatre mois après la mort de Vincent Lambert, la question de la fin de vie revient, à l’occasion du procès du docteur Sanchez, son médecin.

Jean-François Bouthors,                
                 écrivain, journaliste, éditorialiste pour Ouest-France.
Jean-François Bouthors, écrivain, journaliste, éditorialiste pour Ouest-France. | ARCHIVESOUEST-FRANCE
Jean-François Bouthors.
Publié le 03/12/2019 à 07h16

Au-delà des polémiques, avec l’affaire Vincent Lambert s’est imposée l’importance pour chacun, de faire connaître ce qu’il souhaite pour lui-même au moment où sa vie semblera clairement s’approcher de sa fin, ne serait-ce que pour éviter de faire peser sur ses proches des décisions d’une gravité abyssale.

On a vu combien de telles situations d’incertitudes sur la volonté d’une personne en fin de vie peuvent déchirer une famille et diviser une société. Ce constat suffit à montrer que notre mort n’est pas une affaire purement individuelle. Au moment d’écrire ce que nous souhaitons pour notre fin de vie, n’oublions pas que mourir s’inscrit dans un réseau de relations personnelles et collectives qui en sont affectées. En ce sens, notre mort ne nous appartient pas totalement. Ces directives anticipées ne sont pas des modes d’emploi techniques que nos entourages et les personnels médicaux appliqueront mécaniquement. Il leur restera toujours une marge d’appréciation et d’interprétation. C’est heureux, car c’est aussi reconnaître à ceux qui nous accompagneront jusqu’à la fin leur propre humanité et leur propre responsabilité.

Le moment de notre mort n’échappe pas à cette vérité fondamentale : l’humain n’existe à chaque instant de sa vie que dans des relations, que dans des rapports à des personnes, à des situations, à des choses. L’autonomie que notre société moderne réclame si fortement, dont elle se prévaut si souvent, n’est que très relative. Chacun de nous s’inscrit dans un réseau de dépendances, depuis le début de sa vie. Il ne décide ni de sa venue au monde, ni de ses parents, ni du fait d’avoir des frères et sœurs… Nul d’entre nous ne produit l’affection dont il est l’objet et sans laquelle il ne peut vivre durablement. Personne ne choisit sa langue maternelle ni le tissu symbolique dans lequel il va se développer.

« Transcendance »
Nous acquérons donc une relative autonomie et la responsabilité de notre vie à travers une multitude de rapports qui ne relèvent pas de notre seule volonté. Et cette responsabilité que nous revendiquons suppose elle-même la présence d’autres que soi devant qui répondre… Le tissage de tous ces rapports, de toutes ces relations, au milieu desquels nous engageons notre capacité de choisir – notre liberté, qui n’est jamais totale – est infiniment complexe. Il nous permet de vivre et nous dépasse absolument. Cette transcendance n’est-elle pas ce que les religions appellent Dieu ? Elles le font en considérant qu’il y a dans ce tissage plus que le seul jeu du hasard et de la nécessité auquel s’arrêtait le biologiste Jacques Monod, auteur d’un livre retentissant à ce sujet.

Lire aussi sur ouest-france.fr :
« La recherche, laboratoire des inégalités sociales », par Lia Siegelman et le Noellie Gay.

Spinoza l’a exprimé d’une formule : Deus sive natura. Mais le philosophe ne nous invite pas à identifier Dieu à la nature observable (les arbres, les animaux, les fleuves, etc.). La nature, étymologiquement, c’est ce qui naît – la puissance qui fait naître. Nous sommes à la fois mis au monde, portés et porteurs par une telle puissance, et notre mort n’y échappe pas : jusqu’à sa fin, notre vie est prise dans ce mouvement qui nous dépasse, elle y participe, et peut-être notre mort est-elle ce moment où l’énergie, le souffle qui nous a habités et fait vivre au sein du tissu d’une vie plus grande que nous-mêmes se remet en jeu pour un avenir qui nous échappe radicalement.
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