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 VINCENT LAMBERT

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   13.10.16 11:37

Vincent Lambert : son neveu saisit le Conseil d'État et menace le CHU de Reims

François Lambert devant la Cour d'appel de Reims en juin dernier. Crédits photo : FRANCOIS GUILLOT/AFP
               
François Lambert, favorable à l'arrêt des soins, dénonce l'attitude de l'hôpital qu'il accuse d'être «pro-vie». Retour en six dates-clés sur cette affaire qui divise médecins, juges, et membres de la famille Lambert.
Le feuilleton Vincent Lambert connaît un énième rebondissement. François Lambert, neveu de cet homme hospitalisé dans un état végétatif depuis 2008, a annoncé ce mercredi qu'il avait saisi le juge administratif pour enjoindre, sous peine d'astreinte, au CHU de Reims de reprendre la procédure sur un éventuel arrêt des soins au patient conformément à la décision de la Cour de Nancy le 16 juin dernier. Ce jour-là, la Cour administrative d'appel de Nancy avait ordonné au CHU de Reims de «répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis de Vincent Lambert en vertu du code de la santé publique», et de reprendre la procédure de consultation des experts pouvant mener à un arrêt des soins. Cette procédure avait été interrompue en juillet 2015, le CHU faisant valoir que les conditions de «sérénité» nécessaires n'étaient pas réunies.
Dans un message adressé à des médias, François Lambert se livre à une charge sévère contre l'établissement hospitalier (où son oncle est hospitalisé), qui, déclare-t-il, arguments à la clé, «refuse catégoriquement de répondre à la question de l'acharnement thérapeutique concernant Vincent, sans jamais le prendre en compte (...)». «Le CHU avait trois mois pour se conformer à l'arrêt. Il ne l'a pas fait. J'ai donc fait une demande d'astreinte (1.000 euros par jour de retard), qui a été transférée par la Cour au Conseil d'État». Le CHU de Reims avait déclaré, le 17 juin, qu'il suivrait «l'injonction» qui lui avait été faite, sans plus de précision.
«Le CHU a clairement une position idéologique pro-vie sur cette question de l'acharnement thérapeutique, qui dépasse de loin le cas de Vincent Lambert», a affirmé François Lambert, pour qui l'établissement a «décidé d'entrer dans un bras de fer avec la justice». François Lambert estime également que la ministre de la Santé Marisol Touraine «a sa part de responsabilité dans (le) fiasco» pour n'avoir pas fait exécuter la décision des juges nancéiens».
Huit ans après son hospitalisation, l'affaire Vincent Lambert ne connaît toujours pas son épilogue. Le Figaro revient en six dates sur les faits marquants qui ont jalonné le cas de cet homme en état végétatif.

● 2008: l'accident

En septembre 2008, Vincent Lambert, 35 ans, est victime d'un accident de la route. Il est alors hospitalisé au CHU de Reims, et est plongé dans un coma artificiel. Il n'a pas, au préalable, écrit de directives précisant son opposition à tout acharnement thérapeutique.

● 2011: le premier diagnostic tombe

Le 13 février, la formation collégiale qui devait statuer sur le devenir de Vincent Lambert conclue qu'il se trouve dans un état de «conscience minimal», sans espoir d'amélioration.

● 2013: lancement du protocole de fin de vie

En avril, le CHU de Reims engage un protocole de fin de vie en accord avec la femme de Vincent Lambert, Rachel, sans consulter explicitement ses parents. Les médecins arguent que le patient multiplie les comportements d'opposition aux soins «faisant suspecter un refus de vivre». En désaccord avec cette décision, les parents, de confession catholique et opposés à l'euthanasie passive de leur enfant, saisissent le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui ordonne, en mai, le rétablissement de l'alimentation.
En septembre, une réflexion sur la fin de vie de Vincent Lambert est lancée. Elle durera quatre mois avec l'ensemble de sa famille et quatre experts. Seuls les parents s'opposent à la mort de Vincent Lambert.

● 2014: l'imbroglio juridique

En janvier, le CHU informe la famille de sa décision d'arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert, conformément à la loi Leonetti sur la fin de vie. Sur quatre experts, un seul a plaidé pour le maintien en vie. Deux jours plus tard, les parents, une sœur et un demi-frère du patient saisissent une nouvelle fois le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui se prononce contre la décision d'euthanasie passive. Il juge notamment que «la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée».
Face à ce nouveau jugement, Rachel, la femme de Vincent Lambert, et le CHU saisissent le Conseil d'État qui demande une nouvelle expertise, et renvoie finalement l'affaire à une formation collégiale. En mai, l'expertise confirme l'incurabilité et une «dégradation» de l'état général du patient, mais évoque avec prudence la question d'un arrêt des soins. Finalement, le Conseil d'État se prononce pour l'arrêt des soins. Mais, en juin, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), saisie en urgence par les parents, demande le maintien en vie de Vincent Lambert, le temps de statuer sur son cas.

● 2015: Bataille familiale

En juin, la CEDH juge que l'arrêt des soins ne violerait pas le droit à la vie. Dès le lendemain, les parents demandent au CHU de Reims de transférer leur fils vers une unité spécialisée à Strasbourg. Après le rejet de cette requête, l'hôpital annonce en juillet qu'il va engager une nouvelle procédure d'arrêt des traitements, conformément à la décision de la CEDH. Les parents portent alors plainte contre le CHU et les médecins. Finalement, fin juillet, les médecins décident de ne pas appliquer la décision de la CEDH d'arrêter l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert, et saisissent le parquet pour désigner un représentant légal pour le patient. Ses parents déposent une plainte contre le CHU pour «mauvais traitement».
Parallèlement, le CHU de Reims convoque la famille de Vincent Lambert mi-juillet pour l'ouverture d'une «nouvelle procédure en vue d'une décision d'arrêt des traitements». Moins de dix jours plus tard, le docteur Daniela Simon, responsable de la procédure collégiale sur la fin de vie de Vincent Lambert au CHU de Reims, décide de ne pas stopper son alimentation et de se référer à son ministère de tutelle, la Santé, quant aux suites à donner à ce dossier. En août, le parquet de Reims demande au juge des tutelles de désigner un tuteur ou un curateur pour Vincent Lambert.
François Lambert, de son côté, demande au tribunal administratif d'obliger le CHU à arrêter les soins. Finalement, le tribunal rejettera cette demande en septembre car les médecins étaient en droit, en vertu de «leur indépendance professionnelle», de maintenir en vie Vincent Lambert malgré les décisions de justice précédentes.

● 2016: François Lambert contre-attaque

Le 10 mars dernier, le juge des tutelles de Reims rend son verdict et désigne Rachel Lambert comme tutrice de son mari. Le lendemain, les parents de Vincent Lambert font appel de cette décision, et ont déposé un pourvoi devant la Cour de cassation.
Le 16 juin, la Cour administrative d'appel de Nancy avait ordonné au CHU de Reims de «répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis de M. Vincent Lambert en vertu du code de la santé publique» - autrement dit de reprendre la procédure sur un éventuel arrêt des soins -, et de reprendre la procédure de consultation des experts pouvant mener à un arrêt des soins. Les parents contestent également cette décision devant le Conseil d'État.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   13.10.16 11:43

Qu'est-ce qu'il y a derrière tout çà ? Où est le non-dit ?

Le fric et l'héritage évidemment !

On achète et on vend les gens


cf les âmes du Purgatoire à Montligeon
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   16.10.16 12:11

site JIM.fr

Publié le 13/10/2016
Affaire Vincent Lambert : le Conseil d’Etat une nouvelle fois sollicité
Paris, le jeudi 13 octobre 2016 – De médicale et éthique, la tragique histoire de Vincent Lambert, victime d’un très grave accident de voiture en 2008, qui l’a laissé dans un état végétatif chronique sans espoir de récupération, est devenue un cas d’école judiciaire. Au début de l’été, la décision de la cour administrative d’appel de Nancy constituait un énième rebondissement.

La suspension de la procédure épinglée

On se souvient (peut-être) qu’après la confirmation de la légitimité de la décision d’arrêt des soins par le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme, le CHU de Reims avait décidé en juillet 2015 d’ouvrir une nouvelle procédure collégiale. Cependant, quelques jours après cette annonce, le docteur Daniela Simon, en charge du patient après le retrait de son prédécesseur de la tête du service de soins palliatifs de l’hôpital, avait considéré que le climat autour du patient n’était pas de nature à permettre une prise de décision sereine. La procédure collégiale était donc suspendue. Ce choix de Daniela Simon a été contesté devant les tribunaux par les membres de la famille de Vincent qui souhaitent qu’on « le laisse partir », une option qui serait conforme aux positions exprimées par l’ancien infirmier. Le 16 juin dernier, la cour administrative d’appel se prononçait donc. Contrairement aux arguments avancés par les proches de Vincent, la cour considérait tout d’abord qu’en choisissant d’ouvrir une nouvelle procédure collégiale (plutôt que de reprendre celle initiée précédemment et validée par la justice), le docteur Daniela Simon avait choisi la meilleure option. La cour se montrait plus sévère cependant concernant la décision du praticien de suspendre la nouvelle procédure. « La recherche d’un climat apaisé autour de M. Vincent Lambert ne permet pas de suspendre, sans fixer de délai, le cours de la procédure collégiale » avaient apprécié les juges. Aussi, donnaient-ils trois mois au CHU pour reprendre le processus.

Un pourvoi suspensif de fait ?

Cette période passée, le CHU ne s’est cependant pas conformé aux injonctions du juge. Cette immobilisme est probablement lié au pourvoi en cassation constitué par les parents de Vincent Lambert qui pour leur part refusent l’idée d’un arrêt des soins. Bien que le pourvoi ne soit pas suspensif, l’exécution de l’injonction étant susceptible d’entraîner la mort de Vincent, le CHU a pu considérer de manière légitime qu’il se devait d’attendre son résultat. Ce n’est cependant pas l’opinion de François Lambert, neveu de Vincent, qui se bat pour obtenir l’arrêt des soins de ce dernier. Il juge en effet que le CHU se devait d’exécuter le jugement de la cour d’appel et vient donc face au retard constaté de former un recours devant le tribunal administratif. Il veut notamment voir le CHU condamné à une astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Face à la difficulté que constitue la concomitance du pourvoi, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au Conseil d’Etat.

Conflits idéologiques

Pour François Lambert, l’effet suspensif de fait du pourvoi en raison de la nature de l’affaire n’est pas la principale raison expliquant l’immobilisme de l’hôpital. « Le CHU a un positionnement idéologique et militant en réalité. Seuls des médecins "pro-vie" sont contents de cette situation » écrit-il dans un texte transmis aux journalistes. Il reproche également : « Le CHU refuse catégoriquement de répondre à la question de l'acharnement thérapeutique concernant Vincent, sans jamais le prendre en compte lui et ses souhaits, actés par des décisions de justice ». « Depuis seize mois, il y a un jeu de rôle entre l’hôpital et les parents de Vincent Lambert. Les parents vont multiplier les appels et les recours. Il y aura perpétuellement des procédures en cours, ce qui arrange l’hôpital », dénonce-t-il encore.
Aurélie Haroche
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.10.16 14:08

Affaire Vincent Lambert : la surprenante résistance du CHU de Reims

Bruno Lorit / Avocat à la Cour Le 18/10 à 10:44

 
image: http://www.lesechos.fr/medias/2016/10/18/2035878_affaire-vincent-lambert-la-surprenante-resistance-du-chu-de-reims-161594-1_1000x533.jpg
 Affaire Vincent Lambert : la surprenante résistance du CHU de Reims

LE CERCLE/POINT DE VUE - Le CHU de Reims refuse toujours d'appliquer les décisions de justice concernant l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, un homme de 40 ans en état végétatif depuis 2008. Le Conseil d'Etat est une nouvelle fois saisi.

L’affaire Vincent Lambert est l’un des dossiers judiciaires aux enjeux les plus cruciaux de ces dernières années. Il a été demandé à la justice de se prononcer sur le maintien en vie d’un patient en état végétatif depuis 2008, après un grave accident de la circulation. 

Le particularisme de cette affaire tient à ce que Vincent Lambert n’est ni « malade », ni en fin de vie et que les notions d’absence d’acharnement thérapeutique et d’obstination déraisonnable prévue par la loi Léonetti ont pu apparaître (à tort, comme l’a confirmé la justice), aux yeux de certains observateurs, comme ne relevant pas du champ d’application de cette loi.
De plus, l’interruption des traitements consiste en l’espèce à supprimer l’alimentation et l’hydratation artificielles, ce qui a été présenté, par les mêmes observateurs, comme un moyen de faire mourir Vincent Lambert « de faim et de soif », alors que cette interruption doit être effectuée dans le cadre de soins palliatifs permettant un accompagnement dans la dignité et le respect.

Un dossier appréhendé dans un contexte particulier

L’enjeu éthique de cette affaire est donc considérable. S’y ajoute l’affrontement public de la famille de Vincent Lambert qui s’est déchirée sur la question du maintien ou de l’interruption des traitements en multipliant les procédures judiciaires.
Est, enfin, intervenu un paramètre idéologique du fait des convictions religieuses d’une partie de la famille de Vincent Lambert, relayées et amplifiées par des interventions de groupuscules extrémistes et intégristes menaçant physiquement les soignants en cas d’interruption des traitements de Vincent Lambert ou encore d’enlèvement de ce dernier.
La prépondérance des questions éthiques et morales présentes dans ce dossier a fait penser à certains observateurs que la justice ne pourrait se prononcer. Comment un magistrat pourrait-il appréhender l’état médical de Vincent Lambert ? De quel droit pourrait-il considérer que la vie de ce dernier ne vaut plus la peine d’être vécue et justifie une interruption des traitements ? Avec quelles compétences pourrait-il contrôler une décision médicale de maintien ou d’interruption de traitement ?
En réalité, et ce point constitue l’un des enseignements les plus intéressants de l’affaire Lambert, la justice a normalement appréhendé ce dossier en faisant simplement respecter la règle de droit et en rappelant qu’au-delà des considérations morales, éthiques et humaines, cette affaire était régie par des principes juridiques qu’il fallait appliquer et qui se résumaient à la question suivante : la décision d’interruption des traitements est-elle légale ou illégale, tant sur la forme, que sur le fond ?

Enjeux éthiques et moraux 

C’est, de manière surprenante, non pas de la justice, mais du CHU de Reims que sont venues les difficultés liées aux enjeux éthiques et moraux de ce dossier puisque le CHU se refuse toujours à appliquer les décisions judiciaires le concernant.
En effet, alors que le Conseil d’État a jugé que l’interruption des traitements n’était pas illégale notamment en ce qu’elle était intervenue après une consultation de la famille et un examen des volontés exprimées par Vincent Lambert de ne pas être maintenu dans une telle situation, mais surtout parce que l’état de ce dernier permettait de conclure, au vu d’un rapport d’expert, que le maintien des traitements n’avait pour objet que le maintien artificiel de sa vie traduisant une obstination déraisonnable.
La Cour européenne des droits de l’Homme a estimé pour sa part, que ni la loi Léonetti ni l’application qui en avait été faite au cas de Vincent Lambert, ne méconnaissaient les stipulations de la Convention européenne des droits de l’Homme.
On aurait pu penser que la justice ayant rendu ces décisions, le droit (consacré par le Conseil d’État comme une liberté fondamentale) de Vincent Lambert à ne pas subir d’obstination déraisonnable serait enfin respecté. Or, le CHU de Reims qui avait décidé le 7 juillet 2015 une reprise de la procédure collégiale préalable à une décision d’interruption ou de maintien des traitements l’a suspendue le 23 juillet estimant que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure, tant pour Vincent Lambert que pour l'équipe soignante, ne sont pas réunies ».

Retour devant le Conseil d'Etat

La Cour administrative d’appel de Nancy a logiquement annulé, par un arrêt du 16 juin 2016, cette décision de suspendre la procédure collégiale et enjoint à l'hôpital sa reprise, dans le respect des droits de Vincent Lambert, ce qui n’a rien changé à la résistance opposée par l’hôpital. 
Trois mois après la décision de la Cour administrative d’appel de Nancy, l'hôpital rémois n'a toujours pas repris la réflexion sur l'arrêt des traitements. François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, a demandé à la Cour administrative d’appel de Nancy, « l’exécution » de l'arrêt, et la mise en place d’une astreinte. 
Dans un courrier daté du 29 septembre, explique « Le Monde », la Cour administrative d’appel de Nancy répond que, dans la mesure où cette demande présente « une difficulté de droit sérieuse », elle fait le choix de la transmettre au Conseil d’Etat . C'est donc la plus haute juridiction française qui devra, une nouvelle fois, se prononcer. 
Le CHU de Reims étant placé sous la tutelle du ministère de la Santé, c’est peut-être à l’État qu’il revient désormais d’intervenir pour faire en sorte que les décisions de justice rendues dans cette affaire soient appliquées afin de faire respecter l’État de droit, mais surtout, et c’est peut-être le plus important, les volontés de Vincent Lambert.
Bruno Lorit est avocat à la Cour

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-161594-laffaire-vincent-lambert-quand-les-enjeux-moraux-et-ethiques-interviennent-dans-le-debat-juridique-2035878.php?P7dmGKf9xpvCbIx4.99
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.10.16 14:19

V.L. est le résultat de l'acharnement thérapeutique raté.
S'il n'avait pas eu son accident
Si le Samu n'était pas intervenu
si
si
si
pas compliqué à comprendre !

le problème étant que le Samu n'a rien à voir en principe avec la loi Léonetti
le problème étant que personne ne veut faire une révision juridique à propos de la non-assistance en personne en danger et de l'empoisonnement puni par la loi
F.H. est pourtant un ancien avocat
Force est de constater que les gens dans le domaine juridique sont stupides
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   22.10.16 18:12

Combien coûte Vincent Lambert ?

Et quel est le montant de l'Allocation Adulte Handicapé ( AAH ) ?

Il y a plein de patients comme V.L. qu'on débranche ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   09.12.16 21:02

Favorable à l'arrêt des soins

Vincent Lambert : la justice confirme la tutuelle de son épouse

par Julien Prioux source Pourquoi Docteur

La Cour de cassation a rejeté ce jeudi 8 décembre le pourvoi des parents de Vincent Lambert contre la tutelle accordée à sa femme Rachel, favorable à un arrêt des soins sur son mari.

Vincent Lambert : la justice confirme la tutuelle de son épouse Christian Lutz/AP/SIPA

Publié le 09.12.2016 à 11h52

En juillet dernier, la Cour d'appel de Reims (Marne) avait confirmé que la tutelle de Vincent Lambert, plongé dans un état végétatif depuis 8 ans, devait être confiée à son épouse, pour les dix prochaines années. Depuis plus de trois ans, Rachel et les parents de ce patient se déchirent sur son maintien en vie devant les tribunaux. Mais une décision de justice intervenue ce jeudi marque peut-être la fin de ce drame familial.

La Cour de cassation, juridiction la plus élevée de l'ordre judiciaire, a rejeté ce jeudi 8 décembre, le pourvoi des parents de Vincent Lambert contre la tutelle accordée à sa femme Rachel, favorable à un arrêt des soins. Celle-ci restera donc bel et bien sa tutrice. Ses parents, en revanche, se battaient pour le maintien en vie de leur fils qu'ils estiment conscient.

A la hauteur de ses devoirs d'épouse

La Cour de cassation a estimé que « contrairement aux allégations des consorts Lambert, [Rachel Lambert] a rempli ses devoirs d'épouse, s'est battue aux côtés de son mari et n'a pas failli dans sa mission de représentation » et que l'on ne pouvait lui reprocher de s'être éloignée de son mari « dès lors qu'il existait une pression médiatique importante dont elle a souhaité protéger son enfant ».

Pour rappel, c'est le CHU de Reims qui avait demandé la nomination d'une tutelle pour représenter légalement Vincent Lambert. Rapidement, dès le 10 mars, Rachel Lambert l'avait obtenue, mais elle avait été contestée aussitôt par les parents du patient. Sans succès. Après avoir épuisé toutes les possibilités devant les juridictions européennes, les parents ne disposent désormais plus de voie de recours pour contester cette décision.

Les différentes options du CHU de Reims

Conséquence, l’hôpital dispose maintenant de plusieurs options. Entamer immédiatement la procédure collégiale avec le Dr Daniela Simon ou la relancer, mais avec un autre praticien. A ce sujet, la Cour administrative d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a récemment rappelé que la décision d'arrêter les soins « n’engageait que le médecin qui l’a prise ». « Le nouveau médecin en charge de M. Vincent Lambert n’est pas tenu par la décision de son prédécesseur », avait-elle statué.

Enfin, quel que soit le médecin, celui-ci ne pourra pas se cacher derrière l'ambiance délétère autour de l'établissement. La Cour de Nancy avait aussi estimé que ces « éventuelles menaces » ne représentent pas un moyen légal suffisant pour justifier un arrêt indéfini de la procédure. Attendre que le climat soit plus apaisé n’était pas non plus un argument valable, aux yeux des juges. Au final, la décision de reprendre une procédure collégiale est donc laissée à la discrétion de l'équipe médicale de Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.17 14:24

Fin de vie : les parents de Vincent Lambert portent plainte contre le CHU
A La Une  Politique  Santé  
Publié le 11/01/2017 à 14h27. Mis à jour à 17h32 par SudOuest.fr avec AFP.
                 Pierre et Viviane Lambert demandent le transfert de leur fils vers un établissement spécialisé.                                                    
FRANCOIS NASCIMBENI / AFP


Les parents de Vincent Lambert, plongé dans un état végétatif depuis 2008, ont porté plainte fin décembre contre le CHU de Reims 


La bataille judiciaire autour de Vincent Lambert se poursuit. "Une plainte a été déposée avec constitution de partie civile", selon Me Jean Paillot, l’un des avocats de Pierre et Viviane Lambert, les parents, confirmant une information du journal L’Union. Ils seront reçus par un juge d’instruction le 8 février.

"Nous n’avons pas d’autre solution pour faire entendre la situation scandaleuse dans laquelle Vincent se trouve : nous espérions nous faire entendre du juge des tutelles mais celui-ci nous envoie balader", a-t-il expliqué, dénonçant des "carences majeures" dans la prise en charge du patient.

Un "cri d’alarme"

Les parents de Vincent Lambert demandent le transfert de leur fils vers un établissement spécialisé, tandis que sa femme Rachel, désignée tutrice de son mari par décision de la Cour de cassation le 8 décembre, est favorable à l’arrêt des soins. Ils avaient déjà déposé une main courante en 2013 puis porté plainte en 2015 contre le centre hospitalier pour "tentative d’assassinat et maltraitance". 

La rédaction vous conseille



Selon Me Paillot, cette nouvelle plainte – la première a s’inscrire dans une procédure pénale – est "un cri d’alarme" des parents engagés dans une bataille judiciaire acharnée autour du sort de leur fils. "Notre objectif n’est pas de dézinguer le CHU, notre but est que Vincent soit correctement traité".

Une situation complexe

Le CHU de Reims avait, lui, lancé puis stoppé deux procédures d’arrêt des soins, l’une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l’autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon, en 2015. Un processus suspendu, le médecin référent estimant insuffisantes les conditions de sérénité pour prendre une décision.
Par ailleurs, une autre procédure judiciaire est en cours depuis que François Lambert, le neveu de Vincent, a saisi en octobre le juge administratif pour enjoindre, sous peine d’astreinte, au CHU de Reims de reprendre la procédure sur un éventuel arrêt des soins au patient conformément à cette décision.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.01.17 15:07

Accueil  /  Société   /  Fin de vie   /  Vincent Lambert  

Le neveu de Vincent Lambert demande à François Hollande l’arrêt des soins
 Modifié le 16/01/2017 à 12:29 | Publié le 16/01/2017 à 12:29  -


  • Le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, tout comme sa femme, Rachel Lambert, se battent depuis plusieurs années pour obtenir l'arrêt des soins. | Reuters


Le neveu de Vincent Lambert, patient plongé dans un état végétatif depuis 2008, a écrit à François Hollande pour qu’il demande au CHU de Reims de reprendre la procédure d’arrêt des soins, « pour que la légalité ne soit pas que théorique », a-t-on appris auprès de l’intéressé.
« Rien ne bougera au CHU sans qu’une décision politique courageuse ne soit prise », écrit François Lambert dans ce courrier daté du 10 janvier, dont l’AFP a obtenu copie, confirmant une information de France Inter.

« Par un arrêt du 16 juin 2016, la cour administrative d’appel de Nancy […] a enjoint le CHU de Reims […] de répondre aux obligations lui incombant […], c’est-à-dire de reprendre et achever la procédure collégiale, en prenant évidemment en compte les souhaits de Vincent tels qu’ils ont été actés par une multitude de décisions de justice (Conseil d’État, Cour européenne des droits de l’Homme, juge des tutelles de Reims, cour d’appel de Reims, Cour de cassation) », souligne le neveu de Vincent Lambert.
Le CHU de Reims avait lancé puis stoppé deux procédures d’arrêt des soins, l’une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l’autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon, en 2015. Un processus suspendu, le médecin référent estimant insuffisantes les conditions de sérénité pour prendre une décision.

Le CHU ne « respecte pas son patient »

François Lambert a saisi en octobre le juge administratif pour enjoindre, sous peine d’astreinte, au CHU de Reims de reprendre la procédure sur un éventuel arrêt des soins du patient conformément aux décisions de la CEDH et du Conseil d’État, qui s’étaient prononcés pour un arrêt des soins.

« La réponse du CHU montre un profond mépris à l’égard des décisions de justice », estime François Lambert.Il interpelle François Hollande : « Vous avez vous-même nommé par décret en date du 24 février 2015 Dominique de Wilde à la tête du CHU de Reims. Vous pouvez donc faire pression sur elle pour que la légalité ne soit pas que théorique au sein de l’établissement dont elle a la charge ».
« Le CHU se prétend victime d’une situation qu’il a créée lui-même, toxique pour tout le monde », a commenté François Lambert lundi. « Les parents portent plainte à longueur de temps, et le CHU ne respecte pas son patient et ses souhaits », a-t-il déploré.
Les parents de Vincent Lambert ont porté plainte fin décembre contre le CHU de Reims pour « délaissement de personne hors d’état de se protéger ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.01.17 0:02


Affaire Vincent Lambert: les parents bientôt reçus par un juge d'instruction
Par Delphine de Mallevoüe
Mis à jour le 14/01/2017 à 12:46
/Publié le 13/01/2017 à 20:06

Viviane et Pierre Lambert, les parents de Vincent Lambert, à Reims, en juin 2016.

Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée contre le CHU de Reims où est hospitalisé leur fils dans un état végétatif depuis 2008. Ses parents veulent «mettre un terme aux infractions commises» par l'établissement. Ils seront entendus le 8 février prochain.


C'est la première fois que, dans les développements judiciaires de l'affaire Vincent Lambert - ce jeune accidenté de 40 ans dont la famille se divise sur le maintien ou l'arrêt des soins - une plainte s'inscrit dans une procédure pénale. Déposée par ses parents le 23 décembre, elle vise le CHU de Reims - où ce patient «pauci-relationnel» est hospitalisé depuis 2008 - pour «tentative d'assassinat», «maltraitances», «séquestration» et «non assistance à personne en péril».

Les parents de Vincent Lambert, qui avaient déjà déposé plainte pour les mêmes faits en juillet 2015 auprès du procureur de la République de Reims mais qui n'ont jamais reçu de réponse, l'ont adressée au doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Reims, engageant cette fois l'action publique.

Indignés par la prise en charge «inadaptée» de leur fils, les parents veulent «mettre un terme aux infractions commises» qui sont «inacceptables»: refus de soins de kinésithérapie, d'orthophonie, de rééducation de la déglutition mais aussi d'un fauteuil adapté. Tous ces soins relevant de l'obligation faite par la circulaire du 3 mai 2002. En outre, ils reprochent à l'hôpital de s'être «comporté comme le propriétaire de Vincent Lambert», «en fermant sa chambre à clé», «en conditionnant les visites par le dépôt d'une pièce d'identité» ou «en décidant des droits de visite des uns et des autres».

Cette plainte avec constitution de partie civile vise également Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert, désormais désignée comme sa tutrice par la justice. Les parents l'attaquent pour «fausses attestations», «faux témoignage», «usage de faux» mais aussi «tentative d'escroquerie au jugement», explique Me Jérôme Triomphe, l'un des avocats des parents Lambert aux côtés de Me Jean Paillot. Ils reprochent à Rachel Lambert d'avoir «éhontément menti» en signant, le 24 décembre 2013, des documents où elle se domiciliait à Reims «alors qu'elle avait résilié son bail depuis 5 mois et qu'elle refaisait sa vie en Belgique».

Depuis plusieurs années, les parents de Vincent Lambert demandent son transfert dans un établissement spécialisé, adapté à ses soins, sans être entendus. Encore moins depuis que la tutelle a été accordée à son épouse qui, elle, s'oppose à tout transfert. Sur cette question, une audience est prévue le 16 février devant la cour d'appel de Reims. L'occasion pour les parents de demander aussi la levée des restrictions de visite. En effet, la juge des tutelles a restreint leur droit de visite à de plus petites plages horaires qu'avant «pour laisser la place à certains de ses frères et sœurs», explique Me Triomphe, «mais comme ils ne viennent pas, il n'y a aucun bénéfice pour Vincent».

Enfin, la plainte vise l'ancien médecin de Vincent Lambert, le Dr Éric Kariger, pour «violation du secret médical» alors qu'il avait publié un livre sur l'affaire Lambert en janvier 2015. Pour ce nouveau volet judiciaire, les parents seront entendus par un juge d'instruction le 8 février prochain.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.01.17 0:15

ah je me répète ici ds mes copiés-collés
je sais que je fais des sujets en double
ce n'est pas exprès
je devrais " nettoyer", " éliminer ", " ranger " ici ( ds tout le site )
mais avec les erreurs énormes de Microsoft ? Google ? Forumactif ?
je me dis que çà n'en vaut pas la peine
après tout, si I.E. va disparaître, si Forumactif disparaît aussi, ben moi aussi je disparais sur internet
car mon intelligence est bien réelle, par conséquent elle a des limites ! on aurait du mal à la définir si elle n'était pas " limitée " !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   20.01.17 9:56

Affaire Vincent Lambert: Hollande souhaite «une solution humaine et digne»

SANTE Le neveu de la victime avait demandé au Président qu’il intervienne pour que le CHU de Reims, où son oncle est hospitalisé, reprenne une procédure d’arrêt des soins…

Nancy, le 26 juin 2016. François Lambert, neveu de Vincent, devant la cour administrative d'appel de Nancy.
Nancy, le 26 juin 2016. François Lambert, neveu de Vincent, devant la cour administrative d'appel de Nancy. - Jean Christophe VERHAEGEN / AFP

20 Minutes avec AFP
D Publié le 20.01.2017 à 08:57
Mis à jour le 20.01.2017 à 08:57


Interpellé il y a quelques jours par le neveu de Vincent Lambert, François Hollande lui a répondu ce jeudi. Il a demandé qu’une « solution humaine et digne » soit trouvée au sort de Vincent Lambert, patient plongé dans un état végétatif depuis 2008, dans un entretien à France Bleu Champagne-Ardennes.

>> A lire aussi : Les principales dates du marathon judiciaire

François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, avait demandé que le président intervienne pour que le CHU de Reims, où son oncle est hospitalisé, reprenne une procédure d’arrêt des soins, « pour que la légalité ne soit pas que théorique ». « Rien ne bougera au CHU sans qu’une décision politique courageuse ne soit prise », avait-il écrit dans sa lettre datée du 10 janvier.

« Ce ne peut pas être le président de la République qui en décide », a répondu Hollande

« Nous devons trouver les formes pour que cette loi soit appliquée (…) Ce ne peut pas être le président de la République qui en décide : c’est l’équipe médicale, c’est avec la famille », a répondu Hollande, conscient « des différends qui existent dans cette famille », tout en affirmant : « Cela ne peut pas être le président de la République qui en décide ».

Dans un communiqué publié jeudi soir, réagissant à la position de François Hollande, François Lambert a fait part de ses « impressions (…) contradictoires, car ses propos peuvent me faire espérer, tout comme ils peuvent rassurer les parents de Vincent dans leur impression que rien ne se passera ».

>> A lire aussi : Les parents de Vincent Lambert portent plainte contre le CHU

La famille de Vincent Lambert se déchire en effet autour du sort de ce patient victime d’un accident de la circulation. Ses parents sont contre l’arrêt des soins, tandis que son épouse et son neveu y sont plutôt favorables. Le CHU de Reims avait lancé puis stoppé deux procédures d’arrêt des traitements, en 2013, puis en 2015. Mais l’équipe médicale avait décidé de suspendre ce processus le 23 juillet 2015, estimant que les conditions de « sérénité » requises n’étaient pas suffisantes.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   20.01.17 10:00



François Hollande est-il lui-même humain et digne ?

"toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" (proposition 21).

LA POLITIQUE, C'EST DE LA MERDE
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.02.17 9:35

Les parents de Vincent Lambert ont rencontré cet après-midi le juge d'instruction en charge du dossier. Une heure et demie d'entretien suite à leur plainte pour "délaissement de personnes hors d'état de se protéger" à l'encontre du CHU de Reims.


Par Raphaël Doumergue
Publié le 08/02/2017 à 19:51 Mis à jour le 08/02/2017 à 20:03



Le feuilleton judiciaire de l'affaire Vincent Lambert se poursuit inlassablement. Les parents de cet hospitalisé dans un état végétatif depuis 8 ans ont décidé de poursuivre le CHU de Reims au niveau du pénal cette fois.
Ils reprochent par la voix de leurs avocats une série de "maltraitance" quotidienne à l'encontre de leur fils : absence de kynésithérapie, de fauteuil adapté et de rééducation à la déglutition. Toute une série de manquement qui devrait, selon Me Jean Paillot, aboutir à un transfert de Vincent Lambert dans un autre centre de soins plus favorable à leur point de vue.


Dans cette bataille juridique au sein d'une même famille, deux clans se déchirent. D'un côté, donc, les parents et un frère de Vincent, de l'autre son épouse Rachel -sa tutrice légale- et son neveu.

L'avocat de ce dernier, Me Gérard Chemla, dénonce un acharnement judiciaire. Il ne manque pas de rappeler les différentes décisions de justice demandant l'arrêt des soins (Cour d'appel de Nancy, de la Cour Européenne des Droits de l'Homme...) et critique l'enlisement : " Vous êtes en face d'une stratégie qui est d'obtenir que la fin de vie de Vincent Lambert ne soit pas mise en jeu. Et cette stratégie elle s'est organisée sur un procès sans fin. "

Prochain rendez-vous judiciaire, la semaine prochaine. Les avocats des parents font appel de l'irrecevabilité concernant le transfert de Vincent.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   17.02.17 18:54


La question du transfert de Vincent Lambert, hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008, vers un établissement spécialisé, a été débattue jeudi devant la Cour d'appel de Reims. Décision attendue le 24 mars.

Par L.L avec AFP
Publié le 17/02/2017 à 17:52

Outre la question de son transfert demandé par les parents du patient, celle des droits de visite fixés par le juge des tutelles a également été examinée lors de cette audience à huis-clos.

"Nous demandons le transfert dans un établissement spécialisé, appareillé, pourvu et accueillant de façon express des malades dans sa situation", a déclaré Jean Paillot, l'un des avocats de Pierre et Viviane Lambert, les parents, précisant avoir déjà reçu le feu vert de "cinq établissements susceptibles de l'accueillir".

Nous demandons le transfert dans un établissement spécialisé, appareillé, pourvu et accueillant de façon express des malades dans sa situation


Le transfert se justifie par "l'existence de maltraitance" dans la prise en charge de Vincent Lambert, "non pas parce qu'on lui fait du mal, mais parce qu'on ne lui donne pas tous les soins qu'on pourrait lui donner dans son état" en matière de kinésithérapie, d'équipement médical et de rééducation à la déglutition, a souligné Me Paillot.

La famille de Vincent Lambert se déchire autour du sort de ce patient victime d'un accident de la circulation en 2008. Sa femme Rachel, son neveu et plusieurs de ses frères et soeurs sont favorables à un arrêt des traitements, une issue à laquelle ses parents et d'autres membres de la fratrie sont farouchement opposés.

Contactée, l'avocate de Rachel Lambert est restée injoignable vendredi matin. La cour d'appel rendra sa décision le 24 mars.

Le 10 mars 2016, le juge des tutelles avait confié à Rachel la tutelle de son mari, une décision validée par la Cour de cassation le 8 décembre.

De leur côté, les parents du patient ont porté plainte fin décembre contre le CHU de Reims pour "délaissement de personne hors d'état de se protéger" avec constitution de partie civile.

Par ailleurs, une autre procédure judiciaire est en cours depuis que François Lambert, le neveu de Vincent, a saisi en octobre le juge administratif pour enjoindre, sous peine d'astreinte, au CHU de Reims de reprendre une procédure collégiale sur un éventuel arrêt des soins au patient.

Vincent Lambert est hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008, à la suite d'un accident de la route.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   31.03.17 14:44


La demande de transfert de Vincent Lambert rejetée

Vincent Lambert reste au CHU de Reims. La cour d’appel de Reims a rejeté ce vendredi la demande de transfert effectuée par ses parents. Ces derniers ont décidé de se pouvoir en cassation.

Par Grégoire Amir-Tahmasseb | Publié le 24/03/2017 à 13h04. Source l'Union

Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims depuis 2009.


Saisie par les parents de Vincent Lambert, la cour d’appel de Reims a rejeté ce vendredi matin la demande de transfert de leur fils vers un autre hôpital. Estimant que celui-ci est victime de maltraitance, Viviane et Pierre Lambert souhaitent que leur fils de 40 ans, en « état de conscience minimale », quitte le CHU de Reims où il est hospitalisé depuis 2009 après un accident de la route près de Châlons-en-Champagne, pour aller dans un établissement spécialisé.

La famille se divise sur le sort de Vincent Lambert depuis de nombreuses années. Ses parents, Pierre et Viviane Lambert, ainsi qu’un frère et une sœur, réclament qu’il soit maintenu en vie. À l’inverse, son épouse Rachel, son neveu François, six autres frères et sœurs se prononcent pour l’arrêt des soins, considérant qu’il est incurable (comme l’avaient constaté ses médecins) et que cela correspond à sa volonté.

« Monsieur et Madame Lambert sont aujourd’hui un peu désabusés mais on va continuer à se battre jusqu’au bout »

Cette nouvelle décision de justice, plusieurs autres procédures sont en cours, ne marque en rien la fin de ce que l’on appelle communément « l’affaire Vincent Lambert ». Me Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert, a d’ores et déjà annoncé que ses clients allaient se pourvoir en cassation devant une décision qu’ils considèrent comme de la « maltraitance judiciaire ».

« La cour a notamment motivé sa décision par le fait qu’elle n’était pas compétence pour statuer sur les maltraitances et que cela relève, selon elle, de la compétence du juge administratif, explique Me Paillot. Nous contestons cette analyse. Le juge des tutelles est parfaitement compétent pour dire s’il y a une mauvaise prise en charge de Vincent Lambert ou pas. De plus, il y a dans cette décision de la cour d’appel une erreur de droit car elle rejette notre demande alors qu’elle aurait dû se déclarer incompétente si l’on se réfère aux motivations de sa décision Monsieur et Madame Lambert sont aujourd’hui un peu désabusés mais on va continuer à se battre jusqu’au bout. Nous espérons bien qu’un jour un juge aura le courage de prendre une décision forte dans ce dossier. La bataille judiciaire n’est pas terminée. ».
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   03.06.17 8:38

Fin de vie : le neveu de Vincent Lambert salue "une très bonne décision" du conseil constitutionnel

08h03, le 03 juin 2017



Le neveu de Vincent Lambert, hospitalisé dans un état végétatif depuis 2008, a salué la décision du Conseil constitutionnel, qui a validé l'arrêt des traitements par les médecins des patients hors d'état d'exprimer leur volonté.


Le Conseil constitutionnel a pris "une très bonne décision". François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008, a salué la décision du Conseil constitutionnel autorisant l'arrêt des traitements par les médecins des patients hors d'état d'exprimer leur volonté.
"Le Conseil constitutionnel était la seule juridiction à ne pas encore s'être prononcée. Cette décision montre que le principe de dignité et de liberté personnelle est défini et protégé par la Constitution, pas juste dans le sens du droit à la vie mais dans les deux sens", a affirmé François Lambert, qui s'est toujours prononcé en faveur de l'arrêt des traitements.
"Le Conseil constitutionnel dit que le patient est au cœur et que la procédure se termine par le procès et non par une nouvelle procédure collégiale", a-t-il ajouté. Le Conseil constitutionnel a validé la procédure d'arrêt des traitements des patients incapables de s'exprimer, prévue par la loi sur la fin de vie, mais apporte des garanties aux proches pour pouvoir faire un recours en urgence contre cette décision médicale.

La famille de Vincent Lambert se déchire depuis quatre ans sur le maintien en vie ou non du jeune homme tétraplégique plongé dans un état végétatif sans espoir d'amélioration, après un accident de la route en 2008. Le Conseil d'État puis la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) ont validé l'arrêt de ses traitements, qui n'est toujours pas mis en oeuvre.
"Juridiquement, les choses sont claires (...) C'est au CHU d'en tirer les conclusions. Il faut que les décisions de justice aient un impact sur les décisions médicales car les médecins ne font pas ce qu'ils veulent", a déclaré François Lambert. Pour Jean Paillot, l'un des avocats de Pierre et Viviane Lambert, les parents favorables au maintien en vie de leur fils, la décision des juges constitutionnels "ne va pas rendre plus difficile la vie de (ses) clients mais ne va pas la simplifier non plus".
"Il aurait fallu déterminer si la décision prise par un seul médecin était assortie de garanties suffisantes (...) le Conseil constitutionnel n'a pas fait de travail réel sur ces garanties : quelles valeurs ont-elles ? Sont-elles suffisantes dans cette situation ?", s'est-il demandé.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   10.07.17 17:56


L’affaire Vincent Lambert de retour devant le Conseil d’Etat

La reprise ou non d’une procédure de réflexion sur l’arrêt des soins de ce patient en état végétatif est l’enjeu de l’examen de la plus haute juridiction administrative.

LE MONDE | 10.07.2017 à 04h00 • Mis à jour le 10.07.2017 à 07h44 |
Par François Béguin

L’affaire Vincent Lambert sera de nouveau examinée par le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, le 10 juillet.
L’emblématique affaire Vincent Lambert est de retour devant le Conseil d’Etat. Saisie par les parents du patient et par son neveu, François Lambert, la plus haute juridiction administrative française va examiner, lundi 10 juillet, une décision prise par la cour administrative d’appel de Nancy le 16 juin 2016.

Celle-ci avait enjoint au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims de donner au médecin chargé de ce patient « les moyens de poursuivre le processus de consultation » pouvant mener à un arrêt de l’hydratation et de la nutrition artificielles qui maintiennent en vie cet homme de 40 ans en état végétatif depuis 2008.

C’est une nouvelle étape judiciaire, alors que la famille de cet homme se déchire sur son sort depuis quatre ans et que le Conseil d’Etat avait, en 2014, dans une décision solennelle suivie par la France entière, jugé légale la décision de l’équipe médicale du CHU de Reims de mettre fin à l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert.

Le processus de consultation – le troisième de ce type en quatre ans – avait repris le 7 juillet 2015, puis il avait été interrompu à la surprise générale le 23 juillet, au motif que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à [sa] poursuite [n’étaient] pas réunies », selon le CHU de Reims.

Lire aussi : La justice ordonne la reprise du processus visant à un arrêt des traitements de Vincent Lambert

Une affaire riche en rebondissements

Or, plus d’un an après la décision de la cour administrative d’appel de Nancy, la réflexion collégiale n’a toujours pas repris. Dès le mois de septembre 2016, constatant cette « inertie » de l’hôpital, François Lambert, le neveu du patient, favorable à l’arrêt des soins, a demandé à la cour l’exécution de cette décision, et la mise en place d’une astreinte de 1 000 euros par jour de retard jusqu’à son exécution. Le 29 septembre, estimant que cette demande présentait « une difficulté de droit sérieuse », la cour l’avait transmise au Conseil d’Etat.

Celui-ci avait également été saisi, le 16 août, d’un pourvoi en cassation par Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent Lambert, qui se battent pour son maintien en vie. Ils contestaient, eux, sur le fond la décision du 16 juin. Les deux recours seront examinés simultanément lundi.

Une question juridique sera au cœur des débats : au nom du principe d’indépendance et de liberté de prescription thérapeutique, un médecin peut-il se voir imposer une décision d’ordre médical par l’hôpital qui l’emploie, fut-ce en raison d’une décision du juge administratif ?

Car pour corser une affaire déjà riche en rebondissements, le docteur Daniela Simon, à l’origine de la reprise puis de l’interruption de la procédure collégiale le 23 juillet 2015, a quitté ses fonctions le 1er janvier 2017.

« Changement de praticien »

« Le praticien qui assurera la suite de la prise en charge de ce patient n’étant pas lié par les décisions de son prédécesseur (…), il lui appartiendra de prendre connaissance du dossier de son patient et de définir souverainement le projet de soins qu’il estimera le plus adapté », fait donc valoir Pierre Desmarais, l’avocat du CHU, dans un document transmis au Conseil d’Etat. « Le changement de praticien rend caduque la décision prise par son prédécesseur », ajoute-t-il.

Rappelant que l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nancy enjoint clairement au CHU de Reims « de mettre le Dr Simon, ou tout autre praticien susceptible de lui succéder, en mesure de répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis de Vincent Lambert », Madeleine Munier-Apaire, l’avocate de François Lambert, estime de son côté que « l’injonction vise directement le CHU, et non pas le praticien ».

« Les décisions des praticiens hospitaliers n’ont pas d’existence juridique propre, car elles engagent les hôpitaux qui sont, en droit, les auteurs desdites décisions », avance-t-elle dans un relevé d’observations transmis au Conseil d’Etat. « Il est simplement demandé la poursuite et la finalisation d’une procédure administrative constituée d’une procédure collégiale », dit-elle.

« Suspension indéfinie »

Pour l’avocate, le principe d’indépendance professionnelle du médecin mis en avant par le CHU « n’est pas absolu et sans limite » et « doit se concilier avec les droits du patient ». Or, dans la mesure où Vincent Lambert avait fait part de sa volonté de ne pas être maintenu artificiellement en vie « dans l’hypothèse où il se trouverait dans une situation de grande dépendance », le médecin est « tenu » par la loi Leonetti d’engager une procédure collégiale visant à un arrêt des traitements.

Avec cette « suspension indéfinie » de la procédure collégiale, le CHU « fait de la loi Leonetti un instrument au service des partisans de la vie à tout prix », regrette François Lambert.

Le jugement du Conseil d’Etat du 24 juin 2014 avait été confirmé par la Cour européenne des droits de l’homme en juin 2015. La nouvelle décision de la plus haute juridiction administrative devrait être connue avant la fin du mois de juillet.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/07/10/l-affaire-vincent-lambert-de-retour-devant-le-conseil-d-etat_5158242_3224.html#2Pu3xJre8Fm0RwZm.99
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   10.07.17 18:16

quelque part, je suis bien contente de m'être ouvert ici un sujet sur Vincent Lambert
Mais par ailleurs çà me donne envie d'en finir, de mourir
alors j'ai plusieurs personnalités et je ne sais pas qui suis-je tout en n'étant pas EVC.
Quelle solution ? elle est simple, ne pas réfléchir ! ce que j'ai fait hier et en partie aujourd'hui,mais ce programme n'est franchement pas intéressant, le fait de ne pas réfléchir
J'aurais pu être comme V.L et je pourrais être comme V.L.
Nous nous projetons tous...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   10.07.17 21:26


Euthanasie de Vincent Lambert : le Conseil d'Etat va-t-il mettre fin à 4 ans de bataille judiciaire ?

Par Floriane Valdayron source Marianne
Publié le 10/07/2017 à 19:02

Ce lundi 10 juillet, le Conseil d'Etat s'est à nouveau penché sur la situation de Vincent Lambert. Cela fait dix ans qu'un accident a causé des lésions cérébrales irréversibles à l'ancien infirmer et quatre ans qu'une bataille judiciaire oppose sa famille.

Nouvel épisode judiciaire autour de la question de la fin de vie pour Vincent Lambert, en état de conscience minimale et tétraplégique depuis 2008. Saisi par Pierre et Viviane Lambert, les parents de l'ancien infirmier en psychiatrie, et son neveu, François Lambert, le Conseil d'Etat a examiné ce lundi 10 juillet un arrêt de la Cour administrative d'appel de Nancy datant de juin 2016. Alors que François Lambert demandait son exécution, le couple demandait au contraire son invalidation.

Cet arrêt ordonne en effet la reprise de la procédure de consultation collégiale des experts du CHU de Reims, interrompue en juillet 2015 car l'hôpital estimait que les conditions de "sérénité et de sécurité nécessaires" n'étaient pas réunies. Or, les parents de Vincent Lambert, catholiques traditionalistes en faveur du maintien en vie de leur fils, s'y sont farouchement opposés puisque l'arrêt des soins pourrait être une issue de la consultation collégiale.

Reprendre la procédure au CHU de Reims

L'audience a été essentiellement consacrée aux recommandations du rapporteur public. Ce dernier a jugé que la procédure du CHU devait reprendre tout en étant "recommencée depuis le début" car le médecin responsable de Vincent Lambert n'est plus le même. Il a estimé "impossible" qu'une décision prise par un médecin puisse être "imposée" à son successeur. En clair, c'est un avis favorable à la reprise des consultations pouvant mener à l'arrêt des soins. Les avis du rapporteur public sont généralement suivis.


L'arrêt des soins, et donc la fin de vie de Vincent Lambert, c'est justement ce que demandent sa femme, Rachel, et son neveu. Malgré le mécontentement de Pierre et Viviane Lambert, la tutelle de leur fils a été donnée à leur belle-fille en juillet 2016, et pour les dix années à venir. Le juge avait notamment souligné que "sa bienveillance depuis l'accident de son conjoint" était "vérifiée et acquise".

Une bataille judiciaire vieille de quatre ans

La décision de ce 10 juillet du Conseil d'Etat fait suite à une longue série de recours de la part, d'un côté, de son épouse et son neveu, de l'autre ses parents. Symbole de la question autour de la fin de vie en France, Vincent Lambert devient tétraplégique et réduit à l'état végétatif en 2008, suite à un accident de voiture. Hospitalisé au CHU de Reims depuis juin 2009, il y intègre immédiatement les soins palliatifs, dont le chef de pôle est le Dr Eric Kariger.

C'est lui qui donne le feu vert pour organiser une réflexion autour d'une possible "obstination déraisonnable", en décembre 2012. Lorsque l'équipe médicale arrête l'alimentation de Vincent Lambert en avril 2013, son épouse est la seule au courant : Pierre et Viviane Lambert l'apprennent par hasard presque trois semaines plus tard. Ils saisissent alors la justice par une requête de référé-liberté, le 9 mai 2013. S'ensuit un long combat en justice.

Alors que Vincent Lambert recommence à être alimenté d'après une ordonnance du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, le 11 mai, Rachel saisit le juge des référés ; elle est déboutée. Pourtant, en décembre 2013, après avoir réuni d'autres experts, le Dr Kariger conclut pour la seconde fois à une situation d'"obstination déraisonnable".

Bis repetita : après que le gériatre n'annonce en janvier 2014 aux parents de Vincent sa décision de mettre un terme à sa nutrition et son hydratation, Pierre et Viviane saisissent le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui annule, pour la seconde fois, l'arrêt des traitements.

Le Conseil d'Etat déjà sollicité en 2014

Saisi par Rachel Lambert et le CHU de Reims, le Conseil d'Etat juge le 24 juin 2014 la décision du Dr Kariger légale. La juridiction rappelle notamment "la volonté exprimée par M. Lambert avant son accident de ne pas être maintenu artificiellement en vie s'il se trouvait dans un état de grande dépendance". Le Conseil d'Etat stipule également que "la poursuite de ce traitement apparaîtrait injustifiée au nom du refus de l'obstination déraisonnable".

Mais, dans la même journée, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) ordonne à la France de maintenir les soins de Vincent Lambert. Motif : elle veut juger l'affaire. C'est presque un an plus tard, en juillet 2015, qu'elle valide l'arrêt des traitements. La semaine suivante, après que le CHU de Reims ne convoque la famille concernant l'ouverture d'une "nouvelle procédure en vue d'une décision d'arrêt des traitements", Pierre et Viviane Lambert déposent une plainte pour "mauvais traitement".

Lire aussi

Affaire Lambert : mais que fait la Cour européenne des droits de l'homme ?

Dans la foulée, le Dr Daniela Simon, médecin du CHU Reims et responsable de la procédure collégiale sur la fin de vie de Vincent Lambert, prend la décision de poursuivre son alimentation. En septembre 2015, le tribunal donne raison au Dr Simon en premières instances. Est mise en avance l'"indépendance professionnelle et morale" des médecins, leur donnant le droit de suspendre le processus d'arrêt des traitements engagé.

Cependant, en juin 2016, la Cour administrative d'appel de Nancy statue que la suspension de cette procédure "pour une durée indéterminée" est "illégale" et demande à ce qu'elle reprenne. C'est à ce moment que Pierre et Viviane Lambert décident de se pourvoir devant le Conseil d'Etat. Ce dernier doit rendre sa décision d'ici à la fin du mois de juillet en suivant, ou pas, les recommandations du rapporteur public.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   10.07.17 21:53

j'ai un besoin obsessionnel de faire des copiés-collés, çà calme mes doigts, je sais faire ce genre de copié-collé et je ne sais pas faire un autre genre de copié-collé, PDF ou autre, j'ai ainsi l'illusion de savoir et cette illusion me donne de l'assurance, c'est vainement illusoire d'autant plus que dans cette affaire VL on tourne en rond parce qu'on y est presqu'obligé.
V.L. dort, il est médiatisé sans en avoir conscience et c'est une course folle, qui exploitera au maximum sa vulnérabilité? qu'importe de toute façon puisqu'il dort !
Peut-on parler ici d'une sorte de terrorisme socio-medico-judiciaire ??????
Comme dans l'islamisme, la religion est mise en avant, mais ce n'est qu'un prétexte bidon
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   10.07.17 23:15


L'affaire Vincent Lambert à nouveau devant le Conseil d'État

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu
lundi 10 juillet 2017 à 15:42
Mis à jour le lundi 10 juillet 2017 à 20:42


Vincent Lambert est hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims.
Vincent Lambert est hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims. © Maxppp - Remi Wafflart


Le Conseil d'Etat examine ce lundi la décision de la Cour administrative d'appel de Nancy concernant Vincent Lambert, dont la famille se déchire sur le maintien en vie. La Cour a ordonné en juin 2016 au CHU de Reims de reprendre la procédure pouvant mener à l'arrêt des soins mais depuis, statu quo.

Les magistrats de la plus haute juridiction administrative française doivent se prononcer une nouvelle fois sur le sort de Vincent Lambert, ce patient hospitalisé dans un état végétatif irréversible au CHU de Reims depuis 2008. Le Conseil d'État a été saisi concernant l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Nancy de juin 2016, qui a ordonné la reprise de la procédure collégiale pouvant mener à l'arrêt des soins. Depuis rien ne s'est passé. Et c'est ce que dénonce François Lambert, le neveu de Vincent Lambert. Ce dernier reproche au CHU de Reims de ne pas exécuter la décision de justice et il a donc saisi le Conseil d'Etat. Quant aux parents de Vincent Lambert, ils s'opposent toujours à l'arrêt des soins.

Le rapporteur public botte en touche ?

Débutée en juillet 2015 par le Docteur Daniela Simon, la dernière procédure collégiale d'arrêt des soins avait été interrompue contre toute attente car "les raisons de sécurité et de sérénité" n'étaient pas réunies selon l'équipe médicale. Depuis donc, statu quo. Et le Docteur Simon a même quitté ses fonctions depuis le 1er janvier 2017.


Maître Munier-Apaire, l'avocate au Conseil d'Etat de François Lambert.


A l'audience ce lundi, le rapporteur public a certes reconnu que la procédure collégiale n'aurait pas du être interrompue en juillet 2015 mais il a estimé impossible qu'une décision prise par un médecin puisse être imposée à son successeur. Autrement dit, le nouveau médecin. Le rapporteur public n'a donc pas tranché sur le rôle du CHU et recommande que la procédure soit "recommencée depuis le début". Or l'avocate de François Lambert, Maître Munier-Apaire, estime que le CHU de Reims doit faire face à ses obligations : "la responsabilité elle est bien évidemment celle de l'hôpital qui doit respecter et faire respecter la dignité de son patient Vincent Lambert et les décisions de justice, et ce n'est pas qu'une question de médecin...".

Maître Munier-Apaire qui note que 733 jours se sont écoulés depuis la suspension de la procédure d'arrêt des soins. De leur côté, les parents de Vincent Lambert, qui s'opposent depuis le début à l'arrêt des soins, ne veulent pas de la reprise d'une procédure au CHU de Reims. Une seule solution existe pour leur avocat Maître Paillot : "le transfert de Vincent dans un établissement spécialisé...". Le Conseil d'Etat devrait rendre sa décision d'ici la fin du mois de juillet.


Maître Paillot, l'avocat des parents de Vincent Lambert.


Le Conseil d'Etat s'est déjà prononcé en juin 2014 pour l'arrêt des soins

La dernière décision du Conseil d'État sur le sort de Vincent Lambert date du 24 juin 2014 : les magistrats de la plus haute juridiction administrative française avaient autorisé l'équipe médicale du CHU de Reims à cesser d'alimenter et d'hydrater Vincent Lambert, autrement dit l'euthanasie passive du patient, estimant que la poursuite des soins constituait une "obstination déraisonnable". Décision confirmée en juin 2015 par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle procédure collégiale d'arrêt des soins.

“L’affaire Vincent Lambert” : une famille se déchire depuis près de dix ans
• 2008 : Vincent Lambert, victime d’un accident de la route, est plongé dans un état végétatif. Il est hospitalisé au CHU de Reims. Depuis, Rachel, son épouse, six frères et sœurs, et son neveu François veulent qu’on le laisse partir. A l’inverse, ses parents Pierre et Viviane, une sœur et un demi-frère, David Philippon, veulent que Vincent Lambert reste en vie et refusent l’arrêt des soins.
• Mai 2013 : les parents de Vincent Lambert obtiennent la suspension de la procédure d’arrêt des traitements lancée par le Dr Kariger au CHU de Reims.
• Juin 2015 : la Cour européenne des droits de l’Homme rend un avis favorable à l’arrêt des soins, dans la foulée, les parents de Vincent Lambert portent plainte pour assassinat, maltraitance et séquestration.
• Mars 2016 : Rachel Lambert est nommée tutrice de son mari.
• Janvier 2017: François Hollande demande qu’une “solution humaine et digne” soit trouvée.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   22.07.17 17:49

On dit ici et là que V.L. n'est pas en fin de vie, il est seulement très handicapé. Il peut vivre longtemps dans sa situation si on l'alimente et si on l'hydrate.
Mais il a eu son accident de moto. Il a subi un acharnement thérapeutique qui a raté. Et visiblement l'acharnement palliatif qu'on lui procure en ce moment est aussi raté.
Si V.L. était né comme çà...mais ce n'est pas le cas. Son accident et la médecine l'ont rendu comme çà.
Je ne comprends pas Jean Léonetti qui pense qu'on ne peut pas sauver les gens du suicide et les aider à se suicider
Car en ce qui concerne V.L. et d'autres patients, la médecine soigne POUR laisser mourir, la médecine a ses limites, elle est donc naturellement ambivalente.
Ce qui peut très bien s'appliquer pour le suicide....Seulement il faut une loi avec ses contours bien définis. La loi du 22 avril 2005 n'en a pas, elle ne punit même pas les soignants qui ne la respectent pas.
Là est le problème, et pas ailleurs. Le personnel médical ne veut pas de loi, mais seulement un semblant de loi.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.07.17 20:28


Maître Jean Paillot : « L'affaire Lambert est une nouvelle affaire Dreyfus »

ARTICLE | 24/07/2017 | Par Claire Kesraoui

Maître Paillot, l'un des avocats des parents de Vincent Lambert

Maître Paillot, l'un des avocats des parents de Vincent Lambert
©DR

Le Conseil d’État a jugé illégale, le 19 juillet, la suspension d’interruption de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Le point sur cette affaire complexe et surmédiatisée, avec maître Jean Paillot, l’un des avocats des parents de Vincent Lambert.

Quelle est votre réaction après la décision des juges ?

Deux ans d’attente pour que le Conseil d’État dise que la suspension sine die d’une procédure collégiale est illégale ! Cela fait une belle jambe à tout le monde ! En réalité, la décision du Conseil d’État n’est pas une surprise. C’est même un soulagement de constater que les juges rejettent la demande de François Lambert [neveu de Vincent Lambert ndlr] qui avait pour but d'arrêter l'alimentation et l'hydratation de Vincent sans recourir à une nouvelle procédure collégiale. Cet arrêt n’a, en tant que tel, pas de conséquence sur la vie quotidienne de Vincent ou de ses proches. À partir du moment où le docteur Simon [médecin de Vincent Lambert ndlr] avait engagé une troisième procédure collégiale, puis suspendu celle-ci, avant de démissionner à son tour, le fait de savoir si ce médecin pouvait ou non suspendre une procédure collégiale n’a en réalité aucun intérêt sur le plan pratique : si une nouvelle procédure collégiale est réalisée, ce le serait par son successeur, le docteur Sanchez. Et dans cette hypothèse, ce troisième médecin, qui s’occupe actuellement de Vincent, ne pourra pas faire autrement que de reprendre depuis le départ une quatrième procédure collégiale.

Le docteur Sanchez sera obligé de lancer une nouvelle procédure collégiale ?

Le docteur Sanchez a toute latitude de déterminer s’il y a lieu de réaliser une procédure collégiale, d’engager éventuellement celle-ci ou de ne pas l’engager. C’est une décision qui relève du médecin et de lui seul. Pour être complet, la loi précise qu’une procédure peut être engagée à la demande de la famille. Mais quoi qu'il en soit, si quelqu’un veut un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent, cela ne peut se faire que dans le cadre d'une procédure collégiale, et seul le docteur Sanchez peut engager celle-ci, mais il n’est pas obligé de le faire, par exemple s'il estime que l'on ne se trouve pas - ou plus - dans le cadre d'une obstination déraisonnable.

La décision du Conseil d’État ne donne finalement pas raison à François Lambert, neveu de Vincent Lambert.

C’est le moins que l’on puisse dire ! François Lambert s’est pris une bâche. Il veut absolument que son oncle meurt, sans doute parce qu’il croit que c'est là son bien, il ne supporte pas de le voir dans cet état bien qu'il n'aille plus le voir depuis longtemps, et milite ouvertement pour l’autorisation de l’euthanasie en France à travers le cas de son oncle. J’ai fait suffisamment d’intervention sur les plateaux TV et à la radio, pour avoir conscience qu’il s’agit d’une espèce d’idéologue en la matière. François Lambert cherche, à travers ce dossier et sans doute à travers l’affection légitime qu’il a pour son oncle, à faire valoir quelque chose qui n’existe pas actuellement dans le droit français. Il faut être conscient de cette réalité ! Le Conseil d’État le renvoie à ses chères études, tout comme l’a fait le tribunal administratif et la cour d’appel puisqu’en réalité, sa tentative de contournement de la procédure collégiale se heurte à un principe du droit médical : le principe d’indépendance du médecin. Si une décision doit être prise concernant un arrêt d’alimentation ou d’hydratation, cela ne peut être que la décision du médecin traitant de Vincent. Et finalement, c’est assez rassurant que ce principe existe.

Quelle est la position du docteur Sanchez, nouveau médecin de Vincent Lambert depuis février 2017 ?

Nous ne connaissons pas la position du docteur Sanchez. Il a peu de contacts avec la famille. Je crois qu’une médiation a été suggérée par l’Ordre des médecins entre lui et les parents. Il faut être conscient que les parents de Vincent sont ce qu’on appelle des « aidants familiaux » dans cette affaire. Ce sont ceux qui, parmi les membres de la famille, sont au quotidien auprès de Vincent. C’est donc anormal qu’il ne puisse pas y avoir une relation entre des aidants familiaux et le médecin de Vincent ! Tout le monde sait que les relations sont inexistantes entre eux et l’épouse de Vincent, ce qu'ils regrettent profondément. Mais c’est ainsi. En revanche, que l’équipe médicale fasse comme si les parents n’existaient pas ou comme s’ils étaient de simples visiteurs bénévoles de Vincent au quotidien, cela ne suffit pas : les parents de Vincent sont véritablement des aidants familiaux ! Il faut donc les accueillir tel qu’ils sont ! Or actuellement ce n’est pas le cas. Les parents de Vincent seraient toutefois très favorables à une médiation organisée avec le docteur Sanchez.

La femme de Vincent Lambert, Rachel, insiste sur le fait qu’avant l’accident de 2008, Vincent Lambert aurait déclaré que s’il était un jour en état de grande dépendance médicale, il souhaiterait ne pas être maintenu en vie. Il n’y a pas de preuve écrite. Qu’en pensez-vous ?

L'épouse de Vincent, pour justifier son acceptation de la décision du premier médecin, nous a donné six versions successives et différentes de ce que lui aurait dit Vincent ! Elle est incapable d’apporter des preuves écrites, des enregistrements audios ou vidéos ou que sais-je. Cela induit une difficulté au plan juridique, difficulté qui a d’ailleurs été soulevée : dans le cadre de la procédure collégiale, doit-on rechercher une preuve, forte ou faible, de la volonté du patient qui n’est plus en l’état de manifester sa volonté ? Ou doit-on, faute de preuves, tâcher d’interpréter la volonté ? « Vincent aurait voulu ceci, Vincent aurait voulu cela ». On n’a pas de preuve !

Dans la deuxième loi Leonetti, l’Assemblée nationale et le Sénat ont été d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas d’interpréter la volonté de la personne, mais d’apporter la démonstration de ce que veut la personne. Aujourd’hui, nous n’avons aucun élément de preuve manifestant la volonté de Vincent. J’ajoute une chose importante : Vincent a eu son alimentation arrêtée pendant 31 jours, après la première procédure collégiale de 2013, arrêt d'alimentation qui a été annulé en urgence. Tous les spécialistes nous ont dit que si Vincent avait réellement « lâché » psychologiquement, s'il avait réellement eu le désir d’en finir, il aurait lâché prise. Il se serait éteint relativement rapidement. Si Vincent est resté 31 jours sans manger, c’est qu’il a des forces de vie en lui qui sont plus fortes que ce qu’on veut faire croire.

Vincent Lambert a des forces de vie en lui qui sont plus fortes que ce qu’on veut faire croire.

Qu’en-est-il des autres patients en état pauci-relationnel ?

Il y a environ 1500 personnes en France dans cet état. La plupart sont bien traités dans des établissements spécialisés. La difficulté c’est que Vincent est dans un service au CHU de Reims qui s’occupe de personnes en fin de vie avec des médecins qui sont tous gériatres et qui passent leur temps à gérer les fins de vie. Le docteur Kariger, premier médecin de Vincent, a ainsi proposé à l’épouse de Vincent que soit mis en place pour Vincent un « chemin de fin de vie. Mettre en place un chemin de fin de vie, pour une personne qui n'est pas en fin de vie, pour une personne qui ne souffre pas, et pour une personne dont on ne peut pas dire qu'elle est réduite à une simple vie organique, puisque Vincent a une activité cérébrale, c'est une euthanasie qui ne dit pas son nom. C’est une véritable euthanasie qui a été mise en œuvre sous couvert des dispositions nouvelles de la loi Leonetti !

C’est-à-dire ?

La loi Leonetti était prévue pour les personnes malades et en fin de vie. Avec cette affaire Vincent Lambert, toute la loi Leonetti s’est trouvée applicable aux personnes handicapées. C’est un scandale gigantesque, et c’est pour cela que l’union nationale des familles de traumatisés crâniens et cérébrolésés, s'est rangée du côté des parents de Vincent. On n’est pas dans l’application de la loi Leonetti telle qu’elle a été votée à l’origine. C’est pour cela que c’est une affaire d’État : certains députés, dont M. Leonetti, n’avaient pas réussi à obtenir devant l’Assemblée nationale la possibilité d'arrêts d'alimentation dite artificielle.

L'affaire Vincent Lambert est venue leur permettre de « compléter cette loi, sur le terrain judiciaire, avec la complicité évidente du Conseil d’État, tandis que la Cour européenne a détourné le regard et s'est assise sur ses principes. Le jour où toute cette affaire sera terminée, Jérôme Triomphe et moi nous écrirons un livre sur toute cette histoire. Et vous verrez que cela ressemble étrangement aux plus sinistres affaires judiciaires et politiques que notre pays ait connu. Pour moi, cette affaire relève de l’affaire Dreyfus. On est ici dans une affaire politique parce que l’on veut faire passer une législation sans en dire le mot. L’affaire Lambert, c’est la porte ouverte à l’euthanasie par omission.

On est ici dans une affaire politique parce que l’on veut faire passer une législation sans en dire le mot. L’affaire Lambert, c’est la porte ouverte à l’euthanasie par omission.

Ne vous sentez-vous pas dans une situation d’obstination déraisonnable ?

Si j’avais la moindre hésitation sur le fait que nous serions peut-être en situation d’obstination déraisonnable, j’arrêterai du jour au lendemain de me battre pour Vincent. Moi qui enseigne le droit de la santé, je suis le premier à faire comprendre à mes étudiants qu’arrêter un traitement dans le cas d’une obstination déraisonnable ce n’est pas de l’euthanasie. C’est quelque chose de parfaitement légitime et normal. En revanche, quand on n’est pas dans une situation d’obstination déraisonnable, on peut se trouver en présence d’une demande d’euthanasie. Pourquoi est-ce qu’il serait déraisonnable de continuer à prendre soin de Vincent ? Personne n’a jamais répondu à cette question. Je dis qu’il n’est pas déraisonnable de s’occuper d’une personne handicapée, quand bien même elle est gravement handicapée, parce que c’est l’honneur de notre société de s’occuper des plus faibles.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Plusieurs procédures juridiques continuent ! Outre les procédures pénales engagées, une procédure civile est actuellement en cours devant la cour de cassation. Nous demandons devant les juridictions civiles le transfert de Vincent dans un établissement spécialisé où il pourra être enfin pris en charge correctement et dorloté. Nous avons été déclarés irrecevables par le juge des tutelles, recevables par la cour d’appel, mais qui nous a cependant déboutés après avoir purement et simplement refusé de statuer sur les nombreux éléments médicaux que nous lui apportions et qui prouvaient l'amélioration de l'état de santé de Vincent ! C'était surréaliste ! Comment faire réagir l’opinion publique, comment faire comprendre que Vincent pourrait être bien pris en charge, et qu'on en a les moyens, aujourd'hui, en France ? La plupart des patients, dans la même situation que lui, sont bien traités. Or, pour Vincent, ce n’est pas le cas : sa prise en charge est véritablement un scandale. Et aucun juge ne veut s'en préoccuper !
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.07.17 20:55

que se passe-t-il ? j'allais écrire un truc pas trop bête, ni trop intelligent. J'en étais à ma 3e ligne quand çà s'est effacé tout seul, c'est bien vrai. J'ai dû effleurer une des touches de mon clavier qui est encore pour moi enigmatique. A moins que Microsoft ne soit pas loin ?
Je suis fatiguée. Ni triso, ni EVC, ni polyhandi, pas médiatisée, juste IMC fatiguée.
Fatiguée des délires que certains valides peuvent faire à propos de quelques invalides...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.07.17 21:30

en quoi est-ce scandaleux de penser qu'il y a des sur-handicapés et des sous-handicapés ?
tout comme il y a visiblement des sur-valides et des sous-valides, çà crève les yeux
Non médiatisée, je vis 24h/24 et 7j/7 avec un handicap cérébral non mental et non psychique et un handicap moteur non physique et non sensoriel
un jour, je suis " sur "
un jour, je suis " sous "
un jour, je vais mourir et je serai morte.
et alors ?
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.07.17 21:56


Vincent Lambert : Avis du Conseil d’État
Article rédigé par Michel Janva, ange1 le 24 juillet 2017

Vincent Lambert : Avis du Conseil d’État

V. Lambert : Le Conseil d’État juge illégale la suspension de la 2ème procédure d’examen de l’interruption des traitements

Le 11 janvier 2014, le médecin chargé de Vincent Lambert au centre hospitalier universitaire de Reims avait pris la décision de mettre fin à l’alimentation et à l’hydratation artificielles de ce patient. Cette décision avait été jugée légale par une décision du Conseil d’État du 24 juin 2014, rendue après expertise médicale. Par un arrêt du 5 juin 2015, la Cour européenne des droits de l’homme a ensuite jugé qu’il n’y aurait pas violation de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État.

Après l’intervention de cet arrêt, M. François Lambert, neveu de M. Vincent Lambert, a demandé, en juin 2015, au CHU de Reims de mettre en œuvre la décision qui avait été prise par le médecin. Le nouveau médecin en charge l’a alors informé, ainsi que les autres membres de la famille, de sa décision d’engager une nouvelle procédure collégiale. Toutefois, le CHU a annoncé la décision de ce médecin de suspendre la procédure collégiale en indiquant que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure tant pour Vincent Lambert que pour l’équipe soignante ne sont pas réunies ». François Lambert a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui a rejeté sa demande par un jugement du 9 octobre 2015. Saisie en appel, la cour administrative d’appel de Nancy a infirmé ce jugement : elle a annulé la décision de suspension de la procédure collégiale et a enjoint au CHU de Reims de mettre le médecin en charge de M. Vincent Lambert, ou tout autre praticien susceptible de lui succéder, en mesure de répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis du patient. Mais elle a refusé d’enjoindre au CHU de mettre en œuvre la décision prise le 11 janvier 2014 par le médecin alors en charge de M. Vincent Lambert.

Les deux parties de cet arrêt ont été contestées devant le Conseil d’État :
+plusieurs membres de la famille, dont les parents, de M. Vincent Lambert l’ont contesté en ce qu’il annulait la suspension de la procédure et prononçait une injonction ;
+François Lambert l’a contesté en ce qu’il refusait d’enjoindre de mettre en œuvre la décision prise le 11 janvier 2014.

Par la décision d'hier, le Conseil d’État rejette les deux requêtes dont il est saisi.

1. Il juge tout d’abord que la décision prise le 11 janvier 2014 par le médecin chargé de M. Vincent Lambert ne peut plus recevoir application. Il déduit du code de la santé publique que les décisions de limiter ou d’arrêter les traitements dont la poursuite traduirait une obstination déraisonnable, qui ne peuvent intervenir que dans le cadre d’une procédure collégiale, sont prises par le médecin chargé du patient et ne peuvent être mises en œuvre que par ce même médecin ou sous sa responsabilité. Par suite, dans le cas où le médecin qui a pris une telle décision n’est plus chargé du patient à la date où cette décision peut commencer à être mise en œuvre, la décision en cause cesse de produire effet et ne peut plus légalement recevoir application. Le nouveau médecin doit alors prendre lui-même une décision.

2. Le Conseil d’État juge ensuite que le médecin chargé de Vincent Lambert, qui avait précisément engagé une nouvelle procédure collégiale pour examiner la question de l’arrêt des traitements, ne pouvait pas décider d’interrompre cette procédure pour les raisons qu’il a retenues. Selon le communiqué, ces raisons tenaient à ce que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure tant pour Vincent Lambert que pour l’équipe soignante [n’étaient] pas réunies », étant précisé que « les conditions d’un échange serein [devaient] absolument être rétablies dans l’intérêt de Vincent Lambert et de son accompagnement ». Le Conseil d’État juge que l’existence d’éventuelles menaces pour la sécurité de Vincent Lambert et de l’équipe soignante n’est pas un motif légal pour justifier l’interruption d’une procédure engagée en vue d’évaluer si la poursuite de l’alimentation et de l’hydratation artificielles traduit une obstination déraisonnable.

Le Conseil d’État rejette donc les pourvois dont il est saisi. Il en résulte que le médecin nouvellement chargé de Vincent Lambert devra se prononcer sur l’engagement d’une procédure d’examen du maintien de son alimentation et son hydratation artificielles.

Rien n’interdit au CHU d’entamer une nouvelle procédure collégiale, depuis le début. Mais il sera obligé de tenir compte de la plainte pénale que les parents de Vincent ont lancé contre le docteur Kariger et contre le CHU pour maltraitances et tentative d’assassinat.

[Source : Le Salon Beige] ange3
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.07.17 22:52

pas possible, cet acharnement

vous salissez l'image de l'église catholique
vous salissez l'image des personnes handicapées
vous emmerdez le corps médical

et vous le faîtes exprès
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.09.17 19:54


La sœur de Vincent Lambert dénonce «un climat d’intimidation et des menaces»

Par Anaïs Lecoq | Publié le 15/09/2017 à 11h14


Ce vendredi matin, la ministre de la Santé Agnès Buzin était l’invitée de Nicolas Demorand dans le 7/9 sur France Inter. Sujets au programme : vaccins obligatoires, Levothyrox, violences obstétricales, PMA et droit à la fin de vie.

Après avoir répondu aux questions du journaliste, Agnès Buzin a dû répondre à celles des auditeurs, dont Marie-Geneviève Lambert, la sœur de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008 et hospitalisé au CHU de Reims depuis. Son cas a largement relancé le débat sur l’euthanasie en France. À l’inverse de ses parents, Marie-Geneviève Lambert souhaite que le calvaire de son frère prenne fin.

À l’antenne, elle commence par lire un extrait d’une lettre de la Ministre, qui lui a été adressée récemment : « Le centre hospitalier de Reims - qui pour nous a de graves dysfonctionnements - n’a pas à prendre d’autres mesures que celles qu’il a déjà pu éditer afin de mettre un médecin en charge de Monsieur Vincent Lambert, en mesure de se conformer au devoir qui lui incombe, notamment en levant d’éventuels obstacles ou en remédiant à d’éventuels dysfonctionnements susceptibles d’affecter l’accomplissement de sa mission par le médecin »

Une réponse qui serait « valable » selon Marie-Geneviève Lambert,« s’il n’y avait pas tout autour un climat d’intimidation et des menaces » Elle met en avant le départ de deux chefs de service au sein de l’hôpital et « l’intimidation par les médias en suggérant que nous voulons sa mort, que nous sommes presque des assassins et que Vincent va beaucoup mieux, ça c’est vraiment très grave, puisqu’il ne va pas mieux ».

« Pourquoi les décisions de justice ne sont pas appliquées ? »

« Pourquoi les décisions de justice ne sont pas appliquées ? Puisqu’effectivement dans le cas de Vincent Lambert les décisions de justice ne sont pas appliquées », relance Danielle Messager, pour faire réagir Agnès Buzin. Elle fait probablement référence au Conseil d’État qui a jugé «illégale» la suspension de la procédure d’examen de l’interruption des traitements de Vincent Lambert en juillet dernier.

Mais la Ministre ne donnera pas une vraie réponse à la sœur de Vincent Lambert : « Je pense qu’il faut traiter cela, pas forcément à l’antenne d’une radio, je crois que c’est un sujet éminemment douloureux pour l’ensemble de cette famille et si vous le permettez je le traiterai directement avec les personnes concernées. »

« On attend de voir si les décisions de justice seront appliquées un jour ou pas puisque Marisol Touraine avant vous avait eu effectivement la même position mais rien n’avait changé entre-temps », se désole la journaliste Danielle Messager.

En conclusion à cette non-réponse, Marie-Geneviève Lambert met en avant que le cas de son frère « n’est pas que du ressort du ministère de la Santé, mais aussi de la force publique ». Précisant : « Quand il y a une autorisation de manifestation des pro-vie à l’intérieur de l’hôpital avec des t-shirts, des panneaux et des banderoles au moment d’une décision de procédure collégiale qui a abouti au fait que le médecin en chef est parti, ce n’est plus un problème de santé publique. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.10.17 18:44


Un dérangeant rebondissement médical qui pourrait avoir des conséquences sur Vincent Lambert

Jean-Yves Nau — 06.10.2017 - 16 h 59, mis à jour le 06.10.2017 à 17 h 32

À Reims, les médecins de Vincent Lambert, dans le coma depuis 10 ans, s’apprêtent à décider de l’arrêt ou non des soins. Au même moment, à Lyon, une équipe médicale annonce être parvenue à sortir un malade de son état végétatif avant de faire l’objet de vives critiques.

Le 27 juillet 2017 à Paris. | FRANCOIS GUILLOT / AFP

Hasard et ou fatalité. L’affaire intéressera ceux qui croient (ou non) au ciel et tous ceux qui font confiance à la science. Dans un courrier daté du 22 septembre, le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims a informé la famille de Vincent Lambert, dans le coma depuis 2008, qu’une nouvelle procédure «collégiale médicale» allait être engagée à la demande d’un membre de la famille favorable à un arrêt des soins.

Trois jours plus tard, une équipe de chercheurs et de médecins lyonnais publiait une première mondiale dans la revue scientifique Current Biology: ils étaient parvenue à faire qu’un homme aujourd’hui âgé de 35 ans plongé depuis quinze ans dans un «état végétatif» retrouve un état de «conscience minimale» grâce à la stimulation électrique répétée du nerf vague. Dans leur «correspondance» à la revue, les chercheurs expliquent en substance avoir implanté une électrode chez ce patient, à proximité de son artère carotide gauche, pour stimuler le nerf vague gauche. L’électrode a été reliée, sous la peau, à un générateur d’impulsions électriques. Une stimulation de 30 hertz a alors été appliquée jour et nuit par cycles de trente secondes, suivies de cinq minutes d’arrêt. Puis l’intensité a été progressivement augmentée. Après un mois de cette stimulation, une double amélioration a été observée.

«Une nouvelle piste thérapeutique»

En pratique, le patient «suivait des yeux un objet» et «se conformait à des ordres simples», ce qu’il ne faisait pas auparavant. Sa mère rapporte notamment qu’il restait davantage éveillé quand un thérapeute lui lisait un livre. L'électroencéphalographie a retrouvé chez ce patient une «signature» spécifique d’un état de conscience minimale tandis que des examens spécialisés d’imagerie ont révélé une augmentation de l’activité métabolique du cerveau, dans des régions du cortex comme dans des régions plus profondes. «Cette avancée très importante ouvre une nouvelle piste thérapeutique pour des patients à l’état de conscience altéré», commentait alors dans Le Monde le Pr Lionel Naccache, de l'institut du cerveau et de la moelle épinière à la Pitié-Salpêtrière. «Un vieux dogme voudrait qu’il n’existe aucune chance d’amélioration chez les patients sévèrement cérébrolésés depuis plus d’un an. Mais ce dogme est faux, comme le confirme cette étude. La plasticité cérébrale, cette capacité de remodelage et d’adaptation de notre cerveau, est parfois étonnante. C’est un traitement chirurgical très prometteur», estime pour sa part l’un des meilleurs experts mondiaux du domaine, le Pr Steven Laureys à l'université de Liège.

Le patient lyonnais avait été victime, il y a quinze ans, d’un accident de la circulation qui avait provoqué de graves lésions cérébrales. Qui a alors établit un parallèle avec Vincent Lambert, 41 ans, victime d’un accident de la circulation en 2008? Ce fut, sur le site Gènéthique, Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert: «Vers une quatrième procédure collégiale contre les avancées de la science ?». Pour l’avocat, la proximité des deux dates est un «signe»:

« Elle témoigne dans un cas d’une volonté acharnée et en réalité idéologique de faire disparaître Vincent Lambert ; elle témoigne dans l’autre de l’ingéniosité humaine pour venir en aide aux meurtris de la vie. Supprimer celui qu’on n’arrive pas à guérir? Ou le soigner, le dorloter, le choyer, parce que personne n’est maître de la vie de son patient et qu’une avancée de la science, ou de l’individu lui-même, est toujours possible dans le cas de lésions cérébrales? C’est en réalité le défi éthique et juridique majeur de l’affaire Vincent Lambert.»

De nouvelles questions ne pouvaient pas, selon cet avocat, ne pas être soulevées. Les équipes médicales du CHU de Reims, où se trouve Vincent Lambert, sont-elles capables de reproduire sur ce patient le protocole réalisé à Lyon? À défaut, ne faudrait-il pas transférer Vincent Lambert dans une unité capable de tenter un protocole similaire? Mais on pouvait aussi, à la lumière du résultat lyonnais, s’interroger sur le jugement prononcé par le Conseil d’Etat saisi de l’affaire Lambert. Selon les hauts magistrats, la nutrition et l’hydratation pouvaient, désormais, être considérées chez ce malade comme du domaine de l’«obstination déraisonnable» et, à ce titre, arrêtées. Mais est-ce toujours vrai à la lumière de la première lyonnaise ?

Au-delà du cas de Vincent Lambert, le résultat des chercheurs lyonnais concernait directement entre 1.500 et 1.700 personnes qui, en France, sont dans une forme ou une autre de «coma profond» au long cours. Des personnes avec qui il semble impossible d'entrer en contact sans pour autant que l’on sache quel est le degré exact de conscience qu’elles ont d’elle-même ou d’autrui.

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C’est dans ce contexte qu’est survenu un rebondissement de taille: la révélation du décès, en juin dernier, de Guillaume T., le patient pris en charge par l’équipe lyonnaise. Le protocole expérimental de la stimulation nerveuse avait été visé par un «comité de protection des personnes» et mis en œuvre entre janvier et septembre 2016. La famille a ensuite souhaité poursuivre ces stimulations. Puis, en février dernier, sont apparues des apnées du sommeil, un effet indésirable de la stimulation du nerf vague. Après diminution de l’ampérage, le stimulateur implanté a été définitivement éteint en mars dernier.

«En juin, alors qu’il faisait très chaud, expliquera sa mère, il a fait une infection qui s’est aggravée en quelques jours. C’est à notre demande que le décès de Guillaume n’a pas été révélé, pour des raisons privées.»

«Nous en avions discuté avec la famille. Ensemble, nous avions pensé, à tort, que cela allait entraîner un amalgame entre la stimulation et le décès, détaille au Monde le Pr Jacques Luauté, qui suivait Guillaume T. depuis plusieurs années dans son service de réadaptation neurologique du CHU de Lyon. On était arrivé à la conclusion que ce décès –sans lien avec l’expérimentation– était un événement familial intime. C’était une erreur, car il était évident qu’on nous demanderait ce que ce patient était devenu.»

Le choc de la communauté scientifique et médicale

Sans doute la mort du patient ne modifie-t-elle pas les résultats spectaculaires exposés dans l’article publié Current Biology. Pour autant, cette omission délibérée surprend, quand elle ne choque pas dans la communauté médicale et scientifique spécialisée. La surprise est d’autant plus grande que cette première avait, d’emblée, fait l’objet d’une forte médiatisation et que les chercheurs avaient été interrogés sur le devenir de leur patient.  

Porte-voix des critiques les plus vives, Libération accuse: «Stimulation cérébrale, quand les chercheurs mentent». Restera-t-elle sans réponse? Dès le 26 septembre, au lendemain de la médiatisation de la publication dans Current Biology, le quotidien titre: «Une stimulation cérébrale aurait redonné un peu de conscience à un patient en état végétatif». Et d’interroger la dernière signataire de l’étude, la Dr Angela Sirigu, directrice de l’Institut de science cognitive Marc-Jeannerod à Lyon:

«Nous ne sommes pas des sorciers. On fait des choses, et l’on sait très bien ce que l’on fait. Ce n’est en rien de la sorcellerie. Là, nous avons montré qu’il y a des signes de conscience. (...) D’abord, il ne s’agit que d’un cas. Ensuite, la science est faite pour faire changer les idées, les opinions, voire la réalité. C’est notre métier, c’est notre mission. Mais bien sûr, il faut attendre. »

Aujourd’hui, Libération n’interroge plus, mais commente l’attitude des chercheurs lyonnais: «Non seulement ils ont caché une information décisive pour ne présenter qu’une version miraculeuse de leur essai. Qui plus est, ils l’ont fait pour un essai qui d’un point de vue éthique pose des problèmes délicats. Ainsi, le patient, évidemment, n’avait pu donner son consentement. De plus, qui peut affirmer que cette stimulation était sans douleur? Mais encore, on peut se demander si le patient se trouvait “mieux” dans cet état de légère conscience qu’avait provoqué la stimulation. Enfin, même si les chercheurs insistent pour dire qu’il n’y a pas de lien entre cette stimulation et le décès de ce jeune homme, qui peut désormais les croire?»

Pour sa part, la Dr Angela Sirigu apporte quelques éléments de réponse dans un entretien accordé au Quotidien du Médecin: «Nous avons choisi de faire quelque chose, sachant que nos études n'étaient pas invasives, hormis l'intervention chirurgicale d'une vingtaine de minutes pour implanter le stimulateur dans son thorax. Je trouve décevant que certaines personnes critiquent le fait qu'on cherche à aider ces patients.»

«Nous nous sommes consacrés à étudier les mécanismes de la conscience et à chercher comment nous pourrions améliorer les interactions avec l'environnement de patients en état végétatif. Il y a peu de recherches faites sur ces patients donc on ne peut pas avancer. Peut-être qu'un jour nous pourrions leur faire atteindre un seuil de conscience leur permettant d'interagir avec leur environnement.

Mais elle reste prudente:

«Nous avons obtenu des résultats intéressants, mais il faut les prendre avec précaution car il faut les répliquer. Nous avons ouvert une brèche, il faut que d'autres études viennent étayer nos résultats et les confirmer.»

Etrange séquence où le fait d’avoir, en accord avec la famille, menti par omission voit en quelques jours une équipe de scientifiques à l’origine d’une spectaculaire première devoir justifier le fondement même de ses recherches. Une équipe qui va jusqu’à être accusée de maltraiter le patient qu’elle a voulu sortir de son état végétatif. Financée par le CNRS, l’Agence nationale de recherche et l’Université Lyon 1, cette même équipe avait été autorisée par un «comité de protection des personnes» lyonnais à inclure quatre patients dans son étude pilote. Quand les inclura-t-elle?

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VINCENT LAMBERT
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