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 VINCENT LAMBERT

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Féminin Messages : 19601

MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   24.04.18 19:46

cela se passe en Europe, l'an 2018 ...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   12.05.18 11:00

« Il ne faut pas que Vincent Lambert soit un étendard »

Le tribunal administratif doit annoncer dans les prochains jours s'il confirme ou non la décision du CHU de Reims d'arrêter les traitements de Vincent Lambert. Le Dr Véronique Fournier revient sur la situation de ce patient et la bataille que se livre sa famille à son sujet.

La rédaction d'Allodocteurs.fr
France Télévisions
Mis à jour le 19/04/2018 | 16:17
publié le 19/04/2018 | 16:17

Les parents de Vincent Lambert, ainsi qu'un frère et une sœur, ont déposé un recours en référé liberté à l'effet suspensif, pour empêcher la mise en œuvre de l'arrêt des traitements de Vincent Lambert. Cette décision, prise à l’issue d’une procédure collégiale de cinq mois, avait été annoncée le 9 avril par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route en 2008. Il est depuis hospitalisé en état « pauci-relationnel » , un état de conscience minimale.

Dr Véronique Fournier, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie a répondu aux questions Magazine de la Santé.
La loi sur la fin de vie est-elle adaptée aux patients qui sont en état pauci-relationnel ?

Dr Véronique Fournier : « Oui, absolument. Cette loi sur la fin de vie n’est pas destinée uniquement aux patients qui sont en fin de vie, malgré son titre. C’est une loi qui s’adresse aussi à toutes les personnes qui sont à risque d’être en situation d’obstination déraisonnable. En état pauci-relationnel, la vraie question, c’est, est-ce qu’on est en état d’obstination déraisonnable ou pas ? »
Comment définir l’« obstination déraisonnable » ?

Dr Véronique Fournier : « Justement, le problème c’est qu’il n’y a pas de critères d’objectivité de l’obstination déraisonnable. Ce qui sera considéré comme une obstination déraisonnable pour certains sera considéré comme une non-obstination déraisonnable pour d’autres. Et c’est exactement cela qui se passe dans l’affaire Vincent Lambert. Il nous semble que ce qui est important, c’est de reconnaître une certaine subjectivité en la matière. C’est-à-dire que le seuil des uns n’est pas le même que le seuil des autres et que finalement, ce qui nous revient en tant que société, c’est d’accompagner les gens là où ils sont, dans leurs convictions intimes, dans ce qu’ils ont été, dans ce qu’est leur personnalité. Ce n’est pas un diagnostic médical absolu, objectif et définitif. »
Dans le cas de Vincent Lambert, comment la décision d’arrêt des soins peut-elle être prise ?

Dr Véronique Fournier : « Il faut savoir qui doit prendre la décision et finalement c’est la question qui nous est souvent posée. Qui est le plus légitime pour prendre la décision dans cette situation singulière-ci ? Moi, il me semble selon mon expérience, que ce sont ceux qui sont à son chevet quotidiennement, les soignants qui font sa toilette, qui essayent de lui rendre la vie confortable et heureuse et ce sont ses proches les plus proches. Ceux qui le connaissent vraiment, et ceux avec qui il a passé les dernières années de son existence, c’est-à-dire ceux qui sont capables de porter sa parole la plus récente. En l'occurence sa femme et sa fille. Il ne faut pas que Vincent Lambert soit un principe, un étendard au service d’une cause. C’est un homme qui est fait de chair et d’os. »
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   12.05.18 11:17

Qu'on le veuille ou non, V.L. est bel et bien un étendard, son cas met en exergue les limites de la loi Léonetti modifiée et remodifiée.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   27.05.18 10:46

Vincent Lambert : la famille conteste le choix des experts
synthèse de presse bioéthique
25 Mai 2018  Fin de vie

L’expertise médicale de Vincent Lambert n’aura pas lieu samedi prochain comme il était prévu. Ses parents ont déposé hier une « demande de récusation » au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, contestant la composition de l’équipe d’experts.

Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, estime qu’« aucun d'entre eux n'a de compétence en matière de patients EVC (état végétatif chronique) et en EPR (état pauci-relationnel) ». « On ne se laisse pas faire et on veut une vraie bonne expertise, pas une expertise bâclée », a-t-il ajouté.

Ces trois médecins ont été désignés mi-avril par la justice administrative. Ils devaient expertiser l’état réel de Vincent Lambert pour décider de l’arrêt ou non de son alimentation et de son hydratation. « L'état de Vincent a évolué de manière positive depuis 2014 (date de la dernière expertise) et (...) il est nécessaire de l'évaluer », pointant ses progrès « un peu au plan neurologique et beaucoup au plan fonctionnel, par exemple dans le domaine de la déglutition », explique Me Paillot.

« Le dépôt d'une demande de récusation au tribunal bloque l'expertise jusqu'au moment où le tribunal statue sur la demande de récusation », précise l’avocat. « Soit le tribunal confirme les experts, soit il les change. » La date de cette audience au tribunal administratif n’est pas encore connue. L’expertise a été officiellement annulée par le tribunal dans l'après-midi de vendredi.

Sources:
AFP (25/05/2018)
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   12.06.18 15:27

Admin a écrit:
Les médecins ont fait ce qu'ils ont voulu et en même temps ce qu'ils ont pu mais la médecine a ses limites.
Il y a deux sortes d'amour, agape ( le fait de manger ensemble ) et eros ( partager la sexualité en couple ); deux sortes d'amour validées par la société et l'Eglise.
La médecine, sans le vouloir, en s'acharnant sur V.L. lui a enlevé agapé et eros.
Alors....... pourquoi l'Eglise s'acharne sur V.L. ??? ??? ???
mon raisonnement est compliqué... ... ... désolée. Je vais un peu trop loin mais ... ...
L'Eglise en général se déchire au sujet de la parole du Christ, "Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang" pour empêcher les mourants de mourir ( "vénération" de la chair ? manque de foi à propos de la résurrection ? ).
cf la problématique de St-Paul à propos de la chair et de l'esprit.
je sais que je suis un peu comme V.L.
la bagnole, le restaurant et autre chose me sont inaccessibles...
Pas médiatisée, c'est con, çà !!! ! ! ! !!! vraiment con...
clin1
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   14.06.18 18:35

Affaire Vincent Lambert : les médecins désignés par la justice jettent l'éponge
Les trois médecins, qui devaient réaliser un "tableau clinique" de Vincent Lambert, ont invoqué leur incapacité à résister aux "tentatives de manipulations et aux critiques diverses".
Photo de Vincent Lambert prise le 5 juin 2015
Crédit : COURTESY OF THE FAMILY / AFP
Léa Stassinet
et AFP
PUBLIÉ LE 15/06/2018 À 11:19
Ils avaient été missionnés par la justice pour diagnostiquer l'état de santé actuel de Vincent Lambert, devenu tétraplégique après un accident de voiture, et dont la famille se déchire depuis cinq ans autour d'un possible arrêt des soins.

Mais les trois médecins experts n'ont pas pu aller au bout de la tâche qui leur avait été confiée. Dans une lettre datée du 10 juin, ils se sont ainsi désistés, estimant n'avoir "aucun moyen de mettre de l'ordre dans cette procédure d'expertise et d'affirmer une autorité qui mettrait au pas ceux qui manient opprobre et dénigrement ou fausses vérités".

Censés réaliser un "tableau clinique" de Vincent Lambert, en état végétatif depuis 2008, "le collège d'experts ne peut que prendre acte qu'il n'a pas la stature pour résister à ces tentatives de manipulation et aux critiques diverses", ont poursuivi les médecins, qui ont évoqué la "très grande confusion" autour de cette expertise.

Un désistement accepté par la justice
La demande de désistement a été acceptée par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne), cette même juridiction qui avait rejeté il y a quelques jours la demande de récusation de ces mêmes experts, faite par les proches de Vincent Lambert souhaitant la poursuite des soins.

En attendant la nomination du prochain collège de médecins, une nouvelle audience sur "les modalités de l'expertise" se tiendra mercredi 20 juin au tribunal administratif. "C'est exactement ce que réclament depuis des semaines les parents, frère et soeur de Vincent, qui attendent des nouveaux experts à nommer compétence et rigueur", a déclaré Me Jean Paillot, l'un des avocats de cette partie de la famille, fermement opposés à l'arrêt des soins de leur proche.

Il faut juste laisser partir Vincent

François Lambert, neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des soins Partager la citation
De son côté, l'autre partie de la famille a laissé exprimer sa lassitude. "Les médecins continuent de rechercher un consensus qui n'arrivera jamais. C'est la preuve de rapports de forces à l'intérieur de la médecine. Il faut juste laisser partir Vincent", a réagi François Lambert, neveu du patient âgé de 41 ans, favorable à l'arrêt des traitements comme une autre partie de la famille, dont Rachel Lambert, son épouse et tutrice légale.

Dans leur lettre, les experts ont cependant fait une liste des "personnalités" aux compétences "irréprochables" qui pourraient être sollicitées dans cette affaire, et suggèrent que l'expertise soit réalisée dans un établissement spécialisé, comme le demande les parents de Vincent Lambert. La justice a jusqu'ici toujours refusé ce transfert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   19.06.18 10:19

Vincent Lambert : des proches appellent à le laisser partir
Par François Lambert , Marie-Geneviève Lambert , Marie Lambert , Guy-Noël Philippon , Frédéric Philippon , Dominique Lambert et Joseph Lambert — 18 juin 2018 à 16:56
Vincent Lambert est dans un état végétatif après un accident de la circulation depuis 2008. Photo Philippe Huguen. AFP
Une nouvelle audience est prévue mercredi 20 juin sur le cas de l'homme en état végétatif depuis 2008. Son corps exprime son refus d’endurer des soins devenus insupportables, selon une partie de sa famille.
Vincent Lambert : des proches appellent à le laisser partir
La décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 20 avril, qui diligente une nouvelle et énième expertise, nous paraît étonnante au regard de toutes celles qui ont été menées jusque-là et qui n’ont fait que confirmer ce que l’on sait malheureusement déjà : l’état clinique de notre frère et oncle Vincent Lambert n’a pas évolué positivement. Et il ne peut évoluer positivement en l’état actuel de la science.

Cependant, pour nous tous, ce n’est peut-être pas le plus important.

L’équipe médicale relève depuis cinq ans des signaux réguliers, croisés et identifiés de résistance manifeste aux soins. Depuis longtemps le corps de Vincent exprime par un «inconfort chronique» son refus d’endurer des soins devenus de jour en jour plus intrusifs et insupportables. Par de nombreuses manifestations physiques observées par l’ensemble des équipes soignantes et que nous refusons de détailler ici, Vincent exprime clairement une souffrance. Son regard reste vide mais son corps s’exprime douloureusement, et ceux qui continuent à le voir le constatent depuis trop longtemps.

A LIRE AUSSI
Affaire Lambert : arrêt ou encore ?

Nous pouvons soigner notre souffrance personnelle, mais nous devons surtout écrire et exprimer celle de notre frère et oncle, ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui et ce depuis bientôt dix ans. Il avait clairement exprimé, par deux fois et à deux personnes de confiance différentes, son refus de ce qui s’apparenterait à une survie uniquement biologique. Nous ne pouvons que rester fidèles à ce qu’il a été, et à ce qu’il voulait. Il était infirmier, suffisamment altruiste pour entendre les souffrances d’autrui. Faisons en sorte d’appliquer ce qu’il voudrait pour lui-même aujourd’hui.

Nous prenons donc une nouvelle fois la plume pour dire le mieux possible ce qui nous paraît le plus juste pour Vincent en essayant de retranscrire, à notre manière, difficilement parce que collectivement, mais aussi intimement, ce qu’il voudrait maintenant pour lui, et seulement pour lui. L’obstination de ceux qui refusent encore de voir sa réalité en face nous semble plus apparentée à une absence de prise en compte rationnelle de la souffrance, à une vision faussée par des principes, qu’à une compréhension apaisée de la situation actuelle de Vincent Lambert, et de ce qui s’est ancré de plus en plus manifestement dans la durée.

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Arrêt des soins : la volonté de Vincent Lambert bientôt respectée ?

Nous soutenons la clairvoyance de son médecin actuel quant à l’état physique et psychologique réel, unique et particulier de Vincent. Nous sommes convaincus que la «froideur» technique et médicale n’est pas incompatible avec l’humanité, la lucidité et la subtilité qui ressortent simultanément de la décision motivée du docteur Sanchez.

Nous lui renouvelons aujourd’hui encore toute notre confiance. Le refus du transfert de notre frère et oncle Vincent Lambert dans un autre centre hospitalier confirme une nouvelle fois qu’il reçoit des soins dignes et proportionnés à l’hôpital Sébastopol de Reims. C’est un soulagement puisque nous approuvons le fait qu’il reste dans cet hôpital public, là où le personnel soignant le connaît le mieux.

Nous attendons maintenant que la nouvelle décision prise le 9 avril soit enfin mise en œuvre, alors que de nouveaux «rebondissements», tous plus artificiels les uns que les autres, ne cessent d’interférer. Pour que les décisions prises concernant Vincent ne soient plus seulement théoriques ou caduques, mais qu’il puisse réellement et effectivement en bénéficier.

Joseph Lambert, frère de Vincent Lambert ; Marie Lambert, sœur de Vincent Lambert ; Guy-Noël Philippon, demi-frère de Vincent Lambert ; Frédéric Philippon, demi-frère de Vincent Lambert ; Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent Lambert ; Dominique Lambert, demi-frère de Vincent Lambert ; François Lambert, neveu de Vincent Lambert.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.06.18 19:29

Affaire Vincent Lambert : comment les milieux catholiques traditionalistes se sont mobilisés
Farouchement opposés à l'euthanasie, les parents de cet homme tétraplégique en état végétatif militent pour le maintien en vie de leur fils. Derrière eux, la mouvance catholique intégriste agit activement.

Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013.Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)
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Vincent Daniel
France Télévisions
Mis à jour le 20/06/2014 | 10:46
publié le 06/02/2014 | 15:27

La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi.

L'affaire oppose deux camps. D'un côté, les médecins, l'épouse et une partie de la famille de Vincent Lambert (des frères et sœurs, ainsi qu'un neveu) ont donné leur accord à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles du patient en concertation avec l'équipe médicale du CHU. "Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça", a déclaré sa femme, estimant que le "laisser partir" constituait "un acte d'amour". De l'autre côté, les parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques et opposés à toute forme d'euthanasie, luttent contre "la mort programmée" de leur fils. Au delà de ce désaccord familial, l'affaire mobilise les réseaux catholiques traditionalistes.

"Ils utilisent la douleur de la mère de Vincent"
La mère de Vincent Lambert est proche de la fraternité Saint-Pie X, un mouvement catholique intégriste en rupture avec le Vatican. Une branche du catholicisme "farouchement opposée à l'abrègement de toute vie, au motif du sacro-saint 'Tu ne tueras point'", note Le Parisien (article payant). Le père, gynécologue, est un opposant actif à l'interruption volontaire de grossesse. Il a notamment dirigé l'association Laissez-les vivre dans l'Indre. Ensemble, ils appellent "les réseaux catholiques les plus sectaires 'à ne pas laisser faire cette mise à mort'", écrit Libération.

Pour le neveu de Vincent Lambert, François Lambert, "les catholiques traditionalistes utilisent la douleur de la mère de Vincent pour en faire un combat politique". "Ils ont choisi des avocats proches de ce milieu, qui ont incité Viviane Lambert à faire un signalement au procureur pour tentative d'assassinat, lorsque le CHU de Reims a décidé d'interrompre les traitements, témoigne-t-il auprès du Parisien. L'épouse de Vincent a dû être entendue par la police, alors qu'elle a toujours été aux côtés de son mari depuis cinq ans dans cette épreuve." François Lambert précise que Vincent "avait pris de la distance avec [ce] milieu". Il témoigne aussi de la présence "d'une trentaine de militants intimidants" lors du procès à Châlons-en-Champagne, qui se seraient rendus par la suite au chevet de Vincent à l'hôpital pour "prier" pour lui.

Un avocat proche des milieux intégristes
Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, est bien connu des milieux intégristes. Il a défendu de nombreux militants de la Manif pour tous. Il représente aussi l'institut Civitas, mouvement catholique intégriste qui se dit "engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ". Civitas s'est notamment illustré pendant l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Jérôme Triomphe a également été le conseil du magazine d'extrême droite Rivarol face au Front national, relève Metronews. Et l'avocat participe à des conférences organisées par l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), un mouvement proche de l'extrême droite. Intitulé de son discours le 7 septembre 2013 : "Face à la persécution du totalitarisme socialiste et à la répression policière, le combat de l’Agrif pour les libertés". "L'avocat a alors partagé la scène avec Carl Lang et Martial Bild, des anciens du Front national, actuellement au Parti de France", indique Metronews.

D'ailleurs, c'est Jérôme Triomphe qui a évoqué le premier le cas de Vincent Lambert. C'était sur Radio Courtoisie, en mai 2013. Les sites et blogs radicaux, proches la mouvance traditionaliste, ont ensuite relayé l'information. Parmi lesquels "Riposte catholique, Salon beige ou sur le blog pro-life de Jeanne Smits, journaliste à Présent", relève Le Monde (article payant) pour qui l'affaire "prend de fait une tournure politique et religieuse". Le 16 janvier, alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce contre l'euthanasie passive de Vincent Lambert, le président de l'Agrif (et ancien frontiste), Bernard Antony, a salué "avec émotion" cette décision. Et l'Agrif s'est félicitée "de ce que cette manœuvre de promotion de l’euthanasie par omission n’ait pu aboutir".
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   28.06.18 19:45

est-ce vrai ?
si oui, pourquoi quelques autres cathos soit-disant normaux se mettent du côté de ces cathos intégristes à propos du début et de la fin de vie pour s'en séparer à propos de l'immigration ?
et " catholique " signifie " universel " ( en principe ).
Quand on les critique, ils  se disent "en recherche ".
Je suis en recherche, moi aussi, mais je n'impose pas mes idées aux autres...
L'étranger est celui qui veut entrer. Le mourant est celui qui veut sortir, partir. Qu'on foute la paix aux mourants
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.07.18 18:31

Vincent Lambert : trois nouveaux experts désignés
Vincent Lambert est hospitalisé depuis 2008 à l'hôpital Sébastopol de Reims. / ©️ MaxPPP

Le tribunal de Châlons-en-Champagne a révélé le nom des trois nouveaux experts qui devront se prononcer sur l'état de santé de Vincent Lambert. Les médecins devront rendre leur rapport avant le 31 octobre.

Par IG
Publié le 05/07/2018 à 12:21 Mis à jour le 05/07/2018 à 12:32

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait ordonné lundi 2 juillet une nouvelle expertise médicale de Vincent Lambert. Les trois nouveaux experts viennent d'être désignés. Il s'agit d'un neurochirurgien au centre hospitalier de Montpellier, d'un neurochirurgien qui exerce au Kremlin-Bicêtre à Paris et une médecin ORL spécialiste de la voix et de la déglutition au CHU de Toulouse.

Selon l'ordonnance du tribunal administratif daté du 3 juillet, les trois professeurs devront rendre leur rapport avant le 31 octobre 2018.

Les trois précédents experts avaient jeté l'éponge, invoquant diverses pressions dont ils auraient été les victimes ainsi qu'un manque flagrant de sérénité. Par un courrier daté du 10 juin, ils avaient demandé à être dessaisis de leur mission.

Les trois experts nommés dans l’affaire Vincent Lambert demandent leur désistement Les trois experts nommés dans l’affaire Vincent Lambert demandent leur désistement

Vincent Lambert, ancien infirmier en psychiatrie, est hospitalisé à l'hôpital Sébastopol de Reims, après un accident de la route en septembre 2008 près de Châlons-en-Champagne. Depuis cette date, sa famille se déchire sur son sort en multipliant les recours en justice.

D'un côté, la femme de Vincent Lambert, son neveu et plusieurs de ses frères et soeurs sont favorables à l'arrêt des traitements. De l'autre, ses parents, un frère et une soeur y sont fermement opposés.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   05.07.18 18:55

savez-vous que sur le web il existe des cathos soi disant de gauche tout en ayant les idées  de l'extrême-droite catholique ? Facile de mettre un lien... Tout est mélangé et çà donne envie de mourir, de s'endormir sans jamais plus se réveiller. Pas facile de faire une injection intraveineuse de chlorure de potassium à son chat. Pas facile non plus d'assister à son laisser mourir quand il ne mange plus ni ne boit plus. Dans un cas, c'est rapide, dans l'autre cas, çà dure. Le but est le même alors qu'importe les moyens ? De quoi avoir parfois envie de crever de rire, un rire bien jaune. Pitoyable !
à propos des chats, on les brûle vif en Chine pour les bouffer... L'Eglise ( catholique ) les a aussi brûlés au Moyen-Age. Quand on fait des fautes, on devrait ensuite fermer sa gueule...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.07.18 20:51

Finalement cette affaire Vincent Lambert, c'est très bien pour les uns et pour les autres
c'est sans issue et çà dure
pourvu que çà continue
c'est sans fin comme la salade empoisonnée de Léonetti
chacun y goûte avec jouissance ou dégoût
seulement ce sont tjrs les mêmes qui ne ferment pas leur gueule
Il y en a qui devraient être morts depuis un certain temps déjà
inutile de mettre quelques initiales
rien de nouveau sous le soleil
merci à Salah Abdeslam qui a voulu casser le système
il ne s'agit pas d'être pour ou contre l'euthanasie ou les soins palliatifs
il s'agirait plutôt d'arrêter de dérailler hypocritement...
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   06.07.18 21:03

car ON aurait pu faire en sorte que Salah Abdeslam n'existe jamais médiatiquement
comme ON n'aurait pu faire en sorte que l'affaire Vincent Lambert n'ait pas lieu
C'est qui, " ON " ? " ON " existe tjrs et " ON " ne sera jamais en prison
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.10.18 16:01

ETHIQUE

"10 ans, 3650 jours environ, 87 600 heures, 5 256 000 min..."
08.10.18 Mise à jour le 08.10.18

Le 29 septembre dernier, le collectif "Laissons partir Vincent, soutien à Rachel Lambert", créé par les anciens étudiants infirmiers qui ont côtoyé Vincent Lambert durant leurs années d'étude, groupe destiné à toute les personnes qui souhaitent "laisser partir Vincent" et qui soutiennent la décision de la Cour européenne des droits de l'homme prise en 2015 à cet effet, a adressé une lettre à Vincent, marquant ainsi un bien triste anniversaire : 10 années passées depuis son accident, inerte au fond d'un lit. Nous la publions* ici.

Lettre à mon ami Vincent...
pendules multiples
"Vincent, tu as eu 42 ans il y a quelques jours, c'était le 20 septembre. Cela fait 10 ans que tu as eu ton accident... et depuis..."

10 ans... En ce jour du 29 septembre 2018, cela fait 10 ans que tu as eu ton accident. Tu as eu 42 ans il y a quelques jours, c'était le 20 septembre. 10 ans ... Un quart de ta vie... Je pense à toi... Nous pensons à toi. J'avais espéré ne plus avoir à te parler ou à t'écrire. Faut-il encore y croire ? La prochaine échéance est fixée au 31 octobre 2018, date à laquelle les experts devront pour une énième fois nous faire part de ton état... Comment, en 2018, certaines personnes peuvent encore croire que tu vas t'en sortir ? C'est mal connaître le corps humain et les conséquences irréversibles qui touchent tes articulations et tous tes membres. Ton corps se recroqueville petit à petit. Lentement tu te remets en position foetale. Certains patients en souffrent tellement qu'il est parfois nécessaire de leur sectionner des tendons. Des soins en continu 24h/24 ou des séances de kinésithérapie journalières n'y changeraient rien... Nous l'avons tous vu ou observé de nos propres yeux ; nous qui soignons depuis des années des personnes à l'hôpital ou dans les différentes structures de soin. Je suis infirmier... toi aussi... Rachel aussi... et tous les membres du collectif 55.

Il y a plus de 20 ans, tu avais décidé d'aider les autres quand nous nous sommes rencontrés à l'école d'infirmiers ; c'était en 1996.

10 ans, 3650 jours environ, 87 600 heures, 5 256 000 min ! J'invite les personnes qui croient encore à ton rétablissement à regarder le plafond de la pièce où ils se trouvent pendant 1 minute. Toi qui contemple ce plafond depuis 10 ans... C'est long, c'est même très long à regarder ce plafond fixement. C'est même douloureux. Cette douleur, il faut la multiplier par 5 millions pour éprouver ce que tu ressens. Bref, on préfèrerait tous ne plus être présent physiquement plutôt que d'avoir à endurer cette douleur.

Mais toi, tu es toujours là... Sûrement à cause de ce satané principe de précaution si cher au pays développé dont la France fait soi-disant partie. J'ai honte d'être dans un pays sous-développé quand il s'agit de parler de la fin de vie, de l'euthanasie, du suicide assisté ou simplement du droit à mourir. Mais j'y crois encore... Tu devras encore patienter un peu. Ton cas fera jurisprudence. Grace à toi, d'autres ne souffrirons plus... ou moins longtemps. Il y a ceux qui voudront partir comme est parti Vincent Lambert après un long combat... Il y a ceux qui voudront partir pour ne pas que leur combat dure aussi longtemps que celui de Vincent Lambert...

Il y a plus de 20 ans, tu avais décidé d'aider les autres quand nous nous sommes rencontrés à l'école d'infirmiers ; c'était en 1996. Prendre soin... Tu continues sans le vouloir à prendre soin des autres grâce aux souffrances que tu endures. Merci pour eux.

C'était mon avant dernière lettre. Je te parlerai une dernière fois. Ce sera quand ton coeur aura cessé de battre. Ce jour là, tu seras soulagé. On t'aura enfin respecté.

Je t'embrasse et j'embrasse aussi les tiens et principalement Rachel et ta princesse. Ton ami.

*Une pétition adressée au président Macron intitulée “Pour la fin des souffrances de Vincent Lambert” sera également mise en ligne dans les heures qui viennent sur le site change.org

Vincent Caruel, porte-parole du collectif 55. Lettre publiée sur la page facebook "Laissons partir Vincent, soutien à Rachel Lambert", le 29 septembre 2018.
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   08.10.18 23:18

V.L.
pour ou contre Léonetti ?
catho intégriste ou catho classique ?
Le reste n'est que banalité, mis à part la médiatisation
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   12.10.18 19:33

Affaire Vincent Lambert : une pétition adressée à Emmanuel Macron pour "le laisser partir"
Dix ans après son accident, 55 amis de Vincent Lambert ont adressé une pétition au Président de la République pour mettre fin à ses jours.
Une voiture du CHU de Reims, où Vincent Lambert est pris en charge
Crédit : AFP
William Vuillez
Journaliste RTL
PUBLIÉ LE 12/10/2018 À 13:15
Plongé dans le coma puis en état de conscience minimale après un accident de la route en 2008, cela fait maintenant 10 ans que Vincent Lambert est cloué dans son lit d'hôpital. Symbole du débat sur l'euthanasie, l'affaire Vincent Lambert avait poussé en 2015, la Cour Européenne des droits de l'Homme à statuer en faveur de l'arrêt des soins.

3 ans plus tard, le collectif 55, composé d'amis et d'anciens étudiants infirmiers qui ont côtoyé Vincent Lambert, a rédigé une pétition destinée au président de la République pour "laisser partir Vincent". "Ça suffit ! Cette histoire doit s'achever médiatiquement et juridiquement. Les décisions de Justice passées en faveur de l'arrêt des soins ont été bafouées. Les volontés de Vincent doivent être respectées et il est temps de le laisser partir...", demande le collectif dans cette pétition relayée par l'Union.

"J'invite les personnes qui croient encore à ton rétablissement à regarder le plafond de la pièce où ils se trouvent pendant 1 minute. Toi qui contemple ce plafond depuis 10 ans..." écrit encore Vincent Caruel, un ami proche de la victime sur Facebook. Les experts en charge d'étudier le cas Vincent Lambert, ont jusqu'au 31 octobre, pour déposer leur rapport.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-la-fin-des-souffrances-de-vincent-lambert
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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   30.10.18 13:19

Où commence «l’obstination déraisonnable» dans les soins des patients en état végétatif?
Valérie Depadt — 13 avril 2018 à 16h59 — mis à jour le 13 avril 2018 à 16h59

Comment fonctionne la prise en charge des patients en état d’éveil «non-répondant» ou «état végétatif».
Marcelo Leal via Unsplash CC License by
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La fin de vie s’invite dans le débat public, tandis que la consultation en ligne des États généraux de la bioéthique reste ouverte jusqu’au 1er mai. Tout citoyen peut y poster ses propositions sur le thème «prise en charge de la fin de vie». Valérie Depadt, maître de conférences en droit à l’université Paris 13, a codirigé avec Karine Lefeuvre, professeure en droit privé à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), l’ouvrage Protéger les majeurs vulnérables, quels nouveaux droits pour les personnes en fin de vie? paru récemment aux Presses de l’EHESP. Elle a sollicité le témoignage de Anne-Claire de Crouy, médecin en service de rééducation post-réanimation (hôpitaux universitaires Paris-Sud Kremlin-Bicêtre), dont nous publions ici un extrait.

L’état d’éveil «non-répondant» ou «état végétatif» est un terme utilisé pour décrire la situation clinique de patients victimes de lésions cérébrales sévères. À l’issue de la réanimation, l’interaction de ces patients avec l’environnement est insuffisante pour établir la réalité d’une conscience, et encore moins la compréhension du langage. Ces patients n’ont pas d’autre assistance qu’une alimentation entérale simple par sonde naso-gastrique, ou directement dans l’estomac par gastrostomie. Il faut plusieurs mois pour considérer cet état comme stable et le nommer «chronique» ou «persistant».


Entre l’accident et la constatation de ce handicap chronique d’une extrême gravité, le patient bénéficie donc de soins d’urgence, de réanimation, de rééducation et chaque équipe s’acharne à bien soigner, à engager en conscience les soins nécessaires sans négliger le contexte particulier de son intervention.

L’évolution des techniques de neuro-réanimation permet d’écourter les durées de soins sous sédation et de débuter les soins de rééducation dès la réanimation. De cette évolution sont nées les unités de Soins de rééducation post-réanimation (SRPR), au sein desquelles les médecins réanimateurs et ceux de Médecine physique et de réadaptation (MPR) travaillent en collaboration afin de développer des soins innovants.

Ces soins visent essentiellement le mieux-être des patients victimes de lésions neurologiques sévères cérébrales et/ou médullaires, c’est-à-dire de la moelle épinière. Dans ce contexte, les soignants des deux spécialités partagent leurs techniques et dialoguent, avec une représentation des soins très différente car liée à leur culture professionnelle. Cette dualité d’approche favorise, sans aucun doute, le débat éthique.

Des patients particulièrement fragiles durant les premières heures
Il est important de comprendre qu’un patient atteint d’une lésion cérébrale sévère comme un traumatisme crânien grave, un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique ou ischémique (manque d’apport d’oxygène dans le cerveau), doit être pris en charge en urgence par une équipe de neuro-réanimation, capable de mettre en place des soins et une surveillance cérébrale spécifiques. C’est le seul moyen de diminuer la mortalité, mais surtout la morbidité (état de maladie) et donc le handicap lié à ces accidents. Ces patients sont particulièrement fragiles durant les premières heures qui suivent leur atteinte cérébrale aiguë. Il est donc indispensable, dès l’apparition des premiers symptômes, d’engager des soins intensifs appropriés (SAMU, pompiers…).

Pour une bonne prise en charge précoce, il est également indispensable de lutter contre les «prophéties auto-réalisatrices» (self fulfilling prophecies). En d’autres termes, on sait aujourd’hui que le fait de dire, de penser ou d’écrire qu’un patient va probablement mourir peut entraîner véritablement sa mort. Le pessimisme transmis à l’équipe ne lui permet pas de faire les soins comme si elle n’avait aucune idée préconçue.

Ces situations sont extrêmement courantes en neuroréanimation et ont été particulièrement étudiées dans les hématomes intracrâniens (HIC). Dans une population admise à l’hôpital pour ce type d’hématome récent, le simple fait d’informer la chaîne de soins (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants) qu’il ne sera pratiqué aucune réanimation en cas d’arrêt cardiaque, double la mortalité des patients comparée aux mêmes patients sans transmission d’ordre éthique, selon une étude publiée en 2007.

On sait aujourd’hui que le fait de dire, de penser ou d’écrire qu’un patient va probablement mourir peut entraîner véritablement sa mort.

L’influence des décisions éthiques précoces sur la mortalité est telle que le simple fait d’imposer à une équipe d’attendre 5 jours pour discuter d’une telle décision, divise par 2 (de 50 à 20 %) la mortalité prédite, sans aggraver la morbidité de patients victimes des hématomes intercrâniens, selon une étude publiée en 2015. On observe un phénomène comparable dans la prise en charge dans les premières heures des patients traumatisés crâniens.

Il n’y a donc pas «d’obstination déraisonnable» a priori; les traitements sont invasifs mais nécessaires à ce moment où le pronostic est terriblement incertain.


Discuter en équipe pour ne pas tomber dans l’obstination déraisonnable
Après cette première étape d’accueil et de stabilisation des fonctions vitales, le patient est admis en réanimation où la notion d’équipe est extrêmement forte. L’organisation même de la continuité des soins intensifs de jour, de nuit, week-end et jours fériés, les repos de garde, nécessitent un relais quotidien auprès du patient. Les transmissions sont faites devant toute l’équipe et chaque décision peut donc être discutée, y compris a posteriori. Les réanimateurs se battent donc en équipe, avec leurs collègues –neurochirurgiens, neuro-radiologues…– pour administrer ces soins le plus rationnellement possible, sans tomber dans l’obstination déraisonnable.

Chaque médecin tente de pondérer sa pratique en fonction de sa compétence et du plateau technique disponible, du projet de soin négocié avec le patient et sa famille, ainsi que de sa culture professionnelle. Il n’existe pas de moment précis auquel un médecin décide un acharnement thérapeutique: c’est une suite de glissements qui font interroger a posteriori cette notion. Dans l’après-coup, on peut observer que l’excès ou l’insuffisance de telle ou telle prise en charge a conduit à une situation de handicap regrettable ou à un décès prématuré que personne n’a choisi. En ces cas, la peur de l’échec risque de conduire à une abstention systématique coupable pour les patients les plus à risque de «mauvais résultat».

Après quelques semaines de soins de réanimation, le pronostic fonctionnel se dessine et notamment le mauvais pronostic avec l’apparition d’un éveil végétatif, c’est-à-dire une alternance veille-sommeil sans autre signe objectif de conscience. Dans cette période s’ouvre, en équipe et avec les proches, la discussion concernant la Limitation des thérapeutiques actives de réanimation (LATA). Dès que possible, le médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) est sollicité pour mettre en place les soins nécessaires au confort du patient. Après quelques semaines, les patients qui survivent à cette période de réanimation sont transférés dans l’unité de SRPR pour améliorer les soins de confort et organiser la sortie de l’hôpital.

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Le nécessaire concours des proches dans l’élaboration d’un projet de vie et de soins
Dans la situation habituelle d’un patient, classiquement jeune, victime d’un accident ayant entraîné une lésion cérébrale sévère, aucune directive anticipée n’a été rédigée, pas plus qu’une personne de confiance n’a été désignée.

Introduite dans la loi de 2002 relative aux droits des malades, la personne de confiance est régie par l’article L. 1111-6 du Code de la santé publique 21. La loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Leonetti, fait aussi référence en son article 5, à la personne de confiance.

Mais en l’absence de personne de confiance, la loi ne propose aucune hiérarchie parmi les proches auxquels le médecin se trouve confronté. L’équipe médicale va alors chercher une ou plusieurs personnes, désignées par la famille, qui peuvent témoigner de ce qu’aurait pu souhaiter le patient pour lui-même. Cette démarche est effectuée par l’équipe de réanimation dès l’admission du patient pour discuter les soins intensifs, le pronostic fonctionnel et éventuellement un arrêt des soins de réanimation.

Malgré le délai depuis l’accident à l’arrivée à l’unité de SRPR, c’est avec certaines incertitudes qu’on rencontrera les proches du patient. En effet, même dans une situation très sévère, le pronostic fonctionnel est en partie inconnu. Si l’on peut sans risque prédire des séquelles très graves associant des troubles neuro-moteurs et cognitifs du comportement, personne ne peut décrire la gravité précise des séquelles pour un patient précis qui sort de réanimation.

Ce flou, inévitable, risque d’entretenir chez les proches des croyances de récupération miracle alors que la gravité des séquelles et la perte totale d’autonomie sont, elles, diagnostiquées de façon certaine. De plus, ces types de séquelles sont mal connus du grand public et il faut parfois du temps à l’entourage pour comprendre l’ampleur des troubles et, soit imaginer pour leur proche une nouvelle façon de vivre avec ce handicap, soit refuser cette forme de vie qui peut n’apparaître que douloureuse.

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La demande d’arrêt des thérapeutiques actives, rare à ce stade
Dans les faits, il est très rare qu’une famille demande en rééducation une limitation ou un arrêt des soins, même dans des situations de handicap extrême. À ce moment de leur histoire, la famille s’est le plus souvent centrée autour du handicap et en a accepté le poids avec fatalisme.

La durée d’hospitalisation en rééducation est en général de quelques mois et se prolonge par la prise en charge dans un lieu de vie médicalisé, de type institution médico-sociale. Pour éviter que ces patients en état végétatif chronique (EVC) ou état pauci-relationnel (EPR) n’attendent trop longtemps dans des services de soins tout à fait inadaptés à leur état, depuis 2002, une circulaire organise l’accueil des patients dans des unités de vie spécialement pensées pour eux.

Cette circulaire précise :

«On parle d’ "état végétatif chronique" lorsque cette situation perdure au-delà d’un délai variable selon la pathologie causale (3 à 6 mois pour les états végétatifs d’origine médicale, 12 à 18 mois pour les états végétatifs d’origine traumatique) avec un espoir devenu minime d’une évolution vers un retour à la conscience.»

Les services de médecine physique et de réadaptation sont donc appelés à faire une proposition de soins adaptés. Dans un état végétatif ou pauci- relationnel, le patient ne peut pas participer volontairement aux soins de rééducation et les objectifs se résument à des soins de confort et de stimulation. Mais le corps d’une personne avec une lésion cérébrale aussi sévère nécessite beaucoup de soins, tant pour éviter des escarres et des rétractions musculo-tendineuses et articulaires potentiellement douloureuses, que pour tenter un sevrage de la canule de trachéotomie.

Ce type de soins demandant aux soignants un investissement important en temps et en énergie, il se produit un attachement très particulier à ce corps/patient qui est le réceptacle de toutes sortes de projections.

Par ailleurs, le confort nécessite qu’on organise les soins infirmiers, de kinésithérapie, d’ergothérapie, d’orthophonie, de psychomotricité, de façon à respecter l’alternance entre le jour et la nuit, entre l’activité et le repos. De plus, on installe le patient dans un fauteuil roulant manuel adapté pour qu’il puisse être sorti de sa chambre, bénéficier d’ambiances lumineuses et sonores variées. Ce type de soins demandant aux soignants un investissement important en temps et en énergie, il se produit un attachement très particulier à ce corps/patient qui est le réceptacle de toutes sortes de projections. De ce fait, il se développe souvent un lien spécifique entre la famille et les soignants, solidaires dans les soins d’hygiène et de confort, qui échappe le plus souvent au médecin.

S’interroger régulièrement sur le niveau de soin raisonnable
Pourtant l’équipe de rééducation qui prend en charge le patient doit régulièrement interroger, en équipe et avec les proches, le niveau de soin raisonnable compte tenu du handicap déjà constitué. Il existe en effet un risque majeur d’obstination déraisonnable. Ces patients sont à haut risque de complications thrombo-embolique, respiratoire, épileptique, infectieuse… mais leur manque d’autonomie fait que ces complications sont généralement rapidement détectées et prises en charge médicalement.

Il ne s’agit pas, à proprement parler, de rédiger avec les proches ce qui pourrait constituer des «directives anticipées», mais de tracer dans le dossier du patient des consignes claires qui permettront d’éviter des soins excessifs en l’absence du médecin référent du patient, notamment la nuit et le week-end. La famille doit comprendre le sens de cette limitation des soins, d’autant plus que les proches peuvent s’opposer à la limitation et/ou l’arrêt des soins pour des raisons dogmatiques, sans lien avec la réalité médicale et aucune référence à la vie qu’aurait pu souhaiter le patient pour lui-même. Il faut parfois beaucoup de temps et des entretiens répétés pour parvenir à déterminer un niveau de soins raisonnable. Classiquement, on propose de ne pas réengager des soins de réanimation et d’intensifier les soins de confort, ce qui permet le plus souvent de garder le patient dans le service qui le connaît, y compris pour des soins de fin de vie.

Les SRPR sont des espaces de soin hybrides qui organisent la collaboration des soignants de réanimation et de médecin physique et de réadaptation, ce qui permet de croiser des cultures professionnelles aux visées très différentes et d’enrichir le débat éthique. Nous défendons l’idée que le passage de la réanimation au SRPR des patients en état végétatif chronique et pauci-relationnel ne doit pas conduire à éluder la question du niveau de soins raisonnable dans cette situation de vie atypique. Et cela demande un effort particulier.

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En effet, malgré la continuité dans la prise en charge, l’intention de soin change entre les deux unités. On passe de soins d’urgence et de réanimation qui permettent de sauver la vie et tentent de limiter le handicap à des soins de confort. La temporalité n’est pas la même et les soignants comme les proches trouvent un sens aux soins qu’ils apportent à cette personne totalement dépendante d’eux. Cette façon d’accueillir la vie ne doit pas nous faire oublier notre responsabilité vis-à-vis de la personne handicapée, incapable de communiquer et de faire entendre son point de vue sur les soins entrepris et poursuivis après la réanimation. Paradoxalement, en l’absence de réflexion élaborée et tracée dans le dossier de soins, le patient risque de subir des examens et des traitements abusifs.

The ConversationIl paraît donc important, dès l’admission au SRPR, de continuer à discuter entre soignants et avec les proches sur les soins à ne pas engager pour permettre d’assumer une complication éventuellement létale dans un espace de soins respectueux du confort du patient.

The Conversation

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MessageSujet: Re: VINCENT LAMBERT   02.11.18 11:50

Affaire Vincent Lambert: quels sont les différents degrés de conscience après un traumatisme ?
SANTÉ Car il existe bien différents états de conscience à la suite d'un traumatisme ou d'un AVC massif…

Coline Clavaud-Mégevand
Publié le 11/06/15 à 20h40 — Mis à jour le 11/06/15 à 20h40

Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert, devant la presse le 5 juin 2015 à Strasbourg — PATRICK HERTZOG AFP
L’affaire Vincent Lambert a connu mercredi une nouvelle polémique avec la publication d’une vidéo où l’on voit le jeune homme sur son lit d’hôpital. Un moyen selon l’ami qui a tourné ces images de montrer que « Vincent n’est pas un légume en fin de vie » et qu’on observe chez lui des réactions aux stimulus. Pour le Docteur Vincent Morel, pneumologue et président de la Société Française de Soins Palliatifs, réagir et être conscient sont deux choses bien différentes.

Une partie de la famille de Vincent Lambert a voulu montrer qu’il avait des réactions. Un signe qu’il est conscient ?
Il existe schématiquement 4 états de conscience. Le premier, dans lequel nous sommes a priori vous et moi, est l’état de pleine conscience. Le deuxième est le locked-in syndrome, où le patient, généralement après un AVC massif, est en plein état de conscience, mais reste incapable de communiquer autrement que par des mouvements d’yeux. Le troisième est l’état pauci-relationnel : le patient connaît une paralysie et possède un degré de conscience faible, plus ou moins fluctuant. C’était l’état de Vincent Lambert lorsque des tests ont été pratiqués en Belgique. Il y a enfin l’état végétatif, où il n’y a plus du tout de conscience.

Dans ces quatre états, on observe des réactions du corps qui sont des réflexes. Si on vous cogne le genou, votre pied va se lever, mais « l’ordre » est passé de la jambe à la moelle épinière jusqu’au pied, jamais par le cerveau. Ces mouvements ne sont donc pas un indicateur du degré de conscience.

Comment définir dans quel état est le patient ?
Le corps médical possède des grilles pour ces différents états. Le premier est évident à définir. Pour le deuxième, on sait que certains types de lésions provoquent des locked-in syndrome et on observe que la personne réagit, communique avec ses yeux. Pour les deux cas suivants, l’équipe médicale va répéter en permanence des séries de tests. On va part exemple faire du bruit 5 fois près de l’oreille patient ou lui montrer un miroir. Si on observe à chaque fois des réactions appropriées et qu’elles se reproduisent quand on refait les exercices, on peut les associer à un état de conscience. En plus de ces tests cliniques, on fait aussi des IRM, des tep scans… afin d’identifier des lésions ou des connexions dans le cerveau du patient, mais aussi des réponses à des stimulus qui apparaissent lors de ces tests.

Existe-t-il également des grilles pour évaluer la douleur du patient mais aussi les espoirs de le voir aller mieux ?
En matière de prise en charge de la douleur, les traumatismes et les AVC peuvent altérer le parcours de la douleur, donc la règle est le principe de précaution. On observe toutes les réactions du patient, on traite au moindre doute. Pour ce qui est des évolutions, il existe pour le corps médical 3 possibilités : la stabilité, l’amélioration, la dégradation, en fonction de quoi on prend des décisions. Dans le cas de Vincent Lambert, la Cour des droits de l’homme a fait son choix en observant que son état s’était malheureusement dégradé, est qu’il est actuellement végétatif sans chance d’amélioration.
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